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Les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France

Projet de loi rectificatif 15/12/2025 N° 2245 PNREANR5L17B2245
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Le 2 juillet 2024, l’entreprise Datastream Group a collecté 380 millions de coordonnées géographiques à travers des applications utilisées au quotidien – Leboncoin, Vinted, Candy Crush… À partir de ces données, ce sont les trajets de 47 millions de personnes qui peuvent être reconstitués.

C’est ce que révèle une enquête journalistique de février 2025, réalisée par neuf médias de référence : Le Monde (France), Bayerischer Rundfunk et Netzpolitik.org (Allemagne), SRF et RTS (Suisse), NRK Beta (Norvège), BNR Nieuwsradio (Pays‑Bas), Wired et 404 Media (États‑Unis).

L’entreprise Datastream Group a transmis à ces journaux, comme elle le fait avec l’ensemble de ses potentiels clients, un échantillon de sa base de données : les données collectées en une journée dans 137 pays. Durant cette journée, les données de 2,5 millions de téléphones ont été captées en Belgique, soit 20 % de la population. En France, un million de numéros de téléphone était présent dans ce fichier, avec de nombreuses informations rattachées. Les journalistes ont pu identifier des personnes en Bretagne, à Bruxelles, à Berlin et ailleurs, retracer les différents événements de leur journée, découvrir des aspects de leur vie intime : leur domicile, leur lieu de travail, leurs visites médicales, leur choix d’application de rencontre, leurs fréquentations de salle de sport, de probables rencontres professionnelles.

Dans la suite de cette enquête, Le Monde a indiqué qu’avec les données publicitaires récoltées, il a pu identifier et retracer l’ensemble des trajets de policiers ou militaires français d’élite : identité des gendarmes et policiers en charge de la sécurité du Président de la République Emmanuel Macron, membres du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), militaires affectés dans des bases cruciales pour la dissuasion nucléaire, haut responsable de Naval Group…

L’ampleur de cette surveillance est notamment liée à l’existence des courtiers en données, ces entreprises qui collectent, agrègent et revendent ces données. Ces courtiers en données achètent des informations qui ont été trouvées sur les réseaux sociaux, les sites web et les applications, par l’activité en ligne (clics, achats, jeux, pages vues, etc.), par la géolocalisation, mais aussi parfois par les informations stockées par les services publics. Les courtiers en données vendent ensuite ces informations à d’autres : annonceurs, États ou partis politiques.

La course à la captation des données et leur manipulation ont pris des dimensions menaçantes tant pour nos droits et nos libertés individuelles que pour notre sécurité collective. En effet, cette enquête journalistique confirme les propos de M. Nicolas Lerner, directeur général de la Sécurité extérieure : «  Le téléphone, c’est un espion, c’est un mouchard que vous avez dans votre poche. »

Cette surveillance de masse et la diffusion de fausses informations constituent un véritable danger pour les régimes démocratiques dans une période de montée des tensions internationales et des régimes autoritaires.

Les États‑Unis et la Chine construisent une partie de leur puissance stratégique via les outils numériques. Et la Russie quant à elle utilise les cyberattaques et multiplie les tentatives d’ingérence via les réseaux sociaux. Dans le cadre d’une potentielle guerre hybride, l’enjeu du numérique est donc crucial, plus particulièrement dans une période de remise en cause brutale du multilatéralisme et du droit international.

Les géants du numérique et leur proximité avec les pouvoirs autoritaires.

Plateformes, places de marché, réseaux sociaux, tous ces acteurs sont d’insatiables aspirateurs à données, sans aucune transparence sur leur utilisation et leur revente, et sur leurs liens avec les États dont ils sont originaires, majoritairement les États‑Unis et la Chine. En effet, les Américains et les Chinois dominent des secteurs numériques clés : réseaux sociaux (TikTok, X, Meta), intelligence artificielle (ChatGPT…), services cloud (Microsoft Azure, Amazon Web Services…), systèmes d’exploitation (Microsoft), réseau de centres de données (Digital Reality), câbles sous‑marins de télécommunications (GAFAM, Huawei…), serveurs informatiques (Foxconn, Dell) et les puces qui les font tourner (Nvidia, Intel, AMD).

