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Renforcer le pilotage et la cohérence de la politique nationale du sport

Projet de loi rectificatif 20/11/2025 N° 2126 PNREANR5L17B2126
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Le sport ne peut plus être envisagé comme un simple secteur de l’action publique, accessoire ou périphérique. Il est le reflet de notre vitalité nationale, le lieu d’expression d’un idéal collectif, un espace où se tissent la solidarité, la fraternité et l’esprit de dépassement. Là où le sport se déploie, la société se rassemble : il est à la fois un bien commun, une école de la République et un outil de rayonnement pour la Nation.

Le sport n’est pas seulement un champ d’activités, il est une politique d’émancipation et de lien social, un levier d’égalité et un instrument de santé publique. Il irrigue toutes les politiques de la Nation : il éduque, soigne, intègre, dynamise et réconcilie. Faire du sport un pilier de la politique publique, c’est affirmer une ambition républicaine : celle d’unir la performance et la justice, la rigueur et l’espérance.

Cette conviction, partagée par l’ensemble des acteurs du mouvement sportif, impose de repenser la place du sport dans la stratégie de l’État. Le temps est venu d’assumer une politique sportive pleinement structurée, pensée dans la durée, articulée à l’échelle nationale et territoriale autour d’une vision d’ensemble : donner à la France une stratégie du sport lisible, efficiente et structurée. La politique sportive française doit aujourd’hui retrouver une cohérence d’ensemble, à la hauteur de ce qu’elle représente pour la Nation. Elle ne peut plus être une addition de dispositifs, de subventions et de programmes isolés. Elle doit redevenir un projet global, articulant le sport pour tous, le sport de haut niveau, la formation, la santé, la recherche et l’aménagement du territoire. Le sport est une politique d’émancipation, de prévention et de lien, qui mobilise à la fois l’État, les collectivités, le mouvement sportif, l’école, le monde associatif et l’économie sociale et solidaire. Cette politique suppose une gouvernance modernisée, un langage commun entre les acteurs et une évaluation partagée. Elle appelle une stratégie de long terme, capable de s’inscrire dans une vision de la société : une France qui place la jeunesse, la vitalité, la santé et la cohésion au cœur de son modèle républicain. C’est à cette cohérence retrouvée que doit désormais tendre l’action publique.

Pour y parvenir, trois exigences se dessinent : la visibilité budgétaire, la proximité territoriale et la construction de nouveaux partenariats économiques et sociaux. D’abord, il est impératif de donner au sport la visibilité et la confiance qu’il mérite : il devient donc nécessaire d’inscrire le sport dans une trajectoire budgétaire pluriannuelle. Le temps du sport n’est pas celui d’un exercice financier annuel : il s’inscrit dans des cycles longs, liés à la formation, aux équipements, à l’accompagnement des athlètes et à la montée en compétences des acteurs de terrain.

La mise en place d’une programmation budgétaire sur quatre ans, alignée sur le cycle olympique, permettrait de donner de la visibilité aux fédérations, aux collectivités et aux clubs, de stabiliser les soutiens de l’État et d’assurer la continuité des politiques. Cette programmation aurait vocation à fixer des objectifs clairs, à consolider les crédits au sein du budget général, à simplifier l’accès aux financements existants et à renforcer l’évaluation des résultats obtenus. Elle constituerait une véritable loi de programmation du sport, fondée sur la confiance, la transparence et la responsabilité partagée entre l’État, les territoires et le mouvement sportif.

Ensuite, la politique sportive nationale doit sortir de sa dépendance aux taxes affectées. Ces taxes, souvent volatiles, fragilisent la lisibilité des ressources et reposent parfois sur des activités économiques éloignées des valeurs du sport. Le financement du sport doit être pleinement rebudgétisé au sein du budget général de l’État, pour en garantir la stabilité, la cohérence et la transparence. La remontée de ces taxes au budget de l’État doit permettre, en retour, de construire un cadre budgétaire pluriannuel pour le sport, assurant la visibilité et la continuité de l’action publique sur plusieurs exercices.

