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Inscrire la mouvance des frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes

Rapport 14/01/2026 N° 2344 RAPPANR5L17B2344
Exposé des motifs

mais un projet de résolution. C’est pourtant l’exposé des motifs qui, en l’occurrence, exprime le mieux vos idées, qui dit les préjugés, les amalgames, les raccourcis, les préoccupations paranoïaques et complotistes.

M. Michel Herbillon (DR). Oh, rien que cela !

Mme Dominique Voynet (EcoS). Votre texte relève d’un amalgame permanent et préoccupant entre lobbying, entrisme, ingérence, séparatisme, radicalisme religieux et terrorisme : on nage en pleine confusion ! Il constitue en réalité une diversion politicienne et opportuniste…

M. Michel Herbillon (DR). Bla bla bla...

Mme Dominique Voynet (EcoS). …qui risque d’alimenter la stigmatisation d’une partie de nos concitoyens sans faire reculer d’un iota l’influence de celles et ceux que vous prétendez combattre.

Comprenons-nous bien : il ne s’agit pas de baisser la garde face à des organisations qui défendent l’idée que les lois religieuses – et ce, quelle que soit la religion – devraient s’imposer à la République. Ces organisations, nous les combattons, …

M. Michel Herbillon (DR). C’est ce que l’on constate.

Mme Dominique Voynet (EcoS). Ces idées, nous les récusons par des arguments et des réponses concrètes.

Faut-il inscrire les Frères musulmans sur une liste d’organisations terroristes ? Je note que le rapport du ministère de l’intérieur auquel vous vous référez ne le conseille pas davantage que les gouvernements qui se sont succédé – des déclarations de Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, en 2022, à celles de Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, qui appelait à la prudence absolue lors d’un débat, à l’Assemblée, la semaine dernière.

Le fait que des États qui brillent davantage par leur autoritarisme que par leurs valeurs démocratiques et le respect du pluralisme aient adopté cette mesure n’est pas de nature à nous convaincre.

Vous l’aurez compris, le groupe Écologiste et social s’opposera à ce texte.

Mme Maud Petit (Dem). Vouloir inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes peut paraître légitime au regard de la nature et de la dangerosité de cette organisation. Le rapport du ministère de l’intérieur sur les Frères musulmans et l’islamisme politique en France, publié en mai 2025, montre en effet que nous sommes face à une mouvance transnationale structurée, porteuse d’un projet politico-religieux global, fondé sur l’instauration d’un ordre islamique régi par la charia et cherchant à modeler durablement les sociétés européennes de l’intérieur.

Ce rapport établit que les Frères musulmans ont inventé l’islamisme politique moderne et qu’ils poursuivent une stratégie fondée sur l’entrisme institutionnel, la dissimulation idéologique et la constitution de contre-sociétés religieuses, notamment par l’investissement d’associations éducatives, culturelles, caritatives ou cultuelles. Il montre également que la mouvance frériste entretient une porosité documentée avec le radicalisme violent et le terrorisme, de par ses liens historiques avec le Hamas, branche palestinienne des Frères musulmans, mais aussi par la présence au sein de ses réseaux européens de cadres, d’orateurs et d’organisations qui légitiment le djihad armé, soutiennent des organisations terroristes ou sont impliqués dans des circuits de financement du terrorisme. Nous sommes donc bien face à un écosystème idéologique, humain et financier qui nourrit la radicalisation et la violence djihadistes, même lorsqu’il ne la pratique pas directement.

Toutefois, sur le plan strictement juridique, l’inscription sur la liste européenne des organisations terroristes est encadrée par des critères précis du droit de l’Union. Elle vise des entités juridiquement identifiées sur la base de décisions d’autorités compétentes et d’éléments factuels établissant une implication dans des actes terroristes. Or la proposition qui nous est soumise vise une mouvance idéologique globale sans structure juridique unifiée ni chaîne de commandement unique, ce qui la rend juridiquement fragile au regard du droit européen et du contrôle de la Cour de justice de l’Union.

Malgré ces limites juridiques, le groupe Les Démocrates, qui est profondément attaché à la lutte contre le terrorisme, l’islamisme radical et toutes les formes de séparatisme, ainsi qu’à la défense de nos valeurs républicaines et de la laïcité – car il ne faut pas être naïf –, votera en faveur de cette proposition de résolution européenne.

M. Sylvain Berrios (HOR). La mouvance des Frères musulmans, qui est née en Égypte il y a près d’un siècle, vise à organiser la société sur le fondement des principes les plus stricts de l’islam, autrement dit à promouvoir une société islamiste. L’emploi de la violence par les Frères musulmans en Égypte a conduit les autorités de ce pays à considérer ce mouvement initialement politique comme une organisation terroriste. D’autres pays, tels l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont agi de même.

Par ailleurs, l’Organisation internationale des frères musulmans (OIFM) est une source d’inspiration idéologique très forte pour de nombreux mouvements terroristes qui ont recours à la violence la plus abjecte, tel le Hamas.

