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Permettre le financement participatif de la construction des casernes de gendarmerie

Proposition de loi 12/05/2026 N° 2777 PIONANR5L17B2777
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

La présente proposition de loi vise à créer un dispositif innovant permettant aux citoyens de participer directement au financement de la construction des casernes de gendarmerie nationale implantées sur leur territoire.

I. – Un constat alarmant : des besoins immobiliers criants pour la gendarmerie nationale

Lors de son audition du 15 octobre 2025 devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, le Général d’armée Hubert Bonneau, directeur général de la Gendarmerie nationale, a livré un constat sans détour : « Les contraintes budgétaires conduisent à certains renoncements et les besoins sont criants et compromettent la concrétisation des objectifs de la LOPMI ».

Le directeur général de la Gendarmerie nationale a également alerté sur une « dérive des loyers » qui grève le budget de fonctionnement de la gendarmerie.

Le Général Bonneau a rappelé des chiffres éloquents : le ratio gendarme pour 1 000 habitants n’a cessé de chuter depuis 2007, passant de 3,2 à seulement 2,8 aujourd’hui. En 2025, aucune brigade n’a été créée, malgré les engagements pris. Il manque 1 800 gendarmes rien que pour les unités de gendarmerie mobile. La création de 400 équivalents temps plein en 2026 pour 58 nouvelles brigades ne permettra que de rattraper partiellement le retard accumulé.

Au‑delà de l’immobilier, le tableau est préoccupant : un déficit de 10 000 véhicules à renouveler, des hélicoptères quadragénaires (plus de 40 ans pour certains Ecureuil), et une enveloppe pour la réserve opérationnelle jugée « insuffisante » (100 millions d’euros) pour atteindre l’objectif de 50 000 réservistes. Face à ces défis multiples, l’immobilier apparaît comme un levier sur lequel des solutions innovantes peuvent être déployées rapidement.

II. – Une innovation : l’actionnariat citoyen territorial

Face à ces enjeux critiques, la présente proposition de loi introduit un mécanisme de financement participatif permettant aux citoyens d’un territoire de devenir actionnaires de la construction de « leur » caserne de gendarmerie.

Le principe est simple : des citoyens constituent une société par actions simplifiée dédiée au financement d’une caserne. La société réalise les travaux selon un cahier des charges validé par le ministère de l’intérieur. La caserne est mise à disposition de l’État via un bail emphytéotique administratif de 25 ans. L’État verse un loyer annuel permettant de rémunérer les actionnaires citoyens. Au terme des 25 ans, la propriété du bien est automatiquement transférée gratuitement à l’État.

III. – Les avantages du dispositif face à l’urgence budgétaire

Dans le contexte décrit par le directeur général de la Gendarmerie nationale, ce dispositif présente des avantages décisifs.

Pour l’État et la gendarmerie nationale : réduction de l’effort budgétaire initial, étalement des dépenses sur 25 ans via les loyers, accélération des programmes de construction alors qu’en 2025 aucune nouvelle brigade n’a pu être créée, réponse à l’augmentation de population en zone gendarmerie (le dispositif permet de construire rapidement les casernes nécessaires pour accompagner la croissance démographique de +9 % prévu), libération de marges budgétaires pour les autres investissements critiques identifiés par le directeur général de la Gendarmerie nationale (véhicules, hélicoptères, réserve opérationnelle) sans pour autant obérer les capacités financières de la Gendarmerie à long terme.

Pour les citoyens : participation concrète à un projet d’intérêt général sur leur territoire, investissement local avec un rendement modéré et sécurisé (3 à 4 % par an), renforcement du lien entre la population et la gendarmerie nationale (particulièrement important dans le contexte de défense opérationnelle du territoire évoqué par le directeur général de la Gendarmerie nationale), sentiment d’appropriation et de fierté territoriale.

Pour les territoires : dynamisation de l’économie locale (entreprises de construction), maintien de la présence de la gendarmerie alors que le ratio gendarmes/habitants ne cesse de se dégrader, création d’un lien durable entre citoyens et forces de sécurité, réponse à l’enjeu majeur posé par le directeur général de la Gendarmerie Nationale : « En cas d’engagement majeur de la France à l’Est, qui tiendra le territoire national ? »

IV. – Les garanties et encadrements nécessaires

Le dispositif proposé intègre de nombreuses garanties.

