Lire le texte

Pour une pêche française prospère et durable

Proposition de loi 21/01/2025 N° 820 PIONANR5L17B0820
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

Dans Pêcheurs d’Islande, Pierre Loti raconte le pays de Paimpol, au temps des grandes campagnes de pêche à la morue, « ce pays marin, qui paraissait être sans arbres, tapissé d’ajoncs ras et semé de pierres ». Il y dépeint la vie de ces communautés littorales dont l’esprit et les traditions se sont forgés au contact permanent de la mer. L’écrivain et officier de marine illustre ainsi magnifiquement l’importance de la pêche pour l’identité et la vitalité de nos littoraux.

Avant de pratiquer la grande pêche en Islande, dès le milieu du XIXe siècle, les pêcheurs bretons l’avaient pratiquée pendant des siècles au large de Terre‑Neuve. La morue y était alors présente en abondance. Après la seconde guerre mondiale, elle fait l’objet d’une pêche intensive jusqu’à l’effondrement quasi complet de la ressource et la fermeture de la principale zone de pêche en 1992. La mauvaise gestion de la ressource halieutique aura donc eu raison tant de la bonne santé des écosystèmes marins que des communautés littorales qui en dépendaient fortement. Cet épisode malheureux nous rappelle, s’il en était besoin, que l’avenir de la pêche et des pêcheurs est étroitement lié à celui de l’océan.

Ce rappel doit amener la pêche française à opérer sa révolution, au bénéfice des pêcheurs, des territoires littoraux et des écosystèmes marins. Car si la politique commune de la pêche a produit des effets significatifs, en France et en Europe, en organisant la gestion de la ressource, force est de constater que l’organisation et le fonctionnement de la pêche française ne sont plus adaptés aux défis de notre époque, à savoir le renouvellement des générations de marins et la transition écologique. Deux impératifs pour préserver notre souveraineté alimentaire et favoriser la création de richesses et d’emplois locaux.

Depuis plusieurs années, les crises se succèdent et s’accentuent : le Brexit a laissé des traces et le prix du gazole ne cesse d’augmenter, tandis que la consommation des produits de la mer continue de diminuer, comme le nombre de navires en activité et que le pays reste très largement dépendant des importations. Les pêcheurs ont le sentiment de subir ces aléas économiques et les exigences nouvelles liées à la protection de la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique. Il importe donc de travailler au rétablissement de la confiance avec cette grande partie de la profession qui s’estime insuffisamment écoutée et considérée, afin d’amorcer une transition sociale et écologique juste. Cela implique, en premier lieu, de réformer en profondeur la gouvernance de la filière pêche.

La gouvernance de la pêche française est critiquée pour sa complexité, son manque de transparence et de représentativité. Ces éléments ressortaient déjà de la consultation menée auprès des professionnels par Mme Annaïck Le Meur, députée du Finistère, dans le cadre d’une mission d’information, en 2019 ([1]).

Une réforme de la gouvernance est donc attendue. Il convient, en particulier, d’assurer une juste représentation des entreprises de pêche artisanale, notamment de la petite pêche côtière, au sein du comité national des pêches et des comités régionaux et départementaux des pêches. La flotte française compte, en effet, une majorité de petits navires : 80 % de moins de 12 mètres, 15 % entre 12 et 24 mètres, 4 % entre 24 et 40 mètres, et moins de 1 % de plus de 40 mètres ([2]).

De même, la composition des conseils de ces comités ne reflète pas la place des femmes au sein de la filière pêche, en amont et en aval. Le conseil du comité national des pêches compte, aujourd’hui, moins de 10 % de femmes, alors qu’elles représentent un tiers des effectifs de la filière ([3]). Sans vouloir y établir la parité - moins de 2 % des pêcheurs embarqués étant des femmes – il est légitime de tendre vers une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes de la pêche.

Par ailleurs, des limites devraient être posées à l’exercice simultané de mandats au sein des comités pêches, afin d’intéresser davantage de professionnels à l’organisation de leur secteur et favoriser le renouvellement des générations.

Ces évolutions redonneront de la vitalité démocratique à une filière pêche marquée par une faible participation aux élections professionnelles. En 2022, lors des dernières élections des comités des pêches, la participation globale stagnait à près de 20 %, avec de grandes disparités selon les régions (9 % en Pays de la Loire, 13 % en Bretagne, 36 % en Provence Alpes Côte d’Azur, par exemple) ([4]).

