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Renforcer la lutte contre les violences conjugales dans les territoires ruraux

Proposition de loi 18/11/2025 N° 2082 PIONANR5L17B2082
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Seulement un tiers de la population vit dans des territoires ruraux, pourtant ces territoires concentrent 47 % des féminicides, soit près de la moitié. Dans le même temps, les femmes résidant en milieu rural représentent seulement 20 % des personnes informées dans le cadre de consultations juridiques menées par les centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) et seulement 4 % des demandes de mesures d’éloignement géographique par des mises en sécurité en hébergement pour des femmes en très grand danger.

Sur‑représentées parmi les femmes victimes de violences conjugales, les femmes qui résident dans des territoires ruraux font pourtant moins appel à leurs droits et sollicitent moins les dispositifs d’aide. C’est ce constat qui a mené à la genèse de cette proposition de loi. 

Genèse de la proposition de loi

Traiter des violences conjugales en milieu rural, s’inscrit dans une démarche plus globale menée par la députée de la 3e circonscription de Haute‑Vienne, Manon Meunier, afin de rendre visible les femmes qui habitent et font vivre nos territoires ruraux. Trop souvent, les ruralités sont mal appréhendées par nos politiques publiques. De fait, elles sont méconnues par nos décideurs : très souvent perçus comme homogènes et se résumant à un triptyque, partiellement vrai mais insuffisant : « agriculteurs‑pêcheurs‑chasseurs ». Aussi les femmes occupent des places encore plus invisibilisées au sein des ruralités. Le groupe parlementaire de la France insoumise a souhaité les mettre en lumière au sein de ses “Portraits des ruralités” : infirmières libérales, institutrices, secrétaires de mairie, aides à domicile ou encore bénévoles. Ces femmes dont on ne parle jamais, qui ont une activité résolument tournée vers les autres et qui sont essentielles dans nos territoires ruraux. 

Une démarche originale et participative pour construire cette proposition de loi

Comme dans les « Portraits des ruralités », la députée Manon Meunier, a souhaité que l’élaboration même de cette proposition de loi se fasse avec les personnes directement concernées. C’est pourquoi elle a commencé par consulter les associations locales engagées dans la lutte contre les violences conjugales, ainsi que les gendarmeries qui gèrent notamment la Maison de protection des familles. 

Le problème des violences conjugales étant un sujet structurel et global, la députée Manon Meunier a souhaité faire des citoyens et citoyennes, les auteurs et autrices de la présente proposition de loi en organisant des ateliers des lois partout en Haute‑Vienne. Les ateliers des lois sont des réunions publiques participatives, où les participants et participantes prennent part à la rédaction d’une proposition de loi, en utilisant les méthodes d’éducation populaire. Au total, ce sont huit ateliers des lois qui ont été organisés : à Nantiat le 23 janvier 2025, à Bessines‑sur‑Gartempe le 31 janvier 2025, à Veyrac le 6 février 2025, à Bellac le 7 février 2025 – à Magnac‑Laval le 13 février 2025, à La‑Jonchère‑Saint‑Maurice le 21 février 2025, à Saint‑Yrieix‑la‑Perche le 28 février 2025 et enfin à Arnac‑la‑Poste le 7 mars 2025. Ces ateliers des lois ont manifestement intéressé puisque près de deux cents citoyens et citoyennes ont fait le choix de consacrer plusieurs heures de leur temps afin de réfléchir à la présente proposition de loi. Les ateliers des lois ont été organisés avec le soutien des associations locales, qui ont joué un rôle d’animation et d’expertise, nous tenons à les remercier ici : les Affolé‑e‑s de la Frange, le centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) du Limousin, les Costaudes, IELES et le Planning Familial 87. 

