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Élargir la reconnaissance des maladies professionnelles provoquées par l’exposition aux rayonnements ionisants

Projet de loi rectificatif 19/02/2026 N° 2513 PNREANR5L17B2513
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

« C’est une pénurie de déclarations que nous avons à signaler, à regretter et à atténuer dans la mesure du possible. […] D’une part, elle nous laisse dans une ignorance presque totale de la réalité du danger que peut offrir telle ou telle cause de maladie professionnelle. D’autre part, elle rend très difficile une sélection entre les unes et les autres et l’établissement de la hiérarchie qu’il serait désirable de pouvoir connaître sur leur degré de gravité. »

Docteur Edouard Agasse‑Lafont, Rapport concernant l’utilisation, notamment en vue de la prévention, de la documentation recueillie par le ministère du Travail, en application de la loi du 25 octobre 1919 sur les maladies professionnelles, 1933

« Comment se fait‑il que le dispositif de reconnaissance des maladies professionnelles radio‑induites ait si peu évolué en presque cent ans dans un environnement qui a pourtant vu les risques du travail nucléaire se transformer avec le développement de l’arsenal atomique puis de la filière électronucléaire ? »

Marie Ghis Malfilatre, La réparation du risque radio‑induit en France. De la création précoce du tableau n° 6 des maladies professionnelles à son blocage autour de l’enjeu de la mesure des doses, 2021

L’ampleur des maladies professionnelles, et particulièrement des cancers, est très largement sous‑estimée en France. D’une part, l’agence européenne pour la sécurité et la santé au travail estime à environ 120 000 le nombre de cancers d’origine professionnelle par an à l’échelle de l’Union européenne, entraînant 80 000 décès. D’autre part, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) estime que près de 12 000 cancers par an en France seraient d’origine professionnelle. Pourtant, à l’échelle nationale, seulement environ 1 800 cancers professionnels sont reconnus par an, principalement liés à l’amiante.

Le système de reconnaissance des maladies professionnelles est créé par la loi du 25 octobre 1919, après dix‑huit années de débats à la Chambre des députés. Le premier tableau est ainsi créé afin de reconnaître l’intoxication au plomb et d’autres tableaux ont suivi au fil des avancées. Cette reconnaissance est basée sur le principe de présomption d’origine en droit français. L’article L461‑1 du code de la sécurité sociale dispose qu’ « est présumée d’origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau. ». Les conditions mentionnées au tableau sont des conditions de maladie, de délai et de travaux, sous la forme d’une liste de travaux qui peut être indicative ou limitative en fonction des tableaux. La loi du 1er janvier 1931 renvoie la création et la modification des tableaux, du débat public mené au Parlement à une procédure administrative par décret confié au Ministère du travail. De plus, depuis 1993, un système complémentaire permet la reconnaissance de maladies professionnelles ne figurant pas dans les tableaux, dès lors que le médecin a pu établir « le lien direct et essentiel » entre le travail et la pathologie. Notons bien que la toxicologie permet d’établir des liens entre des substances et des cancers, et qu’elle devrait constituer une base solide pour prévenir l’exposition, et indemniser le cas échéant.

Le tableau des maladies professionnelles relatif aux pathologies liées aux rayonnements ionisants, dit tableau n° 6, est créé en 1931 ; il est alors appelé « Maladies engendrées par les rayons X ou les substances radioactives ». Il comporte dans un premier temps six pathologies dont deux cancers : la leucémie et le cancer cutané. En 1950, le nombre d’affections est porté à douze dont deux nouveaux cancers : le sarcome osseux et le cancer broncho‑pulmonaire par inhalation. Le sarcome osseux est identifié aux États‑Unis d’Amérique au début des années 1920 chez les « Radium girls », des ouvrières qui peignent des cadrans avec de la peinture radio‑luminescente à base de radium 226. Pour le cancer bronchopulmonaire, des excès sont prouvés dans pratiquement toutes les études épidémiologiques relatives aux mineurs d’uranium qui inhalent du radon 222, ses descendants et des poussières de minerai ([1]). La dernière modification du tableau n° 6 relatif aux rayonnements ionisants date de 1984 ([2]).

