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Lutter contre les arnaques de l’enseignement supérieur privé lucratif

Proposition de loi 11/07/2025 N° 1749 PIONANR5L17B1749
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Le secteur public de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) est aujourd’hui en grande difficulté financière. Après de nombreuses années de coupes et de stagnations budgétaires successives imposées par les gouvernements libéraux, et ce, alors même que le nombre d’étudiants a augmenté considérablement, un nouveau budget austéritaire est venu entériner une diminution d’environ 1,5 milliard d’euros de crédits (en prenant en compte l’inflation), dans le budget de l’ensemble de la mission Enseignement Supérieur et Recherche (ESR).

Ainsi amputés d’une part importante de leur budget, l’enseignement supérieur et la recherche doivent malgré tout supporter les réformes austéritaires et libérales (loi LRU ([1]), loi Fioraso, sélection à l’université ([2]), LPR ([3])…) qui leur ont été imposées ces dernières années. Un exemple parlant des restrictions imposées concerne le budget par étudiant qui a chuté de 23 points entre 2008 et 2025. La pauvreté étudiante augmente drastiquement ([4]), et s’ancre au fil des budgets dans le paysage universitaire français.

Aujourd’hui, le secteur de l’ESR est doté d’un budget total de 31,3 milliards d’euros : le déficit se creuse, les étudiants et personnels en sont les premières victimes, tandis que l’enseignement supérieur privé surfe sur cette pénurie entretenue, et en profite pour se développer, avec l’aide d’un gouvernement toujours plus enclin à faciliter l’extension du secteur.

Alors qu’elles étaient 21 en 2022, et 27 en 2023, ce sont 60 universités publiques sur 75 qui ont voté un budget en déficit en 2024. Cette évolution préoccupante s’explique par l’augmentation de dépenses obligatoires et par des décisions gouvernementales dont les impacts financiers n’ont pas été pleinement compensés (l’exemple du glissement vieillissement technicité (GVT) ([5]) ou des mesures Guérini ([6]) compensées seulement à moitié pour les fonctionnaires et pas du tout pour les contractuels illustre en partie le désengagement du gouvernement sur le sujet). 80 % des universités sont désormais en déficit ([7]) et 30 000 places en licence et en master ont déjà été supprimées dans la perspective de la rentrée 2025 selon le syndicat l’Union Étudiante ([8]). Certaines universités gèlent les recrutements, les conditions de cours se dégradent, tout comme les conditions de travail pour les personnels, les doctorants et les vacataires.

L’apprentissage facilite l’essor du secteur privé lucratif :

Le secteur privé, notamment à but lucratif, connaît une croissance décuplée par les difficultés de l’Université et la bienveillance accompagnatrice des politiques publiques. Alors que le gouvernement assèche le public, il arrose le privé de subventions et de financements, et facilite son expansion, tout en faisant mine de vouloir le contrôler.

La loi Orientation et Réussite Étudiante (ORE) a d’abord créé un instrument d’appariement - Parcoursup - largement ouvert au secteur privé, qui peut faire le choix d’y proposer des formations qui recrutent également hors de la plateforme. De plus, ces établissements ont la main sur leur fiche informative, dans laquelle ils peuvent entrer des données déclaratives non vérifiées et non vérifiables, sur la possibilité de poursuite d’étude, ou l’insertion professionnelle.

L’aide de l’État à l’enseignement supérieur privé la plus importante et la plus indirecte provient en effet du financement accordé aux entreprises finançant un apprenti. En effet, depuis son élection, le Président de la République, Emmanuel Macron, a choisi de subventionner massivement l’apprentissage. En 2023, la dépense nationale pour l’apprentissage s’élevait à 25 milliards d’euros, soit 26 000 euros par apprenti ([9]). La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel ([10]) a permis un effet d’aubaine et a largement facilité le développement de l’apprentissage. Cette manne financière bénéficie dans un premier temps largement aux entreprises qui souhaitent embaucher un apprenti, et le plus souvent aux grosses firmes : l’aide à l’apprentissage est en réalité, une aide aux entreprises qui souhaitent embaucher une main d’œuvre bon marché. Du côté enseignement, les formations privées s’accaparent largement ces financements. Les aides à l’apprentissage attirent les prédations des acteurs privés et lucratifs, qui créent des formations pour en bénéficier largement. Aujourd’hui, 84 % des formations proposées en apprentissage sur la plateforme de sélection Parcoursup sont privées, et 92 % des formations proposées par les établissements privés sans contrat avec l’État sont en apprentissage ([11]). Avec 6 000 euros pour un apprenti majeur, c’est une manne financière considérable que les formations privées récupèrent.

