Séance plénière Vidéo Presse
Suite de la discussion de la proposition de loi visant à permettre le remboursement des honoraires d'expert-comptable aux candidats
Lundi 30 mars 2026 15:00 – 20:05 5h05 Assemblée nationale Supprimé Créée le 16/02/2026 PO838901
1
Suite de la discussion de la proposition de loi visant à permettre le remboursement des honoraires d'expert-comptable aux candidats
Suite de la discussion Supprimé
2
Suite de la discussion de la proposition de loi, adoptée par le Sénat après engagement de la procédure accélérée, visant à garantir le droit de visite des parlementaires et des bâtonniers dans les lieux de privation de liberté
3
Discussion de la proposition de loi, adoptée par le Sénat après engagement de la procédure accélérée, visant à garantir le droit de visite des parlementaires et des bâtonniers dans les lieux de privation de liberté
Discussion Supprimé
4
Suite de la discussion du projet de loi, adopté par le Sénat, relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales
Suite de la discussion Supprimé
5
Suite de la discussion du projet de loi, adopté par le Sénat, relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales
6
Discussion de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, visant à faciliter la création et le fonctionnement des communes nouvelles
Discussion Supprimé
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

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906 Interventions sur l'ensemble de la séance
170 Orateurs distincts repérés
36 Séquences détectées dans le débat
164 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 906 interventions sur 906 pour l'ensemble de la séance.

Sommaire de la séance

2 textes débattus ce jour-là

Une séance plénière enchaîne plusieurs textes. Choisissez ci-dessous celui qui vous intéresse pour aller directement à son débat. La barre indique la part des prises de parole consacrées à ce texte sur l'ensemble de la séance.

Amendements les plus cités

Amdt 13 3 mentions Amdt 30 3 mentions Amdt 41 3 mentions Amdt 191 3 mentions Amdt 245 3 mentions Amdt 249 3 mentions Amdt 286 3 mentions Amdt 289 3 mentions
Photo de Mme la présidente
Ouverture de seance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Photo de Mme la présidente
Suite de la discussion d’une proposition de loi
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi visant à garantir le droit de visite des parlementaires et des bâtonniers dans les lieux de privation de liberté (nos 2511, 2577).

Photo de Mme la présidente
Discussion des articles (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Ce matin, l’Assemblée a commencé l’examen des articles de la proposition de loi, s’arrêtant à l’amendement n° 3 portant article additionnel après l’article 1er.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour soutenir l’amendement no 3.

Amdt 3 Rejeté
Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 1er
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Il tend à instaurer une présomption d’urgence lorsqu’une procédure en référé est engagée contre une entrave à l’exercice du droit de visite parlementaire. Je prendrai un exemple qui fera plaisir à M. Gery, qui semble nourrir un amour inconditionnel pour Nicolas Sarkozy. À la maison d’arrêt de la Santé, j’ai demandé à visiter les différents quartiers – arrivants, classiques, d’isolement. Lors d’une visite parlementaire, celle du quartier disciplinaire fait en effet partie des incontournables. Or le directeur nous a dit que ce ne serait pas possible, et il ne l’a fait qu’à l’oral : voilà le premier problème. En raison de la présence de brouilleurs, j’ai dû regagner la cour d’honneur pour appeler mon avocat et lui demander d’écrire à la direction interrégionale afin d’obtenir un écrit précisant que l’on m’avait refusé l’accès au quartier d’isolement et de pouvoir faire un recours. Rendez-vous compte du truc ! C’est la première entrave, évidente. À l’audience du tribunal, à laquelle j’assistais, le juge a dit : « Attendez, votre visite est terminée, puisque vous êtes devant moi. Vous n’êtes plus dans l’établissement, il n’y a donc pas d’urgence à ce que je vous laisse entrer dans le quartier d’isolement. » Je vous le demandais ce matin : qu’aurais-je dû faire ? Camper dans le quartier de l’isolement en attendant la décision hypothétique d’un juge, sans même pouvoir accéder au réseau téléphonique à cause du brouilleur ? C’est une situation complètement ubuesque ! Si nous voulons que le droit de visite puisse être pleinement exercé, il faut pouvoir compter sur la décision rapide d’un juge en cas de contentieux ou d’entrave. Une présomption d’urgence doit donc être inscrite noir sur blanc dans la loi.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Vincent Caure, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission.

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 1er
M. Vincent Caure rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République EPR

Comme vous le savez pour avoir exercé ce droit, les députés et les sénateurs peuvent déjà saisir le tribunal administratif selon la procédure de référé contre toute décision de l’administration qui ferait obstacle à cette visite. Vous soulignez la question de l’urgence et de la manière dont on l’apprécie. Je ne vous rejoins pas sur ce point : je ne suis pas convaincu de la nécessité d’instituer une présomption d’urgence, comme vous voulez le faire, afin de rendre son application automatique. Je préfère conserver l’appréciation du juge telle qu’elle existe dans la loi.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, pour donner l’avis du gouvernement.

Photo de M. Laurent Panifous
Après l’article 1er
M. Laurent Panifous ministre délégué chargé des relations avec le Parlement

Votre amendement vise à ériger en atteinte grave à l’exercice d’une mission de contrôle constitutionnel le refus du droit de visite d’un parlementaire. Cette précision de l’ordre du symbole…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 1er
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Non, c’est tout sauf symbolique ! Demandez à Mattias Guyomar !

Photo de M. Laurent Panifous
Après l’article 1er
M. Laurent Panifous ministre délégué

…n’apparaît pas adaptée, le dit droit de visite étant prévu par la loi, non par la Constitution. Je rappelle que la rédaction actuelle de l’article 719 du code de procédure pénale ne permet pas aux autorités de refuser l’exercice de ce droit.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 1er
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Bien sûr que si !

Photo de M. Laurent Panifous
Après l’article 1er
M. Laurent Panifous ministre délégué

D’ailleurs, le ministère de la justice n’a à ce jour connaissance d’aucune difficulté rencontrée par les parlementaires pour exercer leur droit de visite dans des locaux de garde à vue ou des établissements pénitentiaires et de santé. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 1er
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Ce n’est pas vrai !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 1er
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Quelle blague ! Faites appeler Gérald, il va tout vous expliquer ! Et dire que vous avez été député !

Photo de M. Laurent Panifous
Après l’article 1er
M. Laurent Panifous ministre délégué

L’utilisation récurrente du droit de visite le démontre. Entre les mois de juillet et d’octobre 2025, les lieux de privation de liberté ont fait l’objet de soixante-six visites de parlementaires. Les instructions de la direction générale de l’administration pénitentiaire du 16 juillet 2024, accessibles à tous, démontrent la volonté du gouvernement de permettre l’exercice de ce droit sans obstruction.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 1er
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est faux ! Vous mentez éhontément !

Photo de M. Laurent Panifous
Après l’article 1er
M. Laurent Panifous ministre délégué

C’est pour cette raison que j’émettrai un avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 1er
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est dingue de mentir comme ça ! (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et HOR.) « L’administration et le ministère de la justice n’ont pas connaissance d’entraves. » Bien sûr, ce sont eux qui les commettent ! Super, génial ! Je me suis rendu à la maison d’arrêt de Bourges et j’ai demandé à visiter la laverie. Dans cette pièce, se trouvait une détenue, auxiliaire. J’ai demandé à pouvoir lui parler pour savoir quel était son travail. On m’a dit : « non, pour des raisons de sécurité, vous ne pouvez pas lui parler ! » C’était une entrave, et je l’ai dit. Croyez-vous que j’ai saisi le juge ? Pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Parce que j’en ai ras le bol que l’on me dise qu’il n’y a pas d’urgence et qu’un an et demi plus tard – au mieux ! –, on m’explique qu’un an et demi plus tôt, j’aurais pu parler à cette dame. C’est ça, le problème ! Je citais tout à l’heure Mattias Guyomar car lui a respecté le critère d’urgence pendant la période du covid. Pourtant, on ne savait pas combien de temps la pandémie allait durer ; il aurait très bien pu prétendre qu’elle continuerait à sévir le lendemain ou le surlendemain de ma visite et qu’il n’y avait donc pas urgence. Or il a pris sur lui de rendre cette décision, la seule que j’ai pu obtenir du Conseil d’État en ce sens – elle faisait suite à un non-lieu à statuer, mais l’administration a reculé car elle savait qu’elle était en faute. On ne peut pas s’en remettre à l’arbitraire d’un juge pour décider du caractère urgent d’une visite, alors que M. Guyomar a présenté cet exercice du mandat parlementaire comme une liberté fondamentale dans la fameuse décision Bernalicis – je n’y peux rien si elle porte mon nom ! J’aimerais que d’autres juges aient eu autant de courage que lui. Dans le cas de M. Sarkozy, il y avait bien urgence, puisqu’on se doutait qu’il allait vite sortir – les faits m’ont d’ailleurs donné raison. Le sujet n’était pas de le voir en prison, mais de connaître les conséquences de son incarcération, notamment sur le fonctionnement du quartier de l’isolement et sur celui des parloirs. Or l’instance est encore pendante ! Dans six mois, une décision dira peut-être que j’aurais eu raison de me rendre sur place avec journalistes et matériel photographique, mais M. Sarkozy ne sera plus là. Je n’aurai donc pas pu vérifier les conditions de détention des autres détenus et le fonctionnement du travail des personnels au moment où j’y étais. Arrêtez de raconter n’importe quoi, monsieur le ministre, d’autant plus que vous avez été député. Vous savez ce que c’est que d’être parlementaire. (Mme Élisabeth de Maistre s’exclame.)

II
Après l’article 1er
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3 n’est pas adopté.)

Amdt 3 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Ugo Bernalicis, pour soutenir l’amendement no 7.

Amdt 7 Rejeté
Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 1er
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Puisque le ministère de la justice prétend n’avoir connaissance d’aucune entrave, je prendrai un autre exemple : après la maison d’arrêt de Bourges et celle de la Santé, nous voici à Vendin-le-Vieil, prison de haute sécurité. J’arrive sur place, et l’on me dit que je ne peux pas entrer avec mon téléphone portable dans le lieu de détention. Il s’agissait uniquement de prendre des photos, puisqu’il y a des brouilleurs. Qu’aurais-je pu faire d’autre avec mon téléphone ? Téléphoner n’est pas possible, comme le savent de longue date tous les détenus sur place. Je mets de côté le fait de laisser là les gens qui s’y trouvaient déjà en disant : « regardez, comme ça, ils ne pourront plus communiquer avec l’extérieur », alors qu’ils ne le pouvaient déjà pas… Je demande au chef d’établissement de me transmettre la note écrite qu’il a reçue de l’administration centrale indiquant que je n’ai pas le droit de rentrer avec mon téléphone. Quand me la communique-t-il ? Pas sur place, mais plus d’une semaine et demie après ma visite ! Dois-je saisir de nouveau le juge à ce moment ? Vous voyez bien qu’il y a un problème : un rapport de force concret, immédiat et direct exercé par l’administration pénitentiaire, sous la direction du ministre. Me suggérez-vous de brandir l’article 719 du code de procédure pénale et de dire que je passerai quand même ? D’autres ont essayé et ça n’a pas très bien marché… Montrez que les voies de recours sont réelles. Sinon, vous vous moquez vraiment du monde. Je sais ce que vous êtes en train de faire. Des Gérald Darmanin, il y en aura plein ! Or ce qui peut nous éviter que des Gérald Darmanin le soient jusqu’au bout et entravent le droit de visite des parlementaires, c’est de prévoir dans la loi que tout refus devra immédiatement faire l’objet d’une notification écrite, et de permettre à un juge indépendant – enfin, si l’on peut dire… – de rappeler la loi. Sinon, vous savez parfaitement que les parlementaires se heurteront à des entraves.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Pouria Amirshahi, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Après l’article 1er
M. Pouria Amirshahi rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République EcoS

J’aurais pu vous suivre sur la nécessité d’une notification, dont je comprends le principe. Mais la possibilité de saisir le tribunal administratif existe déjà. Elle n’est pas explicite dans le code de procédure pénale, mais résulte du droit administratif en général. Si nous devions préciser dans chacune de nos lois que, dans telles circonstances particulières, la saisine de cette juridiction serait possible, cela ajouterait de la lourdeur,…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 1er
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

La question est celle de l’urgence !

Photo de M. Pouria Amirshahi
Après l’article 1er
M. Pouria Amirshahi rapporteur EcoS

…à des dispositions déjà suffisamment claires. Demande de retrait ou avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de M. Laurent Panifous
Après l’article 1er
M. Laurent Panifous ministre délégué

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 1er
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Cet amendement nous semble absolument nécessaire dans la mesure où les entraves au droit de visite parlementaire existent, comme cela vient d’être rappelé. Avec Mme Taurinya et M. Coulomme, il nous est même arrivé, lorsque nous sommes allés visiter le centre de rétention administrative (CRA) de Lyon-Saint-Exupéry, de devoir attendre pendant trois heures dans le hall que l’on veuille bien nous ouvrir. C’est inacceptable ; il aurait fallu que nous puissions faire valoir immédiatement ce droit inscrit dans la loi. De telles visites n’ont pourtant pas lieu tous les matins et nous, parlementaires, ne sommes finalement pas si nombreux à visiter les lieux de privation de liberté. L’obligation de justifier précisément un refus opposé à une visite parlementaire permettrait d’introduire un recours quant aux motifs avancés sans encombrer tant que ça les tribunaux administratifs. De surcroît, je suis certaine que cette obligation réduirait le nombre d’interdictions et d’empêchements : l’administration pénitentiaire, pilotée par qui nous savons – le ministre – aurait en effet du mal à les faire valoir s’ils sont susceptibles de donner lieu immédiatement à un recours. Nous avons intérêt à être précis si nous voulons pouvoir exercer en toute liberté le droit de visite parlementaire et contraindre l’administration pénitentiaire à renoncer à sa logique d’empêchement.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.

Photo de M. Jean-Paul Lecoq
Après l’article 1er
M. Jean-Paul Lecoq Jean-Paul Lecoq GDR

La notion d’urgence telle qu’elle a été définie par Ugo Bernalicis est importante. Les parlementaires qui visitent un lieu de privation de liberté le font parce qu’ils ont été alertés ou interpellés au sujet de son fonctionnement – qu’il s’agisse d’un CRA, de personnes incarcérées dans un commissariat après des manifestations, etc. Dès lors, tout retard devient suspect. Il est donc indispensable de justifier le moindre refus, la moindre attente, sans quoi il s’agirait de facto d’une atteinte à notre droit imprescriptible à visiter des lieux de privation de liberté. Entendez ce message ! Ne permettez pas que ce droit soit limité ; notre fonctionnement démocratique en dépend.

II
Après l’article 1er
Intervenant non identifié

(L’amendement no 7 n’est pas adopté.)

Amdt 7 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Vincent Caure, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 13.

Amdt 13 Adopté
Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 1er
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Il s’agit d’éviter certains risques liés à la réécriture du code de procédure pénale. Tout d’abord, il convient de ne pas oublier les locaux de retenue douanière, qui ne figurent pas dans le code des douanes et que nous avons l’ambition de maintenir dans le périmètre des endroits que nous pouvons visiter. Plus généralement, il convient de respecter la volonté du législateur, exprimée en 2000, d’instaurer un droit de visite général pour l’ensemble des lieux où une personne est privée de liberté. Le risque serait surtout que le travail que nous menons avec le Sénat soit écrasé – nous aurions alors travaillé pour rien.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de M. Laurent Panifous
Après l’article 1er
M. Laurent Panifous ministre délégué

Vous proposez de reprendre les dispositions de cette proposition de loi pour les insérer dans le nouveau code de procédure pénale, tel qu’il résulte de l’ordonnance de 2025. Dans le cadre du projet de loi de ratification de cette ordonnance, le gouvernement prévoit un article permettant d’actualiser le nouveau code de procédure pénale par voie d’ordonnance, afin de traiter ces questions de manière cohérente et globale. C’est pourquoi je suis défavorable à votre amendement.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 1er
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Nous saluons la volonté d’intégrer les lieux dits de mise à l’abri, situés à nos frontières, dans la liste des lieux de privation de liberté. En effet, ce sont des lieux où des personnes sont retenues – femmes, mineurs isolés ou non, majeurs, peu importe. Vendredi, j’étais dans un tel lieu à Montgenèvre, lieu qui, d’une certaine façon, n’existe pas juridiquement. Nous donnons donc une existence à ces lieux et, de surcroît, nous prévoyons les conditions qui nous permettront de les visiter. C’est important car en l’état du droit, il faut négocier avec la police aux frontières pour y accéder ; sinon, on ne vous ouvre pas. Et quelle que soit la bonne volonté des agents de la PAF – elle peut être tout à fait réelle –, même lorsque vous entrez, vous ne pouvez pas toujours constater la réalité : parfois, les femmes et les enfants sont déjà engagés dans des procédures de réadmission, par exemple vers l’Italie ; parfois, les locaux ont été nettoyés avant votre arrivée. Les visites sont donc moins objectives, et moins précises. Nous voterons donc l’amendement. Quant aux ordonnances, vous le savez, elles nous laissent sceptiques – nous préférons que les décisions soient prises ici. Pourquoi ne le seraient-elles pas ? Il s’agit de lieux de privation de liberté, y compris pour des enfants ; il faut les inscrire dans la liste. Il ne saurait être question de recourir à une ordonnance ! Le gouvernement doit nous laisser faire notre travail de législateur.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 13.

Amdt 13 Adopté
II
Après l’article 1er
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 1er
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 66 Nombre de suffrages exprimés 63 Majorité absolue 32 Pour l’adoption 42 Contre 21

II
Après l’article 1er
Intervenant non identifié

(L’amendement no 13 est adopté.)

Amdt 13 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 2
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 10 et 17, visant à supprimer l’article 2. La parole est à M. Jonathan Gery, pour soutenir l’amendement no 10.

Amdt 10 Rejeté
Photo de M. Jonathan Gery
Article 2
M. Jonathan Gery Jonathan Gery RN

Il vise à revenir à la lettre et à l’esprit du texte tel qu’amendé et adopté au Sénat, en supprimant l’article 2, qui étend le droit de visite dans les lieux de privation de liberté – privation administrative ou pénale – au secteur médical, par la simple voie d’un amendement adopté en commission des lois. Certes, le droit de visite constitue un corollaire logique du principe représentatif. Mais il ne doit pas être instrumentalisé et devenir le terreau d’une communication fondée sur le bruit et le scandale.

Photo de M. Christophe Bex
Article 2
M. Christophe Bex Christophe Bex LFI-NFP

Oh là là !

Photo de M. Jonathan Gery
Article 2
M. Jonathan Gery Jonathan Gery RN

Or c’est ainsi que l’utilisent certains élus.

