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Adapter la France au nouvel ordre monétaire en embrassant le bitcoin et les cryptomonnaies

Proposition de loi 28/10/2025 N° 2022 PIONANR5L17B2022
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Une révolution monétaire est en marche, menée par le jeton de monnaie électronique (Bitcoin). Le Bitcoin et les cryptoactifs sont les symptômes et les outils d’une révolution monétaire, commerciale, économique et donc, en un mot, politique.

Ainsi que le reconnaissait le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau le 25 septembre dernier, une « révolution de la monnaie » est en cours. ([1])

La France, en retard, doit prendre la mesure des changements en cours et s’adapter rapidement, faute de quoi sa situation monétaire et économique pourrait s’en trouver dégradée.

Cette proposition de loi dressera en premier lieu le constat de la révolution en cours, les réponses apportées par d’autres pays, en particulier les États-Unis, et les implications pour la souveraineté et l’économie françaises (I).

Elle détaillera ensuite les trois axes permettant à la France de s’adapter pour faire face aux enjeux de souveraineté stratégique par la mise en place d’une réserve stratégique de bitcoins, de souveraineté monétaire par l’encouragement au développement des stablecoins en euros et enfin de développement économique par la facilitation de l’entrepreneuriat et l’investissement dans les cryptoactifs (II).

Enfin, le dispositif proposé complètera cette proposition de loi (III).

I. Constat

A. Le Bitcoin et les cryptomonnaies, une révolution profonde

Une monnaie de réserve au même titre que l’or, le Bitcoin

Introduit par une technologie de rupture, cet « or numérique », selon les termes-mêmes de Jérôme Powell, président de la Banque centrale américaine (FED) ([2])°, est en train de remodeler l’équilibre monétaire international.

D’un nombre de jetons limité à 21 millions à terme, il est facilement conservable, divisible, et échangeable sans tiers de confiance, pour des coûts de transaction minimes.

Une révolution des systèmes de transaction : l’irruption des stablecoins

Il est suivi par une autre révolution, celle des stablecoins, qui sont des cryptomonnaies arrimées à une monnaie fiduciaire comme l’euro ou le dollar.

Par leur facilité d’échange et leurs coûts de transaction faibles, ils entrent en concurrence directe avec le système bancaire traditionnel et les réseaux de paiement classiques. Ils posent un défi géopolitique majeur en devenant le versant numérique de la guerre monétaire en cours, en permettant en particulier aux États-Unis d’exporter leur dette tout en dollarisant le monde entier, Europe comprise.

Un bouleversement technologique et industriel

Il s’agit enfin d’une révolution technologique et financière, qui promeut par d’autres systèmes de nouvelles manières de financer des projets, de stocker de la valeur, et de garantir la propriété. Ainsi, les projets de « tokenisation » d’actifs réels, autrement dit de transposition numérique et à frais réduits d’actifs réels tels que des actions, des prêts ou même des œuvres d’art, promettent de changer radicalement la gestion des actifs financiers, et donc, avec eux, l’industrie financière ou encore les problématiques autour de l’identité et des droits de propriété numériques.

B. La genèse : la crise financière et économique de 2008-2009 et la création monétaire immodérée

À l’origine de cette rupture, la crise financière de 2008-2009, qui engendre une injection massive de monnaie dans l’économie.

Or, ces injections de liquidités se traduisent par une hausse durable et généralisée des prix, ce qui a un effet néfaste sur le pouvoir d’achat réel des agents économiques, en réduisant leur pouvoir d’achat.

Une réponse politique prenant la forme d’une nouvelle technologie

Partant, une personne ou une équipe sous pseudonyme décide de créer un protocole appelé Bitcoin, dont les trois caractéristiques majeures sont : le caractère non-manipulable, grâce à sa décentralisation, la rareté, avec la limite des unités en circulation fixée à 21 millions, et enfin l’échangeabilité sans tiers de confiance. Cette technologie résout le problème de la double-dépense qui justifiait jusqu’alors la nécessité d’un tiers de confiance, et avait conduit à rendre incontournable le secteur bancaire.

En synthèse, un système monétaire et financier alternatif, répondant aux maux dont souffre le système actuel :

– émission continue de monnaie dégradant la valeur de la monnaie fiduciaire, ce qui, dans des cas extrêmes, engendre hyperinflation et pauvreté généralisée, comme au Venezuela ou, dans une moindre mesure, en Argentine et en Turquie. Comme en témoigne la nouvelle lauréate du prix Nobel de la paix María Corina Machado : « Aujourd'hui, le Bitcoin contourne les taux de change imposés par le gouvernement et aide ainsi une grande partie de notre population. D'outil humanitaire, il est devenu un moyen de résistance essentiel. Nous sommes reconnaissants de la bouée de sauvetage que le Bitcoin offre et nous réjouissons de l'adopter dans un nouveau Venezuela démocratique. »

Il ne s’agit donc pas d’une question technique mais économique et éminemment politique.

– réseaux de transactions centralisés, lents et coûteux, avec leurs conséquences négatives afférentes : contrôle potentiel des utilisateurs, suivi de leurs dépenses, interdiction de certaines transactions, extraterritorialité du droit, censure financière des opposants politiques. Ainsi, en 2014, pour avoir violé les embargos américains contre Cuba, l’Iran et le Soudan, la banque française BNP Paribas fut contrainte de payer une amende de 8,9 milliards de dollars aux États-Unis.

Il ne s’agit pas ici non plus de « simples » considérations techniques de transferts d’argent anodins mais bien de problèmes politiques, de souveraineté et de prédominance, en l’occurrence du dollar, dans les échanges internationaux.

Ce constat est d’autant plus vrai depuis la fin de la convertibilité or-dollar successive à compter de 1971, qui fait du dollar, de facto, la monnaie de réserve et d’échange prédominante dans le monde, alors même que ses règles d’émission sont une compétence exclusive du gouvernement américain et que les systèmes de transaction sont dominés par des acteurs américains, Visa et Mastercard.

– Outre ces questions éminemment politiques, le système bancaire fait face à une crise dans certains pays dont la France, au détriment des consommateurs : trop forte concentration bancaire, absence de concurrence, informatisation tardive, ce qui engendre des frais, des délais et un service insatisfaisant.

C. Une nouvelle crise financière couve…

La dette américaine atteint aujourd’hui des montants records, à 36 220 milliards de dollars. Or, un moyen classique de réduction de cette dette passe par la dévaluation de la monnaie, par exemple par une forte émission monétaire.

Or, étant de facto sous l’influence américaine dans nos échanges commerciaux, la France, à l’instar d’autres pays, se retrouve en train de financer cette dette.

Cette situation n’est pas nouvelle mais, avec une dette hors-de-contrôle depuis la crise financière de 2007-2009 et la crise sanitaire, qui a correspondu à une émission monétaire sans précédent, elle interroge sur la capacité réelle des États-Unis à pouvoir la maintenir sous contrôle, autrement dit à pouvoir à maintenir le ratio dette/PIB à un niveau acceptable.

…qui entraîne un bouleversement de l’ordre monétaire mondial

La crise monétaire et financière mondiale couve donc depuis de nombreuses années.

La révolution du Bitcoin n’est par conséquent ni un accident, ni une simple fantaisie technologique.