Le nombre de travailleurs exposés aux rayonnements ionisants bondit dans la seconde moitié du XXè siècle ([3]), passant en France de quelques dizaines avant la Seconde Guerre mondiale à 248 814 travailleurs suivis en 2024 selon l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Les bilans annuels de la surveillance des travailleurs exposés aux rayonnements ionisants en France, publiés dorénavant par l’ASNR, permettent d’observer et chiffrer les populations exposées aux rayonnements ionisants.

Depuis 2024, la surveillance est recentrée sur les seuls travailleurs faisant l’objet d’une surveillance dosimétrique individuelle ; ce qui représente une diminution de 4 % de l’effectif surveillé par rapport à 2023. Parmi l’effectif surveillé en 2024, 224 630 travailleurs (90 %) exercent dans des activités civiles et militaires du domaine nucléaire, de l’industrie, de la recherche, du médical, du dentaire et du vétérinaire et 24 184 travailleurs (10 %) sont suivis pour une exposition à la radioactivité naturelle, principalement des personnels de l’aviation exposés aux rayonnements cosmiques. À savoir que les domaines médical, dentaire et vétérinaire représentent la majorité des effectifs suivis (46 %), suivis par le domaine nucléaire (36 %). Plus de la moitié des travailleurs ayant une exposition comprise entre 1 millisievert ([4]) (mSv) et 5 mSv sont des personnels navigants exposés aux rayonnements cosmiques. Les travailleurs du domaine nucléaire, qui représente 36 % de l’effectif suivi, totalisent 92 % de l’effectif de travailleurs exposés à plus de 5 mSv ([5]).

Malgré cette inflation de travailleurs et de secteurs exposés, le nombre de reconnaissances en maladie professionnelle est resté paradoxalement stable, oscillant entre quinze et vingt‑cinq cas d’affections reconnues par an depuis les années 1950 ([6]). Par ailleurs, Marie Ghis Malfilatre, chercheuse rattachée au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), met en évidence que « d’après les chiffres de la CNAM, les employés non qualifiés qui, dans l’organisation du travail nucléaire, correspondent aux travailleurs en charge de la maintenance et du nettoyage des installations, opérations les plus exposés aux rayonnements ionisants, sont ceux qui sont le moins reconnus parmi les différents groupes professionnels accédant à la reconnaissance de maladie professionnelle » ([7]).

Cette analyse sur l’organisation du secteur nucléaire résonne avec des constats plus transversaux quant aux inégalités sociales en matière de santé en France. Selon l’Insee, les travailleurs décrits comme moins qualifiées ont une moins bonne santé que les autres professions ([8]). En effet, alors que 6 % des salariés peu qualifiés perçoivent leur santé comme mauvaise ou très mauvaise, ils sont 2 % du côté des professions intellectuelles et scientifiques à faire le même constat. De même, 11 % des salariés peu qualifiés et 6 % des professions intellectuelles et scientifiques déclarent souffrir d’un trouble dépressif. Concernant l’espérance de vie à 35 ans en 2020‑2022, elle est de 48,9 ans pour les hommes cadres, soit 5,3 ans de plus que celle des hommes ouvriers ([9]). Dans l’édition 2024 de son baromètre, Santé publique France conclut à des inégalités socio‑économiques systématiquement observées pour tous les indicateurs étudiés ([10]).