Photo de Mme la présidente
Article 2
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’amendement no 17 de Mme Agnès Firmin Le Bodo est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 17 Rejeté
Photo de M. Pouria Amirshahi
Article 2
M. Pouria Amirshahi rapporteur EcoS

Vous avez raison, les établissements psychiatriques, dont le droit de visite est déjà prévu dans le code de la santé publique, n’étaient pas concernés par le texte. Mais, à partir du moment où, ce matin, nous avons décidé d’adopter une formule générique – le texte vise désormais toute décision administrative ou de justice – pour définir le champ d’application du droit de visite, les établissements chargés d’assurer les soins psychiatriques sans consentement entrent, de facto, dans le champ du dispositif. S’agissant des journalistes, je comprends les inquiétudes – déjà soulevées en commission. Je ne reviens pas sur ce que nous avons dit ce matin – j’ai rappelé, comme d’autres, l’importance du droit de savoir. Il ne s’agit absolument pas d’ouvrir les établissements psychiatriques ou les locaux de garde à vue à de très nombreux journalistes, mais de consacrer le principe de leur présence. Les modalités concrètes – notamment le nombre de journalistes – relèvent du décret. Nous savons parfaitement articuler ce qui relève du domaine législatif et ce qui relève du domaine réglementaire, afin de tenir compte des conditions d’exercice professionnel, de l’ergonomie des lieux et des enjeux de sécurité et d’ajuster en conséquence le nombre de journalistes autorisés. Dans l’intérêt démocratique et pour la qualité du débat public, nous estimons important que la société française soit informée. Il est donc pertinent de consacrer ce principe. Enfin, il existe déjà plusieurs filtres s’agissant de la présence de journalistes. Le premier, c’est vous – ce sont les parlementaires qui proposent à des journalistes de les accompagner, ou non. Les journalistes ne viennent pas d’eux-mêmes en l’espèce. Lorsque ces derniers souhaitent réaliser un reportage de manière autonome, ils adressent leurs demandes aux administrations compétentes. D’autres filtres existent : ils relèvent du pouvoir réglementaire après que le législateur a dessiné la bonne épure. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 2
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de M. Laurent Panifous
Article 2
M. Laurent Panifous ministre délégué

Je suis attaché à l’objectif initial du texte : il s’agissait de répondre à la censure du Conseil constitutionnel en matière de droit de visite des parlementaires dans les lieux de privation de liberté. Je suis également attaché à l’équilibre du dispositif : nous ne saurions autoriser la présence de journalistes dans des établissements de santé où se trouvent des personnes hospitalisées présentant une vulnérabilité particulière. Ces établissements sont avant tout des lieux de soin, au sein desquels les patients ont droit au respect de leur vie privée, de leur intimité et de leur tranquillité. Le respect de la confidentialité et du secret professionnel constitue également un droit fondamental du patient, que nous nous devons de protéger. Avis favorable aux deux amendements.

Photo de Mme la présidente
Article 2
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Ugo Bernalicis.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 2
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Dans les établissements de soins psychiatriques, l’hospitalisation d’office repose sur le même principe que la détention : même sous contrainte, la personne ne perd pas ses autres droits de citoyen.

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 2
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Bien sûr !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 2
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Elle reste un être humain à part entière, et c’est précisément notre rôle que de vérifier que sa dignité et ses autres droits sont respectés, et que la contrainte ne s’applique que pour des raisons strictement médicales. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Marc Pena applaudit également.) Or vos propos ne résistent pas à ce que nous découvrons dans la presse ou à travers des témoignages : des personnes mises sous camisole chimique, laissées de côté en attendant l’échéance des douze jours, avec un suivi qui laisse à désirer faute de moyens – des moyens que vous ne donnez pas aux hôpitaux psychiatriques ni à la psychiatrie. Le dernier projet de loi de financement de la sécurité sociale est indigne de la France et indigne du respect que nous devons aux malades, en particulier à ceux hospitalisés sous contrainte. Pourquoi nous expliquez-vous que notre présence contreviendrait au protocole de soins et mettrait en péril les droits et la dignité de ces personnes ? C’est précisément pour la raison inverse que nous réclamons ce droit de visite – droit qui existe déjà, monsieur le ministre. Notre rôle est de faire savoir lorsque les choses dysfonctionnent, afin que l’exécutif puisse y remédier et garantir le respect des droits fondamentaux, y compris en matière d’hospitalisation sous contrainte. C’est l’enjeu du texte dont nous discutons ! Venir nous dire le contraire et nous mettre en cause a priori est indigne de votre fonction !

Photo de Mme la présidente
Article 2
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. le ministre délégué.

Photo de M. Laurent Panifous
Article 2
M. Laurent Panifous ministre délégué

Monsieur le député, je ne remets pas en cause, du moins pas de la manière dont vous le présentez, votre argumentation – je la respecte. Nous sommes défavorables à la présence de journalistes dans ces établissements de soins, absolument pas à celle des parlementaires.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 2
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Et alors ? Les règles s’appliquent de la même manière dans les prisons ! Par exemple, les journalistes n’ont pas le droit de filmer les détenus !

Photo de M. Laurent Panifous
Article 2
M. Laurent Panifous ministre délégué

Mon propos n’aurait évidemment pas été le même s’il avait été question d’interdire l’accès des parlementaires à ces établissements.

II
Article 2
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 10 et 17 ne sont pas adoptés.)

Amdt 10 Rejeté Amdt 17 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 2
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de deux amendements, nos 15 et 20, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Vincent Caure, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 15.

Amdt 15 Adopté
Photo de M. Vincent Caure
Article 2
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Je serai bref, car Mme Morel aura également l’occasion de défendre un amendement similaire – et je sais qu’elle le fera parfaitement. Il s’agit d’un amendement de coordination, lié à la suppression du renvoi au code de la santé publique que nous avons votée à l’article 1er. La rédaction de l’amendement de Mme Morel diffère de celle de notre amendement ; c’est pourquoi je formule une demande de retrait du sien au profit du nôtre, mais je la laisse juge.

II
Article 2
Intervenant non identifié

(À quinze heures vingt-cinq, Mme Hélène Laporte remplace Mme Nadège Abomangoli au fauteuil de la présidence.)

Photo de Mme la présidente
Article 2
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Louise Morel, pour soutenir l’amendement no 20.

Amdt 20 Retiré
Photo de Mme Louise Morel
Article 2
Mme Louise Morel Louise Morel Dem

Nous avons déjà eu ce débat à l’article 1er ce matin. Il s’agit ici d’étendre les dispositions en question aux établissements de santé concernés par les soins psychiatriques, ainsi qu’aux geôles et dépôts des juridictions judiciaires. Si l’amendement des rapporteurs est mieux rédigé, je retire naturellement le mien.

II
Article 2
Intervenant non identifié

(L’amendement no 20 est retiré.)

Amdt 20 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 2
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement sur l’amendement no 15 ?

Photo de M. Laurent Panifous
Article 2
M. Laurent Panifous ministre délégué

Défavorable.

II
Article 2
Intervenant non identifié

(L’amendement no 15 est adopté.)

Amdt 15 Adopté
II
Article 2
Intervenant non identifié

(L’article 2, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 2
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Christophe Bex, pour soutenir l’amendement no 5, portant article additionnel après l’article 2.

Amdt 5 Rejeté
Photo de M. Christophe Bex
Après l’article 2
M. Christophe Bex Christophe Bex LFI-NFP

Nous sommes nombreux à exercer notre droit de visite dans les établissements pénitentiaires de nos circonscriptions. J’ai pu me rendre à de nombreuses reprises à la maison d’arrêt de Seysses. J’y ai constaté, comme d’autres avant moi, des conditions de détention particulièrement dégradées – le mot est faible. Un rapport récent du Contrôleur général des lieux de privation de liberté a d’ailleurs mis en lumière la vétusté de l’établissement et les conditions de travail difficiles des surveillants. Il livre les témoignages accablants de personnes détenues. Face à ces constats, notre responsabilité ne peut pas s’arrêter à la simple visite. Le droit de visite prévu par l’article 719 du code de procédure pénale doit devenir un véritable outil de contrôle, utile et effectif. C’est pourquoi le présent amendement du groupe LFI-NFP vise à instaurer un mécanisme de suivi systématique et de traçabilité des visites parlementaires. En effet, l’absence de formalisation limite la portée de notre action : les constats sont faits mais leur suivi reste incertain. Si cet amendement était adopté, chaque visite serait consignée dans un registre – chaque assemblée tiendrait le sien – recensant les observations formulées et les réponses apportées par les autorités compétentes. Ce dispositif simple permettrait de renforcer la transparence, la responsabilité et surtout l’efficacité du contrôle parlementaire – car il ne s’agit pas seulement de voir, mais de faire en sorte que ce que nous voyons change réellement. Adopter cet amendement, c’est faire vivre concrètement notre mission de contrôle et contribuer à garantir le respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 2
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 2
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Rien ne nous interdit de faire des rapports sur les visites que nous effectuons et de les rendre publics. Certains d’entre nous, et c’est heureux, le font d’ailleurs en publiant leurs observations sur leur site ou sur leurs réseaux sociaux.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 2
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Peu le font !

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 2
M. Vincent Caure rapporteur EPR

Je ne pense toutefois pas nécessaire d’imposer à chacun d’entre nous, dès qu’il mène une visite, d’en rendre compte publiquement. La possibilité existe déjà et l’inscrire dans la loi ne me paraît pas opportun. Vous proposez que l’Assemblée nationale et le Sénat tiennent, chacun, un registre des visites effectuées par leurs membres. Une telle disposition relève, me semble-t-il, de la liberté de chacune des chambres ; ceux qui défendent cette idée devraient donc se rapprocher du bureau ou de la présidence de l’Assemblée nationale. Par ailleurs, si des initiatives de ce type existent à l’étranger, je ne suis pas convaincu de leur pertinence. Vous qui parlez souvent de l’avenir politique, si l’on imagine une assemblée qui vous soit défavorable,…

Photo de Mme Marianne Maximi
Après l’article 2
Mme Marianne Maximi Marianne Maximi LFI-NFP

Elle ne nous est déjà pas très favorable !

Photo de M. Vincent Caure
Après l’article 2
M. Vincent Caure rapporteur EPR

…avec une majorité d’extrême droite – ce que je ne souhaite pas –, aimeriez-vous que vos visites, ou les miennes, soient consignées dans un registre unique ? Cela ne me paraît pas souhaitable ; je pense que ces visites doivent rester parfaitement libres. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 2
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de M. Laurent Panifous
Après l’article 2
M. Laurent Panifous ministre délégué

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 2
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Andrée Taurinya.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Après l’article 2
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Vos propos m’étonnent, monsieur le rapporteur. Nous sommes pour la transparence totale : quelle que soit la composition de l’Assemblée nationale, nous n’aurions pas peur que les rapports de nos visites soient inscrits dans un registre. La transparence vous effraie ; pas nous ! Chaque parlementaire qui visite un centre pénitentiaire ou un autre lieu de privation de liberté peut certes publier son rapport ; l’idée est cependant de l’inscrire dans un registre pour pouvoir suivre ce que l’exécutif va en faire. N’oublions pas, en effet, que notre rôle est aussi de contrôler l’action du gouvernement. J’insiste : nous n’avons pas peur de la transparence ; vous, en revanche, semblez préférer l’opacité.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Après l’article 2
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Eh oui !

II
Après l’article 2
Intervenant non identifié

(L’amendement no 5 n’est pas adopté.)

Amdt 5 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 2
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur la proposition de loi, je suis saisie par les groupes Ensemble pour la République et Écologiste et social de demandes de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de Mme la présidente
Explications de vote
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Andrée Taurinya.

Photo de Mme Andrée Taurinya (LFI-NFP)
Explications de vote
Mme Andrée Taurinya (LFI-NFP) Andrée Taurinya LFI-NFP

En 1999, le rapport sur l’amélioration du contrôle extérieur des établissements pénitentiaires, présenté par Guy Canivet, premier président de la Cour de cassation, soulignait l’imperfection des contrôles de l’époque. Le document notait la difficulté croissante de la mission pénitentiaire et soulignait que l’augmentation de la population carcérale rendait les contrôles d’autant plus nécessaires. Le nombre de détenus était alors de 51 900 pour 49 632 places, soit une densité de 107 %. Plus de vingt-cinq ans après, la création de 12 000 places supplémentaires n’a pas permis d’endiguer l’envolée de la surpopulation carcérale. La densité est passée à 137 %, avec 32 000 personnes détenues supplémentaires ; dans vingt-cinq établissements, elle dépasse 200 %. Depuis 1999, ce rapport a permis une amélioration du contrôle extérieur, notamment grâce à la loi du 15 juin 2000 permettant aux parlementaires de visiter les établissements pénitentiaires de manière inopinée, et à la création du Contrôleur général des lieux de privation de liberté en 2007. Cependant, force est de constater que les conditions de vie des personnes détenues sont toujours plus indignes dans nos prisons. En janvier, la Cour européenne des droits de l’homme a, pour la neuvième fois, condamné la France pour cette raison. Le droit de visite parlementaire est donc plus que jamais nécessaire. Il permet de confronter l’administration pénitentiaire en documentant des situations d’indignité manifeste, d’obtenir des améliorations concrètes pour les détenus, comme cela fut le cas après mes visites du centre pénitentiaire de La Talaudière. Ce droit est d’autant plus indispensable que la politique du gouvernement en matière de justice n’a comme horizon que les peines d’emprisonnement ferme, même si elles sont de courte, voire de très courte durée. Il est fort à craindre que la France soit condamnée une dixième fois, et passe de la troisième à la première place des pays d’Europe pour ce qui est de la surpopulation carcérale.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Explications de vote
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est vrai !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Explications de vote
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Il nous faut donc garantir ce droit, et en assurer le caractère effectif et les meilleures conditions possible d’exercice. Nous voterons ce texte, même si nous regrettons que certaines de nos propositions n’aient pas été retenues. L’obligation de notifier les refus et d’en préciser les motivations dans les meilleurs délais aurait ainsi permis aux parlementaires confrontés à ce problème de procéder à des recours, y compris en urgence. Nous invitons toutes et tous les parlementaires à user de ce droit autant que nécessaire, afin que la dignité des personnes incarcérées et leurs droits fondamentaux soient respectés. Que le ministre de la justice de 2026 se rappelle les mots d’un de ses illustres prédécesseurs, Robert Badinter, qui remarquait que la peine n’a plus une fonction expiatoire. « Pour résoudre le paradoxe qui consiste à réinsérer une personne en la retirant de la société, il n’y a d’autre solution que de rapprocher autant que possible la vie en prison des conditions de vie à l’extérieur, la société carcérale de la société civile. » Je regrette à ce propos, comme ma collègue Elsa Faucillon, le vote de la loi qui a empêché de nombreuses personnes détenues de voter aux élections municipales. « Rapprocher autant que possible la vie en prison des conditions de vie à l’extérieur » : que chaque parlementaire garde ces mots en mémoire lors de ses visites, pour qu’enfin notre pays garantisse les droits fondamentaux de chaque personne incarcérée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Explications de vote
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jonathan Gery.

Photo de M. Jonathan Gery (RN)
Explications de vote
M. Jonathan Gery (RN) Jonathan Gery RN

Malheureusement, nous avons devant nous un texte idéologique, qui dépasse largement ses ambitions initiales – il devait rendre le droit existant conforme à la jurisprudence du Conseil constitutionnel.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Explications de vote
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Qu’en pense Nicolas Sarkozy ?

Photo de M. Jonathan Gery
Explications de vote
M. Jonathan Gery Jonathan Gery RN

Au lieu d’une liste limitative des lieux où ce droit s’applique, nous terminons avec une formule très générique. Au lieu d’un simple droit de visite, nous voilà avec un droit d’entretien libre et confidentiel avec quiconque, en tout temps. Au lieu d’une visite d’un parlementaire, nous créons un droit étendu aux collaborateurs et aux journalistes.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Explications de vote
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Tout à fait !

Photo de M. Jonathan Gery
Explications de vote
M. Jonathan Gery Jonathan Gery RN

En conséquence, puisque mes amendements ont été rejetés, nous ne pourrons pas soutenir ce texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – « Oh ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Explications de vote
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est trop triste !

Photo de Mme la présidente
Vote sur l’ensemble
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’ensemble de la proposition de loi.

II
Vote sur l’ensemble
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Vote sur l’ensemble
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 84 Nombre de suffrages exprimés 59 Majorité absolue 30 Pour l’adoption 55 Contre 4

II
Vote sur l’ensemble
Intervenant non identifié

(La proposition de loi est adoptée.)

Photo de Mme la présidente
Vote sur l’ensemble
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Pouria Amirshahi, rapporteur.

Photo de M. Pouria Amirshahi
Vote sur l’ensemble
M. Pouria Amirshahi rapporteur EcoS

Mon corapporteur Vincent Caure et moi-même remercions les collègues pour la qualité des débats, ici comme en commission des lois. Aucune loi ne pouvant se faire sans le concours de nos collaborateurs, je remercie également ces derniers, tout comme notre excellente administratrice qui nous a accompagnés tout au long de l’examen de ce texte. Bonne visite à celles et ceux qui, après la commission mixte paritaire, auront décidé d’exercer ce droit enfin reconnu ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Suite de la discussion d’un projet de loi
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales (nos 2115, 2250 rectifié).

Photo de Mme la présidente
Discussion des articles (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Vendredi 27 février, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’article 3 bis C.

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis C
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 bis C
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Nous reprenons des débats qui, lors des dernières séances précédant l’interruption de nos travaux, ont été très longs. Je regrette qu’au moment où les Françaises et les Français se plaignent de l’augmentation du prix de l’essence, nous prenions plusieurs jours pour discuter d’un texte qui vise à rapporter quelques millions d’euros – 0,01 % du budget de l’État – tout en faisant la chasse aux précaires et aux pauvres et en faisant peser un risque de fuite massive de données. Il est dommage que le ministre chargé des relations avec le Parlement soit parti car, vu la situation politique, je ne comprends pas la réinscription de ce texte à l’ordre du jour. Nous continuerons, au fil des articles qui suivront, à proposer des amendements, en espérant que nos collègues feront preuve d’un état d’esprit constructif – contrairement à ce qui s’est passé précédemment. Soyez certains que notre groupe prendra tout le temps de parole dont il aura besoin pour faire de la pédagogie sur ce texte. Peut-on savoir quelles raisons expliquent la réinscription de ce texte à l’ordre du jour, alors que plusieurs collègues avaient exprimé le souhait de ne pas le voir revenir dans l’hémicycle ? Peut-être le ministre du travail, qui vient d’arriver, pourra-t-il me répondre ? Quoi qu’il en soit, je reposerai la question.

II
Article 3 bis C
Intervenant non identifié

(L’article 3 bis C est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 bis
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Cet article qui, si je ne me trompe pas, concerne les poursuites pénales – partons du principe que c’est bien de celui-là qu’il s’agit –, présente une difficulté que toute une série d’amendements proposent de corriger. La volonté d’engager des poursuites pénales peut s’entendre ; mais il n’est pas possible d’en faire l’occasion d’aller à la chasse aux allocataires, dont beaucoup sont précaires. Seul un quart de ce texte consacré à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales parle de la fraude fiscale ; les trois quarts, de la fraude sociale. Nous sommes dans la continuité de la dynamique enclenchée par les gouvernements Macron, où l’on supprime des postes qui permettent de lutter contre la fraude fiscale et où l’on multiplie ceux qui permettent de lutter contre la fraude sociale – un non-sens budgétaire. Ce texte n’est pas un texte d’économies ; il ne permettra pas de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’État, encore moins de façon significative. Il vise un objectif idéologique, celui de chasser les précaires et de laisser les riches continuer de faire ce qu’ils veulent. Nos amendements à l’article 3 bis et à l’article 4 visent à garder les dispositions utiles qui permettent de protéger les agents, tout en supprimant celles qui visent à poursuivre des gens qui ont 100 euros d’allocations, auxquels on pourra suspendre les aides dès qu’on aura un soupçon de fraude, même à cause d’une simple erreur sur un questionnaire. Vous, si l’on vous retire 300 ou 400 euros, ce n’est pas grave ; mais pour des gens normaux, c’est une somme énorme – ils devront se priver de manger. Or beaucoup d’allocataires sont des pères et des mères de famille. Je vous appelle sincèrement à voter les amendements à venir.