D. Les États-Unis sont en pointe dans l’avènement de ce nouvel ordre monétaire mondial

Avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis début 2025, la première puissance mondiale a enfin saisi les pistes ouvertes par cette innovation.

En mars 2025, le président américain Donald Trump a signé un décret exécutif établissant une réserve stratégique de bitcoins. Les États-Unis sont réputés détenir à ce jour 213 297 bitcoins, valorisés plus de 25 milliards de dollars à l’heure de la rédaction de cette proposition de loi – automne 2025. Le montant exact de ces bitcoins reste à confirmer. Cela représenterait 1 % de l’offre totale de bitcoins.

Cynthia Lummis, sénatrice américaine nommée à la tête de sous-commission du Sénat sur les actifs numériques le 24 janvier, propose d’acheter 200 000 bitcoins par an jusqu’en 2030, soit 1,2 million de bitcoins à terme. Ajouté à leur stock existant, les États-Unis pourraient donc détenir dans six ans plus de 1 413 000 bitcoins, soit 6,7 % de l’offre totale de bitcoins.

Premier atout, un nouvel actif de réserve

Première corde à l’arc des Etats-Unis, cette réserve pourrait répondre à la crise de la dette américaine : en détenant du Bitcoin, au même titre que l’or, l’État dispose d’une réserve rare dont la revalorisation progressive permet de compenser l’érosion monétaire et d’alléger mécaniquement le poids réel de sa dette publique.

Par comparaison, la France ne détient peu ou pas de bitcoins ; l’Allemagne a vendu son stock à l’été 2024. Les autres grandes puissances détentrices de bitcoins sont à ce jour la Chine et le Royaume-Uni.

En matière de souveraineté financière, la détention d’une monnaie de réserve telle que l’or est une constante de notre politique. Ainsi, la France, sur 37 000 tonnes d’or détenues par les banques centrales, en détient 2 437 ([3]), soit 6,6 % du total. Ce montant représente environ 275 milliards d’euros. La France se hisse donc au 4ème rang dans le classement international des pays détenteurs d’or.

Les Américains détiennent 8 133 tonnes, soit 22 % du total.

Deuxième atout, un bouleversement de l’ordre monétaire à l’avantage des Etats-Unis

Deuxième corde à l’arc des Américains, les systèmes de transaction, aujourd’hui concentrés autour du réseau « SWIFT », étroitement contrôlé, et deux opérateurs privés américains, Visa et Mastercard et l’utilisation prédominante du dollar dans les échanges internationaux, même entre pays autres que les États-Unis.

Le contrôle politique qu’implique cette domination ainsi que la mauvaise tenue des finances américaines conduisent depuis de nombreuses années, pour des raisons plus ou moins légitimes, de nombreux pays à tenter de mettre en place des réseaux transactionnels indépendants, en particulier les BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud. Faute d’accord politique et d’unité stratégique, ces velléités sont restées à l’ordre de projet.

Néanmoins, la décrue du dollar est réelle : selon la Banque centrale européenne, la part du dollar dans les réserves de change mondiales est passée de 73 % en 1999 à 58 % en 2025. ([4]) L’euro est relativement stable, à 18 % en 1999 et 20 % actuellement.

En revanche, la prédominance de systèmes américains dans les échanges n’a jamais été aussi forte, avec, en 2022, 35 % du volume d’utilisation des cartes bancaires créditées à Visa et 20 % pour Mastercard, soit 55 % du total, sans compter d’autres entreprises américaines moins importantes.

Outre que ces entreprises facturent des commissions importantes – jusqu’à 2 % de la transaction - ces données témoignent surtout d’une mainmise commerciale et politique des États-Unis sur les transactions mondiales, à la fois sur la monnaie utilisée – le dollar – et le support d’utilisation, détenu par des entreprises américaines, répondant aux lois américaines et concentrant accessoirement des revenus élevés issus des transactions du monde entier.

Les stablecoins constituent une réponse efficace à cette décrue du dollar.

Aujourd’hui, l’immense majorité des monnaies stables échangées comme cryptoactifs sont des dollars : selon le Fonds monétaire international ([5]), au printemps 2025, la capitalisation totale des stablecoins était de 230 milliards de dollars, un montant encore assez faible mais en forte augmentation.

Au sein de cet agrégat, les dollars émis par l’entreprise américaine Tether – USDT – atteignent 150 milliards, et les dollars émis par l’entreprise américaine Circle – USDC – 60 milliards, soit 91 % du total.

Ces entreprises, implantées aux Etats-Unis, obéissent aux lois américaines et peuvent bloquer les transactions des jetons qu’ils émettent.

Le DAI, dollar décentralisé n’appartenant pas à une entreprise, atteint la capitalisation de 5,3 milliards de dollars en septembre 2025.

La valorisation du premier stablecoin en euro, appartenant également à l’entreprise américaine Circle, n’atteint que 259 millions de dollars de capitalisation.

Autrement dit, le dollar est omniprésent et, même lorsqu’il s’agit d’euro, c’est une entreprise américaine qui domine.

La disproportion est encore plus grande en ce qui concerne le volume d’échanges : en 2024, le dollar écrase la concurrence et les dollars échangés dépendent d’entreprises situées aux Etats-Unis. Selon la même étude du FMI, il y eut en 2024 23 000 milliards de dollars d’échanges en USDT et en USDC  et, selon une autre étude ([6])° seulement 36 milliards environ en stablecoins euros, soit un rapport de 1 à 638.

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, a compris la révolution à l’œuvre. Ainsi, à propos des stablecoins, ce dernier a affirmé le 25 septembre 2025 au magazine « Le Grand Continent »[7] que « le risque pour l’Europe, c’est d’être demain confrontée à une quasi-monnaie, le stablecoin en dollars, de nature privée et émise par des acteurs non européens ».

Le président Donald Trump a effectivement fait adopter en juillet le « Genius Act », dispositif légal encadrant l’usage et le développement des stablecoins aux États-Unis : il impose que les émetteurs de stablecoins autorisés détiennent des réserves à 100 % en monnaie liquide (dollars, bons du Trésor, etc.). Seuls les émetteurs permis peuvent lancer des stablecoins, avec un régime de supervision fédérale ou étatique selon la taille. Et ces émetteurs achètent de la dette américaine : autrement dit, les utilisateurs même non-américains financent de la dette américaine lorsqu’ils utilisent des stablecoins en dollars.

Le FMI rapporte ainsi que 1,6 % des bons du Trésor américain sont aujourd’hui libellés en stablecoins en dollars, un pourcentage que le FMI prévoit en augmentation.

E. L’Europe, par refus idéologique, est en train de manquer le virage des stablecoins.

Or, si les stablecoins ont une existence légale, un cours reconnu et une conversion acceptée, les conséquences politiques qui leur sont attachées et qui ont été détaillées ci-dessus s’appliquent également : prédominance du dollar dans les échanges, financement du budget et de la dette américaine, contrôle des échanges et peut-être, à terme, extraterritorialité du droit.

En volume, l’adoption est stupéfiante : les stablecoins ont représenté 8 500 milliards de dollars de volumes d’échanges sur 1,1 milliard de transactions au deuxième trimestre 2024. Les volumes de transactions en stablecoins ont plus que doublé les 3 900 milliards de dollars de transactions de Visa au cours de la même période, selon la branche « actifs numériques » de la société a16z ([8]).

