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Adaptation de la politique forestière et des milieux forestiers face au changement climatique

Proposition de loi 13/05/2025 N° 1420 PIONANR5L17B1420
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Les forêts constituent une ressource précieuse occupant trois fonctions, d’ordre environnemental, social et économique. La politique forestière française a pour objet d’assurer une gestion durable et multifonctionnelle : la fourniture de services écosystémiques (filtration de l’eau, absorption et stockage de carbone, protection de la biodiversité, protection contre les risques naturels comme les glissements de terrain), l’accueil du public et la production de bois. À ce titre, les milieux forestiers sont considérés comme l’outil principal de préservation des biens communs mondiaux comme l’eau, l’air, ou la biodiversité.

Aujourd’hui cet outil est menacé, l’heure est à l’urgence. En 2022, les records de surfaces de forêts brûlées ont été battus presque partout sur le globe. Du Canada à l’Australie en passant par la Turquie ou la Grèce, l’humanité ne cesse d’observer des feux de plus en plus dévastateurs, année après année. Les incendies exceptionnels de l’été dernier - en particulier les méga‑feux de la Teste‑de‑Buch et de Landiras – confirment l’alerte des scientifiques sur l’aggravation des conséquences du réchauffement climatique. Au total, plus de 66 000 hectares ont été brûlés en France l’année passée, soit 10 % des feux européens. C’est un record à tous les niveaux.

Face à cela, le Parlement a pris conscience des défis pour sécuriser l’avenir des forêts et la résilience de la filière bois. Cela y compris au sein de la majorité présidentielle, comme en témoigne la députée du Nord LREM Anne‑Laure Cattelot dans son rapport remis en septembre 2020 au ministère de l’agriculture et de l’alimentation. Elle y formule 19 recommandations pour donner aux forêts et au bois toute leur place dans le monde « décarboné » de demain. On y trouve, entre autres, la première formulation pour la France d’un seuil de limitation des coupes rases à deux hectares. Ce même seuil est repris comme point d’équilibre transpartisan ici.

Saisi dans l’urgence, le Parlement a ensuite voté récemment la loi visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie avec l’engagement ([1]) à un acte II sur la gestion forestière, à l’appui du rapport validé en transpartisan de la députée Renaissance de la Gironde Sophie Panonacle suite à la mission d’information sur l’adaptation au changement climatique de la politique forestière et la restauration des milieux forestiers ([2]), présidée par la députée LFI‑NUPES de la Creuse Catherine Couturier. Ce rapport formule 39 propositions afin d’adapter les politiques de gestion et de valorisation des forêts au changement climatique, structurées en trois grandes thématiques : gérer les conséquences pour la filière bois des évolutions forestières provoquées par le changement climatique ; développer de nouveaux outils de gestion forestière pour mieux appréhender les effets du changement climatique ; protéger la forêt des incendies et renforcer le dialogue et la connaissance du public autour des enjeux forestiers.

Toutefois, la mission d’information n’ayant pas pu traiter des problématiques spécifiques des territoires d’Outre‑mer – et en particulier des riches massifs de Guyane –, la présente proposition de loi ne se concentre que sur le territoire hexagonal et la Corse. Il apparaît donc nécessaire d’engager prochainement un travail les possibles trajectoires d’un développement territorial et économique compatibles avec la préservation de la biodiversité et des milieux endémiques de ces régions.

Ce récent rapport de Mme Panonacle met en avant la forêt comme étant un « bien d’intérêt général », à défaut de bien commun, notion inexistante en droit français. Il y est ainsi rappelé que « les forêts sont d’une importance vitale pour le maintien de la vie sur Terre et jouent un rôle majeur dans la lutte contre les changements climatiques », comme stipulé dans l’objectif de développement durable (ODD) n° 15 des Nations unies. Concrètement, en plus d’être un puits de carbone et un poumon économique, la forêt régule le cycle de l’eau, absorbe la pollution, regorge de biodiversité et offre un abri frais aux promeneurs.