Cependant, il est désormais largement admis que cette généralisation de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur n’a pas produit les effets escomptés. En effet, le coût pour l’État a explosé, atteignant 8 milliards d’euros, sans distinction entre ce qui bénéficie à l’enseignement supérieur privé lucratif et le reste du secteur. Selon l’OFCE, sur le million d’emplois d’apprentis en 2023, 458 000 (soit 45 %) sont liés aux nouveaux paramètres de la prime, dont 206 000 (44 %) auraient été créés même sans aide sous une autre forme de contrat ([12]). L’OFCE démontre par ailleurs qu’en « aidant davantage les apprentis et les employeurs qui en ont le moins besoin, et moins ceux dont le risque de chômage est le plus fort ou les moyens plus limités, l’apprentissage perd sa vocation d’aide à l’insertion dans l’emploi de publics fragiles » ([13]).

La Cour des Comptes étrille la politique de soutien à l’apprentissage dans le supérieur dans l’ensemble de ses rapports sur la question depuis 2022, en parlant de « dispositif normal d’emploi le plus coûteux » produisant des « effets d’aubaine massifs ».

L’enseignement supérieur à but lucratif :

L’enseignement supérieur privé lucratif se développe trop rapidement pour en assurer le bon fonctionnement. Le rapport d’information Descamps‑Folest ([14]) a tenté de définir le lucratif dans l’enseignement supérieur et a longuement relevé le flou juridique qui entoure sa définition. Il a néanmoins été, avec toutes les nuances apportées dans le rapport précité, et à défaut de meilleurs critères, défini par son statut juridique : le statut de société commerciale permet de décider de la finalité des profits, comme le modèle actionnarial et le versement de dividendes.

Tous les établissements à but lucratif ne procèdent pas nécessairement à la distribution de dividendes ; le groupe Galileo, par exemple, affirme réinvestir l’intégralité de ses bénéfices au sein de ses propres structures. Le caractère lucratif peut toutefois être présumé dès lors que « la performance de l’établissement ne se limite pas à la recherche de l’équilibre financier, mais tend à maximiser la rentabilité. » En effet, l’immense majorité des groupes privés à but lucratif fonctionnent sous un système de LBO (leverage buy out) ou achat à effet levier. Ce modèle économique fonctionne de la manière suivante : un fonds d’investissement contracte une dette pour acheter une entreprise ou un groupe, il place cette dette sur l’entreprise achetée et va s’employer à rendre l’entreprise rentable pour la revendre quelques années plus tard avec une marge lui permettant de rembourser sa dette et de réaliser du profit. Chaque année, les actionnaires ne perçoivent pas de dividendes, mais touchent une somme conséquente à la revente à condition de pressuriser l’entreprise pour dégager une rentabilité.

Le flou juridique quant à la définition du caractère lucratif ou non des établissements d’enseignement supérieur ne permet pas d’obtenir des informations claires, notamment sur le nombre de ces formations, ou le nombre d’étudiants qui les ont choisies. Par exemple, toujours selon le rapport Descamps‑Folest, la définition précédemment exposée exclut certains établissements sous statut associatif qui « génèrent en réalité des profits en faveur de sociétés strictement commerciales avec lesquelles ils entretiennent des relations en amont ou en aval de leur propre activité ». En effet, selon l’Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche (IGAENR) ([15]), les établissements privés à structure associative peuvent être considérés comme lucratifs lorsque leurs pratiques commerciales sont concurrentielles, et qu’ils utilisent intensivement la publicité. Cette proposition de loi s’attachera à formuler une définition rigoureuse de l’enseignement supérieur à but lucratif, afin de mieux quantifier l’ampleur du phénomène, de renforcer son encadrement et de lutter plus efficacement contre les arnaques qui y sont associées.

En France, la proportion d’étudiants inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur privé à but lucratif est estimée entre 8  % et 15  % de l’ensemble des effectifs. Les effectifs sont largement minimisés, pour les raisons exposées ci‑avant. Selon le rapport Descamps‑Folest, « Sans qu’il soit possible d’avancer une statistique précise, on peut estimer qu’environ la moitié des étudiants du privé suivent leurs études dans un établissement relevant du secteur privé à but lucratif. » Ainsi, la France a perdu sa capacité de connaître précisément le nombre de ses étudiants, ce qui est une situation sans précédent et extrêmement préoccupante pour sa capacité d’action publique. La prise de contrôle d’une partie croissante de notre appareil éducatif par des entreprises et fonds de pension étrangers pose également un grave problème de souveraineté.