Un aspect technologique avantageux

Les stablecoins permettent de moderniser les transactions : absence d’intermédiaire, frais de transaction minimes, quasi-instantanéité de la transaction, aucune contrainte horaire. Les stablecoins sont particulièrement avantageux pour les pays en crise : dans des pays comme le Liban, l’Argentine, la Turquie, détenir, à frais réduits, des stablecoins en monnaie stable (ici le dollar), permet à des pans entiers de la population d’échapper à une inflation démesurée rognant leur pouvoir d’achat.

Les monnaies numériques de banque centrale, une mauvaise idée

Les monnaies numériques de banque centrale ne sont qu’un avatar d’une monnaie produite par une banque centrale : le code est à la discrétion de l’organisme émetteur et les transactions peuvent être suivies en temps réel par ce dernier, ce qui fait peser des préoccupations quant à la confidentialité des données et la propriété privée : en effet, le code et le réseau étant gérés de manière centralisée, l’organisme émetteur garde tout pouvoir pour geler à n’importe quel moment les avoirs sur le réseau. ([9])

Le parti communiste chinois a été précurseur dans ce domaine avec l’introduction du yuan numérique dès 2019. Or, il a également introduit un système de « crédit social » dès 2002, qui est un système national de réputation des citoyens et des entreprises. ([10]) L’existence d’une telle monnaie numérique avec un tel système de contrôle social est une grande menace pour les libertés individuelles fondamentales.

Le gouvernement américain a choisi résolument, avec le « Genius Act » de juillet 2025, de s’écarter d’une telle voie menaçante pour la démocratie et les droits des individus en posant un cadre stable à l’usage des stablecoins et en refusant les monnaies numériques de banque centrale.

La Banque centrale européenne, à l’inverse, souhaite le développement d’une telle monnaie. L’euro numérique est en phase de préparation jusqu’en octobre 2025 et pourrait être déployé à partir de 2029.

En parallèle, elle continue d’adopter une posture de régulation stricte vis-à-vis du développement des stablecoins libellés en euros, laissant la voie libre aux stablecoins en dollars.

Enfin, la mise en place d’une telle monnaie entraînerait une rupture fondamentale du système bancaire : le système monétaire actuel repose sur la distinction entre la monnaie de banque centrale et les monnaies de banque commerciale. En imposant l’euro numérique, la BCE mettra nécessairement en concurrence sa monnaie, réputée plus sûre, avec celles des banques commerciales. Les usagers auraient intérêt à retirer leur argent des banques pour le placer auprès de la BCE – ce qui pourrait engendrer un bank run. La BCE se transformerait alors elle-même en banque commerciale, tenant en sa main à la fois la politique monétaire macroéconomique et les registres des clients, telle une banque de détail.

Une telle concentration des pouvoirs serait néfaste pour la liberté économique. Ce n’est pas le rôle de la BCE.

Des accusations de blanchiment, de financement du terrorisme et d’atteinte à l’environnement erronées

Un rapport du Trésor américain ([11]) de février 2024 rappelle que c’est bien par le biais de la finance traditionnelle et l’argent liquide que le blanchiment a lieu : en effet, l’argent liquide fournit l’anonymat et la flexibilité. Les cryptomonnaies, en revanche, fonctionnent sur le système du pseudonymat : son atout majeur réside dans la traçabilité de toutes les transactions.

Le département du Trésor estime que « l’utilisation d’actifs virtuels pour le blanchiment d’argent reste bien en dessous de celle de la monnaie fiduciaire et des méthodes plus traditionnelles », à 0,34 % du total des transactions en 2023.

Quant aux accusations concernant le climat, elles ne concernent que les cryptomonnaies utilisant un système de minage en « Proof of Work » (POW), utilisant des calculs mathématiques complexes employant beaucoup d’électricité. Les cryptomonnaies fonctionnant par « Proof of Stake », ou preuve d’enjeu, comme la seconde cryptomonnaie du marché, l’Ethereum, utilisent 99,9 % moins d’énergie que les réseaux POW.

Or, loin d’être un danger, le minage du Bitcoin est au contraire un formidable outil d’utilisation de ressources inexploitées ou disponibles par intermittence (surplus nucléaire, renouvelable, méthane), puisqu’il est possible de se brancher temporairement en heures creuses.

Le minage permet de réguler efficacement le marché de la production électrique en utilisant le surplus d’énergie renouvelable de certaines zones géographiques isolées (Kazakhstan, Russie, El Salvador, et autres). Dans ce contexte, le réseau Bitcoin optimise le ratio entre la consommation et la production d’énergie et réduit le risque de gaspillage énergétique à travers le monde.

Selon une étude de l’université de Cambridge au Royaume-Uni d’avril 2025 ([12]), 52,4 % du minage de Bitcoin est issu de sources d’énergies renouvelables, dont 9,8 % issu du nucléaire et 42,6 % d’énergies renouvelables comme l’hydroélectrique ou l’éolien. Ce taux est en forte hausse par rapport à 2022, où il ne s’élevait qu’à 37,6 %.

La France, avec son réseau de centrales nucléaires fonctionnant parfois à perte et ses barrages hydroélectriques, dispose d’une situation enviable pour miner du Bitcoin.

Par ailleurs, cet argument environnementaliste omet la comparaison avec les datacenters utilisés par la finance traditionnelle, qui doivent fonctionner en continu.

Enfin, les cryptomonnaies ouvrent la voie à de nombreuses applications commerciales et financières qui pourraient générer de la croissance et de l’emploi en France ; véritable secteur économique, il pourrait gagner à avoir un cadre d’investissement plus lisible.

Que ce soit en matière de finance, d’assurance ou de garantie de propriété numérique, les cryptomonnaies sont un secteur en pleine expansion.

Le cadre fiscal est très contraignant, puisque, malgré l’adoption de la réglementation MiCA qui entre progressivement en vigueur en Europe, l’administration fiscale considère les cryptoactifs comme un bloc, ne faisant aucune distinction entre une monnaie comme le Bitcoin, les stablecoins, les jetons de gouvernance, l’équivalent d’actions ou encore les œuvres d’art (NFT). La fiscalité applicable est uniforme, 30 %, et fonctionne en vase clos : lorsque l’investisseur tente de sortir une petite somme d’argent de ses comptes de cryptoactifs, l’administration fiscale attend de lui une évaluation complète de son patrimoine en cryptoactifs, avec estimation des plus-values à la date de l’opération. Il s’agit d’une usine à gaz qui bloque le développement à la fois des entreprises cryptos en France ainsi que les flux entrants et sortants qui pourraient pourtant bénéficier à l’économie réelle, par exemple avec des paiements en stablecoins dans la vie quotidienne.

Les États-Unis ont également entamé un virage favorable à l’investissement  en cryptoactifs en intégrant des fonds d’investissement en Bitcoin et autres cryptoactifs dans des fonds d’épargne retraite ou les équivalents de nos PEA et assurances-vie.

Par ailleurs, des réflexions quant à l’usage des stablecoins au quotidien sont menées.

La barrière de la complexité est un frein à ce secteur d’avenir, générateur potentiel de croissance et d’emploi.

À l’inverse, en refusant de clarifier la place et la fiscalité applicable à chaque type de cryptoactif, la France laisse à d’autres le soin d’être les premiers dans des secteurs novateurs.