Les personnes socialement défavorisées sont systématiquement en moins bon état de santé générale, physique et mentale que les personnes socialement plus favorisées. En effet, selon le baromètre 2024 de Santé publique France : « Dans nos résultats, l’ensemble des prévalences des indicateurs de santé générale et physique étudiés (santé générale perçue, limitation d’activité, diabète, HTA ([11]) suivent des gradients systématiquement en défaveur des personnes dont la position socio‑économique est plus faible, que ce soit en termes de diplôme, de PCS ([12]) ou de situation financière. En ce qui concerne les indicateurs de santé mentale étudiés, les disparités sont particulièrement prononcées selon la situation financière : plus elle est perçue difficile plus la dépression, l’anxiété, les pensées suicidaires et troubles du sommeil sont fréquents » ([13]).

Parmi les ouvriers, il est estimé que les cancers imputables à l’activité professionnelle atteindraient près de 20 % des cas ([14]). L’enquête SUMER de surveillance médicale des expositions professionnelles démontre que 10 % de l’ensemble des salariés en France – soit plus de 1,8 million de personnes – sont exposés à au moins un agent cancérigène (particules Diesel, poussière de bois, silice, arsenic…) par le biais de leur activité professionnelle ([15]), et que ces expositions sont fortement concentrées parmi les ouvriers. 47 % des ouvriers seraient exposés, contre 2 % des cadres ([16]). Ces statistiques sont alarmantes ; d’autant plus lorsque nous observons que les politiques de prévention en santé sont majoritairement tournées vers les comportements individuels et délaissent le plus souvent l’organisation du travail.

Ces tendances générales s’ajoutent donc à la sous‑reconnaissance précédemment décrite ainsi qu’à une sous‑déclaration des maladies pourtant reconnues par le tableau n° 6. De plus, il est constaté des définitions administratives non intuitives entraînant une mauvaise comptabilité des cas de maladies professionnelles, et donc un manque de transparence des services de l’État quant aux données à leur disposition ([17]). Particulièrement concernant les maladies professionnelles radio‑induites reconnues en France, les statistiques annuelles, qui sont les seules à être détaillées, ne portent que sur les trois quarts des maladies réellement reconnues, le dernier quart restant inconnu ([18]). Par ailleurs,concernant les maladies dites « hors‑tableau », les données qui fournissent le lien entre les toxiques et les affections provoquées ne sont pas accessibles au public, ni aux associations de défense des victimes ([19]) ; posant un véritable souci de transparence de l’administration.

Pourtant, les avancées de la littérature scientifique nous permettent aujourd’hui d’affirmer avec certitude que les tableaux de maladies professionnelles relatives aux rayons ionisants doivent être élargis.

Tout d’abord le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé les rayonnements ionisants (émetteurs de particules alpha et bêta, rayons X et gamma, rayonnement neutronique) comme cancérogènes certains pour l’homme. Ils sont associés à un risque d’augmentation de nombreux cancers ([20]). Le volume 100 des Monographies du CIRC réévalue la cancérogénicité des types de rayonnements déjà classés comme « cancérogènes pour l’Homme » et identifie des localisations cancéreuses et des mécanismes de cancérogenèse supplémentaires. Les localisations cancéreuses identifiées sur la base d’indications suffisantes sont le poumon, les os, le sinus de la face et l’apophyse mastoïde, le foie, les voies biliaires extra‑hépatiques, la leucémie hors leucémie lymphoïde chronique (LLC) ([21]) , la leucémie aiguë , les tumeurs solides et leucémie, la thyroïde, les glandes salivaires, l’œsophage, l’estomac, le côlon, la peau (CBC ([22])), le sein chez la femme, la vessie, le cerveau et le système nerveux central, le rein ainsi que des localisations multiples (exposition in utero) ([23]).

