Séance plénière
Séance plénière du 09/07/2026
Jeudi 9 juillet 2026 09:00 – 13:00 4h Assemblée nationale Confirmé Créée le 12/06/2026 PO838901
Ordre du jour Ordre du jour non encore publié

Réunion confirmé

L'ordre du jour détaillé et la liste des participants seront disponibles une fois la réunion confirmée et tenue.

Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

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1 019 Interventions sur l'ensemble de la séance
145 Orateurs distincts repérés
13 Séquences détectées dans le débat
119 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 1019 interventions sur 1019 pour l'ensemble de la séance.

Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

Une séance plénière enchaîne plusieurs textes. Choisissez ci-dessous celui qui vous intéresse pour aller directement à son débat. La barre indique la part des prises de parole consacrées à ce texte sur l'ensemble de la séance.

Amendements les plus cités

Amdt 622 9 mentions 719 (Rect) 9 mentions Amdt 38 6 mentions Amdt 199 6 mentions Amdt 326 6 mentions Amdt 328 6 mentions Amdt 448 6 mentions Amdt 449 6 mentions
Photo de M. le président
Ouverture de seance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à neuf heures.)

Photo de M. le président
Démission et remplacement d’un député
M. le président Christophe Blanchet Dem

La présidente de l’Assemblée nationale a reçu de M. Jean-Pierre Taite, député de la 6e circonscription de la Loire, une lettre l’informant qu’il se démettait de son mandat de député à compter du mercredi 8 juillet 2026. Acte est donné de cette démission, qui sera notifiée au premier ministre. Par une communication datée du 6 juillet 2026, le ministre de l’intérieur a informé la présidente de l’Assemblée que M. Jean-Pierre Taite était remplacé, jusqu’au renouvellement de l’Assemblée nationale, par M. Jean-Yves Bonnefoy, élu en même temps que lui à cet effet.

Photo de M. le président
Suite de la discussion d’un projet de loi
M. le président Christophe Blanchet Dem

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (nos 2850, 2984).

Photo de M. le président
Discussion des articles (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Hier soir, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’amendement no 593 portant article additionnel après l’article 2 ter.

Photo de M. le président
Après l’article 2 ter (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Éric Pauget, pour soutenir les amendements nos 593 et 618, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Amdt 593 Retiré Amdt 593 A discuter Amdt 618 Rejeté Amdt 618 A discuter
Photo de M. Éric Pauget
Après l’article 2 ter (suite)
M. Éric Pauget Éric Pauget DR

Il s’agit de deux amendements du groupe Droite républicaine. L’amendement no 593 tend à instaurer des mesures de neutralisation du matériel ayant permis l’organisation de rave-parties illégales : coupure d’électricité ou mise hors service des équipements. L’amendement no 618 vise à permettre de prononcer une interdiction du territoire français (ITF) à l’encontre des organisateurs de rave-parties illégales qui seraient de nationalité étrangère.

Photo de M. le président
Après l’article 2 ter (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Vincent Caure, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission sur ces deux amendements.

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 2 ter (suite)
M. Vincent Caure rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République EPR

Je vous demande de retirer l’amendement no 593 ; à défaut, j’y serais défavorable. En effet, ce que cet amendement a d’utile – permettre la saisie du matériel de sonorisation – figure déjà dans le droit en vigueur ou dans l’article 2 que nous avons adopté hier. Certes, l’amendement va plus loin en tendant à donner la possibilité de mettre « hors service » le matériel concerné – c’est-à-dire, pour être concret, à le casser. Or cette disposition se heurte à un obstacle de principe : la confiscation de matériel doit être prononcée par un juge ; on ne peut pas casser du matériel sur place, sans une condamnation préalable. La disposition poserait un problème de constitutionnalité et de proportionnalité. S’agissant de l’amendement no 618, j’ai déjà donné en commission les raisons qui avaient motivé le rejet d’un amendement similaire. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 2 ter (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le ministre de l’intérieur, pour donner l’avis du gouvernement.

MN
Après l’article 2 ter (suite)
M. Laurent Nuñez ministre de l’intérieur

Demande de retrait pour les mêmes motifs ; à défaut, avis défavorable. L’amendement no 593 contrevient au principe de proportionnalité des peines. La confiscation du matériel est déjà possible. Sa neutralisation paraît excessive et risquerait d’être censurée par le Conseil constitutionnel. Concernant l’amendement no 618, l’interdiction du territoire français existe déjà ; elle est appréciée au cas par cas, conformément au principe d’individualisation des peines.

Photo de M. le président
Après l’article 2 ter (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Éric Pauget.

Photo de M. Éric Pauget
Après l’article 2 ter (suite)
M. Éric Pauget Éric Pauget DR

Nous avons entendu vos arguments et nous retirons l’amendement no 593. Cependant, j’appelle votre attention sur le fait que, dans certaines situations, la nuisance continue même après constatation par les forces de l’ordre. L’idée n’est pas nécessairement de détruire le matériel ; il s’agit d’empêcher que la nuisance se poursuive – c’est la raison pour laquelle l’amendement prévoyait de couper l’alimentation en électricité. En revanche, nous maintenons l’amendement no 618. Les grandes rave-parties illégales sont souvent organisées par des personnes de nationalité étrangère : nous devrions renforcer notre droit en ouvrant la possibilité de prononcer une ITF à leur égard.

II
Après l’article 2 ter (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 593 est retiré.)

Amdt 593 Retiré Amdt 593 A discuter
Photo de M. le président
Après l’article 2 ter (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 2 ter (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Le ministre et le rapporteur ont rappelé que des dispositions existaient déjà dans le droit en vigueur qui permettent de traiter ces problèmes. Gardons cela en tête : le code pénal prévoit déjà des infractions et des procédures qui, dans bien des cas, ne fonctionnent pas si mal et permettent d’atteindre les buts visés par ces amendements. D’autre part, sur le terrain, dans bien des cas, on observe déjà des destructions de matériel – ce qui ne manque pas de susciter des plaintes. S’agissant de l’amendement maintenu, j’avais bien compris que le Rassemblement national était focalisé sur les étrangers : à chaque délit, ses membres s’assurent qu’une peine complémentaire d’interdiction du territoire français pourra être prononcée. Toutefois, je n’avais pas encore perçu que cette façon de faire avait contaminé jusqu’à la Droite républicaine.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Après l’article 2 ter (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Eh oui !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 2 ter (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Voilà que ces derniers reprennent finalement ces amendements qui confinent au racisme et à la xénophobie. Encore une fois, une telle interdiction est déjà prévue dans le code pénal ; la réintroduire ainsi à toutes les sauces, ça devient limite pathologique !

II
Après l’article 2 ter (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 618 n’est pas adopté.)

Amdt 618 Rejeté Amdt 618 A discuter
Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 2 ter (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Ouais !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Sur les amendements nos 561 et identique, 598, 605 et 601, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Nous en venons à deux amendements identiques, nos 561 et 597, qui tendent à supprimer l’article 3. La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour soutenir le premier.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

L’article 3 prévoit d’aggraver les sanctions contre les rodéos motorisés. Au-delà des nuisances qu’ils engendrent, nul ne doute de leur dangerosité, pour ceux qui les pratiquent comme pour les passants et les autres usagers de la route – de dramatiques accidents en attestent. On peut également dénoncer la dimension viriliste de ces rodéos : leur aspect « grosse cylindrée » et tout ce que peut susciter dans l’imaginaire – presque phallique – le moteur qu’on fait hurler et la démonstration de force. Cela étant, reste à déterminer les meilleures mesures à prendre pour y faire face. La loi du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les rodéos motorisés a déjà constitué tout un arsenal juridique, assorti de lourdes peines comme la confiscation du véhicule et l’emprisonnement. Pourtant, chaque été, le problème surgit de nouveau ; vous devriez donc vous demander si durcir les peines est vraiment efficace.

Photo de M. Laurent Croizier
Article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Le laxisme n’est pas plus efficace !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

À force d’aggraver les peines, sans résultat, jusqu’où peut-on aller ? Quel quantum de peine maximum imaginez-vous ?

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

La perpète !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Ce n’est pas de cette façon qu’on réglera le problème. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas pouvoir saisir les véhicules ni mettre hors de danger les personnes qui pratiquent un rodéo ou qui se trouvent à proximité. Cependant, des études de sociologie très intéressantes ont montré l’inanité du durcissement des peines. Je suggère donc la suppression du dispositif, afin de développer une approche beaucoup plus préventive, sans exclure des sanctions – mais celles que vous proposez ne mèneront à rien.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Andrée Taurinya, pour soutenir l’amendement no 597.

Amdt 597 Rejeté Amdt 597 A discuter
Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Qu’on ne nous fasse pas, comme hier, le coup des caricatures : nous ne sommes pas pour les rodéos, les blessés, les morts sur les routes. Des problèmes se posent, nous le reconnaissons. Cependant, ce que vous proposez ne servira à rien. Depuis 2018, un délit spécifique figure dans le code pénal, puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Cela a-t-il changé quelque chose ? Non, mais vous voulez quand même passer à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende ! Votre démarche est contre-productive ; pire, elle contribue à la surpopulation carcérale, qui a de nouveau valu à la France une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme en janvier 2026. Ce que vous proposez n’aura pas d’autre effet que de détériorer encore davantage les conditions de vie des détenus. Il faut s’attaquer à la racine du problème et réfléchir aux mesures de prévention pertinentes. Peut-être que ces jeunes qui pratiquent les rodéos pourraient être occupés à d’autres loisirs,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

La prison !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

…si toutefois on leur en donnait !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Je suis fier que la loi de 2018 ait été défendue par les macronistes. Les phénomènes de violence ou qui portent atteinte à l’ordre public évoluent, ce qui conduit le Parlement à légiférer de nouveau. Cet article a passé le filtre de la commission ; c’est heureux pour les gens qui nous regardent, car les rodéos motorisés ont des conséquences sur les forces de l’ordre, qui doivent poursuivre les individus impliqués, sur les conducteurs, qui peuvent se blesser ou se tuer, et sur les gens qui, se trouvant sur leur chemin alors qu’ils n’avaient rien demandé, y rencontrent la mort.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

On est d’accord ! Le problème est que vos mesures ne sont pas du tout efficaces !

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable à 1 000 %.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Avis défavorable. On constate une recrudescence des rodéos urbains et de leur verbalisation. C’est pourquoi nous durcissons les sanctions en prévoyant, entre autres, une interdiction administrative de conduite de véhicules terrestres et l’interdiction des rassemblements motorisés – les runs –, qui se multiplient en ce moment. Quoi que vous en disiez, nous adaptons la loi. Votre façon d’opposer systématiquement la prévention et la répression est un peu curieuse – comme si nous ne faisions jamais de prévention !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Vous n’en faites pas !

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

En tout cas, on ne peut pas faire que de la prévention.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Monsieur le ministre, votre propos est incorrect. Ce projet de loi ne comporte aucun volet préventif : rien, zéro ! Et il n’est pas le seul. Rappelez-vous le débat sur le projet de loi « narcotrafic » : nous vous parlions de prévention à propos de la consommation de drogues illicites, vous nous répondiez que nous avions raison et qu’on verrait cela plus tard, et nous n’avons jamais rien vu. Ce que vous dites est donc faux : il n’y a pas de prévention. Les rodéos urbains sont dangereux : nous sommes nombreux à en être conscients.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Vous en êtes « conscients » ?

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Cela engendre des nuisances souvent insupportables et des risques mortels. Mais vous avez déjà légiféré à ce sujet, en 2018, en alourdissant la peine. Visiblement, cela ne marche pas ; nous ferions donc mieux de réfléchir ensemble à des solutions plutôt que de doubler la peine ! Par quel raisonnement estimez-vous qu’un doublement de la peine – qui deviendra, demain, un triplement ou un quadruplement – réglera le problème en quoi que ce soit ? Aucune démonstration n’est faite. Vous vous bornez à des affirmations virilistes. Nous y reviendrons, mais permettez-moi d’aborder brièvement un dernier point. Vous doublez les amendes, vous étendez la possibilité de recourir à l’amende forfaitaire délictuelle (AFD), vous donnez aux saisies de matériel un caractère de plus en plus automatique et vous aggravez les peines de prison ; mais savez-vous dans quel état sont les prisons ? Rien ne va dans votre approche ! Par de telles mesures inefficaces, vous ne faites que renforcer les causes et aggraver les conséquences des phénomènes contre lesquels vous prétendez lutter.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Michaël Taverne.

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Sans surprise, nous voterons contre ces amendements de suppression. C’est sans surprise également que nous entendons l’extrême gauche dire : oui, il y a un problème, mais ne faisons rien, supprimons l’article et passons à autre chose ! Voilà pourtant des années que ce phénomène prend de l’importance. Monsieur le rapporteur, vous vous êtes félicité de la loi macroniste de 2018, mais elle a été tellement efficace que nous sommes obligés de revenir sur le sujet ! Vous avez eu la main molle…

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Bah tiens !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

…parce que vous croyez qu’il faut donner une deuxième chance – puis une troisième, une quatrième et une cinquième, jusqu’à ce que les accidents mortels soient encore plus nombreux. Il aurait fallu écouter le Rassemblement national, qui propose des mesures très efficaces, à commencer par l’interpellation des auteurs de ces faits.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Et par des courses-poursuites qui se terminent par des tirs ?

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Cela a commencé par les pocket bikes, notamment dans le quartier de Pont-de-Bois à Villeneuve-d’Ascq – vous connaissez très bien, monsieur Bernalicis ; puis cela a été les quads, les 50 centimètres cubes, les 75 et les 125 – et ça continue !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Eh oui ! Même la police s’y met, avec les Brav-M !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

La plupart du temps, ces véhicules sont volés et entreposés dans les caves. Il faut donc interpeller les auteurs, saisir et détruire systématiquement le matériel. Nous proposerons des mesures durcissant ces dispositifs et nous appelons à voter contre ces amendements de suppression. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix les amendements identiques nos 561 et 597.

Amdt 561 Rejeté Amdt 561 A discuter Amdt 597 Rejeté Amdt 597 A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 63 Nombre de suffrages exprimés 63 Majorité absolue 32 Pour l’adoption 16 Contre 47

II
Article 3
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 561 et 597 ne sont pas adoptés.)

Amdt 561 Rejeté Amdt 561 A discuter Amdt 597 Rejeté Amdt 597 A discuter
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jean-François Coulomme, pour soutenir l’amendement no 598.

Amdt 598 Rejeté Amdt 598 A discuter
Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Il vise à supprimer l’alinéa 2, introduit par la commission des lois de l’Assemblée nationale, qui prévoit de punir plus sévèrement la conduite, durant la période probatoire suivant l’obtention du permis de conduire, d’un véhicule dont le moteur excède la puissance autorisée. Les peines prévues par le droit en vigueur sont pourtant déjà lourdes : prison, amende, suspension du permis et confiscation du véhicule. Jusqu’où ira-t-on ? Vous voulez aggraver systématiquement l’arsenal existant ; mais en quoi le trouvez-vous insuffisamment dissuasif ? Les dispositions que vous cherchez à imposer illustrent bien les effets de la disparition des médiateurs de rue,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Des médiateurs de rue !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

…comme les animateurs et les éducateurs, et de celle de la police de proximité. Ce texte aborde un grand nombre de situations dans lesquelles, en effet, il eût mieux valu faire appel à la police de proximité, que vous avez supprimée depuis longtemps déjà. Aujourd’hui, quand le bleu surgit dans l’espace public, au milieu des manifestations ou des événements…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ça rassure !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Pas du tout !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Si !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Monsieur Taverne, quand le bleu surgit au milieu de la population, c’est pour la réprimer, la matraquer et la gazer. (« Oh ! » sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem et HOR.) Croyez-vous donc que vos nouvelles dispositions vont arranger quoi que ce soit ?

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Quelle image vous avez de la police !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Tout le monde vous le dit : il n’y a plus une seule manifestation sans que des mères avec leur poussette, à force de gaz lacrymogènes, ne finissent les yeux en larmes ! Voilà ce qu’est devenue la médiation entre la police et la population : vous comprenez bien pourquoi nous voulons la revoir de la cave au grenier. De même que nous proposons d’empêcher qu’on puisse se procurer du protoxyde d’azote plutôt que de pénaliser ceux qui en consomment, nous proposons de contrôler la location des véhicules surpuissants.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable. L’objectif de ce début d’article est d’interdire à des gens en permis probatoire de conduire les véhicules les plus puissants : nous sommes au cœur de la problématique des rodéos motorisés.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis, pour les mêmes raisons. Monsieur Coulomme, vous pourriez au moins avoir de la gratitude pour les forces de sécurité intérieure, dont l’intervention permet aux manifestations d’aller à leur terme.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Ça se discute !

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Votre vision de la police est uniquement répressive.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est la vôtre !

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Elle ne serait que l’arme du pouvoir, etc. : rhétorique éculée et dénuée de sens. Votre remarque, par ailleurs sans rapport avec l’amendement, ne fait que traduire votre inacceptable mépris pour les forces de sécurité intérieure. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem et HOR.)

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 3
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

C’est vous qui les méprisez !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Michaël Taverne.

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Comme d’habitude, nous voterons contre cet amendement de l’extrême gauche. Merci, monsieur Coulomme, d’avoir cité mon nom : je sais ce que c’est que la police de proximité, qui a été ma première affectation.

Photo de M. Damien Girard
Article 3
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Manifestement, ça paie bien, et longtemps ! (M. Emeric Salmon s’exclame.)

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

C’était à Lille-Sud. Vous connaissez bien ce quartier, monsieur Bernalicis : pas simple, n’est-ce pas ? Avant de parler de la police de proximité, il faut savoir ce que c’est – ce qui est loin d’être votre cas. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’était un argument, ça ?

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Souffrez de m’écouter !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Chut !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Nous cherchons l’argument, monsieur le président !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Même quand nous parlons des rodéos urbains, vous n’hésitez pas à cracher, une nouvelle fois, au visage des policiers et des gendarmes, qui essaient de faire leur métier du mieux qu’ils peuvent. Vous prétendez défendre une police républicaine, mais vous n’éprouvez en réalité rien d’autre qu’une haine viscérale antiflic.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Mais non ! Allez !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Si vous aviez participé à la commission d’enquête sur la structuration, le financement, les moyens et les modalités d’action des groupuscules auteurs de violences à l’occasion des manifestations et rassemblements intervenus entre le 16 mars et le 3 mai 2023, ainsi que sur le déroulement de ces manifestations et rassemblements, dont M. le président de la commission des lois était le rapporteur, vous auriez pu entendre les propos des organisations syndicales que nous avons auditionnées ; mais vous avez préféré fuir, pour ensuite faire votre cinéma. (M. Jean-François Coulomme s’exclame.) La CGT, FO et les autres ont tenu à remercier les policiers et les forces de l’ordre, qui permettent aux manifestations de se terminer en toute sécurité. Arrêtez donc de raconter n’importe quoi.

Photo de M. Manuel Bompard
Article 3
M. Manuel Bompard Manuel Bompard LFI-NFP

Et Sainte-Soline ?

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 3
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Vous avez vu les images de Sainte-Soline ?

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Ça n’a rien à voir ! Soyez assurés que le groupe Rassemblement national s’opposera à tous vos amendements.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Nous n’avons aucun mépris pour la police et la gendarmerie nationales.

Photo de M. Laurent Croizier
Article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Quel menteur !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Vous les vomissez à longueur de journée !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Nous réservons tout notre mépris, en revanche, aux ministres successifs qui donnent des ordres indignes à la police et à la gendarmerie et qui instrumentalisent celles-ci à des fins politiques et politiciennes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Puisque nous parlons des rodéos motorisés, parlons de la Brav-M – la brigade de répression de l’action violente motocycliste. Vous êtes fier de votre Brav-M, monsieur Nuñez ?

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Très fier !

Photo de M. Jean Terlier
Article 3
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Nous aussi !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Très bien ! Vous savez pourtant qu’un policier de la Brav-M, qui roulait à toute vitesse sans faire usage de son avertisseur sonore, a percuté un vieux monsieur sur un passage piéton ? S’agissait-il d’un rodéo motorisé ?

Photo de M. Jean Terlier
Article 3
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Ça n’a rien à voir !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Et que pensez-vous des interventions de la Brav-M dans les manifestations, où les blessés sont plus nombreux depuis sa création ? Elles ne font que traduire une politique d’escalade, qui vise à faire dégénérer les manifestations !

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 3
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Quelle honte de tenir de tels propos !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Vous en êtes fiers ? Nous, nous sommes fiers d’être en désaccord total avec ce fonctionnement, avec cette doctrine et avec ces ordres. Le moment venu, la Brav-M sera dissoute ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) J’en reviens maintenant au sujet.

Photo de M. Jean-Carles Grelier
Article 3
M. Jean-Carles Grelier Jean-Carles Grelier Dem

Il serait temps !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Il serait temps ? Vous étiez où, hier, quand nous avons commencé à débattre des amendements, pour vous permettre une telle remarque ?

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Ne provoquez pas votre collègue, monsieur Bernalicis ! Revenez à l’amendement.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est ce que je fais ! Mais vous ne trouvez rien à redire à ces propos ?

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Non, je n’y trouve rien à redire !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

J’en prends bonne note – la journée commence mal, monsieur le président !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Vous pouvez en prendre bonne note, mais revenez à l’amendement, s’il vous plaît.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Je n’ai d’ailleurs aucune idée de qui est ce monsieur.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Et toi, tu crois qu’on te connaît ? Tu es moins que rien !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Restez donc sur l’amendement, monsieur Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

J’y viens ! Les dispositions de l’article 3 – très diverses – font bien voir l’arnaque qui se cache derrière les postures des uns et des autres. Nous débattons à présent de la location de véhicules puissants par une personne dans la période probatoire suivant l’obtention de son permis de conduire. Vous essayez de nous faire croire que vous allez résoudre de cette manière le problème posé par les rodéos motorisés ; mais combien de personnes seront concernées par une telle mesure ? Vous regardez tout par le petit bout de la lorgnette, à partir d’un fait divers : un jour, un conducteur avec un A a loué un véhicule et a fait n’importe quoi. (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.) C’est toujours un problème quand quelqu’un conduit n’importe comment son véhicule, surpuissant ou pas ! C’est vraiment se moquer du monde que de vouloir faire croire qu’on réduira le nombre d’infractions de ce genre avec de telles dispositions ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 598.

Amdt 598 Rejeté Amdt 598 A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 70 Nombre de suffrages exprimés 70 Majorité absolue 36 Pour l’adoption 20 Contre 50

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 598 n’est pas adopté.)

Amdt 598 Rejeté Amdt 598 A discuter
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

L’amendement no 181 de M. le rapporteur est rédactionnel.

Amdt 181 Adopté Amdt 181 A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 181, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 181 Adopté Amdt 181 A discuter
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Andrée Taurinya, pour soutenir l’amendement no 605.

Amdt 605 Rejeté Amdt 605 A discuter
Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

En défendant tout à l’heure l’amendement no 597, j’ai dit que nous devrions nous garder de tomber dans la caricature.

Photo de M. Laurent Croizier
Article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Appliquez votre recommandation à vous-même !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Aussi ai-je commencé la défense de cet amendement en reconnaissant l’existence du problème des rodéos urbains, à la suite de quoi M. le rapporteur et M. le ministre nous ont pourtant reproché de faire comme s’il n’existait pas. Si, il y a bien un problème ; mais le plus gros problème, c’est vous ! (M. Sébastien Huyghe s’esclaffe.) Ce que vous proposez ne réglera rien ! (M. Pierre-Yves Cadalen applaudit.) Par cet amendement, nous proposons donc la suppression des alinéas 3 à 14, qui permettent à la police judiciaire de retenir le permis du conducteur en cas de délit de rodéo urbain. D’abord, il s’agit d’une sanction administrative – mais nous avions déjà bien compris que, pour vous, la justice n’existe pas. Cette sanction, de plus, empêchera une personne de se déplacer dans le territoire où elle vit et dans lequel, bien souvent, les transports publics sont inexistants ou trop rares (M. Sébastien Huyghe s’exclame) – cela alors que vous êtes membre d’un gouvernement travaillant à la destruction du service public des transports. Une telle sanction est discriminatoire et contre-productive. J’abonde dans le sens de mon collègue Bernalicis : non, nous n’avons pas la haine de la police. Nous avons la haine, en revanche, de ceux qui commandent aujourd’hui aux policiers. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Les policiers souffrent. Chaque année, quarante-cinq d’entre eux se suicident : posez-vous des questions, monsieur le ministre !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Je ne le prends pas personnellement mais je ne comprends pas comment vous comptez vous éloigner de la caricature en disant au ministre et au rapporteur que le plus gros problème, c’est eux.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

C’est pourtant vrai !

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 3
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Surtout le ministre !

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Cet amendement tend à supprimer les alinéas 3 à 14, qui contiennent notamment des mesures visant à renforcer l’efficacité des réponses administratives et pénales aux infractions de la route les plus graves. Ces mesures existent déjà pour d’autres infractions ; nous ne faisons que les étendre. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis, pour les mêmes raisons. Je souhaiterais qu’on ne dise pas, dans un débat parlementaire, que l’on éprouve de la haine pour les uns ou pour les autres – un peu de respect, madame Taurinya ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je n’éprouve pas de haine pour vous, même si je suis très loin d’approuver vos propos. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est ça !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Ce n’est pas votre personne que je visais !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Laurent Croizier.

Photo de M. Laurent Croizier
Article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Jamais je ne laisserai La France insoumise délivrer sa haine de la police dans l’hémicycle sans réagir. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Jamais je ne laisserai dire que les policiers sont là pour matraquer, pour gazer la population. C’est une honte, et vous devriez présenter vos excuses aux forces de l’ordre !

UR
Article 3
Un député du groupe RN

C’est vrai !

