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rapport sur la proposition de loi, adoptée par le Sénat, pour améliorer la prise en charge de la sclérose latérale amyotrophique et d’autres maladies évolutives graves (n°456).

Rapport 05/02/2025 N° 910 RAPPANR5L17B0910
Article 1er

Article 1er

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Création d’une procédure dérogatoire devant la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées en cas de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles

Article 2

Article 2

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Extension après l’âge de 60 ans de la prestation de compensation du handicap aux personnes atteintes de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles

Article 3

Article 3

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Concours financier de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie

Article 4

Article 4

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 (supprimé) Gage

Travaux de la commission

ANNEXE N°1 : LISTE DES PERSONNES ENTENDUES PAR La RAPPORTEURe

Annexe N° 2 : textes susceptibles d’Être abrogÉs ou modifiÉs À l’occasion de l’examen DE LA PROPOSITION DE LOI

   avant-propos

La sclérose latérale amyotrophique, aussi connue sous le nom de maladie de Charcot, est une pathologie neurologique qui affecte le système nerveux central et périphérique. Maladie neurodégénérative grave, elle se traduit par une paralysie progressive des muscles impliqués dans la motricité volontaire. Elle affecte peu à peu la phonation, la déglutition et les muscles respiratoires des personnes atteintes. Elle se caractérise par une survenue imprévisible et une évolution rapide. Les handicaps sévères et irréversibles liés à cette maladie sont propres à chaque malade et empêchent donc toute anticipation des besoins de compensation du handicap. Elle touche environ 6 000 de nos concitoyens. L’espérance de vie est en moyenne de deux ans après le diagnostic : 10 à 15 % des malades ont une durée de vie supérieure à cinq ans après le diagnostic, 5 % ont une durée de vie supérieure à dix ans.

La prise en charge sanitaire des patients est organisée autour de centres maladies rares labellisés. Une filière nationale de santé maladies rares sclérose latérale amyotrophique et maladies du neurone moteur (FilSLAN), articulée autour de vingt‑deux centres de référence, a été créée en 2014 dans le cadre du deuxième plan national Maladies rares afin de les coordonner et de faciliter la prise en charge des personnes atteintes. Dans chaque centre, les patients sont accompagnés par une équipe pluridisciplinaire qui suit l’évolution des déficiences causées par la maladie.

Au regard des handicaps sévères et irréversibles que la sclérose latérale amyotrophique entraîne et de son évolution rapide, les personnes atteintes par cette maladie peuvent bénéficier selon les cas, de la prestation de compensation du handicap (PCH) ou de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Toutefois, une prise en charge de droit commun n’est pas adaptée au caractère très évolutif de la maladie. Au terme de ses travaux, la rapporteure constate le caractère insatisfaisant de la procédure d’attribution des droits et prestations, comme des adaptations du plan personnalisé de compensation du handicap pour ces personnes. Les patients interrogés ont en effet fait connaître leurs difficultés, avérées, à faire évaluer les conséquences des handicaps auxquelles ils sont confrontés, pour envisager la mise en place d’un plan personnalisé de compensation et pour mobiliser les aides humaines et techniques, dans des délais décents. Certaines personnes sont décédées avant de connaître la décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH).

En complément de la prise en charge à 100 % de leurs frais de santé par l’assurance maladie, les personnes dont la sclérose latérale amyotrophique a été diagnostiquée avant l’âge de 60 ans s’adressent à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Si la réglementation donne un délai de quatre mois à la CDAPH pour statuer, ce délai est variable selon les départements en pratique et peut s’élever à six voire neuf mois. Or le protocole national de diagnostic et de soins sur la sclérose latérale amyotrophique recommande des bilans réguliers adaptatifs tous les trois mois. Des adaptations plus fréquentes peuvent même être nécessaires dans certains cas. Qu’il s’agisse de l’ouverture des droits ou de leur actualisation, les délais de traitement des demandes par les MDPH apparaissent difficilement compatibles avec une maladie aussi rapidement évolutive que la sclérose latérale amyotrophique.

Lorsque le diagnostic de la sclérose latérale amyotrophique intervient au‑delà de 60 ans, la personne atteinte de la maladie ne peut pas bénéficier de la PCH. Elle peut alors demander l’APA. Il existe toutefois des différences majeures de prise en charge entre les deux prestations.

En effet, l’ensemble des aides attribuées au titre de l’APA est rattaché à un plan d’aide global dont le montant est déterminé dans la limite d’un plafond mensuel pour chaque groupe iso-ressources (GIR). Dans ce cas, non seulement, le plan d’aide ne permet généralement pas de financer la présence continue d’intervenants auprès du malade, mais il couvre difficilement les nombreuses aides techniques dont ce dernier a besoin. Or la prise en charge dans le cadre de l’APA concerne la majorité des personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique : 21 % de patients incidents de moins de 60 ans et 79 % de patients incidents de 60 ans et plus.

Si certains traitements expérimentaux contre la maladie de Charcot sont aujourd’hui porteurs d’espoir pour les patients et leurs proches – à l’image de l’essai clinique actuellement conduit aux Hospices civils de Lyon avec la société lyonnaise Axoltis Pharma –, il appartient au législateur d’apporter sans attendre des solutions concrètes aux difficultés rencontrées.

La présente proposition de loi, déposée par les sénateurs Gilbert Boucher et Philippe Mouiller, a fait l’objet d’un soutien exceptionnellement large. Elle a été cosignée par 318 sénateurs et a été adoptée à l’unanimité en première lecture au Sénat. Elle vise à pallier les lacunes de notre système de protection sociale pour accompagner les personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique. Ces lacunes peuvent en effet laisser dans le désarroi des familles, déjà choquées par le diagnostic et frappées par les conséquences de la maladie. La proposition de loi vise en outre à aménager pour les personnes concernées les procédures et les conditions d’accès à la PCH.

Par ailleurs, d’autres pathologies pourraient entrer dans le champ des pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles retenues dans la proposition de loi et dont il appartiendra au pouvoir réglementaire de dresser la liste. Elles présentent des caractéristiques communes reposant sur une dégradation rapide de l’autonomie de la personne ainsi que l’apparition de handicaps sévères et irréversibles.

   Commentaire des articles

Article 1er

Article 1er

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Création d’une procédure dérogatoire devant la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées en cas de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles

Adopté par la commission sans modification

L’article 1er, modifié en commission et séance publique au Sénat, crée une procédure dérogatoire accélérée devant la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées pour les demandes d’attribution des droits et prestations, ainsi que les demandes d’adaptations du plan personnalisé de compensation du handicap, pour les personnes atteintes de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles, dont la liste est établie par arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et des personnes handicapées.

