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La neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public

Rapport 21/10/2025 N° 1983 RAPPANR5L17B1983
Exposé des motifs

assignent à la commission d’enquête un champ d’investigations précis.

En effet, selon l’

Article 1

Article 1

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Article 137

Les propositions de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sont déposées sur le bureau de l’Assemblée. Elles doivent déterminer avec précision soit les faits qui donnent lieu à enquête, soit les services ou entreprises publics dont la commission doit examiner la gestion. Elles sont examinées et discutées dans les conditions fixées par le présent Règlement.

Article 138

Article 138

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1. Est irrecevable toute proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête ayant le même objet qu’une mission effectuée dans les conditions prévues à l’article 145-1 ou qu’une commission d’enquête antérieure, avant l’expiration d’un délai de douze mois à compter du terme des travaux de l’une ou de l’autre.

2. L’irrecevabilité est déclarée par le Président de l’Assemblée. En cas de doute, le Président statue après avis du Bureau de l’Assemblée.

Article 139

Article 139

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1. Le dépôt d’une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête est notifié par le Président de l’Assemblée au garde des Sceaux, ministre de la Justice.

2. Si le garde des Sceaux fait connaître que des poursuites judiciaires sont en cours sur les faits ayant motivé le dépôt de la proposition, celle-ci ne peut être mise en discussion. Si la discussion est déjà commencée, elle est immédiatement interrompue.

3. Lorsqu’une information judiciaire est ouverte après la création de la commission, le Président de l’Assemblée, saisi par le garde des Sceaux, en informe le président de la commission. Celle‑ci met immédiatement fin à ses travaux.

Source : Règlement de l’Assemblée nationale.

● En premier lieu, une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête doit satisfaire à l’exigence d’une détermination précise des faits donnant lieu à enquête ou des services ou entreprises publics dont la commission doit examiner la gestion. Tel est le cas en l’espèce puisque l’article unique ainsi que l’exposé des motifs assignent à la commission d’enquête un champ d’investigations précis.

En effet, selon l’article unique, la commission d’enquête serait chargée « de réaliser une étude approfondie sur la neutralité, le fonctionnement et le financement du service public » de l’audiovisuel.

Or, les entreprises du service public de la communication audiovisuelle sont précisément citées aux articles 44 et 45 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication : il s’agit principalement de France télévisions, Radio France, France Médias Monde, Arte-France et l’INA. S’y ajoute l’entreprise TV5 Monde, à laquelle la Charte de TV5, convention internationale ratifiée par la France et cinq autres États ou provinces francophones (Canada, Québec, Communauté de Wallonie-Bruxelles en Belgique, Suisse et principauté de Monaco), a également confié une mission de service public : promouvoir le patrimoine audiovisuel francophone. Ainsi, les entreprises publiques dont la commission entend examiner la gestion sont précisément déterminées bien que le texte de la proposition de résolution ne les cite pas expressément.

L’exposé des motifs précise par ailleurs que les travaux de la commission porteraient plus spécifiquement sur :

– les thèmes développés et les angles retenus par le service public, notamment le processus de décision de l’organisation des grilles de programmes, afin de s’assurer de l’absence de tout agenda politique dans celui-ci ;

– l’objectivité et la traçabilité de l’ensemble des processus de décision, notamment en matière de ressources humaines, d’attributions de contrats, de recrutements, nominations, sanctions et licenciements ;

– l’existence de potentielles collusions avec des facteurs exogènes (pressions politiques, leviers d’influence, lobbys) et de conflits d’intérêts qui pourraient avoir une influence sur les processus de décisions.

– la gestion, la répartition et l’utilisation des budgets consacrés à l’audiovisuel public.

La proposition de résolution est donc conforme aux dispositions de l’article 137 du Règlement de l’Assemblée nationale.

La finalité de la commission d’enquête dont il est demandé la création correspond également à l’esprit et à la lettre de l’alinéa 2 de l’article 6 de l’ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 : en proposant de faire la lumière sur la façon dont les entreprises de l’audiovisuel public mettent en œuvre leurs obligations légales et réglementaires de neutralité, de pluralisme et d’indépendance, ainsi que sur leur fonctionnement et leur financement, la proposition de résolution invite de fait à « recueillir des éléments d’information sur la gestion des services publics […] ».

