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Réformer le mode d'élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille

Rapport 02/07/2025 N° 1656 RAPPANR5L17B1656
Exposé des motifs

de la proposition de loi. De plus, elle ne s’appliquerait qu’à la mairie centrale, et non pas aux secteurs et arrondissements, ce qui créerait une incohérence difficile à justifier.

M. Franck Allisio (RN). La réforme a été approuvée par les trois quarts de notre assemblée, et même par un tiers des sénateurs. Surtout, son esprit est approuvé par une écrasante majorité – de 80 % à 90 % – des Marseillais, des Lyonnais et des Parisiens. La position du groupe Rassemblement national et de ses alliés est inchangée : nous sommes favorables, raisonnablement et dans l’intérêt des Marseillais, des Lyonnais et des Parisiens, à cette réforme attendue depuis plus de quarante ans.

Mme Marie-Charlotte Garin (EcoS). Depuis des années, les écologistes plaident pour une démocratie de proximité, plus vivante, plus transparente et plus lisible pour les citoyens. La loi sur le statut de l’élu était une première étape, balbutiante, d’une réforme ambitieuse et nécessaire, mais le présent texte évite soigneusement les sujets qui fâchent. Il prétend rééquilibrer les pouvoirs entre arrondissements et hôtel de ville au moyen du mode de scrutin, mais il le fait à l’aveugle et comporte plusieurs angles morts sur des sujets majeurs.

D’abord, comment seront élus les grands électeurs ? On réforme les structures sans dire comment on assurera une représentation juste au Sénat. Ce flou est d’autant plus grave qu’il touche à l’équilibre républicain. On ne peut pas bricoler la démocratie territoriale sans penser aux conséquences.

Deuxièmement, vous ne répondez toujours pas à la question du financement des campagnes électorales à venir. Les dépenses électorales doivent être comptabilisées au 1er septembre, et rien dans le chemin qu’emprunte le gouvernement concernant cette loi ne permet de dire que les choses seront fixées d’ici là. Vous risquez donc de modifier les règles en cours de jeu.

Ensuite, vous n’avez toujours pas réglé la situation particulière de Lyon. J’entends parler ici ou là de solutions permettant de décaler des élections métropolitaines pourtant liées aux élections municipales au sein d’une séquence de dialogue démocratique avec les citoyens. J’entends aussi parler d’un bulletin unique pour conserver deux votes. De grâce, épargnons aux élus locaux nos ingéniosités de dernière minute proposées sans étude d’impact ni discussion avec les élus concernés !

Le dernier angle mort est le rôle des maires. Une coordination des édiles est certes établie, mais c’est bien peu par rapport à la représentativité territoriale de chacun des arrondissements et aux moyens qui devraient permettre aux maires d’arrondissement d’exercer à plein temps ce mandat.

Une réforme institutionnelle sans vision, sans cadre et sans respect des pratiques démocratiques de base : voilà ce que nous examinons. Nous ne sommes pas, je le redis, opposés par principe à des évolutions du mode de scrutin, mais nous refusons qu’elles soient dictées par le calcul politique ou par la précipitation, au détriment de la lisibilité, de la justice électorale et du respect des élus de terrain.

M. Éric Martineau (Dem). Notre position sur la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille n’a pas changé depuis son examen dans notre hémicycle en avril dernier : nous restons convaincus qu’elle constitue une évolution importante et nécessaire pour la démocratie locale dans les trois plus grandes villes de France. La commission mixte paritaire n’ayant pas trouvé d’accord, il convient de procéder à une nouvelle lecture dans chaque chambre du Parlement afin d’aboutir à une version satisfaisante, juste et démocratique, qui permette de rapprocher le système électoral de Paris, Lyon et Marseille de ceux de toutes les autres villes de France.

Le système instauré en 1982 dans ces trois villes est largement contesté. Il a été source de complexité et a fragilisé la légitimité des exécutifs municipaux. Les électeurs élisent leur conseil d’arrondissement, dont certains membres vont ensuite siéger au conseil municipal pour élire le maire, tandis que, dans le reste de la France, on élit directement les conseillers municipaux – l’élection du maire y est ainsi plus simple et transparente. Cette situation favorise des stratégies électorales où la conquête de certains secteurs clés prime sur l’adhésion populaire, ce qui a conduit à l’élection de maires ayant obtenu un nombre de voix inférieur à celui de leurs adversaires du seul fait que leur camp avait su optimiser la répartition des sièges, ce qui est contraire au principe même de souveraineté populaire.

Il nous semble important de parvenir à un compromis sur ce texte et nous soutiendrons toute évolution qui garantira une meilleure lisibilité du scrutin, une représentation plus fidèle des citoyens et un renforcement du lien démocratique entre électeurs et élus, tout en tenant compte des spécificités de chacune des trois villes.

Je salue le travail et l’engagement de M. Jean Paul Mattei pour trouver une écriture qui convienne au plus grand nombre. Le groupe Les Démocrates continuera de soutenir cette proposition de loi.

M. Jean Moulliere (HOR). Je regrette que cette session extraordinaire ne soit pas l’occasion d’aborder des textes plus essentiels pour nos concitoyens, comme cela avait été initialement annoncé. Le parcours de cette proposition de loi témoigne de ses difficultés. Rejet massif au Sénat, échec de la commission mixte paritaire : ces signaux devraient nous inviter à la prudence.

Cette précipitation se traduit dans la rédaction même du texte, qui laisse de nombreux trous dans la raquette – je pense notamment à la situation paradoxale des maires d’arrondissement qui, selon ce dispositif, pourraient ne pas siéger au conseil municipal central, ou à l’absence de réflexion sur la répartition des compétences entre la mairie centrale et les mairies d’arrondissement.

Sur la forme, modifier les modalités du scrutin à quelques mois seulement des élections municipales soulève une réelle difficulté démocratique – nous l’avions également souligné à propos de la réforme du mode de scrutin dans les communes de moins de 1 000 habitants, texte sur lequel mon groupe s’était abstenu.

Nous voyons aussi, au fil des débats, combien cette réforme divise au sein même des partis politiques, les positions variant selon les réalités locales. Cette cacophonie politique révèle que l’objectif premier semble hélas être la conquête de sièges plutôt que l’intérêt général. Le texte prétend rapprocher les électeurs de leurs représentants en permettant aux habitants de voter directement pour leurs élus aux conseils municipaux de Lyon et Marseille ou au Conseil de Paris. Le groupe Horizons et indépendants est d’ailleurs favorable à ce principe, qui s’éloigne toutefois du droit commun : pourquoi maintenir une prime majoritaire de 25 % dans ces trois villes, alors qu’elle est de 50 % ailleurs ?

Nous déplorons le passage en force qui s’annonce : une nouvelle lecture précipitée dans les deux chambres, au cœur de la dernière semaine de la session extraordinaire, le vote final étant prévu le vendredi 11 juillet. Cela ne correspond ni à l’esprit de dialogue ni à la méthode législative à laquelle nous sommes attachés. Dans ces conditions, le groupe Horizons et indépendants votera contre cette proposition de loi.

M. Paul Molac (LIOT). Depuis le dépôt de ce texte, notre groupe dénonce un problème de méthode. Je rappelle les conditions inhabituelles dans lesquelles la proposition de loi a été discutée en première lecture : inscription précipitée à l’ordre du jour, absence d’étude d’impact, non-consultation des habitants des villes concernées et refus de saisir le Conseil d’État. Il est difficile de croire les auteurs de ce texte lorsqu’ils parlent de démocratie et de sincérité du scrutin si, dans le même temps, ils ne respectent pas les règles de bon fonctionnement du débat parlementaire. Et voilà qu’en dépit de l’échec de la commission mixte paritaire, nous allons à nouveau devoir nous prononcer de manière précipitée sur cette réforme, à moins d’un an des prochaines élections municipales ! On se demande si la session extraordinaire n’aurait pas pu être mieux utilisée.

Le gouvernement préfère sauver le soldat Dati et estime que la réforme de la loi PLM a priorité sur tous les autres sujets, comme le pouvoir d’achat, la santé ou l’éducation. Plus surprenant encore, ce texte a fait naître dans notre hémicycle une alliance baroque allant de La France insoumise au Rassemblement national en passant par le Modem, qui a perdu au passage ses alliés d’Horizons. Au moment où la désapprobation de nos concitoyens envers les arrangements entre amis s’accroît, cette cuisine électoraliste envoie une image peu glorieuse de nos travaux parlementaires. Elle donne l’impression d’une réforme très parisienne – il suffit pour s’en convaincre de voir l’identité des auteurs du texte –, qui ne tient pas compte des spécificités des deux autres communes concernées.

Enfin, notre groupe ne comprend pas le choix qui a été fait de dissocier réforme électorale et réforme des compétences, le texte se contentant de renvoyer à un rapport pour repenser les compétences des mairies d’arrondissement, ce qui n’est pas à la hauteur des enjeux. La réforme électorale proposée pourrait se traduire par une centralisation encore plus grande du conseil municipal, au détriment des conseils d’arrondissement.

Ce texte présente de multiples failles, alors même qu’il entend modifier un scrutin moins d’un an avant son premier tour. Rien ne justifie une réforme aussi précipitée. Notre groupe votera donc contre.