II. Des mesures simples et immédiatement applicables pour s’adapter au nouvel ordre monétaire et encourager cette révolution industrielle

Face à ces évolutions, la France doit s’adapter.

A. Le Bitcoin comme nouvelle monnaie de réserve

Le problème de la dette n’est pas qu’un problème américain ; à 115,6 % du PIB, pour 3 416,3 milliards d’euros, la dette française atteint un niveau alarmant. De AAA chez les principales agences de notation jusqu’en 2012, la notation financière de la France a chuté à A+ seulement pour l’agence Fitch en septembre 2025.

La France doit commencer à accumuler du Bitcoin, en créant un Établissement public administratif dédié, qui constituera une réserve stratégique de bitcoins.

Cette constitution se fera sur le marché primaire, par du minage et sur le marché secondaire, en en achetant, en conservant les saisies judiciaires, en orientant une partie de l’épargne des Français et en acceptant le paiement des impôts en bitcoins.

Elle sera sans coût pour le budget.

a) Réserve stratégique à budget neutre : détenir 2 % de l’offre totale de BTC à 6 ans

Selon les sources du World Gold Council ([13]), les banques centrales détiendraient environ 37 000 tonnes d’or.

La France en détient 2 437 ([14]), soit 6,6 % du total. Ce montant représente environ 275 milliards d’euros. La France se hisse donc au 4ème rang dans le classement international des pays détenteurs d’or.

Les Américains détiennent 8 133 tonnes, soit 22 % du total.

La France détient donc environ 3,5 fois moins d’or que les États-Unis.

À ce jour, elle détient 302 saisies d’actifs numériques, pour un total de 194 millions d’euros, saisies entre 2014 et 2024 et entre les mains de l’Agence de gestion et de recouvrement des avois saisis et confisqués. La nature de ces avoirs n’est cependant pas indiquée. ([15])

En suivant environ les mêmes ratios de détention d’or vis-à-vis des États-Unis – en détenir environ 3 fois moins –  et en suivant une stratégie similaire, la France pourrait viser d’ici sept à huit ans l’accumulation de 2 % de l’offre totale de bitcoins, soit 420 000 – sur un total de 21 millions.

i. Minage sur le marché primaire

La première stratégie consiste à miner du bitcoin sur le marché primaire. Sur 21 millions de bitcoins, il en reste environ 1,4 million à miner.

Le « minage » de bitcoins est le processus par lequel des ordinateurs vérifient les transactions. Pour ajouter un nouveau bloc de transactions dans la blockchain, les mineurs doivent résoudre un problème mathématique. Ils essaient des milliards de combinaisons jusqu’à trouver la bonne. Le premier qui réussit ajoute le bloc et reçoit une récompense en bitcoins ainsi que les frais de transaction. Ce système sécurise le réseau.

De très nombreux mineurs effectuent ces calculs en même temps, ce qui implique une forte consommation d’électricité.

La France dispose d’un avantage comparatif appréciable, avec son parc nucléaire et son prix marginal de production électrique très faible. Une proposition de loi du Rassemblement national, déposée par le député Aurélien Lopez-Liguori le 11 juillet 2025, vise justement à autoriser à titre expérimental l’utilisation des surplus électriques pour le minage de cryptoactifs.

Cette piste est neutre budgétairement pour la France. De plus, cela contribue à stabiliser le réseau électrique et l’utilisation des réacteurs : en cas de faible demande, plus besoin de diminuer l’activité, ce qui endommagerait le parc nucléaire ; les mineurs, publics ou privés, se branchent au réseau et consomment l’énergie en surplus.

Enfin, en répartissant les coûts fixes sur plus de mégawattheures produits, le prix moyen baissera, ce qui sera bénéfique pour le prix de l’électricité pour tous les Français.

L’utilisation de nos surplus d’électricité pour produire du Bitcoin est donc bénéfique au regard de notre souveraineté monétaire, de notre outil de production nucléaire et pour le pouvoir d’achat des ménages.

Une proposition de loi ayant déjà été déposée, la présente proposition de loi n’abordera pas cette question mais en soutient la démarche et l’intègre à sa stratégie globale.

ii. Marché secondaire

La France doit également se tourner vers le marché secondaire afin d’atteindre son objectif d’acquisition de 2 % de l’offre totale de bitcoins.

1. Saisies judiciaires

En premier lieu, la France doit désormais conserver les bitcoins dont elle entre en possession lors de saisies judiciaires.

2. Cessions d’actifs inutiles

En deuxième lieu, lorsque l’État décide de céder ses parts dans des entreprises, le produit de la vente sera affecté à l’achat de bitcoins. 

3. Réorientation partielle des flux du Livret A et du LDDS

En troisième lieu, la question de la dette publique est une question éminemment politique : les générations futures auront à supporter pendant de nombreuses années le poids de nos déficits passés. Par conséquent, aux côtés des objectifs de financement du logement social, de verdissement de notre économie et de soutien à nos entreprises, qui sont les trois objectifs assignés au Livret A et au Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), l’objectif d’acquisition de bitcoins est également pertinent et constituera désormais le quatrième objectif, à part égale, de ces livrets.

La collecte sur les Livrets A s’est élevée en 2024 à près de 15 milliards d’euros, quand le LDDS a enregistré près de 7 milliards d’euros. ([16])  En envisageant une collecte du même ordre pour les années à venir, la présente proposition de loi donnera comme objectif à l’EPA gérant la réserve stratégique l’achat annuel de bitcoins correspondant à 25 % des collectes, ce qui, pour 2024, aurait représenté 5,5 milliards d’euros. Afin de ne pas entraîner de mouvements trop brusques sur les marchés, la stratégie à suivre sera celle adoptée par le Salvador, qui privilégie des achats quotidiens.

Par conséquent, l’EPA aura pour objectif, adaptable en fonction des autres sources d’approvisionnement, d’acheter l’équivalent de 15 millions d’euros par jour de bitcoins, soit, au cours actuel du Bitcoin d’environ 100 000 euros, 150 bitcoins par jour, soit 55 000 par an, pendant environ 7 ans et demi, soit 420 000 au total (sous réserve du recensement précis des bitcoins déjà en la possession de l’État français). L’objectif temporel est indicatif, seul l’objectif d’acquisition est primordial.

4. Paiement de l’impôt en Bitcoin

Enfin, en dernier lieu, la loi autorise le paiement de l’impôt en bitcoin. Cette mesure aura deux effets avantageux : premièrement, elle permettra à de nombreux Français qui détiennent aujourd’hui des cryptoactifs de pouvoir les utiliser et libérerait donc de la valeur au bénéfice de la France.

Selon la dernière étude de l’ADAN, qui rassemble les professionnels du secteur, du 10 avril dernier ([17]), 10 % des Français détiennent des cryptoactifs et 33 % envisagent d’en acquérir. À titre de comparaison, en 2023, l’Autorité des marchés financiers estimait à 6,8 % seulement le pourcentage de la population détenant des actions en direct ([18]).

Selon une étude récente de l’ADAN, ([19]), ce sont début 2025 entre 21,4 et 26,22 milliards d’euros qui sont détenus par les Français en cryptoactifs. À l’heure où la France fait face à de graves dilemmes budgétaires, elle doit permettre l’afflux de ces capitaux.

Deuxièmement, ce sera une manière intelligente, sans coût budgétaire, d’accumuler du Bitcoin.