Les forêts françaises constituent également le premier puits de carbone français, ayant absorbé 30 millions de tonnes de CO2 en 2020, soit 7,5 % des émissions nationales annuelles (source : Citepa). Elles constituent, à ce titre, un pilier de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) : leur contribution est essentielle à l’atteinte des objectifs climatiques de la France. En particulier, les sols forestiers, trop souvent oubliés dans ce débat, sont d’une importance cruciale pour stocker du carbone. C’est presque autant de quantité de carbone qui est stockée dans les sols que dans les arbres. Plusieurs études montrent par ailleurs leur rôle clé en piégeant d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane. Cela combiné aux autres services écosystémiques (filtration de l’eau, biodiversité…) rend leur préservation primordiale.

Si la forêt française s’étend, sa superficie ayant progressé de 20 % entre 1985 et 2020 pour atteindre 17 millions d’hectares (source : IGN), soit 31 % du territoire hexagonal, sa qualité se dégrade au regard du changement climatique. Sa capacité de stockage carbone a presque été divisée par trois en une décennie ([3]), et la mortalité des arbres a doublé en cinq ans, selon l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Cette dégradation remet en cause les hypothèses contenues au sein de la SNBC car celle‑ci mise sur un rythme de croissance des arbres stable et sur une diminution de la mortalité : soit un scénario inverse à la tendance actuelle.

Malgré la richesse de son patrimoine naturel et des services qu’elle rend à notre société et notre économie, la forêt française est donc menacée. Les causes sont multiples : tout d’abord, le changement climatique fragilise ou menace 30 % des forêts ([4]), notamment en intensifiant les événements météorologiques extrêmes comme les tempêtes, les périodes de chaleurs extrêmes et de sécheresse, augmentant de fait les risques d’incendie. Non seulement ces risques s’intensifient, mais la période à laquelle ils sévissent s’étend, et les territoires y étant vulnérables se multiplient.

En parallèle, les insectes ravageurs et autres maladies exotiques progressent. Les forêts sont davantage vulnérables aux agents pathogènes et insectes ravageurs, comme le scolyte, du fait de l’uniformité des essences plantées. Si la monoculture sylvicole permet de valoriser économiquement les champs forestiers, elle détruit les milieux forestiers. À titre d’exemple, dans le Morvan, 50 % des forêts de feuillus, diversifiées, ont été remplacées par des forêts de résineux en monoculture, vulnérables à la sécheresse. Ces remplacements d’essences d’arbres se traduisent ensuite par des coupes rases, les arbres étant récoltés ensemble. In fine, cela nuit doublement aux fonctions écosystémiques des milieux forestiers en favorisant plus de ravageurs et plus de coupes rases. Cette pratique est à proscrire, en particulier à l’heure où la France vient d’être condamnée à réparer le préjudice écologique liée à la contamination des sols et des eaux. En outre, une vigilance particulière doit être appliquée au commerce de bois, en ce qu’il est possible d’importer (ou d’exporter) des ravageurs avec le bois, occasionnant des dégâts soit sur les constructions, soit sur d’autres bois - devenus alors dévalorisés. Une mesure en ce sens pourrait être d’imposer l’écorçage systématique des bois importés et exportés.

Outre le réchauffement climatique et ses effets, il est nécessaire d’assurer de bonnes conditions de croissance pour les arbres en devenir. Malheureusement, l’équilibre écosystémique naturel a connu de nombreuses perturbations dues aux activités humaines (monocultures de maïs, affouragements liés aux pratiques cynégétiques, destruction des milieux, perte des prédateurs naturels, sont autant de facteurs qui ont mené à ce déséquilibre), impactant la régénération naturelle des forêts.