● En second lieu, la proposition de résolution définit un champ d’investigations qui ne paraît pas de nature à interférer avec celui d’une mission d’information investie des prérogatives d’une commission d’enquête ou d’une commission d’enquête dont les travaux se seraient achevés dans les douze derniers mois.

En effet, le recensement des commissions d’enquête créées depuis moins d’un an à l’Assemblée nationale montre qu’aucune ne présente le même objet ([1]), bien que les travaux menés par la commission des Affaires culturelles et de l’éducation aient pu, en plusieurs occasions, aborder certaines thématiques évoquées par la présente proposition de résolution.

La dernière commission d’enquête relative au secteur de la communication audiovisuelle, dont les travaux portaient sur l’attribution, le contenu et le contrôle des autorisations de services de télévision à caractère national sur la télévision numérique terrestre, s’est achevée il y a plus de douze mois, le 7 mai 2024.

Ainsi, la présente proposition de résolution remplit la condition de recevabilité prévue à l’article 138 du Règlement de l’Assemblée nationale.

● En dernier lieu, la proposition de résolution ne contrevient pas à l’interdiction faite aux assemblées parlementaires de créer des commissions d’enquête portant sur des faits donnant lieu à des poursuites judiciaires.

En réponse au courrier l’informant de l’examen de la proposition de résolution visant à créer la commission d’enquête, le garde des Sceaux, dans un courrier daté du 20 octobre 2025, indique ne pas avoir connaissance de procédures judiciaires en cours en lien avec les faits ayant motivé le dépôt de la proposition.

Dès lors, cette condition de recevabilité est remplie.

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Aussi, il résulte de l’analyse qui précède que la proposition de résolution n° 1865 est juridiquement recevable au regard des exigences de l’article 6 de l’ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires et des articles 137 à 139 du Règlement.

   EXAMEN EN COMMISSION

Au cours de sa réunion du mardi 21 octobre 2025, la commission examine la proposition tendant à la création d'une commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public (n° 1865) ([2]).

M. le président Alexandre Portier. Le président du groupe UDR a fait savoir lors de la réunion de la conférence des présidents du 14 octobre dernier que son groupe souhaitait utiliser son droit de tirage pour la création de cette commission d’enquête. Conformément au second alinéa de l’article 140 de notre règlement, notre commission, à laquelle la proposition de résolution a été renvoyée, doit vérifier sa recevabilité sans se prononcer sur son opportunité ni pouvoir amender son dispositif. Nous avons désigné M. Charles Alloncle rapporteur sur cette proposition.

M. Charles Alloncle, rapporteur. Le président Ciotti a annoncé lors de la conférence des présidents du 14 octobre dernier que le groupe UDR ferait usage de son droit de tirage pour créer une commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Ce droit de tirage est accessible à dix des onze groupes représentés dans notre hémicycle. En effet, conformément à l’article 141, alinéa 2 du règlement de l’Assemblée nationale, chaque président de groupe minoritaire ou d’opposition peut l’exercer une fois par session ordinaire. La présente proposition de résolution formalise donc cette demande de création qui est de droit. Le vote d’aujourd’hui porte uniquement sur sa recevabilité et non sur son opportunité politique ou sa pertinence, selon la procédure prévue à l’article 140, alinéa 2 de notre règlement.

Pour être recevable, cette proposition doit satisfaire trois conditions. Premièrement, l’article 137 de notre règlement dispose que les propositions visant à créer une commission d’enquête doivent « déterminer avec précision les services ou entreprises publiques dont la commission doit examiner la gestion ». Cette exigence est remplie puisque son article unique propose « de réaliser une étude approfondie sur la neutralité, le fonctionnement et le financement du service public de l’audiovisuel ». Les entreprises concernées sont clairement définies par la loi dite Léotard du 30 septembre 1986 : France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, Arte France et l’Institut national de l’audiovisuel (INA).

Par ailleurs, cette commission s’articulerait autour de quatre axes précis. Elle contrôlera le respect de l’obligation d’impartialité incombant aux entreprises de l’audiovisuel public, notamment dans la conception des programmes, le choix des thèmes et l’angle de traitement des sujets, afin de vérifier l’absence de tout agenda politique au sein d’entités financées par dotations publiques. Elle examinera également leur bon fonctionnement, particulièrement la gestion des ressources humaines et l’objectivité des processus de recrutement, nominations, sanctions et licenciements. Le troisième axe visera à s’assurer de l’absence de conflits d’intérêts ou de collusion avec des facteurs externes, qu’il s’agisse de pressions politiques, de leviers d’influence ou de lobbies susceptibles d’orienter les processus de décisions. Enfin, le quatrième axe portera sur le financement, tant dans la gestion que dans la répartition et l’utilisation des crédits alloués annuellement au service public audiovisuel. Le spectre de cette commission étant précisément déterminé, le premier critère est donc rempli.