En Europe, dans une logique d’infiltration, les Frères musulmans inspirent de nombreuses associations à vocation sociale, dirigent certains lieux de culte et y représentent parfois le monde musulman. Dans certains cas, ils encouragent la violence, voire y recourent eux-mêmes. Les Européens ont essayé, avec les moyens dont ils disposent, de s’organiser pour contrer l’influence des Frères musulmans.

À présent, il s’agit de franchir une étape utile pour protéger les Français – parmi lesquels nos compatriotes musulmans, qui doivent pouvoir vivre librement leur foi dans l’esprit républicain – ainsi que la démocratie, puisque l’idéologie des Frères musulmans n’est pas compatible avec l’esprit de notre République et des démocraties européennes.

Pour ces raisons, le groupe Horizons et indépendants votera pour cette proposition de résolution.

Mme Christelle D’Intorni (UDR). La proposition de résolution européenne que nous examinons aujourd’hui pose une question centrale pour notre sécurité collective. Il faut l’affirmer avec force : si les Frères musulmans utilisent des moyens parfois subtils pour s’immiscer dans nos sociétés occidentales, leur idéologie n’en demeure pas moins islamiste, rétrograde et, surtout, dangereuse pour notre République. Les Frères musulmans ne sont pas un simple mouvement politico-religieux : ils constituent une organisation transnationale structurée et disciplinée, dont l’objectif est d’imposer la loi islamique et de substituer aux États existants des régimes fondés sur la charia. Ils agissent à l’échelle internationale et influencent les opinions publiques, infiltrent les réseaux éducatifs, associatifs et religieux. Par leur mode de fonctionnement, ils s’apparentent à des acteurs politiques à part entière, au même titre que des États.

Rappelons-le, le Hamas, qui figure sur la liste européenne des organisations terroristes, est une émanation directe des Frères musulmans. Dans le monde arabe, les États ne s’y trompent pas : l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Syrie, le Bahreïn et la Jordanie ont interdit les Frères musulmans. Ce sont pourtant des États musulmans, qui ont été confrontés directement à un islamisme radical déstabilisateur. Or leur constat est unanime. Ils ont interdit cette mouvance parce que son mode d’action est partout le même : entrisme institutionnel, captation du religieux et du caritatif, remise en cause de l’ordre politique et social.

La France, malheureusement, n’est pas épargnée. Le rapport du ministère de l’intérieur est éclairant : 139 lieux de culte affiliés, près de 280 associations concernées, une implantation dans 55 départements, des financements étrangers, notamment en provenance du Qatar. Ce séparatisme n’est pas toujours violent mais il est profondément subversif et avance à bas bruit.

En Europe, seule l’Autriche a pris ses responsabilités en décidant d’interdire la propagation idéologique des Frères musulmans. Face à son déploiement en France, l’inscription de la mouvance sur la liste européenne des organisations terroristes serait une mesure de bon sens, qui permettrait le gel des avoirs, le blocage des financements et une coopération renforcée entre services européens. Face à une organisation transnationale, la réponse doit être européenne. C’est pourquoi, évidemment, le groupe Union des droites pour la République votera pour cette proposition de résolution européenne.

M. Michel Guiniot (RN). La proposition de résolution européenne visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes va dans le bon sens. Je me félicite du fait qu’elle ait été préalablement approuvée par la commission des affaires européennes. Mon groupe politique dresse depuis bien longtemps le constat établi par cette proposition de résolution : les Frères musulmans sont une mouvance de l’islamisme totalitaire, radicalement incompatible avec notre esprit républicain et notre société démocratique, tout comme notre nation chrétienne.

Le rapport que vous nous présentez est bien étayé. L’expansion de l’islamisme radical, notamment par le biais des Frères musulmans, est désormais documentée et ne peut que susciter une réaction forte et ferme. Vous décrivez dans le détail comment l’entrisme islamique a gagné toutes les sphères de notre société par les associations, l’enseignement, le sport, nos institutions, avec toujours la même stratégie : susciter l’empathie avant de soumettre. Nous l’avons toujours dénoncé ; vous venez d’en prendre conscience et les dégâts sont là.

Cependant, votre constat n’est pas abouti. Ni le rapport ni la proposition n’établissent le lien entre l’islam et l’immigration alors qu’il s’agit – personne ne peut le contester – d’une idéologie importée. Le seul fait d’inscrire la mouvance des Frères musulmans comme organisation terroriste ne suffira pas à endiguer cet afflux d’islamisation politique, culturelle et sociétale. Nous donnons des moyens pour lutter contre les Frères musulmans mais, tant que nous ne nous serons pas attaqués à la racine du problème, nous continuerons d’assister quasiment impuissants aux ravages qu’ils engendrent.

À l’alinéa 20, vous relevez que la France a le droit de dissoudre des associations qui prônent la violence ou l’intolérance religieuse, ou qui visent à subvertir l’ordre démocratique. De nombreux pays arabes ou européens considèrent déjà les Frères musulmans comme une organisation terroriste. La France devrait pouvoir adopter des mesures sans avoir à solliciter l’aval de la Commission européenne ou du Conseil de l’Europe. Je forme le souhait d’être encore là dans quelques années lorsque vous vous rendrez vraiment compte que nous avions raison sur toute la ligne. À ce moment-là, nous pourrons engager de vraies mesures pour combattre l’islam radical et protéger nos concitoyens.

