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Renforcer l’équité, la transparence et l’efficacité des zones à faibles émissions mobilité

Proposition de loi 11/07/2025 N° 1718 PIONANR5L17B1718
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Créées par la loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019, puis rendues obligatoires dans certaines agglomérations par la loi Climat et résilience du 22 août 2021, les zones à faibles émissions mobilité (ZFE) visent un triple objectif : améliorer la qualité de l’air, se conformer au droit européen, et protéger la santé publique.

Les ZFE répondent avant tout à une urgence sanitaire bien documentée. Chaque année, la pollution de l’air est responsable de 40 000 décès prématurés en France, selon Santé publique France ([1]) ‑ soit l’équivalent de la population d’une ville comme Arles ou Arras. Parmi les principaux polluants concernés figurent les particules fines (PM2,5) et les oxydes d’azote (NOx), ces derniers causant à eux seuls 7 000 décès chaque année. Les effets sur la santé sont connus : affections respiratoires, maladies cardio‑vasculaires, troubles neurologiques, et même atteintes fœtales in utero.

Les populations les plus exposées sont aussi les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, personnes précaires. Les quartiers populaires, souvent situés à proximité des grands axes routiers ou des zones logistiques, cumulent inégalités sociales et surexposition à la pollution. À Paris, les habitants les plus modestes ont trois fois plus de risques de mourir lors d’un pic de pollution que les plus aisés ([2]).

Le secteur des transports est l’un des principaux responsables de cette pollution : il représente près de la moitié des émissions de NOx et 10 % des particules fines à l’échelle nationale. Ces chiffres grimpent dans les grandes agglomérations. À Lille, par exemple, le trafic routier est responsable de 65 % de la pollution aux NOx ([3]) et de 28 % de celle aux particules fines.

Le coût économique de l’inaction est lui aussi alarmant : entre 67 et 98 milliards d’euros par an selon le Sénat ([4]), soit plus de 1 000 euros par habitant. Ces montants traduisent les dépenses de santé, les pertes économiques et les impacts sociaux d’un air pollué. Supprimer les ZFE sans les remplacer par des mesures d’effet équivalent reviendrait non seulement à mettre en danger la santé des plus vulnérables, mais aussi à fragiliser nos finances publiques.

Les conséquences juridiques et financières d’un affaiblissement du dispositif seraient lourdes. Déjà condamnée à trois reprises ‑ en 2020, 2022 et 2023 ‑ par le Conseil d’État pour non‑respect de ses obligations européennes en matière de qualité de l’air ([5]), la France s’expose à de nouvelles sanctions. Elle pourrait également devoir rembourser plusieurs centaines de millions d’euros de subventions, avec un manque à gagner estimé entre 3 et 6 milliards d’euros d’ici 2027.

Malgré ces éléments, l’objectif sanitaire des ZFE est de plus en plus souvent occulté, déformé et instrumentalisé. Le débat politique qui les entoure est régulièrement tronqué : leur fondement sanitaire s’efface derrière des polémiques alimentées par la désinformation, au point de faire des ZFE un symbole de contrainte plutôt qu’un levier de protection et de justice.

À côté des discours démagogiques, certaines inquiétudes exprimées par les citoyens sont légitimes, et trop souvent alimentées par l’incohérence et l’injustice sociale des politiques gouvernementales. Alors que l’urgence nécessite clarté, accompagnement et solidarité, les pouvoirs publics ont laissé s’installer un flou : communication nationale peu lisible, insuffisance des mesures de soutien, déclarations contradictoires, reculs assumés. Pire, le gouvernement a multiplié les décisions incohérentes ou contre‑productives : coupes dans le bonus écologique, renoncements sur le leasing social, sous‑investissement chronique dans les transports collectifs. En renvoyant la charge politique et financière aux collectivités locales, l’État a manqué à son rôle de pilote et affaibli la légitimité du dispositif.