M. Patrick Hetzel (DR). J’insisterai sur trois points de vigilance. Le premier est la complexité de la mise en œuvre de cette réforme, car l’organisation de deux scrutins simultanés nécessitera une logistique électorale renforcée. Le deuxième est un impact sur la représentation locale : la suppression de la répartition des conseillers municipaux par arrondissement pourrait modifier les dynamiques politiques locales, notamment de proximité. Le troisième point porte sur le transfert de compétences, qui devra faire l’objet d’un suivi afin d’éviter les confits de prérogatives entre la mairie centrale et les mairies d’arrondissement.

Par ailleurs, certains aspects justifient de poursuivre les discussions. Le premier concerne la méthode de travail, qui, de toute évidence, n’a pas été collective, la réponse semblant avoir été proposée sans concertation approfondie avec les acteurs locaux et l’opposition. Une refonte du mode de scrutin municipal nécessiterait un débat démocratique élargi pour garantir son acceptation par tous. Vous me direz certes, monsieur le rapporteur, que vous avez échangé avec divers acteurs, mais il eût fallu définir en amont une méthode plus formalisée à cet égard.

Ensuite, une modification de la loi électorale à moins d’un an désormais de l’échéance électorale suscite toujours des interrogations. La réforme pourrait aussi avoir des conséquences imprévues sur le paysage politique local en modifiant certains équilibres dans les métropoles concernées. Outre la complexité de sa mise en œuvre, elle induit en effet un affaiblissement potentiel des arrondissements : séparer les scrutins municipaux et d’arrondissement fait planer le risque d’une dilution du pouvoir des maires d’arrondissement qui pourrait réduire leur influence sur les décisions locales et favoriser une gouvernance plus centralisée – objectif qui me semble paradoxal de la part du Modem.

Mme Elsa Faucillon (GDR). Voilà moins d’une semaine, nous examinions un texte taillé sur mesure pour Marine Le Pen et, cette semaine, nous en examinons un autre destiné à favoriser Mme Dati dans sa conquête de Paris. Il faudrait en finir avec ce genre de textes !

Ce qui est, en revanche, inédit, c’est la possibilité d’examiner un texte en deuxième lecture après une tentative de conciliation ratée entre les deux chambres en commission mixte paritaire – et cela en session extraordinaire. Voilà une belle occasion de débat qui ne nous avait pas été offerte depuis longtemps, le Sénat jouant ici le rôle d’accélérateur de la politique du gouvernement.

Sur le fond du texte, notre position reste inchangée depuis deux mois : réformer la loi PLM dans la précipitation ne peut qu’affaiblir un système institutionnel qui « « fonctionne » – j’insiste toutefois sur les guillemets –, approuvé par une majorité d’élus locaux de ces trois grandes villes. Cette réforme entraîne en outre de nombreux effets de bord, comme l’obligation pour les électeurs lyonnais de participer à trois scrutins différents le même jour : il y a encore du travail.

Notre opposition est encore renforcée par le calendrier électoral : ce texte ne sera voté ni aujourd’hui ni dans les jours à venir, alors que la période de réserve des élections municipales débute dans deux mois et que le premier tour des élections est prévu dans huit mois. Comment, dès lors, ne pas voir dans cette réforme contraire à la loi une manœuvre purement électoraliste ?

L’adoption d’une telle loi dans la précipitation ne ferait qu’abîmer un peu plus notre démocratie, qui n’en a pas besoin. Nous voterons donc contre.

Mme Sophie Ricourt Vaginay (UDR). Nous débattons d’une réforme essentielle pour Paris, Lyon et Marseille, où s’applique depuis plus de quarante ans un mode d’élection particulier qui ne garantit pas toujours que le maire soit vraiment choisi par la majorité des habitants – un exemple marquant est celui de Marseille où, en 1983, le maire a pu être élu avec une minorité de voix. De telles situations créent un vrai problème démocratique et alimentent la méfiance des citoyens.

La proposition de loi veut corriger cela. Elle prévoit ainsi d’organiser deux votes distincts visant respectivement à élire le maire et ses conseillers à l’échelle de toute la ville et à désigner les représentants de chaque arrondissement. Ainsi, chaque habitant pourra s’exprimer clairement sur le choix du maire tout en continuant à défendre les intérêts de son quartier.

Le texte réduit aussi la prime donnée à la liste arrivée en tête, ce qui évitera de devoir fabriquer une majorité artificielle et permettra une répartition plus juste et plus fidèle à la réalité des votes.

Autre point fort : les maires d’arrondissement auront désormais plus de liberté et pourront mieux défendre les dossiers qui concernent directement les habitants de leur arrondissement.

En clarifiant les règles et en rendant le système plus juste, cette réforme redonnera confiance aux citoyens et renforcera la légitimité des élus. Pour toutes ces raisons, et pour éviter que ne se reproduisent des situations comme celle que j’ai évoquée à propos de Marseille, le groupe UDR votera en faveur de ce texte.

M. le président Florent Boudié. Nous en venons aux questions des autres députés.

Mme Blandine Brocard (Dem). Je connais votre sérieux, monsieur le rapporteur, mais j’ai déjà eu l’occasion de dire que, à titre personnel, je ne suis absolument pas favorable à ce texte, pour plusieurs raisons, tant de forme que de fond. Je trouve en particulier qu’il est très dommage, alors qu’on souhaite réformer le mode de scrutin à Lyon, de ne pas prendre en compte la métropole. Les maires des cinquante-huit communes qui en font partie ne sont pas représentés au conseil métropolitain. En revanche, un opposant au maire d’une commune peut représenter celle-ci. J’ai déposé une proposition de loi à ce sujet, mais il aurait été bien d’aller au bout de la présente réforme des modes de scrutin en revenant sur le statut très particulier de la métropole de Lyon ; les maires l’attendent.

M. Jean-Paul Mattei, rapporteur. Je vous remercie pour vos interventions, plus apaisées qu’en première lecture. Nous avons tout de même travaillé : j’ai mené dix auditions, auxquelles beaucoup de membres de la commission ont participé ; nous avons également reçu une dizaine de contributions écrites et nous avons eu des échanges avec les maires des trois grandes villes concernées.

Ma première réaction est peut-être un peu épidermique mais, en tant qu’ancien maire d’une commune rurale, je me permets de rappeler que nous avons adopté, il y a quelques semaines, une réforme qui concernait à peu près 80 % des communes en France sans que cela pose de problème, notamment sur le plan des délais. Je suis un peu agacé que l’on fasse une différence entre les grandes et les petites communes. Tous les conseils municipaux de France doivent être élus de la même manière. Certains débats sont donc un peu spécieux.

Il faut que ce texte, compte tenu de ses conséquences légistiques, soit adopté le plus rapidement possible. Sinon un problème de transcription dans les différents codes et d’élaboration des dispositions réglementaires se posera. Nous devons laisser à l’administration le temps de faire son travail.

Il me semble que la démocratie a bien fonctionné : nous avons eu un débat intéressant et respectueux dans l’hémicycle en première lecture. Je n’ai pas eu l’impression d’être instrumentalisé par qui que ce soit – ce n’est pas mon genre –, ni d’agir en mode commando. Je n’avais pas de mission à exécuter : j’ai simplement analysé le texte de manière factuelle. Il me semble qu’il est utile et qu’il correspond à ce qu’est la démocratie, pour laquelle il constituera une avancée. On est loin du scandale démocratique dont parlent certains.

S’agissant de l’urgence, beaucoup de propositions de loi ont été déposées qui ne sont pas plus importantes que celle-ci. Elle doit être adoptée le plus rapidement possible afin que le Conseil constitutionnel puisse se prononcer très vite – nous verrons alors ce qu’il en pense.

Je serais un peu interloqué si une grande ville comme Lyon n’était pas capable d’organiser trois scrutins le même jour. J’ai souvent été confronté à ce genre de situation, en tant que maire, par exemple en 2008, et nous avons su y arriver avec nos petits moyens.

Article 1er

Article 1er

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(art. L. 46-1, L. 52-3, L. 225, L. 261, L. 271, L. 272-1, L. 272-4-1 [nouveau], L. 272-3, L. 272-5 et L. 272-6 du code électoral) Instauration de deux scrutins distincts lors des élections municipales de Paris, Lyon et Marseille

Article 1er

Article 1er bis

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(art. L. 273-5, L. 273-7, L. 273-8, L. 273-10 du code électoral) Élection des conseillers métropolitains de Paris et Marseille à l’échelle du Conseil de Paris ou du conseil municipal de Marseille

Article 1er

Article 1er ter

#

(art. L. 2513‑1 du code général des collectivités territoriales) Augmentation du nombre de sièges au sein du conseil municipal de Marseille

Article 2

Article 2

#

(annexes nos 2, 3 et 4 du code électoral et art. L. 2511-8 du code général des collectivités territoriales) Répartition des sièges dans chaque conseil d’arrondissement

Article 3

Article 3

#

(art. L. 2511-8, L. 2511-25, L. 2511-26-1 [nouveau] et L. 2511-28 du code général des collectivités territoriales) Participation du maire d’arrondissement ou de secteur au Conseil de Paris ou aux conseils municipaux et diverses mesures de coordination

Article 4

Article 4

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Entrée en vigueur du nouveau mode de scrutin

Article 5

Article 5

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Remise d’un rapport d’évaluation des modalités d’un transfert de compétences de la mairie centrale vers les mairies d’arrondissement ou de secteur de Paris, Lyon et Marseille

Article 6

Article 6

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(art. L. 2512-3-1 [nouveau] du code général des collectivités territoriales) Création d’une conférence des maires à la Ville de Paris

Travaux de la commission

Mesdames, Messieurs,

La loi du 31 décembre 1982, dite « loi PLM » ([1]), a instauré un mode de scrutin dérogatoire pour l’élection des conseillers municipaux à Lyon et à Marseille ainsi que des conseillers de Paris dans la capitale. Depuis 1983, les électeurs votent ainsi par secteur électoral afin d’élire un conseil d’arrondissement dont certains membres siègent ensuite, par fléchage, au conseil municipal de Lyon et à celui de Marseille ou au Conseil de Paris.