Citons en deuxième lieu l’avis révisé de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) relatif à l’expertise sur les tableaux de maladies professionnelles existants et nécessitant une mise à jour (2025) ([24]). Identifiés comme à mettre à jour prioritairement, les tableaux n° 6 du régime général (RG) et n° 20 du régime agricole (RA) « nécessitent des évolutions, notamment la colonne 1 avec l’ajout de maladies en lien avec les rayonnements ionisants et les délais de prise en charge des maladies mentionnées qui ne prennent pas en compte les délais de réalisation des examens diagnostiques. » Les associations entre cancer et rayonnements ionisants absentes dans les tableaux RG6 et RA20 mais présentant un niveau de preuves avérées sont au nombre de treize, soit le cancer des cavités naso‑sinusiennes, le cancer de la vessie, le cancer du foie, le cancer des voies biliaires, le cancer de la peau non mélanome, le cancer de l’estomac, le cancer du cerveau et du système nerveux central, le cancer du sein, le cancer du rein, le cancer de la vésicule biliaire, le cancer du côlon, le cancer de l’œsophage et le cancer des glandes salivaires. De plus, les associations cancer‑rayonnements ionisants avec un niveau de preuve probable sont au nombre de neuf ; soit le lymphome non Hodgkinien, le myélome multiple, les leucémies, le cancer de la prostate, le cancer des voies biliaires, le cancer du foie, le cancer du rectum, le cancer du pancréas et le cancer des ovaires.

De plus, le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) établit que les preuves suggérant une association entre rayonnements ionisants et cancers sont jugées suffisantes pour 15 types de cancers, et que des données limitées existent pour 9 sites de cancers ([25]).

Enfin, les avancées de l’étude INWORKS ([26]) interrogent quant aux effets des faibles doses. Dans ses travaux, l’équipe d’INWORKS estime que le suivi de la cohorte des travailleurs, exposés à des doses régulières, et non pas à de fortes et uniques doses comme les survivants de Hiroshima et Nagasaki, fournit des preuves supplémentaires et directes de l’association entre l’exposition prolongée aux faibles doses de radiations et le risque de mortalité par cancer, en faveur d’une relation linéaire qui se prolonge, y compris à des niveaux très faibles de radiations. Ainsi, les résultats de l’étude montrent que le risque de cancer par gray ([27]) pour les travailleurs étudiés est du même ordre de grandeur que celui des survivants des bombardements japonais. Les résultats contredisent deux hypothèses longtemps centrales chez les experts de radioprotections et les régulateurs des risques des radiations : dans un premier temps l’existence d’un seuil en dessous duquel il n’y a pas de danger, ainsi que la dangerosité plus grande des expositions brèves à fortes doses par rapport aux expositions chroniques à des doses plus faibles ([28]). Rappelons que le groupe de travailleurs étudié par INWORKS est composé uniquement de statutaires de l’industrie nucléaire, qui sont en moyenne moins exposés que les travailleurs sous‑traitants, lesquels font face à de plus grandes difficultés pour justifier de leur suivi médical et ainsi faire reconnaître les effets de leur exposition.

Nous pouvons constater que, par le passé, des avancées scientifiques majeures ont créé une dynamique sociale et politique aboutissant à une meilleure reconnaissance et prise en charge des cancers liés à des facteurs environnementaux et professionnels. Mentionnons le cas de l’amiante. Cancérogène industriel majeur, elle est interdite en 1997. Les travaux des historiens font état de trente ans d’occultation des effets cancérogènes de l’amiante par des chercheurs et médecins travaillant sous contrat avec les industriels de l’amiante ([29]). Depuis 1995, le nombre de cancers professionnels associés à l’amiante est le seul à avoir augmenté, montrant une certaine sensibilisation des médecins et des patients à ce seul cancérogène ([30]). Par ailleurs, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2001 crée un droit à une indemnisation complémentaire de celle obtenue en cas de maladie professionnelle pour les victimes de cancers liés à l’amiante, via le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante. Si l’on ne peut que saluer ces avancées pour les victimes de cancers liés à l’exposition à l’amiante, on ne peut également que réclamer l’extension de ces droits aux victimes de cancers liés à d’autres substances cancérogènes mutagènes et reprotoxiques reconnues.