Aussi, pour de nombreux propriétaires ou gestionnaires forestiers, la question de la prévalence des ongulés (cerfs, chevreuils, sangliers) pose problème, car elle conduit au ralentissement du renouvellement forestier, tant pour les plantations - qui deviennent alors onéreuses à protéger ‑, que pour la régénération naturelle où les jeunes pousses sont broutées. D’après l’OFB, l’augmentation des ongulés a été considérable depuis quarante ans : le cerf occupait 49 % des surfaces forestières en 2022, contre 25 % en 1985. Il y aurait 11 fois plus de sangliers et 20 fois plus de cervidés en 2022 par rapport à 1973, et 50 % des forêts domaniales sont en situation de déséquilibre, soit 850 000 hectares sur 1,7 million que comptent les forêts propriétés de l’État. Les régions les plus touchées sont l’Occitanie, Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, Grand Est, Île‑de‑France, Hauts‑de‑France et, plus récemment, le littoral landais.

Face à cette perte d’équilibre, tous les systèmes forestiers (espaces en libre évolution, exploitations forestières à visée économique, forêts de loisirs, etc.) n’adoptent pas les mêmes solutions et n’ont pas les mêmes besoins et objectifs en termes de régénération forestière. Il est primordial de redonner à l’État et à l’OFB le rôle de décisionnaire dans les instances associées aux solutions employées par les gestionnaires forestiers liées à cet enjeu (équilibres sylvo‑cynégétique et plans de chasse, décision sur l’affouragement, etc.). En effet, l’État et ses services sont les plus à même de trouver l’équilibre embrassant l’ensemble des problématiques des différents usagers et acteurs de la forêt, tout en prenant en compte les enjeux de changement climatique et de protection de la biodiversité. Les importants moyens humains nécessaires doivent également être débloqués en conséquence dans ces différents services.

En parallèle de ces vulnérabilités physiques, la gestion de la forêt française doit conjuguer deux impératifs : poursuivre la production de bois tout en gérant durablement la ressource. La production de bois se répartit en quatre catégories : bois d’œuvre, bois d’industrie (panneaux et pâte à papier), bois‑énergie et récolte autoconsommée non commercialisée. La production de bois est stable depuis vingt ans. Celle‑ci est inférieure à l’accroissement biologique des forêts françaises mais bien supérieure à leur capacité de stockage de carbone dans une situation de réchauffement climatique. Alors que l’augmentation de cette récolte justement invoquée comme un des trois facteurs expliquant cette baisse du puits carbone par le HCC, il apparaît comme climaticide de maintenir une telle trajectoire. Le défi est donc de réaliser une bifurcation agro‑forestière et de concilier la demande grandissante en produits forestiers avec la conservation du peuplement forestier et des services écosystémiques. Face à cet enjeu de gestion, les outils disponibles apparaissent insuffisants.

Tout d’abord, la disponibilité en bois supplémentaire est fortement concentrée dans les petites propriétés privées, dépourvues de plan simple de gestion. La durabilité de leur gestion n’est donc pas encadrée ni planifiée.

Par ailleurs, la filière de valorisation du bois apparaît aujourd’hui en sous‑potentiel et peu adaptée aux défis posés par le changement climatique aux forêts françaises. Les scieries en sont un exemple : alors que l’on en dénombrait 15 000 en 1960 et 5 000 en 1980, la France en compte 1 500 aujourd’hui, soit 10 fois moins en 60 ans ! Dans son dernier rapport de 2023, le HCC considère justement que le secteur n’a pas réellement fait l’objet de politiques industrielles d’accompagnement ces dernières décennies, malgré les différentes feuilles de route dont le caractère opérationnel « reste à démontrer ».

La conséquence immédiate de la concentration des scieries réside en ce qu’il devient plus difficile de valoriser les feuillus, car les grandes scieries sont davantage adaptées au traitement des résineux, sur le modèle nordique. Or ce sont aussi ces arbres qui sont le plus vulnérables aux grands incendies et aux parasites. Il faut ainsi adapter l’outil technique aux feuillus et développer les aides pour les petites et moyennes scieries afin qu’elles puissent traiter la ressource locale en bois. Valoriser le bois localement présente un double intérêt : limiter les émissions de CO2 en travaillant cette ressource en circuit court et assurer la présence d’un tissu industriel et d’emplois sur un territoire. C’est par ailleurs le meilleur moyen d’enrayer à la source le remplacement des forêts diversifiées par des plantations monospécifiques de résineux – qui ne fait que répondre au modèle de scieries actuellement en place. Il y a donc un enjeu d’aménagement du territoire, de modèle économique pour des forêts diversifiées et de maintien ou de développement d’activités industrielles locales.