Ce budget pluriannuel, stable et non dépendant des taxes affectées, offrira les conditions nécessaires à la définition et à la mise en œuvre d’une politique du sport pour tous et d’une politique du sport de haut et de très haut niveau claires, coordonnées et prévisibles. Ainsi, l’État pourra articuler dans la durée les soutiens aux fédérations, aux collectivités et aux acteurs de terrain, dans une stratégie globale alliant accès universel à la pratique et excellence sportive. La définition d’un budget pluriannuel et la stabilisation des ressources du sport doivent s’accompagner d’un renforcement du pilotage stratégique des politiques sportives. En effet, le sport irrigue de nombreux champs de l’action publique – éducation, santé, cohésion sociale, aménagement du territoire, environnement, diplomatie ou encore économie – et nécessite à ce titre une coordination interministérielle renforcée.

C’est pourquoi il apparaît nécessaire de créer un Comité interministériel du sport, placé sous l’autorité du Premier ministre et coordonné par le ministre des Sports. Ce comité aurait pour mission de définir les orientations stratégiques nationales, d’assurer la cohérence des politiques menées par les différents ministères et de veiller à l’évaluation de leurs effets sur le développement du sport. En réunissant de manière régulière les administrations concernées, il permettrait de mieux articuler les politiques budgétaires, territoriales et sociales en matière sportive, d’identifier les leviers de mutualisation des moyens et de garantir une approche partagée entre l’État, les collectivités et le mouvement sportif. Il constituerait ainsi un véritable outil de pilotage interministériel, garantissant la cohérence de la stratégie nationale du sport et la continuité de l’action publique à tous les niveaux du territoire. Ce pilotage partagé doit permettre d’articuler plus efficacement les politiques menées en matière d’éducation, de santé, d’inclusion, de jeunesse, d’économie et d’équipements sportifs, afin de faire du sport un levier transversal des grandes priorités publiques.

Parmi ces domaines d’action, la construction et la rénovation des équipements sportifs constituent une traduction concrète et visible de cette coordination interministérielle. Elles illustrent la manière dont l’action de l’État, des collectivités territoriales et du mouvement sportif peut s’articuler autour d’objectifs partagés : accès universel à la pratique, réduction des inégalités territoriales et transformation durable du modèle sportif français. Cette politique doit s’appuyer sur une méthode claire : identifier, simplifier, optimiser.

Identifier, c’est d’abord connaître précisément le parc existant et les besoins réels des territoires. Depuis 2020, deux plans successifs de 5 000 équipements sportifs ont permis de soutenir la création et la rénovation d’infrastructures de proximité sur l’ensemble du territoire. Avec plus de 10 600 projets et réalisations, ces plans constituent une avancée majeure, mais leur déploiement a mis en lumière la nécessité d’une vision consolidée et durable de la politique d’équipement sportif. La plateforme DataES, développée par le ministère des Sports, est appelée à jouer un rôle central : elle permet de recenser l’ensemble des équipements sportifs en France, d’identifier les territoires carencés et d’orienter les priorités d’investissement. C’est sur cette base que doivent être établis des ratios nationaux d’équipements par habitant, prenant en compte les temps d’accès et la densité de population, afin d’assurer une répartition plus équitable des infrastructures.

Simplifier, c’est ensuite accompagner les collectivités territoriales, qui sont les premiers financeurs des équipements sportifs, dans leurs démarches. Les enveloppes d’investissement territorial existantes, telles que la DETR, la DSIL ou le Fonds Vert, gérées par les préfets, doivent être mieux articulées et plus lisibles. L’objectif est de permettre une instruction des projets rapide, transparente et cohérente avec les priorités nationales. La définition de critères partagés et de priorités d’investissement claires doit garantir que les territoires les plus en difficulté bénéficient d’un accès préférentiel à ces financements, pouvant être surabondés le cas échéant, conformément à l’esprit d’équité territoriale.

Optimiser, enfin, c’est valoriser pleinement les infrastructures déjà existantes. La France dispose d’un patrimoine sportif considérable, mais trop souvent sous‑utilisé. C’est particulièrement vrai pour les équipements sportifs scolaires : sur environ 27 000 installations recensées, seulement 18 % sont effectivement utilisées en dehors du temps scolaire, malgré la loi qui en prévoit l’ouverture. Il est impératif de rendre cette obligation effective, en favorisant la coopération entre les collectivités, les établissements scolaires et le mouvement sportif, afin que ces infrastructures deviennent de véritables pôles d’animation locale et de pratique partagée.