Depuis plusieurs années, nous pouvons constater qu’un volontarisme parlementaire transpartisan certain s’est engagé sur la question des maladies professionnelles, et en particulier concernant les pathologies radio‑induites. D’abord, la commission d’enquête sur les maladies et pathologies professionnelles dans l’industrie et les moyens à déployer pour leur élimination (2018) ([31]) a recommandé d’élargir le champ des pathologies d’origine professionnelle sous‑déclarées devant faire l’objet d’une prise en charge par la branche AT‑MP.

Ensuite, le régime d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français a ouvert à la reconnaissance vingt‑trois pathologies ([32]) à l’occasion de la loi n° 2010‑2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français dite loi « Morin » ; soit davantage que les seize pathologies actuellement reconnues dans le cadre des régimes général et agricole des maladies professionnelles radio‑induites. Par ailleurs, la liste des maladies découlant de la loi Morin est elle‑même contestée dans la mesure où elle est bien plus réduite que celle applicable aux États‑Unis par exemple ([33]). La nécessaire extension de cette liste s’est notamment illustrée grâce au rapport de la commission d’enquête relative à la politique française d’expérimentation nucléaire (2025), qui recommande qu’une commission de suivi des conséquences des essais nucléaires étudie et propose, dans les plus brefs délais, une liste révisée des pathologies potentiellement radio‑induites, notamment les cancers du pancréas et du pharynx, le cancer précoce de la prostate ainsi que certaines maladies du muscle cardiaque, demandées par les associations de victimes[34]. Nous ne pouvons que souhaiter la matérialisation de cette recommandation à travers la proposition de loi portée par les députés Mme Mereana Reid Arbelot et M. Didier Le Gac.

La présente proposition de résolution s’inscrit dans cette dynamique de longue date et transpartisane menée à l’Assemblée nationale au sujet des maladies radio‑induites. D’autre part, elle a été élaborée suite à quatorze auditions qui ont rassemblé chercheurs, syndicats, travailleurs et travailleuses du secteur, le collectif de sous‑traitants « Ma zone contrôlée » ainsi que l’association des « Irradiés de l’île‑Longue », mais également des experts de l’Anses et de l’ASNR. Cette démarche s’inscrit donc dans le temps long des revendications des travailleurs mais également des études scientifiques que nous avons développées précédemment. Ces auditions ont naturellement soulevé les désaccords existants et bien connus sur le principe même du nucléaire civil mais tous les auditionnés ont admis que l’objectif n’était pas de trancher un tel débat mais bien de rendre le travail moins pathogène. Élaborée en partenariat et avec consultations des syndicats, des institutions compétentes, des associations de travailleurs et des chercheurs, cette proposition améliorera la reconnaissance des maladies professionnelles dont sont victimes les travailleurs du secteur du nucléaire civil, certes, mais également du secteur militaire, le personnel du secteur médical et vétérinaire ou de l’aviation civile qui sont également exposés. Nous ne pouvons qu’espérer que la mise à jour des tableaux de maladies professionnelles entraînera une meilleure prévention des risques par l’employeur ; unique solution pour réduire l’occurrence de maladies.

C’est le sens de cette proposition de résolution qui invite le Gouvernement de la République française à réviser le tableau de maladie professionnelle n° 6 du régime général de la sécurité sociale et le tableau n° 20 du régime agricole afin de les élargir aux avancées scientifiques soulignées par les travaux du CIRC, de l’Anses, et de l’étude INWORKS.