Garanties financières : plafonnement de l’investissement par actionnaire (10 000 euros maximum), agrément obligatoire du ministre de l’intérieur et des outre‑mer pour chaque projet, loyer garanti par l’État sur toute la durée du bail, audit annuel des sociétés de projet par un commissaire aux comptes.

Garanties opérationnelles : cahier des charges strict défini par le ministère de l’intérieur, validation technique par le service d’infrastructure de la défense, contrôle régalien total sur l’usage et la gestion de la caserne, aucune ingérence possible des actionnaires dans les activités opérationnelles.

Garanties juridiques : statut de bien du domaine public à l’issue des 25 ans, inaliénabilité du bien pendant toute la durée du bail, droit de résiliation anticipée pour l’État en cas de nécessité impérieuse, protection contre toute tentative de spéculation immobilière.

V. – Un dispositif s’inscrivant dans la logique de cohésion nationale et de défense du territoire

Au‑delà de ses aspects financiers, ce dispositif répond directement aux préoccupations exprimées par le directeur général de la Gendarmerie nationale.

Le Général Bonneau a insisté sur le rôle de la gendarmerie comme « force armée des territoires » jouant « un rôle primordial dans la Défense des intérêts fondamentaux du pays ». Ce dispositif garantit le maintien et le développement du maillage territorial indispensable à cette mission et permet d’ancrer durablement la présence de la gendarmerie dans les territoires.

Comme l’a souligné le directeur général de la Gendarmerie nationale : « Nous inscrivons notre action dans un continuum sécurité défense ». L’implication citoyenne dans le financement des casernes matérialise ce continuum et responsabilise les citoyens dans la défense de leur territoire.

Ce dispositif apporte une réponse concrète en garantissant les infrastructures nécessaires au maillage territorial, en créant un lien fort entre citoyens et gendarmerie, en responsabilisant les populations locales dans la défense du territoire.

Ce mécanisme innovant s’inspire des meilleures pratiques observées dans certains pays européens (notamment en Allemagne) où des formes de financement participatif citoyen existent pour certaines infrastructures publiques de sécurité et de défense.

Article 1er

Article 1er

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I. – Les citoyens français résidant sur le territoire d’une commune ou d’un établissement public de coopération intercommunale peuvent, dans les conditions prévues par la présente loi, participer au financement de la construction d’une caserne de gendarmerie nationale implantée sur ce territoire, par la constitution d’une société de projet.

II. – Le présent dispositif s’applique aux projets de construction de nouvelles casernes de gendarmerie nationale.

III. – Pour l’application de la présente loi, on entend par :

1° Société de projet : une société par actions simplifiée constituée exclusivement dans le but de financer et de réaliser un projet de construction d’une caserne de gendarmerie nationale ;

2° Actionnaire citoyen : toute personne physique de nationalité française, majeure, détenant des actions d’une société de projet ;

3° Territoire d’implantation : la commune d’implantation de la caserne ou, le cas échéant, l’établissement public de coopération intercommunale dont cette commune est membre.

Article 2

Article 2

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I. – La société de projet prend obligatoirement la forme d’une société par actions simplifiée régie par les articles L. 227‑1 et suivants du code de commerce, sous réserve des dispositions particulières de la présente loi.

II. – La société de projet doit répondre aux conditions suivantes :

1° Avoir pour objet social exclusif le financement, la construction et la mise à disposition à l’État d’une caserne de gendarmerie nationale identifiée ;

2° Avoir son siège social situé sur le territoire d’implantation de la caserne ;

3° Ne compter parmi ses actionnaires que des personnes physiques résidant sur le territoire d’implantation ou dans un département limitrophe ;

4° Limiter la détention d’actions à 10 000 euros par actionnaire ;

5° Compter au minimum 50 actionnaires et au maximum 500 actionnaires ;

6° Disposer d’un capital social minimum de 50 000 euros et correspondant à au moins 20 % du coût total du projet, le solde pouvant être financé par emprunt bancaire.

III. – La société de projet doit obtenir un agrément préalable du ministre de l’intérieur ou de son représentant avant toute souscription publique d’actions. Cet agrément est accordé après vérification :

1° De la viabilité financière du projet ;

2° De la conformité du projet avec les besoins de la gendarmerie nationale et les priorités définies par la direction générale de la gendarmerie nationale ;

3° Du respect des conditions énoncées au II du présent article ;

4° De la capacité technique et financière des fondateurs du projet.

