Séance plénière
Séance plénière du 17/07/2026
Vendredi 17 juillet 2026 Assemblée nationale Confirmé Créée le 22/06/2026 PO838901
Ordre du jour Ordre du jour non encore publié

Réunion confirmé

L'ordre du jour détaillé et la liste des participants seront disponibles une fois la réunion confirmée et tenue.

Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

Cette vue s'appuie sur le flux XML officiel des débats en séance publique : c'est la version la plus complète de la notice de cette réunion (sections, amendements, ordre des prises de parole). Le fil ci-dessous affiche l'intégralité des interventions chargées pour cette séance.

841 Interventions sur l'ensemble de la séance
173 Orateurs distincts repérés
21 Séquences détectées dans le débat
222 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 841 interventions sur 841 pour l'ensemble de la séance.

Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

Une séance plénière enchaîne plusieurs textes. Choisissez ci-dessous celui qui vous intéresse pour aller directement à son débat. La barre indique la part des prises de parole consacrées à ce texte sur l'ensemble de la séance.

Amendements les plus cités

Amdt 861 18 mentions Amdt 14 15 mentions Amdt 17 15 mentions Amdt 29 15 mentions Amdt 115 15 mentions Amdt 132 15 mentions Amdt 145 15 mentions Amdt 252 15 mentions
Photo de M. le président
Ouverture de seance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à neuf heures.)

Photo de M. le président
Suite de la discussion d’un projet de loi
M. le président Sébastien Chenu RN

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi relatif à la protection des enfants, (nos 2841 rectifié, 3000, 3018).

Photo de M. le président
Discussion des articles (suite)
M. le président Sébastien Chenu RN

Hier soir, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles, s’arrêtant à l’article 14, examiné par priorité.

Photo de M. le président
Article 14 (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de quatre amendements, nos 846, 1092, 764 et 1139, pouvant être soumis à une discussion commune et tendant à rétablir l’article 14, supprimé par la commission. Sur ces amendements, je suis saisi par le groupe Socialistes et apparentés de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale, pour soutenir l’amendement no 846.

Amdt 846 Adopté Amdt 846 Amdt 846
MG
Article 14 (appelé par priorité)
M. Édouard Geffray ministre de l’éducation nationale

Cet amendement vise en effet à rétablir l’article 14, relatif à la communication aux parents de l’identité des animateurs intervenant dans le cadre périscolaire. Cette disposition répond à une réalité concrète, non à une préoccupation théorique. Plusieurs crimes commis sur des mineurs, notamment en école maternelle, l’ont été par des animateurs périscolaires. Dans ces affaires, les parents, lorsqu’ils échangeaient avec leur enfant, ne disposaient d’aucun élément permettant d’identifier l’animateur concerné, si ce n’est parfois un simple prénom. Lorsque vous confiez votre enfant à l’école, vous connaissez le nom et le prénom des professeurs – il n’est pas nécessaire d’en savoir plus – ou de l’agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem). Les parents connaissent leur identité et les voient. En revanche, dans le cadre du périscolaire, notamment pendant la pause méridienne, il est fréquent que les parents ne rencontrent jamais les animateurs et ignorent jusqu’à leur identité. C’est pourquoi nous proposons une disposition simple et limitée : non pas rendre publics, par affichage à l’entrée de l’école ou publication sur internet, les noms, les prénoms ou les photos des animateurs, mais tout simplement informer les représentants légaux – et uniquement eux – de l’identité de ceux à qui ils confient leurs enfants. Une telle mesure n’est ni dolosive ni stigmatisante : de même que l’animateur connaît l’identité de l’enfant, le représentant légal de l’enfant doit pouvoir connaître le nom et le prénom de l’animateur. La rédaction proposée introduit en outre une définition du temps périscolaire, afin de fixer un cadre juridique unifié pour la communication de ces informations, quel que soit le lieu d’accueil de l’enfant au cours de cette période. En effet, cette notion n’est toujours pas définie dans le code de l’éducation.

Photo de M. le président
Article 14 (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Nathalie Colin-Oesterlé, rapporteure de la commission spéciale, pour soutenir l’amendement no 1092.

Amdt 1092 Retiré Amdt 1092 Amdt 1092 Amdt 1092
Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 14 (appelé par priorité)
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure de la commission spéciale HOR

Il vise à préciser la définition du temps périscolaire, afin de tenir compte de la diversité des personnes morales susceptibles d’organiser ou d’assurer la responsabilité des activités proposées aux élèves en dehors du temps de classe. Si ces activités sont principalement organisées par les communes, elles peuvent également relever de la responsabilité d’autres structures intervenant en lien avec les établissements scolaires, notamment dans l’enseignement privé sous contrat. Le présent amendement garantit que l’ensemble des activités proposées aux élèves pendant le temps périscolaire bénéficie d’un cadre juridique commun, indépendamment de la diversité de leurs modalités d’organisation, tout en maintenant leur rattachement au régime applicable en matière d’accueil collectif de mineurs.

Photo de M. le président
Article 14 (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 764 et 1139 ne sont pas défendus. Quel est l’avis de la commission sur l’amendement du gouvernement ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 14 (appelé par priorité)
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Avis favorable. Je retire d’ailleurs mon amendement au profit de celui du gouvernement.

II
Article 14 (appelé par priorité)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1092 est retiré.)

Amdt 1092 Retiré Amdt 1092 Amdt 1092 Amdt 1092
Photo de M. le président
Article 14 (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Florence Herouin-Léautey.

Photo de Mme Florence Herouin-Léautey
Article 14 (appelé par priorité)
Mme Florence Herouin-Léautey Florence Herouin-Léautey SOC

Sans surprise, et comme en commission, nous allons repousser cet article introduit par la lettre rectificative du gouvernement. Pour quelle autre profession la loi impose-t-elle la communication de l’identité des personnes qui exercent leurs fonctions ? Nous avons cherché, nous n’en avons pas trouvé. Depuis le début de l’examen de ce texte, s’agissant de la protection des enfants dans l’ensemble de leur temps de vie, nous n’avons cessé de viser la cohérence et l’harmonisation des cadres et des pratiques. La communication de l’identité relève des bonnes pratiques, mais pas d’un cadre législatif. De plus, la manière dont vous avez formulé cette disposition et dont vous stigmatisez les agents du périscolaire est simpliste et crée un nouveau silo. Des pédocriminels, il y en a aussi dans les clubs sportifs, dans les conservatoires, dans les crèches. Nous pourrions égrener à nouveau, comme nous l’avons fait à l’article 5 à propos du contrôle de l’honorabilité, toutes les professions qui, de près ou de loin, travaillent avec nos enfants chaque jour sur les temps scolaires, périscolaires ou extrascolaires. Enfin, j’ajoute que tous les gouvernements successifs du président Macron n’ont cessé de dévaluer et de mépriser les temps périscolaires et leurs cadres, ainsi que les projets éducatifs de territoire. S’il n’existe pas aujourd’hui un cadre suffisamment structurant, vous en portez une part de responsabilité. (Mme Colette Capdevielle applaudit.)

Photo de M. le président
Article 14 (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la présidente de la commission spéciale.

Photo de Mme Perrine Goulet
Article 14 (appelé par priorité)
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Je comprends le sens de votre intervention, madame Herouin-Léautey. Toujours est-il que cette mesure répond à une demande formulée par les associations elles-mêmes, en particulier l’association SOS périscolaire, qui a été confrontée à cette difficulté. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)

Photo de Mme Colette Capdevielle
Article 14 (appelé par priorité)
Mme Colette Capdevielle Colette Capdevielle SOC

C’est nous qui faisons la loi, pas les associations !

Photo de Mme Perrine Goulet
Article 14 (appelé par priorité)
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Puis-je poursuivre, s’il vous plaît ? Les associations se sont rendu compte, avec le scandale de la Ville de Paris, que les enfants ne pouvaient pas identifier les personnes qui les avaient agressés. Je comprends votre raisonnement, mais il faut résoudre cette difficulté. Vous avez évoqué d’autres activités. Dans ces cas-là, les parents connaissent le nom du professeur de théâtre ou de musique ; en tout cas, il est possible de se renseigner et de l’obtenir. À l’inverse, des enfants de trois ou quatre ans ne peuvent pas connaître les noms des animateurs, notamment parce que, dans certaines communes, les animateurs interviennent dans plusieurs écoles et changent régulièrement d’établissement. Quand ils sont victimes de violences, les enfants ne sont pas capables d’identifier les personnes qui les ont commises. C’est pourquoi le gouvernement a proposé cet article. Je comprends qu’il puisse vous heurter, mais quand on réalise ce qui s’est passé à Paris et quand les associations nous demandent cette mesure, il faut prendre en considération la situation et tenter d’avancer. (Mme Alexandra Martin [Alpes-Maritimes] et M. Vincent Caure applaudissent.)

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 14 (appelé par priorité)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Cela ne permet pas de le faire !

Photo de M. le président
Article 14 (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le ministre.

MG
Article 14 (appelé par priorité)
M. Édouard Geffray ministre

Je comprends très bien le sens des propos de Mme Hérouin-Léautey et le point qu’elle soulève est important. Depuis le début de l’examen du texte, nous avons toujours défendu une approche cohérente de la protection des enfants quels que soient les temps de leur vie : scolaire, périscolaire ou sportif. Vous savez que le fichier d’interdits d’école correspond précisément à cette perspective, à laquelle je crois profondément. Vous vous interrogez sur l’exigence de communication dans d’autres domaines. Il en existe pourtant des exemples. Ainsi, l’article R. 322-5 du code du sport oblige à afficher les cartes professionnelles et diplômes des éducateurs sportifs dans un lieu visible de tous : les parents connaissent donc le nom, le prénom et le diplôme de ceux à qui ils confient leurs enfants, et ils savent à qui ils ont affaire.

Photo de Mme Liliana Tanguy
Article 14 (appelé par priorité)
Mme Liliana Tanguy Liliana Tanguy EPR

C’est vrai.

MG
Article 14 (appelé par priorité)
M. Édouard Geffray ministre

Lorsque vous déposez votre enfant à l’école à huit heures et demie, vous savez à qui vous avez affaire : le maître ou la maîtresse, éventuellement l’Atsem en maternelle. Lorsque ce même enfant se rend à la cantine, il existe objectivement une zone d’ombre dans laquelle – vous le savez aussi bien que moi pour avoir étudié la question – le prédateur peut plus facilement passer à l’acte. Enfin, je me permets de réagir de manière un peu plus catégorique sur un point précis : il est hors de question pour moi de stigmatiser qui que ce soit. Il ne s’agit en aucun cas d’une mesure dolosive. Nous ne pointons personne du doigt, nous ne créons pas de fichiers. Nous permettons simplement aux parents qui confient leur enfant à un établissement scolaire de connaître l’identité des adultes qui s’en occupent. Honnêtement, une telle mesure ne me semble pas stigmatisante ; au contraire, elle est protectrice.

Photo de M. le président
Article 14 (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 846.

Amdt 846 Adopté Amdt 846 Amdt 846
II
Article 14 (appelé par priorité)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 14 (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 52 Nombre de suffrages exprimés 51 Majorité absolue 26 Pour l’adoption 32 Contre 19

II
Article 14 (appelé par priorité)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 846 est adopté ; en conséquence, l’article 14 est ainsi rétabli.)

Amdt 846 Adopté Amdt 846 Amdt 846
Photo de M. le président
Article 14 bis (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Maud Petit, pour soutenir l’amendement no 822.

Amdt 822 Retiré Amdt 822 Amdt 822
Photo de Mme Maud Petit
Article 14 bis (appelé par priorité)
Mme Maud Petit Maud Petit Dem

Il vise à préciser le champ du rapport prévu à l’article 14 bis, afin qu’il couvre l’ensemble des cadres dans lesquels des adultes peuvent être amenés à intervenir auprès des mineurs. Nous proposons d’insérer les mots : « notamment dans un cadre éducatif, culturel, cultuel, associatif, sportif ou de loisirs ».

Photo de M. le président
Article 14 bis (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 14 bis (appelé par priorité)
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

L’article 14 bis, introduit en commission, vise, par une demande de rapport, à évaluer les moyens de détecter dès leur recrutement les personnes mises en cause pour des faits de violence ou d’atteinte sexuelle sur un mineur. L’enjeu porte sur l’accès aux systèmes d’information dans lesquels sont répertoriées les personnes mises en cause, au stade de l’enquête, avant toute condamnation et en entourant cet accès de toutes les garanties nécessaires. Dans sa rédaction actuelle, le dispositif vise toutes les personnes appelées à intervenir auprès de mineurs. Il englobe donc de manière très large les professionnels et les bénévoles en contact avec des mineurs, quel que soit leur domaine d’activité. En fixant une liste des activités concernées, l’approche que vous proposez est nécessairement plus limitative que celle offerte par la rédaction actuelle. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 14 bis (appelé par priorité)
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MG
Article 14 bis (appelé par priorité)
M. Édouard Geffray ministre

Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

II
Article 14 bis (appelé par priorité)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 822 est retiré.)

Amdt 822 Retiré Amdt 822 Amdt 822
II
Article 14 bis (appelé par priorité)
Intervenant non identifié

(L’article 14 bis est adopté.)

Photo de M. le président
Article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Sophie Blanc.

Photo de Mme Sophie Blanc
Article 6 bis
Mme Sophie Blanc Sophie Blanc RN

La rédaction actuelle de l’article 6 bis ne nous paraît pas constituer la réponse la plus adaptée à la protection des enfants confrontés aux violences familiales. Il modifie l’article 373-2-9 du code civil relatif à la résidence de l’enfant. Or, lorsqu’il fixe la résidence de l’enfant, le juge statue déjà au regard des critères énumérés à l’article 373-2-11 du même code, parmi lesquels figurent expressément les pressions ou violences à caractère physique ou psychologique exercées par l’un des parents à l’encontre de l’autre. Le présent article substitue à cette appréciation une règle générale qui s’appliquerait indistinctement à des situations pourtant très différentes. Il peut s’agir de violences graves et répétées, de violences psychologiques, d’une bousculade isolée, de faits anciens ou encore de violences réciproques entre parents. Dans chacune de ces hypothèses, le contexte comme les conséquences pour l’enfant peuvent différer profondément : la réponse judiciaire doit donc pouvoir être adaptée à chacune de ces situations. Le juge doit conserver son pouvoir d’appréciation pour examiner chaque situation au cas par cas. Une règle automatique risquerait, dans certains cas, de conduire à une solution qui ne correspondrait pas à l’intérêt supérieur de l’enfant. Pour toutes ces raisons, nous voterons contre cet article.

Photo de M. le président
Article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Yannick Monnet.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 6 bis
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

L’article 6 bis interdit que la résidence de l’enfant puisse être fixée au domicile d’un parent ayant commis des violences sur la personne de l’autre parent ou de l’enfant. Nous ne pouvons qu’adhérer à cette proposition. Toutefois, comme le soulignent avec justesse la Convention nationale des associations de protection de l’enfant (Cnape) et le Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux (Gepso), la nouvelle ordonnance de protection de l’enfant, définie à l’article 6, permet, lorsqu’un parent expose son enfant à un danger grave et immédiat, de fixer en urgence la résidence de l’enfant auprès du parent protecteur, de suspendre les droits de visite et d’hébergement du parent mis en cause et de prononcer des interdictions de contact et de paraître. Surtout – et ce motif illustre les défaillances profondes qui traversent l’ensemble de ce projet de loi –, on ne peut pas traiter par petits bouts la question des conséquences des violences intrafamiliales sur l’exercice de l’autorité parentale. Ainsi que le soulignent les associations qui appellent à la suppression de cet article, une telle question a vocation à être traitée de manière globale et cohérente. À défaut, nous prendrions le risque de créer un chevauchement de normes, au prix d’une insécurité juridique préjudiciable aux enfants et aux parents protecteurs eux-mêmes.

Photo de M. le président
Article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Émilie Bonnivard, pour soutenir l’amendement no 163, qui tend à supprimer l’article 6 bis.

Amdt 163 Retiré Amdt 163 Amdt 163
Photo de Mme Émilie Bonnivard
Article 6 bis
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Je le retire, monsieur le président.

II
Article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 163 est retiré.)

Amdt 163 Retiré Amdt 163 Amdt 163
II
Article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’article 6 bis est adopté.)

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Nous en venons à une série d’amendements portant article additionnel après l’article 6 bis. La parole est à Mme Maud Petit, pour soutenir les amendements nos 807, 903 et 904, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Amdt 807 Adopté Amdt 807 Amdt 807 Amdt 807 Amdt 903 Adopté Amdt 903 Amdt 903 Amdt 903 Amdt 904 Adopté Amdt 904 Amdt 904 Amdt 904
Photo de Mme Maud Petit
Après l’article 6 bis
Mme Maud Petit Maud Petit Dem

Ces trois amendements sont issus des travaux de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices. L’amendement no 807 tend à garantir que le refus exprimé par un enfant, quel que soit son âge, ne soit pas écarté au seul motif de son âge lorsque ce refus est lié à des violences sexuelles, incestueuses ou intrafamiliales. Il ne crée pas un droit de veto de l’enfant ; il impose que sa parole soit recueillie et prise en compte dans l’appréciation de son intérêt. L’amendement no 903 porte sur les droits de visite et sur la sécurité physique et psychique de l’enfant. Il vise à empêcher que des droits de visite, même médiatisés, soient ordonnés de manière automatique lorsqu’il existe une suspicion de violences sexuelles incestueuses ou intrafamiliales. L’amendement no 904 concerne le lien de l’enfant avec le parent protecteur. Les travaux de la commission d’enquête ont montré que l’enfant lui était souvent retiré. Il faut au contraire protéger et maintenir ce lien. Enfin, je présente dès maintenant l’amendement no 804, que nous examinerons un peu plus tard : il vise à éviter que des allégations de violences sexuelles ou intrafamiliales soient disqualifiées par le recours à la notion de syndrome d’aliénation parentale (SAP) ou à des notions équivalentes. Je rappelle que le SAP, qui repose sur une présomption de manipulation, en général de la part de la mère, n’est pas valide scientifiquement et que son usage contribue à désavouer la parole des enfants et à criminaliser les mères protectrices.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Marianne Maximi, rapporteure de la commission spéciale, pour donner l’avis de la commission sur ces trois amendements.

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 6 bis
Mme Marianne Maximi rapporteure de la commission spéciale LFI-NFP

L’amendement no 807 invite à écouter la parole de l’enfant. Je vous rejoins évidemment sur cette nécessité, madame Petit, mais elle ne relève pas du champ législatif. Elle suppose en revanche une évolution culturelle à la fois dans la société et au sein de la justice. C’est la raison pour laquelle mon avis sur cet amendement est défavorable. Au sujet de l’amendement no 903, je rappelle que le juge aux affaires familiales est déjà obligé de motiver sa décision en la fondant sur l’intérêt supérieur de l’enfant. Mon avis est donc défavorable également. Quant à l’amendement no 904, il porte sur la notion de parent protecteur, sur laquelle nous travaillons, mais qui n’a pas encore de fondement juridique ; d’où un nouvel avis défavorable. Ces amendements alertent la représentation nationale sur des sujets importants sur lesquels la société et la justice doivent évoluer. Je comprends leur intention, mais ils ne sont pas convaincants du point de vue légistique.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, pour donner l’avis du gouvernement.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 6 bis
Mme Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées

Je demande le retrait des amendements nos 807 et 903, qui sont satisfaits – ils ont cependant le mérite de rappeler des enjeux essentiels. Mon avis est défavorable sur l’amendement no 904 : en l’absence de reconnaissance juridique de la notion de parent protecteur, la disposition est inopérante.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Maud Petit.

Photo de Mme Maud Petit
Après l’article 6 bis
Mme Maud Petit Maud Petit Dem

Ces amendements ont été rédigés sur la base des préconisations du rapport de la commission d’enquête sur l’inceste. Je m’inquiète que vous puissiez affirmer que la loi prévoit déjà qu’un enfant, quel que soit son âge, doit être entendu au sujet de sa résidence ou du droit de visite : ce n’est pas le cas ! Aucun texte ne prévoit que la parole de l’enfant doive être prise en compte. C’est la raison pour laquelle nous devons absolument adopter ces amendements, sous peine de ne pas progresser du tout sur ce sujet. La commission d’enquête sur l’inceste a approuvé à l’unanimité la recommandation de prendre en considération la parole de l’enfant quel que soit son âge. Certains enfants sont terrorisés à l’idée de retourner chez le parent qu’ils ont désigné comme leur agresseur, mais leur parole n’est pas entendue quand ils ont moins de 15 ans. S’agissant de la notion de parent protecteur, je pensais, peut-être à tort, que dès lors que nous l’inscrivions dans le projet de loi, elle bénéficiait d’une reconnaissance juridique. En tout cas, je réfute les arguments qui viennent d’être avancés contre l’amendement no 904.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Arnaud Bonnet.

Photo de M. Arnaud Bonnet
Après l’article 6 bis
M. Arnaud Bonnet Arnaud Bonnet EcoS

Je soutiens évidemment les amendements de notre collègue Maud Petit, présidente de la commission d’enquête sur l’inceste. Dans quel monde oblige-t-on des victimes potentielles de viols à être en contact de manière systématique avec leur agresseur ? Nous savons que des petits et des petites hurlent pour ne pas voir leur agresseur. Nous le savons ! Il faut adopter ces amendements.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 6 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Je ne nie évidemment pas ce que vient de dire M. Bonnet. Ma réponse visait simplement à indiquer que ces amendements sont déjà satisfaits par la loi. D’une part, l’article 388-1 du code civil prévoit l’audition de droit lorsque le mineur en fait la demande. D’autre part, conformément à l’article 373-2-11 du même code, le juge doit prendre l’avis de l’enfant lorsqu’il statue sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale.

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Après l’article 6 bis
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Donc personne ne respecte la loi !

II
Après l’article 6 bis
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 807, 903 et 904 sont successivement adoptés.)

Amdt 807 Adopté Amdt 807 Amdt 807 Amdt 807 Amdt 903 Amdt 903 Amdt 903 Amdt 903 Adopté Amdt 904 Adopté Amdt 904 Amdt 904 Amdt 904
Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 850 rectifié de Mme Gabrielle Cathala est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

850 (Rect) Rejeté Amdt 850 Amdt 850 Amdt 850
Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 6 bis
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Avis favorable.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 6 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 850 rectifié.

850 (Rect) Rejeté Amdt 850 Amdt 850 Amdt 850
II
Après l’article 6 bis
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 64 Nombre de suffrages exprimés 60 Majorité absolue 31 Pour l’adoption 25 Contre 35

II
Après l’article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 850 rectifié n’est pas adopté.)

850 (Rect) Rejeté Amdt 850 Amdt 850 Amdt 850
Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 804 de Mme Maud Petit a été défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 804 Amdt 804 Amdt 804 Amdt 804 Retiré
Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 6 bis
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

La notion de syndrome d’aliénation parentale, utilisée pendant longtemps dans les tribunaux, a eu pour conséquence scandaleuse une absence de protection des mères protectrices et de leurs enfants. Sur le fond, je partage donc votre préoccupation, madame Petit. Toutefois, votre amendement n’est pas de nature à faire avancer les choses. C’est pourquoi je vous invite à le retirer ; à défaut, mon avis serait défavorable. Nous devons former les magistrats et favoriser une véritable révolution culturelle dans la manière dont sont appréhendées la lutte contre les violences faites aux enfants et la protection des parents protecteurs. Au cours de nos travaux, nous avons tous dénoncé la culture patriarcale et les théories masculinistes – puisque c’est de cela qu’il est question. Le sujet que vous soulevez est essentiel mais il nécessite un effort important en matière de formation.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 6 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Je partage moi aussi l’objectif de l’amendement. La notion de syndrome d’aliénation parentale est controversée et n’a aucun fondement scientifique. Elle n’a pas été retenue par l’Organisation mondiale de la santé dans sa classification internationale des maladies. En outre, une résolution du Parlement européen en date du 6 octobre 2021 recommande de ne pas reconnaître le syndrome d’aliénation parentale dans la pratique judiciaire et le droit. Toutefois, la précision que vous proposez n’est pas nécessaire car la direction des affaires civiles et du sceau du ministère de la justice a déjà adressé une dépêche en ce sens à l’attention des juges aux affaires familiales. Cette dépêche est suivie d’effet puisqu’il ressort de l’examen de la jurisprudence que les juges ne fondent pas leur décision sur ce concept. Il ne me semble donc pas utile de modifier le code civil sur ce point. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Gabrielle Cathala.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Après l’article 6 bis
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Je soutiens évidemment cet amendement de notre collègue Maud Petit, avec laquelle j’ai siégé au sein de la commission d’enquête sur l’inceste, comme de nombreux collègues ici. L’amendement est cependant un peu maladroit puisqu’il vise à inscrire dans la loi qu’il ne faut pas utiliser un concept dépourvu de fondement scientifique. Si nous devions inscrire dans la loi tous les concepts qui ne doivent pas être utilisés par les acteurs de la santé et de la justice parce qu’ils n’ont pas de fondement scientifique ou parce que ce sont des concepts qui mènent au racisme ou au sexisme, il y aurait beaucoup de concepts à inscrire dans la loi ! Mme la ministre a indiqué que le garde des sceaux avait donné pour consigne aux magistrats, et je l’espère à l’École nationale de la magistrature, de ne plus recourir à ce concept. J’aimerais qu’elle s’engage à ce que l’administration dont elle est responsable, chargée de la santé et de la protection de l’enfance, reçoive la même consigne par voie réglementaire, que ce soit par décret ou par arrêté. Le syndrome d’aliénation parentale n’a aucune existence scientifique. Pire, il a été développé aux États-Unis par un pédocriminel, puis repris en France pendant des années, y compris à l’École nationale de la magistrature. On a enseigné aux magistrats que les mères manipulaient leurs enfants contre les pères, ce qui illustre une fois encore la nécessité d’une révolution antipatriarcale dans la justice.

Photo de Mme Christine Le Nabour
Après l’article 6 bis
Mme Christine Le Nabour Christine Le Nabour EPR

Ça existe, quand même. Il ne faut pas non plus le nier.

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Émilie Bonnivard.

