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Rendre plus lisible le fonctionnement de l'administration

Projet de loi rectificatif 27/10/2025 N° 2003 PNREANR5L17B2003
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), la dette publique française s’établit à 3 400 milliards d’euros. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut, elle s’établit à 115 %. Dans le même temps, les dépenses publiques s’élevaient à 57,2 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que les recettes n’en représentaient que 51,4 %. Le poids croissant du remboursement de cette dette – estimé à 54,9 milliards d’euros en 2025 – obère les marges de manœuvre de l’État et impose de repenser le périmètre de l’action publique.

Il est désormais primordial de tourner le dos à la logique de la fuite en avant budgétaire. Loin d’accroître toujours davantage les prélèvements obligatoires, qui sont déjà les plus élevés d’Europe, la voie de la responsabilité commande une réduction des dépenses publiques. Cette réduction ne saurait s’improviser, elle doit reposer sur une analyse rigoureuse des structures existantes, de leur efficacité et de leur plus‑value réelle.

C’est dans cette optique que s’inscrit la présente proposition de résolution, qui vise à rationaliser une partie du périmètre de l’État, en ciblant deux catégories d’entités aujourd’hui particulièrement concernées par l’inefficience administrative que sont les opérateurs et les commissions consultatives.

Les commissions consultatives étaient au nombre de 317 en 2024. Leur prolifération ralentit la prise de décision, crée des chevauchements de compétences et nuit à la lisibilité de l’action publique. Bon nombre d’entre elles ne se réunissent que rarement, voire jamais, ou ne produisent que très peu de rapports. Si leur coût budgétaire affiché peut paraître modeste, d’une taille d’une trentaine de millions d’euros par an, il ne reflète pas les coûts cachés liés aux ressources humaines mobilisées, aux locaux fournis gracieusement, et à la complexité bureaucratique générée. Leur suppression ou leur fusion avec d’autres structures existantes permettrait donc une action plus efficace et plus lisible.

Les opérateurs de l’État ne sont pas en reste. Le financement qui leur est alloué est hors de contrôle, augmentant de 42 % en 5 ans. En 2018, les jaunes budgétaires font état de 64 milliards d’euros dédiés, quand en 2023, cette somme atteignait 91 milliards. Certains exercent des missions devenues obsolètes, d’autres ont vu leur périmètre empiéter sur celui des administrations centrales ou sur celui d’autres opérateurs. Ce phénomène d’agencification excessive, souvent encouragé par la logique des contrats d’objectifs et de performance (COP) flous, entraîne un éloignement entre décideurs et citoyens, une dilution des responsabilités et un surcoût administratif durable.

Afin de mettre en œuvre cette rationalisation, il est proposé de sélectionner ces institutions au moyen d’une méthode simple et précise :

1. Mesurer l’intérêt et l’efficacité de l’entité examinée.

2. Observer le coût de fonctionnement engendré et le mettre en perspective avec l’intérêt et l’efficacité ainsi évalués.

3. Chercher l’existence de doublons au sein du millefeuille administratif ou des instances ayant un domaine d’action similaire.

Si l’opérateur ou l’autorité peut être rationalisée au travers de cette méthode, il convient d’en procéder à la simplification.

Cette simplification peut alors s’effectuer par deux moyens. Tout d’abord, la suppression de l’entité, qui peut s’effectuer si les alternatives sont suffisamment proches du périmètre d’action afin de ne pas entraîner de perte de compétence et donc d’efficacité pour l’État. Il peut également être envisagé de procéder à la fusion, qui consiste au transfert des missions ou à la simple réunion des institutions concernées.

Les rationalisations proposées ci‑après sont découpées en alinéas qui permettront d’économiser environ 70,4 millions d’euros chaque année. Il est à noter que ces gains estimés sont « bruts », ce qui signifie que le calcul n’intègre pas le personnel à rajouter afin de reprendre les missions précédemment attribuées à l’entité supprimée, ni les coûts cachés, ni les économies engendrées par une prise de décision plus rapide.

Certaines des entités sujettes aux rationalisations présentent un coût nul ou modeste. Cependant, un coût nul tel qu’inscrit dans le jaune budgétaire présentant ces entités ne signifie pas nécessairement une absence dépenses de fonctionnement. En effet, plusieurs d’entre elles ont des coûts cachés mais non renseignés pour diverses raisons comptables.