Photo de M. Laurent Croizier
Article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Je tiens pour ma part à saluer l’engagement de nos forces de l’ordre et à saluer la raison pour laquelle elles sont tous les jours dans nos rues : protéger la population, protéger nos biens, assurer notre sécurité – la sécurité des Français –, souvent au péril de leur vie. Le groupe Démocrates leur apporte son soutien et leur exprime sa profonde reconnaissance. (Mme Sabine Thillaye applaudit.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Andrée Taurinya.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Monsieur le ministre, quand je dis que j’ai la haine, c’est à l’égard de ce que vous représentez, non de votre personne. C’est la doctrine que vous produisez qui me révolte ! Les policiers, c’est vrai, ne sont pas forcément volontaires pour aller tabasser les gens. C’est votre politique et les ordres que vous donnez qui sont inacceptables ! (Exclamations sur les bancs des groupes EPR, DR et HOR.)

Photo de M. Sébastien Huyghe
Article 3
M. Sébastien Huyghe Sébastien Huyghe EPR

C’est scandaleux, ce que vous dites !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Chut !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Vous dites que nous n’avons pas un mot pour les policiers, mais j’ai rappelé il y a quelques minutes que quarante-cinq d’entre eux se suicidaient en moyenne tous les ans. Pourquoi le font-ils ? Parce qu’on leur donne des ordres qu’ils n’ont pas envie d’exécuter ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

N’importe quoi !

Photo de Mme Caroline Colombier
Article 3
Mme Caroline Colombier Caroline Colombier RN

Arrêtez de hurler !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Vous, en revanche, du Rassemblement national à la Macronie, avez-vous eu un seul mot pour les familles de victimes, présentes mardi dans les tribunes ? (Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ce sont des délinquants !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Chut !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Personne n’a rien dit. Même vous, monsieur le ministre, vous n’avez pas eu un seul regard pour ces familles qui attendent que la justice soit faite. Et là-bas, en face (L’oratrice désigne les bancs du RN),…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

On ne montre pas du doigt !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

…qu’est-ce qu’ils faisaient ? (Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Nous nous tenons aux côtés des policiers !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Ils se moquaient. Les députés du Rassemblement national regardaient ces familles en se moquant d’elles !

Photo de Mme Lisette Pollet
Article 3
Mme Lisette Pollet Lisette Pollet RN

C’est faux !

Photo de Mme Caroline Colombier
Article 3
Mme Caroline Colombier Caroline Colombier RN

Des délinquants !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Alors, oui, j’ai la haine ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 605.

Amdt 605 Rejeté Amdt 605 A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 74 Nombre de suffrages exprimés 71 Majorité absolue 36 Pour l’adoption 15 Contre 56

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 605 n’est pas adopté.)

Amdt 605 Rejeté Amdt 605 A discuter
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Sur les amendements nos 449 et 616, je suis saisi respectivement par le groupe Rassemblement national et par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. le ministre, pour soutenir l’amendement no 885 rectifié.

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Il vise à permettre au préfet de suspendre provisoirement le permis de conduire d’une personne mise en cause pour usage illicite de stupéfiants. Je précise d’emblée que le gouvernement a entendu les observations formulées en commission et que la mesure a été resserrée : elle ne pourra être prononcée qu’en cas d’usage réitéré de stupéfiants – on parle bien uniquement de cas d’usage. Il ne s’agit donc pas d’une mesure automatique ou indifférenciée. L’objectif est simple : mieux protéger les usagers de la route dans le contexte de consommation de stupéfiants que nous connaissons tous. En 2025, 3 515 personnes sont mortes sur les routes en France métropolitaine et d’outre-mer. Les stupéfiants sont cités pour 11 % des présumés responsables d’accidents.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Et l’alcool ?

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

La mesure que nous vous proposons est cohérente avec l’article 6 du projet de loi, qui prévoit déjà d’ajouter la suspension judiciaire du permis de conduire aux peines complémentaires encourues pour le délit d’usage de stupéfiants. Nous voulons permettre au préfet d’intervenir à titre provisoire, dans l’attente d’une décision judiciaire, lorsque la situation le justifie. La décision restera évidemment à son appréciation. Quant aux garanties, elles sont claires : la suspension ne sera pas automatique, elle ne pourra pas excéder six mois et elle prendra fin lorsqu’une décision judiciaire prononçant une mesure restrictive du droit de conduire deviendra exécutoire.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Elsa Faucillon.

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 3
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Malgré l’effort du gouvernement pour répondre aux observations de la commission, que je reconnais, plusieurs problèmes subsistent avec cette disposition. La première concerne l’infraction visée : l’usage illicite de stupéfiants. Certes, vous avez ajouté la réitération – il faut avoir reçu deux AFD –, mais une personne pourrait se voir retirer son permis de conduire alors même qu’elle n’est pas en train de conduire.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Oui, mais c’est dangereux !

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 3
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Procédons par analogie. L’alcool n’est pas interdit, mais il cause de très nombreux morts sur la route.

Photo de M. Timothée Houssin
Article 3
M. Timothée Houssin Timothée Houssin RN

L’alcool est autorisé !

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 3
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Monsieur le ministre, envisageriez-vous de retirer pendant six mois son permis de conduire à une personne arrêtée par deux fois en état d’ivresse sur la voie publique ? Je propose, dans ce cas, que les forces de l’ordre soient déployées de manière homogène sur tout le territoire, y compris aux abords de l’Assemblée nationale ! (Sourires.) Ensuite, la disposition que vous proposez prévoit une suspension du permis de conduire de six mois, soit une durée très longue, dans l’attente d’une décision du juge. Vous auriez proposé une durée de quelques jours, je ne m’y serais pas opposée, notamment pour les cas d’usage maintes fois réitéré. Enfin, le fait de confier cette décision disproportionnée au préfet est problématique. Certes, l’usage de stupéfiants constitue un problème en matière de sécurité routière, mais ce problème appelle d’autres types de réponse. Les AFD et le tout-répressif ne fonctionnent pas pour juguler l’usage massif de stupéfiants dans notre pays.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Sur cet amendement du gouvernement, je donnerai la parole à un orateur par groupe. La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

En complément des arguments avancés par notre collègue Faucillon, je rappelle que, dans le code de la route, le retrait du permis de conduire est prévu en cas de conduite sous l’empire de l’alcool. (« L’emprise » sur les bancs du groupe RN.) C’est l’expression consacrée, vérifiez dans vos dictionnaires ! Avec cette disposition, vous faites un pas de côté sur la question des stupéfiants puisque le code de la route sanctionne non pas la conduite sous l’empire de stupéfiants, mais la conduite avec présence de stupéfiants dans le corps. Pour le cannabis, par exemple, mais c’est valable pour les autres drogues, il n’existe pas de corrélation entre la présence du produit dans le corps et l’état dans lequel se trouve la personne.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Le cannabis est interdit !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Comme l’a dit Elsa Faucillon, d’après votre raisonnement, une personne qui picole le soir et qui conduit le lendemain midi pourrait être poursuivie.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Non, car la consommation d’alcool est autorisée !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Avec cet amendement, vous allez encore plus loin : une personne positive aux stupéfiants à deux reprises peut se voir retirer son permis de conduire alors qu’elle n’est même pas en train de conduire ! Vous présumez qu’elle sera sous l’empire de stupéfiants lorsqu’elle conduira, ce qui n’est pas tenable.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Il est illégal de consommer des stupéfiants !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Voilà la différence entre un État de droit et un régime qui bascule : vous construisez la loi sur la suspicion,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est illégal !

Photo de M. Damien Girard
Article 3
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Le détournement de fonds publics aussi !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

…vous présumez le comportement des gens et vous leur infligez des sanctions non pas judiciaires, mais administratives. Cette mesure est une parfaite illustration de la bascule à laquelle nous assistons. Au motif qu’il ne s’agit que de lutter contre la drogue et que la drogue, c’est mal,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est illégal !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

…vous proposez une disposition extrêmement problématique, monsieur le ministre, outre qu’elle est inconstitutionnelle et inefficace. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Ce que vous allez obtenir, c’est juste l’augmentation du nombre de délits pour conduite sans permis. Bravo !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Roger Vicot.

Photo de M. Roger Vicot
Article 3
M. Roger Vicot Roger Vicot SOC

J’ai bien noté l’évolution du texte depuis le débat en commission, mais les arguments que nous avions développés alors restent valables. Sur le plan du droit, la mesure proposée par le gouvernement est tout de même un peu étrange : elle prévoit une sanction pour une faute qui non seulement n’a pas encore été commise, mais qui pourrait seulement peut-être être commise. C’est donc l’anticipation d’un acte qui n’a pas encore eu lieu,…

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 3
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Oui, c’est gênant !

Photo de M. Roger Vicot
Article 3
M. Roger Vicot Roger Vicot SOC

…ce qui nous paraît irrecevable, bien que le texte ait évolué depuis les travaux de la commission.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Michaël Taverne.

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Le groupe Rassemblement national votera pour cet amendement. La situation est gravissime et des mesures efficaces sont nécessaires. Les effets destructeurs de la consommation de drogue durent depuis trop longtemps. Nous avons malheureusement assisté ces derniers temps à des faits divers particulièrement dramatiques. Je rappelle que le cannabis reste approximativement quinze jours dans le sang, contrairement à l’alcool,…

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 3
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Il reste dans le sang aussi !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

…même si celui-ci pose aussi de nombreux problèmes. Pendant quinze jours, cette substance peut causer des effets très néfastes, notamment pour la sécurité routière. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Côté stupéfiants, à La France insoumise, vous êtes des spécialistes, c’est vrai ! (Mêmes mouvements.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est sûr que vous, vous n’y connaissez rien !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Au Rassemblement national, nous sommes là pour légiférer et nous souhaitons durcir le texte parce que les rodéos motorisés sont un problème qui mérite d’être pris au sérieux. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Guillaume Kasbarian.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

N’oublie pas que tu es un libéral ! (Sourires.)

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 3
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Monsieur le ministre, je dois vous avouer que nous sommes plusieurs à être dubitatifs quant à votre amendement. Que dit le droit aujourd’hui ? Qu’une personne qui consomme des produits stupéfiants risque une condamnation et une amende et que si elle conduit après en avoir consommé, elle risque également une condamnation et une amende. Le droit prévoit donc déjà des sanctions pour les consommateurs de produits stupéfiants. Or la disposition que vous proposez prévoit la suspension du permis de conduire en dehors de toute conduite.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Exactement !

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 3
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Si une personne est testée positive, on peut lui retirer son permis alors même qu’elle n’était pas en train de conduire. Que l’on soit pour ou contre la légalisation du cannabis – ce n’est pas le sujet du débat –,…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est dommage…

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 3
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

…il existe en France 5 millions de consommateurs. Envisager de retirer son permis à une personne dès lors qu’elle est positive au cannabis, par prévention, parce qu’elle pourrait un jour conduire sous emprise de ce produit, pose un problème du point de vue du droit et des libertés individuelles.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

La liberté de consommer du cannabis ?

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 3
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

Je suis favorable à la plus grande fermeté en cas d’infraction constatée par les forces de l’ordre, mais une suspension préventive en dehors de tout constat d’infraction, dans le cas d’une personne qui a consommé un produit stupéfiant il y a plusieurs jours, voire plusieurs semaines, mais qui n’est pas en train de conduire, ne me semble pas opportune. Il est curieux de donner ce pouvoir-là au préfet. Notre groupe est très réservé sur cet amendement à l’article 3.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Les arguments qui viennent d’être exposés contre l’amendement sont convaincants. Permettez-moi d’insister sur la doctrine que vous souhaitez inscrire dans le projet de loi. Je ne sais pas si une quelconque série basée sur une dystopie a déjà imaginé le monde que vous construisez, mais il est effrayant !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Exactement !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Nous ne sommes même plus dans la justice préventive avec votre amendement, mais dans une justice prédictive,…

Photo de M. Sébastien Huyghe
Article 3
M. Sébastien Huyghe Sébastien Huyghe EPR

Mais non !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

…fondée sur l’hypothèse selon laquelle une personne ayant déjà été testée positive au cannabis et tranquillement chez elle pourrait demain mettre en danger d’autres individus. C’est quand même incroyable ! Interrogez-vous sur la qualité de la loi que vous fabriquez.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

M. Nuñez n’y connaît rien en délits. Il n’est pas ministre de la justice !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Nous avons évoqué la fatigue de la police, mais je pense que vous aussi êtes fatigués ! Je sais bien que c’est aux parlementaires, en tant que législateurs, plutôt qu’au gouvernement, de faire la loi. Dans le cadre de la réforme de la Constitution que j’appelle de mes vœux, je souhaite en tout cas que le gouvernement ait moins la main qu’eux dans ce domaine, et pour cause. Franchement, si l’exécutif se met à proposer des dispositions de ce type, contraires à presque tous les principes du droit européen, sans parler de la tradition juridique française, nous avons un vrai problème ! On ne peut pas infliger une peine administrative ou judiciaire à quelqu’un pour une faute qu’il n’a pas commise et encore moins pour une faute dont vous supposez qu’il pourrait la commettre. En général, c’est vous qui demandez aux députés de retirer leurs amendements. Je vous appelle à la sagesse : retirez le vôtre. Sinon, ce sera un avis défavorable ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 885 rectifié.

885 (Rect) Adopté 885 (Rect) A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 80 Nombre de suffrages exprimés 76 Majorité absolue 39 Pour l’adoption 39 Contre 37

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 885 rectifié est adopté.)

885 (Rect) Adopté 885 (Rect) A discuter
Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Incroyable !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est ça, le fascisme à bas bruit !

Photo de M. Frédéric Weber
Article 3
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

Quel niveau !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Elsa Faucillon, pour soutenir l’amendement no 601.

Amdt 601 Rejeté Amdt 601 A discuter
Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 3
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Nous revenons au sujet des rodéos urbains, dont nous ne nions pas le danger qu’ils représentent pour ceux qui les pratiquent comme pour ceux qui vivent alentour. Toutefois, la saisie automatique du véhicule me paraît une sanction disproportionnée et inadaptée. D’abord, le juge peut déjà décider de la saisie du véhicule. S’il estime, dans le cadre de l’individualisation de la peine, que la saisie est nécessaire, il a la possibilité de l’ordonner. Tout à l’heure, nous évoquions des engins surpuissants, mais vous savez comme moi que certains participent le dimanche soir à des rodéos urbains avec leur propre moto ou leur propre voiture et que le lundi, ils vont bosser avec le même véhicule. Nous voulons que ces personnes cessent de se livrer à ces pratiques dangereuses, qu’elles soient occupées à autre chose, qu’elles s’insèrent par le travail. Est-il certain que la saisie automatique du véhicule soit la mesure la plus pertinente pour atteindre cet objectif ? Dans ma circonscription, desservie par de nombreuses lignes de métro et de RER, la recherche d’un boulot ne sera pas particulièrement handicapée par la saisie du véhicule, mais, dans une zone isolée ou rurale, la mesure ne permettra pas de lutter contre la récidive et pour la réinsertion.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Par définition, les rodéos urbains sont rares en zones rurales !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Vous avez raison, madame Faucillon : les rodéos urbains sont de plus en plus fréquents et ont désormais lieu hors des zones urbaines ; il s’en produit en zone gendarmerie et les gendarmes y sont de plus en plus confrontés. L’amendement vise à supprimer le caractère obligatoire de la confiscation du véhicule en cas de refus d’obtempérer. Or cette confiscation peut être écartée par un juge, s’il motive sa décision. S’agissant du droit, je suis donc défavorable à ce que vous proposez. Pour ce qui est du principe, nos avis divergent sur le fond : la répression des rodéos urbains est l’objectif du texte. Enfin, il faut faire attention aux termes que l’on emploie. On ne « pratique » pas les rodéos motorisés, comme on pratiquerait une activité sportive ou un loisir.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Eh oui ! C’est un délit !

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 3
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Que faut-il dire, alors ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis. Je précise que la saisie du véhicule ne sera obligatoire qu’en cas de refus d’obtempérer, dont la définition est précise. Cette mesure n’est pas associée à la sanction de toutes les infractions routières.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jean-François Coulomme.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Je souhaite revenir sur l’amendement no 885 rectifié du gouvernement. C’est une dinguerie, ce que vous avez voté ! Certes, ce n’est pas la première et on en a l’habitude, mais le niveau de cette législation – ou des législateurs ? – laisse pantois ! Comment peut-on adopter un amendement pareil ?

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Revenez à l’amendement de Mme Faucillon, s’il vous plaît.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

J’y viens, monsieur le président. L’amendement du gouvernement préjuge de la culpabilité d’une personne, au motif qu’elle aurait été convaincue d’avoir consommé une substance illicite. Je vous rappelle qu’il y a une dizaine d’années à peine, la conduite en état d’ivresse était considérée comme une circonstance atténuante en cas d’accident. Vous voyez qu’on vient de loin ! Je précise, puisque vous nous prêtez tous les vices, que nous considérons que c’est très grave et que nous ne partageons pas cette conception.

Photo de M. Sébastien Huyghe
Article 3
M. Sébastien Huyghe Sébastien Huyghe EPR

Ah ! Quand même !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Sur cet amendement, nous saisirons le Conseil constitutionnel ; on est vraiment en train d’abandonner l’État de droit !

Photo de M. Sébastien Huyghe
Article 3
M. Sébastien Huyghe Sébastien Huyghe EPR

N’importe quoi !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

L’État de droit va très bien, merci !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 601.

Amdt 601 Rejeté Amdt 601 A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 87 Nombre de suffrages exprimés 87 Majorité absolue 44 Pour l’adoption 23 Contre 64

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 601 n’est pas adopté.)

Amdt 601 Rejeté Amdt 601 A discuter
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Cyril Tribuiani, pour soutenir l’amendement no 449.

Amdt 449 Rejeté Amdt 449 A discuter
Photo de M. Cyril Tribuiani
Article 3
M. Cyril Tribuiani Cyril Tribuiani

Le refus d’obtempérer n’est pas une simple infraction routière, c’est un acte de défi de l’autorité de l’État, qui met en danger les forces de l’ordre et l’ensemble des usagers de la route. Les sanctions existent, mais elles ne sont pas suffisamment dissuasives. Cet amendement, déposé à l’initiative de notre collègue Yoann Gillet, vise à rendre systématique les peines complémentaires : annulation du permis de conduire, confiscation du véhicule ayant servi à commettre l’infraction et, lorsque la confiscation est impossible, amende équivalente à sa valeur. Le message doit être clair : celui qui choisit délibérément de fuir les forces de l’ordre doit savoir qu’il s’expose à des conséquences fermes et automatiques. Pour protéger nos policiers, nos gendarmes et nos concitoyens, je vous invite à adopter cet amendement. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Il est défavorable.

Photo de M. Frédéric Weber
Article 3
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

Oh !

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Ne soyez pas déçus ! D’abord, l’article 3 permet déjà d’atteindre votre objectif. Ensuite, tel qu’il est rédigé, l’amendement tend à priver le juge de tout moyen d’individualiser la peine, ce qui est contraire à la Constitution.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis, pour les mêmes motifs.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Je ne comprends plus rien, monsieur le président ! Non, je ne comprends plus rien : le Rassemblement national va dans le sens du gouvernement – il dépose des amendements inconstitutionnels et montre une certaine détermination à lutter contre les refus d’obtempérer, ce comportement problématique qui fait de nombreux blessés dans la police et la gendarmerie –, mais le gouvernement émet un avis défavorable sur ses amendements. C’est à n’y rien comprendre ! Quand nous en débattions, le ministre avait assuré que la présomption de légitime défense des forces de l’ordre était indispensable et nécessaire, notamment pour faire face aux refus d’obtempérer, très dangereux ! La vérité, c’est que vous avez augmenté les peines à chaque fois et qu’il y a de plus en plus de refus d’obtempérer, de plus en plus de blessés parmi les policiers et les gendarmes et de plus en plus de morts parmi ceux qui refusent d’obtempérer. Avez-vous vu la vidéo du compte Glupatate, à votre propos, monsieur le ministre ? Super montage, bien fait, à partir d’interventions dans lesquelles vous assurez que les policiers et les gendarmes n’usent jamais de leurs armes par plaisir. Mais vu que vous les dirigez mal et que vous leur donnez des ordres mauvais (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP), vous les mettez en danger, ce qui les oblige à utiliser davantage leurs armes en cas de refus d’obtempérer ; il en résulte un plus grand nombre de morts – et c’est vous qui en portez la responsabilité pleine et entière, monsieur Nuñez : c’est vous le ministre ! Vous n’êtes que le ministre de l’intérieur. Depuis tout à l’heure, nous parlons de délits, mais le ministre de la justice n’est pas là et, visiblement, vous n’y connaissez pas grand-chose en délits. (« Oh là là ! » sur les bancs des groupes EPR et DR.) Vous êtes seulement intéressé par les AFD, que vous utilisez comme des amendes administratives. Voilà votre but dans la vie : mettre des amendes en pensant tout régler pour montrer, comme un bon préfet, que vous êtes très efficace et très fort. C’est nul ! Je ne comprends pas pourquoi vous ne donnez pas un avis favorable à l’amendement du Rassemblement national : vous êtes exactement sur la même ligne ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 449.

Amdt 449 Rejeté Amdt 449 A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 81 Nombre de suffrages exprimés 78 Majorité absolue 40 Pour l’adoption 19 Contre 59

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 449 n’est pas adopté.)

Amdt 449 Rejeté Amdt 449 A discuter
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 562 rectifié par le groupe Socialistes et apparentés ; sur les amendements nos 451 et 328 par le groupe Rassemblement national ; sur les amendements nos 617, 657 et 619 par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Nous en venons à deux amendements, nos 562 rectifié et 616, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour soutenir l’amendement no 562 rectifié.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

J’abonderai dans le sens de notre collègue Bernalicis au sujet des rapports entre le judiciaire et l’administratif. Depuis un moment déjà, nous vous disons – nous l’avons fait notamment en commission – que des pouvoirs exorbitants du droit commun sont conférés au pouvoir administratif, au détriment du juge judiciaire. Alors que vous déjudiciarisez, vous nous assurez que les pouvoirs restent équilibrés. C’est un peu orwellien, mais admettons. Toutefois, si les pouvoirs sont équilibrés, il faut que, comme M. Bernalicis l’a demandé, le ministre de la justice soit présent au banc, et que le casting gouvernemental reflète l’équilibre que vous prétendez préserver. Ce n’est pas une petite remarque en passant que je fais là. La doctrine pénale que vous installez – vous l’avez encore fait avant-hier au sujet de la présomption de légitime défense et le faites depuis deux ans – vise précisément le transfert de facto de l’autorité qui punit du juge au préfet, si je la résume à gros traits. La suite concrète de ce transfert, c’est l’augmentation des quanta des peines, un durcissement pénal. Cette philosophie est la vôtre depuis quelque temps déjà. On peut ne pas être d’accord sur les doctrines de sanction et de prévention, mais je ne m’explique pas que vous, hommes et femmes de raison, ne teniez absolument pas compte du fait que les mesures qui ont été adoptées et appliquées donnent des résultats inverses à ceux que vous visiez, puisque l’on observe une augmentation des délits, notamment des délits graves, avec pour conséquence l’épuisement de l’administration. Le législateur est pourtant tenu de prendre en compte, au moins un peu, le réel et la vérité. Sans doute vous rappelez-vous que, lorsqu’il était ministre, Éric Dupond-Moretti avait expliqué qu’aucun malfrat ne commettait de délit en ayant le code pénal en tête. De même, l’augmentation du quantum de la peine ne changera rien : on commet un délit pour d’autres raisons !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Andrée Taurinya, pour soutenir l’amendement no 616.

Amdt 616 Rejeté Amdt 616 A discuter
Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Il tend à supprimer l’alinéa 15 de l’article 3, qui prévoit une aggravation sensible des peines : on passerait de deux à trois ans d’emprisonnement et de 4 500 à 9 000 euros d’amende – son montant doublerait. Pourquoi ? Vous pensez que plus on augmentera les peines, plus la situation s’améliorera. J’abonderai dans le sens de certains de mes camarades : pourquoi se contenter de doubler le montant de l’amende ? Tant qu’à faire, pourquoi ne pas le multiplier par dix ?

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Vous n’avez qu’à déposer des amendements en ce sens !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Hier, un député affirmait son soutien à une telle vision de la justice. Il est vrai qu’en général, quand on s’en prend au porte-monnaie, ça marche. Le problème, c’est que vous avez oublié qu’il y a des gens qui n’ont même pas de porte-monnaie. Vous avez une certaine vision d’une partie de la population, que vous stigmatisez, et vous pensez que ces personnes peuvent facilement payer une amende – mais c’est faux ! Vous vous en prenez à la jeunesse. Ne sachant pas vous en occuper, vous la martyrisez. Cela fait dix ans que la Macronie, aidée par la droite et, aujourd’hui, par l’extrême droite, martyrise la jeunesse (Murmures sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem) – je pourrais parler de Parcoursup ou des centres sociaux de ma circonscription qui disparaissent.

Photo de M. Jimmy Pahun
Article 3
M. Jimmy Pahun Jimmy Pahun Dem

Et les repas à 1 euro ?

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Monsieur le ministre, vous avez dit tout à l’heure que nous caricaturions vos propos. Nous considérons que le texte ne contient aucune mesure de prévention mais vous nous opposez que c’est faux, que vous faites de la prévention. Je vous demande donc de dire à la représentation nationale ce que vous faites en matière de prévention contre les rodéos. Le projet de loi Ripost comprend de nombreuses mesures, mais aucune en faveur de la prévention !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Puisqu’il faut, selon les termes de notre collègue Amirshahi, tenir compte du réel, l’avis de la commission sera défavorable. Ces amendements tendent à supprimer l’alinéa qui aggrave les peines sanctionnant le refus de se soumettre au dépistage d’alcool ou de stupéfiants. Par principe, je m’y oppose. Que cherche à faire un conducteur qui refuse de se soumettre à un tel dépistage ? Il cherche à échapper à la collecte de la preuve d’un état qui participe de la commission du délit et de la mortalité routière. Je ne vois vraiment pas ce que Parcoursup et la jeunesse viennent faire dans la défense de ces amendements.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Avis défavorable, pour les mêmes motifs. Madame Taurinya, ce n’est pas parce qu’un texte, à vocation plutôt répressive,…

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Ah !

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

…ne contient pas de mesures préventives qu’on ne fait pas de la prévention par ailleurs. Vous savez très bien que la prévention revient en partie à l’État et en partie aux collectivités locales et que la stratégie nationale de prévention de la délinquance comprend de très nombreuses mesures.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Peut-être, mais vous n’avez pas d’argent pour la financer !

