Question écrite n° 16636

énergie et carburants — Coût de l'énergie et production d'énergie sur les exploitations agricoles

Posée le Mardi 7 juillet 2026 Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire 17e législature
Réponse publiée
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Ministère interrogé
Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire
Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Chronologie
Question posée 07/07/2026
56 jours
Réponse publiée 01/09/2026
Mme Véronique Ludmann appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les dépenses d'énergie des exploitations agricoles et sur les conditions dans lesquelles ces exploitations peuvent elles-mêmes produire de l'énergie. Dans l'Oise, l'agriculture pèse lourd : grandes cultures céréalières et betteravières, élevage, activités agroalimentaires. Pour ces exploitations, l'énergie est devenue un poste de charge difficile à anticiper. Le gazole non routier (GNR) alimente les engins, mais l'électricité et le gaz servent aussi au séchage des récoltes, à l'irrigation, à la ventilation et au chauffage des bâtiments d'élevage. La reprise des tensions au Moyen-Orient a fait fortement remonter le prix du GNR au printemps 2026. Le Gouvernement a réagi par une prise en charge temporaire de l'accise, instaurée par le décret n° 2026-334 du 30 avril 2026 et annoncée comme reconduite jusqu'à la fin du mois d'août, mais cette aide ne couvre qu'une partie de la hausse subie. Sur le fond, le tarif réduit d'accise applicable au GNR agricole demeure gelé à 3,86 euros par hectolitre depuis 2024, sans que les exploitants disposent d'une visibilité au-delà de cette stabilité de fait. S'y ajoute le coût des intrants liés au prix du gaz, à commencer par les engrais azotés. Les exploitations ne sont pas seulement consommatrices d'énergie : elles peuvent aussi en produire et en tirer un revenu complémentaire. Le photovoltaïque sur les bâtiments et les hangars, comme l'agrivoltaïsme encadré depuis le décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 pris en application de la loi APER, ouvre une première voie. La méthanisation en ouvre une autre, en valorisant les effluents d'élevage, les résidus de culture et les cultures intermédiaires. Sur ce point, la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie, adoptée par le décret n° 2026-76 du 12 février 2026, fixe au biométhane injecté un objectif de 44 TWh en 2030, soit près du triple des capacités actuelles. Le 25 juin 2026, le Gouvernement a par ailleurs annoncé la prolongation jusqu'en 2041 de la trajectoire des certificats de production de biogaz, ainsi que le remplacement, à compter de janvier 2027, du guichet ouvert d'obligation d'achat par un appel d'offres simplifié pour les plus petites installations. Ces orientations vont dans le bon sens. Leur portée dépendra toutefois de leur traduction concrète et de la place faite aux exploitations de taille modeste, nombreuses dans le département. Elle souhaite donc connaître les mesures envisagées pour garantir aux agriculteurs une visibilité durable sur le coût de l'énergie au-delà des dispositifs temporaires de crise, en particulier sur l'avenir du tarif réduit de GNR. Elle l'interroge également sur les modalités du futur appel d'offres simplifié, afin qu'il bénéficie effectivement aux petites unités de méthanisation agricole, ainsi que sur la stabilisation du cadre de l'agrivoltaïsme, notamment quant au partage de la valeur entre l'exploitant, le propriétaire foncier et le producteur d'électricité, pour que la production d'énergie reste un complément à l'activité agricole sans concurrencer la vocation nourricière des terres.
Le Gouvernement est pleinement conscient des conséquences que peuvent avoir les fluctuations des prix de l'énergie sur les exploitations agricoles, dont les besoins énergétiques sont indispensables à la conduite des productions. C'est pourquoi il a mis en place, dès le printemps 2026, plusieurs mesures destinées à accompagner les agriculteurs face à la hausse des prix des carburants, notamment la prise en charge du droit d'accise applicable au gazole non routier (GNR) agricole pour le mois d'avril 2026, puis un remboursement de 15 centimes par litre de GNR acquis au titre du mois de mai, dispositif prolongé jusqu'au mois d'août 2026. Une éventuelle prolongation au-delà de cette date est en cours de réflexion. Parallèlement, le Gouvernement poursuit son action en faveur du développement de la production d'énergie renouvelable par les exploitations agricoles. S'agissant de la méthanisation, les annonces intervenues le 25 juin 2026 visent à renforcer la visibilité économique de la filière, notamment par la prolongation de la trajectoire des certificats de production de biogaz et l'évolution des modalités de soutien aux nouvelles installations. Les travaux de mise en œuvre de ces orientations se poursuivent. Le projet de décret relatif à l'obligation de restitution de certificats de production de biogaz a été soumis à la consultation du public et sera soumis durant l'été aux autres consultations obligatoires. Les acteurs de la filière seront prochainement consultés sur le projet de cahier des charges relatif au futur appel d'offres simplifié destiné aux installations de plus petite taille, qui a vocation à prendre le relais du guichet tarifaire dès début 2027. S'agissant de l'agrivoltaïsme, le Gouvernement partage la conviction exprimée quant à son potentiel comme levier de transition énergétique et de résilience économique des exploitations agricoles, tout en veillant à ce que son développement demeure pleinement compatible avec la vocation nourricière des terres agricoles. La loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables et son décret d'application du 8 avril 2024 ont ainsi établi un cadre juridique complet reposant sur deux principes fondamentaux : le maintien de l'activité agricole comme activité principale sur les parcelles concernées et l'obligation pour toute installation agrivoltaïque d'apporter un service direct à l'exploitation agricole. Le Gouvernement est particulièrement attentif à la stabilité et à la lisibilité de ce cadre, afin de sécuriser les exploitants agricoles, les propriétaires fonciers, les porteurs de projets et les collectivités territoriales. Le développement du photovoltaïque sur les bâtiments agricoles existants constitue par ailleurs un levier important de production d'énergies renouvelables en milieu rural et bénéficie de dispositifs de soutien adaptés aux différentes puissances d'installation.
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