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Les conséquences des accords du Touquet sur l’action publique et le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes migrantes

Projet de loi rectificatif 27/11/2025 N° 2150 PNREANR5L17B2150
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Depuis la signature des Accords du Touquet du 4 février 2003, la frontière britannique a été externalisée sur les côtes françaises faisant du littoral nord la porte d’entrée pour les exilés souhaitant rejoindre l’Angleterre. Le contrôle des personnes en partance pour le Royaume‑Uni doit être effectué au départ des trains et des bateaux depuis la France par les autorités françaises. Les Accords du Touquet ont ensuite été complétés par d’autres accords bilatéraux en 2009, 2010, 2014 et 2018, renforçant à chaque fois le contrôle et la sécurisation par la France de la frontière entre les deux pays. En contrepartie de cette surveillance, le Royaume‑Uni s’acquitte d’une compensation financière ([1]) dont les montants sont régulièrement renégociés.

Ces accords ont conduit à faire de la France « le bras policier » de la politique migratoire britannique ([2]). En vingt ans, le littoral du nord de la France s’est doté de nombreux outils de surveillance (barbelés, drones, caméras de surveillance) pour empêcher les traversées et les points de fixation. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dénonce ([3]) régulièrement les multiples et intolérables atteintes aux droits fondamentaux dont sont victimes les personnes exilées aux frontières françaises, alors même que la France a été condamnée à plusieurs reprises, notamment par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) ([4]). Les droits et libertés des personnes migrantes sont en effet reconnus par les articles 1, 2, 13 et 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de 1948 qui protège les droits de tout individu et garantit la liberté, l’égalité et la dignité de tous les êtres humains, sans discrimination.

Les conséquences sont immédiates et parfois désastreuses pour les personnes migrantes qui malgré les obstacles sécuritaires tentent la traversée de la Manche. Qu’ils s’agissent des personnes originaires des régions soudanaises et érythréennes, des personnes afghanes, kurdes et syriennes se trouvant à la fois dans le Calaisis et le Dunkerquois, toutes ont des raisons de vouloir atteindre les côtes britanniques. Les femmes, enfants et familles qui représentent la moitié des exilés ont souvent de la famille à rejoindre. D’autres savent que la présence d’un groupe national et la pratique de la langue anglaise leur seront plus favorables pour trouver un emploi, s’insérer socialement et tenter de reprendre une vie ordinaire. Coincés entre le Calaisis et le Dunkerquois, soumis aux aléas géopolitiques, ces exilés voient leurs projets migratoires criminalisés et leur vie mise en danger.

Un nouvel accord « visant à prévenir les traversées périlleuses » a été signé les 29 et 30 juillet 2025 entre la France et le Royaume-Uni ([5]). Cet accord met en place un dispositif expérimental intitulé « one in, one out » ou « un qui entre un qui sort », qui a pour objectif, selon les autorités françaises et britanniques, de dissuader les arrivées illégales au Royaume‑Uni en renvoyant les personnes et de démanteler les réseaux criminels de passeurs. Ce dispositif prévoit le retour forcé en France de personnes migrantes arrivées sur une embarcation légère au Royaume‑Uni « suite à une traversée périlleuse », en échange de la facilitation d’une voie d’admission légale au Royaume‑Uni pour des personnes se trouvant en France (le nombre d’admissions au Royaume‑Uni devant être calqué sur celui des renvois effectués vers la France).

Cet accord, présenté par les gouvernements français et anglais comme étant l’ouverture d’une « voie légale et sûre » se révèle être, selon un collectif de responsables associatifs, « une rupture profonde avec l’esprit du droit d’asile et des conventions internationales » ([6]). La CNCDH s’inquiète « des nombreuses imprécisions, aussi bien pratiques que procédurales de cet accord qui risquent d’avoir des conséquences sur l’application du dispositif mais surtout sur les droits des personnes concernées ». Elle pointe également « les interrogations sur la conformité à la Constitution de la procédure de ratification de l’accord par décret, en l’absence d’autorisation par une loi » ([7]).