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Après l’article 6 bis
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Je soutiendrai évidemment cet amendement. Oui, nous avons besoin d’une révolution en la matière et nous devons accompagner nos juges et nos magistrats sur ce chemin. Face à notre retard, psychologique et de compréhension, en matière d’appréhension des violences faites aux enfants, il faut un électrochoc et il doit être inscrit dans la loi – c’est en tout cas ma conviction. On nous dit que les amendements précédents sont satisfaits. Je ne comprends pas : s’ils sont satisfaits, alors personne ne respecte la loi car, aujourd’hui, on oblige les enfants à être en contact avec leurs agresseurs. C’est un réel problème.

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 6 bis
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Eh oui !

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Maud Petit.

Photo de Mme Maud Petit
Après l’article 6 bis
Mme Maud Petit Maud Petit Dem

Je suis terriblement embêtée parce que je comprends parfaitement ce que dit la collègue Cathala – nous ne pouvons pas faire entrer dans la loi toutes les notions qui ne doivent pas être utilisées – ainsi que ce que me souffle la présidente Perrine Goulet : inscrire cette notion dans la loi, c’est la faire exister. Cependant, il était nécessaire d’aborder ce sujet. Ceux de nos collègues qui étaient membres de la commission d’enquête savent bien que certains experts judiciaires, des psychiatres, font leur beurre avec le syndrome d’aliénation parentale. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – M. Arnaud Bonnet et Mme Élise Leboucher applaudissent également.) Maintenant qu’ils ont compris qu’il leur sera difficile d’utiliser ce concept, ils essayent de trouver des notions annexes qui s’en rapprochent, avec toujours le même objectif : décrédibiliser la parole du parent protecteur et, in fine, les propos de l’enfant. C’est un réel problème. Madame la ministre, comme l’une de mes collègues vous l’a demandé, pouvez-vous vous engager à ce qu’il y ait une action plus forte et plus concrète du gouvernement sur ce sujet ? Je vais retirer l’amendement mais on ne peut pas laisser les choses en l’état. Un expert, que je ne vais pas citer – je ne souhaite pas faire sa publicité mais tout le monde le connaît –, organise même des formations auprès de ses confrères sur ce thème. Il fait des disciples ! On ne peut laisser cela se dérouler. Il faut trouver le moyen le plus juste et le plus efficace d’y mettre un terme parce que, comme nous manquons d’experts, les magistrats se réfèrent aux paroles de ces personnes, qui seront toujours disponibles pour venir expliquer ce qu’est le syndrome d’aliénation parentale. (Mme Sabine Gervais applaudit.)

Photo de M. le président
Après l’article 6 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 6 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Il me semble que la dépêche publiée par le garde des sceaux engage fortement le gouvernement. En outre, je redis que les administrations n’utilisent plus cette notion et je réaffirme que le gouvernement ne souhaite pas qu’on l’utilise. Vous savez mon attachement à la science. Or, je le répète, aucune donnée scientifique ne prouve l’existence d’un tel syndrome. Vous avez donc l’engagement d’un gouvernement entier, concrétisé notamment par la dépêche du garde des sceaux.

II
Après l’article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 804 est retiré.)

Amdt 804 Amdt 804 Amdt 804 Amdt 804 Retiré
II
Article 6 quater
Intervenant non identifié

(L’article 6 quater est adopté.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 518, qui fait l’objet du sous-amendement no 1245.

Amdt 518 Adopté Amdt 518 Amdt 518 Amdt 518 Amdt 518
Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Cet amendement vise à garantir que le président du conseil départemental a connaissance du placement sur son territoire – dans une structure ou chez un assistant familial – d’enfants venant d’un autre département. Il y a des demandes en ce sens dans le rapport de contrôle de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de la part des départements. En effet, les enfants peuvent être placés sans que le président du département accueillant en soit informé.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir le sous-amendement no 1245 et donner l’avis de la commission sur l’amendement.

Amdt 1245 Adopté
Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Ce sous-amendement conserve les dispositions de l’amendement visant à modifier l’article 7 pour étendre la transmission d’informations entre les départements en cas de placement en dehors du département d’origine. En revanche, il retranche celles qui suppriment le principe d’une remontée des informations à l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE). J’émets un avis favorable sur l’amendement du gouvernement.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement sur le sous-amendement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable, parce que l’ONPE n’est pas à même de recueillir des données nominatives soumises au règlement général sur la protection des données (RGPD). Les données sont recueillies par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la rapporteure.

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Il s’agit de données statistiques, non de données nominatives. Je le répète : pour ce qui concerne la protection de l’enfance, on manque cruellement de données. C’est un vide intersidéral ! Il nous faut progresser en ma matière. Le but est de faire remonter des données statistiques, non de donner des noms ou des détails précis.

II
Article 7
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1245 est adopté.)

Amdt 1245 Adopté
II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 518, sous-amendé, est adopté.)

Amdt 518 Adopté Amdt 518 Amdt 518 Amdt 518 Amdt 518
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’amendement n° 487, je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 1248.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

La suppression par la commission spéciale de l’alinéa 2 de l’article L. 221-2-3 du code d’action sociale des familles aboutit à enlever toute possibilité d’accueil dérogatoire dans les structures autres que les établissements et services médico-sociaux. Nous devons être pragmatiques : dès lors qu’ils sont encadrés, ces accueils dérogatoires sont un outil indispensable pour les départements. D’abord, ils peuvent avoir une utilité éducative lorsqu’il s’agit de séjours de rupture dans les structures autorisées par le conseil départemental. Ensuite, en cas d’urgence, ils peuvent ponctuellement permettre de mettre à l’abri un jeune, à la condition que l’accueil soit explicitement autorisé par le département, qu’il ne dure pas plus de deux mois et qu’il ne concerne pas un enfant porteur de handicap. Qu’on le souhaite ou non, ces accueils sont parfois nécessaires et, en l’absence de cette possibilité, le risque est l’augmentation mécanique de mesures non exécutées, faute de solutions d’accueil. C’est pourquoi je vous propose de rétablir la disposition initiale du projet de loi, qui modifiait les conditions d’accueil dérogatoires pour les rendre plus contraignantes. Désormais, ces accueils ne pourront avoir lieu que dans des structures ayant fait l’objet d’une autorisation explicite du conseil départemental, à l’exclusion de ceux ayant donné lieu à une simple déclaration.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Peut-être une clarification est-elle nécessaire. Votre amendement revient sur un choix opéré par la commission afin de mieux protéger les enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE), en mettant fin au recours à des structures dérogatoires pour les accueils d’urgence – j’insiste sur ce dernier point. Il sera toujours possible de prendre des mesures d’éloignement et il faut laisser une certaine souplesse mais je pense qu’il faut en rester à ce que la commission a adopté. C’est pourquoi j’émets un avis défavorable sur l’amendement. Nous le verrons dans la suite du débat : il nous manque les moyens et la volonté politique pour refonder ; nous sommes en train de bricoler par manque de places et de dispositifs, ce qui n’est pas acceptable. Certes, des mesures d’éloignement peuvent être nécessaires, mais on devrait disposer dans tous les départements de structures disponibles pour les mises à l’abri en urgence, et ne pas avoir besoin de ces dérogations.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Ayda Hadizadeh.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Je ne sais pas si vous étiez présente, madame la ministre, lors du rétablissement de l’article 14, visant à informer les parents sur l’identité des animateurs dans le périscolaire. En l’espèce, vous voulez placer en urgence des enfants dans des lieux dérogatoires, sans information sur l’identité des personnes accueillantes. De nombreux scandales dans la protection de l’enfance se sont produits dans de tels lieux – vous les connaissez parfaitement. Alors que le droit protège très bien les enfants qui ont des parents pour les défendre, nous sommes encore en train de dégrader les conditions d’accueil des enfants les plus vulnérables de notre République. Ce n’est pas sérieux ! Nous avons dit et redit que ce texte manquait de moyens, mais quand vous voulez rétablir ce type de mesure, le problème n’est plus celui d’un manque de moyens, c’est un défaut de prise de conscience de l’urgence de protéger ces enfants.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Je comprends vos arguments. Malgré tout, la rédaction retenue à l’issue des travaux de la commission empêche les placements en urgence dans les établissements médico-sociaux et il nous faut la modifier. Si la rédaction proposée ne vous convient pas, il nous faudra la faire évoluer d’ici à la fin de la navette pour que ces placements en urgence puissent être effectués.

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1248 n’est pas adopté.)

Amdt 1248 Rejeté
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Christine Loir, pour soutenir l’amendement no 487.

Amdt 487 Rejeté Amdt 487 Amdt 487 Amdt 487
Photo de Mme Christine Loir
Article 7
Mme Christine Loir Christine Loir RN

L’article 7 traite du système d’information utilisée en protection de l’enfance. Si le sujet paraît technique, la question est très concrète : lorsqu’une alerte grave est transmise, sait-on si elle a été reçue, consultée et traitée à temps ? Une information peut exister dans un logiciel et, pourtant, ne produire aucune réaction. Le prérapport relatif à l’affaire Lyhanna montre cette faille : procédure enregistrée tardivement, absence d’alerte automatique à l’expiration du délai, impossibilité d’identifier si une procédure sensible a été prise en compte et suivie. Il relève également que l’outil Cassiopée n’est pas conçu comme une application de suivi des délais et des procédures sensibles. Notre amendement tend à ce que les futurs référentiels intègrent des garanties simples : traçabilité des accès et des transmissions, horodatage, accusé de réception et suivi des délais de traitement. L’objectif est qu’aucune information grave concernant un enfant ne disparaisse dans un angle mort numérique et administratif. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 487.

Amdt 487 Rejeté Amdt 487 Amdt 487 Amdt 487
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 68 Nombre de suffrages exprimés 68 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 18 Contre 50

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 487 n’est pas adopté.)

Amdt 487 Rejeté Amdt 487 Amdt 487 Amdt 487
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Julie Ozenne, pour soutenir l’amendement no 611.

Amdt 611 Rejeté Amdt 611 Amdt 611 Amdt 611
Photo de Mme Julie Ozenne
Article 7
Mme Julie Ozenne Julie Ozenne EcoS

Il s’agit de préciser ce qui va se produire au sein du monde des algorithmes, qui, vous le savez, peut produire certaines discriminations. Sans remettre en cause le principe de l’interopérabilité des systèmes d’information – nous le soutenons –, cet amendement vise simplement à fixer des garanties pour éviter les discriminations. Les données échangées dans le champ de la protection de l’enfance sont parmi les plus sensibles qui soient. Elles concernent des enfants particulièrement vulnérables, leur parcours, leur santé, leur situation familiale ou encore les mesures de protection dont ils font l’objet. Il nous paraît nécessaire que les référentiels prévus par les textes définissent explicitement la finalité des traitements, les catégories de données pouvant être échangées et les destinataires habilités à y accéder, conformément au RGPD et à la loi « informatique et libertés ». Il s’agit d’un amendement de sécurisation juridique, dont l’objet est de renforcer la confiance dans les outils numériques, sans alourdir le dispositif prévu par la loi.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Si je partage évidemment les préoccupations que vous exprimez, l’amendement est déjà satisfait par le RGPD et par la loi « informatique et libertés ». Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

L’amendement étant satisfait, je demande son retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de Mme Julie Ozenne
Article 7
Mme Julie Ozenne Julie Ozenne EcoS

Ce n’est jamais satisfait !

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 611.

Amdt 611 Rejeté Amdt 611 Amdt 611 Amdt 611
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 67 Nombre de suffrages exprimés 42 Majorité absolue 22 Pour l’adoption 17 Contre 25

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 611 n’est pas adopté.)

Amdt 611 Rejeté Amdt 611 Amdt 611 Amdt 611
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Isabelle Santiago, pour soutenir l’amendement no 426.

Amdt 426 Retiré Amdt 426 Amdt 426 Amdt 426 Amdt 426
Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 7
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

Cette proposition découle de la recommandation no 5 du rapport de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance. Nous y avons montré que ces politiques publiques souffraient de longue date de l’éclatement entre les services de l’État, les associations et les départements. La culture du numérique, de l’analyse de données et de l’évaluation sont longtemps restées inconnues de ce système. Cela soulève de vrais problèmes car nous ne disposons pas de données sur les parcours des enfants, contrairement aux autres pays européens ou de l’OCDE. Il est donc temps que nos systèmes informatiques évoluent. La commission d’enquête a montré que celui de la protection de l’enfance était obsolète. Les éditeurs des logiciels qui sont utilisés par les départements n’ont pas prévu que leurs produits soient interopérables. Ceux utilisés par les services de l’État ne le sont pas non plus. Nous pouvons toujours dire dans cet hémicycle que nous souhaitons améliorer la situation des enfants, mais comment le faire sans disposer de données sur le nombre de places disponibles et sur les parcours ? Faute de données, nous ne pouvons même pas suivre le parcours d’un enfant qui entre à 8 mois dans le système de la protection de l’enfance et qui en ressort à sa majorité. Nous avons donc besoin de mettre en œuvre la recommandation no 5 du rapport de la commission d’enquête qui appelait à la création d’un référentiel d’interopérabilité, prévue à l’article 7 du présent projet de loi. Il convient de préciser que ce référentiel doit garantir à terme une connaissance en temps réel de la situation des enfants, des places disponibles, des mentions et des recommandations. On est loin du « y’a qu’à, faut qu’on » ! Il faudra mener un travail légistique d’ampleur mais aussi travailler à l’interopérabilité de tous les services de l’État. Les données relatives aux enfants dont nous parlons sont actuellement perdues au milieu d’une profusion de données administratives.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Je partage l’intention qui sous-tend votre proposition : il faut fluidifier les échanges d’informations. C’est d’ailleurs un pilier de la refondation de la protection de l’enfance qui prend la forme du chantier Connect-ASE. Celui-ci a été conçu en étroite collaboration avec Départements de France et l’ensemble des acteurs publics et associatifs concernés. Je vous demanderai de retirer votre amendement au profit de l’amendement no 635 du gouvernement, portant article additionnel après l’article 7 : il vise à doter chaque enfant pris en charge par la protection de l’enfance d’un dossier numérique unique et uniformisé, qui obéira à la logique du « Dites-le nous une fois ». Ainsi, les professionnels qui accompagnent l’enfant pourront accéder à tout ou partie des informations qui le concernent.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Isabelle Santiago.

Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 7
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

Avant de décider si je retire mon amendement ou non, je voudrais que Mme la ministre me précise à quelle échéance ce dossier numérique unique sera mis en place.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Cela devrait prendre environ deux ans.

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 426 est retiré.)

Amdt 426 Retiré Amdt 426 Amdt 426 Amdt 426 Amdt 426
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’amendement no 810, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir cet amendement, qui fait l’objet d’un sous-amendement.

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Il s’agit d’un amendement de coordination. S’il est adopté, ce que je souhaite, car il est important, il fera tomber plusieurs amendements. D’autres amendements que nous examinerons ultérieurement nous permettront cependant d’avoir des discussions sur les mêmes sujets.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir le sous-amendement no 1205 et donner l’avis du gouvernement sur l’amendement.

Amdt 1205 Adopté Amdt 1205
Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

J’émettrai un avis favorable sur l’amendement no 810 sous réserve que le sous-amendement du gouvernement soit adopté : il vise à ce que les éditeurs de logiciel se conforment aux règles financières habituelles.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission sur le sous-amendement ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Il est défavorable parce qu’en l’état, le sous-amendement exonère les départements d’une part essentielle de leurs responsabilités. Plusieurs affaires récentes ont mis ce point en lumière.

II
Article 7
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1205 est adopté.)

Amdt 1205 Adopté Amdt 1205
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 810, tel qu’il a été sous-amendé.

Amdt 810 Adopté Amdt 810 Amdt 810 Amdt 810 Amdt 810
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 75 Nombre de suffrages exprimés 55 Majorité absolue 28 Pour l’adoption 53 Contre 2

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 810, sous-amendé, est adopté ; en conséquence, l’amendement no 1120, les amendements identiques nos 90, 113, 130, 199, 232, 330 et 441, les amendements nos 251, 877 et 333 ainsi que les amendements identiques nos 577 et 1121 tombent.)

Amdt 810 Adopté Amdt 810 Amdt 810 Amdt 810 Amdt 810
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Sébastien Peytavie, pour soutenir l’amendement no 317.

Amdt 317 Adopté Amdt 317 Amdt 317 Amdt 317 Amdt 317
Photo de M. Sébastien Peytavie
Article 7
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

En commission spéciale, nous avons longuement débattu de la question des lieux de vie et d’accueil (LVA) et de la place qu’ils devaient occuper dans le système, notamment dans le schéma départemental. Après avoir travaillé sur la question avec la Fédération nationale des lieux de vie et d’accueil, il nous a semblé important de limiter à un le nombre de lieux de vie et d’accueil pouvant être détenus par une personne physique ou morale. En commission spéciale, nous nous sommes demandé s’il fallait introduire cette limitation uniquement pour les personnes physiques. Nous avons fait évoluer notre proposition pour sécuriser davantage le dispositif en évitant qu’une même personne puisse créer plusieurs structures.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 317, par le groupe Écologiste et social ; sur les amendements nos 91 et identiques, par le groupe Droite républicaine ; sur les amendements no 576 et identique, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 317 ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Nous avons effectivement longuement débattu de ce sujet en commission spéciale. Je vous ai déjà expliqué les raisons de mon désaccord avec vous sur ce point. Certains lieux de vie gérés par des associations sont bientraitants et accomplissent un travail remarquable. Votre amendement pourrait être lourd de conséquences pour ce type de structures, qui n’obéissent pas à une logique de profit – car le privé lucratif existe dans le domaine de la protection de l’enfance ! Nous étions d’accord à propos de beaucoup d’amendements sur cette question. Celui-ci me semble aller à contre-courant de ce que nous souhaitons accomplir, à savoir préserver les structures sans but lucratif et permettre à des associations de faire leur travail. J’émets donc un avis défavorable, même si je sais que nous sommes globalement d’accord sur la question des lieux de vie.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la présidente de la commission spéciale.

Photo de Mme Perrine Goulet
Article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

J’ai cosigné cet amendement de M. Peytavie. J’entends ce qu’on nous dit : certaines associations gèrent plusieurs structures qui restent des lieux de vie et il est important de les préserver. Mais la notion de lieu de vie perd alors son sens. Au départ, un lieu de vie et d’accueil est une structure créée par une personne ou un couple afin d’offrir à des enfants un accueil personnalisé. Le concept a été dévoyé quand on a ouvert à des associations la possibilité d’en administrer. À partir du moment où une personne physique ou morale ouvre plusieurs structures d’accueil, on ne peut plus parler de lieux de vie et d’accueil !

Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 7
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

Oui, il n’y avait pas de réglementation !

Photo de Mme Perrine Goulet
Article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Il s’agit simplement de petites maisons d’enfants à caractère social (Mecs). Il faut remettre les choses à leur place : au départ, un lieu de vie et d’accueil naît de la décision d’une personne ou d’un couple d’ouvrir sa maison pour y accueillir des enfants. Or la législation relative aux Mecs étant plus contraignante, une foule de personnes s’est emparée du concept de lieu de vie et d’accueil et l’a dévoyé. On a fait entrer tout et n’importe quoi dans ce cadre jusqu’à aboutir à la situation actuelle. Par conséquent, à titre personnel, je soutiens l’amendement de M. Peytavie. Il faut réglementer les lieux de vie et d’accueil pour limiter les dérives. Tout se passe parfois très bien mais, quand une association ou un acteur privé – dans mon département, soyons clairs, il s’agit de sociétés par actions simplifiées (SAS) – ouvre plusieurs structures d’accueil, celles-ci devraient avoir le statut de Mecs. Il est tout à fait possible de créer une Mecs organisée autour de plusieurs lieux d’accueil distincts. Ainsi, dans mon département, il existe une Mecs qui rassemble plusieurs petites structures, chacune accueillant quatre ou cinq enfants de même sexe, ce qui s’approche de l’état d’esprit d’un lieu de vie et d’accueil. Il est important de garder deux dispositifs distincts : d’une part, les lieux de vie et d’accueil, détenus par une ou deux personnes physiques qui ouvrent leur maison pour y accueillir des enfants à profil particulier ; d’autre part, des Mecs régies par la réglementation spécifique qui s’applique aux établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESMS). Cette distinction est nécessaire pour garantir la sécurité des enfants. Il faut savoir de quoi l’on parle : on ne peut pas laisser n’importe qui s’approprier le concept de lieu de vie et d’accueil pour ouvrir des établissements à but plus ou moins lucratif. Certains lieux de vie et d’accueil fonctionnent très bien, notamment ceux ouverts par des personnes physiques qui agissent avec le cœur. Chacun doit obéir à la législation idoine. (M. Laurent Croizier et Mme Ayda Hadizadeh applaudissent.)

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Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Yannick Monnet.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

J’entends ce que vous dites, madame la présidente de la commission spéciale. Cependant, ce n’est pas la réglementation qui réglera les problèmes de ces structures,…

Photo de Mme Perrine Goulet
Article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Si !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

…c’est le contrôle ! Il existe de grosses structures qui respectent la réglementation tout en relevant du charity-business – vous les connaissez comme moi ! La qualité du travail et de l’accueil et la possibilité de diversifier les types d’accueil dépendent non de la réglementation mais du contrôle. Nous en avons tous des exemples. Dans mon département œuvrent des structures que vous connaissez bien et qui font du business, disons-le, sous couvert d’un statut d’association « loi 1901 », sans enfreindre aucune réglementation !

MM
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure

C’est vrai !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Par conséquent, je soutiens la position de la rapporteure.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

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Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Je comprends le débat. Le droit en vigueur permet cependant de limiter les capacités d’accueil des lieux de vie et d’accueil : les autorités compétentes disposent des pouvoirs nécessaires dans le cadre de la procédure d’autorisation. Ce projet de loi permettra de fixer les conditions de fonctionnement. Votre proposition, monsieur Peytavie, qui consiste à réserver l’autorisation à ouvrir un lieu de vie et d’accueil aux seules personnes physiques et à limiter toute autorisation à un lieu par personne, paraît disproportionnée. Elle constitue d’abord une entrave à la liberté d’entreprendre…

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Ce n’est pas le problème !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

…et risquerait par ailleurs de fragiliser des structures associatives gérant plusieurs LVA, sans apporter pour autant de garanties supplémentaires en matière de protection et de contrôle. Je maintiens mon avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la rapporteure.

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Je rejoins le député Monnet, qui soulève un vrai problème et souligne une faille de nos dispositifs : la question du contrôle. Il existe effectivement des lieux de vie uniques gérés par une seule personne qui se trouve être maltraitante !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Bien sûr !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Nous débattons de la réglementation, mais quoi qu’on écrive dans la loi, cela ne sera pas suffisant si nous n’avons pas de meilleurs dispositifs de contrôle ; cette exigence est valable pour toutes les structures qui accueillent des enfants. Et ces contrôles ne doivent pas être effectués par l’autorité qui délivre les autorisations : il faut faire en sorte que ce ne soit pas toujours les départements qui s’autocontrôlent. La façon dont les contrôles sont organisés dans notre pays est proprement hallucinante, puisque c’est le département qui contrôle ces structures ! Les préfectures, qui pourraient elles aussi contrôler les lieux d’accueil de la protection de l’enfance, disposent à cette fin d’effectifs ridicules – dans mon département, ils s’élèvent à 0,5 équivalent temps plein (ETP) ! Elles ne peuvent donc pas assurer cette mission. Sur cette question, l’État est défaillant car il protège mal les enfants. Des scandales ont éclaté à la fois dans des établissements très institutionnels, dans des Mecs, dans des lieux de vie et d’accueil, dans des hôtels. Le fil rouge de nos débats, ce sont les moyens que l’on décide d’allouer au contrôle des structures auxquelles nous confions nos enfants. Le compte n’y est pas : nous n’avons pas les moyens de les contrôler correctement. Je comprends donc l’intention derrière l’amendement, mais je vous alerte sur les conséquences qu’il pourrait avoir pour les structures associatives. Le concept des lieux de vie et d’accueil a certes une histoire, mais, à l’époque de leur création, la protection de l’enfance n’était pas touchée par les scandales actuels. On ne faisait pas face à une telle défaillance des départements, qui ne parviennent plus à proposer assez de places. Il était possible d’accueillir des enfants en tenant compte de leurs difficultés et de leurs besoins.

Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 7
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

Cela ne relevait d’ailleurs pas de la responsabilité des départements…

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Et comme les départements ne répondent en rien aux besoins actuels, les lieux de vie deviennent des solutions nécessaires. Si l’on pense que la question institutionnelle va tout régler, je crois qu’on se trompe, vu l’état de la protection de l’enfance. C’est un débat que nous pouvons encore continuer à avoir, mais je vous alerte sur le fait que, s’il est adopté, cet amendement pourrait avoir un effet contre-productif et surtout qu’il ne réglera rien si l’on n’effectue pas des contrôles sérieux de tous les lieux qui accueillent ces enfants.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la présidente de la commission spéciale.

Photo de Mme Perrine Goulet
Article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

L’article D. 316-1 du code de l’action sociale et des familles décrit ce qu’est un lieu de vie et d’accueil en précisant que celui-ci « vise, par un accompagnement continu et quotidien, à favoriser l’insertion sociale des personnes accueillies. Il constitue le milieu de vie habituel et commun des personnes accueillies et des permanents mentionnés au III dont l’un au moins réside sur le site où il est implanté. »

Photo de Mme Isabelle Santiago et Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Isabelle Santiago et Mme Ayda Hadizadeh Isabelle Santiago SOC

C’est clair !

Photo de Mme Perrine Goulet
Article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Dans le secteur associatif de la protection de l’enfance, on sait bien que les permanents n’habitent pas sur place. Dès lors que cette condition n’est pas remplie, la disposition susmentionnée ne devrait donc pas leur être appliquée puisqu’il ne s’agit pas d’un lieu de vie au sens du code précité. Et s’ils résident de manière permanente dans un lieu, ils ne peuvent pas résider dans d’autres lieux en même temps ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC. – M. Arnaud Bonnet et Mme Blandine Brocard applaudissent également.) Vous dites, madame la rapporteure, qu’une association crée des lieux de vie, mais vous voyez bien qu’elle ne peut pas respecter votre descriptif puisque le membre de l’association ne peut pas être dans plusieurs lieux à la fois. Les habitudes prises ont conduit à dévoyer l’article D. 316-1, dont l’amendement de M. Peytavie vise à rétablir le sens. (Mme Blandine Brocard et Christine Le Nabour applaudissent.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 317.

Amdt 317 Adopté Amdt 317 Amdt 317 Amdt 317 Amdt 317
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 71 Nombre de suffrages exprimés 68 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 41 Contre 27

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 317 est adopté.)