L’organisation d’un dialogue permanent, ouvert et transparent entre les pêcheurs, les associations environnementales et les scientifiques est un autre enjeu que la gouvernance actuelle ne traite qu’insuffisamment. Tant du côté des pêcheurs que des associations environnementales, des voix s’élèvent pour regretter l’absence de dialogue entre des mondes qui parfois ne se comprennent plus ni ne se parlent ([5]). Ce manque est facteur de frustrations et de tensions, comme sur la problématique des captures accidentelles de cétacés dans le Golfe de Gascogne : le recours au juge administratif signe l’échec collectif de la concertation ; il nous empêche de penser les enjeux dans leur globalité et nous conduit à prendre trop vite des mesures incomplètes

Des instances de concertation doivent donc être mis en place, afin de réduire les fractures et restaurer la confiance, avec l’objectif de concilier efficacement les enjeux de pêche et de préservation de la biodiversité marine ([6]). Il est, pour cela, proposé d’expérimenter une forme nouvelle de gouvernance, à l’échelle d’un territoire ou d’une pêcherie. Cette expérimentation, d’une durée de cinq ans, doit, non seulement, être ouverte à la profession dans sa grande diversité, mais également à l’ensemble des usagers de la mer et du littoral, afin d’organiser une gestion intégrée et concertée de la pêche. Dans le cadre du Grenelle de la Mer, il avait été décidé d’expérimenter une telle « approche écosystémique et concertée des pêches à travers la mise en place d’unités d’exploitation et de gestion concertées (UEGC) », sans que cela soit finalement suivi d’effet ([7]). La Catalogne offre, également, un exemple dont il convient de s’inspirer ([8]).

La répartition des quotas fait aussi l’objet de critiques, tant par les professionnels eux‑mêmes que les associations environnementales. L’Autorité de la concurrence a également pu juger ce système facteur d’inégalité intergénérationnelle et de risques concurrentiels ([9]).

Les critères pour l’attribution des autorisations de pêche sont au nombre de trois : l’antériorité des producteurs, les orientations du marché et les équilibres économiques (art. L. 921‑2 du code rural et de la pêche maritime). Le règlement de la Politique commune de la pêche stipule en outre que les États tiennent compte de critères sociaux et environnementaux dans le partage des quotas.

Alors que se pose avec acuité la question du renouvellement des générations de pêcheurs, la prévalence du critère d’antériorité est un frein à la création de nouvelles entreprises de pêche artisanale. En effet, les prix de vente des navires auxquels sont attachés d’importants droits de pêche les rendent inaccessibles aux jeunes pêcheurs ([10]). De même, les délais pour l’obtention de licence de pêche peuvent être assez longs pour les jeunes professionnels qui débutent. En outre, le critère d’antériorité nuit à la petite pêche côtière dans la répartition des quotas du fait d’une faible adhésion aux organisations de producteurs entre 2000 et 2003, période de référence pour le partage des sous‑quotas ([11]).

Une réforme des critères d’attribution de quotas devrait ainsi permettre de favoriser les « opérateurs qui pêchent de la manière la moins dommageable pour l’environnement et [qui] apportent le plus d’avantages à la société » comme souhaité à l’alinéa 33 du règlement européen relatif à la politique de la pêche et rendu possible par son

Article 1er

Article 1er

#

Le code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié :

1° L’article L. 2 est ainsi rédigé :

« Art. 2. – La politique des pêches maritimes, de l’aquaculture marine et des activités halio‑alimentaires a pour objectifs, en conformité avec les principes et les règles de la politique commune des pêches et dans le respect des engagements internationaux :

« 1° De soutenir le revenu, de développer l’emploi et d’améliorer la qualité de vie des professionnels de ces filières ; de préserver des modèles d’entreprises artisanales ; de diversifier leurs activités ; de développer l’enseignement et la formation maritime telle que définie à l’article L. 916 du code de l’éducation ; d’assurer le renouvellement des générations de professionnels et l’accès des femmes aux métiers de la pêche  ; de rechercher l’équilibre des relations commerciales, notamment par un meilleur partage de la valeur ajoutée ; et de préserver ces filières de la concurrence déloyale de produits importés issus de filières ne respectant pas les normes imposées par la réglementation européenne, y compris lors de la conclusion d’accords de libre‑échange ;