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 675, tendant à supprimer l’article 3 bis.

Amdt 675 Rejeté
Photo de Mme Mathilde Feld
Article 3 bis
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Nous sommes sensibles aux difficultés identifiées par la Direction générale des finances publiques (DGFIP) en matière d’exploitation des relevés de comptes bancaires. Lorsqu’ils sont transmis en format papier ou PDF, ces documents doivent être saisis manuellement dans des fichiers avant de pouvoir être exploités. Cette opération semble particulièrement chronophage – c’est ce que vous dites dans votre rapport, monsieur le rapporteur pour avis –, mobilise d’importantes ressources humaines et est source d’erreurs au point de réduire l’efficience du contrôle fiscal. Vous précisez aussi que les sollicitations ont entraîné la réception de plus de 2,2 millions de pages. L’article 3 bis ne prend cependant pas suffisamment en compte les situations d’empêchement, pourtant très nombreuses. Il ne prévoit aucune exception pour les personnes frappées d’illectronisme ou privées d’accès à du matériel informatique adapté. Pourtant, de nombreuses études décrivent les importants problèmes que constituent l’illectronisme et l’incompétence, notamment chez les personnes les plus âgées. En outre, nous estimons que les mesures prévues à l’article comportent un réel danger, celui de cyberattaques qui conduisent à des fuites massives de données. Celle qui a touché l’Union nationale du sport scolaire (UNSS), un organisme placé sous la tutelle du ministère de l’éducation nationale, en février dernier, en est un exemple : ses conséquences sont effrayantes, puisque 1 557 000 photos de nos enfants et des données sensibles qui les concernent sont proposées à la vente. Les fuites de données, de plus en plus fréquentes, nous invitent à la plus grande prudence concernant les transmissions numériques de données sensibles telles que celle que vous proposez dans cet article. C’est donc pour conserver le peu qu’il reste de notre humanité que nous vous proposons de recruter des agents pour traiter les informations transmises par courrier. Nous ne souhaitons pas qu’elles soient transmises par voie informatique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Daniel Labaronne, rapporteur pour avis de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, à laquelle la commission des affaires sociales a délégué l’examen des articles 1er, 1er bis, 3 à 3 ter, 9, 9 bis, 14, 15, 18 à 20 quater et 23 à 23 ter, pour donner l’avis de la commission.

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 3 bis
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire EPR

Vous avez bien identifié que l’article ne concernait pas les personnes frappées d’illectronisme, mais qu’il portait sur la transmission de documents par des organismes de crédit bénéficiant des compétences d’ingénieurs en informatique. Vous insistez sur le risque que représentent les fuites de données, un problème qui nous préoccupe tous. Je crois pouvoir dire que les acteurs bancaires y sont très attentifs.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 3 bis
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Le Ficoba a pourtant été piraté il y a quelques semaines !

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 3 bis
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

La fuite des données du fichier national des comptes bancaires et assimilés est un autre sujet ! L’article 3 bis tend à éviter qu’une quinzaine d’agents du fisc se promènent dans Paris avec des valises pour collecter des documents imprimés puis les apporter à l’administration. Ils ont mieux à faire ! Ils ont des compétences à faire valoir, bien plus précieuses que le transport de documents – c’est la DGFIP qui nous a raconté cette anecdote. Pour cette raison, je crois important de maintenir l’article. Pourvu qu’on se dote de procédures normalisées de communication des informations, la transmission numérique de données permettra d’accélérer les procédures de contrôle, de surveillance et d’examen des comptes bancaires, qui permettent de retrouver l’origine de certaines fraudes. La transmission informatisée est moderne. Elle s’inscrit dans la continuité des pratiques existantes. Je vous rappelle que le droit de communication peut déjà être exercé par voie électronique. L’article 3 bis ne fait que normaliser les formats, pour sécuriser les échanges et faciliter le travail des administrations, sans créer d’obligations nouvelles et disproportionnées. Pour cette raison, je serai défavorable à votre amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, pour donner l’avis du gouvernement.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 3 bis
Mme Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées

Ce texte, je le crois, est un texte de justice.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 3 bis
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

D’injustice, plutôt !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 3 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Monsieur Boyard, vous essayez de nous faire croire que ce projet de loi, parce qu’il est en grande partie consacré à la lutte contre la fraude sociale, n’aurait pas d’intérêt – il ne faudrait agir que sur la fraude fiscale.

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Article 3 bis
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Commencez par agir tout court !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 3 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

En 2023, Gabriel Attal, alors ministre des comptes publics, avait défendu ici même un plan que nous avons voté et qui donne des résultats. Il faut poursuivre son application. En 2020, on détectait 8 milliards de fraude fiscale. En 2024, on en détectait 16,7 milliards.

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Article 3 bis
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

La fraude fiscale, c’est 70 milliards d’euros !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 3 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

La lutte contre la fraude sociale est une mesure de justice. Sur les 13 milliards d’euros qu’elle représente, la moitié est le fait des employeurs et l’autre des assurés.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 3 bis
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Non, c’est deux tiers-un tiers, pas moitié-moitié !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 3 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Nous devons agir, non seulement contre la fraude fiscale – la création de 800 emplois au cours des trois dernières années a permis de renforcer sa détection –, mais aussi contre la fraude sociale !

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Annie Vidal.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 3 bis
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Puisque l’examen de ce texte a été interrompu pendant quelques semaines, il me semble utile de rappeler à celles et ceux qui nous écoutent ce dont il est question. Il est question de lutter contre la fraude sociale et la fraude fiscale. Si cette dernière occupe une moindre place dans ce texte, c’est parce que celui-ci en complète deux autres, déjà votés : l’un sur la fraude fiscale et l’autre sur les fraudes aux aides publiques. Quand nous parlons de fraudes sociales, il n’est pas question de faire la chasse aux précaires,…

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Article 3 bis
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Dans ce cas, il faut retirer ce texte !

Photo de Mme Annie Vidal
Article 3 bis
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

…mais bien de lutter contre la fraude en bande organisée. Le phénomène existe, dans une ampleur importante, et vous le savez. Non, il n’est pas normal de laisser la fraude s’installer, sachant qu’on ne parle pas là d’erreurs – le droit à l’erreur a été consacré par cette même assemblée –, mais de fraude avérée, parfois commise en bande organisée. L’argent perçu indûment manque aux comptes sociaux et ne pourra pas être redistribué à ceux qui en ont réellement besoin. La lutte contre la fraude sociale est une nécessité. Elle n’a rien d’une chasse aux précaires !

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Article 3 bis
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

La messe est dite ! Comme vous devez bien dormir la nuit !

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jean-François Coulomme.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3 bis
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Ce texte illustre à merveille la dérive actuelle vers une justice de classe de plus en plus marquée. J’en veux pour preuve la loi dite Essoc, votée en 2018 par le clan macroniste. Elle a gentiment institué au bénéfice des entreprises et des contribuables un droit à la régularisation en cas d’erreur, que cette dernière soit due à une inexactitude, une omission ou une insuffisance dans la déclaration. Nous aurions tant aimé que vous fassiez preuve de la même mansuétude vis-à-vis des personnes qui vous ont été décrites par mon collègue Louis Boyard. Ces personnes, qui se sont trompées ou qui ont rencontré des problèmes d’accès au numérique, seront poursuivies avec la dernière rigueur pour quelques centaines d’euros trop perçus. Les entreprises et les contribuables, redevables de sommes bien plus grandes que celles qu’on reproche à ceux que vous voulez pourchasser, bénéficieront, eux, des mesures de la loi Essoc. Vous voyez bien qu’il aurait fallu l’abroger si vous aviez voulu lutter sincèrement contre la fraude à caractère social. (Applaudissement sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 3 bis
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

On a entendu que l’objectif de ce texte n’était pas de poursuivre les plus précaires. Comment expliquer, dans ce cas, qu’avec la complicité du ministre des solidarités, on puisse supprimer les droits de certaines personnes en se fondant sur de simples présomptions de fraudes ? En fait, ce texte tend précisément à faire croire que la fraude des plus précaires est plus importante que celle contre laquelle nous avons essayé de lutter grâce à la taxation des plus riches, que nous voulions inscrire dans le projet de loi de finances pour 2026, mais que vous avez refusée, et au renforcement des moyens de l’administration fiscale. Les ONG et les organisations syndicales estiment la fraude fiscale entre 80 et 120 milliards d’euros. Le gouvernement, lui, ne s’est pas donné les moyens de la mesurer.

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 675.

Amdt 675 Rejeté
II
Article 3 bis
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 49 Nombre de suffrages exprimés 49 Majorité absolue 25 Pour l’adoption 22 Contre 27

II
Article 3 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 675 n’est pas adopté.)

Amdt 675 Rejeté
II
Article 3 bis
Intervenant non identifié

(L’article 3 bis est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Comme nous reprenons l’examen de ce texte, il importe de se remettre en tête quelques chiffres. Sur les 14 milliards d’euros de fraude sociale dont vient de parler la ministre de la santé, on compte 8 milliards de fraude aux cotisations sociales. Cette fraude est commise par les employeurs. Ce que l’imaginaire collectif appelle fraude sociale – la fraude aux allocations familiales, par exemple – ne représente, en réalité, que 4 à 5 milliards d’euros. Ne me faites pas croire que ce texte permettra de recouvrer ces sommes : ce n’est pas vrai ! Le coût de la fraude fiscale, quant à lui, se situe entre 80 et 120 milliards d’euros. C’est bien beau de voter un certain nombre de textes dont l’effet sera toujours plus violent pour les précaires, mais à qui reviendra leur application ? Quand on regarde ce qu’a fait Macron au pouvoir – même quand il était au gouvernement, sous François Hollande ! –, on constate qu’il a diminué les moyens de la DGFIP, c’est-à-dire les moyens de la lutte contre la fraude fiscale. Vous voulez maintenant augmenter les moyens dédiés à la fraude sociale !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3 ter
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est moche !

Photo de M. Louis Boyard
Article 3 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Si vous le faites pour une raison budgétaire, pouvez-vous m’expliquer l’intérêt de remplacer un poste qui rapporte des milliards par un poste qui ne rapporte que quelques centaines d’euros ? Vous prétendez que le texte doit permettre de renflouer les caisses de l’État, mais ce n’est pas vrai ! Vous cherchez à récupérer 5 milliards d’euros seulement, ce qui n’est absolument rien à l’échelle du budget de l’État. Avec ce texte, vous cherchez à mener une bataille culturelle et à faire croire que les problèmes budgétaires du pays sont dus à de petites gens, qui ont trois fois rien, qui font parfois des erreurs ou qui, parfois volontairement, réussissent à prendre 50 euros de plus. L’évasion et la fraude fiscales, voilà le véritable problème. Elles coûtent « un pognon de dingue » à l’État, mais ne sont pas abordées dans ce texte. Pour cette raison, nous défendons tous nos amendements et en profitons pour vous dire que vous êtes en train de faire n’importe quoi. Nous aborderons bientôt une série d’amendements relatifs aux fuites de données. Elles coûtent chaque année des milliards à la population, mais vous voulez éviter d’en parler ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Christine Arrighi applaudit également.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 3 ter
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est vraiment une loi honteuse !

Photo de Mme la présidente
Article 3 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 3 ter
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Oui, le déséquilibre entre le traitement de la fraude fiscale et celui de la fraude sociale est manifeste dans ce texte. Au sujet du traitement de la fraude fiscale, j’entends certains partisans du gouvernement se féliciter des politiques menées, mais à ce sujet, je vous rappelle qu’en décembre, la Cour des comptes a publié un rapport très critique sur l’action du gouvernement et ses résultats. Elle y signalait que les recettes peinaient à retrouver leur niveau de 2010, ce qui signifie que le succès n’est toujours pas au rendez-vous, dix-sept ans plus tard. La Cour des comptes relevait également qu’on ne sanctionnait ni plus fréquemment ni plus durement la fraude fiscale qu’il y a dix ans. Vos lois ont été votées ; elles n’ont produit aucun effet. Des propositions ont été faites pour qu’elles soient plus efficaces, mais vous ne les avez pas entendues, et le résultat est là. Oui, ce texte est déséquilibré. Il soumettra à une suspicion permanente un grand nombre de personnes, les allocataires, les bénéficiaires des aides sociales, et cela alors même que les données courent de grands risques de fuite et que la cybersécurité connaît d’importantes dérives. Je m’étonne d’ailleurs que le parcours du projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité soit au point mort depuis son examen tout à fait intéressant et constructif par la commission spéciale en septembre. Alors même qu’il est attendu depuis des mois, son examen n’a pas repris ! Consolidons d’abord notre stratégie en matière de cybersécurité avant de harceler les plus pauvres et ceux qui sont le plus en difficulté. (Mme Christine Arrighi applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Article 3 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur pour avis.

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 3 ter
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Après ces prises de parole, et avant que nous votions, j’aimerais rappeler l’importance de l’article 3 ter. En l’état, les plateformes de services sur crypto-actifs ont l’obligation de déclarer leurs clients et leurs transactions à l’administration fiscale, et ce pour lutter contre la fraude. Afin d’éviter les doubles déclarations, une exemption est prévue dans le cas où la plateforme déclare déjà ces informations dans un autre pays. Les règles relatives à cette exemption n’étant pas assez claires, certaines plateformes ont pu en abuser : elles déclaraient ces informations dans un pays sans y être vraiment domicilié – par exemple Malte ou un pays disposant d’obligations moins strictes que la France. L’article introduit de la clarté en précisant que l’exemption s’applique seulement aux plateformes véritablement domiciliées dans un pays disposant d’obligations d’un niveau équivalent à celles en vigueur en France. Quand ce n’est pas le cas, la déclaration à l’administration française reste obligatoire. Il me semble donc important d’adopter cet article.

II
Article 3 ter
Intervenant non identifié

(L’article 3 ter est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 806 de M. François-Xavier Ceccoli n’est pas défendu ; en conséquence, les nombreux sous-amendements dont il faisait l’objet tombent. La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 283.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je regrette que l’amendement de M. Ceccoli, qui visait à renforcer la fiabilisation des cartes Vitale, n’ait pas été défendu. Les sous-amendements que j’avais déposés auraient sûrement donné lieu à un débat intéressant. L’article 4 illustre exactement mon propos. Il tend à donner aux caisses de sécurité sociale, en cas de fraude constatée, la possibilité de regrouper leurs plaintes afin de faciliter leur dépôt. Les alinéas 2 et 3 de l’article disposent quant à eux que les organismes de sécurité sociale doivent mettre en place des plans de lutte contre la fraude. Vous me permettrez de noter que nous faisons face à un mur, puisque les députés sont presque tous absents et que personne ne prend la parole pour défendre un texte prétendument très important. Les conditions de ce débat sont donc tout aussi indignes que ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 4
M. Daniel Labaronne Daniel Labaronne EPR

Vous n’allez pas recommencer !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Comme nous vous l’expliquons depuis le début des débats, ce texte n’est pas qu’un simple texte budgétaire. J’aimerais donc que le gouvernement nous dise s’il pense que si, parce que dans ce cas, on ne peut pas amputer l’Assemblée de deux semaines de débats pour un texte qui ne vise qu’à recouvrer quelques centaines de millions d’euros de fraude sociale. Les concitoyens qui nous écoutent penseront que cette somme est énorme – dans l’absolu, ils ont raison –, mais elle n’est rien comparée aux dizaines de milliards de fraude fiscale. Nous nous trompons de débat ! C’est ce que nous essayons de vous expliquer ! Tout ce que vous nous concédez dans la petite partie du texte consacrée à la fraude fiscale ne sont que des vœux pieux, puisque les moyens pour lutter contre la fraude fiscale sont en baisse, alors même que vous avez augmenté ceux consacrés à la lutte contre la fraude sociale. Vous pensez sûrement que je me répète, mais c’est parce que nous aimerions avoir une réponse ! Nous vous appelons donc à supprimer ces alinéas, parce qu’ils illustrent la logique au cœur du texte : alourdir le travail d’agents déjà surchargés sans que cela n’entraîne de bénéfices budgétaires. Ce texte est une nouvelle application de votre violente justice de classe : laisser les riches tranquilles, taper sur les pauvres. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Patrick Hetzel, rapporteur de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4
M. Patrick Hetzel rapporteur de la commission des affaires sociales DR

Vous souhaitez supprimer la mise en place, pour les organismes de sécurité sociale, de programmes de contrôle et de lutte contre la fraude adossés aux plans de contrôle interne. Pour mémoire, ces programmes ne sont pas introduits par ce projet de loi, mais l’ont été par le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, qui avait pour ambition de renforcer le contrôle interne par une démarche de maîtrise unifiée des risques. Alors que nous cherchons précisément à lutter contre la fraude sociale, il me semblerait malvenu de supprimer ces programmes de contrôle interne. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4
Mme Stéphanie Rist ministre

Vous voulez supprimer l’obligation imposée aux directeurs de caisses de faire des plans de lutte contre la fraude. J’y suis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 4
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Nous n’étions qu’une poignée de députés avant la suspension de nos travaux ; à la reprise de l’examen de ce texte, que nous combattons, nous sommes de nouveau une poignée. Cela témoigne du grand intérêt qu’il suscite pour le gouvernement et les forces qui le soutiennent. Madame la ministre, vous avez affirmé que la fraude sociale serait le fait pour moitié des entreprises et pour moitié des particuliers. En réalité, c’est deux tiers-un tiers. Et pour ce qui concerne les particuliers, vous savez bien que 34 % des personnes qui auraient droit au RSA n’en font pas la demande. Le taux de non-recours monte même à 50 % pour le minimum vieillesse. Le peu de fraude qui demeure, qu’il faut bien sûr combattre, est le fait de groupes qui s’organisent pour percevoir plusieurs fois le RSA. Contrairement à ce que vous laissez entendre, la fraude sociale n’est donc pas le fait d’individus.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jean-François Coulomme.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 4
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Il est remarquable, comme vient de le souligner Mme Arrighi, de voir les rangs de l’hémicycle aussi dégarnis. De plus, nous avons compté deux fois plus de députés de droite et d’extrême droite – une douzaine – que de députés macronistes. Cela aidera celles et ceux qui s’intéressent à la manière dont on pourchasse les pauvres en France à comprendre l’examen de ce texte. Quand on va sur le site casier-politique.fr, on constate une corrélation avec le nombre de personnalités politiques par groupe parlementaire condamnées pour détournement de fonds publics ou abus de biens sociaux.

Photo de M. Éric Bothorel
Article 4
M. Éric Bothorel Éric Bothorel EPR

Elle est où, Chikirou ?

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 4
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

On comprend alors que vous défendez une classe qui pense pouvoir s’absoudre de tous les détournements possibles et que vous proposez une loi spécialement faite pour la protéger.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 4
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

On ne peut pas dire ça !

Photo de M. Éric Bothorel
Article 4
M. Éric Bothorel Éric Bothorel EPR

Et Chikirou ?