Et pourtant, les ZFE ont déjà permis d’obtenir des résultats. À l’échelle européenne, leur efficacité est démontrée. En Allemagne, elles ont permis de réduire de 2 à 4 % la prévalence de certaines maladies chroniques (respiratoires et circulatoires), selon l’Institute of Labor Economics (IZA) ([6]). À Londres, Berlin ou Lisbonne, des baisses significatives de la pollution ont été enregistrées. Au total, l’ADEME recense aujourd’hui 315 ZFE actives en Europe([7]). Parce que les ZFE ne sont ni une exception française, ni une expérimentation isolée, mais un dispositif largement déployé en Europe, les retours d’expérience étrangers permettent d’identifier les freins concrets et de proposer des améliorations ciblées du modèle français.

Pour autant, les limites du modèle français, ses angles morts sociaux et les lacunes de sa mise en œuvre appellent des ajustements urgents. C’est à ces difficultés concrètes que cette proposition de loi entend répondre, en s’appuyant sur quatre constats :

1) Le dispositif manque de clarté et l’accompagnement des ménages reste insuffisant

Les ZFE souffrent d’un déficit de lisibilité et de cohérence, qui freine leur appropriation par les citoyens. Trop souvent, leur mise en œuvre s’accompagne d’une communication tardive, partielle ou peu accessible. À Strasbourg, par exemple, une concertation menée par l’Eurométropole a révélé que 53 % des habitants ignoraient ce qu’est une ZFE et comment elle serait déployée localement ‑ une méconnaissance encore plus marquée dans les quartiers prioritaires, pourtant les plus exposés à la pollution. Ce manque d’information renforce le sentiment d’opacité et alimente les tensions autour du dispositif.

Ce déficit de clarté et d’accessibilité est aggravé par l’absence d’un cadre commun de dérogations. Aujourd’hui, celles‑ci sont uniquement définies de manière disparate selon les territoires, ce qui alimente un sentiment d’inégalité entre citoyens, nourrit l’impression d’injustice et rend le dispositif difficilement lisible pour les usagers. Cette hétérogénéité fragilise l’acceptabilité sociale des ZFE, notamment auprès de publics sans alternative immédiate : personnes en situation de handicap, travailleurs de nuit, familles modestes vivant en zones peu ou mal desservies par les transports. Clarifier au niveau national les régimes de dérogation constitue donc un levier essentiel pour renforcer l’équité, la lisibilité et la légitimité du dispositif, tout en laissant aux collectivités une marge de manœuvre indispensable pour adapter les règles aux réalités et besoins locaux.

En parallèle, les aides à l’accompagnement des ménages ont été fortement réduites. Entre 2018 et 2023, environ 550 000 ménages ont pu bénéficier d’aides à l’achat de véhicules moins polluants, dont 72 % non imposables. Mais depuis 2024, ces dispositifs ont été fragilisés : la loi de finances pour 2025 a réduit de moitié le budget consacré au verdissement du parc automobile (de 1,5 milliard à 700 millions d’euros). La prime à la conversion a disparu, tout comme la surprime qui existait dans les ZFE, quelques semaines avant l’échéance d’interdiction des Crit’Air 3.

Or, le prix d’un véhicule à faibles émissions reste hors de portée pour de nombreux ménages précaires. En outre, les dispositifs existants sont souvent complexes à mobiliser, en raison de la multiplicité des acteurs et de l’absence de guichet unique. Une politique de ZFE socialement juste suppose donc un accompagnement financier renforcé, mieux ciblé, plus lisible, et articulé à une offre crédible d’alternatives. À Strasbourg, 50 millions d’euros d’aides ont été versées à des ménages (accessibles à 82 % des foyers fiscaux), avec un renforcement parallèle des transports collectifs.