« 2° D’accompagner la transition écologique des filières des pêches maritimes et des cultures marines, pour permettre une exploitation et une valorisation durables du patrimoine collectif que constituent les ressources halieutiques, dans le cadre d’une approche écosystémique, reposant sur la science, pour réduire au minimum les incidences négatives sur le milieu marin, en particulier sur les habitats et les espèces sensibles, les juvéniles et les fonds marins, afin d’en garantir le bon état écologique et d’en préserver le rôle dans la régulation du climat ;

« 3° De contribuer à l’organisation collective des professionnels ; de garantir la représentativité des instances professionnelles et de s’assurer que leurs décisions, notamment celles relatives à l’attribution des quotas, reposent sur des critères objectifs, transparents et non discriminatoires ; de favoriser le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes à cette politique ;

« 4° De concourir à la souveraineté alimentaire de la France par le développement des filières de production et de transformation, et leur valeur ajoutée, en alliant performance économique, sociale, notamment à travers un haut niveau de protection sociale, environnementale et sanitaire, afin qu’elles soient capables de relever le double défi de la compétitivité et de la transition écologique, dans un contexte de compétition internationale ;

« 5° D’encourager l’ancrage territorial de ces filières, y compris par la promotion de circuits courts, la modernisation et le développement durable d’activités diversifiées participant à la vie économique, sociale et culturelle des régions littorales ;

« 6° De contribuer à la sécurité alimentaire de la population en favorisant l’accès à une alimentation suffisante, sûre, saine, durable, diversifiée et nutritive, et de concourir à la lutte contre la précarité alimentaire telle que définie à l’article L. 266‑1 du code de l’action sociale et des familles ;

« 7° De promouvoir l’information des consommateurs quant aux lieux et aux modes de production et de transformation des produits de la mer, aux lieux et méthodes de pêche, ainsi qu’à l’état de la ressource ;

« 8° De favoriser le développement de la recherche et de l’innovation dans ces filières ;

« 9° De rééquilibrer les termes des échanges entre pays dans un cadre européen et de coopération internationale permettant un développement durable et équitable, en luttant contre la faim et en soutenant l’autonomie alimentaire dans le monde, et en contribuant à une pêche durable en haute mer et dans les eaux sous juridiction étrangère ;

« 10° De lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée ;

« 11° De favoriser l’acquisition pendant l’enfance et l’adolescence d’une culture générale de l’alimentation, de la pêche et des cultures marines en soulignant les enjeux culturels, environnementaux, économiques et de santé publique des choix alimentaires. »

2° L’article L. 911‑2 est ainsi rédigé :

« Art. L. 911‑1. – Les objectifs de la politique des pêches maritimes, de l’aquaculture et des activités halio‑alimentaires sont définis à l’article L. 2 du présent code. »

2° Au deuxième alinéa du III de l’article L. 1, les mots : « de la biodiversité » sont remplacés par les mots : « des écosystèmes terrestres et marins ».

Titre II

Réformer la gouvernance de la pêche pour plus de dialogue, de représentativité et de transparence

Article 2

Article 2

#

I. – À titre expérimental et pour une durée de cinq ans, il peut être dérogé aux dispositions du chapitre II du titre Ier du livre IX du code rural et de la pêche maritime relatives à l’organisation professionnelle des pêches maritimes et des élevages marins afin d’organiser, à l’échelle d’un territoire, une gestion intégrée et concertée de la pêche, dans le cadre d’une approche écosystémique, reposant sur la science et associant les pêcheurs dans toute la diversité de leurs pratiques, les scientifiques, les associations environnementales ainsi que l’ensemble des acteurs concernés.

II. – Les conditions de mise en œuvre de l’alinéa précédent sont définies par voie réglementaire. Elles précisent notamment les conditions d’évaluation des expérimentations en vue d’une éventuelle généralisation.

III. – Au cours de la cinquième année de l’expérimentation, le ministre chargé de la mer présente au Parlement un rapport d’évaluation des expérimentations menées au titre du présent article.