Les bitcoins ainsi récoltés seront affectés à la Réserve stratégique.

5. Rapport annuel présenté par le Gouvernement pour suivre l’atteinte des objectifs de la Réserve

La stratégie suivie devra nécessairement s’adapter : au minage sur le marché primaire, à la volatilité des prix, au rythme des cessions de participations de l’État, au volume des saisies judiciaires et au degré de choix du paiement de l’impôt en bitcoin. Une fois l’objectif atteint, les moyens déployés pourront être affectés à d’autres politiques publiques. Ainsi, la durée de sept à huit ans pour l’atteinte de l’objectif de 2 % de l’offre de bitcoins est indicative et a surtout pour intérêt de profiter de prix encore relativement abordables du Bitcoin et de la disponibilité des bitcoins sur le marché primaire. En effet, il est possible d’une part que le prix du bitcoin sur le marché secondaire augmente dans le futur ; par le passé, son prix a grimpé de 1 dollar début 2011 à 123 000 dollars en août 2025. Malgré une forte volatilité, son cours a par le passé été orienté à la hausse. Les décisions américaines récentes, que ce soit par les opérateurs privés – fonds d’investissement ou publics – gouvernement américain – risquent d’entraîner une pression à la hausse sur le prix du Bitcoin.

Sur le marché primaire, les récompenses de minage sont actuellement de 3,125 bitcoins par bloc, toutes les dix minutes. En 2028, suivant la logique décroissante des récompenses, la récompense sera divisée par deux, puis à nouveau quatre ans plus tard et ainsi de suite jusqu’au minage du dernier bitcoin, au XXIIe siècle.

Par conséquent, il est vraisemblable d’escompter une hausse du prix du bitcoin et une raréfaction de sa disponibilité, sur les marchés primaire et secondaire. Le plus tôt la France entamera son processus d’accumulation, le mieux cela sera.

Chaque année, le Gouvernement présentera un rapport détaillant l’évolution de l’atteinte de l’objectif.

À l’issue de l’atteinte de l’objectif, la représentation nationale s’interrogera sur la pertinence de la poursuite de l’accumulation de bitcoins ainsi que sur l’affectation des ressources qui y étaient auparavant affectées. La logique suivie sera donc celle du Fonds de réserve pour les retraites lors de sa mise en place en 2001 : une fois l’objectif d’accumulation de 150 milliards d’euros en 2020, l’alimentation du fonds devait être arrêtée.

B. La révolution stablecoin et la place de la France dans le nouvel ordre monétaire

Deuxième volet de cette proposition de loi, l’adaptation au futur système monétaire. Nombre de ces mesures dépendent de la législation européenne et prendront donc, le cas échéant, la forme d’une résolution européenne, annexe à cette proposition de loi.

Les Français sont plus nombreux à détenir des cryptoactifs qu’à détenir des actions en direct.

Or, la complexité du cadre fiscal empêche la communication entre les cryptoactifs et l’économie réelle. En effet, en France, tout usage, même pour un montant faible, d’un cryptoactif pour une transaction déclenche une obligation fiscale extrêmement contraignante, qui force l’usager à établir une évaluation intégrale de tous ses actifs au moment de la transaction.

Cette méthode est trop lourde et rend, de facto, l’utilisation des cryptoactifs dans la vie quotidienne ardue.

Or, début 2025, entre 21,4 et 26,22 milliards d’euros sont détenus par les Français en cryptoactifs. C’est autant d’argent qui ne trouve pas de débouché dans l’économie nationale, et donc autant d’argent qui ne vient pas irriguer les commerces, l’emploi et les recettes fiscales.

Des établissements bancaires désincités à développer leur offre

Par ricochet, les établissements bancaires français et européens ne sont pas incités à développer leur offre de stablecoins en euros. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, s’en est une nouvelle fois ému en ouverture du forum « Fintech » de Paris le 9 octobre : notre inaction pourrait conduire à « une dépendance grandissante vis-à-vis d’acteurs non européens et non régulés ». Il affirme encore : « Que des banques européennes s'intéressent au marché du stablecoin en dollars, pourquoi pas, puisque c'est là qu'est aujourd'hui le marché. Mais qu'elles s'intéressent tout autant à leur marché naturel de demain que sont les stablecoins en euros ».[20]

1. Assouplir les règles européennes concernant l’émission de stablecoins en Europe

La réglementation européenne MICA est entrée en vigueur cette année et donne un cadre aux stablecoins. Ce cadre, trop strict, gagnerait à être assoupli et à prendre exemple sur le « Genius Act » des États-Unis voté, cet été : au lieu d’une régulation trop stricte, il faut encourager le développement des stablecoins en euro.

Cette mesure étant du ressort de l’Union européenne, une proposition de résolution européenne annexe à cette proposition de loi invite le Gouvernement à demander à la Commission de présenter un projet de révision du règlement du 31 mai 2023 sur les marchés de cryptoactifs afin d’assouplir les règles applicables aux établissements bancaires européens en matière d’émission de stablecoins.

2. Autoriser le paiement de 200 euros défiscalisés par jour en stablecoins euro.

Première mesure immédiatement applicable, la facilitation de l’usage des stablecoins dans la vie quotidienne.

La présente proposition de loi introduit la possibilité de paiement en stablecoins euros à hauteur de 200 euros par jour, sans déclencher d’obligation fiscale, pour l’achat de biens et services fournis par des entreprises françaises.

i. Un avantage pour les commerçants et les clients

Les systèmes de paiement sont aujourd’hui dominés par les systèmes de paiement Visa et Mastercard, qui sont des entreprises américaines, obéissant à la loi américaine. Par leur situation duopolistique, ils imposent des frais élevés sur chaque transaction.

Les stablecoins peuvent aisément se substituer à ce système, pour des frais considérablement moindres.

Les commerçants et les usagers auraient donc tout intérêt à privilégier un système de paiement qui ne soit pas sous domination américaine et qui économiserait de nombreux frais.

ii. Une source de développement de l’activité économique

En permettant d’injecter l’argent issu des cryptoactifs dans l’économie nationale, cette loi permettra l’injection potentielle de milliards d’euros dans l’économie nationale, ce qui stimulera le PIB, l’emploi et les recettes fiscales, comme la TVA.

iii. Une fois la demande encouragée, l’offre par des acteurs européens suivra

Aujourd’hui, seule la Société générale, en France, propose des stablecoins en euros. Une fois que le grand public se sera saisi de la possibilité d’utiliser des stablecoins en euros pour leurs transactions courantes, les acteurs bancaires français et européens auront un intérêt à développer leur offre. À terme, ce sera une manière libérale de lutter contre l’influence du dollar et les dérives potentielles d’une extraterritorialité du droit américain sur le système monétaire européen.

iv. Un plafond et une obligation d’achat qui limitent le risque de blanchiment

Aujourd’hui, la loi française, une des plus restrictives d’Europe, impose une limite de 1 000 euros pour des achats en liquide par transaction, sans limite de transactions par jour.

La présente loi instaure une limite de 200 euros de paiement en stablecoins par jour.

Pour rappel, le département du Trésor estime que « l’utilisation d’actifs virtuels pour le blanchiment d’argent reste bien en dessous de celle de la monnaie fiduciaire et des méthodes plus traditionnelles », à 0,34 % du total des transactions en 2023.