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Monsieur Amirshahi, vous avez dit que le texte visait à transférer les pouvoirs du juge judiciaire à la police administrative et aux préfets. Je rappelle qu’en matière de police administrative, les préfets agissent sous le contrôle des magistrats administratifs. Il y a donc un contrôle judiciaire ; il est effectué par l’ordre administratif, mais n’oubliez pas qu’il existe !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Andrée Taurinya.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Enfin, monsieur le ministre, vous l’avouez ! Vous venez de dire que le texte était répressif : c’est bien de l’assumer ! Effectivement, vous n’êtes que dans la répression. On l’aura vu toute la semaine – la pire journée ayant été celle d’avant-hier. Votre texte, de par son titre, prétend offrir des réponses immédiates – mais pouvez-vous imaginer des réponses autres que répressives ? À cette question, vous venez de répondre par la négative. (M. le ministre proteste.) Ne voulez-vous pas vous attaquer aux causes de ces phénomènes ? Pourquoi ai-je parlé de la jeunesse, monsieur le rapporteur ? Parce que vous n’avez pas de vision objective de celle-ci ni de ses souffrances actuelles. Dans ma circonscription, les gens ne viennent pas dans ma permanence pour se plaindre des rodéos, contrairement à ce qu’on a beaucoup entendu hier soir. (Murmures sur les bancs du groupe EPR.) Je ne dis pas que les rodéos ne sont pas un problème, mais ce qui préoccupe avant tout les gens, ce sont le logement, le renouvellement des titres de séjour, la suppression de classes dans les écoles. Et si je parle de la jeunesse, c’est parce que, autant que je sache, ce ne sont pas les gens de 70 ans qui font des rodéos. Si l’on veut y mettre un terme, il faut commencer à s’intéresser à ce qui pousse les jeunes vers ces rodéos. (Exclamations sur les bancs des groupes EPR, DR et HOR.) Peut-être est-ce la disparition des centres sociaux, que vous avez détruits, l’inquiétude dans laquelle vous les avez plongés ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous créez des classes défense et leur inculquez une vision belliciste de la société,…

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Masculiniste !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

…alors qu’ils réclament la paix et voudraient faire la fête – on en revient à toutes les mesures que vous avez imaginées pour supprimer les free parties. Essayez donc d’avoir un regard positif sur la jeunesse ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ian Boucard
Article 3
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

C’est une honte de parler comme ça !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Vous justifiez la délinquance ! C’est inadmissible !

Photo de M. Laurent Croizier
Article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Vous ne connaissez aucun de ces dossiers !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Frédéric Weber.

Photo de M. Frédéric Weber
Article 3
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

Tâchons de rétablir un peu de sérénité dans cet hémicycle. En tant que législateur, nous légiférons pour l’intérêt général. Or les Français nous demandent de durcir les sanctions relatives à certaines infractions,…

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Mais non ! Ce n’est pas vrai ! Les Français réclament des services publics !

Photo de M. Frédéric Weber
Article 3
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

…qui sont devenues une source de problèmes endémiques dans les territoires ruraux comme dans les zones urbaines. C’est la raison pour laquelle nous nous opposons à cet amendement de la gauche, ou, plutôt, de l’extrême gauche, de ces furieux insensés qui cherchent toujours à fracturer la société.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Vous, vous fracturez les coffres-forts !

Photo de M. Frédéric Weber
Article 3
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

Ce qui compte pour nous, c’est de remplir notre rôle de député avec une priorité : servir l’intérêt général et répondre aux demandes des citoyens et des citoyennes de ce pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Voleurs !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 562 rectifié.

562 (Rect) Rejeté 562 (Rect) A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 91 Nombre de suffrages exprimés 91 Majorité absolue 46 Pour l’adoption 24 Contre 67

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 562 rectifié n’est pas adopté.)

562 (Rect) Rejeté 562 (Rect) A discuter
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 616.

Amdt 616 Rejeté Amdt 616 A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 89 Nombre de suffrages exprimés 89 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 25 Contre 64

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 616 n’est pas adopté.)

Amdt 616 Rejeté Amdt 616 A discuter
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Cyril Tribuiani, pour soutenir l’amendement no 451.

Amdt 451 Rejeté Amdt 451 A discuter
Photo de M. Cyril Tribuiani
Article 3
M. Cyril Tribuiani Cyril Tribuiani

Par cet amendement, notre collègue Yoann Gillet propose de faciliter la répression des rodéos motorisés en supprimant une condition inutilement restrictive. En effet, il ne devrait pas être nécessaire de démontrer que, en plus d’être répétées et délibérées, les manœuvres constitutives d’un rodéo compromettent la sécurité ou troublent la tranquillité publique. Le simple fait de se livrer à ces pratiques, en violation des règles de prudence du code de la route, doit suffire à caractériser l’infraction. Face à un phénomène qui empoisonne le quotidien de nombreux Français, nous devons donner aux forces de l’ordre les moyens d’agir plus rapidement et plus efficacement. Je vous invite donc à voter cet amendement.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable : vous souhaitez revenir sur cet ajout de la commission, qui a considéré que la rédaction du Sénat était beaucoup trop large et englobait des comportements sans rapport avec ce que nous visons.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis. Il faut éviter une définition trop large et bien spécifier les comportements les plus à risque.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Encore une fois, je ne comprends pas, monsieur le président : le Rassemblement national raconte la même chose que le gouvernement, et inversement,…

Photo de Mme Agnès Pannier-Runacher
Article 3
Mme Agnès Pannier-Runacher Agnès Pannier-Runacher EPR

Oh ! Ça suffit !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

…mais là, le gouvernement considère qu’il ne faut pas trop élargir le champ de l’infraction. Monsieur le ministre, allez-y ! C’est conforme à votre logique ! En général, vous commencez par refuser les propositions du Rassemblement national pour les reprendre dans un projet de loi, deux ans plus tard.

Photo de M. David Magnier
Article 3
M. David Magnier David Magnier RN

C’est une bonne chose !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Il faut le dire : c’est ce qui se passe, malheureusement, depuis 2017, et, quand ils prétendent avoir gagné la bataille idéologique, ils ont raison. Voilà la vérité !

Photo de M. Julien Guibert
Article 3
M. Julien Guibert Julien Guibert RN

Ah !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

En plus, quand vous augmentez les peines comme le propose le Rassemblement national, que se passe-t-il ? Le délinquant qui sait qu’il risque d’écoper de trois ou quatre ans de prison, ou bien de se faire tirer dessus, parce qu’il n’a pas soufflé dans le ballon, se dit qu’il a tout intérêt à prendre la fuite. Voilà comment vous fabriquez des comportements dangereux ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Depuis un siècle, les sciences humaines et sociales se sont développées, et nous disposons grâce à elles d’éléments scientifiques concernant nos comportements, la psychologie des foules, les effets de bande, etc.

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 3
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Ils ne lisent pas ça !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Le rapporteur insiste sur l’évolution des comportements et sur la nouveauté de certains phénomènes, mais la science aussi a progressé. Mais ça, vous vous en fichez, vous n’en avez rien à faire ! Vous continuez de foncer dans les mêmes murs, pour vous heurter, au bout du compte, aux mêmes problèmes, que votre politique ne fait qu’aggraver. Nous sommes évidemment défavorables à cet amendement du Rassemblement national, proposé dans le même esprit que celui du gouvernement.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jordan Guitton.

Photo de M. Jordan Guitton
Article 3
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Nous allons continuer de défendre nos amendements, même si nous voterons évidemment en faveur de l’article 3.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Avec la Macronie !

Photo de M. Jordan Guitton
Article 3
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Nous n’avons pour notre part jamais voté pour Emmanuel Macron, chers collègues d’extrême gauche,…

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Vous ne faites que ça !

Photo de M. Jordan Guitton
Article 3
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

…notamment à l’élection présidentielle – je tenais à vous le dire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Et eux ont voté pour vous !

Photo de M. Jordan Guitton
Article 3
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Revenons au fond de cet article 3. Notre collègue Gillet propose de rétablir la rédaction du Sénat, qui évitait certaines incertitudes juridiques. Lorsque vous écoutez les forces de l’ordre, elles expliquent avoir du mal, au quotidien, à verbaliser les gens, parce que les infractions sont insuffisamment caractérisées. Ce que proposait le Sénat et ce que nous proposons ici, c’est de rétablir une forme de certitude juridique en caractérisant le délit. Vous avez déjà refusé notre amendement qui visait à systématiser les peines complémentaires, ce qui, dans notre droit, contribue à ce que l’on nomme la certitude de la peine et permet de lutter contre la délinquance : quand vous êtes sûr d’encourir une peine, notamment une peine complémentaire comme la suspension du permis de conduire, un stage de citoyenneté – un peu de prévention fait toujours plaisir à la gauche –, la confiscation de votre véhicule ou une forte amende, vous y réfléchissez à deux fois.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Vous, vous saviez que vous seriez punis et vous avez quand même volé !

Photo de M. Jordan Guitton
Article 3
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Alors que c’est ainsi que l’on combat véritablement la délinquance, l’article 3 est détricoté petit à petit et finit par perdre de sa force. Comme je l’ai dit, nous voterons en sa faveur, mais ce sera un vote par défaut, et nous aurions aimé que vous teniez compte des remarques, notamment juridiques, que nous avons faites et qui ne visaient qu’à faciliter le travail quotidien des forces de l’ordre. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 451.

Amdt 451 Rejeté Amdt 451 A discuter
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 92 Nombre de suffrages exprimés 89 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 25 Contre 64

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 451 n’est pas adopté.)

Amdt 451 Rejeté Amdt 451 A discuter
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Madame Taurinya, vous voulez demander une suspension de séance ?

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Oui, monsieur le président, de dix minutes.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Elle est de droit.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix heures dix, est reprise à dix heures vingt.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La séance est reprise. L’amendement no 617 de Mme Andrée Taurinya n’est pas défendu. La parole est à M. Jean-François Coulomme, pour soutenir l’amendement no 657.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Je reviens sur ce qui a été dit plus tôt : la connaissance de la peine aurait un effet dissuasif. Je rappelle à nos collègues du Rassemblement national qu’en dépit du fait que la loi punit le détournement de fonds publics, le Rassemblement national s’en est rendu coupable et a été condamné, ainsi que plusieurs de ses membres,…

Photo de M. Emeric Salmon
Suspension et reprise de la séance
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Vous connaissez la présomption d’innocence ? Vous connaissez l’État de droit ?

Photo de M. Jean-François Coulomme
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

…pour avoir volé l’argent des Françaises et des Français, la peine ayant été confirmée à deux reprises.

Photo de Mme Lisette Pollet
Suspension et reprise de la séance
Mme Lisette Pollet Lisette Pollet RN

La Cour de cassation a été saisie !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

En l’occurrence, nous demandons à privilégier la prévention plutôt que la répression, notamment en renforçant les moyens de la sécurité routière. Il en va de même de l’éducation nationale, dont les moyens, on le sait, sont largement insuffisants pour éduquer toute une génération de nos enfants. Il manque de l’argent, par conséquent le niveau baisse, comme l’attestent les résultats Pisa – Programme international pour le suivi des acquis des élèves.

Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

On le constate en direct !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Nous demandons des moyens importants pour la sécurité routière afin que nos jeunes évitent de prendre des risques inconsidérés. La prévention qu’elle mène explique quels sont les comportements à risque, comme le fait de conduire sous l’empire de psychotropes, dont l’alcool fait partie. J’insiste là-dessus, parce que vous pointez toujours les substances psychoactives, telles que le cannabis, mais l’alcool est encore plus ravageur.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Je m’exprimerai sur les amendements nos 657, 328 et 619, même s’ils ne sont pas en discussion commune. Un équilibre a été retrouvé dans la rédaction de l’article 3. Or l’amendement no 328 augmente les peines de façon déraisonnable tandis que les deux autres vident le dispositif de sa substance. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Nuñez ministre

Avis défavorable, pour les mêmes motifs.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Suspension et reprise de la séance
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Monsieur le rapporteur, nous proposons de changer de paradigme. Si nous avions voulu vider le dispositif de sa substance, nous aurions demandé à supprimer la sanction ; or, avec cet amendement, nous en acceptons le principe, à condition de prévoir une sanction intelligente et utile. Nous pensons que la prison ne permet ni la prévention de la récidive ni la réinsertion, qui sont pourtant des objectifs que vous affirmez vouloir atteindre. En revanche, les stages, en l’occurrence de sensibilisation à la sécurité routière, sont plus efficaces. Vous l’admettez vous-même, puisque vous avez jugé qu’en cas de perte des douze points, les stages et une formation complémentaire sont suffisants pour prévenir la récidive et les comportements à risque. Ou bien considérez-vous que tout cela ne fonctionne pas et qu’il faut prévoir des peines de prison à la place ? Mais vous ne le faites pas. On voit bien que votre approche change en fonction des types de comportement et des publics visés. Ce que nous, nous souhaitons, y compris dans un cadre répressif, c’est que soient prononcées des peines et des sanctions utiles et efficaces, c’est-à-dire qui s’attaquent aux causes du passage à l’acte et aux raisons de l’infraction, plutôt que de se faire plaisir à punir pour faire mal, par rétorsion, car cela n’a jamais fonctionné. Encore une fois, monsieur le rapporteur, nous ne vidons pas le dispositif de sa substance, nous voulons changer de paradigme afin de redonner du sens à la peine.

Photo de M. Vincent Caure
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Quel sophisme !

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 657.

Amdt 657 Rejeté Amdt 657 A discuter
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 73 Nombre de suffrages exprimés 72 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 15 Contre 57

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 657 n’est pas adopté.)

Amdt 657 Rejeté Amdt 657 A discuter
Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Michaël Taverne, pour soutenir l’amendement no 328.

Amdt 328 Rejeté Amdt 328 A discuter
Photo de M. Michaël Taverne
Suspension et reprise de la séance
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Il vise à augmenter les peines prévues. Monsieur le rapporteur, vous affirmez que c’est un amendement déraisonnable, mais ce n’est pas le cas.

Photo de M. Florent Boudié
Suspension et reprise de la séance
M. Florent Boudié président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République EPR

« Déraisonnable », c’est une façon élégante de dire les choses !

Photo de M. Michaël Taverne
Suspension et reprise de la séance
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Cela fait des années que les rodéos motorisés posent des problèmes. La loi de 2018 que vous avez évoquée est complètement inefficace. Vous avez dit que c’était une loi macroniste : c’est bien parce qu’elle est inefficace qu’elle est macroniste ! C’est pourquoi nous sommes obligés de traiter de nouveau dans cet article 3 des refus d’obtempérer et des rodéos motorisés. Je ne pense pas qu’il soit déraisonnable de porter la peine de deux à trois ans d’emprisonnement et l’amende de 30 000 à 45 000 euros. Il faut faire passer un message. Tant que nous n’augmenterons pas les peines, la répression ne fonctionnera pas. Vous nous répondrez qu’il faut préserver l’équilibre du texte, mais le message doit être envoyé dès à présent. Si l’on ne met pas un point final à cette situation, alors nous en reparlerons dans deux ou trois ans – mais la situation aura changé, puisque nous serons aux responsabilités avec Marine Le Pen et Jordan Bardella : les Français seront alors rassurés pour ce qui concerne l’insécurité. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Défavorable.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Nuñez ministre

Avis défavorable : la sanction proposée est déjà prévue en cas de circonstances aggravantes. Il faut garder cette latitude d’appréciation.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Suspension et reprise de la séance
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Toute cette affaire ne fonctionnera pas. Ce n’est pas en alourdissant les peines que l’on résoudra le problème. Sinon, c’est ce qu’on aurait fait depuis les débuts de l’humanité et cela aurait suffi pour tout régler, par exemple les féminicides. Or cela ne fonctionne pas, notamment parce que ce n’est pas en fonction des peines prévues que les gens commettent un délit ou adoptent un comportement dangereux. Nous sommes d’accord qu’il faut prévenir les comportements dangereux, mais les gens n’ont pas le code pénal à la main et ne se disent pas : « Oh là là, le Front national a augmenté le quantum de la peine, laissons tomber les rodéos urbains ! » Ça n’a pas de sens, malheureusement.

Photo de M. Frédéric Weber
Suspension et reprise de la séance
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

Le Front national n’existe plus !

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 328.

Amdt 328 Rejeté Amdt 328 A discuter
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 78 Nombre de suffrages exprimés 73 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 26 Contre 47

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 328 n’est pas adopté.)

Amdt 328 Rejeté Amdt 328 A discuter
Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir l’amendement no 619.

Amdt 619 Rejeté Amdt 619 A discuter
Photo de Mme Élisa Martin
Suspension et reprise de la séance
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Il vise à supprimer l’alinéa 19, qui prévoit la confiscation immédiate du véhicule, suivie du retrait du permis de conduire, car cela aurait un impact majeur sur les personnes. Dans un certain nombre de zones en France, abandonnées par les politiques de transition écologique, il n’existe pas de solution alternative à la voiture individuelle. Ce type de peine mettrait donc les gens dans une grande difficulté. M. le ministre a expliqué que des fonds pourraient être mobilisés ; j’imagine qu’il faisait allusion au fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD). Le problème, c’est que ses crédits ont été siphonnés petit à petit pour acheter des caméras de vidéosurveillance. Non seulement cela ne résout rien, mais cela empêche de disposer d’une politique de prévention efficace, alors qu’elle figure dans l’intitulé du fonds. Malheureusement, la France connaît une nouvelle augmentation du nombre de morts sur les routes, ce qui est complètement fou pour un pays comme le nôtre. Cette augmentation n’est pas due aux rodéos urbains. Si l’on regarde les chiffres de près – je vous y invite –, on constate qu’elle est due à des défauts dans l’apprentissage de la conduite, notamment pour les plus jeunes conducteurs, ou à l’état des routes.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Nuñez ministre

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Sébastien Huyghe.

Photo de M. Sébastien Huyghe
Suspension et reprise de la séance
M. Sébastien Huyghe Sébastien Huyghe EPR

La mesure de saisie immédiate du véhicule a été introduite par suite de l’adoption en commission d’un amendement que j’avais déposé. La mesure existe déjà en Belgique et elle se révèle très efficace, au point que des Belges sont venus il y a trois semaines à Emmerin, dans ma circonscription, pour effectuer un rodéo urbain. Ils n’ont pas seulement embêté les Emmerinois : ils les ont mis en danger, ainsi que les habitants alentour. Les organisateurs du rodéo ont clairement dit qu’ils étaient venus en France parce que les participants auraient risqué la saisie immédiate de leur véhicule en Belgique. Il importe d’inscrire cette mesure dans la loi. L’amendement no 162 de M. le rapporteur vient préciser qu’il s’agit, juridiquement parlant, non pas d’une saisie, mais d’un enlèvement. Madame Martin, la sanction vise justement à avoir des conséquences sur la vie des personnes sanctionnées. C’est un des effets recherchés.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Je prends la parole en soutien à l’amendement no 619. Ce que vous instaurez, avec ce texte, c’est une double peine ; de surcroît, vous n’individualisez pas la peine. En effet, vous instaurez une AFD – nous sommes en désaccord sur ce point –, puis vous organisez la saisie immédiate et automatique du véhicule. Le problème, c’est que ces sanctions sont cumulatives : il s’agit donc d’une double peine. Surtout, la saisie ne tient pas compte de la situation de la personne, ni du contexte ; il n’y a plus d’individualisation de la peine, qui n’a plus de lien avec le délit commis. Que la participation à un rodéo urbain soit un délit, qu’il faille infliger une amende, on peut l’envisager ; mais là, non seulement vous durcissez la peine, mais vous saisissez le véhicule. Cela conduit donc à pénaliser la personne une deuxième, voire une troisième fois, et de façon plus lourde, parce qu’elle peut avoir besoin de son véhicule le lendemain, pour des raisons professionnelles, pour effectuer ses trajets.

Photo de M. Emeric Salmon
Suspension et reprise de la séance
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Elle ne va pas faire un rodéo dans ce cas !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Sans aucun doute. Je dis simplement que, du point de vue du droit, c’est une double peine. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Calmez-vous ! Il aurait fallu se rafraîchir à la buvette pendant la suspension de séance !

Photo de M. Emeric Salmon
Suspension et reprise de la séance
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ah non ! On va faire un rappel au règlement !

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Chut !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Puis-je finir ? Il me semble n’avoir interrompu personne ce matin – pas une seule fois.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Poursuivez, monsieur Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Suspension et reprise de la séance
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Pour conclure, vous n’individualisez pas la peine, vous infligez une double peine et créez un préjudice supplémentaire à la peine que vous avez instaurée. Vous détricotez ainsi notre édifice juridique, sans pour autant régler le problème que vous êtes censé régler : empêcher, grâce à un cadre juridique proportionné, que les rodéos urbains aient lieu.

Photo de M. le président
Rappel au règlement
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Emeric Salmon, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Emeric Salmon
Rappel au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Rappel au règlement sur le fondement de l’article 70, alinéa 3. M. Amirshahi dit que j’aurais pu aller à la buvette pendant la suspension. Je suis resté travailler sur mon ordinateur parce que nous avons des dossiers sur lesquels nous devons avancer. Ce genre d’arguments n’a pas sa place dans le débat ; c’est ridicule et puéril. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Rappel au règlement
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Peut-on décerner une médaille à M. Salmon ?

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 619.

Amdt 619 Rejeté Amdt 619 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 94 Nombre de suffrages exprimés 94 Majorité absolue 48 Pour l’adoption 29 Contre 65

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 619 n’est pas adopté.)

Amdt 619 Rejeté Amdt 619 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Sur les amendements nos 261 et identiques, 621, 622, 564 et identique, 624, 452, 625, 453 et sur l’article 3, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 182 de M. le rapporteur est rédactionnel.

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 182, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 182 Adopté Amdt 182 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 261, 563 et 620. La parole est à M. Roger Vicot, pour soutenir l’amendement no 261.

Amdt 261 Rejeté Amdt 261 A discuter
Photo de M. Roger Vicot
Article 3 (suite)
M. Roger Vicot Roger Vicot SOC

Je ne vais pas argumenter de nouveau pour défendre l’idée que les amendes forfaitaires délictuelles sont inadaptées et inefficaces contre les rodéos urbains. Je voudrais profiter de la défense de cet amendement pour revenir sur ce que disait M. le ministre sur l’existence de politiques de prévention de la délinquance dans notre pays, certes réparties entre les collectivités territoriales et l’État. Pour ce qui concerne ce dernier, depuis 2017, la stratégie nationale de prévention de la délinquance a systématiquement été retardée de une à trois années, occasionnant, à l’échéance de chaque stratégie, une longue période de flottement.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Eh oui !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Ils n’en ont rien à faire, de la prévention !

Photo de M. Roger Vicot
Article 3 (suite)
M. Roger Vicot Roger Vicot SOC

Les chiffres montrent que les crédits du FIPD ne connaissent pas une augmentation exponentielle – c’est le moins que l’on puisse dire. Certes, la stratégie nationale de prévention de la délinquance existe, mais elle a été terriblement malmenée depuis 2017. (M. Pouria Amirshahi applaudit.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour soutenir l’amendement no 563.

Amdt 563 Rejeté Amdt 563 A discuter
Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Je renouvelle mes critiques contre les AFD. Les arguments qui nous sont souvent opposés sont qu’elles permettent de désengorger les prisons et qu’elles sont infligées immédiatement, ce qui permettrait de passer à autre chose. Cependant, vous donnez des pouvoirs exorbitants aux agents de police, qui ne peuvent pas toujours faire preuve du plus grand discernement dans le contexte où ils émettent l’amende forfaitaire, puisqu’elle est mécanique et ne laisse pas la place à une compréhension de la situation. Surtout, cette logique mécanique empêche le citoyen qui a commis une faute d’être confronté à la pédagogie du juge, qui est cruciale. Quand quelqu’un a commis une faute – la participation à un rodéo urbain, en l’espèce –, il est bon qu’il comprenne pourquoi c’est un problème. La personne qui participe à un rodéo urbain n’a manifestement pas conscience du danger – ou bien, si elle le fait en toute conscience, il convient de la recadrer. Les amendes forfaitaires que vous avez instaurées depuis 2018 n’y ont rien fait : les délits ont augmenté. D’ailleurs, le rapporteur, Vincent Caure, a lui-même reconnu que cela ne fonctionnait pas, quand il a déploré l’extension des rodéos hors des zones urbaines. Si nous voulons lutter contre ce qui est un réel problème, tentons d’instaurer un dispositif qui permette à la pédagogie du juge de s’exercer. Cela ne passe pas par la déjudiciarisation, bien au contraire ; c’est pourquoi il convient de ne pas infliger d’AFD.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jean-François Coulomme, pour soutenir l’amendement no 620.

Amdt 620 Rejeté Amdt 620 A discuter
Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Je voudrais anticiper un peu en proposant une modification du titre du projet de loi. Il conviendrait de remplacer « offrir » par « plaisir d’offrir » et « réponses immédiates » par « AFD », ainsi que de supprimer le terme « phénomènes », un peu humiliant s’agissant d’individus. Le texte pourrait donc être renommé « Plaisir d’offrir des AFD aux individus troublant votre ordre public ». Le dispositif des AFD est incompréhensible à ceux et celles qui en font l’objet. Elles finissent par s’empiler et par provoquer – c’est avéré – des taux d’endettement élevés chez des personnes qui, bien évidemment, sont parmi les plus fragiles de la société. D’ailleurs, le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale souligne que ce dispositif, qui n’est pas propre à la France, puisque la répression existe dans tous les pays, cible particulièrement les personnes africaines, d’ascendance africaine ou d’origine arabe. Cela ne vous rappelle pas un texte que nous venons de voter ? Le permis de tuer, en l’occurrence. Ce sont encore les mêmes qui sont visés. (« Oh là là ! » sur les bancs du groupe RN.) Ce n’est pas un hasard, c’est systémique ; vous devez en prendre conscience. Vous pouvez le nier, mais, statistiquement, c’est imparable ; c’est la réalité. Vous n’appliquez pas les amendes forfaitaires délictuelles à vos enfants, aux enfants de bourgeois !

