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autorisant l’approbation de la convention d’extradition entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Colombie

Rapport 06/05/2026 N° 2758 RAPPANR5L17B2758
Article 1

Article unique

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 (autorisation de l’approbation de la convention d’extradition entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Colombie)

La commission adopte l’article unique non modifié.

L’ensemble du projet de loi est ainsi adopté.

   Annexe 1 :
texte de la commission des Affaires étrangères

Article 2

Article unique

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Est autorisée l’approbation de la convention d’extradition entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Colombie, signée à Paris le 11 novembre 2024, et dont le texte est annexé à la présente loi.

N.B. : Le texte de la convention figure en annexe au projet de loi (n° 2509).

   Annexe 2 :
liste des personnes auditionnées par le rapporteur

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Ministère de l’Europe et des affaires étrangères

   M. Thibault Samson, sous-directeur de l’Amérique du Sud à la direction des Amériques et des Caraïbes ;

   Mme Stéphanie Tacheau, magistrate, chargée de mission auprès du chef du service des conventions, des affaires civiles et de l’entraide judiciaire de la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire ;

   M. François Mattret, conseiller juridique à la mission des accords et traités de la direction des affaires juridiques ;

   M. Alain Grellet, magistrat de liaison auprès de l’ambassadeur de France en Colombie ;

   Mme Marion Giacobbi, conseillère politique à l’ambassade de France en Colombie.

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Ministère de la justice

   Mme Joséphine Pibault, rédactrice au bureau de la négociation pénale européenne et internationale de la direction des affaires criminelles et des grâces.

-
Fédération internationale des droits humains (FIDH)

   Mme Jimena Reyes, responsable du bureau des Amériques.

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Réseau France Colombie Solidarités

   M. Joël Da Costa, chargé de partenariats au pôle Amérique latine et Caraïbes.

([1]) Convention pour l’extradition réciproque des criminels signée à Bogotá le 9 avril 1850 entre la République française et la République de la Nouvelle-Grenade.

([2]) Voir notamment les articles respectivement publiés le 19 octobre 2025 et le 6 janvier 2026 par le quotidien El País : Trump acusa a Petro de ser un líder del narcotráfico et Las amenazas de Trump a Petro ponen en duda la ventaja de la izquierda para las elecciones.

([3]) Office français de protection des réfugiés et apatrides, rapport d’activité 2024, p. 151.

([4]) Office français de protection des réfugiés et apatrides, rapport d’activité 2017, p. 123.

([5]) Le Monde diplomatique, Iván Cepeda Castro, Claudia Girón Ortiz, Comment des milliers de militants ont été liquidés en Colombie, mai 2005, pp. 26-27.

([6]) Service de renseignement colombien dépendant directement de la présidence, dont le niveau de coopération avec le paramilitarisme a justifié la dissolution de 2011.

([7]) Comisión para el Esclarecimiento de la Verdad, la Convivencia y la No repetición, Hay futuro si hay verdad : Informe Final, « Fuera de Colombia : las verdades del exilio », Bogotá, 2022, pp. 127-129.

([8]) Ancien guérillero du mouvement M-19 dissout en 1991, sénateur puis maire de Bogotá, Gustavo Petro était depuis plusieurs années le pilier de l’opposition de gauche à la classe politique conservatrice. Sa vice-présidente, Francia Marquez, est la première femme afrodescendante et issue de la société civile à occuper cette fonction.

([9]) Le projet de « Paz Total » de Gustavo Petro consiste à mettre en œuvre de manière intégrale l’Accord de paix, négocier avec les autres groupes armés (comme l’Armée de Libération nationale-ELN et les dissidences des FARC-EP, l’« Estado Mayor Central » et la « Segunda Marquetalia ») et proposer une soumission à la justice des groupes criminels liés au narcotrafic.

([10]) L’ex-président colombien d’extrême droite Álvaro Uribe a été accusé de nombreux crimes : ascension politique soutenue par des réseaux narcotrafiquants, lien avec des groupes paramilitaires commettant des exécutions extrajudiciaires, manipulation de témoins dans des affaires le concernant, destruction de preuves. À l’heure actuelle, une plainte est en cours d’instruction en Argentine, au titre de la juridiction universelle, pour son implication soupçonnée dans plus de 5 000 exécutions et disparitions forcées par l’armée colombienne sous son commandement présidentiel.

([11]) Selon le ministère de la défense nationale colombien, le nombre d’homicides pour 100 000 habitants est passé de 40,5 en 2005 à 25,9 en 2025.

([12]) Depuis le début de l’année 2026, ils sont déjà 23 à avoir perdu la vie.

([13]) Comité International de la Croix Rouge, El costo humano de los conflictos armados en Colombia, 3 avril 2024.