L’explosion des formation privées lucratives :

Les formations privées, et notamment les formations privées lucratives, sont sous le feu des projecteurs depuis la récente enquête menée par Claire Marchal : Le Cube : révélations sur les dérives de l’enseignement supérieur privé. Cette enquête met en lumière le fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur privé, et notamment ceux du groupe Galileo Global Education, leader mondial de l’enseignement supérieur privé lucratif. Le secteur du privé lucratif dans l’enseignement supérieur est en réalité dominé par cinq grands groupes : Galileo Global Education, Omnes, EduServices, Eureka et Ionis.

L’enquête illustre les dérives de la holding, qui commercialise des formations à des tarifs exorbitants, considérant les étudiants davantage comme des consommateurs que comme des apprenants. Les formations coûtent, quant à elles, en moyenne entre 6 500 euros et 10 000 euros l’année. Galiléo, à l’image des autres grands groupes à visée lucrative, a des objectifs d’optimisation qui ont des conséquences directes sur la qualité des enseignements et la qualité de vie des personnes qui y travaillent. Les étudiants ont parfois très peu d’heures de cours, assurés par des intervenants souvent extérieurs à l’établissement, et ressortent de ces formations en ayant l’impression d’avoir été délaissés et d’avoir perdu du temps et de l’argent. Les formations font miroiter de forts taux d’embauche à des étudiants précaires, en manipulant parfois leurs indicateurs de performance (taux de réussite et d’insertion professionnelle) pour satisfaire des exigences de communication.

Ces formations ciblent les publics les plus précaires, en leur promettant de bénéficier des aides à l’apprentissage, en relevant artificiellement les taux d’insertion, et finalement, en s’engouffrant dans les failles d’une université publique délaissée par le gouvernement tout en surfant sur les dysfonctionnements de Parcoursup.

Ces établissements vendent à prix d’or des formations en faisant miroiter des diplômes de qualité, utilisant abusivement les termes « bachelor », « mastère », « République française », « diplôme universitaire », « reconnu par le rectorat », ou « labellisé ». Ces formations se confondent volontairement avec l’existant et ce qui est reconnu par l’État. Si elles peuvent s’appuyer sur certains éléments factuels il n’en demeure pas moins qu’elles induisent en erreur les étudiants et futurs étudiants quant aux qualités substantielles de la prestation de service. De plus, ces allégations peuvent altérer le choix de cursus des étudiants. Par conséquent, de tels faits peuvent être qualifiés de pratique commerciale trompeuse par action au sens de l’article L. 121‑2 du code de la consommation.

Les étudiants s’endettent, et terminent leurs études avec des diplômes qui ne leur permettent pas de s’insérer professionnellement, et ce, lorsque leur formation ne ferme pas en cours d’année, comme ce fut récemment le cas pour le campus IES de Poitiers[16].

Par deux fois la puissance publique a facilité la confusion entre les diplômes universitaires et les attestations délivrées par des institutions privées. Par exemple, en 1999 le ministre chargé de l’enseignement supérieur crée le grade de « mastaire » transformé en « master » en 2002. De même en 2019, le Diplôme universitaire de technologie est transformé en « Bachelor universitaire de technologie ». Le choix de termes anglais, n’ayant aucune antériorité au sein de l’université française, ne peut s’expliquer que par volonté d’entretenir une confusion profitable seulement au secteur privé hors‑contrat et permettant de contourner les interdictions posées par la loi de 1880.

Le cadre national des diplômes de l’enseignement supérieur doit être rétabli. L’avalanche de labels ne permet pas d’apporter de la visibilité aux familles ou de l’homogénéité aux diplômes. Le rapport d’information est tranchant : « la multiplication des labels et les différentes formes de reconnaissance existantes auxquels correspondent autant d’intitulés rendent le système illisible pour l’usager »[17]. Un cadre national doit être établi et être inscrit dans la loi.

Le diplôme, une marchandise pas comme les autres

La marchandisation de l’enseignement supérieur implique de considérer le diplôme comme une marchandise. Or, le diplôme présente plusieurs caractéristiques l’empêchant d’être une marchandise comme une autre[18].