Mme Caroline Yadan (EPR). Lorsque les faits sont établis, lorsque les alertes sont anciennes, l’inaction devient une forme de renoncement. La proposition de résolution européenne que nous examinons s’inscrit dans ce moment précis, celui où la lucidité doit l’emporter sur les faux-semblants et où la clarté politique devient un impératif démocratique.

Cette proposition part d’un constat solidement établi : la mouvance des Frères musulmans repose sur une idéologie politique structurée et transnationale incompatible avec les principes de la République. Ce constat est étayé par les travaux convergents du ministère de l’intérieur, du Parlement et de nombreux chercheurs. Ceux-ci mettent en évidence une stratégie d’implantation progressive et d’influence fondée sur des logiques d’entrisme, qui visent à remettre en cause à terme l’universalité de la loi et la cohésion de nos sociétés démocratiques. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : les Frères musulmans défendent non pas une foi mais un projet politique, financé notamment par l’Iran et le Qatar, qui conteste la liberté de conscience, l’égalité entre les femmes et les hommes, le pluralisme et, plus largement, les fondements mêmes de l’État de droit.

Nous devons le dire avec gravité : cette idéologie mortifère constitue la matrice intellectuelle de l’islam radical qui a frappé notre pays et qui a inspiré les atrocités commises le 7 octobre 2023 en Israël. Les modalités diffèrent mais le socle idéologique est le même : la négation de l’autre, la sacralisation de la violence, la haine de la démocratie.

Face à cela, l’Union européenne ne peut rester dans l’ambiguïté. Inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, c’est nommer clairement la menace, harmoniser notre réponse politique et juridique, et nous donner les moyens de tarir les ressources de ce mouvement et de renforcer la coopération entre États membres.

Il s’agit, en l’occurrence, ni de stigmatiser ni de confondre mais de protéger tous nos concitoyens, nos institutions et la liberté de conscience elle-même. En soutenant cette résolution européenne, le groupe Ensemble pour la République affirme une ligne de lucidité, de fermeté et de responsabilité. Il n’y a pas de liberté sans sécurité et on ne peut faire preuve de tolérance envers ceux qui instrumentalisent la démocratie pour mieux la détruire. C’est dans cet esprit que nous appelons à l’adoption de cette proposition de résolution européenne.

M. Arnaud Le Gall (LFI-NFP). La lutte contre le terrorisme est une chose trop sérieuse pour qu’on la dévoie dans des opérations de communication politicienne. De quoi est-il question dans ce texte ? Des Frères musulmans, de l’islamisme, du terrorisme… En réalité, on ne sait pas trop de quoi parle ce texte, ce qui est normal car, au fond, ses auteurs s’en moquent.

La fonction réelle de cette proposition de résolution est de prolonger l’interminable croisade identitaire par laquelle le parti Les Républicains essaie d’enrayer son éradication électorale par le Rassemblement National. Toutefois, les gens qui adhèrent à ces thèses préféreront toujours l’original à la photocopie.

Comme l’a affirmé le ministre de l’intérieur, la lutte contre le terrorisme nécessite du discernement, du criblage et du suivi. La semaine dernière, à l’Assemblée nationale, M. Nuñez s’est déclaré défavorable à la mesure que vous proposez, laquelle paraît en effet plus dangereuse qu’autre chose. Mais peut-être me direz-vous que le ministre de l’intérieur est un agent islamiste…

En droit, on poursuit des actes, des faits ; pas des entités floues, pas de vagues idées. Cette initiative ne sert pas la lutte contre le terrorisme. En revanche, elle alimente une islamophobie chauffée à blanc. En suscitant la défiance instinctive d’une partie de la population contre une autre, ce texte servirait d’abord la cause de ceux qu’elle prétend combattre car la stratégie des terroristes, c’est d’abord de chercher à briser l’unité du pays.

Pourquoi choisir de cibler spécialement les Frères musulmans alors qu’ils ne sont pas impliqués dans les attentats terroristes en France ? Pourquoi leur donner un label d’ennemis officiels ?

Première réponse : cette PPRE bancale est un coup politique qui s’inscrit dans la course glauque entre M. Retailleau et M. Wauquiez, lesquels font durer la pantalonnade de leur commission d’enquête. Bien que celle-ci ait viré au fiasco politique pour LR, ils veulent continuer à faire du bruit, d’où ce texte qui, notons-le, ne recueille pas même l’unanimité dans leurs rangs.

Seconde hypothèse : il se pourrait que les auteurs de ce texte s’inscrivent à leur corps défendant dans de plus vastes campagnes. Certains États étrangers nourrissent un contentieux particulier avec les Frères musulmans ou cherchent à affaiblir des États rivaux en ciblant spécifiquement cette organisation. Tel est le choix de l’administration Trump, des Émirats arabes unis ou encore du gouvernement Netanyahou. Nous n’acceptons pas que la France devienne le relais de jeu de ces luttes d’influence. Nous ne sommes pas le relais de puissances étrangères.

