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Promouvoir l’interconnexion ferroviaire des plateformes logistiques, le transfert modal et la transition écologique

Proposition de loi 15/10/2024 N° 381 PIONANR5L17B0381
Exposé des motifs

Mesdames, Messieurs,

« On va redévelopper le fret ferroviaire massivement. On va redévelopper les trains de nuit, là aussi, on va redévelopper les petites lignes de train parce que tout ça, ça permet de faire des économies et ça permet de réduire nos émissions ». Lors de l’interview télévisée du 14 juillet 2020, le chef de l’État présentait un discours particulièrement offensif sur l’avenir du transport ferroviaire, en particulier pour le transport de marchandises.

Pendant le confinement, plus de 600 trains de fret ont circulé quotidiennement, assurant ainsi la distribution de biens essentiels à travers tout le territoire. Le fret ferroviaire s’est avéré vital pour maintenir l’activité de nombreux services critiques, dont les hôpitaux.

Le 28 juillet 2020, le Premier ministre de l’époque, Jean Castex, exposait les mesures envisagées pour promouvoir le fret ferroviaire lors de sa visite à la plateforme multimodale de Bonneuil‑sur‑Marne.

Le 13 septembre 2021, à l’occasion de la Semaine de l’innovation du transport et de la logistique, le ministre délégué aux Transports (SITL), Jean‑Baptiste Djebbari, annonçait une nouvelle stratégie nationale pour le fret ferroviaire avec pour objectif de doubler sa part modale d’ici 2030, passant ainsi de 9 % en 2019, à 18 % à l’horizon 2030.

Dans une tribune publiée dans Le Monde le 2 juin 2023, son successeur, Clément Beaune, insistait sur cette nécessité de doubler le recours au fret ferroviaire d’ici 2030.

Pourtant, malgré les annonces, aucune action significative n’a été entreprise depuis lors. Au contraire, les promesses de relance du fret ferroviaire ont été trahies. Loin des discours de façade et des bonnes intentions affichées lors des sommets internationaux, comme récemment à l’occasion de la COP28, le gouvernement français entend céder aux injonctions de Bruxelles en portant une procédure de discontinuité qui pourrait conduire à une faillite du transport ferroviaire de marchandises en France, en portant un coup fatal à l’opérateur public.

Le principal obstacle au développement du fret ferroviaire réside non pas dans un manque d’innovation, mais bien de la concurrence avec le transport routier. Les externalités négatives du transport routier ne sont pas intégrées dans son coût, ce qui lui confère un avantage injuste sur le rail.

Le fret ferroviaire illustre l’échec de la stratégie de la SNCF. Pendant de nombreuses années, l’argument selon lequel « il faut anticiper l’ouverture à la concurrence pour que les opérateurs puissent adapter leurs méthodes de productions et leur organisation » a été édicté en vérité inébranlable.

Pour relancer, et développer, le fret ferroviaire public dans le pays, il est temps de sortir des injonctions et de passer aux décisions politiques concrètes.

L’impasse de la libéralisation

Depuis plus de deux décennies, le secteur du fret ferroviaire est en proie à des promesses de réforme. Les plans de relance se sont succédés (2003, 2007, 2009, 2011, 2016) avec comme fil conducteur une libéralisation du secteur (dérégulation, ouverture à la concurrence, baisse des coûts) largement inspirée du mode routier.

Dès 2003, l’ouverture à la concurrence des transports internationaux de marchandises a entraîné un premier plan d’austérité de 300 millions d’euros pour Fret SNCF, soldé par des centaines de suppressions d’emplois. En 2006, anticipant l’ouverture à la concurrence des transports nationaux, le « Plan Marembaud » a vu la fermeture de 4 triages fret et la réduction de 14 autres, avec une réduction de 21 % du parc de wagons et de 24 % du parc de locomotives. Engagée dans une course à la rentabilité, la SNCF prend au cœur de l’été la décision de fermer 262 gares au trafic de wagons isolés.

Entre 2008 et 2010 les décisions dommageables se succèdent, comme l’abandon d’une grande partie de la messagerie ferroviaire, entraînant un déficit de plus de 900 millions d’euros en 2011 et une chute de la part modale du fret ferroviaire de 22 % en 2000 à 14 % en 2009.