Article 3

Article 3

#

La section 1 du chapitre II du titre Ier du livre IV du code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié :

1° Le dernier alinéa de l’article L. 912‑1 est ainsi modifié :

a) Les mots : « peuvent constituer » sont remplacés par le mot : « constituent » ;

b) Les mots : « antennes locales » sont remplacés par les mots » comités locaux » ;

c) Le mot : « auxquelles » est remplacé par le mot : « auxquels » ;

d) À la fin, les mots : « relevant de leurs missions de proximité » sont supprimés.

2° Après le II bis de l’article L. 912‑4, il est inséré un II ter ainsi rédigé :

« II ter. – La composition du comité national, des comités régionaux et des comités départementaux ou infra‑départementaux, ainsi que de leurs conseils, garantit la juste représentation des métiers et des modes de pêche. »

3° Après l’avant‑dernier alinéa de l’article L. 912‑5, il est inséré deux alinéas ainsi rédigés :

« Les mandats de président du comité national, de président de comité régional, de président de comité départemental ou interdépartemental sont incompatibles. Un décret en Conseil d’État précise les fonctions ou activités incompatibles avec les mandats de président du comité national, de président de comité régional, de président de comité départemental ou interdépartemental.

« La composition des conseils du comité national, des comités régionaux, départementaux et interdépartementaux tend vers une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes. »

Article 4

Article 4

#

Le livre IX du code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié :

1° Au début de l’article L. 912‑12‑1, sont inséré deux alinéas ainsi rédigés :

« La répartition des quotas de captures et les quotas d’effort de pêche fixée par le ministre chargé de la pêche maritime répond à des critères objectifs, transparents et non discriminatoires.

« Les règles de fonctionnement interne des organisations de producteurs garantissent que les décisions relatives à l’admission de nouveaux membres, à la révocation de membres et à la répartition de quotas de captures et d’efforts de pêche répondent à des critères objectifs, transparents et non discriminatoires. »

2° L’article L. 912‑14 est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« La composition de leur conseil d’administration garantit la juste représentation des métiers et des modes de pêche. Elle tend vers une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes. »

3° L’article L. 921‑2 est ainsi modifié :

a) Au premier alinéa, le mot : « trois » est remplacé par le mot : « cinq » ;

b) Après le quatrième alinéa, sont insérés deux alinéas ainsi rédigés :

« – les nécessités de la transition vers une pêche durable ;

« – la contribution à l’économie locale, notamment en matière d’emploi. »

Titre III

Concilier les activités de pêche et la protection des écosystèmes marins pour en tirer les bénéfices socioéconomiques et environnementaux

Article 5

Article 5

#

Après l’article L. 911‑4 du code rural et de la pêche maritime, il est inséré un article L. 911‑5 ainsi rédigé :

« Art. L. 911‑5 – I. – La stratégie nationale de transition des flottilles de pêche au chalut de fond, fixée par décret, définit la marche à suivre, à moyen et long termes, pour réduire la dépendance de la filière de la pêche française à l’augmentation du prix des énergies fossiles.

« II. – Le décret fixant la stratégie identifie les mesures permettant la transition des navires de pêche au chalut de fond vers d’autres pratiques de pêche, y compris par l’expérimentation et l’incitation. Elle fixe notamment les mesures relatives à l’attribution des permis de mise en exploitation des navires de pêche professionnelle et à la répartition des quotas qui contribuent à l’atteinte de ces objectifs. Elle prévoit les mesures d’accompagnement économique et social garantissant une transition juste.

« Chaque année, le Gouvernement établit un rapport, remis au Parlement, qui rend compte de la mise en œuvre de la stratégie.

« La stratégie est révisée tous les six ans.

« III. – L’État, les collectivités territoriales et leurs établissements publics respectifs en prennent en compte la stratégie dans leurs documents de planification et de programmation maritimes.

« IV. – Un décret en Conseil d’État précise le contenu de la stratégie et les modalités de son élaboration, de son adoption et de ses modifications et révisions. »

Article 6

Article 6

#

Le titre II du livre IX du code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié :

1° L’article L. 921‑8 est ainsi rétabli :

« Art. L. 921‑8. – À compter du 1er janvier 2026, l’usage des navires de pêche d’une longueur hors tout supérieure ou égale à vingt‑cinq mètres est interdit à moins de douze milles nautiques de la laisse de basse mer des côtes. »

2° La section 2 du chapitre II est complétée par un article L. 922‑2‑1 ainsi rédigé :