Concernant le deuxième critère de recevabilité, la proposition de résolution ne doit pas porter sur un sujet ayant fait l’objet d’une commission d’enquête au cours de l’année précédente. Ce n’est pas le cas ici puisque la dernière commission d’enquête relative à la communication audiovisuelle, qui traitait de l’attribution, du contenu et du contrôle des autorisations de services de télévision à caractère national sur la TNT, s’est achevée le 7 mai 2024, soit il y a plus de douze mois. Ce critère est donc rempli.

Enfin, le troisième critère, posé par l’article 139 du règlement, prévoit que la proposition de résolution ne peut être débattue si le garde des Sceaux fait connaître que des poursuites judiciaires sont en cours sur les faits ayant motivé le dépôt de la proposition. L’ordonnance du 17 novembre 1958, dans son article 6 alinéa 3, précise également que la mission d’une commission d’enquête déjà créée prend fin dès l’ouverture d’une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle enquête. La présidente de l’Assemblée nationale a interrogé le garde des Sceaux qui a répondu hier ne pas avoir connaissance de procédure judiciaire en cours sur ces faits.

Les trois conditions de recevabilité étant donc réunies, cette proposition de résolution est juridiquement recevable.

M. le président Alexandre Portier. Merci, Monsieur le rapporteur. Plusieurs orateurs de groupe se sont signalés. Je leur donne la parole pour deux minutes.

Mme Caroline Parmentier (RN). Au nom du groupe Rassemblement national, je salue la création de cette commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public initiée par le Groupe UDR et j’apporte mon plein soutien à cette démarche. La Cour des comptes a récemment étrillé dans le détail les finances et la dégradation financière de France Télévisions qui terminera l’année avec un déficit de 40 millions d’euros. J’ajoute qu’il devient de plus en plus difficile de percevoir la spécificité de l’audiovisuel public. La représentation nationale doit absolument travailler sur ce sujet. Le Rassemblement national soutient cette commission d’enquête, recevable dans sa forme et nécessaire sur le fond.

Mme Céline Calvez (EPR). Je tiens à le réaffirmer au nom du groupe Ensemble pour la République : l’audiovisuel public constitue une colonne vertébrale de notre démocratie. Il garantit à chaque citoyen, sans distinction de lieu ni de condition, l’accès à une information fiable, pluraliste et indépendante. Comme l’a souligné l’Inspection générale des finances (IGF) dans son rapport de 2024, face à l’archipélisation de la société, l’audiovisuel public demeure le seul média dont l’objectif est de s’adresser à tous et de créer du commun. Dans un monde où ressurgissent les ingérences et la désinformation, son rôle s’avère donc irremplaçable.

Concernant la question de l’impartialité et du respect du pluralisme, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) exerce aujourd’hui un contrôle accru, tandis que les sociétés de l’audiovisuel public prennent elles-mêmes des mesures concrètes pour renforcer et démontrer leur transparence. La présidente Sibyle Veil a récemment rappelé devant nos collègues sénateurs que Radio France s’engageait dans un processus de publication hebdomadaire d’un bilan automatisé recensant, à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, les intervenants et les thématiques diffusées sur ses antennes, afin d’illustrer de manière objective et transparente la diversité et la pluralité des points de vue. Ces démarches volontaristes témoignent de la volonté des équipes de créer un espace de confiance et non de polarisation ou de polémique.

Alors que l’audiovisuel public traverse actuellement une période d’incertitude financière et stratégique, en l’absence de contrats d’objectifs et de moyens, il serait irresponsable d’ajouter la polémique à la polémique. Le récent rapport de la Cour des comptes sur France Télévisions souligne au contraire la nécessité d’un soutien accru de l’État. Notre collègue Denis Masséglia a d’ailleurs déposé un amendement au projet de loi de finances (PLF) 2026 visant à stabiliser ses crédits.