Si vous souhaitez, comme nous, combattre la menace terroriste, commencez par cibler correctement l’ennemi au lieu de viser une religion et ses adeptes en général. Ensuite, déterminez-vous en toute indépendance. Enfin, arrêtez d’attaquer l’État de droit. La lutte antiterroriste doit être ferme et implacable mais elle ne doit pas justifier une réduction continue des libertés publiques, d’autant qu’on observe déjà cette dérive. Si vous persistez à suivre cette pente dangereuse, les terroristes auront gagné.

M. Pierre Pribetich (SOC). Nous sommes appelés aujourd’hui à nous prononcer sur une proposition de résolution européenne visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. Le groupe Socialistes et apparentés comme le Parti socialiste n’ont jamais transigé dans la condamnation des actes et des organisations terroristes. Nous avons défendu l’état d’urgence, en 2015, après les attentats du 13 novembre, avec détermination et responsabilité, pour protéger la nation et nos concitoyens. Notre engagement en ce domaine est total, constant et sans ambiguïté.

M. Michel Herbillon (DR). C’est vrai.

M. Pierre Pribetich (SOC). Oui, l’islamisme politique menace nos valeurs républicaines et notre cohésion nationale. Il doit être combattu avec la plus grande fermeté.

Toutefois, cette lutte ne peut se transformer en une instrumentalisation politicienne des outils antiterroristes ni en un affaiblissement de l’État de droit. Or cette proposition soulève des questions juridiques majeures. Le ministre de l’intérieur, qui, à ma connaissance, n’est pas membre du Parti socialiste, a été clair lors de son audition du 18 novembre 2025 : ce que le gouvernement qualifie d’entrisme islamiste fondé sur la dissimulation et le noyautage progressif des démocraties ne relève pas du séparatisme qui, lui, incite explicitement à la violence et mène au terrorisme. M. Nuñez a affirmé sans équivoque que dissoudre l’organisation des Frères musulmans n’avait pas de sens.

Encore la semaine dernière, le ministre de l’intérieur a rappelé qu’il préconisait une prudence absolue sur cette question, plaidant pour une adaptation du cadre européen, le gel des avoirs pour des faits de radicalisation, ou encore un meilleur contrôle des financements européens.

Cette position est partagée par l’ancienne ministre des affaires étrangères Catherine Colonna, qui n’est pas plus membre du Parti socialiste que M. Nuñez mais qui affirmait, en 2022, que l’inscription des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes était juridiquement irrecevable dans la mesure où elle ne répondait pas aux critères stricts du droit européen.

Pourquoi, dès lors, persister dans une voie que le gouvernement lui-même qualifie d’inadaptée ? Pourquoi privilégier un geste de communication au détriment du fond – autrement dit, de l’aspect juridique – au risque d’affaiblir l’efficacité même de notre lutte contre l’islamisme politique ?

Nous refusons de cautionner une manœuvre qui, sous couvert de fermeté, affaiblit, en réalité, nos outils juridiques et discrédite notre action collective. En l’état, et en l’absence d’une position gouvernementale claire et cohérente, nous ne pouvons pas nous prononcer sur cette proposition de résolution européenne.

Nous n’éludons pas la nécessité de combattre l’islamisme radical et la radicalisation. Nous sommes convaincus que la défense de la République et de ses valeurs passe par le renforcement de nos services publics. Face à une menace sérieuse, nous exigeons des réponses sérieuses, solides, juridiquement fondées et pleinement compatibles avec l’État de droit.

M. Laurent Mazaury (LIOT). Ce texte invite à ouvrir un débat sérieux sur la manière dont l’Union européenne appréhende les formes contemporaines de l’islamisme politique organisé. Comme vous l’indiquez dans votre rapport, le ministère de l’intérieur a rendu publique, en mai 2025, une étude qui a mis en lumière les stratégies d’entrisme des Frères musulmans, tant au niveau national qu’à l’échelon européen. D’ailleurs, l’Autriche a décidé en 2021 d’interdire cette mouvance. D’autres pays, tels la Russie, la Syrie, l’Égypte ou encore l’Arabie saoudite ont agi de même. Vous avez d’ailleurs cité, monsieur le rapporteur, la décision prise récemment par les Émirats arabes unis au sujet de leurs ressortissants souhaitant étudier en Grande-Bretagne.

Votre PPRE souligne l’existence de réseaux structurés qui opèrent le plus souvent dans un cadre légal mais qui poursuivent un projet politico-religieux visant à mettre à mal les valeurs fondamentales de l’Union. Ce constat mérite d’être examiné avec sérieux, sans naïveté. Cette question doit être traitée de manière impartiale, en évitant la caricature ou toute récupération politique. En effet, à nos yeux, l’enjeu dépasse les clivages partisans car la sécurité de l’Europe est directement concernée – et, à travers elle, celle de la France, de ses citoyens et la préservation de la démocratie.