Afin de construire cette proposition de loi, le choix a été fait de consulter les associations et structures locales et nationales engagées contre les violences conjugales. Ainsi une consultation a eu lieu le mercredi 5 février à l’Assemblée en présence de : Solidarité femmes, la Fédération nationale des CIDFF, France victimes, l’association Protéger l’enfant, le Collectif féministe contre le viol, l’Union nationale des familles de féminicides, la Fédération nationale des associations et des Centres de prise en charge d’auteurs de violences conjugales et familiales et le Collectif national pour le droit des femmes. Des consultations ont également été menées au niveau local le 13 décembre 2024 et le 16 décembre 2024 avec la Préfecture de la Haute‑Vienne représentée par Mme Sophie Raix, déléguée aux droits des femmes et à l’égalité ainsi qu’avec l’Association de prévention du psycho‑trauma chez l’enfant en Limousin. Le 28 février 2025 des échanges ont également eu lieu avec les salariés en charge du réseau ERRE (élus ruraux relais de l’égalité) à l’Association des maires ruraux de France, qui ont pu présenter le fonctionnement du réseau et l’importance de former les élus qui sont souvent les premiers interlocuteurs dans les milieux ruraux. L’éclairage apporté par ces structures a été extrêmement important et nous tenons ici à les remercier.

La présente proposition de loi est également le fruit de rencontres et d’échanges sur le terrain, avec les élu.e.s locaux qui ont un rôle important à jouer sur ce sujet, mais aussi au travers de manifestations artistiques engagées et de nombreuses discussions.

Des particularités des violences conjugales en milieu rural

De l’avis des organisations engagées en faveur de la lutte contre les violences conjugales et en s’appuyant sur les études réalisées sur ce sujet, on constate que les femmes victimes de violences conjugales en milieu rural sont confrontées à des difficultés supplémentaires. Nous l’avons déjà dit, 47 % des féminicides constatés chaque année ont lieu dans les territoires ruraux, on constate donc une surexposition aux risques des femmes résidant dans ces territoires. Comment expliquer cette sur‑représentation des femmes issues de territoires ruraux parmi les victimes de féminicides ? Les différents acteurs engagés dans la lutte contre les violences conjugales mettent en avant un isolement à la fois géographique et social plus important dans les territoires ruraux. Les habitations sont ainsi souvent plus espacées les unes des autres, ce qui rend moins visibles les violences au sein du foyer, mais cette explication est loin d’être suffisante.

On constate également une plus grande interconnaissance, « tout le monde se connaît » et ce faisant on constate un contrôle renforcé des auteurs de violence et une plus grande difficulté des femmes victimes de violences à témoigner par crainte de représailles, du fait que le moindre déplacement est visible et donc que l’anonymat n’est pas garanti. Aussi, quand l’auteur de violences est connu de tous et potentiellement apprécié, il est toujours plus difficile de trouver un interlocuteur ou une interlocutrice qui accueille la parole de la victime sans jugement ni préjugé. La Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles a mené une grande enquête auprès des CIDFF présents en zone rurale, dans cette enquête on constate que près de 20 % des CIDFF citent le manque d’anonymat et 13 % l’absence d’espaces de confidentialité comme premier obstacle à l’identification des femmes victimes de violences conjugales.

L’isolement géographique consiste aussi dans un éloignement avec les structures d’assistance et de prise en charge, encore renforcé par la disparition des services publics de proximité dans de nombreux territoires ruraux. Il convient de noter également que les professionnels de santé et en particulier les médecins traitants, se retrouvent souvent être le premier point de chute pour les femmes victimes de violences conjugales. De ce fait, la désertification médicale qui touche tant de territoires ruraux vient encore accroître l’isolement des femmes qui vivent dans ces territoires.

En outre, la question de la mobilité est extrêmement importante, alors que 80 % des déplacements dans les territoires ruraux s’effectuent en voiture, une femme sur cinq ne dispose pas du permis de conduire. De plus, même les femmes qui ont le permis de conduire n’ont parfois pas de véhicule personnel ou alors ce véhicule personnel fait l’objet d’une surveillance importante, de nombreux acteurs ont fait remarquer l’usage croissant par les auteurs de violences conjugales de balises GPS ou de surveillance du compteur kilométrique, notamment dans les territoires ruraux. Dans l’enquête menée par la Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF), 58 % des CIDFF implantés en milieux ruraux, mentionnent l’insuffisante autonomie en matière de mobilité comme un frein à l’identification des victimes.