La commission d’enquête envisagée ne doit donc pas se transformer en tribunal médiatique, mais devenir un instrument de clarté et de progrès. Le débat doit se concentrer sur l’avenir, sur des propositions concrètes pour garantir la pérennité d’un audiovisuel public indépendant, financièrement stable et pleinement inscrit dans la révolution numérique, plutôt que sur des procès d’intention. C’est à cette condition que notre audiovisuel public demeurera un rempart démocratique et un outil de confiance pour les Français.

M. Aurélien Saintoul (LFI-NFP). Quelle ironie de voir l’extrême droite, qui a tant conspué la commission d’enquête sur les chaînes de la TNT dont j’étais rapporteur, en créer une aujourd’hui sur l’audiovisuel public. Il y a un an à peine, l’extrême droite ne trouvait pas de mots assez durs pour stigmatiser mon travail. Je n’étais pas impartial, j’incarnais un censeur oscillant entre Saint-Just et Torquemada. J’avais eu, il est vrai, le mauvais goût de demander des comptes aux milliardaires qui nous submergent sous leur propagande.

Je ne vous accuserai pas, contrairement à vous, de manquer d’impartialité, puisque par définition, nous sommes tous ici des députés engagés, nous avons pris parti, nous sommes partiaux. Vous choisissez de mettre l’audiovisuel public sur le grill, je ne vous en ferai pas grief. Après tout, la République ne reconnaît aucune vache sacrée.

En revanche, je vous l’affirme avec force, vous manquez totalement de crédibilité. Vous démontrez constamment votre incompréhension des obligations en matière de pluralisme. Votre obsession consiste à faire taire toute voix un tant soit peu de gauche sur l’audiovisuel public, tout en refusant d’admettre que Vincent Bolloré a transformé son empire médiatique en machine de guerre au service exclusif de votre famille politique. Comment pourriez-vous alors juger objectivement du respect du pluralisme dans l’audiovisuel public ? Vous nourrissez à l’égard des différentes entreprises du service public audiovisuel une animosité qui confine à la haine.

Nous ne sommes pas dupes et nous nous investirons pleinement dans cette commission d’enquête pour garantir que vous n’abuserez pas des pouvoirs qu’elle vous confère. Nous veillerons à ce que vous n’utilisiez pas certains dysfonctionnements condamnables, mais déjà bien connus, pour occulter la qualité de ce service public dont le rôle demeure déterminant pour la vie culturelle et démocratique de notre pays. J’en veux pour preuve un exemple particulièrement adapté : un récent podcast de France Inter. L’émission s’intitule « Le fil de l’histoire » où l’historien Laurent Joly fait bénéficier le public des dernières avancées scientifiques pour répondre à la question « Le régime de Vichy était-il une dictature ? ». On chercherait en vain pareille émission sur une grande chaîne privée, a fortiori chez Bolloré.

M. Emmanuel Grégoire (SOC). La proposition de résolution soumise à notre examen ne propose pas véritablement la création d’une commission d’enquête mais s’apparente davantage à une mise en accusation politique. Ce texte se présente comme défenseur de la neutralité et du pluralisme, alors qu’il vise fondamentalement à jeter le discrédit sur les institutions indépendantes qui en garantissent l’intégrité.

Soyons parfaitement clairs, il ne s’agit nullement ici de constituer une commission d’enquête pour renforcer le pluralisme ou garantir une information fiable à nos concitoyens, d’autant que nos débats bénéficient déjà des éclairages d’un rapport de l’IGF et d’un rapport de la Cour des comptes. En réalité, cette initiative cherche à redéfinir les contours du service public de l’audiovisuel selon des critères purement partisans. Derrière les termes de neutralité et de contrôle, transparaît la tentation caractéristique de l’extrême droite qui n’accepte le pluralisme que lorsqu’il se soumet à ses vues.

Car M. Ciotti et ses collègues n’ont jamais exprimé la moindre inquiétude pour le pluralisme lorsqu’un industriel, Vincent Bolloré, concentre entre ses mains radios et chaînes d’information, transformant des médias d’opinion en véritables médias d’influence. Pas un mot, pas une commission d’enquête, pas un amendement, pas une indignation. Mais qu’une journaliste de France Inter assume un regard progressiste ou qu’une présidente de l’audiovisuel public rappelle la vocation d’émancipation du service public, soudain la droite extrême dénonce une prétendue dérive idéologique. Ce deux poids deux mesures révèle beaucoup. Il ne traduit pas une exigence de vérité, mais dévoile une stratégie politique délibérée.