2) La classification Crit’Air est injuste et incohérente

Le système actuel d’attribution des vignettes Crit’Air favorise les véhicules récents, souvent lourds et coûteux, au détriment de petits modèles plus anciens, pourtant plus sobres. Il crée ainsi une distorsion sociale majeure : les ménages modestes, qui roulent le plus souvent dans des véhicules légers classés Crit’Air 3 ou 4, sont ciblés par les restrictions, tandis que des SUV imposants et polluants peuvent continuer de circuler grâce à leur motorisation récente.

Ce classement entretient un sentiment d’injustice, car il ignore les enjeux de sobriété matérielle, de poids et d’accessibilité économique. Certains véhicules lourds, notamment les SUV les plus imposants, émettent certes peu de polluants à l’échappement, mais consomment davantage d’espace public, présentent un risque accru pour les piétons et cyclistes, et génèrent une quantité importante de particules fines issues de l’abrasion des pneus et des freins, directement liée à leur masse.

Il est donc urgent de réviser les critères Crit’Air pour intégrer la masse des véhicules. Une telle réforme permettrait de revaloriser les véhicules légers – même anciens – et de pénaliser les modèles les plus lourds, dont l’impact environnemental est plus élevé sur l’ensemble de leur cycle de vie. C’est une condition indispensable pour rendre les ZFE socialement acceptables, écologiquement cohérentes et politiquement crédibles.

3) Le dispositif de leasing social est mal encadré, peu transparent et inégalement accessible

Le lancement du leasing social en décembre 2023 a suscité un fort engouement, démontrant l’intérêt des Françaises et des Français pour les véhicules électriques lorsque des offres accessibles sont proposées. Mais cette première édition a aussi révélé des fragilités importantes en matière de pilotage, de transparence et d’usage des fonds publics. Le contrat entre l’État, les constructeurs et les sociétés de leasing mérite d’être plus transparent et de fixer des critères d’efficacité stricte. Disparités de frais, pressions commerciales, exigences de caution ou frais additionnels non anticipés : plusieurs pratiques ont pu contredire les objectifs sociaux du dispositif, rendant son accès inégal, y compris pour des ménages pourtant éligibles.

C’est pourquoi une clarification du cadre de gestion s’impose. Plusieurs ONG (Transport & Environment, Réseau Action Climat, UFC‑Que Choisir, Secours Catholique) ([8]) ont appelé à renforcer son encadrement pour la période 2026‑2030. Il est nécessaire que l’État ré‑assume ses responsabilités de régulateur et de pilotage sur la structuration du dispositif, en posant des exigences précises et opposables aux opérateurs. Cela suppose de sortir du pilotage flou actuel, pour aller vers un modèle encadré garantissant une offre lisible, des pratiques commerciales équitables et un véritable respect des objectifs sociaux et environnementaux fixés par la puissance publique.

4) Les soutiens publics aux industriels restent déconnectés des objectifs de transition

Enfin, la transition vers une mobilité propre ne peut reposer uniquement sur les ménages. Depuis 2020, l’industrie automobile bénéficie de soutiens publics massifs ‑ subventions, crédits d’impôt, aides à l’investissement ‑ sans conditions suffisantes sur l’emploi, la relocalisation ou la performance environnementale. Pourtant, les constructeurs ont privilégié une stratégie de montée en gamme, réduisant les volumes produits et concentrant leur offre sur des véhicules lourds, chers et inaccessibles pour une majorité de Français. Entre 2019 et 2024, le prix moyen d’un véhicule neuf a augmenté de 45 %, soit deux fois plus que l’inflation ([9]). Malgré des bénéfices records (+128  % de marge entre 2014 et 2023 ([10])), le secteur s’est éloigné du marché de masse.

Dans le même temps, les flottes professionnelles, soumises à des quotas de verdissement par la loi LOM, progressent trop lentement, comme l’a souligné le rapport Leseul‑Fiévet[11] publié en décembre 2024. Or leur renouvellement fréquent – tous les trois à cinq ans – constitue un levier stratégique pour alimenter rapidement le marché de l’occasion en véhicules électriques accessibles.