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Ce sont parfois les enfants de députés LFI qui sont des enfants de bourgeois !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Parmi les personnes qui se rendent coupables d’avoir consommé des produits stupéfiants, ce ne sont jamais les enfants de bourgeois qui sont condamnés à payer 135 euros d’amende pour avoir tiré sur un mégot au bord d’un jardin public ! Ce sont toujours les mêmes, toujours dans les mêmes quartiers.

Photo de M. Emmanuel Fouquart
Article 3 (suite)
M. Emmanuel Fouquart Emmanuel Fouquart RN

Et ce sont toujours les mêmes qui défendent la racaille !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

J’ai déjà plaidé en faveur des amendes forfaitaires délictuelles, notamment en commission ; je n’y reviendrai donc pas. Sur ce sujet, et sur ce texte, je crois que nous sommes irréconciliables. Je pense que l’AFD s’applique parfaitement au rodéo simple, contentieux de volume important et infraction aisément constatable : elle permet d’apporter une réponse pénale rapide. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis : l’AFD permet de constater rapidement un délit et d’appliquer immédiatement une sanction.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Gabrielle Cathala.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Ce n’est pas la première fois que nous avons ce débat. Les AFD constituent un contournement de l’autorité judiciaire ; c’est une justice rendue dans la rue. Elles donnent aux policiers un pouvoir de justice qui devient contraventionnel et laisse peu de place à la contestation puisque – on sait comment cela fonctionne – c’est la parole de jeunes gens précaires, souvent issus des quartiers populaires, contre celle de policiers et de gendarmes. Il est donc impossible de contester correctement des AFD lorsqu’elles sont délivrées. Je ne comprends pas pourquoi vous vous obstinez, alors que nous sommes mis en cause par les Nations unies et que la Défenseure des droits a rendu un rapport accablant sur les AFD. Elles portent atteinte à l’accès à un juge et aux principes d’individualisation et de proportionnalité de la peine, puisque verbaliser une personne précaire pour une infraction à hauteur de 200 euros, ce n’est pas la même chose que d’infliger la même amende à une personne dotée d’un revenu confortable. De surcroît, les policiers sont encouragés à verbaliser, car cela fait partie des indicateurs de performance des unités.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Eh oui !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Faut faire du chiffre !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

C’est ce qu’a noté la Cour des comptes – qui est venue nous présenter son rapport sur le sujet, en commission des finances, il y a moins de deux mois. Elle aussi a mis en cause les AFD, soulignant que le taux d’AFD irrégulières ne faisait qu’augmenter. Elle déplore en outre que le nombre d’AFD délivrées soit un indicateur de performance : les policiers sont ainsi encouragés à verbaliser pour des choses inutiles, comme la vente à la sauvette, la consommation de stupéfiants de faible gravité, etc. Finalement, vous réalisez le rêve de M. Darmanin, qui, si l’on en croit l’avis du Conseil d’État sur le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur (Lopmi), souhaitait étendre les AFD à 3 400 délits. En effet, chacun de vos projets de loi vise à étendre les AFD à de nouveaux délits.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Merci, chère collègue.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Aujourd’hui, 10 % des délits peuvent faire l’objet d’une AFD, qui ne respecte pas… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice. – M. Sébastien Delogu applaudit cette dernière.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ian Boucard.

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Le débat est intéressant. La gauche pense que la sanction ne sert jamais à rien…

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Non, c’est faux !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Nous parlions des AFD !

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

…se fondant notamment sur l’exemple des amendes routières. D’autres ont tort aussi de penser que la prévention ne sert à rien. Le bon mix, c’est la sanction et la prévention. D’ailleurs, M. le ministre de l’intérieur a souligné que des textes de prévention existaient également. Je voudrais prendre un exemple sur lequel nous avons du recul, fondé sur des études chiffrées, pour faire plaisir à M. Bernalicis : la conduite sous l’emprise d’alcool. L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière indique que 68 000 personnes ont été contrôlées avec un taux d’alcool supérieur au maximum légal sur les routes en 2023, contre 106 710 en 2000. C’est le fruit d’un mix parfait entre la prévention et la sanction. Les jeunes ont assimilé que, quand on a bu, on ne conduit pas. Malheureusement, c’est au détriment de M. le président de séance, puisque cela met les boîtes de nuit en difficulté. (Sourires.)

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 3 (suite)
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Ça, ce n’est pas tout à fait vrai !

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Les jeunes font attention à ce qu’ils font, désignent des Sam, parce qu’ils anticipent, contrairement aux générations précédentes, que si l’on a bu, on ne conduit pas. Le nombre d’homicides sous l’emprise de l’alcool s’élevait à 96 en 2023, contre 395 en 2000, parce que la jeunesse a assimilé cette règle, grâce à la prévention, mais aussi grâce aux sanctions. En effet, les contrôles routiers ont été nombreux, si bien d’ailleurs qu’on en a de moins en moins besoin, parce que la peur du gendarme a fonctionné. La prévention a fait assimiler aux jeunes la nécessité de ne pas conduire quand on a bu – même s’ils avaient tout de même un petit doute avant –, mais la peur du gendarme, celle de croiser « du bleu » sur le bord de la route et de perdre son permis, a également joué un rôle. Mme Taurinya et Mme Martin ont raison à cet égard : on a besoin du permis de conduire et de la voiture pour aller travailler, notamment dans les zones rurales, si bien que les jeunes sont vigilants. Cependant, je le répète, nous avons besoin des deux : la prévention et la sanction. (M. Lionel Duparay et M. Pierre Marle applaudissent.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je resterai d’une neutralité totale sur ce sujet. (Sourires.)

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Je me suis permis cette remarque parce que vous y avez fait allusion hier, monsieur le président !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Mais aujourd’hui, je suis au perchoir ! Je mets aux voix les amendements identiques nos 261, 563 et 620.

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 101 Nombre de suffrages exprimés 101 Majorité absolue 51 Pour l’adoption 32 Contre 69

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 261, 563 et 620 ne sont pas adoptés.)

Amdt 261 Rejeté Amdt 261 A discuter Amdt 563 Rejeté Amdt 563 A discuter Amdt 620 Rejeté Amdt 620 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jonathan Gery, pour soutenir l’amendement no 163.

Amdt 163 Rejeté Amdt 163 A discuter
Photo de M. Jonathan Gery
Article 3 (suite)
M. Jonathan Gery Jonathan Gery RN

Il s’agit d’exclure le recours à l’AFD en cas de récidive du délit de rodéo motorisé. C’est un amendement qui devrait plaire à M. Bernalicis, qui n’apprécie guère les AFD. En définitive, cet amendement réserve aux récidivistes une réponse pénale plus ferme et individualisée. Or le principe d’individualisation de la peine – que M. le rapporteur aime beaucoup rappeler – a valeur constitutionnelle. Vous devriez donc émettre un avis favorable sur cet amendement.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Le Conseil constitutionnel n’a jamais indiqué que le principe d’individualisation de la peine et l’amende forfaitaire délictuelle étaient inconciliables, sinon il n’y aurait pas d’AFD dans notre droit. Ensuite, du fait de la volumétrie très importante du contentieux et de notre volonté de sanctionner sans engorger les juridictions, il est utile de conserver l’AFD pour le rodéo simple, y compris en cas de récidive, je l’ai déjà dit. Là où je vous rejoins, c’est sur la nécessité de cantonner l’AFD au rodéo simple et non au rodéo en réunion, qui est d’une gravité supérieure et appelle une autre réponse. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis, pour les mêmes motifs.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Nous avons ici l’illustration concrète de l’accentuation de l’esprit répressif : en cas de récidive, non seulement la peine serait aggravée, mais en plus on garantirait qu’une peine effective serait prononcée, puisqu’on écarterait l’AFD. Vous avez abordé un véritable sujet, monsieur Boucard : l’équilibre entre prévention et sanction. Toutefois, vos propos sont déclamatoires : vous plaidez pour l’équilibre en donnant une apparence de bonne volonté – que je ne nie d’ailleurs pas ; le problème, c’est que le phénomène des rodéos n’est absolument pas appréhendé sous l’angle de la prévention. Le ministre nous dit que le texte est répressif, mais que, par ailleurs, il y a de la prévention. Mais « par ailleurs », où est-ce ? Si vous aviez voulu un texte réellement équilibré, vous auriez, en amont, réuni ceux qui travaillent sur le terrain : les collectivités, les éducateurs spécialisés ou non, les agences régionales de santé. Au moment de la préparation du projet de loi, vous auriez adopté une approche véritablement équilibrée, qui aurait montré que la prévention complétait bien l’esprit répressif qui vous anime. En outre, monsieur Boucard, êtes-vous sûr que la différence statistique entre 2000 et 2023 est liée à la peur du gendarme ? Comment le mesurez-vous ? N’est-ce pas plutôt, comme me le soufflait M. Kerbrat, la prévention qui a fait son effet ?

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Et vous, comment le mesurez-vous ?

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

N’est-ce pas aussi la peur de la mort ? Rappelez-vous, lorsque Jacques Chirac avait lancé – à raison – une campagne nationale contre la délinquance routière, cela avait produit des effets. À l’époque, il s’agissait non pas d’augmenter le montant des amendes ni les peines mais de mettre le paquet sur la prévention – et cela avait fonctionné. À l’inverse, le renforcement des peines a produit exactement le contraire, puisque le nombre de rodéos a augmenté.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jordan Guitton.

Photo de M. Jordan Guitton
Article 3 (suite)
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Je souhaite interpeller le ministre et le rapporteur, exposer la position du groupe Rassemblement national et expliquer pourquoi nous avons déposé cet amendement. En cas de récidive, il ne devrait pas être possible d’avoir recours à l’AFD de manière illimitée car ne jamais passer devant un tribunal finit par être problématique : un individu peut faire cinq, dix, voire quinze rodéos, être interpellé, et ne jamais comparaître. Deuxième problème : le taux de recouvrement des AFD est très faible. À quoi sert une AFD qui ne sera jamais recouvrée,…

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Et voilà !

Photo de M. Jordan Guitton
Article 3 (suite)
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

…surtout lorsque certains se placent volontairement en situation d’insolvabilité ? Nous l’avons dit sur d’autres textes – car le champ des AFD ne cesse d’être étendu : nous sommes favorables à l’AFD pour les primodélinquants parce qu’il faut faciliter la vie des policiers, et parce que cela laisse une chance à la personne d’échapper à la justice de notre pays, engluée dans des procédures qui peuvent durer plusieurs années ; mais nous n’y sommes pas favorables pour les multirécidivistes, parce qu’on ne peut pas permettre à des personnes qui récidivent à de multiples reprises d’échapper systématiquement à un procès. Cette mesure ne réglera aucun problème, et certainement pas celui de la récidive. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le ministre.

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Monsieur Guitton, ce n’est pas parce que la loi prévoit la possibilité d’une AFD, y compris dans les cas de récidive, que les forces de l’ordre vont forcément choisir cette solution.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Alors là ! Franchement !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Elles connaissent les personnes qui pratiquent ces rodéos, et peuvent très bien décider d’une action publique classique. En outre, je le répète une fois pour toutes aux députés qui se sont exprimés sur le rapport de la Cour des comptes : celle-ci ne remet pas en cause le principe des AFD. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Ce n’est pas son rôle !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Elle expose simplement les conditions pour qu’elles fonctionnent mieux, et nous en avons tenu compte puisque le gouvernement a proposé trois amendements visant à améliorer le recouvrement. La Cour des comptes formule aussi des observations sur la gouvernance et sur la contradiction apportée par les contrevenants. Nous allons en tenir compte.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

De toute façon, vous n’y connaissez rien, vous n’êtes pas ministre de la justice !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Mais la Cour des comptes ne remet pas en cause le principe des AFD – j’insiste sur ce point parce que j’imagine que cet argument s’invitera à de nombreuses reprises dans nos débats.

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 163 n’est pas adopté.)

Amdt 163 Rejeté Amdt 163 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir l’amendement no 621.

Amdt 621 Rejeté Amdt 621 A discuter
Photo de Mme Élisa Martin
Article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Par cet amendement, nous souhaitons supprimer un alinéa qui correspond à une nouvelle aggravation, majeure, des peines – qui passeraient notamment de deux à trois ans d’emprisonnement. Deux ans de prison, c’est déjà beaucoup, surtout dans un contexte où nos prisons sont indignes. Vous avez sans doute lu le communiqué de la Contrôleure générale des lieux de liberté…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Il n’y a pas de Contrôleure générale des lieux de liberté !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

…concernant les quartiers de haute sécurité. Nous vous avions alertés sur le fait que cela allait très mal tourner. L’aggravation des peines ne permettra pas de lutter contre ces phénomènes. Il faut faire un bilan objectif, y compris de ce que la police peut réellement faire. Ainsi, ce qu’on appelle les centres de loisirs des jeunes, encadrés par la police, n’ont plus les moyens de fonctionner ; les policiers ne peuvent plus travailler correctement avec les jeunes, ni les emmener sur des circuits pour leur faire prendre conscience de ce qu’est une conduite dangereuse. La jeunesse, c’est James Dean : il faut la faire réfléchir sur le rapport au risque.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Hier, c’était Woodstock ; aujourd’hui, c’est James Dean… Vous êtes dans le passé !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

J’avoue que je rêve d’un ministre de l’intérieur qui nous proposerait une véritable stratégie de lutte contre les violences routières, dès lors qu’en France, le nombre de morts sur les routes augmente – ce qui est absolument incroyable. Nous rêvons aussi qu’en matière de peines, on propose plus systématiquement des stages. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Vous voulez supprimer l’aggravation des peines prévues : avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Il n’y connaît rien en matière de peines non plus !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Éric Coquerel.

Photo de M. Éric Coquerel
Article 3 (suite)
M. Éric Coquerel Éric Coquerel LFI-NFP

Monsieur le ministre, je reviens au rapport de la Cour des comptes. Vous avez raison de dire qu’il ne va pas jusqu’à demander la suppression de l’AFD. Néanmoins, il met en lumière « une efficacité limitée au regard des objectifs assignés en termes d’allègement du travail du juge », un « taux d’exécution des amendes qui n’est pas satisfaisant », et regrette une formation insuffisante des forces de l’ordre et un déficit d’information des usagers, ce qui les empêche de faire valoir leurs droits. Sur cette base, la Cour formule des recommandations. Si elle ne demande pas la suppression des AFD, elle plaide pour une « rationalisation du périmètre des incriminations susceptibles d’être sanctionnées par des amendes forfaitaires délictuelles ». Autrement dit, l’inverse de ce que vous proposez ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Eh oui !

Photo de M. Éric Coquerel
Article 3 (suite)
M. Éric Coquerel Éric Coquerel LFI-NFP

Vous indiquez tenir compte du rapport de la Cour des comptes. Alors, cessez d’élargir le périmètre des AFD ; restreignez-le plutôt. Le rapport estime également que l’AFD a conduit à l’aggravation des peines pour des faits qui auparavant n’étaient pas délictuels. Si vous voulez réellement prendre en considération ses conclusions, allez jusqu’au bout : rationalisez, réduisez le périmètre des AFD. Sinon, cela signifie que vous n’en tenez pas compte. (Applaudissements sur plusieurs les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ian Boucard.

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Pour conclure notre débat,…

Photo de M. Andy Kerbrat
Article 3 (suite)
M. Andy Kerbrat Andy Kerbrat LFI-NFP

Ah non !

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

…monsieur Amirshahi – parce que nous n’allons pas y passer la journée : vous partez du principe que seule la prévention fonctionne, notamment s’agissant de l’alcoolémie au volant ; j’estime pour ma part qu’il faut un équilibre entre la prévention et la sanction. J’ai passé le permis sous Jacques Chirac. Vous avez raison de saluer sa mémoire : il a beaucoup fait pour la prévention routière. Mais, en tant qu’éducateur sportif, je vois aussi autour de moi des jeunes qui font attention parce qu’ils savent que les gendarmes peuvent être là. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Certains collègues de gauche – notamment M. Vicot – laissent entendre qu’on ne ferait plus de prévention routière. J’ai vérifié : au collège, on passe toujours l’attestation scolaire de sécurité routière (ASSR), de niveau 1 en cinquième et de niveau 2 en troisième. Ces modules de prévention routière essentiels touchent donc tous les collégiens.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Ce n’est pas obligatoire !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Et pas partout !

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Les collectivités développent également d’autres dispositifs comme le programme Citoyen roulant, piloté par le ministère de l’intérieur et dispensé par le club motocycliste de la police nationale, qui intervient dans les territoires urbains où il y a des risques de rodéos motorisés. Il ne faut pas laisser croire que rien n’est fait en matière de prévention routière. Peut-être faut-il faire plus, mais notre pays fait déjà beaucoup – et vous avez raison d’avoir rappelé l’impulsion donnée par le président Chirac. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le ministre.

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Monsieur Coquerel, merci de reconnaître que la Cour des comptes ne remet pas en cause le principe des AFD.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Ce n’est pas son office !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Ensuite, vous avez raison : le rapport est critique et formule des recommandations. Nous les avons toutes prises en compte : nous rationalisons le périmètre des AFD ; nous le limitons aux délits facilement constatables – qui ne supposent pas d’actes d’enquête. Nous ne sommes donc pas dans une logique d’extension massive – certains évoquaient la volonté de M. Darmanin, à l’époque, de passer à 3 400 délits : nous circonscrivons les AFD aux délits aisément constatables, ce qui évite aux forces de l’ordre d’avoir à mener des procédures lourdes.

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Il y a de l’abus !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Enfin, la personne peut toujours refuser l’AFD et, dans ce cas, une action publique classique est engagée dans les conditions normales.

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 3 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

La personne est-elle informée de ses droits ?

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 621.

Amdt 621 Rejeté Amdt 621 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 118 Nombre de suffrages exprimés 118 Majorité absolue 60 Pour l’adoption 35 Contre 83

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 621 n’est pas adopté.)

Amdt 621 Rejeté Amdt 621 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour soutenir l’amendement no 622.

Amdt 622 Rejeté Amdt 622 Amdt 622 Irrecevable
Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Cet amendement est un test de résistance du gouvernement et du rapporteur – une sorte de crash test – pour savoir s’ils sont prêts à pénaliser les nuisances sonores causées par les grosses cylindrées, les voitures ou les motos de luxe. Pourquoi ? Parce que nous avons l’impression que les délits que vous inventez et poursuivez sont très circonscrits sociologiquement.

Photo de M. Thierry Tesson
Article 3 (suite)
M. Thierry Tesson Thierry Tesson RN

Bien sûr…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Nous voulons donc voir jusqu’où vous êtes prêts à aller.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Et pour le yacht de luxe de Manon Aubry, on fait comment ?

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Lors de l’examen de la proposition de loi de 2018 renforçant la lutte contre les rodéos motorisés, nous avions déjà dénoncé le fait que, sur certaines plages, des personnes font du jet-ski ou du hors-bord tard le soir. Cela fait un bruit fou, ça gêne tout le monde, mais on ne fait rien parce que ce n’est pas n’importe qui qui peut se permettre de faire ça – tous ceux qui vivent à proximité de ces plages le savent. Nous plaidons pour cette clarification, ou pour acter notre désaccord sociologique.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Généralement, monsieur Bernalicis, nous ne sommes pas d’accord avec vos amendements. Celui-ci, qualifié d’amendement d’appel, ne fait pas exception et j’y serai, naturellement, tout à fait défavorable. Le rodéo motorisé, objet de cet article 3, met en danger celui qui conduit le véhicule, mais menace aussi la vie des forces de l’ordre qui tentent de l’intercepter et des personnes qu’il peut croiser sur la route. Ce n’est pas une question de cylindrée : quel que soit le véhicule, c’est un seul et même phénomène, que nous devons combattre. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable. Je voudrais rassurer M. Bernalicis : lorsque les forces de l’ordre effectuent des contrôles, y compris en cas de nuisances sonores, elles ne font pas de distinction selon la catégorie sociale des personnes, je peux vous l’assurer.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Qu’en savez-vous ? Disposez-vous d’études en ce sens ? Donnez-nous des éléments concrets, on va rigoler !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Je demanderai au préfet de police de Paris de vous inviter à assister à des contrôles qui portent précisément sur ce point.

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Ils ont trop peur de ce qu’ils pourraient découvrir !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Vous constaterez qu’aucune distinction n’est faite entre les contrevenants. (Protestations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Grâce aux sociologues, nous savons ce qu’il en est !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Je ne suis pas partisan, en général, de la formule selon laquelle un orateur pose de bonnes questions mais apporte de mauvaises réponses. Néanmoins, pour une fois que nous partagions unanimement un constat – les rodéos ne sont pas acceptables, ils sont dangereux à la fois pour celui qui y prend part et pour le voisinage –, nous aurions pu faire l’effort d’adopter une approche plus globale. Ce n’est pas le cas, le ministre l’a lui-même reconnu. Cet amendement, comme d’autres émanant des députés de gauche ici présents, montre que tous les délits que vous dénoncez et que vous estimez devoir être caractérisés davantage, font déjà l’objet d’amendes et de peines. La nuisance sonore, le dépassement de vitesse, la conduite en dehors d’un terrain autorisé : tout est déjà encadré par la loi. Si l’on donnait aux gardiens de la paix les moyens de faire leur travail, en sorte que le droit en vigueur soit appliqué ? J’ajoute que si nous avions pensé en même temps la prévention, en énonçant les effets recherchés en amont de l’examen d’un tel projet de loi, nous aurions peut-être conçu des sanctions un peu plus adaptées. Nous aurions ainsi fait œuvre d’une ingénierie législative un peu plus intelligente – ne voyez pas de mépris dans mon propos –, avec des dispositions mieux construites. Ce n’est pas le cas. Tout démontre que ce que vous proposez ne fonctionne pas. À propos des amendes forfaitaires délictuelles, non seulement avons-nous expliqué que leur volume augmentait, mais Éric Coquerel vient de rappeler les préconisations de la Cour des comptes. Or, ne vous en déplaise, monsieur le ministre, vous ne les suivez pas ! Vous ne proposez pas une rationalisation du champ des AFD, vous proposez son extension ! (M. Pierre-Yves Cadalen applaudit.) Les préconisations de la Cour des comptes avaient en outre la vertu de montrer que les AFD n’apportent pas les recettes fiscales que vous escomptez, loin de là. Ne peut-on en tirer des conséquences rationnelles ?

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 622.

Amdt 622 Rejeté Amdt 622 Amdt 622 Irrecevable
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 119 Nombre de suffrages exprimés 118 Majorité absolue 60 Pour l’adoption 39 Contre 79

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 622 n’est pas adopté.)

Amdt 622 Rejeté Amdt 622 Amdt 622 Irrecevable
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 564 et 623. La parole est à M. Damien Girard, pour soutenir l’amendement no 564.

Amdt 564 Rejeté Amdt 564 A discuter
Photo de M. Damien Girard
Article 3 (suite)
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

La conduite sans assurance est évidemment un problème, d’abord pour les victimes d’accident, ensuite pour la sécurité de toutes et tous. J’ai regardé les chiffres du fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO). Ils montrent que les conducteurs non assurés sont majoritairement des ouvriers, des étudiants ou des demandeurs d’emploi et que la moitié a moins de 30 ans. Souvent, le problème n’est pas l’indifférence à la loi, mais le coût de l’assurance.

Photo de M. Thierry Tesson
Article 3 (suite)
M. Thierry Tesson Thierry Tesson RN

Ben voyons ! Donnons-leur une subvention !

Photo de Mme Caroline Colombier
Article 3 (suite)
Mme Caroline Colombier Caroline Colombier RN

On marche sur la tête !

Photo de M. Damien Girard
Article 3 (suite)
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Le présent texte ne prévoit pas de traiter cette cause, mais de permettre le cumul des peines afin d’aggraver les sanctions. C’est toujours la même logique, qui ajoute de la dette pénale à la précarité économique.

Photo de M. Laurent Croizier
Article 3 (suite)
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Depuis quand une position sociale peut-elle justifier de ne pas respecter la loi ?

Photo de M. Emmanuel Fouquart
Article 3 (suite)
M. Emmanuel Fouquart Emmanuel Fouquart RN

Les transports en commun, ça existe !

Photo de M. Damien Girard
Article 3 (suite)
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Cette disposition ne fera pas baisser le nombre de conducteurs non assurés ; elle ne rendra pas l’assurance plus accessible ; elle ne protégera pas mieux les victimes. La conduite sans assurance est déjà sanctionnée : elle peut donner lieu à une amende de 3 750 euros. Si l’objectif est sérieux, alors il faut parler d’accès à l’assurance, d’accompagnement des jeunes conducteurs, de dispositifs pour les personnes précaires. Mais ne faisons pas comme si le cumul des peines allait résoudre le problème. (M. Pouria Amirshahi applaudit.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jean-François Coulomme, pour soutenir l’amendement no 623.

Amdt 623 Rejeté Amdt 623 A discuter
Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Il s’agit d’un amendement de repli. Nous observons une forme de surenchère, une accumulation en millefeuille d’AFD, atteignant un tel point qu’un agent de police pourrait, en appréhendant un passant, procéder à une sorte de bilan et conclure qu’une demi-douzaine d’amendes forfaitaires pourraient lui être infligées, pour un montant total si élevé que, bien souvent, l’interpellé ne pourrait même pas le régler directement. C’est pourquoi je m’étonne que le gouvernement n’ait pas proposé un dispositif permettant à l’agent de police d’offrir une solution de crédit, façon Cofinoga, pour que l’interpellé puisse payer un cumul d’amendes allant parfois jusqu’à plusieurs milliers d’euros – si l’on se réfère aux montants liés aux infractions visées. Il a été rappelé que M. Darmanin avait l’ambition de créer des infractions tous azimuts, pour 3 200 raisons différentes. Face à cette frénésie, pour bien faire, il faudrait donc imaginer des sortes de crédits d’État, afin que les gens puissent s’endetter et rembourser leurs amendes sur plusieurs mois.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Il s’agit seulement d’assumer ses actes !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable. La majoration de 50 % de l’amende en cas de défaut d’assurance a été pensée pour abonder le fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages, destiné à indemniser les victimes en cas d’accident impliquant des personnes non assurées. En supprimant le cumul des peines, vous supprimeriez aussi cette majoration, privant le FGAO de ses ressources.