« Art. L. 922‑2‑1 – L’usage des filets remorqués est interdit à moins de trois milles de la laisse de basse mer des côtes. Un décret en Conseil d’État précise les conditions dans lesquelles il peut être dérogé à cette interdiction en dehors des aires marines protégées mentionnées à l’article L. 334‑1 du code de l’environnement, »

Article 7

Article 7

#

Le dernier alinéa du I de l’article L. 110‑4 du code de l’environnement est ainsi modifié :

1° Au début, sont ajoutées deux phrases ainsi rédigées : « La protection forte se caractérise notamment par l’absence de prélèvement des ressources naturelles et minérales. Les zones sous protection forte sont entièrement et légalement protégées, désignées pour conserver ou restaurer l’intégrité des zones naturelles riches en biodiversité, avec leur structure écologique sous‑jacente et les processus environnementaux naturels qui les soutiennent. » ;

2° À la fin, les mots : « de la protection forte mentionnée au premier alinéa » sont supprimés.

Titre IV

Valoriser les produits de la mer locaux et durables

Article 8

Article 8

#

I. – Après l’article L. 641‑19‑1 du code rural et de la pêche maritime, il est inséré un article L. 641‑19‑2 ainsi rédigé :

« Art. L. 641‑19‑2. – Les coquillages de la famille des pectinidés autres que l’espèce dont le nom scientifique est "pecten maximus” ne peuvent pas être commercialisés sous la dénomination "saint‑jacques”. »

II. – La section 2 du chapitre II du titre Ier du livre IV du code de la consommation est ainsi modifiée :

1° Est ajouté un article L. 412‑12‑1 ainsi rédigé :

« Art. L. 412‑12‑1. – Les dénominations commerciales des élasmobranches contribuent à garantir au consommateur une information claire et complète sur l’origine des produits. Elles lui permettent de distinguer, au sein d’une même famille, les espèces dont l’état des stocks est préoccupant. »

2° À la première phrase de l’article L. 412‑6, les mots : « peuvent préciser » sont remplacés par le mot : « précisent » ;

3° L’article L. 412‑4 est ainsi modifié :

a) Après le quatrième alinéa, il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :

« Sans préjudice des dispositions spécifiques relatives à l’indication de l’origine des denrées alimentaires, les informations mentionnées au 1 de l’article 35 du règlement (UE) n° 1379/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 portant organisation commune des marchés dans le secteur des produits de la pêche et de l’aquaculture sont rendues obligatoires pour les produits de la mer utilisés en tant qu’ingrédient dans les produits transformés. » ;

b) Au cinquième alinéa, les mots : « et quatrième » sont remplacés par les mots : « , quatrième et cinquième ».

Article 9

Article 9

#

Le titre Ier du livre Ier du code de l’environnement est complété par un article L. 110‑8 ainsi rédigé :

« Art. L. 110‑8. – En vue de mettre fin à l’importation de matières premières et de produits issus de l’aquaculture dont la production a contribué, directement ou indirectement, à la dégradation d’écosystèmes marins ou littoraux, y compris les mangroves, en dehors du territoire national, l’État élabore et met en œuvre une stratégie nationale, actualisée au moins tous les cinq ans. »

Titre V

Former et diversifier pour le renouvellement des générations, le revenu des professionnels et les transitions dans la pêche

Article 10

Article 10

#

I. – Le chapitre II du titre IV du livre III de la deuxième partie du code de l’éducation est complété par un article L. 341‑2 ainsi rédigé :

« Art. L. 341‑2 – L’enseignement et la formation professionnelle maritimes sont organisés conformément aux dispositions des articles L. 916 et L. 917 du code rural et de la pêche maritime. »

II. – Le titre Ier du livre IX du code rural et de la pêche maritime est complété par un chapitre V ainsi rédigé :

« Chapitre V

« Enseignement et la formation professionnelle publics maritimes

« Art. L. 916. – L’enseignement et la formation professionnelle publics maritimes sont une composante du service public de l’éducation. Ils relèvent du ministre chargé de la mer.

« Ils sont dispensés dans le respect des principes généraux de l’éducation prévus au livre Ier du code de l’éducation.

« Ils ont pour objet de former le personnel qualifié, autre que le personnel du service de santé, nécessaire à l’armement des navires de commerce, de pêche ou de plaisance ainsi que le personnel des entreprises de cultures marines.

