Article 1
Article unique
Amendement AC4 de Mme Marie Mesmeur
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). Par cet amendement, nous souhaitons insister sur la nécessité de faire de la liberté académique une liberté fondamentale, reconnue par les constitutions respectives des différents États membres. De cette manière, nous réaffirmerions notre attachement absolu à cette liberté, qui fait l’objet d’attaques massives dans le monde. Ursula von der Leyen a indiqué son souhait de l’inscrire au sein de la législation européenne, afin de veiller à ce que « la science en Europe reste ouverte et libre ». Nous estimons que la meilleure protection juridique serait la constitutionnalisation.
Je rappelle à cet égard que le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 20 janvier 1984, a reconnu l’indépendance des professeurs d’université comme un principe fondamental reconnu par les lois de la République. La proposition de loi constitutionnelle transpartisane, déposée au Sénat le 16 avril dernier, porte les mêmes ambitions que je défends dans cet amendement.
Mme Marietta Karamanli, rapporteure. Comme je l’ai rappelé dans mon propos liminaire, la recherche et l’innovation sont des compétences partagées entre l’Union européenne et les États membres : chaque État en garde une certaine maîtrise. Une PPRE ne peut imposer à d’autres pays la vision française, à laquelle j’adhère, s’agissant des libertés académiques, que notre loi de programmation de la recherche présente comme le « gage de l’excellence de l’enseignement supérieur et de la recherche » – étant entendu que notre Constitution consacre également, ainsi que vous l’avez dit, le principe d’indépendance des professeurs.
Nous demandons donc le retrait de l’amendement, faute de quoi l’avis sera défavorable.
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). J’entends vos arguments, mais j’estime que la commission des affaires culturelles et de l’éducation aurait intérêt à afficher cette ambition et à inviter – et non à obliger, la nuance est intéressante – les gouvernements à agir en ce sens.
J’ajoute que l’amendement a été jugé recevable et qu’il méritait donc d’être discuté. J’accepte de le retirer, ce que je ne ferai probablement pas pour les amendements suivants.
L’amendement est retiré.
Amendement AC5 de M. Roger Chudeau
M. Roger Chudeau (RN). Cette PPRE me semble manquer légèrement d’ambition. Nous demandons poliment aux gouvernements de maintenir les moyens de la recherche, alors que nous savons tous que le compte n’y est pas, ni pour la France, ni pour l’Europe – le PDG du CNRS l’a encore rappelé tout à l’heure, tout comme l’avait fait le rapport Draghi. Par cet amendement, je propose donc que les crédits de la recherche européenne ne soient pas maintenus, mais augmentés.
Mme Isabelle Rauch, rapporteure. Nous avons eu ce débat en commission des affaires européennes, aussi ne vous étonnerez-vous pas que notre avis soit le même. Eu égard au recul des financements, un retour aux montants initialement prévus serait déjà une très bonne chose. De plus, comme vous le savez, les travaux de recherche s’inscrivent dans le temps long et ont besoin de prévisibilité. Ce sont les raisons pour lesquelles Marietta Karamanli et moi-même émettons un avis défavorable.
La commission rejette l’amendement.
La commission adopte successivement les amendements rédactionnels AC8 de Mme Marietta Karamanli, rapporteure, et AC10 de Mme Isabelle Rauch, rapporteure.
Amendement AC2 de Mme Marie Mesmeur
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). Le projet de loi de finances pour 2025, examiné à partir d’octobre 2024, a consacré à l’enseignement supérieur et à la recherche la plus faible part du budget de l’État depuis plus de vingt ans. Passé en force par 49.3, le budget a supprimé 1,5 milliard d’euros à leur financement, avant qu’un décret publié en catimini le 25 avril dernier n’annule encore 387 millions de crédits pourtant essentiels à la connaissance et à la recherche française.
En 2022, la Suède a consacré 3,41 % de son PIB à la recherche et au développement, contre seulement 2,22 % pour la France. Je rappelle pourtant que les accords de Lisbonne nous obligent à atteindre le seuil de 3 %, objectif que nous n’avons jamais respecté.
Il me paraît donc nécessaire de présenter les priorités nationales en matière de recherche ainsi que les financements publics qui y sont consacrés, afin de permettre à la recherche publique d’exister de manière pérenne en sortant des logiques court-termistes et entrepreneuriales.