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 3 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Votre raisonnement est complètement insensé. Ceux qui n’ont pas d’assurance sont insolvables !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable, pour la même raison.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jérôme Legavre.

Photo de M. Jérôme Legavre
Article 3 (suite)
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

La conduite sans assurance est déjà passible d’une peine lourde : 3 750 euros d’amende ; ce n’est pas anecdotique. En l’occurrence, comme l’ont dit les collègues, nous savons qui sont les personnes concernées : des ouvriers, des précaires…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Mais non !

Photo de M. Damien Girard
Article 3 (suite)
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Regardez les chiffres !

Photo de M. Jérôme Legavre
Article 3 (suite)
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Vous visez toujours les mêmes populations, en définitive, comme dans le cas des amendes forfaitaires délictuelles dont nous parlions plus tôt. Excusez-moi, monsieur le ministre, mais vous devriez être plus attentif à la situation actuelle du pays. J’ai sous les yeux un article, que je viens de découvrir, qui nous apprend que le service mortuaire du centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes est saturé, que les décès ont augmenté de 30 % ; on y lit aussi qu’une agente est restée seule dans son service le 1er juillet et que, toute la semaine, il n’y a eu que des corps putréfiés.

UH
Article 3 (suite)
Un député du groupe HOR

Quel est le rapport ?

Photo de M. Jérôme Legavre
Article 3 (suite)
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Voilà, pour ne prendre que cet exemple, la situation du pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Or qu’avez-vous fait, depuis plusieurs jours ? Avant-hier, vous avez rétabli dans les faits, sur un coin de table, la peine de mort ! (Vives protestations sur les bancs des groupes RN, EPR et HOR.) Aujourd’hui, nous discutons d’une avalanche de mesures pénales, d’une escalade répressive qui vise toujours les mêmes, pour mettre au pas toujours les mêmes, que l’on sait du reste totalement dépourvue d’efficacité. J’ai honte, pour ce gouvernement mais aussi pour la représentation nationale, quand je vois de quoi nous parlons alors que la situation du pays est urgentissime. Franchement, j’ai honte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe HOR.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Michaël Taverne.

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Nous allons voter contre ces amendements de déconnexion généralisée, qui caractérisent bien la psychologie de l’extrême gauche. Avec elle, vous pouvez rouler sans assurance, conduire sans permis, fumer des joints et libérer les détenus. (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) C’est la bordélisation généralisée ! Dans ce pays, il y a des règles, compris ? (Mêmes mouvements. – Brouhaha.)

UL
Article 3 (suite)
Un député du groupe LFI-NFP

Y compris en matière de détournement de fonds !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Silence !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Une certaine catégorie de population n’est pas stigmatisée : vous racontez absolument n’importe quoi ! Prenons la situation inverse : une famille ouvrière, victime d’un accident, à cause d’un conducteur dont le véhicule n’est pas assuré. Qui paiera alors ?

UL
Article 3 (suite)
Un député du groupe LFI-NFP

Le fonds de garantie !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Vous insultez les policiers du matin au soir ! (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Ce n’est pas vrai !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Chut !

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 3 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Il raconte n’importe quoi, y en a marre !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Calme-toi !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Allez apprendre la vraie vie, tournez un peu avec les policiers et regardez ce qu’ils font.

Photo de M. Damien Girard
Article 3 (suite)
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Gardez vos leçons de probité !

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Rendez l’argent d’abord !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

La plupart des policiers – vous en êtes parfaitement conscients – sont très responsables et savent se mettre à la place des personnes qui n’ont pas suffisamment de moyens pour payer les amendes. Imaginez un conducteur qui commettrait trois infractions au code de la route : pensez-vous vraiment que les policiers le verbaliseront pour les trois ? (« Oui ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Non, ce n’est pas vrai ! (« Si ! » sur les mêmes bancs.)

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Tout dépend de la couleur de votre peau !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Vous êtes complètement déconnectés, ça ne marche pas comme ça !

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

C’est du vécu !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Monsieur le ministre, réagissez, elle accuse la police d’être raciste ! (M. le ministre lève les bras au ciel.)

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 3 (suite)
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Faut se bouger, un peu !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Tournez avec les policiers et vous nous direz comment les choses fonctionnent. Ils sont en tout cas certainement plus humains que vous. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix les amendements identiques nos 564 et 623.

Amdt 564 Rejeté Amdt 564 A discuter Amdt 623 Rejeté Amdt 623 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 117 Nombre de suffrages exprimés 117 Majorité absolue 59 Pour l’adoption 35 Contre 82

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 564 et 623 ne sont pas adoptés.)

Amdt 564 Rejeté Amdt 564 A discuter Amdt 623 Rejeté Amdt 623 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Andrée Taurinya, pour soutenir l’amendement no 624.

Amdt 624 Rejeté Amdt 624 A discuter
Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Il s’agit d’un amendement de repli visant à supprimer les alinéas 32 et 34, relatifs à la mise en fourrière des véhicules. L’article L. 325-7 du code de la route prévoit que les véhicules « ayant servi à commettre [l’]infraction pour lesquels les obligations relatives à l’immatriculation ou à l’identification du véhicule ne sont pas satisfaites au moment de sa mise en fourrière » sont considérés comme abandonnés – donc détruits. Le problème est le délai de destruction. Ce délai avait été raccourci en 2022, sous Macron II,…

Photo de M. Jean Terlier
Article 3 (suite)
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Le président Macron !

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Destitution !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

…passant déjà de quinze à sept jours. Vous proposez en l’occurrence, puisqu’il s’agit d’un texte répressif – le ministre l’a reconnu – de le passer à deux jours.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Le même délai que pour l’euthanasie !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Vous rendez-vous compte du délire ? Les personnes dont le véhicule est mis en fourrière doivent avoir le temps d’en être informées, puis d’accomplir les démarches.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Seriez-vous contre l’euthanasie des voitures ?

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Encore une fois, le public visé n’a pas forcément un smartphone dernier cri, il n’est pas hyperconnecté ; vous prouvez à nouveau que vous voulez lui faire la misère ! Une telle mesure aura des conséquences sociales : si le véhicule est détruit, son propriétaire ne pourra pas forcément s’en racheter un autre.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Il n’avait qu’à ne pas commettre de délit !

Photo de Mme Caroline Colombier
Article 3 (suite)
Mme Caroline Colombier Caroline Colombier RN

Qu’il respecte la loi !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

J’ajoute que les transports en commun ne seront pas forcément un recours, puisque dans les zones concernées, ils ont été bien détruits par votre politique. J’espère que cet amendement sera adopté. En commission, un amendement similaire l’avait été. Un peu de raison !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

J’espère pour ma part que cet amendement sera rejeté. Nous parlons de véhicules impliqués dans des rodéos motorisés et placés en fourrière. Il y avait un problème avec le délai de deux jours, effectivement trop court. Je vous l’ai dit lors de la discussion générale, et à chaque fois que j’en ai eu l’occasion : je cherche une position équilibrée. C’est pourquoi le délai en question a été ramené à sept jours. Il est certes dérogatoire, mais il me paraît raisonnable, notamment pour les véhicules en question. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable, exactement pour les mêmes motifs.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Andrée Taurinya.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Si vous êtes sur la voie de la raison, pourquoi ne voulez-vous pas revenir au délai de quinze jours ? Petit retour en arrière : revenons à la situation du début de Macron II !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 624.

Amdt 624 Rejeté Amdt 624 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 115 Nombre de suffrages exprimés 115 Majorité absolue 58 Pour l’adoption 34 Contre 81

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 624 n’est pas adopté.)

Amdt 624 Rejeté Amdt 624 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Cyril Tribuiani, pour soutenir l’amendement no 452.

Amdt 452 Rejeté Amdt 452 A discuter
Photo de M. Cyril Tribuiani
Article 3 (suite)
M. Cyril Tribuiani Cyril Tribuiani

Cet amendement de notre collègue Yoann Gillet vise tout simplement à rendre la loi effective.

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Elle n’a pas respecté la loi, Marine Le Pen !

Photo de M. Cyril Tribuiani
Article 3 (suite)
M. Cyril Tribuiani Cyril Tribuiani

Une interdiction qui n’est assortie d’aucune sanction est largement théorique. En prévoyant une contravention de 5e classe pour le non-respect de cette interdiction, nous donnons une portée concrète au dispositif visant à renforcer la sécurité dans les parties communes des immeubles. Pour que la loi soit respectée, il faut qu’elle prévoie des sanctions. Tel est le sens de cet amendement, que je vous invite à adopter.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

J’émettrai un avis défavorable sur cet amendement, qui vise à compléter une disposition qui a été ajoutée au Sénat. Je pense que c’est à chaque copropriété de prendre en charge cette question et de fixer, dans son règlement, les sanctions encourues. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis. Je comprends parfaitement votre préoccupation et je confirme que l’alinéa que vous souhaitez compléter a été ajouté au Sénat, avec l’accord du gouvernement. Toutefois, il me semble que la définition de la sanction relève plutôt, comme le rapporteur l’a indiqué, du règlement de chaque copropriété. L’objectif que vous visez est donc atteint.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Matthieu Bloch.

Photo de M. Matthieu Bloch
Article 3 (suite)
M. Matthieu Bloch Matthieu Bloch UDR

Je veux apporter mon soutien à l’amendement de mon collègue. Vous nous dites, monsieur le ministre, que cela relève du règlement de copropriété, mais la réalité, c’est que certaines copropriétés sont totalement défaillantes, ne font pas respecter leur règlement intérieur, voire ne convoquent jamais d’assemblée générale. Il serait donc utile que la loi prévoie des sanctions.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Andrée Taurinya.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Voyez à quoi nous assistons, monsieur le ministre ! Vous avez pondu un texte répressif, qui a d’abord été examiné par le Sénat. Vous avez mis le pied dans la porte et le Rassemblement national s’y est engouffré, si bien que nous nous retrouvons avec des dispositions qui n’ont plus rien à voir avec les rodéos urbains. J’apprends en outre que le gouvernement, au Sénat, a approuvé cette mesure ! Et à présent, vous revenez en arrière ! Mais allez-y, foncez ! Foncez avec eux, comme vous le faites depuis deux jours ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Thierry Tesson
Article 3 (suite)
M. Thierry Tesson Thierry Tesson RN

Utilisez un magnétophone, si c’est pour répéter toujours la même chose !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Là, tout à coup, vous mettez un coup de frein ? Mais pourquoi ? J’espère que tout le monde regardera les séances qui se sont déroulées ici depuis le début de la semaine : les gens verront que vous courez derrière le Rassemblement national. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.) Et quand ce n’est pas vous qui courez derrière lui, c’est lui qui court derrière vous ! Vous votez toujours ensemble !

Photo de Mme Caroline Parmentier
Article 3 (suite)
Mme Caroline Parmentier Caroline Parmentier RN

C’est bien vous qui avez voté pour eux !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Et arrêtez, au Rassemblement national, de dire que vous êtes antimacronistes, car vous êtes le soutien de la Macronie ! Et ça, on le voit tous les jours ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Moi, je n’ai jamais voté Macron !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le rapporteur.

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Madame Taurinya, depuis le début de l’examen de ce texte, j’ai essayé, en tant que rapporteur, de fournir les réponses les plus équilibrées possible. Je ne fonce avec personne sur aucune autoroute. Vous, en revanche, vous avez essayé de supprimer cet article, qui apporte pourtant des solutions au problème des rodéos motorisés (« Non ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP), un phénomène qui se développe et qui met en danger des vies : celles des forces de l’ordre, celles des personnes qui se trouvent sur les véhicules et celles des personnes qui croisent ces véhicules. S’il vous plaît, souffrez que nous débattions. Arrêtez de nous mettre en cause et de vous référer à d’autres textes qui n’ont rien à voir avec ce débat.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Nous parlons de l’amendement de M. Gillet !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le ministre.

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Madame Taurinya, ce que vous dites est très grave :…

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Non, ce n’est pas grave !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

…vous semblez trouver problématique que le gouvernement décide de retenir au Sénat un amendement qui lui paraît intéressant.

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 3 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Le Sénat, que les gens n’élisent pas !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

À vous entendre, le débat parlementaire ne servirait à rien !

Photo de M. Romain Daubié
Article 3 (suite)
M. Romain Daubié Romain Daubié Dem

C’est la démocratie !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Ce que vous dites n’a aucun sens. Vous qui prétendez connaître parfaitement le terrain, vous savez très bien que la plupart des engins utilisés pour les rodéos motorisés sont remisés dans les parties communes des immeubles. On peut donc considérer que l’alinéa 39 est une bonne disposition et que le Sénat a eu raison de l’ajouter. C’est toute la richesse du débat parlementaire : des échanges respectueux et la prise en compte des mesures qui paraissent pertinentes.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 3 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Vous courez derrière le RN !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

J’ai la faiblesse d’être dans cet état d’esprit, avec un seul but : servir l’intérêt général et protéger nos concitoyens.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Oui, oui, c’est ça ! Vous voulez surtout servir votre petite personne, votre petit texte, vos petits délits !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 452.

Amdt 452 Rejeté Amdt 452 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 113 Nombre de suffrages exprimés 110 Majorité absolue 56 Pour l’adoption 38 Contre 72

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 452 n’est pas adopté.)

Amdt 452 Rejeté Amdt 452 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 625.

Amdt 625 Rejeté Amdt 625 A discuter
Photo de M. Louis Boyard
Article 3 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Il y a peu, à un mariage, j’ai eu l’occasion d’assister à une discussion très intéressante entre un agent de la police nationale et l’un de nos concitoyens, qui pratique le rodéo urbain. Je pense que le compte rendu de cette discussion peut vous intéresser. Je vous jure que j’ai vraiment vécu cela, c’était un super mariage !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

On s’en fiche de ta vie !

Photo de Mme Danièle Obono
Article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Vive les mariés !

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

La personne qui pratique le rodéo urbain a expliqué qu’elle demandait juste à pouvoir le pratiquer dans la légalité. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Mais oui, bien sûr !

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

L’agent de la police nationale a répondu qu’il comprenait et qu’il s’était d’ailleurs déjà retrouvé à surveiller un rodéo urbain. En effet, imaginons qu’un rodéo urbain suscite un attroupement de vingt à vingt-cinq personnes. Comme vous voulez leur mettre trois ans de prison et 75 000 euros d’amende, il faudra au moins quarante-cinq à cinquante agents pour arrêter tout le monde. Allez expliquer à nos concitoyens que vous comptez mobiliser, pour chaque attroupement autour d’un rodéo urbain, des dizaines d’agents de la police nationale,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Oui !

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

…alors qu’il y a beaucoup d’autres sujets sur lesquels on les attend ! Nos concitoyens vont se dire que vous faites n’importe quoi ! Il existe d’autres solutions. C’est à cette occasion que j’ai appris l’existence du circuit Carole, à Tremblay-en-France, où l’on peut pratiquer le rodéo urbain en étant encadré par des associations. Ce que je trouve très intéressant, c’est que dans les alinéas que nous voulons supprimer, il y a ces mots : « dans des lieux qui ne sont pas spécialement aménagés à cet effet ». J’aimerais donc savoir combien de lieux sont aménagés pour permettre le rodéo urbain. En Île-de-France, un seul lieu a été aménagé à cet effet. Ne vous étonnez pas qu’il y ait des attroupements si vous ne créez pas des lieux « aménagés à cet effet », comme vous l’écrivez dans votre projet de loi. Par ailleurs, pardon, mais prévoir trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, ça n’a pas de sens ! Vous avez fait près de quarante lois sécuritaires, sur lesquelles on n’a aucun bilan. À chaque fois, vous augmentez les peines, sans aucun résultat. Vous vous énerviez tout à l’heure, mais dans 75 % des cas, au cours de cette législature, vos textes sont passés grâce aux voix du Rassemblement national. Et ça, c’est statistique ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Je vais prolonger l’argumentaire de mon collègue Boyard. C’est peut-être cela, la politique de prévention, et cela suppose d’y mettre des moyens. (Protestations sur les bancs du groupe EPR.)

Photo de M. Romain Daubié
Article 3 (suite)
M. Romain Daubié Romain Daubié Dem

Il faudrait créer des circuits de rodéo ?

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 3 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Souffrez, vous aussi, le débat !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Écoutez ce que j’ai à dire. Au début des années 1980, l’une de mes prédécesseures dans la 2e circonscription du Nord – qui, à l’époque, n’était pas la 2e circonscription – était déjà confrontée au problème des rodéos motorisés – qui ne s’appelaient pas ainsi à l’époque. Elle s’est dit : et si on ouvrait un circuit sur lequel on pourrait envoyer les jeunes, y compris ceux qui ont été condamnés, où ils seraient encadrés par des policières et des policiers ?

Photo de Mme Marie Lebec
Article 3 (suite)
Mme Marie Lebec Marie Lebec EPR

C’est vraiment ridicule !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Vous trouvez ça ridicule, mais ça a duré, et ça a fonctionné, jusqu’en 2018. Jusqu’à ce qu’un certain Gérard Collomb estime que les deux policiers postés sur le circuit ne servaient à rien, parce qu’ils ne faisaient pas de répression, et qu’il décide de les retirer. Et tout s’est effondré, y compris l’association qui gérait une pratique sportive motorisée sur le circuit : il n’y a plus rien ! Et vous venez nous dire, monsieur le ministre, que vous faites de la prévention, même si ça n’apparaît pas dans le texte ? En réalité, ce dispositif a été supprimé par vos prédécesseurs et vous n’êtes jamais revenu sur cette décision. J’ai vu des jeunes dans ma circonscription qui m’ont dit qu’ils aimeraient pouvoir pratiquer le rodéo sur un circuit. Pas tous, évidemment, et c’est vrai que vous aurez beau construire un circuit et organiser une pratique encadrée, certains continueront de faire des conneries et de pratiquer le rodéo en toute illégalité. (« Voilà ! » sur les bancs du groupe EPR.)

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 3 (suite)
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

C’est ça, la réalité !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Mais si déjà on pouvait faire en sorte que tous ceux qui sont d’accord pour le faire dans un cadre légal le fassent dans ce cadre-là, on aurait réglé une bonne partie du problème ! L’objectif n’est-il pas de régler le problème ? La dernière fois que Gérald Darmanin est venu faire le cow-boy contre les rodéos urbains à Mons-en-Barœul, dans ma circonscription, juste avant la présidentielle de 2022, qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Merci de conclure.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Il est venu, on a fait des images, les policiers sont repartis et les motos… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 625.

Amdt 625 Rejeté Amdt 625 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 121 Nombre de suffrages exprimés 121 Majorité absolue 61 Pour l’adoption 38 Contre 83

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 625 n’est pas adopté.)

Amdt 625 Rejeté Amdt 625 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jonathan Gery, pour soutenir l’amendement no 711.

Amdt 711 Rejeté Amdt 711 A discuter
Photo de M. Jonathan Gery
Article 3 (suite)
M. Jonathan Gery Jonathan Gery RN

L’ordre public, c’est trois choses : la sécurité, la tranquillité et la salubrité publique. Nous proposons d’écrire clairement que l’atteinte à la salubrité, comme composante de l’ordre public, doit être passible des mêmes peines que l’atteinte à la sécurité. Après les rodéos, on trouve des poubelles au sol, des déchets répandus, des traces de consommation de substances illicites.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Et à la fin d’un banquet du Canon français ?

Photo de M. Jonathan Gery
Article 3 (suite)
M. Jonathan Gery Jonathan Gery RN

Non seulement les rodéos urbains pourrissent la vie des riverains, mais en plus ils leur coûtent très cher pour tout remettre en état. La salubrité, la propreté et la préservation de la santé doivent figurer dans le texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Je comprends l’idée, mais les mots « tranquillité » et « sécurité » suffisent à traiter le problème. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis. Je partage votre préoccupation, mais votre amendement est déjà satisfait par la rédaction actuelle.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Au cours du débat sur les free parties, nous avons entendu un peu les mêmes arguments. Or je trouve que les deux sujets sont très liés. À propos des free parties, certains collègues nous ont dit qu’il existait des soirées légales. Ce à quoi nous avons répondu qu’elles étaient trop chères et que c’est pour cette raison qu’il y avait des free parties – que vous dénoncez. À propos des rodéos urbains, c’est un peu le même débat : il est question, dans votre texte, de « lieux […] spécialement aménagés à cet effet ». J’aimerais beaucoup avoir la liste des lieux prévus pour une pratique légale du rodéo afin d’évaluer si les moyens sont à la hauteur des besoins, ou de la demande. J’entends des collègues dire qu’il n’est pas nécessaire de créer des circuits pour que les gens puissent pratiquer légalement le rodéo urbain ; ils disent que la répression suffira. Je le répète : depuis que le président de la République a été élu, on a eu une quarantaine de lois sécuritaires, au sujet desquelles nous n’avons eu aucun bilan – aucun ! Vous ne pouvez pas dire qu’augmenter le quantum des peines va résoudre le problème. Vous l’avez déjà fait et cela n’a pas marché. S’agissant des rodéos urbains, vous devez choisir : soit vous aurez des attroupements de vingt à vingt-cinq personnes et il faudra envoyer à chaque fois cinquante agents pour essayer de mettre tout le monde en prison ; soit vous créez des circuits permettant aux gens une pratique légale. Voilà le cœur du débat ! Mais en réalité, je m’interroge sur votre sincérité. Je ne crois pas que vous vouliez régler le problème ; je pense que vous voulez seulement pouvoir aller sur les plateaux de télé…

Photo de M. Thierry Tesson
Article 3 (suite)
M. Thierry Tesson Thierry Tesson RN

Tu peux parler !

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

…et dans vos circonscriptions annoncer que vous avez mis des peines encore plus lourdes. Mais vous savez bien que cela ne réglera pas le problème. Vous, vous parlez d’ordre public ; nous, nous parlons de garder la paix. Et le seul groupe cohérent, qui propose de vraies solutions, c’est La France insoumise. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ian Boucard.

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Monsieur le ministre, est-ce que, pour faire plaisir à nos collègues de La France insoumise, vous seriez prêt à construire des circuits motorisés légaux, sur lesquels on pourrait aussi organiser des free parties ? Et, pour leur faire vraiment plaisir, il faudrait y adjoindre des salles de shoot ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le ministre.

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Quelques mots d’explication : je ne suis pas sûr, monsieur Bernalicis, que vous ayez bien compris le sens de la disposition introduite à l’article 3. Celui-ci ne porte pas sur le rodéo urbain classique et je pense que cela vous a un peu échappé. Ce que crée cet article, c’est un délit pour ceux qui organisent ce que l’on appelle des runnings. Et ça, c’est un phénomène nouveau ! Monsieur Boyard, il y a dix ans, ce phénomène n’avait pas la même ampleur. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Désormais, il arrive que pendant des week-ends entiers, des parkings de supermarché soient privatisés par des gens qui font du running. C’est cela qu’on vise dans ce texte ! Vous faites semblant de l’avoir étudié, mais vous passez totalement à côté du sujet. Vous avez oublié de nous dire que c’est le Sénat qui avait ajouté cette disposition. Et, oui, nous avons accepté de la prendre en compte, parce qu’elle permettra de protéger la vie de nos concitoyens et de lutter contre des troubles à l’ordre public ! Monsieur Bernalicis, êtes-vous assez naïf pour imaginer que les personnes, qui viennent souvent du Val-de-Marne – le département où M. Boyard a été élu ! – pour faire une razzia (« Une razzia ? » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP), iraient sur des circuits aménagés, s’il y en avait, et qu’elles cesseraient d’occuper la voie publique, comme elles le font, mettant en péril la vie de nos concitoyens ?

Photo de Mme Danièle Obono
Article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Pourquoi tant de cynisme ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Arrêtez, enfin ! J’ai beaucoup d’expérience et j’ai bien connu le circuit Carole quand il fonctionnait. Vous croyez vraiment que ceux qui pratiquaient le rodéo allaient sur ce circuit ? Certainement pas ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et DR.)

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 711 n’est pas adopté.)

Amdt 711 Rejeté Amdt 711 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Cyril Tribuiani, pour soutenir l’amendement no 453.

Amdt 453 Rejeté Amdt 453 A discuter
Photo de M. Cyril Tribuiani
Article 3 (suite)
M. Cyril Tribuiani Cyril Tribuiani

Dû à Yoann Gillet, il prévoit qu’un étranger condamné pour l’organisation de rassemblements illégaux de véhicules fasse l’objet d’une interdiction du territoire français, le juge conservant toutefois une marge d’appréciation en cas de situation exceptionnelle. Il s’agit d’une mesure de bon sens : ceux qui troublent gravement l’ordre public et mettent en danger nos concitoyens n’ont pas vocation à demeurer sur ce territoire. Afin de renforcer l’autorité de la loi et de mieux protéger les Français, je vous invite donc à adopter cet amendement. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Lors de l’examen de l’article 1er, j’ai émis un avis défavorable à un amendement similaire : même avis concernant cet amendement.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis, pour les raisons exposées tout à l’heure : le fait qu’une possibilité existe déjà, le respect des principes d’individualisation et de proportionnalité des peines.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Parle du mot « razzia » !

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Pour continuer le débat, et le ministre ayant cité le Val-de-Marne – vous savez combien je suis chauvin dès qu’il s’agit de mon département –, j’observe que nous avons d’une certaine manière révélé votre vision du peuple, d’un certain peuple. Pensez-vous vraiment que si l’on installait des terrains aménagés, les gens n’iraient pas ? Pensez-vous que cela leur fait plaisir d’être dans l’illégalité ? Par ailleurs, vos propos sont contradictoires : vous voulez alourdir les peines pour produire un effet dissuasif, mais vous concluez que, peines ou pas, les gens ne seront pas dissuadés, puisqu’ils souhaitent l’illégalité. D’une certaine façon, je le répète, cela résume votre rapport à la criminalité. Dès lors que l’on est issu des milieux populaires, pire, un jeune issu de ces milieux, on fait directement l’objet de suspicion : ces gens ne rêvent que d’être dans l’illégalité, ils n’écoutent aucune règle, il faut les discipliner, les mater, car ils ne comprendront que ce langage ! Voilà, monsieur le ministre, ce que j’ai entendu entre les lignes de votre intervention. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Que la répression fonctionne ou non, vous devez créer des moyens de pratiquer légalement cette activité. Cependant, ce que vous avez fait ces dernières années, avec une répression pénale, n’a pas fonctionné. Vous venez jouer les grandes âmes, dire qu’il y a eu des drames, qu’il y en aura encore, mais votre politique, encore une fois, ne fonctionne pas ! Nous proposons une solution alternative qui a fait ses preuves : sortez de votre mépris de classe (Exclamations sur quelques bancs du groupe RN), rentrez dans les faits, faites de la prévention, instaurez de la gratuité, le pays ira bien mieux ! Vous avez le bonjour du Val-de-Marne ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Matthieu Bloch.