La filière est également confrontée à l’enjeu de l’accroissement du recours au bois‑énergie. 7 millions de logements sont équipés d’un appareil de chauffage au bois (bûches ou granulés), et les industries sont de plus en plus nombreuses à utiliser le bois‑énergie pour leurs besoins énergétiques. Les scénarios actuels montrent en effet que la demande d’approvisionnement en biomasse risque d’être très élevée – jusqu’à une multiplication par 10 de la production d’énergie biomasse pour certains énergéticiens ! Or, dans une période où les forêts constituent un atout majeur contre le dérèglement climatique et pour la préservation de la biodiversité, il est difficile de concevoir le bois‑énergie comme autre chose qu’un complément aux usages de long‑terme. Le Parlement européen a d’ailleurs récemment voté, dans le cadre de la révision de la directive RED II (Renewable Energy Directive II, appelée à devenir RED III), des dispositions qui excluent des énergies renouvelables une très large majorité du bois‑énergie issu de la forêt – la « biomasse ligneuse primaire », autrement dit des arbres entiers qui seraient devenus du combustible – ainsi que son accès aux aides publiques. Mais le bois‑énergie demeure un complément de revenu indispensable à l’entretien du patrimoine des propriétaires forestiers : il convient donc de clarifier l’encadrement de sa production et de son recours, dans un contexte où le flou réglementaire concernant la hiérarchisation des usages porte préjudice aux usages longs du bois, et donc au stockage carbone.

Face à ces défis, la France a malheureusement fait dépérir ses services publics en charge ou intervenant sur la forêt : l’Office national des forêts (ONF), l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), le Centre national de la propriété forestière (CNPF), l’Office français de la biodiversité (OFB) ou encore les directions départementales des territoires (DDT). À titre d’exemple, l’ONF a vu ses effectifs divisés par deux entre 1985 et aujourd’hui, passant de plus de 15 000 équivalents temps plein à près de 7 500 actuellement. Il va donc sans dire que la présente proposition doit impérativement être assortie budgétairement de moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux décrits lors de la prochaine loi de finances.

Enfin, le dernier rapport du Haut Conseil pour le climat paru en juin 2023 tire plus que jamais la sonnette d’alarme concernant les défis de la forêt face au dérèglement climatique. « Nous sommes entrés dans une course, entre les effets du réchauffement climatique sur la forêt et les moyens qu’on peut déployer pour la sauver. Nous avons dix ans. Après, il sera sans doute trop tard », insiste M. Jean‑François Soussana, membre du HCC.

La préservation de la forêt et son exploitation raisonnée sont, rappelons‑le, importantes en elles‑mêmes, mais font partie d’un combat politique plus vaste portant sur le dérèglement climatique. Il s’agit avant tout de maintenir la vie sur Terre. Jamais une cause n’a porté une telle urgence dans l’Histoire de l’humanité. Face à une rupture majeure, le constat doit être partagé par l’ensemble des acteurs de la forêt afin, grâce à des principes clairs, de déterminer la meilleure manière de gérer un espace si important tout au long de notre Histoire, et si essentiel à notre temps. Il en va de notre responsabilité de législateur de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir une Terre habitable pour toutes et tous.

C’est donc avec cette urgence à l’esprit que la présente proposition de loi avance des mesures pour l’adaptation de la politique forestière et des milieux forestiers face au changement climatique.