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  L’ÉTAT DU DROIT

Au sein du code de l’action sociale et des familles est décrite la procédure de demande et d’instruction des droits auxquels les personnes handicapées peuvent prétendre. Elle est conduite au sein des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) par une pluralité d’acteurs.

Aux termes de l’article L. 146‑8 dudit code, une équipe pluridisciplinaire est chargée d’évaluer les besoins de compensation des personnes handicapées et d’établir un plan personnalisé de compensation du handicap. Pour ce faire, le dispositif prévoit que cette équipe entende la personne demandeuse ou son représentant, de même qu’elle se rende sur son lieu de vie.

Pour cette évaluation, le deuxième alinéa du même article autorise l’équipe pluridisciplinaire à solliciter le concours des centres de référence pour une maladie rare ou groupe de maladies rares rattachés à un centre hospitalier universitaire.

La filière FilSLAN

Depuis 2014, dans le cadre du deuxième plan national Maladies rares, la prise en charge de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) est organisée au travers de la filière nationale de santé maladies rares SLA et maladies du neurone moteur (FilSLAN) qui en rassemble les principaux acteurs. Ainsi, dix centres hospitaliers universitaires ont notamment été labellisés centres de référence maladies rares et douze centres hospitaliers et universitaires, centres de ressources et de compétence maladies rares sur l’ensemble du territoire. Ces centres ont pour mission de confirmer le diagnostic de la maladie avant de prendre en charge les patients de façon pluridisciplinaire, le cas échéant en évaluant les besoins d’aide humaine et technique des patients.

Sur la base de cette évaluation, l’article L. 146‑9 du même code charge une commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de prendre les décisions relatives à l’ensemble des droits de la personne handicapée, notamment pour la prestation de compensation du handicap (PCH) prévue au chapitre V du titre IV du livre II dudit code.

Aux termes de l’article L. 241‑5 du même code et sauf opposition de la personne concernée, la commission peut siéger en formation restreinte et statuer selon une procédure simplifiée. Aussi, une procédure d’urgence est prévue à l’article L. 245‑2, qui prévoit que le président du conseil départemental puisse, en cas d’urgence attestée, attribuer la prestation de compensation à titre provisoire avant de régulariser sa décision dans un délai de deux mois.

Des procédures longues et inadaptées à la temporalité de certaines pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles
à l’image de la sclérose latérale amyotrophique

Aux termes de l’article R. 241‑33 du code de l’action sociale et des familles, la CDAPH dispose de quatre mois pour statuer sur la demande de la personne handicapée, sans quoi son silence vaut rejet. Dans les faits, le délai d’instruction est « variable » ([1]) d’un département à l’autre et peut s’élever à six voire neuf mois. En moyenne, il était de près de six mois au quatrième trimestre de l’année 2023 selon le baromètre des MDPH publié par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

Ces délais d’instruction sont d’autant plus contraignants lorsqu’il s’agit de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles, qui entraînent sans cesse des besoins nouveaux. C’est particulièrement le cas de la sclérose latérale amyotrophique dont l’évolution est constante, rapide et unique à chaque patient. En tout état de cause, la maladie entrave tous les actes de la vie des personnes atteintes, y compris les plus essentiels comme la déglutition. Elle suscite ainsi nombre de besoins nouveaux, souvent vitaux.

Dans ce contexte, même la procédure d’urgence prévue par le code de l’action sociale et des familles ne semble pas apporter un cadre suffisamment sécurisant pour les personnes qui souffrent de ce type de maladies évolutives et graves. En effet, elle est « inégalement appliquée et ne permet pas toujours d’apporter une réponse rapide et adéquate au besoin » ([2]).

À titre d’exemple, les auditions préparatoires ont rappelé qu’il n’est pas rare que l’administration statue sur une demande alors que celle-ci est devenue obsolète du fait de l’évolution de la maladie ou, pire, du décès de la personne.

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  le dispositif proposé : une procédure dérogatoire pour les pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles devant la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées

L’article 1er de la proposition de loi modifie la section 2 du chapitre VI du titre IV du livre 1er du code de l’action sociale et des familles relatif aux maisons départementales des personnes handicapées.

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  Le dispositif initial de la proposition de loi

Dans sa rédaction initiale, l’article 1er de la proposition de loi prévoit un unique dispositif de traitement dérogatoire des demandes d’adaptation du plan personnalisé de compensation du handicap liées à une maladie évolutive grave, dont un arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et des personnes handicapées établit la liste.

Par l’ajout d’un alinéa avant le dernier alinéa de l’article L. 146‑8 du code de l’action sociale et des familles, la proposition de loi amène un membre de l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH à proposer à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées les adaptations du plan personnalisé de compensation du handicap déterminées par la prescription d’un médecin ou d’un ergothérapeute.

En outre, l’article 1er prévoit que la commission statue sur ces adaptations lors de sa première réunion suivant la réception de la demande, afin de réduire effectivement les délais d’instruction pour les pathologies concernées.

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  Les modifications apportées par le Sénat

Au cours de l’examen en commission des affaires sociales, trois amendements des rapporteures, Mmes Laurence Muller‑Bronn et Corinne Féret, ont été adoptés.

● Le premier amendement adopté a inséré trois alinéas au 1° qui complètent la procédure dérogatoire envisagée. Le premier alinéa du 1° insère ainsi un nouvel article L. 146‑7‑1 après l’article L. 146‑7 du code de l’action sociale et des familles.

Le deuxième alinéa du 1° prévoit que les MDPH identifient au stade de leur dépôt les demandes émises par des personnes atteintes de certaines pathologies, dont la liste est fixée par arrêté des ministres chargés de la santé et des personnes handicapées, qui répondent à deux spécificités cumulatives :

– d’une part, la demande est déposée par une personne atteinte d’une pathologie d’évolution rapide ;

– d’autre part, cette pathologie cause des handicaps sévères et irréversibles.

La sclérose latérale amyotrophique et trois autres pathologies susceptibles d’entrer dans la définition retenue par le Sénat

Selon la direction générale de la cohésion sociale, les pathologies pouvant répondre à cette définition seraient les suivantes :

– la sclérose latérale amyotrophique, qui toucherait environ 6 000 personnes, dont 3 500 diagnostiquées après 60 ans et non éligibles à la PCH à ce jour ;

– la dégénérescence fronto-temporale, qui toucherait environ 5 000 personnes et qui survient principalement entre 45 et 65 ans ;

– l’atrophie multisystématisée, qui toucherait également 5 000 personnes et qui survient en majorité entre 50 et 70 ans ;

– la maladie de Creutzfeldt-Jakob, dont aucun cas n’a été recensé en France depuis 2019.

