Question écrite n° 15429

Maladies — Inscription de la BPCO comme priorité de santé publique

Posée le Mardi 26 mai 2026 Santé, familles, autonomie et personnes handicapées 17e législature
Réponse publiée
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Auteur
Photo de Sandrine Josso
DEM · 7 - Loire-Atlantique
Ministère interrogé
Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Chronologie
Question posée 26/05/2026
91 jours
Réponse publiée 25/08/2026
Mme Sandrine Josso attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la nécessité de renforcer la lutte contre la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Selon les données de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, cette pathologie respiratoire chronique concernerait entre 3,5 et 4 millions de personnes en France. Or la Haute autorité de santé estime que 66 à 90 % des cas resteraient non diagnostiqués, ce qui expose les patients à une aggravation silencieuse de leur état respiratoire et à une prise en charge tardive. La BPCO est par ailleurs rarement une pathologie isolée puisqu'elle s'accompagne, dans un nombre significatif de cas, de comorbidités cardiovasculaires ou métaboliques qui complexifient la prise en charge et la coordination des soins. Dans un contexte où le système de santé est appelé à une plus grande efficience, le renforcement du dépistage précoce et la structuration de parcours de soins coordonnés constituent des leviers majeurs pour réduire les hospitalisations évitables et améliorer la qualité de vie des patients. Dans ce contexte, elle lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour améliorer le repérage précoce de la BPCO. Elle souhaiterait également connaître les orientations envisagées pour favoriser une prise en charge pluridisciplinaire de cette pathologie et savoir si la BPCO est susceptible de faire l'objet d'une attention particulière dans le cadre de la future stratégie nationale de santé.
Selon Santé publique France, la Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire chronique fréquente qui touche 5 à 10 % des plus de 45 ans et qui cause plus de 18 000 décès annuels. Elle est due au tabagisme dans environ 80 % des cas. Parmi les autres facteurs de risque, on note les expositions professionnelles, la pollution atmosphérique, l'exposition passive à la fumée de cigarette et des facteurs génétiques. La prévention de la BPCO passe notamment par les actions portées par les plans nationaux : le plan national de lutte contre le tabac et le plan national santé environnement. À l'échelle individuelle, la lutte contre le tabagisme y compris passif est essentielle.  Le repérage précoce est un pilier majeur de lutte contre la BPCO dans la mesure où la Haute autorité de santé (HAS) estimait en 2020 que 66 à 90 % des personnes atteintes n'étaient pas diagnostiquées. Ainsi, outre la recherche des symptômes par l'interrogatoire, la HAS préconise un questionnaire rapide pour repérer les premiers symptômes où deux réponses positives doivent amener à une mesure du souffle pour faire le diagnostic. En effet, une spirométrie chez un patient stable doit permettre de mettre en évidence un trouble ventilatoire obstructif non réversible après bronchodilatateur. Les médecins doivent être formés à la technique et à l'interprétation de la spirométrie ; en cas de doute sur le diagnostic, l'avis du pneumologue est nécessaire. L'auto-questionnaire de dépistage de la BPCO a été valorisé et mis en ligne sur Mon espace santé et sur Tabac info service, qui dispose d'un espace dédié à la BPCO, afin d'en favoriser la diffusion et son appropriation par les assurés.  Le dispositif Mon bilan prévention est un temps d'échange individuel entre un professionnel de santé effecteur et un assuré, entièrement dédié à la prévention dont l'objectif est de prévenir l'apparition de maladies chroniques, de renforcer le recours aux dépistages organisés et aux campagnes de vaccination et de permettre à chacun de devenir véritablement acteur de sa santé. En encourageant les comportements favorables à la santé, ce dispositif vise à prolonger l'espérance de vie en bonne santé et à réduire les inégalités sociales de santé, en déployant des actions complémentaires d'aller-vers, notamment en région. Le dispositif est proposé à quatre âges clés de la vie : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans, 70-75 ans. Ces rendez-vous peuvent, à ce jour, être réalisés par les médecins, les infirmiers, les sages-femmes et les pharmaciens. L'ouverture à d'autres effecteurs est en cours de réflexion. Chaque bilan est intégralement pris en charge par l'Assurance maladie, sans reste à charge pour l'assuré. La BPCO fait partie des thématiques qui peuvent être abordées dans l'entretien. A ce titre, les auto-questionnaires patients abordent les antécédents personnels ainsi que la symptomatologie (toux, crachats, essoufflement) ; en miroir, les fiches d'aide au repérage abordent également la maladie. Il en est de même pour le tabagisme. La montée en charge du dispositif Mon bilan prévention fait partie des outils au service de l'amélioration du repérage de la BPCO. Au décours du dépistage puis du diagnostic initial de la BPCO, s'appuyant sur les recommandations de la HAS publiées en 2019 dans le cadre des travaux sur la stratégie de transformation du système de santé, l'Assurance maladie a amorcé en 2025 le déploiement national d'un programme d'accompagnement du parcours de soins de la BPCO, conformément aux engagements fixés dans le cadre de la convention d'objectifs et de gestion signée entre la Caisse nationale de l'Assurance Maladie et l'État pour l'exercice 2023-2027. S'appuyant sur un outil de diagnostic de territoire de la population porteuse d'une BPCO, mis à disposition des Communautés professionnelles territoriales de santé notamment, cette action a pour objectifs de réduire l'effet péjoratif de points de rupture dans la prise en charge des patients, les exposant à un risque d'exacerbation de la maladie et de dégradation de leur état de santé. Des indicateurs populationnels de suivi du parcours de soins sont ainsi proposés à ces professionnels de santé (fréquence du suivi pluriprofessionnel, délivrance des traitements médicamenteux, réalisation des examens nécessaires au suivi de la maladie, couverture vaccinale, etc.). Les complications et comorbidités auxquelles sont exposés les patients sont présentées. L'ensemble de ces paramètres permettra de sensibiliser et d'accompagner les acteurs de soins et partenaires territoriaux à la mise en œuvre de solutions correctrices d'optimisation et de coordination du parcours de la BPCO. Afin de renforcer l'offre de soins de réhabilitation respiratoire pour ces patients, insuffisamment mise en œuvre malgré une efficience démontrée, notamment au décours d'un épisode d'exacerbation aiguë de la maladie, la direction de la sécurité sociale et la direction générale de l'offre de soins ont initié les travaux de transposition dans le droit commun d'une expérimentation article 51 visant à mettre en œuvre une réhabilitation respiratoire à domicile, mobilisant une équipe de santé pluriprofessionnelle coordonnée avec le cercle de soins du patient. Enfin, le rapport de 2024 de la Cour des Comptes relatif à la « santé respiratoire, un enjeu de « santé environnement » insuffisamment pris en considération » propose plusieurs recommandations en instruction dans les services ministériels pour améliorer la santé respiratoire des Français.
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