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Inscrire le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique sur la liste européenne des organisations terroristes

Projet de loi rectificatif 22/01/2026 N° 2366 PNREANR5L17B2366
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Depuis le 28 décembre 2025, la République islamique d’Iran est confrontée à un nouveau soulèvement populaire d’une ampleur et d’une intensité inédites depuis l’instauration du régime en 1979. Rapidement étendues à l’ensemble du territoire, les manifestations ont mobilisé des citoyens iraniens de toutes générations et de toutes origines sociales. Elles traduisent un rejet profond d’un régime dictatorial, nourri, au‑delà des effets désastreux d’une crise économique aiguë, par la captation des richesses par une élite restreinte, par la corruption systémique, par l’étouffement des libertés fondamentales et par des décennies de répression politique brutale, l’augmentation exponentielle des exécutions capitales en 2025 en étant l’un des symptômes les plus sanglants.

La réponse des autorités iraniennes aux nombreuses manifestations pacifiques a été d’une extrême violence. Tueries et arrestations massives, actes de torture, exécutions sommaires de blessés dans les hôpitaux et condamnations à mort prononcées à l’issue de procédures expéditives dépourvues de toutes garanties fondamentales ont  été rapportés de manière concordante, malgré les coupures généralisées d’internet et des communications immédiatement mises en place par les autorités iraniennes.

Les informations disponibles les plus récentes confirment et aggravent tragiquement ce constat. Selon plusieurs organisations internationales de défense des droits de l’homme, dont les données sont désormais reprises par les Nations Unies, plusieurs milliers de manifestants auraient été tués depuis le début du soulèvement, tandis que les arrestations se compteraient par dizaines de milliers. Le 19 janvier 2026, le Haut‑Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a, enfin, alerté sur le risque d’un recours accru et systématique à la peine capitale comme instrument d’intimidation politique. Dans le même temps, le régime iranien a maintenu des restrictions sévères et prolongées à l’accès à internet et aux communications internationales, entravant volontairement la documentation indépendante des violations commises et isolant durablement la population iranienne du reste du monde.

Ces événements s’inscrivent dans une trajectoire désormais bien établie : depuis sa création, la République islamique d’Iran a régulièrement eu recours à la violence d’État pour écraser toute contestation, notamment lors des mouvements de 1999, 2009, 2017, 2019 et de 2022. Le mouvement « Femme, Vie, Liberté », qui est né au lendemain de la mort de Mahsa Amini en 2022, a été particulièrement ciblé par cette violence d’État, tout en incarnant de façon spectaculaire la très forte aspiration de la jeunesse iranienne à la liberté et un changement profond des mentalités. Le soulèvement populaire iranien initié le 28 décembre 2025 marque toutefois un seuil inédit par son intensité, sa durée, sa diversité sociologique, et son ampleur géographique. C’est en conséquence une répression d’une violence jusque‑là inédite qui s’est abattue sur les manifestants et la population iranienne, occasionnant un véritable bain de sang.

Cette dynamique de répression intérieure repose largement sur le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), véritable pilier sécuritaire et idéologique du régime. Conçu dès l’origine comme une « armée idéologique », le CGRI ne saurait être assimilé à une force armée nationale classique. Placé sous l’autorité directe d’Ali Khamenei, Guide suprême et commandant en chef des forces armées de la République Islamique, il est chargé de préserver et de promouvoir le système théocratique fondé sur le principe du velayat‑e faqih, qui subordonne la souveraineté populaire à l’autorité religieuse.

Cette fonction explique son rôle central dans la répression intérieure. Depuis plusieurs décennies, le CGRI est systématiquement mobilisé pour étouffer les mouvements de contestation, au moyen d’un recours massif et disproportionné à la violence. Les atteintes graves et répétées aux droits fondamentaux qui en résultent ne relèvent pas du maintien de l’ordre mais d’une logique assumée de terreur politique, visant à dissuader durablement toute remise en cause du pouvoir en place.

Toutefois, la mission confiée au Corps des Gardiens de la Révolution Islamique ne se limite pas au contrôle et à la répression de la société iranienne. Dès sa création, il a été conçu comme l’instrument central de l’exportation de la révolution islamique en dehors de l’Iran, selon une conception idéologique qui fait de l’action extérieure armée le prolongement direct de la domination politique exercée à l’intérieur des frontières iraniennes.