Le troisième alinéa du 1° ordonne que les demandes émises par les personnes atteintes par une pathologie d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles et identifiées par la MDPH fassent l’objet d’un traitement partenarial avec les centres de référence pour maladies rares ou groupe de maladies rares spécialisés dans les pathologies concernées.

Par ailleurs, l’amendement substitue aux mots « maladie évolutive grave dont la liste est fixée par arrêté des ministres chargés de la santé et des personnes handicapées » les mots « pathologie mentionnée à l’article L. 146‑7‑1 », en conséquence de l’article nouvellement créé par le 1°.

● Les deuxième et troisième amendements adoptés en commission des affaires sociales modifient le dispositif initialement prévu et correspondant au 2°.

D’une part, « l’attribution des droits et prestations » auxquels la personne atteinte peut prétendre complète les adaptations du plan personnalisé de compensation du handicap proposées à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapés.

D’autre part, est ajoutée à la prescription médicale ou à la prescription d’un ergothérapeute, « l’évaluation d’un centre désigné en qualité de centre de référence pour une maladie rare ou groupe de maladies rares » comme appui pour les propositions qu’effectue le membre de l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées.

● En séance publique, le Sénat a adopté un amendement de M. Daniel Chasseing ayant reçu un avis favorable du Gouvernement. Outre les demandes d’adaptation sur lesquelles la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées doit statuer au cours de sa première réunion suivant la réception de la demande tel que prévu à l’article 1er, l’amendement commande qu’elle statue selon le même calendrier sur les demandes d’attribution des droits et prestations ouvertes par la rédaction adoptée en commission des affaires sociales.

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Article 2

Article 2

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Extension après l’âge de 60 ans de la prestation de compensation du handicap aux personnes atteintes de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles

Adopté par la commission sans modification

L’article 2, tel que modifié en commission et séance publique lors de la première lecture au Sénat, étend le bénéfice de la prestation de compensation du handicap (PCH) aux personnes atteintes de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles après l’âge de 60 ans par dérogation au droit commun.

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  L’ÉTAT DU DROIT

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  Les personnes atteintes de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles peuvent prétendre à la prestation de compensation du handicap

Créée par la loi n° 2005‑102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, la prestation de compensation du handicap (PCH) concrétise le droit à la compensation des conséquences du handicap prévu à l’article L. 114‑1‑1 du code de l’action sociale et des familles. Attribuée selon la procédure décrite à l’article 1er, elle est servie par les conseils départementaux. Elle peut contribuer à financer une grande diversité de charges à l’image de besoins d’aides humaines, d’aides techniques ou d’aménagement du logement.

Conformément à l’annexe 2‑5 du code de l’action sociale et des familles, la prestation de compensation du handicap est ouverte aux personnes handicapées présentant une difficulté absolue pour la réalisation d’une activité ou une difficulté grave pour la réalisation d’au moins deux activités. Ces difficultés doivent être définitives ou d’une durée prévisible d’au moins un an selon l’article D. 245‑4 du code de l’action sociale et des familles.

Pour autant, l’article L. 245‑1 du même code limite le bénéficie de la PCH aux personnes handicapées dont l’âge est inférieur à une limite fixée par décret ([3]) à 60 ans. Néanmoins, deux exceptions sont prévues :

– les personnes d’un âge supérieur à 60 ans mais qui répondaient aux critères susmentionnés avant cet âge ;

– les personnes d’un âge supérieur à 60 ans mais qui exercent une activité professionnelle et dont le handicap répond aux critères susmentionnés.

Les personnes dont la sclérose latérale amyotrophique est diagnostiquée avant 60 ans continuent de percevoir la PCH après cet âge.

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  Lorsqu’une pathologie d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles apparaît après 60 ans, il n’est plus possible de prétendre à la prestation de compensation du handicap

Lorsqu’une personne est diagnostiquée d’une pathologie d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles telle que la sclérose latérale amyotrophique après l’âge de 60 ans, elle ne peut plus prétendre à la PCH. Elle peut cependant percevoir l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).

Toutefois, les personnes atteintes d’une pathologie d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles sont confrontées à deux principales difficultés :

– d’une part, le versement requiert d’être classé dans l’un des quatre premiers groupes iso-ressources (GIR), catégorisation qui détermine le montant de l’APA en fonction du degré de dépendance et du niveau de ressources. S’agissant des personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique, elles sont rarement catégorisées GIR 1, soit le plus haut niveau de perte d’autonomie. Cela s’explique notamment par l’absence d’altération des fonctions mentales par cette pathologie ;

– d’autre part, les montants perçus par la personne handicapée sont rattachés à un plan d’aide global, regroupant des dépenses de toutes natures, plafonné mensuellement pour chaque niveau de GIR. Toutefois, l’APA ne peut servir à financer des dépenses de même nature que la PCH. À titre d’exemple, contrairement à la PCH, elle ne permet pas de salarier son conjoint en tant qu’aide à domicile.

Pour ces raisons, la rapporteure estime insatisfaisant l’accompagnement au travers de l’APA des personnes atteintes, après 60 ans, d’une pathologie d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles, et en particulier de la sclérose latérale amyotrophique. En tout état de cause, ce dispositif est moins favorable que la prise en charge que procure la PCH s’agissant du reste à charge supporté par les assurés. À titre d’illustration, l’association pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique (Arsla) a évalué sur quatre ans à plus de 8 000 euros la différence de reste à charge entre deux personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique : l’une, bénéficiaire de la PCH, assumait un reste à charge de 8 005 euros contre16 069 euros pour l’autre, bénéficiaire de l’APA ([4]).

L’âge des personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique

Selon les données communiquées par la filière FilSLAN, l’incidence de la sclérose latérale amyotrophique laisse penser qu’une minorité de personnes seraient atteintes avant l’âge de 60 ans.

En effet, près de quatre personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique sur cinq a plus de 60 ans. De ce fait, la plupart de ces patients serait éligible à l’allocation personnalisée d’autonomie et non à la prestation de compensation du handicap.

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  le dispositif proposé : Extension après l’âge de 60 ans de la prestation de compensation du handicap dans les cas de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles

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  Le dispositif initial

L’article 2 de la proposition de loi modifie le II de l’article L. 245‑1 du code de l’action sociale et des familles relatif aux dérogations à l’âge limite fixé pour bénéficier de la PCH.

Est ainsi ajouté un troisième cas dérogatoire au bénéfice des personnes ayant atteint un âge supérieur à 60 ans, mais dont les besoins de compensation sont les conséquences d’une maladie évolutive grave, dont la liste est fixée par arrêté des ministres chargés de la santé et des personnes handicapées conformément à l’article L. 146‑8 du code de l’action sociale et des familles dans sa rédaction issue de l’article 1er de la présente proposition de loi.