Pour la Chine, l’allégeance obligatoire des entreprises au régime gouvernemental est depuis longtemps la norme, ce qui inquiète quant à la probable porosité entre les connaissances des entreprises et celles du pouvoir chinois.

Pour les États‑Unis, le Cloud Act permet aux autorités américaines d’exiger que les données leur soient fournies. Et, depuis l’élection du président américain, il y a eu un renforcement autoritaire du pouvoir exécutif, qui s’est accompagné d’une forte collusion de la Maison Blanche avec les patrons de l’industrie numérique américaine.

Si l’illustration la plus forte de cette collusion est l’accession au pouvoir du dirigeant de Tesla aux côtés du Président des États‑Unis Donald Trump, plusieurs milliardaires de la Silicon Valley ont prêté allégeance au nouveau Président, qui les a reçus à Mar‑a‑Lago, sa résidence de Floride et de nouveau le 4 septembre dernier lors d’un dîner à la Maison‑Blanche. À la tête d’empires technologiques, cette poignée de dirigeants ambitionne non seulement d’étendre sa domination économique, mais également politique, grâce à la manipulation de l’opinion, le contrôle de l’architecture de l’information, l’accaparement des données et la prédation des ressources. Pour cette raison, ils mènent une bataille acharnée contre toute forme de réglementation et garde‑fous.

L’Union européenne sur le point d’affaiblir ses protections.

Un cadre législatif légitime et démocratique existe, au niveau français comme au niveau européen. Pendant une décennie, l’Union européenne a été prescriptrice, à l’échelle internationale, d’une régulation inédite, nécessaire et adaptée du numérique : encadrement du marché numérique et lutte contre les pratiques de concurrence déloyale des oligopoles américains (souvent nommés GAFAM) ; règles pour la protection des citoyens face aux dérives nombreuses en matière de désinformation ou de harcèlement ; et combat contre les contenus illicites et dangereux ; protection des données et des droits fondamentaux. Par la taille de son marché et sa capacité réglementaire, l’Europe avait réussi à contraindre partiellement les entreprises opérant sur le plan international à se plier à un cadre juridique exigeant.

Sans surprise, depuis son arrivée au pouvoir, M. Donald Trump a remis en cause les régulations européennes qui limitent le pouvoir des champions américains de la Big Tech. L’administration Trump a mis une pression immense sur la Commission européenne, à travers des menaces publiques et des discussions bilatérales, exerçant un chantage assumé : des tarifs douaniers rédhibitoires et des restrictions à l’exportation sur le continent américain sauf en cas d’affaiblissement important de la législation numérique des 27 États. Dans le même temps, l’industrie de la Tech a dépensé 151 millions pour faire du lobbying au niveau des institutions européennes en 2025 (trois fois plus d’argent que le lobby pharmaceutique ou le lobby automobile) et Huawei, la multinationale chinoise de la tech, est accusée de corruption au Parlement européen.

Au mois de novembre 2025, seulement trois ans après la finalisation de grands textes législatifs, le Digital Services Act et le Digital Markets Act, et au moment où la Big Tech américaine est la plus offensive, la présidente de la Commission européenne annonce un « omnibus législatif » dérégulateur et moins‑disant. La publication de ce paquet législatif semble indiquer un grand retour en arrière sur de nombreux éléments du cadre réglementaire européen, souvent sans étude d’impact préalable. Pourraient être affectés le règlement sur l’intelligence artificielle (IA), le règlement sur l’équité numérique (Data Act), la directive e‑Privacy (directive vie privée et communications électroniques), et principalement le règlement général sur la protection des données (RGPD). Il est à craindre que cet omnibus entraîne un démantèlement durable des garanties réglementaires, et un recul historique des protections essentielles des citoyens, des enfants, des travailleurs, des minorités.

Dans le même temps, la France et l’Allemagne ont organisé un Sommet sur la Souveraineté numérique européenne à Berlin, où les deux chefs d’État ont insisté sur la nécessité de bâtir une souveraineté numérique de l’Union européenne tout en soutenant la logique de simplification des réglementations européennes. Le processus législatif de détricotage au niveau européen est à son point de départ. Parlement européen et Conseil européen seront maintenant amenés à discuter de ces textes et éventuellement à entériner l’omnibus.