Photo de M. Matthieu Bloch
Article 3 (suite)
M. Matthieu Bloch Matthieu Bloch UDR

Le groupe UDR soutiendra l’excellent amendement du collègue Gillet. Pour en revenir aux propos angéliques de M. Boyard, qui se plaint qu’il n’y ait pas d’endroits où pratiquer légalement le rodéo, la France est l’un des pays d’Europe les mieux dotés en la matière : 1 036 sites, dont 99 circuits de vitesse, homologués par la Fédération française de motocyclisme ! Vos amis ayant déjà assumé le plus gros de l’investissement nécessaire en achetant une moto, pour autant qu’ils l’aient achetée, je les invite à prendre une licence dans l’un de ces clubs – ce qui, en revanche, implique de respecter les règles de la pratique sportive. En résumé, tout cela n’a aucun sens : il faut durcir la législation concernant les rodéos urbains. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 453.

Amdt 453 Rejeté Amdt 453 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 116 Nombre de suffrages exprimés 105 Majorité absolue 53 Pour l’adoption 35 Contre 70

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 453 n’est pas adopté.)

Amdt 453 Rejeté Amdt 453 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Cyril Tribuiani, pour soutenir l’amendement no 454.

Amdt 454 Rejeté Amdt 454 A discuter
Photo de M. Cyril Tribuiani
Article 3 (suite)
M. Cyril Tribuiani Cyril Tribuiani

Nous proposons de permettre la confiscation du véhicule ayant servi à commettre l’infraction, tout en préservant les droits du propriétaire de bonne foi. Là encore, la mesure relève du bon sens : lorsqu’un véhicule devient l’instrument d’une atteinte à l’ordre public, il doit pouvoir être retiré à l’auteur de celle-ci. La sanction serait dissuasive, proportionnée, efficace. Je vous invite à voter en faveur de cet amendement.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Défavorable : vous prévoyez une peine complémentaire alors que nous avons articulé le dispositif autour d’une AFD, qui a vocation à éteindre l’action pénale. Les deux ne peuvent coexister.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Défavorable, pour le même motif.

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 454 n’est pas adopté.)

Amdt 454 Rejeté Amdt 454 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 262 et 565. La parole est à M. Laurent Lhardit, pour soutenir l’amendement no 262.

Amdt 262 Rejeté Amdt 262 A discuter
Photo de M. Laurent Lhardit
Article 3 (suite)
M. Laurent Lhardit Laurent Lhardit SOC

Il confirme notre opposition aux AFD ; mais au-delà de l’amendement, je voudrais profiter de cette occasion pour interroger le ministre au sujet de l’expérimentation, dans quelques villes, de radars de contrôle du bruit. Mon amendement visant à l’étendre et la prolonger a été déclaré irrecevable au titre de l’article 40 de la Constitution. Elle prendra donc bientôt fin et nous n’en avons pas de retours : j’aimerais avoir votre opinion. Il y a encore eu, voilà quatre jours, sur le littoral de Marseille, un mort, en roue arrière sur une très grosse cylindrée lorsqu’il a percuté un autre véhicule. Quant à la question du bruit, elle devient fondamentale dans un certain nombre de quartiers marseillais, dans le centre-ville, sur le littoral, je le répète. Nous devons agir ; les habitants, au sens strict, n’en peuvent plus. Comme l’observait tout à l’heure notre collègue, les gens qui produisent ce bruit ne s’embarrassent ni de luttes sociales ni de classes sociales : ce sont aussi bien des jeunes qui trafiquent le pot d’échappement de leur véhicule que, de plus en plus souvent à Marseille, les conducteurs de grosses cylindrées de marque américaine que les concessionnaires modifient directement avant de les livrer à leur nouveau propriétaire. Que comptez-vous faire, encore une fois ? Quand allons-nous réagir à ce bruit qui, pour beaucoup d’habitants de nombreuses villes de France, devient un enfer ?

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour soutenir l’amendement no 565.

Amdt 565 Rejeté Amdt 565 A discuter
Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Manifestement, nous n’allons pas vous convaincre sur la question de l’AFD. Pourtant votre dispositif pose un léger problème : il ne s’agit pas de sanctionner, dans le cadre d’un rodéo, la conduite d’un véhicule, mais la participation – notion bien plus large et plus floue juridiquement. Qui, sans conduire, participe ? Celui qui accompagnait un conducteur, celui qui filme, celui qui regarde ? Celui qui se trouve au sein d’un groupe, voire dans les parages, et n’a jamais commis d’infraction routière ? Nous avions d’ailleurs eu la même discussion au sujet des rave-parties et free parties. Si ces gens commettent une infraction, c’est indirectement, ce qui ne devrait pas entraîner la même peine ! Vous entrez donc dans une logique mécanique, impitoyable, sans discernement, où tout le monde serait écrasé par l’AFD. Le risque est évident : plutôt que de viser les comportements les plus dangereux, ceux que vous dénoncez comme mettant en péril la vie des autres et du reste aussi celle des conducteurs mêmes, vous élargissez la répression, de manière indiscriminée, à tout un environnement, jusqu’aux jeunes simplement présents – parfois spectateurs, il est vrai, mais dont le rôle exact n’aura pas été établi. Lorsque vous n’êtes pas en mesure de déterminer concrètement le degré de participation d’un individu à des faits présumés délictuels, vous ne pouvez le condamner a priori, de façon mécanique ; d’où l’intérêt d’un juge. C’est pourquoi l’AFD en tant que telle est d’une inefficacité absolue, car elle ne permet pas le discernement, l’effort de pédagogie du juge, la compréhension de la sanction. Vous nous entraînez dans une législation, un corps doctrinal dangereux, en étendant la peine à une personne qui n’aura pas commis de délit !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements nos 326 et 199, par le groupe Rassemblement national ; sur l’amendement no 626, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission sur les amendements identiques ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

S’agissant des AFD, je me suis déjà exprimé.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Au sujet d’autres amendements, pas de ces identiques. Ce n’est pas une réponse !

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Deux questions distinctes ont été évoquées. La question des nuisances sonores, d’une part, reste une priorité, je vous le confirme. L’expérimentation d’appareils de mesure de ces nuisances est en cours, mais son terme arrive assez vite, et il me semble que nous-mêmes avions déposé un amendement visant à la prolonger, c’est vous dire notre volonté. Malheureusement, n’étant pas tout à fait en rapport avec le texte, l’amendement en question n’a pas passé le cap de la recevabilité. L’intention du gouvernement est néanmoins intacte : nous trouverons un autre support. D’autre part, le texte prévoit que soit sanctionnée la participation au running – nous traitons, je le répète, de cette pratique.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

C’est quoi, la participation ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

La participation, c’est le fait d’être présent, de regarder.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Et alors ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Vous constituez un attroupement dont l’objet est illégal.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

La faute n’est pas la même !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Attention, monsieur le député, lisez bien le texte : comme dans le cas des rave-parties, le délit ne sera constitué que pour les participants informés du caractère illégal du rassemblement. Sont prévues un certain nombre de garanties, de protections,…

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Ben non !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

…qui me conduisent à émettre un avis défavorable sur les amendements.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Gabrielle Cathala.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Le ministre vient tout de même de dire que participer, c’est être là et regarder !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Au minimum !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Du point de vue du droit pénal, par exemple des principes qui régissent la notion de preuve, une telle affirmation est très problématique : à vous entendre, participe toute personne qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Par ailleurs, je profite de cette occasion pour vous répondre, puisque vous avez déclaré tout à l’heure que la Cour des comptes ne remettait nullement en cause les AFD et qu’elle n’appelait pas à leur suppression. Certes, elle n’y appelle pas, car tel n’est pas son rôle ; mais il suffit de lire entre les lignes du rapport ! Premièrement, elle y reprend les constatations de la Défenseure des droits, allant jusqu’à la citer. Deuxièmement, le contrôle actuel étant totalement insuffisant, elle préconise un contrôle interne des forces de sécurité intérieure – rappelons que ce sont les agents verbalisateurs qui émettent ces amendes. Troisièmement, elle note qu’au lieu de compléter la réponse pénale traditionnelle, le dispositif des AFD tend en réalité à s’y substituer ; en d’autres termes, comme nous le disions, elles contournent l’autorité judiciaire.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Exactement !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Quatrièmement, enfin, la Cour se montre accablante concernant l’extension des AFD – qui, en vertu de la Lopmi, concernent désormais quatre-vingt-onze infractions principales – sans aucune évaluation des dispositions déjà en vigueur. Entre les lignes, je le répète, nous pouvons donc lire qu’elle remet pleinement en cause ces amendes, comme le font toutes les institutions respectables de notre pays, car aucune ne cautionne ce mécanisme.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Très bien !

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 262 et 565 ne sont pas adoptés.)

Amdt 262 Rejeté Amdt 262 A discuter Amdt 565 Rejeté Amdt 565 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Michaël Taverne, pour soutenir l’amendement no 326.

Amdt 326 Rejeté Amdt 326 A discuter
Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Il vise à augmenter le montant de l’AFD concernant le running. Je sais ce que vous allez objecter, monsieur le rapporteur – que ce serait déraisonnable, que ce ne serait pas équilibré. Cela fait dix ans que vous êtes au pouvoir et dix ans que ce fléau progresse. La philosophie du Rassemblement national est donc la suivante : il faut taper au portefeuille.

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Vous savez de quoi vous parlez : rendez l’argent !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

À combien, en restant parfaitement objectif, peut-on estimer un véhicule de running : 50 000 ou 60 000 euros, quand tout va bien ? Il arrive un moment où, pour faire cesser une infraction pénale, nous devons, je le répète, taper au portefeuille.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 3 (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

C’est ce qu’on a fait à Le Pen !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Nous proposons donc une amende de 1 000 euros au lieu des 300 euros prévus,…

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Vous avez bien volé l’argent des Français !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

…sachant que pour avoir conduit à 51 kilomètres à l’heure au lieu de 50, par exemple, l’amende majorée atteint déjà 375 euros. Encore une fois, lorsque l’on veut mettre un terme à un fléau en pleine expansion comme le running, le portefeuille est le seul recours. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Ça ne marche pas toujours, le portefeuille !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Vous avez raison de préciser la cible : le running.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Le running, c’est la course à pied ! Moi aussi, je fais du running !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Afin de sanctionner l’organisateur, nous créons un délit, qui n’existait pas. L’AFD prévue vise les participants qui contribuent, d’une manière ou d’une autre, au fonctionnement du running. Sans participants, ce phénomène n’existerait pas. Par ailleurs, si les individus présents sont bien des participants au moment où les forces de l’ordre interviennent, peut-être conduisaient-ils un véhicule sur le lieu du running quelques minutes auparavant ou le feront-ils après. Toutefois, je maintiens un avis défavorable sur cet amendement. Il me semble nécessaire de conserver une forme de proportionnalité ; le montant de 300 euros me paraît plus juste et plus proportionné. Au moment où les forces de l’ordre constateront l’infraction pour notifier une AFD, nous serons bien face à des participants. Par conséquent, il convient de maintenir une certaine proportionnalité, d’où mon avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Gabrielle Cathala.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Par cet amendement, M. Taverne propose de porter à 1 000 euros les amendes de 300 euros, et à 2 000 euros celles de 600 euros. Une telle mesure est disproportionnée et contraire à nos grands principes ; elle conduirait à ce qu’une personne acceptant une AFD se retrouve davantage sanctionnée qu’une personne qui contesterait son amende devant un tribunal. Cette incohérence a d’ailleurs été soulevée par le rapport de la Cour des comptes. Par ailleurs, si l’idée est de taper au portefeuille, force est de constater que cela ne fonctionne pas. Je vous invite, collègues du Rassemblement national, à regarder les raisons pour lesquelles vous avez été condamnés ! Ce n’est pas cela qui permettra, à l’avenir, de réduire les détournements de fonds publics ou les autres infractions à la probité. Vous avez été sanctionnés pour ce que votre parti… (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Restez sur l’amendement, s’il vous plaît.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Je reste sur l’amendement, puisqu’il est question de taper au portefeuille !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Nous parlons des runnings.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

L’amendement revient à une mesure d’affichage. C’est d’autant plus déplorable que nous savons que des policiers ciblent certains quartiers dans lesquels ils savent pouvoir faire leur chiffre. (Protestations sur les bancs du groupe RN.) Les AFD modifient le comportement des policiers, qui sont encouragés à la verbalisation ; ils se rendent sciemment dans certains quartiers pour augmenter la performance de leurs unités.

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Oui !

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Voilà ce dont vous ne rendez pas compte. Je suppose que personne ne s’adresse à vous sur ce sujet ; nous, nous recevons les courriers de personnes qui ont jusqu’à 10 000 euros à rembourser. Ils nous ont montré les bordereaux du Trésor public. Trouvez-vous normal, à 25 ans, d’avoir 25 000 euros à rembourser au Trésor public pour avoir été sciemment ciblé dans un quartier populaire ? Cela ne vous choque-t-il pas ? (« Pas du tout ! » sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le ministre.

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Madame Cathala, encore une fois, vous tapez à côté. Nous parlons ici des runnings, qui ne se déroulent pas dans les quartiers ; nous ne stigmatisons personne. Nous vous communiquerons, a posteriori, les profils sociaux des personnes verbalisées pour des runnings, qui n’ont rien à voir avec ce que vous décrivez. Il y a de tout : tous les niveaux sociaux sont représentés, on y croise de gros véhicules. Cette discussion met en exergue votre totale méconnaissance de ces sujets.

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 3 (suite)
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Donnez des éléments au lieu de dire cela !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Vous êtes contre les rassemblements de voitures jaunes et rouges !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 326.

Amdt 326 Rejeté Amdt 326 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 123 Nombre de suffrages exprimés 121 Majorité absolue 61 Pour l’adoption 36 Contre 85

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 326 n’est pas adopté.)

Amdt 326 Rejeté Amdt 326 A discuter
Photo de M. le président
Rappel au règlement
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Gabrielle Cathala, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Gabrielle Cathala
Rappel au règlement
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

Sur la base de l’article 100, relatif à la bonne tenue de nos débats. M. le ministre peut garder pour lui son mépris quant à notre prétendue méconnaissance des sujets en discussion. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Nous, nous ne méconnaissons pas la Constitution et lorsque nous examinons un texte, nous tenons compte des rapports rendus sur le sujet. En l’occurrence, ils sont tous désastreux : l’étude d’impact, l’avis du Conseil d’État, celui de la Défenseure des droits, de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), d’Amnesty International, de la Ligue des droits de l’homme (LDH) ou encore des avocats du barreau de Paris. Vous les avez ignorés. Monsieur le ministre, relisez les rapports, notamment lorsqu’ils émanent d’autorités constitutionnelles ; pour notre part, nous les avons lus et nous les défendons. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Relisez la jurisprudence du Conseil constitutionnel avant de nous soumettre ce genre de textes médiocres, car c’est vous qui méconnaissez les droits et libertés fondamentaux. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Cyrielle Chatelain applaudit également.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jordan Guitton, pour soutenir l’amendement no 199.

Amdt 199 Rejeté Amdt 199 A discuter
Photo de M. Jordan Guitton
Article 3 (suite)
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Il s’inscrit dans la logique de la doctrine du Rassemblement national. Monsieur le ministre, je rappelle que le taux de recouvrement des AFD dans notre pays est de 17,5 %. Vous ne m’avez pas répondu tout à l’heure quant à la capacité de l’État à les recouvrer. Le collègue Taverne vient de le souligner : lorsqu’une personne organise ou participe pour la première fois à un rodéo urbain motorisé, il convient de taper fort au portefeuille à travers une sanction administrative ; au Rassemblement national, nous pouvons l’entendre. Toutefois, lorsqu’il y a une condamnation pénale définitive et en cas de récidive légale, l’AFD n’est plus appropriée. Sinon, nous substituons une simple réponse administrative à la réponse pénale ; des individus se verront infliger des amendes forfaitaires délictuelles – qui resteront impayées – des dizaines de fois pour les actes visés à l’article 3. Notre amendement prévoit d’exclure le recours à l’AFD en cas de récidive pour privilégier un passage direct devant le tribunal. Monsieur le ministre, nous allons voter l’article 3, mais s’il est adopté en l’état et que vous repoussez notre amendement, nous allons assister à une multiplication des AFD prononcées. Comment comptez-vous les recouvrer, puisque vous ne souhaitez pas les limiter en cas de récidive légale ? Une réponse administrative est concevable pour une première infraction, mais en cas de récidive, il faut une réponse pénale forte. Sans cela, le système ne fonctionnera pas. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable. L’AFD reste le meilleur moyen de répondre à un contentieux de masse. Vous pouvez hausser les épaules, mais c’est factuel. Il s’agit de l’outil le plus efficace pour garantir une sanction rapide face à des comportements délictueux qui sont, par essence, faciles à caractériser.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Je réitère la raison de mon opposition. En cas de récidive, il sera toujours possible d’exercer l’action publique ; il n’y a pas de difficulté sur ce point. Le taux de recouvrement des AFD – qui dépend évidemment des catégories d’infraction – atteint 41,7 %, si l’on prend en compte le paiement initial et le recouvrement des amendes majorées. Ce chiffre est donc plus élevé que ce que vous dites.

Photo de M. Jordan Guitton
Article 3 (suite)
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Donc 60 % ne sont pas recouvrées !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Je reconnais qu’il faut faire davantage pour améliorer ce taux ; c’est la raison pour laquelle nous avons déposé des amendements prévoyant notamment le paiement fractionné et la possibilité de rechercher les adresses en s’appuyant sur les personnes morales qui interviennent pour le compte des organismes de transport. Enfin, madame Cathala, ce n’est pas du mépris que de vous rappeler que, lorsque nous parlons de running, nous parlons bien de running et non d’autre chose.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Vous parliez de razzias ?

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Il est vrai que vous employez un vocabulaire qui rappelle de tristes moments de notre histoire. Je profite de cet amendement déposé par le Rassemblement national pour vous reposer une question à laquelle vous n’avez pas vraiment répondu en commission. Existe-t-il un dispositif permettant à un policier qui délivre une AFD de contrôler si une telle amende a d’ores et déjà été établie à l’égard de la même personne ? En d’autres termes, prévoyez-vous de créer un fichier regroupant les AFD ? Vous avez affirmé que non, pour ne pas complexifier les procédures, et je prends acte de cette réponse. Toutefois, vous avez également affirmé à d’autres moments qu’une fois qu’une AFD était attribuée, la répétition de la sanction pourrait perdre de son sens. Je voudrais donc savoir si, oui ou non, vous comptez ficher les personnes ayant fait l’objet d’une AFD. Par ailleurs, pour délivrer une AFD à quelqu’un qui pratique le rodéo motorisé, il faut bien que cet individu s’arrête. De toute évidence, cela créera pour les forces de l’ordre – puisque c’est ainsi que vous les appelez – une difficulté particulière et mettra tout le monde en danger. Je ne vous cache pas ma très grande inquiétude sur ce point, alors que nous gardons en mémoire ce que vous avez fait, avec le Front national, en matière de présomption d’usage légal de l’arme par les policiers. Nous ne pourrons jamais l’oublier. Comprenez donc notre extrême inquiétude. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ian Boucard.

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Je ne suis pas, par nature, favorable à l’amendement du Rassemblement national, mais il s’agit d’un débat intéressant. L’AFD permet d’accélérer les procédures. Cependant nous pensons que la sanction est importante ; pour qu’elle le reste, il faut que la peine soit effective. Or le taux de recouvrement des AFD n’est pas satisfaisant. Nous avons eu ce débat hier avec M. le garde des sceaux, qui nous propose d’accélérer les procédures pénales ; mais si les peines ne sont pas exécutées, alors accélérer n’a aucun intérêt ! Le gouvernement devrait réfléchir aux moyens d’augmenter considérablement le taux de recouvrement des AFD, car délivrer des amendes sans qu’elles soient acquittées n’a aucun sens. Nous parlions tout à l’heure des amendes routières : les honnêtes gens qui vont travailler paient leurs amendes. Par conséquent, ceux qui sont condamnés à une AFD pour du running ou pour toute autre infraction doivent régler leur dette.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Laissez la course à pied en dehors de tout ça !

Photo de M. Ian Boucard
Article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Je suis député d’une circonscription frontalière avec la Suisse ; si l’on regarde les pratiques des pays voisins, on constate qu’en Suisse, toutes les peines sont recouvrées. Pourquoi ? Parce qu’au bout d’un moment, à défaut de paiement d’une amende, même minime, la personne risque de passer quelques heures ou quelques jours en détention. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Très bien ! Bravo les Suisses !

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le ministre.

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

L’AFD constitue un allègement procédural pour les forces de l’ordre ; c’est un outil absolument indispensable pour le constat des délits simples. Il faut que nous améliorions significativement le taux de recouvrement ; c’est bien l’objectif que nous nous sommes fixé. Madame Martin, vous posiez la question de la traçabilité des AFD. Je l’ai dit en commission : les amendes forfaitaires délictuelles, lorsqu’elles sont notifiées, acceptées et payées, éteignent évidemment l’action publique. Nous sommes d’accord là-dessus. Mais cela n’efface pas le délit pour autant. Par conséquent, cela figure au fichier de traitement d’antécédents judiciaires. Comme je vous l’avais annoncé en commission, nous avons déposé un amendement visant à inscrire ces décisions au bulletin no 2 du casier judiciaire.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Voilà !

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Évidemment ! Il ne peut en être autrement. Le dispositif ne se limite pas au recouvrement d’une amende forfaitaire délictuelle. Il y a bien une traçabilité, ce qui est normal puisqu’il s’agit de délits constitués.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 199.

Amdt 199 Rejeté Amdt 199 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 127 Nombre de suffrages exprimés 123 Majorité absolue 62 Pour l’adoption 38 Contre 85

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 199 n’est pas adopté.)

Amdt 199 Rejeté Amdt 199 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Gabrielle Cathala, pour soutenir l’amendement no 626.

Amdt 626 Rejeté Amdt 626 A discuter
Photo de Mme Gabrielle Cathala
Article 3 (suite)
Mme Gabrielle Cathala Gabrielle Cathala LFI-NFP

L’article 3 permet d’étendre l’usage des drones à la prévention des infractions routières. Vous utilisez le prétexte de la lutte contre ces infractions pour accentuer la surveillance de tout l’espace public. Avec ce type de dispositions et compte tenu de l’étendue du réseau routier en France, les drones pourront finalement être déployés n’importe où, sous couvert de prévenir ces infractions dans des situations jugées particulièrement dangereuses. Nous avions pourtant prévenu, depuis cinq ans, que nous en arriverions là. L’utilisation des drones a débuté avec le préfet Lallement, à Paris, pour surveiller des manifestations pendant le covid, à un moment où le gouvernement aurait aimé les interdire. Cette utilisation a eu lieu en toute illégalité, en dehors de tout cadre légal, puisqu’aucune loi en France ne la permettait. Ensuite, vous avez essayé de l’introduire avec la loi relative à la sécurité globale ; comme ce texte était écrit avec les pieds, il a été partiellement censuré par le Conseil constitutionnel. Puis, vous avez présenté de prétendues garanties dans une loi ultérieure relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure, qui a permis de légaliser les drones et le fait qu’ils soient équipés de caméras aéroportées. Vous avez étendu leur usage à un nombre croissant de domaines : d’abord la lutte contre le terrorisme, puis la prévention des incidents liés aux foules lors des manifestations. Vous avez déployé massivement les drones pendant les Jeux olympiques, ce qui ne servait strictement à rien et a été remis en cause par les Nations unies. Voilà maintenant l’aboutissement de cette démarche. L’usage des drones pour prévenir les infractions routières permettra de surveiller une très grande partie du territoire – tout cela pour satisfaire l’industrie de la technopolice, qui se frotte les mains puisque vous avez passé des millions de commandes pour les acquérir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Farida Amrani
Article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Ce sont les amis de qui, au gouvernement, ces industriels ?

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Madame Cathala, vous n’aviez rien prévu du tout. La société change, les drones se développent, la délinquance évolue. Nous ne changeons rien au cadre d’usage général ; nous ajoutons dans le code de la sécurité intérieure un motif d’usage des drones dans la lutte contre les rodéos motorisés, qui est l’objet de l’article 3. Vous l’avez dit vous-même, il y a un besoin d’interpellation et de poursuites. Ces poursuites, qui ont lieu sur la voie publique, sont dangereuses. L’usage des drones dans un cadre encadré, tel qu’il existe aujourd’hui, est justifié. Par conséquent, je pense que c’est un très bon ajout ; il ne s’agit en rien d’une surveillance généralisée. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Je serai évidemment défavorable à cet amendement qui vise à supprimer les alinéas 48 et 49. Rassurez-vous, madame Cathala, la rédaction actuelle du texte, en ce qu’elle vise à prévenir les troubles à l’ordre public, couvre aussi ce type d’infractions, mais il nous paraissait plus rigoureux d’un point de vue juridique de le préciser explicitement. (Mêmes mouvements.) C’est ce qui a été fait, et c’est très bien. Tout à l’heure, vous me faisiez une petite leçon sur les grands organismes. Je vous rappelle que l’usage des drones a été validé par le Conseil constitutionnel en son temps. Ces derniers sont utilisés sans que l’on ait recours à des croisements de fichiers ou à la reconnaissance faciale, contrairement aux fantasmes qui peuvent être les vôtres parfois.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Un fantasme ? Cela n’existe pas ?