Ce système, censé rapprocher les élus des citoyens, a aujourd’hui largement montré ses limites. Complexe, peu lisible pour les habitants de ces trois villes, il ne permet pas aux électeurs de voter pour élire leur maire. Il peut même, dans certains cas rares, mais néanmoins possibles, conduire à ce qu’un maire soit élu sans obtenir la majorité des voix à l’échelle communale.

La présente proposition de loi vise à mettre fin à cette exception en instaurant, pour Paris, Lyon et Marseille, un double scrutin : l’un pour l’élection du conseil municipal ou du Conseil de Paris, au scrutin de liste à l’échelle de la ville, comme partout en France ; l’autre pour l’élection des conseils d’arrondissement, auxquels les parisiens, lyonnais et marseillais sont attachés, et qui seront préservés.

Ce texte, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale avec un large soutien transpartisan le 9 avril 2025, a ensuite été rejeté par le Sénat le 3 juin. La commission mixte paritaire, réunie pour rapprocher les positions des deux chambres, n’a pu aboutir à un accord, malgré les tentatives de votre rapporteur d’apporter des solutions pouvant satisfaire les oppositions au texte.

S’il est regrettable que les positions de l’Assemblée nationale et du Sénat n’aient pu converger, votre rapporteur réaffirme sa conviction que ce texte constitue une avancée majeure pour la démocratie locale dans les trois plus grandes villes de notre pays. C’est pourquoi l’Assemblée nationale est appelée, dans le cadre d’une nouvelle lecture, à confirmer son soutien à cette proposition de loi.

Votre rapporteur nourrit ainsi l’espoir que la poursuite de la navette législative permette de rassembler le plus grand nombre de parlementaires pour aboutir à cette évolution du mode de scrutin, et rapprocher ainsi le processus électoral de Paris, Lyon et Marseille de celui de toutes les autres villes de France.

   Commentaire des articles de la proposition de loi

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Article 1er

Article 1er

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(art. L. 46-1, L. 52-3, L. 225, L. 261, L. 271, L. 272-1, L. 272-4-1 [nouveau], L. 272-3, L. 272-5 et L. 272-6 du code électoral)
Instauration de deux scrutins distincts lors des élections municipales de Paris, Lyon et Marseille

Adopté par la Commission sans modification

        Résumé du dispositif et effets principaux

L’article 1er modifie les règles électorales applicables lors des élections municipales de Paris, Lyon et Marseille. Il instaure deux scrutins de liste distincts et simultanés : le premier pour élire les membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille – pour lequel il fixe la prime majoritaire appliquée lors de ces élections à un taux de 25 % – et le second pour élire les conseils d’arrondissement de ces trois mêmes villes.

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  La position de l’Assemblée nationale en première lecture

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  La position en Commission

La Commission des Lois a, en première lecture, adopté cet article, qu’elle a corrigé par un amendement CL22 de M. Sylvain Maillard, sous-amendé par un amendement CL69 de votre rapporteur, tous deux de nature rédactionnelle.  En outre, la Commission a également adopté un amendement rédactionnel CL38 de votre rapporteur.

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  La position en séance

L’Assemblée nationale a adopté cet article sans modification.

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  La position du Sénat en première lecture

Le Sénat a supprimé cet article.

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  La position de la Commission en nouvelle lecture

La Commission a adopté cet article sans modification.

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Article 1er

Article 1er bis

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(art. L. 273-5, L. 273-7, L. 273-8, L. 273-10 du code électoral)
Élection des conseillers métropolitains de Paris et Marseille à l’échelle du Conseil de Paris ou du conseil municipal de Marseille

Adopté par la Commission sans modification

Dans sa rédaction d’origine, la proposition de loi ne prévoyait pas les modalités de désignation des conseillers métropolitains élus à Paris et à Marseille ([2]).

En première lecture, la Commission des Lois a adopté un amendement CL67 de votre rapporteur afin de permettre leur élection à partir des listes déposées pour l’élection des membres du Conseil de Paris ou du conseil municipal de Marseille, comme cela est le cas dans l'ensemble des autres grandes villes de France. Cet article modifie dans ce sens plusieurs dispositions du titre V du livre Ier du code électoral relatif à l’élection des conseillers communautaires.

En séance publique, cet article a été adopté après avoir été modifié par un unique amendement rédactionnel n° 63 de votre rapporteur.

Le Sénat a, en première lecture, supprimé cet article.

En nouvelle lecture, la Commission a adopté cet article sans modification.

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Article 1er

Article 1er ter

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(art. L. 2513‑1 du code général des collectivités territoriales)
Augmentation du nombre de sièges au sein du conseil municipal de Marseille

Adopté par la Commission sans modification

L’article 1er bis de la proposition de loi prévoit le fléchage des conseillers métropolitains depuis les listes des candidats au conseil de Paris ou au conseil municipal de Lyon et Marseille.

Cette extension est toutefois susceptible de créer une difficulté particulière à Marseille, où le conseil municipal est composé de 101 membres, tandis que la commune dispose de 102 sièges au sein du conseil métropolitain de la métropole d’Aix-Marseille-Provence.

L’article 1er ter, introduit par deux amendements identiques n° 61 du Gouvernement et n° 64 de votre rapporteur, corrige cette difficulté. Il augmente ainsi de dix sièges l’effectif des conseillers composant le conseil municipal de Marseille, portant leur nombre à 111.

Le Sénat a, en première lecture, supprimé cet article.

En nouvelle lecture, la Commission a adopté cet article sans modification.

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Article 2

Article 2

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(annexes nos 2, 3 et 4 du code électoral et art. L. 2511-8 du code général des collectivités territoriales)
Répartition des sièges dans chaque conseil d’arrondissement

Adopté par la Commission avec modifications

       Résumé du dispositif et effets principaux

Tirant les conséquences attendues de l’adoption de l’article 1er, l’article 2 supprime l’actuelle répartition du nombre de conseillers de Paris et de conseillers municipaux de Lyon et Marseille par secteur, qui figure aux tableaux nos 2, 3 et 4 annexés au code électoral. Il réécrit ces tableaux afin qu’ils précisent désormais le nombre de sièges à attribuer dans chacun des conseils d’arrondissement de ces trois villes.

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  La position de l’Assemblée nationale en première lecture

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  La position en Commission

Outre un amendement rédactionnel CL42 de votre rapporteur, la Commission a adopté un amendement CL23 de Mme Sandrine Brunel rétablissant l’annexe 3 du code électoral dans sa version actuelle (c'est-à-dire, faisant figurer non pas une répartition du nombre de conseillers d'arrondissement par secteurs comme en dispose l'article 2 de la proposition de loi, mais une répartition du nombre de conseillers municipaux au sein des neuf secteurs électoraux lyonnais), tout en actualisant la répartition des sièges du conseil municipal de Lyon entre les secteurs.

RÉPARTITION DES SIÈGES AU CONSEIL municipal de Lyon figurant à l’amendement CL23

Désignation des secteurs

Arrondissements
constituant les secteurs

Nombre de sièges au conseil municipal

1er secteur

1er

4

2e secteur

2e

4

3e secteur

3e

15

4e secteur

4e

5

5e secteur

5e

7

6e secteur

6e

7

7e secteur

7e

12

8e secteur

8e

12

9e secteur

9e

7

Total

73

La rédaction de l’article 2 tel qu’amendé par la Commission faisait figurer, au sein du code électoral, deux tableaux indiquant le nombre de conseillers d’arrondissement par secteur (à Paris et à Marseille) et ce troisième tableau, réécrit par l’amendement CL23, rétablissant une répartition des conseillers municipaux par secteur pour la seule ville de Lyon.

Cette rédaction semblait ainsi susceptible de créer une confusion à la lecture de ces annexes du code électoral. Surtout, l’adoption de cet amendement – pour lequel votre rapporteur avait émis un avis défavorable – était incompatible avec l’article 1er, qui supprime la répartition des conseillers municipaux par secteur pour instaurer une liste unique à l’échelle de Paris, Lyon et Marseille.

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  La position en séance

En séance publique, l’Assemblée nationale a adopté un unique amendement n° 92 de votre rapporteur.

D’une part, cet amendement a rétabli, au tableau n° 3 annexé au code électoral, une répartition des conseillers d’arrondissement à élire par secteur à Lyon, ainsi que le prévoyait le texte initial de la présente proposition de loi.

D’autre part, il a opéré une nouvelle répartition des conseillers d’arrondissement de Paris, Lyon et Marseille entre secteurs en tenant compte des évolutions démographiques, à partir des populations de référence des arrondissements, publiées par l’Insee, constatées au 1er janvier 2025.

