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Convention coopération judiciaire France Myanmar

Rapport 03/12/2025 N° 2195 RAPPANR5L17B2195
Article 689

Article 689

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Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée à New York le 10 décembre 1984.

Article 689

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Convention européenne pour la répression du terrorisme signée à Strasbourg le 27 janvier 1977 et accord entre les États membres des Communautés européennes concernant l’application de la convention européenne pour la répression du terrorisme, fait à Dublin le 4 décembre 1979.

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Convention sur la protection physique des matières nucléaires, ouverte à la signature à Vienne et à New York le 3 mars 1980.

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Convention pour la répression d’actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime et protocole pour la répression d’actes illicites contre la sécurité des plates-formes fixes situées sur le plateau continental, faits à Rome le 10 mars 1988.

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Convention sur la répression de la capture illicite d’aéronefs, signée à La Haye le 16 décembre 1970, et convention pour la répression d’actes illicites dirigés contre la sécurité de l’aviation civile, signée à Montréal le 23 septembre 1971.

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Protocole pour la répression des actes illicites de violence dans les aéroports servant à l’aviation civile internationale, fait à Montréal le 24 février 1988.

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Protocole à la convention relative à la protection des intérêts financiers des Communautés européennes, fait à Dublin le 27 septembre 1996, et convention relative à la lutte contre la corruption impliquant des fonctionnaires des Communautés européennes ou des fonctionnaires des États membres de l’UE, faite à Bruxelles le 26 mai 1997.

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Convention internationale pour la répression des attentats terroristes, ouverte à la signature à New York le 12 janvier 1998.

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Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme, ouverte à la signature à New York le 10 janvier 2000.

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Règlement (CE) n° 561/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006 relatif à l’harmonisation de certaines dispositions de la législation sociale dans le domaine des transports par route.

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Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, adoptée à New York, signée le 20 décembre 2006.

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Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, faite à La Haye le 14 mai 1954, et le deuxième protocole relatif à la convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, fait à La Haye le 26 mars 1999.

En outre, les deux lois n° 95-1 du 2 janvier 1995 et n° 96-432
du 22 mai 1996 ont spécifiquement reconnu la compétence universelle ad hoc des tribunaux français pour poursuivre et juger les auteurs des crimes de masse commis en ex-Yougoslavie ([55]) et au Rwanda ([56]) présents sur le territoire national.

Selon les éléments communiqués au rapporteur par le MEAE et le ministère de la justice, onze procès ont été tenus depuis le début des années 2000 sur le fondement de la compétence universelle, entraînant plusieurs condamnations pénales pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité, principalement à l’encontre de ressortissants rwandais.

Deux décisions respectivement rendues par la chambre criminelle et l’Assemblée plénière de la Cour de cassation les 24 novembre 2021 ([57]) et 12 mai 2023 ([58]) ont eu pour effet de complexifier l’exercice de la compétence universelle, en rappelant qu’elle demeurait conditionnée au respect de l’exigence légale d’une double incrimination des faits ayant motivé les poursuites pénales, à la fois en France et dans la législation de l’État sur le territoire duquel ils ont été commis.

La loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 d’orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027 a supprimé cette condition de double incrimination jusqu’alors exigée par l’article 689-11 du code de procédure pénale. Cette évolution permet utilement de desserrer les contraintes procédurales susceptibles de freiner la mise en œuvre par l’autorité judiciaire de sa compétence universelle afin de poursuivre et juger les auteurs de crimes de masse.

En facilitant l’échange d’informations entre le Mécanisme et la France, la convention de coopération judiciaire renforce directement les moyens dont disposent les juridictions compétentes afin d’exercer, le cas échéant, leur compétence universelle s’agissant des crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en Birmanie. En ce sens, la convention constitue donc un outil juridique supplémentaire afin de lever les obstacles susceptibles d’entraver la répression des auteurs d’atrocités de masse, en mettant fin à une forme d’impunité de fait contraire à l’idéal de justice.

   Examen en commission

Le mercredi 3 décembre 2025, à 11 heures 30, la commission examine le projet de loi autorisant l’approbation de la coopération judiciaire internationale entre le gouvernement de la République française et l’Organisation des Nations unies représentée par le Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar.

Mme Constance Le Grip, présidente. Mes chers collègues, l’ordre du jour appelle l’examen du projet de loi autorisant l’approbation de la convention de coopération judiciaire internationale entre le gouvernement de la République française et l’Organisation des Nations unies (ONU) représentée par le Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar. Ce Mécanisme a été créé par une résolution du Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations unies en septembre 2018.

L’objectif de cette instance est de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en Birmanie depuis 2011 et d’aider à en juger les responsables. Le Mécanisme d’enquête a pour mandat de recueillir des informations et des preuves afin de constituer des dossiers destinés à permettre la mise en œuvre de procédures pénales devant des juridictions nationales ou internationales, menées en vertu de leur compétence universelle.

Faute de pouvoir se rendre en Birmanie pour collecter les informations et les données, les personnels des Nations unies dépendent de la coopération des organisations non gouvernementales (ONG) présentes sur place et des États soutenant le Mécanisme d’enquête. Telle est la pertinence de la convention de coopération judiciaire dont il nous est proposé d’autoriser l’approbation. Elle a vocation à permettre aux juridictions françaises d’être pleinement à même de coopérer avec le Mécanisme d’enquête, s’agissant potentiellement de faits aussi graves et tragiques que des crimes contre l’humanité, ainsi que des crimes et des délits de guerre.

M. Laurent Mazaury, rapporteur. La convention de coopération judiciaire internationale que nous examinons a été signée à Genève le 12 juin 2024. Elle détermine le cadre juridique relatif à l’entraide pénale entre les autorités judiciaires françaises et le Mécanisme d’enquête créé en septembre 2018 par une résolution du CDH de l’ONU.

Sa mission consiste à recueillir des éléments de preuve permettant de documenter les violations les plus graves du droit international commises en Birmanie depuis 2011. Son but est de faciliter l’ouverture de poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs de ces crimes devant des juridictions nationales ou internationales. Ce travail essentiel intervient dans un contexte marqué par la multiplication d’atrocités de masse ciblant les populations civiles, notamment les minorités ethniques et religieuses, et par la répression organisée par la junte militaire à la suite du coup d’État survenu le 1er février 2021.