Cette logique se traduit concrètement par l’engagement du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique dans la création, la structuration, l’armement et le financement de groupes armés opérant au Moyen‑Orient et au‑delà, responsables d’attentats, d’assassinats ciblés, de prises d’otages, d’actes de piraterie maritime et d’attaques contre des civils comme contre des forces internationales, depuis des dizaines d’années. Loin de constituer une dérive marginale ou circonstancielle, cet usage organisé de la violence armée s’inscrit au cœur même du projet idéologique et des ambitions hégémoniques du régime iranien actuel.

Il s’est notamment matérialisé par le soutien actif et durable apporté par le CGRI, en particulier par l’intermédiaire des bassidjis et de sa Force Al‑Qods, entités paramilitaires ayant pour rôle de défendre les intérêts de la République islamique d’Iran hors de ses frontières – et clé de la politique étrangère iranienne –, à des organisations et réseaux armés engagés dans des activités terroristes, en Irak, en Syrie, au Yémen, au Liban ou dans la bande de Gaza, tels le Hezbollah, le Hamas, le Jihad islamique, les Houthis, pour n’en citer que quelques‑uns, au‑delà des clivages confessionnels, sunnites et chiites, révélant une approche à la fois pragmatique et idéologique de la violence armée, mise au service des intérêts stratégiques du régime iranien.

Cette projection armée ne s’est pas limitée au théâtre moyen‑oriental. Elle se manifeste également par le soutien militaire apporté par le CGRI à la Fédération de Russie dans le cadre de sa guerre d’agression menée contre l’Ukraine, notamment à travers la fourniture de capacités militaires employées contre des infrastructures civiles, engageant ainsi sa responsabilité dans un conflit majeur affectant directement la sécurité européenne.

La violence meurtrière exercée par la théocratie islamiste des mollahs iraniens et son bras armé le CGRI a produit des conséquences directes et meurtrières, y compris à l’encontre de la France à plusieurs reprises. L’attentat perpétré le 23 octobre 1983 contre l’immeuble « Drakkar » à Beyrouth, qui a coûté la vie à cinquante‑huit soldats français engagés au service de la paix, demeure l’une des attaques les plus meurtrières jamais dirigées contre les forces françaises à l’étranger. Cet acte s’inscrit dans le contexte de l’action terroriste de réseaux armés chiites, dont le développement a été durablement favorisé par un soutien politique, logistique et idéologique émanant de la République islamique d’Iran établie en 1979. À ce titre, le CGRI porte une responsabilité politique et stratégique dans un acte terroriste ayant directement frappé la France et versé le sang de nos soldats.

L’attentat du Drakkar ne constitue pas un épisode isolé. Il s’inscrit dans une continuité historique marquée par d’autres attaques terroristes ayant directement visé la France et ses ressortissants. Entre 1985 et 1986, une vague d’attentats meurtriers, perpétrés par des réseaux affiliés au Hezbollah libanais, a frappé Paris, causant la mort de quatorze personnes et faisant plusieurs centaines de blessés. Ces attaques, qui ont profondément marqué la mémoire nationale, se sont développées dans un environnement stratégique où des réseaux armés soutenus par la République islamique d’Iran – tels que le Hezbollah libanais – recouraient au terrorisme comme instrument d’influence et de coercition politique.

Dans le même temps, la période comprise entre 1985 et 1988 a été marquée par la crise des “otages du Liban”, au cours de laquelle plusieurs ressortissants français ont été enlevés, détenus arbitrairement et instrumentalisés à des fins politiques par des groupes armés chiites opérant sous influence iranienne. Ces prises d’otages ont constitué une atteinte grave à la souveraineté de la France et à la sécurité de ses citoyens, illustrant l’usage durable de la prise d’otages et du terrorisme comme « levier diplomatique » par le régime iranien à travers ses réseaux affiliés.

Plus récemment encore, les attentats terroristes du 7 octobre 2023, perpétrés en Israël par le mouvement terroriste islamiste du Hamas, ont rappelé avec une brutalité extrême la permanence et la gravité de la menace terroriste. Ces attaques, d’une ampleur sans précédent depuis la Shoah en matière de violences antisémites, ont causé la mort de près de 1 200 personnes, dont 51 ressortissants français, et s’inscrivent une fois de plus dans un environnement régional où le soutien politique, financier et militaire apporté par la République islamique d’Iran à des organisations terroristes, dont le Hamas et le Jihad Islamique, contribue directement à la déstabilisation durable du Proche‑Orient et à la mise en danger de ressortissants européens, y compris français.