Par ailleurs, sur le réseau, selon certaines modalités, les transactions peuvent être enregistrées et traçables.

Autrement dit, si le cadre est bien réglé, les stablecoins sont moins propices au blanchiment d’argent que l’argent liquide.

v. Une facilitation pour les usagers

Outre l’absence de paiement de l’impôt, l’absence d’obligation fiscale permettra aux usagers d’éviter l’établissement fastidieux d’un historique de leurs transactions ainsi que leur déclaration. Il est par ailleurs à noter que l’évolution de la réglementation européenne récente permet progressivement à l’administration fiscale d’avoir déjà et de plus en plus accès à l’historique des transactions en cryptoactifs des usagers, notamment pour les plateformes d’échange.

3. Autoriser le paiement de l’impôt en stablecoin euros

Dans le même ordre d’idées, cette proposition de loi autorise le paiement de l’impôt en stablecoins en euros.

4. Interdiction de l’euro numérique

Cette proposition de loi prend le parti de la révolution technologique et financière en cours qu’est la révolution du bitcoin et des stablecoins, qui vise à accorder aux citoyens plus de contrôle sur leurs finances et à renforcer le droit de propriété. Un usage rationnel, encadré et audité des stablecoins doit être le chemin à suivre pour accompagner cette révolution, à l’inverse d’une monnaie numérique de banque centrale, centralisée, hors de contrôle citoyen, avec des inquiétudes graves sur la confidentialité des données, des transactions et le droit de propriété.

La politique monétaire étant de la compétence de l’Union européenne, une proposition de résolution européenne annexe à cette proposition de loi invitera le Gouvernement à s’opposer, au sein du Conseil de l’Union européenne, à l’adoption du projet de règlement de la Commission établissant un euro numérique.

C. La révolution industrielle en cours : favoriser l’entrepreneuriat et faciliter l’investissement dans le Bitcoin et les cryptoactifs

Troisième et dernier volet de cette proposition de loi, la libération de l’entrepreneuriat dans le secteur et la facilitation de l’investissement en cryptoactifs.

a. Modification de la fiscalité applicable à l’électricité pour permettre aux entrepreneurs à miner

À l’heure actuelle, même lorsque la production d’électricité issue de nos centrales nucléaire est excédentaire, les taxes et le tarif d’utilisation du réseau d’électricité public ne s’ajustent pas et font obstacle aux consommateurs désireux de valoriser les heures d’excédent.

Il est donc essentiel d'adapter la fiscalité en appliquant un taux réduit conditionnel et horaire, limité aux consommations interruptibles éligibles et aux seules heures d'excédent (définies par un critère public et objectif). Les MWh additionnels, qui n'existaient pas sans la mesure, se consomment alors à un prix reflétant l'excédent. Ce faisant, ils n'affectent pas les recettes existantes de l'État, augmentent la marge des producteurs et peuvent réduire la pression sur les prix moyens pour tous via une meilleure absorption des coûts fixes.

De plus, notre industrie nucléaire a un intérêt technologique à attirer cette consommation modulable : ralentir nos centrales les endommage et les variations de demande créent de l’instabilité sur les réseaux. En attirant les mineurs privés de bitcoin, cette proposition de loi renforce la solidité de nos centrales nucléaires et contribue à la stabilité du réseau d’électricité.

Par deux mesures, cette proposition de loi entend moduler les taxes applicables à l’utilisation du réseau d’électricité, afin d’attirer les mineurs de bitcoin, en :

i. Instaurant une accise dynamique progressive selon des paliers de prix

ii. Instaurant une expérimentation de 36 mois pour flexibiliser le TURPE

b. Possibilité d’intégration d’ETN Bitcoin et d’autres cryptoactifs au sein du Plan d’épargne en actions PEA

La révolution du Bitcoin et des cryptoactifs encourage la détention propre de ses actifs. Cependant, celle-ci n’est pas à la portée de tous ; elle demeure complexe pour certains.

Facilitation de l’accès par des instruments financiers

Les cryptoactifs sont des actifs comme les autres et devraient pouvoir eux-aussi bénéficier des facilités d’accès permises par les instruments financiers logeables dans des poches d’investissement. Ils sont déjà disponibles sur assurance-vie et compte-titre ordinaire. Les États-Unis permettent déjà à leurs citoyens d’en acquérir via des fonds dédiés dans diverses poches d’investissement, même pour les plans d’épargne-retraite.

Une question de sécurité

Par ailleurs, la multiplication ces derniers mois des enlèvements et tentatives d’enlèvement en France d’investisseurs et entrepreneurs dans le domaine des cryptomonnaies plaide pour l’autorisation de tels instruments au sein des plans d’épargne en actions. En effet, la détention indirecte – plutôt que directe -  de ces actifs sécuriserait certains investisseurs.

Une réponse à l’absence de retraite par capitalisation

Les Français étant privés de dispositif de retraite par capitalisation, le PEA, au même titre que l’assurance-vie, le compte-titre ordinaire ou le PER sont des poches adéquates de placement et, en ce qui concerne le PEA, à fiscalité intéressante. Le Bitcoin étant un actif particulièrement indiqué pour protéger le patrimoine financier de l’inflation à long-terme, il doit être accessible aux Français.

Pour aligner cette poche sur les autres enveloppes d’investissement, cette proposition de loi autorise la détention de cryptoactifs au sein du PEA, par le biais d’outils financiers dédiés, conformes à la réglementation européenne.

c. Facilitation des règles prudentielles pour les prêts « Lombard »

Dans le même ordre d’idées, afin de faciliter l’accès des investisseurs au marché des cryptoactifs, la loi du 30 avril 2025 prévoit l’autorisation des nantissements – ou prêts « lombard » - adossés à des cryptoactifs. ([21])

Cependant, les règlements prudentiels européens applicables rendent cet outil impraticable pour les établissements bancaires. Par une lettre ouverte du 19 août 2025 ([22]), un panel d’associations représentatives s’en est ému auprès du Comité de Bâle, regrettant notamment que la classification retenue pour les cryptoactifs par la réglementation pouvait engendrer une pondération de risque pouvant grimper à 1250 % pour certains cryptoactifs, ce qui rend le dispositif inopérant.

Une telle inflexion n’étant pas du ressort de la législation française, la proposition de résolution européenne qui accompagne cette proposition de loi invite le Gouvernement à défendre que le futur cadre prudentiel européen spécifique aux expositions sur cryptoactifs puisse s’écarter de façon ciblée du standard bâlois de 2022 pour faciliter le nantissement de cryptoactifs, tout en gardant pour objectif une refonte substantielle de ces règles au sein du Comité de Bâle.

Dispositif proposé

À l’aune de cette argumentation, la présente proposition de loi propose :

Article 1er

Article 1er

#

 : Création d’un Établissement public administratif (EPA) chargé d’établir une réserve stratégique de bitcoins, avec pour objectif la détention de 2 % de l’offre totale de bitcoins à horizon de sept à huit ans, sans impact budgétaire pour l’État.

Cet EPA sera abondé par le minage de bitcoins sur les excédents d’électricité des centres de production d’électricité détenus majoritairement ou totalement par l’État, la conservation des bitcoins saisis lors de saisies judiciaires, l’affectation des produits des cessions de participations inutiles, l’affectation d’un quart des fonds récoltés sur le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire à l’achat de bitcoins et enfin par l’autorisation du paiement de l’impôt en bitcoins. Lorsqu’il s’agira d’achat sur le marché, il suivra une logique d’achat quotidien de bitcoins, afin de lisser le prix d’achat moyen.