Je ne reviendrai pas en détail sur les questions géopolitiques que soulève la crise birmane ni sur chacune des stipulations de la convention, que j’ai eu l’occasion d’analyser dans le projet de rapport qui vous a été transmis avant-hier. J’insisterai sur trois points qu’il me semble important de développer afin de défendre la nécessité d’approuver le texte dont notre commission est saisie. Sa dimension modeste et technique ne doit pas en occulter les réels enjeux de fond.

Le premier point est la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire en Birmanie au cours des dernières années. La spirale de violence que connaît le pays procède d’un double phénomène.

D’une part, la minorité musulmane des Rohingyas fait l’objet d’une répression brutale par les forces armées depuis le milieu des années 2010, ce qui a entraîné l’exil de près de 1 million d’entre eux au Bangladesh, afin de fuir les persécutions dont ils sont victimes. D’autre part, le coup d’État militaire survenu le 1er février 2021 a mis un terme au très fragile processus de transition démocratique initié en 2011.

La junte au pouvoir enferme, voire élimine ses opposants en multipliant les exactions. Plus de 6 000 civils ont été tués au cours des cinq dernières années, dont près de 750 enfants. Selon les ONG, plus de la moitié de la population birmane vit sous le seuil de pauvreté et près de 19 millions de personnes devraient bénéficier d’une aide humanitaire d’urgence.

La France se mobilise pleinement afin de soutenir la population birmane. Elle a versé près de 8,8 millions d’euros d’aide humanitaire au titre de l’année 2025. Il s’agit de respecter un juste équilibre entre l’aide apportée aux civils et la condamnation de la junte par le biais d’un embargo sur les armes et de la mise en œuvre de sanctions visant directement les chefs militaires birmans.

Toutefois, l’effectivité des régimes de sanctions décidés à l’échelle internationale n’est pas véritablement garantie par notre droit pénal. En effet, hormis la notion de devoir de vigilance, aucun cadre légal ne réprime spécifiquement la violation de sanctions internationales. Ce vide juridique, nous, législateurs, devrions le combler, d’autant qu’un projet de loi a été déposé à cet effet il y a presque vingt ans.

Ce texte a été successivement adopté en 2013 par le Sénat puis en 2016 par notre Assemblée ; depuis près de dix ans, la navette parlementaire est interrompue. Il me semble nécessaire de faire enfin aboutir ce projet de loi pour améliorer l’efficacité de notre arsenal législatif en la matière.

Le deuxième point est l’activité du Mécanisme d’enquête créé par l’ONU en 2018 et opérationnel depuis 2019. Cet outil institutionnel a été déjà mis en œuvre en 2016 et en 2017, afin de documenter les massacres commis par le régime de Bachar al-Assad et par l’État islamique en Syrie et en Irak.

Ce n’est pas un tribunal ; il ne poursuit, ne juge ni ne condamne personne. Il permet, grâce à son travail d’enquête, d’objectiver les faits pour éclaircir les responsabilités de crimes de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qui ont pu être commis sur le territoire birman.

Le Mécanisme d’enquête travaille en étroite collaboration avec les États, les ONG et les juridictions, aux échelles nationale et internationale. Plusieurs recours aux fins d’engager la responsabilité des autorités birmanes ont été introduits depuis 2019 devant la Cour internationale de justice (CIJ) et devant la Cour pénale internationale (CPI). Ces affaires sont en cours d’instruction et dans l’attente de leur jugement.

Le travail minutieux qu’accomplissent les agents du Mécanisme d’enquête depuis Genève, faute d’avoir accès au territoire birman, est presque titanesque compte tenu des centaines de témoignages qu’ils ont déjà recueillis et de l’analyse de plusieurs milliers de documents déjà portés à leur connaissance. Hélas, leurs missions sont également confrontées à des difficultés majeures en raison des restrictions budgétaires affectant tous les organes des Nations unies depuis plusieurs mois – je vous laisse deviner à qui l’on doit cette brillante réduction de budget –, dont les répercussions sur la capacité du Mécanisme d’enquête à accomplir sa tâche à court terme seront sans doute lourdes. Très concrètement, la suppression de 11 postes, soit près de 20 % du personnel, est envisagée dès 2026.

Le troisième point est le contenu de la convention de coopération judiciaire dont le projet de loi vise à autoriser l’approbation et les raisons qui doivent amener notre commission à, je l’espère, l’adopter.

La conclusion de cette convention répond tout d’abord à un impératif juridique. Le Mécanisme d’enquête n’est pas une juridiction judiciaire. Or notre code de procédure pénale réserve le bénéfice des dispositifs d’entraide pénale aux seules juridictions étrangères. Un accord international est donc indispensable pour déterminer les règles applicables aux mesures d’entraide que pourront réciproquement solliciter l’autorité judiciaire française et le Mécanisme d’enquête, lequel a déjà conclu treize accords bilatéraux avec des États, dont la moitié sont membres de l’Union européenne.

Composé de quatorze articles, l’accord comporte des stipulations conformes aux conventions européennes régissant les modalités d’entraide pénale. Il offre aux tribunaux français, au premier rang desquels le pôle crimes contre l’humanité, génocides, crimes et délits de guerre du Parquet national antiterroriste (PNAT), la possibilité de solliciter des auditions de témoins auprès du Mécanisme d’enquête ou d’être sollicité par celui-ci afin d’en mener.

Conformément aux conventions bilatérales en matière d’entraide, plusieurs mesures sont expressément exclues du champ d’application de la convention, s’agissant par exemple des interceptions téléphoniques, des mesures privatives de liberté ou – sujet particulièrement cher à mon cœur – du gel et de la saisie des avoirs. La convention détermine également les règles relatives à la transmission d’informations entre le Mécanisme d’enquête et l’autorité judiciaire conformément aux exigences procédurales du droit en vigueur.