– 1 –

proposition de RÉSOLUTION

Article 1

Article unique

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L’Assemblée nationale,

Vu l’article 34‑1 de la Constitution,

Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,

Considérant l’avis révisé de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’expertise sur les tableaux de maladies professionnelles existants nécessitant une mise à jour de mars 2025, qui recommande de mettre à jour prioritairement les tableaux de maladies professionnelles n° 6 du régime général et n° 20 du régime agricole relatifs aux « affections provoquées par les rayonnements ionisants » ;

Considérant le volume 100 des Monographies du Centre international de recherche sur le cancer qui réévalue la cancérogénicité des types de rayonnements déjà classés comme « cancérogènes pour l’homme » et identifie des localisations cancéreuses et des mécanismes de cancérogenèse supplémentaires ;

Considérant les résultats de l’étude épidémiologique internationale dite « INWORKS » sur les travailleurs du secteur nucléaire coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer visant à améliorer les connaissances relatives aux risques de cancer et de pathologies non‑cancéreuses liés à une exposition chronique à de faibles doses de rayonnements ionisants délivrés à de faibles débits de dose ;

Considérant l’annexe du décret n° 2010‑653 du 11 juin 2010 pris en application de la loi n° 2010‑2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français qui établit la liste des maladies radio induites mentionnée à l’article 1er de cette loi, qui retient une liste de pathologies plus large que celles inscrites au tableau n° 6 du régime général et au tableau n° 20 du régime agricole ;

Considérant le rapport fait au nom de la commission d’enquête relative à la politique française d’expérimentation nucléaire, à l’ensemble des conséquences de l’installation et des opérations du Centre d’expérimentation du Pacifique en Polynésie française, à la reconnaissance, à la prise en charge et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, ainsi qu’à la reconnaissance des dommages environnementaux et à leur réparation, qui recommande d’étudier la révision de l’annexe du décret n° 2010‑653 du 11 juin 2010 qui établit la liste des maladies radio induites mentionnée à l’article 1er de la loi n° 2010‑2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, notamment en ajoutant les cancers du pancréas et du pharynx, le cancer précoce de la prostate ainsi que certaines maladies du muscle cardiaque ;

Considérant l’immense écart entre la reconnaissance des cas de cancers professionnels en France, les estimations de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, et celles du Centre international de recherche sur le cancer, qui ne peut que nous laisser conclure à une forte sous‑reconnaissance des cancers professionnels en France ;

Considérant que les définitions administratives relatives aux maladies professionnelles sont non intuitives et entraînent une mauvaise comptabilité, et donc un manque de transparence des services de l’État quant aux données à leur disposition ;

Considérant la sous‑déclaration et la sous‑reconnaissance d’une grande partie des maladies professionnelles que les avancées scientifiques reconnaissent aujourd’hui comme liées à l’exposition aux rayons ionisants ;

Invite le Gouvernement à engager sans délai la révision des tableaux de maladies professionnelles n° 6 du régime général et n° 20 du régime agricole relatifs aux « affections provoquées par les rayonnements ionisants », afin de prendre en compte les avancées scientifiques relatives aux maladies professionnelles radio‑induites dont font état l’avis révisé de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et le Centre international de recherche sur le cancer ;

Invite le Gouvernement à engager dans les six mois une refonte du système de comptabilisation des maladies professionnelles, afin de consolider les statistiques annuelles publiées par la Caisse nationale de l’assurance maladie, et d’améliorer la transparence des services de l’État auprès du public, particulièrement des données relatives aux maladies définies par le septième alinéa de l’article L. 461‑1 du code de la sécurité sociale.

[1] Zerbib, J. (2018). Les maladies professionnelles radioinduites reconnues en France : bilan et évolutions depuis 1956. Radioprotection, 53(1), 51‑60. https://doi.org/10.1051/radiopro/2018002

[2] Décret n°84-492 du 22 juin 1984 révisant et complétant les tableaux de maladies professionnelles annexés au décret 462959 du 31-12-1946 pris pour l'application du livre iv du code de la sécurité sociale relatif à la prévention et à la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles

[3] Ghis Malfilatre, M. (2021). La réparation du risque radio-induit en France. De la création précoce du tableau n° 6 des maladies professionnelles à son blocage autour de l' enjeu de la mesure des doses. In Catherine Cavalin, Emmanuel Henry, Jean-Noël Jouzel Et Jérôme Pélisse (Dir.), Cent Ans De Sous-Reconnaissance Des Maladies Professionnelles (1919-2019), Presses Des Mines.