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 4
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Vous essayez de punir une grande majorité de Français, alors qu’ils n’y sont pour rien. La plupart, souvent de pauvres gens, ont, par illectronisme, cliqué sur la mauvaise case et ont touché pendant quelques mois quelques centaines d’euros. La caisse d’allocations familiales (CAF), par exemple, leur demande alors de régulariser la situation en remboursant des sommes qui, à l’échelle de ces ménages, sont devenues considérables au point de mettre à mal leur équilibre budgétaire. C’est honteux ! J’invite celles et ceux qui nous écoutent à aller sur casier-politique.fr. Ils comprendront alors ce qui motive ces gens-là à infliger au reste de la population cette loi indigente ! (M. René Pilato applaudit.)

Photo de Mme Annie Vidal
Article 4
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

De tels propos sont inacceptables !

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 4
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Nos collègues d’extrême gauche essaient de faire croire que nous voudrions taper sur les honnêtes gens, mais c’est le contraire. La fraude sociale représente environ 13 milliards d’euros, dont on recouvre à peine 3 milliards. Pourquoi ? Parce que la plus grande part de la fraude n’est pas le fait, comme vous essayez de le faire croire, d’honnêtes citoyens qui se seraient trompés – le droit à l’erreur ayant été consacré par l’Assemblée –, mais d’une fraude organisée…

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Au Parlement européen, par exemple ?

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 4
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

…et de mécanismes pour accaparer l’argent dont ont réellement besoin les honnêtes citoyens français pour survivre.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 4
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Rendez l’argent !

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 4
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

En réalité, vous êtes les fossoyeurs des vrais Français qui ont besoin de cet argent.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Rendez l’argent !

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 4
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Une fois de plus, vous favorisez les délinquants et les criminels, comme vous l’aviez fait lors de l’examen du projet de loi de lutte contre le narcotrafic. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Christophe Bex
Article 4
M. Christophe Bex Christophe Bex LFI-NFP

Arrêtez !

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 4
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Au RN, vous vous y connaissez en fraude organisée !

II
Article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 283 n’est pas adopté.)

Amdt 283 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian, pour soutenir l’amendement no 1012, qui fait l’objet du sous-amendement no 1087.

Amdt 1012 Rejeté
Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 4
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Plusieurs mesures tendent à étendre massivement l’accès à des données sociales sensibles en permettant à de nombreuses institutions de consulter certains fichiers sociaux sans poser de garde-fous suffisants. Le risque de fichage et de surveillance ciblée des allocataires du RSA s’en trouve ainsi renforcé. Ce texte pousse encore plus loin une logique dangereuse : la pauvreté devient un motif de suspicion automatique. C’est un élargissement sans précédent du pouvoir de surveillance de l’État social, qui touche en premier lieu les allocataires du RSA. Pourtant, des données officielles indiquent que la fraude détectée au RSA représente moins de 0,3 % du budget total, selon la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) en 2021. Toujours selon la Cnaf, parmi les anomalies, plus de 90 % des indus découlent d’erreurs.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 4
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Ce n’est donc pas de la fraude !

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 4
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Monsieur Dessigny, ne s’agit-il pas là d’honnêtes gens ? De plus, je n’ai pas très bien compris qui sont les vrais Français dont vous avez parlé. Les bénéficiaires du RSA ne sont pas des suspects de droit commun. L’amendement vise à imposer un garde-fou démocratique indispensable pour que les plus précaires ne deviennent pas des suspects permanents et pour que l’utilisation d’algorithmes et d’IA par tout organisme chargé d’une mission de service public soit strictement encadrée et rendue transparente.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir le sous-amendement no 1087.

Amdt 1087 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Le député macroniste qui vient de s’exprimer…

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 4
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Je ne suis pas macroniste !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Pardon, vous êtes du RN ; les deux se ressemblent. Vous avez dit que les honnêtes gens ne fraudaient pas. Sachez que le président du département du Finistère comparaîtra bientôt devant un tribunal parce que les contrôles exercés par le conseil général et visant à détecter la fraude ont tourné au harcèlement moral. Des bénéficiaires du RSA sont harcelés par des agents parce qu’ils ont fait un virement de dix euros à leurs enfants !

Photo de Mme Annie Vidal
Article 4
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Ce n’est pas vrai !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Si, si ! Ils comparaîtront devant le tribunal pour harcèlement moral. Cette loi s’y apparente d’ailleurs à tel point, puisque vous continuez de voter tout et n’importe quoi, que cela pourrait aussi vous arriver ! Ce que vous votez a des conséquences concrètes pour les gens ! J’aimerais que l’on me dise ce que cette loi rapportera réellement à l’État. Quelle somme justifie que l’on débatte pendant deux semaines ? Combien cette loi rapportera-t-elle ? Personne n’est capable de le dire ! Je peux cependant vous dire que le montant de fraude que vous visez avec ce texte représente à peine 0,005 % du budget de l’État. Arrêtez de dire que cela changera la vie des gens, puisque ce texte vous rapportera des cacahuètes. Nous avons beaucoup mieux à faire, comme nous intéresser au prix de l’essence. En ce qui concerne les traitements algorithmiques, ce texte provoquera une fuite massive de données. Pas une semaine ne passe sans fuite massive de données de l’État ! Vous comptez transférer plein de données de nombreux services, et certaines seront traitées par l’intelligence artificielle. L’amendement et le sous-amendement prévoient une publication annuelle indiquant comment ces données sont utilisées. Personne ne sait comment cela fonctionne ! C’est normal, nous ne sommes pas des professionnels en la matière. Si nous n’allons pas chercher ces informations, nous ne pourrons pas légiférer pour réparer les bêtises qu’occasionneront les fuites de données provoquées par votre texte.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur les amendements no 363 et identique, sur le no 286 ainsi que sur le no 40 et identique, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission sur l’amendement et le sous-amendement en discussion ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

J’émets un avis défavorable sur le sous-amendement, qui concerne la demande de publication annuelle relative aux traitements automatisés. Par l’amendement no 1012, vous souhaitez que ces traitements ne puissent intervenir en amont. C’est un débat important dans la mesure où, si l’on veut renforcer la capacité de détection de la fraude, on doit se référer à des signaux faibles qui peuvent être obtenus par le croisement utile de données. Il serait problématique de se priver de cette possibilité. Monsieur Boyard, vous avez indiqué à plusieurs reprises que la fraude sociale serait celle des pauvres. Je vous invite à lire des rapports publiés sur le sujet. Il y a six ans, la commission d’enquête que je présidais le montrait déjà : la fraude organisée progresse de manière exponentielle et devient l’un des problèmes cruciaux. Il faut pouvoir lutter efficacement contre cet aspect de la fraude sociale que vous semblez souvent négliger. Permettez-moi aussi de revenir sur l’idée que, d’après vous, nous faisons beaucoup contre la fraude sociale, mais rien contre la fraude fiscale.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 4
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est vrai !

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 4
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

C’est la dure réalité !

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Vous savez pertinemment que c’est faux. Vous avancez des chiffres sur les sommes que l’on pourrait récupérer, mais ce qui est en jeu, c’est la justice sociale, sur laquelle est fondé notre modèle social.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 4
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Bien sûr !

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Ces fraudes massives en bande organisée déséquilibrent notre modèle, mais on ne vous entend jamais sur ce point essentiel. Votre argumentation est à géométrie variable.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 4
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

La fraude en bande organisée, ça vous connaît chez LR !

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4
Mme Stéphanie Rist ministre

Je comprends le débat et la recherche d’équité qui motive cet amendement. Cependant, les contrôles sont indispensables pour garantir l’application du droit. Ils permettent de détecter les indus, parfois les trop-perçus, pour un montant de 1,3 milliard d’euros en 2025. Les traitements automatisés de données permettent aux organismes sociaux de les détecter plus vite et mieux. La Cnaf a beaucoup travaillé, notamment pour déployer en janvier 2026 un nouveau modèle de data mining, afin de tenir compte des effets de la réforme de la solidarité à la source. Cette nouvelle version, élaborée suivant une approche dite éthique dès la conception, vise à renforcer la maîtrise, l’équité, la transparence de l’usage des données des algorithmes. Cela passe par trois actions préalables : identifier les risques éthiques, définir les moyens pour les atténuer et garantir la protection des droits des personnes. Cette démarche s’est appuyée, en 2025, sur l’adoption d’une charte encadrant le développement de l’usage des algorithmes et sur la création d’un comité d’éthique. Dans la continuité de ce travail de transparence, la Cnaf a choisi de rendre public le code source de l’algorithme afin de permettre aux parties prenantes de mieux comprendre la logique de l’outil. Avec ces algorithmes, la Cnaf est engagée en faveur de la transparence que vous réclamez, mais les contrôles sont nécessaires. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je vais prendre un orateur pour, un orateur contre. La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je profite de cette intervention pour signaler qu’en commission, chaque groupe peut prendre la parole. Or il y a autant de députés dans l’hémicycle qu’il n’y en aurait en commission pour débattre de ce texte – pourtant extrêmement important aux yeux du gouvernement. Je pense donc que chaque député pourrait prendre la parole, d’autant que la majorité ne défend même pas…

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je vous remercie, mais c’est moi qui assure la présidence.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Tout à fait. M. le président de la commission des affaires sociales n’est malheureusement pas là, mais je suis certain qu’il m’aurait soutenu.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4
Mme Stéphanie Rist ministre

Ce n’est pas la défense de l’amendement !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

J’aimerais poser plusieurs questions à M. le rapporteur. Vous parliez d’inexactitudes, mais je vous en prie, éclairez-moi en répondant précisément à ces questions. La première concerne la fraude sociale en bande organisée, et non les 8 milliards de fraude des employeurs, contre laquelle nous sommes prêts à voter tous les amendements et proposons même d’aller plus loin. Combien cette fraude sociale en bande organisée coûte-t-elle à l’État ? Donnez-nous un chiffre précis. Ensuite, combien va rapporter ce texte ? Ma deuxième question concerne la baisse des moyens qui permettent à la DGFIP de lutter contre la fraude fiscale, alors que ceux consacrés à la lutte contre la fraude sociale – qui rapporte moins – augmentent. Nous vous l’avons dit dix fois, mais vous n’avez rien répondu. Pourriez-vous le faire ? Combien ce texte rapportera-t-il sur le plan de la lutte contre la fraude fiscale d’une part, contre la fraude sociale d’autre part ? Enfin, combien coûteront à l’État les fuites de données occasionnées par ce texte ? Nous n’arrêtons pas de poser des questions parce que nous cherchons à bien faire, mais vous n’y répondez jamais. Ce n’est donc pas à nous qu’il faut reprocher des inexactitudes.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4
Mme Stéphanie Rist ministre

J’ai répondu très précisément à l’amendement.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Si vous êtes capable de répondre à ces questions, nous pourrons suivre le débat. Sinon, vous aurez démontré que c’est vous qui êtes inexact et que ce n’est pas un texte budgétaire, mais idéologique, qui vise à remplir l’agenda de l’Assemblée nationale en attendant qu’un président de la République délégitimé, dont personne ne veut – pas plus que son gouvernement – finisse son règne et qu’une élection présidentielle permette enfin de voter des lois utiles aux Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 4
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Madame la ministre, monsieur le ministre, vous nous avez dit, avant la suspension de nos travaux, que toutes les données utilisées seraient sécurisées. Vous n’aviez peut-être pas, à ce moment-là, les éléments permettant de nous répondre de manière précise. Pouvez-vous nous confirmer que les données saisies pour traiter ces fraudes seront bien sécurisées et qu’il n’y aura pas de fuite comme on a pu en connaître dans de très importants dossiers de l’État comme celui de la détention d’armes à feu dans le cadre du tir sportif ?

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 4
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

C’est un orateur pour ou un orateur contre ?

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Monsieur Boyard, la fraude en bande organisée concerne l’ensemble des situations, qu’elles impliquent des professionnels ou résultent d’usurpations d’identités.

Photo de M. René Pilato
Article 4
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Combien ? Un chiffre avec le mot « euros » derrière !

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Nous avons estimé, en 2020, qu’elle devait représenter au minimum entre 5 et 10 % des 13 milliards que coûte la fraude sociale. L’objectif est de lutter efficacement contre cette fraude et de ne plus perdre ces 13 milliards. La réponse est donc très précise.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 4
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est moins pour l’argent que pour la morale, alors !

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix le sous-amendement no 1087.

Amdt 1087 Rejeté
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 49 Nombre de suffrages exprimés 48 Majorité absolue 25 Pour l’adoption 21 Contre 27

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1087 n’est pas adopté.)

Amdt 1087 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 1012.

Amdt 1012 Rejeté
II
Article 4
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 50 Nombre de suffrages exprimés 50 Majorité absolue 26 Pour l’adoption 23 Contre 27

II
Article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1012 n’est pas adopté.)

Amdt 1012 Rejeté
Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 4
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Heureusement que vous avez vos supplétifs, les députés du RN !

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Christine Arrighi
Rappel au règlement
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Sur le fondement de l’article 57, je souhaite obtenir une précision pour la bonne compréhension de nos débats. Vous disiez, madame la présidente, que vous donneriez la parole à un orateur pour, un orateur contre. Nous étions deux pour et soi-disant un contre. Finalement, je me suis rendu compte que s’étaient exprimés un orateur pour et un autre dont les questions ne permettaient pas de savoir s’il était pour ou contre…

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Le résultat du vote a démontré qu’il était contre.

Photo de Mme Christine Arrighi
Rappel au règlement
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Oui, le vote a permis de le révéler, mais vous ne pouviez pas le savoir quand la question a été posée. Si la règle est « un pour, un contre », encore faut-il être sûr qu’un des orateurs est vraiment pour – là, il n’y avait pas de doute – et l’autre, vraiment contre.

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Il n’y avait pas vraiment non plus de doute sur le contre, et le vote l’a démontré.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 363 et 967. La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 363.

Amdt 363 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je suis content de voir que nous avançons : M. le rapporteur vient enfin de nous donner un chiffre, 5 à 10 % de 13 milliards, soit au moins 650 millions d’euros. Vous ne parviendrez pas à recouvrer la totalité de cette somme, donc je vais supposer – en étant généreux – que vous récupérerez 400 millions. Cette somme équivaut au cadeau fait à Vincent Bolloré dans le cadre d’un règlement d’ensemble lorsque ce dernier avait tenté de frauder le fisc. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Vous le voyez : si nous agissons contre la fraude fiscale, nous sommes capables d’être plus efficaces. J’ai pris l’exemple d’une seule personne qui rapporte autant que tout ce que vous cherchez à recouvrer avec ce texte en tapant sur les précaires. Ensuite, vous n’avez pas répondu à toutes mes questions. Sur les 650 millions, combien proviennent de fraudes aux cotisations sociales d’employeurs ? Ce n’est pas tout à fait pareil ! L’autre question à laquelle vous n’avez pas répondu concerne la baisse des moyens consacrés à la lutte contre la fraude fiscale. Que fait le projet de loi à cet égard ? Enfin, personne ici n’est capable de dire combien va rapporter ce texte. L’orateur du Rassemblement national demandait si les données seraient sécurisées. Nous souhaitons tous qu’elles le soient. Pourtant, toutes les semaines, des fuites de données ont lieu dans tous les ministères. Grâce à ces fuites et avec l’intelligence artificielle, il me suffirait d’aller sur un site pour récupérer votre nom, votre prénom, votre numéro de sécurité sociale, votre adresse, votre adresse e-mail. Ensuite, en les recoupant, je disposerais de toutes les informations me permettant d’usurper votre identité. Vous augmenterez donc l’occurrence de ce contre quoi votre texte vise à lutter. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il rapporte trois fois rien, il n’agit pas contre la fraude fiscale, il provoque une fuite massive de données et fait perdre deux semaines de débats à l’Assemblée nationale. Pendant ce temps, les Françaises et les Français que l’on rencontre sur les marchés nous demandent : quand aura-t-on un débat sur les prix de l’essence dans cette assemblée ? Le peuple veut que nous débattions de cela, mais vous êtes obnubilés par votre petite panique bourgeoise ! Une personne qui touche le RSA a perçu 50 euros de plus ? Alors, allons la fliquer, la fliquer, la fliquer et lui retirer toutes ses aides s’il le faut ! Voilà pourquoi nous nous opposons à ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian, pour soutenir l’amendement no 967.

Amdt 967 Rejeté
Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 4 (suite)
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Nous demandons que les contrôles ne puissent pas être faits sur la base de probabilités, mais qu’ils le soient de manière aléatoire. C’est extrêmement important, parce que si vous avez la malchance d’avoir un profil statistiquement proche de celui des gens qui fraudent, vous subirez un contrôle très intrusif. Depuis 2010, la Cnaf utilise un algorithme discriminatoire ciblant les personnes les plus vulnérables pour orienter ses contrôles, parce qu’il repose sur les probabilités. Avoir un enfant à charge de 19 ans ou plus, changer de loyer plusieurs fois en un an, bénéficier de l’allocation aux adultes handicapés, être une mère isolée, constituent des critères de suspicion. Ce sont des biais discriminatoires très graves qui provoquent des contrôles intrusifs. Imaginez une maman solo ayant déjà du mal à gérer le quotidien, du fait de la charge mentale liée notamment aux enfants, qui repose uniquement sur ses épaules, et qui devrait en plus subir cette suspicion ! On ne peut pas s’en prendre aux honnêtes gens sur la seule foi d’une probabilité, au seul motif que des fraudeurs avaient un profil similaire. C’est pourquoi nous proposons que les enquêtes soient diligentées de façon aléatoire. Cessons de toujours taper sur les mêmes. Si vous saviez le nombre de témoignages que j’ai reçus au sujet de ces contrôles absolument invivables ! Les personnes concernées, à qui l’on demande l’intégralité de leurs relevés de compte, ont le sentiment d’être dépouillées de leur vie entière. Et pour quelle raison ? Simplement parce que, statistiquement, il y aurait une chance – peut-être ! – qu’elles aient commis une fraude ; davantage de chances, en tout cas, qu’un autre assuré disposant de plus de moyens – évidemment, puisque ce dernier ne touche pas d’allocations ! Nous sommes face à une situation profondément discriminatoire. C’est pourquoi nous préconisons une conduite aléatoire des contrôles.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Vous souhaitez que l’action de contrôle soit strictement aléatoire, ce qui reviendrait à la déconnecter des réalités de la fraude – qui, à bien y regarder, n’est ni uniformément répartie ni indépendante des situations sociales personnelles. Au reste, un contrôle qui serait purement aléatoire impliquerait de nombreux contrôles inutiles, donc davantage de ces sollicitations injustifiées que vous évoquiez. Tous ceux qui ont travaillé sur cette question ont montré que la dilution des moyens de contrôle aurait pour conséquence une perte d’efficacité, qui rendrait les recouvrements d’autant plus difficiles. Enfin, n’ignorons pas la traçabilité des décisions, ni l’intervention humaine systématique, ni les contrôles auxquels procède la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Pour toutes ces raisons, j’émettrai un avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

J’ai bien lu le courrier adressé à la Cnil, monsieur le rapporteur, ainsi que sa réponse : elle ne se positionne pas au sujet de la fuite des données. Vous ne pouvez donc pas vous abriter derrière elle et nous garantir que les données sont protégées. Je peux vous transmettre ce courrier, si vous le souhaitez, vous pourrez vérifier mes propos. Madame la ministre, vous avez évoqué la charte d’éthique de la Cnaf. En la recherchant sur internet, je suis tombé sur un article d’Amnesty International daté de 2024 : « France : l’algorithme de la Caisse nationale des allocations familiales cible les plus précaires ». L’algorithme de la Cnaf a fait l’objet d’un recours en justice parce qu’il cible les personnes disposant de faibles revenus, celles qui sont au chômage, celles qui habitent dans un quartier défavorisé – bel euphémisme – ou qui perçoivent l’allocation aux adultes handicapés. Vous me répondrez sans doute que ce recours date de 2024 et qu’entre-temps la Cnaf s’est dotée d’une charte d’éthique et d’une nouvelle version de son algorithme. Vous serez donc heureuse d’apprendre qu’en 2026, cette affaire n’est pas close et que l’algorithme de la Cnaf est toujours contesté : dix nouvelles organisations se sont jointes au recours devant le Conseil d’État ! Dans une étude interne, la Cnaf a elle-même reconnu que son algorithme avait des effets discriminatoires. C’est pourquoi nous demandons des contrôles aléatoires. Ensuite, monsieur le rapporteur, vous ne ciblez pas 5 à 10 % du montant total de la fraude sociale – je suis content de disposer enfin du chiffre, il prouve combien l’objectif du présent texte est dérisoire et ne justifie pas qu’on lui consacre deux semaines de débat au moment où les Français voudraient que nous discutions de leur priorité, à savoir le prix de l’essence. Ces algorithmes démontrent que vous n’avez pas pour objectif de traquer la fraude en bande organisée, mais bien de cibler les plus précaires – je vous ai donné la liste des associations sérieuses qui défendent ce point de vue. Que devrions-nous faire ? Détourner le regard, refuser le débat, prétendre qu’il n’y a pas de problème ? Les députés du bloc central pourraient alors continuer à jouer les Playmobil, à lever la main quand on leur demande, et ceux du Rassemblement national à porter la parole de la Macronie (Protestations sur quelques bancs des groupes RN et EPR)…

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 4 (suite)
M. Jean-Luc Fugit Jean-Luc Fugit EPR

Oh, ça va !