L’entrée en vigueur de la convention n’aura qu’un impact très modeste sur l’activité des juridictions françaises. Les services du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) et du ministère de la justice que j’ai auditionnés m’ont indiqué que, à ce jour, aucune procédure n’a été diligentée en France au sujet des crimes de masse commis en Birmanie au titre de la compétence universelle que peuvent exercer les tribunaux français s’agissant des crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

La convention n’en mérite pas moins d’être approuvée. Sur le plan juridique, le texte envoie un signal fort d’opposition à l’impunité judiciaire dont bénéficient trop souvent les auteurs d’exactions de masse. La France doit réaffirmer que la loi du plus fort, d’où qu’elle vienne, est contraire aux principes mêmes qui fondent le droit international, que nous devons inlassablement défendre à l’heure où ils sont, hélas, gravement remis en cause, à l’heure même où nous parlons.

M. Jean-Paul Lecoq (GDR). Chiche !

M. Laurent Mazaury, rapporteur. Je l’assume.

Sur le plan politique, la convention est aussi un moyen de soutenir le travail essentiel des équipes du Mécanisme d’enquête et de réitérer notre soutien constant et déterminé aux populations civiles birmanes victimes de la répression.

L’intensification des violences commises par la junte militaire, alors même que son contrôle sur des pans entiers du territoire birman s’affaiblit, montre que la situation n’est pas figée. Dans ce contexte, les élections qu’elle devrait organiser dans les semaines à venir ont pour seul but de légitimer la poursuite de sa mainmise sur le pays, comme l’a dénoncé vendredi dernier le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) des Nations unies, en déplorant « un climat de menaces et de violence qui mettra en danger la vie des civils ».

Face à la perspective d’une nouvelle amplification des exactions en Birmanie, le projet de loi qui nous est soumis s’inscrit dans le sillage de celui que notre commission a adopté en 2022 s’agissant de la Syrie. Il ne s’agit pas d’une solution miracle ni d’une grande avancée géopolitique mais d’un moyen utile de contribuer, hélas modestement, à lutter contre la barbarie.

Mme Constance Le Grip, présidente. Nous en venons aux interventions des orateurs des groupes politiques.

M. Jean-Paul Lecoq (GDR). Nous voterons pour le projet de loi. Il s’inscrit dans un esprit de justice et de respect du droit international, que je défends en permanence car il doit être notre boussole. Je constate, monsieur le rapporteur, qu’il est la vôtre. Il doit être, à l’exclusion de tout « deux poids, deux mesures », partout respecté.

Au Myanmar, la junte militaire contrôle près de la moitié du pays. Elle y a instauré la loi martiale dans plus d’une soixantaine de communes. Elle a restreint les accès à internet et aux communications téléphoniques.

Elle a recours aux exécutions extrajudiciaires. Elle pratique la torture, le viol comme arme de guerre, la détention arbitraire de civils, de personnes identifiées en droit humanitaire et de journalistes. Elle a prononcé des condamnations à mort, le système de justice n’ayant plus rien d’indépendant.

Elle a recours à des destructions ciblées de logements par le feu : près de 100 000 logements ont été ainsi détruits de 2021 à 2024. Elle recrute des enfants. Elle coexiste avec d’autres groupes armés formés sur une base ethnique.

Les civils sont au milieu de tout cela. Il n’y a pas de chiffres officiels, et pour cause, du suivi de l’évolution des maladies et des problèmes de nutrition. Les accès aux hôpitaux et aux soins, et jusqu’à l’aide humanitaire de base, sont souvent coupés, à tel point que l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a été contrainte de suspendre temporairement son activité.

Il y a aussi les persécutions du peuple Rohingya, minorité musulmane qu’il ne faut pas oublier. La CPI a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du général Min Aung Hlaing, accusé de nettoyage ethnique envers cette minorité et auteur du coup d’État en 2021. Il faut aussi mentionner la corruption et le contournement des sanctions internationales par la junte, ce qui lui permet de vivre et d’acheter des armes, notamment des drones auxquels elle a énormément recours – il serait intéressant de savoir qui lui en fournit ; j’espère que l’enquête le déterminera. Elle a su détourner des drones à usage agricole pour les utiliser contre les populations civiles à des fins de surveillance et de bombardement. Les drones sont une arme qui lui est presque indispensable. Par ailleurs, le Myanmar est le pays ayant le plus recours aux mines antipersonnel.

Vous nous avez invités à nous interroger sur l’évolution de notre droit en évoquant l’interruption de la navette parlementaire. Je suis très attentif à l’aboutissement de tels textes, compte tenu de ce qui s’est passé en Syrie, mais aussi en Libye : il n’y a jamais eu d’enquête à ce sujet et il ne serait pas inintéressant de connaître la réalité de ce qui s’est passé, sans s’en tenir au cadre des élections présidentielles françaises. S’agissant de conflits en cours, j’espère que la question du respect du droit international sera soulevée au sujet d’Israël et du Sahara occidental, même si les crimes qui y sont commis sont de moindre niveau que ceux commis ailleurs, notamment en Birmanie.

Parmi les enjeux, il y a la nécessité de montrer au reste du monde que la France ne laissera pas faire. C’est pourquoi nous envisageons de demander l’examen de ce texte selon la procédure normale dans l’hémicycle, afin que notre voix résonne par-delà notre commission.

M. Laurent Mazaury, rapporteur. Faire respecter le droit international est un objectif transpartisan, qu’il s’agisse de conflits passés, en cours, à venir ou oubliés. Il est essentiel de rétablir la vérité et de rappeler les responsabilités. Cette démarche distingue la France depuis longtemps, quel que soit son gouvernement, et il continuera d’en être ainsi.

S’agissant de la reprise de la navette parlementaire, il nous incombe d’y contribuer. J’ai récemment déposé une proposition de loi instituant un mécanisme de saisie des avoirs souverains étrangers gelés en réponse aux violations du droit international. Son objet est de modifier le code monétaire et financier, qui nous empêche techniquement de poser politiquement la question de la saisie d’avoirs gelés, quel que soit le conflit.

Il s’agit de s’interroger, en tant que législateurs, sur la pertinence d’une disposition introduite, pour lutter contre la corruption, par la loi « Sapin 2 », dont l’effet collatéral, des années plus tard, est de nous faire courir avec des sabots aux pieds. Les législateurs que nous sommes doivent se saisir de ces points de droit précis aux répercussions importantes, s’agissant en l’espèce de potentielles sanctions internationales.