([14]) Question écrite n° 6635 du député Hadrien Clouet publiée le 13 mai 2025.

([15]) Fundación Ideas para la Paz (FIP), La ofensiva contre grupos ilegales aumentó 34,5 %, pero no será suficiente, 13 avril 2026.

([16]) Organisation des Nations unies, Un año de drama en el Catatumbo, 16 janvier 2026.

([17]) Une dissidence des ex-FARC.

([18]) Ejército de Colombia, Un año de la Operación Catatumbo, presencia permanente del Ejército para proteger a la población civil, 16 janvier 2026.

([19]) Organisation criminelle anciennement dénommée « Autodefensas Gaitanistas de Colombia (AGC) » héritière de l’ex-organisation paramilitaire anticommuniste des « Autodefensas Unidas de Colombia (AUC) », démobilisée en 2006 et impliquée dans le conflit armé colombien. L’organisation continue de cibler des militants sociaux et politiques de gauche ainsi que des leaders environnementaux.

([20]) Infodefensa, Un nuevo ataque del ELN con drones en Colombia deja un soldado muerto y cuatro heridos, 24 janvier 2026.

([21]) Les élections législatives et sénatoriales du 8 mars dernier n’ont pas modifié en profondeur les équilibres partisans au sein du Congrès, où aucune coalition ne détient de majorité absolue.

([22]) France 24, US, Colombia recall top diplomats as rift deepens over alleged assassination plot, 4 juillet 2025.

([23]) El País, Estados Unidos revoca la visa de Petro tras su protesta en favor de Palestina : “Sus acciones son imprudentes e incendiarias”, 27 septembre 2025.

([24]) The New York Times, Trump Suggests U.S. Could Take Action Against More Countries, 4 janvier 2026.

([25]) Courrier International, La stupéfiante réconciliation entre Trump et Petro à la Maison-Blanche, 4 février 2026.

([26]) Stevan Dojčinović, Nathan Jaccard, Dragana Pećo, Brian Fitzpatrick, Kevin G. Hall, Cocaine and Bananas : How Balkan Traffickers Used Fruit Shipments From the Ecuadorian President's Family Firm to Smuggle Drugs, Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), 2025.

([27]) El País, Ecuador sube al 100 % los aranceles a Colombia y profundiza la guerra comercial, 10 avril 2026.

([28]) UNODC, Colombia : potential cocaine production increased by 53 per cent in 2023 according to UNODC survey, 18 octobre 2024.

([29]) Production, transformation, transport international, stockage, distribution et blanchiment des profits.

([30]) Présidence de la Colombie, Fuerzas Militares neutralizaron a 13 971 integrantes de estructuras criminales, 28 décembre 2025.

([31]) El Tiempo, El 2025 fue el año más violento para la Fuerza Pública en la última década con 202 integrantes asesinados, 1er janvier 2026.

([32]) Ricardo Vargas, Drogas, conflicto armado y desarrollo alternativo : una perspectiva desde el sur de Colombia, Acción Andina Colombia, 2003.

([33]) Jacobo Grajales, Agrarian Capitalism, War and Peace in Colombia : Beyond Dispossession, Routledge, 2021.

([34]) L’opération Southern Spear est une opération militaire menée par l’U.S. Southern Command (SOUTHCOM) sur des embarcations rapides soupçonnées de transporter de la drogue dans la mer des Caraïbes et le Pacifique, sans qu’aucune preuve n’ait été rendue publique à ce jour. Le modus operandi des États-Unis d’Amérique (neutralisation des embarcations par des frappes aériennes s’apparentant à des exécutions extra-judiciaires au regard du droit international et américain) ne correspond pas à celui de la marine colombienne, qui intercepte les embarcations suspectes avant de les judiciariser.

([35]) Le Monde, Drogue : saisie inédite en Colombie d’un sous-marin autonome équipé de Starlink destiné au trafic, 3 juillet 2025.

([36]) El País, El Clan del Golfo domina el tráfico de migrantes en el Darién, 13 décembre 2022.  

([37]) Le Tap­ón del Darién est une jungle située à la frontière entre la Colombie et le Panama. Elle est une zone de transit obligatoire des flux migratoires terrestres, depuis l’Amérique du Sud, vers l’Amérique centrale et du Nord.

([38]) En témoigne la première commande en 1971 seulement, bien après les autres pays latino-américains, de matériel militaire auprès de la France (Mirages III et V) et de l’Allemagne (sous-marins). Voir l’article de Cécilia Cadena, Une « démocratie » fortement militarisée, Le Monde diplomatique, juillet 1975, p. 13.

([39]) Mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York, « La France continue d’apporter tout son soutien au processus de paix en Colombie, le 9 avril 2024.