À cette fin, il a réparti l’ensemble des sièges de conseillers d’arrondissement entre les secteurs de chaque commune, selon la méthode de répartition proportionnelle à la plus forte moyenne (méthode d’Hondt), traditionnellement utilisée pour les répartitions de sièges en France.

Nombre de sièges de conseillers d’arrondissement à Paris dans la rédaction adoptée par l’Assemblée nationale

Désignation des secteurs

Arrondissement constituant les secteurs

Nombre de sièges de conseillers d’arrondissement

1er secteur

1er, 2e, 3e et 4e

23

5e secteur

5e

13

6e secteur

6e

9

7e secteur

7e

11

8e secteur

8e

8

9e secteur

9e

14

10e secteur

10e

19

11e secteur

11e

33

12e secteur

12e

33

13e secteur

13e

43

14e secteur

14e

33

15e secteur

15e

55

16e secteur

16e

38

17e secteur

17e

39

18e secteur

18e

44

19e secteur

19e

43

20e secteur

20e

45

Nombre de sièges de conseillers d’arrondissement à Lyon dans la rédaction adoptée par l’Assemblée nationale

Désignation des secteurs

Arrondissement constituant les secteurs

Nombre de sièges de conseillers d’arrondissement

1er secteur

1er

12

2e secteur

2e

12

3e secteur

3e

44

4e secteur

4e

15

5e secteur

5e

20

6e secteur

6e

22

7e secteur

7e

37

8e secteur

8e

36

9e secteur

9e

23

Nombre de sièges de conseillers d’arrondissement à Marseille dans la rédaction adoptée par l’Assemblée nationale

Désignation des secteurs

Arrondissement constituant les secteurs

Nombre de sièges de conseillers d’arrondissement

1er secteur

1er, 7e

25

2e secteur

2e, 3e

27

3e secteur

4e, 5e

33

4e secteur

6e, 8e

42

5e secteur

9e, 10e

47

6e secteur

11e, 12e

43

7e secteur

13e, 14e

53

8e secteur

15e, 16e

33

L’Assemblée nationale a ensuite adopté l’article ainsi modifié.

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  La position du Sénat en première lecture

Le Sénat a supprimé cet article.

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  La position de la Commission en nouvelle lecture

La Commission a adopté cet article, modifié par trois amendements rédactionnels CL12, CL15 et CL16 de votre rapporteur.

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Article 3

Article 3

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(art. L. 2511-8, L. 2511-25, L. 2511-26-1 [nouveau] et L. 2511-28 du code général des collectivités territoriales)
Participation du maire d’arrondissement ou de secteur au Conseil de Paris ou aux conseils municipaux et diverses mesures de coordination

Adopté par la Commission avec modifications

       Résumé du dispositif et effets principaux

Le maire d’arrondissement ou de secteur n’étant plus, sous l’empire de l’article 1er de la proposition de loi, obligatoirement représenté au Conseil de Paris ou aux conseils municipaux de Lyon et de Marseille, l’article 3 introduit une nouvelle disposition au sein du code général des collectivités territoriales lui permettant d’assister au Conseil de Paris ou aux conseils municipaux de Lyon et de Marseille, d’être entendu, à sa demande, sur les affaires relatives à son arrondissement ou son secteur, et de disposer de la faculté d’être remplacé à cette fin par un membre du conseil d’arrondissement ou de secteur. Ce même article procède également à plusieurs mesures de coordination rendues nécessaires par l’adoption de l’article 1er.

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  La position de l’Assemblée nationale en première lecture

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  La position en Commission

La Commission a adopté deux amendements rédactionnels CL43 et CL44 de votre rapporteur.

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  La position en séance

L’Assemblée nationale a adopté cet article sans modification.

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  La position du Sénat en première lecture

Le Sénat a supprimé cet article.

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  La position de la Commission en nouvelle lecture

La Commission a adopté cet article, modifié par un amendement rédactionnel CL13 de votre rapporteur.

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Article 4

Article 4

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Entrée en vigueur du nouveau mode de scrutin

Adopté par la Commission sans modification

L’article 4 prévoit l’entrée en vigueur des dispositions de la proposition de loi à compter du prochain renouvellement général des conseils municipaux, c’est-à-dire à l’occasion des élections municipales organisées en mars 2026.

Lors de ses auditions, votre rapporteur a constaté que la date d’application de ce texte avait fait l’objet de discussions, certains élus regrettant ce calendrier particulièrement resserré. Il lui a néanmoins été assuré, à la fois par les services auditionnés et par les professeurs de droit qu’il a entendus, qu’une entrée en vigueur des dispositions de ce texte dix mois avant le scrutin ne poserait aucune difficulté juridique. Ce délai permettrait aux services de prendre l’ensemble des dispositions réglementaires et techniques rendues nécessaires pour adapter le mode de scrutin.

En première lecture à l’Assemblée nationale, la Commission a adopté un amendement rédactionnel CL45 de votre rapporteur. En séance publique, l’Assemblée nationale a adopté cet article sans modification.

Le Sénat a, en première lecture, supprimé cet article.

En nouvelle lecture, la Commission a adopté cet article sans modification.

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Article 5

Article 5

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Remise d’un rapport d’évaluation des modalités d’un transfert de compétences de la mairie centrale vers les mairies d’arrondissement ou de secteur de Paris, Lyon et Marseille

Adopté par la Commission sans modification

L’article 5 comporte une demande de rapport évaluant la possibilité de transférer des compétences exercées par la mairie centrale vers les mairies d’arrondissement ou de secteur dans les villes de Paris, Lyon et Marseille. Ce rapport serait remis par le Gouvernement au Parlement dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la loi.

En première lecture à l’Assemblée nationale, la Commission a adopté deux amendements rédactionnels CL46 et CL47 de votre rapporteur.

En séance publique, l’Assemblée nationale a adopté cet article sans modification.

Le Sénat a, en première lecture, supprimé cet article.

En nouvelle lecture, la Commission a adopté cet article sans modification.

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Article 6

Article 6

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(art. L. 2512-3-1 [nouveau] du code général des collectivités territoriales)
Création d’une conférence des maires à la Ville de Paris

Adopté par la Commission avec modifications

En première lecture à l’Assemblée nationale, la Commission a adopté un amendement CL32 de M. Jean Lassucq portant création d’une instance de coordination entre la ville de Paris et les maires d'arrondissement, intitulée « conférence des maires », permettant de débattre de tous sujets d’intérêt municipal.

Présidée par le maire de Paris, cette instance, qui comprend tous les maires d’arrondissement, se réunit au moins une fois par an, à l’initiative du maire de Paris ou à la demande de la moitié des maires d’arrondissement, sur un ordre du jour déterminé.

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  La position de l’Assemblée nationale en séance publique en première lecture

En séance publique, l’Assemblée nationale a adopté un amendement n° 47 de M. Emmanuel Maurel créant, au sein des communes de Lyon et Marseille, une même instance de coordination avec le maire de la commune et les maires d’arrondissement.

L’Assemblée nationale a également adopté un amendement n° 51 de M. Emmanuel Grégoire précisant que les modalités de fonctionnement de la conférence des maires sont déterminées par le règlement intérieur du conseil de Paris.

L’adoption de ces deux amendements nécessitera une réécriture de l’article, la rédaction issue des travaux de l’Assemblée nationale conduisant à la création d’une unique instance de coordination « entre la Ville de Paris et les communes de Lyon et de Marseille et leurs arrondissements » dont « les modalités de fonctionnement de la conférence des maires sont déterminées par le règlement intérieur du conseil de Paris. »

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  La position du Sénat en première lecture

Le Sénat a supprimé cet article.

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  La position de la Commission en nouvelle lecture

La Commission a adopté cet article, modifié par un amendement rédactionnel CL14 de votre rapporteur.

   Travaux de la commission

Lors de sa réunion du mercredi 2 juillet 2025 à 9 heures, la Commission examine, en nouvelle lecture, la proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée, visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille (n° 1487) (M. Jean-Paul Mattei, rapporteur).

Lien vidéo : https://assnat.fr/YyMcJB

M. le président Florent Boudié. La commission mixte paritaire qui s’est tenue la semaine dernière n’a pas pu parvenir à un accord tant les positions des deux assemblées étaient divergentes, le Sénat ayant rejeté l’ensemble des articles alors que notre Assemblée avait voté ce texte très largement et de façon transpartisane. Nous sommes donc réunis pour l’examiner en nouvelle lecture en vue de la séance publique qui se tiendra lundi prochain.

M. Jean-Paul Mattei, rapporteur. La loi du 31 décembre 1982 portant modification de certaines dispositions du code électoral relatives à l’élection des membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille, dite « loi PLM », a institué un mode de scrutin dérogatoire pour l’élection des conseillers municipaux à Lyon et Marseille et des conseillers de Paris dans la capitale. Depuis plus de quarante ans, les électeurs de ces trois villes votent à l’échelle de leur secteur pour désigner un conseil d’arrondissement. Certains conseillers siègent ensuite au conseil municipal de Lyon et de Marseille ou au Conseil de Paris et élisent alors le maire de la commune. Ce système, censé rapprocher les élus des habitants, a progressivement montré ses limites. Il est devenu complexe et peu lisible pour les citoyens. Dans certains cas, un maire peut même être élu sans avoir réuni une majorité de voix à l’échelle de la commune, comme à Marseille en 1983.