Celles-ci n’ont pas simplement pour objet d’aller chercher de l’argent. Elles sont aussi une façon d’agir pour limiter, voire pour faire cesser des conflits, en tapant là où ça fait mal quand on est face à des États terroristes : la Russie aujourd’hui, d’autres demain. C’est une façon de leur dire « Attention, cet argent, on peut aller le chercher ».

Nous, législateurs, sommes là pour au moins donner la possibilité au gouvernement, quel qu’il soit, d’utiliser notre droit de manière efficiente. Sur ce point, nous sommes parfaitement d’accord.

Mme Gisèle Lelouis (RN). Le projet que nous examinons s’inscrit dans un contexte international marqué par une crise grave et durable en Birmanie. Ce pays est frappé par un retour brutal de la dictature militaire et vit depuis 2021 au rythme des persécutions, des arrestations arbitraires et des violences de masse. Les minorités ethniques, à commencer par les Rohingyas, en paient tragiquement le prix.

Face à cela, la France doit répondre présent. Non dans une logique d’interventionnisme mais conformément à ce qui a toujours fondé sa diplomatie : le respect du droit, le soutien aux peuples opprimés et le refus de l’impunité. Ainsi, dans le prolongement de l’engagement de la France en faveur du droit international et de la protection des populations civiles, la convention soumise à notre approbation formalise dans un cadre juridique clair la coopération entre nos autorités judiciaires et le Mécanisme d’enquête des Nations unies.

Le groupe Rassemblement national, attaché à la souveraineté des États comme au respect du droit international, est donc favorable à cette convention. Nous y voyons un geste de solidarité mesurée, dans le respect de nos institutions et au service d’une cause juste. Nous resterons bien entendu attentifs aux conditions effectives de mise en œuvre de ce partenariat, afin que la coopération reste équilibrée et pleinement conforme à nos engagements et à nos principes fondamentaux.

M. Laurent Mazaury, rapporteur. Merci beaucoup pour votre soutien. Nous voyons avec plaisir que ces valeurs sont partagées.

Mme Brigitte Klinkert (EPR). Depuis plus d’une décennie, la Birmanie traverse l’une des crises humanitaires et politiques les plus graves de notre époque. Les crimes commis contre les populations civiles, en particulier contre les Rohingyas, sont documentés : exécutions, violences sexuelles, déplacements forcés et villages détruits. Depuis le coup d’État militaire de 2021, la situation s’est encore détériorée. La répression s’est intensifiée, les démocrates ont été réduits au silence et l’impunité demeure la règle.

Dans ce contexte, le Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar créé par l’ONU joue un rôle tout à fait essentiel. Il a pour mandat de recueillir, de préserver et d’analyser les preuves de ces crimes, afin de constituer des dossiers exploitables par les juridictions nationales et internationales. Sans ce travail méticuleux, aucune perspective de justice n’est envisageable pour les victimes.

Le projet de loi vise précisément à renforcer l’action du Mécanisme d’enquête. En autorisant la conclusion d’une convention de coopération judiciaire entre la France et l’ONU, nous permettons des échanges d’informations, la transmission d’éléments de preuve, ainsi que la réalisation d’auditions en France, sous le contrôle des autorités judiciaires. Ce cadre d’entraide pénale spécifique est indispensable pour que la justice internationale puisse avancer concrètement.

Par-delà son aspect technique, ce texte envoie un signal politique très clair : celui d’une France qui refuse la résignation, soutient ceux qui se battent pour leurs droits et affirme que les crimes les plus graves doivent être poursuivis, quels que soient les obstacles diplomatiques ou géopolitiques.

En votant ce texte, nous affirmons fortement que la justice ne doit jamais être hors de portée des victimes birmanes. Le groupe EPR lui apportera donc son plein soutien.

M. Laurent Mazaury, rapporteur. Je vous remercie pour votre soutien. Nous partageons tous ces valeurs. Je pense que nous retrouverons cette unité sur d’autres sujets sur lesquels nous serons malheureusement amenés à statuer.

M. Alain David (SOC). Les atrocités commises contre les Rohingyas ont été le principal facteur qui a conduit le CDH à créer le Mécanisme. Celui-ci accorde la priorité aux enquêtes et facilite les procédures judiciaires en cours s’agissant des crimes commis en Birmanie. Depuis le coup d’État militaire du 1er février 2021, les actes criminels se sont multipliés, ce qui justifie de faciliter les investigations grâce au Mécanisme.

Il repose sur un échange mutuel d’informations entre les juridictions nationales, indispensable faute de pouvoir se rendre en Birmanie pour en collecter. Je peux en témoigner en qualité de président du groupe d’amitié France-Birmanie : j’ai pu seulement me rendre à la frontière au Bangladesh et visiter le camp de Cox’s Bazar, dans lequel sont parqués 700 000 Rohingyas. On y trouve principalement des femmes qui ont été violées par des militaires et 400 000 enfants sans identité, car ils ne sont reconnus par personne. Ils ne peuvent pas sortir de ce camp et ne peuvent pas travailler. Ils peuvent suivre un enseignement mais il est en décalage complet avec leur culture puisqu’il est assuré par le Bangladesh.

Je suis également intervenu auprès du secrétaire général des Nations unies, que j’ai pu rencontrer, et de plusieurs diplomates, en particulier chinois, qui sont très influents dans la région. Je ne peux avoir de contacts qu’avec les membres du gouvernement en exil car les députés actuels sont pour l’essentiel des militaires désignés par la junte.

La société TotalEnergies travaille-t-elle encore en Birmanie, alimentant ainsi les caisses du régime militaire qui rackette les sociétés présentes dans le pays ?

M. Laurent Mazaury, rapporteur. Les chiffres que vous citez s’agissant des enfants réfugiés au Bangladesh sont malheureusement exacts. Ils figurent dans mon rapport.

Les personnes que j’ai auditionnées, dont le chargé d’affaires de l’ambassade de France en Birmanie, m’ont indiqué que TotalEnergies n’a plus d’activité dans ce pays et que cette société ne finance plus le régime. De même, aucune entreprise du secteur de l’armement n’aurait de relations avec la Birmanie, y compris en ayant recours à des intermédiaires. J’ai eu l’occasion de dénoncer dans l’hémicycle cette méthode utilisée pour vendre des munitions à l’Iran.

