Séance plénière
Séance plénière du 09/07/2026
Jeudi 9 juillet 2026 15:00 – 20:00 5h Assemblée nationale Confirmé Créée le 12/06/2026 PO838901
Ordre du jour Ordre du jour non encore publié

Réunion confirmé

L'ordre du jour détaillé et la liste des participants seront disponibles une fois la réunion confirmée et tenue.

Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

Cette vue s'appuie sur le flux XML officiel des débats en séance publique : c'est la version la plus complète de la notice de cette réunion (sections, amendements, ordre des prises de parole). Le fil ci-dessous affiche l'intégralité des interventions chargées pour cette séance.

918 Interventions sur l'ensemble de la séance
188 Orateurs distincts repérés
22 Séquences détectées dans le débat
210 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 918 interventions sur 918 pour l'ensemble de la séance.

Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

Une séance plénière enchaîne plusieurs textes. Choisissez ci-dessous celui qui vous intéresse pour aller directement à son débat. La barre indique la part des prises de parole consacrées à ce texte sur l'ensemble de la séance.

Amendements les plus cités

Amdt 606 9 mentions Amdt 705 9 mentions Amdt 709 9 mentions Amdt 840 9 mentions Amdt 929 9 mentions Amdt 931 9 mentions Amdt 932 9 mentions Amdt 933 9 mentions
Photo de Mme la présidente
Ouverture de seance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Photo de Mme la présidente
Suite de la discussion d’un projet de loi
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (nos 2850, 2984).

Photo de Mme la présidente
Discussion des articles (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Ce matin, l’Assemblée a poursuivi l’examen des articles, s’arrêtant à l’amendement no 122 portant article additionnel après l’article 3. Je vous rappelle que des scrutins publics ont déjà été annoncés sur les amendements no 455 et identique.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Nicolas Tryzna, pour soutenir l’amendement no 122.

Amdt 122 Rejeté Amdt 122 A discuter
Photo de M. Nicolas Tryzna
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Tryzna Nicolas Tryzna DR

Si l’article 3 tend à renforcer utilement la répression de plusieurs infractions routières particulièrement dangereuses, il ne permet pas d’appréhender de manière spécifique les comportements de délinquance routière répétitive. L’amendement tend par conséquent à créer un délit spécifique afin de sanctionner plus sévèrement les personnes qui, après avoir fait l’objet d’au moins trois condamnations définitives au cours des cinq années précédentes pour des infractions routières graves, commettent à nouveau l’une de ces infractions.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Vincent Caure, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République EPR

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. le ministre de l’intérieur, pour donner l’avis du gouvernement.

MN
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre de l’intérieur

Avis défavorable car il est déjà prévu de doubler les peines en cas de récidive.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

À ce que je vois, nous continuons sur la même pente ! Pourquoi ne pas faire confiance aux magistrats ? La réitération d’infractions routières ou de comportements potentiellement dangereux, en particulier quand elle est le fait de personnes sous l’emprise d’une substance alcoolique, est une circonstance aggravante. Les magistrats ont la capacité de prononcer des peines plus lourdes. Cela étant, il reste un grand absent et il ne dépend que du ministre de l’intérieur de réparer la situation : nous manquons d’un plan digne de ce nom pour lutter contre les violences routières, y compris les plus banales et les plus répandues, puisque, une fois encore, le nombre de morts sur les routes a augmenté dans notre pays. Tous ces gens sont morts pour rien ! Nous aimerions sincèrement que vous preniez enfin l’affaire au sérieux et que vous vous présentiez une véritable stratégie de lutte contre les infractions routières.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 122.

Amdt 122 Rejeté Amdt 122 A discuter
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 61 Nombre de suffrages exprimés 60 Majorité absolue 31 Pour l’adoption 21 Contre 39

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 122 n’est pas adopté.)

Amdt 122 Rejeté Amdt 122 A discuter
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 455 et 728. La parole est à M. Yoann Gillet, pour soutenir l’amendement no 455.

Amdt 455 Rejeté Amdt 455 A discuter
Photo de M. Yoann Gillet
Après l’article 3 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Il tend à rendre automatiques l’immobilisation et la mise en fourrière d’un véhicule dès lors que la conduite sans permis est constatée. Il s’agit là en effet d’une infraction grave qui s’accompagne bien souvent d’un défaut d’assurance et met directement en danger les autres usagers de la route. Il est indispensable d’envoyer un signal clair : ceux qui choisissent délibérément de s’affranchir des règles ne doivent pas pouvoir repartir au volant de leur véhicule. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Rappel au règlement
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Il se fonde sur l’article 100. J’étais convenu avec la présidence, en fin de matinée, que je ferais ce rappel au règlement en début de séance. Le ministre a déclaré ce matin, à propos d’une intervention de M. Thomas Portes – dont on pense ce que l’on veut, ce n’est pas le sujet –, qu’il allait se référer au compte rendu de la séance pour en tirer les conclusions qui s’imposent. Je voudrais simplement rappeler à Mme la présidente et à M. le ministre qu’au titre de l’article 26 de la Constitution, l’irresponsabilité des parlementaires les soustrait à toute poursuite pour des actes liés à l’exercice de leur mandat et qu’« aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions ». Vous avez parfaitement le droit, monsieur le ministre, de contester les propos d’un parlementaire et il n’est pas question pour moi de vous retirer ce droit légitime mais je voudrais simplement, puisque nous appelons tous à l’apaisement et au calme, que nous ne débattions pas dans cet esprit de conflictualité. S’il y a un désaccord, on le pose et on s’en explique, mais ne donnons pas à penser, dans le climat actuel, qui plus est au détour d’une phrase prononcée par un ministre, qu’on pourrait s’émanciper de l’article 26 de la Constitution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Laurent Croizier, pour soutenir l’amendement no 728.

Amdt 728 Rejeté Amdt 728 A discuter
Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Que les écologistes volent au secours de La France insoumise en dit long. (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, près de 600 000 automobilistes circuleraient sans permis de conduire. Conduire sans permis, c’est s’affranchir de toute exigence de sécurité, c’est de l’inconscience. Un conducteur sans permis est un danger pour tous, automobilistes, motards, cyclistes, piétons. À cette infraction s’ajoute souvent l’absence d’assurance, ce qui aggrave encore les risques pour les potentielles victimes. La conduite sans permis constitue un délit puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Le véhicule peut être immobilisé et placé en fourrière à l’appréciation des forces de l’ordre. En pratique, la possibilité de laisser repartir le véhicule avec un autre conducteur titulaire du permis reste possible. Cette tolérance n’est pas acceptable eu égard à la gravité de l’infraction. Un tel comportement doit entraîner une sanction immédiate, systématique et exemplaire. Mon amendement tend à ce que le véhicule passe systématiquement par la case fourrière afin de marquer les esprits et de toucher directement au portefeuille ceux qui prennent le risque inconsidéré de circuler sans permis.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Je suis du même avis car il faut laisser à l’autorité administrative un pouvoir d’appréciation et ne pas rendre systématique cette mise en fourrière.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Je ne sais pas qui vient au secours de qui mais pour ce qui nous concerne, il s’agissait simplement de rappeler les principes en vigueur dans cet hémicycle. Quand vous serez dans l’opposition, ce qui ne saurait tarder, vous serez très heureux d’en profiter à votre tour. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) J’en reviens à l’amendement. Vous êtes étonnants : alors que d’ordinaire, vous ne tarissez pas d’éloges sur les policiers, vous ne leur faites pas confiance pour le cas qui nous intéresse. Pourtant, la capacité à discerner est la première qualité d’un policier et il saura sans nul doute quoi faire face à une personne qui conduit sans permis. Mais cela ne nous exonère pas de réfléchir aux raisons pour lesquelles les jeunes sont de plus en plus nombreux à conduire sans permis. La question n’est pas de savoir si c’est bien ou mal (« Si ! » sur les bancs du groupe RN) mais d’en comprendre les causes pour trouver des solutions. Nul doute que les causes peuvent être d’ordre économique. C’est pourquoi nous souhaitons anticiper au maximum l’apprentissage de la conduite et surtout sa gratuité pour l’ensemble des jeunes gens. Je suis donc très surprise par votre amendement car il me semblait que vous aviez une entière confiance dans les policiers. Je vous invite à faire le pari de leur discernement.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Yoann Gillet.

Photo de M. Yoann Gillet
Après l’article 3 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Le constat est simple : la sanction est faible et facultative. Non, madame Martin, ce n’est pas parce que nous ne faisons pas confiance aux forces de l’ordre que nous soutenons cette mesure, bien au contraire. Ne soyez pas naïfs. Les forces de l’ordre elles-mêmes la réclament, pour une raison simple : contrer les consignes qu’ils reçoivent parfois de ne pas saisir le véhicule faute de moyens humains et matériels. D’autre part, l’absence d’assurance est un fléau qui pèse sur l’ensemble des assurés par l’intermédiaire d’une contribution au fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages, lequel a versé 123 millions d’euros aux victimes blessées et proches de victimes décédées en 2024. De surcroît, le nombre de délits pour défaut d’assurance continue de progresser. En 2014, 216 personnes ont trouvé la mort dans un accident impliquant un véhicule non assuré et 680 000 personnes circuleraient en France sans assurance. C’est une réalité sur laquelle il ne faut pas fermer les yeux. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Vous racontez n’importe quoi !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix les amendements identiques nos 455 et 728.

Amdt 455 Rejeté Amdt 455 A discuter Amdt 728 Rejeté Amdt 728 A discuter
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 84 Nombre de suffrages exprimés 83 Majorité absolue 42 Pour l’adoption 27 Contre 56

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 455 et 728 ne sont pas adoptés.)

Amdt 455 Rejeté Amdt 455 A discuter Amdt 728 Rejeté Amdt 728 A discuter
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Laurent Croizier, pour soutenir l’amendement no 727.

Amdt 727 Adopté Amdt 727 A discuter
Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Une politique efficace visant à lutter contre les refus d’obtempérer s’appuie sur l’éducation, la prévention, la responsabilisation et la répression. L’augmentation du nombre de refus d’obtempérer observée ces dernières années, parfois pour des motifs totalement futiles, met en évidence la nécessité de compléter la réponse pénale par des actions de prévention. En cohérence, cet amendement tend à instaurer une campagne nationale de prévention destinée à sensibiliser l’ensemble de la population aux dangers des refus d’obtempérer et à informer clairement des sanctions encourues. Prévenir, c’est éviter des drames. Informer, c’est responsabiliser. Responsabiliser, c’est déjà protéger.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Favorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Je soutiens l’objectif visé mais la disposition prévue par l’amendement ne relève pas du domaine de la loi, aussi m’en remettrai-je à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Je déduis des avis du rapporteur et du ministre que vous seriez capables d’organiser et de penser une véritable politique de prévention routière. J’insiste, vous l’aurez remarqué, dans l’espoir sans doute fou et peut-être vain d’obtenir une réponse de votre part. La prévention routière relève de votre responsabilité, monsieur le ministre de l’intérieur. C’est très urgent, car le nombre de morts augmente, ce qui n’est pas acceptable dans un pays comme le nôtre. Il faut prendre cette affaire très au sérieux. Quand serez-vous en mesure de nous présenter une campagne massive de prévention routière ?

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 727 est adopté.)

Amdt 727 Adopté Amdt 727 A discuter
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je vous rappelle que l’article 3 bis est réservé à la demande du gouvernement. Nous abordons donc directement l’article 3 ter.

Photo de Mme la présidente
Article 3 ter
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 887, 4 et 456, tendant à rétablir l’article 3 ter, supprimé par la commission. La parole est à M. le ministre, pour soutenir l’amendement no 887.

Amdt 887 Adopté Amdt 887 A discuter
MN
Article 3 ter
M. Laurent Nuñez ministre

Cet amendement tend à rétablir une disposition adoptée au Sénat puis supprimée en commission, qui fait partie des trois mesures – la commission n’a pas supprimé les deux autres – que nous proposons pour améliorer le recouvrement des amendes forfaitaires délictuelles (AFD). En l’occurrence, il s’agit de permettre aux agents, notamment à ceux de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (Antai), d’accéder au système national des permis de conduire (SNPC) afin qu’ils puissent, en cas de verbalisation d’un véhicule qui n’était pas conduit par son propriétaire au moment des faits, vérifier les éléments d’identification du conducteur fournis par ce dernier.

Photo de Mme la présidente
Article 3 ter
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Éric Pauget, pour soutenir l’amendement no 4.

Amdt 4 Adopté Amdt 4 A discuter
Photo de M. Éric Pauget
Article 3 ter
M. Éric Pauget Éric Pauget DR

Il tend à rétablir l’article 3 ter, qui va dans le sens d’un meilleur recouvrement des AFD en permettant à certains agents d’accéder au fichier du SNPC. Je pense notamment aux cas de vidéoverbalisation où l’on constate que les personnes interrogées donnent un nom qui ne correspond pas aux images enregistrées. Il est très important de voter ces amendements afin de rétablir cet article, qui permettra surtout d’éclairer de tels cas.

Photo de Mme la présidente
Article 3 ter
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Yoann Gillet, pour soutenir l’amendement no 456.

Amdt 456 Adopté Amdt 456 A discuter
Photo de M. Yoann Gillet
Article 3 ter
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Introduit par un amendement en séance publique au Sénat, l’article 3 ter ouvrait l’accès aux données du système national du permis de conduire à deux nouvelles catégories d’agents : les « agents de la police nationale, [les] militaires de la gendarmerie nationale et [les] agents des douanes exerçant dans un organisme de coopération internationale policière et douanière » d’une part, les « fonctionnaires ou agents de l’État chargés de l’instruction de la recevabilité des requêtes en exonération […] et des réclamations relatives aux amendes forfaitaires » d’autre part, afin de faciliter le recouvrement des AFD. Mais, dès qu’il s’agit de donner des outils efficaces à nos forces de l’ordre ou de sécuriser les procédures de sanction, la gauche s’oppose systématiquement à toutes les mesures de bon sens. Par pur dogmatisme idéologique et sous couvert d’une défense déconnectée des réalités, la gauche préfère maintenir le cloisonnement du SNPC. Pour notre part, nous proposons de rétablir l’article 3 ter.

Photo de Mme la présidente
Article 3 ter
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 ter
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis très favorable au rétablissement de cet article, pour les raisons énoncées par monsieur le ministre. « Rien de nouveau sous le soleil », comme dirait l’Ecclésiaste : nous sommes au cœur de notre débat, qui se poursuit, sur les AFD : il s’agit d’améliorer leur recouvrement.

Photo de Mme la présidente
Article 3 ter
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Éric Coquerel.

Photo de M. Éric Coquerel
Article 3 ter
M. Éric Coquerel Éric Coquerel LFI-NFP

Je vois bien toutes les mesures d’accroissement des contrôles qu’on nous propose. J’ai une question à vous poser, monsieur le ministre : au vu de nos performances actuelles en matière de lutte contre le piratage des fichiers informatiques, ne craignez-vous pas que les recroiser, comme vous le proposez, ne soit risqué ? Alors que ces fichiers sont de plus en plus corrompus, que des données relatives à tous les Français, notamment aux gendarmes, partent dans la nature, disposez-vous de toutes les assurances souhaitables ? Ce que vous proposez ne sera guère pertinent tant que vous n’aurez pas résolu ces problèmes – et je n’ai pas l’impression que ce soit pour demain… (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3 ter
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

C’est un vrai problème, et il se pose également au sujet de l’article suivant !

II
Article 3 ter
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 887, 4 et 456 sont adoptés ; en conséquence, l’article 3 ter est ainsi rétabli.)

Amdt 887 Adopté Amdt 887 A discuter Amdt 4 Adopté Amdt 4 A discuter Amdt 456 Adopté Amdt 456 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 3 ter
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je vous rappelle que l’article 3 quater est réservé à la demande du gouvernement. Nous abordons donc directement l’article 3 quinquies.

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de quatre amendements identiques, nos 263, 566, 604 et 660, tendant à supprimer l’article 3 quinquies. La parole est à M. Roger Vicot, pour soutenir l’amendement no 263.

Amdt 263 Rejeté Amdt 263 A discuter
Photo de M. Roger Vicot
Article 3 quinquies
M. Roger Vicot Roger Vicot SOC

Je n’expliquerai pas à nouveau – j’ai eu l’occasion de le faire à maintes reprises depuis hier – pourquoi nous nous opposons au principe des amendes forfaitaires délictuelles. Il est question de permettre d’étaler le paiement des AFD, mais cela ne change rien au problème de départ : quels que soient les moyens employés pour payer ces amendes, nous nous opposons à leur quasi-généralisation et demandons par conséquent la suppression de cet article.

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Sur les amendements no 263 et identiques ainsi que sur l’amendement no 805 et l’article 3 quinquies, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 566 de M. Pouria Amirshahi est défendu. La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 604.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3 quinquies
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Le présent article prévoit d’autoriser les services chargés de la verbalisation et du recouvrement des amendes à accéder directement à des données fiscales couvertes par le secret professionnel. Concrètement, un agent de police qui dresse une amende forfaitaire délictuelle et fait une erreur lorsqu’il recueille l’adresse du contrevenant pourra demander à la direction générale des finances publiques (DGFIP) d’accéder à ses données personnelles. Cette nouvelle dérogation au secret fiscal participe d’un mouvement croissant d’interconnexion des fichiers administratifs et de circulation des données personnelles entre administrations. Alors que le secret fiscal constitue une garantie essentielle de protection de la vie privée, le dispositif que nous examinons tend à élargir considérablement les possibilités d’accès à ces informations à des fins principalement liées au recouvrement automatisé de sanctions financières. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) lance régulièrement l’alerte s’agissant de ce phénomène d’interconnexion croissante des bases de données publiques. Les administrations françaises utilisent plus d’une centaine de grands fichiers contenant des données personnelles, ce qui les expose, comme l’a rappelé le président Coquerel, à des piratages de plus en plus amples et fréquents. Cette logique participe d’un modèle de gestion toujours plus automatisé des AFD et du recouvrement, au détriment des garanties offertes aux usagers et du contrôle du juge. Elle soulève également des interrogations importantes en matière de protection des données personnelles et de proportionnalité des atteintes à la vie privée. Outre que nous nous opposons évidemment aux AFD – qui relèvent d’une justice déséquilibrée ne laissant aucune place au juge ou à l’avocat –, nous constatons que le taux de recouvrement de ces dernières est plus que mauvais : alors qu’il tournait autour de 20 % depuis 2019, il a chuté à 10 % en 2024. Nous n’améliorerons ce taux qu’en créant de nouveaux postes consacrés au contrôle fiscal – je rappelle qu’il a perdu 2 500 agents en dix ans ! En guise de comparaison, le taux de recouvrement des décisions de justice, sur lesquelles se concentre la DGFIP, est largement supérieur à celui des AFD puisqu’il atteint 50 %. La mesure proposée, monsieur le ministre, est donc une très mauvaise idée, d’autant plus qu’elle ne touchera que les plus précaires.

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Andy Kerbrat, pour soutenir l’amendement no 660.

Amdt 660 Rejeté Amdt 660 A discuter
Photo de M. Andy Kerbrat
Article 3 quinquies
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Vous essayez de trouver une solution au non-recouvrement des amendes forfaitaires délictuelles en partant d’un postulat original : les gens donneraient de mauvaises coordonnées ; vous n’arriveriez pas à trouver leur identité fiscale, ni donc à recouvrer ces amendes. Les chiffres posent problème. Monsieur le ministre, nous avons évoqué un taux de recouvrement des AFD de 17,5 %, tandis que vous parliez tout à l’heure d’un taux de 40 %. Heureusement pour nous, il y a des chercheurs et des juristes qui travaillent : vous avez donné à Yann Bisiou un taux moyen de 34 %, corrigé ensuite à 42,2 % et un taux de l’ordre de 35 %, les 17,5 % que j’ai mentionnés se rapportant aux amendes réglées sur place. En vérité, vous ne disposez d’aucunes données relatives aux raisons du non-recouvrement des AFD et vous cherchez à tâtons des solutions pour augmenter un chiffre sans vous intéresser à la réalité : de fait, des personnes ne peuvent pas régler ces amendes. C’est pour cela que nous nous opposons à cette levée du secret fiscal – dont il est très étonnant qu’elle vienne de votre gouvernement ! – et demandons que l’Antai n’ait pas directement accès aux données en question. Un jour, il faudra dire à combien s’élève le taux de recouvrement des AFD plutôt que de jouer du pipeau ! Et si vos services ne sont pas capables de le déterminer, il faudra de lancer un grand travail. Aujourd’hui, les chercheurs sont obligés de saisir la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) pour obtenir de tels chiffres de vos ministères, et ces derniers répondent : « On ne sait pas. Le ministère de l’intérieur ne sait pas » ! C’est ce qu’avait indiqué Darmanin à l’époque, comme vous-même en réponse au premier courrier du juriste Yann Bisiou. Au lieu de faire des bêtises, revenez-en à des choses raisonnables. L’AFD ne fonctionne pas. Il faut des procédures judiciaires, pas administratives.

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 quinquies
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Votre intervention m’étonne, cher collègue Kerbrat, car vous avez cité ce matin le rapport de la Cour des comptes relatif aux AFD, qui contient des recommandations, dont trois sont de nature législative. Toutes trois ont été traduites sous forme d’amendements, adoptés par le Sénat. On peut être pour ou contre les AFD mais, tant qu’elles existeront, le législateur devra se battre pour améliorer leur recouvrement. Avis défavorable.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3 quinquies
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Et le croisement des fichiers, vous n’en parlez jamais ?

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 quinquies
M. Laurent Nuñez ministre

Je livrerai quelques éléments de clarification. J’ai donné ce matin un taux de recouvrement de 41,5 %, tenant compte des paiements immédiats et majorés. Nous ne sommes pas très loin des chiffres que vous évoquiez, monsieur Kerbrat – m’accuser de jouer du pipeau est franchement exagéré – et nous espérons aller beaucoup plus loin. Monsieur le président Coquerel, monsieur Sansu, il n’est pas vraiment question de croiser des fichiers, mais d’ouvrir un droit d’accès, de permettre de demander un certain nombre d’informations. Je veux dire, pour rassurer la représentation nationale, que la procédure que nous examinons, qui vise à identifier des personnes pour mener à bien le recouvrement, existe déjà, notamment en matière de transport. Si vous lisez bien le texte, vous verrez qu’il est question de passer par la « personne morale unique » qu’évoque le code des transports. Ce que nous proposons n’a donc rien d’extraordinaire, mais permettra bel et bien d’améliorer le recouvrement des AFD. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 quinquies
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Vous nous présentez les dispositions comme des mesures techniques visant à faciliter la verbalisation et, surtout, le recouvrement des amendes. Mais l’article pose d’autres questions : permettez que le législateur s’y intéresse ! Je pense d’abord à la communication de données personnelles des conducteurs – nom, prénom, date de naissance, adresse du domicile – reçue par des personnels spécialement habilités, sans que le secret professionnel puisse leur être opposé. Pour rendre la sanction un peu plus efficace administrativement, vous voulez affaiblir les protections, ou du moins vous ne donnez aucune garantie de leur respect. Alors que l’accès à ces données doit être strictement limité, justifié, contrôlé, traçable – je renvoie à toute la jurisprudence française en la matière –, la rédaction que vous proposez renvoie à un décret, c’est-à-dire au domaine réglementaire, la définition des modalités concrètes d’application de l’article, sans rien dire des garanties que vous pourrez fournir. Qui consultera ces informations ? Dans quelles conditions ? Avec quelle traçabilité ? Pour combien de temps ? Avec quel contrôle contre les risques de réutilisation ? Vous ne le dites pas ! On peut certes répondre que des lois précisent déjà les durées légales de conservation des données. Mais on igore selon quelles modalités vous entendez faciliter les recouvrements en question. Vous parviendrez peut-être à les accélérer, mais vous élargirez en même temps les pouvoirs administratifs – nous vous critiquons à cet égard depuis ce matin – sans penser à la prévention ni conférer au citoyen de droit opposable, ne serait-ce que celui de savoir quelles données sont recueillies, par qui, et comment elles sont conservées. Ce n’est pas un petit sujet !

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Yoann Gillet.

Photo de M. Yoann Gillet
Article 3 quinquies
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Les AFD ne sont certes pas une réponse à tout, mais elles ont leur utilité. Puisqu’on parle de leur non-recouvrement, il faut en évoquer l’une des raisons : le fait que la créance s’éteint au bout de trois ans. C’est pour résoudre ce problème que nous avons proposé qu’elle ne s’éteigne pas, afin que les services de l’État chargés du recouvrement finissent par réussir à faire payer ceux qui le doivent.

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix les amendements identiques nos 263, 566, 604 et 660.

Amdt 263 Rejeté Amdt 263 A discuter Amdt 566 Rejeté Amdt 566 A discuter Amdt 604 Rejeté Amdt 604 A discuter Amdt 660 Rejeté Amdt 660 A discuter
II
Article 3 quinquies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 99 Nombre de suffrages exprimés 99 Majorité absolue 50 Pour l’adoption 33 Contre 66

II
Article 3 quinquies
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 263, 566, 604 et 660 ne sont pas adoptés.)

Amdt 263 Rejeté Amdt 263 A discuter Amdt 566 Rejeté Amdt 566 A discuter Amdt 604 Rejeté Amdt 604 A discuter Amdt 660 Rejeté Amdt 660 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 805.

Amdt 805 Rejeté Amdt 805 A discuter
Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3 quinquies
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Il s’agit d’un amendement de repli de notre collègue Rimane, qui prévoit les modalités d’habilitation des agents chargés de croiser les fichiers dont nous parlons – c’est tout de même le sujet – et de mieux les former, dans la mesure où ils auront le droit de consulter les fichiers de la DGFIP, ce qui nous semble excessif.

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 quinquies
M. Vincent Caure rapporteur EPR

L’habilitation des agents autorisés à consulter les informations couvertes par le secret fiscal relève d’ores et déjà des modalités d’application prévues dans le décret, lequel sera pris sous le double contrôle du Conseil d’État et de la Cnil. Votre amendement est satisfait. Je vous suggère de le retirer – mais je vois à votre regard que vous ne le ferez pas.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3 quinquies
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Moi, je ne suis pas satisfait !

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 quinquies
M. Laurent Nuñez ministre

Je le répète, le texte renvoie à un décret en Conseil d’État qui sera pris après avis de la Cnil et qui déterminera les modalités d’habilitation des agents compétents et les conditions d’accès aux informations demandées. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 quinquies
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Vous connaissez l’importance que j’accorde au sujet des fuites de données. Or, à partir du moment où vous ouvrez l’accès aux données à davantage d’agents, il y a fort à parier que les fuites seront plus importantes encore. Toutes les semaines, nous sommes informés que des données de nos concitoyens et de nos concitoyennes ont fuité des services de l’État. Tant qu’un véritable travail ne sera pas mené au niveau gouvernemental pour mieux protéger les données publiques, le problème ne sera pas réglé. En tout cas, je ne crois pas qu’il le sera par une simple formation. Je veux par ailleurs revenir sur la question des AFD. Elles sont la chose la plus stupide qui existe dans le droit ! Mettre des amendes à des mineurs est complètement idiot ! Je connais des jeunes qui écopent d’amendes dans les transports, pour tapage ou pour jet de déchets. Comment voulez-vous qu’un petit de 14 ans règle une amende ? (« Ses parents ! » sur les bancs du groupe RN.) Vous pensez qu’il va aller pointer à France Travail pour pouvoir ensuite s’acquitter de son amende ? (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 3 quinquies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Tout le monde fait ce qu’il veut, alors ?

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 quinquies
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Vous dites que c’est aux parents de régler les amendes, mais les jeunes ne leur en parlent pas toujours. Par ailleurs, il y a des parents qui ne peuvent pas payer les amendes – comme vous êtes des bourgeois, vous ne vous en rendez pas compte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et EPR.) Certains jeunes de 16 ans ou de 17 ans, parce que l’amende est majorée, ont des milliers d’euros de dette ! J’en connais personnellement.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 3 quinquies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

On fait quoi, alors ?

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 quinquies
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Mettre une amende à un mineur est la chose la plus stupide qui soit. C’est précisément ce qu’on appelle la justice de classe : vous, vous pouvez payer les amendes de vos enfants, mais certains jeunes commencent leur vie d’adulte avec des dizaines de milliers d’euros de dette ! (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Si un jeune n’a pas les moyens de payer un titre de transport, ce n’est pas de sa faute. Lui mettre une amende, dans ces conditions, c’est ce que j’appelle la faillite de l’autorité. Vous parlez tout le temps d’ordre, mais quand l’ordre est injuste, alors l’autorité est injuste. Il ne vous reste que l’autoritarisme. Vous passez votre temps à mater les jeunes par la répression. Ces amendes sont le meilleur exemple de la faillite de votre autorité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Jérémie Patrier-Leitus
Article 3 quinquies
M. Jérémie Patrier-Leitus Jérémie Patrier-Leitus HOR

Scandaleux !

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. le ministre.

MN
Article 3 quinquies
M. Laurent Nuñez ministre

Monsieur Boyard, ce n’est pas parce qu’il y a eu des fuites de données, malheureusement, et que des cyberattaques ont eu lieu, en raison principalement de négligences d’hygiène numérique de la part de certains agents, que l’ouverture des fichiers doit être totalement proscrite.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 3 quinquies
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

C’est de la faute des agents !

MN
Article 3 quinquies
M. Laurent Nuñez ministre

Par ailleurs, pour éclairer la représentation nationale, je précise que l’amende forfaitaire délictuelle ne s’applique pas aux mineurs. Vous confondez avec les contraventions. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 805.