La démocratie locale ne peut durablement s’accommoder d’un tel mode de scrutin, qui ne trouve d’ailleurs aucune explication objective. L’ensemble des personnes que j’ai auditionnées reconnaissent qu’une réforme du mode de scrutin pour ces trois villes est utile, et je n’ai trouvé personne pour défendre bec et ongles le système actuel.

La proposition de loi que nous examinons, déposée par nos collègues Sylvain Maillard, David Amiel, Olivia Grégoire et Jean Laussucq, propose de revenir à une architecture électorale plus lisible et qui rapproche Paris, Lyon et Marseille du droit commun. Elle instaure à cette fin un scrutin de liste à l’échelle de la commune pour l’élection du conseil municipal de Lyon et de Marseille ou du Conseil de Paris, et un scrutin à l’échelle de chaque arrondissement pour élire les conseillers d’arrondissement, auxquels les citoyens sont très attachés. Cette réforme ne fait donc pas disparaître les arrondissements, mais les préserve et les conforte, en ouvrant par ailleurs un chantier à venir sur la clarification de leurs compétences.

Ce texte ne bouleverse pas l’organisation électorale de nos trois grandes villes, mais la clarifie aux yeux des électeurs et habitants, conformément à notre rôle et à notre ambition de législateur.

Je regrette que le Sénat ait choisi de rejeter ce texte sans chercher à le réformer comme nous l’avons fait ensemble à l’Assemblée nationale. Je regrette encore davantage que la commission mixte paritaire n’ait pu aboutir à un compromis, malgré les propositions concrètes formulées dans un esprit d’ouverture.

Je rappelle que, dès le lendemain du vote du Sénat, j’ai pris l’initiative de solliciter le rapporteur du Sénat pour chercher un chemin de convergence. Dans cette optique, je formulais trois propositions claires : inscrire dans la loi que les maires d’arrondissement siégeront de droit au conseil municipal de Lyon et de Marseille ou au Conseil de Paris, obtenir du gouvernement l’engagement formel de conduire une mission flash sur les compétences des maires d’arrondissement et garantir l’inscription à l’ordre du jour du Parlement d’un projet de loi organique sur le mode de scrutin des élections sénatoriales, qui devra tenir compte des effets de la présente réforme.

Malgré un accueil mitigé, je reste convaincu que ces propositions permettaient d’engager un dialogue constructif entre nos deux chambres. En tout cas, le gouvernement a choisi de poursuivre le processus parlementaire sur ce texte, et je m’en réjouis. Le dialogue entre nous et avec le Sénat pourra ainsi se poursuivre sereinement.

Ce texte n’est ni partisan ni conjoncturel, comme en témoignent nos positions constantes depuis le début de son examen. Il ne vise à rien d’autre qu’à permettre à chaque citoyen de Paris, Lyon ou Marseille de savoir pour qui il vote et qui il contribue à faire élire. Il vise à appliquer dans ces trois villes les mêmes règles que partout ailleurs en France.

Je vous invite donc à réaffirmer le soutien de l’Assemblée nationale à cette proposition de loi.

M. le président Florent Boudié. Nous en venons aux interventions des orateurs des groupes.

M. Sylvain Maillard (EPR). Depuis deux mois, cette proposition de loi a fait couler beaucoup d’encre et suscité parfois des commentaires d’assez mauvaise foi. D’abord, dans toutes leurs prises de parole, les contempteurs de ce texte ont tous affirmé, la main sur le cœur, qu’ils étaient favorables à une réforme, mais pas tout de suite, pas à celle-ci et pas selon ce calendrier. Or les habitants de Paris, Lyon et Marseille vous disent dans toutes les enquêtes d’opinion qu’ils sont lassés d’attendre ; voilà quarante ans qu’ils réclament plus d’équité et de transparence dans leurs élections locales : il est temps de les leur donner.

D’ailleurs, les critiques n’ont jamais su proposer de système alternatif au nôtre et, de toutes les évolutions évoquées au cours de la première lecture du texte, c’est le mode de scrutin que nous proposons qui fait le plus consensus. J’espère donc que, lors de cette nouvelle lecture, s’exprimeront moins d’intérêts partisans et davantage un esprit de responsabilité pour avancer sur des sujets tels que la place des maires d’arrondissement dans les conseils municipaux, le lancement d’une réflexion sur les compétences ou le calendrier des scrutins locaux de la ville de Lyon. Il y va de l’intérêt des Parisiens, des Lyonnais et des Marseillais, qui vous demandent que chacune de leurs voix compte.

M. Bastien Lachaud (LFI-NFP). Si nous examinons à nouveau ce texte, c’est parce que le Sénat a refusé d’envisager quelque accord que ce soit en commission mixte paritaire, cherchant par tous moyens à empêcher une avancée démocratique pour les habitants de Paris, Lyon et Marseille. Pourtant, l’abaissement de la prime majoritaire de 50 % à 25 % serait une étape importante vers une meilleure représentation politique des citoyens, en la rapprochant au maximum de la représentation proportionnelle. Certes, ce texte ne nous satisfait pas entièrement et, à de nombreux égards, il reste au milieu du gué, mais prenons-le pour ce qu’il est : une avancée.

Il n’est pas acceptable que les voix des électeurs aient une plus ou moins grande importance selon l’arrondissement ou le secteur d’inscription pour l’élection du maire de la ville. Il faut instaurer un système universel direct pour les conseils d’arrondissement comme pour les conseils municipaux. Ce système proportionnel ne devrait d’ailleurs pas être limité à Paris, Lyon et Marseille, et la prime de 25 % devrait être généralisée à l’ensemble des communes. Nous devons redonner aux communes la place qui leur revient : celle de cellules de base de la démocratie, car ce sont elles, et non les métropoles hors-sol ou les intercommunalités imposées, qui incarnent la proximité démocratique. C’est l’ensemble de l’élection municipale qui doit être repensée et, plus largement, l’ensemble du système institutionnel, pour aller vers une VIe République.

Il n’en reste pas moins que c’est cette version, avec la prime majoritaire de 25 %, qui fait l’objet du plus large consensus ; c’est donc vers elle que l’Assemblée doit se diriger.

M. Stéphane Delautrette (SOC). Je déplore la méthode employée par le gouvernement. Qu’il souhaite poursuivre la navette malgré le large rejet de la proposition de loi au Sénat, c’est son droit et cela relève d’une procédure habituelle. Cependant, le premier ministre avait pris des engagements, dont celui de ne pas forcer le passage de cette réforme : c’est une nouvelle promesse non tenue.

Le texte qui nous est proposé est identique à celui qui avait été adopté en première lecture par notre assemblée. Que l’on soit pour ou contre, nous ne pouvons que déplorer le refus du gouvernement et des membres du bloc central d’apporter des réponses aux difficultés juridiques soulevées par nos débats en première lecture comme par le rapporteur au Sénat, et qui risquent d’entraîner la censure totale du texte s’il devait être définitivement adopté. Notre rapporteur, qui avait cherché des solutions en première lecture et qui avait été force de proposition, semble lui-même s’être résigné à la volonté des auteurs du texte de pousser leur mode de scrutin, qu’il soit ou non fonctionnel ou constitutionnel.

En l’état du texte, deux écueils constitutionnels semblent indépassables. Le premier est la mise en œuvre de ce mode de scrutin à Lyon, où l’organisation de trois élections concomitantes n’apparaît pas envisageable. Le report des élections métropolitaines à 2028 pour les aligner sur les départementales n’apparaît pas non plus souhaitable, car il créerait un désalignement électoral entre les autres communes de la métropole et leur établissement public de coopération intercommunale (EPCI). Il ne resterait plus qu’à exclure Lyon, mais le Conseil constitutionnel accepterait-il un mode de scrutin limité à Paris et Marseille, dont le fonctionnement institutionnel est si différent ?

Le second écueil est, bien entendu, la prime majoritaire dérogatoire de 25 %, dont la limitation aux communes de Paris, Lyon et Marseille n’est motivée par aucun motif d’intérêt général, ni même par aucune justification dans l’exposé des motifs de la proposition de loi. De plus, elle ne s’appliquerait qu’à la mairie centrale, et non pas aux secteurs et arrondissements, ce qui créerait une incohérence difficile à justifier.

M. Franck Allisio (RN). La réforme a été approuvée par les trois quarts de notre assemblée, et même par un tiers des sénateurs. Surtout, son esprit est approuvé par une écrasante majorité – de 80 % à 90 % – des Marseillais, des Lyonnais et des Parisiens. La position du groupe Rassemblement national et de ses alliés est inchangée : nous sommes favorables, raisonnablement et dans l’intérêt des Marseillais, des Lyonnais et des Parisiens, à cette réforme attendue depuis plus de quarante ans.

Mme Marie-Charlotte Garin (EcoS). Depuis des années, les écologistes plaident pour une démocratie de proximité, plus vivante, plus transparente et plus lisible pour les citoyens. La loi sur le statut de l’élu était une première étape, balbutiante, d’une réforme ambitieuse et nécessaire, mais le présent texte évite soigneusement les sujets qui fâchent. Il prétend rééquilibrer les pouvoirs entre arrondissements et hôtel de ville au moyen du mode de scrutin, mais il le fait à l’aveugle et comporte plusieurs angles morts sur des sujets majeurs.