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  Les modifications apportées par le Sénat

Deux amendements des rapporteures, Mmes Laurence Muller-Bronn et Corinne Féret, ont été adoptés au cours de l’examen en commission des affaires sociales.

Si le premier amendement est rédactionnel, le second retient, en coordination avec l’article 1er, l’expression de « pathologie d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles ». Il procède également à une modification de conséquence en modifiant une référence au sein du code de l’action sociale et des familles.

Aucun amendement n’a ensuite été déposé lors de l’examen de l’article 2 en séance publique.

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Article 3

Article 3

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Concours financier de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie

Adopté par la commission sans modification

L’article 3, qui n’a fait l’objet d’aucune modification en première lecture par le Sénat, met à la charge de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie le montant des dépenses supplémentaires engendrées à l’article 2 par l’ouverture d’un droit à la prestation de compensation du handicap aux personnes atteintes, après l’âge de 60 ans, de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles.

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  L’ÉTAT DU DROIT

Aux termes de l’article L. 223‑8 du code de la sécurité sociale, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie assure le financement des concours versés aux départements, destinés à couvrir une partie de la prestation de compensation du handicap (PCH).

En pratique, alors que les dépenses liées à la PCH n’ont eu de cesse de croître depuis sa création en 2005, les montants versés aux conseils départementaux par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie ont été limités à une certaine fraction définie à l’article L. 223‑9 du code de la sécurité sociale.

Le taux de couverture de ces dépenses est ainsi passé de 60,4 % en 2009 à 26,9 % en 2021 selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

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  le dispositif proposÉ

● L’article 3 de la présente proposition de loi complète par un g le 3° de l’article L. 223‑8 du code de la sécurité sociale relatif au financement des concours versés aux départements et aux prestations qu’ils délivrent.

Est ainsi ajouté le surcroît du coût engendré par la nouvelle dérogation créée à l’article 2, qui ouvre le bénéfice de la PCH aux personnes atteintes par certaines pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles. Dans un objectif de simplification, la rapporteure estime que cette compensation devra idéalement être portée sur l’un des concours financiers existants de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie aux conseils départementaux.

Selon la direction générale de la cohésion sociale, l’impact financier annuel de la mesure pour la seule sclérose latérale amyotrophique, lié à la hausse des dépenses de PCH nette des économies effectuées sur l’APA, se situerait entre 58 et 88 millions d’euros. Si les autres pathologies précédemment mentionnées étaient incluses dans le dispositif, le surcoût estimé atteindrait 82 à 123 millions d’euros, pour un montant total variant entre 140 et 211 millions d’euros.

Les rapporteures de la proposition de loi au Sénat, Mmes Laurence Muller‑Bronn et Corinne Féret, avancent pour leur part un chiffre « proche de 30 millions d’euros par an au total » ([5]).

● Les sénateurs ont adopté l’article 3 sans modification.

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Article 4

Article 4

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 (supprimé)
Gage

Suppression maintenue par la commission

L’article 4 de la proposition de loi gageait la charge résultant des dispositions des articles 1er à 3 pour l’État et les organismes de sécurité sociale par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs. Il a été supprimé lors de la première lecture au Sénat par un amendement présenté par le Gouvernement.

L’article 4 prévoyait une compensation des coûts engendrés par la présente proposition de loi au moyen de la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs.

Ce gage a été levé au cours de l’examen en séance publique au Sénat, « au regard du soutien apporté par le Gouvernement à la proposition de loi » ([6]).

En commission des affaires sociales, les députés ont pris acte de la levée du gage.

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   Travaux de la commission

Lors de sa première réunion du mercredi 5 février 2025, la commission examine la proposition de loi, adoptée par le Sénat, pour améliorer la prise en charge de la sclérose latérale amyotrophique et d’autres maladies évolutives graves (n° 456) (Mme Josiane Corneloup, rapporteure) ([7]).

Mme Josiane Corneloup, rapporteure. Cette proposition de loi adoptée par le Sénat, que nous aurions dû examiner au début du mois de décembre si la censure n’était venue ajourner nos travaux, est porteuse de progrès réels pour un nombre non négligeable de malades. Permettez-moi d’avoir une pensée pour notre collègue sénateur de la Drôme Gilbert Bouchet, qui a coécrit cette proposition de loi et qui souffre lui-même de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Beaucoup reste à faire pour améliorer la prise en charge des personnes atteintes de la maladie de Charcot et d’autres pathologies d’évolution rapide, qui causent des handicaps sévères et irréversibles.

La SLA est une pathologie neurodégénérative grave affectant le système nerveux central et périphérique. Elle se traduit par une paralysie progressive des muscles impliqués dans la motricité volontaire et affecte peu à peu la phonation, la déglutition et les muscles respiratoires. Toutefois, la chronologie et le rythme de progression de l’atteinte motrice sont spécifiques à chaque patient, ce qui empêche toute anticipation des besoins de compensation du handicap. En France, cette maladie, qui évolue très rapidement, touche près de 6 000 individus, dont l’espérance de vie après le diagnostic est en moyenne de deux ans.

Certains traitements expérimentaux suscitent d’immenses espoirs pour les patients et leurs proches. Un essai clinique vient ainsi d’être lancé aux Hospices civils de Lyon par la société Axoltis Pharma. Il appartient à la puissance publique non seulement d’accompagner cette dynamique, mais aussi d’apporter sans attendre des solutions concrètes aux difficultés de prise en charge qui persistent malgré l’investissement de tous les acteurs, notamment ceux de la filière nationale de santé maladies rares pour la SLA et les maladies du neurone moteur (FilSLAN) ou des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

La première difficulté concerne les délais d’instruction des demandes d’attribution des droits et prestations ainsi que des demandes d’adaptation du plan personnalisé de compensation du handicap, qui sont totalement inadaptés à la situation des malades. Les demandes sont déposées auprès des MDPH, notamment en vue de l’obtention de la prestation de compensation du handicap (PCH). Une équipe pluridisciplinaire est chargée d’évaluer les besoins et, le cas échéant, de transmettre le dossier à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), qui prend alors les décisions d’attribution et d’adaptation.

Si le code de l’action sociale et des familles prévoit que les CDAPH statuent sous quatre mois, les délais, variables d’un département à l’autre, s’établissent en réalité à six mois en moyenne – ils peuvent même atteindre neuf mois. Une procédure d’urgence existe bien, mais elle est inégalement appliquée et se limite à une case à cocher. Les dossiers restent traités au fil de l’eau, ce qui ne permet pas une réponse rapide et adéquate.