Amdt 805 Rejeté Amdt 805 A discuter
II
Article 3 quinquies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 104 Nombre de suffrages exprimés 104 Majorité absolue 53 Pour l’adoption 33 Contre 71

II
Article 3 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 805 n’est pas adopté.)

Amdt 805 Rejeté Amdt 805 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’article 3 quinquies.

II
Article 3 quinquies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 quinquies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 106 Nombre de suffrages exprimés 105 Majorité absolue 53 Pour l’adoption 72 Contre 33

II
Article 3 quinquies
Intervenant non identifié

(L’article 3 quinquies est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 457, par le groupe Rassemblement national ; sur l’amendement no 888 rectifié, par le groupe Ensemble pour la République ; sur l’article 3 sexies, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Cyril Tribuiani, pour soutenir l’amendement no 457.

Photo de M. Cyril Tribuiani
Article 3 sexies
M. Cyril Tribuiani Cyril Tribuiani

Notre collègue Yoann Gillet propose d’étendre les dispositions relatives au contrôle de l’alcoolémie et de l’usage de stupéfiants aux conducteurs de navires de plaisance. La sécurité ne doit pas s’arrêter aux routes ; les comportements dangereux en mer peuvent avoir des conséquences tout aussi dramatiques. Il est donc cohérent d’appliquer les mêmes exigences de responsabilité à tous les conducteurs. Pour renforcer la sécurité maritime et prévenir les accidents, je vous invite à soutenir cet amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. le ministre, pour soutenir l’amendement no 888 rectifié.

888 (Rect) Adopté 888 (Rect) A discuter
MN
Article 3 sexies
M. Laurent Nuñez ministre

Il reprend une disposition adoptée au Sénat en la complétant. La mesure initiale permettait d’étendre aux gens de mer le régime d’interdiction en matière d’alcoolémie. Nous avons beaucoup travaillé, notamment avec la ministre déléguée chargée de la mer et la députée Panonacle, que je salue, et nous proposons aujourd’hui d’aller plus loin : au-delà des gens de mer, il s’agit d’étendre aux plaisanciers l’interdiction de la conduite sous emprise d’un état alcoolique ou de stupéfiants. L’amendement prévoit également d’habiliter le gouvernement à prendre une ordonnance pour compléter les régimes d’interdiction et de sanction en matière d’alcoolémie et de stupéfiants, pour préciser leurs conditions de mise en œuvre et pour traiter la question des substances psychoactives. Il s’agit de construire un régime juridique applicable à l’ensemble des gens de mer et des plaisanciers sur le modèle de celui relatif à la conduite terrestre. Quant à l’amendement qui vient d’être défendu, je sollicite son retrait au profit de l’amendement gouvernemental.

Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 sexies
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Ils ne faisaient pas l’objet d’une discussion commune, mais comme celui du gouvernement vise le même objectif avec une rédaction à la fois plus large et plus précise, j’émets un avis défavorable sur le no 457 et favorable sur le no 888 rectifié.

Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Sophie Panonacle.

Photo de Mme Sophie Panonacle
Article 3 sexies
Mme Sophie Panonacle Sophie Panonacle EPR

J’invite l’Assemblée à voter contre l’amendement de M. Gillet parce qu’il est incomplet : il vise les plaisanciers en oubliant le contrôle de stupéfiants pour les professionnels. En outre, dans sa rédaction actuelle, il est inapplicable. Nous soutiendrons donc l’amendement du gouvernement. Ce n’est pas sans émotion que je prends la parole aujourd’hui à la suite de l’accident mortel du petit Benjamin, il y a un peu plus d’un an, dans le bassin d’Arcachon. Je sais que ses parents nous écoutent. Nous avons demandé l’évolution du code des transports pour obtenir de nouveaux dispositifs de sécurité en mer. Je suis intervenue au plus haut niveau de l’État et j’ai agi avec le soutien du président de la République, du ministre de l’intérieur, du ministre des transports, de la ministre de la mer et du ministre de la justice, en coordination avec le secrétariat général de la mer. Sachez qu’il n’existe aucun cadre légal en mer pour contrôler les plaisanciers ou les professionnels en matière d’alcoolémie et d’usage de stupéfiants. L’amendement du gouvernement donnera aux forces de sécurité en mer les moyens d’exercer, outre une action de prévention, leur mission de contrôle et si besoin de sanction. Je me réjouis que nous soyons en mesure de réparer le vide juridique sur lequel j’avais alerté les services de l’État en 2020. Il a malheureusement fallu le tragique accident de Benjamin pour que nous puissions avancer. Puisque la saison estivale commence, je veux dire que la mer est un incroyable espace de liberté, mais en aucun cas un espace de non-droit. Pour consolider mon engagement, je souhaite vous alerter, monsieur le ministre, sur le sujet suivant : sur le modèle de l’homicide routier adopté il y a quelques années, je propose de créer une infraction spécifique d’homicide en mer. J’espère qu’ainsi nous aurons accompli un travail complet en tant que législateur. Je salue, à travers vous, chers collègues qui allez soutenir cet amendement, M. et Mme Mano et toute leur famille. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 457.

Amdt 457 Rejeté Amdt 457 A discuter
II
Article 3 sexies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 114 Nombre de suffrages exprimés 113 Majorité absolue 57 Pour l’adoption 27 Contre 86

II
Article 3 sexies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 457 n’est pas adopté.)

Amdt 457 Rejeté Amdt 457 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 888 rectifié.

888 (Rect) Adopté 888 (Rect) A discuter
II
Article 3 sexies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 108 Nombre de suffrages exprimés 85 Majorité absolue 43 Pour l’adoption 80 Contre 5

II
Article 3 sexies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 888 rectifié est adopté.) (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)

888 (Rect) Adopté 888 (Rect) A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’article 3 sexies, tel qu’il a été amendé.

II
Article 3 sexies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 115 Nombre de suffrages exprimés 112 Majorité absolue 57 Pour l’adoption 79 Contre 33

II
Article 3 sexies
Intervenant non identifié

(L’article 3 sexies, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Michaël Taverne, pour soutenir l’amendement no 327, portant article additionnel après l’article 3 sexies.

Amdt 327 Rejeté Amdt 327 A discuter
Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 sexies
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Il vise à autoriser l’interception des véhicules, c’est-à-dire la méthode du « contact tactique », dans le cadre de la lutte des forces de l’ordre contre les rodéos urbains et les refus d’obtempérer. Je vois des collègues rigoler, mais cela ne m’étonne pas, ils sont un peu déconnectés… (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 3 sexies
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Allez, allez, parle !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 sexies
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Je reprends : l’amendement vise à autoriser le contact tactique tout en assurant la protection juridique des forces de l’ordre. Cette technique a déjà été autorisée dans le passé.

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 3 sexies
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ce n’était pas le même ministre de l’intérieur !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 sexies
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

J’avais d’ailleurs interpellé à ce sujet un précédent ministre de l’intérieur, lors de l’examen du projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur (Lopmi) : il m’avait répondu que j’étais abonné aux fake news car aucune note de service n’interdisait aux policiers de prendre en charge les refus d’obtempérer. Je lui ai cité la note 89 de la police nationale et il s’est légèrement décrédibilisé, mais c’est un autre sujet… À condition d’avoir reçu une formation, les motocyclistes savent très bien utiliser la technique du contact tactique, pratiquée dans de nombreux pays, notamment au Royaume-Uni. Elle fonctionne très bien dans ce pays, depuis longtemps, et n’engendre pas davantage d’accidents mortels. Je ne vois donc pas pourquoi nous ne serions pas capables de l’appliquer chez nous. Nous avons des policiers extrêmement courageux et professionnels. Ce ne sont pas des dingos, comme le pensent les députés de l’extrême gauche. Nous devons envoyer un signal : lorsque c’est possible, les gendarmes et les policiers doivent pouvoir recourir au contact tactique. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3 sexies
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Au-delà de l’aspect juridique de votre amendement, je peux vous dire, en tant que député des Français du Royaume-Uni, que le contact tactique ne fait pas consensus dans ce pays. Je ne pense pas, personnellement, que cette méthode soit la bonne solution. Je ne crois pas non plus qu’elle soit soutenue par l’ensemble des syndicats de police. D’autres voies doivent être explorées pour améliorer la manière dont on lutte contre les rodéos urbains et les refus d’obtempérer. L’usage des drones, notamment pour protéger les forces de sécurité qui interviennent dans ces situations, est une piste à développer pour l’avenir. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3 sexies
M. Laurent Nuñez ministre

Nous avons débattu d’un amendement similaire au Sénat et je vous donnerai la même réponse que celle que j’ai faite aux sénateurs. Les refus d’obtempérer sont aujourd’hui pris en charge. Vous avez raison, il fut un temps où certaines instructions dans la police et dans la gendarmerie n’étaient pas claires et n’incitaient pas à la prise en charge des refus d’obtempérer, ce que je considère comme inacceptable en tant que ministre de l’intérieur. Une circulaire de la direction générale de la police nationale (DGPN) de 1999, notamment, limitait les refus d’obtempérer aux circonstances dans lesquelles des crimes de sang ou des délits violents sont commis, ce qu’on ne peut pas accepter. Quand il y a un refus d’obtempérer, le risque encouru par les gendarmes et les policiers doit être la poursuite de l’individu pour l’interpeller. Ces circulaires ont été levées, d’abord à la préfecture de police, en juin 2020, à ma demande – j’étais alors secrétaire d’État auprès du ministre de l’intérieur. Mon prédécesseur a levé les autres instructions, dans la police nationale et dans la gendarmerie, pour prévoir systématiquement la possibilité de prendre en charge les refus d’obtempérer et d’utiliser les matériels que vous avez évoqués ce matin, en particulier le Diva – dispositif d’intervention des véhicules automobiles. Le contact tactique est un sujet autrement compliqué, car il fait courir un risque de blessure pour la personne et de mise en cause pénale des fonctionnaires de police et des militaires de la gendarmerie. Je suis pour ma part défavorable à cette méthode. Comme l’a souligné le rapporteur, elle est plutôt contestée dans les pays où elle est utilisée, et en tout cas réservée à certaines infractions très particulières. Je donne un avis défavorable à cet amendement, tout en réaffirmant avec force la nécessité d’une réponse ferme face aux refus d’obtempérer.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Jérôme Legavre.

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3 sexies
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Je vous rassure, monsieur Taverne, quand nous vous écoutons, nous n’avons pas envie de rire ! Contrairement à ce que vous pensez, nous aussi nous savons des choses. Je vais vous expliquer ce qu’est le contact tactique quand il est utilisé en dehors des clous. Dans une commune de Seine-Saint-Denis, mon département, à Aubervilliers, il y a un peu plus de deux ans, un scooter a été pris en chasse par un véhicule de police : celui-ci a pris le boulevard à contresens et a percuté de plein fouet le scooter ; son conducteur a été tué sur le coup et son passager projeté dix mètres en arrière. Malgré les fractures ouvertes dont il souffrait, ce dernier a été traîné pour être placé en garde à vue pendant de longues heures au commissariat. Il n’a été hospitalisé que plusieurs heures après. Cet événement a donné lieu, pour moi et mes collègues Insoumis et communistes du département, à la troisième marche blanche de l’année. Voilà, très exactement, ce qu’est le contact tactique. Puisque vous évoquez la Grande-Bretagne, sachez pour votre gouverne que les méthodes et la doctrine de maintien de l’ordre dans ce pays ne ressemblent pas tout à fait – c’est peu de le dire – à celles qui prévalent en France. En particulier, les policiers n’y sont pas armés, ce qui constitue une sacrée différence. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 sexies
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Natalia Pouzyreff.

Photo de Mme Natalia Pouzyreff
Après l’article 3 sexies
Mme Natalia Pouzyreff Natalia Pouzyreff EPR

Notre groupe – La République en marche, puis Renaissance – a contribué à la création du délit de rodéo motorisé.

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3 sexies
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Renaissance, c’est eux, désormais ! (M. Ian Boucard désigne les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme Natalia Pouzyreff
Après l’article 3 sexies
Mme Natalia Pouzyreff Natalia Pouzyreff EPR

Je salue le soutien des ministres de l’intérieur successifs, qui a permis de renforcer progressivement le dispositif, notamment grâce à l’adoption de la Lopmi. Cet article vient encore le compléter et illustre notre détermination à nous attaquer au fléau des rodéos motorisés. En revanche, pour avoir longuement étudié cette question et auditionné des membres des forces de police britanniques, notamment un surintendant principal, je tiens à rappeler que le recours au contrôle tactique est réservé à des brigades spécifiquement entraînées et concerne principalement les vols à l’arraché commis par des contrevenants circulant à deux-roues. Il ne s’agit en aucun cas d’une pratique généralisée chez nos voisins. Au contraire, les Britanniques ont fait marche arrière. Il faut donc en finir avec cette idée fausse, propagée dans les médias, selon laquelle les Britanniques recourraient systématiquement au contact tactique lors des poursuites. C’est d’abord le discernement de nos forces de l’ordre qui doit prévaloir, en fonction de la situation à laquelle elles sont confrontées. Comme l’a indiqué le rapporteur, les drones permettront des poursuites plus efficaces et plus sûres, non seulement pour les conducteurs des engins, mais aussi pour les piétons, qui risquent d’être fauchés au cours d’une poursuite.

II
Après l’article 3 sexies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 327 n’est pas adopté.)

Amdt 327 Rejeté Amdt 327 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de huit amendements, nos 112, 889, 828, 840, 5, 233, 243 et 351, pouvant être soumis à une discussion commune et tendant à rétablir l’article 4, supprimé par la commission. Les amendements nos 889 et 828, qui font l’objet de nombreux sous-amendements, sont identiques, ainsi que les amendements nos 5, 233, 243 et 351. La parole est à M. Lionel Duparay, pour soutenir l’amendement no 112.

Amdt 112 Retiré Amdt 112
Photo de M. Lionel Duparay
Article 4
M. Lionel Duparay Lionel Duparay DR

Il me revient de lancer la discussion relative au rétablissement de l’article 4, qui touche à la lutte contre les incivilités et les troubles à l’ordre public dans le cadre des manifestations sportives.

Photo de M. Sacha Houlié
Article 4
M. Sacha Houlié Sacha Houlié SOC

Quelle honte ! Quelle indignité !

Photo de M. Lionel Duparay
Article 4
M. Lionel Duparay Lionel Duparay DR

Depuis plusieurs années, nous assistons à leur accroissement, dans les enceintes sportives mais aussi à l’extérieur, à proximité des stades mais parfois beaucoup plus loin, dans les cortèges d’athlètes ou près de leur lieu d’hébergement. Les propositions de rétablissement de l’article, dans les différentes rédactions qui nous sont soumises, visent à sanctionner et à contrôler les personnes condamnées pour certaines infractions, afin de s’assurer qu’elles ne puissent pénétrer, lors de manifestations sportives, dans les stades ou les enceintes dont l’accès leur a été interdit, et de contribuer ainsi au maintien de l’ordre public.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. le ministre, pour soutenir l’amendement no 889.

Amdt 889 Rejeté Amdt 889
MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Le gouvernement propose de rétablir l’article 4. Celui-ci a été introduit dans le projet de loi dans un contexte d’augmentation significative des violences dans les stades et – c’est très important – autour des stades, comme vient de le rappeler M. Duparay. J’ai eu la faiblesse de penser que la proposition du gouvernement résultait aussi d’échanges avec des parlementaires dont les circonscriptions comptent des clubs importants. Il m’a semblé les entendre expliquer que les groupes de supporters jouaient un rôle majeur dans la structuration des stades et qu’il était préférable de privilégier les sanctions judiciaires individuelles ou les mesures individuelles de police administrative.

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Non !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

C’est précisément l’objet de l’article 4 : renforcer le régime des interdictions administratives de stade (IAS). Nous constatons par ailleurs une recrudescence des débordements en dehors de l’enceinte des stades et pas nécessairement au moment des matchs. Des supporters organisent ainsi des fights, des combats, la veille de la rencontre. Il fallait prendre en compte ce phénomène en étendant l’interdiction administrative de stade à d’autres lieux que l’enceinte sportive, notamment aux lieux de rassemblement des supporters ou à ceux qu’ils choisissent pour organiser leurs fanwalks. Ces troubles sont connus de l’ensemble des préfets, des services de l’État, des présidents de clubs et des groupes de supporters. C’est pourquoi nous proposons non seulement d’interdire administrativement de stade les personnes qui ont déjà causé des troubles à l’ordre public, mais aussi de leur interdire l’accès aux lieux précis où existent des risques de troubles – ni plus ni moins –, avant comme après le match. Les incidents ont en effet souvent lieu la veille de la rencontre, voire immédiatement après celle-ci. Tel est le sens de cet article, dont je regrette la suppression par la commission. J’attire également votre attention sur une autre mesure importante de l’article 4, reprise dans mon amendement de rétablissement : nous intégrons parmi les troubles à l’ordre public susceptibles de justifier une interdiction administrative de stade les propos injurieux et discriminatoires. Nous déplorons régulièrement les propos racistes et homophobes tenus dans les stades.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 4
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Pas seulement dans les stades !

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

C’est le juge qui est compétent !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Enfin, l’amendement du gouvernement comporte une ouverture, car j’ai bien compris, au cours des débats en commission, que des réserves ou des réticences s’étaient exprimées sur certains bancs. Nous proposons donc de limiter à douze heures avant et douze heures après le match la possibilité d’étendre les interdictions administratives de stade, alors que le projet initial du gouvernement, adopté par le Sénat, prévoyait une période de vingt-quatre heures avant et vingt-quatre heures après. Nos échanges seront, je pense, assez nourris ; je ne développerai donc pas davantage la présentation de cet amendement. Mais très honnêtement, comme je l’ai dit en commission, le gouvernement propose ici une alternative à des mesures collectives de dissolution de groupes consécutives à des incidents. J’ai bien compris que la commission avait rejeté cette option, mais je regretterais d’avoir à me pencher à nouveau sur la dissolution de certains groupes.

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Oh, la menace !

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Ça, c’est pas bien ! Il faut aider les Green Angels !

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Sur les amendements identiques nos 889 et 828, je suis saisie par le groupe Horizons & indépendants d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Laetitia Saint-Paul, pour soutenir l’amendement no 828.

Photo de Mme Laetitia Saint-Paul
Article 4
Mme Laetitia Saint-Paul Laetitia Saint-Paul HOR

Cet amendement des députés du groupe Horizons & indépendants vise à rétablir l’article 4, afin de renforcer un outil qui a fait ses preuves en matière de prévention des violences dans le sport : l’interdiction administrative de stade. Le constat est simple : le dispositif actuel ne répond plus pleinement à la réalité du terrain et présente trois angles morts auxquels cet amendement entend remédier. Premier angle mort : le racisme, l’homophobie et les discours de haine. Chaque saison, des chants racistes, des injures homophobes ou antisémites retentissent dans nos enceintes sportives sans que le préfet ne dispose d’un motif clair pour en écarter les auteurs. Deuxième angle mort : la géographie. L’interdiction ne couvre que le stade, ses abords et les lieux de retransmission. Or chacun sait que les violences se sont déplacées : rixes organisées à distance des enceintes ou affrontements sur les trajets des cortèges des supporters. Troisième angle mort : le temps. Les débordements ne commencent pas au coup d’envoi et ne s’arrêtent pas au coup de sifflet final. C’est pourquoi nous proposons d’étendre l’interdiction aux douze heures précédant et suivant la manifestation sportive. Notre groupe estime cette temporalité parfaitement proportionnée. J’insiste enfin sur un point. Ce dispositif reste strictement encadré. Il ne vise pas les supporters qui font vivre nos stades, mais, comme toujours, la minorité qui empêche les matchs de se dérouler sereinement et dans le respect de chacun.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Nous en venons aux sous-amendements aux amendements identiques nos 889 et 828. La parole est à Mme Andrée Taurinya, pour soutenir le sous-amendement no 929.

Amdt 929 Rejeté Amdt 929 Amdt 929
Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 4
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Nous avons réussi à supprimer cet article en commission et nous espérons confirmer cette suppression dans l’hémicycle. En effet, dans le fouillis de mesures que constitue votre texte, pour quelles raisons cet article visant les supporters surgit-il soudainement ? On se le demande. Vous nous dites avoir eu des échanges avec des parlementaires. Pourtant, ma circonscription se trouve intégralement à Saint-Étienne – Allez les Verts ! – et je n’ai reçu aucun appel. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Léa Balage El Mariky applaudit également.) Et même si vous m’aviez appelée pour négocier quoi que ce soit, je vous aurais dit non : vous voulez instaurer des interdictions administratives, alors même qu’il existe déjà des interdictions judiciaires. Je vous répète ce que nous ne cessons de vous dire depuis le début de ce débat : vous vous prenez pour le ministre de la justice, alors que vous êtes ministre de l’intérieur. La justice, pour nous, ne se rend pas par sanctions administratives. En outre, monsieur le ministre – écoutez-moi, s’il vous plaît, vous demanderez conseil pour votre réponse plus tard (Sourires) –, le gouvernement a conclu en 2023 un accord équilibré avec les associations de supporters, qui prévoyait une augmentation des peines judiciaires mais un encadrement des sanctions administratives. Nous étions parvenus à cet équilibre, mais les associations de supporters attendent toujours le bilan de cette réforme. Avant d’introduire une nouvelle mesure dans ce texte fourre-tout, communiquez-nous ce rapport. Nous verrons alors s’il convient d’envisager d’autres mesures.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur les sous-amendements nos 929, 930, 931, 932 et 933, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur les sous-amendements nos 1062, 1063, 1064, 1065, 1066, 1067, 1068, 1069, 1070 et 1071, par le groupe Socialistes et apparentés. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Ersilia Soudais, pour soutenir le sous-amendement no 930.

Photo de Mme Ersilia Soudais
Article 4
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Monsieur le ministre, vous affirmez vouloir sanctionner des personnes qui auraient troublé l’ordre public par le passé. Or ce n’est absolument pas la fonction initiale des interdictions administratives de stade, qui visent à prévenir les troubles. Qu’est-ce qui vous prouve que les personnes que vous visez vont forcément récidiver ? Rien. Votre mesure porte donc une atteinte disproportionnée à la liberté d’aller et venir. Ce sous-amendement vise à supprimer l’extension temporelle des interdictions administratives de stade, mais nous sommes opposés au principe même de telles interdictions, qui consacrent le règne de l’arbitraire. Il s’agit d’une sanction très lourde, qui n’est même pas prononcée par un juge et prive l’intéressé de toute réelle possibilité de se défendre, contrairement aux mesures judiciaires. Les supporters visés n’ont pas accès à leur dossier avant le prononcé de l’IAS. Que se passe-t-il en cas d’erreur d’identification, d’erreur dans l’appréciation des faits ou d’erreur de l’administration ? Des situations arbitraires et injustes peuvent évidemment survenir. Vous prétendez constamment prendre de telles mesures au nom de la sécurité. Au contraire, vous êtes en train de créer un monde dangereux, un monde où les gens se sentiront en insécurité du fait même de vos choix politiques. Depuis de nombreuses années, vous nous dessinez un monde proprement épouvantable. La proposition de loi sur le permis de tuer tout récemment adoptée l’a encore prouvé, et ce projet de loi Ripost en constitue un nouvel exemple. Les gens sont atterrés de voir où nous en sommes arrivés.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir le sous-amendement no 1041.

Amdt 1041 Rejeté Amdt 1041 Amdt 1041
Photo de M. Nicolas Sansu
Article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Personne ne nie qu’il existe des problèmes dans les stades et à leurs abords. Les accords qui avaient été conclus sur le sujet, et qui méritent désormais d’être évalués, étaient bons. Le rétablissement de cet article vise à étendre le champ des interdictions administratives de stade, qui constituent pourtant une anomalie juridique puisque, prononcées par un préfet, sans intervention d’un juge, sans procès équitable, sans accès effectif au dossier, elles produisent les effets d’une véritable sanction. Quels sont leurs résultats ? Le rapport parlementaire rédigé par Mme Marie-George Buffet et M. Sacha Houlié en 2020 est sans appel : près de 75 % des interdictions administratives de stade contestées devant le juge administratif sont annulées ! Dans certains cas, elles sont même inscrites à tort au casier judiciaire avec des conséquences professionnelles lourdes, alors même que la loi ne le prévoit pas. Voilà la réalité de ce dispositif ! Ne nous trompons pas sur l’objectif réel de cet article. Loin de viser à lutter contre le racisme ou les violences dans les stades, que notre arsenal législatif permet de combattre – le préfet peut toujours saisir le parquet des délits de racisme, d’antisémitisme et d’homophobie –, il s’agit avant tout, ce que l’étude d’impact assume, de faciliter la répression des banderoles et chants visant la Ligue de football professionnel ou des diffuseurs. Ce qui est poursuivi n’est pas seulement un comportement mais une conception du supportérisme. Les ultras ne se considèrent pas comme de simples consommateurs d’un spectacle. Ils se vivent comme des acteurs de leur club, capables de contester les dirigeants, d’afficher une banderole contre la multipropriété (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP), de s’opposer à la tenue de matchs en semaine – comme l’ont fait les supporters du Red star –, ou d’organiser collectivement leurs tribunes. Cette autonomie dérange parce que le football business préfère un public docile, prévisible et consommateur. La menace que vous avez proférée tout à l’heure contre les clubs de supporters n’est pas de bon aloi, monsieur le ministre. Demain, sans doute, on ne pourra plus avoir des tifos aux couleurs de la Palestine.

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Eh oui ! (Mme Andrée Taurinya applaudit.)

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

C’est ça, la réalité ! Les tribunes sont un espace d’expression ; le sport est politique. À force de vouloir faire taire toute contestation au nom de l’ordre, vous ne protégez ni le football, ni les libertés, vous affaiblissez les deux ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de deux sous-amendements identiques, nos 931 et 1062. La parole est à M. Andy Kerbrat, pour soutenir le sous-amendement no 931.

Amdt 931 Rejeté Amdt 931 Amdt 931 En traitement
Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Il est très important de bien qualifier ce dont nous parlons. Vous nous avez fait tout un blabla, monsieur le ministre, sur la nécessité de renforcer l’arsenal juridique que constitue l’interdiction de stade à des personnes qui ne vous plaisent pas. La réalité est que vous renforcez une interdiction administrative. Voilà ce que vous faites ! Or l’interdiction administrative de stade signifie qu’un préfet, une autorité administrative, décide unilatéralement, sans aucune possibilité de recours, d’interdire l’accès à des stades. Savez-vous de qui nous parlons ? Vous êtes sans doute au courant que 70 % de ces IAS, comme on les appelle, ont été interdits pour avoir déclenché un fumigène au sein des tribunes ! Ainsi, tout ce que vous dites au sujet de l’ultraviolence, de la société Orange mécanique et que sais-je encore, ce n’est pas la réalité de votre travail. Dans les faits, celle qui lutte réellement contre les phénomènes d’agressions, de rixes, de batailles, de fights organisées, c’est la justice. La justice est la seule à pouvoir mener cette bataille. Votre proposition inique prévoit une interdiction administrative de stade qui serait non seulement temporelle – douze heures avant et douze heures après la rencontre – mais aussi géographique ! Elle vise le stade, mais, aussi, le bar, ce que vous avez reconnu au Sénat. Il suffit que trois supporters se retrouvent dans un bar et – mon Dieu, oh là là ! – l’autorité administrative pourra considérer que la personne a enfreint son IAS. Voilà la réalité : ce que vous voulez faire, c’est criminaliser, dans la lignée de Bruno Retailleau. Vous n’avez pas appelé Saint-Étienne, mais vous n’avez pas non plus appelé Nantes ! Vous auriez pu me contacter pour avoir une discussion avec le groupe Brigade Loire, qui a été pendant très longtemps dans le viseur de votre prédécesseur… En menaçant de dissoudre les groupes de supporters si on ne rétablit pas votre article 4, vous créerez dans les stades un climat que vous vous mordrez les doigts d’avoir suscité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pierrick Courbon, pour soutenir les sous-amendements nos 1062 et 1063, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Amdt 1062 Rejeté Amdt 1062 Amdt 1063 Rejeté Amdt 1063
Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

Avant de défendre le sous-amendement no 1062, je débuterai par un propos général. Nous l’avons dit en commission, commencer la discussion sur l’article 4 en disant : Je n’aimerais pas être contraint de me replonger dans des dossiers de dissolution, n’est pas une entrée en matière très constructive ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.) Si je suis d’accord sur la nécessité de lutter pour éradiquer la violence dans et aux abords des stades – il n’y a aucune ambiguïté là-dessus –,…

Photo de M. Ian Boucard
Article 4
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

C’est un bon début !

Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

…la question est de savoir comment y parvenir de manière efficace. Après avoir salué – je continue de le faire – l’évolution consistant à vouloir éviter les sanctions collectives, qui sont injustes et inefficaces, je constate que, loin de renforcer les sanctions judiciaires à l’encontre de comportements délictuels, vous favorisez des mesures administratives, principalement préventives, dont vous connaissez pourtant la faiblesse juridique, puisqu’une grande partie des interdictions de stade, notamment celles prononcées pour pyrotechnie festive, sont annulées par les tribunaux administratifs. Nous éprouvons un certain malaise à discuter des supporters et des ultras dans le cadre d’un texte de loi fourre-tout, dans lequel on les associe à des narcotrafiquants, des délinquants routiers, etc. Certes, ce ne sont pas des anges, mais si l’on s’attache aux risques qu’ils font courir à la société, il y a quand même un vrai problème de proportionnalité. De manière plus globale, tant dans la version initiale du texte que dans votre amendement de rétablissement – qui fait un pas dans la bonne direction –, vos propositions pour renforcer les mesures administratives à l’encontre des supporters reviennent à assujettir certains d’entre eux à un régime de contrôle parfois plus sévère et restrictif que les Micas – mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance – auxquelles sont soumises certaines personnes suspectées de terrorisme, ce qui pose un problème de proportionnalité de la sanction. J’en viens à la défense des sous-amendements relatifs à l’extension géographique de l’interdiction. Premièrement, une interdiction administrative de stade doit se concentrer sur ce qui se passe dans le stade, même s’il est nécessaire d’avoir une vision sur ce qui se produit aux alentours. La difficulté provient de ce que de nombreux stades sont situés en plein cœur des villes. Ainsi l’extension de l’IAS aux « lieux de passage de cortège et aux lieux de rassemblement » n’est-elle pas non plus nécessairement proportionnée. Dans ma ville, par exemple, le lieu de passage des supporters, c’est toute la ville, du sud au nord, quand ils vont en cortège rejoindre le stade ! La limitation de la liberté d’aller et venir peut être vraiment problématique quand tout un pan d’une ville de 180 000 habitants est concerné ! D’autant que le Conseil d’État dit clairement que le périmètre et les circonstances de l’interdiction doivent être définis de manière précise. Par nature, les lieux de rassemblement et les lieux de passage ne sont pas toujours les mêmes, ce qui crée une véritable fragilité juridique. Le sous-amendement no 1063 est une solution de repli, consistant à accepter cette extension géographique pour les matchs classés catégorie 5, c’est-à-dire ceux pour lesquels les troubles à l’ordre public sont susceptibles d’être les plus importants et les plus fréquents.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Sacha Houlié, pour soutenir les sous-amendements nos 1064 et 1065, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Amdt 1064 Rejeté Amdt 1064 Amdt 1065 Rejeté Amdt 1065
Photo de M. Sacha Houlié
Article 4
M. Sacha Houlié Sacha Houlié SOC

Avant de répondre à M. le ministre sur sa présentation de l’amendement no 889, je voudrais rectifier deux éléments qu’il a présentés comme des constats. Le premier concerne l’accroissement des troubles à l’intérieur des stades. Dans son rapport, le Sénat établit que 85 IAS ont été prononcées pour la saison 2022-2023 et 147 pour la saison 2024-2025. S’il y a bien une augmentation, ce n’est pas l’explosion des violences que vous avez pu décrire. Vous avez affirmé par ailleurs que les sanctions collectives ne sont pas des réponses à la violence que l’on connaît dans les stades. Nous partageons ce constat et nous leur avons toujours préféré les réponses individuelles. C’est la raison pour laquelle, après avoir étudié avec attention les interdictions administratives de stade, Marie-George Buffet et moi-même n’avons pas proposé leur suppression mais leur pérennisation, sous réserve d’encadrer leur durée, fixée à douze mois, et qui peut être prolongée de vingt-quatre mois en cas de récidive. Nous avons également souhaité que l’interdiction administrative ne se cumule pas avec une interdiction judiciaire et qu’elle s’éteigne lorsqu’une peine complémentaire d’interdiction est prononcée par un magistrat. Cela m’amène à mon second point : les mesures dont vous proposez le rétablissement marquent en réalité une évolution par rapport à celles que vous aviez initialement présentées. Ainsi, vous maintenez la durée des IAS que j’avais fait corriger dans la loi de 2023, c’est-à-dire les périodes de douze et vingt-quatre mois que je viens d’évoquer. Vous revoyez l’amplitude de l’interdiction : de vingt-quatre heures précédant et suivant la rencontre, vous êtes passés à douze heures. Si l’IAS peut être prononcée en raison d’injures publiques, vous avez accepté que ce ne soit possible qu’après des injures « graves et répétées ». Rappelons que l’injure publique est une qualification pénale, qui doit être appréciée par le juge plutôt que par une autorité administrative. D’autre part, il est naturel que des choix politiques de la Ligue de football professionnel puissent être contestés par les supporters dans un stade. En revanche, vous n’avez pas souhaité revenir sur l’obligation de pointage, alors que nous souhaitions que cette mesure particulièrement attentatoire aux libertés ne puisse être prononcée qu’à l’égard d’un supporter qui entend se soustraire à une IAS. Les sous-amendements nos 1064 et 1065 reviennent à vous prendre au mot. Puisque vous estimez que l’interdiction administrative est une sanction, elle doit faire l’objet d’une procédure contradictoire, lors de laquelle la personne se verra communiquer son dossier – c’est l’objet du sous-amendement no 1064, afin qu’elle soit en mesure de contester l’interdiction devant les juridictions administratives, au fond ou en référé. Le sous-amendement no 1065 tend à introduire un délai d’un mois à compter de la connaissance des faits par l’autorité préfectorale pour lancer la procédure contradictoire préalable à l’IAS. Encore une fois, si cette mesure est une sanction, elle ne peut pas être prononcée sur-le-champ.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pierrick Courbon, pour soutenir le sous-amendement no 1066.

Amdt 1066 Rejeté Amdt 1066
Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

Dans la mesure où nous présentons de très nombreux sous-amendements à l’amendement no 889, portant sur des sujets différents, peut-être serait-il opportun pour la cohérence de nos débats que M. le ministre nous réponde en plusieurs vagues, plutôt qu’en une fois au terme de la discussion ? Le sous-amendement no 1066 vise à garantir qu’une IAS – qui, historiquement, même si les choses évoluent, est censée être une mesure préventive – tombe automatiquement et mécaniquement dès lors qu’une sanction pénale définitive est intervenue pour les mêmes faits. Vous me direz sans doute que cet amendement est satisfait mais, sur le terrain, on constate qu’un certain nombre d’interdictions administratives de stade sont maintenues après que des décisions judiciaires ont invalidé leur fondement. Il s’agit d’empêcher ces cas de figure, qui existent en pratique.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Sur les sous-amendements nos 1005 rectifié et 1006, je suis saisie par le groupe Écologiste et social de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour soutenir le sous-amendement no 1005 rectifié.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 4
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Les interdictions de paraître pour incitation à la haine raciale sont au cœur de l’actualité avec la Coupe du monde de football, puisqu’on a vu des joueurs éminents, de notre équipe et d’autres équipes, victimes de racisme et de négrophobie. À cet égard, je tiens à exprimer toute ma solidarité aux joueurs de l’équipe de France et à Kylian Mbappé en particulier. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, Soc et GDR.) Danielle Simonnet – ici présente – et Sabrina Sebaihi ont justement déposé une proposition de loi visant à responsabiliser les clubs pour mettre fin à l’homophobie dans le sport. On ne peut pas admettre que les stades soient les lieux d’expressions racistes, homophobes ou porteuses d’autres discriminations. En la matière, notre arsenal législatif actuel est déjà significatif et robuste puisqu’il qualifie pénalement ces actes, qui sont définis et réprimés par la loi du 29 juillet 1881. Or, une fois de plus, vous proposez de transférer au pouvoir administratif ce qui, en application de cette loi, relève du juge. Je finis par m’inquiéter : que restera-t-il au ministère de la justice ? Si vous continuez à déjudiciariser tout ce qui, en vertu de la loi, relève de la procédure pénale, nous nous dirigeons vers un ordre juridictionnel très inquiétant, monsieur le ministre. En l’espèce, vous proposez que les IAS motivées par des injures publiques et des provocations à la haine soient décidées de façon définitive, sans recours, par le préfet. Pour notre part, nous demandons, non de renoncer à lutter implacablement contre ces délits – de ce point de vue, nous partageons le même objectif –, mais de demeurer dans un cadre judiciaire. Pour sécuriser juridiquement le dispositif, acceptez notre sous-amendement no 1005 rectifié et le suivant, le sous-amendement no 1006, qui prévoit aussi de rester dans le cadre judiciaire.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pierrick Courbon, pour soutenir le sous-amendement no 1067.

Amdt 1067 Adopté Amdt 1067
Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

J’abonde dans le sens de notre collègue Amirshahi. La lutte contre les violences verbales discriminatoires, homophobes et racistes est un combat qui nous rassemble. Les mesures prises doivent cependant s’appuyer sur des décisions de justice, comme il est d’usage dans un État de droit. Le sous-amendement no 1067 vise à supprimer l’injure publique des comportements susceptibles de donner lieu à une interdiction administrative de stade tel que le prévoit l’amendement du gouvernement. Il n’est évidemment pas question d’autoriser tout et n’importe quoi dans un stade de football. En revanche, la notion d’injure publique reste juridiquement floue dans ce contexte. Notre collègue Sansu l’a dit : on peut régulièrement voir dans les tribunes des banderoles au message piquant ou subversif. Voici quelques exemples pour que vous compreniez mieux de quoi je parle : quand des supporters s’expriment sur la question des droits de retransmission et des modalités de diffusion des matchs en brandissant une banderole qui proclame : « La LFP est une voleuse ! », peut-on parler d’injure publique ? Qu’en est-il si un député, moi par exemple, déclare dans le stade de sa ville : « Vincent Labrune a tué le football français » ? Si des supporters crient : « Non au football qatarisé ! », cette déclaration relève-t-elle de l’injure publique ?

Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

Oui, c’est xénophobe ! (Sourires.)

Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

Nous sommes tous d’accord qu’il est nécessaire de lutter contre les propos discriminatoires, homophobes et racistes, mais la notion d’injure publique me paraît trop floue pour être conservée.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Sacha Houlié, pour soutenir le sous-amendement no 1068.

Amdt 1068 Rejeté Amdt 1068
Photo de M. Sacha Houlié
Article 4
M. Sacha Houlié Sacha Houlié SOC

Je compléterai ce que vient de dire M. Courbon. La notion d’injure publique correspond à une qualification pénale. Nous saluons certes le fait que votre amendement précise qu’il faut que l’injure publique soit « grave et répétée » pour justifier une interdiction administrative de stade, mais ce n’est pas suffisant. Il faudrait retirer l’injure publique des motifs pour lesquels peut être prononcée une interdiction administrative de stade, en limitant ceux-ci aux violences dont se rendent coupables les supporters dans une enceinte sportive ou à proximité de celle-ci. Admettons cependant que vous ne retiriez pas la mention de l’injure publique : il faudrait absolument qu’une procédure judiciaire soit engagée concomitamment à l’IAS contre l’auteur des propos. La saisine du parquet et l’ouverture d’une enquête sont la condition de la validité de l’IAS. Les auteurs de l’infraction doivent être traduits devant une juridiction pénale pour être jugés, et non simplement faire l’objet d’une procédure administrative, car ce n’est pas à l’administration de sanctionner le supporter qui se rend coupable de propos injurieux.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir le sous-amendement no 932.

Amdt 932 Rejeté Amdt 932 Amdt 932 En traitement
Photo de Mme Élisa Martin
Article 4
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Les interdictions administratives de stade ne sont pas des décisions neutres. Elles restreignent significativement les libertés fondamentales, en particulier celle d’aller et venir et le droit au respect de la vie privée. Au travers de ce sous-amendement, nous proposons que l’IAS devienne caduque à partir du moment où une décision de justice a été rendue. Il y a une hiérarchie à respecter : les décisions judiciaires l’emportent sur les mesures administratives, c’est un principe de base ! Il est d’autant plus important de respecter cette hiérarchie que ce sont les libertés fondamentales des personnes qui sont affectées. Sinon, on pourrait se retrouver dans des situations ubuesques où une interdiction administrative de stade resterait d’actualité, alors qu’une décision de classement sans suite ou une amende aurait été prononcée par l’autorité judiciaire. Ce serait fort problématique, d’autant que, comme on l’a dit plusieurs fois, ces décisions sont fragiles, y compris aux yeux de la justice administrative. À ces questions vient se greffer un autre sujet, donc nous avons déjà débattu à l’occasion de la préparation des Jeux olympiques de 2024 : la protection de la liberté d’expression. Des exemples viennent d’être donnés. Certains groupes de supporters se mobilisent contre l’organisation mégacapitalistique du football contemporain. Nous sommes entièrement d’accord avec eux : ce sport populaire mériterait d’être davantage protégé à cet égard.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour soutenir le sous-amendement no 1006.

Amdt 1006 Rejeté Amdt 1006 Amdt 1006
Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 4
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Je reprends mon argumentation là où j’avais dû l’interrompre en défendant le sous-amendement no 1005. Monsieur le ministre, si vous continuez à transférer autant de pouvoir à l’autorité administrative au détriment de l’autorité judiciaire, ce ne sera pas sans conséquences, et on les constate déjà.

Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

La mise en place d’un État policier !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 4
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Ce matin, Léa Balage El Mariky est revenue de la cour administrative d’appel de Paris avec le chiffre suivant : le contentieux administratif a augmenté de 35 % ! Vous affaiblissez le juge judiciaire, garant de notre droit, et vous allez engorger toute la justice administrative. Nous y perdrons donc en efficacité. Or, depuis le début de l’examen de ce texte, c’est l’efficacité que vous invoquez pour justifier la pertinence de vos mesures. Par ailleurs, je voudrais évoquer les graves difficultés que soulève le recours aux Micas, dont vous vous inspirez. Si une interdiction à paraître est prise par l’administration, mais que le juge judiciaire, saisi de son côté, décide qu’une telle interdiction n’a pas lieu d’être, la décision administrative reste valide. Vous instaurez donc quelque chose d’assez fou en revenant sur un principe fondamental, l’autorité de la chose jugée !

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Eh oui !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 4
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Tant du point de vue de l’organisation administrative, de notre ordre juridictionnel que des principes du droit, vous faites non seulement fausse route, mais vous édifiez quelque chose de très dangereux. Sur cette question comme sur d’autres, vous vous en doutez, nous saisirons le Conseil constitutionnel. En attendant, je vous invite à y réfléchir à deux fois, ou en tout cas à répondre précisément à nos arguments – le risque d’embolie de la justice administrative et surtout la remise en cause de l’autorité de la chose jugée si une mesure administrative reste valide alors que le juge judiciaire a rendu une décision contraire.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de deux sous-amendements identiques, nos 933 et 1069. La parole est à Mme Sophia Chikirou, pour soutenir le sous-amendement no 933.

Amdt 933 Rejeté Amdt 933 Amdt 933 En traitement
Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

Je poursuivrai sur le même ton que mon collègue. Le sous-amendement no 933 est un sous-amendement de repli. Nous essayons ainsi de sécuriser certaines garanties et de limiter l’arbitraire que vous souhaitez généraliser, voire automatiser, monsieur le ministre. Plusieurs ONG vous ont déjà interpellé à propos de ce texte. Vous allez trop loin : vous instaurez un système qui ne respecte pas les libertés fondamentales. Même l’ONU s’est exprimée à propos de ce projet de loi car vous faites peser un risque sur les libertés fondamentales des Français. Pourquoi avez-vous décidé d’instaurer un tel système en plein mois de juillet, à moins d’un an de votre départ, puisque les élections auront lieu au printemps prochain et que vous partirez, que vous dégagerez même, de ce gouvernement ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Nous ne comprenons pas pourquoi vous avez choisi ce moment pour instaurer un État policier ! Vous n’êtes pas ministre de la justice mais ministre de l’intérieur ; comment pouvez-vous faire fi de la justice et instaurer un système où la règle administrative l’emporte ? Les mesures administratives ont pourtant quelque chose d’arbitraire et d’autoritaire puisqu’elles sont prises en dehors de tout débat contradictoire et qu’il n’est pas possible de revenir dessus, comme mon collègue Amirshahi vient de le rappeler. Même quand la justice judiciaire ne prononce pas d’interdiction de stade, vous persistez à appliquer les IAS ! Je rebondis aussi sur ce qu’a dit le collègue Courbon. Nous sommes des militants politiques qui nous engageons pour des causes qui ne vous plaisent pas et que vous combattez en employant des moyens qui ne sont pas toujours loyaux. Vous seriez bien capables de nous interdire de stade pour nous empêcher de nous exprimer !

Photo de M. Jérémie Patrier-Leitus
Article 4
M. Jérémie Patrier-Leitus Jérémie Patrier-Leitus HOR

Vous interdire d’Assemblée, en tout cas !

Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

Les stades de football, comme tous les stades, sont des lieux d’expression populaire et… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. – Les députés du groupe LFI-NFP applaudissent cette dernière. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Sacha Houlié, pour soutenir le sous-amendement no 1069.

Amdt 1069 Rejeté Amdt 1069
Photo de M. Sacha Houlié
Article 4
M. Sacha Houlié Sacha Houlié SOC

L’état du droit sur les obligations de pointage est défini par la loi de 2023, qui a circonscrit l’obligation de pointage au seul cas où la personne sous le coup d’une IAS entend manifestement s’y soustraire. C’est très important ! Or la rédaction du gouvernement revient à autoriser l’administration à imposer des obligations de pointage sans avoir à les justifier ; en tout cas, elle tend à lever la restriction actuelle. Dans les faits, certains préfets imposent souvent le pointage en toutes circonstances. Je veux évoquer quatre situations dont m’a fait part l’avocat de l’Association nationale des supporters. Un père divorcé a été assigné à résidence un week-end car il devait pointer au commissariat tous les jours ; par conséquent, il n’a pas pu emmener son fils en vacances. Un infirmier de nuit s’est retrouvé à devoir pointer tous les jours au commissariat, et a donc été contraint de laisser sa femme enceinte de huit mois s’occuper de leurs quatre enfants. Un père de famille qui avait demandé s’il pouvait pointer à la gendarmerie de son lieu de villégiature plutôt qu’au commissariat de sa ville s’est vu répondre de prendre ses billets, avant qu’on lui dise qu’il ne pouvait finalement pas partir en vacances car il n’avait pas obtenu l’autorisation de la préfecture – précisons qu’il n’avait nulle intention de se rendre au stade pendant ses vacances. Des recours ont été adressés au tribunal administratif et dans chaque cas, ce dernier a annulé l’obligation de pointage, mais trop tard ! Voilà pourquoi la disposition prévue à l’alinéa 5 de l’article L. 332-16 est justifiée. Nous l’avons introduite en 2023 par un amendement que j’avais défendu en tant que président de la commission des lois, et que certains d’entre vous ont donc peut-être voté. L’amendement du gouvernement, dont le neuvième alinéa prévoit la suppression de cette disposition, pourrait tout changer. Par conséquent, si vous ne deviez voter que pour un seul sous-amendement à l’amendement du gouvernement, il faudrait que ce soit pour celui-ci !

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pierrick Courbon, pour soutenir le sous-amendement no 1070.

Amdt 1070 Rejeté Amdt 1070
Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

Ce sous-amendement de repli porte sur le même sujet. Nous proposons de restreindre la possibilité d’imposer une obligation de pointage aux cas de faits de violence avérés et d’atteintes aux personnes et aux biens. Pourquoi cette précision, monsieur le ministre ? Comme notre collègue Houlié vient de l’expliquer, l’obligation de pointage détruit des familles. Elle peut être lourde de conséquences pour la situation professionnelle ou familiale. Surtout, une obligation de pointage peut être imposée à des personnes à qui l’on reproche simplement d’avoir tenté d’introduire un fumigène dans un stade ! Dans la majorité des cas évoqués par Sacha Houlié, l’interdiction de stade assortie d’une obligation de pointage n’avait pas été prononcée pour des faits de violence contre les forces de l’ordre ou d’autres supporters mais bien en raison d’un usage festif d’engins pyrotechniques – en d’autres termes, pour avoir allumé un fumigène. C’est très problématique ! Faute de temps, Sacha Houlié n’a pas pu citer son quatrième exemple : il s’agit d’un supporter qui n’a pas pu se rendre à des obsèques en raison de son obligation de pointage. Nous en avons déjà parlé, monsieur le ministre : j’entends bien que votre intention n’est pas de rétablir l’automaticité du pointage. Mais la loi est de portée générale ! Je pourrais partir d’un postulat de confiance, mais quelle garantie avons-nous que, dans quelques mois, un autre ministre de l’intérieur ne décidera pas que toute interdiction administrative de stade s’accompagnera automatiquement d’une obligation de pointage ? Si vous n’arrivez pas à revenir sur la mesure du code du sport qui oblige l’administration à démontrer que l’assujetti à une IAS a l’intention de s’y soustraire, c’est tout simplement parce que les personnes dans ce cas n’ont pas cette intention.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Vous conservez la parole, monsieur Courbon, pour soutenir le dernier sous-amendement à l’amendement du gouvernement, le no 1071.

Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

Si, en plus du no 1069 défendu par mon collègue Houlié, il ne fallait en retenir qu’un sous-amendement, ce serait celui-là. Je m’adresse à tous les collègues qui ne sont pas passionnés par le sujet de l’article 4 mais qui ont dans leur téléphone portable des photos de tribunes embrasées par des fumigènes festifs, lesquels sont à l’origine de la majorité des IAS. On peut réclamer de la sévérité à l’encontre des auteurs de violences contre les biens ou les personnes, et je peux peut-être comprendre ceux qui souhaitent aussi en faire preuve contre les personnes qui ont utilisé la pyrotechnie pour abîmer les sièges d’un stade ou lancé des fumigènes vers une autre tribune ou sur le terrain.

Photo de M. Matthieu Bloch
Article 4
M. Matthieu Bloch Matthieu Bloch UDR

Peut-être…

Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

En revanche, dans la plupart des cas, l’utilisation de la pyrotechnie est purement festive, elle ne porte atteinte ni aux biens ni aux personnes. Le sous-amendement que nous proposons offre l’occasion d’un jackpot au gouvernement. Ce dernier peut persister dans sa politique du chiffre, qui consiste à afficher une prétendue sévérité en prononçant de nombreuses IAS. Mais il pourrait aussi, avec le dispositif que nous proposons, significativement augmenter le taux de recouvrement des AFD et désencombrer les tribunaux administratifs, qui sont systématiquement saisis et annulent dans l’immense majorité des cas les IAS prononcées pour usage festif de la pyrotechnie. Le sous-amendement vise à instaurer le principe suivant : si une personne visée par une IAS pour un usage festif de la pyrotechnie ou une tentative en ce sens règle son AFD, l’IAS tombe. Il s’agit d’une proposition de bon sens, sur laquelle je demande à M. le ministre une réponse argumentée.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Christophe Marion, pour soutenir l’amendement no 840.

Amdt 840 Rejeté Amdt 840 Amdt 840
Photo de M. Christophe Marion
Article 4
M. Christophe Marion Christophe Marion EPR

Nous demandons le rétablissement de cet article dans sa version initiale, qui proposait une extension temporelle et géographique des IAS. C’est indispensable car les violences peuvent commencer avant le match, lors de rassemblements de supporters, et continuer après, lors d’affrontements, de dégradations, de provocations. Surtout, elles ciblent nos valeurs, avec des discours de haine qui s’opposent à la passion du sport. L’article prévoyait de renforcer le dispositif permettant aux préfets de prononcer des IAS. On ne peut pas s’offusquer lorsqu’une sénatrice paraguayenne s’attaque à Kylian Mbappé et ne pas faire preuve de fermeté quand la même chose se passe dans un stade. Et si on parle de cette sénatrice, on peut aussi penser à l’influenceuse d’extrême droite Thaïs d’Escufon, qui a tenu des propos inadmissibles sur l’équipe de France en proposant de renvoyer ses joueurs par charter en Afrique. (MM. François Cormier-Bouligeon et Antoine Léaument applaudissent.) Rétablir l’article dans sa version initiale est une solution de bon sens : les faits visés doivent être suivis de sanctions et nos stades ne peuvent pas être des cirques où s’exprime la violence. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EPR.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Les amendements identiques nos 5 de M. Éric Pauget, 233 de M. Thierry Liger, 243 de Mme Valérie Bazin-Malgras et 351 de M. Laurent Mazaury sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur l’ensemble des amendements et sous-amendements en discussion commune ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 4
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Je vais essayer de ramasser dans une réponse globale les avis sur les amendements de rétablissement et sur les sous-amendements qui leur sont rattachés. Avant toute chose, je précise à nos collègues qui n’étaient pas avec nous en commission des lois et n’ont donc pas participé à nos échanges sur les IAS que, contrairement à ce qui a pu être dit, l’article 4 ne crée pas quelque chose de nouveau. Il est inexact de prétendre qu’en plein mois de juillet, nous inventerions un régime administratif d’interdiction. Les IAS existent dans le droit français depuis 2006…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 4
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est le principe même de ce texte ! Tout ce qu’il prévoit est déjà dans le droit !

Photo de M. Vincent Caure
Article 4
M. Vincent Caure rapporteur EPR

…et, en se combinant avec des interdictions judiciaires, permettent de traiter un problème. Elles ne sont pas une anomalie – M. Houlié ne me contredira pas si j’indique qu’elles existent dans d’autres pays. Par ailleurs, j’imagine que nous sommes tous d’accord pour dire que des mesures individuelles sont toujours préférables à des sanctions collectives. Après la suppression de l’article 4 en commission, des échanges ont eu lieu entre le ministre de l’intérieur et plusieurs groupes politiques pour essayer de trouver une version de consensus ou, au moins, de convergence. La rédaction a été améliorée, avec un rétrécissement du dispositif proposé : les obligations débutent douze heures avant le match et se terminent douze heures après, alors que la rédaction initiale prévoyait deux fois vingt-quatre heures ; les IAS peuvent être prononcées pour un maximum de douze mois – vingt-quatre en cas de réitération –, et non plus respectivement vingt-quatre et trente-six mois ; et un seul pointage est désormais exigé. Certains ont évoqué la liberté d’aller et venir. Or, par le passé, le Conseil constitutionnel n’a rien trouvé à redire sur ce point à propos des IAS. M. Courbon a déposé un sous-amendement pour que les interdictions ne concernent pas le parcours de cortèges de supporters. Or, dans son avis, le Conseil d’État n’a pas relevé de difficultés de proportionnalité ou de motivation de la mesure. On peut toutefois encore améliorer le dispositif, comme cela a été le cas entre le passage en commission et l’examen en séance. C’est pourquoi j’émets un avis favorable au sous-amendement no 1067, M. Courbon ayant pointé les difficultés posées par les mots « injures publiques graves ou répétées ». Je suis en revanche défavorable à tous les autres sous-amendements à l’amendement du gouvernement.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

En introduction à ma réponse à cette longue discussion commune, je vais donner quelques chiffres. Pour la saison 2024-2025, pour laquelle nous disposons des statistiques définitives, les interpellations en marge des matchs de football ont augmenté de 26,7 % par rapport à la saison précédente, soit un passage de 718 à 910 interpellations. La pyrotechnie est loin d’être le seul motif puisque nous avons connu beaucoup d’attaques de convois de supporters par des individus au visage dissimulé, entre autres délits. Je donne ces éléments de bilan pour expliquer à Mme Taurinya ce qui justifie de nouvelles mesures. À M. Amirshahi, j’indique qu’on ne crée pas une nouvelle police administrative. On se contente d’étendre le champ d’application de ce qui existe pour le faire coller à la réalité actuelle des troubles à l’ordre public. À Mme Chikirou, je signale que la procédure est contradictoire, avec des demandes d’observations, et que, surtout, elle se déroule sous le contrôle du juge administratif,…

Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

Pas systématiquement !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

…éventuellement dans le cadre d’un référé jugé en quarante-huit heures.

Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

Dans les faits, ce n’est pas appliqué !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 4
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

L’administratif, ce n’est pas du judiciaire !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

S’il vous plaît, ne m’interrompez pas alors que j’explique seulement et modestement que le contrôle judiciaire et les garanties dont vous déploriez l’absence existent ! Les interdictions judiciaires dont plusieurs orateurs ont parlé accompagnent souvent des sanctions prises pour des violences commises dans l’enceinte du stade. Il s’agit la plupart du temps de peines complémentaires…

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Non, c’est l’inverse !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

…et, très souvent, elles sont prononcées deux ans après les faits. Comment voulez-vous prévenir des troubles à l’ordre public avec de tels délais ? Je vous rassure sur un point important : quand une décision judiciaire est prise en s’appuyant sur les faits à l’origine d’une IAS, celle-ci tombe automatiquement. (M. Pouria Amirshahi proteste.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 4
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Elle tombe ? C’est pour ça que vous êtes à la ramasse…

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Je veux dire un mot aussi sur l’extension des zones où peut s’appliquer une IAS, au-delà du stade lui-même et de son pourtour. Un préfet ne pourra jamais prendre une interdiction valable dans toute une ville. Cela ne serait ni équilibré ni proportionné et serait immédiatement censuré par un juge administratif. En revanche, on connaît les points de rassemblement, autour de certains bars et, donc, sur la voie publique. C’est toujours là que les troubles ont lieu. À Paris, je pourrais citer une grande place concernée par le problème. Il vaut donc mieux qu’une personne administrativement interdite de stade soit empêchée de se rendre à ces endroits. L’extension prévue ne vise que ce cas-là. Monsieur Houlié, mes chiffres ne concordent pas du tout avec les vôtres. Après recensement auprès des préfets, on a dénombré 1 148 IAS prononcées entre 2023 et 2026, dont 5 % seulement ont été annulées.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Parce que les autres personnes visées ne vont pas au tribunal !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Je ne sais donc pas d’où vient le chiffre de 75 %. D’autre part, monsieur Courbon, seules un quart des IAS s’accompagnent d’une obligation de pointage. Il n’y en a aucune dans 75 % des cas, et nous souhaitons supprimer la condition selon laquelle il faut démontrer que la personne a l’intention de se soustraire à son obligation de pointage : elle est quasiment impossible à remplir. En revanche, je suis surpris par les cas que M. Houlié et vous avez cités, avec des personnes empêchées de se rendre à des obsèques ou de répondre à leurs obligations familiales. J’ai été préfet et je sais que, si elle est contactée, la préfecture lève l’obligation le temps nécessaire. Je l’ai moi-même fait à de nombreuses reprises. Le dispositif est en réalité très souple. D’autre part, je voudrais revenir sur les évolutions consenties par le gouvernement. Nous souhaitions porter la durée maximale des IAS à vingt-quatre mois. Nous y avons renoncé, sauf en cas de réitération, et nous restons sur douze mois. La nouvelle rédaction que nous proposons prévoit que l’IAS s’applique douze heures avant et douze heures après le match, et non plus deux fois vingt-quatre heures. Autre élément important : on passe à une seule obligation de pointage, contre un maximum de trois auparavant. J’en viens à la notion d’injures publiques relevée par M. Courbon. Cette mention a été ajoutée au Sénat, avec la précision qu’elles devaient être « graves ou répétées ». Je conviens que ce n’est pas facile à établir, et que c’est même très compliqué à établir, à la différence des autres motifs que nous avons retenus, notamment les actes d’incitation à la haine ou à la discrimination contre des personnes en raison de leur origine ou de leur orientation sexuelle, etc. En conséquence, si mon amendement est adopté, je serai, comme M. le rapporteur, favorable au sous-amendement no 1067 qui vise à supprimer cette mention.