La vulnérabilité des femmes victimes de violences conjugales en milieu rural est encore accentuée par des facteurs d’ordre économique. En effet, les femmes sont, de manière générale, plus concernées par le chômage et la précarité économique que les hommes, mais cela est d’autant plus vrai dans les territoires ruraux, où 21 % des femmes salariées ont un contrat précaire contre 13 % dans les communes les plus urbaines. De plus on remarque dans les territoires ruraux, un différentiel de taux de chômage plus important entre les femmes et les hommes comme on peut le constater dans une étude de l’Observatoire des territoires de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) du 8 mars 2021 qui indique que : dans les communes peu denses et très peu denses, les femmes ont un taux de chômage de 1,8 à 1,9 point supérieur à celui des hommes, contre seulement 0,5 point dans les communes très denses.

On constate également des différences dans le profil des femmes victimes de violences conjugales en ruralité, ainsi les CIDFF ont déterminé que près d’un tiers des victimes de violences domestiques accompagnées lors de consultations juridiques est âgé de 36 à 45 ans. D’après les organisations qui luttent contre les violences conjugales en milieu rural, on constate que des femmes d’âge moyen sont plus souvent victimes dans les territoires ruraux, les violences se déclenchent parfois après un déménagement et la coupure de la personne victime avec son entourage familial et amical et l’on observe également une emprise accrue de l’auteur des violences conjugales. Autre caractéristique importante, les violences à l’égard des femmes âgées dans les territoires ruraux ont lieu au domicile dans 97 % des cas.

Si les femmes qui résident dans les territoires ruraux sont sur‑représentées parmi les victimes de violences conjugales, on constate en revanche une sous‑représentation de ces dernières parmi les personnes qui sollicitent les dispositifs d’aide. Ainsi, en 2018 sur l’ensemble des appels sur la ligne dédiée au 3919, le numéro national de référence pour l’écoute et l’orientation des femmes victimes de violences et en particulier de violences conjugales, on dénombrait 26 % d’appels provenant d’une région classée comme essentiellement rurale. D’après les acteurs et actrices de terrain, ce moindre recours aux dispositifs d’aide et d’écoute traduit une méconnaissance de ces dispositifs par les femmes issues de territoires ruraux. Cette méconnaissance résulte, pour partie, du moindre maillage des structures susceptibles de venir en aide aux femmes victimes. Ainsi le rapport du centre Hubertine Auclert de 2019, intitulé Femmes et ruralité, pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans les territoires ruraux franciliens indiquait que seules 18 % des Franciliennes rurales ont rencontré plus d’un service d’aide en matière de violences contre 31 % des femmes en milieu urbain francilien. 

Un maillage dégradé des services publics en milieu rural explique également la difficulté d’accès des femmes à des lieux d’accueil de la parole ou de soutien potentiel. Une étude menée par la fondation Jean Jaurès du 22 juin 2023 « Accéder aux services publics en milieu rural : les femmes en première ligne » montre comment les femmes subissent les conséquences du manque d’effectifs et des fermetures de services publics qui aggravent les inégalités femmes‑hommes dans les territoires ruraux. 

Autre caractéristique importante et qui permet d’expliquer en partie la sur‑représentation des femmes issues de territoires ruraux parmi les victimes de féminicides : une présence accrue d’armes à feu. Entre 2018 et 2022, sur les 606 féminicides conjugaux perpétrés en France, on dénombre 168 féminicides par arme à feu, soit près de 28 %. De plus, au sein de ces 168 féminicides au moyen d’une arme à feu, plus de la moitié a eu lieu dans un territoire rural. Si l’on s’intéresse au profil des femmes victimes de féminicides au moyen d’une arme à feu, on remarque encore que les femmes âgées représentent une part importante des victimes, plus de la moitié a en effet plus de 60 ans. Nous le savons, la présence d’armes à feu est plus importante dans les territoires ruraux, du fait de la pratique de la chasse par exemple, mais surtout d’armes non répertoriées qui sont parfois le fruit d’un héritage familial. 

Les mesures qui ne peuvent figurer dans une proposition de loi ordinaire mais qui sont essentielles pour lutter contre les violences conjugales dans les territoires ruraux

La présente proposition de loi étant une proposition de loi ordinaire, elle ne permet pas de résoudre tous les problèmes car son champ d’application est limité. Néanmoins nous souhaitions évoquer ici des problèmes soulevés lors des ateliers des lois et les différentes concertations qui ne peuvent faire l’objet de mesures législatives dans une proposition de loi ordinaire. 