Amdt 317 Adopté Amdt 317 Amdt 317 Amdt 317 Amdt 317
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de quatre amendements identiques, nos 91, 114, 131 et 233. La parole est à M. Vincent Rolland, pour soutenir l’amendement no 91.

Amdt 91 Adopté Amdt 91 Amdt 91 Amdt 91
Photo de M. Vincent Rolland
Article 7
M. Vincent Rolland Vincent Rolland DR

Prévue par le texte initial, l’intégration des lieux de vie et d’accueil dans les schémas départementaux d’organisation sociale et médico-sociale a été supprimée en commission. Elle permettrait pourtant une meilleure planification des structures d’accueil de l’enfant, d’autant plus que ces schémas ont aussi pour but de préciser le cadre de la coopération et de la coordination entre les établissements et services, et définissent la stratégie de prévention des risques de maltraitance dans les établissements. Les LVA ne perdraient pas leur spécificité du fait de leur intégration dans ces schémas. Il serait logique de les inscrire dans une stratégie sociale et médico-sociale, leur implantation obéissant déjà à des règles dérogatoires. Cela permettrait, en outre, de renforcer la capacité de pilotage par les départements de l’offre de prise en charge. Cet amendement a été déposé à l’initiative de notre collègue Sylvie Bonnet.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 114 de Mme Josiane Corneloup, 131 de Mme Émilie Bonnivard et 233 de M. Nicolas Tryzna sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Amdt 114 Adopté Amdt 114 Amdt 114 Amdt 114 Amdt 131 Adopté Amdt 131 Amdt 131 Amdt 131 Amdt 233 Adopté Amdt 233 Amdt 233 Amdt 233
Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Nous avons eu, sur ce point aussi, un long débat en commission. Ce sera un avis défavorable parce qu’il ne s’agit pas de faire l’inverse de ce qui vient d’être décidé, à savoir tenir compte de l’histoire des lieux de vie : ils n’ont jamais été inclus dans les schémas départementaux, et leurs représentants nous ont dit durant les auditions qu’ils ne voulaient pas en faire partie, tout en étant favorables aux contrôles. Leur inclusion modifierait leur logique de fonctionnement puisqu’ils devraient alors répondre aux besoins définis par le département alors que ce n’est pas le but des lieux de vie. Eu égard à leur historique, qui a été rappelé, ce serait une mauvaise mesure. Et j’invite par avance ceux qui voudraient contre-argumenter à faire attention : ne pas être dans les schémas départementaux n’empêche pas le contrôle nécessaire des lieux de vie – il faut l’avoir en tête.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Très bien !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Il s’agit avant tout, je le redis, d’avoir la volonté de contrôler correctement tous les endroits où sont accueillis des enfants au titre de la protection de l’enfance, sachant que la question des schémas départementaux n’est pas en lien avec celle des contrôles. Je suis donc pour le renforcement des contrôles – je vous invite d’ailleurs à signer ma proposition de loi visant à instituer un contrôleur indépendant des lieux de placement, ce qui constituerait une vraie solution pour aller contrôler partout où se trouvent ces enfants. Les amendements ne répondent pas à cette exigence et leur adoption serait totalement contre-productive pour les lieux de vie.

Photo de Mme Mathilde Panot
Article 7
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Bravo, madame Maximi !

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Je suis favorable à ces amendements, qui avaient été d’ailleurs recommandés par la commission d’enquête dont Mme Santiago était la rapporteure, ainsi que par les départements, parce que cela leur permettrait de disposer d’outils supplémentaires.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Sébastien Peytavie.

Photo de M. Sébastien Peytavie
Article 7
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

Il est en effet important de rappeler un peu l’histoire des lieux de vie et d’accueil, comment ils se sont construits, portés par le mouvement de l’antipsychiatrie dans les années 1960-70, comment ces projets reposaient sur la volonté d’une personne, d’un couple, de vivre avec des jeunes en leur proposant un espace qui se situe entre la famille d’accueil et l’établissement. Certains lieux ont certes posé des problèmes, mais quand cela fonctionne bien, on constate que la durée de séjour des jeunes y est beaucoup plus longue qu’ailleurs, sachant qu’ils peuvent y inviter leurs camarades, ce qui ne peut pas se faire partout, et disposer de leur espace personnel. Tout cet environnement constitue une préparation à l’autonomie, qui est essentielle pour la suite. Toutefois, l’existence du lieu de vie se base sur la volonté et le désir de la personne ou du couple qui a créé cette structure. Or on voit bien qu’aujourd’hui, du fait de la pénurie de places au sein des structures départementales, on aimerait bien mettre la main sur ces structures. Mais ces lieux se sont construits sur des projets spécifiques…

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Exactement !

Photo de M. Sébastien Peytavie
Article 7
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

…et si l’on permet aux départements d’en prendre le contrôle, ils ne vont plus continuer parce que ce sera contraire à leur logique propre. Cela ne fonctionnera plus.

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

En effet !

Photo de M. Sébastien Peytavie
Article 7
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

S’agissant des contrôles, j’abonde dans le sens de Mme la rapporteure. Ils font déjà l’objet d’évaluations internes et externes : c’est obligatoire et les responsables de ces lieux réclament d’ailleurs qu’il y en ait. Reste à s’assurer qu’elles seront bien effectuées, mais ce n’est pas l’intégration de ces structures dans les schémas départementaux qui le permettra. Le groupe Écologiste et social s’oppose fermement au rétablissement de cette disposition supprimée par la commission.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Émilie Bonnivard.

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Article 7
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Je ne comprends absolument pas en quoi lieux de vie et intégration dans un schéma départemental sont contradictoires. La liberté et le caractère spécifique des lieux de vie n’en seront en rien altérés.

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Cela les ferait disparaître !

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Article 7
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Nous ne sommes plus dans les années 1960 : aujourd’hui, nous avons besoin, au niveau du département, de savoir où sont ces enfants et comment ils évoluent.

MM
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure

Mais on le sait déjà !

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Article 7
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Le fait d’être intégrés à des schémas départementaux pourrait leur apporter des outils supplémentaires, complémentaires de leur spécificité. Vraiment, je ne comprends pas cette défiance, comme si les départements étaient des grands méchants loups prêts à les dévorer ! Ils sont tout à fait capables d’intégrer la diversité, de la nourrir et de l’encourager. En attendant qu’il y ait des contrôles partout, tout le temps, on a besoin de savoir ce qui se passe dans ces lieux de vie.

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Cela n’a rien à voir avec les schémas départementaux !

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Article 7
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Leur intégration dans les schémas départementaux serait une garantie.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 91, 114, 131 et 233.

Amdt 91 Adopté Amdt 91 Amdt 91 Amdt 91 Amdt 114 Adopté Amdt 114 Amdt 114 Amdt 114 Amdt 131 Adopté Amdt 131 Amdt 131 Amdt 131 Amdt 233 Adopté Amdt 233 Amdt 233 Amdt 233
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 79 Nombre de suffrages exprimés 58 Majorité absolue 30 Pour l’adoption 32 Contre 26

II
Article 7
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 91, 114, 131 et 233 sont adoptés.)

Amdt 91 Adopté Amdt 91 Amdt 91 Amdt 91 Amdt 114 Adopté Amdt 114 Amdt 114 Amdt 114 Amdt 131 Adopté Amdt 131 Amdt 131 Amdt 131 Amdt 233 Adopté Amdt 233 Amdt 233 Amdt 233
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 576 et 812. La parole est à M. Yannick Monnet, pour soutenir l’amendement no 576.

Amdt 576 Rejeté Amdt 576 Amdt 576 Amdt 576
Photo de M. Yannick Monnet
Article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Un mot sur le vote précédent : il faut bien comprendre que certains lieux de vie, notamment ceux qui organisent des séjours de rupture – j’ai eu l’occasion d’en faire beaucoup –, s’occupent souvent des incasables, c’est-à-dire des enfants qui ont besoin de structures suffisamment souples avec un accueil suffisamment personnalisé. En outre, le schéma départemental ne garantit pas qu’on disposera d’informations sur ce qui se passe dans tous les lieux d’accueil ; s’il n’y a pas de contrôle, on n’en saura rien. J’en viens à l’amendement. L’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles renvoie déjà à un décret le soin de fixer « le nombre minimal et maximal des personnes » que les lieux de vie peuvent accueillir ainsi que « leurs règles de financement et de tarification ». L’article 7 du projet de loi modifie l’enjeu de ce décret en posant qu’il devra définir les conditions techniques minimales d’organisation et de fonctionnement ainsi que les règles de financement de la tarification des lieux de vie. Cette nouvelle rédaction nous laisse perplexe pour au moins trois raisons : la limite maximale d’accueil n’est plus mentionnée alors même que le propre des lieux de vie est d’être de petite taille ; les conditions de fonctionnement des lieux de vie sont déjà déclinées dans les articles D. 316-1 et suivants du code de l’action sociale et des familles. Est-il opportun de bousculer ce cadre stabilisé ? Vers quelle autre forme de fonctionnement s’orienterait-on ? S’agit-il de rouvrir le cadre tarifaire des lieux de vie et si oui, avec quelle ambition ? Nous vous proposons d’en rester à la rédaction actuelle figurant à l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Marianne Maximi, rapporteure, pour soutenir l’amendement no 812.

Amdt 812 Rejeté Amdt 812 Amdt 812 Amdt 812
Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Pour en revenir au vote qui vient d’avoir lieu, je pense qu’il faut savoir de quoi on parle : être informé de ce qui se passe dans les lieux d’accueil des enfants n’est pas en lien avec le schéma départemental, c’est une question d’organisation. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.) Calmez-vous : j’essaie de vous expliquer ! (Exclamations sur les bancs des groupes RN et DR.)

Photo de M. Julien Odoul
Article 7
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Vous n’êtes pas notre professeure !

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Chers collègues, laissez la rapporteure s’exprimer.

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

L’intervention précédente n’était pas juste – j’ai le droit de le dire en tant que rapporteure. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Il ne faut pas confondre les choses ; la question des contrôles et celle des schémas départementaux ne sont pas liées. Si vous pensez que les structures intégrées dans les schémas départementaux sont toutes bien traitantes, sachez qu’on n’aurait pas connu tous ces scandales, dans tous les départements ou presque, qui illustrent une maltraitance institutionnelle – je pense aux éducateurs qui ont des comportements inadaptés, voire dangereux pour les enfants. (Mêmes mouvements.) C’est tout de même un sujet important. La question de l’organisation de la gouvernance est une chose, la question des contrôles en est une autre.

Photo de Mme Mathilde Panot
Article 7
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Bravo !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Quant aux amendements, je les trouve importants parce que la rédaction originelle du code me semble beaucoup plus juste que ce qu’on est en train d’essayer de faire.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

J’émettrai un avis défavorable sur ces amendements. Même si un département a des soupçons sur un LVA, il n’a actuellement pas les moyens juridiques d’empêcher son implantation. En passant par les schémas départementaux, il en aura la possibilité.

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Article 7
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Oui ! Évidemment !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

C’est bien tout le sens du débat que nous avons depuis le début.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Ayda Hadizadeh.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

À ce stade des débats, j’appelle l’attention de tous les députés présents sur un point : il n’y a absolument rien dans ce projet de loi qui renforce le contrôle de ces lieux de placement.

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Eh oui !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Il y a des dispositions de nature diverse pour protéger les enfants – on a débattu du contrôle pour les enfants du périscolaire, de gouvernance pour les enfants placés, et aussi de schémas, de processus, de dossiers transmis au juge, d’ordonnances… –, mais seule la présence de l’avocat, que la représentation nationale a rendu systématique par une autre loi, et je l’en remercie, va permettre de renforcer le contrôle. Je prie les parents dont les enfants ont été victimes d’agresseurs sexuels dans les lieux périscolaires de ne pas croire que je sous-estime leurs cas, mais dans les lieux de placement, il y a des enfants qui meurent chaque année : pas un, pas deux, plusieurs dizaines. En plus, c’est la partie immergée de l’iceberg : selon le ministre de la justice, six jeunes filles prostituées sur dix sortent des foyers de l’aide sociale à l’enfance. Or cette question n’est pas du tout abordée dans le projet de loi. Quant aux amendements, je comprends la crainte exprimée au sujet des lieux de vie. Une forme de bureaucratisation nous rattrape ; nous sommes tous saisis par des familles qui ne comprennent pas des décisions administratives, des décisions froides appliquées à des questions sociales – je pense à la question de la protection de l’enfance mais aussi à la question du handicap. Je comprends donc, disais-je, que les lieux de vie, qui ont une identité et un ADN particuliers, aient peur d’être rattrapés par une grosse machine, qu’ils craignent de devoir entrer dans les cases et de subir du contrôle tatillon là il faudrait une forme de compréhension de leur projet. Je pense que la crainte de l’intégration dans les schémas départementaux vient de là. Je comprends aussi que les départements, pour pouvoir mieux piloter, veuillent savoir où il y a des places. On ne sait pas où placer le curseur entre ces deux positions. J’insiste, madame la ministre, car il est peut-être encore temps de rattraper cela au Sénat : le texte ne comporte rien qui permettrait plus de contrôles des lieux où sont placés les enfants les plus fragiles et vulnérables de la République.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Vous avez raison : nous devons faire évoluer la réglementation pour pouvoir mieux contrôler tout en garantissant la possibilité d’entreprendre. Deux missions de contrôle ont été lancées il y a quelques mois, l’une sur les LVA, l’autre sur les lieux qui ne dépendent pas des départements. On ne peut donc pas dire que rien n’est fait, d’autant que l’Igas est en train de procéder à de nombreux contrôles. Comme vous, je déplore les événements récents, mais nous sommes justement réunis pour faire évoluer la réglementation.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 576 et 812.

Amdt 576 Rejeté Amdt 576 Amdt 576 Amdt 576 Amdt 812 Rejeté Amdt 812 Amdt 812 Amdt 812
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 80 Nombre de suffrages exprimés 79 Majorité absolue 40 Pour l’adoption 38 Contre 41

II
Article 7
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 576 et 812 ne sont pas adoptés.)

Amdt 576 Rejeté Amdt 576 Amdt 576 Amdt 576 Amdt 812 Rejeté Amdt 812 Amdt 812 Amdt 812
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de six amendements, nos 93, 115, 132, 234, 442 et 688, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 93, 115, 132, 234 et 442 sont identiques. Les amendements nos 93, de Mme Sylvie Bonnet, 115, de Mme Josiane Corneloup, et 132, de Mme Émilie Bonnivard, sont défendus. La parole est à M. Nicolas Tryzna, pour soutenir l’amendement no 234.

Amdt 93 Rejeté Amdt 93 Amdt 93 Amdt 93 Amdt 115 Rejeté Amdt 115 Amdt 115 Amdt 115 Amdt 115 Amdt 132 Rejeté Amdt 132 Amdt 132 Amdt 132 Amdt 132
Photo de M. Nicolas Tryzna
Article 7
M. Nicolas Tryzna Nicolas Tryzna DR

Il y a quelques minutes, nous avons eu un débat sur les moyens de l’État, qui ne sont pas forcément suffisants. Cet amendement de coordination, proposé par Départements de France, vise justement à permettre une action de contrôle conjointe de l’État et des départements.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Isabelle Santiago, pour soutenir l’amendement no 442.

Amdt 442 Rejeté Amdt 442 Amdt 442 Amdt 442
Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 7
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

L’objectif est que les départements et l’État puissent faire contrôle commun. Comme cela a été dit, notamment par la rapporteure Maximi, l’État n’a pas les effectifs suffisants pour opérer des contrôles sur le terrain. En revanche, il y a plus de moyens au sein des départements. Cela laisse une marge. D’autre part, il faut déterminer les points de contrôle pour ne pas se limiter à une inspection sommaire du bâtiment. Longtemps, les contrôles ont été plutôt financiers. Aujourd’hui, il est temps de s’intéresser aux enfants et aux conditions matérielles de leur accueil. Par exemple, en 2026, on doit s’assurer qu’une pouponnière n’est pas éclairée avec des néons hospitaliers agressifs. C’est pourquoi il serait utile d’établir un référentiel de contrôle qui faciliterait la tâche des personnes mandatées pour l’exercer.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 688 de M. Yannick Monnet est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Amdt 688 Retiré Amdt 688 Amdt 688 Amdt 688 Amdt 688
Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Il faut dire clairement qu’ils ont été rédigés par l’association Départements de France. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.)

Photo de M. Nicolas Tryzna
Article 7
M. Nicolas Tryzna Nicolas Tryzna DR

C’est indiqué dans l’exposé sommaire du mien !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Je suis opposée à ces amendements qui visent à ce que l’État et les départements fassent des contrôles conjoints. Leurs auteurs voudraient que, par exemple, les préfectures ne puissent pas diligenter des contrôles hors de la présence des représentants du département. Selon moi, ce serait un problème, car je suis opposée à l’autocontrôle des départements en matière de protection de l’enfance, autocontrôle qui a entraîné tous les scandales qu’on connaît. Le contrôle est un sujet important sur lequel on n’est, une fois encore, pas à la hauteur. On bricole, avec des départements qui s’autocontrôlent et des préfets qui n’ont que des moyens ridicules pour organiser des inspections de terrain. Dans mon département, l’effectif concerné est d’un demi-ETP. Clairement, le compte n’y est pas. C’est pourquoi 66 % des familles d’accueil déclarent n’avoir jamais été contrôlées par les services qui leur ont donné un agrément. On est loin d’être bon sur cette question. Plus largement, il est temps de changer de culture et d’aller vers des contrôleurs indépendants. (Mme Ayda Hadizadeh applaudit.) Il n’est plus possible que les deux donneurs d’ordre, les deux administrations compétentes en matière de protection de l’enfance, s’autocontrôlent. Je rejoins Mme Santiago sur un point : il faut définir le contenu des contrôles. J’ai souvenir d’un contrôle de sécurité organisé sur mon ancien lieu de travail. Les issues de secours et les matériels utilisés sont des sujets importants, mais le contrôle passait à côté des questions éducatives et des conditions d’accueil. Or, dans cette pouponnière, des professionnels avaient donné l’alerte, fait des signalements au titre de l’article 40 du code de procédure pénale pour mise en danger des bébés. Pourtant, rien n’a été fait et l’on a laissé soixante-huit enfants s’entasser dans un établissement prévu pour trente-six. En conséquence, l’état des enfants s’est dégradé et certains ont souffert d’hospitalisme – la commission d’enquête avait d’ailleurs visité cet établissement. Encore une fois, avec ces amendements, on bricole et on essaie de se donner bonne conscience. De plus, ils risquent de ralentir le processus de contrôle car une organisation conjointe est plus complexe à mettre en place. Il faut faire attention aux conséquences qu’aurait leur adoption. Il vaut mieux accroître les moyens et instituer un contrôleur général des lieux de placement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Ayda Hadizadeh applaudit également.) Nous avons besoin d’une structure composée de personnels formés qui contrôleraient la façon dont les enfants sont pris en charge, et ce n’est pas ce vers quoi on se dirige. Autre point : nous agissons toujours en réaction, mais avec un énorme retard par rapport aux alertes. Comme le disait Mme Hadizadeh, les enfants placés passent toujours en dernier dans les politiques publiques et dans la publication des décrets d’application. Si les lois étaient appliquées correctement, la France se serait épargné des drames. La loi Taquet date de 2022, mais il a fallu attendre deux ans et la mort de Lily pour que le décret traduisant l’interdiction des placements en hôtel soit signé. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC. – M. Sébastien Peytavie applaudit également.) Et lui non plus n’est pas à la hauteur, puisqu’il prévoit des dérogations. Je vois une volonté des départements de faire de l’affichage ; or la situation est telle que le gouvernement devrait révolutionner la gestion des contrôles et le montant des moyens alloués, sinon nous n’y arriverons pas. J’émets donc un avis défavorable sur ces amendements rédigés par Départements de France. Beaucoup de départements ne sont pas, tout comme l’État, au niveau de leur mission de protection de l’enfance. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC. – Mme Christine Le Nabour applaudit également.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Je suis favorable à ces amendements.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Je retire le mien.

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 688 est retiré.)

Amdt 688 Retiré Amdt 688 Amdt 688 Amdt 688 Amdt 688
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 7
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Je souscris aux arguments développés par la rapporteure. Qu’il s’agisse des schémas départementaux ou des opérations de contrôle, on constate une défaillance de la décentralisation en matière de protection de l’enfance – je tenais à réintroduire cet aspect dans le débat. Nous plaidons pour notre part pour la recentralisation de l’exercice de cette mission et pour l’existence de contrôles indépendants, y compris de l’État, menés par exemple par une autorité administrative indépendante. C’est la direction à suivre. Départements de France devrait plutôt opter pour un plaider-coupable à propos de la gestion de cette mission que demander des contrôles conjoints. Leur instauration ferait suspecter que les départements veulent connaître à l’avance la date du contrôle pour éviter toute mise en cause, polémique locale ou parution dans la presse. Cela me rappelle le droit à l’erreur instauré par la loi « oups » de Gérald Darmanin, qui prévoyait que tous les contrôles aient lieu le même jour à la même heure et pas plus d’une fois par an, sinon il y en aurait trop. Je retrouve là la philosophie des macronistes et du bloc central. Si l’on adopte cette logique dans l’espoir d’améliorer les contrôles, le seul résultat est qu’il y en aura moins et que les situations problématiques perdureront. La demande de coordination est peut-être sincère, mais, le diable se cachant souvent dans les détails, je ne peux croire que Départements de France soit l’organisation la mieux placée pour prendre position sur le sujet.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Nicolas Tryzna.

Photo de M. Nicolas Tryzna
Article 7
M. Nicolas Tryzna Nicolas Tryzna DR

Les amendements identiques visent à répondre à plusieurs questions, la première étant celle des moyens. En outre, il est trop simple de prétendre que tous les départements – il en existe près de cent – sont dysfonctionnels. L’entendre est insupportable pour les conseillers départementaux que sont certains d’entre nous. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Mme Nathalie Colin-Oesterlé, rapporteure, applaudit également.) Si des dysfonctionnements ont existé, ils ne concernent pas tous les départements et aucun département ne les connaît volontairement.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 7
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Cela découle aussi de choix politiques. Dans le Nord, c’est évident !

Photo de M. Nicolas Tryzna
Article 7
M. Nicolas Tryzna Nicolas Tryzna DR

Il y a eu des problèmes de moyens – ils méritent qu’on revienne dessus – et d’encadrement, mais créer un haut-commissariat pour contrôler un État et des départements considérés comme a priori dysfonctionnels n’est pas la solution. Cette dernière passe par la proposition simple que nous faisons : les contrôles communs. Les commissions de sécurité qui contrôlent les établissements regroupent toujours les services de l’État, ceux des mairies et les pompiers,…

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Là, ce n’est pas même chose ! On ne parle pas d’extincteurs !

Photo de M. Nicolas Tryzna
Article 7
M. Nicolas Tryzna Nicolas Tryzna DR

…et cela fonctionne très bien. La coordination, ça marche !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 7
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Ah ça ! Pour sûr, ça marche !

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 93, 115, 132, 234 et 442.

Amdt 93 Rejeté Amdt 93 Amdt 93 Amdt 93 Amdt 115 Rejeté Amdt 115 Amdt 115 Amdt 115 Amdt 115 Amdt 132 Rejeté Amdt 132 Amdt 132 Amdt 132 Amdt 132 Amdt 234 Rejeté Amdt 234 Amdt 234 Amdt 234 Amdt 234 Amdt 442 Rejeté Amdt 442 Amdt 442 Amdt 442
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 82 Nombre de suffrages exprimés 76 Majorité absolue 39 Pour l’adoption 18 Contre 58

II
Article 7
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 93, 115, 132, 234 et 442 ne sont pas adoptés.)

Amdt 93 Rejeté Amdt 93 Amdt 93 Amdt 93 Amdt 115 Rejeté Amdt 115 Amdt 115 Amdt 115 Amdt 115 Amdt 132 Rejeté Amdt 132 Amdt 132 Amdt 132 Amdt 132 Amdt 234 Rejeté Amdt 234 Amdt 234 Amdt 234 Amdt 234 Amdt 442 Rejeté Amdt 442 Amdt 442 Amdt 442
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Constance de Pélichy, pour soutenir l’amendement no 1123.

Amdt 1123 Adopté Amdt 1123 Amdt 1123 Amdt 1123 Amdt 1123
Photo de Mme Constance de Pélichy
Article 7
Mme Constance de Pélichy Constance de Pélichy LIOT

Depuis ce matin, nous avons beaucoup parlé des contrôles des lieux de vie et d’accueil. Nous proposons de préciser qu’ils peuvent être inopinés, ce qui ne figure nulle part dans le texte en son état actuel. L’auteur du contrôle aurait le choix des modalités – il pourrait prévenir ou non –, mais il importe que certaines structures n’aient pas le temps de se préparer et de dissimuler des éléments potentiellement gênants.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur les amendements nos 813 et 861, ainsi que sur l’article 7, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Une demande similaire du groupe Écologistes et social concerne l’amendement no 17. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 1123 ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Je suis favorable aux contrôles inopinés, point sur lequel j’imagine que tout le monde sera d’accord. J’en profite pour revenir sur les contrôles de sécurité. Nous ne parlons pas d’extincteurs ni de portes coupe-feu, nous parlons du développement de l’enfant ! C’est une des raisons pour lesquelles je dis qu’il faut envisager autrement les contrôles, qui doivent être faits par des personnes formées aux signes de souffrances des enfants ou au repérage de l’hospitalisme.

Photo de M. Nicolas Tryzna
Article 7
M. Nicolas Tryzna Nicolas Tryzna DR

Parce que, selon vous, ce n’est pas le cas de celles employées par les départements ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Nous sommes en train de passer à côté du fond du problème. J’insiste de nouveau sur l’indépendance des contrôleurs.