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

C’est dans l’autre sens que cela se passe !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Enfin, Mmes Chikirou et Taurinya m’ont accusé de vouloir interdire l’accès au stade à certaines personnes pour les empêcher d’y exprimer des opinions.

Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

Vous en êtes capable !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Attention : d’une manière générale, les messages politiques sont proscrits des enceintes sportives par les fédérations ou les ligues professionnelles. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Danielle Simonnet
Article 4
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Les propos homophobes ne leur posent pas de problèmes, mais avec les propos politiques, c’est une autre histoire !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Ce n’est pas du tout un motif d’IAS. Personne n’est interdit de stade pour avoir exprimé un message politique où que ce soit et on n’interdit pas les gens de stade pour les empêcher de le faire.

Photo de Mme Danielle Simonnet
Article 4
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Ben voyons !

MN
Article 4
M. Laurent Nuñez ministre

En résumé, je suis défavorable à l’ensemble des sous-amendements, sauf le no 1067, et évidemment favorable à l’amendement identique à celui du gouvernement.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Avant de donner la parole à l’ensemble des orateurs qui me l’ont demandée, je veux vérifier avec M. le rapporteur que sa position est la même que celle de M. le ministre. Vous êtes opposé à tous les amendements et sous-amendements, à l’exception de l’amendement du gouvernement, de l’amendement identique et du sous-amendement no 1067, c’est bien cela ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 4
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Vous avez lu en moi !

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Merci ! La parole est à M. Corentin Le Fur.

Photo de M. Corentin Le Fur
Article 4
M. Corentin Le Fur Corentin Le Fur DR

Nous abordons un sujet important. Si je salue le travail remarquable du ministre de l’intérieur et du rapporteur sur ce texte, je n’en reste pas moins extrêmement sceptique, voire extrêmement critique, sur le rétablissement de l’article 4. Je sais que mon avis est partagé par certains de mes collègues, notamment l’excellent Ian Boucard. À mon sens, on se trompe de combat en faisant preuve d’une telle sévérité à l’égard des supporters – nous en connaissons –, en particulier en imposant à certains une obligation de pointage, particulièrement préjudiciable. Par conséquent, accordons-nous au moins pour adopter les sous-amendements nos 1069, 1070 et 1071 de notre collègue Courbon, afin de supprimer cette obligation, excessivement préjudiciable et sévère lorsqu’il s’agit de réprimer de petites infractions. (M. Sacha Houlié applaudit.) Cet article traite en effet comme des délinquants des supporters qui ont eu le malheur de craquer un fumigène en leur imposant une obligation de pointage qui est disproportionnée. Chez moi, les gendarmes eux-mêmes viennent me voir en disant : « Cette obligation de pointage nous pénalise. Pour nous aussi, elle est extrêmement préjudiciable, puisqu’elle nous impose un travail administratif supplémentaire. »

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 4
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

J’espère que le ministre prend des notes !

Photo de M. Corentin Le Fur
Article 4
M. Corentin Le Fur Corentin Le Fur DR

À Guingamp,…

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 4
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

En avant Guingamp !

Photo de M. Corentin Le Fur
Article 4
M. Corentin Le Fur Corentin Le Fur DR

…nous connaissons les supporters, notamment ceux du Kop Rouge – ce sont des artisans, des professeurs, des commerciaux –, à qui cette contrainte est imposée au risque de nuire considérablement à leur vie de famille. J’ai entendu votre argument, monsieur le ministre – on peut demander une dérogation. Néanmoins, il s’agit d’une contrainte supplémentaire. Supprimons donc cette obligation de pointage ! Surtout, je crois qu’on se trompe de combat en visant les supporters et les associations de supporters. C’est envers la casse en marge des manifestations sportives et lors de la célébration des victoires qu’il nous appartient collectivement de nous montrer beaucoup plus fermes et plus sévères. (Mme Sophia Chikirou applaudit.)

Photo de M. Ian Boucard
Article 4
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Tout à fait !

Photo de M. Corentin Le Fur
Article 4
M. Corentin Le Fur Corentin Le Fur DR

Oui, cent fois oui, à une loi anticasseurs !

Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

Ah non !

Photo de M. Corentin Le Fur
Article 4
M. Corentin Le Fur Corentin Le Fur DR

Je vous ai entendus, le premier ministre et vous-même : vous voulez avancer en ce sens, et c’est heureux. Reste qu’il ne faut pas se tromper de combat en pénalisant les supporters, comme le fait cet article. L’enjeu est bien de disposer enfin d’une loi permettant de frapper les casseurs au portefeuille et de faire le distinguo entre les supporters et ces individus qui n’ont rien à voir avec eux et qui empoisonnent la vie de nombreux commerçants et riverains. Il me semble indispensable de ne pas rétablir l’article 4. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Danielle Simonnet.

Photo de Mme Danielle Simonnet
Article 4
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Monsieur le ministre, il est problématique d’étendre l’interdiction administrative de stade aux personnes ayant tenu des propos discriminatoires, et cela pour une raison : les propos comme les actes LGBTphobes et racistes relèvent du pénal. Par conséquent, en faire des infractions relevant de la justice administrative et de l’arbitraire des préfets pose d’abord un problème d’interprétation : comment sera considérée une banderole « Free Palestine » ? La mesure risque de donner lieu à des atteintes disproportionnées à la liberté d’expression. Surtout, ce que vous proposez revient, de fait, à banaliser des délits de provocation à la discrimination, qui devraient plutôt faire l’objet de poursuites pénales. Quant au maintien d’une peine d’interdiction administrative de stade même lorsqu’un juge l’a levée, cela me semble dingue. Cela revient à faire du préfet un juge – et même pire : un juge au-dessus des juges ! C’est donc problématique. (M. Pouria Amirshahi applaudit.) D’autre part, j’avais déposé des amendements tendant à inscrire dans la loi une obligation de résultat en matière de lutte contre de tels propos pour les clubs et les organisateurs d’événements sportifs. On a décidé que ces amendements étaient des cavaliers législatifs. Alors que nous examinons une loi fourre-tout, truffée de surenchères sécuritaires, totalement inefficace, vous ne vous êtes pas saisi d’une possibilité dont vous disposiez pourtant, monsieur le ministre : reprendre l’un de ces amendements, qui aurait permis de traduire dans le texte deux avis du Conseil d’État, lequel s’est prononcé par deux fois en faveur d’une obligation de résultat imposée aux clubs. Franchement, quand des clubs laissent passer des banderoles de vingt mètres de long portant des inscriptions LGBTphobes, convenez que leur complicité est totale ! Outre la responsabilité des supporters, il faut donc mettre en cause celle des clubs. Il s’agit d’un véritable problème : nous sommes très fiers de notre équipe et le football est très populaire, mais cela rend justement ce sport sacrément prescripteur, de sorte que les violences LGBTphobes ou racistes survenant dans les stades ne reflètent pas seulement les mentalités d’une partie de la société : elles peuvent aussi contribuer à les façonner. Or, ne l’oublions jamais, l’homophobie et le racisme tuent. Pensons aux victimes et donnons-nous les moyens de changer la donne, ce que permettrait une telle obligation de résultat ! (M. Pouria Amirshahi applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Andy Kerbrat.

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Collègues, je ne pense pas que vous souhaitiez qu’une interdiction administrative de stade soit prononcée à l’encontre de Thaïs d’Escufon, cette célèbre raciste dont le nom a été prononcé ici. Il me semble que tout le monde est d’accord : pour avoir tenu des propos racistes, elle doit passer devant la justice. (Mme Danielle Simonnet applaudit.) Et si elle s’attaque à un autre club français et qu’elle tient de nouveaux propos racistes, j’espère qu’ils feront l’objet d’une procédure judiciaire.

Photo de M. Laurent Marcangeli
Article 4
M. Laurent Marcangeli Laurent Marcangeli HOR

L’un n’empêche pas l’autre !

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Quoi qu’il en soit, nous restons décidés à voter contre les amendements tendant à rétablir l’article. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Votre réécriture ne nous a pas convaincus. Comme nous vous l’avons déjà dit en commission, le problème de l’article initial, comme de votre amendement de réécriture, vient de ce que vous n’avez pas consulté l’Association nationale des supporters. Ses membres vous avaient pourtant alertés lors des travaux auxquels ils ont participé aux côtés de certains parlementaires, non pour représenter nos clubs respectifs, mais pour une raison de fond : bien que j’adore le FC Nantes et la Brigade Loire – sans être le plus footeux de cette assemblée, je pense –, je ne viens pas ici pour défendre mon club, mais parce que je ne trouve pas normal que l’interdiction de stade relève du registre administratif. Elle doit être prononcée par l’autorité judiciaire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Quelqu’un, un con – disons-le clairement – qui tiendrait des propos LGBTphobes au sein de l’Assemblée nationale – chacun sait que je suis plutôt tatillon sur ce genre de questions – devrait être condamné par la justice ; c’est à elle qu’il revient de décider d’une éventuelle interdiction de stade. (Mêmes mouvements.) L’interdiction administrative de stade n’a de valeur qu’entre le moment où le fait est commis et le passage en justice. Or, en réalité, seules les interdictions administratives ont cours. Voilà ce que votre texte vise à aggraver : il n’y aura plus de justice.

Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

État policier !

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Vous pouvez bien raconter ce que vous voulez sur les possibilités de recours devant le juge administratif. Vous savez aussi bien que moi que les juridictions administratives sont sous l’eau : vous les avez noyées en durcissant le droit des étrangers et en instaurant ce genre de bêtises ! (Mme Sophia Chikirou applaudit.) Les durées de traitement sont si longues que le droit de recours n’est pas effectif. Monsieur Nuñez, retirez cet amendement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Photo de Mme Sophia Chikirou
Article 4
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

Bravo !

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Agnès Pannier-Runacher.

Photo de Mme Agnès Pannier-Runacher
Article 4
Mme Agnès Pannier-Runacher Agnès Pannier-Runacher EPR

La position que je vais défendre différera peut-être un peu de celle de mon groupe. Le rétablissement de l’article 4 me gêne un peu (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – MM. Ian Boucard et Corentin Le Fur applaudissent également), pour des raisons qui tiennent à mon expérience : je connais des supporters qui, tout en se comportant tout à fait bien, peuvent craquer des fumigènes de manière festive. Tout le monde s’accordera pour reconnaître que c’est interdit et que c’est mal, mais de là à devoir pointer trois fois par semaine au commissariat… (Mêmes mouvements.) Car c’est bien de cela qu’il s’agit : championnat le samedi, coupe d’Europe le mercredi et championnat le samedi qui suit, cela fait trois fois en une semaine. Il s’agit de la vie des gens et la mesure me semble disproportionnée, je tenais à le dire ici. Peut-être pouvons-nous nous rallier aux sous-amendement nos 1069 et identique afin de corriger ce défaut, en sus du sous-amendement no 1067, sur lequel le rapporteur Vincent Caure a donné un avis favorable et de l’amendement no 889, dans lequel je remercie le gouvernement d’avoir esquissé un premier chemin de compromis en s’écartant de la rédaction initiale. Autrement dit, j’invite soit à ne pas adopter d’amendement tendant à rétablir l’article 4, soit à le sous-amender. N’envoyons pas d’honnêtes gens pointer trois fois par semaine au commissariat au risque d’affecter leur vie : pas si nombreux, un peu portés sur la fête et surtout très passionnés de football, ils restent – j’en connais – de bons citoyens. (MM. Ian Boucard et Corentinl Le Fur applaudissent.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pierrick Courbon.

Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

Je salue les quelques ouvertures du rapporteur et du ministre, notamment en faveur de la suppression de la mention des injures publiques, qui relève du bon sens. Je vais commencer par un propos qui ne sera pas forcément politiquement correct. Monsieur le ministre, vous avez mentionné 910 interpellations. C’est beaucoup, certes : ce sont 910 faits de trop. Mais, rapportés aux 13 millions d’entrées annuelles dans des stades de football – en ligue 1, en ligue 2 et en coupe d’Europe –, cela fait moins de 0,01 % de comportements problématiques. Ceux-ci constituent donc un simple reliquat statistique et non un problème systémique de la part des supporters. (M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit.) Notre attachement à la question des supporters tient à une autre raison. Comme notre collègue Kerbrat l’a dit, il ne procède pas d’un biais territorial ou d’une volonté de nous adresser à tel ou tel public de nos circonscriptions respectives, mais du constat que, dans notre société, les endroits ne sont plus si nombreux où vous pouvez rencontrer, assis à la même tribune, un prof, un cadre sup et, qui sait, un député, voire un membre du cabinet du ministre de l’intérieur, qui se retrouvent au même moment pour célébrer le sport et soutenir une équipe de football. Il faut absolument défendre ces lieux de rassemblement et de mixité sociale. J’en viens aux éléments de réponse de M. le ministre. Afin de lutter contre la violence, objectif que nous partageons, nous avions proposé de muscler l’arsenal juridique avec des mesures judiciaires, ce que vous avez refusé de faire, préférant vous en tenir à des mesures administratives. Or, vous l’avez reconnu vous-même, le problème des mesures judiciaires, c’est que les procédures mettent deux ans à aboutir. Outre qu’un tel délai soulève la question des moyens de la justice, vous conviendrez, je pense, qu’obliger quelqu’un à aller pointer au commissariat toutes les semaines avant d’être innocenté par la justice au bout de deux ans – sachant que les interdictions administratives de stade qui sont contestées devant le tribunal administratif sont très régulièrement annulées, notamment celles qui avaient été prononcées pour pyrotechnie festive – constitue une mesure tout à fait disproportionnée.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Merci, cher collègue.

Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

Je termine, madame la présidente, en vous disant… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Photo de M. Jérémie Patrier-Leitus
Article 4
M. Jérémie Patrier-Leitus Jérémie Patrier-Leitus HOR

Droit au but, s’il vous plaît !

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Vous avez terminé, monsieur le député. Tous les orateurs qui le souhaitaient ayant pu s’exprimer, tant sur l’ensemble de la discussion commune que sur chacun des amendements et des sous-amendements, je vais maintenant procéder à leur mise aux voix.

II
Article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 112 est retiré.) (M. Corentin Le Fur applaudit.)

Amdt 112 Retiré Amdt 112
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 929.

Amdt 929 Rejeté Amdt 929 Amdt 929
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 131 Nombre de suffrages exprimés 131 Majorité absolue 66 Pour l’adoption 46 Contre 85

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 929 n’est pas adopté.)

Amdt 929 Rejeté Amdt 929 Amdt 929
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 930.

Amdt 930 Rejeté Amdt 930 Amdt 930
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 135 Nombre de suffrages exprimés 135 Majorité absolue 68 Pour l’adoption 46 Contre 89

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 930 n’est pas adopté.)

Amdt 930 Rejeté Amdt 930 Amdt 930
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1041 n’est pas adopté.)

Amdt 1041 Rejeté Amdt 1041 Amdt 1041
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix les sous-amendements identiques nos 931 et 1062.

Amdt 931 Rejeté Amdt 931 Amdt 931 En traitement Amdt 1062 Rejeté Amdt 1062
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 135 Nombre de suffrages exprimés 135 Majorité absolue 68 Pour l’adoption 46 Contre 89

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Les sous-amendements identiques nos 931 et 1062 ne sont pas adoptés.)

Amdt 931 Rejeté Amdt 931 Amdt 931 En traitement Amdt 1062 Rejeté Amdt 1062
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1063.

Amdt 1063 Rejeté Amdt 1063
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 129 Nombre de suffrages exprimés 107 Majorité absolue 54 Pour l’adoption 20 Contre 87

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1063 n’est pas adopté.)

Amdt 1063 Rejeté Amdt 1063
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1064.

Amdt 1064 Rejeté Amdt 1064
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 132 Nombre de suffrages exprimés 106 Majorité absolue 54 Pour l’adoption 17 Contre 89

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1064 n’est pas adopté.)

Amdt 1064 Rejeté Amdt 1064
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1065.

Amdt 1065 Rejeté Amdt 1065
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 133 Nombre de suffrages exprimés 107 Majorité absolue 54 Pour l’adoption 18 Contre 89

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1065 n’est pas adopté.)

Amdt 1065 Rejeté Amdt 1065
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1066.

Amdt 1066 Rejeté Amdt 1066
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 134 Nombre de suffrages exprimés 133 Majorité absolue 67 Pour l’adoption 46 Contre 87

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1066 n’est pas adopté.)

Amdt 1066 Rejeté Amdt 1066
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1005 rectifié.

1005 (Rect) Rejeté 1005 (Rect) Amdt 1005
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 133 Nombre de suffrages exprimés 107 Majorité absolue 54 Pour l’adoption 18 Contre 89

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1005 rectifié n’est pas adopté.)

1005 (Rect) Rejeté 1005 (Rect) Amdt 1005
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1067.

Amdt 1067 Adopté Amdt 1067
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 134 Nombre de suffrages exprimés 74 Majorité absolue 38 Pour l’adoption 70 Contre 4

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1067 est adopté.)

Amdt 1067 Adopté Amdt 1067
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1068.

Amdt 1068 Rejeté Amdt 1068
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 130 Nombre de suffrages exprimés 108 Majorité absolue 55 Pour l’adoption 22 Contre 86

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1068 n’est pas adopté.)

Amdt 1068 Rejeté Amdt 1068
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 932.

Amdt 932 Rejeté Amdt 932 Amdt 932 En traitement
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 135 Nombre de suffrages exprimés 135 Majorité absolue 68 Pour l’adoption 46 Contre 89

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 932 n’est pas adopté.)

Amdt 932 Rejeté Amdt 932 Amdt 932 En traitement
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1006.

Amdt 1006 Rejeté Amdt 1006 Amdt 1006
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 135 Nombre de suffrages exprimés 135 Majorité absolue 68 Pour l’adoption 46 Contre 89

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1006 n’est pas adopté.)

Amdt 1006 Rejeté Amdt 1006 Amdt 1006
Photo de M. Sylvain Maillard
Article 4
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

On enchaîne les victoires !

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix les sous-amendements identiques nos 933 et 1069.

Amdt 933 Rejeté Amdt 933 Amdt 933 En traitement Amdt 1069 Rejeté Amdt 1069
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 133 Nombre de suffrages exprimés 133 Majorité absolue 67 Pour l’adoption 45 Contre 88

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Les sous-amendements identiques nos 933 et 1069 ne sont pas adoptés.)

Amdt 933 Rejeté Amdt 933 Amdt 933 En traitement Amdt 1069 Rejeté Amdt 1069
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1070.

Amdt 1070 Rejeté Amdt 1070
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 129 Nombre de suffrages exprimés 102 Majorité absolue 52 Pour l’adoption 42 Contre 60

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1070 n’est pas adopté.)

Amdt 1070 Rejeté Amdt 1070
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1071.

Amdt 1071 Rejeté Amdt 1071
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 133 Nombre de suffrages exprimés 127 Majorité absolue 64 Pour l’adoption 39 Contre 88

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1071 n’est pas adopté.)

Amdt 1071 Rejeté Amdt 1071
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix les amendements identiques nos 889 du gouvernement et 828, sous-amendés.

Amdt 889 Rejeté Amdt 889 Amdt 828 Rejeté Amdt 828
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 133 Nombre de suffrages exprimés 98 Majorité absolue 50 Pour l’adoption 40 Contre 58

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 889 et 828, sous-amendés, ne sont pas adoptés.) (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Amdt 889 Rejeté Amdt 889 Amdt 828 Rejeté Amdt 828
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 840.

Amdt 840 Rejeté Amdt 840 Amdt 840
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 131 Nombre de suffrages exprimés 95 Majorité absolue 48 Pour l’adoption 37 Contre 58

II
Article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 840 n’est pas adopté.)

Amdt 840 Rejeté Amdt 840 Amdt 840
II
Article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 233 est retiré.)

Amdt 233 Retiré Amdt 233 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix, par scrutin public, les amendements identiques nos 5, 243 et 351.

Amdt 5 Rejeté Amdt 5 A discuter Amdt 243 Rejeté Amdt 243 A discuter Amdt 351 Rejeté Amdt 351 A discuter
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 127 Nombre de suffrages exprimés 87 Majorité absolue 44 Pour l’adoption 19 Contre 68

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 5, 243 et 351 ne sont pas adoptés ; en conséquence, l’article 4 demeure supprimé.)

Amdt 5 Rejeté Amdt 5 A discuter Amdt 243 Rejeté Amdt 243 A discuter Amdt 351 Rejeté Amdt 351 A discuter
Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Antoine Léaument, pour un rappel au règlement. Sur quel article le fondez-vous ?

Photo de M. Antoine Léaument
Rappel au règlement
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Je ne me souviens plus de son numéro : il s’agit de l’article qui précise que vous devez donner les avis de la commission et du gouvernement pour chaque amendement. Vous avez dit, pour l’amendement no 889 du gouvernement, que l’avis de la commission était favorable ; or l’avis favorable était celui du rapporteur à titre personnel, la commission ayant voté contre – je me réjouis d’ailleurs que l’Assemblée ait fait de même. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Nous en venons à des amendements portant article additionnel après l’article 4. Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements nos 704 et 705, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur les amendements nos 281 et 282, par le groupe Socialistes et apparentés. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 704.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Toujours en ce qui concerne les interdictions de stade, l’amendement vise à supprimer les interdictions commerciales de stade (ICS), qui sont prononcées par les clubs et non par l’autorité judiciaire. Elles peuvent paraître pertinentes au premier abord : compte tenu de la relation contractuelle qui lie le stade et les supporters, si ces derniers ne respectent pas les termes du contrat, le club peut leur interdire l’accès au stade. Cependant, les clubs outrepassent leur fonction première de centre commercial du sport. Les stades, qui sont majoritairement des équipements publics, sont aussi des lieux de sociabilité et d’expression politique ; ils constituent parfois, pour certaines personnes, l’unique loisir de la semaine. Du fait de cette évolution, les politiques de sanction des supporters doivent être revues. Les ICS sont dépourvues des garanties fondamentales de la procédure judiciaire : elles ne sont assorties ni d’un débat contradictoire ni de la possibilité de faire appel. Il est normal que les actes de violence, de racisme ou d’homophobie soient sanctionnés ; ils tombent d’ailleurs déjà sous le coup du droit pénal. Mais les ICS ne répondent pas à la même logique : dénuées de tout cadre juridique, elles dotent les clubs d’un véritable pouvoir de police. En pratique, ce pouvoir est fréquemment détourné pour en faire un instrument répressif à l’encontre des supporters critiquant la direction ou la politique du club. Nombreuses sont les associations de supporters qui en ont fait les frais, comme à Laval ou à Saint-Étienne. Comme l’a souligné le rapport de 2020 de M. Houlié et Mme Buffet, ce dispositif est attentatoire aux libertés et insuffisamment encadré. Nous ne pouvons l’accepter. Certains clubs partagent d’ailleurs notre position : ainsi, le Racing club de Lens a décidé d’encadrer sa procédure d’ICS, en permettant un débat contradictoire et en ouvrant la possibilité de faire appel. Il n’est pas normal que les clubs aient de l’avance sur le législateur.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 4
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable. Les ICS, créées en 2016, permettent d’agir, parfois face à des comportements qui ne réclament pas de mesures de police administrative. Libre aux clubs d’adopter des politiques internes comme celle que vous avez citée à propos du RC Lens. Les ICS restent très utiles.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Ça sert surtout à virer les gens qui ne sont pas d’accord !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 4
M. Laurent Nuñez ministre

J’ai un peu de mal à comprendre cet amendement. Les ICS visent à responsabiliser les clubs, selon une logique commerciale, en leur permettant de suspendre des abonnements. Nous aimerions d’ailleurs que certains clubs prennent davantage leurs responsabilités. Je suis très défavorable à cet amendement.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 704.

Amdt 704 Rejeté Amdt 704 Amdt 704 En traitement
II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 104 Nombre de suffrages exprimés 104 Majorité absolue 53 Pour l’adoption 33 Contre 71

II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 704 n’est pas adopté.)

Amdt 704 Rejeté Amdt 704 Amdt 704 En traitement
Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de deux amendements, nos 705 et 281, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 705.

Amdt 705 Rejeté Amdt 705 Amdt 705
Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Cet amendement de repli vise à borner dans le temps les interdictions commerciales de stade. Pour le moment, leur durée théorique maximale est de dix-huit mois – non pas par choix du législateur, mais du fait des limites imposées par le cadre européen en matière de conservation des données personnelles. Ce n’est donc, en réalité, même pas la durée de la sanction qui est plafonnée, mais la durée légale de conservation des données d’identité des supporters. Cette durée très longue et qui ne peut être contestée par l’intéressé – contrairement aux IAS – fait de l’interdiction commerciale de stade la seule interdiction non encadrée. Or les IAS et les interdictions judiciaires, qui sont encadrées, sont déjà largement attentatoires aux droits des supporters ! Même si nous appelons à la suppression du mécanisme, cet amendement de repli permet de ramener sa durée maximale à six mois. Je pense que vous pourrez le comprendre, monsieur le rapporteur et monsieur le ministre !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Sacha Houlié, pour soutenir l’amendement no 281.

Amdt 281 Rejeté Amdt 281 Amdt 282 Rejeté Amdt 282 A discuter
Photo de M. Sacha Houlié
Après l’article 4
M. Sacha Houlié Sacha Houlié SOC

Il s’agit également d’encadrer la durée des interdictions commerciales de stade. Leur légitimité ne peut pas être la même que celle des interdictions judiciaires ou administratives. L’interdiction judiciaire doit primer – elle prend généralement la forme d’une peine complémentaire infligée à un supporter pour une infraction commise dans une enceinte sportive ou à proximité. Sa durée maximale est de cinq ans. La durée maximale de l’interdiction administrative, quant à elle, est de douze mois. L’amendement no 281 tend à limiter la durée de l’interdiction prononcée par un club – c’est-à-dire une autorité privée – à neuf mois. Je me permets de présenter également l’amendement no 282, qui vise à instaurer une mesure de coordination. Lorsqu’une interdiction judiciaire est prononcée, elle fait tomber l’interdiction administrative. Dans la même logique, il convient que les préfectures aient connaissance des interdictions commerciales, afin de ne pas prononcer une interdiction administrative qui se cumulerait à une interdiction commerciale, sans coordination de leurs durées. L’amendement no 282 prévoit ainsi qu’à chaque fois qu’un club prononce une interdiction commerciale, il transmet cette information au préfet, afin qu’il en tire les conséquences s’agissant de ses propres interdictions.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission sur ces trois amendements ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 4
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Les interdictions commerciales de stade relèvent du pouvoir d’organisation et de gestion des enceintes sportives par leurs exploitants ou par les propriétaires et gestionnaires des clubs. Les pratiques observées varient selon les clubs, les circonstances, les faits reprochés et le niveau de risque présenté par les personnes concernées. Dès lors, l’instauration d’un plafond unique de six ou neuf mois ne me paraît pas justifiée ; elle risquerait de réduire la capacité des organisateurs à prévenir efficacement les comportements dangereux. Avis défavorable sur les trois amendements.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis, pour les mêmes motifs.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 705.

Amdt 705 Rejeté Amdt 705 Amdt 705
II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 95 Nombre de suffrages exprimés 95 Majorité absolue 48 Pour l’adoption 28 Contre 67

II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 705 n’est pas adopté.)

Amdt 705 Rejeté Amdt 705 Amdt 705
Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 281.

Amdt 281 Rejeté Amdt 281
II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 97 Nombre de suffrages exprimés 97 Majorité absolue 49 Pour l’adoption 29 Contre 68

II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 281 n’est pas adopté.)

Amdt 281 Rejeté Amdt 281
Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 282.

Amdt 282 Rejeté Amdt 282 A discuter
II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 99 Nombre de suffrages exprimés 99 Majorité absolue 50 Pour l’adoption 12 Contre 87

II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 282 n’est pas adopté.)