MN
Article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Ce dispositif vise à prévenir des troubles à l’ordre public. Votre défiance quant à l’utilisation des drones est telle qu’en commission, vous avez fait adopter un amendement interdisant leur utilisation dans les manifestations, dès lors que celles-ci ont pour objet la revendication de la liberté d’expression, alors même que les policiers utilisent les drones pour permettre aux organisations syndicales et aux formations politiques de manifester – pour vous permettre de manifester. (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous avez voté en commission cet amendement qu’évidemment nous allons faire tomber. Avis défavorable sur le présent amendement.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Vous allez nous dire aussi que c’est pour nous protéger ? C’est bon, j’ai eu ma dose de lacrymo ! Les matraques, c’est pour notre bien aussi ?

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Pouria Amirshahi.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Il faudrait de la bonne foi dans les arguments qui nous sont opposés. Selon le rapporteur, il s’agit de drones pour surveiller les rodéos urbains, et selon M. le ministre, il s’agit de runnings qui ont lieu en souterrain. Amener des drones dans des souterrains pour aller surveiller ce qui s’y passe, ce n’est pas sérieux !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3 (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est dangereux !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

C’est ce que vous avez dit tout à l’heure, notamment au sujet des parkings. (M. le ministre s’exclame.) D’accord, allez-y, et bon courage pour commander et télécommander les drones dans ces conditions – ce n’est pas un jeu vidéo ! Sur le fond, en proposant d’étendre ces dispositions, vous fabriquez un monstre – cela vaut pour l’AFD comme pour les nouvelles technologies que vous voulez utiliser. Vous dites au départ que ce sont des dispositions ponctuelles, qui concernent un fait délictuel particulier. Alors que la Cour des comptes elle-même dit que vous avez trop étendu le recours à ces mesures, vous continuez à l’étendre. Vous donnez de surcroît un travail harassant aux policiers, qui ont bien mieux à faire. Je le répète, en faisant cela, vous les empêchez de faire œuvre de pédagogie. En étendant l’usage des drones, vous donnez des pouvoirs dangereux, qui demain seront entre de mauvaises mains – c’est ce qui se passe partout. Vous croyez que ces technologies serviront simplement à compter les manifestants et à repérer qui est présent ou pas ? Et d’ailleurs, si vous utilisez les drones pour repérer qui y participe, pourquoi envoyez-vous les policiers ? Il faudrait savoir. Où iront les données qui seront recueillies par les drones et ces nouvelles technologies ? À qui serviront-elles ? Vous avez déjà été alertés par Amnesty international, par la CNCDH et par toute une série d’organisations, y compris au niveau européen, sur la dangerosité du mésusage des drones. Enfin, pourquoi ne mettez-vous pas l’investissement incroyable, inouï et très coûteux que vous prévoyez pour les drones dans les dispositifs de prévention, au sujet desquels nous avons demandé tout à l’heure à avoir un débat ? Vous avez dit que nous avions raison et qu’il fallait le faire. Vous avez un biais sécuritaire technologique qui pose des problèmes au regard des principes de droit et de liberté. Je suis sûr que si nous faisons des recours sur ces points, nous gagnerons – vous verrez. L’esprit des droits résonne encore dans les chambres de vérification constitutionnelle de nos lois, contrairement à ce qui se passe dans les services du gouvernement.

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Michaël Taverne.

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Il faut arrêter ce délire concernant l’utilisation des drones. Cette disposition a été validée par le Conseil constitutionnel.

UL
Article 3 (suite)
Un député du groupe LFI-NFP

Et alors ?

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Là-dessus, il n’y a pas de débat. Ensuite, je note la déconnexion totale de la gauche et de l’extrême gauche. Les runnings dans des parkings souterrains, je n’en ai jamais vu, je ne sais pas ce que c’est. Ils ont surtout lieu dans les parkings extérieurs, pour pouvoir circuler librement.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 3 (suite)
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

C’est vous qui l’avez dit tout à l’heure !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

S’agissant des rodéos motorisés, si les drones ne suivaient pas ces motos, comment ferait-on pour les retrouver, saisir les engins et engager ensuite des poursuites pénales ? Vous l’avez dit d’ailleurs, collègues d’extrême gauche. Nous, au Rassemblement national, nous sommes clairs : nous proposons d’aller les intercepter. C’est un choix purement politique. À un moment, il faut faire cesser ce fléau très dangereux qui pourrit la vie des gens. Quand j’entends notre collègue Amirshahi dire qu’il est beaucoup plus dangereux d’utiliser les drones que de mettre fin à des rodéos, nous ne devons pas vivre dans le même monde !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Et heureusement !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Généralement, les motos ne sont pas immatriculées – il s’agit la plupart du temps de véhicules volés. Même si je sais que la technologie et vous, ça fait deux – vous êtes contre la vidéoprotection, contre les caméras-piétons, bref, vous êtes contre tout, vous vivez encore au Moyen Âge (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) –,…

Photo de Mme Cyrielle Chatelain
Article 3 (suite)
Mme Cyrielle Chatelain Cyrielle Chatelain EcoS

Nous sommes contre la surveillance !

Photo de M. Sébastien Delogu
Article 3 (suite)
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Nous sommes pour que vous rendiez l’argent volé !

Photo de M. Michaël Taverne
Article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

…l’utilisation de drones peut être utile à l’enquête pour remonter le chemin et l’itinéraire des individus, afin de les interpeller et de saisir les engins. Il faut absolument voter contre cet amendement surréaliste. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 626.

Amdt 626 Rejeté Amdt 626 A discuter
II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 123 Nombre de suffrages exprimés 123 Majorité absolue 62 Pour l’adoption 42 Contre 81

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 626 n’est pas adopté.)

Amdt 626 Rejeté Amdt 626 A discuter
Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’article 3, tel qu’il a été amendé.

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 126 Nombre de suffrages exprimés 126 Majorité absolue 64 Pour l’adoption 83 Contre 43

II
Article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’article 3, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je suis saisi d’une série d’amendements portant article additionnel après l’article 3. Je suis également saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements no 37 et identiques, par les groupes La France insoumise-Nouveau Front populaire et Droite républicaine ; sur l’amendement no 672, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Nous en venons à trois amendements identiques, nos 37, 448 et 716. La parole est à M. Pauget, pour soutenir l’amendement no 37.

Photo de M. Éric Pauget
Après l’article 3
M. Éric Pauget Éric Pauget DR

Cet amendement de notre collègue Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), qui traite des refus d’obtempérer, vise à porter les peines à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Au-delà du quantum, il est important de rappeler ce que représente ce phénomène dans notre pays. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Pas moins de 28 000 refus d’obtempérer ont été constatés l’an dernier, soit presque 80 par jour.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Après l’article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Et alors ?

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Comment ça ?

Photo de M. Éric Pauget
Après l’article 3
M. Éric Pauget Éric Pauget DR

Les refus d’obtempérer tuent et blessent des policiers et des gendarmes, mais aussi des citoyens et des usagers de la route. Dans mon département des Alpes-Maritimes, on pleure encore le gendarme Comyn, tué il y a deux ans dans le cadre d’un refus d’obtempérer. Il y a quinze jours, trois policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont été blessés à la suite d’un refus d’obtempérer. Je vous demande de soutenir cet amendement. Les refus d’obtempérer sont devenus un fait de société (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur plusieurs bancs du groupe RN) et les véhicules, des armes par destination.

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jonathan Gery, pour soutenir l’amendement no 448.

Amdt 448 Rejeté Amdt 448 A discuter
Photo de M. Jonathan Gery
Après l’article 3
M. Jonathan Gery Jonathan Gery RN

M. Pauget a raison, M. le ministre de l’intérieur le sait très bien : les refus d’obtempérer sont devenus un véritable sport national. Quand j’étais gardien de la paix à Lyon – tout comme mon collègue Michaël Taverne, qui était major de police –,…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Il l’est toujours !

Photo de M. Jonathan Gery
Après l’article 3
M. Jonathan Gery Jonathan Gery RN

…nous avions deux à trois défèrements par jour devant le procureur pour refus d’obtempérer. Les chiffres sont en constante augmentation, vous le savez très bien. Par cet amendement, nous demandons une réponse pénale plus ferme et plus dissuasive. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Laurent Croizier, pour soutenir l’amendement no 716.

Amdt 716 Rejeté Amdt 716 A discuter
Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Je veux le réaffirmer ici, un refus d’obtempérer n’est pas une simple infraction. C’est un acte d’une extrême gravité, qui met directement en danger la vie de nos policiers et de nos gendarmes, et qui expose l’ensemble des usagers de la route – qui n’ont absolument rien demandé – à des risques mortels. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Après l’article 3
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Et tuer quelqu’un qui fait un refus d’obtempérer, ce n’est pas grave ?

Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Un refus d’obtempérer survient toutes les vingt minutes en France. Sachant qu’un policier ou un gendarme est dépositaire de l’autorité publique confiée par l’État, cela signifie que toutes les vingt minutes, l’autorité de l’État est défiée sur nos routes. Chacun doit comprendre que défier l’autorité de l’État, c’est s’exposer à des conséquences et à devoir les assumer. Le droit en vigueur prévoit pour le délit de refus d’obtempérer une peine de deux ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. À titre de comparaison, un vol simple – dans un magasin, par exemple –, qui ne met en danger la vie de personne, ni celle des forces de l’ordre ni celle des usagers de la route, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Il y a une évidente incohérence dans l’échelle des peines, je vous demande de le reconnaître. (M. François-Xavier Ceccoli applaudit.) En l’état, la sanction applicable au refus d’obtempérer n’est ni à la hauteur des risques encourus ni véritablement dissuasive. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Ça marche vachement, la dissuasion, n’est-ce pas ?

Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

C’est pourquoi je souhaite à la fois rétablir une hiérarchie des peines plus cohérente et renforcer l’effet dissuasif en portant les sanctions applicables au niveau de celles prévues pour un vol simple, c’est-à-dire trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. (M. François-Xavier Ceccoli applaudit.)

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

On a rappelé la gravité des refus d’obtempérer, la progression du phénomène et ses conséquences gravissimes pour les forces de sécurité intérieure qui y sont confrontées. Face à cela, monsieur Coulomme, on ne peut pas simplement dire « et alors », comme ça, à la légère. (M. Romain Daubié applaudit.) Je pense que sur tous les bancs, même ceux de La France insoumise, la préoccupation est entière pour lutter contre les refus d’obtempérer. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Ça n’a pas l’air !

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Vous êtes au pouvoir depuis dix ans, que faites-vous ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Néanmoins, je pense que la peine prévue à l’article 3 – confiscation obligatoire du véhicule à l’origine du refus d’obtempérer et de la mise en danger des forces de sécurité intérieure – sera bien plus efficace. Demande de retrait ; à défaut, j’émettrai un avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Je rebondis sur ce que vient de dire à raison M. le rapporteur. C’est une question de proportionnalité. Personne ne le nie, les refus d’obtempérer sont absolument inacceptables ; cependant, je le répète, la sanction a été durcie à deux reprises.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Ça a l’air de bien marcher !

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Après l’article 3
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Ça fonctionne à merveille !

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Surtout, l’article 3 prévoit la peine obligatoire de confiscation du véhicule. Chaque année, nous sommes confrontés à un volume très important de refus d’obtempérer – 28 200, c’est énorme –, parmi lesquels 6 000 sont en plus aggravés. Rappelons que pour les refus d’obtempérer les plus graves, dans les cas de mise en danger de la vie des policiers ou d’autres personnes, ces circonstances aggravantes viennent durcir les peines. Je pense qu’il faut en rester au dispositif prévu et, comme le font les policiers et les gendarmes, engager par ailleurs des poursuites en cas de refus d’obtempérer.

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Roger Vicot.

Photo de M. Roger Vicot
Après l’article 3
M. Roger Vicot Roger Vicot SOC

S’agissant du refus d’obtempérer, il faut savoir raison garder. Je suis étonné par les propos de M. Pauget. À la suite de l’affaire Nahel, M. Rudigoz et moi-même avons été chargés d’une mission d’information sur le refus d’obtempérer. Certes, on dénombre près de 29 000 refus d’obtempérer par an, mais dans leur immense majorité – M. Pauget le sait –, ils sont d’une grande stupidité. Ce sont des contrevenants qui ont commis une infraction – il manque un point sur le permis, le contrôle technique n’a pas été assuré et ainsi de suite. J’entends bien que dans certains cas, il y a des victimes du côté des forces de sécurité intérieure.

Photo de M. José Beaurain
Après l’article 3
M. José Beaurain José Beaurain RN

Pas que !

Photo de M. Roger Vicot
Après l’article 3
M. Roger Vicot Roger Vicot SOC

Là aussi, regardons les chiffres : en moyenne – c’est terrible de parler de moyenne lorsqu’on parle d’un décès –, le nombre de décès chez les forces de sécurité intérieure s’élève à deux par an environ ; ce sont évidemment deux décès de trop. Quant aux victimes – je ne les oublie pas –, les décès à la suite de tirs des forces de sécurité intérieure en raison de refus d’obtempérer ne représentent que 0,06 % de l’ensemble des refus d’obtempérer enregistrés.

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Ce chiffre est intéressant ! Il contredit votre argument du « permis de tuer » !

Photo de M. Roger Vicot
Après l’article 3
M. Roger Vicot Roger Vicot SOC

Monsieur Boucard, je veux simplement essayer de ramener un peu de raison dans le débat relatif au refus d’obtempérer. Oui, celui-ci peut tuer des membres des forces de sécurité intérieure dans un nombre infinitésimal de cas, tout comme il peut y avoir des victimes de tirs dans un nombre infinitésimal de cas. Certains sont en train d’expliquer qu’il faut augmenter de manière extraordinaire les sanctions relatives au refus d’obtempérer. Revenons-en à ce qu’est un refus d’obtempérer, à la manière dont ce délit est puni en France, et à l’identité et au nombre de victimes dans les deux cas.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Après l’article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Il a raison !

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Laurent Croizier.

Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Deux raisons commandent d’augmenter le quantum des peines. La première tient à la hiérarchie des peines : le refus d’obtempérer doit être sanctionné plus lourdement que le vol simple.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Diminuez donc la sanction pour vol !

Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

La seconde est relative à la peine de confiscation du véhicule. Je suis ravi de retrouver cette mesure, qui était déjà dans la proposition de loi que j’avais déposée.

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Ah bravo !

Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Aujourd’hui, lorsque le véhicule n’appartient pas au conducteur qui a refusé d’obtempérer, par exemple parce qu’il l’a loué, le juge peut prononcer une amende allant jusqu’à 15 000 euros. En portant ce montant à 45 000 euros, l’amende se rapproche de la valeur du véhicule. Une telle mesure me semble plus juste que votre proposition de confisquer systématiquement le véhicule. Cela ne me paraît pas disproportionné.

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Et pourquoi pas 150 000 ? Qui dit mieux ?

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix les amendements identiques nos 37, 448 et 716.

Amdt 37 Rejeté Amdt 37 A discuter Amdt 448 Rejeté Amdt 448 A discuter Amdt 716 Rejeté Amdt 716 A discuter
II
Après l’article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 112 Nombre de suffrages exprimés 109 Majorité absolue 55 Pour l’adoption 47 Contre 62

II
Après l’article 3
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 37, 448 et 716 ne sont pas adoptés.)

Amdt 37 Rejeté Amdt 37 A discuter Amdt 448 Rejeté Amdt 448 A discuter Amdt 716 Rejeté Amdt 716 A discuter
Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Laurent Croizier, pour soutenir l’amendement no 717.

Amdt 717 Retiré Amdt 717 A discuter
Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Partout en France, les refus d’obtempérer sont en augmentation de façon alarmante. Dans mon département du Doubs, en 2025, cette augmentation a été de 22 % en zone de gendarmerie et de 46 % en zone de police. Ce phénomène n’est plus marginal : il est devenu systémique. Face à ces comportements inacceptables et irresponsables de plus en plus fréquents, j’ai déposé en 2023 une proposition de loi, travaillée avec les magistrats, la police nationale et la gendarmerie, visant à durcir les sanctions à l’égard des auteurs de refus d’obtempérer, dont la confiscation systématique du véhicule, mais aussi à engager des mesures de prévention, que je présenterai à l’occasion de la défense d’un de mes amendements. Conduire est un droit conditionné au respect des règles. Un individu qui met délibérément en danger les forces de l’ordre, mais aussi les autres usagers de la route – une maman avec son enfant, un jeune à vélo, une personne âgée sur un trottoir – doit en assumer pleinement les conséquences.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Après l’article 3
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Il y a déjà des lois pour ça !

Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Il ne peut pas y avoir d’impunité face à de tels comportements et leur sanction doit être exemplaire.

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Ça marche dans les deux sens !

Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Le code de la route fait de la suspension du permis de conduire une peine complémentaire, qui n’est donc pas automatiquement prononcée, ce qui est inacceptable. Mon amendement propose la suspension obligatoire du permis de conduire en cas de refus d’obtempérer.

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Je comprends votre logique, mais je demande le retrait de votre amendement. En rendant obligatoire le prononcé de la suspension de permis, vous empêchez le juge de prononcer une peine plus forte, celle de l’annulation du permis, ce qui va à l’encontre de l’effet recherché. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Ma position est la même que celle du rapporteur. Si la suspension du permis devient une peine obligatoire, le juge ne pourra pas prononcer l’annulation du permis. Je demande donc le retrait de l’amendement, sinon, mon avis sera défavorable.

II
Après l’article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 717 est retiré.)

Amdt 717 Retiré Amdt 717 A discuter
Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jordan Guitton, pour soutenir les amendements nos 672 et 671, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Amdt 672 Rejeté Amdt 672 A discuter Amdt 671 Rejeté Amdt 671 A discuter
Photo de M. Jordan Guitton
Après l’article 3
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Ces deux amendements procèdent d’une même vision. Avec les refus d’obtempérer et les rodéos urbains, on a affaire à des personnes qui défient l’autorité publique. Ne pas obtempérer face à un représentant des forces de l’ordre en uniforme revient à défier l’autorité de la République française et celle des hommes et des femmes qui, sous l’uniforme de la police ou de la gendarmerie, servent la nation. Face à de tels comportements, nous pensons, au Rassemblement national, que la réponse pénale doit être forte. L’amendement n° 672 propose d’instaurer des peines planchers – ou peines minimales, on les appelle comme on veut – pour le refus d’obtempérer. Il prévoit que, pour ce délit, la peine ne peut être inférieure au tiers de la peine maximale encourue. Il nous semble très important de forcer la main du juge, tout en restant dans le cadre de la personnalisation de la peine, afin qu’une personne qui ne respecte pas l’autorité ait la certitude d’une condamnation minimale. L’amendement n° 671 vise à supprimer l’excuse de minorité. Un mineur qui conduit, qui participe à un rodéo sauvage, qui refuse d’obtempérer aux forces de l’ordre se comporte comme un adulte et doit être jugé comme tel. On évite ainsi des atténuations de peines prononcées contre des mineurs qui se comportent de manière dangereuse, qui défient l’autorité, qui ne respectent pas les règles de la République et qui conduisent parfois sans permis.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Après l’article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Vous n’aimez pas les jeunes ! Vous n’aimez pas les enfants !

Photo de M. Jordan Guitton
Après l’article 3
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Ces deux armes pénales renforceraient la réponse de l’État et protégeraient plus efficacement les forces de l’ordre. Elles décourageraient la récidive, qui concerne des milliers de cas chaque année. Il faut lutter contre ce phénomène. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

J’ai déjà exprimé ma position sur l’amendement n° 672 en commission. Elle n’a pas changé et mon avis sera donc défavorable. Pour ce qui est de l’amendement n° 671, je rappelle que le droit permet déjà au juge, par une décision motivée, de ne pas retenir l’atténuation de responsabilité pour les mineurs en fonction des circonstances concrètes de l’infraction. Mon avis sera donc également défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

L’amendement n° 672 sur les peines planchers pose une question générale qui demande des débats en d’autres lieux et à un autre moment. Quant à la possibilité prévue par l’amendement n° 671, elle existe déjà dans notre droit. Le juge peut en effet adapter sa décision, de façon motivée, aux circonstances de l’espèce. Je préconise donc le retrait de ces amendements ou, à défaut, leur rejet.

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Thomas Portes.

Photo de M. Thomas Portes
Après l’article 3
M. Thomas Portes Thomas Portes LFI-NFP

Suspension du permis, suppression de l’excuse de minorité, augmentation de l’amende jusqu’à 45 000 euros ; cela fait des années que vous légiférez ainsi pour augmenter les sanctions. Cela ne produit aucun effet. Aucun ! Je vous invite, comme l’a fait mon collègue socialiste, à distinguer les cas graves de refus d’obtempérer, qui sont en stagnation, de ceux qui le sont moins. Vous dites que des gens sont mis en danger et peuvent être tués à la suite d’un refus d’obtempérer. Je voudrais quand même rappeler que la France est, en Europe, le pays avec le plus de morts sous les balles de la police dans le cadre d’un refus d’obtempérer : Alhoussein Camara, Nahel, Inès, Amine, Jean-Paul ou encore Rayana, qui a pris trois balles tirées à bout portant par un policier alors qu’elle était passagère du véhicule. Voilà le résultat de votre politique, qui n’arrête pas les refus d’obtempérer mais qui provoque des décès ! Avec la loi votée avant-hier, qui donne un permis de tuer aux policiers, les gens seront incités à ne plus s’arrêter de peur d’être abattus par la police. Voilà les conséquences de vos choix politiques ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR et UDR.)

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 672.

Amdt 672 Rejeté Amdt 672 A discuter
II
Après l’article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 102 Nombre de suffrages exprimés 101 Majorité absolue 51 Pour l’adoption 40 Contre 61

II
Après l’article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 672 n’est pas adopté.)

Amdt 672 Rejeté Amdt 672 A discuter
Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 671.

Amdt 671 Rejeté Amdt 671 A discuter
II
Après l’article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 100 Nombre de suffrages exprimés 97 Majorité absolue 49 Pour l’adoption 38 Contre 59

II
Après l’article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 671 n’est pas adopté.)

Amdt 671 Rejeté Amdt 671 A discuter
Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Pardonnez-moi, pour l’amendement no 671, il n’y avait pas eu de demande de scrutin public. La parole est à M. Laurent Croizier, pour soutenir l’amendement no 718.

Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Je le retire.

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Quelle sagesse !

II
Après l’article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 718 est retiré.)

Amdt 718 Retiré Amdt 718 A discuter
Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 450, par le groupe Rassemblement national ; sur l’amendement no 38, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur l’amendement no 702, par les groupes La France insoumise-Nouveau Front populaire et Rassemblement national ; sur les amendements no 455 et identique, par le groupe Rassemblement national. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Cyril Tribuiani, pour soutenir l’amendement no 450.

Photo de M. Cyril Tribuiani
Après l’article 3
M. Cyril Tribuiani Cyril Tribuiani

Nous proposons de rendre obligatoire la confiscation du véhicule utilisé lors des formes aggravées du délit de refus d’obtempérer. Le véhicule est l’instrument de l’infraction. Il est donc logique d’en priver son auteur, lorsqu’il en est propriétaire, tout en préservant les droits des propriétaires de bonne foi. Face à des comportements qui mettent en danger les forces de l’ordre et nos concitoyens, la réponse pénale doit être ferme, lisible et réellement dissuasive. Je vous invite donc à voter cet amendement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3
M. Vincent Caure rapporteur EPR

L’amendement est déjà satisfait. La confiscation du véhicule est une peine complémentaire encourue pour les formes aggravées de refus d’obtempérer. L’article 2 la rend obligatoire, tout en laissant au juge la possibilité de ne pas la prononcer en motivant sa décision. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis pour les mêmes motifs.

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jérôme Legavre.

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Je ne suis pas étonné de voir les députés des bancs d’en face plaider pour une surenchère répressive. Ils ne sont jamais rassasiés. Ils ont obtenu un permis de tuer renforcé…

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Oh !

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

…mais cela ne leur suffit pas ! En ce qui concerne le refus d’obtempérer, je suis frappé de voir que vous ne vous interrogez jamais sur ses causes. Il ne s’agit pas de nier la gravité de certains faits, mais je vous invite à vous demander pourquoi des jeunes gens refusent parfois de répondre aux injonctions des policiers. Ne vous est-il jamais passé par la tête que certains d’entre eux ont une peur bleue de la police ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. François Cormier-Bouligeon
Après l’article 3
M. François Cormier-Bouligeon François Cormier-Bouligeon EPR

La police protège les citoyens !

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Je suis l’élu de la circonscription où vivaient Zyed et Bouna, âgés de 17 et 15 ans. Alors qu’ils sortaient d’un match, ils ont été pris en chasse par une voiture de police alors qu’ils n’avaient rien fait.

Photo de M. François Cormier-Bouligeon
Après l’article 3
M. François Cormier-Bouligeon François Cormier-Bouligeon EPR

Narcotrafic !

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Ils étaient tellement paniqués qu’ils se sont réfugiés dans un poste de transformation électrique où ils sont morts. Ce ne sont pas des exceptions, ils sont des milliers comme eux ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Anne Stambach-Terrenoir
Après l’article 3
Mme Anne Stambach-Terrenoir Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP

Exactement !

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Les refus d’obtempérer ont des causes sociales profondes qui renvoient à un système de domination et de répression.

Photo de M. François Cormier-Bouligeon
Après l’article 3
M. François Cormier-Bouligeon François Cormier-Bouligeon EPR

C’est une honte, vous parlez de la police républicaine !

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Je suis désolé, on ne parle pas ici de police républicaine ! On parle du décès de deux enfants de 15 et 17 ans. C’est curieux, on n’entend jamais parler des causes profondes des refus d’obtempérer. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est inadmissible !

Photo de M. François Cormier-Bouligeon
Après l’article 3
M. François Cormier-Bouligeon François Cormier-Bouligeon EPR

Vos propos sont séditieux !

Photo de M. le président
Après l’article 3
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le ministre.

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

On ne s’intéresserait donc pas aux causes des refus d’obtempérer.

Photo de Mme Ersilia Soudais
Après l’article 3
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Oui, c’est le cas !