Photo de Mme Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Article 7
Mme Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) DR

Restez plutôt sur l’amendement !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Se contenter de vérifier que les normes sont respectées n’est pas suffisant. Ce n’est pas ça, un vrai contrôle.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Ayda Hadizadeh.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

On ne devrait même pas avoir à inscrire dans le texte que les contrôles peuvent être inopinés tant cela relève du bon sens ! Je prends toujours l’exemple du préfet du Val-d’Oise, qui lance chaque année 700 contrôles dans des restaurants ou d’autres lieux vendant de la nourriture. Vous imaginez bien que si ses services passaient un coup de fil pour annoncer le contrôle trois jours ou une semaine avant qu’il ait lieu, ils ne trouveraient que des établissements nickel. C’est la même chose ici. Je regrette d’ailleurs à nouveau que la loi interdise les contrôles inopinés chez les assistants familiaux. Je n’ai pas réussi à faire bouger la réglementation, car on m’a dit que cela créerait une charge. À propos de la décentralisation, il faut sortir de la position stérile selon laquelle certains départements géreraient bien mais d’autres non. Je prends l’exemple des Hauts-de-Seine, l’un des départements les plus riches de France, sinon le plus riche – 600 millions d’excédents budgétaires, aucun problème financier. L’ancien président de son conseil départemental, feu Patrick Devedjian, avait décidé, de manière assumée, de ne pas investir dans le social. En la matière, son département était parmi les plus mauvais élèves. Puis survint un drame horrible : un gamin poignardé par un autre dans un hôtel social où ils étaient placés. Le président actuel, M. Siffredi, a alors fait l’inverse de son prédécesseur. Il a investi massivement et, aujourd’hui, le département est cité en exemple. Cela prouve que l’un des problèmes est que l’action en matière de protection de l’enfance dépend entièrement de choix politiques. Sans totalement retirer cette compétence aux départements, il faut peut-être réfléchir à une territorialisation, avec un pilotage national ferme. C’est pourquoi la proposition de la rapporteure Maximi de créer un contrôleur national des lieux de placement ne peut être balayée d’un revers de main. Cela devrait faire l’objet d’un consensus transpartisan aussi fort que celui qui a permis de garantir la présence d’un avocat aux côtés des enfants placés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mmes Marie-Charlotte Garin et Christine Le Nabour applaudissent également.)

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1123 est adopté.)

Amdt 1123 Adopté Amdt 1123 Amdt 1123 Amdt 1123 Amdt 1123
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Sébastien Peytavie, pour soutenir l’amendement no 17.

Amdt 17 Adopté Amdt 17 Amdt 17 Amdt 17 Amdt 17
Photo de M. Sébastien Peytavie
Article 7
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

Il vise à renforcer le contrôle du bénéfice effectif d’une autorisation d’exercice par un établissement, service ou lieu de vie accueillant des enfants au titre de l’aide sociale à l’enfance. Il répond à un contexte marqué par la persistance dans notre territoire de structures accueillant des enfants sans disposer des autorisations requises, ce qui fait peser un risque sérieux sur la qualité de l’accueil, la sécurité des enfants ainsi que sur la continuité et la qualité de leur accompagnement socio-éducatif. Cette proposition s’inscrit dans la continuité de la discussion : si l’on veut éviter que les lieux de vie intègrent les schémas départementaux, il faut mener des contrôles suffisants – demandés par les responsables des lieux de vie eux-mêmes – pour garantir la sécurité des enfants.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Sagesse.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 17.

Amdt 17 Adopté Amdt 17 Amdt 17 Amdt 17 Amdt 17
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 81 Nombre de suffrages exprimés 80 Majorité absolue 41 Pour l’adoption 54 Contre 26

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 17 est adopté.)

Amdt 17 Adopté Amdt 17 Amdt 17 Amdt 17 Amdt 17
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 813 de Mme Marianne Maximi, rapporteure, est rédactionnel. Quel est l’avis du gouvernement ?

Amdt 813 Adopté Amdt 813 Amdt 813 Amdt 813
Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Favorable.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 813.

Amdt 813 Adopté Amdt 813 Amdt 813 Amdt 813
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 80 Nombre de suffrages exprimés 56 Majorité absolue 29 Pour l’adoption 50 Contre 6

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 813 est adopté.)

Amdt 813 Adopté Amdt 813 Amdt 813 Amdt 813
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 818 de Mme Marianne Maximi, rapporteure, est rédactionnel.

Amdt 818 Adopté Amdt 818 Amdt 818 Amdt 818
II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 818, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 818 Adopté Amdt 818 Amdt 818 Amdt 818
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements, nos 630 et 632, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Isabelle Santiago, pour soutenir l’amendement no 630.

Amdt 630 Rejeté Amdt 630 Amdt 630 Amdt 630 Amdt 630
Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 7
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

Nous avons déjà eu ce débat en commission et lors de l’examen de la proposition de loi de Mme la présidente de la commission spéciale. Le secteur privé à but lucratif, admis par défaut dans le domaine de la protection de l’enfance il y a quelques années, n’aurait jamais dû être chargé de l’accueil des enfants protégés : au-delà des dérives observées, c’est le principe même de l’intervention de structures privées lucratives dans ce secteur qui est en cause. Même si nous décidons de les interdire, il demeure que de nombreux enfants sont actuellement accueillis dans ces structures. C’est pourquoi nous prévoyons la cessation de leur activité dans un délai de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de cette interdiction, délai qui serait mis à profit pour trouver des places dans d’autres structures afin que les enfants concerné soient accueillis dans de bonnes conditions.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Ayda Hadizadeh, pour soutenir l’amendement no 632.

Amdt 632 Retiré Amdt 632 Amdt 632 Amdt 632 Amdt 632
Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Il est identique, à une exception près : le délai est fixé à un an. Au vu des dégâts que fait le secteur privé lucratif, il faut en effet accélérer la sortie des enfants. Je comprends les problèmes auxquels font face les départements, mais faut-il faire passer la question des moyens avant l’intérêt des enfants ? Les départements doivent se mettre en ordre de marche ; ils disposent d’une compétence prioritaire en la matière et peuvent se donner les moyens d’opérer cette sortie. C’est exactement le même débat qu’au sujet des hôtels : alors que les députés avaient voté l’interdiction du placement dans les hôtels, deux ans se sont écoulés avant la signature du décret d’application parce que les départements expliquaient qu’ils ne pourraient pas s’y conformer. Résultat : une enfant, Lily, a été retrouvée pendue dans sa chambre d’hôtel ; une semaine plus tard, le décret était signé.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Je suis défavorable à l’amendement no 630 de Mme Santiago et je demande le retrait du no 632. Je ne suis pas favorable à l’allongement du délai de mise en conformité que propose Mme Santiago.

Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 7
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

On les met où, les enfants ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Il appartient aux départements de s’organiser. Il faut avancer : plus on allonge les délais, plus longtemps on laisse accueillir des enfants dans des conditions inadaptées. Quant à l’amendement de Mme Hadizadeh, il est satisfait par le dernier alinéa de l’article 7.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Je le retire.

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 632 est retiré.)

Amdt 632 Retiré Amdt 632 Amdt 632 Amdt 632 Amdt 632
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement sur l’amendement qui reste en discussion ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable : l’amendement présente un risque d’inconstitutionnalité eu égard à la liberté d’entreprendre et au principe d’égalité devant la loi. (Exclamations sur certains bancs des groupes SOC et EcoS.)

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 630 n’est pas adopté.)

Amdt 630 Rejeté Amdt 630 Amdt 630 Amdt 630 Amdt 630
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 819 de Mme Marianne Maximi, rapporteure, est rédactionnel.

Amdt 819 Adopté Amdt 819 Amdt 819 Amdt 819
II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 819, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 819 Adopté Amdt 819 Amdt 819 Amdt 819
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Zahia Hamdane, pour soutenir l’amendement no 861.

Amdt 861 Adopté Amdt 861 Amdt 861 Amdt 861 Amdt 861 Amdt 861
Photo de Mme Zahia Hamdane
Article 7
Mme Zahia Hamdane Zahia Hamdane LFI-NFP

Cet amendement très important a trait aux ratios minimaux d’encadrement. Nous souhaitons compléter l’alinéa 22 par les mots : « exprimés sous la forme de taux socles et complémentaires de professionnels qualifiés par nombre d’enfants accueillis, compte tenu des besoins fondamentaux et spécifiques des enfants accueillis et adaptés en fonction de la taille des unités de vie, de l’âge et des temps de vie des enfants accueillis ». Ces modalités de fixation des taux d’encadrement font l’objet d’une demande de longue date de la part des acteurs de la protection de l’enfance, employeurs inclus. De tels taux existent dans de nombreux domaines – périscolaire, sorties scolaires, animation – mais pas dans celui de la protection de l’enfance. Nous pouvons combler ce grand vide juridique : faisons-le aujourd’hui. (Mme Gabrielle Cathala applaudit.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

En effet, cet amendement, qui s’inscrit dans le long débat relatif aux taux et normes d’encadrement dans le domaine de la protection de l’enfance, est important, dans la mesure où il lance un appel et exprime à cet égard la volonté de cet hémicycle, notamment de sa gauche.

Photo de M. Frédéric Weber
Article 7
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

Oh là là !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Je ne crois pas que vous ayez jamais déposé une proposition de loi sur la question ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Ayda Hadizadeh et M. Yannick Monnet applaudissent également.) Mais si vous y êtes favorable, j’en suis ravie. La loi Taquet prévoyait déjà une telle mesure, qui n’a jamais été appliquée alors qu’un décret – rédigé notamment avec toutes les associations d’employeurs du secteur, qui revendiquent la fixation de ces taux et normes d’encadrement – était prêt. Il faut avancer. L’amendement ne le permettra pas – il ne faut pas vendre du rêve à celles et à ceux qui nous regardent – car une telle disposition créerait une charge pour l’État, mais il est impératif que la représentation nationale alerte les ministres au sujet de ce besoin essentiel. Dans tous les endroits où sont accueillis des enfants – colonie de vacances, centre aéré, cantine, partout ! –,…

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Partout !

Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 7
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

Oui !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

…des textes fixent le nombre d’adultes qui doivent être présents pour un nombre donné d’enfants. Mais s’agissant de la protection de l’enfance, il n’en existe aucun : c’est un scandale ! (Mmes Marie-Charlotte Garin, Ayda Hadizadeh et Zahia Hamdane applaudissent.)

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Article 7
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

Oui ! Elle a raison !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Lorsque j’étais éducatrice en foyer, je sais que certains jours, j’ai été maltraitante. Quand on est seul en poste, un jour de rentrée scolaire, et qu’on doit accompagner quinze gamins de CP à l’école le matin, on fait mal son travail. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres : quand on gère la violence d’un groupe ou un incident et qu’on fait mal son travail, on devient un instrument de la violence institutionnelle. Les éducateurs, les professionnels, les employeurs réclament ces taux.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Tout à fait !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Le décret qui devait les fixer n’est jamais paru. Oui, on ne va pas se mentir, cela coûte de l’argent, cela requiert un investissement du gouvernement, mais ce sujet devrait nous rassembler. Si l’extrême droite rejoint cette bataille sur les taux et normes, très bien !

Photo de M. Frédéric Weber
Article 7
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

Vous n’êtes pas à la hauteur !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

J’attends de voir. C’est un sujet essentiel que ce texte ne peut pas traiter et s’agissant duquel le gouvernement refuse de répondre depuis des années. Personne n’accepterait de voir ses enfants accueillis dans les conditions qui s’appliquent aujourd’hui aux enfants placés. Pourquoi tolérer qu’il en soit ainsi pour eux ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR. – M. Frédéric Weber s’exclame.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Nous savons que ce débat est important et le gouvernement n’est pas réfractaire à la fixation de taux et de normes. J’entends souvent dire que le gouvernement ne fait rien, mais c’est Catherine Vautrin, l’année dernière, qui en a fixé pour les pouponnières.

Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 7
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

À la suite de mon intervention !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Cela a fait suite à l’alerte des parlementaires, bien sûr. Il s’agit depuis le début d’un travail collectif et quand il est question des politiques de défense et de protection des enfants, il ne faut pas mettre en avant la contribution d’une personne plutôt que d’une autre.

Photo de Mme Zahia Hamdane
Article 7
Mme Zahia Hamdane Zahia Hamdane LFI-NFP

Surtout pas celle du gouvernement !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Ce qui compte, c’est que les enfants soient mieux protégés.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 7
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Elle a raison !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Le gouvernement a donc commencé à travailler sur ce sujet, qui pose une question de droit. En effet, il n’existe pas de définition simple et scientifique de ces taux et normes. Les départements commencent à élaborer des règles de fixation des taux d’encadrement et le gouvernement s’attache à faire avancer cette élaboration, mais nous ne disposons pas de fondement juridique permettant d’imposer que demain, tel nombre de professionnels encadre tel nombre d’enfants dans telle structure.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Quoi ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Vous savez aussi bien que moi que les politiques départementales peuvent diverger. On peut débattre de l’opportunité de maintenir cette politique au niveau départemental ; en l’état, elle relève bien de la compétence des départements. Dans ce domaine, le progrès viendra du travail que conduira le gouvernement avec les départements plutôt que de l’adoption de tels amendements. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Ayda Hadizadeh.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Madame la ministre, vous venez de dire deux choses qui m’estomaquent.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Tant qu’il n’y en a que deux !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Votre argument consistant à dire qu’on ne dispose pas d’une définition juridique ou scientifique est incompréhensible. En dehors de la protection de l’enfance, partout où il y a des enfants, il y a des taux d’encadrement. Vous savez très bien que si vous teniez le même discours au sujet des crèches, des colonies ou même des scouts, on vous tomberait dessus à bras raccourcis. Ce n’est pas possible, ce n’est pas audible ! Des parents monteraient au créneau et vous ne tiendriez pas une semaine à votre poste si vous disiez la même chose au sujet des structures accueillant des enfants qui ont des parents pour les défendre. Pourquoi applique-t-on aux enfants placés un standard moins élevé, au ras du sol ? Je ne le comprends pas. Les départements freinent des quatre fers et, en tant que ministre chargée de l’enfance, vous devez les pousser. Oui, ils manquent de moyens. Notre collègue, la rapporteure Maximi, l’a dit : nous avons connaissance de milliers de témoignages de personnels en grève parce qu’ils sont débordés et qu’une seule personne ne peut pas s’occuper correctement de vingt enfants sans en venir à les maltraiter. Les professionnels que cette situation dégoûte finissent par démissionner. On connaît l’adage : quand les dégoûtés sont partis, il ne reste plus que les dégoûtants ! Est-ce cela que nous voulons pour les enfants de la République ? S’agissant de la place du secteur privé lucratif dans le domaine de la protection de l’enfance, vous avez dit qu’il ne fallait pas faire obstacle à la liberté d’entreprendre.

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 7
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

C’est honteux !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Ce n’est pas moi, c’est la Constitution !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Vous êtes sérieuse ? Honnêtement, je n’ai pas de mots pour dire à quel point je ne comprends pas la position que vous venez d’exprimer en tant que ministre de la République. Il n’est pas possible de parler de liberté d’entreprendre quand il est question de structures privées lucratives qui font de l’argent sur le dos des enfants placés ! Quelqu’un a dit, avec cynisme, qu’il fallait investir dans la protection de l’enfance parce que ça rapportait de l’argent. Avoir des enfants placés chez soi, ce serait comme avoir un puits de pétrole dans son jardin !

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 7
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Honteux !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

C’est exactement cette logique qui a conduit au scandale de Châteauroux.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Christine Loir.

Photo de Mme Christine Loir
Article 7
Mme Christine Loir Christine Loir RN

Madame la rapporteure, ni vous ni la gauche en général n’avez le monopole de la protection de l’enfance (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) tandis que nous, à droite, serions les vilains petits canards !

Photo de Mme Florence Herouin-Léautey
Article 7
Mme Florence Herouin-Léautey Florence Herouin-Léautey SOC

Vous n’êtes pas à droite, vous êtes à l’extrême droite !

Photo de Mme Christine Loir
Article 7
Mme Christine Loir Christine Loir RN

J’avais déposé des amendements relatifs aux ratios d’encadrement. Alors, avant de dire quoi que ce soit, vérifiez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 861.

Amdt 861 Adopté Amdt 861 Amdt 861 Amdt 861 Amdt 861 Amdt 861
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 78 Nombre de suffrages exprimés 72 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 67 Contre 5

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 861 est adopté.)

Amdt 861 Adopté Amdt 861 Amdt 861 Amdt 861 Amdt 861 Amdt 861
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 833 et 834 de Mme la rapporteure sont respectivement rédactionnel et de clarification juridique.

Amdt 833 Adopté Amdt 833 Amdt 833 Amdt 833 Amdt 834 Adopté Amdt 834 Amdt 834 Amdt 834
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 833 et 834, acceptés par le gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Amdt 833 Adopté Amdt 833 Amdt 833 Amdt 833 Amdt 834 Adopté Amdt 834 Amdt 834 Amdt 834
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 7, tel qu’il a été amendé.

II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 78 Nombre de suffrages exprimés 77 Majorité absolue 39 Pour l’adoption 72 Contre 5

II
Article 7
Intervenant non identifié

(L’article 7, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix heures quarante-cinq, est reprise à dix heures cinquante-cinq.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est reprise.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de plusieurs amendements portant article additionnel après l’article 7. Nous commençons par deux amendements identiques, nos 635 et 642, qui font l’objet d’une demande de scrutin public de la part du groupe Ensemble pour la République. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 635.

Amdt 635 Adopté Amdt 635 Amdt 635
Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Il s’agit de l’amendement dont j’ai parlé tout à l’heure : il tend à créer, pour chaque mineur sous protection, un dossier numérique unique rassemblant les informations sur son parcours ; ce dossier sera accessible aux professionnels concernés à certaines conditions.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Pauline Cestrières, pour soutenir l’amendement no 642.

Amdt 642 Adopté Amdt 642 Amdt 642 Amdt 642 Amdt 642
Photo de Mme Pauline Cestrières
Après l’article 7
Mme Pauline Cestrières Pauline Cestrières

Ce dossier numérique unique répondrait au problème de la fragmentation des informations concernant le parcours des enfants protégés. Nous avons pris bonne note de votre engagement, madame la ministre, de rendre ce dossier opérant d’ici deux ans. Il est très important pour nous de pouvoir résoudre ce problème.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Favorable.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 635 et 642.

Amdt 635 Adopté Amdt 635 Amdt 635 Amdt 642 Adopté Amdt 642 Amdt 642 Amdt 642 Amdt 642
II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 27 Nombre de suffrages exprimés 27 Majorité absolue 14 Pour l’adoption 27 Contre 0

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 635 et 642 sont adoptés.)

Amdt 635 Adopté Amdt 635 Amdt 635 Amdt 642 Adopté Amdt 642 Amdt 642 Amdt 642 Amdt 642
Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Sébastien Peytavie, pour soutenir l’amendement no 19.

Amdt 19 Adopté Amdt 19 Amdt 19 Amdt 19 Amdt 19
Photo de M. Sébastien Peytavie
Après l’article 7
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

Il vise à systématiser la transmission annuelle aux autorités et administrations compétentes des registres des entrées et des sorties des enfants accueillis par les lieux de vie et d’accueil. Nous avons abordé cette question tout à l’heure à propos des schémas départementaux : on a besoin de savoir quels enfants sont présents dans les lieux de vie. La plupart d’entre eux transmettent déjà des informations mais, dans son rapport de 2012 sur l’accueil des mineurs relevant de l’ASE, l’Igas avait constaté que les départements, aussi bien celui d’accueil que le département d’origine, manquaient de connaissances relatives aux enfants accueillis. Notre proposition s’inscrit donc dans la lignée de ses recommandations.

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 19, accepté par la commission, repoussé par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 19 Adopté Amdt 19 Amdt 19 Amdt 19 Amdt 19
Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Christine Loir, pour soutenir l’amendement no 486.

Amdt 486 Rejeté Amdt 486 Amdt 486 Amdt 486
Photo de Mme Christine Loir
Après l’article 7
Mme Christine Loir Christine Loir RN

Un amendement similaire a été rejeté en commission, sans qu’aucune disposition équivalente soit adoptée. Certes, le droit en vigueur fixe déjà le cadre général pour la coordination des différents services concernés par la protection de l’enfance, mais il ne précise pas comment le département, l’État, l’agence régionale de santé (ARS), l’éducation nationale, la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et la justice doivent agir ensemble pour éviter des ruptures de parcours. Il ne rattache pas non plus clairement cette coordination aux enjeux de santé mentale, de scolarité et de handicap. Le présent amendement tend à inscrire cette organisation concrète dans le schéma départemental de la protection de l’enfance. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 486.

Amdt 486 Rejeté Amdt 486 Amdt 486 Amdt 486
II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 38 Nombre de suffrages exprimés 38 Majorité absolue 20 Pour l’adoption 17 Contre 21

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 486 n’est pas adopté.)

Amdt 486 Rejeté Amdt 486 Amdt 486 Amdt 486
Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’amendement no 1133, je suis saisi par le groupe Écologiste et social d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Frédéric Weber, pour soutenir l’amendement no 488.

Photo de M. Frédéric Weber
Après l’article 7
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

Les lieux de vie et d’accueil répondent souvent à des situations complexes, qui dépassent les frontières du département. Pour certains enfants, être éloignés de leur environnement habituel s’avère indispensable pour les protéger d’un réseau, d’une emprise ou de violences. Cet amendement vise à ce que les schémas départementaux ne se fondent pas uniquement sur les besoins locaux mais prennent en compte les besoins dépassant le strict cadre départemental. Il ne s’agit ni de réduire les contrôles ni d’imposer une planification rigide, mais de préserver les solutions – rares – adaptées aux enfants les plus vulnérables. J’espère, madame la rapporteure, que votre avis sera plus généreux que ceux que vous donnez à tous les amendements du Rassemblement national depuis hier. Pensons à nos enfants : cette cause doit tous nous réunir. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 488 n’est pas adopté.)

Amdt 488 Rejeté Amdt 488 Amdt 488 Amdt 488
Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Perrine Goulet, présidente de la commission spéciale, pour soutenir l’amendement no 1094 rectifié.

1094 (Rect) Adopté Amdt 1094 Amdt 1094 Amdt 1094 Amdt 1094
Photo de Mme Perrine Goulet
Après l’article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Nous avons souvent souligné ce qui manque à ce texte. Je regrette que les amendements concernant les comités départementaux pour la protection de l’enfance (CDPE), déposés notamment par le gouvernement et moi-même, aient été déclarés irrecevables ; ils auraient permis d’étoffer la partie du texte consacrée à la gouvernance de la protection de l’enfance, comme nous le réclamons tous. Le présent amendement vise à enclencher une réflexion, souhaitée depuis de nombreuses années, sur la formation des professionnels de la protection de l’enfance et à définir une stratégie décennale sur les taux et les normes d’encadrement. Pourquoi une stratégie sur dix ans ? Parce que définir des taux et normes d’encadrement applicables dès l’année prochaine mettrait en péril certains établissements. Il est également nécessaire de former davantage de professionnels – cela prend du temps – tout en les rassurant sur le fait que, s’ils risquent de peiner pendant quelques années, des taux et normes d’encadrement plus favorables finiront par être atteints. On ne cesse de repousser cette ambition, si bien que les années passent sans que rien soit fait. La dynamique doit être lancée afin que l’État et les collectivités – les régions en ce qui concerne la formation, les départementaux pour ce qui est des taux et normes d’encadrement – discutent de ces points. Dix ans peuvent paraître longs – cela correspond à la formation de trois générations d’éducateurs –, mais cet amendement a le mérite de fixer une trajectoire et un point de départ. Cessons de dire que ce n’est pas possible ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Dem.)

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Je comprends la nécessité de fixer un point de départ et une trajectoire progressive. Cependant, la durée de dix ans me paraît excessive. Un décret est prêt depuis 2022, définissant les taux et les normes d’encadrement, après validation par les représentants des structures et les salariés du secteur. Pourquoi attendre encore ?

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Après l’article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Très bonne question ! Pourquoi ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Le retard pris ne fait qu’aggraver la crise de la protection de l’enfance. Prenons le problème lié à l’entrée en formation causé par Parcoursup : madame la ministre, acceptez-vous de prendre un engagement à ce sujet, en particulier concernant l’accès aux instituts régionaux du travail social (IRTS) ? (Mme Ayda Hadizadeh et MM. Ugo Bernalicis et Sébastien Peytavie applaudissent.) L’une de vos prédécesseures avait reconnu la nécessité d’avancer sur ce point. Le constat est unanime : Parcoursup a représenté partout une catastrophe et davantage encore pour les IRTS, mettant en difficulté la formation des professionnels. Un autre problème que nous avons peu évoqué concerne les conditions de travail des professionnels de la protection de l’enfance, en particulier les salaires. Savez-vous combien gagne un travailleur social exerçant dans une Mecs ou un centre départemental de l’enfance et de la famille (CDEF) ? En tant qu’agent de la fonction publique hospitalière, affectée à un CDEF, je travaillais un week-end sur deux, les Noël et les jours fériés – comme tous les collègues du secteur –, pour à peine 1 800 euros par mois. Un problème d’attractivité se pose ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – Mme Ayda Hadizadeh applaudit également.) Ce sont des métiers essentiels, exposés à la souffrance, au mal-être et à la maltraitance, qui sont très peu reconnus. Rappelons-nous le covid, quand nous applaudissions les travailleurs sociaux : nous étions alors tous en poste, dans des conditions inacceptables, devant relever le défi du confinement d’enfants placés et en souffrance. La seule reconnaissance qui a suivi fut le Ségur.

Photo de M. Yannick Monnet
Après l’article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Et encore, pas pour tout le monde !

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Certains professionnels en sont d’ailleurs toujours exclus. Il faut aller vite ; il faut des engagements rapides de la ministre sur ces questions, pas une stratégie sur dix ans. La protection de l’enfance s’effondre, il y a urgence à agir. Le décret est prêt depuis 2022 ; il n’a jamais paru parce que les départements s’y opposent, malgré le consensus du secteur. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Avis personnel défavorable sur cet amendement.

Photo de Mme Élise Leboucher
Après l’article 7
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Elle a tout dit !

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Denis Fégné.

Photo de M. Denis Fégné
Après l’article 7
M. Denis Fégné Denis Fégné SOC

S’agissant des taux d’encadrement, on parle rarement de l’accueil en milieu ouvert. Or c’est une réalité bien documentée : les pratiques professionnelles des assistants éducatifs en milieu ouvert (AEMO), comme celles des assistants d’éducation (AED), sont structurées, notamment par le Carrefour national de l’action éducative en milieu ouvert ou par les observatoires départementaux de la protection de l’enfance (ODPE). On sait ainsi que le taux normal d’encadrement est de vingt-cinq enfants par AEMO. Pourquoi donc attendre dix ans pour fixer ces taux, alors qu’ils sont déjà connus ? Faisons-le maintenant ! (Mme Ayda Hadizadeh applaudit.)

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Béatrice Roullaud.