Cette capacité durable à mener simultanément une répression intérieure et une action extérieure violente repose également sur une puissance économique considérable. Le CGRI exerce en effet une emprise déterminante sur l’économie iranienne. Par le contrôle direct ou indirect de nombreuses entités publiques et paraétatiques, estimé à près de 70 % de l’économie du pays, il dispose de ressources considérables qu’il mobilise au service de la répression intérieure et de la déstabilisation extérieure. Les régimes européens de sanctions existants, s’ils ont permis de cibler certains individus et structures, se sont révélés insuffisants pour entraver durablement une organisation dont le rôle central dans les activités terroristes et la répression est désormais établi.

Au regard du droit de l’Union européenne, les instruments existants en matière de lutte contre le terrorisme permettent d’envisager l’inscription d’entités impliquées dans des activités terroristes, dès lors que les conditions prévues par ce cadre sont réunies. La question relève dès lors moins d’un obstacle juridique que d’une appréciation politique de l’opportunité d’activer ces mécanismes.

Dans ce contexte, l’inscription du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique sur la liste européenne des organisations terroristes revêt une portée à la fois politique, juridique et stratégique. Une telle qualification ne constituerait ni une initiative isolée ni une rupture, mais s’inscrirait dans une dynamique internationale et européenne déjà engagée. Dès le 15 avril 2019, les États‑Unis ont classé le CGRI comme organisation terroriste étrangère, tandis que le Canada a procédé à une inscription similaire le 19 juin 2024.

Au niveau européen, le Parlement européen a adopté très largement, le 19 janvier 2023, une résolution appelant explicitement les institutions de l’Union et les États membres à inscrire le CGRI, ainsi que ses forces subsidiaires, sur la liste des organisations terroristes de l’Union, et à tirer toutes les conséquences pratiques d’une telle décision, notamment en matière de restrictions économiques et financières. Le 23 janvier 2025, le Parlement européen a adopté une résolution demandant une nouvelle fois au Conseil d’ajouter le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique sur la liste européenne des organisations terroristes et d’étendre la liste des sanctions de l’Union à toutes les personnes responsables de violations des droits de l’homme, y compris le Guide suprême Ali Khamenei, le président Masoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire Gholam‑Hosseinz Mohseni‑Eje’i, le procureur général Mohammad Movahedi‑Azad et le juge Iman Afshari. Ces positions ont été publiquement réaffirmées en janvier 2026 par la Présidente du Parlement européen, Madame Roberta Metsola, qui a estimé qu’il était désormais temps de procéder à une telle désignation, et le Parlement européen a une nouvelle fois, lors de sa session plénière de janvier 2026, confirmé sa demande. Cette position rejoint l’aspiration exprimée par de nombreux Iraniens, tant à l’intérieur du pays qu’au sein de la diaspora, qui identifient le CGRI comme l’instrument principal de leur oppression.

Il convient de rappeler que le CGRI fait déjà l’objet de sanctions européennes au titre de trois régimes distincts, et que la France soutient la poursuite et le renforcement de ces mesures, notamment par l’identification et la désignation des responsables directs de la répression en cours, et qui ont d’ores et déjà été annoncés récemment par la Commission européenne. Ces sanctions reposent principalement sur des mesures restrictives classiques – en particulier interdictions d’entrée sur le territoire de l’Union et gels d’avoirs – utiles mais manifestement insuffisantes pour atteindre l’architecture globale d’une organisation, ses circuits de soutien et ses relais. L’inscription sur la liste européenne des organisations terroristes constituerait, à cet égard, un changement de nature : elle permettrait de mobiliser un cadre spécifiquement antiterroriste pour mieux entraver les réseaux de financement, de soutien matériel et de facilitation, et pour rendre plus effectives, cohérentes et juridiquement opposables à l’échelle de l’Union les mesures de gel des avoirs, d’interdiction de financement et de soutien matériel applicables au sein du marché intérieur. 