L’

Article 1er

Article 1er

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Le titre II du livre Ier du code forestier est ainsi modifié :

1° L’article L. 121‑1 est ainsi modifié :

a) Au début du 2°, les mots : « À l’optimisation » sont remplacés par les mots : « Au maintien ou à l’augmentation » ;

b) Au 3°, après le mot : « biologiques », sont insérés les mots : « , à la préservation des sols et milieux forestiers et de l’ensemble de leurs fonctions écosystémiques » ;

c) Le 8° est complété par les mots et deux phrases ainsi rédigées : « en veillant notamment à maintenir, voire à développer les activités de petites et moyennes scieries sur le territoire, en adéquation avec cet objectif. L’État s’engage à se doter des moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs. » ;

2° Le deuxième alinéa de l’article L. 121‑2 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Elle favorise le développement de petites et moyennes scieries sur le territoire, en adéquation avec cet objectif. » ;

3° L’article L. 121‑6 est ainsi modifié :

a) Le premier alinéa est complété par les mots et une phrase ainsi rédigée : « ainsi qu’à la contribution significative à maintenir ou augmenter le stockage du carbone et à maintenir ou améliorer l’état de conservation des habitats forestiers. Cette contribution est mesurée selon des critères inscrits dans les documents de gestion mentionnés à l’article L. 124‑1, définis par décret. » ;

b) Les deux derniers alinéas sont supprimés ;

4° Les deuxième et troisième phrases du premier alinéa de l’article L. 122‑1 sont ainsi rédigées : « Il fixe, par massif forestier, les priorités environnementales, sociales et économiques et les traduit en objectifs. Il définit des critères de gestion durable et multifonctionnelle et des indicateurs associés devant tenir compte notamment de l’état des sols et milieux forestiers. »

Article 2

Article 2

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Le code forestier est ainsi modifié :

1° Après le 11° de l’article L. 121‑1, il est inséré un 12° ainsi rédigé :

« 12° À la promotion de la sylviculture irrégulière, en se fixant notamment pour objectif d’atteindre 30 % des bois et forêts des particuliers soumis à un document de gestion durable comme étant gérés dans un mode de sylviculture irrégulière d’ici 2035, cet objectif étant porté à 70 % en 2050 ce qui induit de se doter des moyens pour l’atteindre, notamment par le biais de la formation et des aides budgétaires et fiscales. » ;

2° Au 3° de l’article L. 321‑1, après la première occurrence du mot : « forêts », sont insérés les mots : « permettant de préserver les sols et milieux forestiers, en particulier la sylviculture irrégulière ».

Article 3

Article 3

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La section 2 du chapitre IV du titre II du livre Ier du code forestier est ainsi modifiée :

1° À la fin de l’intitulé, les mots : « à défaut de gestion durable » sont supprimés ;

2° Il est ajouté un article L. 124‑5‑1 ainsi rédigé :

« Art. L. 124‑5‑1. – I. – Une coupe rase est définie comme une coupe unique de régénération artificielle, de régénération naturelle sexuée ou végétative, consistant à abattre en une seule opération plus de 80 % des arbres d’un peuplement ou d’un périmètre.

« II. – La surface de ces coupes rases est définie comme suit :

« 1° Lorsque la coupe porte sur des peuplements de feuillus ou mélangés, la surface maximum d’un seul tenant de coupe est de 2 hectares. Sur les terrains présentant une pente supérieure à 30 %, la surface maximum de coupe est de 0,5 hectare ;

« 2° Lorsque la coupe porte sur des peuplements en monoculture de résineux faites après l’entrée en vigueur de la loi n°     du      relative à l’adaptation de la politique forestière et des milieux forestiers face au changement climatique, la surface maximum de coupe d’un seul tenant est de 4 hectares. Sur les terrains présentant une pente supérieure à 30 %, la surface maximum de coupe est de 2 hectares.

« 3° Les surfaces définies au 1° et 2° du II du présent article ne s’appliquent pas en cas d’impasse sanitaire, constatée par une autorité compétente dans les conditions définies par décret.