Amdt 282 Rejeté Amdt 282 A discuter
Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements nos 707 et 708, par le groupe Gauche démocrate et républicaine ; sur l’amendement no 807, par le groupe Écologiste et social. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 707.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Il s’agit de renforcer les garanties procédurales entourant les IAS, en donnant aux supporters concernés un accès effectif aux éléments sur lesquels l’administration fonde sa décision. Monsieur le ministre, 75 % des interdictions administratives qui font l’objet d’un recours devant le juge administratif sont annulées. Certes, tout le monde ne dépose pas un tel recours ; c’est ce qui explique l’inexactitude du chiffre que vous avez communiqué tout à l’heure. Les annulations des IAS par le juge administratif résultent généralement d’un défaut de preuves matérielles ou d’une erreur d’identification de la personne visée. Ce constat conduit à interroger la fiabilité du dispositif et justifie de mieux garantir les droits de la défense en amont. Aujourd’hui, lors de la procédure prétendument contradictoire, de nombreuses préfectures refusent de communiquer les photographies, vidéos et autres éléments censés justifier la décision. Le supporter est alors invité à présenter des observations sans connaître les faits précis qui lui sont reprochés. Cet amendement vise à garantir le respect des droits de la défense et à limiter les erreurs qui conduisent à des restrictions de liberté injustifiées. Je rappelle que les IAS sont inscrites au casier judiciaire, si bien que certains supporters visés par ces interdictions peuvent se retrouver en difficulté : ainsi, un supporter que je connais particulièrement n’a pas pu devenir sapeur-pompier à cause d’une IAS.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 4
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Vous proposez de soumettre toute décision d’IAS à une procédure contradictoire.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Eh oui !

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 4
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Or l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration (CRPA) impose déjà – sauf conditions d’urgence – une telle procédure, les IAS relevant d’une décision individuelle défavorable de police administrative. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Avis défavorable, pour la raison que M. le rapporteur vient d’exposer : la procédure contradictoire est déjà prévue dans ces situations. L’accès au dossier, prévu par l’article L. 122-2 du code des relations entre le public et l’administration, est quant à lui réservé aux seules mesures « à caractère de sanction », ce qui n’est pas le cas des mesures de police administrative.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 4
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

C’est tout de même de l’arbitraire !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 707.

Amdt 707 Rejeté Amdt 707
II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 100 Nombre de suffrages exprimés 100 Majorité absolue 51 Pour l’adoption 31 Contre 69

II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 707 n’est pas adopté.)

Amdt 707 Rejeté Amdt 707
Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

L’amendement no 708 de Mme Elsa Faucillon est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 708 Rejeté Amdt 708
Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 4
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 708.

Amdt 708 Rejeté Amdt 708
II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 96 Nombre de suffrages exprimés 96 Majorité absolue 49 Pour l’adoption 27 Contre 69

II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 708 n’est pas adopté.)

Amdt 708 Rejeté Amdt 708
Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. le ministre, pour soutenir l’amendement no 890 rectifié.

890 (Rect) Adopté 890 (Rect)
MN
Après l’article 4
M. Laurent Nuñez ministre

Il vise à créer une interdiction de paraître. M. le député Le Fur disait tout à l’heure que nous devions tenir compte des événements récents : la rédaction du présent amendement est directement inspirée des incidents à répétition qui ont eu lieu à l’issue d’un certain nombre de manifestations sportives. Tout récemment, les célébrations consécutives à la finale de la Ligue des champions ont ainsi été l’occasion d’incidents et de débordements graves. L’amendement vise à permettre au représentant de l’État dans le département ou, à Paris, au préfet de police, « [d’] interdire à toute personne ayant commis de manière répétée des agissements violents contre des personnes ou des biens ou un acte violent d’une particulière gravité en marge d’une manifestation sportive, et à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser qu’elle est susceptible de réitérer ces agissements, de paraître en tout lieu ouvert au public dans lequel des troubles graves sont susceptibles de se produire [….] ». Il ne s’agit pas d’une interdiction pour plusieurs semaines ou pour plusieurs mois, mais d’une interdiction de paraître limitée à une manifestation sportive, un événement – pensons par exemple à l’avenue des Champs-Élysées les soirs de match du Paris Saint-Germain ou de l’équipe de France, ou à d’autres lieux encore, à Paris comme en province. Cette mesure de police administrative très importante est donc directement issue de l’expérience des débordements que nous avons connus lors de célébrations sportives.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 4
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis favorable, motivé par les images – que nous avons tous en mémoire – de la soirée qui a suivi, à Paris, la finale de la Ligue des champions. Nous ne visons pas les supporters des clubs, mais les individus qui font de ces événements une occasion de commettre des troubles, par exemple en utilisant des mortiers d’artifice contre les forces de l’ordre – nous en avons déjà débattu avant-hier. Cette interdiction de paraître est similaire dans son esprit à celle que nous avions votée l’année dernière lors de l’examen du projet de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic.

Photo de M. Sébastien Delogu
Après l’article 4
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Qui n’a servi à rien !

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Rappel au règlement
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Au titre de l’article 100, sur l’organisation de nos débats et sur vos pouvoirs en tant que présidente. Si notre règlement ne garantit qu’une prise de parole pour et une prise de parole contre par amendement, les circonstances sont inhabituelles : de nombreuses dispositions ont été supprimées en commission, les sous-amendements sont nombreux, etc. Nous étions donc partis du principe que, sur les amendements du gouvernement, un orateur de chaque groupe aurait la possibilité de s’exprimer ; il est impossible, sinon, de se prononcer.

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Cela était en effet convenu, mais pas pour les articles additionnels.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Rappel au règlement
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Certes, mais le même principe doit s’appliquer !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Ne perdons pas davantage de temps. La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Après l’article 4 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Vos propos, monsieur le rapporteur, monsieur le ministre, mettent en lumière plusieurs points. Premièrement, monsieur le rapporteur, vous avez dit que cet amendement était le bienvenu au lendemain des incidents survenus le soir de la célébration de la victoire du Paris Saint-Germain : voilà qui illustre bien comment des lois émotionnelles contribuent à l’inflation législative ! Tout part d’un fait divers – qu’une autre doctrine de police aurait permis de gérer autrement, mais je n’entrerai pas maintenant dans ce débat –, alors que nous disposons déjà largement des mesures permettant de faire face à ce genre de situation, y compris par de la prévention. Monsieur le ministre, je vous avais d’ailleurs directement interpellé, lors d’une séance de questions au gouvernement, sur la manière dont Madrid ou Londres préparent les soirées de fête et de célébration. Deuxièmement, nous voyons bien comment les interdictions de paraître, qui ne visaient initialement que les étrangers, ont donné lieu, petit à petit, à nombre de mesures de police administrative allant dans le même sens d’une restriction de la liberté d’aller et de venir, au-delà du cas des seuls étrangers. Ceux qui pensent qu’en s’en prenant aux étrangers, on ne s’en prend qu’aux fauteurs de troubles, devraient voir qu’à la fin, tout le monde est concerné : création des fameuses Micas, création des interdictions administratives de paraître à l’occasion des grands événements, notamment pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2030, généralisation des interdictions administratives de paraître par la loi dite « narcotrafic » – M. le rapporteur vient de le rappeler –, extension des interdictions administratives de stade par le présent projet de loi. Il y a enfin, monsieur le ministre, une contradiction dans votre raisonnement. Vous avez dit tout à l’heure : n’ayez crainte, car il est établi qu’en référé, en moins de quarante-huit heures, une décision du juge peut revenir sur la décision de l’autorité administrative. Toutefois, vous avez également affirmé que l’interdiction de paraître à l’occasion d’un événement sportif valait douze heures avant et douze heures après ce dernier : concrètement, le juge n’aura aucune possibilité de revenir sur la décision administrative.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Carlos Martens Bilongo.

Photo de M. Carlos Martens Bilongo
Après l’article 4 (suite)
M. Carlos Martens Bilongo Carlos Martens Bilongo LFI-NFP

Monsieur le ministre, l’exposé sommaire de votre amendement fait référence à l’article 4 du projet de loi ; mais vous avez été mis en minorité et la suppression de l’article 4 a été maintenue. Vous appuyez votre argumentation sur les événements survenus après la finale de la Ligue des champions remportée par le Paris Saint-Germain. Je vous ai cependant écrit à propos de Rafaël, un jeune homme qui a perdu un œil après la demi-finale. Selon un reportage de Mediapart, le soir de la finale, trois personnes ont également été mutilées. Vos projets de loi ne font que créer des tensions en réaction à des événements que nous aurions pu organiser et planifier nous-mêmes. Des personnes sont arrivées en toute tranquillité au Trocadéro pour célébrer une victoire et passer un bon moment à Paris ; en à peine quatre minutes, pourtant, Rafaël a perdu un œil, lui qui n’avait rien cassé et ne voulait que fêter la victoire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) M. Amirshahi a raison : dans nos communes, à Paris et ailleurs, nous pouvons créer et encadrer des moments populaires et festifs, pour que tout le monde puisse s’amuser et rentrer ensuite tranquillement chez soi. À chaque fois, pourtant, vous cherchez à criminaliser et à stigmatiser. L’exposé sommaire de votre amendement indique que vous entendez qu’on puisse interdire de paraître à des personnes qui n’ont parfois rien à se reprocher et ne veulent que célébrer une victoire populaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Andrée Taurinya.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Après l’article 4 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Madame la présidente, je vous demande une suspension de séance.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix-sept heures vingt-cinq, est reprise à dix-sept heures trente.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La séance est reprise.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 890 rectifié est adopté.)

890 (Rect) Adopté 890 (Rect)
Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Quel manque de cohérence !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Damien Girard, pour soutenir l’amendement no 807.

Amdt 807 Rejeté Amdt 807
Photo de M. Damien Girard
Suspension et reprise de la séance
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Cet amendement poursuit un objectif simple : permettre le réexamen des interdictions administratives de stade d’une durée égale ou supérieure à quatre mois. Les mesures de police administrative doivent toujours rester nécessaires, adaptées et proportionnées. Or elles sont prononcées à un instant donné, alors que la situation et le comportement de la personne concernée peuvent évoluer. Notre droit prévoit déjà de telles possibilités de réexamen dans d’autres domaines. Il n’y a aucune raison pour que les interdictions de stade échappent à cette logique. Elles présentent d’ailleurs une spécificité : leurs effets dépendent directement du calendrier des compétitions. Deux interdictions de même durée peuvent avoir des conséquences très différentes selon la date à laquelle elles sont prononcées. L’amendement ne retire aucun pouvoir au préfet. Il lui donne simplement la possibilité d’adapter sa décision lorsque les circonstances ont évolué, dans le respect du principe de proportionnalité qui fonde notre État de droit. Je vous invite donc à adopter cet amendement. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable également.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 807.

Amdt 807 Rejeté Amdt 807
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 85 Nombre de suffrages exprimés 85 Majorité absolue 43 Pour l’adoption 31 Contre 54

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 807 n’est pas adopté.)

Amdt 807 Rejeté Amdt 807
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Ian Boucard, pour soutenir l’amendement no 213.

Amdt 213 Adopté Amdt 213 A discuter
Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Il s’agit d’encadrer le pouvoir de police administrative des préfets concernant les interdictions de déplacement de supporters. J’ai été sensible au fait que le ministre de l’intérieur indique vouloir individualiser les sanctions et ne pas les rendre collectives. Or, dans le cas des interdictions de déplacement, elles sont clairement collectives. On peut ainsi se retrouver dans des situations ubuesques où, par exemple, le préfet prononce une interdiction alors que des supporters ont déjà entrepris leur déplacement. À vingt-quatre heures du match, la justice administrative ne peut plus intervenir. Et, parce qu’il y a eu des dérives lors d’un match il y a vingt-cinq ans, les supporters de Cannes – en National 2 – sont par exemple interdits de déplacement à Nîmes, ou les supporters de Sochaux empêchés de se rendre à Dijon. Comme l’interdiction repose sur la qualité de supporter, le simple fait de porter le maillot de Dijon à Sochaux – ou l’inverse – fait de vous un délinquant. Cela soulève un problème d’interprétation. Deux arguments pour finir. Le premier est celui de M. Courbon. Il a raison de rappeler que les tribunes de stade sont l’un des derniers espaces de sociabilisation – il n’en reste plus beaucoup dans notre pays – où un chef d’entreprise et son ouvrier peuvent se retrouver dans la même tribune. (Plusieurs députés du groupe LFI-NFP approuvent.) Le second concerne la qualité de supporter. On l’a vu récemment, les supporters peuvent être empêchés de se déplacer, mais les partenaires – ceux qui sont en loge – peuvent, eux, se rendre au match. Cela pose un problème d’équité. (Mêmes mouvements.) Nous sommes une grande République, et nous avons un bon ministre de l’intérieur. L’État devrait donc être en mesure de garantir la sécurité d’une rencontre sportive – qu’il s’agisse de Nîmes-Cannes, de Sochaux-Dijon ou de n’importe quelle autre rencontre.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Il a raison !

Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Enfin, je partage les propos de M. Le Fur : les débordements qui ont lieu après certains matchs – notamment après la deuxième victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions – ne sont pas forcément le fait de ceux qui étaient au stade – en l’espèce au Parc des Princes. Il s’agit plutôt de faits de nature comparable à certaines manifestations : des groupes violents comme les black blocs se mêlent aux cortèges sans être des supporters de football – ou des militants lors des manifestations du 1er mai – pour tout casser dans Paris. (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Vous êtes de droite !

Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Pour une fois, j’allais dans votre sens : ce n’est pas parce que les black blocs sont présents le 1er mai qu’ils sont militants politiques. (M. Carlos Martens Bilongo fait un geste de la main pour indiquer à l’orateur qu’il doit s’interrompre.) Cher collègue, ce n’est pas à vous de me dire quand finir mon intervention. J’arrêterai quand la présidente me le dira. Nous devons pouvoir assurer la sécurité.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable. Vous allez en partie dans le même sens que certains des collègues qui se trouvent derrière moi, mais pour des raisons de construction juridique, votre rédaction pose problème : elle reprend des éléments utilisés pour les interdictions individuelles et les applique à des interdictions collectives, affaiblissant l’opérationnalité de votre dispositif.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Nuñez ministre

Il serait compliqué de mettre en œuvre une telle mesure. J’en comprends la logique – interdire uniquement les déplacements des fauteurs de troubles. Mais, lorsque les préfets prennent des interdictions de déplacement, elles peuvent être partielles. Dans ce cas, les déplacements sont encadrés : on autorise 700 ou 800 personnes, qu’on conduit jusqu’au stade. La fête a donc bien lieu, elle est très encadrée, je le répète, et cela mobilise énormément de forces de l’ordre. Interdire individuellement ne serait pas suffisant : lorsqu’on interdit un déplacement, c’est parce qu’on craint des troubles graves à l’ordre public, et que les supporters du club accueillant attaquent à un moment ou à un autre les visiteurs. Ce n’est pas en isolant quelques individus que l’on empêchera les débordements – la mesure doit donc être collective pour être opérationnellement efficace. Je vous demande de bien vouloir retirer votre amendement ; à défaut, mon avis sera défavorable. Je le répète, beaucoup de déplacements sont encadrés : les forces de l’ordre vont chercher les supporters sur une aire d’autoroute, encadrent les bus et leurs occupants, puis les conduisent jusqu’au stade. Un clin d’œil à M. Sacha Houlié : si nous devons encadrer les supporters visiteurs, c’est bien que tout n’est pas à l’eau de rose dans le football. Mais nous le faisons, et cela sécurise les déplacements. Je souhaite qu’on en reste à ces mesures collectives.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Monsieur Boucard, nous sommes plus convaincus par votre exposé sommaire que par votre défense de l’amendement.

Photo de M. Carlos Martens Bilongo
Suspension et reprise de la séance
M. Carlos Martens Bilongo Carlos Martens Bilongo LFI-NFP

Voilà !

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

C’est vraiment dommage !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Cet amendement est intéressant à plusieurs titres. Le premier, c’est vous, monsieur le ministre, qui l’avez soulevé : vous estimez qu’il vaut mieux des mesures indiscriminées car on ne pourrait pas distinguer entre les supporters et ceux qui portent les maillots. J’entends votre logique, mais une telle mesure touche aux libertés individuelles. Si vous confondez toutes les personnes qui se trouvent dans ou à proximité d’un moment festif où il peut y avoir des débordements, ou des individus mal intentionnés, vous empêchez la fête – clairement, l’esprit de fête n’est pas votre terrain naturel. Mais vous empêchez aussi les clubs et les supporters – issus de milieux sociaux différents – de se retrouver et de partager ce moment. En outre, monsieur Boucard, l’exemple du 1er Mai n’est pas bon, car on ne peut distinguer les militants politiques des manifestants qui ne seraient pas militants.

Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

J’ai parlé des black blocs !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

C’est vous qui avez parlé des militants politiques.

Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Non, des black blocs ! Vous les considérez comme les vôtres ?

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Suspension et reprise de la séance
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Non, vous n’avez pas dit ça !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Si c’est le cas, tant mieux.

Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Oui, je fais la distinction !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Si ce n’est pas le cas, vous me le direz, même en aparté – cela me va.

Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Pas de souci.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

En tout cas, nous sommes pour cet amendement.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Moi aussi !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 213.

Amdt 213 Adopté Amdt 213 A discuter
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 88 Nombre de suffrages exprimés 69 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 45 Contre 24

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 213 est adopté.)

Amdt 213 Adopté Amdt 213 A discuter
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix-sept heures trente-cinq, est reprise à dix-sept heures cinquante-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La séance est reprise.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 83, 709 et 746, qui tendent à supprimer l’article 4 bis A et font l’objet d’une demande de scrutin public par le groupe Gauche démocrate et républicaine. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir l’amendement no 83.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 4 bis A
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Nous en revenons au sujet des AFD, auxquelles nous sommes radicalement opposés pour plusieurs raisons : la confusion entre celui qui constate le délit et celui qui prononce la peine, l’absence de contradictoire et d’individualisation de celle-ci, l’absence de garanties procédurales et le non-respect de la présomption d’innocence. On sait que votre obsession, ou celle de votre collègue ministre de la justice – car on a du mal à voir où passe la frontière entre votre domaine et le sien –, est la gestion du stock et du flux d’affaires, mais la Cour des comptes a montré qu’en la matière, les AFD ne résolvaient rien. Ensuite, monsieur le ministre, vous êtes vraiment champion du monde mais, malheureusement, je ne suis pas certaine que vous ayez le talent de notre équipe de France.

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 4 bis A
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Non, il est hors-jeu !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 4 bis A
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Si je dis cela, c’est que vous vous attaquez carrément ici aux groupes de supporters, à qui vous interdisez, collectivement – et c’est là que cette histoire devient folle –, l’entrée du stade ou la fréquentation de certains périmètres dès lors qu’ils sont en cortège. Cela va jusqu’aux véhicules personnels, qui peuvent être empêchés d’emprunter tel itinéraire ou de stationner à tel endroit. On a donc, avec cet article, un double effet Kiss Cool : des AFD, qui ont tout lieu de nous préoccuper, a fortiori ici où elles s’appliquent à un collectif.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 709.

Amdt 709 Rejeté Amdt 709 Amdt 709 A discuter
Photo de M. Nicolas Sansu
Article 4 bis A
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

L’article 4 bis A élargit encore le champ du recours aux interdictions de déplacement, qui frappent déjà indistinctement l’ensemble des supporters d’un club indépendamment de leur comportement individuel – et j’ai bien entendu votre réponse, monsieur le ministre, à l’amendement de notre collègue Boucard, qui portait à peu près sur le même sujet. La saison dernière, pas moins de 333 arrêtés d’encadrement ou d’interdiction de déplacement ont été pris. Et les dérives se multiplient. En mai dernier, à l’occasion du barrage retour entre l’OGC Nice et l’AS Saint-Étienne, un arrêté préfectoral est allé jusqu’à interdire à des supporters niçois de circuler dans leur propre ville – ce qui n’a malheureusement pas empêché Nice de rester en ligue 1 et Saint-Étienne en ligue 2. Plus inquiétant encore, certains arrêtés sont délibérément annoncés dans la presse afin de décourager les déplacements, sans jamais être publiés officiellement. Les supporters concernés ne peuvent alors même pas exercer de recours devant le juge administratif, ce qui pose problème. Avec ce texte, une personne qui n’a jamais troublé l’ordre public pourra être condamnée à une amende forfaitaire pour le seul fait de s’être rendue au match de son équipe, parfois simplement parce qu’elle porte une écharpe ou un maillot aux couleurs de son club de cœur. On ne sanctionne plus un comportement individuel, mais une appartenance supposée. Cela va vraiment trop loin !

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour soutenir l’amendement no 746.

Amdt 746 Rejeté Amdt 746 A discuter
Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 4 bis A
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Il est identique à l’amendement de notre collègue Boucard et à celui de Mme Faucillon, que vient de défendre M. Sansu. L’application de mesures indiscriminées pour encadrer strictement – c’est l’intention du ministre – les déplacements de supporters risque de porter atteinte à la liberté individuelle. Il y a un changement d’échelle entre la capacité à intervenir après identification d’éventuels fauteurs de troubles et la stigmatisation globale d’un groupe de supporters. Récemment, autour du canal Saint-Martin, le soir de la finale de la Coupe de France, des nervis d’extrême droite se sont mêlés aux supporters de l’OGC Nice pour mener une expédition punitive dans le 10e arrondissement de Paris. Ils se sont livrés à des saccages, à des agressions, notamment à l’arme blanche, ils ont proféré des cris racistes et fait des signes nazis. La faculté générale de cadrage préfectoral donnée par cet article banaliserait des mesures restrictives qui devraient rester exceptionnelles et motivées par des faits précis, par un risque identifié et un précédent établi. Autrement dit, lors d’une intervention, on risque de ne pas distinguer les vrais fauteurs de troubles – en l’occurrence, des militants d’extrême droite, néonazis et racistes, qui ont saccagé un bar – de l’ensemble des supporters, et d’interpeller tout le monde de manière indiscriminée. C’est ainsi que des supporters, présents à proximité, se sont retrouvés concernés par des interpellations rudes, violentes et brutales.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 4 bis A
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Nous n’avons pas réussi à tomber d’accord sur le bien-fondé des mesures individuelles. Je l’ai déjà dit : nous les préférons toujours aux mesures collectives, mais ces dernières doivent aussi exister. Je ne m’étends pas sur les amendes forfaitaires délictuelles, dont nous avons déjà parlé. Il convient de conserver l’article 4 bis A, qui permet de clarifier les pouvoirs dont dispose le préfet en matière d’encadrement des déplacements de supporters en listant précisément ce que peut contenir un arrêté préfectoral qui vise à lutter contre les phénomènes violents et en offrant aux forces de l’ordre un outil pour réprimer rapidement toute violation de ce type de mesures. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 4 bis A
M. Laurent Nuñez ministre

Je suis défavorable à ces amendements qui aboutissent au même problème que celui de M. Boucard, tout juste adopté : nous ne pourrons plus interdire des déplacements de supporters. Quand nous savons qu’il va y avoir des troubles graves à l’ordre public, par exemple à l’occasion d’un match OM-PSG, nous demandons aux supporters parisiens, depuis plusieurs années, de ne pas aller à Marseille, et inversement, pour éviter les incidents qui auraient sinon immanquablement lieu.

Photo de M. Sébastien Delogu
Article 4 bis A
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Allez l’OM !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 4 bis A
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Allez Paris !

MN
Article 4 bis A
M. Laurent Nuñez ministre

Quand l’OM joue à Lyon, c’est la même chose. Cet amendement empêchera le préfet d’interdire un déplacement collectif. L’article 4 bis A précise simplement les mesures qui peuvent être prises par le préfet, parmi lesquelles la définition de périmètres d’interdiction. Je suis défavorable au fait de supprimer la possibilité, pour le préfet, d’interdire des déplacements collectifs. C’est la garantie de troubles à l’ordre public très graves. Avec l’amendement que vous venez d’adopter, il ne sera plus possible d’interdire des déplacements de supporters. Nous serons donc contraints d’encadrer les supporters.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 4 bis A
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Vous exposez là une difficulté opérationnelle, monsieur le ministre. Votre raisonnement, c’est qu’il vaudrait mieux, pour la tranquillité publique, pour éviter des débordements, des incidents, des affrontements, empêcher les déplacements de l’ensemble des supporters d’un club, car les mesures individuelles seules n’y suffisent pas. Cependant, que faites-vous dans le cas que j’ai évoqué tout à l’heure, sur lequel vous n’avez pas répondu ? Que faites-vous lorsque des militants d’extrême droite organisés, violents, de véritables hooligans…

Photo de Mme Catherine Dellong Meng
Article 4 bis A
Mme Catherine Dellong Meng Catherine Dellong Meng

Oh là là !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 4 bis A
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

…s’infiltrent, comme l’autre jour, parmi les supporters de Nice pour saccager un bar sur le canal Saint-Martin, agresser des gens, proférer des cris racistes ? Vous dites que vous empêcherez tout le monde, y compris les supporters, de se déplacer et de faire la fête le soir de la finale de la Coupe de France. Ainsi, l’ensemble des supporters de l’OGC Nice seraient pénalisés parce qu’une horde d’imbéciles racistes et violents est venue manifester ses idées, interdites par la loi, dans l’espace public ? Si vous multipliez ce genre de mesures, vous vous retrouverez dans des situations très compliquées : vous empêcherez ceux qui veulent sincèrement faire la fête de la faire et vous viderez les stades des supporters qui viennent encourager leurs équipes le soir d’une finale. Nous sommes très attachés au fait que les mesures soient individuelles et non globales. Vous dites avoir besoin de mesures d’ordre plus général parce qu’elles sont plus efficaces, mais il conviendrait, à tout le moins, de réfléchir à des mesures qui n’aillent pas dans le sens d’une privation excessive des libertés individuelles – car ce que vous proposez, c’est bien une restriction des libertés individuelles qui contrevient à nos principes. Nous souhaitons pour notre part permettre aux supporters du Paris Saint-Germain comme de l’Olympique de Marseille, qui viennent massivement faire la fête, de le faire de manière vraiment festive.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. le ministre.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 4 bis A
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Essayez de ne pas mentir, cette fois-ci !

MN
Article 4 bis A
M. Laurent Nuñez ministre

Je me permets d’insister. Pour éviter des troubles, et rendre possible les déplacements, nous les encadrons. Les préfets s’organisent pour qu’on aille chercher les supporters et qu’on les emmène au stade.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 4 bis A
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

C’est bien !

MN
Article 4 bis A
M. Laurent Nuñez ministre

Certes, mais ce n’est plus possible compte tenu de ce qui a été voté, car tout cela s’inscrit dans le cadre d’un arrêté d’interdiction collective de déplacement, sauf pour un quota de personnes que l’on va chercher. Voilà des années que nous interdisons les déplacements ou que nous les encadrons. Vous revenez donc sur quelque chose qui fonctionnait, au motif du respect de libertés individuelles qui sont déjà garanties, puisque la plupart des déplacements sont encadrés, en lien avec les clubs ; c’est très dangereux du point de vue du respect du maintien de l’ordre public.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 4 bis A
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est insupportable de mentir à ce point !

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix les amendements identiques nos 83, 709 et 746.

Amdt 83 Rejeté Amdt 83 A discuter Amdt 709 Rejeté Amdt 709 Amdt 709 A discuter Amdt 746 Rejeté Amdt 746 A discuter
II
Article 4 bis A
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 97 Nombre de suffrages exprimés 80 Majorité absolue 41 Pour l’adoption 33 Contre 47

II
Article 4 bis A
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 83, 709 et 746 ne sont pas adoptés.)

Amdt 83 Rejeté Amdt 83 A discuter Amdt 709 Rejeté Amdt 709 Amdt 709 A discuter Amdt 746 Rejeté Amdt 746 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

L’amendement no 741 de M. Vincent Caure, rapporteur, est rédactionnel. Quel est l’avis du gouvernement ?

Amdt 741 Adopté Amdt 741 A discuter
MN
Article 4 bis A
M. Laurent Nuñez ministre

Favorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 741.

Amdt 741 Adopté Amdt 741 A discuter
II
Article 4 bis A
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 95 Nombre de suffrages exprimés 92 Majorité absolue 47 Pour l’adoption 60 Contre 32

II
Article 4 bis A
Intervenant non identifié

(L’amendement no 741 est adopté.)

Amdt 741 Adopté Amdt 741 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements no 560 et identique, par les groupes La France insoumise-Nouveau Front populaire et Socialistes et apparentés ; sur les amendements no 84 et identiques, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Les amendements no 560 et identique ne sont pas défendus. Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 84, 279 et 568. La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir l’amendement no 84.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 4 bis A
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Cet amendement vise à supprimer – si j’ose dire – le deuxième étage de la fusée, c’est-à-dire l’AFD réprimant le délit de violation des mesures prévues par cet article. Monsieur le ministre de l’intérieur, il reste un sujet à aborder : l’action de ceux que vous appelez les forces de l’ordre – quand nous souhaiterions que ce soient des gardiens de la paix – pour s’assurer que les choses puissent se passer tranquillement. La confrontation avec des groupes nous inquiète. D’abord, parce que vous avez changé la doctrine de maintien de l’ordre en favorisant le contact, l’action directe – sans mauvais jeu de mots. On sait bien que cela ne fait qu’augmenter la dangerosité non seulement pour les manifestants ou les supporters, mais aussi pour les policiers ou les gendarmes. Nous sommes d’autant plus inquiets, quand vous parlez de dimension collective, que la présomption de légalité a priori pour le policier ayant recours à son arme de poing et à des armes létales a été votée ici avant-hier. Ensuite, si ces amendements mettent le ministère de l’intérieur dans une situation impossible, indépassable, cela vous obligera à discuter avec les kops. Compte tenu de vos capacités de dialogue, vous trouverez les solutions qui ne relèvent pas de logiques répressives, injustes et irréalistes. C’est comme les histoires de ces gens qui, lors de free parties, font bien gentiment la queue pour recevoir leur AFD. Faites preuve d’imagination !