IV. – Les statuts de la société de projet doivent prévoir :

1° Une assemblée générale annuelle des actionnaires ;

2° Un ou plusieurs organes de direction dont les membres sont élus par l’assemblée générale ;

3° Un commissaire aux comptes désigné dans les conditions du code de commerce. Par dérogation à l’article L.227‑9‑1 du code de commerce, la société de projet est tenue de désigner un commissaire aux comptes quel que soit le montant de son chiffre d’affaires, de son total de bilan ou de son effectif ;

4° L’obligation de réserver au moins deux sièges d’observateurs, sans voix délibérative, à des représentants du ministère de l’intérieur ;

5° Une clause d’inaliénabilité des actions pendant les cinq premières années, sauf succession ou cas de force majeure validé par l’organe de direction.

V. – La société de projet est soumise à l’impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun.

Article 3

Article 3

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I. – La société de projet conclut avec l’État, représenté par le ministre de l’intérieur ou son représentant, un protocole d’accord définissant :

1° Les caractéristiques techniques du projet de construction ;

2° Le calendrier prévisionnel des travaux ;

3° Le coût total estimé du projet ;

4° Les modalités de contrôle et de validation des différentes phases du projet ;

5° Les conditions du futur bail emphytéotique administratif.

II. – Les travaux de construction sont réalisés conformément à un cahier des charges établi par le service d’infrastructure de la défense, en concertation avec la direction générale de la gendarmerie nationale.

III. – Le cahier des charges précise notamment :

1° Les normes techniques et de sécurité applicables ;

2° Les performances énergétiques et environnementales requises ;

3° Les besoins en termes de capacité d’accueil et d’équipements ;

4° Les contraintes spécifiques liées à l’activité de gendarmerie et, le cas échéant, aux missions de défense opérationnelle du territoire.

IV. – La maîtrise d’ouvrage du projet est assurée par la société de projet, sous le contrôle technique du service d’infrastructure de la défense. Un représentant de ce service assiste à toutes les réunions importantes de suivi du chantier.

V. – La réception des travaux est prononcée conjointement par la société de projet et par le service d’infrastructure de la défense. En cas de réserves techniques formulées par le service d’infrastructure de la défense, la mise à disposition à l’État ne peut intervenir qu’après leur levée complète.

VI. – Les travaux doivent être achevés dans un délai maximum de 36 mois à compter de la signature du protocole d’accord. Ce délai peut être prorogé une fois pour une durée maximale de 12 mois en cas de force majeure dûment constatée par le ministre de l’intérieur ou son représentant.

Article 4

Article 4

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I. – À l’issue de la réalisation du projet et de la réception des travaux, la société de projet met le bien immobilier à la disposition de l’État par la conclusion d’un bail emphytéotique administratif régi par les articles L. 2341‑1 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques.

II. – Le bail emphytéotique administratif est conclu pour une durée de 25 ans à compter de la date de mise à disposition effective du bien.

III. – Le loyer annuel versé par l’État à la société de projet est déterminé de manière à couvrir les charges de financement du projet, les frais de gestion de la société et une rémunération raisonnable du capital investi par les actionnaires.

Le loyer annuel est calculé selon la formule suivante :

Loyer annuel = Annuité de remboursement des emprunts + (Capital social × Taux de rémunération) + Frais de gestion annuels estimés

Le taux de rémunération du capital social ne peut excéder 5 % par an.

Ce loyer est révisable annuellement selon l’indice de référence des loyers publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques.

IV. – Le loyer est versé par douzièmes mensuels, à terme échu, par le ministère de l’intérieur. Le paiement du loyer constitue une charge obligatoire de l’État et bénéficie de la garantie financière de l’État.

V. – Le bail prévoit la prise en charge par l’État locataire :

1° De tous les frais d’entretien courant ;

2° Des charges d’exploitation (fluides, énergies, télécommunications) ;

3° Des petites réparations locatives.

VI. – Les grosses réparations au sens de l’article 606 du code civil restent à la charge de la société de projet bailleresse. Toutefois, l’État peut, à sa demande, prendre en charge ces réparations moyennant une diminution proportionnelle du loyer ou une réduction de la durée du bail.