Par exemple, le Conseil national de productivité ci‑dessous ne renseigne aucun coût. Mais il occasionne pourtant des frais car France Stratégie, désormais le Haut‑commissariat à la Stratégie et au Plan, assurait son secrétariat général. Cela signifie que des ressources humaines ont été mobilisées et payées par France Stratégie pour son compte. Supprimer ce dernier permettrait donc de rationaliser cette dépense.

En outre, même si toutes les entités ayant des frais de fonctionnement nuls ne présentent pas intrinsèquement de coûts cachés, elles contribuent à l’alourdissement du paysage administratif et ainsi à la perte d’efficacité qui en découle. Il en va de même pour les entités ayant un coût modeste. En définitive, dans le contexte budgétaire dans lequel nous nous trouvons, chaque denier public se doit d’être justifié. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, ces économies devraient permettre d’allouer des fonds substantiels à des politiques publiques efficientes pour les Français.

Ces rationalisations s’inscrivent dans le cadre plus large d’un plan d’économies par la simplification du paysage administratif composé de deux autres textes. Ce volet comporte principalement les opérateurs et commissions consultatives ainsi que d’autres entités aux périmètres proches dans un souci de cohérence.

Il porte exclusivement sur des entités dont les textes de références sont de l’ordre du réglementaire, sortant donc de fait du champ de compétence du législateur. Cette résolution s’inscrit alors dans le cadre d’une démarche visant à montrer la volonté du législateur de voir prochainement leur rationalisation. Il s’agit de l’essence même du travail parlementaire, être une force de proposition, ici en présentant une feuille de route pour le Gouvernement afin de simplifier le millefeuille administratif.

Supprimer l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur (Abes).

L’Abes a la charge de mettre en œuvre le Système universitaire de documentation (Sudoc) et de compiler les travaux universitaires au travers d’autres réseaux de documentation. Cependant, il existe des doublons à son action, telle que la Bibliothèque Nationale de France (BnF) qui a déjà la charge de la conservation de tous les ouvrages parus ou l’Agence de mutualisation des universités et des établissements (Amue) qui pourrait se charger du Sudoc au travers de ses actualités de mutualisation. Coûtant chaque année 20,7 millions d’euros tel que renseigné dans le jaune budgétaire opérateurs, son coût rend d’autant plus nécessaire sa suppression.

Fusionner le Centre d’Études et de Recherches sur les Qualifications (CEREQ) ainsi que l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (ONISEP).

Cette fusion vise à rapprocher deux entités aux compétences connexes afin d’in fine renforcer leur rôle. Le CEREQ a comme mission de mieux connaître et comprendre les liens entre formation, travail et emploi, et l’ONISEP de délivrer des informations sur les métiers et procédures d’accès aux formations. Le CEREQ coûtant 12,2 millions d’euros de frais de fonctionnement et l’ONISEP 32,8 millions d’euros selon le jaune budgétaire opérateurs, une fusion ne pourra qu’entraîner une réduction des coûts. Par ailleurs, la fusion de ces deux entités aux compétences proches permettrait l’émergence d’un seul acteur, qui intégrerait à la fois la dimension de recherche et celle de formation pour une meilleure complémentarité.

Supprimer le Centre pour le développement de l’information sur la formation permanente (Centre INFFO).

Le Centre INFFO se doit d’informer et de documenter dans le domaine de la formation professionnelle. Ainsi, il présente chaque année 8,82 millions d’euros de frais de fonctionnement et dont le jaune budgétaire opérateurs précise que six millions entièrement dédiés aux dépenses de personnel. Ce coût élevé se doit donc d’être examiné à l’aune de sa capacité d’information. Force est de constater qu’il échoue dans sa mission et cela se retrouve jusque dans les données affichées dans son dernier rapport d’activité. Le Centre dispose d’un faible total de 152 000 abonnés sur l’ensemble de ses réseaux sociaux et ses lettres d’information ne sont lues que par un auditoire très faible. A ce titre, toujours selon son dernier rapport d’activité, les lettres d’information “Expresso compétences” ne touchent que 27 800 inscrits et 12 100 pour la lettre de l’Innovation en formation. Enfin, l’État dispose d’autres institutions chargées de communiquer sur des questions connexes, telles que France Compétences, l’Association pour la formation professionnelle des adultes, ou France Travail.

Supprimer le Conseil de l’inclusion dans l’emploi (CIE).