[4] Le sievert (Sv) est l'unité de mesure des doses équivalente et efficace, qui permet d’évaluer l’impact du rayonnement sur la matière vivante (ASNR).

[5] La radioprotection des travailleurs. Exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France : bilan 2024. (2025). ASNR. https://recherche-expertise.asnr.fr/sites/default/files/2025-09/ASNR_Rapport-2025-00282.pdf

[6]  Zerbib, J. (2018). Les maladies professionnelles radioinduites reconnues en France : bilan et évolutions depuis 1956. Radioprotection, 53(1), 51‑60. https://doi.org/10.1051/radiopro/2018002, ainsi que les données de la CNAM disponible à l’URL suivant : https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/mp-denombrement-historique-2000-2023

[7] Ghis Malfilatre, M. (2021). La réparation du risque radio-induit en France. De la création précoce du tableau n° 6 des maladies professionnelles à son blocage autour de l' enjeu de la mesure des doses. In Catherine Cavalin, Emmanuel Henry, Jean-Noël Jouzel Et Jérôme Pélisse (Dir.), Cent Ans De Sous-Reconnaissance Des Maladies Professionnelles (1919-2019), Presses Des Mines.

[8] France, portrait social, édition 2023, Insee https://www.insee.fr/fr/statistiques/7666907?sommaire=7666953

[9] Insee, paru le 16/07/2024 : espérance de vie par catégorie socio pro https://www.insee.fr/fr/statistiques/2383438

[10] Santé publique France, 2025 https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/780694/4904604?version=1

[11] hypertension artérielle

[12] professions et catégories socioprofessionnelles

[13] Santé publique France, 2025 https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/780694/4904604?version=1

[14] D’après le centre de lutte contre le cancer Léon Bérard

[15] Enquête SUMER 2016-2017 : Bilan de la collecte. (2018). INRS. https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TF%20260

[16] Ibid.

[17] Zerbib, J. (2018). Les maladies professionnelles radioinduites reconnues en France : bilan et évolutions depuis 1956. Radioprotection, 53(1), 51‑60. https://doi.org/10.1051/radiopro/2018002

[18] Ibid.

[19] Ibid.

[20] Rayonnements, monographie sur l’évaluation des risques cancérogènes pour les humains, volume 100D. (2012). CIRC. https://publications.iarc.who.int/121

[21] leucémie lymphoïde chronique

[22] carcinome basocellulaire

[23] Rayonnements, monographie sur l’évaluation des risques cancérogènes pour les humains, volume 100D. (2012). CIRC. https://publications.iarc.who.int/121

[24] Avis révisé relatif à l’expertise sur les tableaux de maladies professionnelles existants et nécessitant une mise à jour. (2025). Anses. https://www.anses.fr/sites/default/files/AIR2023SA0061Ra.pdf

[25] Rapport du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants, Nations Unies, juin 2025.

[26] L’étude INWORKS est une étude épidémiologique de mortalité chez les travailleurs de l’industrie nucléaire, coordonnée par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) et à laquelle participent l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), le NIOSH (National Institute for Occupational Safety and Health) pour les Etats-Unis, le PHE-CRCE (Public Health England’s Centre for Radiation, Chemical and Environmental Hazards) pour le Royaume-Uni, l’Université de Caroline du Nord (UNC) et le Center for Research in Environmental Epidemiology (CREAL). L’étude s’appuie sur les données de trois cohortes de travailleurs français, britanniques et américains de différents secteurs de l’industrie électronucléaire (préparation du combustible, recherche, production d’électricité, retraitement des combustibles irradiés) ; totalisant 308 297 travailleurs employés à partir des années 1940.