Face à ces limites, la seule réponse cohérente et responsable est d’améliorer le déploiement des ZFE en les rendant plus lisibles, mieux accompagnées, plus justes socialement, plus efficaces écologiquement et à la hauteur de l’urgence de santé publique. C’est tout l’enjeu de cette proposition de loi portée par le groupe Écologiste et social : renforcer le pilotage public du dispositif, corriger ses angles morts sociaux et garantir que la transition écologique reste à la fois ambitieuse sur le plan sanitaire et équitable sur le plan social.

Titre IER – Mieux accompagner les citoyens dans la mise en œuvre des ZFE, par une meilleure information, un accès simplifié aux aides et un encadrement national des dérogations individuelles, laissant une marge d’adaptation aux réalités locales.

L’

Article 1er

Article 1er

#

Le III de l’article L. 2213‑4‑1 du code général des collectivités territoriales est complété par neuf alinéas ainsi rédigés :

« La mise en œuvre des zones à faibles émissions mobilité fait également l’objet d’une campagne d’information nationale, organisée par l’État, d’une durée minimale de quatre mois lors de la première mise en œuvre, puis renouvelée à intervalles réguliers afin de garantir une information continue du public.

« Cette campagne porte à la connaissance du public :

« 1° Les raisons motivant la création des zones à faibles émissions mobilité, en particulier les effets de la pollution de l’air sur la santé, notamment des personnes les plus vulnérables ;

« 2° Les alternatives à l’usage individuel de la voiture au sein du périmètre concerné, notamment l’offre de transport public, y compris le transport à la demande ;

« 3° Les périmètres concernés ;

« 4° Les restrictions de circulation mises en œuvre ainsi que les dérogations prévues ;

« 5° Les aides mobilisables par les citoyens concernés, notamment pour l’acquisition ou la location de véhicules à faibles émissions, ou pour la conversion de véhicules thermiques en véhicules électriques via les dispositifs autorisés de transformation des véhicules à motorisation thermique en motorisation électrique à batterie ou à pile à combustible.

« Cette campagne nationale vient en appui des campagnes locales prévues au présent III, afin d’en renforcer la portée et l’accessibilité. Elle est déployée sur l’ensemble du territoire national, en articulation avec les collectivités territoriales et les acteurs locaux, notamment les centres communaux d’action sociale, les missions locales et les associations de solidarité, afin d’en garantir l’accessibilité et l’efficacité auprès des publics concernés.

« L’État met à disposition des supports et éléments de communication destinés à accompagner les collectivités territoriales. »

Article 2

Article 2

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L’article L. 2213‑4‑1 du code général des collectivités territoriales est complété par un VIII ainsi rédigé :

« VIII. – L’État met en œuvre au sein de chaque maison France Services un guichet unique pour obtenir des informations sur les zones à faibles émissions mobilité. Ce guichet unique permet d’effectuer l’ensemble des démarches ouvrant droit aux aides prévues dans le cadre de la mise en place d’une zone à faibles émissions mobilité.

« Afin de renforcer l’accessibilité du dispositif, l’Agence de services et de paiement peut conclure des conventions avec des plateformes de mobilité, notamment celles soutenues par les collectivités territoriales, afin de permettre aux conseillers mobilités d’accompagner les usagers dans leurs démarches. »

Article 3

Article 3

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L’article L. 2213‑4‑1 du code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :

« 1° À la fin de la première phrase du premier alinéa du II, les mots : « et précise les motifs légitimes pour lesquels des dérogations individuelles peuvent être accordées » sont supprimés ;

2° Le V est ainsi rédigé :

« V. – Pour l’application du présent article, des dérogations individuelles peuvent être accordées, permettant d’entrer avec un véhicule dans une zone à faibles émissions mobilité, quel que soit le certificat qualité de l’air de ce véhicule. Ces dérogations, valables sur l’ensemble du territoire national, comprennent notamment :