« Ils répondent aux enjeux de développement des filières maritimes alliant performance économique, sociale, environnementale et sanitaire, de souveraineté alimentaire et stratégique, de renouvellement des générations de marins et de transition écologique. Ils contribuent également à sensibiliser la population dans ces domaines et à faire découvrir aux enfants la mer et ses métiers.

« Les établissements dispensant cet enseignement et cette formation professionnelle remplissent les missions suivantes :

« 1° Ils assurent une formation technologique et professionnelle initiale et continue ;

« 2° Ils participent à l’animation et au développement des territoires littoraux et des façades maritimes ;

« 3° Ils contribuent à l’insertion scolaire, sociale et professionnelle des jeunes et à l’insertion sociale et professionnelle des adultes ;

« 4° Ils contribuent aux activités de développement, d’expérimentation et d’innovation maritimes ;

« 5° Ils participent à des actions de coopération internationale, notamment en favorisant les échanges et l’accueil d’élèves, apprentis, étudiants, stagiaires et enseignants ;

« 6° Ils mettent en œuvre toute action visant à répondre durablement aux besoins en emplois nécessaires pour assurer la souveraineté alimentaire et l’autonomie stratégique, et assurent le développement des connaissances et compétences en matière de transition écologique.

« Les régions sont associées à la mise en œuvre de l’ensemble de ces missions.

« Art. L. 917. – La formation maritime est dispensée dans les établissements de formation professionnelle maritime qui comprennent :

« 1° L’École nationale supérieure maritime ;

« 2° Les lycées professionnels maritimes ;

« 3° Les établissements mentionnés à l’article L. 5547‑3 du code des transports.

« Des établissements d’enseignement autres que les établissements ou organismes précités peuvent également concourir à la formation maritime selon des modalités fixées par arrêté des ministres chargés de la mer et de l’éducation et, le cas échéant, du ministre chargé de l’agriculture. »

Article 11

Article 11

#

I. – Après le 2° de l’article L. 911‑1 du code rural et de la pêche maritime, il est inséré un 3° ainsi rédigé :

« 3° L’exercice d’activités de diversification situées dans le prolongement direct de l’acte de production primaire défini au 1° et au 2°. » ;

II. – L’article L. 5235‑1 du code des transports est ainsi modifié :

1° Au premier alinéa, les mots : « occasionnellement et » sont supprimés ;

2° Au second alinéa, le mot : « occasionnellement » est supprimé.

Article 12

Article 12

#

La médaille d’honneur des marins instituée par la loi du 14 décembre 1901 peut être décernée, par le ministre en charge de la mer, sans condition de navigation ou de distinction aux marins disparus ou péris en mer.

Article 13

Article 13

#

La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

([1])  Annaïg Le Meur, députée, Rapport d’information de la commission des affaires économiques sur la pêche, Assemblée nationale, octobre 2019.

([2])  FranceAgriMer, Chiffres clés des filières pêche et aquaculture en France en 2023, octobre 2023.

([3])  FranceAgriMer, Place des femmes dans les secteurs pêche et aquaculture en France, Les études de FranceAgriMer, août 2017.

([4])  Bernard Jégou, « Les résultats détaillés des élections des comités des pêches », Le Marin, mai 2022.

([5])  Union française des pêcheurs artisans, newsletter n°1, mars 2024.

([6])  J.-L. Joseph et G. Romiti,« Quelle pêche durable en mer face au changement climatique », CESE, avis, mars 2021.

([7])  Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, Livre bleu des engagements du Grenelle de la Mer, juillet 2009.

([8])  Planète Mer, “Les pêcheurs varois à la rencontre de leurs homologues catalans”, mars 2019.

([9])  Autorité de la concurrence, Avis 15-A-19 du 16 décembre 2015 relatif aux effets sur la concurrence du mécanisme de répartition des quotas de pêche en France, décembre 2015.

([10])  Manon Plouchart, Etude sur le parcours d’installation d’un.e jeune pêcheur.se, Association Pleine Mer, septembre 2021.

([11])  Annaïg Le Meur, op.cit.

([12])  Règlement UE n° 1380/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche, décembre 2013.

([13])  Région Bretagne, Appel à manifestation d’intérêt, Déploiement de l’hydrogène au sein de la flotte de pêche, 2022.