Pour les personnes atteintes des pathologies qui nous occupent aujourd’hui, de tels délais sont dramatiques. Plus de la moitié des malades atteints de SLA décèdent dans les deux années qui suivent le diagnostic. Leur imposer une attente de neuf mois revient à les priver d’un équipement et d’un accompagnement adéquats pendant près de la moitié de leurs derniers moments de vie. Il n’est ainsi pas rare que la réponse soit déjà obsolète au moment où elle leur parvient ou, pire, que les patients décèdent avant même de l’avoir reçue.

La seconde difficulté tient à la prise en charge des dépenses liées à l’accompagnement humain et technique des patients. Les personnes handicapées ne sont plus éligibles à la PCH après 60 ans, sauf si la pathologie s’est déclarée avant cet âge ou si la personne exerce toujours une activité professionnelle. Cette barrière semble tout à fait inadaptée dans le cas de la maladie de Charcot et d’autres pathologies similaires. D’après les personnes auditionnées, près de quatre malades sur cinq sont diagnostiqués après 60 ans. En lieu et place de la PCH, à laquelle ils ne sont pas éligibles, ils perçoivent l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), qui n’est pas adaptée à leur pathologie – son montant étant défini en fonction du groupe iso-ressources du patient, les personnes atteintes de SLA, qui ne subissent que très rarement des pertes de fonctions cognitives, ne peuvent prétendre qu’à une faible allocation.

L’Association pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique (Arsla) estime ainsi le reste à charge d’un bénéficiaire de l’APA à 16 000 euros, contre 8 000 euros pour une personne percevant la PCH. Une trentaine d’aides techniques étant nécessaires au malade à compter du diagnostic, un tel écart a des conséquences directes sur les conditions de vie des patients et leurs choix thérapeutiques. Il est urgent de supprimer cette iniquité.

Face à ces constats, nous devons agir. Cette proposition de loi le permet.

L’article 1er prévoit une procédure dérogatoire pour les demandes d’attribution des droits et prestations ainsi que pour les demandes d’adaptation du plan personnalisé de compensation du handicap devant les MDPH, plus adaptée à la temporalité des maladies concernées. Les demandes liées à ces pathologies seraient identifiées dès le stade du dépôt et les CDAPH seraient tenues de rendre une décision au cours de leur première réunion suivant la réception de la demande.

L’article 2 tend à créer une nouvelle dérogation à la barrière d’âge de 60 ans, qui conditionne actuellement l’éligibilité à la PCH pour les personnes atteintes d’une pathologie d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles. Les patients pourraient ainsi bénéficier du régime de compensation de la PCH, plus favorable que celui de l’APA, ce qui diminuerait leur reste à charge et leur garantirait surtout un accompagnement permanent.

Enfin, l’article 3 prévoit que les dépenses supplémentaires créées par l’article 2 soient prises en charge par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Au vu des dépenses sociales très élevées dont s’acquittent déjà les départements, cela semble juste.

Certains d’entre vous s’interrogent sur divers aspects de ce texte, qu’ils jugent perfectible. Je partage en partie ces constats. Néanmoins, cette proposition de loi, que le Sénat a déjà sensiblement améliorée en complétant l’article 1er et en définissant plus précisément les pathologies concernées, est une occasion que nous pouvons saisir dès maintenant, comme nous le demandent la majorité des acteurs sanitaires et associatifs auditionnés. Je fais mienne leur volonté, car il y a urgence. Si la navette parlementaire devait se poursuivre, nul ne sait quand – ni même si – le texte nous reviendrait. Nos collègues sénateurs ont montré la voie le 15 octobre dernier en l’adoptant à l’unanimité. Récemment, notre assemblée a elle aussi su trouver de larges consensus, notamment s’agissant de textes dont notre commission était saisie. J’ai confiance en notre capacité à faire de même pour ce texte, dont je défendrai l’adoption en des termes identiques à ceux retenus par le Sénat, car c’est ainsi que nous pourrons améliorer la vie des malades et de leurs proches.

Mme Annie Vidal, présidente. Nous en venons aux interventions des orateurs des groupes.

Mme Sandrine Dogor-Such (RN). Les patients atteints de la maladie de Charcot doivent être pris en charge le plus rapidement possible une fois le diagnostic posé. Ce texte est un premier pas dans cette direction. Il est d’autant plus nécessaire que, dans un contexte de désertification médicale, les familles sont très isolées pour faire face à une maladie qu’elles ne connaissent pas. Nous déplorons une réelle carence en matière de soins et de services à domicile.

Les malades espèrent vivre au mieux jusqu’au bout, être bien accompagnés tout au long de leur pathologie et voir leur dignité reconnue. Seuls 35 % des patients atteints de SLA sont pris en charge dans des unités de soins palliatifs. Il faut une véritable politique de développement de ces soins, afin que tous les malades qui en ont besoin puissent en bénéficier.

Alors que notre société devrait répondre au mieux aux besoins de ces patients, les procédures de prise en charge sont complètement décalées par rapport à ces derniers. Les malades atteints de SLA, en particulier, n’ont pas accès aux équipements adéquats dans les temps et sont parfois contraints de les acheter eux-mêmes, sans aucune aide. La création d’une procédure d’examen prioritaire de leurs dossiers serait une bonne chose, mais je demande instamment au Gouvernement de dégager les moyens nécessaires pour réduire les délais d’instruction de toutes les demandes par les MDPH, lesquelles infligent des délais d’attente beaucoup trop long aux personnes handicapées.

Nous voterons bien évidemment en faveur de ce texte.

Mme Sophie Panonacle (EPR). Merci, madame la rapporteure, pour votre parfaite analyse. Il y a encore quelques mois, je n’avais qu’une connaissance très limitée de la maladie de Charcot. J’ai depuis rencontré Lorène Vivier, 36 ans, frappée par cette maladie et dont l’histoire m’a profondément émue. Le temps que lui laisse cette « nouvelle aventure », pour reprendre ses termes, elle entend en profiter pleinement et cela lui donne une force inépuisable pour soutenir chaque jour la recherche.

J’ai pris contact avec l’Arsla pour mettre mon mandat de députée au service de cette cause. En l’absence de traitement, les malades ne peuvent compter que sur des dispositifs techniques et humains pour améliorer leur confort de vie. L’examen de leur dossier par les MDPH n’étant pas prioritaire et les délais d’instruction étant beaucoup trop longs, les matériels, prescrits tardivement, se révèlent souvent inutiles. Autre problème : après 60 ans, le malade ne peut pas bénéficier de la PCH.