Article 2

Article 2

#

 : Présentation annuelle par le Gouvernement d’un rapport d’évaluation détaillant le degré d’atteinte de l’objectif fixé à l’article 1.

Article 3

Article 3

#

 : Fixation d’un plafond de 200 euros quotidiens de paiement en stablecoins obligatoirement en euros, sans obligation fiscale, pour l’achat de biens et produits d’entreprises françaises.

Article 4

Article 4

#

 : Autorisation du paiement de l’impôt en stablecoins en euros (intégrée à l’article 1 pour des raisons de cohérence légistique).

Article 5

Article 5

#

 : Modification de la fiscalité applicable à l’électricité pour permettre aux entrepreneurs de miner du Bitcoin sur nos excédents de production d’énergie nucléaire.

Article 6

Article 6

#

 : Possibilité d’intégration d’ETN Bitcoin et d’autres cryptoactifs au sein du Plan d’épargne en actions.

Pour des raisons techniques de recevabilité financière, des dispositions ont été introduites afin de gager l’augmentation des charges ou les pertes de recettes pour l’État. Or, cette loi visant à déverser des sommes aujourd’hui bloquées dans l’économie nationale, l’équilibre entre coût et recettes est en réalité à l’avantage des recettes. C’est le cas pour la fiscalité sur les réseaux d’électricité qui ne sont à l’heure actuelle pas utilisés en cas d’excédent, ou pour les coûts de mise en place de la réserve qui seront amplement compensés par le minage de bitcoins ou le déversement de sommes aujourd’hui détenues par les Français mais bloquées à cause de la complexité d’une fiscalité peu incitative.

Enfin, trois dispositions dépendent de l’Union européenne :

1/ interdiction de l’euro numérique de banque centrale,

2/ assouplissement du règlement MiCA relatif aux stablecoins et aux établissements les proposant et enfin

3/ règles prudentielles issues du Comité de Bâle pour les nantissements.

Une proposition de résolution européenne compilant ces requêtes accompagne cette proposition de loi.

– 1 –

proposition de loi

Article 1er

Article 1er

#

I. – Il est créé un établissement public de l’État, dénommé « Réserve stratégique de bitcoins », placé sous la tutelle de l’État.

II. – Cette réserve a pour mission de gérer les 2 % de l’offre totale de bitcoins, soit 420 000, qui lui seront affectés par les moyens mentionnés au III.

III. – Le fonds sera abondé en bitcoins jusqu’à l’atteinte de l’objectif donné en II, par :

1° Les bitcoins issus du minage sur les surplus d’électricité des sites de production d’électricité détenus en totalité ou majoritairement par l’État ;

2° La conservation des bitcoins obtenus lors de saisies judiciaires. Les conditions de transfert de ces saisies à la Réserve stratégique de bitcoins sont précisées par décret en Conseil d’État ;

3° L’affectation du produit de cessions de participations de l’État à l’achat de bitcoins sur le marché secondaire. Les conditions de transfert des fonds récoltés à l’occasion de cessions futures à la Réserve stratégique de bitcoins sont précisées par décret en Conseil d’État ;

4° L’affectation d’un quart des montants collectés par les établissements distribuant le livret A et le livret de développement durable et solidaire, ainsi que précisé à l’article L. 221‑5 du code monétaire et financier ;

5° L’affectation des bitcoins issus du paiement de l’impôt ;

6° Dans le cas d’achats sur le marché secondaire, les achats sont quotidiens et du même montant afin de lisser le prix moyen d’achat. Les conditions d’application du présent 6° sont précisées par décret en Conseil d’État.

IV. – Le paiement de l’impôt est autorisé pour les cryptoactifs tels que mentionnés au e du III de l’article L. 112‑6 du code monétaire et financier et étant adossés à l’euro, autrement appelés jetons de monnaie électronique en euros.

V. – L’article 1716 bis du code général des impôts est ainsi modifié :

1° Le premier alinéa du I est ainsi modifié :

– au début, sont ajoutés les mots : « L’impôt sur le revenu » ;

– après le mot : « historique, », sont insérés les mots : « de bitcoins, de crupto‑monnaies indexées en euros » ;

2° Il est ajouté un III ainsi rédigé :

« III. – Les bitcoins ainsi obtenus sont transférés à la Réserve stratégique de bitcoins. »

VI. – Le troisième alinéa de l’article L. 221‑5 du code monétaire et financier est ainsi modifié :

1° Au début de la première phrase, est ajoutée une phrase ainsi rédigée :

« 25 % des montants collectés par les établissements distribuant le livret A et le livret de développement durable et solidaire et non centralisés en application des alinéas précédents sont affectés à la Réserve stratégique de bitcoins, aux fins d’acheter des bitcoins sur le marché secondaire, jusqu’à ce que l’objectif fixé au II de l’article 1er de la loi n°     du      visant à adapter la France au nouvel ordre monétaire en embrassant le bitcoin et les crypto‑monnaies soit atteint. » ;

2° À la même première phrase, après la première occurrence du mot : « Les », il est inséré le mot : « autres ».

VII. – L’article 706‑154 du code de procédure pénale est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Lorsqu’une saisie réalisée en application du présent article porte sur des actifs numériques composés de bitcoins et lorsque la condamnation entraînant la dévolution du bien est devenue définitive, les bitcoins saisis sont transférés à l’établissement public administratif Réserve stratégique de bitcoins. ».

VIII. – L’article 211‑1 du code des procédures civiles d’exécution est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Lorsqu’une saisie réalisée en application du présent article porte sur des actifs numériques composés de bitcoins et lorsque la condamnation entraînant la dévolution du bien est devenue définitive, les bitcoins saisis sont transférés à l’établissement public administratif Réserve stratégique de bitcoins ».

IX. – Les modalités d’application du VII et du VIII sont précisées par décret en Conseil d’État.

Article 2

Article 2

#

Le Gouvernement remet annuellement au Parlement un rapport d’évaluation, mentionnant le degré d’atteinte de l’objectif fixé à l’établissement public de l’État à l’article 1er, lequel peut donner lieu à un débat, notamment sur l’affectation des ressources mobilisées lorsque l’objectif est atteint.

Article 3

Article 3

#

I. – Les paiements effectués en cryptoactifs tels que mentionnés au e du III de l’article L. 112‑6 du code monétaire et financier et étant adossés à l’euro, autrement dénommés jetons de monnaie électronique en euros, sont exonérés du paiement de l’impôt sur le revenu et des cotisations sociales afférents à la réalisation d’une plus‑value, dans la limite de 200 euros par jour, lorsqu’ils sont effectués en jetons de monnaie électronique en euros et pour des biens et produits proposés par des établissements inscrits au registre du commerce et des sociétés français.