Le Conseil de l’inclusion dans l’emploi est une instance créée afin de formuler des propositions en matière de l’inclusion dans l’emploi et de développer les échanges sur ce sujet. D’après le jaune budgétaire commissions, aucune réunion du CIE n’a été organisée depuis 2021 et aucune activité n’a été constatée.

Supprimer le Conseil national de productivité (CNP).

Institué suite à une recommandation du Conseil de l’Union européenne, le CNP est chargé d’analyser le niveau et l’évolution de la productivité et de la compétitivité de l’économie française par rapport à celle des autres États membres. Pourtant, il est très peu actif, d’après sa page internet, depuis 2019, il a publié six publications et deux notes. Toujours d’après les ressources disponibles en ligne à son sujet, son coût est obscur mais bien réel puisque France Stratégie assurait son secrétariat général.

Supprimer le Haut‑commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP).

Le nouveau HCSP, conçu pour être l’ultime organe de conseil de l’État issu de la fusion de France Stratégie et du Haut‑commissariat au Plan (HCP) est à l’opposé de l’économie que l’on pourrait s’attendre d’une telle rationalisation. En effet, d’après le décret n° 2025‑450 du 23 mai 2025 l’instituant, il s’accompagne de la création d’une antenne à Bruxelles, composée d’un Emploi Temps Plein (ETP) et d’une nouvelle fonction de rapporteur général grassement payée. Le décret instituant la nouvelle entité ne prévoit aucune réduction d’effectifs, ces derniers étant tous reconduits au sein du HCSP. La fusion n’a également entraîné aucun réexamen de la pertinence des réseaux animés par France Stratégie et le HCP. Enfin, le nouveau décret prévoit que le HCSP peut faire appel à des collaborateurs extérieurs, appartenant au monde public comme privé, ce qui fait craindre que l’organisme de conseil de l’État fasse lui‑même appel à des cabinets de conseil.

Supprimer le Conseil national du commerce.

Le Conseil national du commerce a été créé en 2023, année où il a effectué une seule et unique réunion ayant coûté 150 000 euros d’après le jaune budgétaire commissions. Le conseil est pourtant un doublon avec la Direction générale des entreprises (DGE), qui exerce les mêmes fonctions, ou le CNP évoqué précédemment. Par ailleurs, la DGE s’appuie sur un réseau territorial, via les DREETS, ce qui la rend plus à même de pouvoir remplir ces missions de consultation. Enfin, il est précisé sur sa page internet que la DGE s’occupe de sa gestion administrative, engendrant indéniablement des coûts cachés.

Supprimer la Plateforme RSE.

La Plateforme RSE est un organisme présent au sein du réseau animé par le Haut‑commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP), auparavant au sein de France Stratégie. Si son but est de formuler des recommandations sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), force est de constater qu’elle est peu active. En effet, d’après sa page internet, elle n’a publié que sept productions depuis 2022, soit une moyenne d’un peu plus de deux par an. On ne dispose d’aucune évaluation sur son coût, mais celui‑ci est bien présent puisque la Plateforme dispose d’un secrétariat permanent. En outre, on peut légitimement douter de la pertinence de ses publications, car outre le fait qu’elles n’engagent pas le HCSP, la Plateforme comprend parmi ses membres des associations militantes qui promeuvent la décroissance.

Supprimer le GIP Les entreprises s’engagent.

Ce GIP a été créé en 2018 afin que les entreprises s’engagent autour de grandes thématiques d’intérêt général. À ce titre, il bénéficie d’une subvention de l’État à hauteur de 2,5 millions d’euros selon le jaune budgétaire opérateurs. Pourtant, son action présente un doublon au sein des directions départementales de l’emploi et des solidarités (DDETS) puisqu’il se base sur des référents en leur sein. Il s’agit également d’un doublon au regard des autres opérateurs ayant des compétences connexes comme l’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) ou France Travail. Véritable opérateur dont il est difficile de percevoir l’utilité, son action est dès lors superflue.

Supprimer le GIP Plateforme de l’Inclusion.

Le Groupement d’Intérêt Public (GIP) Plateforme de l’Inclusion a été créé en 2022 pour regrouper les services numériques pour l’inclusion dans l’emploi. Le coût de fonctionnement de cette Plateforme est de 4,4 millions d’euros tel qu’inscrit dans le jaune budgétaire opérateurs et peut à ce titre être diminué en redirigeant ses services au sein de France Travail. Par ailleurs, la plupart de ces outils sont peu connus et peu utilisés, et les acteurs n’ont aucune obligation de les employer.