C’est pourquoi il me paraît justifié d’inviter, comme vous le faites, la Commission européenne et le Conseil à engager une évaluation juridique et factuelle du réseau transnational des Frères musulmans et de ses ramifications en Europe, ainsi que de ses modes opératoires.

Je suis également favorable au renforcement – introduit par l’amendement de Mme Constance Le Grip – des contrôles en amont et en aval de l’attribution des financements européens afin de garantir que leurs bénéficiaires ne prônent pas une idéologie séparatiste islamiste.

Néanmoins, je note que vous demandez la réalisation simultanée d’une évaluation juridique européenne et de l’inscription des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes. Il me semblerait plus pertinent que l’on commence par réaliser, sous de brefs délais, cette évaluation, puis que, sur le fondement de ses conclusions, nous traitions la deuxième question. Malgré cette réserve, je voterai en faveur de votre proposition de résolution européenne.

Enfin, je profite de cette intervention pour rappeler que d’autres mouvances, organisations, voire États pourraient également être inscrits sur cette liste. Je veux notamment rappeler que plusieurs pays, comme la Pologne, l’Estonie, la République tchèque et la Lituanie, ont adopté des résolutions reconnaissant par exemple – et quel sinistre exemple ! – la Russie comme un État soutenant le terrorisme, utilisant des méthodes terroristes en Ukraine ou comme étant elle-même un régime terroriste. Il conviendrait de faire un tour d’horizon complet et précis de ceux qui souhaitent la destruction de notre État républicain et démocratique, et donc de la France.

Mme Véronique Besse (NI). Je soutiens cette proposition de résolution européenne, qui est plus que salutaire face à l’entrisme islamique qui se propage partout au sein de la civilisation européenne, dans nos écoles, nos universités, l’entreprise, l’administration, le sport, l’espace public, etc. Cet entrisme islamique n’a d’autre but que de rendre notre société charia-compatible. Youssef al-Qaradaoui, l’un des principaux prédicateurs des Frères musulmans, disait que l’islam reviendrait en Europe et que le mouvement islamique ne devait pas chercher à atteindre ses objectifs par la violence mais s’appuyer sur l’éducation, la prédication, la réforme graduelle de la société. Voilà leur tactique : pas de sabre brandi mais un travail de longue haleine, de réseau, démographique, pour constituer des enclaves territoriales dans nos pays afin d’y instaurer la charia.

Il aura fallu tant de temps pour que l’on prête attention aux travaux remarquables de Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui a parfaitement résumé, dans son livre Le frérisme et ses réseaux, le danger que représentent les Frères musulmans. Le rapport de mai 2025 du ministère de l’intérieur sur le frérisme démontre que la situation est plus qu’inquiétante en France. Florence Bergeaud-Blackler n’a pourtant reçu que peu de soutien financier pour mener ses recherches. En outre, elle a été intimidée : plusieurs de ses conférences ont été annulées dans des universités à cause de la pression venant d’un certain camp, celui-là même qui a traité le rapport du ministère de l’intérieur d’« islamophobe ». Il y a une cinquième colonne en France qui prend toujours le parti de l’étranger, d’où l’urgence de reconnaître cette organisation comme terroriste, à l’instar de nombreux pays.

Une Europe qui verse des fonds à des organisations non gouvernementales fréristes et à une université, à Gaza, dont les professeurs appellent à la mort de juifs, femmes et enfants compris, un Conseil de l’Europe qui mène une campagne célébrant « la liberté dans le hijab » : voilà qui nous montre à quel point beaucoup ont été aveugles et naïfs face à cet entrisme. Maintenant que nous connaissons notre ennemi, nous devons tous être unis face à lui. La reconnaissance des Frères musulmans comme organisation terroriste doit participer à un sursaut civique partout en Europe.

M. Éric Pauget, rapporteur. Permettez-moi de reprendre à mon compte, comme je l’ai fait la semaine dernière en commission des affaires européennes, la célèbre citation d’Albert Camus : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde ».

Mme Dominique Voynet (EcoS). Quel dommage !

M. Éric Pauget, rapporteur. C’est précisément ce à quoi nous sommes confrontés.

Chers collègues de LFI, des Écologistes et du groupe Socialistes et apparentés, vous avez raison : la mouvance des Frères musulmans est difficilement quantifiable et les critères le permettant sont compliqués à définir. Cependant, devons-nous attendre et agir a posteriori, comme c’est trop souvent le cas ?

Mme Sabrina Sebaihi (EcoS). Il faut donc condamner a priori ?

M. Éric Pauget, rapporteur. Ce texte a pour but d’inviter la Commission européenne à définir des critères et une méthodologie permettant d’identifier les organisations terroristes.

Un exemple illustre cet objectif. Pourquoi le ministère de l’intérieur est-il en difficulté ? Parce que le CCIF, dissous par la France, a été ressuscité en Belgique sous le nom de CCIE. Cela prouve que nous avons besoin d’une matrice européenne permettant de cibler les organisations terroristes. Cessons d’être naïfs et aveugles, soyons lucides et faisons preuve d’anticipation ; de nombreux pays musulmans nous ont ouvert la voie.