« 1° Une dérogation dite « petit rouleur », permettant à toute personne physique d’accéder ponctuellement à une zone à faibles émissions mobilité, quel que soit le certificat qualité de l’air du véhicule utilisé. L’autorité compétente peut instaurer cette dérogation par arrêté et en définir localement les conditions d’éligibilité, les limites de fréquence, le périmètre concerné ainsi que les modalités de contrôle ;

« 2° Une dérogation accordée aux professionnels de santé, dans le cadre de leurs déplacements professionnels ;

« 3° Une dérogation accordée aux personnes travaillant selon des horaires décalés, incluant notamment les travailleurs de nuit ou ceux dont l’activité nécessite une présence régulière entre 22 heures et 6 heures ;

« 4° Les personnes titulaires de la carte "mobilité inclusion" portant la mention "invalidité" mentionnée à l’article L. 241‑3 du code de l’action sociale et des familles ;

« 5° Les titulaires d’une carte d’invalidité militaire ;

« 6° Les personnes assumant la charge effective et permanente d’un enfant titulaire de l’une des cartes mentionnées aux 4° ou 5° ;

« 7° Les personnes en attente de réception des cartes mentionnées aux 4° et 5° ;

« 8° Les véhicules appartenant à des associations agréées de sécurité civile ;

« 9° Les personnes en attente de la réception d’un véhicule autorisé à entrer dans la zone à faibles émissions mobilité ;

« 10° Une dérogation accordée aux véhicules de collection répondant aux critères définis à l’article R. 311‑1 du code de la route.

« Des dérogations complémentaires peuvent être instaurées localement, en fonction des besoins propres au territoire concerné.

« L’ensemble des dérogations applicables, qu’elles soient nationales ou locales, est publié sur un portail numérique national accessible au public. Les modalités d’application du présent V sont précisées par décret. Elles sont, tant que possible, harmonisées au niveau national, via un processus de co‑construction avec les collectivités territoriales concernées, afin de garantir la lisibilité et l’équité du dispositif pour les usagers. »

Article 4

Article 4

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Après le V de l’article L. 2213‑4‑1 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un V bis ainsi rédigé :

« V bis. – En complément du V, et afin de faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite sur l’ensemble du territoire national, un dispositif national de reconnaissance automatique des dérogations prévues au présent article est mis en place.

« Ce dispositif permet aux personnes concernées de bénéficier de leur droit à dérogation dans toutes les zones à faibles émissions mobilité sans avoir à effectuer de démarches spécifiques pour chaque zone.

« Les modalités d’application du présent paragraphe, notamment les conditions de reconnaissance et les justificatifs requis sont précisées par décret. »

Article 5

Article 5

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L’article L. 2213‑4‑1 du code général des collectivités territoriales est complété par un IX ainsi rédigé :

« IX. – Afin de renforcer la transparence, l’objectivité et la comparabilité de l’évaluation prévue au IV, l’État veille à la mise en place d’un suivi national harmonisé des zones à faibles émissions mobilité, en lien avec les objectifs poursuivis en matière de santé publique et de qualité de l’air.

« Ce suivi inclut notamment des indicateurs chiffrés relatifs :

« 1° À la réduction de l’exposition des populations aux polluants atmosphériques ;

« 2° À l’évolution de la morbidité et de la mortalité attribuables à la pollution de l’air, en particulier les cas d’asthme ou de pathologies cardio‑respiratoires ;

« 3° Au verdissement progressif du parc circulant dans le périmètre concerné.

« Les données recueillies sont rendues publiques et accessibles aux niveaux national, régional et local. Une communication régulière est assurée auprès du grand public et des collectivités territoriales concernées, notamment par les agences régionales de santé et les autorités organisatrices de la mobilité.