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Sur l’article 4 bis A, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 279 de M. Roger Vicot est défendu. La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy, pour soutenir l’amendement no 568.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 4 bis A
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Nous venons d’expliquer notre opposition à l’élargissement des pouvoirs préfectoraux prévu par cet article, mais vous avez refusé de le supprimer. Nous proposons donc, au moins, de retirer la sanction forfaitaire qui lui est attachée. L’amende forfaitaire délictuelle sanctionne ici le non-respect d’un arrêté administratif – un périmètre, un trajet, un lieu de rassemblement, une modalité de déplacement fixée par le préfet. Soyez sérieux : le dispositif pose un problème d’opérationnalité. Un déplacement de supporters, ce sont parfois des centaines, des milliers de personnes, qui arrivent par des gares différentes, se dispersent dans la ville, rejoignent des bars, des cortèges, des abords de stades, parfois sans appartenir à un groupe organisé ; vous en conviendrez. Comment cette amende forfaitaire délictuelle sera-t-elle appliquée ? On met un policier derrière chaque supporter ? On verbalise à la chaîne dans un périmètre donné ? On considère que le fait d’être présent, dans une rue, avec le maillot de l’équipe du soir, suffit à caractériser le non-respect de l’arrêté ? On est en absurdie ! Un supporter peut se trouver dans un périmètre sans avoir participé à un déplacement organisé. Il peut y avoir une confusion sur les lieux visés, les horaires, les itinéraires, les conditions d’application. Le problème d’une sanction forfaitaire appliquée à ce type de situation, c’est qu’elle écrase le contexte – qui est ici déterminant – et rend la contestation quasiment impossible. Voilà pourquoi nous proposons de supprimer ce dispositif.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 4 bis A
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Excellent !

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 4 bis A
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 4 bis A
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Antoine Léaument.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 4 bis A
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Monsieur le ministre, vous mentez ; ce n’est pas bien. Vous avez dit qu’après l’adoption de l’amendement de notre collègue Ian Boucard, vous ne pouviez plus prendre d’arrêté d’interdiction. Vous le pouvez toujours ; simplement, cet amendement impose de préciser que l’interdiction concerne uniquement des personnes qui peuvent représenter un danger. C’est ce que nous avions demandé. Nous aurions préféré supprimer cette disposition qui nous semble excessive, mais désormais vous êtes au moins contraint de préciser et de motiver. C’est normal quand on défend l’État de droit et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Nous souhaitons la suppression de l’amende forfaitaire délictuelle, parce que nous craignons que, sur la base d’arrêtés préfectoraux moyennement motivés, des policiers n’utilisent l’occasion pour interpeller des gens et ne les contraignent à un choix : payer l’amende ou aller au tribunal. On sait très bien que les gens préfèrent payer plutôt qu’aller au tribunal, alors qu’en l’occurrence, ils ne sont peut-être pas concernés par l’arrêté. Je vous demande donc de supprimer l’extension des AFD au délit prévu par l’article 4 bis A, sinon, des gens qui, grâce à l’amendement de Ian Boucard, n’auraient pas été concernés par l’arrêté d’interdiction risquent de faire l’objet se voir infliger des amendes.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. le ministre.

MN
Article 4 bis A
M. Laurent Nuñez ministre

Monsieur Léaument, je ne mens pas. J’ai bien compris le sens de la disposition.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 4 bis A
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Alors ?

MN
Article 4 bis A
M. Laurent Nuñez ministre

On ne pourra interdire de déplacement que des individus déterminés et il faudra les lister.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 4 bis A
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

L’arrêté peut interdire tout déplacement « individuel ou collectif » !

MN
Article 4 bis A
M. Laurent Nuñez ministre

C’est complètement inopérant. Cela n’a aucun sens.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 4 bis A
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Le gouvernement est censé nourrir le débat, pas le rabougrir et le pourrir ! Vu le niveau, nous avons bien compris que vous n’étiez pas ministre de la justice. Vous allez nous faire regretter Darmanin !

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix les amendements identiques nos 84, 279 et 568.

Amdt 84 Rejeté Amdt 84 A discuter Amdt 279 Rejeté Amdt 279 A discuter Amdt 568 Rejeté Amdt 568 A discuter
II
Article 4 bis A
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 100 Nombre de suffrages exprimés 100 Majorité absolue 51 Pour l’adoption 35 Contre 65

II
Article 4 bis A
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 84, 279 et 568 ne sont pas adoptés.)

Amdt 84 Rejeté Amdt 84 A discuter Amdt 279 Rejeté Amdt 279 A discuter Amdt 568 Rejeté Amdt 568 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’article 4 bis A, tel qu’il a été amendé.

II
Article 4 bis A
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis A
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 98 Nombre de suffrages exprimés 85 Majorité absolue 43 Pour l’adoption 41 Contre 44

II
Article 4 bis A
Intervenant non identifié

(L’article 4 bis A, amendé, n’est pas adopté.) (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

L’article 4 bis a été supprimé par la commission. La parole est à M. Pierrick Courbon, pour soutenir l’amendement no 280, tendant à le rétablir, et qui fait l’objet du sous-amendement no 1082. Sur cet amendement, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Amdt 280 Adopté Amdt 280
Photo de M. Pierrick Courbon
Article 4 bis
M. Pierrick Courbon Pierrick Courbon SOC

L’article 4 bis, introduit au Sénat et supprimé par la commission, prévoit que la Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives (CNPV) rende public son avis dans un délai fixé à sept jours. Cela permettrait d’éviter les situations où la Commission se réunit et transmet un avis au ministre de l’intérieur, que ce dernier se garde bien de communiquer, de sorte que les associations qui font l’objet d’une procédure de dissolution n’en sont pas informées. Je note que le sous-amendement no 1082 propose de porter ce délai à quatorze jours. Si c’est une condition à l’adoption de notre amendement, nous sommes prêts à l’accepter.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. le ministre, pour soutenir le sous-amendement no 1082.

Amdt 1082 Adopté
MN
Article 4 bis
M. Laurent Nuñez ministre

Si le délai de quatorze jours est accepté, je suis favorable à l’amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 4 bis
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Favorable au sous-amendement ainsi qu’à l’amendement sous-amendé.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix le sous-amendement no 1082.

Amdt 1082 Adopté
II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 100 Nombre de suffrages exprimés 86 Majorité absolue 44 Pour l’adoption 50 Contre 36

II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1082 est adopté.)

Amdt 1082 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 280, tel qu’il a été sous-amendé.

Amdt 280 Adopté Amdt 280
II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 97 Nombre de suffrages exprimés 68 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 68 Contre 0

II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 280, sous-amendé, est adopté ; en conséquence, l’article 4 bis est ainsi rétabli.)

Amdt 280 Adopté Amdt 280
Photo de Mme la présidente
Article 5
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pierre-Yves Cadalen.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

C’est son anniversaire ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 5
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Joyeux anniversaire !

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Merci aux camarades qui me le souhaitent. Plus sérieusement : à un moment donné, cela suffit ! En France, on compte 350 000 personnes sans-abri.

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 5
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Oh là là !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Comment ça « Oh là là » ?

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Le mal-logement est un problème massif : 15 millions de personnes en souffrent. Depuis la loi honteuse de M. Kasbarian, le nombre d’expulsions atteint des records. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)

Photo de M. Sébastien Delogu
Article 5
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Honte à vous !

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

De l’aveu même de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), le ministère de l’intérieur dénombre seulement 6 000 à 7 000 squattages par an. Alors que la canicule frappe le pays, que les gens crèvent de chaud dans leur logement ou crèvent de chaud dehors quand ils n’en ont pas, votre priorité est de créer des mesures administratives pour expulser davantage de gens. (Mêmes mouvements.)

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

On peut revenir à l’amendement ?

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Occupez-vous d’eux ! Logez-les, construisez des logements ! Faites ce que vous n’avez pas fait pendant des années et des années ! (Mêmes mouvements.) Répondez aux besoins sociaux ! Il est absurde et ridicule de discuter, comme nous le faisons depuis ce matin neuf heures, de dispositions qui n’auront aucun effet et d’une loi inutile, voire contre-productive, répressive et liberticide.

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 5
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

C’est vous qui êtes ridicule !

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

C’est d’autant plus ridicule que le pays souffre et que vous n’en avez rien à faire ! (Mêmes mouvements.) Le Haut Conseil pour le climat a dit ce matin que la France n’était pas prête pour la canicule. Et vous voulez que nous discutions de cette loi Ripost qui n’est ni faite ni à faire, de ce fourre-tout invraisemblable ? Nous, collègues de gauche, ainsi que tout le pays, nous n’en pouvons plus de ce gouvernement inutile ! Il est grand temps de vous remplacer ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 5
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 85, 569 et 606, qui tendent à supprimer l’article 5. La parole est à M. Andy Kerbrat, pour soutenir l’amendement no 85.

Amdt 85 Rejeté Amdt 85 A discuter
Photo de M. Andy Kerbrat
Article 5
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Nous avons déjà eu ce débat sur les squats en commission, et avant cela lors de l’examen de la loi de l’ancien ministre Kasbarian, désormais député.

Photo de M. Paul Midy
Article 5
M. Paul Midy Paul Midy EPR

L’excellent Kasbarian !

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 5
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

En l’occurrence, l’article vise à étendre la procédure d’évacuation forcée aux squats de meublés touristiques, type Airbnb. Au-delà du fait que le pays souffre de l’achat de foncier pour créer non pas des locations de vacances, mais des locations en Airbnb, vous suivez toujours la même pente : criminaliser les personnes les plus fragiles – à la toute fin, c’est bien cela le sujet. Nous avons parlé de rodéos urbains et nous parlerons plus tard du protoxyde d’azote, des drogues, de la possibilité pour l’Antai d’accéder à des données pour récupérer des AFD, et que sais-je encore. Dans ma circonscription, un sans-abri est mort de la canicule.

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Quel est le rapport ?

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 5
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

En 2014, quatorze personnes sont mortes des intempéries dans mon département ; en 2023, treize. Nous verrons quel sera le bilan définitif, mais c’est bien le bilan de la politique que vous avez menée depuis 2017 : explosion générale du sans-abrisme…

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 5
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Mais non ! Vous mélangez tout !

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 5
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

…et refus de reconnaître l’importance de les reloger, alors même que cela avait été une promesse d’Emmanuel Macron en 2017.

Photo de Mme Lisette Pollet
Article 5
Mme Lisette Pollet Lisette Pollet RN

Vous avez voté pour eux !

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 5
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

C’est pourquoi nous proposons de limiter les Airbnb, parce qu’on ne peut pas réquisitionner tous les logements juste pour faire du business. Il faut à tout prix organiser la réquisition des logements vides ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Article 5
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Sur les amendements nos 85, 86, 87 et 720, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Danielle Simonnet, pour soutenir l’amendement no 569.

Photo de Mme Danielle Simonnet
Article 5
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Franchement, quel rapport avec la choucroute ? On ne cesse de passer d’un sujet à l’autre dans ce texte ! Excusez-moi, mais l’article 5 vise à rendre plus faciles encore les expulsions des logements, alors que le texte ne contient pas une seule mesure relative à la production de logements sociaux, à l’encadrement des loyers, à la fiscalité de la vacance, à l’application de la réquisition des logements vides ou à l’instauration d’une sécurité sociale du logement – rien de tout cela : il ne s’agit que de énièmes dispositions pour faciliter les expulsions ! Alors que vous avez déjà atteint un record en 2025, avec 30 500 ménages expulsés avec le concours de la force publique et 200 000 concernés par une procédure d’expulsion, vous voulez instaurer un détournement de procédure, un glissement préoccupant d’un litige civil contractuel vers une réponse de police administrative et pénale expéditive qui contourne l’autorité judiciaire. C’est extrêmement grave ! Je vais vous dire deux choses. D’abord, malgré votre obsession pour les expulsions locatives, vous devez être sacrément incompétents puisque vous remettez sans cesse ce sujet sur le tapis : c’est dire à quel point vous vous y prenez mal ! Surtout, être pauvre n’est pas un trouble à l’ordre public : c’est fabriquer des pauvres qui est un trouble à l’ordre public ; c’est vous qui organisez le trouble à l’ordre public ! Oui, il faut supprimer cet article ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 5
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

L’amendement no 606 de Mme Elsa Faucillon est défendu.

Amdt 606 Rejeté Amdt 606 Amdt 606 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 5
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Xavier Albertini, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission sur ces amendements identiques.

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5
M. Xavier Albertini rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République HOR

L’article 5 prévoit l’élargissement du champ d’application de la procédure administrative dérogatoire d’évacuation forcée en cas de maintien dans une location de meublé touristique. Nous sommes donc loin de votre argumentation. Vous ciblez le droit de propriété, mais je rappelle que cet article vise aussi à protéger le droit à la vie privée et à garantir son respect. Il est normal, lorsqu’on loue un meublé touristique et que le locataire ne quitte pas les lieux, de garantir le droit à la vie privée. Compte tenu de ces éléments, il me paraît nécessaire de conserver l’article 5. C’est pourquoi je suis défavorable à vos amendements de suppression.

Photo de Mme la présidente
Article 5
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 5
M. Laurent Nuñez ministre

Avis défavorable pour les mêmes motifs. L’article prévoit l’extension d’une procédure existante aux meublés touristiques, qui constituaient un angle mort du dispositif. Il n’y a pas d’entrée illégale, mais, lorsque les gens ne quittent pas les lieux, ils savent qu’ils ne sont pas dans leur droit. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Guillaume Kasbarian.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

La voix du Parti de la liberté !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Sans surprise, la gauche prend encore une fois la défense des squatteurs,…

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Changez de disque !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

…explique qu’il est tout à fait normal de squatter la propriété d’autrui, qu’il s’agisse d’une résidence principale, d’une résidence secondaire ou d’un Airbnb, et que nous sommes de grands méchants parce que nous voulons faire respecter la propriété, un élément fondamental de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Quelle honte ! Le nombre de sans-abri explose !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Vous n’aimez pas la propriété privée, mais on le savait déjà. M. le ministre a bien rappelé que l’article permettait simplement d’étendre la procédure aux squatteurs d’Airbnb, entrés de façon licite grâce à un contrat, mais qui se maintiennent illégalement, un cas qui n’était pas pris en compte. Même cela, vous n’en voulez pas, parce que vous voulez que des gens puissent abuser de locations pour se maintenir dans les lieux.

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Allez voir à quoi ressemble un logement insalubre !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Accueillez les squatteurs chez vous, vous qui avez bon esprit, qui êtes de bonnes âmes ! Ouvrez-leur la porte de votre domicile, accueillez-les sur votre canapé !

Photo de Mme Danielle Simonnet
Article 5
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Allez squatter au RN !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Vous pourrez ainsi accorder vos déclarations d’amour aux squatteurs et vos actes concrets dans la vie réelle. Nous nous opposerons à ces amendements de suppression.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 5
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

C’est vous qui squattez le pouvoir !

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Antoine Léaument, pour un rappel au règlement. Sur le fondement de quel article ?

Photo de M. Antoine Léaument
Rappel au règlement
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Sur celui de l’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et sur celui du préambule de la Constitution de 1946. Certes, l’article 17 consacre le droit de propriété, mais il le limite aussi, « lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige ». (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Quant au préambule de la Constitution de 1948, il dispose : « La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. « Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. » Autrement dit, s’il y a un problème de squat, c’est de votre faute ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Jérôme Legavre.

Photo de M. Jérôme Legavre
Article 5 (suite)
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Monsieur Kasbarian, qui vient de s’exprimer, s’était félicité d’avoir fait exploser le nombre d’expulsions locatives. Ce fait suffit à le caractériser.

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

C’était l’objectif de la loi !

Photo de M. Jérôme Legavre
Article 5 (suite)
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Avec l’article 5, vous étendez les pouvoirs de l’autorité administrative sans vous attaquer aux causes des problèmes que vous voulez traiter. C’est d’ailleurs vrai de l’ensemble du projet de loi. Dans mon département de Seine-Saint-Denis, il y a 130 000 demandes de logement qui ne sont pas satisfaites. Le 29 juin dernier, en pleine canicule, 561 demandes de mise à l’abri de personnes qui vivent à la rue n’ont pas été satisfaites – et on meurt de chaleur quand on est à la rue ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 5 (suite)
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Cela n’a aucun rapport !

Photo de M. Jérôme Legavre
Article 5 (suite)
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Parmi les personnes à mettre à l’abri, 232 sont des enfants mineurs. Voilà la situation ! Ce matin, on a appris le décès d’une vieille dame de 93 ans, morte de chaud à son domicile. Depuis un an, elle demandait que des volets soient installés – les anciens n’avaient pas été remplacés. Voilà la cause de son décès !

Photo de M. Rodrigo Arenas
Article 5 (suite)
M. Rodrigo Arenas Rodrigo Arenas LFI-NFP

Honte à vous !

Photo de M. Jérôme Legavre
Article 5 (suite)
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Le bailleur n’a rien fait. De cette situation, vous n’avez rien à faire ! Ce n’est pas votre problème et M. Kasbarian continuera de se féliciter de l’explosion des expulsions locatives comme résultat de ses mesures réactionnaires sur toute la ligne. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix les amendements identiques nos 85, 569 et 606.

Amdt 85 Rejeté Amdt 85 A discuter Amdt 569 Rejeté Amdt 569 A discuter Amdt 606 Rejeté Amdt 606 Amdt 606 A discuter
II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 102 Nombre de suffrages exprimés 101 Majorité absolue 51 Pour l’adoption 31 Contre 70

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 85, 569 et 606 ne sont pas adoptés.)

Amdt 85 Rejeté Amdt 85 A discuter Amdt 569 Rejeté Amdt 569 A discuter Amdt 606 Rejeté Amdt 606 Amdt 606 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir l’amendement no 86.

Amdt 86 Rejeté Amdt 86 A discuter
Photo de Mme Élisa Martin
Article 5 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Il faut rappeler quelques malheureuses évidences. Dans notre pays, environ 15 millions de personnes sont mal logées. L’an dernier, il y a eu 25 000 expulsions locatives, avec réquisition de la force publique. C’est à cela qu’il faut réfléchir, c’est par ce bout qu’il faut tenter d’attraper le réel et de régler ce problème. Le responsable de l’Union nationale des propriétaires immobiliers indique qu’il y a entre 6 000 et 7 000 situations de squat. Qu’on le veuille ou non, ces situations sont minoritaires. Aborder le problème du mal-logement sous l’angle du squat pose donc un problème. Ce n’est pas ainsi qu’il faut procéder : il faut d’abord réunir les conditions d’une véritable politique de logement publique. Cela suppose de ne pas étouffer, comme l’a fait Emmanuel Macron tout au long de ses deux mandats, les bailleurs sociaux, à commencer par les offices publics qui, eux, logent la France telle qu’elle est. Si vous ne voulez pas qu’ils soient squattés, il faut réfléchir à la réquisition par l’État des logements vides.

Photo de M. Philippe Ballard
Article 5 (suite)
M. Philippe Ballard Philippe Ballard RN

Allez dire cela aux propriétaires !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 5 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Il faut être conscient qu’il y a 10 % de bureaux vides en Île-de-France. Comment voulez-vous que les 15 millions de personnes mal logées ne soient pas à tout le moins étonnées par ce chiffre ? C’est à cela qu’il faut réfléchir et c’est par ce bout qu’il faut prendre le problème !

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 5 (suite)
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Ce n’est pas comme cela qu’on le résoudra !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 5 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Autre élément d’inquiétude – toujours le même, depuis que vous avez permis le vote de la proposition de loi en vertu de laquelle il serait a priori légal pour un policier de se servir de son arme –, le squat de bureaux étant souvent un squat collectif impliquant de nombreuses personnes, que se passera-t-il en cas de réquisition de la force publique pour réaliser contre elles d’importantes opérations de maintien de l’ordre ?

MB
Article 5 (suite)
M. Ian Boucard

Elles partiront, tout simplement !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Je crois que votre lecture du travail rédactionnel des sénateurs est erronée. Ils n’ont pas restreint l’application de la procédure prévue à l’article 5 au cas où le maintien dans le local aurait été obtenu par voie de violence, mais ont précisé que la procédure d’évacuation forcée serait applicable en cas de simple introduction ou quand le local aurait été obtenu par des manœuvres, des menaces, des voies de fait ou des contraintes. C’est une évolution logique : une personne qui aurait pénétré de manière illégale dans un bâtiment ou une habitation est clairement en situation de squat. Vous évoquez souvent le préambule de la Constitution de 1946 ou la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Les sénateurs l’ont fait aussi et ont cherché à soutenir le droit au commerce et à l’usage normal des locaux commerciaux professionnels ou agricoles.

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Et le droit au logement ?

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Pour cette raison, ils ont étendu l’application de la procédure d’évacuation forcée aux locaux commerciaux. J’émets donc un avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 5 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Je reconnais volontiers que j’ai peu de qualités, mais j’ai au moins celle de savoir lire. Nous avons parfaitement compris le sens de l’article et de l’extension de la procédure d’expulsion avec réquisition de la force publique à d’autres locaux que des locaux résidentiels – nous pressentions ce danger. Avons-nous, pour autant, réglé le problème des 15 millions de personnes mal logées et des 10 % de bureaux – car c’est bien de ce type de locaux qu’il est question – vides en Île-de-France ? Le mouvement HLM est aujourd’hui à genoux,…

Photo de M. Ian Boucard
Article 5 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Il y a des secteurs bien plus à genoux que celui des HLM !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 5 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

…car vous avez préféré à son soutien des dispositifs fiscalement avantageux à destination des particuliers investissant dans la construction de logements, logements bien entendu inaccessibles.

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Vous voulez 100 % de logements sociaux partout !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 5 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Vous pensez qu’en cachant la pauvreté, en mettant la poussière sous le tapis, on va s’en sortir. Cela ne marche pas comme ça ! Vos dispositions sont injustes, l’adoption de la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre les rend dangereuses et de surcroît, elles ne règlent rien. Quelle est votre priorité ? Les 15 millions de personnes mal logées ? Les 10 % de bureaux vides en Île-de-France ? Dites-le nous ! La nôtre est claire.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 86.

Amdt 86 Rejeté Amdt 86 A discuter
II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 98 Nombre de suffrages exprimés 98 Majorité absolue 50 Pour l’adoption 32 Contre 66

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 86 n’est pas adopté.)

Amdt 86 Rejeté Amdt 86 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 87.

Amdt 87 Rejeté Amdt 87 A discuter
Photo de M. Louis Boyard
Article 5 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Des moments de sincérité devraient être possibles dans cette assemblée. Je ne sais pas comment vous faites pour ne pas vous sentir responsables et coupables quand, en route pour l’Assemblée, vous voyez des gens dormir dans la rue ! (Protestations sur plusieurs bancs du groupe EPR, ainsi que sur quelques bancs du groupe RN.) S’il y a bien un endroit où nous pouvons faire en sorte que plus personne ne dorme dans la rue, c’est bien celui où nous nous trouvons. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) Vous me répondrez que c’est comme ça, que c’est la loi. Pour vous, les choses sont faciles : vous avez un toit, un salaire, un frigo plein.

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 5 (suite)
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Vous aussi !

Photo de M. Louis Boyard
Article 5 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Des personnes dorment dehors alors que des millions de logements sont vides : je pense sincèrement que cette loi n’est pas juste. Elle est immorale, violente et contraire aux principes de la République. (Mêmes mouvements.) À vous qui parlez toujours d’ordre et de loi, à vous qui vous drapez constamment dans la morale et la bonne vertu, je le dis : au regard de la République, au regard de la liberté, au regard de l’égalité, au regard de la fraternité, vous n’êtes pas dignes de votre mandat. Vous êtes coupables !

Photo de Mme Constance Le Grip
Article 5 (suite)
Mme Constance Le Grip Constance Le Grip EPR

Oh ça va !

Photo de M. Louis Boyard
Article 5 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Vous passez votre temps à vanter le succès et la richesse, mais est-on accompli quand on est multipropriétaire et qu’on possède un logement vide ? Je ne le crois pas. On a surtout une part de responsabilité dans la situation des gens qui dorment dehors. Oui, vous êtes coupables et responsables ! Chaque fois que vous pouviez voter pour réquisitionner les logements vides, vous ne l’avez pas fait. Dans un grand moment de sincérité, laissez-moi vous redire, mes chers collègues, que vous n’êtes pas dignes de la République, vous n’êtes pas dignes de la liberté, vous n’êtes pas dignes de l’égalité, vous n’êtes pas dignes de la fraternité ! (Protestations sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem et HOR.)

Photo de M. Philippe Ballard
Article 5 (suite)
M. Philippe Ballard Philippe Ballard RN

Toi non plus !

Photo de M. Louis Boyard
Article 5 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Drapez-vous tant que vous voudrez dans la morale et la bonne vertu, vous restez coupables et responsables ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Nous n’avons pas de leçons à recevoir de ce monsieur !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Antoine Léaument.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Vos réactions à l’intervention de notre collègue Louis Boyard nous donnent une once d’espoir. Nous espérons que vous ressentez, comme nous, un pincement au cœur quand vous voyez des personnes qui vivent et qui dorment dans la rue. Ce pincement au cœur, certains d’entre vous l’éprouvent encore, même s’il est vrai que la société capitaliste nous oblige à nous blinder chaque fois que nous voyons des gens dans la rue et que nous nous disons que nous ne pouvons pas nécessairement faire la petite chose qui les aiderait. (Protestations sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs du groupe RN.) Eh bien, finalement, vos réactions me laissent penser que vous n’en avez rien à faire et que vous êtes convaincus de mener une bonne politique. J’essayais de vous offrir une sortie positive et humaniste mais, à l’évidence, vous savez parfaitement ce que vous faites ! J’ai eu la faiblesse de penser que, peut-être, vous voudriez appliquer de grands principes. Ici, à l’Assemblée nationale, nous pourrions faire en sorte que chacun ait un toit au-dessus de sa tête, en construisant des logements, en faisant baisser le prix du logement, en augmentant les salaires, en permettant à chacun d’avoir un emploi et, puisque la société capitaliste n’y pourvoit pas, en appliquant la règle magnifique que nous proposons, avec Jean-Luc Mélenchon, dans notre programme : faire de l’État l’employeur en dernier ressort.

Photo de M. Philippe Ballard
Article 5 (suite)
M. Philippe Ballard Philippe Ballard RN

Bienvenue en URSS !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

L’État employeur en dernier ressort, cela signifie que l’État s’engage à permettre aux individus qui le souhaitent d’occuper un emploi lorsque la société ne le permet pas. Voilà comment, par des mesures concrètes et efficaces, nous pourrions faire respecter, comme me le soufflait mon collègue Ugo Bernalicis, les grands principes énoncés dans le préambule de la Constitution de 1946. Édictés au sortir de la guerre contre les nazis, ils doivent éviter que la société s’engouffre de nouveau dans le fascisme. Que voyons-nous aujourd’hui ? La montée du fascisme n’est pas un hasard : elle est aussi le fruit de la pauvreté et du fait que nous ne luttons pas assez contre elle ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Le fascisme ne monte pas tant que ça, puisque Mélenchon n’est qu’à 15 % !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Guillaume Kasbarian.

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Ce que la gauche est en train de nous dire, c’est que le squat est une solution à la situation des personnes sans domicile fixe. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Rodrigo Arenas
Article 5 (suite)
M. Rodrigo Arenas Rodrigo Arenas LFI-NFP

Prenez-les chez vous !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Quand on lit vos amendements et quand on vous écoute, on comprend qu’il y a des personnes SDF et qu’il est par conséquent légitime de squatter.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 5 (suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Nous avons dit exactement le contraire !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Le squat est un délit.

Photo de M. Louis Boyard
Article 5 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

La loi est injuste !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Il n’est ni une solution au mal-logement ni une solution pour les sans domicile fixe.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 5 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Alors, construisez des logements sociaux !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

La France insoumise nous donne de grandes leçons de fraternité, de morale et d’émotion. Bien sûr que nous ressentons des émotions ! Permettez-moi de vous demander en toute sincérité, mesdames et messieurs les députés de La France insoumise : combien de SDF accueillez-vous actuellement chez vous ? Monsieur Boyard et monsieur Léaument, combien de SDF hébergez-vous actuellement dans votre appartement ? Ce soir, quand vous rentrerez au chaud chez vous, combien de SDF aurez-vous recueillis après avoir versé des larmes de crocodile ? Quand vous aurez accueilli ces personnes, vous pourrez nous faire vos leçons de morale et de fraternité. En attendant, vos mots et vos leçons demeurent vains ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Louis Boyard
Article 5 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Pour qui vous prenez-vous ?

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Rappels au règlement
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3. Nous venons d’être gravement mis en cause par le collègue Kasbarian, qui a créé une scène tumultueuse et qui a repris les arguments bien connus de l’extrême droite lepéniste à propos de l’immigration et de l’accueil des exilés. Nous sommes à l’Assemblée nationale pour faire la loi. Ce genre d’argument ignominieux n’a pas sa place ici. C’est pourquoi je demande que M. Kasbarian soit rappelé à l’ordre. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et EPR.) Nous l’avons été pour beaucoup moins que cela ! (Applaudissements et claquements de pupitres sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Philippe Ballard
Rappels au règlement
M. Philippe Ballard Philippe Ballard RN

Chochotte !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Louis Boyard, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Louis Boyard
Rappels au règlement
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Au titre de l’article 70, alinéa 3, puisque j’ai été directement interpellé par M. Kasbarian. Monsieur Kasbarian, vous demandiez si nous accueillions directement des gens chez nous. Figurez-vous que nous le faisons, mais pas pour faire des coups de communication ! Et vous, monsieur Kasbarian, l’espèce d’ultrabourgeois qui vote constamment pour mettre des gens à la rue, vous en accueillez combien ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont plusieurs députés se lèvent. – Vives protestations sur les bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN. – Mme Marie Lebec fait signe à l’orateur de sortir.)