VII. – L’État dispose du droit de résilier de manière anticipée le bail emphytéotique administratif en cas de nécessité impérieuse liée à l’organisation territoriale de la gendarmerie nationale, à des considérations de défense nationale ou à des besoins de la défense opérationnelle du territoire. Dans ce cas, l’État verse à la société de projet une indemnité correspondant à la valeur nette comptable du bien, déterminée par un expert indépendant désigné d’un commun accord ou, à défaut, par le président du tribunal judiciaire statuant en la forme des référés.

Article 5

Article 5

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I. – Au terme du bail emphytéotique administratif de 25 ans, la propriété du bien immobilier est automatiquement et gratuitement transférée à l’État, représenté par le ministère de l’intérieur.

II. – Ce transfert de propriété intervient de plein droit, sans formalité particulière autre que la publication au service de publicité foncière.

III. – À compter du transfert de propriété, le bien est incorporé au domaine public de l’État et affecté au ministère de l’intérieur pour les besoins de la gendarmerie nationale.

IV. – La société de projet procède à sa dissolution dans les 6 mois suivant le transfert de propriété, après distribution du boni de liquidation éventuel aux actionnaires.

V. – Les actionnaires de la société de projet n’ont aucun droit à indemnisation au titre de ce transfert de propriété, cette modalité étant connue et acceptée dès la souscription initiale des actions.

Article 6

Article 6

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I. – Les actionnaires citoyens bénéficient des droits suivants :

1° Droit aux dividendes : perception annuelle d’un dividende, dans la limite des bénéfices distribuables de la société de projet, après constitution des réserves légales et statutaires ;

2° Droit à l’information : accès aux comptes annuels de la société et aux procès‑verbaux des assemblées générales ;

3° Droit de vote : participation aux décisions collectives dans les conditions prévues par les statuts, à raison d’une voix par action détenue ;

4° Droit de céder ses actions, sous réserve du respect de la clause d’inaliénabilité prévue à l’article 2, et avec agrément de l’organe de direction ;

5° Droit de visite : possibilité, au moins une fois tous les deux ans, de visiter la caserne dans le cadre d’une journée portes ouvertes organisée conjointement par la société de projet et la gendarmerie nationale, selon les possibilités opérationnelles.

II. – Les actionnaires citoyens sont soumis aux obligations suivantes :

1° Respecter la confidentialité de toute information sensible dont ils auraient connaissance dans le cadre de leur qualité d’actionnaire ;

2° S’abstenir de toute ingérence dans les activités opérationnelles de la gendarmerie nationale ;

3° Ne pas utiliser leur qualité d’actionnaire à des fins commerciales, promotionnelles ou politiques ;

4° Accepter le caractère définitif du transfert gratuit de propriété à l’État au terme des 25 ans.

III. – Les actionnaires ne peuvent en aucun cas :

1° Visiter librement la caserne en dehors des journées portes ouvertes ;

2° Exiger des informations sur les activités opérationnelles de la gendarmerie ;

3° Intervenir dans les décisions relatives à l’utilisation ou la gestion de la caserne ;

4° Revendiquer un quelconque droit d’usage personnel du bien immobilier.

Article 7

Article 7

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I. – Les sociétés de projet sont soumises à un contrôle annuel de conformité exercé par le ministère de l’intérieur. Ce contrôle porte notamment sur :

1° Le respect des conditions d’agrément ;

2° La bonne exécution du bail emphytéotique administratif ;

3° La tenue régulière de la comptabilité ;

4° Le respect des obligations déclaratives et fiscales.

II. – En cas de manquement grave aux obligations prévues par la présente loi ou aux conditions de l’agrément, le ministre de l’intérieur ou son représentant peut, après mise en demeure restée sans effet pendant 3 mois :

1° Prononcer le retrait de l’agrément de la société de projet ;

2° Mettre fin de manière anticipée au bail emphytéotique administratif ;

3° Exiger le transfert immédiat de la propriété du bien à l’État, moyennant le paiement d’une indemnité réduite de 30 % par rapport à l’indemnité prévue à l’article 4.

III. – En cas de dissolution anticipée de la société de projet pour quelque cause que ce soit, la propriété du bien est automatiquement transférée à l’État contre paiement d’une indemnité correspondant à la valeur résiduelle du bien diminuée de 20 %.

