Question écrite n° 6469

Ordre public — Manifestation illégale et atteinte à la liberté de réunion

Posée le Mardi 6 mai 2025 Intérieur 17e législature
Réponse publiée
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Auteur
Photo de Marine Hamelet
RN · 2 - Tarn-et-Garonne
Ministère interrogé
Intérieur
Ministère de l'intérieur
Chronologie
Question posée 06/05/2025
483 jours
Réponse publiée 01/09/2026
Mme Marine Hamelet alerte M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur les manifestations illégales et l'atteinte à la liberté de réunion. Le samedi 26 avril 2025 à 18 h, le Rassemblement National organisait dans un lieu privé de la commune da Mamers (72) un cocktail privé sur invitations personnelles. Des appels publics à la mobilisation ont été lancés par un collectif dit « antifa » contre cette réunion strictement privée. Alors que la préfecture avait été prévenue, les gendarmes mobilisés sur place ont sciemment laisser passer et s'installer devant les grilles mêmes de la propriété un groupe de manifestants dont certains vêtus de noir et cagoulés, portant des pancartes haineuses et hurlant dans des mégaphones des slogans insultants voire menaçants. Cet attroupement avait manifestement pour intention d'intimider physiquement les invités et de forcer le bouclage des grilles d'accès à l'évènement interdisant aux invités d'entrer. Une invitée qui se présentait a d'ailleurs été frappée par un des participants à cette manifestation. C'est la troisième fois que la préfecture de la Sarthe laisse délibérément ainsi des gens cagoulés et menaçants perturber l'entrée directe de lieux de réunion du Rassemblement National dans le département. Les représentants publics invoquent « un désordre acceptable » pour justifier ces atteintes à la liberté de circulation et de réunion alors que le trouble à l'ordre public est à l'évidence constitué. Le droit de manifester étant soumis à autorisation formelle en France, Mme la députée prie M. Le ministre de bien vouloir lui indiquer si la préfecture de la Sarthe avait donné une autorisation de manifester devant un endroit privé pour protester contre un évènement privé. À défaut, elle lui demande pourquoi la préfecture n'a pas empêché cet attroupement illégal qui constituait en lui-même un trouble à l'ordre public et une entrave à la circulation dans la rue. Elle lui demande s'il entend rechercher les responsables de ce désordre manifeste à l'ordre public et à la loi. Elle le prie également de bien vouloir lui indiquer sur quel fondement juridique une préfecture peut invoquer un « désordre acceptable » pour s'abstenir d'intervenir devant des infractions et si cette notion juridique nouvelle invoquée figure dans les instructions qu'il donne en matière de sécurité publique aux préfets et aux dépositaires de l'autorité publique dans les départements.
La manifestation du collectif antifasciste à Mamers a été suivie avec attention par les unités de gendarmerie, en lien avec la préfecture de la Sarthe. La manifestation, qui a fait l'objet d'une déclaration préalable en application de l'article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure, était déclarée comme un rassemblement statique devant la mairie de Mamers, avec un nombre de participants estimé à environ cinquante personnes. Compte tenu de ces éléments et en l'absence d'informations relatives à des risques de troubles à l'ordre public, cette manifestation ne pouvait pas légalement être interdite. Un dispositif de sécurité a été mis en place, comprenant une quinzaine de militaires de la gendarmerie ainsi qu'une réserve d'intervention, en adéquation avec l'évaluation initiale du contexte. Au cours du rassemblement, les manifestants ont quitté le lieu initialement déclaré pour se diriger vers le site accueillant une réunion du Rassemblement national. Cette déambulation n'a pas généré de troubles à l'ordre public. A ce titre, aucune dissimulation du visage par le port d'une cagoule n'a été constatée. Le cortège s'est immobilisé à proximité de l'entrée principale du lieu de réunion, sans empêcher l'accès à celui-ci. Afin de faciliter l'arrivée des invités et d'éviter tout contact direct avec les manifestants, l'accès s'est poursuivi par une entrée secondaire, en coordination avec les organisateurs de l'événement. Aux alentours de 18h15, une altercation a eu lieu entre un invité et plusieurs manifestants, ce qui a conduit les militaires présents à intervenir immédiatement afin de rétablir le calme. Tout a été mis en œuvre pour concilier l'exercice du droit de manifester avec les exigences de sécurité publique.
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