Cette proposition de loi est le fruit d’un travail conjoint des parlementaires et de l’Arsla. Elle a été déposée, avec le soutien du Gouvernement, par les sénateurs Philippe Mouiller et Gilbert Bouchet, lui-même touché par la maladie. Adoptée le 15 octobre, elle nous est soumise dans l’espoir d’une adoption en des termes conformes à ceux retenus par le Sénat. L’urgence nous impose un vote en ce sens. Nous devons dépasser nos sensibilités respectives pour servir la cause de tous les malades et de leurs proches. Vous pouvez compter sur le groupe EPR, qui associera ses voix aux vôtres, pour porter les couleurs de l’espoir et de la solidarité.

Mme Karen Erodi (LFI-NFP). Je dédie cette intervention à Charly, militant de ma circonscription atteint par la maladie de Charcot et engagé dans la lutte pour une plus grande reconnaissance et une meilleure prise en charge de cette pathologie. Chaque année, environ 1 000 nouveaux cas de SLA, touchant principalement des personnes âgées de 50 à 70 ans, sont diagnostiqués en France. Environ 8 000 personnes vivent avec cette maladie incurable.

Le sénateur Bouchet, lui-même touché par cette pathologie, a souligné les difficultés rencontrées par les malades, notamment le coût exorbitant du matériel médical – un fauteuil électrique coûte 35 000 euros –, ou encore les délais interminables pour obtenir une aide de la MDPH. Trop souvent, la décision de l’équipe pluridisciplinaire intervient alors que l’état des patients a déjà évolué, rendant le matériel prescrit obsolète avant même d’avoir été utilisé.

La proposition de loi vise à accélérer le versement de la PCH en instaurant une procédure dérogatoire. Or les délais inégaux de traitement des dossiers sont avant tout la conséquence de la faiblesse des moyens humains et financiers accordés aux MDPH par les gouvernements successifs. Une procédure accélérée constituerait certes une avancée pour les patients atteints de SLA, mais elle risquerait, à budget constant, de s’appliquer au détriment des autres demandeurs. C’est l’ensemble du dispositif d’accompagnement des personnes en situation de handicap qu’il faut renforcer et harmoniser.

Le texte prévoit aussi de déroger au critère d’âge à satisfaire pour percevoir la PCH. Mon groupe plaide pour sa suppression totale.

Nous voterons en faveur de cette proposition de loi. Nous aurions toutefois préféré y inscrire le principe selon lequel le silence de la MDPH vaut accord, afin de contraindre l’État et les départements à investir davantage dans le traitement des demandes, au bénéfice de tous, plutôt que de créer un coupe-file favorisant certains malades au détriment des autres.

Nos débats résonnent avec l’actualité : la semaine dernière, Charles Biétry, ancien journaliste sportif, a livré un témoignage bouleversant sur son combat contre la SLA, appelant les parlementaires à consacrer le droit à mourir dans la dignité. Que le Gouvernement entende ces cris du cœur et du corps, qu’il prenne la mesure de ces drames humains, et qu’il agisse ! C’est notre devoir d’humanité.

M. Arnaud Simion (SOC). La maladie de Charcot est considérée comme une des maladies rares les plus fréquentes – quatre à cinq nouveaux cas sont diagnostiqués chaque jour. La proposition de loi vise à améliorer sa prise en charge en accélérant le traitement des dossiers, en permettant aux malades de bénéficier de la PCH à tout âge et en prévoyant un concours de la CNSA aux départements afin de compenser le surcroît de dépense occasionné. Mon groupe ne peut que soutenir de telles évolutions consensuelles et transpartisanes.

Il convient néanmoins de s’interroger plus globalement sur les raisons de l’engorgement des dossiers déposés devant les MDPH. Je vous invite, à ce sujet, à lire le rapport « Accueillir, évaluer, décider : comment les maisons départementales des personnes handicapées traitent les demandes des usagers », publié par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) en juin dernier. Le Conseil national consultatif des personnes handicapées, dans le cadre des travaux qu’il conduit à l’occasion des vingt ans de la loi du 11 février 2005, a d’ailleurs insisté sur la nécessité de réconcilier les Français avec les MDPH.

Mme Sylvie Bonnet (DR). Les mesures prévues dans la présente proposition de loi sont essentielles pour adapter la prise en charge aux spécificités de la SLA et donner aux patients une chance de vivre dignement le temps de leur combat. Elles permettront de répondre aux attentes des personnes atteintes et de leurs familles. Le groupe Droite Républicaine les soutient pleinement. Le texte qui nous est présenté est équilibré et ne fait pas peser la charge financière du dispositif sur les départements. Nous défendons donc un vote conforme à la version du Sénat, dans l’espoir d’une entrée en vigueur la plus rapide possible. Nous le devons à toutes celles et tous ceux qui sont frappés par cette terrible maladie.

Mme Marie Pochon (EcoS). C’est avec émotion que je salue notre collègue parlementaire Gilbert Bouchet, qui mène un combat terrible contre la maladie et qui, malgré ce qu’il endure, a décidé de se battre pour tous les autres en déposant cette proposition de loi. Je lui renouvelle, au nom du groupe Écologiste, en tant que collègue drômoise et en notre nom à tous, l’expression de notre soutien.

Combattre pour tous les autres, c’est désormais à nous qu’il revient de le faire. Ce texte est porteur d’espoir pour les malades et leurs familles, car il permettra de réduire les délais de prise en charge, de renforcer le suivi par les MDPH et de supprimer la barrière d’âge actuellement en vigueur pour accéder à la PCH.

Mon groupe votera bien évidemment cette proposition de loi. Elle n’est toutefois que la première étape d’un projet global en vue de mieux aider les personnes atteintes de maladies évolutives graves et ceux qui les accompagnent, aidants comme soignants. Il nous faudra renforcer le soutien public à la recherche et à l’innovation, aux associations et aux aidants. Il nous faudra réduire les délais de traitement, faciliter l’accompagnement des personnes en situation de handicap, garantir l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales, et assurer la disponibilité des médicaments. C’est seulement alors que nous aurons été à la hauteur de ce combat.

M. Olivier Falorni (Dem). Je tiens moi aussi à saluer le courage et la détermination de notre collègue sénateur Gilbert Bouchet, qui a fait adopter à l’unanimité une proposition de loi permettant de mettre en lumière une maladie incurable, décrite par l’Organisation mondiale de la santé comme une des plus cruelles qui soient. Face à la réalité de cette maladie, notre système de santé doit s’adapter. C’est l’objet de ce texte et de ses deux mesures-clefs, déjà décrites par mes collègues. Il obéit à une exigence de dignité et de solidarité. C’est pourquoi nous y sommes favorables.

Il nous faut plus que jamais lutter contre les inégalités. Cette proposition de loi, si elle tend à corriger une situation injuste, ne règle pas le problème plus large de la distinction opérée entre les personnes handicapées selon leur âge. Il est temps d’appliquer pleinement l’article 13 de la loi du 11 février 2005, qui prévoit d’y mettre fin. Nous devons aussi aller plus loin en œuvrant à la création d’une prestation unique d’autonomie, applicable aussi bien aux personnes en situation de handicap qu’aux personnes âgées.