Enfin, les premiers retours de l’expérimentation de ce dispositif mettent en doute son effet dissuasif : les personnes migrantes renvoyées en France dans le cadre de l’accord ont d’ores et déjà retraversé la Manche ([8]).

Le traitement des personnes migrantes en mer

Selon les données du Home Office, le ministère de l’intérieur britannique, près de 36 827 personnes ont cherché à rejoindre l’Angleterre depuis les côtes françaises en 2024 et au moins 39 285 personnes ont déjà effectué la traversée en 2025 pour rejoindre le Royaume‑Uni ([9]).

Ces traversées sont dangereuses et peuvent être meurtrières. En 2024, 89 personnes sont mortes en tentant la traversée, faisant de 2024 l’année la plus meurtrière jamais enregistrée. Ce chiffre n’enregistre que les morts connues et ne prend pas en compte les disparus. Depuis le 1er janvier 2025, au moins 39 personnes sont décédées en tentant de rejoindre la Grande‑Bretagne, dont 26 pendant une traversée par bateau.

Les conditions météorologiques y sont souvent difficiles, c’est un secteur particulièrement dangereux, notamment en pleine période hivernale pour des embarcations précaires et de plus en plus surchargées. Le nombre moyen de personnes par embarcation est en augmentation : il était de 30 personnes en 2022 contre 50 personnes en 2023 ([10]). En 2025, il est de 62 personnes par bateau.

 Le nombre d’incidents mortels liés aux traversées est également en constante augmentation : 20 en 2022 dont 7 pendant une traversée par bateau ; 28 en 2023 dont 15 pendant une traversée par bateau ; 89 en 2024 dont 76 pendant une traversée par bateau ([11]).

Conformément au droit maritime, la police n’est pas autorisée à intercepter les embarcations des personnes migrantes qui tentent une traversée de la Manche. Pourtant, le collectif de journalistes d’investigation « Lighthouse Reports » ([12]) a documenté le recours à des techniques dangereuses pour empêcher les traversées des small boats : utilisation de semi‑rigides de la police nationale tournant autour de small boats pour les faire chavirer, lacération des embarcations ou encore dispersion de gaz lacrymogène.

Ces pratiques contraires au cadre opérationnel français et au droit de la mer révèleraient une escalade de la violence et une mise en danger de la vie des passagers.

Dans la déclaration du 37e Sommet franco‑britannique du 14 juillet 2025, la France s’engage à « travailler ensemble sur des approches nouvelles et innovantes pour intercepter les bateaux » ([13]). Quelques mois plus tard, une enquête du Monde et du média Lighthouse Reports révèle qu’une nouvelle technique d’interception des canots est à l’étude. Cette technique consisterait à intercepter les bateaux au moyen de filets qui bloqueraient les hélices du moteur. Cette nouvelle doctrine « s’opposerait aux directives locales des dernières années. En 2022 et 2023, deux instructions de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, qui encadrent l’intervention des forces de l’ordre, interdisaient toute opération de lutte contre l’immigration lorsqu’un canot est déjà mis à l’eau, compte tenu de l’impératif de sauvegarde de la vie humaine » ([14]). Cette nouvelle technique n’est pas sans danger, en témoigne une collision mortelle en juillet au large de Mayotte, entre un kwassa‑kwassa et un bateau intercepteur de la police aux frontières ([15]).

Le naufrage du 24 novembre 2021 ayant causé la mort de 27 exilés a mis en lumière les dysfonctionnements du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris‑Nez ([16]), en charge de la coordination des opérations de recherche et de sauvetage dans une zone s’étendant de la frontière belge au cap d’Antifer. Le CROSS Gris‑Nez, initialement calibré pour réagir à des crises ponctuelles doit faire face au fait migratoire calaisien qui n’est pas un phénomène nouveau, mais dont l’intensité a considérablement augmenté. Ce drame a contraint l’État à assurer au CROSS Gris‑Nez un soutien humain et financier. Aujourd’hui, six navires d’alertes sont de sortie lors des créneaux météo favorables, de nouveaux postes ont été créés au CROSS Gris‑Nez (six nouveaux agents en 2023, un nouvel agent en 2024) ainsi qu’un appui ponctuel de drones d’observation aérienne.