II. – Le II de l’article 150 VH du code général des impôts est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Les dispositions du présent I ne sont pas applicables aux paiements en cryptoactifs tels que mentionnés au e du III de l’article L. 112‑6 du code monétaire et financier, libellés en euros, dans la limite de 200 euros par jour, pour des achats de produits et services proposés par des établissements inscrits au registre du commerce et des sociétés français. »

III. – Le I de l’article L. 136‑6 du code de la sécurité sociale est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Les dispositions du présent I ne sont pas applicables aux paiements en cryptoactifs tels que mentionnés au e du III de l’article L. 112‑6 du code monétaire et financier, libellés en euros, dans la limite de 200 euros par jour, pour des achats de produits et services proposés par des établissements inscrits au registre du commerce et des sociétés français. »

Article 4

Article 4

#

I. – Après l’article L. 341‑3 du code de l’énergie, il est inséré un article L. 341‑3‑3 ainsi rédigé :

«  Art. L. 341‑3‑3. – La Commission de régulation de l’énergie peut instituer, par délibération, une option tarifaire expérimentale d’utilisation des réseaux publics d’électricité destinée aux consommations hautement flexibles, prévoyant :

« 1° La modulation journalière de la puissance souscrite ;

« 2° Des réductions tarifaires conditionnées à des obligations vérifiables de flexibilité, notamment la participation au mécanisme de notification d’échange de bloc de consommation ou à des contrats d’interruptibilité ;

« 3° Des pénalités en cas de non‑performance ;

« 4° La neutralité de revenu pour les gestionnaires des réseaux publics d’électricité.

« La CRE publie un rapport d’évaluation au plus tard six mois avant le terme de l’expérimentation.

II. – Le I du présent article entre en vigueur au plus tard le 1ᵉʳ juin 2026, selon des modalités fixées par délibération de la Commission de régulation de l’énergie.

III. – Après l’article L. 312‑70‑1 du code des impositions sur les biens et services, il est inséré un article L. 312‑70‑2 ainsi rédigé :

«  Art. L. 312‑70‑2. – I. – Pour l’électricité effectivement consommée par des sites éligibles lors de pas de temps pour lesquels le prix spot day‑ahead EPEX France est inférieur au prix de référence système P*, il est appliqué un taux d’accise réduit, selon les règles ci‑après :

« 1° Lorsque le prix est inférieur ou égal à 0 €/MWh, le taux est fixé à 0 €/MWh ;

« 2° Lorsque le prix est supérieur à 0 et inférieur ou égal à 40 €/MWh, le taux est égal à 20 % du taux normal applicable ;

« 3° Lorsque le prix est supérieur à 40 et inférieur ou égal à 60 €/MWh, le taux est égal à 50 % du taux normal applicable ;

« 4° Lorsque le prix est supérieur à 60 et inférieur ou égal à 65 €/MWh, le taux est égal à 75 % du taux normal applicable ;

« 5° Au‑delà de 65 €/MWh, le taux normal s’applique.

« II. – Sont éligibles les sites :

« 1° D’une puissance appelée au moins égale à 1 MW ;

« 2° Télémesurés à pas horaire ou infra‑horaire ;

« 3° Capables d’arrêt en 15 minutes ou moins, attesté par la participation à un dispositif d’interruptibilité ou au mécanisme de notification d’échange de bloc de consommation, ou équivalent ;

« 4° Respectant un plafond annuel de volumes bénéficiant du tarif réduit, fixé par décret ;

« 5° S’engageant à ne pas réinjecter ou revendre l’électricité consommée durant les pas de temps bénéficiant du tarif réduit.

« III. – Le prix de référence système P* est fixé à 65 €/ MWh. Il peut être ajusté par décret pour tenir compte des évaluations publiées par la Commission de régulation de l’énergie relatives au coût complet du parc nucléaire existant.

« IV. – Un décret précise les modalités de déclaration, de justification par télémesure, de contrôle et de sanction en cas de manquement, ainsi que les plafonds nationaux de volumes.

« V. – Le présent article s’applique à titre expérimental pour une durée de trente‑six mois à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Le Gouvernement remet au Parlement, avant le 30 septembre 2028, un rapport d’évaluation, portant sur l’impact budgétaire, la réduction des heures de prix très bas et la performance de flexibilité des sites. »

Article 5

Article 5

#

I. – Le 2° du I de l’article L. 221‑31 du code monétaire et financier est complété par un g ainsi rédigé :

« g) Les titres de créances négociés en Bourse sur cryptoactifs. »

II. – Les conditions d’application du présent article sont précisées par décret en Conseil d’État.

Article 6

Article 6

#

I. – La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

[1]  https ://legrandcontinent.eu/fr/2025/09/25/conversation‑villeroy‑de‑galhau/

[2]  https ://www.nasdaq.com/articles/fed‑chair‑jerome‑powell‑correct‑bitcoin‑competition‑gold‑not‑dollar

[3]  https ://www.banque‑france.fr/fr/strategie‑monetaire/marches/gestion‑or

[4]  https ://www.ecb.europa.eu/press/other‑publications/ire/html/ecb.ire202506.en.html

[5]  https ://www.imfconnect.org/content/dam/imf/News %20and %20Generic %20Content/GMM/
Special %20Features/Crypto %20Assets %20Monitor.pdf

[6]  https ://25446524.fs1.hubspotusercontent‑eu1.net/hubfs/25446524/The_State_of_the_
European_crypto_market.pdf

[7]  https ://legrandcontinent.eu/fr/2025/09/25/conversation‑villeroy‑de‑galhau/

[8]  https ://www.regular.eu/blog/analyse‑stablecoins‑2e‑trimestre‑2024

[9]  https ://www.forbes.com/sites/digital‑assets/article/stablecoins‑vs‑cbdcs/

[10]  https ://cryptoast.fr/yuan‑numerique‑e‑cny/

[11]  https ://home.treasury.gov/system/files/136/2024‑National‑Money‑Laundering‑Risk‑Assessment.pdf

[12]  https ://www.jbs.cam.ac.uk/2025/cambridge‑study‑sustainable‑energy‑rising‑in‑bitcoin‑mining/

[13]  https ://www.gold.org/goldhub/data/how‑much‑gold

[14]  https ://www.banque‑france.fr/fr/strategie‑monetaire/marches/gestion‑or

[15]  https ://www.bfmtv.com/crypto/bitcoin/la‑france‑doit‑elle‑vendre‑ses‑cryptomonnaies‑ou‑les‑
conserver‑comme‑son‑or‑le‑pays‑en‑possede‑plus‑de‑300‑c‑est‑le‑7eme‑au‑monde‑qui‑a‑le‑plus‑de‑bitcoins_AN‑202510040256.html

[16]  https ://cercledelepargne.com/livret‑a‑une‑pluie‑de‑records‑pour‑2024

[17] https ://www.adan.eu/publication/web‑3‑et‑crypto‑en‑france‑et‑en‑europe‑vers‑une‑adoption‑durable
‑et‑institutionnelle‑edition‑2025/

[18] https ://www.amf‑france.org/fr/actualites‑publications/communiques/communiques‑de‑lamf/pres‑de
‑40‑des‑nouveaux‑investisseurs‑en‑actions‑ont‑moins‑de‑35‑ans

[19]  https ://www.adan.eu/wp‑content/uploads/2025/04/ETUDE25‑VF‑FRANCAIS.pdf

[20]  https ://www.banque‑france.fr/fr/interventions‑gouverneur/fintechs‑et‑souverainete‑trois‑piliers‑renforcer‑ensemble

[21]  https ://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051569589/2026‑07‑01

[22]  https ://www.gfma.org/wp‑content/uploads/2025/08/bcbs‑prudential‑letter‑final‑public‑version.pdf

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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