Photo de Mme Claire Marais-Beuil
Article 4 (suite)
Mme Claire Marais-Beuil Claire Marais-Beuil RN

Vous êtes insupportable, monsieur Boyard !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 4 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Et vous, vous continuerez à voter Macron !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Les Français ne manqueront pas de s’interroger : à quoi servent ces députés ? Leur débat est complètement déconnecté de la réalité ! Peut-être certains de nos concitoyens subiront-ils ensuite les effets de cette loi, des contrôles qui tournent au harcèlement moral, comme dans le Finistère. Votez cet amendement, vous corrigerez un peu les choses.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 4 (suite)
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Contrairement à ce qui vient d’être dit par nos collègues d’extrême gauche, les algorithmes permettant de détecter les fraudes sociales s’appuient sur des situations similaires, afin d’éviter qu’elles se reproduisent. Le fond de la question n’est pas tant de savoir s’il faut utiliser un algorithme et s’il faut l’utiliser de manière aléatoire – quand bien même la méthode aléatoire ferait perdre beaucoup de temps, non seulement aux personnels de la Cnaf, obligés de faire avec les moyens mis à leur disposition, mais aussi aux personnes contrôlées elles-mêmes, puisqu’en l’absence de ciblage, tout le monde sera visé…

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 4 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Assumez votre racisme !

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 4 (suite)
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Non, la vraie question est celle des moyens. On sait que les effectifs de contrôleurs de la Cnaf ont été considérablement réduits. Madame la ministre, monsieur le ministre, prévoyez-vous des moyens humains suffisants pour lutter réellement contre la fraude et récupérer les milliards d’euros perdus chaque année ? (Mme Christine Arrighi s’exclame.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 363 et 967.

Amdt 363 Rejeté Amdt 967 Rejeté
II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 52 Nombre de suffrages exprimés 50 Majorité absolue 26 Pour l’adoption 19 Contre 31

II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 363 et 967 ne sont pas adoptés.)

Amdt 363 Rejeté Amdt 967 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 286.

Amdt 286 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Il s’agit d’un amendement de précision. J’ai bien conscience que nos propositions sont parfois un peu trop rouges à vos yeux, mais celle-ci est acceptable ; franchement, vous pouvez la voter. Nous proposons de relever le montant de la fraude au-delà duquel une plainte est obligatoirement déposée. Vous me direz que l’amendement pourrait être satisfait, puisque ce seuil sera fixé par voie réglementaire. Sauf que le gouvernement aura la main sur ce montant. Il pourra très bien le fixer à 1 euro, par exemple. Je sais que le gouvernement est plutôt favorable à un seuil équivalent à huit fois le plafond mensuel de la sécurité sociale, mais imaginons par exemple que des gens comme le collègue Dessigny – qui raconte n’importe quoi la moitié du temps sur ce sujet – arrivent au pouvoir : qu’en sera-t-il alors ? (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) Par cet amendement, nous proposons de fixer ce seuil dans la loi. Il s’agit simplement de protéger les libertés publiques. À ce sujet, je reviens sur les algorithmes…

MF
Article 4 (suite)
M. Jean-Pierre Farandou ministre du travail et des solidarités

Ce n’est pas le sujet de l’amendement !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Le collègue du Rassemblement national soutient que ces algorithmes ne cibleraient pas les plus précaires. Pour se faire une idée, il suffit pourtant de reprendre les critères de tri qu’ils intègrent et que j’ai déjà cités : avoir un faible revenu, vivre dans un quartier défavorisé, être au chômage ou toucher l’allocation aux adultes handicapés. Imaginez à présent que je mette en place un algorithme dont les critères seraient : avoir été condamné pour racisme ou antisémitisme ; avoir détourné des fonds ; voter 90 % des textes de la Macronie. Il ciblerait 100 % des députés du Rassemblement national ! (Sourires et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Voilà comment on infère de ses paramètres le public ciblé par un algorithme. Voilà précisément ce que l’on reproche à ce texte : il ne vise pas à lutter contre la fraude en bande organisée, mais bien à accentuer les contrôles effectués auprès de certaines personnes. Enfin, je n’ai toujours pas obtenu de réponse au sujet du président du département du Finistère, cité à comparaître après que des agents de son département – que je remercie pour leur travail, d’autant qu’ils sont souvent les premiers à dénoncer ces contrôles – ont exercé des pressions sur des personnes précaires, allocataires du RSA, qui avaient fait des virements de 10 euros à leurs enfants ! Quel crime ! Voilà l’esprit de ce texte, c’est pourquoi je vous appelle à voter mon amendement ; il est consensuel, même si mon intervention ne l’était pas – je reconnais qu’à force de constater que vous ne voulez rien entendre, on a parfois du mal à se tenir ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Certaines choses relèvent du domaine réglementaire. C’est le cas de ce plafond, qui doit être fixé par décret ; l’inscrire dans la loi n’aurait vraiment pas de sens. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 4 (suite)
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Nous sommes résolument opposés aux outils de scoring et autres algorithmes qui ciblent de potentiels fraudeurs sur la base de probabilités. On ne peut pas dire à quelqu’un qui ressemble à une personne ayant volé une pomme qu’il a peut-être lui aussi volé une pomme et qu’il doit donc être contrôlé à ce titre. Les choses ne doivent pas se passer ainsi.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Ce n’est pas le sujet de l’amendement !

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 4 (suite)
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Je le sais très bien, madame la ministre, mais je suis obligée de l’évoquer maintenant du fait de l’organisation des temps de parole. Nous sommes en train d’entériner des politiques profondément discriminatoires.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Annie Vidal.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 4 (suite)
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Je précise que lors des auditions de la commission d’enquête visant à lever les incertitudes budgétaires en matière de sécurité sociale, la question de la détection de la fraude a été abordée avec l’ensemble des personnes auditionnées. La méthode utilisée est une méthode européenne reconnue, fondée sur des écarts statistiques significatifs, lesquels déclenchent des contrôles aléatoires. Vous lui reprochez de cibler des personnes en particulier. Mais dès lors que la fraude concerne certaines prestations, il est logique que les personnes qui en bénéficient soient ciblées ! Il ne s’agit cependant pas de sanctionner une erreur de déclaration de 10 ou 20 euros. Je vous renvoie à la lecture des nombreux comptes rendus d’audition de la commission d’enquête, vous y trouverez des explications techniques très précises à ce sujet.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Collègues du RN, vous soutenez une méthode européenne ! (Sourires.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 286.

Amdt 286 Rejeté
II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 55 Nombre de suffrages exprimés 55 Majorité absolue 28 Pour l’adoption 22 Contre 33

II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 286 n’est pas adopté.)

Amdt 286 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 285.

Amdt 285 Rejeté
Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Je déplore de nouveau que nous soyons si peu nombreux dans cet hémicycle. Avant la pause des municipales, quand nous avons commencé l’examen de ce texte, il était quasiment vide ; il est à peine plus rempli aujourd’hui, et en tout cas trop peu pour un débat prétendument important. C’est assez pathétique.

Photo de M. Éric Bothorel
Article 4 (suite)
M. Éric Bothorel Éric Bothorel EPR

Elle est où, Chikirou ?

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 4 (suite)
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Elle te manque ?

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je vous remercie d’écouter l’oratrice et de ne pas vous invectiver !

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Je déplore également l’absence d’argumentation de Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Vous n’étiez pas là quand j’ai répondu !

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Déjà jeudi dernier, j’ai quitté l’hémicycle à la nuit tombée après l’examen, à la vitesse de l’éclair, d’une proposition de loi importante visant à interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux enfants…

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Ce n’est pas le sujet de l’amendement !

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Nous n’avons alors eu aucun débat et Mme la ministre n’a aucunement défendu sa position, ce que j’ai trouvé lamentable – je l’ai dit jeudi dernier et je le répète aujourd’hui, puisque Mme la ministre se contente à nouveau de dire « favorable » ou « défavorable », sans argumenter ni répondre aux questions posées.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Tout à fait !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Il fallait écouter !

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Contrairement à ce que Mme Vidal vient de soutenir, les algorithmes de la Cnaf ont été dénoncés par de nombreuses associations en raison de leurs biais, qui sont avérés. Qu’ils soient utilisés par l’Europe ne nous rassure absolument pas, bien au contraire !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Ah non, pas du tout !

Photo de Mme Annie Vidal
Article 4 (suite)
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

J’ai dit qu’ils étaient « validés » par l’Europe.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Si leurs biais les conduisent à cibler les personnes précaires, il convient de les réviser non seulement en France, mais aussi à l’échelon européen. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 285, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 285 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie des amendements identiques nos 40 et 364. La parole est à Mme Céline Hervieu, pour soutenir le no 40 .

Photo de Mme Céline Hervieu
Article 4 (suite)
Mme Céline Hervieu Céline Hervieu SOC

Cet amendement de ma collègue Sandrine Runel et du groupe Socialistes et apparentés vise à supprimer l’obligation, pour les organismes de sécurité sociale, de transmettre à l’employeur les informations concernant des fraudes aux indemnités journalières versées en cas d’arrêt de travail commises par un salarié. L’employeur n’a en effet pas à connaître de telles informations, elles pourraient mettre en danger la relation hiérarchique avec le travailleur. Cette obligation de transmission entraîne un soupçon a priori et pourrait en outre déboucher sur une double peine : cette fraude pouvant déjà avoir donné lieu à des sanctions financières et pénales, il serait excessif qu’elle fasse aussi l’objet d’éventuelles sanctions disciplinaires internes à l’entreprise du salarié concerné.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur l’article 4, je suis saisie par le groupe Ensemble pour la République d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 364.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Nous défendons la même position que la collègue précédente. Le problème ne tient pas à la fraude aux arrêts maladie mais au présentéisme, qui rend malade.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 4 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Le présentéisme ? Arrêtez avec les néologismes !

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Selon une étude de Malakoff Humanis, en 2019, 28 % des arrêts maladie n’ont pas été pris ou seulement partiellement et 65 % des salariés sont allés travailler alors qu’ils étaient malades. Or, dans une étude publiée en août 2020, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) souligne que cette pratique qui consiste à se rendre au travail lorsqu’on est malade « a en moyenne pour effet d’aggraver les problèmes de santé des salariés et d’augmenter, à moyen et à long terme, le nombre des absences pour raisons de santé. Le présentéisme est de ce fait coûteux pour la collectivité ». Il serait bon de chiffrer ce coût. Accabler de soupçons les salariés en arrêt maladie contribue à renforcer cette pratique coûteuse et néfaste pour la santé – pratique qui se révèle d’une injustice accablante, comme ma collègue vient de le rappeler. C’est pourquoi cet amendement vise à supprimer l’obligation faite aux organismes de sécurité sociale de transmettre à l’employeur des informations concernant des fraudes aux indemnités journalières versées en cas d’arrêt de travail – en effet, ces informations ne regardent pas l’employeur.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Ces deux amendements tendent à supprimer l’obligation, qui incombe aux organismes de sécurité sociale, de transmettre à l’employeur des informations concernant les fraudes aux indemnités journalières. Rappelons que cette obligation ne vaut qu’en cas de fraude avérée. Elle n’entraîne pas un partage excessif d’informations avec l’employeur, mais autorise une transmission d’informations strictement limitée aux éléments nécessaires pour caractériser la fraude. Supprimer cette disposition entraverait la lutte contre la fraude et créerait une asymétrie d’information préjudiciable aux employeurs. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

En cas de fraude avérée aux indemnités journalières, la caisse primaire d’assurance maladie en informe l’employeur qui paie tout ou partie du complément de salaire. En effet, l’employeur a besoin de cette information pour pouvoir cesser de verser les compléments de salaire. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Avec une telle disposition, vous ne pouvez plus nier que ce texte est empreint de justice de classe, qu’il est destiné à protéger les bourgeois et à s’attaquer aux travailleurs et aux personnes les plus précaires ! Vous répétez qu’un tel dispositif ne s’applique qu’en cas de fraude avérée. Or la fraude aux arrêts maladie ne coûte qu’entre 40 et 50 millions d’euros par an. Certes, on peut estimer que c’est là un montant considérable, mais si on le compare aux montants liés à la fraude fiscale et à la quantité d’argent que vous faites perdre à la puissance publique en supprimant des postes de contrôleurs fiscaux, cela reste dérisoire ! Pourtant, c’est pour ce montant dérisoire que vous autorisez l’assurance maladie à prévenir l’employeur qu’un salarié fraude – en sous-entendant quoi ? Que l’employeur peut sanctionner ce salarié, voire le licencier ! Tel est le sens de cette disposition fixée à l’alinéa 10. Je tiens à m’excuser auprès des Françaises et des Français : alors que vous êtes en train de galérer du fait de l’augmentation du prix de l’essence et des fermetures de classe, l’Assemblée nationale discute de la façon dont l’assurance maladie pourra informer l’employeur qu’un salarié fraude ! Je ne dis pas qu’il s’agit d’un point indigne d’être discuté, simplement que nous avons consacré deux semaines à examiner un texte qui non seulement permet aux fraudeurs fiscaux de se planquer, mais qui s’attaque derrière aux plus précaires. En plus d’être empreint de justice de classe, ce texte ne correspond pas à ce que les Français attendent de nous. Il importe de replacer ce débat dans son contexte, sans quoi les gens penseront que les politiques sont tous déconnectés. Nous, nous ne sommes pas déconnectés. Et je le dis aux gens qui nous écoutent : nous n’avons rien à voir avec ce texte ! Nous sommes en train de nous battre pied à pied pour protéger vos données et vos droits sociaux, pour essayer de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État en poursuivant les fraudeurs fiscaux que les auteurs du texte veulent laisser filer. Nous n’avons rien à voir avec ce débat ! Ce dont nous voulons débattre, c’est du prix de l’essence. Oui, ce texte est empreint de justice de classe : si l’employeur était coupable de fraude, on n’irait pas prévenir les salariés que leur patron est un fraudeur. Vous préférez vous en prendre aux précaires, c’est bien la preuve que vous versez en permanence dans le « deux poids, deux mesures ».

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Nous voyons bien pourquoi, depuis le début, le groupe La France insoumise essaie de ralentir l’examen de ce texte ; il ne souhaite pas le mener jusqu’à son terme ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

On s’excuse d’être parlementaires !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Monsieur Boyard, nous sommes en désaccord : vous considérez qu’une fraude – peut-être parce qu’elle est minime – ne doit pas être combattue.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 4 (suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Ce n’est pas ce qu’il a dit !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Nous considérons, au contraire, que la fraude à l’argent de la protection sociale doit être combattue, quel qu’en soit le montant. Nous ne pouvons accepter aucune fraude, petite ou grande. Rappelons…

Photo de M. René Pilato
Article 4 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Pourquoi prévenir l’employeur, madame la ministre ? Quel est le rapport avec la lutte contre la fraude ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Vous ne pouvez pas m’accuser de ne pas vous répondre et, lorsque je le fais, venir ainsi m’agresser !

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je vous rappelle, si jamais vous l’ignoriez, que la ministre peut prendre la parole à sa guise dans le cadre d’une discussion d’amendements. Je vous remercie d’avoir la courtoisie de l’écouter quand elle s’exprime,…

Photo de M. Benoît Blanchard
Article 4 (suite)
M. Benoît Blanchard Benoît Blanchard HOR

La courtoisie, pas sûr qu’ils connaissent !

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

…surtout lorsque c’est pour répondre à vos questions.

Photo de M. René Pilato
Article 4 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Vous avez raison, madame la présidente !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Vous arguez que du fait de l’examen de ce texte, nous manquons de temps pour débattre du prix de l’essence. Or c’est vous qui avez refusé d’achever l’examen de ce projet de loi avant la suspension des travaux de mars ! (Mme Annie Vidal applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 40 et 364.

Amdt 40 Rejeté Amdt 364 Rejeté
II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 52 Nombre de suffrages exprimés 51 Majorité absolue 26 Pour l’adoption 19 Contre 32

II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 40 et 364 ne sont pas adoptés.)

Amdt 40 Rejeté Amdt 364 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 249, sur lequel je suis saisie par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Amdt 249 Adopté
Photo de M. Nicolas Ray
Article 4 (suite)
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 oblige les organismes de sécurité sociale, s’ils constatent une fraude à l’arrêt de travail, à informer l’employeur de l’auteur de cette fraude. C’est une bonne disposition, même s’il conviendrait d’améliorer encore la transmission d’informations entre les employeurs et les caisses primaires d’assurance maladie. Cet amendement de notre collègue Valérie Bazin-Malgras tend à étendre ce dispositif aux organismes d’assurance complémentaire, lorsque le salarié bénéficie de compléments à ses indemnités journalières. L’amendement vise ainsi à instaurer une coordination renforcée entre ces trois acteurs que sont la caisse primaire d’assurance maladie, l’employeur et l’organisme assureur, afin de suspendre les versements d’indemnités qui ne seraient pas dues. Il s’agit de mieux gérer l’argent public ainsi que celui provenant des cotisations sociales des Français qui travaillent.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Cet amendement vise à mieux coordonner et faire circuler l’information entre la caisse primaire d’assurance maladie, l’employeur et l’organisme assureur. Avis favorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour un rappel au règlement. Sur quel fondement ?