On peut penser ce qu’on veut des États-Unis d’Amérique mais ils viennent de classer les branches nationales des Frères musulmans de plusieurs pays dans la liste des organisations terroristes. À nous de nous saisir de ce texte, au niveau européen, et de créer une matrice d’intervention pour que les États membres soient en mesure de mener une action juridique opérationnelle.

M. le président Bruno Fuchs. Nous en venons aux interventions et questions formulées à titre individuel.

M. Jean-Louis Roumégas (EcoS). La lutte contre le terrorisme est une affaire sérieuse et cette proposition de résolution européenne, à visées électoralistes, est contre-productive.

Votre indignation est à géométrie variable : pour condamner les Frères musulmans, vous vous appuyez sur l’Arabie saoudite, qui applique le wahhabisme, une doctrine politico-religieuse beaucoup plus radicale. Les Frères musulmans y sont considérés comme des terroristes uniquement parce qu’ils sont des rivaux ; nous sommes bien loin de l’idéal démocratique.

Les Frères musulmans ont été au pouvoir dans des pays avec lesquels la France entretient des relations : la Tunisie avec Ennahdha, le Maroc avec le Parti de la justice et du développement (PJD), la Turquie avec le Parti de la justice et du développement (AKP) et le Qatar. Considérez-vous vraiment ces pays comme terroristes ? Dans l’affirmative, il faudrait proposer de cesser immédiatement toute relation avec eux et récupérer au plus vite le club du Paris Saint-Germain (PSG), qui doit être une officine islamiste ! Nous entretenons des relations privilégiées avec ces pays, qui ont pour point commun d’appartenir à la mouvance des Frères musulmans.

S’opposer aux valeurs conservatrices islamistes – ce qui est mon cas – n’autorise pas à dire n’importe quoi : tous les musulmans ne sont pas islamistes et tous les islamistes ne sont pas terroristes. En créant la confusion, vous servez la cause des islamistes et des terroristes.

M. Nicolas Dragon (RN). Notre pays se voit désormais menacé moralement et physiquement par une Union européenne caractérisée par l’abandon des États-nations et de leurs structures d’intégration et d’assimilation, choisi par la France pour agréger au peuple français des personnes issues de toutes origines.

La France et, plus largement, l’Europe, connaissent un afflux idéologique porté par des groupes qui, par le jeu des migrations, sont venus en Europe dans un but de conquête. Ils cherchent à répandre un dogme politico-religieux par l’infiltration de la société, par la culture – comme le livre scandaleux Péchés et guérison appelant au meurtre des chrétiens, des juifs et des homosexuels, en vente à la Fnac – et jusque dans nos institutions républicaines, afin de propager un poison islamiste dangereux pour notre société laïque attachée au respect des libertés individuelles.

Depuis plusieurs années, le Rassemblement National, avec Marine Le Pen, donne l’alerte au sujet de cette pratique dangereuse de l’islam par des groupes rigoristes, en raison notamment de leur financement par des États étrangers. Dès lors, n’est-il pas souhaitable de mener un combat, en France comme dans l’Union européenne, pour éradiquer la menace terroriste que représentent les Frères musulmans ?

M. Frédéric Petit (Dem). Je ne reviendrai pas sur les enjeux du débat, qui ont très bien été résumés par ma collègue Maud Petit, mais permettez-moi de vous faire part d’une expérience personnelle, que j’ai vécue sur ma peau, comme disent les Polonais.

J’ai vécu cinq ans en Égypte, au moment des trois révolutions : de 2010 à 2015. Mon équipe comptait des femmes voilées, qui ne me serraient pas la main ; pourtant, cette société musulmane traditionnelle a rejeté les Frères musulmans. Ces derniers n’avançaient pas masqués : ils étaient armés et ont tué, jetant des gens du haut des immeubles à Alexandrie. Lorsque l’Égypte a interdit les Frères musulmans, ce n’était pas une nébuleuse comme chez nous. Non seulement les gouvernements des pays que vous avez évoqués ont une attitude différente, mais leurs sociétés également.

Malgré l’incertitude juridique rappelée par ma collègue, nous ne devons pas être naïfs et nous donner les moyens de comprendre pourquoi les Frères musulmans ne sont pas considérés de la même manière par toutes les sociétés.

Mme Constance Le Grip (EPR). Je partage l’objectif de cette proposition de résolution européenne, soutenue par les membres du groupe Ensemble pour la République.

Beaucoup a déjà été dit mais il me semble important de rappeler que ce texte vise à envoyer un message à la fois politique et diplomatique. Il invite les institutions européennes – au premier rang desquelles la Commission européenne – à mener à bien un travail juridique d’analyse, de décryptage, d’identification et de ciblage des différentes réalités que recouvre la mouvance des Frères musulmans. Le moment est venu de mettre fin à la naïveté, la complaisance, l’indifférence ou la procrastination, et d’envoyer des messages politiques forts, tant sur la scène française que sur la scène européenne.

Mme Sabrina Sebaihi (EcoS). Il serait utile de voter des textes servant véritablement à lutter contre l’islamisme radical et l’intégrisme. Celui que nous examinons est un texte de communication et d’affichage, visant à envoyer des signaux plutôt qu’à résoudre les problèmes ; il sera voté, alors que nous savons qu’il n’aboutira pas.