Photo de Mme Béatrice Roullaud
Après l’article 7
Mme Béatrice Roullaud Béatrice Roullaud RN

J’ai un sérieux doute quant à la volonté d’avancer du gouvernement.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Après l’article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Elle a raison !

Photo de Mme Béatrice Roullaud
Après l’article 7
Mme Béatrice Roullaud Béatrice Roullaud RN

Le 2 août 2022, tout juste élue députée, j’ai posé une question au gouvernement sur les contrôles des structures de protection de l’enfance, où je déclarais : « La loi ne semble pas prévoir […] de contrôle extérieur et régulier des établissements, associations et familles d’accueil hébergeant les enfants placés, alors que la Cour des comptes pointait en 2014 des contrôles trop rares – trente-neuf établissements publics contrôlés en cinq ans. » Nous sommes aujourd’hui plusieurs à avoir déposé des amendements visant à augmenter le nombre de contrôles et la capacité à les mener. En effet, lors d’un déplacement à la préfecture de Lille, dans le cadre de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, on m’a expliqué qu’on manquait de personnes aptes à contrôler. Mais bizarrement, plusieurs amendements du Rassemblement national tendant à améliorer les contrôles ont été déclarés irrecevables. C’est dommage, car ils ne peuvent pas être débattus. J’ai donc un doute sur la volonté réelle du gouvernement de renforcer les contrôles ; mais je ne demande qu’à être détrompée ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la présidente de la commission spéciale.

Photo de Mme Perrine Goulet
Après l’article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

J’entends vos remarques, madame Maximi ; je sais qu’au fond, nous visons le même objectif : restructurer la formation et atteindre réellement des taux et des normes d’encadrement satisfaisants. S’agissant de la stratégie de redéfinition de l’offre de formation aux métiers de la protection de l’enfance, je n’ai pas fixé de trajectoire décennale : elle pourrait donc être élaborée sans attendre, avec les régions, en y intégrant éventuellement la question de Parcoursup. Vous avez évoqué le problème des salaires. Pour ma part, j’entends beaucoup les professionnels se plaindre d’une perte de sens : comment bien faire son travail quand les conditions sont telles qu’on en devient parfois maltraitant,…

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Après l’article 7
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Exactement !

Photo de Mme Perrine Goulet
Après l’article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

…parce qu’on manque de personnel ou parce que la formation est insuffisante, notamment face à certains handicaps ? Concernant les taux d’encadrement, pourquoi prévoir une stratégie sur dix ans ? Depuis 2017, on ne cesse de répéter qu’on ne peut rien faire en la matière, si bien que rien n’est enclenché.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Nous avons avancé sur les pouponnières !

Photo de Mme Perrine Goulet
Après l’article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Certes, vous avez revu le décret encadrant les pouponnières – et c’est une bonne chose –, mais pour le reste ? Le vide demeure. Si nous fixons des taux d’encadrement stricts, l’État devra compenser les dépenses nouvelles que cela suscitera pour les départements. Fixer de tels taux dès à présent n’est donc pas réalisable : nous n’avons pas les 6 ou 7 milliards d’euros nécessaires pour cela.

Photo de Mme Béatrice Roullaud
Après l’article 7
Mme Béatrice Roullaud Béatrice Roullaud RN

Si !

Photo de Mme Perrine Goulet
Après l’article 7
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Cependant, nous ne pouvons pas continuer indéfiniment à dire que nous ne pouvons pas le faire. Nous devons définir une trajectoire – le faire sur une durée de dix ans me paraît raisonnable, afin de pouvoir augmenter progressivement le financement et former les professionnels. Ce n’est qu’une proposition, mais la rejeter serait dommage, car nous n’aurons alors réalisé aucune avancée. J’entends, madame la ministre, qu’un début de travail est lancé, mais nous devons donner de l’espoir à ces professionnels. S’engager aujourd’hui dans une formation d’éducateur, quand on sait qu’on devra gérer neuf ou dix enfants âgés de 6 à 9 ans, c’est difficile. Que les parents ici présents s’imaginent devoir en faire autant à la maison, à la sortie de l’école – je ne sais pas comment ils feraient, même s’ils sont très doués !

Photo de M. Sylvain Maillard
Après l’article 7
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

C’est clair ! Déjà avec un enfant, c’est compliqué !

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1094 rectifié est adopté.)

1094 (Rect) Adopté Amdt 1094 Amdt 1094 Amdt 1094 Amdt 1094
Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Sébastien Peytavie, pour soutenir l’amendement no 1133.

Amdt 1133 Adopté Amdt 1133 Amdt 1133 Amdt 1133 Amdt 1133
Photo de M. Sébastien Peytavie
Après l’article 7
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

Selon le droit en vigueur, l’autorité compétente pour délivrer les autorisations aux établissements doit également contrôler l’application par ceux-ci des dispositions légales. Cependant, dans les faits, les pratiques de contrôle restent très hétérogènes selon les territoires concernés. Le présent amendement a été rédigé avec la Fédération nationale des lieux de vie et d’accueil, la Cnape, le Gepso et l’Unicef. Il vise à instituer un cadre national des contrôles applicables aux lieux de vie et d’accueil, défini après avis du Conseil national de la protection de l’enfance. Ce cadre doit permettre d’identifier clairement l’autorité pilote du contrôle, d’associer les départements qui confient des enfants aux lieux de vie et d’accueil, d’organiser des contrôles conjoints lorsque nécessaire et de partager des informations utiles à la protection des enfants. Il s’agit également d’assurer un suivi effectif des mesures correctrices demandées. Trop souvent, lors de contrôles ou d’évaluations externes, des recommandations sont formulées dont on ne vérifie pas la mise en œuvre.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 7
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Favorable.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Yannick Monnet.

Photo de M. Yannick Monnet
Après l’article 7
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Madame Goulet, j’ai cru percevoir une divergence entre nous à propos de la formation – peut-être ai-je mal compris. En matière de formation, je suis opposé à la surspécialisation des professionnels. En créant des formations, on va surspécialiser des professionnels censés intervenir dans tel ou tel type de structure. Or un éducateur spécialisé n’est en réalité spécialisé en rien ! C’est l’éducation qu’on donne qui est spécialisée, et c’est cela qui doit être préservé. J’ajoute qu’il faut soutenir les petites écoles et arrêter avec les grands centres, qui dispensent une formation davantage universitaire que professionnelle. Je voulais attirer votre attention sur ce point : ne surspécialisons pas les professionnels mais donnons-leur les moyens de spécialiser l’éducation qu’ils vont dispenser.

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 1133.

Amdt 1133 Adopté Amdt 1133 Amdt 1133 Amdt 1133 Amdt 1133
II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 7
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 80 Nombre de suffrages exprimés 59 Majorité absolue 30 Pour l’adoption 34 Contre 25

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1133 est adopté.)

Amdt 1133 Adopté Amdt 1133 Amdt 1133 Amdt 1133 Amdt 1133
II
Article 7 bis
Intervenant non identifié

(L’article 7 bis est adopté.)

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Yaël Ménaché.

Photo de Mme Yaël Ménaché
Article 7 ter
Mme Yaël Ménaché Yaël Ménaché RN

Le groupe Rassemblement national votera l’article 7 ter, mais ne nous en félicitons pas trop vite. Cet article ne fait que réparer vingt ans d’aveuglement ; vingt ans que nous sommes alertés sur les séjours de rupture organisés à l’étranger, sans contrôle, sans statut clair pour les mineurs qui y sont envoyés ; vingt ans que les majorités successives regardent ailleurs. Il aura fallu attendre ce texte pour qu’on ose enfin écrire noir sur blanc que ces séjours doivent se dérouler sur le territoire national sous autorisation. Mais, à peine posée, cette interdiction est déjà affaiblie. D’abord, elle n’est assortie d’aucune sanction pénale – elle n’engage donc personne. Ensuite, les structures déjà autorisées à la date de promulgation seront dispensées du contrôle renforcé. Résultat : deux catégories d’enfants selon la seule ancienneté de la structure qui les accueille. Enfin, le renouvellement du séjour jusqu’à six mois reste décidé par la seule administration, sans que le juge des enfants ait jamais son mot à dire. Nous voterons cet article mais nous ne laisserons pas le gouvernement se satisfaire d’un texte à moitié fait. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur les amendements nos 835 et 836 ainsi que sur les amendements identiques nos 693 et 868, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Sébastien Peytavie, pour soutenir l’amendement no 1093.

Photo de M. Sébastien Peytavie
Article 7 ter
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

En commission, nous avons longuement discuté des séjours de rupture. Certes, on sait qu’ils sont parfois source de problèmes, notamment à l’étranger, mais il faut quand même rappeler à quel point ces séjours sont parfois indispensables pour certains jeunes. Avec le présent amendement, nous souhaitons aménager un compromis équilibré par rapport à la solution stricte issue des travaux de la commission : le dispositif de contrôle est maintenu, mais avec la souplesse indispensable à l’organisation de ce type de séjours. Nous proposons ainsi d’inscrire dans la loi l’objet des séjours de rupture ainsi que les garanties essentielles qui leur sont applicables tout en renvoyant à un décret, pris après avis du Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE), le soin d’en préciser les conditions d’organisation et les règles particulières applicables lorsqu’ils se déroulent à l’étranger. Cette approche permet de concilier la sécurisation juridique de ces dispositifs, attendue de longue date par les acteurs de l’ASE, et la protection de l’enfance. J’ajoute, mais on y reviendra, que les contrôles visant ces séjours seront aussi un moyen de faire le tri et d’éliminer ceux qui ne fonctionnent pas.

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7 ter
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Avis favorable. Cet amendement est essentiel car nous devons mieux contrôler, mieux organiser et donc mieux sécuriser les séjours de rupture. J’entends que certains séjours se passent mal, voire présentent des dangers, mais il ne faut pas tout interdire sous l’effet de la panique. Nous ne devons pas oublier que, quand ces séjours sont sécurisés, sous contrôle et font l’objet d’un projet éducatif clair, ils sont d’une grande utilité, car certains enfants ont besoin de cette rupture à de multiples titres. Il faut arrêter de tout interdire sous prétexte qu’il y a eu des dérives, d’autant que ces dérives masquent les vraies réussites. Je veux insister sur l’importance de la rupture, pour certains jeunes et adolescents, et je ne parle pas de vacances au bord de la mer – d’ailleurs, dans le langage de la protection de l’enfance, on ne parle pas de vacances mais de « transfert », ce qui n’est pas très joli – ni de séjours de répit, qui sont un autre sujet. Je vous parle d’un projet éducatif qui vise à rompre avec le quotidien, ce qui parfois exige de sortir du territoire national. Certains enfants exposés au proxénétisme ou au narcotrafic doivent impérativement être éloignés d’un environnement où ils sont en danger. Dans d’autres cas, ce sont des jeunes déracinés, héritiers d’une histoire d’une grande complexité, qu’il faut accompagner dans la quête de leurs origines et de leur identité culturelle. Ce sont ces enfants que vous privez d’un outil éducatif dont ils ont grand besoin. J’en terminerai avec la question des adoptions internationales, dont on sait, aujourd’hui, combien elles peuvent être problématiques. On se rend compte qu’on a parfois fait n’importe quoi, et j’ai moi-même eu à accompagner des enfants adoptés à l’étranger, dont l’adoption avait échoué et qui, après cette nouvelle rupture, avaient dû être confiés à la protection de l’enfance. Ces enfants ont besoin de savoir d’où ils viennent et vous êtes en train de les en empêcher ! L’amendement de M. Peytavie offre un équilibre intéressant en ce qu’il permet de sécuriser ces séjours – nous sommes tous d’accord pour les sécuriser et les contrôler – plutôt que de les interdire purement. Je suis certaine que, contrairement à ce que prônait tout à l’heure l’extrême droite, beaucoup ici ne souhaitent pas cette interdiction. Je vous appelle donc à le voter : il offre, selon moi, les garanties nécessaires, celles d’ailleurs qu’attend le secteur. Vous allez m’opposer le rapport de l’Igas, en cours d’élaboration ; personne ne nie les dérives, mais les dérives existent partout, on le sait ! Plutôt que d’interdire ces séjours, mieux vaut se doter d’un mécanisme de contrôle ; sinon, on risque de se priver d’un outil éducatif utile pour les enfants.

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 ter
Mme Stéphanie Rist ministre

Comme l’a dit la rapporteure, le sujet fait actuellement l’objet de missions de contrôle et de rapports, qui nous incitent à prendre des mesures de sécurisation des enfants. L’amendement entend revenir sur le choix que nous avons fait de circonscrire les séjours de rupture au territoire national, afin de garantir l’effectivité des contrôles – au-delà des frontières, ceux-ci sont plus compliqués à réaliser. C’est donc un avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 7 ter
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Vous avez évoqué à juste titre la prostitution des enfants mineurs confiés à l’ASE. Je rappelle que 11 000 victimes d’exploitation sexuelle en France sont des mineurs de moins de 15 ans, et on sait que les enfants de l’ASE sont bien plus nombreux que les autres à être touchés par ce fléau. J’avais déposé un amendement qui donnait aux assistants le pouvoir d’empêcher les enfants de sortir la nuit, pour éviter qu’ils rejoignent les réseaux de prostitution. Malheureusement, il a été considéré comme un cavalier. Il conviendrait de remédier à cette lacune, car il y a là un grave danger pour les enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Yannick Monnet.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7 ter
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Madame la ministre, je ne comprends pas ! Le contrôle d’un séjour de rupture s’effectue avant que l’éducateur parte avec les enfants. Pendant le séjour, que voulez-vous contrôler ? Qu’il a bien lieu ? Un séjour de rupture est un moment d’apaisement et de reconstruction, et je ne comprends pas pourquoi on interdirait qu’il ait lieu à l’étranger. Je vous rappelle que, parfois, ces séjours sont indispensables, y compris à l’étranger lorsque les origines culturelles des jeunes sont en jeu. Vous ouvrez le parapluie sur un sujet qui n’en mérite pas tant !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 ter
Mme Stéphanie Rist ministre

Ah si !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7 ter
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Mais non ! Vous renoncez à tout le bénéfice éducatif d’un séjour de rupture, parce que vous avez peur. Ce n’est pas une bonne raison ; il faut au contraire encourager ces séjours. Ce sont des outils d’accompagnement extraordinaires – ceux qui en ont déjà fait connaissent leur plus-value.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 7 ter
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Stéphanie Rist n’a pas peur !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7 ter
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Si, je pense que vous avez peur. Et, plutôt que de mettre les moyens, vous interdisez, alors que, lorsqu’on y met les moyens, un séjour de rupture se passe en général très bien.

II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1093 n’est pas adopté.)

Amdt 1093 Amdt 1093 Rejeté Amdt 1093
Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 835.

Amdt 835 Rejeté Amdt 835 Amdt 835
Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7 ter
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Il vise à supprimer la limitation des durées de séjour de rupture à trois mois, renouvelables une fois. J’en profite pour dire qu’en votant comme vous venez de le faire, vous interdisez les voyages qu’une association organise sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle pour les jeunes de l’aide sociale à l’enfance.

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 7 ter
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Eh oui !

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7 ter
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Ce voyage se termine à l’étranger, et c’est un exemple de la forme que peuvent revêtir les séjours de rupture.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 7 ter
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Il est long, le chemin, avant d’arriver à la frontière !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7 ter
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Ça dépend d’où on part !

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 ter
Mme Stéphanie Rist ministre

Lorsqu’un voyage se déroule en France, on peut le contrôler, ce qui est nécessaire. C’est ce qui est écrit dans le projet de loi. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 835.

Amdt 835 Rejeté Amdt 835 Amdt 835
II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 84 Nombre de suffrages exprimés 84 Majorité absolue 43 Pour l’adoption 37 Contre 47

II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 835 n’est pas adopté.)

Amdt 835 Rejeté Amdt 835 Amdt 835
Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 836 de Mme la rapporteure est défendu. Quel est l’avis du gouvernement ?

Amdt 836 Rejeté Amdt 836 Amdt 836
Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 ter
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 836.

Amdt 836 Rejeté Amdt 836 Amdt 836
II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 82 Nombre de suffrages exprimés 82 Majorité absolue 42 Pour l’adoption 34 Contre 48

II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 836 n’est pas adopté.)

Amdt 836 Rejeté Amdt 836 Amdt 836
Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 693 et 868. La parole est à M. Yannick Monnet, pour soutenir l’amendement no 693.

Amdt 693 Rejeté Amdt 693 Amdt 693
Photo de M. Yannick Monnet
Article 7 ter
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Je vais me contenter de dire qu’il est défendu et surtout interroger Mme la ministre. Pourquoi ne voulez-vous pas contrôler les voyages de rupture à l’étranger ? En quoi cela pose-t-il un problème ?

Photo de Mme Patricia Lemoine
Article 7 ter
Mme Patricia Lemoine Patricia Lemoine

Ça coûte cher ! (« Ah ! » sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)

Photo de M. Yannick Monnet
Article 7 ter
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Si un voyage de rupture emmène des jeunes en Espagne, pourquoi ne pas le contrôler ? En refusant, vous agissez au détriment de l’enfant. Je ne vois pas le problème qu’il y a à contrôler un séjour de rupture à l’étranger.

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Zahia Hamdane, pour soutenir l’amendement no 868.

Amdt 868 Amdt 868 Amdt 868 Rejeté
Photo de Mme Zahia Hamdane
Article 7 ter
Mme Zahia Hamdane Zahia Hamdane LFI-NFP

Il a été élaboré avec la Cnape, le Gepso et l’Unicef. La commission spéciale a doté les séjours de rupture d’un cadre légal, attendu de longue date par les acteurs de terrain. L’idée, bien intentionnée, est de mettre fin à des pratiques non maîtrisées, non surveillées, notamment quand les séjours à l’étranger sont confiés à des opérateurs sur lesquels nous ne disposons pas toujours des bonnes informations. Si nous soutenons le principe de ce cadre légal, nous souhaitons le préciser par trois conditions cumulatives qui permettraient de sécuriser le séjour, pour l’enfant mais aussi pour les acteurs de l’ASE : un encadrement éducatif assuré par les professionnels de la structure, sans délégation ni sous-traitance ; la garantie de la continuité du suivi sanitaire et, le cas échéant, du suivi de la scolarité ou de la formation ; la transmission de l’information à l’autorité ayant délivré l’autorisation et au président du conseil départemental qui assure la prise en charge, au plus tard deux mois avant le début du séjour.

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Article 7 ter
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Favorable.

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 ter
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable. Monsieur Monnet, nous n’avons aucune compétence pour contrôler les séjours à l’étranger, dans la mesure où il n’existe pas d’accord avec les autorités locales.

Photo de M. Aurélien Saintoul
Article 7 ter
M. Aurélien Saintoul Aurélien Saintoul LFI-NFP

C’est bien la peine de faire l’Europe !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 ter
Mme Stéphanie Rist ministre

Depuis le début de l’examen de ce texte, vous expliquez que le gouvernement ne fait rien pour contrôler les lieux d’accueil ; en l’occurrence, je vous confirme que nous ne pouvons rien contrôler quand les enfants sont envoyés hors du territoire national, et là, vous me dites qu’il faut être cool et les laisser partir.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 7 ter
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

C’est contre-intuitif !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 ter
Mme Stéphanie Rist ministre

Non, quand le rapport sur les contrôles sera terminé, il confirmera très certainement la nécessité absolue de laisser les enfants sur le territoire national.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 7 ter
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Mais oui !

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Ayda Hadizadeh.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 ter
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Si je comprends bien, il faut dire à tous les parents qui envoient leurs enfants en colonie à l’étranger de ne plus le faire, parce qu’en cas de problème, on ne saurait pas mener des contrôles sur place. Les séjours de vacances à l’étranger nous échappent complètement : s’il y a une suspicion, si une dénonciation est faite ou si une alerte est donnée, on dit « Chat perché ! », on ne peut pas puisque c’est à l’étranger ? C’est le même principe. Les séjours en France peuvent aussi poser un problème, puisque des enfants meurent sur le sol français dans les lieux de placement. Le problème, c’est la nature du contrôle qu’on exerce. De nombreux amendements portent sur l’honorabilité : c’est là qu’il convient d’agir. Il faut organiser des contrôles inopinés par un contrôleur indépendant, en France ou à l’étranger. La question consiste à se demander où on place le curseur. Vous dites qu’il faut arrêter les voyages à l’étranger, qui sont trop dangereux. Dans ce cas, il faut arrêter de se rendre dans beaucoup de lieux en France aussi. Châteauroux, c’est en France, jusqu’à preuve du contraire !

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 693 et 868.

Amdt 693 Rejeté Amdt 693 Amdt 693 Amdt 868 Amdt 868 Amdt 868 Rejeté
II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 90 Nombre de suffrages exprimés 90 Majorité absolue 46 Pour l’adoption 41 Contre 49

II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 693 et 868 ne sont pas adoptés.)

Amdt 693 Rejeté Amdt 693 Amdt 693 Amdt 868 Amdt 868 Amdt 868 Rejeté
II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(L’article 7 ter est adopté.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. David Magnier.

Photo de M. David Magnier
Article 8
M. David Magnier David Magnier RN

L’article 8 propose une refonte de l’assistance éducative en milieu ouvert, afin d’apporter plus de souplesse et d’éviter des placements brutaux. Si nous partageons l’objectif de modularité, les dérogations apportées aux principes fondamentaux de la coparentalité motivent notre réserve. L’accord d’un seul parent est acceptable pour l’aide à domicile, mais le dispositif devient problématique lorsqu’il concerne l’accueil provisoire à l’aide sociale à l’enfance. Le texte permet en effet d’engager un placement temporaire avec l’accord d’un seul parent, que le couple soit séparé ou non, dès lors que l’aide à domicile est jugée insuffisante. L’autre parent se retrouve ainsi réduit à un simple droit d’opposition, dont les modalités sont de surcroît renvoyées à un décret non publié. Nous sommes donc face à un risque d’affaiblissement de l’autorité parentale conjointe. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 268 de Mme Katiana Levavasseur est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 268 Rejeté Amdt 268 Amdt 268 Amdt 268
Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

L’explication vaut pour cet amendement et les deux suivants. Vous exigez un document écrit de l’autre parent pour faire valoir son droit d’opposition à la mesure, mais l’application des mesures administratives de protection de l’enfance repose déjà sur une formalisation écrite systématique, sans qu’il soit nécessaire de le préciser dans la loi. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable.

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 268 n’est pas adopté.)

Amdt 268 Rejeté Amdt 268 Amdt 268 Amdt 268
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 238 et 241 de Mme Katiana Levavasseur sont défendus.

Amdt 238 Rejeté Amdt 238 Amdt 238 Amdt 238 Amdt 241 Rejeté Amdt 241 Amdt 241 Amdt 241
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 238 et 241, repoussés par la commission et le gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 238 Rejeté Amdt 238 Amdt 238 Amdt 238 Amdt 241 Rejeté Amdt 241 Amdt 241 Amdt 241
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Ayda Hadizadeh, pour soutenir l’amendement no 188.

Amdt 188 Adopté Amdt 188 Amdt 188 Amdt 188
Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 8
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

L’article 8 permet d’organiser un accompagnement renforcé avec l’accord d’un parent, sauf opposition de l’autre, mais rien n’encadre le délai dans lequel cette opposition doit être exprimée. Un parent pourrait donc bloquer indéfiniment une mesure jugée nécessaire, simplement en ne répondant pas. Par cet amendement, je propose de fixer un délai de quarante-huit heures.

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 188, repoussé par la commission et le gouvernement, est adopté.)

Amdt 188 Adopté Amdt 188 Amdt 188 Amdt 188
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Gabrielle Cathala, pour soutenir l’amendement no 871.

Amdt 871 Rejeté Amdt 871 Amdt 871 Amdt 871
Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 8
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Nous proposons de supprimer les dispositions de cet article qui conduisent à déjudiciariser des décisions et à donner l’illusion qu’elles seraient mieux prises par des services de protection de l’enfance que par le juge des enfants, alors que – nous l’avons répété – ces services n’ont pas les moyens d’exercer correctement leurs missions. Nous proposons donc que cela reste la compétence exclusive du juge des enfants.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Je suis favorable au renforcement de l’implication des départements dans l’exécution des mesures d’assistance éducative en milieu ouvert, pour favoriser le développement de ces dernières et leur adaptation à l’évolution des situations et des besoins des familles. La rédaction modifiée aux alinéas 11 et 19 est équilibrée, puisque le juge y conserve toute latitude pour désigner une personne qualifiée ou un service compétent. En revanche, s’il considère que le département est mieux placé pour décider les conditions d’exécution de la mesure, cette disposition lui permettra de le faire. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Arnaud Bonnet.

Photo de M. Arnaud Bonnet
Article 8
M. Arnaud Bonnet Arnaud Bonnet EcoS

D’importantes disparités territoriales ont été pointées lors de la commission d’enquête sur les manquements de l’aide sociale à l’enfance. Laisser les décisions à la main du juge permet de s’inscrire dans un cadre national qui assure une égalité territoriale minimum. C’est à l’État de limiter ces disparités.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la présidente de la commission spéciale.

Photo de Mme Perrine Goulet
Article 8
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Je peine à comprendre pourquoi vous ne souhaitez pas que, parfois, on mette de l’huile dans les rouages. Cela prend du temps de repasser par le juge, à chaque fois, et ce n’est pas toujours la voie la plus adaptée. La protection de l’enfance doit être au maximum déjudiciarisée, parce que le passage devant le juge témoigne d’une conflictualité, sans laquelle le département pourrait proposer un accueil et un accompagnement. Il est contre-productif pour l’enfant d’imposer, de façon rigide, que cela passe toujours par le juge – d’autant plus que, si toutes les parties, dont les parents, sont d’accord, on peut adapter plus rapidement les mesures aux besoins de l’enfant. Je vous invite donc à ne pas voter cet amendement qui complexifie le système. Il serait préférable pour tous que la protection de l’enfance s’organise avec l’accord des parents, et que la justice n’intervienne qu’en dernier lieu, quand il est impossible de travailler avec eux.

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 871 n’est pas adopté.)

Amdt 871 Rejeté Amdt 871 Amdt 871 Amdt 871
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de plusieurs amendements, nos 147, 96, 117, 236 et 775 rectifié, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 96, 117 et 236 sont identiques. La parole est à Mme Isabelle Santiago, pour soutenir l’amendement no 147.