Sujet éminemment important, celui des moyens dédiés à la lutte contre les violences conjugales. Nous ne reviendrons pas ici en détail sur les besoins en termes de financements nécessaires pour lutter contre le sexisme et les violences faites aux femmes, nous soutenons la demande faite par les associations féministes d’un budget minimal de 2,6 milliards d’euros afin de réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes. Un tel budget permettra une politique ambitieuse de prévention des violences de genre, un accompagnement et un soutien des femmes victimes ainsi que la garantie d’un accès équitable aux droits fondamentaux. Il convient néanmoins de faire remarquer que, les associations engagées dans la lutte contre les violences conjugales, mais aussi les « gardiens de la paix » consultés ont tous insisté sur la lourdeur des procédures, l’aspect chronophage que constitue la recherche de financement, l’absence de visibilité à long terme ainsi que le manque global de moyens qui limitent les capacités d’actions. Si nous ne nous donnons pas les moyens de nos ambitions, les changements normatifs seront insuffisants.

Il a été fait mention lors d’un atelier des lois de l’importance des mots que nous utilisons, aussi le fait de faire référence aux « Droits de l’Homme et du citoyen” sans faire mention des “Droits de la Femme et de la citoyenne » n’est pas sans conséquence. L’usage du masculin entraîne une moindre représentation des femmes auprès des personnes interpellées, c’est pourquoi privilégier l’usage d’un mot épicène est une mesure bienvenue. Cela permet de rendre visibles les femmes par la langue, reconnaître leur existence et leur place à égalité dans la société. On peut envisager d’utiliser le terme de droits humains qui paraît en ce sens plus inclusif. 

Autre sujet dont il a été fait mention, mais qui ne concerne pas spécifiquement les violences conjugales en milieu rural et qui mériterait d’être traité à part : celui de la modération des contenus sur les réseaux sociaux. En effet, à plusieurs reprises lors d’ateliers des lois, des citoyens et citoyennes ont fait part d’une recrudescence des discours masculinistes et sexistes sur les réseaux sociaux, des discours dans lesquels on constate une réification des femmes, une remise en question de la liberté des femmes à disposer de leur corps, des polémiques autour de leur sexualité quand ce ne sont pas des appels à la violence ou au viol.

Deux situations assez spécifiques qui méritent un traitement plus approfondi et qui n’a pas pu être réalisé pour cette proposition de loi méritent d’être abordées. Premièrement les difficultés spécifiques rencontrées par les femmes victimes de violences conjugales dans les départements et régions d’outre‑mer ruraux. En effet, on constate dans ces territoires un isolement géographique et social parfois encore plus important, la problématique de l’absence de services publics de proximité est également très prégnante, enfin il convient de s’assurer que les personnes qui recueillent la parole des femmes victimes de violences conjugales puissent s’exprimer dans les langues parlées dans les territoires. Ce sujet mériterait d’être approfondi pour que des solutions puissent y être apportées. Deuxièmement, les femmes victimes de violences conjugales migrantes ou étrangères. Il s’avère que des femmes victimes de violences conjugales en attente de régularisation de leur situation ou en situation irrégulière venues porter plainte pour des faits de violences ont été arrêtées ou se sont vues notifier une obligation de quitter le territoire français (OQTF) à la suite de cette plainte. Alors même que les services de police et de gendarmerie sont tenus de recevoir les plaintes déposées par les victimes d’infractions pénales, cela peut s’avérer dangereux pour ces dernières. Pour remédier à cette situation il conviendrait d’assurer la délivrance de titres de séjour « vie privée ou familiale » ou d’accorder le statut de réfugié aux victimes de violences sexistes et sexuelles, étrangères ou en situation irrégulière.