Photo de M. Louis Boyard
Rappel au règlement
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Sur le fondement de l’article 100, relatif non à la bonne tenue des débats, mais à la discussion des amendements. Mme la ministre a affirmé que nous avions refusé d’achever l’examen du texte avant les vacances : pardon d’être parlementaires, de prendre le temps de discuter les amendements, de remplir nos fonctions d’élus de la République et de vous rappeler que ce débat est déconnecté des attentes des Français ! Je trouve la remarque de la ministre si scandaleuse que nous demandons une suspension de séance, afin que le gouvernement réfléchisse à ce qu’il vient de dire et, à l’avenir, y regarde à deux fois. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et HOR.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Elle est de droit. La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à seize heures cinquante-cinq, est reprise à dix-sept heures.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Ségolène Amiot.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 4 (suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

L’alinéa 10, que nous voulions supprimer, prévoit qu’en cas de fraude aux indemnités journalières de la part d’un salarié, les organismes de sécurité sociale transmettent à son employeur toutes les informations concernant cette fraude. Avec cet amendement, il est en outre proposé que l’employeur transmette à son tour l’ensemble de ces éléments à la mutuelle ou à l’assurance complémentaire de l’assuré, s’il en a une. Qu’est-ce qu’on attend de cette transmission d’informations ? Si l’on attend que l’employeur réagisse par une sanction, puis que la mutuelle fasse de même, alors on aura une double sanction, ce qui est interdit dans notre droit. En France, on n’est pas censé avoir plusieurs peines pour la même infraction. Par ailleurs, on parle ici de foyers fiscaux. Le principe, c’est un seul droit pour tout le foyer, mais il se trouve que ces foyers sont composés de plusieurs personnes. Dès lors, que va-t-on faire des enfants, qui sont bénéficiaires de l’assurance complémentaire ? Comment va-t-on identifier la personne qui, au sein d’un couple, s’est rendue coupable de fraude ? Est-ce que l’on va prévenir tous les employeurs – y compris, le cas échéant, ceux des enfants ? Comment voulez-vous établir que telle personne est plus responsable que telle autre au sein du foyer ? Je me demande si l’on n’est pas en train d’introduire des sanctions collectives – qui ne sont pas davantage autorisées en France.

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Permettez-moi de rappeler de quoi il s’agit. Des indemnités journalières sont tout d’abord versées par les caisses primaires, après quoi des indemnités complémentaires peuvent être versées. Il s’agit avec cet article d’assurer la cohérence de l’ensemble, rien de plus.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 4 (suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Toute la famille va être concernée !

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Nous pouvons avoir des avis contraires, mais ce serait une bonne chose que nous nous écoutions. Si vous nous interrompez systématiquement, ce n’est pas la peine que nous nous exprimions.

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 4 (suite)
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Oh, pauvre chéri !

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 4 (suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Ouin ouin !

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 249.

Amdt 249 Adopté
II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 44 Nombre de suffrages exprimés 40 Majorité absolue 21 Pour l’adoption 24 Contre 16

II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 249 est adopté.)

Amdt 249 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’article 4, tel qu’il vient d’être amendé.

II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 47 Nombre de suffrages exprimés 44 Majorité absolue 23 Pour l’adoption 31 Contre 13

II
Article 4 (suite)
Intervenant non identifié

(L’article 4, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 245 et 908, portant article additionnel après l’article 4, sur lesquels les groupes Ensemble pour la République et La France insoumise-Nouveau Front populaire ont demandé un scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 245.

Amdt 245 Adopté
Photo de M. Nicolas Ray
Après l’article 4
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

Cet amendement prévoit la transmission systématique au département des suites données en cas de fraude avérée révélée par la CAF. Cela paraît naturel, dans la mesure où les départements financent de nombreuses prestations sociales. Cet amendement a d’ailleurs été travaillé avec Départements de France.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Annie Vidal, pour soutenir l’amendement no 908.

Amdt 908 Adopté
Photo de Mme Annie Vidal
Après l’article 4
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Il s’agit effectivement d’un amendement travaillé avec Départements de France. Il vise à renforcer la coordination entre les caisses d’allocations familiales et les départements, notamment dans la lutte contre la fraude au RSA. Aujourd’hui, les caisses d’allocations familiales transmettent la liste des allocataires contrôlés ainsi que l’issue du contrôle. En revanche, les suites effectivement données en cas de fraude ne sont pas systématiquement transmises au président du conseil départemental. Cette transmission dépend des pratiques locales. Or les départements financent le RSA et pilotent les politiques d’insertion. Il importe donc qu’ils disposent d’une information complète afin d’exercer pleinement leurs responsabilités, et que cette transmission soit harmonisée. Tel est l’objet de cet amendement qui propose une mesure simple et de bon sens, de nature à améliorer la transparence de l’action publique.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Après l’article 4
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Ils apportent une précision qui me semble cohérente avec les objectifs de l’article 4. J’y suis donc favorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités, pour donner l’avis du gouvernement.

MF
Après l’article 4
M. Jean-Pierre Farandou ministre du travail et des solidarités

Dans la mesure où les départements jouent un rôle très important, à la fois dans le versement du RSA et en matière d’insertion, il est naturel qu’à l’échelle de leur territoire, on essaie d’améliorer la coordination entre la CAF, la caisse de la Mutualité sociale agricole (MSA) et le conseil départemental afin de mieux lutter contre la fraude. Il ne me semble pas absolument nécessaire d’inscrire dans la loi le principe d’une transmission des suites données en cas de fraude pour que celle-ci s’organise effectivement au niveau local. Toutefois, comme les auteurs de ces amendements l’ont souligné, le déploiement de cette bonne pratique pourrait rencontrer des obstacles et dépendre par trop de la bonne volonté des acteurs et de la qualité de leurs relations. C’est pourquoi je m’en remets, sur ces amendements, à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 4
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je suis scandalisé par les positions qui viennent d’être défendues. Monsieur le rapporteur, quand nous vous avons expliqué qu’il fallait fixer un plafond dans la loi pour certains contrôles, vous nous avez répondu que cela relevait du règlement. Là, le ministre lui-même explique que les dispositions proposées ne relèvent pas nécessairement du domaine de la loi, et vous y êtes pourtant favorable ! Je ne comprends pas pourquoi vous dites oui quand les amendements viennent de la droite et pourquoi, quand nous vous proposons des amendements de bon sens, vous nous dites non ! Je regrette par ailleurs que le ministre du travail intervienne seulement maintenant. Je sais que vous voulez aller le plus vite possible, mais nous aurions aimé avoir votre avis quand nous avons eu des débats très intéressants sur les indemnités journalières, par exemple. Enfin, j’aimerais revenir sur la lettre que le ministre des comptes publics a envoyée au maire de Saint-Denis, M. Bally Bagayoko – que je salue pour sa victoire au premier tour (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP) –, pour lui dire que les propos qu’il avait tenus au sujet des agents communaux étaient très graves. Il se trouve que M. Bally Bagayoko n’avait jamais tenu les propos qu’on lui reproche. Puisque le gouvernement se permet d’envoyer des lettres aux élus locaux, allez-vous, monsieur le ministre du travail, madame la ministre de la santé, envoyer un courrier au président du département du Finistère, qui va se retrouver devant le tribunal parce qu’il a instauré une forme de harcèlement moral à l’encontre des allocataires du RSA ? (Mêmes mouvements.) Il leur impose des contrôles sur pièces absolument indignes, dès lors qu’ils font un virement de 10 euros à leurs enfants ! Et ces amendements ne vont faire qu’aggraver la situation, déjà très douloureuse, de certains allocataires qui n’ont pas choisi de se retrouver dans cette situation ! J’aimerais connaître la position du gouvernement, qui ne s’est pas beaucoup exprimé au cours de ce débat : vous qui avez adressé un courrier au maire de Saint-Denis pour lui reprocher des propos qu’il n’a pas tenus, allez-vous envoyer un courrier au président du département du Finistère pour des pratiques dont il est bel et bien l’auteur ? Ma question est très simple. Nous aimerions beaucoup savoir si vous êtes dans le « deux poids, deux mesures » ou dans la droiture – j’ai ma petite idée sur le sujet. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Élise Leboucher
Après l’article 4
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Nous voulons une réponse !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Après l’article 4
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Loin des frasques de l’extrême gauche (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP), j ’ aimerais revenir sur les amendements en discussion. Pour notre part, nous avons échangé avec les différents intervenants, notamment avec ceux de la Cnaf, ce qui nous évite de dire n’importe quoi, comme vous le faites, monsieur Boyard, par exemple au sujet des algorithmes. Nous voterons pour ces amendements identiques, qui permettront aux départements d’obtenir plus d’informations sur les suites données aux contrôles pour fraude. J’espère, monsieur le ministre, que vous donnerez un peu plus de moyens humains à la Cnaf pour qu’elle puisse effectuer ces contrôles avec le maximum d’efficience.

Photo de Mme Élise Leboucher
Après l’article 4
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Nous n’avons toujours pas eu de réponse !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 245 et 908.

Amdt 245 Adopté Amdt 908 Adopté
II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 51 Nombre de suffrages exprimés 49 Majorité absolue 25 Pour l’adoption 29 Contre 20

II
Après l’article 4
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 245 et 908 sont adoptés.)

Amdt 245 Adopté Amdt 908 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 41, 366 et 972, tendant à supprimer l’article 4 bis. Sur ces amendements ainsi que sur l’amendement no 899 et l’article 4 bis, le groupe Ensemble pour la République a demandé des scrutins publics. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Céline Hervieu, pour soutenir l’amendement no 41.

Amdt 41 Rejeté
Photo de Mme Céline Hervieu
Article 4 bis
Mme Céline Hervieu Céline Hervieu SOC

L’article 4 bis vise l’automaticité et le renforcement des sanctions en cas de fraude aux prestations sociales. Nous demandons donc sa suppression, d’abord parce que nous nous interrogeons sur la constitutionnalité d’une telle mesure : il nous semble que l’automaticité est contraire au principe de l’individualisation des peines. Par ailleurs, nous aurions souhaité que l’effort porte davantage sur le contrôle de la fraude aux cotisations sociales, qui est largement supérieure – de 2 milliards d’euros – à la fraude aux prestations. Mais cela n’a pas semblé être la priorité du bloc central et de la droite en commission des affaires sociales.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 366.

Amdt 366 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 4 bis
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je me souviens de notre collègue Vidal nous expliquant que ce texte avait pour but de poursuivre les fraudes avérées. Cet article montre, comme l’ensemble du texte, du reste – et le gouvernement le revendique ! –, que ce que vous racontez est totalement faux. Il suffira d’une suspicion de fraude pour que l’on suspende vos prestations sociales, en attendant de voir s’il y a réellement fraude ou pas. Cela va plonger des personnes déjà précaires dans une précarité encore plus grande. Ce sera pour eux une condamnation, qui aura des conséquences violentes sur leur vie. Cet article introduit une pénalité automatique, obligatoire. Pour l’instant, elle n’est pas automatique, parce que les différents organismes sont capables de gérer des situations humaines diverses : parfois, cela vaut le coup de mettre une pénalité, et parfois cela ne vaut pas le coup. Désormais, les situations dans lesquelles une pénalité pouvait être prononcée, et qui sont énumérées à l’article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, vont donner lieu à une pénalité automatique. Parmi elles, il y a « l’inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations » et « l’absence de déclaration » – or il peut arriver que l’on n’ait pas tous les papiers. Et vous ne vous arrêtez pas là : alors que la loi prévoyait déjà un doublement de la peine en cas de récidive, vous proposez de la tripler. Vous pensez vraiment que les gens vont courir dans la rue en criant : « Attention ! L’article 4 bis a été voté, les peines vont être triplées ! » et que tous les fraudeurs vont arrêter de frauder ? Vous pensez vraiment que cette mesure aura la moindre efficacité face à des fraudes aux prestations sociales qui, je le rappelle, représentent 0,005 % du budget de l’État ? Puisque le Rassemblement national demande que l’on donne plus de moyens aux caisses d’allocations familiales pour lutter contre la fraude sociale, il apprendra que depuis que Macron est là, leurs effectifs ont effectivement augmenté, mais que, dans le même temps, on a réduit les moyens de la lutte contre la fraude fiscale. On a supprimé des postes qui rapportaient des milliards pour créer des postes qui rapportent quelques centaines d’euros. Le point commun entre la Macronie et le Rassemblement national, c’est une forme d’absurdité, et je dirai même de stupidité.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 4 bis
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Pourquoi vous votez pour eux, alors ?

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 bis
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Elle leur permet de se retrouver joyeusement pour défendre les intérêts des riches. Voilà pourquoi je vous appelle à supprimer l’article 4 bis.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 4 bis
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Le plus stupide de tous, c’est celui qui vote pour des gens qu’il trouve stupides !

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian, pour soutenir l’amendement no 972.

Amdt 972 Rejeté
Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 4 bis
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

La lutte contre la fraude doit être proportionnée, respectueuse des principes fondamentaux de notre droit. Systématiser les sanctions, les aggraver mécaniquement, ne constitue pas une réponse appropriée : un principe général veut qu’il soit tenu compte des circonstances. Sans cela, nous courons à des situations de non-droit.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 bis
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

J’émettrai très bientôt un avis favorable à l’amendement no 42 rectifié de Mme Runel, qui prévoit des garanties procédurales explicites. En revanche, je ne suis pas favorable à ce que nous supprimions le caractère automatique des sanctions, introduit dans le texte lors de son examen en commission. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Je suis favorable aux deux tiers du contenu de ces amendements. En effet, l’article 4 bis, que vous voulez supprimer, comprend trois dispositions : je suis d’accord avec vous au sujet de l’augmentation des pénalités, effectivement lourde, et du caractère systématique de la sanction, mais je souhaiterais conserver la majoration en cas de récidive. Je vous demanderai donc de retirer les amendements identiques au profit du suivant, le no 899 de Mme Vidal ; à défaut, avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Ségolène Amiot.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 4 bis
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Il y a là deux dimensions qu’il nous faut absolument explorer. Cela a été dit et rappelé, 90 % des situations en cause procèdent d’un indu, c’est-à-dire qu’elles sont involontaires : l’allocataire a touché un trop-perçu qu’il doit restituer. Or, à vous entendre, elles donneront lieu à des sanctions. On supprime littéralement le droit à l’erreur, y compris lorsque l’erreur ne vient même pas de l’assuré, mais de la caisse ! « Vous avez touché trop de sous, vous serez sanctionné, car vous auriez dû nous le signaler » – comme si le bénéficiaire pouvait le calculer lui-même. Vraiment, cela devient ubuesque, absurde, d’autant qu’il est prévu que les versements soient suspendus dès qu’il y a suspicion de fraude et tant que le doute subsiste. Dans l’affaire du président du conseil départemental du Finistère, il a fallu onze mois d’enquête pour vérifier si une assurée avait droit au RSA : on s’autoriserait donc à ne plus rien verser pendant un an ! Nous serions totalement à côté de la réalité que vivent les Français. Pour revenir à la raison, adoptons ces amendements.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 41, 366 et 972.

Amdt 41 Rejeté Amdt 366 Rejeté Amdt 972 Rejeté
II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 59 Nombre de suffrages exprimés 59 Majorité absolue 30 Pour l’adoption 22 Contre 37

II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 41, 366 et 972 ne sont pas adoptés.)

Amdt 41 Rejeté Amdt 366 Rejeté Amdt 972 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de trois amendements, nos 899, 43 et 388, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 43 et 388 sont identiques. La parole est à Mme Annie Vidal, pour soutenir l’amendement no 899.

Amdt 899 Rejeté
Photo de Mme Annie Vidal
Article 4 bis
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Vous avez à l’instant évoqué cet amendement, madame la ministre : je vous en remercie. L’article 4 bis vise, en cas de fraude aux prestations dans les branches famille et retraite, à rendre la pénalité automatique et fixer un minimum d’environ 400 euros. Nous partageons l’objectif de fermeté, elle est nécessaire, mais cette automaticité priverait le directeur de la caisse de tout pouvoir d’appréciation de la situation, au risque de méconnaître le principe d’individualisation des peines. Par ailleurs, un montant minimal élevé peut se révéler disproportionné pour des allocataires modestes, donc difficilement recouvrable, ce qui risque de décourager la constatation des fraudes les moins graves. Cet amendement tend à un équilibre : maintenir le durcissement des sanctions en cas de récidive, supprimer du texte leur caractère automatique ainsi que le relèvement du seuil. Il s’agit qu’elles soient efficaces, proportionnées et juridiquement solides.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 43 de Mme Sandrine Runel est défendu. La parole est à M. Emmanuel Maurel, pour soutenir l’amendement no 388.

Amdt 43 Rejeté
Photo de M. Emmanuel Maurel
Article 4 bis
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

L’automaticité des sanctions irait en effet à l’encontre du principe d’individualisation des peines, d’où l’intérêt de supprimer l’alinéa 2, et il est exact que les montants minimaux prévus pourraient être trop importants pour des personnes très modestes.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 bis
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Défavorable. Ces débats font écho à ceux que nous avons eus en commission ; comme je l’indiquais au sujet des précédents amendements, je suis favorable au maintien des dispositions retenues à cette étape, mais également à l’amendement no 42 rectifié, qui vise à y ajouter des garanties procédurales.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Favorable, je le répète, à l’amendement de Mme Vidal, lequel tend à conserver la majoration des pénalités en cas de récidive et supprimer leur caractère automatique ainsi que l’augmentation de leur montant minimal, qui deviendrait lourd pour nos concitoyens. Quant aux amendements identiques, qui ne prévoient de supprimer que l’automaticité, je demande leur retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 bis
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

De tels amendements permettent de mesurer le défaut d’équilibre général du texte. Tout d’abord, j’aimerais entendre M. le rapporteur Labaronne au sujet de l’automaticité : pourquoi sanctionner les fraudes sociales directement, sans débat, alors que les fraudes fiscales donnent lieu à des règlements d’ensemble qui nous coûtent des milliards ? Rappelons en quoi consiste un règlement d’ensemble : quelqu’un qui s’est, disons, fortement égaré lors de sa déclaration de revenus peut, s’il est très riche, demander à Bercy une sorte de petite négociation. Ensuite, il faut partir de la réalité concrète, de la vie des gens. La plupart de nos concitoyennes, de nos concitoyens, des députés – compte tenu du nombre que nous sommes en ce moment dans l’hémicycle –, ne connaissant pas par cœur le code de la sécurité sociale, ne sauront pas dans quels cas la sanction serait automatique. Du reste, si cette automaticité n’a pas été instaurée plus tôt, c’est pour une bonne raison : le législateur a estimé que l’organisme concerné devait pouvoir apprécier les situations individuelles. Il s’agit de sujets humains, de personnes réelles, de circonstances difficiles ! (Mme Mathilde Feld applaudit.) Enfin, encore une fois, personne ne saura qu’à la suite de l’adoption ou du rejet des amendements identiques nos 43 et 388, de l’amendement no 899 à l’article 4 bis d’une proposition de loi déconnectée de la réalité des Français, la récidive entraînera davantage de pénalités. Cessez de croire que l’inflation pénale, le durcissement des sanctions produisent un effet sur la fraude : ce n’est pas vrai, beaucoup d’études le montrent ! Je le répète, notre discussion est déconnectée du réel, du quotidien des agents, de la vie des Français ; c’est pourquoi il aurait fallu supprimer l’intégralité de l’article. (Même mouvement.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 899.

Amdt 899 Rejeté
II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 63 Nombre de suffrages exprimés 60 Majorité absolue 31 Pour l’adoption 28 Contre 32

II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 899 n’est pas adopté.)

Amdt 899 Rejeté
II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 43 et 388 ne sont pas adoptés.)

Amdt 43 Rejeté Amdt 388 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. David Magnier, pour soutenir l’amendement no 777 rectifié.