« Un décret précise les modalités d’application du présent paragraphe, les sources de données mobilisées, la fréquence de publication, ainsi que les acteurs impliqués dans le suivi. »

Titre II

Rendre la transition plus juste, en rÉformant les aides À l’achat, les aides À la location et le systÈme Crit’Air, afin de mieux soutenir les mÉnages modestes et valoriser les vÉhicules les moins polluants

Article 6

Article 6

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Le troisième alinéa de l’article L. 318‑1 du code de la route est remplacé par quatre alinéas ainsi rédigés :

« Les véhicules à moteur font l’objet d’une identification environnementale fondée à parts égales sur la norme Euro applicable, le type de motorisation et la masse du véhicule.

« Un certificat qualité de l’air atteste de la conformité des véhicules à différentes classes établies sur la base de cette identification. Le classement des véhicules tient compte notamment de leur catégorie, de leur motorisation (essence, diesel, hybride, électrique...), de leur poids, des normes techniques applicables à la date de réception communautaire ou à la date de première immatriculation, ainsi que des éventuels dispositifs de traitement des émissions polluantes installés postérieurement à la première mise en circulation, notamment dans le cadre d’une opération de de transformation des véhicules à motorisation thermique en motorisation électrique à batterie ou à pile à combustible.

« Un décret en Conseil d’État précise les modalités de mise en œuvre de cette classification.

« À partir du 1er janvier 2026, les certificats qualité de l’air sont systématiquement délivrés à l’occasion du contrôle technique pour les véhicules en circulation. Pour les véhicules neufs, le certificat est délivré au moment de leur première immatriculation.

« Dans des conditions fixées par l’autorité chargée de la police de la circulation et du stationnement, les véhicules bénéficiant des meilleures classes de certificat qualité de l’air, tenant compte à parts égales de leur masse et de leurs émissions polluantes, peuvent notamment bénéficier de conditions de circulation et de stationnement privilégiées. »

Article 7

Article 7

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L’article L. 251‑1 du code de l’énergie est complété par des alinéas ainsi rédigés :

« I. – Les aides à l’acquisition de véhicules moins polluants sont fixées en fonction du niveau de revenu des foyers, ainsi que de la note du véhicule prévue à l’article L. 2213‑4‑1 du code général des collectivités territoriales, selon le tableau suivant :

«

Ménages avec un revenu fiscal de référence par part inférieur à 7 500 €

Ménages avec un revenu fiscal de référence par part compris entre 7 500 € et 16 300 €

Ménages avec un revenu fiscal de référence par part compris entre
16 300 € et 26 200 €

Ménages avec un revenu fiscal de référence par part supérieur à 26 200 €

Crit’air 0

8 000 €

8 000 €

2500 €

0 €

Crit’air 1

6 000 €

6 000€

2000 € uniquement sur les véhicules neufs

0 €

Autres Crit’air 

0 €

0 €

0 €

0 €

 »

« II. – Ces aides ne peuvent être perçues pour les véhicules de plus de 1 550 kilogrammes ni pour les véhicules électriques dont le coût d’achat est supérieur à 30 000 €.

« III. – Ces aides s’appliquent à l’acquisition de véhicules moins polluants d’occasion, à l’exception des véhicules classés Crit’air 1 pour les ménages dont le revenu fiscal de référence par part est compris entre 16 300 € et 26 200 €, afin de favoriser le marché de la seconde main aux ménages les plus modestes. »

« IV. – Afin de garantir l’effectivité de ces aides, l’État peut prévoir une avance du montant de l’aide pour les ménages éligibles, de manière à ce qu’ils n’aient pas à avancer la totalité du coût du véhicule au moment de l’achat.

« V. – Les très petites entreprises ainsi que les petites et moyennes entreprises justifiant d’une activité économique régulière dans le périmètre d’une zone à faibles émissions mobilité peuvent également bénéficier d’aides à l’acquisition de véhicules utilitaires à faibles émissions, dans des conditions définies par décret. Ces aides sont accordées selon des modalités tenant compte de la taille de l’entreprise, de son chiffre d’affaires, de la nature de son activité et de la zone dans laquelle elle intervient. Le décret précise également les catégories de véhicules éligibles et les plafonds applicables.