Le rouleau‑compresseur américain, les mots d’ordre « simplification » et « compétitivité » sans garde‑fous, pourraient avoir raison de la protection des droits des citoyens européens et de la souveraineté des démocraties européennes. Il est donc indispensable de mesurer objectivement et précisément les impacts d’une telle déréglementation.

Des tentatives d’ingérences répétées et de plus en plus fortes.

Deux rapports de 2023, de la délégation parlementaire au renseignement et d’une commission d’enquête ont souligné les fragilités de la France en matière d’ingérences étrangères, « agressions ou tentatives de déstabilisations protéiformes émanant de l’étranger ». Ces rapports reconnaissent un niveau élevé de menaces, qui proviennent principalement de Russie, de Chine, de Turquie et d’Iran. De plus en plus, ces tentatives d’ingérences se font à travers les outils numériques. Les cyberattaques deviennent plus fréquentes sur tous les systèmes d’information publics ou qui visent des entreprises privées liées à l’armement et à la stratégie.

Mais à côté de ces cyberattaques, méthodes de tentative de sabotage plus classiques, la guerre hybride prend aussi la forme d’opération d’influence et de manipulation de l’information dans le but d’infléchir l’opinion publique ou des personnalités publiques, et ainsi agir sur les sentiments et les directions prises par le pays. En créant à l’aide de l’IA des vidéos ou des enregistrements audios falsifiés, en générant des posts sur les réseaux sociaux et du contenu de désinformation virale, et en utilisant des bots et des comptes automatisés pour amplifier leurs effets, des États hostiles tentent de créer des divisions dans la société et d’affaiblir sa cohésion ou de créer des doutes quant à la conduite des institutions.

Le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères a remis un rapport en février 2025 sur la « manipulation d’algorithmes et l’instrumentalisation d’influenceurs » afin de tirer les enseignements de ce qui s’est déroulé lors de l’élection présidentielle en Roumanie, premier scrutin démocratique en Europe à avoir fait l’objet d’une annulation en raison de soupçons d’ingérences étrangères. Dans ces conclusions ce rapport met en lumière « la relative facilité avec laquelle il est aujourd’hui possible d’imposer aux utilisateurs la visibilité d’un sujet sur un réseau social tel que TikTok, sans que le dispositif utilisé ne soit d’emblée modéré ou considéré comme inauthentique par la plateforme, et d’autre part, le rôle et la vulnérabilité des influenceurs, exposés à un risque croissant d’instrumentalisation de la part d’acteurs malveillants utilisant des approches dissimulées. »

Alors que le scrutin présidentiel aura lieu en France en 2027, il est indispensable d’estimer la fragilité de notre pays à de telles pratiques d’ingérence et d’établir les outils nécessaires pour les empêcher.

Les données sensibles traitées par l’administration qui peuvent potentiellement être saisies par de nombreux acteurs hors de France

La mainmise de quelques mastodontes du numérique sur le secteur des applications et de la navigation n’est pas notre seule dépendance. Plus de 80 % du total des dépenses liées aux logiciels et services cloud à usage professionnel en Europe est passé auprès d’entreprises américaines. Cette dépendance massive aux prestataires extra‑européens se vérifie aussi dans les administrations françaises, notamment vis‑à‑vis des géants américains du cloud. Près de 70 % des dépenses publiques françaises en infrastructure numérique vont à des entreprises américaines. Cela veut dire pour le citoyen français que des données sensibles sont hébergées sur des serveurs américains, donc soumis aux lois américaines et non européennes, bien plus protectrices.

Le rapport, paru en novembre 2025, de la Cour des comptes sur Les enjeux de souveraineté des systèmes d’information civils de l’État, donne des exemples précis et étayés. Il s’agit du programme de gestion dématérialisée des ressources humaines de l’éducation nationale, d’une Plateforme des Données de Santé dédiée à la recherche et comprenant des données de santé primaires de Français et Françaises, ou plus généralement de tout l’écosystème de soin en France dans son fonctionnement courant (mélange de privé et de services publics). Autant d’informations vitales et précieuses de nos concitoyens qui ne sont plus, aujourd’hui, tout à fait sous la protection du droit français.