777 (Rect) Adopté
Photo de M. David Magnier
Article 4 bis
M. David Magnier David Magnier RN

Il vise à renforcer le caractère dissuasif des sanctions en matière de fraudes aux prestations sociales, le cadre actuel ne permettant pas de lutter efficacement contre des infractions répétées. Or détourner des prestations revient à en priver ceux qui en ont réellement besoin. Cet amendement prévoit un dispositif de pénalités progressives : d’emblée, une amende plancher égale au triple des sommes indument perçues ; à la première récidive, cinq fois le montant concerné ; à partir de la deuxième récidive, c’est-à-dire la troisième infraction, des suspensions de droits sociaux pour les particuliers et, pour les entreprises, des fermetures administratives renforcées. Il y aurait là une protection plus efficace des finances publiques, un signal clair de tolérance zéro concernant cette fraude. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 bis
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Encore une fois, je préfère que nous nous en tenions aux dispositions introduites lors de l’examen du texte en commission. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 777 rectifié.

777 (Rect) Adopté
II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 55 Nombre de suffrages exprimés 51 Majorité absolue 26 Pour l’adoption 27 Contre 24

II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 777 rectifié est adopté.) (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)

777 (Rect) Adopté
Photo de M. Louis Boyard
Article 4 bis
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Incroyable ! Vous ne réfléchissez donc pas, les macronistes ?

Photo de M. Christophe Bentz
Article 4 bis
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

C’est la démocratie !

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

S’il vous plaît, chers collègues ! La parole est à Mme Céline Hervieu, pour soutenir l’amendement no 42 rectifié.

42 (Rect) Adopté
Photo de Mme Céline Hervieu
Article 4 bis
Mme Céline Hervieu Céline Hervieu SOC

Cet amendement de repli vise à introduire dans le texte des garanties procédurales touchant l’automaticité : il s’agit de garantir les droits des personnes, de respecter le droit constitutionnel à un procès équitable. Les avertissements et pénalités prononcés pourraient ainsi faire l’objet d’un recours gracieux devant la caisse de sécurité sociale concernée et si nécessaire d’un recours contentieux devant le juge administratif.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour un rappel au règlement. Sur le fondement de quel article, monsieur Boyard ?

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 bis
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Madame la présidente, nous aurions besoin de discuter des délibérations portant sur certains amendements ; pour cela, je demande une suspension de séance de cinq minutes.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La suspension de séance est de droit. En revanche, je vous ferai observer que la responsable de votre groupe est Mme Feld.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 4 bis
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Elle est présente !

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Ce n’est pas la peine d’être agressive : je vous explique quelque chose, c’est tout. J’ai acté la demande ; cela s’arrête là. Merci !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix-sept heures trente, est reprise à dix-sept heures trente-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Nous en étions à l’amendement no 42 rectifié, présenté par Mme Céline Hervieu. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 bis (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Avis favorable.

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 4 bis (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable.

II
Article 4 bis (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 42 rectifié est adopté.)

42 (Rect) Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 4 bis (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’article 4 bis, tel qu’il a été amendé.

II
Article 4 bis (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 bis (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 58 Nombre de suffrages exprimés 57 Majorité absolue 29 Pour l’adoption 39 Contre 18

II
Article 4 bis (suite)
Intervenant non identifié

(L’article 4 bis, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Nous en venons à deux amendements portant article additionnel après l’article 4 bis. L’amendement no 30 de M. Yannick Monnet est défendu. Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 947, par le groupe Droite républicaine ; sur les amendements identiques nos 368, 428 et 991, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 30 ?

Amdt 30 Adopté
Photo de M. Patrick Hetzel
Après l’article 4 bis
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

L’amendement est satisfait. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 4 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Après l’article 4 bis
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Il n’est pas satisfait !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 4 bis
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Cet amendement vise à inscrire dans la loi une proposition issue du rapport du Défenseur des droits sur la fraude aux prestations sociales paru en septembre 2017. Ce rapport met en lumière les carences dans la définition de la fraude ainsi que les dérives de cette lutte – suspension d’une prestation avant jugement, ciblage des suspects, assimilation de l’oubli et de l’erreur non intentionnelle à la fraude –, au mépris des droits des usagers. Afin d’éviter ces abus, nous proposons de mieux définir la fraude en prenant en compte l’intention frauduleuse. Je ne crois pas que cet amendement soit satisfait.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 4 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Cet amendement vise à introduire dans le code de la sécurité sociale une disposition ayant pour objet d’interdire l’application de toute sanction en cas de bonne foi de l’assuré ou de l’allocataire. Nous comprenons votre intention, mais votre amendement fait doublon avec la disposition relative au droit à l’erreur prévue à l’article L. 123-1 du code des relations entre le public et l’administration. Il nous semble donc satisfait, d’où mon avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 30.

Amdt 30 Adopté
II
Après l’article 4 bis
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’étant pas concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 60 Nombre de suffrages exprimés 41 Majorité absolue 21 Pour l’adoption 22 Contre 19

II
Après l’article 4 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 30 est adopté.) (M. Louis Boyard applaudit.)

Amdt 30 Adopté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny, pour soutenir l’amendement no 947.

Amdt 947 Rejeté
Photo de M. Jocelyn Dessigny
Après l’article 4 bis
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Il a pour objet de rendre les contrôles obligatoires. Je souhaiterais toutefois revenir sur la suspension de séance à laquelle nous venons d’assister. Il est extraordinaire de constater que, dès qu’un amendement du Rassemblement national est adopté, la gauche et l’extrême gauche s’empressent de gronder les ministres au motif qu’ils ne sont pas allés dans leur sens. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Élise Leboucher
Après l’article 4 bis
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Aucun rapport avec l’amendement !

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Après l’article 4 bis
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

C’est assez impressionnant de la part de personnes qui se réclament pourtant de la transparence… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Monsieur Dessigny, vous ne pouvez vous exprimer sur cet amendement dont vous n’êtes pas signataire. (« Ah ! » et sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Peio Dufau
Après l’article 4 bis
M. Peio Dufau Peio Dufau SOC

Quel dommage !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Cependant, l’un des signataires, M. Salmon, étant présent, on peut considérer que cet amendement est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Après l’article 4 bis
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 4 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 4 bis
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Je veux dire à M. Dessigny que nous ne grondons personne.

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 4 bis
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

M. Boyard a traité les macronistes de débiles !

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 4 bis
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Cependant, nous nous devons de réagir quand des amendements défendus par l’extrême droite sont déposés simplement pour le plaisir de sanctionner à tort et à travers et de dire n’importe quoi. Vous dites vouloir faire payer trois fois le montant aux personnes concernées. Je ne sais pas si vous avez conscience des situations dont il est question ; il s’agit de cas de suspicion, où des erreurs ont pu être commises par les organismes versant les prestations sociales.

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 4 bis
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Non, non !

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 4 bis
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Ce que vous dites, tout comme le contenu de l’amendement no 777 rectifié, est particulièrement répugnant. C’est pourquoi nous nous sommes permis d’alerter les collègues qui votent dans cet hémicycle sans être au courant du détail des amendements. Je ne leur jette pas la pierre : on n’est pas toujours au fait de tous les amendements votés ici.

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 4 bis
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

On est censé savoir ce qu’on vote, quand même !

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 4 bis
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Mais il y a des moments où la République est en danger – notamment à cause de vous, l’extrême droite, qui la mettez systématiquement en danger. (« Oh là là ! » sur les bancs des groupes RN et UDR. – Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. José Gonzalez
Après l’article 4 bis
M. José Gonzalez José Gonzalez RN

C’est une LFIste qui dit ça !

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 4 bis
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Il est de notre devoir de discuter avec les républicains qui siègent dans cet hémicycle pour essayer de limiter la casse. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Rappel au règlement
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Sur le fondement de l’article 70, alinéa 3, relatif aux mises en cause personnelles. On voit que la Stasi de cet hémicycle a parlé. (Vives protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Élise Leboucher
Rappel au règlement
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Sérieusement ?

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Rappel au règlement
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

La police politique d’extrême gauche donne des leçons de morale et explique qui, selon elle, est républicain. Quand on voit un grand nombre de vos décisions et de vos prises de parole, tant à l’intérieur de cet hémicycle qu’en dehors, à votre place, je me ferais tout petit. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Si le gouvernement n’est heureusement pas assez bête pour vous écouter, sachez que contrairement à vous, nous ne l’insultons pas comme vous l’avez fait tout à l’heure pendant cette suspension de séance. (Mêmes mouvements.) Nous n’avons pas besoin de police politique. Ici, chacun est libre de s’exprimer et de voter comme il l’entend. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 947.

Amdt 947 Rejeté
II
Après l’article 4 bis (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 4 bis (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 59 Nombre de suffrages exprimés 59 Majorité absolue 30 Pour l’adoption 22 Contre 37

II
Après l’article 4 bis (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 947 n’est pas adopté.)

Amdt 947 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 4 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je veux profiter de la liberté de parole qui m’est donnée en tant qu’orateur inscrit sur l’article pour revenir sur l’amendement no 777 rectifié adopté par notre assemblée. Pour que tout le monde comprenne bien, il s’agit d’un amendement du Rassemblement national voté par les macronistes. (« Et alors ? » sur plusieurs bancs du groupe RN.) Il propose d’augmenter les sanctions dès lors qu’une fraude est avérée.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 4 ter
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Oui !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Prenons un exemple de fraude ; au hasard, celle à laquelle le Front national – pardon, le Rassemblement national – a été condamné, d’un montant de 4 millions d’euros. Maintenant, il y aura une amende plancher : ainsi, le Rassemblement national serait condamné à 12 millions d’euros pour avoir fraudé au Parlement européen.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 4 ter
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

N’importe quoi !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Ensuite, si jamais cela se produisait une deuxième fois – imaginez par exemple qu’un député européen, qui préside le groupe, ne vienne jamais au Parlement européen, ce qui peut être considéré comme une fraude –, le montant de l’amende serait multiplié par cinq et le RN devrait payer 20 millions d’euros. La troisième fois, on suspendrait tous les financements du parti politique concerné.

Photo de M. Frédéric Weber
Article 4 ter
M. Frédéric Weber Frédéric Weber RN

C’est bon, arrêtez le délire !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Quand il s’agit du Rassemblement national, je le reconnais, cela peut sembler sympathique ; mais quand il s’agit de la vie des gens, de quoi parle-t-on ? On parle de gens pour qui les prestations sociales sont une condition de vie ou de mort, non pas parce qu’ils ont choisi cette situation,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 4 ter
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

On parle des fraudeurs !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

…mais parce que les salaires sont tellement bas par rapport à l’augmentation des prix, contre laquelle vous ne faites absolument rien. Retirer une prestation sociale à quelqu’un, c’est le condamner à la mort sociale, d’autant que, souvent, ces personnes reçoivent les prestations parce qu’elles ont des enfants – ce sont donc les familles qui en paient le prix. Voilà ce que les macronistes ont voté avec le Rassemblement national ! Et voilà ce que nous dénonçons : la violence de classe que vous exercez vis-à-vis des plus précaires et les alliances honteuses que vous êtes capables de nouer quand il s’agit d’aller s’en prendre aux plus pauvres. Collègues macronistes, on ira dire aux gens ce que vous avez voté avec le Rassemblement national ! Cette honte, elle est pour vous.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 4 ter
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Nous en avons discuté tout à l’heure !

Photo de Mme la présidente
Article 4 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 368, 428 et 991, tendant à supprimer l’article. La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir le premier.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 ter
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Il vise à supprimer l’article 4 ter, qui prévoit la possibilité de suspendre le maintien de salaire – donc la prise en charge des jours de carence – et le versement du complément aux indemnités journalières de la sécurité sociale par l’employeur lorsqu’une situation de fraude avérée est signalée par l’assurance maladie. Selon les auteurs de l’amendement à l’origine de cet article, le juge prud’homal applique souvent le principe selon lequel le doute profite au salarié en cas de litige avec l’employeur, malgré un principe général selon lequel la fraude corrompt tout. Cet article, présenté comme un moyen de sécuriser le contentieux, va en réalité l’accroître, alors que les délais de procédure au fond des conseils prud’homaux sont déjà très longs, du fait d’un encombrement structurel. Selon un rapport de la Cour des comptes de 2019, les délais moyens nationaux sont de 15,6 mois pour une affaire en première instance. Ces délais déraisonnables, aggravés par un manque chronique de conseillers prud’homaux et de greffiers, confrontent déjà de nombreux justiciables à un déni de justice. Dans cette situation, il apparaît nécessaire de supprimer le présent article pour ne pas engorger ces tribunaux.

Photo de Mme la présidente
Article 4 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Emmanuel Maurel, pour soutenir l’amendement no 428.

Amdt 428 Rejeté
Photo de M. Emmanuel Maurel
Article 4 ter
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

En cas d’arrêt de travail frauduleux, la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) prévient déjà l’employeur – ce qui n’est d’ailleurs pas sans poser problème du point de vue de la transmission de données personnelles et de santé relatives à un salarié. Mais surtout, partons de la réalité : quand le patron d’une petite entreprise est confronté à un tel cas de figure et que le salarié impliqué est ancien, quelquefois, il décide de moins le sanctionner ou de ne pas le sanctionner – c’est bien ainsi. Pour ma part, je suis contre le caractère automatique de cette mesure. Enfin, comme l’a souligné à l’instant notre collègue Feld, un tel ajout risquerait de multiplier les contentieux. Le risque est réel. Je ne crois pas qu’il faille engorger encore plus les tribunaux.

Photo de Mme la présidente
Article 4 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 991 de Mme Sophie Taillé-Polian est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Amdt 991 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 ter
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Monsieur Maurel, il n’y aura pas de transmission de données de santé. En prévoyant la possibilité de suspendre le maintien de salaire ainsi que le versement du complément employeur en cas de fraude, l’article 4 ter répond à une asymétrie de situation : si l’assurance maladie peut suspendre le versement des indemnités journalières après avoir établi l’existence d’une fraude, l’employeur reste tenu de verser le complément, même si l’arrêt est reconnu frauduleux. Cette situation est particulièrement injuste et, pour y remédier, l’article 4 ter permet à l’employeur de ne pas verser le complément aux salariés qui sont en situation de fraude – j’insiste sur ce point. C’est la raison pour laquelle j’émets un avis défavorable à ces amendements de suppression.

Photo de Mme la présidente
Article 4 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Article 4 ter
M. Jean-Pierre Farandou ministre

La fraude aux arrêts de travail, en forte augmentation, est une grave entorse aux principes de solidarité qui prévalent dans notre pays. Il est normal de s’attaquer à ce type de fraude, qui coûte cher à la sécurité sociale et aux entreprises, et désorganise ces dernières, en reportant le travail sur les salariés qui sont présents, eux, au travail. Vous souhaitez supprimer l’article 4 ter, qui vise à rendre plus efficace la lutte contre ce type de fraude en facilitant l’information de l’employeur en cas de fraude et en prévoyant que si celle-ci est avérée, ce dernier pourra suspendre le versement du complément de salaire sans formalité préalable. En effet, en 2024, l’assurance maladie a détecté et stoppé 42 millions d’euros de fraudes liées aux arrêts de travail, soit 2,4 fois plus qu’en 2023. Sur ces 42 millions, 30 millions sont directement liés à de faux arrêts du travail. Pas moins de 60 % de ces faux arrêts ont été stoppés avant le versement des indemnités journalières en 2024. Je suis donc défavorable à votre amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 4 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 ter
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Merci, monsieur le ministre, pour votre réponse. Évidemment, ce n’est pas bien de frauder dans quelque situation que ce soit. Mais pensez-vous vraiment que des gens qui fraudent en ayant recours à un faux arrêt de travail le font pour s’amuser ? N’est-ce pas plutôt parce qu’ils subissent des conditions de travail qui sont tellement pénibles qu’ils n’en peuvent plus, et que c’est le seul moyen qu’ils ont trouvé pour continuer à percevoir un salaire tout en s’exonérant de l’obligation d’aller au travail ? Vous avez cité des montants de l’ordre de quelques millions d’euros, qui représentent bien peu au regard de la fraude en col blanc – la fraude fiscale –, que vous renoncez réellement à poursuivre ! Ce projet de loi contient très peu de dispositions relatives à la fraude fiscale, et celles-ci sont certainement beaucoup moins sévères pour les fraudeurs en col blanc que celles visant les gens qui touchent des prestations sociales ou, dans le cas de figure que nous évoquons, qui ont recours à des arrêts de travail fallacieux. Franchement, aller chercher des articles de cette nature pour lutter contre la fraude, alors que rien de sérieux n’est fait contre la fraude fiscale, c’est un peu désespérant pour notre humanité.

Photo de M. Didier Le Gac
Article 4 ter
M. Didier Le Gac Didier Le Gac EPR

C’est faux !

Photo de Mme la présidente
Article 4 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille.

Photo de M. Cyrille Isaac-Sibille
Article 4 ter
M. Cyrille Isaac-Sibille Cyrille Isaac-Sibille Dem

Madame, on ne peut pas entendre de tels propos, qui tendent à nier les fraudes.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 4 ter
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Je ne nie pas les fraudes !

Photo de M. Cyrille Isaac-Sibille
Article 4 ter
M. Cyrille Isaac-Sibille Cyrille Isaac-Sibille Dem

Une personne qui fraude sur les indemnités journalières triche ; elle ne va pas travailler. Qui est-ce qui fait son travail ? Ses collègues. Il y a des fraudes et il y a des tricheurs. Ces derniers laissent le travail à ceux qui vont tous les jours travailler. Je ne comprends absolument pas que vous puissiez défendre les tricheurs.

Photo de Mme la présidente
Article 4 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 368, 428 et 991.

Amdt 368 Rejeté Amdt 428 Rejeté Amdt 991 Rejeté
II
Article 4 ter
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 55 Nombre de suffrages exprimés 54 Majorité absolue 28 Pour l’adoption 13 Contre 41

II
Article 4 ter
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 368, 428 et 991 ne sont pas adoptés.)