Notre groupe votera cette proposition de loi, qui constitue un progrès indéniable, dans les termes retenus par le Sénat.

Mme Nathalie Colin-Oesterlé (HOR). Nous voterons bien entendu cette proposition de loi, car il est de notre devoir d’apporter une réponse concrète et rapide aux personnes atteintes de la maladie de Charcot, tout en veillant à maintenir un cadre équitable pour toutes les personnes en situation de handicap ou souffrant d’autres pathologies. Il conviendra sans doute de réfléchir à une réforme plus globale de l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie, afin de préserver la cohérence de notre système de protection sociale.

M. Stéphane Viry (LIOT). Mon groupe soutiendra avec conviction cette proposition de loi. Chaque jour compte dans le combat, à la fois psychique et physique, contre cette maladie brutale mais aussi contre le sentiment d’abandon face aux limites de notre système de santé, à la bureaucratie, aux lourdeurs administratives.

Il faut en effet clarifier nos procédures afin d’accélérer le traitement des dossiers.

Nous voterons cette proposition de loi conforme par souci d’efficacité, mais il est nécessaire d’aller plus loin. Il doit être possible de demander la PCH lorsque la maladie se déclare après 60 ans : 80 % des patients sont diagnostiqués après cet âge et sont aujourd’hui renvoyés vers l’APA. Il faut aussi soutenir la recherche, renforcer le dépistage, notamment néonatal, et autoriser des traitements innovants – trop de freins nous interdisent de tester des solutions nouvelles comme le font d’autres pays.

M. Yannick Monnet (GDR). Le groupe des élus communistes et des territoires dits d’outre-mer votera cette proposition de loi utile et attendue des malades comme de leur entourage.

Dans une tribune parue dans Le Monde en juin 2023, Valérie Goutines Caramel, présidente de l’Arsla, souligne que le temps de l’administration n’est pas compatible avec celui des malades : le temps de traitement des dossiers est en moyenne de six mois. La procédure dérogatoire prévue par ce texte est donc un progrès, comme l’exception prévue afin que les malades puissent bénéficier de la PCH après 60 ans.

Nous espérons qu’il sera possible d’aller plus loin en supprimant pour tous cette condition d’âge. C’est ce que prévoit l’article 13 de la loi du 11 février 2005, ni plus ni moins.

Il est aussi urgent de diminuer le reste à charge des patients – élevé même pour les malades qui reçoivent la PCH –, de renforcer le financement de la recherche, mais aussi des MDPH, et de mieux accompagner les aidants.

Mme Annie Vidal, présidente. Nous en venons aux interventions des autres députés.

M. Thibault Bazin, rapporteur général. Cette proposition de loi va dans le bon sens. Ses bonnes intentions devront être concrétisées : quelles seront les conséquences de cette procédure dérogatoire pour les MDPH, notamment celles éloignées des centres de référence, alors le protocole de diagnostic relatif à la sclérose latérale amyotrophique recommande des bilans réguliers adaptatifs ?

Mme Justine Gruet (DR). J’ai une pensée pour notre collègue Gilbert Bouchet et pour toutes les personnes touchées par cette maladie.

L’accompagnement pluridisciplinaire doit permettre la mise en réseau rapide de l’ensemble des personnes qui peuvent accompagner les malades et les aidants. Cette facilitation des procédures devrait valoir pour tous. Certes, cette maladie évolue très vite ; mais, de manière générale, le poids de la lutte contre la maladie ne doit pas être encore aggravé par des freins administratifs.

Je souligne aussi l’importance d’un accompagnement en soins palliatifs qui concerne aussi les aidants.

La mission d’évaluation de la loi du 11 février 2005 commencera bientôt ses travaux. Le rôle premier des MDPH est de facilitation ; leur analyse des dossiers doit inspirer la confiance.

Je salue le consensus qui se dessine au sujet de ce texte : dans l’intérêt des patients, nous devons agir vite.

M. Jean-François Rousset (EPR). Le groupe d’études sur la maladie d’Alzheimer et les autres maladies dégénératives, dont je suis coprésident, commence ses travaux. Sur ces sujets méconnus, nous entendons être très actifs et nous pencher sur les avancées des traitements mais aussi sur les conditions de vie des aidants et sur la fin de vie des patients. Je vous invite tous à nous rejoindre.

Mme la rapporteure. Les MDPH effectuent un travail remarquable, mais le nombre de dossiers qu’elles reçoivent s’est considérablement accru. Or ils sont traités à mesure de leur arrivée. Il est indispensable d’identifier ceux qui sont urgents, notamment ceux concernant des malades de la SLA. Loin de nous l’idée d’un traitement à deux vitesses : cette priorité ne doit pas nuire au traitement des autres dossiers. On pourrait imaginer, par exemple, des formulaires de couleurs différentes.

Les centres de référence, très actifs, et procèdent à de nouvelles évaluations tous les trois mois. Le problème concerne vraiment le traitement administratif par la MDPH. J’ai bon espoir que nous réussissions à diminuer les délais. Grâce à la feuille de route MDPH 2022, la CNSA a fourni des efforts en matière d’harmonisation des pratiques et de protocoles de traitement des dossiers ; elle a créé des formations transversales et spécifiques. Certaines reconductions sont maintenant accordées de façon systématique ; ce sont autant de dossiers en moins.

S’agissant de l’article 13 de la loi du 11 février 2005, qui prévoyait notamment la disparition sous cinq ans des critères d’âge en matière de compensation du handicap, je vous rejoins, monsieur Falorni, pour regretter qu’il ne soit pas appliqué. C’est un dossier que nous devrons rouvrir.

En ce qui concerne la prévention, certaines SLA sont d’origine génétique, d’autres pas du tout. C’est donc une maladie difficile à prévenir dans l’état actuel de nos connaissances.

Nous saurons bientôt si les essais cliniques en cours aux Hospices civils de Lyon sont porteurs d’espoir.

Nous devons aller plus loin pour soutenir les aidants, qui sont souvent très fatigués, car les malades ont besoin d’un accompagnement permanent. Il faut réfléchir à leur formation. Nous souffrons aussi d’une pénurie de soignants, notamment de kinésithérapeutes.

Article 9

Article 9

#

 

Article 1er : Création d’une procédure dérogatoire devant la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées en cas de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles

Amendement AS1 de Mme Joëlle Mélin

Mme Joëlle Mélin (RN). Il y a un problème à la porte des MDPH : le rapport de 2018 sur le sujet, celui de l’Igas comme les sites des MDPH elles-mêmes en témoignent. Il faut trouver une solution pour identifier les dossiers prioritaires, ainsi que pour traiter les très nombreux recours.