L’enquête nous dira ce qu’il en est mais il semble qu’aucune entreprise française ne soit active en Birmanie. Si tel était le cas, les Birmans réfugiés en France que nous avons rencontrés nous en auraient fait part.

M. Pierre-Yves Cadalen (LFI-NFP). La situation du Myanmar est tragique du point de vue des droits humains. Des violations multiples, nombreuses et continues du droit international humanitaire y ont lieu. Après le coup d’État de 2021, la violence de la répression organisée par la junte a été terrible. Son intensité et sa prolongation appellent à être solidaires avec le peuple birman. Selon l’ONU, 5 000 civils ont été massacrés lors de la répression du mouvement de résistance à la dictature et de défense des droits sociaux.

La résistance à la junte trouve sa source dans la volonté déterminée des travailleurs du Myanmar de ne pas s’en laisser conter et de refuser, avant même le coup d’État, une politique qui mettait en danger leurs droits. Alors même que les libertés syndicales étaient attaquées par le gouvernement précédent, le mouvement social s’était organisé de façon déterminée pour faire échec au plan élaboré, notamment par la Banque mondiale, pour établir des politiques aussi favorables aux investisseurs que défavorables aux travailleurs. C’est sur cette base sociale, large et jeune, que la résistance au putsch militaire s’est par la suite constituée.

En février 2021, les militaires ont déclaré seize des principaux syndicats illégaux, ce qui a conduit l’Organisation internationale du travail (OIT) à estimer que les syndicats faisaient face à une menace existentielle en Birmanie. Le 14 mars 2021, la police et l’armée ont tué 65 manifestants dans la banlieue de Rangoun, haut lieu de la combativité ouvrière. Le massacre de civils découle de l’exercice arbitraire du pouvoir étatique, que quelques militaires se sont arrogés contre tout un peuple. La défense des libertés publiques est intimement liée à celle des droits des travailleurs.

Cette convention vise à aider les juridictions à juger les violations les plus graves du droit international commises depuis 2011. Le Mécanisme a été créé par la résolution 39/2 du CDH des Nations unies le 25 septembre 2018. Le multilatéralisme onusien fait l’objet de violentes attaques, singulièrement de la part des États-Unis d’Amérique. Il est d’autant plus fondamental d’appuyer toutes les initiatives allant dans le sens de sa défense.

La situation s’étant aggravée de façon considérable, des enquêtes spécifiques sont menées sur ce qu’il s’est passé depuis 2021.

Alors que des élections doivent se tenir à la fin de l’année, la presse est muselée et les droits fondamentaux bafoués. L’ONU avertit même que ce scrutin, contrôlé et imposé par l’armée, « se déroulera dans un climat de menaces et de violence qui mettra en danger la vie des civils ». Pas moins de 23 000 opposants sont toujours en prison Des partis politiques sont interdits. Les enfants rohingyas sont parmi les premières victimes de la situation.

Notre groupe votera pour ce texte car il va dans le sens d’un soutien bien nécessaire au droit international et au peuple birman.

M. Laurent Mazaury, rapporteur. Je suis d’accord avec vous à 100 %, ce qui démontre que tout est possible en politique.

Je reviens sur la question de la présence des entreprises françaises pour préciser ma réponse de tout à l’heure. Trois entreprises maintiennent en fait une activité en Birmanie mais sans contrat avec le régime : le groupe Accor – qui exploite des hôtels par l’intermédiaire d’une franchise –, Canal + et CMA-CGM. En revanche, il m’a été confirmé qu’Electricité de France (EDF) et TotalEnergies ont complètement cessé leurs activités.

M. Jean-Paul Lecoq (GDR). L’activité de CMA-CGM est-elle liée à des livraisons d’armes ?

M. Laurent Mazaury, rapporteur. L’enquête nous le dira mais je ne le pense pas.

À l’occasion d’un autre rapport, j’ai travaillé sur le problème des livraisons d’armes en mer Rouge et les choses se passent différemment. Ces livraisons sont souvent réalisées grâce à des bateaux de plus petite contenance et sans pavillon. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ces mouvements sont difficiles à contrôler.

M. Alain David (SOC). En Birmanie, les armes sont plutôt livrées par la Chine.

M. Laurent Mazaury, rapporteur. La Chine apporte effectivement son soutien à la junte au pouvoir.

Mme Maud Petit (Dem). Il nous est demandé d’autoriser l’approbation de la convention de coopération judiciaire internationale conclue entre la France et l’ONU, représentée par le Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar. Créé en septembre 2018 par le CDH de l’ONU et opérationnel depuis août 2019, cet organe subsidiaire a pour mission d’enquêter, de rassembler et d’analyser les éléments de preuve relatifs aux crimes les plus graves commis au Myanmar.

Le Mécanisme n’étant pas une juridiction, il est indispensable d’encadrer juridiquement l’entraide pénale entre la justice française et cet organe. Tel est l’objet de la convention qui nous est soumise : préciser les modalités d’échange d’informations en vue de potentielles procédures judiciaires.

Si ce projet de loi n’a qu’une portée limitée, il a le mérite de remettre en lumière la situation d’un pays trop souvent oublié, où la population vit sous le joug d’une junte militaire particulièrement autoritaire et violente. Le Mécanisme n’en est que plus légitime.

Le 15 mars 2016, après des décennies de dictature militaire, l’élection de Htin Kyaw, proche d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, avait laissé espérer qu’une véritable transition démocratique pourrait émerger à Rangoun. Ce régime, certes fragile et encore largement encadré par l’armée, avait néanmoins le mérite d’exister après tant d’années de répression. La large victoire de la Ligue nationale pour la démocratie aux législatives de 2020 semblait confirmer l’aspiration profonde du peuple birman à la démocratie.

Mais le coup d’État du 1er février 2021 et le retour au pouvoir des militaires ont brutalement mis fin à cet espoir. Les Rohingyas, minorité musulmane déjà victime depuis longtemps de violences systématiques, ne sont plus les seuls à subir les exactions de l’armée. Quiconque ose contester la junte s’expose à une répression féroce. Arrestations arbitraires, emprisonnements, tortures, bombardements, tirs d’artillerie, destructions de villages et attaques contre des civils ainsi que des écoles – et donc des enfants – se sont multipliés.