Enfin, cette politique d’équipement doit reposer sur une diversité des financements. Lorsque cela est rendu possible, il convient de favoriser les partenariats public‑privé et plus particulièrement pour les projets d’envergure ou les infrastructures nécessitant des investissements importants (piscines, complexes sportifs, pistes de padel, centres multisports, etc.). Ces partenariats, encadrés par des règles de transparence et d’éthique, permettront d’accélérer la réalisation des projets, de soulager la charge des collectivités et de stimuler l’innovation dans la conception, la gestion et la maintenance des infrastructures sportives.

Ainsi, une politique d’équipement ambitieuse, claire et territorialisée constitue un levier stratégique pour garantir l’égalité d’accès au sport, soutenir la cohésion nationale et accompagner durablement le développement de la pratique sportive sur tout le territoire. Elle est un outil indispensable à la pratique du sport partout et pour tous.

Le sport pour tous doit être au cœur de la politique sportive nationale, comme une priorité partagée entre l’État et les territoires. Il ne s’agit pas de multiplier des dispositifs, mais de conforter ceux qui fonctionnent et de construire une action cohérente, lisible et coordonnée entre le niveau national et le niveau territorial.

L’État doit fixer le cap, définir les priorités et garantir l’égalité d’accès à la pratique ; les services déconcentrés, eux, doivent piloter les politiques de proximité, en appui des collectivités et du mouvement sportif. La confiance retrouvée entre l’État, le monde sportif et les territoires, avec une politique lisible dans la durée, une stratégie d’équipement assumée et réaliste, des dispositifs comme le Pass’Sport valorisés et pérennisés, permettra d’ancrer un véritable continuum d’action.

Dans ce continuum d’action, l’école porte un rôle déterminant.

L’éducation physique et sportive (EPS) est bien plus qu’une discipline scolaire : c’est la première rencontre structurée des jeunes avec le sport, une expérience fondatrice qui peut susciter des vocations et faire naître le goût durable de l’activité physique. Par la diversité de ses pratiques, elle offre à chacun la possibilité de se découvrir, de s’exprimer, de réussir différemment. Elle transmet les valeurs universelles du sport – respect, solidarité, engagement, dépassement de soi – et contribue ainsi à construire un héritage commun, porteur d’identité et de cohésion.

Mais pour que cette ambition prenne tout son sens, il faut aller plus loin. L’EPS doit être renforcée et mieux reconnue au sein du système éducatif, car elle participe pleinement à la formation de l’élève dans toutes ses dimensions : physique, morale et sociale. Elle doit aussi être un tremplin vers la pratique extérieure, qu’elle soit fédérale, associative ou libre. Trop souvent encore, le lien entre le temps scolaire et le monde sportif reste fragile. Renforcer les partenariats avec les clubs, les fédérations et les acteurs locaux est indispensable pour assurer une continuité éducative et permettre aux élèves de prolonger leur engagement au‑delà du cadre scolaire.

Faire de l’EPS une véritable porte d’entrée vers la citoyenneté sportive, c’est offrir à chaque jeune les moyens de faire vivre dans la société les valeurs apprises à l’école. C’est construire un héritage qui ne se limite pas à la pratique, mais qui façonne une culture du mouvement, du partage et de la responsabilité, essentielle à l’avenir du sport et à celui de notre jeunesse.

Le sport français, c’est aussi l’excellence, le haut niveau et le rayonnement international. Derrière chaque athlète qui porte les couleurs de la France, c’est toute une chaîne de formation, de recherche et d’innovation qui s’exprime : celle des clubs, des éducateurs, des fédérations, des établissements d’enseignement et des pôles de performance. La réussite sportive est une affaire de Nation. Elle ne repose pas seulement sur les résultats, mais sur la capacité de notre pays à former, accompagner et protéger ses talents, à garantir l’égalité d’accès aux filières d’excellence, et à faire du sport une vitrine de la République à travers le monde.

Cette ambition exige un modèle équilibré : un haut niveau soutenu par un socle élargi de pratiquants, un encadrement reconnu, un pilotage spécifique, des infrastructures adaptées et une diplomatie sportive active. Le sport de haut niveau est une composante essentielle de notre souveraineté culturelle ; il façonne l’image de la France, valorise son expertise et ses valeurs, et porte la promesse d’une société unie autour de l’effort, du mérite et du dépassement de soi.