Cet abandon du wagon isolé a engendré un report d’un million de camions sur la route. L’année 2012 est quant à elle marquée par une destruction massive d’emplois avec 1200 suppressions de postes, qui succèdent au 6000 depuis 2008. La réforme du ferroviaire de 2018, rejetée massivement par plus de 90 % des cheminotes et des cheminots, transforme l’entreprise publique historique en 5 sociétés, dont la SAS FRET. C’est le début d’une opération de liquidation de l’opérateur historique et de l’activité fret pour la SNCF.

De 2000 à 2018, les différents plans fret en France ont fait chuter le nombre de gigatonnes par kilomètre (GTK) transportées. Le fret ferroviaire, tout opérateur confondu, est passé de 50 à 33 GTK. Sur cette période, le wagon isolé représentait 20 GTK sur les 50 GTK assurées par l’ensemble des opérateurs.

Alors que l’urgence appelait à la relance du fret ferroviaire ; la SNCF vend la filiale de wagons ERMEWA en 2021 et la filiale de locomotives AKIEM en 2022.

Enfin en 2023, suite à une enquête lancée par la commission européenne, le ministre des transports de l’époque Clément Beaune, lance une procédure de discontinuité qui acte la liquidation quasi définitive de l’opérateur historique : 500 suppressions de postes, transfert de 30 % de l’activité au privé au 31 décembre 2023 et interdiction de se repositionner sur ceux‑ci pour une durée de 10 ans, donation aux opérateurs privés de 62 locomotives pour assurer les trafics cédés et mise à disposition pour une durée de 36 mois des conducteurs assurant actuellement ce trafic.

L’enquête parlementaire menée à l’Assemblée nationale en 2023 sur le fret ferroviaire a révélé que l’ouverture à la concurrence instaurée en 2006 par la commission européenne n’avait produit aucun effet positif. Au contraire, de 2000 à 2022, le transport ferroviaire de marchandises n’a cessé de régresser et la part modale du fret ferroviaire est passée de 22 % en 2000, à 14 % en 2009, pour finir à moins de 10 % en 2022.

Ces choix politiques ont eu pour conséquence un transfert massif de camions sur les routes. Depuis 2006, plus de 2 millions de camions supplémentaires ont été jetés sur nos routes.

L’urgence écologique et sanitaire

L’urgence écologique est incontestable et chaque jour qui passe sans action renforce les conséquences irréversibles du réchauffement climatique. Il est plus que jamais urgent de développer le transport ferroviaire pour assurer la bifurcation écologique. Le Pacte Vert Européen de 2020 engage d’ailleurs la France à l’augmentation du trafic ferroviaire de marchandises de 50 % d’ici 2030, et de 100 % d’ici 2050 (par rapport à 2015). L’État s’est engagé à un doublement de la part modale du fret ferroviaire dans le transport de marchandises d’ici 2030.

La question des mobilités, et particulièrement celle du transport de marchandises, doit être revue de fond en comble. Aujourd’hui, nous savons que les transports sont responsables de plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre dont près de 95 % incombent au transport routier de marchandises et voyageurs, soit une hausse de plus de 39 % depuis 1990.

Les rapports d’alerte climatique se succèdent, alarmants et témoignant d’un réchauffement sans précédent.

Le mois de février 2024 a été le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial selon le rapport l’observatoire européen Copernicus, les températures mesurées à la surface des océans en février 2024 dépassant celles enregistrées en août 2023.

En France, l’année 2023 se classe au deuxième rang des années les plus chaudes sur notre territoire après 2022 avec une température moyenne de 14.4 degrés. Un rapport de Météo France datant de février 2021 nous rappelait que si rien n’était fait, la température pourrait atteindre les 50° C en période estivale dans plusieurs départements français. Quant au réchauffement climatique, si nous n’agissons pas immédiatement et ne limitons pas nos émissions de gaz à effets de serre, il atteindrait +3,9° C en 2100.

Aujourd’hui, nous savons que les transports sont responsables de plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre devant l’industrie (26 %) et l’agriculture (19 %). 95 % des émissions issues du secteur du transport incombent au transport routier de marchandises et voyageurs, soit une hausse de plus de 39 % depuis 1990.