IV. – Tout actionnaire ayant sciemment violé les obligations de confidentialité ou ayant tenté d’interférer dans les activités opérationnelles de la gendarmerie est passible :

1° De l’exclusion de la société de projet par décision de l’assemblée générale extraordinaire ;

2° D’une amende administrative prononcée par le ministre de l’intérieur ou son représentant, après mise en demeure et procédure contradictoire, d’un montant maximum de 10 000 euros ;

3° Sans préjudice des sanctions pénales éventuellement applicables.

Article 8

Article 8

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I. – Toute société de projet publie sur un site internet dédié :

1° Ses statuts et la composition de son organe de direction ;

2° Ses comptes annuels certifiés par le commissaire aux comptes ;

3° Le rapport annuel d’activité incluant l’état d’avancement du projet ;

4° Les décisions importantes prises par l’assemblée générale.

II. – Le ministère de l’intérieur publie sur son site internet :

1° La liste des projets ayant reçu un agrément ;

2° Un guide pratique destiné aux citoyens souhaitant participer à de tels projets ;

3° Un rapport annuel consolidé sur l’ensemble du dispositif incluant les économies budgétaires réalisées et leur réaffectation.

III. – Toute publicité ou communication visant à promouvoir la souscription d’actions d’une société de projet doit obligatoirement mentionner de manière claire et lisible :

1° La nature de l’investissement et sa durée de 25 ans ;

2° L’absence de garantie sur le rendement ;

3° Le transfert gratuit de propriété à l’État au terme des 25 ans ;

4° Les risques associés à l’investissement.

Article 9

Article 9

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I. – Les dividendes perçus par les actionnaires citoyens sont soumis à l’impôt sur le revenu selon le régime applicable aux revenus de capitaux mobiliers, avec possibilité d’option pour le prélèvement forfaitaire unique prévu à l’article 200 A du code général des impôts.

II. – Les plus‑values éventuellement réalisées lors de la cession d’actions sont soumises au régime d’imposition des plus‑values de cessions de valeurs mobilières prévu aux articles 150‑0 A et suivants du code général des impôts.

III. – Les loyers versés par l’État aux sociétés de projet sont exonérés de taxe sur la valeur ajoutée en application de l’article 261 du code général des impôts relatif aux locations de biens immeubles nus à usage professionnel.

Article 10

Article 10

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Après l’article 199 terdecies‑0 AA du code général des impôts, il est inséré un article 199 terdecies‑0 AB ainsi rédigé :

« Art. 199 terdecies‑0 AB. – I. – Les contribuables domiciliés en France au sens de l’article 4 B peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu égale à 18 % des versements effectués au titre de souscriptions en numéraire au capital initial de sociétés de projet mentionnées à l’article 1er de la loi n°     du      relative au financement participatif citoyen des casernes de gendarmerie nationale.

« II. – La réduction d’impôt est plafonnée à 1 800 euros par an, correspondant à 10 000 euros de versements par foyer fiscal.

« III. – La réduction d’impôt est conditionnée au respect cumulatif des conditions suivantes :

« 1° La conservation des titres pendant une durée minimale de cinq ans à compter de la souscription ;

« 2° Le maintien de l’agrément de la société de projet prévu à l’article 2 de la loi n°     du      précitée ;

« 3° Le respect par la société de projet de toutes ses obligations légales et statutaires.

« IV. – En cas de non‑respect de l’une de ces conditions, la réduction d’impôt fait l’objet d’une reprise au titre de l’année de la rupture de l’engagement, majorée de l’intérêt de retard prévu à l’article 1727.

« V. – Les modalités d’application du présent article sont fixées par décret. »

Article 11

Article 11

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I. – Un décret en Conseil d’État précise, en tant que de besoin, les modalités d’application de la présente loi, notamment :

1° Les conditions de délivrance et de retrait de l’agrément ;

2° Le contenu du cahier des charges type ;

3° Les modalités de calcul du loyer et de sa révision ;

4° Les modalités du contrôle exercé par le ministère de l’intérieur ;

5° Le contenu du rapport d’évaluation prévu à l’article 10 ;

6° Les modalités de coordination avec la direction générale de la gendarmerie nationale pour l’identification des projets prioritaires ;

7° Les conditions de délégation de signature du ministre de l’intérieur prévue aux articles 2, 3, 7 et 10.

II. – Les dispositions de la présente loi entrent en vigueur le premier jour du troisième mois suivant sa promulgation.

III. – La présente loi est applicable sur l’ensemble du territoire de la République, y compris dans les collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution.

Article 12

Article 12

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I. – La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

 

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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