Amdt 147 Rejeté Amdt 147 Amdt 147
Photo de Mme Isabelle Santiago
Article 8
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

Nous héritons d’un historique qui complique les choses. Quand la justice prend une mesure d’AEMO, elle désigne l’association qui la pilotera. Le département finance celle-ci, mais n’a aucune idée du nombre de situations en attente. Sans cette visibilité, il ne peut ni hiérarchiser les priorités sur son territoire ni répartir les attributions entre les associations. Pour avoir géré le processus, je peux vous dire qu’à l’échelle d’un département comme le Val-de-Marne, c’est très complexe. Il faut donc, quand la mesure d’AEMO est décidée par le juge, que la désignation de l’association qui la pilotera intervienne en concertation avec le département. Le lien entre la justice et l’association ne doit pas être direct ; le département, qui finance, doit avoir son mot à dire.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux demandes de scrutin public : sur les amendements no 96 et identiques, par le groupe Droite républicaine ; sur l’amendement no 775 rectifié, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 96 de Mme Sylvie Bonnet est défendu. La parole est à Mme Alexandra Martin, pour soutenir l’amendement no 117.

Photo de Mme Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Article 8
Mme Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) DR

Actuellement, les départements ne peuvent suivre en temps réel l’activité des services habilités. Ils ne disposent pas, par exemple, du nombre de situations en attente et ne peuvent, à l’échelle de leur territoire, donner la priorité à celles qui le nécessitent, en répartissant les attributions aux associations. Le présent amendement, proposé par Mme Corneloup, vise à améliorer la coordination et le pilotage des parcours grâce aux données relatives à la protection des enfants au sein de leur domicile familial. Au 31 décembre 2024, le nombre de mesures d’AEMO décidées par les juges des enfants s’élevait à 126 101, soit 31 % des 405 528 mesures de protection de l’enfance en cours.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 236 de M. Nicolas Tryzna est défendu. La parole est à Mme Gabrielle Cathala, pour soutenir l’amendement no 775 rectifié.

Amdt 236 Rejeté Amdt 236 Amdt 236 Amdt 236
Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 8
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Je profite de cet amendement pour répondre à Mme la présidente de la commission spéciale. C’est pour respecter l’intérêt supérieur de l’enfant que nous souhaitons – avec nos amendements, notamment celui de Mme Maximi qui vient d’être rejeté – laisser entre les mains du juge des enfants la compétence de déterminer les mesures d’assistance éducative. À force de déléguer des compétences qui relevaient du juge des enfants au service de la protection de l’enfance, c’est vous qui mettez les enfants en danger. On ne peut pas déléguer à une autorité administrative des compétences qui reviennent à la justice. Vous le faites, une fois de plus, pour gérer la pénurie. Dans la mesure où il n’y a pas assez de juges des enfants, et où ils mettent trop longtemps à prendre des décisions, le réflexe est de déléguer ces compétences à une administration. Cependant, une administration ne présente pas les garanties suffisantes pour protéger des enfants déjà vulnérables. Je trouve l’article 8 déplorable et je ne comprends pas que l’on puisse voter des dispositions pareilles.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

L’amendement no 147 et les amendements no 96 et identiques visent l’objectif inverse du précédent, puisqu’ils suppriment la faculté pour le juge de désigner la personne ou le service chargé de l’application de l’action en milieu ouvert, et la confient au seul département. Cette disposition risque d’affaiblir l’efficacité et la cohérence de la décision judiciaire. En effet, cette faculté permet au juge d’adapter la mesure aux besoins spécifiques de l’enfant et de la famille, en tenant compte des compétences ciblées de certains services, de la continuité d’un accompagnement déjà engagé ou de situations locales particulières. Il convient de conserver un équilibre entre le pouvoir d’appréciation du juge et la latitude donnée au département dans l’exécution de la mesure. Avis défavorable. Quant à l’amendement no 775 rectifié de Mme Cathala, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis. Sur les premiers amendements, je vous rejoins : il faut renforcer le principe de subsidiarité et le rôle des départements dans la protection de l’enfance. Cependant, bien que séduisante, cette proposition présente trois risques importants. D’abord, elle fait perdre au juge des enfants toute vision d’ensemble sur les services à sa disposition, éloignant la décision judiciaire des réalités de terrain et risquant d’imposer au mineur et à sa famille un changement d’intervenant qui peut s’avérer préjudiciable et inefficace. Ensuite, l’amendement introduit une étape supplémentaire dans la mise en œuvre des mesures d’AEMO et risque donc d’allonger les délais et de complexifier la procédure. Enfin, la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) met en œuvre certaines mesures d’AEMO, quand il s’agit par exemple de mineurs en retour de zones de conflit. La DPJJ travaille à renforcer son soutien aux départements. Le juge des enfants doit pouvoir continuer à désigner lui-même la protection judiciaire de la jeunesse. Cette faculté ne peut être transférée au service départemental de l’ASE. Avis défavorable. Quand à l’amendement no 775 rectifié, qui vise à retirer le terme de « rééducation » qui peut paraître obsolète, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée nationale.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Denis Fégné.

Photo de M. Denis Fégné
Article 8
M. Denis Fégné Denis Fégné SOC

Le juge des enfants peut déjà choisir de confier au service départemental la mise en œuvre de la mesure, mais il peut aussi la confier directement à un établissement quand il estime que c’est nécessaire. En réalité, le problème est toujours le même : le manque de moyens. La gradation des mesures est bien évidemment nécessaire. Tant qu’il est possible de contractualiser avec une famille, l’aide sociale à l’enfance peut exécuter une mesure ; quand la famille ne coopère plus ou que l’enfant est en danger, le juge est saisi et il prononce une mesure éducative, généralement une AEMO, qui peut également être graduée. Nous demandons depuis des années que cette gradation soit effective dans tous les départements, non pas de manière uniforme, car chaque département a ses spécificités, mais que le principe de la gradation soit appliqué partout : AEMO, AEMO renforcée, placement au domicile, placement en maison d’enfants à caractère social. Nous éviterions l’embolisation des Mecs, ainsi que le sureffectif et les drames qu’il peut entraîner dans les maisons d’enfants ou les lieux d’accueil. Nous sommes favorables à une gradation des mesures, mais une fois encore, il faut créer un référentiel qui prévoit un taux d’encadrement pour les AEMO. Si on instaure un ratio de 25 enfants par travailleur social en AEMO, alors on pourra envisager une AEMO renforcée avec 10 ou 12 enfants par travailleur. (Mme Isabelle Santiago applaudit.) Quand certains éducateurs ont la charge de 40 à 50 enfants, on ne peut pas dire qu’il s’agit d’AEMO. Il faut atteindre un taux d’encadrement correct.

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 147 n’est pas adopté.)

Amdt 147 Rejeté Amdt 147 Amdt 147
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 96, 117 et 236.

Amdt 96 Rejeté Amdt 96 Amdt 96 Amdt 96 Amdt 117 Rejeté Amdt 117 Amdt 117 Amdt 117 Amdt 236 Rejeté Amdt 236 Amdt 236 Amdt 236
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 86 Nombre de suffrages exprimés 80 Majorité absolue 41 Pour l’adoption 23 Contre 57

II
Article 8
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 96, 117 et 236 ne sont pas adoptés.)

Amdt 96 Rejeté Amdt 96 Amdt 96 Amdt 96 Amdt 117 Rejeté Amdt 117 Amdt 117 Amdt 117 Amdt 236 Rejeté Amdt 236 Amdt 236 Amdt 236
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 775 rectifié.

775 (Rect) Adopté Amdt 775 Amdt 775 Amdt 775 Amdt 775
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 82 Nombre de suffrages exprimés 49 Majorité absolue 25 Pour l’adoption 30 Contre 19

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 775 rectifié est adopté.)

775 (Rect) Adopté Amdt 775 Amdt 775 Amdt 775 Amdt 775
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Nathalie Colin-Oesterlé, rapporteure, pour soutenir l’amendement no 1013.

Amdt 1013 Rejeté Amdt 1013 Amdt 1013 Amdt 1013
Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Il vise à rétablir l’alinéa 12 dans la rédaction du projet de loi initial pour permettre à l’ASE de moduler l’intensité d’une AEMO ordonnée par le juge sans avoir besoin de recourir à une nouvelle décision du juge des enfants. La rédaction issue de la commission n’est pas satisfaisante, car elle présente plusieurs incohérences et surtout elle contrevient à l’objectif que vise l’article 8 de déjudiciariser la protection de l’enfance. Je voudrais rappeler les arguments qui ont motivé à inscrire cette disposition dans le projet de loi. Pour le service désigné, la possibilité de moduler l’intervention ordonnée par le juge constitue un levier de continuité et d’adaptation de l’action éducative à l’évolution des besoins de l’enfant concerné. Celui-ci pourra bénéficier dans ces conditions d’une prise en charge au plus près de sa situation, pouvant inclure, au besoin, un hébergement ponctuel. La commission d’enquête dont Mme Santiago était la rapporteure a constaté par ailleurs le très faible développement des AEMO renforcées ou intensifiées, alors même que ce type de mesures doit être encouragé pour prévenir les séparations précoces d’avec le milieu familial par défaut d’accompagnement. L’amendement rétablit également deux garanties procédurales : l’information sans délai des parents de tout changement relatif aux modalités d’accompagnement ; la saisine du juge en cas de désaccord parental avec suspension de l’hébergement proposé par l’ASE dans l’attente de sa décision. J’ajoute que la commission spéciale a adopté un amendement prévoyant l’élaboration d’un référentiel national des AEMO renforcées ou intensifiées. Ce décret permettra de mieux encadrer et d’harmoniser les pratiques entre les départements.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis favorable.

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1013 n’est pas adopté.)

Amdt 1013 Rejeté Amdt 1013 Amdt 1013 Amdt 1013
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 95, 133 et 235. Sur ces amendements, je suis saisi par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Vincent Rolland, pour soutenir l’amendement no 95.

Amdt 95 Rejeté Amdt 95 Amdt 95
Photo de M. Vincent Rolland
Article 8
M. Vincent Rolland Vincent Rolland DR

La date d’effet de la mesure d’accompagnement renforcée ou intensifiée, ou incluant un hébergement exceptionnel ou périodique, ne peut, quelle que soit la formulation retenue, être immédiate. En effet, pour attribuer le suivi de la situation à un travailleur social, il faut disposer des moyens humains adéquats.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 133 de Mme Émilie Bonnivard et 235 de M. Nicolas Tryzna, sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Amdt 133 Rejeté Amdt 133 Amdt 133 Amdt 235 Rejeté Amdt 235 Amdt 235
Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 95, 133 et 235.

Amdt 95 Rejeté Amdt 95 Amdt 95 Amdt 133 Rejeté Amdt 133 Amdt 133 Amdt 235 Rejeté Amdt 235 Amdt 235
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 84 Nombre de suffrages exprimés 81 Majorité absolue 41 Pour l’adoption 34 Contre 47

II
Article 8
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 95, 133 et 235 ne sont pas adoptés.)

Amdt 95 Rejeté Amdt 95 Amdt 95 Amdt 133 Rejeté Amdt 133 Amdt 133 Amdt 235 Rejeté Amdt 235 Amdt 235
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-Claude Raux, pour soutenir l’amendement no 704.

Amdt 704 Rejeté Amdt 704 Amdt 704 Amdt 704 Amdt 704
Photo de M. Jean-Claude Raux
Article 8
M. Jean-Claude Raux Jean-Claude Raux EcoS

En commission spéciale, nous avons adopté deux amendements qui ont inséré deux phrases similaires à la fin de l’alinéa 12 de l’article 8, lesquelles prévoient à partir de quand la mesure prend effet – une disposition importante. L’amendement est en réalité rédactionnel : il tend à fusionner les deux phrases afin de garantir la sécurité juridique du dispositif.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Votre amendement prévoit une prise d’effet de la mesure d’AEMO à la date de la notification de la décision du juge aux parents. Il importe de distinguer la prise d’effet de la mesure à la date de la décision du juge, sa notification aux parents dans le délai de huit jours prévu par le code de procédure civile – cette notification fait courir les délais de recours, notamment le délai d’appel de la décision – et les délais effectifs d’exécution d’une AEMO. Votre amendement prévoit, sur le plan juridique, un régime dérogatoire au droit commun. La prise d’effet ne présage par ailleurs en rien des délais réels d’exécution des mesures d’AEMO : ceux-ci demeurent largement tributaires des contraintes de services, qui, nous le savons, sont importantes. Le régime de droit commun est satisfaisant. Il n’y a pas de raison de retarder davantage la prise d’effet de la mesure tant que les droits au recours des parents sont garantis. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable, pour les mêmes raisons.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 704.

Amdt 704 Rejeté Amdt 704 Amdt 704 Amdt 704 Amdt 704
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 90 Nombre de suffrages exprimés 66 Majorité absolue 34 Pour l’adoption 32 Contre 34

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 704 n’est pas adopté.)

Amdt 704 Rejeté Amdt 704 Amdt 704 Amdt 704 Amdt 704
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’amendement no 980, je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Marine Hamelet, pour soutenir l’amendement.

Amdt 980 Amdt 980 Amdt 980 Amdt 980 Rejeté Amdt 980
Photo de Mme Marine Hamelet
Article 8
Mme Marine Hamelet Marine Hamelet RN

En l’état, lorsqu’une mesure d’AEMO prononcée par le juge des enfants n’est pas exécutée, aucun texte ne dispose que le juge doit en être informé. Il le découvre généralement lors du réexamen du dossier, souvent des mois plus tard. L’amendement vise à corriger cette situation en prévoyant que lorsque la mesure ordonnée n’a reçu aucun commencement d’exécution dans les trois mois, le service désigné doit immédiatement en informer le juge, qui convoque alors les parties sous quinze jours et statue sur les suites à donner.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Votre amendement introduit une convocation d’office des parties par le juge en cas d’inexécution de la mesure d’AEMO sous trois mois. Cela ne réglera pas le problème des délais d’exécution des mesures d’AEMO et entraînera simplement des auditions supplémentaires. Le juge des enfants dispose par ailleurs déjà des pouvoirs nécessaires pour convoquer les parties sans qu’il y ait besoin de contraindre son office. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 980.

Amdt 980 Rejeté Amdt 980 Amdt 980 Amdt 980 Amdt 980
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 86 Nombre de suffrages exprimés 86 Majorité absolue 44 Pour l’adoption 23 Contre 63

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 980 n’est pas adopté.)

Amdt 980 Rejeté Amdt 980 Amdt 980 Amdt 980 Amdt 980
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 696 de M. Yannick Monnet est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 696 Adopté Amdt 696 Amdt 696 Amdt 696 Amdt 696
Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 696.

Amdt 696 Adopté Amdt 696 Amdt 696 Amdt 696 Amdt 696
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 88 Nombre de suffrages exprimés 88 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 57 Contre 31

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 696 est adopté.)

Amdt 696 Adopté Amdt 696 Amdt 696 Amdt 696 Amdt 696
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Yannick Monnet, pour soutenir l’amendement no 557.

Amdt 557 Adopté Amdt 557 Amdt 557 Amdt 557 Amdt 557
Photo de M. Yannick Monnet
Article 8
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

L’article 8 introduit la possibilité de moduler les mesures d’accompagnement. Afin d’encadrer cette modulation, la commission a créé un référentiel national qui fixera l’intensité minimale des mesures d’accompagnement ainsi que le nombre maximal de situations suivies par un professionnel. Nous demandons que cette évaluation soit faite uniquement en fonction des besoins de l’enfant et non en fonction des capacités des services. Si on a besoin de moyens supplémentaires, il faudra se résoudre à les engager.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Le principe que vous introduisez est évidemment souhaitable, mais sa portée juridique et opérationnelle, notamment pour les services chargés de l’exécution, est très incertaine, de même que sa place dans le décret. L’évaluation des besoins individualisés de l’enfant et de sa famille oriente déjà en droit toute décision du juge et des services de l’ASE, conformément aux articles 375 du code civil et L. 221-1 du code de l’action sociale et des familles. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Yannick Monnet.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 8
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Je ne sais pas ce qu’il en est de la portée juridique de l’amendement, mais en ce qui concerne sa portée opérationnelle, je comprends qu’il y a un vrai souci : on n’évalue pas les besoins réels, on part des moyens disponibles. Étant donné que ce projet de loi ne prévoit aucun moyen supplémentaire, rien ne changera. L’article tente de résoudre la difficulté à laquelle nous sommes confrontés depuis le début de cette discussion, mais je regrette qu’on ne réponde pas davantage aux besoins des enfants dans un texte censé les protéger.

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 557 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 1016, 960, 328 et 1179 tombent.)

Amdt 557 Adopté Amdt 557 Amdt 557 Amdt 557 Amdt 557
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Christine Loir, pour soutenir l’amendement no 489.

Amdt 489 Rejeté Amdt 489 Amdt 489 Amdt 489
Photo de Mme Christine Loir
Article 8
Mme Christine Loir Christine Loir RN

Il tend à organiser le recueil de la parole de l’enfant avant chaque changement de situation – changement d’établissement ou autre.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

L’amendement étant satisfait, j’invite Mme Loir à le retirer, sinon notre avis sera défavorable.

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 489 n’est pas adopté.)

Amdt 489 Rejeté Amdt 489 Amdt 489 Amdt 489
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’article 8, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 1017 de Mme Nathalie Colin-Oesterlé, rapporteure, est un amendement de coordination.

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1017, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 1017 Adopté Amdt 1017 Amdt 1017 Amdt 1017
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 8, tel qu’il a été amendé.

II
Article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 87 Nombre de suffrages exprimés 86 Majorité absolue 44 Pour l’adoption 57 Contre 29

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’article 8, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de plusieurs amendements portant article additionnel après l’article 8. Nous commençons par deux amendements identiques, nos 146 et 726. La parole est à Mme Anne-Laure Blin, pour soutenir l’amendement no 146.

Amdt 146 Retiré Amdt 146 Amdt 146
Photo de Mme Anne-Laure Blin
Après l’article 8
Mme Anne-Laure Blin Anne-Laure Blin DR

À l’ouverture d’une mesure de protection de l’enfance, la collaboration avec les parents est encore trop variable d’un territoire à l’autre. Elle est souvent tardive et peu lisible, ce qui peut traduire, chez les services institutionnels, un manque de considération pour les familles, qui augmente le risque de ruptures. Pourtant, des outils permettent de travailler avec la famille et de soutenir sa capacité à prendre des décisions relevant du projet pour l’enfant (PPE). L’amendement tend à rendre systématique l’organisation, dès l’ouverture du dossier, d’une conférence familiale animée par un coordinateur ou d’un dispositif équivalent qui favoriserait la coconstruction du projet pour l’enfant avec ses proches.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur les amendements no 146 et identique, je suis saisi par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 726 de Mme Alexandra Martin (Gironde) est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Après l’article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Ces amendements ont été redéposés après leur examen par la commission. Ils seront satisfaits si l’article 8 bis est adopté : il porte sur les conférences familiales et leur donne une base légale solide. Je vous invite à les retirer.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 146 et 726 sont retirés.)

Amdt 146 Retiré Amdt 146 Amdt 146 Amdt 726 Retiré Amdt 726 Amdt 726 Amdt 726
Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Sophie Blanc, pour soutenir l’amendement no 14.

Amdt 14 Rejeté Amdt 14 Amdt 14 Amdt 14 Amdt 14
Photo de Mme Sophie Blanc
Après l’article 8
Mme Sophie Blanc Sophie Blanc RN

L’accompagnement éducatif administratif repose sur l’adhésion des titulaires de l’autorité parentale. Tant qu’une telle coopération existe, il constitue un outil utile pour accompagner la famille et prévenir une intervention judiciaire. Toutefois, lorsque les parents refusent durablement de rencontrer les services compétents, ne se présentent pas aux rendez-vous ou s’opposent aux actions proposées, la mesure ne peut plus produire les effets attendus. La maintenir artificiellement risquerait de retarder une réponse plus adaptée aux besoins de l’enfant. L’amendement prévoit que dans une telle situation, le président du conseil départemental procède sans délai à un réexamen de la situation de l’enfant et apprécie la nécessité d’une saisine de l’autorité judiciaire. Il ne remet pas en cause l’accompagnement éducatif administratif ; il garantit simplement que l’intérêt de l’enfant demeure le seul critère guidant la réponse apportée lorsque cette mesure ne produit plus ses effets. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 14, par le groupe Rassemblement national ; sur l’amendement no 145 et les amendements no 29 et identique, par le groupe Droite républicaine. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Après l’article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Il est défavorable. L’amendement no 14 est problématique en ceci qu’il favorise la judiciarisation systématique des situations, en assimilant très précocement la non-coopération parentale à un échec de la mesure administrative.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Je vous invite à retirer l’amendement, qui est satisfait par le droit existant. Les articles L. 223-1 et L. 223-2 du code de l’action sociale et des familles prévoient que la mesure administrative de protection est précédée d’une évaluation de la situation et son application est conditionnée à l’accord et à la participation de la famille. La mesure est applicable pendant un an renouvelable et donne lieu à l’évaluation annuelle de la situation, d’après l’article L. 223-5 du même code. En vertu de l’article L. 226-4, le président du conseil départemental saisit le procureur de la République lorsque le mineur est en danger.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 14.

Amdt 14 Rejeté Amdt 14 Amdt 14 Amdt 14 Amdt 14
II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 81 Nombre de suffrages exprimés 81 Majorité absolue 41 Pour l’adoption 23 Contre 58

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 14 n’est pas adopté.)

Amdt 14 Rejeté Amdt 14 Amdt 14 Amdt 14 Amdt 14
Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Anne-Laure Blin, pour soutenir l’amendement no 145.

Amdt 145 Rejeté Amdt 145 Amdt 145 Amdt 145 Amdt 145
Photo de Mme Anne-Laure Blin
Après l’article 8
Mme Anne-Laure Blin Anne-Laure Blin DR

Dans un avis d’octobre 2024 et un arrêt de juin 2025, la Cour de cassation a rappelé qu’une mesure de placement impliquait, par nature, un éloignement et qu’un placement éducatif à domicile (PEAD) ne disposait pas d’une base légale adéquate. Les dispositifs portant le nom de PEAD ont donc été requalifiés comme appliquant des mesures d’AEMO renforcées ou intensives. Cette décision, qui clarifie un cadre juridique certes peu clair, a toutefois pour effet de fragiliser les accompagnements de placement à domicile décrits comme très efficaces par les parties prenantes. L’amendement tend à les sécuriser et à autoriser une pratique qui vise à intensifier l’aide sans éloignement, c’est-à-dire à créer une voie intermédiaire entre l’assistance éducative en milieu ouvert et le placement de l’enfant. Il s’agit de maintenir ce dernier dans son environnement familial, tout en assurant un soutien professionnel intensif à domicile, lorsque l’éloignement n’est ni souhaitable ni nécessaire.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Après l’article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Défavorable. Revenir sur la jurisprudence serait source de confusion pour l’ensemble du secteur. En outre, il semble préférable de continuer à développer les AEMO renforcées, avec option d’hébergement – c’est l’objet de l’article 8.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 145.

Amdt 145 Rejeté Amdt 145 Amdt 145 Amdt 145 Amdt 145
II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 87 Nombre de suffrages exprimés 65 Majorité absolue 33 Pour l’adoption 9 Contre 56

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 145 n’est pas adopté.)

Amdt 145 Rejeté Amdt 145 Amdt 145 Amdt 145 Amdt 145
Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 29 et 141. L’amendement no 29 de Mme Émilie Bonnivard est défendu. La parole est à Mme Isabelle Santiago, pour soutenir l’amendement no 141.

Amdt 29 Adopté Amdt 29 Amdt 29 Amdt 29 Amdt 29
Photo de Mme Isabelle Santiago
Après l’article 8
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

Il vise à permettre au juge des enfants de proposer une consultation familiale en complément de la médiation, afin de favoriser l’adhésion de parents aux mesures éducatives, à condition que ces parents ne soient pas impliqués dans une forme d’emprise manifeste ou dans des violences ayant fait naître une situation gravissime.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la rapporteure.

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Après l’article 8
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Favorable.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 8
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable. Il serait prématuré d’inscrire dans la loi une telle pratique qui, contrairement à la médiation familiale, ne fait l’objet d’aucun fondement juridique ni encadrement. Il n’existe pas de diplôme d’État qui reconnaîtrait, à l’instar du diplôme de médiateur familial, la qualité des professionnels chargés d’animer les consultations familiales.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Isabelle Santiago.

Photo de Mme Isabelle Santiago
Après l’article 8
Mme Isabelle Santiago Isabelle Santiago SOC

Le secteur de la protection de l’enfance est le seul où l’on autorise des personnes qui n’ont aucun diplôme à travailler au contact d’enfants. L’argument de l’absence de diplôme ou de reconnaissance me paraît donc surprenant.

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 29 et 141.

Amdt 29 Adopté Amdt 29 Amdt 29 Amdt 29 Amdt 29 Amdt 141 Adopté Amdt 141 Amdt 141 Amdt 141 Amdt 141
II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 85 Nombre de suffrages exprimés 83 Majorité absolue 42 Pour l’adoption 53 Contre 30

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 29 et 141 sont adoptés.)

Amdt 29 Adopté Amdt 29 Amdt 29 Amdt 29 Amdt 29 Amdt 141 Adopté Amdt 141 Amdt 141 Amdt 141 Amdt 141
Photo de M. le président
Après l’article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 879, par le groupe Rassemblement national ; sur l’amendement no 679 et les amendements no 169 et identiques, par le groupe Droite républicaine. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. David Magnier.

Photo de M. David Magnier
Article 8 bis
M. David Magnier David Magnier RN

L’article 8 bis, issu des travaux de la commission, tend à favoriser le recours à un outil pragmatique de gestion de la protection de l’enfance, la conférence familiale. Cette instance donne un cadre juridique à la solidarité de proximité en réunissant, autour de l’enfant en danger, les parents, la famille élargie et les proches volontaires, sous la médiation d’un coordinateur indépendant. L’objectif est de coconstruire des solutions concrètes, pour éviter un placement institutionnel lourd. Nous saluons cette avancée majeure, qui responsabilise l’entourage et remet l’intérêt supérieur de l’enfant au centre des décisions. Le dispositif est protecteur, pragmatique et respectueux des liens familiaux. Notre groupe le soutiendra et votera donc l’article.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est toujours à M. David Magnier, pour soutenir l’amendement no 879.