En 2021, la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord a indiqué que le développement des traversées par small boats « n’a pas donné lieu à l’affectation de moyens nouveaux pour les administrations concourant à l’action de l’État en mer. Les opérations de sauvetage ont été assumées par les moyens d’État qui les assurent habituellement, l’intensification du phénomène les contraignant à réduire leur implication dans leurs autres champs d’action »([17]) . Les opérations de sauvetage en mer des migrants se font donc à budget constant au détriment d’autres activités.

Or, eu égard à la permanence de naufrages meurtriers, force est de constater que cet investissement demeure insuffisant. Le rapport sénatorial relatif aux instruments migratoires internationaux pointe le manque de financement britannique pour le sauvetage en mer. La mission d’information considère que « le Royaume‑Uni doit prendre sa juste part dans le financement des dispositifs déployés dans le Calaisis dans leur globalité, en particulier en participant au financement du “socle humanitaire” »[18]. À ce jour, aucun document officiel n’indique des éléments chiffrés sur les dépenses effectives et sur la ventilation des engagements financiers du Royaume‑Uni dans le cadre des accords bilatéraux sur la question migratoire.

Le traitement des personnes migrantes sur terre

Le protocole post‑naufrage

En cas de naufrage ou d’échec de la tentative de traversée, un protocole humanitaire est enclenché par la Préfecture du Pas‑de‑Calais. Ce protocole aux contours incertains consiste en l’assistance des naufragés ramenés au port en prévoyant un accès des rescapés à des tentes chauffées, des vêtements secs et un lieu où dormir. Ce protocole n’est pas systématiquement engagé. Les associations d’aide aux migrants se retrouvent alors seules à gérer les exilés lors du post‑naufrage en tentant de répondre au mieux à leurs besoins primaires. Elles leur proposent des vêtements secs, une boisson chaude et de la nourriture et sollicitent – souvent vainement – les secours et la protection civile. Des élus locaux s’engagent également en proposant l’ouverture de salles dans leur commune ou en demandant le déclenchement de plans grand froid. Ces demandes restent lettre morte.

À l’heure actuelle, aucun suivi psychologique n’est prévu pour les personnes migrantes pourtant particulièrement vulnérables en raison de leur vécu migratoire (persécution, guerre, violence physique et/ou sexuelle, famine, emprisonnement…) voire de choc post‑traumatique. Le 3 mars 2024, après la mort d’une enfant de sept ans, noyée dans un canal lors du chavirage d’un bateau transportant trois familles, aucune prise en charge psychologique n’a été proposée aux quinze naufragés ayant assisté à la mort de la fillette, parmi lesquels étaient présents ses parents et ses trois frères âgés de 8, 10 et 13 ans. ([19])

Les personnes naufragées, encore choquées, affaiblies et quelquefois endeuillées, sont majoritairement immédiatement remises à la rue. Elles doivent emprunter des routes dangereuses pour rejoindre les campements.

Cela a déjà mené à des drames, comme en novembre 2023, quand une quinzaine d’exilés ont été fauchés par un poids‑lourd sur l’autoroute en pleine nuit alors qu’ils rentraient à Grande‑Synthe, après avoir été secourus en mer et abandonnés au port de Calais à minuit. Deux personnes sont décédées, et quatre ont été blessées, dont un mineur non accompagné.