Dans ce contexte, fidèle à son histoire et à son engagement en faveur de la démocratie, le groupe Les Démocrates votera en faveur de ce texte.

Nous aimerions savoir si les élections qui auront lieu à la fin de décembre et au début de janvier pourraient fragiliser la junte militaire.

M. Laurent Mazaury, rapporteur. Les personnes que nous avons auditionnées ont rappelé que ces élections auront lieu sous le contrôle très étroit de la junte militaire. Il n’y a donc malheureusement pas grand-chose à en attendre.

Mme Constance Le Grip, présidente. Nous en venons à présent à l’intervention d’une collègue intervenant à titre individuel.

Mme Danièle Obono (LFI-NFP). Le rapporteur a déjà en partie répondu à ma question, qui portait sur le rôle des entreprises françaises, en particulier de TotalEnergies.

En tant que présidente du groupe d’amitié France-Bangladesh de 2017 à 2022, j’ai eu l’occasion de traiter du sujet et de rencontrer des associations d’aide aux Rohingyas réfugiés sur le territoire bangladais. Nous avions organisé un colloque et le rôle de ces entreprises avait suscité une grande mobilisation. Il est nécessaire de faire toute la lumière sur les crimes qui ont été commis et qui continuent de l’être, ainsi que sur le rôle de tous les acteurs, notamment économiques.

Les États-Unis d’Amérique ont récemment annoncé interrompre l’accueil des réfugiés birmans. Il importe d’autant plus de mettre ce sujet en avant au niveau international. Comme l’a dit notre collègue Le Coq, l’unanimité qui s’est manifestée dans cette commission pour la défense du droit international devrait s’appliquer à tous les territoires où sont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

*

Article 13

Article unique

#

 (autorisation de l’approbation de la convention de coopération judiciaire internationale entre le Gouvernement de la République française et l’Organisation des Nations unies représentée par le Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar, signée à Genève le 12 juin 2024)

La commission adopte l’article unique non modifié.

L’ensemble du projet de loi est ainsi adopté.

   Annexe 1 :
texte de la commission des affaires étrangères

Article 14

Article unique

#

Est autorisée l’approbation de la convention de coopération judiciaire internationale entre le Gouvernement de la République française et l’Organisation des Nations unies représentée par le Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar, signée à Genève le 12 juin 2024, et dont le texte est annexé à la présente loi.

N.B. : Le texte de la convention figure en annexe au projet de loi (n° 1664).

   Annexe 2 :
liste des personnes auditionnées par le rapporteur

-
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères

   Mme Marie Hours, sous-directrice de l’Asie du Sud-Est à la direction Asie et Océanie ;

   Mme Marion Jelley, rédactrice à la sous-direction de l’Asie du Sud-Est ;

   M. Christian Lechervy, envoyé spécial pour l’Asie et l’Océanie, ancien ambassadeur de France en Birmanie ;

   Mme Svetlana Zasova, chargée de mission justice pénale internationale à la direction des affaires juridiques ;

   M. Alexandre Piquet, chef de la mission des accords et traités à la direction des affaires juridiques ;

   M. François Mattret, rédacteur à la mission des accords et traités à la direction des affaires juridiques ;

   Mme Léa Cornu, rédactrice à la sous-direction des droits de l’homme et des affaires humanitaires à la direction des nations unies et des organisations internationales ;

   Mme Louise Gbonon, rédactrice à la sous-direction des droits de l’homme et des affaires humanitaires ;

   M. René Consolo, chargé d’affaires de l’ambassade de France en Birmanie.

-
Ministère de la justice (direction des affaires criminelles et des grâces)

   Mme Alexia de Rocquigny du Fayel, rédactrice au bureau de la négociation pénale internationale.

-
Association « Info Birmanie »

   Mme Johanna Chardonnieras, coordinatrice.

-
Association « Fondemos »

   M. Jean-René Fayol, président ;

   M. Paul Gré-Beauvais, coordinateur.

([1]) Résolution 39/2 du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU adoptée le 27 septembre 2018.

([2]) Avant 2011, la Birmanie était dirigée par une junte militaire issue du putsch de 1962, exerçant un pouvoir autoritaire très centralisé.

([3]) Reuters, « Timeline: The week since Myanmar's coup », 7 février 2021.

([4]) Le Monde, « Birmanie : tollé international après un bombardement meurtrier de la junte au pouvoir sur un village », 23 avril 2023.

([5]) Amnesty International, « Myanmar: Four years after coup, world must demand accountability for atrocity crimes », janvier 2025.

([6]) Reuters, « Myanmar's anti-junta unity government forms 'defence force' », 5 mai 2021.

([7]) Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), le 5 août 2024, un raid combiné par drones et roquettes a tué près de 180 Rohingyas fuyant les combats dans le Nord du Rakhine : https://www.unicef.fr/article/myanmar-les-attaques-meurtrieres-visant-les-enfants-se-poursuivent/

([8]) HCR, « Situation of human rights in Myanmar – Report of the UNHC for Human Rights », mai 2025, p. 3.

([9]) Amnesty International, « Myanmar: Four years after coup, world must demand accountability for atrocity crimes », janvier 2025.

([10]) Le 14 mai 2025, la France a par exemple condamné le bombardement d’une école par les forces militaires du régime, qui a causé plusieurs dizaines de morts et de blessés, essentiellement des enfants, dans une zone pourtant touchée par le séisme du 28 mars et alors que la junte avait déclaré un cessez-le-feu jusqu’au 30 juin.

([11]) Notamment dans le cadre de la déclaration du 19 juin 2025 à l’occasion des 80 ans d’Aung San Suu Kyi.
Le 1er octobre 2025, le président de la République lui a envoyé une lettre pour s’enquérir de la dégradation de son état de santé.

([12]) Soit 5,5 milliards de dollars sur l’année fiscale 2019-2020.

([13]) Cent-six individus et vingt-deux entités économiques, dont les principaux conglomérats militaires et entreprises publiques ou privées impliquées dans le secteur énergétique et soutenant la junte au pouvoir, ont ainsi été nommément désignés.

([14]) https://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/violation_embargos.asp

([15]) Au-delà de l’existence du « devoir de vigilance » incombant aux entreprises et de la possibilité de diligenter des poursuites pénales pour « complicité de crimes » à l’encontre d’acteurs économiques ou financiers qui contribuent, par leurs activités, à faciliter des violations graves du droit international ou des droits humains.