« III. – Les coupes rases sont soumises à autorisation spéciale dans les cas suivants :

« 1° Lorsque la coupe porte sur des peuplements de feuillus ou mélangés sur une surface comprise entre 0,5 et 2 hectares ;

« 2° Lorsque la coupe porte sur des plantations en monoculture faites après l’entrée en vigueur de la loi n°        du précitée, sur une surface comprise entre 0,5 et 4 hectares ;

« 3° Sur les terrains situés à moins de 30 mètres d’un cours d’eau ou d’une zone humide au sens du 1° du I de l’article L. 211‑1 du code de l’environnement ;

« 4° À la suite d’une décision de l’autorité administrative pour motif paysager, historique ou écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état de la continuité écologique. Cette décision est prise après avis du Centre national de la propriété forestière lorsque des bois et forêts des particuliers sont concernés par l’interdiction, et après avis conforme de l’Office national des forêts lorsque des bois et forêt appartenant à des personnes publiques mentionnées au 2° du I de l’article L. 211‑1 du présent code sont concernés par les interdictions ;

« 5° Lorsque la coupe porte sur des parcelles situées en zone Natura 2000 ;

« 6° Lorsque la coupe porte sur des parcelles situées en zone de parc naturel régional.

« IV. – Le calcul des surfaces prévues aux 1° et 2° du III du présent article tient compte des coupes rases cumulées au cours des cinq dernières années sur des parcelles contigües.

« V. – L’impasse sanitaire mentionnée au I est définie par décret en Conseil d’État lorsque les deux critères suivants sont réunis :

« 1° Un état sanitaire fortement compromis, défini par au moins 50 % du couvert arborescent constitué d’arbres présentant au moins 50 % de branches fines mortes ou de défoliation ;

« 2° Une absence de régénération naturelle, malgré la mise en œuvre de mesures adaptées, et constatée par une autorité compétente.

« VI. – L’autorisation mentionnée au I du présent article est intégrée aux documents d’orientation et de gestion prévus aux articles L. 122‑1 à L. 122‑3 du présent code. »

Article 4

Article 4

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L’article L. 124‑6 du code forestier est ainsi modifié :

1° Au premier alinéa, le mot : « rase » est supprimé ;

2° Après le même premier alinéa, sont insérés trois alinéas ainsi rédigés :

« Ces mesures doivent être effectuées en garantissant une préservation des sols au sens de l’article L. 121‑1 du présent code, ainsi que la diversité des essences adaptée au contexte local. Ce reboisement doit assurer :

« 1° Une diversification minimale de 30 % avec au moins deux essences objectif présentant une complémentarité de traits fonctionnels en dessous de 4 hectares ;

« 2° Une diversification minimale de 30 % avec au moins trois essences objectif présentant une complémentarité de traits fonctionnels au‑delà de 4 hectares. »

Article 5

Article 5

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La section 3 du chapitre IV du titre II du livre Ier du code forestier est ainsi modifiée :

1° L’intitulé est ainsi rédigé : « Modalités de récolte »

2° Au début, il est ajouté un article L. 124‑6 A ainsi rédigé :

« Art. L.124‑6 A. – Il est interdit de procéder :

« 1° Au dessouchage ou à la récolte de racines après toute coupe, sauf cas particulier d’impasse sanitaire, d’incendie ou de tempêtes constatés par une autorité compétente ;

« 2° À la récolte d’arbres entiers, exceptés dans les cas de la récolte d’une première éclaircie ou lors d’une ouverture de cloisonnement ;

« 3° À la récolte de menus bois et branches dont le diamètre est inférieur à 7 centimètres. ».

Article 6

Article 6

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Le chapitre V du titre II du livre IV du code de l’environnement est ainsi modifié :

1° La troisième phrase de l’article L. 425‑1 est ainsi rédigée :

« Il est élaboré conjointement par les services de l’État compétents en la matière, l’Office français de la biodiversité, l’Office national des forêts et le Centre national de la propriété forestière, en concertation notamment avec la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs, la chambre d’agriculture, les représentants d’associations agréées au titre de l’article L. 141‑1 du présent code actives dans le domaine de la conservation de la faune et de la protection de la nature, les représentants de la propriété privée rurale et les représentants des intérêts forestiers, en particulier lorsque le programme régional de la forêt et du bois prévu à l’article L. 122‑1 du code forestier fait état de dysfonctionnements au regard de l’équilibre sylvocynégétique. » ;