Il convient enfin de relever que cette question figure désormais explicitement à l’agenda des instances décisionnelles de l’Union européenne. La réunion du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne du 29 janvier 2026 doit en effet aborder la question de l’inscription du CGRI sur la liste européenne des organisations terroristes. Dans cette optique, la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a indiqué à Strasbourg, devant le Parlement européen, que cette option faisait l’objet de discussions entre les États membres, tout en rappelant que des sanctions avaient déjà été adoptées à l’encontre des Gardiens de la Révolution Islamique. Cette inscription à l’ordre du jour du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne confirme que la question n’est plus théorique mais relève désormais d’un débat politique concret au niveau de l’Union.

Le présent texte vise, en conséquence, à appeler avec force la France et l’Union européenne à procéder sans tarder à l’inscription du CGRI sur la liste européenne des organisations terroristes, dans le prolongement direct de ces prises de position européennes. Il s’inscrit également dans la continuité de la résolution visant à condamner l’oppression et la terreur imposées aux femmes iraniennes et à réaffirmer leur liberté absolue, déposée en octobre 2024 et adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 29 janvier 2025, qui appelait déjà explicitement la France et l’Union européenne à engager cette démarche d’inscription sur la liste des organisations terroristes. Une telle décision constituerait un signal politique clair, proportionné à la gravité des faits constatés, et pleinement cohérent avec les engagements européens en matière de lutte contre le terrorisme, de défense des droits de l’homme et de protection de la sécurité internationale.

La France et l’Union européenne se doivent d’être clairement et concrètement aux côtés des femmes et des hommes qui, en Iran, se mobilisent et descendent dans la rue, au péril de leur vie, pour leur liberté et contre la dictature théocratique des mollahs. Nous devons aller au‑delà des condamnations verbales, des convocations d’ambassadeurs, et du renforcement des sanctions individuelles déjà engagées. Soutenons clairement et concrètement l’héroïque peuple iranien dans son combat pour sa liberté !

– 1 –

proposition de rÉsolution europÉenne

Article 1

Article unique

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L’Assemblée nationale,

Vu l’article 88‑4 de la Constitution,

Vu l’article 151‑5 du Règlement de l’Assemblée nationale,

Vu la Charte des Nations unies du 26 juin 1945,

Vu la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948,

Vu la Convention européenne des droits de l’homme du 4 novembre 1950,

Vu la position commune 2001/931/PESC du Conseil du 27 décembre 2001 relative à l’application de mesures spécifiques en vue de lutter contre le terrorisme,

Vu le règlement (CE) n° 2580/2001 du Conseil du 27 décembre 2001 concernant l’adoption de mesures restrictives spécifiques à l’encontre de certaines personnes et entités dans le cadre de la lutte contre le terrorisme,

Vu la résolution du Parlement européen du 19 janvier 2023 sur la réaction de l’Union européenne face aux manifestations et aux exécutions en Iran (2023/2511(RSP)),

Vu la résolution du Parlement européen du 23 janvier 2025 sur la répression systématique des droits de l’homme en Iran, notamment les cas de Pakhshan Azizi et de Wrisha Moradi, et la prise en otage de citoyens de l’Union (2025/2511(RSP)),

Vu la résolution de l’Assemblée nationale du 29 janvier 2025 visant à condamner l’oppression et la terreur imposées aux femmes iraniennes et à réaffirmer leur liberté absolue, adoptée à l’unanimité,

Considérant que le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, créé en 1979, constitue une force armée idéologique distincte des forces armées régulières iraniennes, placée sous l’autorité directe du Guide suprême de la République islamique d’Iran ;

Considérant que le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique joue un rôle central et structurel dans la répression violente des mouvements de contestation en Iran, au moyen d’atteintes graves et répétées aux droits fondamentaux ;

Considérant que le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique est impliqué, notamment par l’intermédiaire de sa Force Al‑Qods, dans la planification, le soutien, le financement et la conduite d’actions armées menées par des organisations et réseaux responsables d’actes terroristes à l’étranger ;

Considérant que cette action extérieure violente s’est exercée dans plusieurs théâtres régionaux et internationaux, et s’est également traduite par un soutien militaire apporté à la Fédération de Russie dans le cadre de la guerre menée par celle‑ci contre l’Ukraine ;

Considérant que ces activités ont eu des conséquences directes pour la sécurité internationale et européenne, ainsi que pour la France, notamment à travers des actions terroristes ayant visé des forces françaises engagées à l’étranger et des citoyens français, dans un contexte marqué par le soutien durable de la République islamique d’Iran à des réseaux armés impliqués dans la violence terroriste ;