La stratégie du zéro point de fixation conduit à une privation des besoins primaires des personnes migrantes

La politique du « zéro point de fixation » à Calais a suivi le démantèlement de la Grande jungle de Calais en janvier 2016. Elle vise à détruire les camps, les cabanes en bois, les points de distribution d’eau, et à dissuader les aides humanitaires. Le pilier central de cette stratégie est la mobilisation permanente des forces de l’ordre sur le littoral. À Calais, l’association Human Right Observers (HRO) dénombre au moins 98 opérations de ce type entre le 1er janvier 2025 et le 25 août 2025. Elles ont mené à l’expulsion d’au moins 422 lieux de vie, certains étant expulsés à de multiples reprises donc tous les deux jours. Cette politique est également mise en œuvre dans les campements du Dunkerquois. En 2024, l’association HRO a comptabilisé 36 expulsions de lieux vie, réparties sur 20 opérations de police. Cette année, il y a eu plus d’expulsions en 6 mois que sur toute l’année 2024 ([20]). Au 1er septembre, HRO a déjà recensé 63 expulsions. Depuis cette date, les lieux de vie du Dunkerquois sont expulsés presque toutes les semaines. Les conditions de vie des personnes sur ces campements sont extrêmement précaires avec un désengagement de l’État et une criminalisation des aidants.

Certaines associations parlent de traque quotidienne : destruction de tentes, notamment la nuit, enlèvement des effets personnels, déboisement de zones d’installation des exilés avec séparation des familles, interdiction de distribution d’eau et de nourriture. Cette situation humanitaire désastreuse nourrit les réseaux mafieux qui tirent parti de cette misère humaine.

Le rapport d’Amnesty International La solidarité prise pour cible (2019) ([21]) témoigne de l’ampleur de la « stratégie de harcèlement des pouvoirs publics » à l’égard des migrants et documente les nombreuses « intimidations et entraves » (contraventions routières abusives, verbalisations ou poursuites judiciaires) réalisées à l’encontre des bénévoles associatifs.

La CNCDH ([22]) définit la politique de démantèlement et de destruction des abris informels comme étant attentatoire à la dignité humaine. Elle affirme également que depuis 2016, des aidants, associatifs ou simples citoyens, sont soumis à des formes de harcèlement.

Cette politique est « délétère et coûteuse » ([23]) et laisse une place trop faible à l’accompagnement humanitaire des personnes migrantes dans le Calaisis. Une photographie financière de 2020 pointe un déséquilibre flagrant concernant la nature des dépenses liées à la présence de populations migrantes à Calais : 85 % des dépenses exécutées financent la sécurisation des territoires et 15 % sont dédiées à la prise en charge sanitaire, sociale ou humanitaire des populations migrantes.

Cette politique prive les personnes migrantes de droits primaires. Les points d’eau potable sont peu nombreux voire inexistants. Selon les témoignages des associations sur place, à Calais comme à Dunkerque, les efforts des associations pour faciliter l’accès à l’eau sont entravés par les pouvoirs publics. Il en va de même pour l’accès à l’hygiène qui relève pourtant du droit à la santé et de la dignité. Pourtant, la majorité des personnes exilées à Calais et Dunkerque ne peuvent pas se laver régulièrement. Le 19 novembre 2025, six organisations (Refugee Women’s Centre, Médecins du Monde, Utopia 56, Roots, Salam et Human Rights Observers) ont lancé une requête de référé liberté devant le tribunal administratif de Lille pour « non‑respect des droits humains » des plus de 2 000 migrants qui « survivent » dans des campements précaires autour de Dunkerque, notamment Loon‑Plage et Grande‑Synthe. Elles demandent un accès « à l’hygiène, à l’alimentation, aux soins, à l’hébergement » pour toutes ces personnes ([24]).

La Défenseur des droits confirme que « la politique de lutte contre les points de fixation tend à dissuader les personnes d’y [dispositifs de santé] recourir et fait obstacle à tout suivi médical. Elle génère en outre une souffrance psychique particulière »([25]). Les associations présentes sur place affirment que les permanences d’accès aux soins de santé (PASS) dans le Calaisis et le Dunkerquois offrent un panel de soins inadapté (plages horaires insuffisantes, capacités d’accueil sous dimensionnées, absence d’interprétariat professionnel en santé, éloignement géographique) par rapport aux besoins. L’accès aux services spécifiques (soins dentaires, soutien psychologique, accès aux droits et santé sexuels et reproductifs) demeure rare voire inexistant.