2° Le premier alinéa de l’article L. 425‑4 est ainsi rédigée :

« L’équilibre agro‑sylvo‑cynégétique consiste à rendre compatibles, d’une part, la présence durable d’espèces de faune et flore sauvages riche et variée et, d’autre part, la pérennité des activités agricoles et sylvicoles. » ;

3° La première phrase du premier alinéa de l’article L. 425‑8 est ainsi rédigée :

« Le plan de chasse est conforme avec les orientations du schéma départemental de gestion cynégétique et mis en œuvre après avis de la commission départementale compétente en matière de chasse et de la faune sauvage par le représentant de l’État dans le département. »

Article 7

Article 7

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L’article L. 425‑5 du code de l’environnement est ainsi modifié :

1° Le premier alinéa du I est ainsi rédigé :

« L’agrainage et l’affouragement sont interdits sauf exceptions décidées par l’autorité administrative après consultation de la commission régionale de la forêt et du bois, en fonction des particularités locales. » ;

2° Il est ajouté un III ainsi rédigé :

« III. – L’agrainage et l’affouragement sont interdits durant les périodes d’ouverture de la chasse fixées par l’autorité administrative. »

Article 8

Article 8

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Le code forestier est ainsi modifié :

1° L’article L. 122‑6 est ainsi rédigé :

« Art. L. 122‑6. – Sans préjudice des dispositions de l’article L. 112‑3 et de celles de l’article L. 311‑9 du code des relations entre le public et l’administration, sont publiées en ligne les informations suivantes :

« 1° Les programmes régionaux de la forêt et du bois ;

« 2° Les directives et schémas régionaux ;

« 3° Les documents d’aménagement pour leur partie technique ;

« 4° Les décisions d’agrément des plans simples de gestion par le centre national de la propriété forestière mentionnée à l’article L. 312‑3 ainsi que les données ayant trait à l’environnement et aux opérations sylvicoles prévues les plans simples de gestion agréés ;

« 5° Les décisions du centre national de la propriété forestière approuvant les règlements type de gestion mentionnés à l’article L. 313‑1 et les règlements types de gestion approuvés ;

« 6° Les arrêtés ministériels d’approbation des documents cités aux 1°, 2°, 3° et 5° du présent article ;

« 7° L’arrêté ministériel approuvant la liste des bois et forêts pour lesquels l’Office national des forêts propose l’application du règlement type de gestion mentionné à l’article L. 212‑4 ;

« 8° Pour les propriétés pour lesquelles le propriétaire adhère à un règlement type de gestion, l’état des propriétés concernées précisant les références cadastrales des parcelles ;

« 9° L’arrêté approuvant le code des bonnes pratiques sylvicoles mentionné à l’article L. 313‑3 ;

« 10° Pour les propriétés pour lesquelles le propriétaire adhère au code des bonnes pratiques sylvicoles, le programme de coupes et travaux approuvé par le Centre national de la propriété forestière, mentionné à l’article L. 313‑4.

« Ces informations sont également communicables à toute personne sous une autre forme, à sa demande. »

2° Avant le dernier alinéa de l’article L. 212‑2, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Il prévoit une annexe cartographique identifiant les éléments d’intérêt écologique particuliers et les mesures de gestion ou de précautions prévues pour préserver ces éléments d’intérêt écologique, et en particulier les espèces protégées et leurs habitats. » ;

3° Avant le dernier alinéa de l’article L. 312‑2, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Il prévoit une annexe cartographique identifiant les éléments d’intérêt écologique particuliers et les mesures de gestion ou de précautions prévues pour préserver ces éléments d’intérêt écologique, et en particulier les espèces protégées et leurs habitats. » ;

4° Après la première phrase de l’article L. 313‑1, est insérée une phrase ainsi rédigée : « Il peut prévoir une annexe cartographique identifiant les éléments d’intérêt écologique particuliers et les mesures de gestion ou de précautions prévues pour préserver ces éléments d’intérêt écologique, et en particulier les espèces protégées et leurs habitats. » ;