Amdt 879 Rejeté Amdt 879 Amdt 879 Amdt 879
Photo de M. David Magnier
Article 8 bis
M. David Magnier David Magnier RN

Il tend à maximiser l’efficacité de la conférence familiale, un excellent dispositif introduit dans le projet de loi par notre commission. Face à la saturation des structures d’hébergement et à la souffrance des enfants ballottés de foyer en foyer, la recherche de solutions alternatives, au sein de l’entourage proche, doit se faire le plus en amont possible. L’amendement tend à préciser que l’instance de concertation doit intervenir en priorité, avant toute saisine de l’autorité judiciaire aux fins de placement. C’est précisément à ce moment charnière que nous pouvons mobiliser la famille élargie, pour organiser un accueil de proximité et éviter une rupture institutionnelle brutale pour l’enfant.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8 bis
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

L’article 8 bis tend déjà à permettre aux services de l’aide sociale à l’enfance de proposer à tout moment aux familles la participation à une conférence familiale. Il ne me semble pas opportun d’imposer un calendrier : il faut plutôt laisser la main aux professionnels, qui sauront apprécier au cas par cas la pertinence de ce dispositif qui ne convient pas à toutes les situations familiales. Je vous invite à retirer votre amendement, sans quoi mon avis sera défavorable.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. David Magnier.

Photo de M. David Magnier
Article 8 bis
M. David Magnier David Magnier RN

Je reviens aux débats que nous avons eus en commission. Mme la rapporteure et moi-même avions déposé deux amendements similaires, le sien portant sur le volet administratif et le mien, sur le volet judiciaire. En donnant son avis sur mon amendement, Mme la rapporteure a indiqué préférer procéder pas à pas et attendre le résultat d’une expérimentation. Or nous n’avons plus le temps d’attendre : la protection de l’enfance se joue aujourd’hui, pas dans un an ou deux. La conférence familiale doit être convoquée avant toute saisine du juge à des fins de placement.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

L’amendement est satisfait : la conférence peut être convoquée à tout moment, tant avant la prise d’une mesure de protection qu’au cours de son application, ce qui rend le dispositif souple et adaptable à la situation. Au contraire, l’adoption de votre amendement risquerait de réduire le recours aux conférences familiales. Je ne suis pas sûre que telle soit votre intention.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 879.

Amdt 879 Rejeté Amdt 879 Amdt 879 Amdt 879
II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 84 Nombre de suffrages exprimés 78 Majorité absolue 40 Pour l’adoption 20 Contre 58

II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 879 n’est pas adopté.)

Amdt 879 Rejeté Amdt 879 Amdt 879 Amdt 879
Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 679 de M. Davy Rimane est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 679 Rejeté Amdt 679 Amdt 679 Amdt 679
Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8 bis
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Il est satisfait. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 679.

Amdt 679 Rejeté Amdt 679 Amdt 679 Amdt 679
II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 76 Nombre de suffrages exprimés 42 Majorité absolue 22 Pour l’adoption 14 Contre 28

II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 679 n’est pas adopté.)

Amdt 679 Rejeté Amdt 679 Amdt 679 Amdt 679
Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 169, 697 et 961. La parole est à Mme Émilie Bonnivard, pour soutenir l’amendement no 169.

Amdt 169 Adopté Amdt 169 Amdt 169 Amdt 169
Photo de Mme Émilie Bonnivard
Article 8 bis
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Proposé par plusieurs associations de la protection de l’enfance, il vise à préciser la place de l’enfant dans la conférence familiale. La rédaction initialement proposée fait dépendre la participation de l’enfant de son âge et de son degré de maturité. C’est légitime mais cela laisse entendre que certains pourraient en être exclus, alors même que l’enfant – même bébé – qu’il s’agit de protéger est la personne centrale de cette conférence. Les enfants dont nous parlons sont déjà fragilisés et, la plupart du temps, exclus des principales décisions qui les concernent. Il convient de leur faire une place à chaque étape du processus – je rejoins l’intervention de Mme Ayda Hadizadeh sur la nécessité d’une réforme en la matière. L’âge, le degré de maturité et les capacités de compréhension ou de communication de l’enfant ne doivent donc pas conditionner son statut de partie prenante à la conférence familiale. Ces critères doivent uniquement guider l’aménagement des modalités de sa participation. Autrement dit, c’est à la conférence familiale de s’adapter pour accueillir l’enfant et lui permettre de comprendre et d’accepter les décisions qui le concernent. Ce ne sont ni son âge ni sa maturité qui doivent décider de sa participation – c’est-à-dire ce qui nous arrange, nous, les adultes, en fonction de nos propres capacités.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements identiques nos 697 de Mme Soumya Bourouaha et 961 de M. Jean-Hugues Ratenon sont défendus.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 8 bis
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Très bien défendus !

Photo de M. Pascal Lecamp
Article 8 bis
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

C’est du bon sens !

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 8 bis
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Favorable.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 8 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Favorable.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 169, 697 et 961.

Amdt 169 Adopté Amdt 169 Amdt 169 Amdt 169 Amdt 697 Adopté Amdt 697 Amdt 697 Amdt 697 Amdt 961 Adopté Amdt 961 Amdt 961
II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 88 Nombre de suffrages exprimés 88 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 88 Contre 0

II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 169, 697 et 961 sont adoptés.)

Amdt 169 Adopté Amdt 169 Amdt 169 Amdt 169 Amdt 697 Adopté Amdt 697 Amdt 697 Amdt 697 Amdt 961 Adopté Amdt 961 Amdt 961
II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(L’article 8 bis, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’amendement no 252, je suis saisi par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), pour soutenir l’amendement.

Amdt 252 Rejeté Amdt 252 Amdt 252 Amdt 252 Amdt 252
Photo de Mme Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Article 9
Mme Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) DR

Je ne vous apprends rien : les enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance sont particulièrement exposés aux traumatismes, aux troubles anxieux, aux troubles de l’attachement et aux conséquences psychiques des violences ou des négligences subies. Les délais d’accès aux soins psychologiques et psychiatriques constituent un obstacle majeur, relevé par de nombreux acteurs de terrain. Cet amendement vise à garantir que le dispositif prévu à l’article 9 couvre explicitement ces besoins essentiels.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 9
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Je comprends votre préoccupation. Les chiffres de la santé mentale des enfants sous protection sont, en effet, alarmants : alors qu’ils ne représentent que 2 % des mineurs en France, ils constitueraient la moitié des adolescents hospitalisés – en particulier pour des troubles du comportement et des syndromes dépressifs. Cependant, votre amendement me semble satisfait. Tous les actes de prévention, de dépistage et les interventions requises par la santé de l’enfant sont couverts. C’est pourquoi je vous demande de retirer l’amendement, faute de quoi j’y serai défavorable.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 9
Mme Stéphanie Rist ministre

L’amendement est satisfait depuis que nous avons proposé de généraliser le parcours coordonné renforcé, qui prévoit, d’une part, un bilan annuel de santé, physique comme mentale, de l’ensemble des enfants et, d’autre part, une coordination de la prise en charge de tous les soins dont ils ont besoin – non seulement pour que ces soins soient remboursés, mais surtout pour qu’ils soient bien réalisés, que les enfants honorent vraiment leurs rendez-vous. Je rappelle que des moyens sont alloués à ce parcours coordonné renforcé – M. Monnet est parti, c’est dommage : des financements à hauteur de 11 millions d’euros pour l’année 2026, puis une montée en charge avec une enveloppe à hauteur de plus de 30 millions d’euros dans deux ans. Il s’agit de l’une des briques de la refondation de la protection de l’enfance : l’État est au rendez-vous de ses compétences, notamment en matière de santé. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 252.

Amdt 252 Rejeté Amdt 252 Amdt 252 Amdt 252 Amdt 252
II
Article 9
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 75 Nombre de suffrages exprimés 46 Majorité absolue 24 Pour l’adoption 15 Contre 31

II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 252 n’est pas adopté.)

Amdt 252 Rejeté Amdt 252 Amdt 252 Amdt 252 Amdt 252
Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Marine Hamelet, pour soutenir l’amendement no 981.

Amdt 981 Rejeté Amdt 981 Amdt 981 Amdt 981 Amdt 981
Photo de Mme Marine Hamelet
Article 9
Mme Marine Hamelet Marine Hamelet RN

Il vise à sécuriser l’information des parents lorsque la possibilité est donnée à l’aide sociale à l’enfance de passer outre le recueil de leur avis s’agissant de la santé de leur enfant. Le texte issu de la commission a supprimé le renvoi au décret en Conseil d’État qui, dans la rédaction initiale, encadrait les conditions de saisine des titulaires de l’autorité parentale. Ni la forme ni le moment de cette saisine ne sont plus définis. En l’état, rien n’interdit donc qu’un parent soit saisi tardivement, voire concomitamment à la réalisation de l’acte, privant son droit d’opposition de toute effectivité. Par cet amendement, nous proposons que les titulaires de l’autorité parentale soient saisis « sans délai ». Nous garantirons ainsi qu’ils disposent du temps utile pour exercer le droit d’opposition que le texte leur reconnaît.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 9
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Avis défavorable, pour trois raisons. D’abord, le décret que vous évoquez est bien prévu à l’article L. 1111-9 du code de la santé publique. Ensuite, l’obligation d’une saisine sans délai, lorsque les parents sont défaillants voire absents, prive le médecin de sa capacité à agir. Enfin, le Conseil d’État a souligné que la fixation d’un délai compatible avec les contraintes de prévenance des parents est essentielle, tout en estimant qu’un délai de sept jours était probablement insuffisant pour garantir cet équilibre. Pour toutes ces raisons, votre amendement me semble contraire à l’intérêt de l’enfant. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 9
Mme Stéphanie Rist ministre

La précision me semble utile : elle garantira que les titulaires de l’autorité parentale disposent du temps adéquat pour exercer effectivement leur droit d’opposition, conformément à l’objectif de la disposition. Je m’en remets donc à la sagesse de l’Assemblée.

II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 981 n’est pas adopté.)

Amdt 981 Rejeté Amdt 981 Amdt 981 Amdt 981 Amdt 981
Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Constance de Pélichy, pour soutenir l’amendement no 1127.

Amdt 1127 Rejeté Amdt 1127 Amdt 1127 Amdt 1127 Amdt 1127
Photo de Mme Constance de Pélichy
Article 9
Mme Constance de Pélichy Constance de Pélichy LIOT

Il s’agit simplement de préciser que, lorsqu’on parle de santé, on parle bien de santé physique mais aussi mentale, de telle sorte que la santé mentale de nos jeunes ne soit jamais oubliée.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 9
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

L’amendement vise à préciser que le médecin peut intervenir sans accord parental en cas d’atteinte grave à la santé physique ou mentale de l’enfant. Cette précision n’apporte rien au texte, qui prévoit d’ores et déjà que le médecin – c’est-à-dire aussi un psychiatre ou tout autre professionnel de santé – puisse délivrer les soins indispensables. En outre, la qualification de l’acte médical relève de la compétence propre du professionnel de santé : il ne me semble pas nécessaire que le législateur s’immisce dans la relation entre le patient et le médecin sur ce point. Votre amendement étant satisfait, j’en demande le retrait, faute de quoi j’y serai défavorable.

II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1127, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 1127 Rejeté Amdt 1127 Amdt 1127 Amdt 1127 Amdt 1127
Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 267 de Mme Katiana Levavasseur est défendu.

Amdt 267 Rejeté Amdt 267 Amdt 267 Amdt 267
II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 267, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 267 Rejeté Amdt 267 Amdt 267 Amdt 267
Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Ayda Hadizadeh, pour soutenir l’amendement no 137, qui fait l’objet du sous-amendement no 1209.

Amdt 137 Adopté Amdt 137 Amdt 137 Amdt 137 Amdt 137
Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 9
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

L’article 9 permet à un médecin de prodiguer des soins indispensables à un enfant sans attendre l’accord des parents quand l’absence de soins expose l’enfant à des conséquences graves. Cette garantie ne vaut toutefois que pour les enfants pris en charge directement par l’aide sociale à l’enfance, et non pour ceux qui sont confiés à un tiers digne de confiance ou à un membre de la famille. Or un enfant confié à sa grand-mère qui attend une opération urgente court le même risque qu’un enfant placé en foyer. C’est pourquoi nous proposons d’étendre la garantie prévue à l’article à tous les enfants confiés par le juge des enfants, quel que soit leur lieu d’accueil.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir le sous-amendement no 1209.

Amdt 1209 Adopté Amdt 1209
Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 9
Mme Stéphanie Rist ministre

Il précise que la personne majeure accompagnant un mineur lors des soins est désignée par le service départemental de l’aide sociale à l’enfance.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 9
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Madame Hadizadeh, vous proposez que soit privilégié l’accompagnant quotidien de l’enfant pour le conduire en consultation médicale. En commission spéciale, nous avons modifié le dispositif pour permettre à toute personne majeure d’accompagner l’enfant. Je n’étais pas, pour ma part, favorable à cette évolution, pour deux raisons. D’abord, il est nécessaire que les services de l’aide sociale à l’enfance s’impliquent plus fortement dans l’accompagnement médical des mineurs qu’ils protègent. À cet égard, il me semblait que choisir un accompagnant issu de ces services était l’occasion de les associer à la montée en puissance du parcours de santé coordonné. Ensuite, nous le savons – et je le déplore –, un certain nombre de mineurs sont en situation d’emprise. Or la modification introduite en commission spéciale rend possible l’accompagnement par un majeur malveillant. C’est pourquoi, là encore, j’aurais préféré conserver la rédaction initiale, qui prévoyait que l’accompagnant était désigné par les services de l’aide sociale à l’enfance. Puisque le sous-amendement du gouvernement corrige la rédaction en ce sens, j’émettrai un avis favorable sur l’amendement sous réserve de l’adoption du sous-amendement du gouvernement.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 9
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

II
Article 9
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1209 est adopté.)

Amdt 1209 Adopté Amdt 1209
II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 137, sous-amendé, est adopté.)

Amdt 137 Adopté Amdt 137 Amdt 137 Amdt 137 Amdt 137
Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Alexandre Dufosset, pour soutenir l’amendement no 490.

Amdt 490 Rejeté Amdt 490 Amdt 490 Amdt 490
Photo de M. Alexandre Dufosset
Article 9
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

En commission spéciale, nous avions présenté un amendement visant à informer les parents, titulaires de l’autorité parentale, des résultats des soins dispensés à l’enfant placé à l’aide sociale à l’enfance. Il a été rejeté ; nous l’avons donc retravaillé. Le présent amendement précise désormais seulement que les titulaires de l’autorité parentale sont informés lorsqu’un acte médical est réalisé sur l’enfant ; nous ne demandons plus la transmission des résultats médicaux, uniquement la délivrance d’une information portant sur la réalisation des soins – et des éléments nécessaires à leur continuité. Cette information serait soumise au secret médical et au droit propre du mineur placé à l’ASE. Elle ne retarderait en aucun cas les soins et ne redonnerait aucun droit de veto aux parents.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 9
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Cet amendement est largement satisfait : lorsqu’il existe un risque grave pour la santé de l’enfant, l’article prévoit déjà que les titulaires de l’autorité parentale sont informés ; et lorsque l’acte médical a lieu sans accord parental, les parents disposent d’un droit d’opposition, donc, par définition, d’une information. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 9
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Alexandre Dufosset.

Photo de M. Alexandre Dufosset
Article 9
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

Vous avez raison, mais c’est seulement le cas lorsque l’absence de soins peut avoir des conséquences graves.

Photo de Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Article 9
Mme Nathalie Colin-Oesterlé rapporteure HOR

Non, pour tous les actes !

Photo de M. Alexandre Dufosset
Article 9
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

En l’occurrence, nous proposons que cette information soit donnée pour les autres actes, traitements ou interventions qui sont réalisés sans l’accord préalable des parents. Cela n’est pas satisfait par le texte.

II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 490 n’est pas adopté.)

Amdt 490 Rejeté Amdt 490 Amdt 490 Amdt 490
II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’article 9, amendé, est adopté.)

II
Article 9 bis
Intervenant non identifié

(L’article 9 bis est adopté.)

Photo de M. le président
Article 9 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 1207, tendant à la suppression de l’article 9 ter.

Amdt 1207 Adopté Amdt 1207
Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 9 ter
Mme Stéphanie Rist ministre

Il vise à supprimer les modifications apportées par la commission spéciale, pour éviter que les parents ne soient dépossédés de leur faculté de décider des actes non usuels pour leurs enfants.

II
Article 9 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1207, accepté par la commission, est adopté ; en conséquence, l’article 9 ter est supprimé et les amendements nos 991, 612 et 1095 tombent.)

Amdt 1207 Adopté Amdt 1207
Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Gabrielle Cathala.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 11
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Nous abordons la discussion sur l’instauration d’une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour viol sériel sur les mineurs de 15 ans. Je m’étonne que le garde des sceaux ne soit pas au banc et que nous discutions d’un bouleversement d’ordre pénal avec la ministre de la santé !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 11
Mme Stéphanie Rist ministre

Je m’en vais !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 11
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Je n’ai rien contre vous, madame, mais je ne pense pas que vous soyez compétente pour discuter de ce sujet. Nous avions été informés que Mme Bergé serait présente, ce qui n’était pas plus acceptable puisqu’elle n’est pas garde des sceaux. Nous découvrons finalement que nous allons débattre de la réclusion à perpétuité avec la ministre de la santé, alors que la question n’a strictement rien à voir avec la santé publique.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 11
Mme Stéphanie Rist ministre

Quand vous n’avez plus d’arguments…

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 11
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Cet article vise simplement à masquer l’absence de moyens alloués à la justice (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP), ainsi que l’absence d’une politique publique de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Nous en débattons le lendemain de la publication d’un nouveau rapport d’inspection de l’Inspection générale de la justice (IGJ) et de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) sur l’affaire Lyhanna. Ce rapport souligne, noir sur blanc, que les moyens consacrés à la justice sont insuffisants et insiste sur la nécessité, pour les magistrats chargés d’affaires de viol ou d’agressions sexuelles commis sur des mineurs, de disposer du temps nécessaire pour prendre personnellement connaissance de la procédure et de confronter leur analyse à celle des autres intervenants à la procédure, afin de ne pas s’en remettre totalement aux officiers de police judiciaire. Alors même que nous devrions avoir un débat sur les moyens, en l’occurrence sur les 3 milliards nécessaires pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, nous allons débattre de la perpétuité, puis de la dérogation au principe de confusion des peines, puis enfin de l’atténuation de la réclusion criminelle à perpétuité, qui serait assortie d’une période de sûreté de trente ans parce que certains finiront par être gênés de voter des bêtises pareilles. Ce débat n’est vraiment pas à la hauteur du moment que nous vivons. J’aurais donc souhaité que le ministre de la justice, garde des sceaux, soit présent au banc. D’autant qu’avant-hier, il est venu nous annoncer en grande pompe une augmentation de 400 millions du budget de la justice, qui passerait ainsi de 10,6 à 11 milliards. Comme il avait annulé 414 millions d’euros sur le budget de la justice il y a quelques semaines, cette annonce a quelque chose de croustillant. Une fois l’inflation prise en compte – elle devrait atteindre environ 2 % cette année –, la hausse des crédits se limiterait finalement à 135 millions d’euros pour 2027. C’est largement insuffisant, compte tenu de l’ensemble des gels de crédits et d’annulations décidés depuis cinq ans après l’adoption de chaque loi de finances. Cela ne permettra pas de remettre la France au niveau… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent cette dernière.)

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Si la ministre n’est toujours pas arrivée lorsque les quatre orateurs inscrits à l’article auront terminé leurs interventions, je suspendrai la séance. La parole est à Mme Colette Capdevielle.

Photo de Mme Colette Capdevielle
Article 11
Mme Colette Capdevielle Colette Capdevielle SOC

J’allais justement vous demander de suspendre nos travaux jusqu’à l’arrivée du ministre compétent, qui devrait être le garde des sceaux. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et LFI-NFP.) Notre débat touche en effet au code pénal, à l’échelle des peines, à la question de la proportionnalité, à la perpétuité et aux peines de sûreté. Ces questions n’entrent pas dans les compétences de la ministre de la santé, malgré tout le respect que j’ai pour elle et pour sa fonction. Ce n’est pas sérieux. Je ne reprendrai la parole qu’à ce moment-là.

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Madame Capdevielle, je vous ai donné la parole. Vous n’avez pas la délégation de votre groupe pour demander une suspension. Voulez-vous utiliser les quatre-vingts secondes qui vous restent pour vous exprimer ?

Photo de Mme Colette Capdevielle
Article 11
Mme Colette Capdevielle Colette Capdevielle SOC

Je vais les utiliser, monsieur le président. On ne modifie pas le code pénal par le trou de la serrure ou par un texte cache-misère. Lorsqu’on entend revoir l’échelle des peines, notamment pour les crimes de viol, on ne peut se contenter d’une intervention ponctuelle. Il faut reprendre l’ensemble du dispositif d’une manière cohérente, en s’appuyant sur une véritable étude d’impact. La méthode qui nous est proposée est très mauvaise. Elle relève d’un véritable populisme pénal. Chacun sait ici que les dispositions proposées ne résisteront pas à l’analyse du Conseil constitutionnel.

Photo de M. Nicolas Tryzna
Article 11
M. Nicolas Tryzna Nicolas Tryzna DR

On verra bien !

Photo de Mme Colette Capdevielle
Article 11
Mme Colette Capdevielle Colette Capdevielle SOC

L’avis du Conseil d’État nous a déjà éclairés et, je l’espère, alertés : il nous invite à rechercher une plus grande cohérence dans l’échelle des peines en matière de viol. Je rappelle que l’échelle des peines repose sur deux principes : la proportionnalité entre la gravité des faits et les peines encourues, et la cohérence entre les différentes incriminations. Vous nous demandez en réalité de cacher la misère des moyens consacrés aux investigations et au traitement des plaintes en attente. Vous nous donnez une sorte de sucre en proposant d’augmenter l’échelle des peines comme par magie, sans donner véritablement les moyens… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice.)

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Mathilde Panot.

Photo de Mme Mathilde Panot
Article 11
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Je demande une suspension de séance. Il n’est pas sérieux que les prises de parole sur l’article ne soient pas entendues par le garde des sceaux, qui devrait être au banc.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 11
Mme Stéphanie Rist ministre

J’écoute et je lui transmettrai !

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Le gouvernement est représenté, la légalité est donc parfaitement respectée.

Photo de M. Maxime Laisney
Article 11
M. Maxime Laisney Maxime Laisney LFI-NFP

Ça n’a aucun sens !

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La demande de suspension est de droit. Je suspends la séance pour cinq minutes, puisqu’on m’a fait part de l’arrivée de la ministre dans les prochaines minutes.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à douze heures trente-cinq, est reprise à douze heures quarante.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est reprise. Je souhaite la bienvenue à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations. Nous continuons à entendre les orateurs inscrits à l’article 11. La parole est à Mme Émilie Bonnivard.

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Suspension et reprise de la séance
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

La question qui nous est posée est la suivante : les crimes sexuels accompagnés d’actes de torture et de barbarie, commis de manière répétée et sur plusieurs enfants, sont-ils les plus graves de notre société et méritent-ils la perpétuité ? Pour nous, la réponse est oui.

Photo de Mme Anne-Laure Blin
Suspension et reprise de la séance
Mme Anne-Laure Blin Anne-Laure Blin DR

Exactement !

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Suspension et reprise de la séance
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Il s’agit des crimes les plus graves, commis sur les plus fragiles d’entre nous, les enfants, à plusieurs reprises, avec actes de torture et de barbarie. Je pense évidemment à l’affaire Le Scouarnec, parmi d’autres. Nous avons eu exactement les mêmes débats à propos de l’imprescriptibilité de tels actes. Pour reprendre une expression du juge Édouard Durand, nous allons entendre les gardiens du temple,…

Photo de Mme Marianne Maximi
Suspension et reprise de la séance
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Les gardiennes !

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Suspension et reprise de la séance
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

…ceux qui savent ce qui est bon, ceux qui savent ce que doit être la peine et quelle est la place de l’humanité dans la peine. Nous, nous pensons différemment. En ayant réussi à modifier le droit existant sur l’imprescriptibilité, nous avons fait sauter un verrou cher aux gardiens du temple. Nous souhaitons désormais en faire sauter un autre, celui qui touche à la perpétuité pour les auteurs de crimes sériels sur les enfants accompagnés d’actes de torture ou de barbarie. Nous parlons ici de la destruction de la vie de certains enfants, de leur condamnation à mort. Chacun sait, en effet, le nombre de suicides consécutifs à ces crimes, dont le caractère sériel nous impose de protéger la société de leurs auteurs. Nous assumons pleinement cette position. Elle ne signifie pas l’impossibilité, pour le criminel, de s’amender intérieurement. Elle ne constitue pas davantage une condamnation à mort, comme j’ai pu l’entendre dire. Absolument pas. La perpétuité existe. Nous avons voté l’imprescriptibilité pour les crimes les plus graves ; pour ces mêmes crimes, nous estimons que la perpétuité doit s’appliquer.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Yannick Monnet.

Photo de M. Yannick Monnet
Suspension et reprise de la séance
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Les promoteurs de cet article commettent l’erreur de croire que, face à un problème aussi complexe que les violences faites aux enfants, une réponse à la hauteur des enjeux pourrait se résumer à une simple augmentation des peines encourues.

Photo de Mme Anne-Laure Blin
Suspension et reprise de la séance
Mme Anne-Laure Blin Anne-Laure Blin DR

Vous n’avez absolument pas écouté ce que nous avons dit !

Photo de M. Yannick Monnet
Suspension et reprise de la séance
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Cette logique de surenchère pénale échouera à faire reculer ces crimes : il n’existe aucun lien mécanique entre le niveau des peines et l’évolution de la criminalité. Elle ne permettra pas non plus une meilleure prise en charge des victimes,…

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Si, leur protection !

Photo de M. Yannick Monnet
Suspension et reprise de la séance
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

…qui attendent avant tout d’être protégées, écoutées et accompagnées. Enfin, elle ne changera rien à une réalité particulièrement préoccupante : seuls 3 % des auteurs de violences sexuelles et sexistes sont condamnés, et cette proportion tombe à environ 1 % lorsqu’il s’agit des auteurs d’inceste.

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Quel naufrage !

Photo de M. Yannick Monnet
Suspension et reprise de la séance
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Augmenter les peines ne coûte certes rien ou presque, à première vue. C’est sans doute ce qui explique la popularité de telles mesures auprès des gouvernements. Mais elles n’apportent aucune réponse concrète aux victimes et ne renforcent en rien la protection de notre société.

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

C’est faux !