[27] Le gray (Gy) mesure la dose physiquement « absorbée » par la matière . Elle représente l'énergie absorbée par un kilogramme exposé à un rayonnement ionisant apportant une énergie d’1 joule (ASNR).

[28] Barbier, L. et Boudia, S. (2021). Circulez, il n’y a rien à voir Modèles, incertitudes et santé au travail dans l’industrie nucléaire. Terrains & travaux, 38(1), 95-118. https://doi.org/10.3917/tt.038.0095.

[29] David. E. Lilienfield, “The silence: The asbestos industry and early occupational cancer research –a case study”, American Journal of Public Health, vol. 81(6), juin 1991

[30] Thébaud-Mony, A. (2006). Histoires professionnelles et cancer. Actes de la recherche en sciences sociales, no 163(3), 18-31. https://doi.org/10.3917/arss.163.0018.

[31] Rapport de la commission d’enquête sur les maladies et pathologies professionnelles dans l’industrie (risques chimiques, psychosociaux ou physiques) et les moyens à déployer pour leur élimination, clôturée le jeudi 19 juillet 2018, Assemblée nationale.

[32] Décret n° 2014-1049 du 15 septembre 2014 relatif à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français

[33] Rapport de la commission de l’article 113 de la loi du 28 février 2017 sur les mesures destinées à réserver l’indemnisation aux personnes dont la maladie est causée par les essais nucléaires, 15 novembre 2018, Sénat.

[34] Ibid.

[(1)](1) Ce groupe est composé de : Mme Nadège ABOMANGOLI, M. Laurent ALEXANDRE, M. Gabriel AMARD, Mme Ségolène AMIOT, Mme Farida AMRANI, M. Rodrigo ARENAS, M. Raphaël ARNAULT, Mme Anaïs BELOUASSA-CHERIFI, Mme Shéhérazade BENTORKI, M. Ugo BERNALICIS, M. Christophe BEX, M. Carlos Martens BILONGO, M. Manuel BOMPARD, M. Idir BOUMERTIT, M. Louis BOYARD, M. Pierre-Yves CADALEN, M. Aymeric CARON, M. Sylvain CARRIÈRE, Mme Gabrielle CATHALA, M. Bérenger CERNON, Mme Sophia CHIKIROU, M. Hadrien CLOUET, M. Éric COQUEREL, M. Jean-François COULOMME, M. Sébastien DELOGU, M. Aly DIOUARA, Mme Alma DUFOUR, Mme Karen ERODI, Mme Mathilde FELD, M. Emmanuel FERNANDES, Mme Sylvie FERRER, M. Perceval GAILLARD, Mme Clémence GUETTÉ, Mme Zahia HAMDANE, Mme Mathilde HIGNET, M. Andy KERBRAT, M. Bastien LACHAUD, M. Abdelkader LAHMAR, M. Maxime LAISNEY, M. Arnaud LE GALL, M. Aurélien LE COQ, M. Antoine LÉAUMENT, Mme Élise LEBOUCHER, M. Jérôme LEGAVRE, Mme Sarah LEGRAIN, Mme Claire LEJEUNE, Mme Murielle LEPVRAUD, Mme Élisa MARTIN, M. Damien MAUDET, Mme Marianne MAXIMI, Mme Marie MESMEUR, Mme Manon MEUNIER, M. Jean-Philippe NILOR, Mme Sandrine NOSBÉ, Mme Danièle OBONO, Mme Nathalie OZIOL, Mme Mathilde PANOT, M. René PILATO, M. François PIQUEMAL, M. Thomas PORTES, M. Loïc PRUD’HOMME, M. Jean-Hugues RATENON, M. Arnaud SAINT-MARTIN, M. Aurélien SAINTOUL, Mme Ersilia SOUDAIS, Mme Anne STAMBACH-TERRENOIR, M. Aurélien TACHÉ, Mme Andrée TAURINYA, M. Matthias TAVEL, Mme Aurélie TROUVÉ, M. Paul VANNIER.

 

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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