Faire du sport un levier d’action publique majeur, c’est faire le choix d’une société plus juste, plus saine et plus solidaire. Il incarne des valeurs de dépassement de soi, de solidarité, de respect et de responsabilité. En faire un pilier de nos politiques publiques, c’est reconnaître sa capacité à transformer la société, à renforcer le lien social, à améliorer la santé publique, à lutter contre les inégalités et à forger une citoyenneté active.

À l’heure où la France accueille les plus grands événements sportifs internationaux, nous avons la responsabilité de ne pas laisser cet élan retomber. Nous devons nous donner les moyens d’une politique sportive ambitieuse, cohérente et durable, portée par une vision à long terme.

Cette proposition de résolution appelle à un sursaut collectif : faisons du sport non pas un secteur à part, mais un levier transversal de transformation, d’émancipation et de progrès. Car c’est en investissant pleinement dans le sport que nous bâtirons une République plus forte, plus unie et véritablement tournée vers la cohésion sociale.

Le sport, plus qu’un supplément d’âme, est une ambition à structurer et un héritage à construire.

– 1 –

proposition de RÉSOLUTION

Article 1

Article unique

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Vu l’article 34‑1 de la Constitution,

Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,

Vu les articles 1er et 2 de la loi organique n° 2001‑692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances,

Considérant que le sport constitue un levier stratégique des grandes priorités publiques, au service de la santé, de l’éducation, de l’inclusion et de l’attractivité des territoires ;

Considérant que le sport est un bien commun et un facteur de cohésion nationale, d’émancipation et de vitalité républicaine ;

Considérant que la politique sportive nationale doit désormais s’inscrire dans une stratégie lisible, équitable et durable, fondée sur la stabilité des financements, la proximité territoriale et la coopération entre acteurs publics et privés ;

Considérant que la visibilité budgétaire, la planification pluriannuelle, le pilotage interministériel et la simplification des dispositifs sont les conditions nécessaires à la réussite du modèle sportif français ;

Considérant qu’il convient de recentrer les moyens publics autour de deux priorités : le sport pour tous et la haute performance, complémentaires et indissociables dans le rayonnement de la France ;

Souhaite :

1) Que soit établi un budget pluriannuel du sport, aligné sur le cycle olympique de quatre ans, garantissant la stabilité des financements et permettant une planification durable des politiques publiques et des investissements ;

2) Que la dépendance du financement du sport aux taxes affectées soit progressivement supprimée, au profit d’une rebudgétisation intégrale au sein du budget général de l’État, assurant lisibilité, transparence et continuité ;

3) Que soit mis en place un Comité interministériel du sport, placé sous l’autorité du Premier ministre et coordonné par le ministre chargé des sports, chargé d’assurer la cohérence des politiques publiques relatives au sport et d’en suivre l’exécution ;

4) Que la politique du sport pour tous soit structurée autour d’une coordination claire entre l’État et le monde fédéral dans une planification simplifiée ;

5) Que la politique des équipements sportifs repose sur un recensement précis des infrastructures, notamment via la plateforme DataES (ou tout autre outil adapté), permettant d’établir des ratios d’équipements par habitant et de définir des priorités d’accès aux enveloppes d’investissement de l’État, afin de garantir une répartition équitable et stratégique des moyens entre les territoires ;

6) Que soient encouragées la diversification et la modernisation des financements du sport, en favorisant les partenariats public‑privé et l’étude de nouvelles ressources, dès lors qu’elles sont maîtrisées, vertueuses et respectueuses des valeurs du sport ;

Invite le Gouvernement :

1) À donner une impulsion politique forte à la stratégie nationale du sport, inscrite dans une loi de programmation ;

2) À présenter chaque année au Parlement un rapport d’évaluation de la politique sportive, au travers d’un jaune budgétaire plus détaillé, rendant compte des moyens engagés, des résultats obtenus et des impacts territoriaux ;

3) À garantir la pérennité et la lisibilité des politiques du sport pour tous et du sport de haut niveau, dans le respect de l’égalité des territoires et de la cohésion nationale ;

4) À faire du sport un pilier structurant de l’action publique, contribuant à la vitalité, à la santé et à l’unité de la République.

 

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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