« VI. – Toute personne peut bénéficier de la location d’un véhicule de tourisme à un tarif maximal de cent euros par mois, de la première à la dernière mensualité incluses, si elle remplit les conditions prévues aux 1° à 3°, ainsi qu’au moins l’une des conditions prévues aux 4°, 5° ou 6° :

« 1° Elle est majeure et justifie de sa domiciliation en France ;

« 2° Le revenu fiscal de référence par part de son foyer est inférieur à 16 300 € ;

« 3° Aucune autre personne du foyer fiscal ne bénéficie du tarif maximal ;

« 4° Le lieu de résidence de la personne, son lieu de travail, son lieu de formation, un lieu de soins, ou plusieurs de ces lieux, se situent dans une zone à faibles émissions mobilité ;

« 5° Elle ne dispose pas d’une offre de transport en commun ou de solution de mobilité douce adaptée à son trajet domicile‑travail ;

« 6° Elle habite à plus de 10 kilomètres de son lieu de travail ou effectue plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de son activité professionnelle avec son véhicule personnel.

« VII. – Les conditions de poids et de prix définies au II s’appliquent également à l’offre de location mentionnée au VI. »

Article 8

Article 8

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Le premier alinéa du I de l’article 107 de la loi n° 2021‑1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets est ainsi modifié :

1° Au début, les mots : « À titre expérimental et pour une durée de deux ans à compter du 1er janvier 2023 » sont remplacés par les mots : « À compter du 1er janvier 2026 » ;

2° Sont ajoutées deux phrases ainsi rédigées : « Ce dispositif est pérennisé à l’issue de la période d’expérimentation. Il peut être garanti en tout ou partie par l’État, selon des modalités définies par décret, afin d’en garantir l’accessibilité aux ménages les plus modestes. »

Titre III

Renforcer le pilotage public du leasing social, en instaurant des obligations de transparence et en Étudiant des modalitÉs d’encadrement plus efficaces et soutenables

Article 9

Article 9

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La section 2 bis du chapitre IV du titre II du livre II du code de l’environnement est complétée par un article L. 224‑12‑2 ainsi rédigé :

« Art. L. 224‑12‑2. – Les sociétés de location longue durée ou de location avec option d’achat, ainsi que les constructeurs automobiles ayant bénéficié d’un soutien public pour la mise en œuvre d’un dispositif d’aide à la location de véhicules moins polluants, transmettent à l’autorité administrative compétente des données relatives aux véhicules concernés.

« Cette transmission porte notamment sur :

« 1° Les caractéristiques des véhicules (modèle, motorisation, masse, autonomie) ;

« 2° Le prix du véhicule et les conditions financières du contrat (type, durée, reste à charge) ;

« 3° Les données sociales agrégées sur les bénéficiaires (revenu, catégorie socio‑professionnelle, type d’habitat) ;

« 4° Les modalités d’accès à la recharge ;

« 5° Les indicateurs environnementaux et économiques (émissions de CO₂ évitées, coût public par tonne évitée, impact économique pour les opérateurs concernés).

« Les modalités de transmission et d’exploitation de ces données sont précisées par décret.

« Un bilan annuel de cette évaluation est remis au Parlement. »

Article 10

Article 10

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Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur les modalités envisageables pour renforcer la transparence, l’efficacité et le pilotage public du dispositif de leasing social de véhicules moins polluants.

Ce rapport examine notamment :

1° La possibilité de recourir, à compter de 2026, à une procédure d’appel d’offres encadrée par le code de la commande publique pour la fourniture de véhicules dans le cadre du crédit‑bail social ;

2° La faisabilité de la création d’un parc social de véhicules à faibles émissions, sous forme de délégation de service public, sur tout ou partie du territoire, permettant une gestion du dispositif dans des conditions garantissant l’égalité d’accès, le respect des critères sociaux et environnementaux, et la soutenabilité économique ;

3° Les conditions de contractualisation avec les opérateurs de leasing ou les constructeurs, incluant des critères de performance, des obligations de transparence, ainsi que des objectifs de réduction des émissions, de ciblage social des bénéficiaires et de maîtrise des coûts publics.