([14])  Ifremer, Synthèse des liens potentiels existant entre les activités de pêche et les pressions physiques en milieu marin, avril 2019.

([15])  Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil sur la mise en oeuvre de la directive-cadre « stratégie pour le milieu marin », juin 2020.

([16])   Atwood Trisha B., Romanou Anastasia, DeVries Tim, et autres, « Atmospheric CO2 emissions and ocean acidification from bottom-trawling », Frontiers in Marine Science, Vol. 10, 2024.

([17])  Quemper Florian, Levrel Harold, Le Bras Quentin, Mouillard Romain, Gascuel Didier, « Evaluation des performances environnementales, économiques et sociales des flottilles de pêche françaises opérant dans l’Atlantique Nord-Est », Les publications du Pôle halieutique, mer et littoral de L’Institut Agro, n° 55, 2024.

([18])  Annaïg Le Meur, op. cit.

([19])  Association Sea Shepherd France, Sea Shepherd France expose la présence de plusieurs chalutiers géants en Manche, communiqué de presse, décembre 2023.

([20])  Association Bloom, Bulldozées, Une analyse inédite de la pêche au chalut dans les aires marines “protégées” européennes, rapport, mars 2024.

([21])  Rédaction, « Interview, Bruno Margollé : “On ne peut plus se lancer dans des 25 mètres” », Le Marin, janvier 2022.

([22])  Annaïg Le Meur, op. cit..

([23])  Rédaction, « L’accord sur la senne danoise en Manche-est dans une impasse », Le Marin, février 2023.

([24])  Ifremer, Avis scientifique sur le projet d’arrêté relatif à la pêche du maquereau dans les eaux territoriales des Côtes d’Armor, octobre 2019.

([25]) Costello MJ., « Evidence of economic benefits from marine protected areas », Scientia Marina, Vol. 88, mars 2024.

([26])  Sève, C., Belharet, M., Melià, P., Franco, A., Calò, A., et Claudet, J. Fisheries Outcomes of marine protected area networks: levels of protection, connectivity, and time matter, Conservation Letters, octobre 2023.

([27])  UICN Comité français, Les zones de protection forte en mer, Etats des lieux et recommandations, septembre 2021.

([28])  Commission européenne, Stratégie de l'UE en faveur de la biodiversité à l'horizon 2030, Communication au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions, mai 2020.

([29])  Annick Berger, « Aires marines protégées : la France est-elle vraiment dans les clous ? », TF1 INFO, octobre 2022.

([30])  Ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, « Le patrimoine marin et les aires marines protégées françaises », février 2023.

([31])  J. Claudet et autres, « Critical gaps in the protection of the second largest exclusive economic zone in the world », Marine Policy, Vol. n°124, février 2021.

([32])  J. Jacquemont et al., « 3D ocean assessments reveal that fisheries reach deep but marine protection remains shallow. » Nat Commun 15, 2024.

([33])  Plan Bleu, Rapport final, Evaluation des coûts et bénéfices induits par des mesures de protection dans deux aires marines protégées françaises, décembre 2023.

([34])  Gouvernement, Etude d’impact du projet de loi d’orientation pour la souveraineté en matière et le renouvellement des générations en agriculture, mars 2024

([35])   J.-L. Joseph et G. Romiti, op. cit.

([36]) Edouard Le Jeune, sénateur, « Réglementation relative à la coquille Saint-Jacques », Question écrite n°19712, 10e législature, décembre 1996

([37])  DGCCRF, Ministère de l’économie et des finances, « Coquilles Saint-Jacques : Conseils pour acheter sans se tromper », Fiches pratiques, novembre 2021

([38])  Iddri et Sciences Po PSIA, « Getting the shrimp’s share. Mangrove deforestation and shrimp consumption, assessment and alternatives », janvier 2019.

([39])  L. Goldberg et autres, « Global decline in human-driven mangrove loss », Global Change Biology, juin 2020.

([40])  P. Garo, D. Stevens et P. Vermeulen, « La diversification de l’activité des pêcheurs et aquaculteurs par le tourisme », février 2017.

([41])  S. Panonacle et S. Auconie, Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, Rapport d’information sur la mise en application de la loi n°2016-816 du 20 juin 2016 pour l’économie bleue, décembre 2017.

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

Voir le glossaire complet