D’abord, comment seront élus les grands électeurs ? On réforme les structures sans dire comment on assurera une représentation juste au Sénat. Ce flou est d’autant plus grave qu’il touche à l’équilibre républicain. On ne peut pas bricoler la démocratie territoriale sans penser aux conséquences.

Deuxièmement, vous ne répondez toujours pas à la question du financement des campagnes électorales à venir. Les dépenses électorales doivent être comptabilisées au 1er septembre, et rien dans le chemin qu’emprunte le gouvernement concernant cette loi ne permet de dire que les choses seront fixées d’ici là. Vous risquez donc de modifier les règles en cours de jeu.

Ensuite, vous n’avez toujours pas réglé la situation particulière de Lyon. J’entends parler ici ou là de solutions permettant de décaler des élections métropolitaines pourtant liées aux élections municipales au sein d’une séquence de dialogue démocratique avec les citoyens. J’entends aussi parler d’un bulletin unique pour conserver deux votes. De grâce, épargnons aux élus locaux nos ingéniosités de dernière minute proposées sans étude d’impact ni discussion avec les élus concernés !

Le dernier angle mort est le rôle des maires. Une coordination des édiles est certes établie, mais c’est bien peu par rapport à la représentativité territoriale de chacun des arrondissements et aux moyens qui devraient permettre aux maires d’arrondissement d’exercer à plein temps ce mandat.

Une réforme institutionnelle sans vision, sans cadre et sans respect des pratiques démocratiques de base : voilà ce que nous examinons. Nous ne sommes pas, je le redis, opposés par principe à des évolutions du mode de scrutin, mais nous refusons qu’elles soient dictées par le calcul politique ou par la précipitation, au détriment de la lisibilité, de la justice électorale et du respect des élus de terrain.

M. Éric Martineau (Dem). Notre position sur la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille n’a pas changé depuis son examen dans notre hémicycle en avril dernier : nous restons convaincus qu’elle constitue une évolution importante et nécessaire pour la démocratie locale dans les trois plus grandes villes de France. La commission mixte paritaire n’ayant pas trouvé d’accord, il convient de procéder à une nouvelle lecture dans chaque chambre du Parlement afin d’aboutir à une version satisfaisante, juste et démocratique, qui permette de rapprocher le système électoral de Paris, Lyon et Marseille de ceux de toutes les autres villes de France.

Le système instauré en 1982 dans ces trois villes est largement contesté. Il a été source de complexité et a fragilisé la légitimité des exécutifs municipaux. Les électeurs élisent leur conseil d’arrondissement, dont certains membres vont ensuite siéger au conseil municipal pour élire le maire, tandis que, dans le reste de la France, on élit directement les conseillers municipaux – l’élection du maire y est ainsi plus simple et transparente. Cette situation favorise des stratégies électorales où la conquête de certains secteurs clés prime sur l’adhésion populaire, ce qui a conduit à l’élection de maires ayant obtenu un nombre de voix inférieur à celui de leurs adversaires du seul fait que leur camp avait su optimiser la répartition des sièges, ce qui est contraire au principe même de souveraineté populaire.

Il nous semble important de parvenir à un compromis sur ce texte et nous soutiendrons toute évolution qui garantira une meilleure lisibilité du scrutin, une représentation plus fidèle des citoyens et un renforcement du lien démocratique entre électeurs et élus, tout en tenant compte des spécificités de chacune des trois villes.

Je salue le travail et l’engagement de M. Jean Paul Mattei pour trouver une écriture qui convienne au plus grand nombre. Le groupe Les Démocrates continuera de soutenir cette proposition de loi.

M. Jean Moulliere (HOR). Je regrette que cette session extraordinaire ne soit pas l’occasion d’aborder des textes plus essentiels pour nos concitoyens, comme cela avait été initialement annoncé. Le parcours de cette proposition de loi témoigne de ses difficultés. Rejet massif au Sénat, échec de la commission mixte paritaire : ces signaux devraient nous inviter à la prudence.

Cette précipitation se traduit dans la rédaction même du texte, qui laisse de nombreux trous dans la raquette – je pense notamment à la situation paradoxale des maires d’arrondissement qui, selon ce dispositif, pourraient ne pas siéger au conseil municipal central, ou à l’absence de réflexion sur la répartition des compétences entre la mairie centrale et les mairies d’arrondissement.

Sur la forme, modifier les modalités du scrutin à quelques mois seulement des élections municipales soulève une réelle difficulté démocratique – nous l’avions également souligné à propos de la réforme du mode de scrutin dans les communes de moins de 1 000 habitants, texte sur lequel mon groupe s’était abstenu.

Nous voyons aussi, au fil des débats, combien cette réforme divise au sein même des partis politiques, les positions variant selon les réalités locales. Cette cacophonie politique révèle que l’objectif premier semble hélas être la conquête de sièges plutôt que l’intérêt général. Le texte prétend rapprocher les électeurs de leurs représentants en permettant aux habitants de voter directement pour leurs élus aux conseils municipaux de Lyon et Marseille ou au Conseil de Paris. Le groupe Horizons et indépendants est d’ailleurs favorable à ce principe, qui s’éloigne toutefois du droit commun : pourquoi maintenir une prime majoritaire de 25 % dans ces trois villes, alors qu’elle est de 50 % ailleurs ?

Nous déplorons le passage en force qui s’annonce : une nouvelle lecture précipitée dans les deux chambres, au cœur de la dernière semaine de la session extraordinaire, le vote final étant prévu le vendredi 11 juillet. Cela ne correspond ni à l’esprit de dialogue ni à la méthode législative à laquelle nous sommes attachés. Dans ces conditions, le groupe Horizons et indépendants votera contre cette proposition de loi.

M. Paul Molac (LIOT). Depuis le dépôt de ce texte, notre groupe dénonce un problème de méthode. Je rappelle les conditions inhabituelles dans lesquelles la proposition de loi a été discutée en première lecture : inscription précipitée à l’ordre du jour, absence d’étude d’impact, non-consultation des habitants des villes concernées et refus de saisir le Conseil d’État. Il est difficile de croire les auteurs de ce texte lorsqu’ils parlent de démocratie et de sincérité du scrutin si, dans le même temps, ils ne respectent pas les règles de bon fonctionnement du débat parlementaire. Et voilà qu’en dépit de l’échec de la commission mixte paritaire, nous allons à nouveau devoir nous prononcer de manière précipitée sur cette réforme, à moins d’un an des prochaines élections municipales ! On se demande si la session extraordinaire n’aurait pas pu être mieux utilisée.

Le gouvernement préfère sauver le soldat Dati et estime que la réforme de la loi PLM a priorité sur tous les autres sujets, comme le pouvoir d’achat, la santé ou l’éducation. Plus surprenant encore, ce texte a fait naître dans notre hémicycle une alliance baroque allant de La France insoumise au Rassemblement national en passant par le Modem, qui a perdu au passage ses alliés d’Horizons. Au moment où la désapprobation de nos concitoyens envers les arrangements entre amis s’accroît, cette cuisine électoraliste envoie une image peu glorieuse de nos travaux parlementaires. Elle donne l’impression d’une réforme très parisienne – il suffit pour s’en convaincre de voir l’identité des auteurs du texte –, qui ne tient pas compte des spécificités des deux autres communes concernées.

Enfin, notre groupe ne comprend pas le choix qui a été fait de dissocier réforme électorale et réforme des compétences, le texte se contentant de renvoyer à un rapport pour repenser les compétences des mairies d’arrondissement, ce qui n’est pas à la hauteur des enjeux. La réforme électorale proposée pourrait se traduire par une centralisation encore plus grande du conseil municipal, au détriment des conseils d’arrondissement.

Ce texte présente de multiples failles, alors même qu’il entend modifier un scrutin moins d’un an avant son premier tour. Rien ne justifie une réforme aussi précipitée. Notre groupe votera donc contre.

M. Patrick Hetzel (DR). J’insisterai sur trois points de vigilance. Le premier est la complexité de la mise en œuvre de cette réforme, car l’organisation de deux scrutins simultanés nécessitera une logistique électorale renforcée. Le deuxième est un impact sur la représentation locale : la suppression de la répartition des conseillers municipaux par arrondissement pourrait modifier les dynamiques politiques locales, notamment de proximité. Le troisième point porte sur le transfert de compétences, qui devra faire l’objet d’un suivi afin d’éviter les confits de prérogatives entre la mairie centrale et les mairies d’arrondissement.

Par ailleurs, certains aspects justifient de poursuivre les discussions. Le premier concerne la méthode de travail, qui, de toute évidence, n’a pas été collective, la réponse semblant avoir été proposée sans concertation approfondie avec les acteurs locaux et l’opposition. Une refonte du mode de scrutin municipal nécessiterait un débat démocratique élargi pour garantir son acceptation par tous. Vous me direz certes, monsieur le rapporteur, que vous avez échangé avec divers acteurs, mais il eût fallu définir en amont une méthode plus formalisée à cet égard.