Cette dépendance à des outils numériques extra‑européens pose non seulement la question de l’encadrement de l’utilisation des données stockées, mais également celle de la maîtrise des outils. Par exemple, M. Donald Trump, en raison de désaccords avec les décisions rendues par la Cour pénale internationale, a décidé de sanctionner des magistrats, dont le juge Nicolas Guillou, président de la chambre préliminaire sur la situation de l’État de Palestine, en leur interdisant l’accès à des services numériques américains (Microsoft, Airbnb, Amazon, PayPal, gel des moyens de paiements comme Visa, Mastercard ou Western Union…). La Cour pénale internationale elle‑même a fini par rompre son contrat avec Microsoft, le compte mail du procureur Karim Khan ayant été suspendu. En utilisant des services répondant à des législations extra‑européennes, l’administration française s’expose au risque de se retrouver dans l’incapacité de faire fonctionner des services indispensables.

L’autonomie et l’indépendance numérique de la France : un enjeu majeur et immédiat.

La souveraineté numérique de la France implique pour la Cour des comptes :

« une maîtrise par un État des technologies numériques et du droit qui leur est applicable, pour conserver une capacité autonome d’appréciation, de décision et d’action dans le cyberespace.

Elle suppose ainsi de ne pas se faire dicter des choix technologiques structurants par un tiers et que soient protégées les données d’une sensibilité particulière des systèmes d’information de l’État. Il s’agit des données qui relèvent de secrets protégés par la loi ou qui sont nécessaires à l’accomplissement des missions essentielles de l’État et dont la violation est susceptible d’engendrer une atteinte à l’ordre public, à la sécurité publique, à la santé et à la vie des personnes, ou à la protection de la propriété intellectuelle. »

De même, le contrôle des infrastructures permettant le fonctionnement des outils numériques est un enjeu incontournable pour garantir notre indépendance numérique. Des projets de centre de données portés par des fonds d’investissement américains ou des Émirats arabes unis, se multiplient sur le territoire. Si l’atteinte de l’autonomie technologique est plus longue à atteindre sur le plan matériel des composants, elle ne peut être négligée. La maîtrise des outils numériques et de leurs effets dépend tout autant de celui qui maîtrise les données, que de celui qui maîtrise les infrastructures par lesquelles ces données transitent.

Il est nécessaire de changer de regard sur les législations numériques à mettre en place. À ce stade, le législateur s’est principalement focalisé sur l’encadrement des pratiques des utilisateurs, sans suffisamment réglementer les actions des acteurs du numérique.

L’objectif de cette commission d’enquête est d’étudier nos dépendances et vulnérabilités numériques (infrastructures, logiciels, industriels) et notre capacité d’autonomie (maîtrise technologique, immunité à l’influence étrangère, outils juridiques).

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proposition de rÉsolution

Article 1

Article unique

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En application des articles 137 et suivants du Règlement de l’Assemblée nationale, il est créé une commission d’enquête de trente membres chargée :

1° d’évaluer la capacité d’autonomie, d’appréciation, de décision et d’action de l’État français et des collectivités territoriales dans le domaine du numérique ;

2° d’évaluer le niveau général d’autonomie et d’indépendance de la France dans le secteur du numérique en termes d’infrastructures, de protection des données ou encore de choix stratégiques structurants ;

3° d’évaluer la dépendance des services de l’État, des services aux publics délivrés par l’État, des structures liées à l’État et des collectivités territoriales, à des services numériques fournis par des acteurs dont le siège est situé hors de France ;

4° d’évaluer l’état du développement d’infrastructures numériques, de matériels utilisés dans des outils numériques, de logiciels et de systèmes d’informations fournis par des acteurs publics ou privés français ;

5° d’évaluer la capacité de résistance de la France face au risque d’ingérence ;

6° de vérifier spécifiquement que toutes les mesures sont prises en termes de protection des données sensibles ;

7° d’identifier plus précisément les mécanismes techniques et juridiques qui permettent à des acteurs non français, entreprises privées ou États, d’avoir accès aux données des citoyens sans leur consentement ;

8° d’examiner la capacité de l’État français à défendre l’autonomie et l’indépendance numérique de la France dans le cadre de l’omnibus numérique ;

9° d’émettre des recommandations pour pallier les éventuelles défaillances institutionnelles et pour accélérer les décisions administratives en vue d’une bien plus grande autonomie et indépendance numérique.

 

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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