([40]) L’année France-Colombie en 2017 a marqué un temps très fort du partenariat bilatéral, d’autant qu’il s’agissait du premier évènement de la sorte organisé avec un pays hispanophone et le second avec un pays latino-américain, après le Brésil.

([41]) Du 21 octobre au 1er novembre 2024.

([42]) Ministère de l’environnement de la République de Colombie, Colombia, primer país en declarar la Amazonía como zona libre de gran minería e hidrocarburos, 13 novembre 2025.

([43]) CCI France Colombia, Club Verde.

([44]) Réponse ministérielle du MEAE à la question écrite n° 6634 du député Hadrien Clouet, 16 décembre 2025.

([45]) Derrière le Brésil, pays le plus riche en biodiversité au monde.

([46]) Soit une baisse de 31 % par rapport à 2023, en raison essentiellement de la chute des ventes d’aéronefs à hauteur de - 60 %.

([47]) Soit une baisse de 22 % par rapport à 2023. Ce repli est majoritairement dû au secteur des hydrocarbures naturels et autres produits des industries extractives, enregistrant une baisse de ‑ 55 %.

([48]) Notre chambre de commerce bilatérale a fêté ses 100 ans en 2017.

([49]) Édouard Bailby, La Colombie est un pays jeune qui a besoin de renouveler ses structures, Le Monde diplomatique, octobre 1966, p. 15.

([50]) 9e bénéficiaire en 2021, avec 179,7 millions d’euros.

([51]) Basé à Fort-de-France en Martinique, il a pour mission d’organiser des formations et séminaires spécialisés en matière de lutte contre les stupéfiants. Il est plus particulièrement chargé de renforcer les capacités des États situés le long de la route de la cocaïne en diffusant le savoir-faire des administrations françaises auprès de leurs homologues des pays de l’arc caribéen et d’Amérique latine.

([52]) Le Monde, Lutte contre le trafic de drogue : la France propose « un régime transversal » de sanctions européennes, 18 novembre 2025.

([53]) La Marine nationale colombienne, dont le commandement pour la zone Caraïbes est basé à Carthagène-des-Indes.

([54]) Programa de Asistencia Contra el Crimen Transnacional Organizado en América Latina.

([55]) Agence de l’UE pour la coopération judiciaire en matière pénale.

([56]) Agence de l’UE pour la coopération policière.

([57]) Le bureau de l’entraide pénale internationale de la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la justice pour la France, la délégation des affaires internationales du Parquet général de la Nation pour la Colombie.

([58]) 40 demandes.

([59]) 24 demandes.

([60]) 17 demandes.

([61]) 16 demandes.

([62]) 16 demandes.

([63]) Notamment grâce à la systématisation de l’organisation de réunions de coordination dans les semaines qui suivent l’envoi des demandes d’entraide pénale françaises et la désignation, par le parquet général de la Nation, du procureur colombien en charge de son exécution.

([64]) L’une a abouti à la remise effective de la personne concernée à la Colombie et l’autre est en cours d’examen par les autorités françaises.

([65]) 15 demandes ont abouti à la remise à la France des personnes réclamées. 10 dossiers d’extradition sont en cours (neuf actifs et un passif).

([66]) Tels que l’Argentine, le Brésil, le Mexique, le Costa Rica, le Panama, le Paraguay, le Pérou, Cuba, l’Uruguay, le Suriname, Sainte-Lucie, le Venezuela et la République dominicaine.

([67])  Les conventions des Nations unies sur les stupéfiants du 30 mars 1961 et contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes du 19 décembre 1988, ainsi que la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée du 15 novembre 2000 ne fournissent aucune précision relative aux modalités de déroulement des procédures.

([68]) Selon le MEAE et le ministère de la justice, une procédure de ré-extradition d’un individu remis par les autorités colombiennes à la France, réextradé vers la Belgique, a récemment été contestée devant les juridictions françaises et l’est à nouveau actuellement devant les instances belges.

([69]) Afin d’être admise par la partie colombienne.

([70]) Ou traduites « par courtoisie » en l’absence de recours à des traducteurs agréés.

([71]) En outre, dans le cas d’une extradition sollicitée aux fins d’exécution d’une peine, la durée de la peine restant à subir doit être au minimum d’un an. Les infractions en matière fiscale, douanière ou de change sont expressément incluses dans le champ de la convention.

([72]) Cependant, l’attentat ou la tentative d’attentat contre un chef d’État ou un membre de sa famille, le génocide, les crimes de guerre ou les crimes contre l’humanité et les infractions pour lesquelles les deux parties ont l’obligation, en vertu d’un traité multilatéral, de soumettre le cas à leurs autorités compétentes pour décider des poursuites ou d’accorder l’extradition ne sont pas considérés comme des infractions politiques.