Supprimer l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique (GIP ‑ Agence Bio).

L’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture, ou Agence bio, présente un coût de fonctionnement élevé, près de 12 millions d’euros consignés dans le jaune budgétaire opérateurs. L’Agence Bio est régulièrement ciblée par les acteurs du secteur du fait de l’opacité de ses décisions et du manque d’adéquation de ses actions par rapport aux réalités du marché. D’après son rapport d’activité 2024, l’Agence a reçu 16,4 millions d’euros du Fonds Avenir Bio destiné à développer la filière de l’agriculture biologique. Cette dotation ayant permis de créer 53 emplois, cela signifie que chaque emploi créé par l’Agence Bio a coûté 309 000 euros d’argent public. Enfin, toujours selon son rapport d’activité 2024 et le jaune budgétaire, l’Agence Bio est un exemple de coûts de personnel pharaonique avec 1,7 million d’euros pour seulement 23 ETP, signifiant que chaque ETP a coûté au contribuable 72 000 euros annuellement. La relative petite taille de l’Agence permet de facilement redistribuer ses missions pour mieux optimiser les ressources dédiées à sa gestion.

Supprimer le Comité d’experts sur la gestion adaptative (CEGA).

Le CEGA est censé fournir des recommandations en termes de prélèvements des espèces à partir des données, études et recherches portant sur ces espèces et leurs habitats. Or, selon le jaune budgétaire consacré aux commissions, il ne doit sa présence qu’au fait qu’il soit inscrit dans le code de l’environnement. En effet, il ne se réunit plus à l’heure actuelle, et ce depuis 2021.

Supprimer la Grande commission nautique (GCN).

La GCN doit rendre des avis sur les projets d’aménagement nautique d’un certain ordre d’importance. Elle se réunit assez peu, deux fois en 2021 d’après le jaune budgétaire commissions, une fois en 2022 et une fois en 2023. Son activité est superflue au regard de l’existence des commissions nautiques locales, qui se réunissent bien plus et traitent un nombre plus large de dossiers, même s’ils sont d’une importance moindre.

Supprimer le Conseil national de l’urgence hospitalière (CNUH).

Le CNUH est une instance consultative traitant des sujets des services d’urgence hospitalier. Cependant, le jaune budgétaire commissions précise qu’il ne s’est réuni qu’une seule et unique fois en 2023. Son utilité n’est par ailleurs pas démontrée puisque aucun avis n’a été rendu public. Il présente également des coûts cachés puisque son secrétariat est assuré par la direction générale de l’offre de soins (DGOS) et par la direction générale de la santé (DGS). Enfin, l’État dispose déjà d’organes de conseil aux champs plus large, comme la Haute Autorité de Santé ou le Haut Conseil de la Santé Publique.

Supprimer le Conseil supérieur de l’éducation routière (CSER).

Le CSER peut être saisi sur toutes les questions relatives à l’éducation routière, le permis de conduire et l’organisation des professions. Cependant, aucun sujet n’a nécessité la réunion plénière du CSER en 2021 et 2023, et le jaune budgétaire commissions précise qu’il n’a réalisé qu’une seule réunion en 2022. D’autant plus que des réunions plus restreintes ont été réalisées en dehors du cadre de l’instance entre ses membres. Ce CSER est aussi le doublon manifeste d’une autre instance consultative, le Conseil national de la sécurité routière, dont le champ de compétence connexe pourrait parfaitement reprendre ses prérogatives.

Fusionner l’Agence des Communications Mobiles Opérationnelles de Sécurité et de Secours (ACMOSS) et l’Agence nationale du numérique de la sécurité civile (ANSC).

Ces deux agences exercent dans des domaines très proches, rendant possible une telle rationalisation. L’ACMOSS assure la conception, le déploiement, la maintenance et le fonctionnement des systèmes de communication des services de sécurité, notamment le Réseau Radio du Futur. L’ANSC, quant à elle, dispose exactement des mêmes prérogatives mais uniquement en ce qui concerne les alertes issues des numéros d’urgence 18 et 112. Un tel rapprochement permettrait inévitablement une réduction des charges de personnel en plus des économies matérielles. À titre d’information, l’ACMOSS présente des charges de personnel de 7,6 millions d’euros et l’ANSC d’1,8 million d’euros d’après le jaune budgétaire opérateurs.

Supprimer le Conseil national des villes et pays d’art et d’histoire (CNVPAH).