Enfin, la politique du « zéro point de fixation » porte atteinte aux libertés et droits fondamentaux des enfants. L’association ECPAT France démontre cette corrélation : « nous avons également régulièrement attiré l’attention des pouvoirs publics sur nos fortes préoccupations concernant les enfants présents sur le bidonville de Calais, en particulier au moment des diverses opérations de démantèlement, sources de fragilisation accrue voire de disparition pour les enfants et les adolescents, filles et garçons, et donc de risques majorés de traite et d’exploitation »([26]). Le Comité des droits de l’enfant de l’Organisation des Nations unies (ONU) corrobore également cette idée : « les mineurs (…) qui transitent par le territoire français pour se rendre au Royaume‑Uni, vivent dans des camps ou dans la rue dans des conditions totalement inadaptées à leur statut d’enfant, que ce soit en matière de sécurité, de logement, d’hygiène ou d’accès à la nourriture et aux soins, et dans une précarité inacceptable compte tenu de leur jeune âge. Dans les camps et dans les rues, ces enfants sont exposés aux risques de traite, de violence, y compris de violence sexuelle, de toxicomanie ou d’implication dans des activités criminelles »([27]).

Par ailleurs, concernant particulièrement les mineurs non accompagnés, les dispositifs de mise à l’abri demeurent sous‑dimensionnés et inadaptés. L’accès à une protection effective dans le cadre d’une prise en charge pérenne au sein de la protection de l’enfance reste très faible. À ce sujet, Médecins sans frontières dénonce la « prééminence des objectifs de lutte contre l’immigration irrégulière sur ceux de la protection de l’enfance »([28]).

Ainsi, à Calais et à la frontière franco‑britannique se cristallisent les problématiques migratoires françaises, européennes et internationales. La commission d’enquête proposée s’attachera à mettre en lumière ces tensions.

– 1 –

proposition de rÉsolution

Article 1

Article unique

#

En application des articles 137 et suivants du Règlement de l’Assemblée nationale, il est créé une commission d’enquête de trente membres. Cette commission d’enquête a pour missions :

D’évaluer les conséquences financières, humaines et matérielles de la gestion externalisée de la frontière de la Manche et de la Mer du Nord à la suite de la signature des accords du Touquet du 1er février 2004 et du traité de Sandhurst du 18 janvier 2018 ;

De mettre en lumière les pratiques rapportées de maintien de l’ordre qui seraient discriminatoires et violentes visant à anéantir un projet de départ en mer, dans le cadre d’un post‑naufrage ou lors d’un démantèlement de campement ;

D’identifier les dysfonctionnements du protocole de prise en charge du post‑naufrage établi par les services de l’État ;

D’établir un chiffrage des dépenses sécuritaires dans le cadre de la politique du « zéro point de fixation » ;

D’établir un chiffrage des besoins humains et financiers du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage maritimes Gris‑Nez dans sa mission de sauvetage en mer ;

D’évaluer la prise en compte et le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant et du droit à une prise en charge, une protection et une assistance particulière des enfants, dont les mineurs non accompagnés, par les autorités administratives, judiciaires et policières ;

D’évaluer les conséquences de l’externalisation de la frontière britannique sur les modes de vie des citoyens et citoyennes des départements du littoral nord, sur l’urbanisme des villes côtières, sur la qualité des services publics et sur la capacité d’action des élus locaux du littoral nord ;

De faire des recommandations sur les réponses législatives, réglementaires et budgétaires à apporter pour assurer la protection des libertés et droits fondamentaux des personnes migrantes à la frontière franco‑britannique.