En premier lieu, le diplôme est inaliénable et non‑transférable : son détenteur ne peut pas le revendre et l’a donc pour la vie entière, contrairement à une marchandise classique.

Ensuite, c’est un bien symbolique et immatériel : il est difficile de lui fixer un prix, notamment car il est difficilement comparable, et que son acheteur ne peut mesurer sa vraie valeur que plusieurs années après l’achat, période durant laquelle sa valeur peut fluctuer.

Enfin, le diplôme est co‑produit par le consommateur : la valeur d’un diplôme est indissociable de l’effort mis par l’étudiant à l’obtenir, mais aussi indissociable de ses caractéristiques socio‑économiques, qui conditionnent beaucoup le rendement des diplômes sur le marché du travail.

Ces différences fondamentales entre une marchandise classique et un diplôme rendent le « marché » de l’enseignement supérieur en grande partie inopérant. C’est ce qui explique l’échec de la libéralisation sans contrôle. Cette absence de régulation d’un marché que tous les pays du monde régulent a conduit la France dans une situation dangereuse où sa capacité à former la main d’œuvre dont elle va avoir besoin est obérée.

Subventionner l’enseignement privé lucratif biaise encore plus ce marché déjà trop dysfonctionnel, notamment en créant des effets d’aubaine et en créant des distorsions empêchant l’établissement du juste prix et la régulation naturelle des acteurs. C’est pourquoi aucune subvention publique ne doit financer, directement ou indirectement, le secteur privé lucratif.

Nous réaffirmons avec force le caractère national du service public de l’enseignement supérieur. Il est impératif de préserver et de consolider le cadre national des diplômes, garant de l’égalité et de la cohérence des formations sur l’ensemble du territoire. Les établissements publics d’enseignement supérieur doivent être protégés, soutenus et dotés des moyens financiers nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. Les personnels doivent bénéficier d’une titularisation leur garantissant la stabilité et la dignité de leurs conditions de travail. L’enseignement supérieur n’est pas une marchandise, il n’est pas gouvernable par le marché, ou par quelque main invisible.

Le nutri‑score de l’ESR

Face à cela, et notamment face aux nombreuses alertes de la communauté de l’ESR, le gouvernement fait mine d’agir. En réalité, il a lui‑même orchestré ce problème, et continue à l’alimenter. Ces dernières années, le gouvernement a instauré une série de labels destinés à garantir l’authenticité des diplômes. Cependant, la multiplication de ces labels, dont les similitudes sont nombreuses, engendre une certaine confusion au sein des familles et des étudiants. En outre, les critères exigés pour leur obtention demeurent insuffisamment définis.

Les titres RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles), dont se targuent la plupart des formations lucratives, sont délivrés par le ministère du Travail, et non par le ministère de l’Enseignement supérieur. Un titre RNCP permet de justifier des compétences professionnelles d’une formation garantissant l’adéquation entre la formation et les besoins économiques immédiats, et non la qualité ou la durabilité. Or, ce titre ne préserve ni des cursus factices, ni des dérives précédemment constatées puisque les formations lucratives sont éligibles à la certification RNCP, et s’en servent d’ailleurs pour accéder aux subventions du CPF. Certaines formations privées louent par ailleurs des titres RNCP, pour un coût d’environ 1 000 euros par élève, en toute légalité pour gagner en crédibilité ([19]). Certaines encore, 100 % en alternance, sont certifiées « diplôme d’État RNCP » alors même qu’elles n’ont jamais été contrôlées par le ministère de l’enseignement supérieur ou le HCERES. Le RNCP est devenu un label qualifiant, alors même qu’il est au cœur d’une prédation financière par les établissements privés à but lucratif.

Aujourd’hui, seuls les diplômes nationaux, comme les BTS ou les visas ou grades relèvent du ministère de l’enseignement supérieur et offrent l’assurance de sérieux et de contrôle de la part du ministère chargé de la formation de la jeunesse. La plupart des établissements (ceux qui ne proposent que des titres RNCP) échappent totalement au contrôle du ministère de l’Enseignement supérieur. Les BTS sont aujourd’hui l’objet d’une prédation marchande préoccupante de la part de structures privées lucratives. En effet, la législation actuelle permet à tout opérateur, y compris non reconnu par l’État, de proposer une préparation à un BTS, sans qu’il soit nécessaire d’obtenir une habilitation de l’Éducation nationale. Les familles sont rarement en capacité de faire la différence entre « BTS » et « préparation au BTS », et aucune information légale n’est prévue.