Mme Marietta Karamanli, rapporteure. Nous partageons bien sûr la volonté de voir les politiques européennes de recherche et d’innovation monter en puissance et gagner en harmonisation. Cela étant, des échanges ont déjà lieu, en matière budgétaire, au niveau national et européen. Chaque État communique régulièrement aux institutions européennes le détail de ses programmes et de ses financements. Si les choses sont évidemment perfectibles, j’estime donc que votre amendement est satisfait, sachant qu’une PPRE ne saurait ajouter quelque chose qui existe déjà. Demande de retrait ou avis défavorable.
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). Si l’amendement était satisfait, un programme comme Choose Europe for Science n’aurait pas été annoncé le mois dernier, et le mouvement mondial Stand Up for Science n’aurait pas été nécessaire pour se mobiliser partout en faveur de la recherche.
Par ailleurs, s’il est effectivement demandé aux États membres de communiquer leurs programmes, nous ne les étudions pas. Il y a eu des amendements en ce sens et il me semble que votre rapport plaide en faveur de davantage de transparence et de précisions, afin d’avoir une vision européenne et pas seulement étatique.
Mme Frédérique Meunier (DR). J’irai dans le sens de Marie Mesmeur. Siégeant depuis plusieurs années avec assiduité dans cette commission, je confirme qu’il serait intéressant de disposer du document présentant les priorités nationales à la Commission européenne. Vous dites que l’amendement est satisfait, mais nous ne voyons pas grand-chose ! Rappeler cette nécessité dans le texte ne serait peut-être pas si mauvais.
Mme Marietta Karamanli, rapporteure. Je comprends votre frustration. Je suis députée depuis longtemps et, s’il y a eu des évolutions et des améliorations, il y a aussi des constantes. Mais, pour siéger au sein de la commission des affaires européennes, j’ai pu vérifier que cet envoi à la Commission européenne a bien lieu. Cela étant, je suis d’accord, souvent, nous n’avons pas les documents utiles pour conduire nos travaux. Nous pourrions d’ailleurs parler des heures de l’impact qu’a l’absence d’une certaine expertise ou d’études d’impact sur la pertinence de nos amendements et de nos propositions de loi. Cependant, cet aspect relève du travail parlementaire national et n’a pas sa place dans une PPRE qui, par définition, s’adresse aux institutions européennes.
Lorsque, avec mon corapporteur de l’époque, issu d’une autre formation politique, nous avons rédigé notre rapport d’information sur la révision des règles budgétaires du pacte de stabilité et de croissance, nous avons demandé à la direction générale du Trésor et au gouvernement de nous adresser les simulations : les Allemands avaient le document, pas nous ! Je répète donc que c’est au niveau national qu’il faut agir, car il est déjà obligatoire de transmettre les évaluations à la Commission européenne.
Mme Isabelle Rauch, rapporteure. Comme le dit Marietta Karamanli, le document existe, mais il faudrait demander sa transmission au Parlement. Le sujet est franco-français, raison pour laquelle nous avons dit que l’amendement était satisfait.
La commission rejette l’amendement.
La commission adopte l’amendement rédactionnel AC11 de Mme Marietta Karamanli, rapporteure.
Amendement AC3 de Mme Marie Mesmeur
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). Cet amendement vise à évaluer la stratégie de Lisbonne – une nécessité qui, me semble-t-il, fait l’unanimité au sein de cette commission, dans la mesure où elle a entraîné une concurrence généralisée, une gestion à court terme des financements publics de la recherche et la généralisation des appels à projets, qui sont extrêmement chronophages et inefficaces à long terme pour les chercheurs. En outre, je rappelle une nouvelle fois que cette stratégie prévoit un investissement de 3 % du PIB dans la recherche, niveau que la France n’a jamais atteint, contrairement à d’autres pays.
Les chercheurs que j’ai rencontrés m’ont indiqué que, pour 1,50 euro investi dans une réponse à un appel à projets, ils ne reçoivent en retour que 1 euro au maximum, ce qui signifie qu’ils travaillent largement à perte. Ils passent plus de temps à répondre à ces appels qu’à mener leurs recherches. L’Agence nationale de la recherche (ANR) elle-même explique avoir refusé 77,1 % des projets qui lui avaient été soumis en 2021, ce qui est aberrant et démontre que la recherche publique a adopté une logique entrepreneuriale et de rivalité entre les chercheurs, alors que nous aurions plutôt besoin d’accroître notre connaissance.