Derrière cette initiative se cache la conception que l’audiovisuel public constituerait un adversaire culturel qu’il faudrait impérativement remettre au pas. Je tiens à affirmer très solennellement qu’il s’agit d’une attaque contre un pilier essentiel de la République. L’audiovisuel public ne représente pas une simple administration de la communication, il remplit une mission démocratique fondamentale : informer sans dépendre des puissances économiques, représenter la société dans toute sa diversité, garantir l’égal accès à la culture et à la reconnaissance. Le législateur a précisément voulu que cette indépendance soit garantie par l’Arcom. L’Arcom exerce cette fonction avec rigueur et transparence, en sanctionnant les comportements qui constitueraient une dérive. La France n’a nullement besoin d’une commission d’enquête alimentant la méfiance, elle a besoin d’un État qui assume pleinement la valeur du service public. Cette résolution ne vise pas à défendre la démocratie, elle vise à l’intimider !

Mme Frédérique Meunier (DR). Le dépôt de cette proposition de résolution s’inscrit dans un contexte d’appréciation très dégradée d’une partie de l’opinion publique concernant l’audiovisuel public. Accusé de parti pris politique, voire de collusion avec les forces de gauche, celui-ci peine à démontrer son impartialité et sa neutralité.

Au-delà du contexte récent, cette proposition de résolution exprime également la position du groupe UDR et de son président sur l’audiovisuel public, qu’ils n’envisagent pas de le réformer mais bien de le privatiser. En effet, contrairement au groupe Les Républicains qui a toujours défendu la réforme et la reprise en main d’un audiovisuel public dont les missions d’information demeurent essentielles pour nos concitoyens, l’UDR considère que le secteur privé peut opportunément et sans inconvénient s’y substituer. À cet égard, il apparaît clairement que cette commission d’enquête servira davantage de tribune politique que de tentative d’éclairer véritablement le débat public en la matière.

Cependant, le groupe Droite Républicaine ne s’opposera pas à la création de cette commission d’enquête qui est non seulement de droit, mais également pertinente au regard des dérives éditoriales avérées et documentées de certaines antennes. Nous souscrivons d’ailleurs à bon nombre des constats établis dans l’exposé des motifs de la proposition de résolution. Pour autant, nous formons le vœu que cette commission ne se réduise pas à une succession de happenings motivés par la recherche du buzz et de la visibilité médiatique, mais qu’elle contribue véritablement à enrichir notre analyse sur le fond.

Mme Sophie Taillé-Polian (EcoS). De notre point de vue, le droit de tirage sur les commissions d’enquête constitue un instrument extrêmement précieux qui permet à chaque groupe de déterminer librement les sujets qu’il souhaite approfondir. Cependant, certains critères de recevabilité s’imposent et votre exposé, Monsieur le rapporteur, ne m’a nullement convaincue concernant le premier de ces critères, qui exige que le champ soit clairement établi.

Sur le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, nous n’émettons aucune objection, le spectre apparaît effectivement clairement délimité. En revanche, la notion de neutralité, telle que vous la définissez, se révèle inappropriée car vous confondez plusieurs éléments. Vous amalgamez notamment les obligations incombant aux agents publics avec les missions de service public des médias publics. Vous prétendez donner un fondement sérieux à votre démarche en vous appuyant sur des décisions du Conseil d’État, mais ces décisions affirment l’exigence de neutralité en matière religieuse qui s’impose à tout agent public, qu’il exerce à Radio France, à l’Assemblée nationale, dans les hôpitaux ou dans tout autre service public.

Par ailleurs, le terme de neutralité ne figure pas dans la loi de 1986. Vous auriez pu évoquer d’autres concepts plus pertinents, comme l’indépendance ou le pluralisme, mais vous avez choisi de ne pas le faire. De plus, quelle légitimité aurions-nous à nous substituer à l’Arcom, précisément chargée d’évaluer l’impartialité du service public audiovisuel ? Nous assumons tous ici une position partiale puisque nous sommes des élus partisans, porteurs d’un programme politique. Nous ne représentons donc manifestement pas l’instance la plus appropriée pour juger de l’impartialité du service public.