Cette libéralisation poussée à l’extrême et sans contrôle a permis à des établissements hors contrat d’investir ce marché. Or, les résultats aux examens illustrent les limites de ce modèle : le taux d’échec en formation initiale dans les établissements hors contrat atteint 39 %, contre 25 % pour l’ensemble de candidats, et il s’élève à 61 % pour les formations à distance[20].

Malgré l’inefficacité constatée des labels à l’image des numéros verts, récemment, et suite aux révélations faites par Claire Marchal dans son enquête, la ministre de l’Éducation Elisabeth Borne a annoncé le renforcement du label Qualiopi.

Dans le supérieur, Qualiopi labellise les formations publiques accréditées par le biais du HCERES ([21]), et les formations privées par le biais du comité consultatif pour l’enseignement supérieur privé (CCESP). Les écoles d’ingénieurs sont évaluées par la Commission des titres d’ingénieur (CTI). Elisabeth Borne souhaite renforcer ce label sans donner davantage d’informations. Or, il se confond déjà avec les autres labels existants (La certification ISO 9001, l’accréditation AACSB, le label CGE, le RNCP, l’EESPIG…) troublant le message délivré.

De plus, Qualiopi privatise les missions de reconnaissance des titres et de leur contrôle. En effet l’agrément n’est pas délivré par les services de l’État mais par des organismes certificateurs privés qui tirent leurs revenus des audits réalisés auprès des sociétés qu’ils évaluent, ce qui crée un risque de conflit d’intérêt. Les organismes certificateurs, privés, doivent néanmoins obtenir l’accréditation COFRAC pour délivrer le label Qualiopi. Or, selon la Cour des Comptes, certains de ces organismes commencent à délivrer la certification Qualiopi avant d’avoir été eux‑mêmes certifiés par l’accréditation COFRAC ([22]).

La Cour des comptes estime par ailleurs que le label Qualiopi ne garantit pas la qualité du contenu des formations, seulement celle des « process ». Elle constate également un manque de contrôle et des dérives persistantes dans l’utilisation des fonds publics malgré le label, elle estime que Qualiopi n’apporte pas de garantie sur la pertinence des formations pour l’insertion professionnelle, et recommande la mise en place d’un plan de lutte contre les fraudes ciblant particulièrement la certification. Finalement, Elisabeth Borne veut renforcer une certification qui a démontré son inefficacité et sa lourdeur administrative, faute de lutter réellement contre les dérives des formations privées.

Enfin, Philippe Baptiste, ministre délégué à l’Enseignement supérieur, s’insère lui aussi dans cette stratégie en annonçant développer un agrément pour les formations privées sur Parcoursup, agrément qu’elles pourront afficher comme instrument de communication et de promotion supplémentaire, et ce, sans en dévoiler plus sur les critères d’obtention de l’agrément. Les formations qui ne recevraient pas l’agrément seraient, quant à elles, supprimées de la plateforme Parcoursup. Or, considérant les lourds dysfonctionnements de la plateforme, considérant la sélection généralisée que le gouvernement organise à l’aide de Parcoursup, considérant les longs délais de réponse ; aujourd’hui, la mention « Hors Parcoursup » est devenu un argument commercial à part entière pour les formations privées voulant séduire les familles et les futurs étudiants[23].

Dans l’ambiance feutrée des salons de l’étudiant, les établissements publics se mêlent aux établissements privés et aux établissements lucratifs. Presque indifférenciées, les formations adoptent les mêmes codes, les labels se mélangent, tant et si bien que les formations hors Parcoursup ressortent du lot, et attirent les publics, quand bien même elles proposent des diplômes non reconnus par l’État. Les ambassadeurs des formations hors Parcoursup se servent de leur absence de la plateforme de sélection dysfonctionnelle pour proposer des inscriptions aux étudiants stressés, qui pour certains acceptent, se font piéger par des frais de pré‑inscription, et tombent ensuite en déconvenue.

La labellisation des établissements doit être intégralement repensée. En multipliant les labels, le gouvernement a créé une sorte de nutri‑score illisible de l’ESR, venant récompenser les formations qui correspondent le mieux à des critères flous, établis en fonction de l’offre existante et non pas en fonction des besoins. Certains établissements échappent complètement au contrôle du ministère de l’ESR, et ne sont jamais sanctionnés, alors même que leurs arnaques sont connues par les autorités.