Du point de vue environnemental, le train, qu’il s’agisse du transport de voyageurs ou de marchandises, représente 0,4 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports, tandis que les poids lourds, dédiés exclusivement au transport de marchandises, représentent 21,3 %.

Le transport ferroviaire apparaît comme une alternative cruciale et un choix environnemental évident. Transporter une tonne de marchandises par train émet 20 fois moins de gaz à effet de serre que par camion. Le train est ainsi 144 fois moins responsable des émissions de gaz à effet de serre que le transport routier.

L’enjeu va bien au‑delà de l’impact climatique. Les études du GIEC et d’autres organismes scientifiques soulignent l’impact dévastateur des émissions de gaz à effet de serre sur la santé humaine. La pollution atmosphérique, notamment due aux transports, est un véritable fléau, causant chaque année des milliers de décès prématurés.

Dans un rapport publié en 2021, Santé Publique France indiquait que la mortalité liée à la pollution de l’air ambiant reste un risque conséquent en France avec 40 000 décès attribuables chaque année aux particules fines (PM2,5).

Selon les dernières estimations de l’Agence européenne de l’Environnement, au moins 238 000 personnes sont décédées prématurément dans l’UE en 2020 en raison d’une exposition à une pollution par les PM2,5 supérieures au seuil préconisé dans les lignes directrices de l’OMS.

Ces travaux mettent en évidence une fois de plus la nécessité de continuer à œuvrer pour réduire la pollution atmosphérique, en ciblant toutes les sources potentielles de pollution.

Alors que le secteur des transports est l’un des plus gros contributeurs de la pollution liée à l’activité humaine, il y a urgence à relancer et développer le fret ferroviaire public pour améliorer la qualité de l’air.

Aux côtés des impacts directs sur l’espérance de vie des populations, la pollution de l’air représente un coût économique considérable pour nos finances publiques. Déjà en 2015, un rapport rédigé par la commission d’enquête sur le coût économique et financier de la pollution de l’air mettait en lumière l’impact financier de la pollution sur l’assurance maladie. Selon cette étude, chaque année, le coût sanitaire de la pollution est estimé entre 68 et 97 milliards d’euros. Huit ans après ce rapport, aucune action significative n’a été entreprise.

En l’absence d’intervention politiques décisives, les besoins de transport de marchandises vont connaître une croissance exponentielle, les volumes seront intégralement captés par le transport routier, entraînant ainsi une augmentation proportionnelle des externalités négatives.

La nécessité de repenser la logistique du transport de marchandises

Depuis plusieurs années, nous constatons une explosion du e‑commerce et de la messagerie qui a largement modifié les schémas habituels de consommation des citoyens et de transports de marchandises. En 2019, les Français ont dépensé plus de 40,37 milliards d’euros « en ligne » pour l’achat de biens physiques, avec une croissance de +5,9 % par rapport à 2018, dont la moitié a été captée par Amazon.

La quantité de marchandises transportées, mesurée en tonne/kilomètre, a augmenté de 30 % entre 1990 et 2017. Alors que le transport routier de marchandises a progressé de 56 %, le transport ferroviaire de marchandises a diminué de 42 %. Les véhicules utilitaires légers ont enregistré la plus forte augmentation de leurs émissions de gaz à effet de serre (+ 42 % entre 1990 et 2017), en parallèle avec l’augmentation du transport de marchandises par ce moyen.

Selon une étude faite par le ministère de la transition écologique et environnementale, la part de marchandise transportée devrait augmenter de 80 % entre 2026 et 2050. Cela signifie que sans changement structurel, nous pourrions voir une augmentation de 80 % du nombre de camions sur nos routes.

Au cœur de ces nouveaux modes de consommation, nous trouvons les grands logisticiens que sont les sociétés de commerce en ligne, les entreprises de la grande distribution ou La Poste. Ils organisent leurs activités autour d’une politique du « zéro stock », le stockage étant considéré comme trop coûteux, depuis d’immenses dépôts logistiques qui se multiplient dans tout le pays depuis deux décennies. Ces entrepôts, véritables usines du XXIe siècle, emploient 800 000 ouvriers de la logistique, soit 13 % des ouvriers de France. Construites dans des zones périphériques, ces plateformes, qui sont le cœur névralgique du transport routier massif, sont aujourd’hui peu ou pas reliées au réseau ferroviaire français.