Photo de Mme Constance Le Grip
Rappels au règlement
Mme Constance Le Grip Constance Le Grip EPR

Nul ! Zéro !

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Rappels au règlement
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Ça suffit !

Photo de M. Louis Boyard
Rappels au règlement
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Vous êtes des criminels, voilà ce que vous êtes ! (Vacarme.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je vous appelle à retrouver votre calme, mes chers collègues.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 87.

Amdt 87 Rejeté Amdt 87 A discuter
II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 96 Nombre de suffrages exprimés 96 Majorité absolue 49 Pour l’adoption 33 Contre 63

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 87 n’est pas adopté.)

Amdt 87 Rejeté Amdt 87 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

L’amendement no 125 de M. Corentin Le Fur est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 125 Rejeté Amdt 125 A discuter
Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Antoine Léaument.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Nous voyons bien que s’affrontent deux visions de la société.

UE
Article 5 (suite)
Un député du groupe EPR

Oui !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Vous, vous considérez que les problèmes sont individuels : si je me retrouve sans logement, c’est de ma faute ; je n’avais qu’à avoir le capital, qu’à trouver un travail, qu’à faire des études, qu’à faire mieux dans ma vie… (Protestations sur les bancs du groupe EPR.) Vous protestez, mais que faites-vous pour les personnes qui se retrouvent effectivement à la rue et sans emploi ?

Photo de M. Ian Boucard
Article 5 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Quel rapport avec l’amendement ?

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Vous, lorsqu’une personne se débrouille comme elle peut pour avoir un toit une nuit en s’installant dans un logement ou dans un commerce vide, vous l’expulsez de force.

UR
Article 5 (suite)
Un député du groupe RN

Ça s’appelle squatter !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Vous n’avez rien fait pour elle, mais vous l’expulsez de force ! Pour nous, devant une telle situation, la solution n’est pas l’expulsion, parce que la responsabilité de la société est collective : c’est collectivement que nous avons échoué à donner un toit à la personne qui squatte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) J’ajoute que les responsables de cette situation sont ceux qui ont accaparé la richesse, notamment la richesse immobilière. Robespierre disait (Protestations sur les bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN) – écoutez bien ses mots : « Nul n’a le droit d’entasser des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim. » Oui, c’est de Robespierre, l’inventeur de la devise Liberté, Égalité, Fraternité !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Il t’aurait guillotiné en premier, Robespierre !

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Qu’est-ce qu’il raconte, celui-là ?

Photo de M. Emeric Salmon
Article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Il guillotinait tout le monde ! Les gens comme vous lui étaient insupportables !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Monsieur Salmon, député du Rassemblement national, il faut que les électeurs de votre parti le sachent : lorsque nous parlons du logement ou du pouvoir d’achat, les députés du Rassemblement national hurlent avec les députés macronistes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je veux que cela soit su à l’extérieur de cet hémicycle ! (Plusieurs députés du groupe LFI-NFP ainsi que M. Benjamin Lucas-Lundy se lèvent et continuent d’applaudir. – Exclamations sur les bancs du groupe RN. – Brouhaha.) Quant à nous, avec Jean-Luc Mélenchon, nous ferons en sorte dès l’année prochaine que chacun ait non seulement un toit, mais aussi un emploi et un salaire dignes pour faire vivre sa famille. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Ian Boucard.

Photo de M. Ian Boucard
Article 5 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Je tiens à apporter quelques précisions afin d’éclairer le vote, car ceux qui auraient écouté Antoine Léaument ne peuvent pas savoir quel est l’objet de l’amendement de M. Le Fur : il est intervenu deux minutes sans jamais citer son contenu !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

M. Le Fur n’a pas parlé du tout !

Photo de M. Ian Boucard
Article 5 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Cet amendement vise à étendre les dispositions de l’article 5, par exemple à des personnes qui loueraient un appartement par l’intermédiaire d’Airbnb et qui, à la fin du contrat de location, ne partiraient pas. Collègues insoumis qui applaudissez en permanence, notamment quand il est question de Robespierre (Plusieurs députés du groupe LFI-NFP applaudissent) : plongez-vous dans l’histoire, mais attention, dans toute l’histoire ! Car s’il vous arrivait un jour d’être plus modérés que Robespierre, vous pourriez connaître le destin de Danton. En 2026, vous vous retrouvez excommuniés par les écologistes ou les socialistes sans être guillotinés ; mais si M. Mélenchon devient président, il pourrait vous arriver pire ! (Sourires sur les bancs des groupes DR et HOR.)

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Antoine Léaument, pour un rappel au règlement. Sur le fondement de quel article ?

Photo de M. Antoine Léaument
Rappel au règlement
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Sur le fondement de l’article 70, alinéa 2, sur les scènes tumultueuses… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

On ne peut pas qualifier ce qu’il vient de se passer de scène tumultueuse, monsieur Léaument ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous reprenons l’examen des articles. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et HOR.) Un peu de sérieux !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 125.

Amdt 125 Rejeté Amdt 125 A discuter
II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 90 Nombre de suffrages exprimés 89 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 39 Contre 50

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 125 n’est pas adopté.)

Amdt 125 Rejeté Amdt 125 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Guillaume Kasbarian, pour soutenir l’amendement no 720.

Amdt 720 Retiré Amdt 720 A discuter
Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

La procédure administrative est construite de telle sorte que s’il y a introduction et maintien dans un lieu par voies de fait, de menaces, de manœuvres ou de contraintes, le préfet peut agir et expulser le squatteur. Par cet amendement, je propose de clarifier les choses sur le plan sémantique afin que les préfets aient les moyens d’agir. Il s’agit d’inscrire dans la loi que le préfet peut agir s’il y a introduction « ainsi que » maintien par voies de fait, manœuvres et contraintes. En effet, il arrive que certains s’introduisent de façon licite dans un lieu et s’y maintiennent de façon illicite, c’est-à-dire en exerçant une contrainte sur le propriétaire. La rédaction proposée permettrait d’englober les deux cas de figure : soit il y a introduction illicite, soit il y a maintien illicite, mais, dans les deux cas, le préfet pourrait agir et expulser le squatteur au titre de l’article 38 de la loi Dalo – cette procédure express qui permet d’expulser le squatteur. Il s’agirait donc d’une mesure d’élargissement de la procédure et d’une clarification qui permettra à tous les préfets de France, dans toutes les situations – qu’il s’agisse d’une introduction ou d’un maintien par voies de fait, menaces ou contraintes –, d’agir le plus vite possible pour sortir les squatteurs de la propriété privée qu’ils occupent.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Je comprends votre idée : vous cherchez un équilibre…

Photo de Mme Danielle Simonnet
Article 5 (suite)
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

…entre l’introduction illicite et le maintien également illicite. Toutefois, cette rédaction pourrait entraîner un effet indésirable, car votre « ainsi que » vise tous les cas de figure, et pourrait donner lieu à une disposition frôlant l’inconstitutionnalité ; elle serait même inconstitutionnelle eu égard à la nécessité de laisser au juge judiciaire la possibilité de gérer les conflits locatifs sortants. C’est pourquoi je vous demande de retirer votre amendement ; à défaut, j’y serai défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis : cet amendement risque de vider la procédure judiciaire alors qu’elle est la procédure de droit commun ; s’y ajoute la difficulté de caractériser le « maintien recourant à des manœuvres ». Je préconise son retrait, sinon son rejet.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Gabrielle Cathala.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 5 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Le spectacle que vous offrez cet après-midi est déplorable. Nous sommes là à débattre de la façon d’expulser plus facilement des personnes de meublés touristiques, comme si c’était la priorité, le jour où l’Insee publie des statistiques montrant que, depuis qu’il existe un outil pour mesurer le taux de pauvreté en France, celui-ci n’a jamais été aussi élevé ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)

Photo de M. Louis Boyard
Article 5 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

La honte !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 5 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

La publication date de cet après-midi : 15 % des Français vivent sous le seuil de pauvreté – encore ne s’agit-il que de 15 % des Français hexagonaux, cet outil ne comptant même pas les Français des outre-mer, qui sont aussi nos compatriotes mais que vous oubliez en permanence. (Mêmes mouvements.) Au reste, l’Insee ne compte pas non plus les personnes qui vivent à la rue, ni les voyageurs, parce qu’il n’est pas possible d’établir des statistiques sur leur pauvreté. Quinze pour cent des Français, cela représente 9,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté : un taux jamais égalé depuis 1996 !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 5 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Voilà le bilan de la Macronie !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 5 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Ce rapport nous apprend également que les inégalités n’ont jamais été si élevées. Pourquoi ? C’est écrit noir sur blanc : parce que les riches ne se sont jamais autant enrichis, à cause de la politique que vous menez depuis 2017 ! (Mêmes mouvements.) Vous pouvez lever les yeux au ciel et grimacer : vous êtes les entiers responsables de cette situation ! (Protestations sur les bancs du groupe EPR.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 5 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Vous en êtes les architectes !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 5 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Qui a laissé faire les 49.3 sur des budgets austéritaires ?

Photo de Mme Constance Le Grip
Article 5 (suite)
Mme Constance Le Grip Constance Le Grip EPR

Nous sommes très loin de l’austérité !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 5 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Qui, depuis 2017, tolère des budgets prévoyant des coupes records dans la sécurité sociale et le budget de l’État ? Vous êtes entièrement responsables ! Et vous venez nous donner des leçons de bonne gestion en nous caricaturant, en nous faisant passer pour des dépensiers sans limites ? Mais c’est vous qui avez détruit les comptes de l’État en creusant un déficit record – 1 000 milliards d’euros de dette ! – et en appauvrissant… ( Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice, dont le temps de parole est écoulé.)

Photo de Mme Constance Le Grip
Article 5 (suite)
Mme Constance Le Grip Constance Le Grip EPR

Enlevez vos œillères !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Guillaume Kasbarian.

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

J’entends les difficultés juridiques, y compris constitutionnelles, soulevées par M. le rapporteur et M. le ministre. Je vais retirer l’amendement, en espérant que vous puissiez faire prospérer ce sujet et, s’il y a des doutes à lever, trouver une meilleure rédaction en commission mixte paritaire. En attendant, ne faisons pas les choses salement : faisons-les proprement.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Salement, c’est Salmon !

UL
Article 5 (suite)
Un député du groupe LFI-NFP

Salmon est allemand !

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 720 est retiré.)

Amdt 720 Retiré Amdt 720 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Les amendements nos 352, 369, 354 rectifié, 353 et 205 ne sont pas défendus.

Photo de M. Louis Boyard
Article 5 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Cela ne m’étonne pas qu’il n’y ait personne pour les défendre : ils sont tellement hideux ! Il s’agissait de mettre les enfants à la rue. Regardez-vous dans un miroir, collègues !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 5 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Les amendements Thénardier !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Ça va !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Yoann Gillet, pour soutenir l’amendement no 493, qui fait l’objet d’une demande de scrutin public par le groupe Rassemblement national. Je fais annoncer le scrutin dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Amdt 493 Rejeté Amdt 493 A discuter
Photo de M. Yoann Gillet
Article 5 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Le problème du dispositif actuel est qu’en cas de squat, un accès illimité au réseau d’énergie est maintenu au profit des squatteurs pendant toute la phase d’instruction. Par cet amendement, nous voulons couper l’accès aux énergies, qui est un facteur de blocage, en vue de libérer plus rapidement les terrains et les appartements squattés. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ne négligeons pas le coût financier totalement injuste subi par les propriétaires squattés, qui doivent en plus – nombre d’entre eux nous le disent – payer l’électricité et le gaz aux squatteurs. Cet amendement de bon sens permettrait d’accélérer la libération des locaux et des terrains squattés en suspendant l’électricité et le gaz naturel qui les alimentent. Il vise à autoriser le représentant de l’État saisi d’une demande par le propriétaire d’un local ou d’un terrain squatté d’enjoindre directement au gestionnaire des réseaux publics de distribution de procéder à cette suspension.

Photo de Mme Farida Amrani
Article 5 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

C’est illégal !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 5 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Je vous entends, mes chers collègues de gauche, mais sachez que nous nous placerons toujours du côté des honnêtes gens, jamais du côté des délinquants. (Vives exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Sur l’amendement no 88 et sur l’article 5, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de deux demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Le bon sens ne fait pas la loi, monsieur Gillet.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 5 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Vous osez parler de bon sens, c’est incroyable !

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Si l’on peut comprendre l’idée générale qui préside à votre amendement, votre proposition irait à l’encontre de plusieurs actions pouvant être menées par le préfet selon le principe de proportionnalité. Sur le plan sanitaire, votre proposition pourrait même mettre en danger les occupants ; elle empêcherait toute individualisation de l’action du préfet et toute prise en considération de la situation personnelle de l’occupant. Nous l’avions déjà évoquée en commission. Mon avis était alors défavorable : il le reste.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis, d’autant que cela a déjà été jugé par le Conseil d’État.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 5 (suite)
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Entendre, en cette semaine, un député du Rassemblement national se revendiquer des honnêtes gens, c’est franchement cocasse ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est peut-être aussi prendre les Français pour des imbéciles, sachant que la candidate de ce parti à l’élection présidentielle est une délinquante et une voleuse condamnée à deux reprises par la justice. (Vives protestations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est faux ! C’est mensonger ! Vous racontez n’importe quoi !

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 5 (suite)
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Ce n’est toutefois pas le sujet du jour, j’en conviens, madame la présidente.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

En effet. Pourriez-vous rester sur l’amendement, s’il vous plaît ?

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 5 (suite)
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

J’en reviens à cet amendement, tout aussi répugnant que ses auteurs…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Et la présomption d’innocence ? Vous connaissez l’État de droit ?

Photo de M. Damien Girard
Article 5 (suite)
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Elle a été condamnée deux fois !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Vous foulez l’État de droit !

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 5 (suite)
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Dans la réponse timorée, pour le dire gentiment, du rapporteur, je vois se dessiner à nouveau un arc macrono-lepéniste qui considère que l’on résoudra le problème de la pauvreté en combattant les pauvres, comme on répondait hier au problème du chômage en combattant les chômeurs. Et de la même manière, vous répondez à la souffrance mentale de la jeunesse par la criminalisation des jeunes qui veulent danser, faire la fête ou s’aimer. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) En clair…

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

S’il vous plaît, pouvons-nous écouter M. Lucas-Lundy qui essaie désespérément de défendre son amendement, auquel il va venir à présent.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Il raconte n’importe quoi !

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 5 (suite)
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Oh, je ne suis jamais désespéré, madame la présidente, et nous ne nous désespérerons jamais face à l’extrême droite, c’est une évidence. Je disais donc que se dessine un continuum macrono-lepéniste – nous l’avons vu hélas bien souvent cette semaine –,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Où est-il, Julien Bayou ?

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 5 (suite)
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

…qui vise à combattre les précaires plutôt que la précarité et, en l’occurrence, à combattre les problèmes liés au logement en s’attaquant en permanence à celles et ceux qui ne peuvent pas se loger. « Expulsator Kasbarian » nous en fait à nouveau la démonstration. Ce qu’a dit Mme Cathala est fondamental : le jour où l’Insee publie cette statistique qui nous apprend que le taux de pauvreté n’a jamais été aussi élevé dans notre pays depuis qu’il est mesuré, et qui devrait tous vous pétrifier de honte au lieu de vous faire rire grassement, eh bien ce jour-là, vous choisissez de matraquer, de stigmatiser…

Photo de Mme Élisa Martin
Article 5 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

C’est dégueulasse !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Veuillez conclure…

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 5 (suite)
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

…de réprimer… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Yoann Gillet.

Photo de M. Yoann Gillet
Article 5 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Que la gauche soit du côté des délinquants, cela n’étonnera personne, mais nous avons aussi un bel aveu des macronistes, qui font une fois de plus preuve de faiblesse en voulant continuer à imposer la double peine aux propriétaires victimes des squatteurs. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 5 (suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Rendez l’argent !

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Et Marine Le Pen ?

Photo de M. Yoann Gillet
Article 5 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Voilà ce que vous faites, monsieur le rapporteur, monsieur le ministre, en vous opposant à cet amendement.

Photo de Mme Farida Amrani
Article 5 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Rendez les 4 millions !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 5 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Que les victimes du squat se rassurent : une nouvelle élection arrive en 2027 et les sondages placent tous Marine Le Pen en tête – 54 % face à Édouard Philippe, 55 % face à Gabriel Attal, 70 % face à Jean-Luc Mélenchon. Je leur dis : tenez bon, nous arrivons ! Vivement 2027 ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Rappels au règlement
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3, pour mise en cause personnelle. Le collègue du premier parti des pourris de France vient d’expliquer que nous étions du côté des délinquants. (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je n’ai pas entendu de mise en cause personnelle. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je suis désolée mais vous n’avez de cesse de vous interpeller ainsi depuis deux jours ! (M. Benoît Blanchard applaudit.) La parole est à M. Antoine Léaument, pour un nouveau rappel au règlement. Sur la base de quel article ?

Photo de M. Antoine Léaument
Rappels au règlement
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

L’article 70, alinéa 3, que je vais prendre le temps de lire pour vous montrer à quel point le rappel au règlement se justifie : « Qui se livre à une mise en cause personnelle, qui interpelle un autre député ou qui adresse à un ou plusieurs de ses collègues des injures, provocations ou menaces […] ». J’ai entendu de la part de M. Gillet les mots suivants : « La gauche, vous êtes du côté des délinquants. »

Photo de M. Emeric Salmon
Rappels au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ce n’est pas une injure, c’est un constat.

Photo de M. Antoine Léaument
Rappels au règlement
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Nous avons réagi de manière un peu vive compte tenu du fait que la présidente Le Pen porte un bracelet électronique à son pied. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Merci, monsieur le député, mais j’ai entendu des propos du même genre de votre part tout à l’heure. Je suspends la séance pour deux minutes.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix-neuf heures cinq, est reprise à dix-neuf heures dix.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La séance est reprise.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 493.

Amdt 493 Rejeté Amdt 493 A discuter
II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 72 Nombre de suffrages exprimés 72 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 22 Contre 50

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 493 n’est pas adopté.)

Amdt 493 Rejeté Amdt 493 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pierre-Yves Cadalen, pour soutenir l’amendement no 88.

Amdt 88 Rejeté Amdt 88 A discuter
Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Nous avons bien compris que votre priorité n’était pas du tout de garantir un logement pour toutes et tous, de respecter le préambule de la Constitution de 1946 ou encore la vocation sociale de notre République. Vous prévoyez dans cet article d’aggraver les sanctions contre les personnes qui occupent les logements, et vous êtes même prêts à les envoyer en prison. C’est peut-être votre solution pour loger les gens, remarquez ! Quelle ironie que le parti de M. Kasbarian s’appelle le Parti de la liberté. Je lui propose de préciser qu’il s’agit de la liberté des riches ou de celle des bourgeois. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est ce que vous avez démontré, en tout état de cause. Vous êtes ici et là-bas, les macrono-lepénistes, les représentants de la classe bourgeoise. Karl Marx disait que lorsque l’on vous montre tel que vous êtes, lorsque l’on dit quels intérêts vous représentez, vous ne le supportez pas parce que vous n’assumez pas ce que vous êtes et ce que vous faites. Au XIXe siècle, à une période où le suffrage était censitaire, le premier ministre Guizot encourageait ses concitoyens à s’enrichir pour devenir des citoyens et des électeurs. Vous voulez la même chose. Du reste, quand la participation populaire aux élections est faible, cela vous arrange. À ceux qui nous écoutent, je dis donc d’aller voter massivement à la présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon parce que nous garantirons le logement, nous construirons des logements publics, nous rénoverons et nous en finirons avec ces lois sottes et stupides qui ne font que nous faire perdre notre temps. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Guillaume Kasbarian.

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Le squat n’est pas une liberté mais un délit. La liberté recouvre aussi celle d’être propriétaire et de voir sa propriété privée respectée. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. On ne peut pas empiéter sur la liberté d’autrui et la propriété d’autrui au prétexte que ce serait une liberté de squatter. Votre raisonnement est fallacieux. Vous ne défendez pas la liberté mais les squatteurs, c’est-à-dire des délinquants. On peut être propriétaire et modeste. Ce n’est pas parce qu’on est propriétaire qu’on est bourgeois ou riche. Notre pays compte de nombreux propriétaires modestes, qui ont travaillé pour pouvoir se payer leur propriété privée et qui entendent que l’État protège ce qu’ils ont réussi à acquérir à la sueur de leur front, en étant protégés contre les atteintes portées à leur liberté individuelle. (Mme Joséphine Missoffe et M. Ian Boucard applaudissent.)

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Un tiers des ménages détiennent la moitié du parc privé !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 5 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Apprenez, monsieur Kasbarian, qu’il n’existe pas de liberté sans égalité. La question est bien celle de la responsabilité – vous parliez de délinquants, du reste. La personne qui est sans abri, qui est à la rue, n’est pas responsable de son état. Quand 6 millions de personnes recherchent un travail mais que seuls 400 000 ou 500 000 emplois sont disponibles, selon la Dares – direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques –, je considère qu’elles ne sont pas responsables de leur situation de chômage. Quand 3 millions de logements sont vacants mais que 350 000 personnes sont sans abri, le responsable de la situation, c’est le pouvoir public, le politique, c’est-à-dire vous, parce que vous ne prenez pas toutes les mesures qui s’imposent pour permettre aux gens d’avoir un emploi et un toit au-dessus de leur tête. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous parlez de liberté, monsieur Kasbarian, mais le sans-abri est-il libre ? La personne qui n’a pas accès à un emploi parce que le capitalisme ne le lui permet pas est-elle libre ? La personne qui n’a pas de logement parce qu’on ne lui donne pas les revenus ou le travail indispensables à cela est-elle libre ? La seule liberté qui vous intéresse, monsieur Kasbarian, est celle des dominants. Mais la majorité du peuple français, à cause de l’inflation qu’on se prend sous Emmanuel Macron et de la concentration du logement qui interdit toute perspective d’achat aux jeunes, n’est pas libre. C’est pourquoi nous parlons d’égalité avant de parler de liberté. Sans égalité, vous n’avez pas la liberté. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Natalia Pouzyreff
Article 5 (suite)
Mme Natalia Pouzyreff Natalia Pouzyreff EPR

C’est faux !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 88.

Amdt 88 Rejeté Amdt 88 A discuter
II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 80 Nombre de suffrages exprimés 80 Majorité absolue 41 Pour l’adoption 25 Contre 55

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 88 n’est pas adopté.)

Amdt 88 Rejeté Amdt 88 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Ian Boucard, pour soutenir l’amendement no 652.

Amdt 652 Adopté Amdt 652 A discuter
Photo de M. Ian Boucard
Article 5 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Il s’agit d’équilibrer les mesures de l’article 5 en faveur des résidences secondaires. Du fait d’un vide procédural, il n’est en effet pas possible d’expulser les squatteurs d’une résidence secondaire. À l’extrême gauche qui ne manquera pas de nous reprocher de défendre les bourgeois et les classes très aisées, je rappellerai que les classes les plus bourgeoises ne sont pas les seules à posséder des résidences secondaires. Il fut un temps où notre pays permettait l’ascension sociale. Il fut un temps où les ouvriers, par exemple, par leur travail, pouvaient accéder à la propriété relativement jeunes et, dans certains endroits – sans doute pas à Saint-Tropez, j’en conviens –, acquérir une résidence secondaire. Vous dites que 34 % des résidences secondaires sont détenues par des ménages aisés et ce chiffre vous paraît énorme. Mais cela signifie que 66 % de ces résidences ne sont pas détenues par des personnes issues de classes particulièrement aisées (M. Pierre-Yves Cadalen s’exclame) et qu’elles sont susceptibles d’être squattées, alors que c’est peut-être le seul héritage que leurs propriétaires pourront laisser à leurs enfants.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 5 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Eh bien, nous abolirons l’héritage !

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Xavier Albertini
Article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Lorsqu’une résidence secondaire est squattée alors que son propriétaire ne l’occupe pas, la loi Dalo ouvre la possibilité de demander la mise en demeure de l’occupant de quitter les lieux, assortie d’un délai d’exécution de sept jours, plus court que s’il s’agissait d’une résidence principale. Vous souhaitez réduire ce délai d’urgence. Or une habitation principale n’est pas une habitation secondaire, un domicile n’est pas la même chose qu’une résidence, et ces statuts différents appellent un traitement gradué. La commission a émis un avis défavorable. Nous avons rappelé que l’amendement est satisfait par l’article 38 de la loi Dalo de 2007 : la procédure d’évacuation forcée qu’il prévoit s’applique y compris « lorsque le local occupé ne constitue pas le domicile du demandeur ». Je vous propose de le retirer.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Laurent Croizier.

Photo de M. Laurent Croizier
Article 5 (suite)
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

J’ai du mal à me faire traiter de bourgeois par des députés qui gagnent 6 000 euros par mois,…

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 5 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

C’est absurde : c’est l’indemnité parlementaire ! Quand elle n’existait pas, il n’y avait que des bourgeois à l’Assemblée !

Photo de M. Laurent Croizier
Article 5 (suite)
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

…et appartiennent à un groupe dont la présidente voyage en classe affaires et à un parti dont le président est multimillionnaire ! (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, EPR, DR et HOR.) On ne peut pas le lundi se plaindre du mal-logement, le mardi entraver les programmes de construction de logements au nom de je ne sais quelle idéologie,…

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Oh là là !

Photo de M. Laurent Croizier
Article 5 (suite)
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

…le mercredi se plaindre de la précarité, le jeudi empêcher les entreprises de s’installer, le vendredi se plaindre de l’importation de légumes et de fruits de l’étranger…

Photo de M. Antoine Léaument
Article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

C’est vous, le légume !

Photo de M. Laurent Croizier
Article 5 (suite)
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

…et le samedi empêcher nos agriculteurs de travailler ! En politique, la cohérence, c’est important ! (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, EPR, DR et HOR.)

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 652 est adopté.)

Amdt 652 Adopté Amdt 652 A discuter
Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’article 5, tel qu’il a été amendé.

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 86 Nombre de suffrages exprimés 86 Majorité absolue 44 Pour l’adoption 58 Contre 28

II
Article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’article 5, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Pierre-Yves Cadalen, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Rappel au règlement
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3. M. Croizier met en cause le fait que nous touchions la même indemnité parlementaire que lui.

Photo de M. Emeric Salmon
Rappel au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ce n’est pas ce qu’il a mis en cause !

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Rappel au règlement
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

C’est un scandale ! Je tiens à vous rappeler une chose qui fera écho à la discussion que nous venons d’avoir : lorsqu’il n’y avait pas d’indemnité parlementaire, seuls des gens comme vous étaient élus parce qu’ils étaient propriétaires et disposaient d’une rente ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)

Photo de M. Emeric Salmon
Rappel au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ce n’est pas ce qu’il a dit !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Nous en venons aux amendements portant article additionnel après l’article 5. Sur l’amendement no 89, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Laurent Croizier, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Laurent Croizier
Rappel au règlement
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3, relatif aux mises en cause personnelles. Je rappelle à mon collègue que je ne suis qu’instituteur, professeur des écoles. Je viens d’une famille modeste : mes deux parents sont fonctionnaires, mon papa est cheminot. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem, EPR, DR et HOR.)

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Rappel au règlement
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Cela ne nous intéresse pas !

Photo de M. Laurent Croizier
Rappel au règlement
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Appliquez-vous donc vos propres leçons ! Moi, je ne suis pas né avec une cuiller en argent dans la bouche. J’ai grandi dans la ruralité et je connais la vie, je suis sur le terrain, contrairement à vous ! (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem, EPR, DR et HOR.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Andy Kerbrat, pour soutenir l’amendement no 89.

Amdt 89 Rejeté Amdt 89
Photo de M. Andy Kerbrat
Après l’article 5 (suite)
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Je promets d’essayer d’apaiser les débats,…

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est la meilleure !

Photo de M. Andy Kerbrat
Après l’article 5 (suite)
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

…même si je ne comprendrai jamais comment on peut voter contre ses intérêts de classe quand on est issu des classes dites populaires ou moyennes.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Monsieur Kerbrat, veuillez défendre l’amendement.

Photo de M. Andy Kerbrat
Après l’article 5 (suite)
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

C’était une introduction explicative. Nous nous sommes efforcés de vous expliquer sur tous les tons que vous étiez nécessairement responsables du mal-logement. Monsieur Kasbarian, écoutez-moi : oui, le squat est illégal, mais il est surtout la conséquence de votre politique. S’il y a plus de squats en France, c’est parce que vous n’avez pas mené une bonne politique du logement. Et vous êtes le premier responsable de cette explosion du nombre de squats…

Photo de Mme Ségolène Amiot
Après l’article 5 (suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Vous étiez ministre du logement !