Mme Isabelle Rauch, rapporteure. Nous comprenons parfaitement votre préoccupation, mais de nombreux rapports ont déjà été consacrés à l’évaluation de la stratégie de Lisbonne. Je citerai : « La participation française au programme-cadre européen pour la recherche et l’innovation », co-écrit en 2016 par le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies, l’Inspection générale de l’éducation nationale et de la recherche et l’Inspection générale des finances ; le PAPFE, c’est-à-dire le plan d’action national d’amélioration de la participation française aux dispositifs européens de financement de la recherche et de l’innovation ; ou encore « La mobilisation des fonds européens en matière de recherche : les programmes Horizon 2020 et Horizon Europe, un effort à accentuer, 2012-2024 », publié par la Cour des comptes en 2025.
Ajouter cette disposition au sein de la PPRE n’est donc pas nécessaire, sachant que nous ne pouvons pas obliger les autres États membres à procéder à pareilles évaluations. Notre avis est donc défavorable.
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). Je ne sais pas de quand datent tous ces rapports ; ils sont certainement anciens étant donné qu’on analyse la stratégie de Lisbonne depuis son lancement, en 2000. D’ailleurs, je ne crois pas que le simple fait de citer des rapports fasse autorité et constitue un argument. S’ils constatent souvent que nous n’atteignons pas la cible des 3 %, évaluent-ils vraiment les conséquences de la stratégie de Lisbonne sur la recherche et son organisation ? Voilà ce que je demande par cet amendement.
Enfin, si nous ne pouvons pas imposer aux États membres de travailler sur cette question, nous pouvons le demander au Parlement européen.
Mme Marietta Karamanli, rapporteure. Ce que vous soulevez, à juste titre, comme le fait que l’ANR refuse 77 % des projets, figure bien dans les différents rapports.
À cet égard, peut-être pourriez-vous demander à la commission des affaires européennes de se saisir de ce sujet. En effet, lorsque j’ai commencé ce travail sur le financement de la recherche au niveau européen, cela faisait des années que cette commission ne s’était pas penchée sur la question. Ce n’est qu’une suggestion, mais je pense que, de cette manière, vous pourriez obtenir une étude plus approfondie.
En tout état de cause, la PPRE n’est pas le bon véhicule pour cela.
La commission rejette l’amendement.
Amendement AC1 de Mme Marie Mesmeur
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). Le 5 mai, la présidente de la Commission européenne et le président français ont annoncé le lancement du programme Choose Europe for Science, destiné à accueillir les chercheurs étrangers en exil à la suite de toutes les attaques contre les libertés académiques qu’ils ont subies. Or je me dois de dire que la France est aussi concernée par des attaques de plus en plus frontales contre la recherche, par exemple au nom d’une supposée influence de l’islamo-gauchisme, dont le PDG du CNRS a encore rappelé tout à l’heure que cette notion n’avait aucune valeur scientifique et qu’elle n’existait pas. S’y ajoutent la violation, dans plusieurs universités, du principe millénaire de franchise universitaire, l’appel au démantèlement du CNRS, ou encore la volonté de certains de se débarrasser des sciences humaines et sociales – le Rassemblement national ayant encore aujourd’hui tenté de les exclure du champ de la présente PPRE.
À cet égard, l’édition 2025 de l’Academic Freedom Index indique que trente-quatre pays ont connu une dégradation significative des libertés des chercheurs et enseignants du supérieur entre 2014 et 2024, qu’il s’agisse de leur liberté d’expression ou de la préservation de leur autonomie ainsi que de celle des universités et des lieux de recherche.
Défendre l’intégrité des scientifiques est essentiel et ne doit pas se faire à moitié. C’est la raison pour laquelle je tiens à dénoncer le programme Choose Europe for Science, qui doit être doté de 100 millions d’euros, sachant que moins d’une dizaine de chercheurs, à en croire le PDG du CNRS, pourraient être accueillis et que ce même montant doit justement être retranché au fonds de roulement du Centre. Je rappelle d’ailleurs une nouvelle fois que l’enseignement supérieur et la recherche se sont vu ponctionner 1,5 milliard dans le cadre du budget pour 2025, adopté par 49.3, et qu’un décret passé en catimini a annulé 387 millions supplémentaires.
Je répète qu’il est essentiel de défendre l’intégrité des scientifiques. En faire mention à l’alinéa 17 nous semble inadéquat au regard des objectifs mêmes de la PPRE.
Mme Marietta Karamanli, rapporteure. Je suis opposée à cet amendement. L’alinéa 17 est le fruit du travail de la commission des affaires européennes.