Pour engager une politique publique ambitieuse visant à doubler la part modale du transport ferroviaire de marchandises, il est nécessaire de repenser l’aménagement du territoire pour promouvoir l’intermodalité et favoriser la réintroduction de zones logistiques en ville. Cela pourrait être réalisé en utilisant des tramways‑frets ou en réutilisant d’anciens terrains ferroviaires de la SNCF dédiés à la messagerie.

Si nous sommes conscients que le « dernier kilomètre » ne pourra pas être effectué en train car il n’est pas aujourd’hui possible de relier chaque habitation ou entreprise au réseau ferré, il est en revanche possible de relier à ce dernier les grandes bases logistiques des différents transporteurs qui se trouvent en périphérie des agglomérations et aujourd’hui uniquement approvisionnées par camions.

Acheminer les marchandises au plus près des territoires via le train est possible. Cela impose de revoir intégralement le logistique du transport de marchandises routiers aujourd’hui uniquement guidée que par les intérêts économiques à très court terme, ce qui conduit à un quasi‑monopole du mode routier. Il existe en France plus de 2 800 installations temporaires embranchées qui desservent des usines et des entreprises, dont seulement 1 000 sont utilisées. 

L’intervention publique doit encourager les chargeurs et les industriels à réfléchir en commun à leurs modes de transport. Des convergences peuvent se développer entre l’intérêt général, qui vise à orienter les flux vers des modes respectueux de l’environnement, et l’intérêt des chargeurs qui peuvent bénéficier de ces mises en commun. Se pose ici la question des plateformes multimodales et de la complémentarité entre les différents modes de transport. Plutôt que de, sans cesse, les opposer entre eux, notamment par le jeu du dumping social, nous devons travailler à la convergence des moyens de transport. Les ports, souvent marginalisés par le transport ferroviaire de marchandises, comme l’ensemble des MIN (marchés d’intérêts nationaux), représentent un enjeu important de demain. Avec une politique nationale cohérente, nous pourrons amener les marchandises au plus près des territoires en limitant massivement le recours aux camions.

En conclusion, la crise sanitaire a clairement démontré les limites du modèle actuel, soulignant la nécessité pressante d’opérer un changement radical à la fois dans le domaine des transports de marchandises et dans l’aménagement du territoire. Dans cette perspective, le fret ferroviaire se présente comme un outil essentiel pour combattre le réchauffement climatique

Afin d’engager une réelle politique publique de report modal et mettre un frein au déclin du fret ferroviaire public, cette proposition de loi vise à interdire tout nouveau projet de construction d’entrepôt ou de plateforme logistique dépourvu de connexion au réseau ferroviaire et oblige les propriétaires ou occupants des plateformes actuelles à se relier au réseau où à défaut, et en cas d’impossibilité avérée, de s’acquitter d’une taxe annuelle pour la transition écologique.

Article 1er

Article 1er

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Le chapitre Ier du titre Ier du livre Ier du code de l’urbanisme est complété par une section 10 ainsi rédigée :

« Section 10

« Raccordement ferroviaire des plateformes logistiques

« Art. L. 111‑35. – I. – Tout projet de construction d’un entrepôt ou d’une plateforme logistique prévoit le raccordement de l’entrepôt ou de la plateforme logistique au réseau ferroviaire. En l’absence de plan de raccordement, l’autorité administrative compétente ne peut ni autoriser le projet ni délivrer le permis de construire.

« II. – Pour les entrepôts ou les plateformes logistiques existants qui ne sont pas raccordés au réseau ferroviaire, une étude de faisabilité d’un raccordement au réseau ferroviaire est réalisée dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi.

« III. – En cas d’absence de raccordement au réseau ferroviaire dans le délai mentionné au II, le propriétaire de l’entrepôt ou de la plateforme logistique concernée est redevable de la taxe pour la transition écologique du secteur de la logistique dans les conditions prévues à l’article L. 4332‑8‑1 du code général des collectivités territoriales.