Considérant que plusieurs partenaires internationaux de la France ont déjà procédé à l’inscription du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique sur leurs listes nationales d’organisations terroristes ;

Considérant que le Parlement européen a expressément appelé en 2023, en 2025 et 2026 les institutions de l’Union européenne et les États membres à inscrire le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, ainsi que ses forces subsidiaires, sur la liste des organisations terroristes de l’Union ;

Considérant que l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité en janvier 2025 une résolution visant à condamner l’oppression et la terreur imposées aux femmes iraniennes, et à réaffirmer leur liberté absolue, appelant la France et l’Union européenne à inscrire le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique et ses forces subsidiaires, telles que la milice des bassidji ou la force Al‑Qods, sur la liste européenne des organisations terroristes ;

Considérant que la Présidente du Parlement européen, Madame Roberta Metsola, a publiquement appelé en janvier 2026 à l’inscription du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique sur la liste des organisations terroristes, confirmant et renforçant ainsi la position exprimée par le Parlement européen ;

Considérant la proposition de résolution commune portant sur la violente répression des manifestants en Iran, déposée le 20 janvier 2026 au Parlement européen, appelant le Conseil de l’Union européenne à désigner le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique et ses forces subsidiaires, notamment la milice Bassidj et la Force Qods, au titre des sanctions antiterroristes de l’Union européenne et à interdire toute activité économique ou financière impliquant des entités détenues, contrôlées ou servant de façade au Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, par le gel de tous les fonds dont l’origine peut être retracée jusqu’au Corps des Gardiens de la Révolution Islamique ou à d’autres hauts responsables du régime ;

Considérant la déclaration du 20 janvier 2026 devant le Parlement européen de la Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité, Madame Kaja Kallas, constatant la gravité et l’ampleur inédites de la répression en Iran, rappelant le soutien du régime iranien à des organisations terroristes, et indiquant que l’Union européenne examine activement des mesures supplémentaires afin de répondre aux menaces croissantes que ce régime fait peser sur la sécurité régionale et européenne ;

Considérant que les instruments juridiques existants de l’Union européenne en matière de lutte contre le terrorisme permettent l’inscription d’entités impliquées dans des activités terroristes, dès lors que les conditions matérielles prévues par ce cadre sont réunies ;

Exprime sa totale solidarité avec le peuple iranien qui manifeste pacifiquement pour le respect de ses droits fondamentaux et pour sa liberté ;

Condamne fermement la brutale répression exercée par le régime islamiste iranien, le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique et les milices qui lui sont associées, à l’encontre des manifestants et l’usage disproportionné de la force et de la violence d’État, ayant entrainé des milliers de morts et des dizaines de milliers d’arrestations ;

Dénonce avec force le recours aux exécutions capitales comme un instrument de répression et appelle la République Islamique d’Iran à abolir la peine de mort ;

Appelle à la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques, journalistes, militants des droits de l’homme, manifestants ayant exercé leur liberté d’expression et d’opinion ;

Condamne le blocage délibéré d’internet et des communications comme un instrument de répression, et appelle au rétablissement immédiat d’internet et de toutes les communications ;

Invite le Gouvernement de la République française :

1. à identifier le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, ainsi que ses forces subsidiaires, notamment la milice paramilitaire Basij et la Force Al‑Qods, comme organisation terroriste ;

2. à agir activement, au sein des instances compétentes de l’Union européenne, afin de promouvoir l’inscription du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, ainsi que de ses forces subsidiaires précitées, sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne ;

Invite les institutions de l’Union européenne, et en particulier le Conseil :

3. à procéder, sur le fondement des instruments juridiques existants en matière de lutte contre le terrorisme, à l’inscription du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, ainsi que de ses forces subsidiaires, sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne ;

4. à mobiliser pleinement les mécanismes prévus par la position commune 2001/931/PESC et le règlement (CE) n° 2580/2001 afin d’adopter des mesures restrictives spécifiques à l’encontre du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique et de ses forces subsidiaires, en raison de leur implication dans des activités terroristes ;

5. à renforcer la coordination entre les États membres en vue d’une réponse européenne cohérente, crédible, rapide et efficace face aux activités terroristes et aux violations graves et répétées des droits de l’homme imputables au Corps des Gardiens de la Révolution Islamique.

 

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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