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

C’est une accusation très grave, à laquelle je souhaite répondre.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Après l’article 3
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Un peu de compassion pour les familles !

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Monsieur Portes, vous affirmez que la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre – votée par l’Assemblée et, je l’espère, par le Sénat – incitera les gens à ne pas s’arrêter par peur d’être tués par des policiers.

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Exactement !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Après l’article 3
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est la réalité !

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Quel mépris vis-à-vis des policiers ! Les causes des refus d’obtempérer, on les connaît : conduite sans permis, sans assurance ou sous l’emprise de stupéfiant, transport de stupéfiants, alcoolémie trop élevée. (Applaudissement sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et HOR.) On ne refuse pas d’obtempérer par peur des policiers ou des gendarmes.

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

C’est pourtant ce qui se passe !

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Mais lisez donc les rapports de la Défenseure des droits !

MN
Après l’article 3
M. Laurent Nuñez ministre

Soyez lucides : qui a peur des policiers et des gendarmes ? Les délinquants ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem, HOR et UDR.)

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. José Beaurain, pour un rappel au règlement.

Photo de M. José Beaurain
Rappels au règlement
M. José Beaurain José Beaurain RN

Il se fonde sur l’article 100 relatif à la bonne tenue des débats. En écho aux propos du ministre, j’invite la gauche à mettre ses dogmes de côté et à cesser de proférer des propos accusatoires envers les forces de police. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

MO
Rappels au règlement
Mme Danièle Obono

Ce n’est pas un rappel au règlement !

Photo de M. José Beaurain
Rappels au règlement
M. José Beaurain José Beaurain RN

Pour vous, les policiers sont des cow-boys qui ne respectent rien, et vous leur faites des procès d’intention en permanence. C’est insupportable ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – M. François-Xavier Ceccoli applaudit également.)

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Pouria Amirshahi, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Rappels au règlement
M. Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi EcoS

Je le fais également au titre de l’article 100. Je regrette que nous en soyons arrivés là, car, jusqu’à présent, les débats étaient de bonne tenue. Cela fait deux ans que cette législature a commencé. Je constate que ceux qui ont mis leurs dogmes de côté, c’est plutôt M. Croizier, dont un amendement a été allègrement repris par un député du Rassemblement national, ou M. Attal, dont la proposition de loi supprimait l’excuse de minorité dans certains cas, comme le proposait M. Guitton dans son amendement. Ce sont eux qui mettent leurs dogmes de côté et qui reviennent sur leurs engagements de 2024.

Photo de M. Laurent Croizier
Rappels au règlement
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Nous ne faisons pas d’alliance avec le RN !

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 450.

Amdt 450 Rejeté Amdt 450 A discuter
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 100 Nombre de suffrages exprimés 99 Majorité absolue 50 Pour l’adoption 39 Contre 60

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 450 n’est pas adopté.)

Amdt 450 Rejeté Amdt 450 A discuter
Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Laurent Croizier, pour soutenir l’amendement no 719 rectifié.

719 (Rect) Rejeté 719 (Rect) Amdt 719
Photo de M. Laurent Croizier
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Revenons-en au sujet, avec un peu plus de rationalité et un peu moins d’idéologie. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Le Cannet, 30 juin, deux policiers blessés à la suite du refus d’obtempérer d’une conductrice déjà connue des services de police. Villefranche-sur-Saône, 1er juillet, un véhicule encastré dans un terre-plein à la suite d’un refus d’obtempérer ; un policier blessé au cours de l’interpellation. À Nantes, en février, toujours à la suite d’un refus d’obtempérer, trois policiers ont été grièvement blessés, ce qui m’a amené à écrire à M. le ministre de l’intérieur. Ces faits ne sont pas isolés : en France, on recense un refus d’obtempérer toutes les vingt minutes. Metz, Pantin, Bayonne, Besançon – ma ville ; partout sur le territoire, ces comportements se répètent. Il est plus que temps de prendre des décisions fermes et dissuasives. Je suis donc ravi que nous examinions ce texte. La fermeté des sanctions est encore plus justifiée en cas de récidive. En matière de refus d’obtempérer, la récidive est d’autant plus inexcusable qu’elle manifeste une indifférence totale aux conséquences potentiellement dramatiques de ces actes. Récidiver, c’est avoir été averti, jugé, sanctionné, et décider malgré tout, en conscience, de s’affranchir de toute limite et de recommencer. C’est faire le choix délibéré de mettre en danger la vie d’autrui. Dans ces conditions, la réponse pénale doit être à la hauteur de la dangerosité des comportements. C’est le sens de l’amendement, qui vise, en cas de récidive, des peines minimales d’emprisonnement de deux ans pour le refus d’obtempérer simple et de quatre ans pour le refus d’obtempérer aggravé. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Et pourquoi pas la perpétuité ?

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Avis défavorable, pour les raisons que j’ai exposées précédemment.

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Je commencerai par dire à mon collègue du RN qu’un député, dans cet hémicycle, est libre de dire ce qu’il a à dire. Vous êtes libre de nous opposer vos propres arguments, à condition d’en avoir – c’est cela, évidemment, qui vous pose une difficulté.

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est quoi, ces sous-entendus ? Si vous voulez insulter les gens, dites-le clairement ! Si j’ai envie de dire que vous êtes nulle, je le dis, je ne le sous-entends pas !

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

J’en viens à l’amendement. Pourquoi ne pas laisser faire les magistrats, qui savent parfaitement tenir compte de circonstances aggravantes comme la réitération ? Il n’est pas nécessaire d’introduire subrepticement dans la loi une forme de peine plancher. Laissons-les faire ! Ce qui est inquiétant, c’est que l’augmentation du quantum de peine ou du montant des amendes ne réglera rien. Elle n’aidera pas les forces de l’ordre, puisque c’est ainsi que vous les appelez, elle ne réduira pas le danger auquel les policiers peuvent être exposés – vous n’avez pas tort de le souligner – et qui guette aussi les autres usagers de la route. Je suis certaine que le problème restera entier lorsque le projet de loi aura été – je le crains – voté. C’est dommage. C’est une occasion manquée. Si nous n’abordons pas les refus d’obtempérer sous l’angle global de la prévention des violences routières, nous resterons doublement impuissants.

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Ian Boucard.

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

On entend ici des propos très graves. Nos collègues d’extrême gauche utilisent en permanence l’expression « permis de tuer » mais, à les entendre parler de refus d’obtempérer, il est clair que, s’il y a une chose qui ne les dérange jamais, c’est le permis de tuer les forces de l’ordre. Quand un policier ou un gendarme se fait foncer dessus par un véhicule roulant à 100 kilomètres à l’heure, cela fait marrer M. Portes. Il s’en fout ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR, RN et HOR. – Protestations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3 (suite)
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Jamais !

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Vous aimez faire des esclandres – il suffit de voir comment l’extrême gauche et ses amis se sont comportés mardi en séance –, mais quand les policiers, les gendarmes, les fonctionnaires qui se lèvent le matin pour assurer la sécurité des Français se font foncer dessus par un véhicule, là, c’est un petit détail ! S’il y a des blessés, comme l’a rappelé notre collègue Croizier, c’est un détail. S’il y a un mort, c’est dommage. Vous n’en dites jamais un mot dans l’hémicycle, vous n’en faites jamais une question au gouvernement ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

C’est ça, oui ! Allez, va boire un coup, va !

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Cela me rappelle le débat que j’ai eu avec M. Coulomme en commission au sujet des rodéos urbains. M. Croizier s’en souviendra aussi ! Les rodéos urbains faisaient marrer M. Coulomme, qui les trouvait comparables aux courses dans les hippodromes. Une dame en est morte, samedi, à Orange ; vous aimez bien rappeler les faits divers, mais seulement quand ça vous arrange.

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Vous, c’est toute votre politique que vous faites sur les faits divers !

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

J’aurais bien aimé vous entendre parler de la victime, de la famille de cette personne décédée parce que quelqu’un a trouvé marrant de participer à un rodéo urbain. Non, ce n’est pas marrant : il y a des gens qui en meurent !

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Et Rayana, vous en avez parlé ?

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Madame Obono, s’il vous plaît.

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Vous vous attristez des décès que vous évoquez, mais vous devriez vous attrister aussi du décès de policiers ou de gendarmes !

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Et le décès de Rayana ?

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Madame Obono !

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Pourquoi il nous prend à partie ?

Photo de M. Ian Boucard
Après l’article 3 (suite)
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Je vous prends à partie parce que, mardi, quand j’étais rapporteur, nous avons été pris à partie, incendiés, calomniés, pendant trois heures – et vous vous offusquez qu’on vous mette de temps en temps face à vos propres arguments ? Souffrez-le ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR, RN, EPR, Dem, HOR et UDR.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 719 rectifié.

719 (Rect) Rejeté 719 (Rect) Amdt 719
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 97 Nombre de suffrages exprimés 94 Majorité absolue 48 Pour l’adoption 42 Contre 52

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 719 rectifié n’est pas adopté.)

719 (Rect) Rejeté 719 (Rect) Amdt 719
Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Thomas Portes, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Thomas Portes
Rappels au règlement
M. Thomas Portes Thomas Portes LFI-NFP

Il se fonde sur l’article 70, alinéa 2, du règlement, relatif aux mises en cause personnelles. Monsieur Boucard, je ne peux pas vous laisser dire que mes collègues ou moi-même sourions lorsque des policiers sont tués. Nous condamnons toutes les violences, que les victimes en soient des policiers, des gendarmes ou d’autres victimes des refus d’obtempérer. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ian Boucard
Rappels au règlement
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Ce n’est pas vrai !

Photo de M. Théo Bernhardt
Rappels au règlement
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Jamais !

Photo de M. Thomas Portes
Rappels au règlement
M. Thomas Portes Thomas Portes LFI-NFP

Il y a une différence entre votre camp politique et le mien. Nous, nous condamnons toutes les violences ; vous, vous organisez des meurtres commis par la police ! Voilà la différence entre vous et moi ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Anne Stambach-Terrenoir
Rappels au règlement
Mme Anne Stambach-Terrenoir Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP

Exactement ! Nous nous soucions des vies humaines !

Photo de M. Ian Boucard
Rappels au règlement
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

La réponse est éloquente ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

UL
Rappels au règlement
Un député du groupe LFI-NFP

Taisez-vous !

Photo de M. Ian Boucard
Rappels au règlement
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

On ne dit pas « taisez-vous » dans l’hémicycle ! (Les échanges d’exclamations se poursuivent entre M. Ian Boucard et plusieurs députés du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je vais suspendre la séance pour cinq minutes.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à midi quarante, est reprise à midi quarante-cinq.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La séance est reprise. La parole est à M. Ian Boucard, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Sur le fondement de l’article 70, relatif aux mises en cause personnelles – il s’agit des propos tenus à l’encontre du gouvernement et d’autres parlementaires –, et de l’article 100, relatif à la bonne tenue des débats. Je voudrais que soit vérifié dans le compte rendu que M. Portes a bien dit que la proposition de loi que nous avons votée mardi relevait, de la part du gouvernement, de la police et des parlementaires, d’une volonté d’« organiser des meurtres ». Ce sont des propos extrêmement graves et violents qui méritent des sanctions fermes. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Je vous rappelle qu’on a le droit de dire ce qu’on veut !

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Ai-je, moi aussi, le droit de dire ce que je veux ? Pour l’instant, ces propos ne figurent pas au compte rendu, mais celui-ci sera établi quand les interventions auront été réécoutées. (M. Louis Boyard applaudit.) La parole est à M. le ministre.

MN
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Nuñez ministre

J’ai demandé à prendre la parole exactement pour la même raison. Je ne sais pas ce qui figurera au compte rendu mais moi, j’ai entendu ce qu’a dit M. Portes. Monsieur Sansu, peut-être a-t-on le droit de dire ce qu’on veut dans l’hémicycle, mais dire que le gouvernement organise des meurtres par les policiers est extrêmement grave.

Photo de Mme Ersilia Soudais
Suspension et reprise de la séance
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Ce qui est grave, c’est votre politique !

MN
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Nuñez ministre

Monsieur Portes, pour pouvoir parler de meurtre, il faut qu’il y ait l’intention de tuer. Je vois que vous opinez de la tête, donc vous confirmez vos propos.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Vous voulez saisir la justice ?

MN
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Nuñez ministre

Je me réserve la possibilité, une fois que le compte rendu aura été établi – mais je vous ai entendu, monsieur Portes – d’engager des actions. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de Mme Danièle Obono
Suspension et reprise de la séance
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

C’est le sens de votre texte, assumez !

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Thomas Portes, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Thomas Portes
Suspension et reprise de la séance
M. Thomas Portes Thomas Portes LFI-NFP

Sur le fondement de l’article 70, alinéa 2, pour mise en cause personnelle. Monsieur le ministre, vous êtes dans l’hémicycle, vos menaces de poursuites à l’extérieur, vous pouvez vous les garder ; ici, nous sommes souverains. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

On ne parle pas comme ça, monsieur Portes !

Photo de M. Thomas Portes
Suspension et reprise de la séance
M. Thomas Portes Thomas Portes LFI-NFP

Ici, c’est le Parlement. Le ministre est invité.

Photo de M. Carlos Martens Bilongo
Suspension et reprise de la séance
M. Carlos Martens Bilongo Carlos Martens Bilongo LFI-NFP

Exactement !

Photo de M. Thomas Portes
Suspension et reprise de la séance
M. Thomas Portes Thomas Portes LFI-NFP

Je termine sur le fond. Monsieur le ministre, vous parlez d’organisation et de consignes. Écoutez les consignes qui ont été données aux gendarmes à Sainte-Soline pour effectuer des tirs tendus en visant des manifestants ! Oui, il y a des consignes d’intervenir et de faire mal ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Élisabeth de Maistre, pour soutenir l’amendement no 38.

Amdt 38 Rejeté Amdt 38 A discuter
Photo de Mme Élisabeth de Maistre
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisabeth de Maistre Élisabeth de Maistre DR

Il s’agit d’un amendement de Mme Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) qui, si elle était ici, inviterait à davantage de dignité dans la tenue de nos débats. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes DR et RN.) Elle souhaite que retentisse de nouveau dans cet hémicycle le nom de l’adjudant Éric Comyn, membre de l’escadron motorisé de Mandelieu-la-Napoule situé dans sa circonscription, tué le 26 août 2024. Ce gendarme a été mortellement heurté par un multirécidiviste dont le casier judiciaire ne comportait pas moins de dix condamnations. Ce que demandent les forces de l’ordre pour assurer notre sécurité, c’est davantage de considération et de respect. Elles ont besoin de soutien. L’amendement tend à alourdir les sanctions compte tenu de la gravité croissante des actes commis à l’encontre des forces de l’ordre. Il est absolument indispensable d’augmenter les peines face à ces récidives. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

L’amendement no 38 présente un problème de rédaction. En supprimant le plafond de dix ans qui encadre l’interdiction de solliciter un nouveau permis de conduire, on aboutit à une interdiction de conduire sans limite de durée, ce qui est manifestement disproportionné et non fonctionnel. Cela ne permet pas d’atteindre notre objectif : trouver une réponse qui traiterait ce problème tout en restant conforme et cohérente avec l’état de notre droit. Je vous demande de retirer l’amendement, sans quoi j’émettrai un avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Danièle Obono.

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’un problème de rédaction, mais d’un problème de fond. Nous sommes évidemment contre cet amendement. Je voudrais répondre au ministre qui était choqué que nous puissions expliquer la peur que ressentent un certain nombre de nos concitoyens et concitoyennes face à la police. Pour lui, tout renvoie au simple fait qu’ils seraient présumés coupables d’une infraction ou pris en flagrant délit d’une infraction, c’est-à-dire que toutes ces personnes seraient des délinquants. Il me paraît extrêmement grave que le ministre de l’intérieur balaie ainsi d’un revers de main toutes les études sociologiques, scientifiques, qui ont appuyé ce que disent des victimes et leurs familles depuis des décennies (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP) sur les raisons pour lesquelles les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes, qui ont quatre fois plus de risques d’être contrôlés, de manière discriminatoire, par la police, ont peur de celle-ci. C’est à cause de ce harcèlement policier. Allez-vous nous dire que la Défenseure des droits, Human Rights Watch, Amnesty International, toutes les organisations de défense des droits humains au niveau international qui condamnent la France régulièrement du fait de ces pratiques discriminatoires seraient des officines islamo-gauchistes qui détestent la police ? (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Philippe Ballard
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Ballard Philippe Ballard RN

Oui !

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes subissent un traitement discriminatoire de la part de la police ; en prétendant qu’ils seraient tous des délinquants – parce que leur couleur de peau les assigne à être des délinquants –, vous contestez la réalité vécue au quotidien par des générations de Français. Qu’est-ce que c’est que cette prise de position de la part d’un ministre de l’intérieur qui ensuite donne des leçons de cynisme et de naïveté aux uns et aux autres ? On comprend bien pourquoi vous voulez changer… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice. – Plusieurs députés du groupe LFI-NFP applaudissent cette dernière.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Michaël Taverne.

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Revenons au fond et aux amendements ; cela fera du bien à la représentation nationale. Monsieur le rapporteur, monsieur le ministre, depuis dix ans que vous êtes aux responsabilités, quelles mesures avez-vous prises pour défendre vraiment les policiers et les gendarmes ? Absolument aucune. Le groupe RN défend les peines planchers pour ceux qui agressent des policiers et des gendarmes ; vous vous y opposez systématiquement. C’est bien de dire qu’on défend les policiers et les gendarmes, mais quand on s’attaque à des policiers, il faut que la réponse soit réellement ferme, comme c’est le cas dans tous les pays du monde. Dans tous les pays où j’ai eu l’occasion de faire de la coopération internationale, c’est ce qui se produit, sauf en France.

Photo de Mme Farida Amrani
Après l’article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Dans d’autres pays, ils ne tapent pas !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

C’est la raison pour laquelle nous insistons pour rétablir les peines minimales quand on agresse un policier, un gendarme, un pompier et tous ceux qui servent l’État. En ce qui concerne l’utilisation de l’arme en cas de refus d’obtempérer, au Rassemblement national, nous sommes fiers, car la présomption de légitime défense est une victoire idéologique.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Eh bien voilà !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Nous l’avions proposée lors de notre niche parlementaire en 2022 et les macronistes s’y étaient opposés. Mais à présent, vous reconnaissez qu’il y a un problème et vous votez la présomption de légitime défense. Merci d’avoir repris une nouvelle fois une proposition de Marine Le Pen.

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Alors, les macronistes, on n’applaudit pas ? Il vous rend hommage, il vous remercie !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Les policiers n’oublieront jamais que le président de la République avait dit que l’usage de l’arme dans l’affaire Nahel était « inexcusable » et « inexplicable », avant même une enquête judiciaire et une décision de justice. Monsieur le ministre, je veux vous interpeller directement. Vous le savez, j’ai formé des centaines de policiers à l’usage des armes.

Photo de Mme Farida Amrani
Après l’article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

S’ils sont formés comme vous, c’est rassurant !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

J’appelle nos collègues d’extrême gauche à aller voir ce qui se passe dans les centres de tir.

Photo de M. Jérôme Legavre
Après l’article 3 (suite)
M. Jérôme Legavre Jérôme Legavre LFI-NFP

Vu ce que vous dites, je n’ai pas très envie d’y aller !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Pour dire que nous donnons un permis de tuer, il faut que vous n’ayez pas conscience de la responsabilité qui pèse sur les policiers. Ce n’est pas un permis… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur. – Plusieurs députés du groupe RN applaudissent ce dernier.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 38.

Amdt 38 Rejeté Amdt 38 A discuter
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 96 Nombre de suffrages exprimés 93 Majorité absolue 47 Pour l’adoption 39 Contre 54

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 38 n’est pas adopté.)

Amdt 38 Rejeté Amdt 38 A discuter
Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. René Lioret, pour soutenir l’amendement no 702.

Amdt 702 Rejeté Amdt 702 A discuter
Photo de M. René Lioret
Après l’article 3 (suite)
M. René Lioret René Lioret RN

Les rodéos commis en réunion constituent très certainement l’une des formes les plus dangereuses de délinquance. Rassemblant parfois plusieurs dizaines de véhicules, ils paralysent des quartiers entiers, compliquent considérablement l’intervention des forces de l’ordre et exposent les riverains à des risques particulièrement élevés. Si la confiscation du véhicule ayant servi à commettre l’infraction constitue une réponse pertinente, elle ne suffit pas toujours à prévenir la réitération des faits. Il est fréquent que les auteurs acquièrent rapidement un nouveau véhicule ou utilisent un véhicule immatriculé au nom d’un tiers pour participer à des rassemblements illicites. Le présent amendement instaure donc une peine complémentaire permettant à la juridiction d’interdire aux auteurs de rodéos commis en réunion d’acquérir, de détenir ou de faire immatriculer un véhicule terrestre à moteur pendant une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 3 (suite)
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Quel est l’avis du gouvernement ?

MN
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Nuñez ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Cyrielle Chatelain.

Photo de Mme Cyrielle Chatelain
Après l’article 3 (suite)
Mme Cyrielle Chatelain Cyrielle Chatelain EcoS

Nous parlons d’un sujet extrêmement sérieux. Je suis très mal à l’aise avec l’argumentaire qui consiste à opposer les victimes. Tout mort est un mort de trop, qu’il soit civil, policier ou gendarme. Le débat n’est pas nouveau. En 2022, il y avait déjà eu un mort à la suite d’un tir, et j’avais été interrogée pendant la campagne à ce sujet. J’avoue que c’est un sujet que je ne connaissais pas ; alors j’ai appelé une amie qui est capitaine de gendarmerie. Ce n’est pas de stands de tir qu’elle m’a parlé. Elle m’a dit qu’au cours de ses enquêtes sur des trafics, des personnes lui avaient foncé dessus. Dans ce cas, elle applique constamment ce qu’on lui a appris au cours de sa formation. Quand on tire sur une voiture qui roule, le plus probable est qu’on fasse un mort. Pour éviter cela, on lui a appris à ne jamais tirer, sauf si quelqu’un est directement mis en danger. Quand on lui a foncé dessus, elle a fait ce à quoi elle avait été entraînée : sauter dans le fossé. La première règle est de ne pas faire de morts quand il n’y a pas de personne directement en danger. Je trouve le débat que vous instaurez très éloigné de ce que vivent les gendarmes et les policiers sur le terrain. La majorité d’entre eux ne veulent pas tuer. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Quand ils utilisent leurs armes, ils le font avec précaution, très loin de ce que vous dites. Ils savent que quand ils se servent de leurs armes, ils peuvent tuer quelqu’un – personne ne peut sortir son arme sans le savoir. Ce débat me paraît vraiment dégueulasse (Exclamations sur les bancs du groupe RN) pour les familles qui ont vu l’adoption de la proposition de loi instaurant la présomption de légitime défense. Ce débat n’est pas juste pour les gendarmes et les policiers qui veulent bien faire leur travail et qui demandent à ne pas être salis par les quelques-uns qui se considèrent comme des cow-boys au Far West et qui tuent pour tuer.

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est honteux de dire ça ! Ce ne sont pas les policiers qui tuent pour tuer !

Photo de Mme Cyrielle Chatelain
Après l’article 3 (suite)
Mme Cyrielle Chatelain Cyrielle Chatelain EcoS

La justice doit être là toujours pour rendre justice aux victimes. (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’oratrice.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Michaël Taverne.

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Nous voterons évidemment l’amendement de notre collègue, mais je voudrais simplement terminer ce que je disais.

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ce que nous venons d’entendre est honteux !

Photo de Mme Cyrielle Chatelain
Après l’article 3 (suite)
Mme Cyrielle Chatelain Cyrielle Chatelain EcoS

C’est parler comme vous le faites qui est honteux !

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Merci d’écouter M. Taverne !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Si nos collègues d’extrême gauche pouvaient nous écouter… Je sais que c’est un sujet qu’ils ne maîtrisent pas du tout, mais ils apprendraient plein de choses. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les policiers ont une responsabilité énorme. Ce ne sont pas des cow-boys.

Photo de Mme Cyrielle Chatelain
Après l’article 3 (suite)
Mme Cyrielle Chatelain Cyrielle Chatelain EcoS

Ce n’est pas ce que j’ai dit ! J’ai parlé d’une minorité !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Je vous ai laissée parler. Je vous invite à aller les voir dans les centres de tir.

Photo de Mme Cyrielle Chatelain
Après l’article 3 (suite)
Mme Cyrielle Chatelain Cyrielle Chatelain EcoS

J’y suis allée !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Ça m’étonnerait ! Allez les voir et écoutez ce que les policiers disent. Nombre d’entre eux, en particulier les jeunes, m’ont dit qu’ils préféraient à la rigueur se prendre une balle plutôt que d’être embêtés. Ils réfléchissent trois, quatre fois avant de prendre une décision qui fait basculer la vie de tout le monde – nous sommes d’accord là-dessus.

Photo de Mme Farida Amrani
Après l’article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

C’est cela, oui, bien sûr !

Photo de M. Michaël Taverne
Après l’article 3 (suite)
M. Michaël Taverne Michaël Taverne RN

Monsieur le ministre, vous savez qu’il y a des sessions de formation pour les refus d’obtempérer, notamment sur l’utilisation du dispositif d’interception des véhicules automobiles (Diva). Ces formations sont abandonnées par la direction générale de la police nationale (DGPN). La réforme qui permet de faire faire des formations par des petits moniteurs de tir qui ne sont pas des formateurs aux techniques et à la sécurité en intervention (FTSI) est une grave erreur qui… (Le temps de parole étant écoulé, M. le président coupe le micro de l’orateur.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’amendement no 702.

Amdt 702 Rejeté Amdt 702 A discuter
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 93 Nombre de suffrages exprimés 88 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 30 Contre 58

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 702 n’est pas adopté.)

Amdt 702 Rejeté Amdt 702 A discuter
Photo de M. le président
Après l’article 3 (suite)
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je vous informe que le gouvernement lève la réserve des amendements portant article additionnel après l’article 14 bis A, qui seront donc examinés après cet article. La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de M. le président
Ordre du jour de la prochaine séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Prochaine séance, cet après-midi, à quinze heures : Suite de la discussion du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à treize heures.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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