([16]) https://press.un.org/fr/2021/sgsm20562.doc.htm

([17]) Résolution A/RES/75/287 du 18 juin 2021.

([18]) Résolution 2669 du 21 décembre 2022.

([19]) La procédure écrite s’étant achevée le 30 décembre 2024.

([20]) En 2025, les Maldives, l’Irlande, la République démocratique du Congo, la Slovénie et la Belgique ont également été admises à intervenir dans la procédure opposant la Gambie à la Birmanie.

([21]) Conformément l’article 63 du Statut de la CIJ, en tant que partie à la convention sur le génocide.

([22]) Cette requête demeure en cours d’examen à ce jour.

([23]) Soit un stock d’environ 21 milliards de dollars.

([24]) Situé dans la province chinoise du Yunnan.

([25]) Grâce à la vente d’armements tels que les drones, aéronefs ou missiles balistiques.

([26]) Le commandant-en-chef des forces armées birmanes a effectué en Russie sept visites depuis le coup d’État, dont trois en 2025, lui offrant ainsi la possibilité de s’entretenir régulièrement avec Vladimir Poutine.

([27]) À la suite de la mise en place en 2017 par l’ONU d’une mission d’établissement des faits sur la Birmanie qui a présenté un rapport en août 2018 demandant à ce que les principaux généraux du pays soient traduits devant la justice internationale pour leur participation dans des atrocités de masse.

([28]) Depuis lors, le mandat du Mécanisme a été réaffirmé dans douze résolutions du Conseil des droits de l’Homme et cinq résolutions de l’Assemblée générale.

([29]) Dans sa résolution 43/26 adoptée en juin 2020, le Conseil des droits de l’Homme a également chargé le Mécanisme d’engager une coopération étroite et rapide sur toutes les enquêtes futures, y compris celles menées par la CPI et la CIJ.

([30]) Au-delà de ses rapports annuels examinés par les diverses instances onusiennes, le Mécanisme a également produit un rapport sur l’utilisation de la désinformation et des réseaux sociaux pour attiser la haine contre les Rohingyas, ainsi qu’un autre sur les violences sexuelles.

([31]) Le Mécanisme porte notamment son attention sur les crimes sexuels commis contre les enfants.

([32]) Les équipes d’enquête procèdent ainsi à des auditions non-coercitives croisées portant sur un même incident afin d’évaluer avec précision l’exactitude et la crédibilité des informations recueillies.

([33]) Telles que des articles de presse, des images géospatiales démontrant la destruction de villages par des frappes aériennes ou des contenus audiovisuels diffusés sur les réseaux sociaux.

([34]) Soit 15,6 millions de dollars.

([35]) Soit 47 agents au lieu de 58.

([36]) Résolution 71/248 adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 21 décembre 2016 créant le Mécanisme international, impartial et indépendant pour la Syrie (MIII).

([37]) Résolution 2379 adoptée par le Conseil de sécurité le 21 septembre 2017 créant l’Équipe d’enquête des Nations unies chargée de concourir à amener Daech à répondre de ses crimes au Levant (UNITAD).

([38]) Contrairement au MIII, les équipes de l’UNTAD avaient accès au territoire irakien, leur siège étant d’ailleurs situé à Bagdad.

([39]) Selon le MEAE, la gestion des archives de l’UNITAD soulève désormais des enjeux sensibles : environ 39 téraoctets de données brutes, recueillies en l’état, et 27 téraoctets de données traitées dans son système de stockage des documents ont été déposés au département des affaires juridiques des Nations unies, sans que l’exploitation de l’ensemble de ces données ne soit pleinement garantie.

([40]) La conclusion d’une convention bilatérale avec UNITAD avait été envisagée avant la fermeture de l’UNITAD, opérée en septembre 2024.

([41]) Le MEAE précise que sur les trente-cinq demandes d’entraide pénale internationales sortantes adressée par le PNAT au MIII entre 2019 et 2024, trente d’entre elles ont été satisfaites et cinq sont toujours en cours d’exécution. Depuis 2021, le PNAT a reçu trois demandes d’entraide émanant du MII, dont deux sont toujours en cours d’exécution.

([42]) Articles 694 et suivants du code de procédure pénale.

([43]) Ces accords revêtent diverses formes : accord formel, échange de lettres, mémorandum d’entente…

([44]) Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale du 20 avril 1959 et protocoles additionnels du 17 mars 1978 et 8 novembre 2001, convention du 29 mai 2000 relative à l’entraide judiciaire en matière pénale entre les États membres de l’UE et protocole additionnel du 16 octobre 2001.

([45]) Les juridictions nationales demeurent chargées d’évaluer leur intérêt dans la résolution des enquêtes pénales.

([46]) Ne constituant pas des infractions.

([47]) Proposition de loi n° 1706 déposée le 11 juillet 2025.

([48]) Les infractions politiques n’ont jamais été définies par une convention internationale ni par la législation française. Privilégiant une conception objective de l’infraction politique, la jurisprudence de la chambre criminelle de la Cour de cassation a dégagé un critère de reconnaissance tenant à la nature de l’intérêt protégé. Elle inclut ainsi dans le champ des délits politiques ceux tendant à préserver les libertés publiques ou en relation avec l’exercice de ces libertés ainsi que ceux assurant la protection des intérêts supérieurs du pays. Sollicités par le rapporteur, les services du MEAE précisent que les infractions de crimes graves du droit international tels que les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre ne sont pas qualifiées par la jurisprudence française de « politiques », cette restriction ne semblant donc pas de nature à faire obstacle en elle-même aux demandes d’entraide susceptibles d’être présentées.

([49]) Ou si la demande est incompatible avec les principes fondamentaux de sa législation ou avec ses engagements internationaux. 

([50]) Directive UE 2016/680 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les autorités compétentes à des fins de prévention et de détection des infractions pénales, d’enquêtes et de poursuites en la matière ou d’exécution de sanctions pénales, et à la libre circulation de ces données dite « Police-justice ».