De plus, avec ce texte, vous sous-entendez qu’il existe une présomption de culpabilité des musulmans, raison pour laquelle il faudrait voter des textes permettant de leur taper dessus. Le choix des chercheurs que vous citez est à cet égard très éclairant : la fameuse spécialiste – que je ne citerai pas, pour ne pas lui faire de publicité – ne sait pas dire un mot en arabe, qu’elle prétend pourtant avoir appris, et explique que l’eau et les voyages seraient hallal. Nous sommes loin d’avoir affaire à une véritable spécialiste de l’islam, alors qu’elle se présente pourtant comme une experte.

Quant au rapport des sénateurs, il recommande d’interdire le voile très tôt parce qu’il provoquerait la chute des cheveux et des carences en vitamine D ! Il s’agit là d’une démarche de communication et de stigmatisation plutôt que de lutte contre le radicalisme ; elle participe à la fracture de notre pays, ce qui est très grave. Depuis des mois, nous subissons sur les plateaux de télévision des messages et des communications, émanant pour partie de responsables politiques, qui risquent, à terme, de provoquer une fracture irrémédiable.

M. Éric Pauget, rapporteur. Je voudrais rappeler à nos collègues de LFI et des Écologistes que tout ce qui est excessif est insignifiant.

M. Jean-Louis Roumégas (EcoS). On est bien d’accord là-dessus !

M. Éric Pauget, rapporteur. Contrairement à ce que vous dites, ce texte a vocation à protéger les musulmans et leur pratique religieuse. Pour une fois que des mesures d’anticipation sont proposées, ouvrez les yeux !

Le ministre de l’intérieur a déclaré que la France manquait d’outils pour aller plus loin et qu’une réponse européenne était nécessaire. La Commission européenne doit se doter des outils pour créer une matrice opérationnelle, qui permettra aux États membres de réagir.

Mme Sabrina Sebaihi (EcoS). Proposez des solutions réelles et efficaces dans ce cas.

M. Éric Pauget, rapporteur. Enfin, pour ma part je ne fréquente pas les plateaux de télévision : je fais mon travail de parlementaire, à l’Assemblée nationale !

M. le président Bruno Fuchs. Nous en venons à présent à l’examen des amendements déposés sur le texte de la proposition de résolution européenne.

*

Texte de la proposition de résolution européenne

La commission adopte successivement les amendements rédactionnels AE3, AE4, AE5, AE6, AE7, AE8, AE10 et AE11 de M. Éric Pauget, rapporteur.

M. Pierre Pribetich (SOC). Le groupe Socialistes et apparentés ne prendra pas part au vote sur ce texte.

La commission adopte la proposition de résolution européenne ainsi modifiée.

([1]) Position commune du Conseil européen du 27 décembre 2001 relative à l’application de mesures spécifiques en vue de lutter contre le terrorisme (2001/931/PESC).

([2]) Ministère de l’intérieur le 21 mai 2025, Frères musulmans et islamisme politique en France, p. 40.

([3]) Ibid., p. 57.

([4]) Assemblée nationale, rapport publié le 10 décembre 2025 au nom de la commission d’enquête sur les liens existant entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste, p. 19.

([5]) L’islamisme est défini par Ghaleb Bencheikh comme une « idéologisation exacerbée des préceptes religieux islamiques, pour d’autres fins que spirituelles, en vue d’un projet ou plutôt d’un “ contre-projet ” social et politique », lors de son audition le 28 octobre 2025 devant la commission d’enquête sur les liens existant entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste.

([6]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 21 mai 2025, p. 10.

([7]) Hassan el-Banna, cité par Mohammed Arkoun (Mohammed Arkoun, Louis Gardet, L’Islam, hier-demain, éditions Buchet-Chastel, 1978, p. 157).

([8]) Olivier Roy, L’échec de l’islam politique, Points, 2eme édition, 2015.

([9]) Michaël Prazan, Histoire et stratégie de la confrérie des Frères musulmans, Revue des Deux Mondes, dossier « La stratégie des Frères musulmans », novembre 2019.

([10]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, p. 11.

([11]) Assemblée nationale, rapport publié le 10 décembre 2025 au nom de la commission d’enquête sur les liens existant entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste, p. 25.

([12]) Ibid., p.26.

([13]) Ibid., p. 46.

([14]) William Molinié, « Islamisme : comment les Frères musulmans font main basse sur les quartiers », Le Journal du Dimanche, 25 mai 2025.

([15]) Assemblée nationale, rapport publié le 10 décembre 2025 au nom de la commission d’enquête sur les liens existant entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste, p. 45.

([16]) Olivier Roy, L’échec de l’islam politique, Points, 2eme édition, 2015.

([17]) Assemblée nationale, rapport publié le 10 décembre 2025 au nom de la commission d’enquête sur les liens existant entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste, p. 48.

([18]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, p. 35.