Le CNVPAH est chargé du développement et de l’orientation générale de la politique du réseau et émet un avis sur les candidatures au label Villes et Pays d’Art et d’Histoire (VPAH). Le jaune budgétaire commissions précise qu’il ne s’est réuni qu’une fois en 2022 et les Directions régionales des Affaires culturelles (DRAC) accompagnent déjà les territoires candidats. L’animation du réseau pourrait alors parfaitement être réinternalisée au sein du ministère de la Culture et les avis fournis par les DRAC.

Supprimer le Conseil scientifique de la médiathèque, de la photographie et du patrimoine (CSMPP).

Le CSMPP est consulté sur la politique d’enrichissement des collections et peut être consulté sur toute question d’ordre scientifique, notamment ayant trait aux conditions de conservation des fonds détenus ou confiés. La réalité montre qu’il est très peu consulté, avec seulement deux réunions à son actif entre 2022 et 2023 consignées dans le jaune budgétaire bien que ses membres aient été renouvelés en 2024 par l’arrêté du 29 avril 2024. Son coût est peu lisible, car si ses membres exercent leurs missions à titre gratuit, les frais occasionnés par les déplacements sont imputés sur ses crédits de fonctionnement d’après l’arrêté du 4 janvier 2000 l’instituant. D’un point de vue du maillage territorial, l’État dispose déjà des DRAC, qui exercent également une mission de conseil et d’expertise scientifique. À ce titre, elles pourraient tout à fait récupérer les missions de la CSMPP.

Supprimer la Commission consultative des recherches archéologiques à l’étranger (CCRAE).

Cette commission est chargée de conseiller le ministère des affaires étrangères sur le déploiement des recherches archéologiques à l’étranger. Elle est pourtant peu active, avec une réunion par an entre 2021 et 2023. Cependant, ses réunions présentent un coût entre 9 600 euros et 11 000 euros selon les années d’après le jaune budgétaire opérateurs. La CCRAE présente des missions connexes avec celles du Conseil national de la recherche archéologique, qui traite des activités sur le territoire national. Le Conseil national pourrait tout à fait reprendre les missions de la CCRAE, puisque la seule différence entre ces deux entités se trouve dans le champ d’intervention (l’un national et l’autre à l’étranger) et le ministère de tutelle.

Tels sont les objectifs, Mesdames, Messieurs, de la présente proposition de résolution.

– 1 –

proposition de RÉSOLUTION

Article 1

Article unique

#

L’Assemblée nationale,

Vu l’article 34‑1 de la Constitution,

Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,

Considérant l’augmentation considérable de la dette publique au sens du traité de Maastricht et de la charge budgétaire qui en découle ;

Considérant que l’agencification de l’État et l’enchevêtrement administratif engendrent une complexification telle que nous assistons à une véritable fragmentation de l’État ;

Considérant que l’utilisation des deniers publics perd en efficacité année après année malgré une hausse toujours plus importante des crédits alloués aux entités administratives ;

Invite le Gouvernement à rationaliser les entités suivantes dans un objectif de simplification du paysage administratif et de maîtrise de la dépense publique par :

- La suppression de l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur ;

- La fusion entre le Centre d’études et de recherches sur les qualifications et l’Office national d’information sur les enseignements et les professions ;

- La suppression du Centre pour le développement de l’information sur la formation permanente ;

- La suppression du Conseil de l’inclusion dans l’emploi ;

- La suppression du Conseil national de productivité ;

- La suppression du Haut‑commissariat à la Stratégie et au Plan ;

- La suppression du Conseil national du commerce ;

- La suppression de la Plateforme Responsabilité sociale des entreprises ;

- La suppression du GIP Les entreprises s’engagent ;

- La suppression du GIP Plateforme de l’inclusion ;

- La suppression du GIP Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique ;

- La suppression du Comité d’experts sur la gestion adaptative ;

- La suppression de la Grande commission nautique ;

- La suppression du Conseil national de l’urgence hospitalière ;

- La suppression du Conseil supérieur de l’éducation routière ;

- La fusion entre l’Agence des communications mobiles opérationnelles de sécurité et de secours et l’Agence nationale du numérique de la sécurité civile ;

- La suppression du Conseil national des villes et pays d’art et d’histoire ;

- La suppression du Conseil scientifique de la médiathèque, de la photographie et du patrimoine ;

- La suppression de la Commission consultative des recherches archéologiques à l’étranger.

 

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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