Ensuite, une modification de la loi électorale à moins d’un an désormais de l’échéance électorale suscite toujours des interrogations. La réforme pourrait aussi avoir des conséquences imprévues sur le paysage politique local en modifiant certains équilibres dans les métropoles concernées. Outre la complexité de sa mise en œuvre, elle induit en effet un affaiblissement potentiel des arrondissements : séparer les scrutins municipaux et d’arrondissement fait planer le risque d’une dilution du pouvoir des maires d’arrondissement qui pourrait réduire leur influence sur les décisions locales et favoriser une gouvernance plus centralisée – objectif qui me semble paradoxal de la part du Modem.

Mme Elsa Faucillon (GDR). Voilà moins d’une semaine, nous examinions un texte taillé sur mesure pour Marine Le Pen et, cette semaine, nous en examinons un autre destiné à favoriser Mme Dati dans sa conquête de Paris. Il faudrait en finir avec ce genre de textes !

Ce qui est, en revanche, inédit, c’est la possibilité d’examiner un texte en deuxième lecture après une tentative de conciliation ratée entre les deux chambres en commission mixte paritaire – et cela en session extraordinaire. Voilà une belle occasion de débat qui ne nous avait pas été offerte depuis longtemps, le Sénat jouant ici le rôle d’accélérateur de la politique du gouvernement.

Sur le fond du texte, notre position reste inchangée depuis deux mois : réformer la loi PLM dans la précipitation ne peut qu’affaiblir un système institutionnel qui « « fonctionne » – j’insiste toutefois sur les guillemets –, approuvé par une majorité d’élus locaux de ces trois grandes villes. Cette réforme entraîne en outre de nombreux effets de bord, comme l’obligation pour les électeurs lyonnais de participer à trois scrutins différents le même jour : il y a encore du travail.

Notre opposition est encore renforcée par le calendrier électoral : ce texte ne sera voté ni aujourd’hui ni dans les jours à venir, alors que la période de réserve des élections municipales débute dans deux mois et que le premier tour des élections est prévu dans huit mois. Comment, dès lors, ne pas voir dans cette réforme contraire à la loi une manœuvre purement électoraliste ?

L’adoption d’une telle loi dans la précipitation ne ferait qu’abîmer un peu plus notre démocratie, qui n’en a pas besoin. Nous voterons donc contre.

Mme Sophie Ricourt Vaginay (UDR). Nous débattons d’une réforme essentielle pour Paris, Lyon et Marseille, où s’applique depuis plus de quarante ans un mode d’élection particulier qui ne garantit pas toujours que le maire soit vraiment choisi par la majorité des habitants – un exemple marquant est celui de Marseille où, en 1983, le maire a pu être élu avec une minorité de voix. De telles situations créent un vrai problème démocratique et alimentent la méfiance des citoyens.

La proposition de loi veut corriger cela. Elle prévoit ainsi d’organiser deux votes distincts visant respectivement à élire le maire et ses conseillers à l’échelle de toute la ville et à désigner les représentants de chaque arrondissement. Ainsi, chaque habitant pourra s’exprimer clairement sur le choix du maire tout en continuant à défendre les intérêts de son quartier.

Le texte réduit aussi la prime donnée à la liste arrivée en tête, ce qui évitera de devoir fabriquer une majorité artificielle et permettra une répartition plus juste et plus fidèle à la réalité des votes.

Autre point fort : les maires d’arrondissement auront désormais plus de liberté et pourront mieux défendre les dossiers qui concernent directement les habitants de leur arrondissement.

En clarifiant les règles et en rendant le système plus juste, cette réforme redonnera confiance aux citoyens et renforcera la légitimité des élus. Pour toutes ces raisons, et pour éviter que ne se reproduisent des situations comme celle que j’ai évoquée à propos de Marseille, le groupe UDR votera en faveur de ce texte.

M. le président Florent Boudié. Nous en venons aux questions des autres députés.

Mme Blandine Brocard (Dem). Je connais votre sérieux, monsieur le rapporteur, mais j’ai déjà eu l’occasion de dire que, à titre personnel, je ne suis absolument pas favorable à ce texte, pour plusieurs raisons, tant de forme que de fond. Je trouve en particulier qu’il est très dommage, alors qu’on souhaite réformer le mode de scrutin à Lyon, de ne pas prendre en compte la métropole. Les maires des cinquante-huit communes qui en font partie ne sont pas représentés au conseil métropolitain. En revanche, un opposant au maire d’une commune peut représenter celle-ci. J’ai déposé une proposition de loi à ce sujet, mais il aurait été bien d’aller au bout de la présente réforme des modes de scrutin en revenant sur le statut très particulier de la métropole de Lyon ; les maires l’attendent.

M. Jean-Paul Mattei, rapporteur. Je vous remercie pour vos interventions, plus apaisées qu’en première lecture. Nous avons tout de même travaillé : j’ai mené dix auditions, auxquelles beaucoup de membres de la commission ont participé ; nous avons également reçu une dizaine de contributions écrites et nous avons eu des échanges avec les maires des trois grandes villes concernées.

Ma première réaction est peut-être un peu épidermique mais, en tant qu’ancien maire d’une commune rurale, je me permets de rappeler que nous avons adopté, il y a quelques semaines, une réforme qui concernait à peu près 80 % des communes en France sans que cela pose de problème, notamment sur le plan des délais. Je suis un peu agacé que l’on fasse une différence entre les grandes et les petites communes. Tous les conseils municipaux de France doivent être élus de la même manière. Certains débats sont donc un peu spécieux.

Il faut que ce texte, compte tenu de ses conséquences légistiques, soit adopté le plus rapidement possible. Sinon un problème de transcription dans les différents codes et d’élaboration des dispositions réglementaires se posera. Nous devons laisser à l’administration le temps de faire son travail.

Il me semble que la démocratie a bien fonctionné : nous avons eu un débat intéressant et respectueux dans l’hémicycle en première lecture. Je n’ai pas eu l’impression d’être instrumentalisé par qui que ce soit – ce n’est pas mon genre –, ni d’agir en mode commando. Je n’avais pas de mission à exécuter : j’ai simplement analysé le texte de manière factuelle. Il me semble qu’il est utile et qu’il correspond à ce qu’est la démocratie, pour laquelle il constituera une avancée. On est loin du scandale démocratique dont parlent certains.

S’agissant de l’urgence, beaucoup de propositions de loi ont été déposées qui ne sont pas plus importantes que celle-ci. Elle doit être adoptée le plus rapidement possible afin que le Conseil constitutionnel puisse se prononcer très vite – nous verrons alors ce qu’il en pense.

Je serais un peu interloqué si une grande ville comme Lyon n’était pas capable d’organiser trois scrutins le même jour. J’ai souvent été confronté à ce genre de situation, en tant que maire, par exemple en 2008, et nous avons su y arriver avec nos petits moyens.

Article 1er

Article 1er

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(art. L. 46-1, L. 52-3, L. 225, L. 261, L. 271, L. 272-1, L. 272-4-1 [nouveau], L. 272-3, L. 272-5 et L. 272-6 du code électoral) : Instauration de deux scrutins distincts lors des élections municipales de Paris, Lyon et Marseille

Suivant l’avis du rapporteur, la commission rejette l’amendement de suppression CL7 de Mme Elsa Faucillon.

Amendements CL4 et CL5 de M. Laurent Lhardit (discussion commune)

M. Laurent Lhardit (SOC). Tout en préservant l’esprit de la proposition de loi, l’amendement CL4 ferait évoluer le texte en instaurant, dans une logique de simplification, un scrutin unique pour les conseillers de Paris ou municipaux et pour les conseillers d’arrondissement. Ainsi, il n’y aurait plus qu’un bulletin unique, au lieu de deux dans la rédaction actuelle, ce qui permettra d’éviter certaines difficultés – double urne, et même triple à Lyon, ce qui est absurde, complexité des comptes de campagne et potentielle censure sur le fondement de l’article 40 de la Constitution – tout en clarifiant le vote. L’argument selon lequel cette évolution priverait les électeurs de la possibilité de dissocier leurs votes a beaucoup été avancé, mais je n’ai jamais entendu la moindre demande des citoyens en ce sens. Par ailleurs, un bulletin unique permettrait de se rapprocher du régime général qui vaut pour les autres communes. Cet amendement réintroduirait, par ailleurs, dans la même logique de rapprochement, une prime majoritaire de 50 %.

Le second amendement, de repli, maintiendrait une prime de 25 %.

M. Jean-Paul Mattei, rapporteur. Notre collègue Marie-Charlotte Garin a exprimé, au cours de la discussion générale, les critiques que je pourrais formuler à l’égard de ces amendements, dont nous avons déjà beaucoup parlé en première lecture. Vos propositions, que je trouve assez pertinentes sur le plan de l’analyse, permettraient d’éviter l’organisation de trois scrutins à Lyon. Mais nous ne partons pas de rien : le rapport d’Éric Woerth sur la décentralisation a souligné la nécessité de maintenir deux élections. Par ailleurs, il existerait un risque pour le pluralisme politique si nous adoptions l’un ou l’autre de votre amendement. Outre le fait que ces amendements ajouteraient de la complexité, je tiens à insister sur le problème du traitement différencié s’agissant de Lyon, Marseille et Paris. Avis défavorable.