Photo de M. Andy Kerbrat
Après l’article 5 (suite)
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

…car, au lieu de construire des logements sociaux et de mettre à l’abri les personnes à la rue, comme l’avait promis Emmanuel Macron – promesse non tenue –, vous avez préféré faire voter, pour toute loi sur le logement, une loi visant à lutter contre le squat. C’est bien la preuve qu’en fait de politique du logement, vous avez choisi de partir à l’attaque des pauvres ! Le présent amendement vise à abolir le délit d’incitation au squat – on en a déjà débattu lors de l’examen de votre loi et en commission. Les associations qui pallient les défaillances de l’État et travaillent à permettre à des personnes à la rue de trouver des hébergements, même s’ils sont illégaux, sont plus dignes que n’importe quelle loi Kasbarian ! (Mme Anne-Sophie Ronceret s’exclame.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Sur l’amendement no 494, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Xavier Albertini
Après l’article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Le squat est une infraction sanctionnée par la loi pénale. Il faut faire preuve de fermeté à l’égard de tout ce qui concourt à sa commission. Il faut en particulier réprimer l’incitation à s’y livrer – il existe des systèmes de publicité, voire des modes d’emploi du squat ! Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis. J’ajoute qu’en juillet 2023, la définition de ce délit a été déclarée conforme au bloc de constitutionnalité.

Photo de M. Antoine Léaument
Après l’article 5 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Quant à vous, vous débloquez !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Guillaume Kasbarian.

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Après l’article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Cet amendement est scandaleux. Non seulement vous soutenez les squatteurs, mais vous faites l’apologie du squat.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Après l’article 5 (suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

C’est tout le contraire !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Après l’article 5 (suite)
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Vous voulez que soient à nouveau autorisés les livrets du bon petit squatteur, qui lui donnent toutes les clefs pour pouvoir bien squatter et être sûr de retarder les procédures d’expulsion ! En 2023, nous avons décidé d’interdire ce type de document, d’interdire l’apologie du squat et l’incitation à squatter, et le Conseil constitutionnel a pleinement validé cette disposition. Vous voulez revenir dessus parce que non seulement vous défendez les squatteurs, mais vous voulez faire la promotion du squat et l’encourager. Vous rêveriez qu’il y en ait de plus en plus chaque jour. La preuve est faite, à nouveau, que vous détestez la propriété privée ! (M. Ugo Bernalicis s’exclame.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Andy Kerbrat.

Photo de M. Andy Kerbrat
Après l’article 5 (suite)
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

La création du délit d’incitation au squat a eu un effet mortifère : elle a fait augmenter le nombre de personnes à la rue car elle a criminalisé l’action publique, politique, des associations qui les aidaient à trouver un abri. Vous en êtes responsable ! Je le dis sans hésiter : tant que l’on n’aura pas réglé le problème du logement en France, tant que l’on n’aura pas construit ou réquisitionné ce qu’il faut, le squat sera une méthode. Franchement, oui, squattez ! Squattez les multipropriétaires de logements loués sur Airbnb, les résidences secondaires qui appartiennent aux 3 % qui possèdent 50 % du patrimoine immobilier de ce pays ! Oui, squattez, squattez, mettez-vous à l’abri et survivez !

Photo de M. Sébastien Huyghe
Après l’article 5 (suite)
M. Sébastien Huyghe Sébastien Huyghe EPR

Oh là là !

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 5 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est de l’incitation au délit ! Les députés ont quand même un devoir de responsabilité ! C’est surréaliste, on est en plein délire !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 89.

Amdt 89 Rejeté Amdt 89
II
Après l’article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 77 Nombre de suffrages exprimés 76 Majorité absolue 39 Pour l’adoption 16 Contre 60

II
Après l’article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 89 n’est pas adopté.)

Amdt 89 Rejeté Amdt 89
Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Yoann Gillet, pour soutenir l’amendement no 494.

Amdt 494 Rejeté Amdt 494 A discuter
Photo de M. Yoann Gillet
Après l’article 5 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Le code pénal réprime l’introduction et le maintien illicite dans un local à usage d’habitation, commercial, agricole ou professionnel – le squat – par une peine de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Ce dispositif s’applique de manière uniforme dès lors que les éléments constitutifs du squat sont caractérisés lors de l’occupation frauduleuse d’un local, quel que soit l’état matériel dans lequel les occupants laissent le bien en question. Il y a là une insuffisance de l’arsenal pénal actuel : en plus de la perte de jouissance de leur bien, les propriétaires ne devraient pas avoir à assumer des frais de rénovation considérables après l’expulsion des squatteurs. Il faut envoyer un signal de fermeté. C’est ce que nous proposons de faire par cet amendement, qui tend à en créer une circonstance aggravante spécifique de l’infraction d’occupation frauduleuse.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Xavier Albertini
Après l’article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

« La destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui » constituent une infraction autonome déjà prévue par les articles 322-1 et suivants du code pénal. En outre, la rédaction de votre amendement limite sa portée, puisqu’il n’y est question que des locaux et pas des domiciles. Avis défavorable pour ces deux raisons.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Ian Boucard.

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 5 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Il s’agit d’un amendement intéressant, qu’il faudrait réécrire en vue de la commission mixte paritaire. Je reviens au débat qui oppose M. Kasbarian à l’extrême gauche de cet hémicycle. Si cette dernière n’avait pas fait tomber le gouvernement de M. Barnier, le projet de loi relatif au développement de l’offre de logements abordables de M. Kasbarian, qui présentait un grand intérêt et que la commission des affaires économiques du Sénat avait approuvé, aurait eu le temps d’arriver dans cet hémicycle. Il aurait notamment permis de revenir sur les quotas fixés par la loi SRU et de lutter contre le logement social à vie – qui a permis à certains députés d’extrême gauche de continuer à vivre dans des logements sociaux alors même qu’ils étaient députés, avaient largement les moyens d’habiter ailleurs et auraient pu les libérer au profit de familles qui en avaient cruellement besoin ! (Mmes Cendrine Chazé et Anne-Sophie Ronceret applaudissent.) Sur cette question, vous êtes des tartuffes : bien sûr que nous manquons de logements, mais à chaque fois qu’on veut mener à bien des projets de construction, ceux qui s’y opposent et déposent des recours sont toujours des associations, des militants ou des partis politiques de gauche. Lors de l’examen du projet de loi de simplification de la vie économique, nous avons défendu des mesures visant à accélérer la construction : vous vous êtes opposés à chacune d’entre elles. Vous nous dites qu’il n’y a pas assez de logements, mais dès que l’on veut en construire plus, vous êtes contre.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 5 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

C’est faux.

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 5 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

M. Kerbrat, que je remercie pour sa sincérité, a eu l’immense honnêteté de le dire : il n’est pas pour la construction, il est pour le squat. Voilà ce que vous défendez. À chacun son projet de société ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Mme Cendrine Chazé applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 494.

Amdt 494 Rejeté Amdt 494 A discuter
II
Après l’article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 80 Nombre de suffrages exprimés 73 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 23 Contre 50

II
Après l’article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 494 n’est pas adopté.)

Amdt 494 Rejeté Amdt 494 A discuter
Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Cyril Tribuiani, pour soutenir l’amendement no 202.

Amdt 202 Rejeté Amdt 202
Photo de M. Cyril Tribuiani
Après l’article 5 (suite)
M. Cyril Tribuiani Cyril Tribuiani

Nous proposons de prendre une mesure de justice et de responsabilité par cet amendement qui prévoit que ceux qui occupent illégalement ou se maintiennent frauduleusement dans un logement supporteront les frais qu’ils auront occasionnés, qu’il s’agisse de l’évacuation, du nettoyage, de l’enlèvement des déchets, de la remise en état du bien ou de la réparation des dégradations. Il n’est pas acceptable que les victimes paient les conséquences des agissements de ceux qui violent leur droit de propriété. Le principe est simple : le pollueur paie, le squatteur répare. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Après l’article 5 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Et le RN rembourse !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Xavier Albertini
Après l’article 5 (suite)
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Je comprends la logique « casseur-payeur » que poursuit cet amendement. Toutefois, les frais que vous évoquez sont déjà couverts par plusieurs procédures. Les frais engagés par le propriétaire du bien squatté font l’objet d’une indemnisation au titre des dommages et intérêts. Les frais de justice peuvent évidemment être laissés à la charge du condamné, selon les règles prévues par le code de procédure pénale. Enfin, si l’État ou une collectivité venaient à subir un préjudice, rien ne les empêcherait de mener leur propre action. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 5 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis : l’amendement est satisfait par les dispositions qui viennent d’être évoquées.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 5 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Je ne comprends plus rien. Vraiment, je suis perdu ! Quand nous parlions des free parties, le gouvernement a soutenu des amendements identiques prévoyant des actions civiles en réparation que la loi, en l’occurrence le code civil, permet déjà. À présent, on fait valoir un argument en sens contraire. Je suis perdu !

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 5 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

On va t’expliquer !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 5 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est complètement incohérent ! Ces arguments très erratiques de la part du ministre sont insupportables – il ne deviendra pas ministre de la justice, à mon avis…

II
Après l’article 5 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 202 n’est pas adopté.)

Amdt 202 Rejeté Amdt 202
Photo de Mme la présidente
Après l’article 5 (suite)
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je vous rappelle que les articles 5 bis à 5 quindecies ainsi que les amendements avant l’article 6 sont réservés à la demande du gouvernement. Nous abordons donc l’article 6.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je suis saisie de cinq amendements, nos 427, 426, 831, 306 et 305, qui tendent à rétablir l’article 6, supprimé par la commission, et peuvent être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour soutenir l’amendement no 427.

Amdt 427 Rejeté Amdt 427 A discuter
Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 6
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Il tend à rétablir l’article 6 dans une version un peu modifiée, puisqu’il s’agit de supprimer les AFD de notre droit. Je vais revenir sur un certain nombre d’arguments en faveur de cette suppression. On évoque souvent le mauvais recouvrement de ces amendes, dénoncé par le rapport de la Cour des comptes. Je pense que c’est en réalité une perte de temps, car il s’agit d’un problème très secondaire. L’AFD, quand bien même elle serait recouvrée, pose en elle-même des problèmes. Le premier touche à la séparation des pouvoirs. Concrètement, dans la rue, le policier ou le gendarme rend un jugement comme un juge et éteint l’action publique comme un procureur. C’est insupportable. Le Conseil constitutionnel a lui-même reconnu que ce n’était pas terrible, mais en a admis le principe dès lors que les infractions étaient caractérisées de façon suffisamment claire – je pense qu’en l’espèce, il a fait n’importe quoi. Toujours est-il que, sur le terrain des principes, nous devons continuer de défendre la séparation des pouvoirs comme un principe de vivre ensemble essentiel et déterminant. Il y va de la sûreté, consacrée par l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Deuxième point : l’AFD est inefficace. Aucune corrélation scientifique n’a été démontrée entre son instauration et la baisse du nombre d’infractions, dans quelque domaine que ce soit. Il n’y a aucun rapport ! L’AFD fait rentrer de l’argent et permet aux ministres de l’intérieur successifs de jouer les gros bras en prétendant qu’ils ont agi. Elle permet de poursuivre l’indigne politique du chiffre, qui transforme les policières et les policiers en robots chargés de distribuer des contraventions et surtout des AFD, au détriment du sens même de leur métier. Pour toutes ces raisons, il est urgent de supprimer les amendes forfaitaires délictuelles de notre droit… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Andy Kerbrat, pour soutenir l’amendement no 426.

Amdt 426 Rejeté Amdt 426 A discuter
Photo de M. Andy Kerbrat
Article 6
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Cet amendement poursuit deux objectifs. Comme l’a très bien rappelé mon collègue Bernalicis et comme nous le martelons depuis le début de l’examen de ce texte, le système des amendes forfaitaires délictuelles ne fonctionne pas. Non seulement elles ne servent à rien et ne sont pas recouvrées, mais elles produisent même des effets contre-productifs en matière d’usage illicite de stupéfiants. Nous avons déjà eu ce débat, monsieur le ministre, lorsque vous nous avez expliqué que l’AFD n’avait pas pour objectif de sortir les gens de l’addiction, mais de punir la consommation. Or, si vous ne cherchez pas à réduire la consommation de stupéfiants d’une personne, vous courez le risque d’obtenir toujours le même résultat : la verbalisation répétée du même consommateur. Car ce n’est pas en infligeant des amendes que l’on soigne une addiction. Tel est le premier objectif de cet amendement. Mais nous proposons d’aller plus loin. Je voudrais répondre à un propos tenu par le premier ministre lors du débat sur la loi contre le narcotrafic. Selon lui, il n’existait que deux choix : soit la politique actuelle, c’est-à-dire la répression à tout va des usagers, des consommateurs et du narcotrafic – mais surtout du petit deal –, soit la dépénalisation. La dépénalisation est une véritable question politique. Il ne faut pas refuser de la regarder en face en considérant qu’elle constituerait nécessairement une défaite. D’autres pays européens ont fait des choix différents, notamment en matière de cannabis : l’Espagne, la Belgique ou encore la Suisse, qui dispose du système d’addictologie le plus performant. Son modèle repose à la fois sur la sécurité et la répression, mais aussi sur l’accompagnement et les soins, jusqu’à l’existence de salles de consommation médicalisée d’héroïne, afin d’éviter que les personnes ne consomment dans la rue. Le modèle portugais devrait également nous inspirer. Vous, que proposez-vous à un usager de stupéfiants ? De payer une AFD. À aucun moment vous ne proposez de travailler à son intégration dans un parcours de sortie d’addiction. Au Portugal, la consommation de stupéfiants demeure interdite, mais elle fait seulement l’objet d’une sanction administrative et la personne est orientée vers un comité… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Mme Andrée Taurinya applaudit ce dernier.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à Mme Laetitia Saint-Paul, pour soutenir l’amendement no 831.

Amdt 831 Rejeté Amdt 831 A discuter
Photo de Mme Laetitia Saint-Paul
Article 6
Mme Laetitia Saint-Paul Laetitia Saint-Paul HOR

S’agissant des stupéfiants, force est de constater qu’il n’y a plus de zones blanches…

Photo de M. Damien Girard
Article 6
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Ah, elle est bonne, celle-là !

Photo de Mme Laetitia Saint-Paul
Article 6
Mme Laetitia Saint-Paul Laetitia Saint-Paul HOR

…et qu’il n’y aurait pas de dealers s’il n’y avait pas de consommateurs. Au sein du groupe Horizons & indépendants, nous sommes convaincus que la destruction de la société passe par le laxisme, fidèlement orchestré par l’extrême gauche, et que cette amende forfaitaire délictuelle est l’une des solutions. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Sur les amendements nos 427 et 426, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Michaël Taverne, pour soutenir l’amendement no 306.

Photo de M. Michaël Taverne
Article 6
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

L’article 6, qui a été supprimé par la gauche et l’extrême gauche en commission et que nous proposons de rétablir, vise à s’attaquer aux organisations criminelles et à la consommation de produits stupéfiants. La France insoumise est d’ailleurs bien placée pour en parler. En matière d’amende forfaitaire délictuelle, il est important de rappeler le contexte. Cette année, j’ai eu l’honneur de suivre une session de l’Institut des hautes études du ministère de l’intérieur (IHEMI), consacrée notamment à la corruption, à la criminalité organisée, à la consommation de stupéfiants, aux organisations criminelles et à la grande délinquance. Lorsque nous nous sommes rendus à Rotterdam et à La Haye, nos interlocuteurs d’Europol et d’Eurojust nous ont expliqué – n’en déplaise à l’extrême gauche – que la création du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) constituait une bonne mesure. Europol, qui s’efforce de lutter le plus efficacement possible contre les organisations criminelles qui inondent le territoire européen de stupéfiants, nous a également indiqué que notre procédure pénale et la réforme de la police judiciaire menée en France constituaient de très mauvaises orientations. En second lieu, un policier français chargé de la lutte contre les organisations criminelles au sein de cet organisme nous a confié que nous n’y arriverions jamais tant que nous ne taperions pas plus fort sur les consommateurs. C’est pourquoi nous proposons d’augmenter massivement le montant de l’amende forfaitaire délictuelle infligée aux consommateurs de stupéfiants. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Vous conservez la parole pour soutenir l’amendement no 305, qui fait l’objet de plusieurs sous-amendements.

Amdt 305 Rejeté Amdt 305 A discuter
Photo de M. Michaël Taverne
Article 6
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Comme je viens de le dire et comme nous le disent les policiers spécialisés, il faut frapper les consommateurs au portefeuille. Dans notre boîte à outils, nous devons renforcer la police judiciaire et lutter plus efficacement contre les organisations criminelles. Or ce sont les consommateurs qui alimentent ces organisations. Créer un parquet national anticriminalité organisée : oui. Renforcer la police judiciaire : oui. Simplifier la procédure pénale : oui. Mais il faut aussi frapper les consommateurs au portefeuille.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 6
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Mais certains n’ont pas de portefeuille, c’est cela que vous ne comprenez pas !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 6
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

C’est un cercle vertueux qu’il faut créer. Tel est le sens de cet amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Damien Girard, pour soutenir le sous-amendement no 1094, à l’amendement no 305.

Amdt 1094 Rejeté
Photo de M. Damien Girard
Article 6
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Nous sommes opposés au rétablissement de l’article 6. Nous le répétons depuis l’annonce faite par Emmanuel Macron en décembre 2025 : le doublement de l’amende forfaitaire délictuelle pour usage illicite de stupéfiants est un cache-misère. Le raisonnement est pauvre et paresseux, presque caricatural. On inflige des amendes pour la consommation de stupéfiants. Mince ! Cela ne règle ni la consommation, ni les addictions, ni les trafics. Alors on se creuse un peu la tête : que pourrait-on bien faire ? La réponse tombe : doublons le montant des amendes. Voilà toute votre politique publique : la même réponse, mais avec une amende plus chère. La politique de culpabilisation sur laquelle le gouvernement mise tout ne produit aucun résultat sérieux qui permettrait de démontrer un recul de la consommation. Le groupe Droite républicaine propose lui aussi de faire passer l’AFD de 200 à 500 euros – de 150 à 400 euros pour l’amende minorée et de 450 à 1 000 euros pour l’amende majorée. Mais pendant que vous donnez l’illusion d’agir, la réalité s’aggrave. Pour la première fois, la cocaïne est devenue le premier marché de stupéfiants en France, devant le cannabis. En 2023, plus de 1 million de personnes en ont consommé – soit deux fois plus qu’en 2022, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). La consommation explose partout, dans les centres urbains comme dans la ruralité, dans les milieux favorisés comme dans les plus précaires, dans les milieux festifs comme au travail – n’en déplaise au premier ministre, puisque les tests réalisés dans les cabinets ministériels ne seront pas publiés. Nous devrions nous interroger sur les raisons de l’explosion de la consommation : la santé mentale de nos concitoyens, particulièrement des plus jeunes, l’isolement, les conditions de travail, l’accès aux soins, la réduction des risques ou encore les moyens dont disposent nos services d’enquête pour démanteler les réseaux. Au lieu de cela, de quoi parlons-nous ? D’une amende, encore d’une amende. Pensez-vous vraiment qu’une amende de 500 ou de 1 000 euros réglera un problème sanitaire, social, addictologique et criminel ? Moi, je ne le crois pas.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Le sous-amendement no 1098 de M. Roger Vicot est défendu. Je suis saisie de deux sous-amendements identiques, nos 1093 et 1099. Le sous-amendement no 1093 de M. Pouria Amirshahi est défendu. La parole est à M. Roger Vicot, pour soutenir le sous-amendement no 1099.

Amdt 1098 Rejeté
Photo de M. Roger Vicot
Article 6
M. Roger Vicot Roger Vicot SOC

Nous proposons de supprimer la peine complémentaire de suspension de permis de conduire en cas de consommation de stupéfiants lorsque la personne ne conduisait pas sous l’emprise de la drogue. J’ai déjà évoqué ce principe hier, à l’occasion de l’examen d’un autre article. Il s’agit ici de sanctionner une personne au motif qu’elle pourrait éventuellement commettre un délit à l’avenir : autrement dit, de sanctionner une faute qui n’a pas été commise et qui, peut-être, ne le sera jamais. Cette mesure est donc totalement inadéquate et illégitime ; c’est pourquoi nous proposons de supprimer les alinéas 8 et 9. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Damien Girard, pour soutenir les sous-amendements nos 1097, 1095 et 1096, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Amdt 1097 Rejeté Amdt 1095 Rejeté Amdt 1096 Rejeté
Photo de M. Damien Girard
Article 6
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Je profite de la présentation de ces sous-amendements de M. Amirshahi pour répondre aux propos que j’ai entendus il y a un instant, selon lesquels il faudrait allier répression et prévention. Mais cela fait des années que vous ne faites que de la répression ! Notre pays est connu pour être le plus répressif en matière de drogues, tout en enregistrant les pires résultats. Pourtant, vous proposez encore de renforcer le volet répressif. D’autres pays européens obtiennent des résultats remarquables : je pense notamment au Portugal ou à la Suisse. Ils mènent des politiques de prévention et de réduction des risques. La question n’est pas de savoir si la drogue, c’est bien ou mal. Elle est de savoir si nous voulons réellement protéger notre population, notamment les plus jeunes, ou simplement nous faire plaisir en multipliant les amendes. Dans ce dernier cas, nous obtiendrons exactement les mêmes résultats, tout en appauvrissant davantage des personnes déjà en difficulté. Franchement, continuons ainsi !

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements et sous-amendements en discussion commune ?

Photo de M. Xavier Albertini
Article 6
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

À titre personnel, je déplore la suppression de l’article 6 par la commission et je souhaite son rétablissement.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 6
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Le gouvernement, lui, ne propose pas le rétablissement !

Photo de M. Xavier Albertini
Article 6
M. Xavier Albertini rapporteur HOR

Cet article prévoyait de porter l’AFD à 500 euros, ce qui était une bonne chose car son quantum actuel de 200 euros ne correspond pas à la hiérarchie et à la proportionnalité des peines. L’amende moyenne infligée par les tribunaux s’établit d’ailleurs à 435 euros. Cela posé, je souhaite ajouter qu’en matière d’usage illicite de stupéfiants, l’AFD est une sanction efficace, et que nous travaillons à renforcer son efficacité, en particulier en améliorant son recouvrement. C’est pourquoi il conviendrait de réintroduire l’article 6. Ainsi, à titre personnel, je suis favorable à l’amendement de rétablissement no 305, mais défavorable à ses sous-amendements ainsi qu’aux autres amendements.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 6
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Main dans la main avec le Rassemblement national !

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 6
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Ah, elle est belle, l’alliance !

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 6
M. Laurent Nuñez ministre

À l’issue de cette discussion commune sur le rétablissement de l’article 6, j’émets un avis défavorable sur les amendements no 427 et 426, qui visent à supprimer l’amende forfaitaire délictuelle pour consommation de stupéfiants. L’article 6 porte cette amende à 500 euros. Nous y sommes très favorables, monsieur Sansu. Le gouvernement a défendu cette mesure pour toucher aussi les consommateurs, qui portent une part de culpabilité et de responsabilité dans le développement des trafics.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 6
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

C’est inefficace !

MN
Article 6
M. Laurent Nuñez ministre

Le premier ministre a indiqué – cela est sans doute de nature à vous rassurer – qu’une partie de ce produit serait reversée à la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) pour des actions de prévention. (M. Andy Kerbrat s’esclaffe.)

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 6
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Quelle blague !

MN
Article 6
M. Laurent Nuñez ministre

Vous devez évidemment en être très satisfaits.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 6
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

On attend toujours le reversement à la sécurité sociale du produit de la taxe sur le tabac ! Idem pour le produit de la journée de solidarité au bénéfice des Ehpad. De belles promesses…

MN
Article 6
M. Laurent Nuñez ministre

Je demande au groupe Horizons & indépendants le retrait de son amendement no 831 au profit des autres amendements de rétablissement, notamment de l’amendement no 305 de M. Taverne, qui reprend la rédaction de l’article 6 dans ses trois dimensions : augmentation de l’amende forfaitaire délictuelle à 500 euros ; possibilité de prononcer une peine complémentaire de suspension du permis de conduire, peine qui existe déjà pour certains professionnels, notamment les policiers et les personnels qui travaillent dans les transports ; et, dernière mesure dont on a moins parlé, prolongation de l’interdiction de paraître sur un point de deal, introduite par la loi narcotrafic, lorsqu’à l’issue d’une première interdiction, les personnes reviennent et réinstallent un trafic. Je répète : avis défavorable pour les amendements no 427 et 426 ; demande de retrait de l’amendement no 831 au profit du no 305, qui reprend l’ancienne rédaction de l’article 6 à laquelle le gouvernement est favorable ; avis défavorable sur tous les sous-amendements.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Nicolas Sansu.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 6
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Le gouvernement n’a pas déposé d’amendement pour réintroduire l’article 6. J’imagine pourtant que vous aviez connaissance de la version du texte issue des travaux de la commission. Si vous aviez estimé qu’il était nécessaire de réintroduire cet article, vous l’auriez fait. (Mme Andrée Taurinya applaudit.) Ce qui se passe est très grave. Que vous donniez le point au Rassemblement national une nouvelle fois me fait très mal parce que je connais vos engagements républicains. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.) Ce n’est pas ce que vous êtes vraiment ! Alors qu’il reste encore au moins une lecture et une commission mixte paritaire, je vous invite à vous ressaisir et à ne pas faire adopter cet amendement no 305 de M. Taverne pour plusieurs raisons : vous avez décidé de ne pas réintroduire cet article, vous savez très bien que l’augmentation de l’AFD ne réglera rien, bien au contraire, et vous avez entendu ce qui s’est dit en commission. Je vous demande solennellement de revenir sur l’avis favorable donné à l’amendement no 305. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. Andy Kerbrat.

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 6
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

La question des effets de l’amende forfaitaire, à laquelle vous n’avez pas répondu, est très intéressante. Au risque de surprendre, je ne suis pas en désaccord avec Bruno Retailleau quand il dit qu’il faut s’occuper de la demande. En effet, l’enjeu est de s’occuper des usagers et des usagères de stupéfiants. Le problème réside dans la proposition politique que vous faites, celle de l’AFD, qui est déjà appliquée et recouvrée à hauteur de 35 %. Lorsque nous en avons discuté en commission, vous vous êtes réjoui que ce soit deux fois plus que ce que vous recouvrez par ailleurs. Certes, mais 30 % de recouvrement, c’est 70 % de personnes qui ne paient pas. La réalité, c’est que vous ne voulez pas prendre le problème en face et que vous abandonnez le combat de santé publique concernant les addictions et l’usage de drogue (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR), parce que vous n’avez pas le courage politique d’assumer un vrai plan, un plan qui pourrait froisser ceux d’en face.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 6
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

C’est vrai. Vous cédez au RN !

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 6
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Je vais vous donner un exemple. Pourquoi, actuellement, la France n’a-t-elle pas généralisé les haltes soins addictions (HSA), alors que toutes les expérimentations sont bonnes ? Monsieur le ministre, vous étiez préfet lors de l’installation de la halte soins addictions à la salle Gaïa à Paris ; vous avez entretenu des rapports compliqués avec eux, mais, finalement, ils nous disent que cela fonctionne. Le bâton que vous brandissez ne réduira pas le nombre d’usagers. Cela ne marchera pas !

Photo de M. Damien Girard
Article 6
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Et vous le savez bien !

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 6
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Dans cinq ans, cela n’aura fait qu’empirer. On peut porter l’AFD à 500 euros, la prochaine fois à 1 000 euros, et, pourquoi pas, revenir à l’idée, qui avait cours en 1970, qu’on pouvait aller en taule parce qu’on était camé ? Ce n’est pas un objectif politique ! Croyez-moi, nous pouvons sortir par le haut de ce problème de santé publique. (MM. Damien Girard et Marcellin Nadeau applaudissent.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La parole est à M. le ministre.

MN
Article 6
M. Laurent Nuñez ministre

Je demande une suspension de séance. (Murmures sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix-neuf heures cinquante, est reprise à dix-neuf heures cinquante-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La séance est reprise. Je mets aux voix l’amendement no 427.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 67 Nombre de suffrages exprimés 67 Majorité absolue 34 Pour l’adoption 26 Contre 41

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 427 n’est pas adopté.)

Amdt 427 Rejeté Amdt 427 A discuter
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 426.

Amdt 426 Rejeté Amdt 426 A discuter
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 67 Nombre de suffrages exprimés 67 Majorité absolue 34 Pour l’adoption 26 Contre 41

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 426 n’est pas adopté.)

Amdt 426 Rejeté Amdt 426 A discuter
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 831.

Amdt 831 Rejeté Amdt 831 A discuter
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 66 Nombre de suffrages exprimés 65 Majorité absolue 33 Pour l’adoption 24 Contre 41

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 831 n’est pas adopté.)

Amdt 831 Rejeté Amdt 831 A discuter
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 306 n’est pas adopté.)

Amdt 306 Rejeté Amdt 306 A discuter
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les sous-amendements nos 1094 et 1098, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 1094 Rejeté Amdt 1098 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les sous-amendements identiques nos 1093 et 1099 ne sont pas adoptés.)

Amdt 1093 Rejeté Amdt 1099 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les sous-amendements nos 1097, 1095 et 1096, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 1097 Rejeté Amdt 1095 Rejeté Amdt 1096 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Je mets aux voix l’amendement no 305.

Amdt 305 Rejeté Amdt 305 A discuter
Photo de Mme Andrée Taurinya
Suspension et reprise de la séance
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Quelle honte !

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 55 Nombre de suffrages exprimés 52 Majorité absolue 27 Pour l’adoption 22 Contre 30

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 305 n’est pas adopté ; en conséquence l’article 6 demeure supprimé.) (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Damien Girard applaudit également.)

Amdt 305 Rejeté Amdt 305 A discuter
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de Mme la présidente
Ordre du jour de la prochaine séance
Mme la présidente Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR

Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente : Suite du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates au phénomène troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à vingt heures.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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