([73]) Les actes interruptifs ou suspensifs de prescription intervenus dans la partie requérante doivent cependant être pris en considération par la partie requise, dans la mesure où sa législation le permet.

([74]) Mécanisme ad hoc de justice transitionnelle mis en place en Colombie à la suite de la conclusion de l’accord de paix de décembre 2016 afin de juger les anciens membres de groupes armés.

([75]) La Colombie pratique régulièrement l’extradition de ses nationaux vers l’Espagne ou les États-Unis.

([76]) La remise peut également être refusée si la personne a été définitivement condamnée ou a bénéficié d’une décision de relaxe ou d’acquittement dans un État tiers pour les infractions objet de la demande d’extradition.

([77]) L’extradition des mineurs ne fait pas l’objet d’un régime spécifique au titre de la convention. Toutefois, le transfert d’un mineur vers un État étranger pour qu’il y soit jugé ou qu’il y purge une peine est strictement encadré. Ainsi, la Convention européenne d’extradition de 1957 autorise l’extradition des mineurs, mais de nombreux États membres, dont la France, ont ajouté des réserves pour protéger leurs propres ressortissants ainsi que les personnes pour qui l’extradition aurait des conséquences d’une gravité exceptionnelle, en raison de leur âge.

([78]) Il s’agit notamment des modalités de transmission des demandes et des indications (objet, qualification des faits infractionnels, peines encourues, règles de prescription, authentification des documents, compléments d’information…) qui doivent y figurer.

([79]) Dans le cas contraire, la personne concernée est remise en liberté et la partie requise peut par la suite refuser son extradition pour les mêmes faits.

([80]) La Colombie a aboli la peine de mort dès 1910.

([81]) Sauf à ce que la partie requérante donne des assurances suffisantes à la partie requise en s’engageant à ce que la peine de mort ne soit ni prononcée ni exécutée.

([82]) Des exceptions sont néanmoins prévues à ce principe lorsque la partie requise y consent ou lorsque la personne réclamée, ayant eu la possibilité de quitter le territoire de la partie à laquelle elle a été livrée, ne l’a pas quitté dans un délai de trente jours suivant sa libération définitive ou y est retournée après l’avoir quitté. Cependant, la jurisprudence de la Cour de cassation colombienne considère que le principe de spécialité s’applique de manière stricte, ce qui implique que les poursuites engagées par la partie requérante à l’encontre des personnes extradées doivent correspondre aux seules infractions ayant motivé leur extradition.

([83]) À la condition expresse que la personne sera maintenue en détention et renvoyée à la partie requise à l’issue de la période convenue

([84]) Si les biens sont susceptibles de saisie ou de confiscation sur le territoire de la partie requise, elle peut aux fins d’une procédure pénale en cours, les garder temporairement ou les remettre sous-condition de restitution.

([85]) À ce jour, la Colombie n’a pas fait l’objet d’une décision d’adéquation prise par la Commission européenne reconnaissant l’existence d’un niveau de protection équivalent de donnée personnelles à celui applicable dans l’UE conformément à l’article 45 du règlement 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016.

([86]) Aucune application provisoire des stipulations de la convention n’est prévue avant l’accomplissement de procédures internes de ratification propres à chaque partie.

([87]) À l’instar de l’interdiction de la peine capitale prévue par l’article 66-1 de la Constitution.

([88]) Dans son arrêt Soering contre Royaume-Uni rendu le 7 juillet 1989, la Cour européenne des droits de l’homme considère que l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales interdit l’extradition de personnes susceptibles de faire l’objet de traitements inhumains ou dégradants.

([89]) En application du principe de non bis in idem, l’article 694-4 du code de procédure pénale interdit l’extradition vers la partie requérante si un jugement définitif de condamnation, d’acquittement ou de relaxe a été prononcé par une juridiction de la partie requise à raison de l’infraction pour laquelle la remise est demandée.

([90]) Dans son arrêt Koné rendu le 3 juillet 1996, le Conseil d’État érige au rang de principe fondamental reconnu par les lois de la République le refus de procéder à l’extradition d’un ressortissant pour des motifs politiques.

([91]) Conseils communautaires, partis politiques, organisations syndicales.

([92]) Par ailleurs, à l’image de la France, la Colombie consacre le principe de la proportionnalité et de l’individualisation des peines. Le cumul des peines est envisageable, dans la limite de soixante années. Les peines prononcées par les juridictions colombiennes sont particulièrement lourdes en matière de trafic de stupéfiants, d’homicides aggravés et d’enlèvement. En cas de plaider-coupable les peines encourues diminuent de moitié. Enfin, la libération conditionnelle des détenus peut par principe être envisagée aux trois cinquièmes de la durée de l’exécution de sa peine. 

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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