Enfin, le cas particulier des agricultrices ou des femmes d’agriculteurs a été évoqué à de nombreuses reprises lors des ateliers des lois et concertations. Comme l’a fait remarquer Céline Berthier, de la Confédération paysanne, lors d’une table ronde de la délégation aux droits des femmes du Sénat, le cas des agricultrices ou femmes d’agriculteurs est extrêmement problématique : « certaines femmes subissent (…) des violences physiques de la part de leur conjoint. Elles sont isolées sur leur ferme et n’arrivent pas à en sortir. Toute leur vie se situe là, isolée dans cette ferme : leur revenu, leur maison, leur voiture, leurs enfants. Elles peuvent vite être coupées du monde et subir des violences ». Nous soutenons en ce sens le travail de Mme Mathilde Hignet, députée de la 4e circonscription d’Ille‑et‑Vilaine, qui a consacré une proposition de loi visant à garantir une égalité d’accès aux droits et aux opportunités pour les femmes en agriculture. 

Plan de la proposition de loi

Afin de lutter contre les violences conjugales dans les territoires ruraux, la présente proposition de loi prévoit de nombreuses mesures. Lors de tous les ateliers des lois réalisés, les citoyens et citoyennes ont insisté sur la nécessité de renforcer les actions de prévention en matière de lutte contre les violences conjugales. C’est l’objet du chapitre Ier qui propose de s’assurer de la bonne application des formations en matière d’égalité femmes‑hommes et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles tout au long de la scolarité des élèves, mais aussi de renforcer les obligations des associations sportives et des associations reconnues d’utilité publique en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, enfin de modifier les devoirs et droits respectifs des époux et épouses en exigeant le respect de l’intégrité physique et morale de chacun et chacune. 

Le

Article 1er

Article 1er

#

Après la première phrase de l’article L. 312‑17‑1 du code de l’éducation, est insérée une phrase ainsi rédigée : « Cette information fait l’objet d’une évaluation sur une base biannuelle par les services compétents de l’État et présente des informations sur le contenu, la fréquence et l’assimilation de cette information par les élèves. » 

Article 2

Article 2

#

Dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente proposition de loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport présentant un bilan des actions d’éducation à la sexualité et à la santé dans les établissements scolaires, en s’intéressant notamment au contenu, à la durée et à la fréquence des formations dispensées dans ce domaine. 

Article 3

Article 3

#

I. –  Au deuxième alinéa de l’article L. 121‑4 du code du sport, après le mot : « dirigeantes », sont insérés les mots : « et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ». 

II. – L’article 10 de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Une association ne peut être reconnue d’utilité publique si elle ne contribue pas à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles qui pourraient survenir en son sein. »

Article 4

Article 4

#

 

Le chapitre VI du titre V du code civil est ainsi modifié :

1° L’article 212 est ainsi rédigé :

« Art. 212. –  Les époux s’engagent mutuellement à se montrer secours, assistance, fidélité et à respecter leur intégrité physique et morale respective. » ;

2° Le premier alinéa de l’article 215 est ainsi rédigé :

« Les époux s’engagent chacun à une communauté de vie au sein de la cellule familiale ainsi créée. »

CHAPITRE II

Accroître le réseau d’acteurs susceptibles de détecter les situations de violences conjugales et d’accompagner les victimes 

Article 5

Article 5

#

L’article 21 de la loi n° 2010‑769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants est ainsi modifié :

1° Après le mot : « paramédicaux », sont insérés les mots : « les esthéticiens » ; 

2° Est ajoutée une phrase ainsi rédigée : « La formation initiale et continue sur les violences intrafamiliales, les violences faites aux femmes, sur les mécanismes d’emprise psychologique, ainsi que sur les modalités de leurs signalements aux autorités administratives et judiciaires font l’objet d’une évaluation sur une base biannuelle par les services compétents de l’État et présente des informations sur le contenu, la fréquence et la durée de ces formations. »

Article 6

Article 6

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Après le 2° du I de l’article 105 de la loi n° 2019‑1461 du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique, il est inséré un 2° bis ainsi rédigé :

« 2° bis Faciliter l’accès des élus locaux, tout particulièrement lors de leur premier mandat, à la formation sur les violences intrafamiliales, les violences faites aux femmes, sur les mécanismes d’emprise psychologique, ainsi que sur les modalités de leurs signalements aux autorités administratives et judiciaires ; ».