Ainsi, cette proposition de loi a pour objectif d’encadrer plus strictement le secteur de l’enseignement supérieur, afin de prévenir et de sanctionner les arnaques constatées : lucratif, délivrance de diplômes non reconnus, pratiques publicitaires trompeuses, ou encore manquements graves imputables à certains établissements. Elle a également pour objectif d’interdire l’enseignement supérieur privé à but lucratif, qui fait du savoir une marchandise, qui considère les étudiants comme de simples clients, et qui subordonne l’éducation libre, commune et partagée à des logiques de profits, au détriment de la mise en commun des savoirs. Cette proposition de loi vise à lutter contre les arnaques au diplôme et à la formation, et à préserver, in fine, le modèle de l’université publique.

Ainsi,

L’

Article 1er

Article 1er

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Le chapitre II du titre III du livre VII de la troisième partie du code de l’éducation est ainsi modifié :

1° À la fin de l’intitulé du chapitre II, les mots : « à but non lucratif » sont supprimés ;

2° Après l’intitulé du même chapitre II, est insérée la division suivante :

« Section 1

« Rapports entre l’État et les établissements d’enseignement supérieur privés à but non lucratif » 

3° Est ajoutée une section 2 ainsi rédigée :

« Section 2

« Rapports entre l’État et les établissements d’enseignement supérieur privés à but lucratif

« Art. L. 732‑4. – Relève de l’enseignement supérieur privé à but lucratif tout établissement d’enseignement supérieur de droit privé établi sur le territoire français dont un des objectifs est la réalisation de profits par la vente de prestations de formation, indépendamment de la destination de ces profits. 

« Art. L. 732‑5. – L’exploitation, la création, l’ouverture, la direction, le financement, la gestion ou la promotion d’un établissement d’enseignement supérieur privé à but lucratif sont interdites sur l’ensemble du territoire. 

« Art. L. 732‑6. – Le fait d’ouvrir une formation ou un établissement d’enseignement supérieur privé au caractère lucratif est puni d’une peine de 100 000 euros d’amende et de la fermeture de l’établissement. La peine complémentaire d’interdiction d’ouvrir et de diriger un cours ou un établissement d’enseignement supérieur ainsi que d’y enseigner, à titre définitif ou pour une durée de cinq ans au plus, est également encourue. 

« Art. L. 732‑7. – Les établissements d’enseignement supérieur privés à but lucratif existant à la date d’entrée en vigueur de la présente loi disposent d’un délai de deux ans pour se transformer en structures à but non lucratif ou cesser leur activité. 

« À l’issue de ce délai, toute personne physique ou morale dirigeant un établissement de ce type est punie de la peine prévue à l’article L. 732‑6.

« Art. L. 732‑8. – Les agents mentionnés à l’article L. 511‑3 du code de la consommation sont habilités à rechercher et constater les infractions prévues au présent article. Ils disposent des pouvoirs prévus à l’article L. 511‑5 du même code. »

Article 2

Article 2

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Le livre III de la sixième partie du code du travail est ainsi modifié :

1° À l’article L. 6313‑7, après le mot : « formations », sont insérés les mots : « non lucratives délivrées par un organisme de formation à but non lucratif au sens de l’article L. 732‑1 du code de l’éducation, » ;

2° L’article L. 6332‑15 est ainsi rétabli :

« Art. L. 6332‑15. –  Les financements versés au titre des niveaux de prise en charge définis à l’article L.6332‑14 du code du travail ne peuvent être attribués qu’à des organismes publics ou des organismes à but non lucratif au sens de l’article L. 732‑1 du code de l’éducation. »

Article 3

Article 3

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L’article L. 216‑11 du code de l’éducation est ainsi modifié :

1° Après le mot : « supérieur » est inséré le mot : « publics » ;

2° Après le mot : « recherche » est inséré le mot : « publics ».

Article 4

Article 4

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L’article L. 731‑14 du code de l’éducation est ainsi modifié :

1° Le premier alinéa est ainsi modifié :

a) La première phrase est complétée par les mots : « ou tout autre titre confusionnel avec le terme d’université » ;

b) À la fin de la seconde phrase, les mots : « ou de doctorat » sont remplacés par les mots : « , de doctorat, de bachelor ou de master, ou de tout autre titre confusionnel » ;

2° Au deuxième alinéa, les mots : « ou de faire décerner des certificats portant le titre de baccalauréat, de licence ou de doctorat, est puni de 30 000 euros » sont remplacés par les mots : « ou tout autre titre confusionnel ou de faire décerner des certificats portant un titre confusionnel prohibé par le présent article est puni de 100 000 euros » ;

3° Le dernier alinéa est remplacé par deux alinéas ainsi rédigés :

« Les personnes physiques encourent les peines complémentaires prévues à l’article L. 132‑3 du code de la consommation.