M. Sylvain Maillard (EPR). Ces amendements sont intéressants. Nous avons travaillé sur la question lors du dépôt du texte et des auditions. Nous nous sommes alors aperçus, d’abord, que ce qui est proposé poserait de vraies difficultés pour le second tour dans les arrondissements ; c’est pourquoi nous avons totalement abandonné l’idée. Ensuite, vos propositions sont compliquées alors que nous cherchons à simplifier, c’est-à-dire à faire dans ces trois villes comme dans toutes les autres. On votera désormais directement dans une urne pour la mairie d’arrondissement et dans une autre pour la mairie centrale. Nous nous prononcerons donc contre ces amendements.

M. Stéphane Delautrette (SOC). J’aimerais comprendre quelle difficulté un bulletin unique poserait s’agissant du second tour.

La commission rejette successivement les amendements.

Amendement CL6 de M. Stéphane Delautrette

M. Stéphane Delautrette (SOC). Monsieur le rapporteur, vous vous êtes dit agacé par la différence parfois faite entre les petites et les grandes communes. Mais s’agissant de la prime majoritaire, elle sera identique dans les 35 000 communes qui procéderont à des élections l’année prochaine, tandis que la proposition de loi, alors même qu’on nous dit vouloir y ramener Paris, Lyon et Marseille dans le droit commun, tend à créer en la matière une dérogation pour ces trois communes au prétexte de l’effet écrasant de la prime majoritaire actuelle.

Dans une commune de 2 000 habitants dont le conseil municipal compterait dix-neuf sièges, si la liste A obtient 40 % des voix, la liste B 35 % et la liste C 25 %, la liste A obtient quatorze sièges, la liste B trois, et la liste C seulement deux. La prime majoritaire aura un effet encore plus écrasant dans les petites communes, et la question se pose aussi pour elles.

Nous réitérons donc notre demande d’un alignement sur ce qui se pratique dans l’ensemble des communes de France si l’on doit revoir le mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille.

M. Jean-Paul Mattei, rapporteur. La question de la prime majoritaire et celle du mode de scrutin pour l’élection des conseillers d’arrondissement et municipaux ne relèvent pas tout à fait du même débat…

Comme le collègue Lachaud, je serais plutôt favorable à une prime majoritaire de 25 % pour toutes les communes de France, mais je nous vois mal nous lancer dans une telle réforme alors que nous venons d’adopter un texte qui ne remet pas en cause le système actuel. Je pense que les auteurs du texte ont voulu, dans une logique d’équilibre démocratique, éviter un écrasement trop important de la représentation au profit de la liste majoritaire, ce qui va dans le bon sens. J’avais travaillé à un amendement qui proposait un alignement sur le mode de scrutin régional, mais il n’a pas été retenu en première lecture. Il me semble que les grandes villes pourraient montrer la voie dans ce domaine. J’ai vu, ayant été maire d’une commune de 2 000 habitants, quel effet pouvait produire une prime majoritaire de 50 %, même si je n’ai pas toujours été directement concerné puisqu’il n’y avait pas de deuxième liste à l’époque. Néanmoins, je le répète, ce n’est pas le sujet du jour. Avis défavorable.

M. Bastien Lachaud (LFI-NFP). Je rejoins le rapporteur : l’effet d’écrasement de la prime majoritaire de 50 % est réel. Il tue toute vie démocratique dans les communes et fait quasiment du maire un autocrate qui peut diriger seul, sans véritable opposition. Il serait terrifiant qu’un tel système s’applique aux trois plus grandes villes de notre pays ; nous devons évidemment aller vers une prime majoritaire de 25 % dans l’ensemble des communes. On nous objecte la gouvernabilité, mais admettre qu’il faudrait davantage qu’une prime de 25 % pour dégager une majorité revient à penser qu’une liste ayant obtenu moins de 33 % des voix mérite de diriger toute seule une municipalité, ce qui n’a aucun sens démocratique. Certes, Paris, Lyon et Marseille ne seraient pas dans le régime général si la prime majoritaire y était de 25 %, mais ces villes doivent montrer la voie. Nous devons travailler, pour les prochaines élections municipales, à une réforme du scrutin permettant de généraliser à l’ensemble des communes la prime de 25 %.

M. Sylvain Maillard (EPR). Lorsque nous avons écrit cette proposition de loi, l’idée était que le système retenu ressemble le plus possible à la situation actuelle à Paris, Lyon et Marseille : les oppositions évoquent un tripatouillage mais, en réalité, on obtiendrait à peu près la même chose si on appliquait la prime majoritaire de 25 % aux derniers résultats électoraux. Par ailleurs, il est pour nous essentiel d’avoir une large représentation des oppositions, dans leur diversité, et des territoires de ces trois villes. On ne peut pas nous reprocher à la fois de chercher à centraliser et de faire en sorte que l’ensemble des territoires soient bien représentés, y compris s’agissant des oppositions, aux conseils municipaux de Paris, de Lyon et Marseille. Nous tenons au maintien de la prime majoritaire de 25 %.

La commission rejette l’amendement.

Elle adopte l’article 1er non modifié.

Article 1er

Article 1er bis

#

(art. L. 273-5, L. 273-7, L. 273-8, L. 273-10 du code électoral) : Élection des conseillers métropolitains de Paris et Marseille à l’échelle du Conseil de Paris ou du conseil municipal de Marseille

La commission adopte l’article 1er bis non modifié.

Article 1er

Article 1er ter

#

(art. L. 2513‑1 du code général des collectivités territoriales) : Augmentation du nombre de sièges au sein du conseil municipal de Marseille

La commission adopte l’article 1er ter non modifié.

Article 2

Article 2

#

(annexes nos 2, 3 et 4 du code électoral et art. L. 2511-8 du code général des collectivités territoriales) : Répartition des sièges dans chaque conseil d’arrondissement

La commission adopte successivement les amendements rédactionnels CL12, CL15 et CL16 de M. Jean-Paul Mattei, rapporteur.

Elle adopte l’article 2 modifié.

Article 3

Article 3

#

(art. L. 2511-8, L. 2511-25, L. 2511-26-1 [nouveau] et L. 2511-28 du code général des collectivités territoriales) : Participation du maire d’arrondissement ou de secteur au Conseil de Paris ou aux conseils municipaux et diverses mesures de coordination

Amendement de suppression CL8 de Mme Elsa Faucillon

Mme Elsa Faucillon (GDR). Cet article affaiblirait la démocratie de proximité en dissociant l’élection des conseils d’arrondissement de celle du Conseil de Paris : cela romprait le lien organique entre ces deux niveaux et conduirait à réduire les conseils d’arrondissement à de simples chambres consultatives, privées de relais au sein du Conseil de Paris, ce qui fragiliserait à terme le rôle des maires d’arrondissement, pourtant essentiel dans des territoires aussi peuplés. Selon nous, il existe aussi un risque important d’accélération des parachutages, de personnalisation excessive du maire central et d’effacement progressif de l’ancrage local. Cela éloignerait les citoyens de la prise de décision et compromettrait la représentativité territoriale. De plus, cette réforme ouvre la porte à une inégalité entre les arrondissements : certains pourraient ne plus avoir aucun représentant au Conseil de Paris alors que d’autres y seraient surreprésentés, sans justification démocratique.

M. Jean-Paul Mattei, rapporteur. Je dois saluer la cohérence de Mme Faucillon. Puisqu’elle est totalement opposée au texte, il est tout à fait logique qu’elle demande la suppression de cet article. Pour ma part, je ne peux que donner un avis défavorable à cet amendement.

La commission rejette l’amendement.

Elle adopte l’amendement rédactionnel CL13 de M. Jean-Paul Mattei, rapporteur.

Elle adopte l’article 3 modifié.

Article 4

Article 4

#

 : Entrée en vigueur du nouveau mode de scrutin

Suivant l’avis du rapporteur, la commission rejette l’amendement de suppression CL9 de Mme Elsa Faucillon.

La commission adopte l’article 4 non modifié.

Article 5

Article 5

#

 : Remise d’un rapport d’évaluation des modalités d’un transfert de compétences de la mairie centrale vers les mairies d’arrondissement ou de secteur de Paris, Lyon et Marseille

La commission adopte l’article 5 non modifié.

Article 6

Article 6

#

 (art. L. 2512-3-1 [nouveau] du code général des collectivités territoriales) : Création d’une conférence des maires à la Ville de Paris

La commission adopte l’amendement rédactionnel CL14 de M. Jean-Paul Mattei, rapporteur.

Elle adopte l’article 6 modifié.

Titre

La commission adopte l’amendement rédactionnel CL11 de M. Jean-Paul Mattei, rapporteur.

Elle adopte l’ensemble de la proposition de loi modifiée.

En conséquence, la commission des Lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République vous demande d’adopter la proposition de loi visant à réformer le mode d'élection des membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et Marseille (n° 1487) dans le texte figurant dans le document annexé au présent rapport.

([1]) Loi n° 82-1170 du 31 décembre 1982 portant modification de certaines dispositions du code électoral relatives à l'élection des membres du Conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille.

([2]) À Lyon, le code électoral dispose que les conseillers métropolitains sont élus au cours d’un scrutin consacré à cette élection, en même temps que les élections municipales (articles L. 224-1 et suivants). Les électeurs lyonnais votent donc déjà deux fois : pour élire leurs conseillers d’arrondissement dans le cadre des élections municipales et pour élire leurs conseillers métropolitains.

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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