5° Avant la dernière phrase de l’article L. 313‑3, est insérée une phrase ainsi rédigée : « Il peut prévoir une annexe cartographique identifiant les éléments d’intérêt écologique particuliers et les mesures de gestion ou de précautions prévues pour préserver ces éléments d’intérêt écologique, et en particulier les espèces protégées et leurs habitats. » ;

Article 9

Article 9

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Le code forestier est ainsi modifié :

1° L’avant‑dernier alinéa de l’article L. 124‑5 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Elle est communicable à toute personne physique ou morale qui en formule la demande, dans un délai de quatre ans. » ;

2° L’article L. 213‑5 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Cette autorisation est communicable à toute personne physique ou morale qui en formule la demande, dans un délai de quatre ans. » ;

3° Le deuxième alinéa de l’article L. 312‑5 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Ces autorisations sont communicables à toute personne physique ou morale qui en formule la demande, dans un délai de quatre ans. » ;

4° Le deuxième alinéa de l’article L. 312‑9 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Cette autorisation est communicable à toute personne physique ou morale qui en formule la demande, dans un délai de quatre ans. »

Article 10

Article 10

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Le chapitre Ier du titre II du livre III code forestier est ainsi modifié :

1° Après le 4° de l’article L. 321‑2, sont insérés des 5° et 6° ainsi rédigés :

« 5° De représentants d’associations de protection de l’environnement agréées au titre de l’article L. 141‑1 du code de l’environnement ;

« 6° De représentants de l’Office national de la biodiversité. » ;

2° L’article L. 321‑7 est ainsi modifié :

a) Au début du 2°, les mots : « D’un représentant » sont remplacés par les mots « De représentants » ;

b) Après le même 2°, sont insérés des 3° et 4° ainsi rédigés :

« 3° De représentants d’associations de protection de l’environnement agréées au titre de l’article L. 141‑1 du code de l’environnement ;

« 4° De représentants de l’agence régionale de la biodiversité. »

Article 11

Article 11

#

L’article L. 332‑6 du code forestier est ainsi modifié :

1° À la fin du premier alinéa, les mots : « la récolte et la commercialisation des produits forestiers, notamment en vue de l’approvisionnement des industries de la transformation du bois » sont supprimés ;

2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« Il ne peut acheter directement ou indirectement les bois issus des forêts qu’ils gèrent sous mandat de gestion. »

Article 12

Article 12

#

Le code forestier est ainsi modifié :

1° À la fin du second alinéa de l’article L. 131‑6‑1, les mots : « , mais prime le droit de préemption prévu à l’article L. 331‑22 ainsi que les droits de préférence prévus aux articles L. 331‑19 et L. 331‑24 » sont supprimés ;

2° L’article L. 331‑22 est abrogé ;

3° L’article L. 331‑24 est ainsi modifié :

a) La première phrase du premier alinéa est ainsi modifiée :

– les mots : « et d’une superficie totale inférieure à quatre hectares » sont supprimés ;

– à la fin, le mot : « préférence » est remplacé par le mot : « préemption » ;

b) À la seconde phrase du deuxième alinéa, le mot : « préférence » est remplacé par le mot : « préemption » ;

c) Les troisièmes, quatrième et cinquième alinéas sont supprimés

d) Au sixième alinéa, le mot : « préférence » est remplacé par le mot : « préemption » ;

e) Le dernier alinéa est supprimé.

Article 13

Article 13

#

La charge pour les collectivités territoriales est compensée à due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrélativement pour l’État, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

([1]) https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047805414

([2]) https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/cion-dvp/l16b1178_rapport-information#

([3]) Rapport du Haut Conseil pour le Climat (HCC) : https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2022/06/Rapport-annuel-HCC-2022-Resume-executif.pdf

([4]) ONF : https://www.vie-publique.fr/eclairage/286488-forets-francaises-quel-avenir-face-au-changement-climatique

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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