« Les agents mentionnés à l’article L. 511‑3 du code de la consommation sont habilités à rechercher et constater les infractions prévues au présent article. Ils disposent des pouvoirs prévus à l’article L. 511‑5 du même code. »

Article 5

Article 5

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Après l’article L. 6355‑1 du code du travail, il est inséré un article L. 6355‑2 A ainsi rédigé :

« Art. L. 6355‑2 A. – La cession, la location ou toute autre forme de mise à disposition gratuite ou onéreuse de titres à finalités professionnelles enregistrés au répertoire national des compétences professionnelles par un établissement non légalement habilité en tant qu’organisme certificateur à un organisme d’enseignement supérieur est interdite. Toute infraction à cette disposition est passible des sanctions prévues à l’article L. 6355‑23. »

Article 6

Article 6

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La section 11 du chapitre IV du titre II du livre II du code de la consommation est ainsi modifiée :

1° L’intitulé est complété par les mots : « et formation privée » ;

2° L’article L. 224‑103 est ainsi rédigé :

« Art. L. 224 ‑103. – Les dispositions de la présente section s’appliquent à tous contrats ayant pour objet des prestations d’enseignement et de formations, conclues entre un professionnel et un consommateur, y compris ceux établis à distance. » ;

3° Sont ajoutés des articles L. 224‑103‑1 à L. 224‑103‑8 ainsi rédigés :

« Art. L. 224‑103‑1. – Ces contrats sont établis pour une durée déterminée, qui ne peut être supérieure à un an ; ils ne peuvent être renouvelés par tacite reconduction et doivent être renouvelés par accord entre les deux parties au terme de chaque année pédagogique.

« Art. L. 224‑103‑2. – Le prix figurant dans le contrat correspond à la somme nécessaire pour la réalisation du contrat.

« Le professionnel ne peut exiger au cours de l’exécution du contrat tout frais supplémentaire.

« Le professionnel ne peut exiger du consommateur toute dépense, notamment d’achat ou de location de matériel qui excède les pratiques usuelles pour pouvoir suivre un enseignement.

« Art. L. 224‑103‑3. – Le professionnel ne peut exiger le versement de frais de réservation, de frais de dossier ou de frais administratifs préalables à l’inscription.

« Art. L. 224‑103‑4. – Le consommateur dispose d’un droit de rétractation de trente jours à compter du début de la réalisation de la prestation si la prestation est d’une durée supérieure à un mois, et de sept jours si elle lui est inférieure ou égale. L’exercice du droit de rétractation par le consommateur n’entraîne aucun frais.

« Le professionnel ne peut recevoir avant l’expiration de ce délai de rétractation aucun paiement ou dépôt sous quelque forme que ce soit.

« Art. L. 224‑103‑5. – Si la prestation d’enseignement ou de formation dépasse un mois, le paiement du prix mentionné au contrat est mensualisé.

« La mensualité correspond au prix total du contrat divisé par le nombre de mois de la durée de la prestation de service.

« Art. L. 224‑103‑6. – À peine de nullité, les conditions dans lesquelles l’enseignement à distance est donné aux co‑contractants du professionnel sont précisées dans le contrat, notamment en ce qui concerne le service d’assistance pédagogique, les directives du travail, les travaux à effectuer, leur correction et les modalités de contrôle de connaissances.

« À peine de nullité, également, il doit en outre être annexé à ce contrat le plan d’études, qui comporte des indications sur le niveau des connaissances préalables, le niveau des études, leur durée moyenne et les emplois auxquels elles préparent. La fourniture des livres, objets ou matériels doit être comptabilisée à part.

« Art. L. 224‑103‑7. – Jusqu’à l’expiration d’un délai de trois mois à compter du début de l’exécution de la prestation, le contrat peut être unilatéralement résilié par le co‑contractant du professionnel moyennant une indemnité dont le montant ne saurait excéder 10 % du prix du contrat, fournitures non comprises. Les sommes déjà versées peuvent être retenues à due concurrence.

« Le professionnel ne peut exiger le versement des mensualités restantes mentionnées sur le contrat.