Enfin, parmi les arguments fallacieux que vous déployez, vous utilisez une citation de Mme Ernotte que vous avez délibérément tronquée. Selon vos affirmations, Mme Ernotte aurait déclaré : « On essaie de représenter la France telle qu’on voudrait qu’elle soit ». Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que vous suggérez que Mme Ernotte et France 2 défendraient une vision idéologique. Or, ces propos ont été prononcés en 2023 par Mme Ernotte en réponse à une question spécifique portant sur la représentation des femmes sur les plateaux d’experts. Vos arguments manquent donc de fondement et se révèlent juridiquement incorrects. Pour ces raisons, je vous invite instamment à retirer ces références à la neutralité et à restructurer votre demande afin qu’elle puisse satisfaire aux conditions de recevabilité.

M. Jérémie Patrier-Leitus (HOR). L’audiovisuel public n’appartient à aucun député, quelle que soit sa place sur ces bancs, à aucun responsable politique, pas davantage à ses salariés, ni à ses auditeurs ou téléspectateurs. Il appartient à l’ensemble des Français qui en sont les seuls financeurs.

Nous avons besoin d’un service public fort, indépendant et exigeant. Cet attachement à l’audiovisuel public ne doit toutefois pas nous empêcher de poser des questions légitimes puisque, comme je l’ai souligné, il est financé par l’argent des Français. Il est normal et même salutaire que le Parlement exerce son droit de regard, qu’il évalue et contrôle l’audiovisuel public. Cette demande de commission d’enquête vise précisément à faire toute la lumière sur le fonctionnement, la gouvernance, l’indépendance éditoriale et l’utilisation des ressources publiques.

Je tiens cependant à affirmer très clairement, Monsieur le rapporteur, que cette commission ne doit pas être dévoyée, transformée en instrument de règlement de compte, en spectacle médiatique, ou pire encore, en tribunal politique. J’adresse cette mise en garde à l’ensemble des collègues : nous devons être vigilants quant à la manière dont nos commissions d’enquête fonctionnent. Notre responsabilité consiste à garantir un débat digne, rigoureux et fondé sur les faits. Ce n’est qu’à ce prix que cette commission servira utilement l’audiovisuel public. Par conséquent, si nous soutenons la création de cette commission d’enquête, nous souhaitons qu’elle mène des travaux exigeants, sérieux et dans un esprit de responsabilité.

M. Bartolomé Lenoir (UDR). Je souhaite simplement rappeler que nous examinons ici la recevabilité de cette commission d’enquête qui s’avère parfaitement légitime et démocratique, contrairement à certains propos tenus précédemment. Comme l’a démontré le rapporteur, cette commission satisfait pleinement aux trois critères de recevabilité. Le groupe UDR approuvera donc sans réserve cette commission d’enquête.

M. Charles Alloncle, rapporteur. Je vous remercie pour vos interventions. Il convient de rappeler que nous examinons ce soir l’opportunité et la recevabilité de cette commission d’enquête. C’est précisément pour cette raison que j’ai adopté une approche technique plutôt que politique, en m’appuyant sur les trois critères de recevabilité que, vous l’admettrez, la quasi-totalité d’entre vous, à l’exception du Parti socialiste, reconnaît comme satisfaits.

Concernant l’intervention du groupe écologiste, vous contestez la définition du périmètre, estimant que le premier critère ne serait pas rempli. Vous fondez votre argument sur l’exposé des motifs, mais ce qui importe dans une proposition de résolution, c’est avant tout son dispositif. Ce premier critère exige qu’une commission d’enquête détermine avec précision les services ou entreprises publiques dont elle doit examiner la gestion. Je me réfère à la loi Léotard du 30 septembre 1986 qui cite précisément les entreprises chargées du service public de l’audiovisuel que cible l’article unique de la proposition : France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, Arte et l’INA pour l’essentiel. Le critère de définition du périmètre se trouve donc parfaitement satisfait.

C’est cette même loi de 1986 qui dispose que le principe d’impartialité du secteur public de la communication audiovisuelle doit être garanti. Notre commission s’attachera à vérifier que cette obligation est respectée par ces organismes chargés d’une mission de service public. Cette vérification, peut-être dérangeante pour certains, constitue néanmoins une obligation que l’Assemblée nationale doit examiner, en parfaite conformité avec le premier critère.