Photo de M. Yannick Monnet
Suspension et reprise de la séance
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

La détermination dans la lutte contre les violences faites aux enfants ne se mesure pas au quantum des peines inscrites dans le code pénal, mais aux moyens humains, matériels et budgétaires que nous sommes prêts à consacrer à cette politique publique. Elle se mesure au nombre d’enquêteurs, de magistrats, de psychologues, de médecins, d’éducateurs et de structures d’accueil mis à disposition des victimes, ainsi qu’à notre capacité à prévenir ces violences avant qu’elles ne se produisent. Or ce texte ne prévoit aucun de ces moyens. C’est précisément là que se révèle la différence entre une communication politique et une politique publique véritablement efficace.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Marine Hamelet.

Photo de Mme Marine Hamelet
Suspension et reprise de la séance
Mme Marine Hamelet Marine Hamelet RN

Cet article correspond exactement à ce que le Rassemblement national réclame depuis des années :…

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Suspension et reprise de la séance
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

Et voilà !

Photo de Mme Marine Hamelet
Suspension et reprise de la séance
Mme Marine Hamelet Marine Hamelet RN

…une sévérité pour les violeurs, les agresseurs sexuels et les pédocriminels qui serait à la hauteur de leurs crimes. L’actualité nous rappelle chaque jour que certains profils sont incurables ; dans leur cas, la seule protection efficace est leur mise à l’écart durable de la société. Face aux drames qui se succèdent semaine après semaine, le législateur doit reconnaître l’inefficacité des politiques pénales qu’il a lui-même mises en place et qui ont installé le laxisme dans notre système judiciaire. Pour ces individus qu’aucun dispositif de réinsertion n’atteindra jamais, la sécurité des Français exige trois instruments : les peines planchers, l’intangibilité des peines prononcées et une perpétuité réelle et incompressible, dont le champ doit dépasser les seuls cas prévus par le texte. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Marie-Charlotte Garin.

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Suspension et reprise de la séance
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

Afin que cela soit clair pour les personnes qui nous écoutent, je rappelle qu’on nous propose ici la prison à perpétuité pour les auteurs de viols sur mineurs…

Photo de M. Emmanuel Fouquart
Suspension et reprise de la séance
M. Emmanuel Fouquart Emmanuel Fouquart RN

Ça choque qui ?

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Suspension et reprise de la séance
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

…dans le cas où il s’agit d’actes répétés et sériels. Moi, j’ai une question pour vous, madame la ministre : qui demande cela ?

Photo de Mme Anne-Laure Blin
Suspension et reprise de la séance
Mme Anne-Laure Blin Anne-Laure Blin DR

Les victimes !

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Les Français ! Tous ceux qui ont des enfants !

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Suspension et reprise de la séance
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

Il n’y a pas une association de terrain, une professionnelle de terrain qui demande cette mesure. Qui la demande ? Le Rassemblement national. Cela illustre le positionnement et les dérives actuelles. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Stop ! Allez-y, madame Garin !

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Suspension et reprise de la séance
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

Cette mesure est inscrite dans un projet de loi qui a été rattrapé et remanié à la suite d’une affaire grave, le meurtre de Lyhanna. On a l’impression que le gouvernement propose une mesure d’affichage. C’est de la communication politique, du populisme législatif ! Ce n’est pas à la hauteur. Actuellement, 1 à 3 % des violeurs sur mineurs sont condamnés. Voilà le problème ! La question n’est pas celle de la perpétuité. Augmenter les peines ne diminuera pas le nombre de viols. Ce qui protégera nos enfants demain, c’est davantage de moyens alloués à la prévention – les programmes d’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité (Evars) doivent être réellement enseignés dans toutes les classes – mais aussi à la police et à la justice, afin qu’elles puissent faire leur travail pour éviter la récidive.

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Mais arrêtez la psychologie !

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Suspension et reprise de la séance
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

Prévenir, c’est quoi ? C’est être capable de condamner en amont – vous n’êtes jamais au rendez-vous là-dessus – et c’est aussi le suivi judiciaire et médico-social pour arrêter les violeurs et éviter la récidive.

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Suspension et reprise de la séance
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Il faut les deux volets !

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Suspension et reprise de la séance
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

Ne vous en déplaise, ceux qui, sur ces bancs, travaillent le sujet depuis des décennies n’ont jamais dit que la perpétuité constituait la réponse. Mais vous refusez de les entendre. Écoutez les professionnels de terrain ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Sébastien Peytavie applaudit également.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 914 et 1114, qui tendent à supprimer l’article 11. La parole est à Mme Danièle Obono, pour soutenir l’amendement no 914.

Amdt 914 Rejeté Amdt 914 Amdt 914
Photo de Mme Danièle Obono
Suspension et reprise de la séance
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Nous souhaitons la suppression de cet article qui, de notre point de vue, ne répond à aucune nécessité et n’est pas à la hauteur de l’enjeu : les violences de masse, structurelles, l’insécurité massive que connaissent des millions d’enfants et de femmes dans notre pays. Quand nous évoquons les moyens qu’il faudrait mettre en place pour prévenir ces crimes, certains collègues expliquent qu’il faudrait agir à la fois en matière de prévention et de répression, en disant : ce n’est pas l’un ou l’autre, il faut les deux. En vérité, depuis dix ans, une seule chose a été faite : l’escalade pénale ! Vous ne faites pas de prévention,…

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

On ne fait que ça !

Photo de Mme Danièle Obono
Suspension et reprise de la séance
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

…précisément parce que vous ne voulez pas mettre les moyens nécessaires dans la justice, la police ou le médico-social. Vous essayez de masquer votre bilan désastreux en faisant de la surenchère pénale avec une mesure que le Rassemblement national peut se prévaloir d’avoir préconisée. Eux, ils sont constants ! C’est leur logique – cela dit, en matière de justice, on sait aussi qu’ils n’appliquent pas la tolérance zéro quand elle les concerne. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Mélenchon délinquant !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Suspension et reprise de la séance
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

C’est vous qui avez été condamnés !

Photo de Mme Danièle Obono
Suspension et reprise de la séance
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Notre collègue Émilie Bonnivard a dénigré les prétendus gardiens du temple, ceux qui savent ; il est vrai que, pour ma part, je sais un certain nombre de choses parce que nous avons eu ces débats dès 2018. J’ai assisté à des auditions de victimes avant celles de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) ou du juge Durand. Je ne me considère pas comme une gardienne du temple, détentrice exclusive du savoir, alors que vous seriez du côté du ressenti. C’est une opposition stérile. Je sais, je ressens, je connais cette expérience des violences de masse, des violences structurelles, des violences incestueuses. Je crois qu’il faut une boussole.

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Ce n’est pas LFI, la boussole !

Photo de Mme Danièle Obono
Suspension et reprise de la séance
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Oui, il faut des verrous juridiques et une philosophie de la justice. Oui, il faut que la société ait un message pour les victimes mais elle doit aussi en avoir pour les auteurs ; il faut des sanctions mais aussi et surtout l’engagement de réparer la société.

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

On fait comment ?

Photo de Mme Danièle Obono
Suspension et reprise de la séance
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

La réparation, ce n’est pas la perpétuité que vous proposez, ni l’escalade pénale. Cela, c’est la faillite, l’expression d’un échec de la société, votre échec. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Gabrielle Cathala.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Je voulais juste m’assurer que vous aviez été informé de la demande de scrutin public sur ces amendements.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

J’allais l’annoncer. Je comptais donner au préalable la parole à M. Bonnet pour défendre son amendement mais je vais l’annoncer maintenant. Sur les amendements identiques nos 914 et 1114, je suis saisi par les groupes La France insoumise-Nouveau Front populaire, Ensemble pour la République, Droite républicaine et Écologiste et social de demandes de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Arnaud Bonnet, pour soutenir l’amendement no 1114.

Photo de M. Arnaud Bonnet
Suspension et reprise de la séance
M. Arnaud Bonnet Arnaud Bonnet EcoS

Le moment est important. Pour avoir travaillé sur ces sujets depuis le début, notamment depuis l’affaire Le Scouarnec – j’ai rencontré les victimes –, je conviens que le choix de la peine destinée à sanctionner les crimes sériels sur les mineurs et celui de sa place dans la hiérarchie des peines représentent un enjeu important. Les travaux de la commission d’enquête sur les dysfonctionnements de l’affaire Le Scouarnec sont en cours ; je n’y participe pas, mais je pense qu’ils donneront lieu à des recommandations. De notre côté, nous craignons que la perpétuité puisse avoir pour effet de dissuader le dépôt de plainte. Les plaintes sont déjà peu nombreuses lorsque les faits ont été commis dans le cadre familial, et ce n’est pas un hasard, car porter plainte à l’encontre d’une personne de sa famille est une cause de désaffiliation. Si l’auteur des faits encourt la perpétuité, nous avons peur que les victimes soient encore plus dissuadées de porter plainte. C’est ce qui ressort de nos échanges avec les associations. Un autre sujet me semble représenter le problème principal : les condamnations sont très faibles. Il faut avant tout travailler à rendre les condamnations rapides et efficaces, et faire en sorte qu’elles soient exécutées.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Marianne Maximi
Suspension et reprise de la séance
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Nous abordons un article important, qui va susciter de nombreux débats. L’avis de la commission sur les amendements de suppression est défavorable puisqu’elle a adopté l’article. En ce qui me concerne – je m’en suis exprimée pendant les débats en commission –, je suis opposée à cet article, pour plusieurs raisons. Au préalable, je répète que je souhaite un débat sans instrumentalisation. Il faut pouvoir délibérer sérieusement, sans que, d’un banc à l’autre, on nous renvoie – je l’ai entendu en commission – que nous protégerions les pédocriminels. Le débat sur l’amélioration de la protection des enfants contre les violences sexuelles est attendu ; il nécessite un peu plus de sérieux et de respect des positions de chacun, qui sont très antagonistes. Cet article, adopté en commission, verse dans la surenchère pénale et ne sera pas efficace, raison pour laquelle nous y sommes opposés, moi et mon groupe. Le gouvernement et le bloc central sont pris dans un engrenage tendant à élargir encore plus le périmètre de l’article. Des amendements en ce sens ont été adoptés en commission – peut-être finirez-vous par rétropédaler ? – et je ne sais pas où s’arrête cette logique. Certes, il faut apporter une réponse aux événements mais il ne faut pas le faire n’importe comment ! Avec ce texte, nous sommes précisément en train de légiférer n’importe comment. (M. Antoine Léaument applaudit.) On l’a vu à propos de plusieurs articles et c’est encore une fois le cas. Ainsi, le Conseil d’État a dit dans son avis que nous faisions n’importe quoi en matière d’échelle des peines, un élément important de notre droit. Même le Conseil d’État nous alerte ! Il faut l’entendre. Depuis dix ans, à coups de réformes successives menées par les différents gouvernements, on a alourdi les peines. Quels en ont été les effets concrets ? Qui demande cette mesure ? Je n’ai entendu aucune association de lutte contre les violences faites aux femmes ou aux enfants demander une augmentation des peines. On nous dit que ce sont les Français qui la demandent. Certes, il y a de l’émotion et de la colère mais notre travail est-il de légiférer sous le coup de ces émotions ? Je ne le crois pas.

Photo de Mme Anne-Laure Blin
Suspension et reprise de la séance
Mme Anne-Laure Blin Anne-Laure Blin DR

C’est de la lucidité, tout simplement !

Photo de Mme Marianne Maximi
Suspension et reprise de la séance
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Les Français pourraient aussi nous demander d’aller encore plus loin, jusqu’à la peine de mort. Peut-on légiférer sur des mesures aussi importantes dans la colère et l’émotion ? Je pense qu’il n’est pas sérieux de travailler ainsi. Cela a été dit, moins de 3 % des auteurs sont condamnés. Selon moi, ces mesures de surenchère pénale sont un aveu d’échec et trahissent le fait qu’on ne met pas les moyens pour lutter contre les violences pédocriminelles. (M. Antoine Léaument applaudit.) La certitude d’être pris les ferait reculer mais, aujourd’hui, l’impunité règne. L’article 10 vise à accélérer les actes d’enquête, mais il n’y a pas un centime de budget annoncé. Les procureurs nous ont dit : ce sont de bons délais, mais on ne pourra pas les appliquer. Les moyens représentent un vrai problème mais vous ne voulez pas y répondre. Ce texte, qui aborde de nombreux sujets, ne traite à aucun moment de la question des moyens nécessaires pour lutter structurellement contre les violences alors que ce débat devrait nous réunir. Comment faire pour voir les violences baisser structurellement ? Vous n’aboutirez à rien : vous allez juste vous donner bonne conscience en croyant agir, mais vous serez inefficaces. C’est d’autant plus grave que vous allez mettre le bazar dans l’échelle des peines. J’alerte vraiment notre assemblée sur ce que nous sommes en train de faire ! Cette mesure ne coûte rien et c’est d’ailleurs le gros problème. Cela vous fera sans doute bondir mais il faut de l’argent pour enrayer la fabrique de l’agresseur (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP), c’est bien documenté. Tout l’enjeu est là et, normalement, un gouvernement sérieux devrait y travailler, mais le texte ne propose rien de tel. Enfin, dernier argument que j’ai évoqué en commission, nous prenons le risque de réduire les victimes au silence. Camille Kouchner a pris la parole à ce sujet : il faut l’entendre. Les victimes sont sous pression, l’inceste est lié au secret et au chantage permanent. On fait peur à l’enfant au sujet des conséquences que pourrait avoir sa parole ; et plus on alourdit ces conséquences, plus on augmente le pouvoir de faire taire l’enfant.

Photo de Mme Mathilde Panot
Suspension et reprise de la séance
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Exactement !

Photo de Mme Marianne Maximi
Suspension et reprise de la séance
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Tel est l’enjeu ! Je vous renvoie de nouveau aux propos de Camille Kouchner. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.) Je vous demande vraiment de réfléchir à ce que nous sommes en train de faire et à l’efficacité de ces mesures. Parlons aussi de la lutte contre la récidive. Quel dispositif avons-nous en la matière ? Regardez ce qui se passe en Allemagne ! Sur ce plan, nous sommes nuls mais, encore une fois, le gouvernement n’apporte aucune réponse. À titre personnel, je suis donc tout à fait favorable à la suppression de l’article. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, pour donner l’avis du gouvernement.

Photo de Mme Aurore Bergé
Suspension et reprise de la séance
Mme Aurore Bergé ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

Sincèrement, je ne comprends pas qu’on puisse défendre des amendements de suppression de cet article. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et HOR.) Dans un cas comme celui de l’affaire Le Scouarnec, avec 299 victimes mineures, il n’est pas normal que la justice n’ait pas pu condamner l’auteur à plus de vingt ans de réclusion criminelle. Voilà ce que nous disons ! Nous ne mettons pas la pression sur qui que ce soit. Nous disons juste que, face à des crimes sériels, la justice doit avoir la possibilité de prononcer une peine de réclusion à perpétuité. Et la plupart des cas sont malheureusement sériels : dans l’affaire Le Scouarnec, on dénombre 299 victimes ! L’auteur n’a pourtant été condamné qu’à vingt ans de réclusion criminelle.

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Suspension et reprise de la séance
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

À quinze ans initialement !

Photo de Mme Aurore Bergé
Suspension et reprise de la séance
Mme Aurore Bergé ministre déléguée

Mme la rapporteure a évoqué les victimes ; nous en avons toutes et tous rencontré. Elles sont toutes différentes : je n’en ai jamais entendu deux demander exactement la même chose car leurs histoires sont singulières. Certaines s’opposent sans doute à l’augmentation du quantum des peines quand d’autres le réclament. D’autres demandent surtout que les peines prononcées soient exécutées ;…

Photo de Mme Marianne Maximi
Suspension et reprise de la séance
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Évidemment !

Photo de Mme Aurore Bergé
Suspension et reprise de la séance
Mme Aurore Bergé ministre déléguée

…d’autres encore souhaitent être informées quand la personne condamnée sort plus tôt de prison – c’est l’objet de la proposition de loi défendue par Laure Miller.

Photo de Mme Laure Miller
Suspension et reprise de la séance
Mme Laure Miller Laure Miller EPR

Oui !

Photo de Mme Aurore Bergé
Suspension et reprise de la séance
Mme Aurore Bergé ministre déléguée

Elles formulent donc des demandes de nature très différente. Il existe en tout cas une attente très importante dans la société. Si nous ne voulons pas que les passions tristes se réveillent,…

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Suspension et reprise de la séance
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

C’est vous qui les réveillez, les passions tristes !

Photo de Mme Aurore Bergé
Suspension et reprise de la séance
Mme Aurore Bergé ministre déléguée

…nous devons satisfaire cette exigence très claire : dans le cas de viols sériels sur des mineurs, c’est-à-dire sur nos enfants, la justice doit enfin pouvoir enfermer les auteurs de ces viols en les condamnant à la prison à perpétuité. Rien ne justifie aux yeux des Français, aux yeux de la société, que quelqu’un qui a commis plusieurs crimes sexuels sur nos enfants puisse sortir au bout de dix ou quinze ans. Cela mérite la perpétuité !

Photo de Mme Estelle Mercier
Suspension et reprise de la séance
Mme Estelle Mercier Estelle Mercier SOC

N’importe quoi !

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

C’est du bon sens !

Photo de Mme Aurore Bergé
Suspension et reprise de la séance
Mme Aurore Bergé ministre déléguée

Je ne comprends pas que vous ne soyez pas capables de voter à l’unanimité cet article ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, EPR, DR et HOR.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Il est l’heure de lever la séance mais je vous propose d’aller jusqu’au vote des amendements de suppression. La parole est à Mme Marianne Maximi, rapporteure.

Photo de Mme Marianne Maximi
Suspension et reprise de la séance
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

L’affaire Le Scouarnec illustre en réalité les échecs du traitement de ce type de cas. Joël Le Scouarnec avait été condamné en 2005 pour avoir consulté des images de violences sexuelles commises par des adultes sur des enfants. Ensuite, durant quinze ans, plus personne n’a suivi le devenir de cet homme ; c’est là que réside le problème ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il faut agir sur les procédures, les actes d’enquête et la prévention de la récidive.

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

L’un n’empêche pas l’autre !

Photo de Mme Marianne Maximi
Suspension et reprise de la séance
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Quand une personne est repérée, comment procéder par la suite ? Ne rien avoir à répondre à cette question est un aveu d’échec, cela montre que nous n’avons pas été capables de faire en sorte d’éviter de nouveaux passages à l’acte et de nouvelles victimes. (Mêmes mouvements.)

Photo de Mme Liliana Tanguy
Suspension et reprise de la séance
Mme Liliana Tanguy Liliana Tanguy EPR

Vous enfoncez des portes ouvertes !

Photo de Mme Marianne Maximi
Suspension et reprise de la séance
Mme Marianne Maximi rapporteure LFI-NFP

Cet objectif devrait nous rassembler. On peut s’appuyer sur des exemples mais il faut aussi considérer les échecs.

Photo de Mme Laure Miller
Suspension et reprise de la séance
Mme Laure Miller Laure Miller EPR

Oui, mais l’un n’empêche pas l’autre !

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la présidente de la commission spéciale.

Photo de Mme Perrine Goulet
Suspension et reprise de la séance
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

J’ai moi aussi du mal à comprendre qu’on veuille supprimer cet article avant d’en débattre. Cela fait des semaines que vous militez pour la proposition de loi dite intégrale. Or celle-ci prévoit de porter le quantum de la peine encourue à trente ans. Je trouve donc dommage de supprimer cet article alors que nous pourrions répondre dès maintenant à la demande des associations et adopter un amendement ramenant la peine encourue à trente ans en lieu et place de la perpétuité. Cela nous permettrait d’avancer. Monsieur Monnet, vous avez dit qu’augmenter le quantum n’apporterait rien aux victimes. La rapporteure vient de parler de l’affaire Le Scouarnec. Quand l’on rapporte la peine de l’agresseur au nombre de ses victimes, l’on obtient 24,4 jours par personne : c’est extrêmement pénible pour les victimes, et je retiens mes mots. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il faut porter le quantum à trente ans ou à la perpétuité car, même au bout de dix, quinze, vingt ans, un violeur en série pourra commettre de nouveaux viols à sa sortie de prison.

Photo de M. Alexandre Dufosset
Suspension et reprise de la séance
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

Exactement !

Photo de Mme Perrine Goulet
Suspension et reprise de la séance
Mme Perrine Goulet présidente de la commission spéciale Dem

Laisser ces criminels plus longtemps en prison permet d’en protéger la population et la société. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Gabrielle Cathala.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Madame la ministre, c’est vous qui alimentez les passions tristes !

Photo de Mme Marie-Charlotte Garin
Suspension et reprise de la séance
Mme Marie-Charlotte Garin Marie-Charlotte Garin EcoS

Franchement, oui !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Vous pouvez bien vous insurger que nous défendions un amendement de suppression ; nous le faisons car, pour notre part, nous connaissons les principes qui guident notre code pénal, par exemple la proportionnalité des peines. À l’inverse, je ne comprends pas pourquoi la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations ne se préoccupe pas en premier lieu de lutter contre les causes de l’impunité des agresseurs (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) et de se battre pour qu’ils cessent de passer à l’acte, car c’est le cœur du sujet ! Vous préférez nous donner de grandes leçons et faire sans cesse appel au registre de l’émotion, qui n’a nullement sa place dans ce débat.

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Pourtant, quand il est question de Gaza, vous faites la même chose !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Vous êtes incapable de nous apporter une réponse quand nous vous demandons de citer une association, un collectif ou un syndicat de magistrats ou d’avocats qui défende cet article. Il n’y en a aucun !

Photo de Mme Aurore Bergé
Suspension et reprise de la séance
Mme Aurore Bergé ministre déléguée

Les Français le souhaitent !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Certains d’entre vous semblent avoir découvert récemment le rapport de la Ciivise ; qu’ils le relisent : la perpétuité pour les auteurs n’y est demandée nulle part !

Photo de Mme Aurore Bergé
Suspension et reprise de la séance
Mme Aurore Bergé ministre déléguée

Vous avez voté contre l’imprescriptibilité alors que c’était une demande de la Ciivise !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

En revanche, le mot « perpétuité » y apparaît plusieurs fois. En effet, ce rapport a été écrit sur la base des témoignages de 30 000 personnes qui ont été victimes de violences sexuelles. Elles y parlent de la perpétuité de la souffrance : les victimes paient toute leur vie le prix des violences qu’elles ont subies.

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Raison de plus !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Mais la justice, ce n’est pas la vengeance ! Vous devriez en déduire qu’il faut mettre en place un parcours de soins pris en charge intégralement par la sécurité sociale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) On ne vous a pas vus réclamer de telles mesures quand vous étiez occupés à voter 7 milliards d’euros d’économies au détriment de la sécurité sociale ! Or les victimes réclament en priorité une prise en charge qui leur permettrait de se reconstruire en dépit du traumatisme. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et DR.) Vous pouvez réclamer la perpétuité, mais ni les associations Face à l’inceste ou 160 000 enfants, ni le Collectif enfantiste, ni NousToutes, ni la Fondation des femmes ne la réclament !

Photo de M. Julien Odoul
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Les Français réclament la perpétuité et l’enfermement des violeurs d’enfants !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Il n’y a que vous car vous n’êtes pas capables de dépenser… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent cette dernière. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Émilie Bonnivard.

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Suspension et reprise de la séance
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Depuis le début de l’examen de ce texte, nous nous sommes efforcés de faire en sorte que la justice puisse mieux juger et qu’elle prononce moins de non-lieux, en renforçant la formation et en instituant un délai de trois mois pour réaliser certains actes. Nous sommes en bonne voie pour que les peines soient appliquées et les criminels punis. Nous avons aussi travaillé sur la prévention. Ne faites pas comme si nous n’avions rien fait, car ce n’est pas vrai ! Nous nous sommes donné les moyens d’avancer. Ici, nous parlons bien de la peine maximale encourue pour des viols accompagnés de tortures ou d’actes de barbarie. Madame Maximi, il n’est pas question de tous les faits d’inceste ! Par ailleurs, le tribunal reste libre de ne pas prononcer cette peine maximale. Dans l’affaire Le Scouarnec, alors que les faits avaient été révélés – on ne peut donc pas dire que la justice n’avait pas fait son travail –, c’est une peine de prison de seulement quinze ans qui a été prononcée !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Non, il y a eu deux procès distincts !

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Suspension et reprise de la séance
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Il n’a été condamné qu’à quinze ans de prison ! Compte tenu des faits qu’il a commis et de ce qu’il avait dans la tête, comment peut-on l’accepter ? La justice n’a pourtant pas dysfonctionné.

Photo de Mme Liliana Tanguy
Suspension et reprise de la séance
Mme Liliana Tanguy Liliana Tanguy EPR

C’est de l’impunité !

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Suspension et reprise de la séance
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Madame Obono, vous nous avez dit que nous n’avions rien fait en matière de prévention. Vous négligez les centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (Criavs). J’ai voulu déposer des amendements sur ce sujet mais cela n’a finalement pas été possible ; j’espère que nous pourrons les examiner dans le cadre de l’examen de la proposition de loi intégrale. Les Criavs font œuvre de prévention auprès des auteurs de violences sexuelles sur mineurs, qui ont des désirs pédophiles – ils représentent environ 40 % des auteurs de ces violences. J’ai auditionné des psychiatres qui travaillent…

ML
Suspension et reprise de la séance
Mme Élise Leboucher

Quid de la question des moyens ?

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Suspension et reprise de la séance
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Pourriez-vous me laisser parler ? C’est insupportable ! Il faut donc renforcer la prévention à destination des auteurs, c’est évident, en s’en donnant les moyens. Mais quand on parle de loi intégrale… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice.)

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Suspension et reprise de la séance
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

La proposition de loi intégrale ne prévoit pas la perpétuité !

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 914 et 1114.

Amdt 914 Rejeté Amdt 914 Amdt 914 Amdt 1114 Rejeté Amdt 1114 Amdt 1114
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 93 Nombre de suffrages exprimés 92 Majorité absolue 47 Pour l’adoption 36 Contre 56

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 914 et 1114 ne sont pas adoptés.)

Amdt 914 Rejeté Amdt 914 Amdt 914 Amdt 1114 Rejeté Amdt 1114 Amdt 1114
Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de M. le président
Ordre du jour de la prochaine séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Prochaine séance, cet après-midi, à quinze heures : Suite de la discussion du projet de loi relatif à la protection des enfants. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à treize heures dix.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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