Pour ma part, je ne juge pas sur les montants. Nous l’avons vu lors des auditions, si certains présidents d’université disposent de moyens importants pour accueillir des chercheurs en provenance des États-Unis, d’autres ne pourront se le permettre. C’est pour cette raison que j’appelle à réfléchir à l’intégration de ces scientifiques au sein des équipes et à ne pas raisonner à l’échelle d’une seule année. Il faut faire en sorte que l’accueil des chercheurs en Europe s’inscrive dans un cadre pluriannuel. Si l’université d’Aix-en-Provence, par exemple, consacre 18 millions d’euros à la venue de chercheurs américains, d’autres n’ont pas autant d’argent.
Le principe est important. Nous adhérons aux ambitions exprimées à la Sorbonne. Contrairement à vous, nous estimons qu’en offrant cet accueil sur le sol français et européen, c’est la liberté académique que nous mettons en valeur. Avis très défavorable.
Mme Isabelle Rauch, rapporteure. Voici ce qu’indique cet alinéa 17 adopté en commission des affaires européennes : l’Assemblée nationale « souligne l’importance des annonces du 5 mai 2025 à l’université de la Sorbonne visant à faire de l’Union européenne un espace de recherche, d’innovation et de sauvegarde de la liberté académique ». Cet alinéa correspond à ce qui est réclamé depuis le début de nos débats : il serait donc étrange de le supprimer. Ma corapporteure et moi émettons un avis défavorable.
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). Il n’appartient pas aux universités françaises d’assumer le poids de l’accueil des étrangers en exil, surtout lorsqu’elles sont amputées de 1,5 milliard plus 387 millions d’euros. C’est à l’État et à nous qu’il revient de proposer un projet de loi de finances permettant aux universités d’assumer leurs fonctions. Évoquer, dans cet alinéa, le fait de sauvegarder la recherche, l’innovation et la liberté académique est soit hypocrite, soit cynique. Comment permettre cela, si ce n’est avec des moyens pour le CNRS, les universités et les chercheurs que l’on accueille ?
Mme la présidente Fatiha Keloua Hachi. Je sors de mon rôle de présidente pour souligner l’importance de cet alinéa, qui met l’accent sur la liberté académique que chaque pays de l’Union européenne doit maintenir. La somme évoquée lors de la réunion du 5 mai 2025 est effectivement dérisoire, mais la vision exprimée est excellente et importante. Il ne me semble pas inutile de réaffirmer que la France et l’Union européenne doivent être un espace de recherche doté de la liberté académique, même si le problème du budget est réel.
La commission rejette l’amendement.
Amendement AC7 de Mme Soumya Bourouaha
Mme Soumya Bourouaha (GDR). Dans une volonté de cohérence avec les engagements de l’Union européenne, cet amendement invite le gouvernement à se positionner en faveur de la suspension de l’accord d’association d’Israël au programme Horizon Europe.
L’Union européenne fonde ses relations extérieures sur des valeurs et principes fondamentaux, que nous partageons tous et que nous avons la responsabilité de défendre. L’article 2 de l’accord entre l’Union européenne et l’État d’Israël dispose clairement que cette coopération repose sur le respect des droits humains. Or ce respect est aujourd’hui sérieusement remis en cause, ce qui nous oblige à nous interroger. L’Union européenne elle-même a indiqué qu’elle allait réévaluer sa coopération.
Mme Marietta Karamanli, rapporteure. Je partage votre avis sur le fond. Il faudrait même aller plus loin.
La question ne me semble néanmoins pas relever de cette PPRE. Il convient d’effectuer un travail beaucoup plus large sur l’incompatibilité des valeurs que nous défendons avec les actions conduites par Israël. Que ce soit au niveau de l’Union européenne ou du Conseil de l’Europe, ces sujets sont envisagés de manière plus globale que la rupture de cet accord de coopération avec Israël. Il faut une réflexion beaucoup plus générale, qui excède le domaine de la recherche, par exemple pour savoir comment les fonds sont utilisés.
Le présent texte n’est pas le bon véhicule pour tout cela. Notre avis est donc défavorable, mais nous préférerions que l’amendement soit retiré.
Mme Soumya Bourouaha (GDR). Je maintiens l’amendement, qui rappelle les principes du droit international. Il s’agit d’une question de crédibilité, de responsabilité et de cohérence.
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). Cette PPRE est un véhicule parmi d’autres pour réaffirmer les principes fondamentaux du droit international et les valeurs fondant l’Union européenne. Cela me semble essentiel s’agissant de la recherche, particulièrement sensible pour les universités françaises dont certaines ont des programmes communs ou des accords d’association avec des universités israéliennes.