Article 7

Article 7

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À titre expérimental, pour une durée de cinq ans à compter la promulgation de la présente proposition de loi, l’État autorise la mise en œuvre, dans les territoires ruraux volontaires, la mise en place d’un comité de vigilance contre les violences conjugales. Ce comité se compose de représentants des médecins, des personnels médicaux et paramédicaux, des esthéticiens, des travailleurs sociaux, des magistrats, des fonctionnaires et personnels de justice, des avocats, des personnels enseignants et d’éducation, des agents de l’état civil, des personnels d’animation sportive, culturelle et de loisirs, des polices municipales et de la gendarmerie nationale, des personnels de préfecture chargés de la délivrance des titres de séjour, des personnels de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides et des agents des services pénitentiaires, ainsi que des représentants des associations féministes engagées dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Les membres de ce comité sont formés à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et au recueil de la parole des personnes victimes de ce type de violences.

Les modalités de mise en œuvre du présent article sont définies par décret en Conseil d’État. 

CHAPITRE III

Rendre chacun acteur et actrice de la lutte contre les violences conjugales en milieu rural 

Article 8

Article 8

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Après l’article 223‑6 du code pénal, il est inséré un article 223‑6‑1 ainsi rédigé : 

« Art. 223‑6‑1. –  Quiconque s’abstient volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant, sans risque pour lui ou pour les tiers, de mettre fin à des violences conjugales est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. »

CHAPITRE IV

Améliorer l’accès aux droits : par une meilleure information et des dispositifs “aller‑vers”

Article 9

Article 9

#

À titre expérimental, pour une durée de cinq ans à compter la promulgation de la présente proposition de loi, est mise en place dans l’ensemble des communes de moins de 3 500 habitants, une obligation d’affichage de la liste des associations locales et nationales qui luttent contre les violences sexistes et sexuelles, en particulier les violences conjugales et qui accompagnent les personnes victimes ; ainsi qu’une information relative au numéro national de référence pour l’écoute et l’orientation des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. Cette expérimentation vise à améliorer la connaissance, pour les femmes victimes de violences conjugales qui résident dans les territoires ruraux, des associations et dispositifs d’aide. 

Un décret détermine les conditions d’application du présent article. 

Article 10

Article 10

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À titre expérimental, pour une durée de cinq ans à compter la promulgation de la présente proposition de loi, est mise en place dans une ou plusieurs collectivités territoriales, ou d’un ou de plusieurs établissements publics de coopération intercommunale ou groupes de collectivités territoriales volontaires, un bus itinérant d’accès aux droits, dont les personnels seront formés au recueil de la parole des personnes victimes de violences conjugales et à l’accompagnement de ces dernières. 

Un décret détermine les conditions d’application du présent article. 

CHAPITRE V

Améliorer la prise en charge et l’accompagnement des femmes victimes de violences conjugales

Article 11

Article 11

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Le chapitre IV bis du titre Ier du livre II du code de l’action sociale et des familles est ainsi modifié :

1° L’article L. 214‑9 est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Au moment du dépôt de la plainte ou du signalement adressé au procureur de la République, après information de la victime et avec son accord, une demande de prise en charge des frais de transport afférents à la plainte ou au signalement est effectuée auprès des services compétents. Si la personne concernée ne dispose pas de moyen de transport propre, elle se voit proposer une solution de mobilité par transports collectifs ou par le biais d’un transport public particulier de personnes. Un décret détermine les conditions d’application du présent article. » ; 

2° Au deuxième alinéa de l’article L. 214‑10, après le mot : « montant », sont insérés les mots : « ne peut être inférieur au seuil de pauvreté, ».

Article 12

Article 12

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Le 2° du I de l’article 3 de la loi n° 2023‑140 du 28 février 2023 créant une aide universelle d’urgence pour les victimes de violences conjugales est complété par les mots : « , une attention particulière est portée aux territoires ruraux et un taux minimum d’hébergement fixé par décret est garanti dans ces territoires ».

Article 13

Article 13

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À la dernière phrase du premier alinéa de l’article 56 du code de procédure pénale, les mots : « peut, d’office ou sur instruction du procureur de la République, procéder » sont remplacés par les mots : « procède d’office ».

Article 14

Article 14

#

I. – La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

II. – La charge pour les collectivités territoriales est compensée à due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrélativement pour l’État, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

 

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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