« Art. L. 224‑103‑8. – En cas de non réalisation de tout ou partie de la prestation prévue par le contrat, le professionnel rembourse au co‑contractant le double des mensualités déjà versées. »

Article 7

Article 7

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La sous‑section 10 de la section 4 du chapitre II du titre IV du livre II du code de la consommation est ainsi modifiée :

1° L’intitulé est complété par les mots : « et formation privée » ;

2° Après l’intitulé, est insérée la division suivante :

« Paragraphe 1

« Sanctions civiles » ;

3° L’article L. 242‑43 est ainsi rédigé :

« Art. L. 242‑43. – Le non‑respect des dispositions prévues de l’article L.  224‑103‑1 à L. 224‑103‑7 entraîne la nullité du contrat. Le professionnel rembourse à son co‑contractant le double des sommes qui ont été versées dans le cadre du contrat. » ;

4° Après le même article L. 242‑43, il est inséré un paragraphe 2 ainsi rédigé :

« Paragraphe 2

« Sanctions pénales

« Art. L. 242‑43‑1. – Tout manquement aux dispositions des articles L. 224‑103‑1 à L. 224‑103‑7 est passible d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale et peut être assortie, à titre de peine complémentaire, d’une interdiction d’exercer temporairement ou définitivement l’activité de dirigeant d’un organisme de formation professionnelle..

« Cette amende est prononcée dans les conditions prévues au chapitre II du titre II du livre V. »

Article 8

Article 8

#

I. – Au 4° de l’article L. 511‑6 du code de la consommation, après la référence : « 5, », est insérée la référence : « 11, ».

II. – Les articles L. 444‑7 et L. 444‑8 du code de l’éducation sont abrogés.

Article 9

Article 9

#

La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

([1]) Loi Relative aux libertés et aux responsabilités des Universités :
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000824315

([2])  Loi ORE : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000036683777

([3]) Loi de Programmation de la Recherche :
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042738027

([4])  https://unef.fr/wp-content/uploads/2024/08/Enquete-mensonges-du-gouvernement-UNEF-2024.pdf

([5])  Glissement Vieillesse Technicité

([6])  140 millions d’euros n’ont pas été compensés au niveau national.

([7]) https://www.letudiant.fr/educpros/enquetes/pourquoi-la-majorite-des-universites-seront-en-deficit-a-la-fin-de-lannee.html

([8]) https://union-etudiante.fr/le-mouvement-etudiant-samplifie-pres-de-la-moitie-des-universites-mobilises-le-11-fevrier/

([9])  https://ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2024/OFCEpbrief135.pdf

([10])  https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037367660/

([11]) https://www.aefinfo.fr/depeche/730364-parcoursup-2025-83-des-bts-prives-et-89-des-formations-privees-en-communication-et-marketing-sont-en-apprentissage

([12])  https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2024/OFCEpbrief135.pdf

([13]) Coquet, M. (2023). Quel avenir pour l’apprentissage ? OFCE Policy Brief, n° 122, Observatoire Français des Conjonctures Économiques.

([14]) https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/cion-cedu/l16b2458_rapport-information#_Toc256000004

([15])  Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche (IGAENR), L’enseignement supérieur privé : propositions pour un nouveau mode de relations avec l’État, juin 2015.

([16]) https://www.mediapart.fr/journal/france/190425/la-fin-brutale-d-une-ecole-de-commerce-privee-poitiers#:~:text=Du%20distanciel%20%C3%A0%20gogo%2C%20une,carreau%20en%20cours%20d'ann%C3%A9e.

([17]) https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/cion-cedu/l16b2458_rapport-information

([18]) https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/etre-et-savoir/enseignement-superieur-faut-il-se-mefier-du-prive-a-but-lucratif-9596530

([19])  https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/enquete-location-ou-faux-diplomes-comment-l-enseignement-superieur-est-devenu-un-veritable-marche-sur-le-dos-des-etudiants-2904419.html

([20]) https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/parcours-et-reussite-en-section-de-technicien-superieur-les-indicateurs-incluant-la-session-2024-99190

([21])  Le haut conseil qui par ailleurs a été supprimé par l’assemblée nationale lors de la première lecture du projet de loi de simplification de la vie économique

([22]) https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-10/20230630-Formation-professionnelle-salaries.pdf?

([23]) https://cafepedagogique.net/2025/06/03/ne-pas-etre-sur-parcoursup-est-un-argument-commercial/

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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