M. Roger Chudeau (RN). On croit rêver, madame Karamanli, en vous entendant dire que l’État d’Israël n’aurait pas les mêmes valeurs que l’Europe. L’État d’Israël est le seul État démocratique au Proche et au Moyen-Orient. Je trouve vos propos scandaleux.
L’amendement est tout aussi déplacé. Il cherche à prendre en otage la proposition de résolution européenne. Or je rappelle que les otages sont israéliens et détenus par vos amis du Hamas. (Exclamations.)
Mme la présidente Fatiha Keloua Hachi. Monsieur Chudeau, veuillez modérer vos propos.
Mme Céline Calvez (EPR). Mme la rapporteure Karamanli a indiqué fort justement qu’il fallait prendre en considération l’ensemble de l’accord entre l’Union européenne et Israël, et pas seulement la politique de recherche.
La rupture que vous proposez est un peu radicale. Ce sujet est instruit et va être réévalué. Il est pris en compte par la diplomatie française, mais aussi par les instances européennes. Il n’a donc pas sa place dans cette proposition de résolution européenne, qui vise à faire en sorte que notre recherche scientifique soit ambitieuse et ne soit pas source de tensions.
Mme Marietta Karamanli, rapporteure. On ne peut demander dans une PPRE la rupture d’un accord sur la base de ce seul élément, c’est inadapté. Cette dimension est prise en compte sur le plan diplomatique au niveau des États membres de l’Union européenne, mais aussi au sein du Conseil de l’Europe, dont Israël est pays observateur. Nous avons des échanges avec les uns et les autres pour trouver une issue digne de ce nom et parvenir à un arrêt du conflit et des massacres perpétrés de part et d’autre. Il existe d’autres lieux et initiatives dans lesquels cette question peut être traitée.
La commission rejette l’amendement.
Elle adopte l’article unique modifié.
Titre
Amendement AC9 de Mme Isabelle Rauch
Mme Isabelle Rauch, rapporteure. Cet amendement rédactionnel permet de compléter le titre de la PPRE pour soutenir une « politique de l’Union européenne ambitieuse et ouverte en matière de recherche scientifique ».
La commission adopte l’amendement.
La commission adopte l’ensemble de la proposition de résolution européenne modifiée.
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En conséquence, la commission des Affaires culturelles et de l’éducation demande à l’Assemblée nationale d’adopter la présente résolution dans le texte figurant dans le document annexé au présent rapport.
– Texte adopté par la commission : https://assnat.fr/kHGsrz
– Texte comparatif : https://assnat.fr/fKr1p8
([1]) Loi n° 2020-1674 du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 et portant diverses dispositions relatives à la recherche et à l’enseignement supérieur
([2]) Enrico Letta, Beaucoup plus qu’un marché, rapport présenté à la réunion extraordinaire du Conseil européen des 17 et du 18 avril 2024.
([3]) Mario Draghi, Le futur de la compétitivité de l’Europe, rapport remis à la Commission européenne le 9 septembre 2024.
([4]) L’Union de l’innovation est l’une des initiatives de la stratégie Europe 2020 pour une économie intelligente, durable et ouverte. Cette stratégie, adoptée en 2010 et pour une durée de dix ans, vise la coordination des politiques publiques.
([5]) Direction générale pour la recherche et l’innovation, Align Act Accelerate – Research, Techonology and Innovation to boost European Competitiveness, Commission européenne, septembre 2024.
([6]) Mise en œuvre de l’espace européen de la recherche (EER) – Renforcer la recherche et l’innovation en Europe : évolution et orientations futures de l’EER, Communication de la Commission européenne, 22 octobre 2024.
([7]) Plan de relance européen de 750 milliards d’euros mis en place suite à la pandémie de covid-19.
([8]) L'Accélérateur du CEI est un programme de soutien aux PME innovantes européennes.
([9]) Conseil général de l’économie - Inspection générale de l’éducation nationale et de la recherche - Inspection générale des Finances, La participation française au programme-cadre européen pour la recherche et l’innovation, février 2016.
([10]) Circulaire du premier ministre relative à la gestion budgétaire, 24 avril 2025, JORF.
([11]) Cour des comptes, La mobilisation des fonds européens en matière de recherche : les programmes Horizon 2020 et Horizon Europe – Un effort à accentuer 2012-2024, janvier 2025.
([12]) https://assnat.fr/ZvZYMG