En réponse aux groupes qui manifestent des réserves, notamment le groupe socialiste qui évoque des craintes de privatisation, je tiens à préciser que cette commission d’enquête ne présuppose aucune conclusion. Ni moi-même, ni mon collègue de l’UDR n’avons formulé la moindre exigence de privatisation. Nous ne cherchons pas à établir des conclusions avant même le début de ces six mois de travaux. Nous adopterons une démarche de vérification rigoureuse : existe-t-il un agenda politique sous-jacent ? Constate-t-on des collusions d’intérêts entre certains partis ou lobbys ? Les procédures de nomination ou de licenciement respectent-elles les missions de service public ? Tels sont les aspects que nous examinerons pour évaluer la bonne exécution de la délégation de service public.

La dimension financière revêt également une importance capitale. Je rappelle que l’audiovisuel public mobilise environ 4 milliards d’euros de contribution annuelle des Français. Dans un contexte budgétaire où nous recherchons des dizaines de milliards d’économies, l’examen de l’utilisation de ces fonds publics s’avère parfaitement légitime.

Quant à la France Insoumise, j’ai entendu vos arguments, mais vous ne pouvez nous reprocher d’interférer avec votre commission d’enquête précédente. Celle-ci se limitait aux fréquences TNT, alors que notre proposition couvre un périmètre bien plus large. Il n’existe donc aucune contradiction ni chevauchement entre nos démarches.

Concernant le troisième critère, la précédente commission sur ce sujet remonte à plus de douze mois révolus, ce qui rend notre initiative parfaitement légitime. Je souligne qu’aucune commission d’enquête n’a porté sur un périmètre aussi large que celui de l’audiovisuel public depuis fort longtemps. Le récent rapport de la Cour des comptes, bien que postérieur à notre demande, renforce la légitimité de notre démarche en mettant en lumière certaines préoccupations concernant la gestion des fonds publics. Cette commission d’enquête nous permettra donc de vérifier tant l’exigence de neutralité que celle de bonne gestion des fonds publics.

M. Alexis Corbière (EcoS). Je ne souhaite pas alourdir nos débats, mais ma collègue Sophie Taillé-Polian souligne pertinemment que vous confondez la situation d’un fonctionnaire, soumis au devoir de neutralité, avec celle d’un journaliste du service public qui, par définition, exprime une opinion et ne peut se cantonner à la neutralité. Notre rôle consiste à garantir le pluralisme au sein du service public, à veiller à l’expression de différentes opinions. Cette exigence paraît légitime. Cependant, la neutralité constitue par essence une impossibilité. Si nous acceptons votre proposition, Monsieur le rapporteur, nous introduisons déjà un vice fondamental dans la commission que vous envisagez, car quelle sera votre démarche ? Constater que des éditorialistes adoptent certains angles de traitement ?

Par ailleurs, vous qualifiez ce service de « décrié », alors que nous parlons de la première matinale de France, suivie par un public considérable. De nombreux citoyens apprécient ce service public qui fait intervenir des éditorialistes aux sensibilités diverses. À titre personnel, je ne me reconnais pas dans l’approche économique développée par Dominique Seux, mais cette même radio invite d’autres économistes proposant des analyses différentes. Il ne s’agit pas d’engager une controverse avec vous – votre groupe politique dispose légitimement d’un droit de tirage. Toutefois, le cadre même que vous proposez manque de cohérence et conduira inévitablement à ce qu’un regard politique – car nous sommes tous parlementaires et politiquement engagés – vienne exiger des journalistes qu’ils accomplissent ce qui n’est pas leur mission.

M. Charles Alloncle, rapporteur. Je souhaite rappeler que l’obligation de neutralité figure explicitement dans la loi de 1986. Cette obligation découle directement du principe d’impartialité, principe fondamental du service public. Par conséquent, dès lors que vous assumez une mission de service public, vous vous soumettez nécessairement à cette obligation de neutralité et d’impartialité. Aucune considération politique ne motive notre démarche. Nous cherchons uniquement à vérifier le respect d’une obligation parfaitement légale

M. le président Alexandre Portier. Sous réserve du vote à venir, ce débat pourra se poursuivre dans le cadre de la commission d’enquête. Nous devons maintenant nous prononcer sur la recevabilité de la proposition de résolution.

La commission déclare recevable la proposition de résolution.

   ANNEXE

([1]) https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/organes/autres-commissions/commissions-enquete?limit=12&statut=termine

([2])  https://assnat.fr/4eKwvo

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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