([51]) Selon le MEAE, le Mécanisme a reçu quatre-vingt-seize demandes d’entraide. À la fois en réponse à ces demandes et de sa propre initiative, le Mécanisme a partagé cent vingt-sept ensembles d’informations et d’analyses.

([52]) Son identité n’a pas été révélée.

([53]) La France a également signé la convention de Ljubljana-La Haye du 14 février 2024 actuellement en cours de ratification. Celle-ci renforce la coopération internationale en matière d’enquête et de poursuite du crime de génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et autres crimes internationaux. La convention prévoit l’obligation pour les États parties d’exercer une compétence extraterritoriale, qui s’exercera en France dans le cadre prévu à l’article 689-11 du code de procédure pénale.

([54]) Il peut résulter notamment de la durée, actuelle ou prévisible, des conditions et des raisons de la présence de l’intéressé sur le territoire français, de la volonté manifestée par celui-ci de s’y installer ou de s’y maintenir, ou de ses liens familiaux, sociaux, matériels ou professionnels.

([55]) Résolution 827 adoptée par le Conseil de sécurité le 25 mai 1993 instituant un tribunal international en vue de juger les personnes présumées responsables de violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de l’ex-Yougoslavie depuis le 1er janvier 1991.

([56]) Résolution 955 adoptée par le Conseil de sécurité le 8 novembre 1994 instituant un tribunal international en vue de juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda, ainsi que les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d’États voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994.

([57]) La Cour de cassation a rejeté la compétence des juridictions françaises afin d’engager des poursuites sur le fondement de la compétence universelle à raison de crimes contre l’humanité commis en Syrie, en considérant que la condition de double incrimination prévue à l’article 689-11 du code de procédure pénale n’était pas satisfaite puisque le droit syrien n’incriminait pas spécifiquement les actes en cause comme des crimes contre l’humanité.

([58]) La Cour de cassation précise que la double incrimination précitée n’implique pas que la qualification pénale des faits soit identique dans les deux législations, mais requiert seulement qu’ils soient incriminés par l’une ou l’autre. La condition d’incrimination par la loi étrangère peut par exemple être remplie au travers d’une simple infraction de droit commun.

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Procédure de vote par laquelle les députés se prononcent sur un texte, un article, un amendement ou une motion. Un scrutin public enregistre la position de chaque député (pour, contre, abstention, non-votant) et publie les résultats de manière nominative.

Vote solennel

Type de scrutin public utilisé pour les votes les plus importants (souvent le vote sur l'ensemble d'un texte, ou certaines motions majeures). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de connaître précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article unique

Forme de texte législatif composé d'un seul article. Elle est fréquente pour des lois courtes de ratification, de prorogation ou de validation.

Déclaration de politique générale

Déclaration faite par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale pour présenter les orientations du Gouvernement. Elle peut être suivie d'un vote de confiance (article 49 alinéa 1).

Dernier mot de l'Assemblée nationale

En cas de désaccord persistant avec le Sénat après la navette, le Gouvernement peut demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement. C'est le mécanisme du « dernier mot ».

Droit de tirage

Droit reconnu notamment aux groupes d'opposition ou minoritaires pour obtenir l'inscription de certains travaux à l'ordre du jour, comme la création d'une commission d'enquête.

Exposé des motifs

Partie introductive d'un projet ou d'une proposition de loi qui explique les objectifs du texte, son contexte et les raisons des dispositions proposées.

Lecture définitive

Dernier examen d'un texte par l'Assemblée nationale lorsque le désaccord avec le Sénat n'a pas pu être surmonté. Elle intervient dans le cadre du dernier mot.

Loi constitutionnelle

Loi qui modifie la Constitution. Elle est adoptée soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS)

Loi annuelle qui fixe les objectifs de dépenses et les conditions d'équilibre financier de la Sécurité sociale. Son examen suit une procédure encadrée par des délais constitutionnels.

Loi ordinaire

Catégorie générale des lois votées par le Parlement hors lois organiques, constitutionnelles et financières. Elle intervient dans le domaine défini par l'article 34 de la Constitution.

Majorité relative

Situation dans laquelle une option obtient plus de voix que les autres sans atteindre la majorité absolue. Elle suffit dans certains scrutins, notamment au second tour des législatives.

Motion référendaire

Motion de procédure tendant à proposer qu'un texte soit soumis au référendum. Si elle est adoptée, la poursuite de l'examen parlementaire du texte est interrompue.

Motion de rejet préalable

Motion visant à décider qu'il n'y a pas lieu de délibérer sur un texte. Son adoption entraîne le rejet du texte avant l'examen des articles.

Pairage

Pratique politique informelle par laquelle deux députés de bords opposés conviennent de s'abstenir simultanément lors d'un vote afin de neutraliser leurs absences respectives.

Publication au Journal officiel

Étape de diffusion officielle de la loi promulguée au Journal officiel. Sauf disposition contraire, l'entrée en vigueur intervient le lendemain de cette publication.

Question préalable

Motion de procédure ayant le même effet qu'une motion de rejet : elle permet à l'Assemblée de décider qu'il n'y a pas lieu de poursuivre la discussion d'un texte.

Rapport parlementaire

Document rédigé par un rapporteur au nom d'une commission. Il présente l'analyse du texte, les auditions, les amendements adoptés en commission et les recommandations.

Saisine du Conseil constitutionnel

Acte par lequel les autorités habilitées (Président de la République, Premier ministre, présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs) demandent le contrôle de constitutionnalité d'une loi avant sa promulgation.

Seconde délibération

Nouvel examen, demandé en cours de discussion, de tout ou partie d'un texte déjà voté afin de modifier la rédaction adoptée après un premier vote.

Session extraordinaire

Période de réunion du Parlement en dehors de la session ordinaire, convoquée par décret du Président de la République sur un ordre du jour déterminé.

Session ordinaire

Période annuelle principale des travaux parlementaires, qui s'étend d'octobre à juin dans la limite constitutionnelle de jours de séance.

Vote conforme

Adoption d'un texte par une chambre dans les mêmes termes que l'autre chambre, sans modification. Le texte est alors définitivement adopté, hors contrôle éventuel du Conseil constitutionnel.

Vote par délégation

Dérogation au principe du vote personnel permettant à un député de déléguer son vote dans des cas strictement encadrés par les textes.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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