Le rapport tire également les enseignements de la première phase du dispositif, notamment des contrats passés entre l’État, les constructeurs et les sociétés de leasing, et formule des propositions d’évolution pour la période 2026‑2030.

Titre IV

Aligner les soutiens publics au secteur automobile sur les objectifs de transition Écologique et de justice sociale

Article 11

Article 11

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Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport portant sur :

1° Le montant total des aides publiques (subventions, allègements fiscaux, prêts ou garanties) accordées par l’État et les collectivités territoriales à la filière automobile depuis 2020, notamment dans le cadre du plan automobile, du plan France Relance et du programme France 2030 ;

2° Les objectifs sociaux et environnementaux associés à ces aides, ainsi que les résultats effectivement obtenus en matière de transition écologique, de création ou de maintien d’emplois, et d’évolution de l’offre de véhicules ;

3° Les conditions possibles de renforcement du conditionnement de ces aides à des critères de production de véhicules plus sobres, notamment en termes de poids, d’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie, de recyclabilité et de prix d’achat, ainsi qu’à des engagements sociaux, tels que la relocalisation de la production ou la limitation des suppressions d’emplois.

Le rapport formule également des recommandations sur les modalités permettant de conditionner les aides publiques à des exigences sociales et environnementales renforcées, en cohérence avec les objectifs de transition écologique et de justice sociale.

Article 12

Article 12

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I. – Le code de la commande publique est ainsi modifié :

1° Après l’article L. 2141‑7‑2, il est inséré un article L. 2141‑7‑3 ainsi rédigé :

« Art. L. 2141‑7‑3. – L’acheteur peut exclure de la procédure de passation d’un marché les personnes soumises aux obligations prévues aux articles L. 224‑8 à L. 224‑12 du code de l’environnement, lorsqu’elles ne justifient pas du respect des objectifs de verdissement de leur flotte de véhicules mentionnés dans ces dispositions. » ;

2° Après l’article L. 3123‑7‑1, il est inséré un article L. 3123‑7‑2 ainsi rédigé :

« Art. L. 3123‑7‑2. – L’autorité concédante peut exclure de la procédure de passation d’un contrat de concession les personnes soumises aux obligations prévues aux articles L. 224‑8 à L. 224‑13 du code de l’environnement, lorsqu’elles ne justifient pas du respect des objectifs de verdissement de leur flotte de véhicules mentionnés dans ces dispositions. »

II. – Les dispositions des articles L. 2141‑7‑3 et L. 3123‑7‑2 du code de la commande publique, dans leur rédaction issue du I, sont applicables aux marchés publics et aux contrats de concession pour lesquels une consultation a été engagée ou un avis d’appel à la concurrence a été envoyé à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi.

Article 13

Article 13

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I. – La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

([1])  Air et santé : EQIS - Santé publique France

([2]) https://reseauactionclimat.org/publications/rapport-injustice-sociale-pollution-air/

([3])  Accueil | Chiffres clés des transports 2025

([4])  senat.fr/rap/r14-610-1/r14-610-11.pdf

([5])  En application de la directive 2008/50/CE du 21 mai 2008 concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe.

([6]) https://www.iza.org/publications/dp/12545/low-emission-zones-for-better-health-evidence-from-german-hospitals

([7])  https://librairie.ademe.fr/air/6376-benchmark-des-zones-a-faibles-emissions-mobilite-a-travers-l-europe.html

([8]) Leasing social : bilan et recommandations pour l’édition 2025 - Réseau Action Climat

([9])  Jato Dynamics, 2024, Rising car prices and their impact on Europe’s automotive industry.

([10])   Ernst & Young, Les plus grands constructeurs automobiles mondiaux, Analyse des principaux indicateurs financiers, Janvier – Décembre 2023.

([11])  l17n800476669_document.pdf

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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