([19]) Assemblée nationale, rapport publié le 10 décembre 2025 au nom de la commission d’enquête sur les liens existant entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste, p. 34.

([20]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, p. 58.

([21]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, p. 65.

([22]) Ibid., p. 18.

([23]) Créée en 1983, l’Union des organisations islamiques en France (UOIF) a été rebaptisée Musulmans de France en 2017.

([24]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, p. 40.

([25]) Association chargée de représenter les musulmans de France auprès des instances étatiques pour les questions relatives à la pratique religieuse.

([26]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, p. 44.

([27]) Ibid.

([28]) Dans son arrêt rendu le 23 avril 2025, le tribunal administratif de Lille a néanmoins rétabli le contrat d’association. Le ministère de l’éducation nationale a interjeté appel de la décision.

([29]) Arrêté du 16 juin 2025 portant application des articles L. 562-2 et suivants du code monétaire et financier.

([30]) Mission « flash » sur les dérives communautaristes et islamistes dans le sport, communication des rapporteurs Julien Odoul et Caroline Yadan, 5 mars 2025, p. 3.

([31]) Réponse ministérielle à la question écrite n° 3607 de la députée Edwige Diaz.

([32]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, p. 46.

([33]) Il s’est très rapidement reconstitué en Belgique sous le nom de Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE).

([34]) Assemblée nationale, rapport publié le 10 décembre 2025 au nom de la commission d’enquête sur les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste, pp. 59 à  74.

([35]) Ibid., p. 75 à 114.

([36]) https://www.bmi.bund.de/SharedDocs/kurzmeldungen/DE/2024/06/meldung-vsb2023.html

([37]) https://assets.publishing.service.gov.uk/media/5a817cdaed915d74e6232892/Muslim_Brotherhood_Review_Main_Findings.pdf  

([38]) Réponse ministérielle du 12 mars 2024 à la question écrite n° 7430 de Caroline Yadan.

([39]) Assemblée nationale, rapport publié le 10 décembre 2025 au nom de la commission d’enquête sur les liens existant entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste, p. 30.

([40]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, p. 28.

([41]) Dont 25 millions d’euros en France.

([42]) Georges Malbrunot, Christian Chesnot, Qatar Papers : comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe, Michel Lafon, 4 avril 2019.

([43]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, pp. 44 à 49.

([44]) La loi n° 2021-1109 du 24 août 2001 oblige ainsi toute association cultuelle à déclarer les avantages et ressources excédant 15 300 euros par an provenant de l’étranger sous peine de sanction.

([45]) Les mêmes sanctions sont encourues s’agissant de Daech et d’Al-Qaïda.

([46]) L’administration Trump a envisagé de classer la confrérie comme organisation terroriste à la suite d’une demande en ce sens du gouvernement égyptien. Le département d’État avait exprimé ses réticences au regard du risque d’englober certains partis politiques prônant un islam modéré dans cette catégorie.

([47]) Le Figaro, Le Texas classe deux organisations musulmanes, dont les Frères musulmans, comme « terroristes », 18 novembre 2025.

([48]) Décret du 5 janvier 2022 portant dissolution de deux associations Association allonnaise pour le juste milieu et Al Qalam.

([49]) Ministère de l’intérieur, Frères musulmans et islamisme politique en France, 2025, p. 56.

([50]) L’UE a également adopté le règlement (CE) 2580/2001 du Conseil concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités dans le cadre de la lutte contre le terrorisme

([51]) Un cadre spécifique applicable, d’une part, aux groupes terroristes affiliés à Daech et à Al-Qaïda et, d’autre part, au Hamas et au Jihad islamique palestiniens ont respectivement été mis en œuvre en 2016 et 2024.

([52]) En février 2024, le Conseil a introduit une exception humanitaire aux mesures de gel des avoirs. À la suite de cette décision, certaines catégories d’acteurs humanitaires peuvent désormais effectuer des transactions avec des personnes et entités figurant sur la liste sans autorisation préalable, uniquement si l’objectif est de fournir une aide humanitaire ou de soutenir d’autres activités visant à répondre aux besoins humains fondamentaux des personnes dans le besoin. Il s’agit notamment des acteurs mentionnés dans la resolution n° 2664 adoptée en 2022 par le Conseil de sécurité de l’ONU, des organisations et agences certifiées partenaires humanitaires de l’UE ou de ses États membres et des agences spécialisées des États membres. L’exception humanitaire a récemment été prorogée jusqu’au 22 février 2027.

([53]) Cour européenne des droits de l’Homme, Refah Partisi c. Turquie, 13 février 2003.

([54]) Le Qatar a cependant modéré son soutien à la mouvance frériste et s’est engagé à davantage de transparence dans le cadre de sa participation à des financements de projet à la suite de l’accord d’Al-Ula signé en 2021 avec l’Arabie saoudite, Bahreïn, Oman, le Koweït et l’Égypte et les Émirats arabes unis.  

([55]) Seul le groupe de La France insoumise a voté contre.

([56]) Les groupes Écologistes et Social et de La France insoumise ont voté contre, le groupe Socialistes et apparentés a indiqué ne pas prendre part au vote.  

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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