« III. – Les conditions d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil d’État. »

Article 2

Article 2

#

I. – L’article L. 4331‑2 du code général des collectivités territoriales est complété par un 13° ainsi rédigé :

« 13° La taxe pour la transition écologique du secteur de la logistique mentionnée à l’article L. 4332‑8‑1 du code général des collectivités territoriales. » ;

II. – Après la section 3 bis du chapitre II du titre III du livre III de la quatrième partie du code général des collectivités territoriales, est insérée une section 3 ter ainsi rédigée :

« Section 3 ter

« Taxe pour la transition écologique du secteur de la logistique

« Art. L. 4332‑8‑1. – I. – Il est institué une taxe pour la transition écologique du secteur de la logistique.

« II. – La taxe est due par la personne qui possède l’entrepôt ou la plateforme logistique mentionnée au II de l’article L. 111‑35 du code de l’urbanisme.

« III. – Le fait générateur de la taxe pour la transition écologique du secteur de la logistique est celui mentionné au III du même article du code de l’urbanisme.

« IV. – Sous réserve du V du présent article, la taxe pour la transition écologique du secteur de la logistique prend la forme d’une taxe additionnelle à l’impôt sur les sociétés mentionné à l’article 205 du code général des impôts. Elle est recouvrée selon les mêmes modalités que l’impôt auquel elle s’ajoute.

« V. – Pour chaque entrepôt ou plateforme concerné, il est appliqué un taux proportionnel fixé dans les conditions suivantes :

 «

Bénéfices selon la définition de l’impôt sur les sociétés (en euros)

Taux de la taxe pour la transition écologique du secteur de la logistique

Jusqu’à 42 500 euros

0,01 %

Entre 42 500 et 63 750 euros

0,05 %

Entre 63 750 et 95 625 euros

0,1 %

Entre 95 625 et 143 438 euros

0,5 %

Entre 143 438 et 1 400 000 euros

5 %

Supérieur à 1 400 000 euros

50 %

 »

[(1)](1) Ce groupe est composé de : Mme Nadège ABOMANGOLI, M. Laurent ALEXANDRE, M. Gabriel AMARD, Mme Ségolène AMIOT, Mme Farida AMRANI, M. Rodrigo ARENAS, M. Raphaël ARNAULT, Mme Anaïs BELOUASSA-CHERIFI, M. Ugo BERNALICIS, M. Christophe BEX, M. Carlos Martens BILONGO, M. Manuel BOMPARD, M. Idir BOUMERTIT, M. Louis BOYARD, M. Pierre-Yves CADALEN, M. Aymeric CARON, M. Sylvain CARRIÈRE, Mme Gabrielle CATHALA, M. Bérenger CERNON, Mme Sophia CHIKIROU, M. Hadrien CLOUET, M. Éric COQUEREL, M. Jean-François COULOMME, M. Sébastien DELOGU, M. Aly DIOUARA, Mme Alma DUFOUR, Mme Karen ERODI, Mme Mathilde FELD, M. Emmanuel FERNANDES, Mme Sylvie FERRER, M. Perceval GAILLARD, Mme Clémence GUETTÉ, M. David GUIRAUD, Mme Zahia HAMDANE, Mme Mathilde HIGNET, M. Andy KERBRAT, M. Bastien LACHAUD, M. Abdelkader LAHMAR, M. Maxime LAISNEY, M. Arnaud LE GALL, M. Aurélien LE COQ, M. Antoine LÉAUMENT, Mme Élise LEBOUCHER, M. Jérôme LEGAVRE, Mme Sarah LEGRAIN, Mme Claire LEJEUNE, Mme Murielle LEPVRAUD, Mme Élisa MARTIN, M. Damien MAUDET, Mme Marianne MAXIMI, Mme Marie MESMEUR, Mme Manon MEUNIER, M. Jean-Philippe NILOR, Mme Sandrine NOSBÉ, Mme Danièle OBONO, Mme Nathalie OZIOL, Mme Mathilde PANOT, M. René PILATO, M. François PIQUEMAL, M. Thomas PORTES, M. Hugo PREVOST, M. Loïc PRUD’HOMME, M. Jean-Hugues RATENON, M. Arnaud SAINT-MARTIN, M. Aurélien SAINTOUL, Mme Ersilia SOUDAIS, Mme Anne STAMBACH-TERRENOIR, M. Aurélien TACHÉ, Mme Andrée TAURINYA, M. Matthias TAVEL, Mme Aurélie TROUVÉ, M. Paul VANNIER.

 

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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