[1] M. Gower, Unauthorised migration: Timeline and overview of UK-French cooperation, 6 juillet 2025.

[2] O. Cahn, La coopération policière franco-britannique dans la zone frontalière transmanche, Thèse de doctorat en droit pénal, Université de Poitiers 2006, pp. 195-204, 405-408.

[3] CNCDH, Avis sur la situation des migrants à Calais et dans le Calaisis, juillet 2015; Avis sur la situation des migrants à Grande Synthe, mai 2016 ; Avis de suivi sur la situation des migrants à Calais et dans le Calaisis, juillet 2016 ; Avis sur la situation des personnes exilées à Calais et à Grande-Synthe, février 2021 ; Avis sur les mineurs non accompagnés, juin 2025.

[4] CEDH, 28 février 2019, Khan c/ France

[5] Décret n° 2025-798 du 11 août 2025 portant publication de l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord relatif à la prévention des traversées périlleuses, signé à Londres le 29 juillet 2025 et à Paris le 30 juillet 2025.

[6] https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/08/accord-franco-britannique-sur-l-immigration-nous-associations-et-personnes-solidaires-denoncons-ce-marchandage-cynique-de-vies-humaines_6645292_3232.html

[7] CNCDH, Déclaration relative à l’accord franco-britannique visant à prévenir « les traversées périlleuses » (D - 2025 - 6), Assemblée plénière du 14 octobre 2025.

[8] https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/10/26/immigration-derriere-l-accord-one-in-one-out-negocie-avec-londres-des-vies-en-suspens_6649647_3224.html

[9] https://www.gov.uk/government/publications/migrants-detected-crossing-the-english-channel-in-small-boats/migrants-detected-crossing-the-english-channel-in-small-boats-last-7-days

[10] https://www.franceinfo.fr/monde/europe/migrants/naufrages-dans-la-manche-comment-expliquer-le-nombre-record-de-migrants-morts-en-2024_6762604.html

[11] https://apps.lesjours.fr/morts-calais/

[12] Le Monde, 23 mars 2024

[13] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2025/07/14/declaration-du-37e-sommet-franco-britannique

[14] https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/small-boats-dans-la-manche-la-nouvelle-doctrine-d-interception-avec-filets-bientot-en-place_6653955_3224.html

[15] https://la1ere.franceinfo.fr/mayotte/la-police-aux-frontieres-accusee-de-causer-des-naufrages-de-bateaux-de-migrants-a-mayotte-par-plusieurs-medias-europeens-1623845.html

[16] https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/11/13/migrants-morts-en-traversant-la-manche-le-24-novembre-2021-l-enquete-accablante-pour-les-secours_6149691_3224.html

[17] https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cemigrants/l15b4665_rapport-enquete#_ftnref117

[18] https://www.senat.fr/rap/r24-304/r24-3042.html#toc22

[19] https://www.msf.fr/actualites/a-calais-l-etat-met-en-danger-les-exiles-tout-en-pretendant-sauver-des-vies

[20] Human Rights Observers, Rapport annuel 2024, 2024

[21] Amnesty International, La solidarité prise pour cible, 2019

[22] CNCDH, Avis sur la situation des personnes exilées à Calais et Grande-Synthe, 11 février 2021

[23] https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cemigrants/l15b4665_rapport-enquete#_ftnref117

[24] https://www.medecinsdumonde.org/actualite/six-associations-attaquent-letat-en-justice-pour-non-respect-des-droits-humains-a-dunkerque/

[25] Défenseur des droits, Exilés et droits fondamentaux, trois ans après le rapport Calais, décembre 2018

[26] ECPAT France, Mineurs à risque et victimes de traite en France, 2017

[27] Comité des droits de l’enfant de l’ONU, Rapport sur l’enquête concernant la France menée au titre de l’article 13 du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant établissant une procédure de présentation de communications, octobre 2025

[28] MSF, La (sur)vie des mineurs non accompagnés à la frontière franco-britannique, mars 2024

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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