Je suggère donc que le texte prévoie la possibilité d’imposer un protocole spécifique pour que les dossiers concernés soient repérés au plus tôt.

Mme la rapporteure. Je comprends votre demande d’une procédure à l’échelle nationale, mais il me semble préférable d’attendre l’application de la loi que nous allons voter pour déterminer si c’est utile. Il me paraît aussi important de voter cette proposition de loi conforme.

Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Amendement AS6 de Mme Christine Loir

Mme Christine Loir (RN). Tous nos territoires ne sont pas couverts par un centre de référence pour les maladies rares. Pour les patients qui en sont éloignés, l’avis du médecin traitant ou du médecin spécialiste qui les traite doit suffire.

En réalité, nous allons demander un effort supplémentaire aux MDPH tout en leur allouant les mêmes moyens, c’est-à-dire rien : toujours plus de bureaucratie, alors qu’il est urgent de diminuer les délais pour tous. Dans l’Eure, il faut aujourd’hui attendre un an pour qu’un dossier soit traité.

Mme la rapporteure. Votre amendement est satisfait. L’équipe pluridisciplinaire du centre de référence pose le diagnostic, mais un avis détaillé du médecin traitant figure dans le dossier MDPH.

Avis défavorable.

M. le rapporteur général. Vous parlez de simplification, mais votre amendement ne va pas dans ce sens, puisqu’il ajoute des avis supplémentaires. Et les centres de référence ne sont pas le problème : ils rendent leur avis en temps et en heure.

Mme la rapporteure. Au quotidien, c’est bien le médecin traitant qui suit le patient, et il est en lien avec le centre de référence pour les évaluations périodiques.

Mme Christine Loir (RN). L’article 1er n’est pas clair sur ces points.

La commission rejette l’amendement.

Puis elle adopte l’article 1ernon modifié.

Après l’article 1er

Amendement AS3 de M. Hadrien Clouet

M. Hadrien Clouet (LFI-NFP). Cet amendement tend à demander un rapport sur les capacités de prise en charge de nouveaux patients. Il y a, cela a été dit, un problème de maillage territorial : un tiers des patientes et des patients n’ont pas de centre de référence proche de chez eux. Il faut donc en développer de nouveaux. Cela correspond aux conclusions du rapport de l’Igas, qui constatait une massification des demandes et une difficulté d’évaluation des besoins individuels.

Mme la rapporteure. Il existe un grand nombre de centres de référence ; ils sont tout à fait réactifs et la nécessité de les multiplier n’est pas apparue au cours des auditions.

En outre, il me paraît important de voter ce texte conforme.

Avis défavorable.

M. Hadrien Clouet (LFI-NFP). C’est pourtant un élément important du rapport de l’Igas. Je suis étonné qu’il ne vous ait pas été signalé.

La commission rejette l’amendement.

Article 10

Article 10

#

 

Article 2 : Extension après l’âge de 60 ans de la prestation de compensation du handicap aux personnes atteintes de pathologies d’évolution rapide et causant des handicaps sévères et irréversibles

La commission adopte l’article 2 non modifié.

Article 3

Article 3

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 : Concours financier de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie

La commission adopte l’article 3 non modifié.

Article 4

Article 4

#

(supprimé) : Gage

La commission maintient la suppression de l’article 4.

Après l’article 4

Amendement AS5 de Mme Sandrine Dogor-Such

Mme Sandrine Dogor-Such (RN). Les délais réels de traitement des dossiers par les MDPH sont de six à neuf mois. Nous demandons un rapport pour comprendre les causes de ce phénomène et trouver des solutions.

Mme la rapporteure. Des avancées ont été réalisées. Nous disposons par ailleurs du rapport solide et récent de l’Igas, qui formule un grand nombre de recommandations.

Avis défavorable.

La commission rejette l’amendement.

Puis elle adopte l’ensemble de la proposition de loi sans modification.

Mme la rapporteure. Merci de cette unanimité. Cette proposition de loi sera une avancée pour les patients.

*

*     *

En conséquence, la commission des affaires sociales demande à l’Assemblée nationale d’adopter la présente proposition de loi dans le texte figurant dans le document annexé au présent rapport.

– Texte adopté par la commission : https://assnat.fr/m5cw2q

–Texte comparatif : https://assnat.fr/IhNVc6

   ANNEXE N°1 :
LISTE DES PERSONNES ENTENDUES PAR La RAPPORTEURe

(par ordre chronologique)

      Table ronde avec les associations :

– Association Une vie, un combat contre la SLA – Mme Fabienne Demeure, présidente

– Association pour la recherche sur la SLA – Mme Sabine Turgeman, directrice générale, et Mme Bettina Ramelet, directrice générale adjointe

        Table ronde avec les acteurs institutionnels :

– Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) – M. Arnaud Flanquart, sous-directeur du service des personnes handicapées et des personnes âgées

– Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) – Mme Bénédicte Autier, directrice à la direction de l’accès aux droits et des parcours, et M. Étienne Deguelle, directeur adjoint de la direction de l’accès aux droits et des parcours

        Audition :

– Pr Philippe Couratier, neurologue au CHU de Limoges, animateur national de la filière FilSLAN

La rapporteure a par ailleurs reçu une contribution écrite de Départements de France, de l’Association des directeurs de maison départementale pour les personnes handicapées (ADMDPH) et de l’Alliance maladies rares.

   Annexe N° 2 :
textes susceptibles d’Être abrogÉs ou modifiÉs À l’occasion de l’examen DE LA PROPOSITION DE LOI

Projet de loi

Dispositions en vigueur modifiées

Article

Codes et lois

Numéro d’article

1er

Code de l’action sociale
et des familles

L. 146‑7‑1 [nouveau] et L. 146-8

2

Code de l’action sociale
et des familles

L. 245-1

3

Code de la sécurité sociale

L. 223-8

([1]) Contribution écrite de la direction générale de la cohésion sociale transmise le 13 décembre 2024.

([2]) Ibid.

([3]) Décret n° 2006-1311 du 25 octobre 2006 modifiant diverses dispositions relatives à la prestation de compensation.

([4]) Contribution écrite de l’association pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique transmise le 3 janvier 2025.

([5]) Rapport n° 669 (2023-2024) de Mmes Laurence Muller‑Bronn et Corinne Féret sur la proposition de loi pour améliorer la prise en charge de la sclérose latérale amyotrophique et d’autres maladies évolutives graves, 5 juin 2024.

([6]) Amendement n° 4 du Gouvernement sur la proposition de loi, séance du 15 octobre 2024.

([7]) https://assnat.fr/XEEU4W

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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