Amdt 368 Rejeté Amdt 428 Rejeté Amdt 991 Rejeté
II
Article 4 ter
Intervenant non identifié

(L’article 4 ter est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 quater
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Christophe Bentz.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 4 quater
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Je profite de mon inscription sur l’article pour répondre librement à notre collègue Boyard. Cher collègue, vous n’avez pas à demander des comptes au bloc central sur ses votes. En effet, plusieurs députés de ce bloc ont voté librement l’amendement no 777 rectifié déposé par notre collègue Magnier. Vous avez le droit de vous opposer à ce texte qui vise à lutter contre les fraudes sociales, mais nous avons aussi la liberté, au sein du bloc central comme au Rassemblement national, tout en étant plutôt favorables à ce texte, de l’amender – d’essayer de l’améliorer du point de vue légistique –, et c’est ce que nous faisons, conformément à notre rôle de législateur. Le coût de la fraude sociale en France s’élève à 13 milliards d’euros d’après la Cour des comptes. Nous pensons qu’il y a des marges de manœuvre : nous pouvons encore progresser pour aller chercher de l’argent qui a été acquis de manière frauduleuse. Je suis désolé, mais chacun ici est libre de voter comme il l’entend, selon ses convictions ; c’est la règle, que vous le vouliez ou non. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 quater
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 quater
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Vous citez le chiffre de 13 milliards,…

Photo de M. Christophe Bentz
Article 4 quater
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

C’est la Cour des comptes !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 quater
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

…mais vous ne dites pas ce que vous mettez dans ces 13 milliards. Par exemple, dans ce montant, il y a 8 milliards de fraudes aux cotisations sociales commises par les employeurs. Nous avons proposé plusieurs dispositifs visant à accroître les sanctions à leur encontre. Dans la liberté de votre vote, à chaque fois, vous votez contre ; en revanche, quand il s’agit d’augmenter les sanctions à l’encontre des gens qui galèrent dans la vie – c’est bien ce dont nous parlons –, vous êtes pour ! Mon collègue Isaac-Sibille a accusé Mme Feld de soutenir les gens qui trichent. Il y a des gens à qui le travail casse le dos et le corps. (M. Cyrille Isaac-Sibille s’exclame.) Ces gens-là se retrouvent parfois dans des situations où ils prennent des arrêts, ce qui, en vertu de certaines interprétations, les expose à être sanctionnés. Là, par contre, on va faire très fort, en triplant les sanctions et en allant prévenir l’employeur. C’est pour cela que nous disons que ce texte pratique un « deux poids, deux mesures » permanent : quand il s’agit des forts, quand il s’agit de la fraude fiscale et des employeurs, vous avez la main légère. Par contre, quand il s’agit de gens pour qui la vie est difficile, pour qui 100 euros de prestations sociales sont essentiels, vous avez la main lourde ! C’est ce qui permet de faire en sorte que les enfants ne mangent pas que des pâtes – beaucoup de gens viennent nous dire qu’il leur arrive de se priver pour que leurs enfants puissent manger. Vous allez me dire que je fais du misérabilisme. Ce n’est pas du misérabilisme : c’est une réalité quotidienne pour des millions de gens. Nous allons débattre de ce texte pendant deux semaines pour faire la chasse à ces gens, alors que rien n’est jamais fait pour essayer de les sortir de la précarité – absolument rien. Donc oui, nous continuons de dénoncer le « deux poids, deux mesures », et nous continuerons de dénoncer le fait que dans ce « deux poids, deux mesures », il y a une coalition entre le bloc central et le Rassemblement national,…

Photo de M. Christophe Bentz
Article 4 quater
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Le vote est libre ! Nous ne faisons pas de coalition !

Photo de M. Louis Boyard
Article 4 quater
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

…au point de voir le premier voter des amendements du second, alors que cela ne s’était jamais produit auparavant, parce que certains avaient encore une certaine conscience républicaine – c’est ce que l’on appelait la droite gaulliste ou chiraquienne. Apparemment, cela aussi, vous l’avez perdu. (Exclamations sur les bancs des groupes RN et EPR.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 quater
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’article 4 quater.

II
Article 4 quater
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 4 quater
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 56 Nombre de suffrages exprimés 52 Majorité absolue 27 Pour l’adoption 22 Contre 30

II
Article 4 quater
Intervenant non identifié

(L’article 4 quater n’est pas adopté.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 454 de M. Cyrille Isaac-Sibille, portant article additionnel après l’article 5, est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 454 Adopté
Photo de M. Patrick Hetzel
Après l’article 5
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 5
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 5
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

J’aurais voulu m’inscrire après l’article 5, madame la présidente, mais je crois qu’il n’est pas possible de s’inscrire sur les amendements portant article additionnel. Je ne comprends pas que nous n’ayons pas un débat plus large sur l’amendement no 454, car il est central. Tout d’abord, l’article 5 permettra à des organismes de transmettre des données de santé aux complémentaires pour lutter contre les fraudes. Certains parlementaires se sont fait la réflexion que des organismes privés auxquels on fournirait des données aussi sensibles pourraient s’en servir pour un autre usage, mais le gouvernement a soutenu mordicus qu’il ne fallait pas nous inquiéter et que cela n’arriverait jamais. Je trouve très intéressant que des députés du bloc central appellent à augmenter les sanctions si jamais ces organismes ne respectaient pas l’utilisation de ces données : ce faisant, vous êtes en train d’expliquer que cette possibilité existe et qu’il ne faut donc pas voter l’article 5. Le cœur du problème, c’est que vous allez donner des données de santé à des complémentaires privées qui les utiliseront à des fins commerciales, ce qui est strictement interdit. Cet amendement vise à augmenter les sanctions contre l’utilisation malhonnête de ces données, mais le gouvernement y est défavorable. Pourquoi vous y opposez-vous alors que vous avez voté l’amendement du Rassemblement national qui augmente les sanctions contre les précaires ? Voilà pourquoi on vous parle d’un « deux poids, deux mesures ». J’aimerais avoir des réponses du gouvernement. Ces données seront-elles protégées, oui ou non ? Sinon, pourquoi un député du bloc central a-t-il dit que l’option existe ? Pourquoi vous opposez-vous ici aux sanctions alors que vous êtes capables d’être très durs et très violents avec les travailleurs, les précaires et la France qui galère ?

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 5
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Non, avec les fraudeurs !

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 5
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ?

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 5
Mme Stéphanie Rist ministre

Je souhaite répondre à M. Boyard, sans énervement. J’ai donné un avis défavorable à cet amendement parce que les plafonds qu’il fixe dépassent ceux prévus par le RGPD – règlement général sur la protection des données.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 5
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Cyrille Isaac-Sibille.

Photo de M. Cyrille Isaac-Sibille
Après l’article 5
M. Cyrille Isaac-Sibille Cyrille Isaac-Sibille Dem

J’ai déposé cet amendement parce que les complémentaires nous disent qu’il n’y a jamais eu aucun problème de mésusage ou d’abus de l’usage des données de santé. Ce ne serait donc pas bien grave d’augmenter les plafonds. Toutefois, constatant que vous faites une mauvaise interprétation de mon amendement, je le retire.

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 5
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Il est repris !

II
Après l’article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 454 est adopté.) (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Amdt 454 Adopté
Photo de Mme Ségolène Amiot
Après l’article 5
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Nous aurions de toute façon voté pour !

Photo de Mme la présidente
Article 5 bis A
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 931, tendant à supprimer l’article 5 bis A.

Amdt 931 Adopté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 5 bis A
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Une fois n’est pas coutume, je défends un amendement de suppression. Cet article, introduit en commission, prévoit un système par lequel les assurés peuvent signaler des tentatives de fraude. Le dispositif actuel prévoit déjà différents canaux pour signaler cela. L’introduction d’un nouveau canal de signalement de fraudes simplement présumées n’est pas sans risque. Pour des raisons de sécurité juridique, il faut travailler sur des fraudes avérées. Je propose donc de supprimer cet article.

Photo de M. René Pilato
Article 5 bis A
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

C’est incroyable !

II
Article 5 bis A
Intervenant non identifié

(L’amendement no 931, accepté par le gouvernement, est adopté ; en conséquence, l’article est supprimé et l’amendement no 826 et le sous-amendement no 1112 tombent, de même que l’amendement no 251.)

Amdt 931 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 5 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur cet article, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Êtes-vous d’accord pour procéder au scrutin sans attendre le délai réglementaire de cinq minutes ?

Photo de M. Louis Boyard
Article 5 bis
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Il faut attendre, c’est la règle !

Photo de Mme la présidente
Article 5 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je vais donc suspendre la séance pour cinq minutes, mais vous savez très bien qu’il est d’usage de ne pas attendre ce délai si tous les groupes en sont d’accord. Vous êtes le seul groupe à vous y opposer. C’est votre droit, mais ne me parlez pas de règle alors qu’on peut faire autrement.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix-huit heures cinq, est reprise à dix-huit heures dix.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. Je mets aux voix l’article 5 bis.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 53 Nombre de suffrages exprimés 52 Majorité absolue 27 Pour l’adoption 51 Contre 1

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’article 5 bis est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 289 et 1048, tendant à supprimer l’article 6, sur lesquels le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire a fait une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 289.

Amdt 289 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 6
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Vous avez sans doute tous entendu dans vos circonscriptions des personnes en situation de handicap vous expliquer qu’elles attendent depuis très longtemps une réponse de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Ces procédures sont extrêmement longues et peuvent plonger les personnes concernées dans des situations de précarité, de souffrance et d’angoisse. Or cet article va ajouter du travail aux MDPH en leur demandant de détecter des fraudes qui ne représentent pourtant que 0,01 % de l’ensemble des fraudes sociales. Le montant récupéré dans les caisses sera donc marginal, mais il est certain qu’en étendant les missions des MDPH sans augmenter leurs moyens, la durée de traitement des dossiers augmentera alors que les délais sont déjà beaucoup trop longs pour des situations urgentes. On a dit qu’il fallait bien mesurer l’équilibre général du texte. Qu’en est-il avec cet article idéologique, dogmatique et inutile, qui va mettre dans une grande difficulté des gens qui n’ont rien demandé ? Nous proposons de le supprimer, car il n’est vraiment pas souhaitable d’allonger les délais de traitement, qui sont déjà beaucoup trop longs, de dossiers concernant des gens en grande difficulté pour trois fois rien : cela ne vaut pas le coup. Mes chers collègues, j’en appelle à votre conscience pour supprimer un article qui aurait des conséquences concrètes sur la vie de millions de personnes en situation de handicap. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements nos 390, 394, 393 et 392, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur l’article 6, par les groupes La France insoumise-Nouveau Front populaire et Rassemblement national. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian, pour soutenir l’amendement no 1048.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 6
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Les MDPH ont été créés par la loi fondatrice de 2005. Leurs missions sont des missions d’accueil, d’évaluation pluridisciplinaire, d’accompagnement et de compensation des situations de handicap, mais certainement pas des missions de contrôle ou de suspicion. L’article 6 autorise les agents des maisons départementales des personnes handicapées et des services départementaux chargés de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à échanger des informations avec d’autres administrations en matière de lutte contre la fraude. Cette logique n’est pas du tout celle des MDPH. Tout cela pour quoi ? Pour des montants de fraude très faibles, qu’on peut même qualifier de résiduels, alors que les personnels travaillant dans ces services publics ont déjà énormément de mal à faire face à toutes les tâches qui leur incombent. On connaît les délais très longs pour obtenir de la MDPH des documents attestant d’une situation de handicap. On connaît les situations de grande fragilité dans lesquelles se trouvent les personnes âgées qui ont besoin d’aide. Il faut donc faire attention à ne pas modifier fondamentalement les missions de ces services alors que cette modification n’aurait aucune efficacité dans la lutte contre la fraude. L’enjeu de la lutte contre la fraude sociale n’est pas celui-là. Il faut plutôt lutter, cela a été rappelé à de nombreuses reprises, contre les fraudes aux cotisations sociales et contre les fraudes des professionnels de santé. Pour récupérer des montants résiduels, cet article dévoie les missions des MDPH alors qu’elles peinent déjà à remplir leurs tâches d’accompagnement et d’aide des personnes en situation de handicap.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Je conteste votre interprétation de cet article au moins sur un point, car vous considérez que l’échange d’informations qu’il prévoit n’irait que dans un sens. Dans certains cas, il permet également de protéger les personnes en situation de handicap elles-mêmes, notamment en donnant accès à des informations relatives à des personnels interdits d’exercer pour des faits de fraude. Nous devons être en mesure de protéger les personnes en situation de handicap contre de tels agissements. À votre lecture systématiquement très orientée, je préfère une vision plus équilibrée des dispositions que nous proposons. C’est pourquoi j’émets un avis défavorable sur ces amendements de suppression.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Article 6
M. Jean-Pierre Farandou ministre

L’objectif du gouvernement est de mieux détecter les fraudes dans toutes les branches de la sécurité sociale, y compris dans la branche autonomie, en élargissant l’accès aux données fiscales et sociales. Comme l’a indiqué le rapporteur, cet article permet aux MDPH et aux services gestionnaires de l’APA d’accéder aux informations relatives aux interdictions d’exercice des professionnels de santé, afin de sécuriser les certificats médicaux qu’ils reçoivent. Cette mesure ne retardera pas l’examen des dossiers et ne détournera pas les agents évaluateurs de leur mission. Elle leur permettra de s’assurer que le juste droit est alloué aux bénéficiaires de ces prestations. Par ailleurs, afin d’accélérer le traitement des dossiers, un tour de France des solutions a été organisé en 2025 et plusieurs mesures de simplification sont en cours d’expertise et d’application. Je suis donc défavorable à vos amendements.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Emmanuel Maurel.

Photo de M. Emmanuel Maurel
Article 6
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

J’alerte vraiment les collègues de tous les bancs, puisque nous sommes tous concernés. Chacun d’entre nous est régulièrement interpellé dans sa circonscription par des bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), qui rencontrent d’immenses difficultés car le traitement des dossiers par la MDPH est très long – supérieur à six ou dix mois, parfois à un an – en raison des sous-effectifs et de la surcharge administrative. De nombreux bénéficiaires se trouvent donc lésés. Comme si cela ne suffisait pas, cet article vise à ajouter une mission supplémentaire aux MDPH : un rôle d’enquête qui ne correspond aucunement à leur mission. En effet, leur vocation est d’accompagner les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés, d’échanger avec eux, d’essayer de leur rendre la vie un peu plus douce et un peu moins dure. La Défenseure des droits elle-même reconnaît, comme la Cour des comptes, que la fraude à l’AAH ou à l’APA représente moins de 0,3 % des prestations – c’est rien du tout ! Elle affirme également qu’« étendre les échanges d’informations dans ce domaine reviendrait à fragiliser davantage les usagers les plus vulnérables, sans amélioration prouvée de la détection de fraude » – fraude elle-même infime. Je le dis à tous : cet article n’est pas nécessaire et va à l’encontre de ce que nous souhaitons tous, c’est-à-dire une meilleure prise en charge du handicap.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6
Mme Stéphanie Rist ministre

Il est vrai que les délais de traitement des dossiers par les MDPH sont longs, ce qui a conduit à organiser, l’an dernier, un tour de France des solutions destiné à identifier les pistes pour les réduire. Il a notamment permis d’expérimenter le dossier raccourci, qui a vocation à être généralisé. Par ailleurs, des mesures de simplification, qui seront présentées dans le cadre du projet de loi du même nom, auront également pour objectif de réduire ces délais. L’article 6 permettra aussi aux MDPH d’avoir connaissance des certificats médicaux établis par des professionnels interdits d’exercer. Ainsi, comme l’ont rappelé le rapporteur et le ministre, ce texte vise aussi à protéger les allocataires des MDPH. C’est pourquoi cet article est important. Enfin, nous avons un désaccord de fond. Pour notre part, nous considérons que toute fraude, même de quelques euros (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS), doit être recouvrée : chaque euro versé par la sécurité sociale doit l’être à bon escient.

Photo de M. René Pilato
Article 6
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Incroyable ! Allez chercher l’argent des riches qui fraudent !

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Comme il s’agit d’amendements de suppression, je vais donner la parole à un orateur par groupe. La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 6
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Votre analyse est vraiment à géométrie variable. La fraude dont nous parlons est résiduelle : elle est estimée à 20 millions d’euros par an,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 6
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est énorme !

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 6
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

…à comparer aux milliards d’euros consacrés aux aides sociales, notamment à l’APA, versée aux personnes en perte d’autonomie, en particulier les personnes âgées et les plus vulnérables. En revanche, cela ne vous dérange pas d’expliquer que 5 % de chômage constituerait un taux résiduel : comme s’il n’y avait pas des hommes et des femmes derrière ce chiffre ! Mais lorsqu’il s’agit d’une fraude représentant 0,0007 % des montants versés – fraude dont on ne sait même pas, d’ailleurs, si elle pourra être recouvrée –, alors il faudrait aller chercher le moindre euro.

Photo de M. René Pilato
Article 6
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Elle a raison !

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 6
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Vos priorités apparaissent clairement à l’examen de ce projet de loi : elles ne consistent pas à aider les gens, quand vous confiez des missions de contrôle à des organismes qui n’ont déjà pas les moyens d’assurer correctement leurs missions d’accompagnement auprès des plus vulnérables, qu’il s’agisse des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap. Franchement, comment pouvez-vous proposer une chose pareille ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Ils n’ont honte de rien !

Photo de M. René Pilato
Article 6
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Regardez-vous dans un miroir de temps en temps !

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 6
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je dois vivre dans une dystopie où ChatGPT a pris le contrôle : nous vous donnons des exemples concrets de ralentissement des procédures et, en réponse, vous nous lisez des fiches en répétant les mêmes arguments. Vous ne pouvez pas affirmer que le fait de confier encore davantage de compétences aux MDPH restera sans conséquence : cela se traduira nécessairement par une pression managériale accrue et par un renforcement des missions de contrôle, précisément en raison de votre logique qui consiste à vouloir récupérer le moindre euro d’une fraude absolument marginale. Il est évident que ces nouvelles missions vont encore allonger les délais de traitement des dossiers. Au lieu d’organiser un tour de France pour chercher des solutions, vous auriez mieux fait de vous contenter d’un tour de l’hémicycle : cela fait une éternité que nous vous disons qu’il faut augmenter le nombre de postes ! Si les délais de traitement des dossiers sont trop longs, c’est en raison d’un manque de personnel pour les instruire : tous les syndicats le disent, et tous ceux qui connaissent un peu le sujet le savent. Par ailleurs, le débat est philosophique. Au nom du pacte républicain, il faudrait récupérer le moindre euro parce que c’est, à vous entendre, une question de justice.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6
Mme Stéphanie Rist ministre

Exactement !

Photo de M. Louis Boyard
Article 6
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Mais depuis le début du débat, nous dénonçons votre « deux poids, deux mesures » : vous voudriez recouvrer le moindre euro de fraude sociale, mais vous laissez filer 80 ou 120 milliards d’euros de fraude fiscale, parce que vous réduisez les moyens de la lutte contre la fraude fiscale tout en renforçant ceux consacrés à la fraude sociale. C’est précisément là que le pacte républicain est brisé : pendant que ceux qui ont les moyens fraudent, peut-être par avarice, que sais-je, vous allez multiplier les contrôles visant ceux qui ont bénéficié d’un trop perçu de 15 ou 20 euros. Vous ne pouvez donc pas invoquer la justice : cet argument-là n’est pas valable non plus.

Photo de M. René Pilato
Article 6
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Et ça vous fait rire ?

Photo de M. Louis Boyard
Article 6
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Nous sommes nombreux à tenter d’alerter les parlementaires que vous êtes. Dans vos circonscriptions, vous avez tous reçu des personnes qui se retrouvent dans des situations intenables du fait de la longueur du délai de traitement des dossiers. L’article 6, qui aggravera leurs difficultés et leur galère, ne doit pas être adopté : votez les amendements de suppression !

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Emeric Salmon.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 6
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

J’ai du mal à comprendre nos collègues de gauche sur cette question. Chacun, dans cet hémicycle, en conviendra : celui qui fraude en matière de handicap et d’autonomie – excusez-moi du terme – est un salopard.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 6
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Adressez-vous à vos amis qui ont fraudé au Parlement européen !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 6
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Même s’il n’y avait qu’un seul cas de fraude de ce type, il faudrait y consacrer tous les moyens nécessaires pour y mettre fin. Le contraire serait humainement impensable. Je pensais que cet article ferait l’unanimité, ne serait-ce que par bon sens. Je ne vous comprends pas. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 289 et 1048.

Amdt 289 Rejeté Amdt 1048 Rejeté
II
Article 6
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 68 Nombre de suffrages exprimés 68 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 16 Contre 52

II
Article 6
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 289 et 1048 ne sont pas adoptés.)

Amdt 289 Rejeté Amdt 1048 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 21 et 974. La parole est à M. Emmanuel Maurel, pour soutenir l’amendement no 21.

Amdt 21 Rejeté
Photo de M. Emmanuel Maurel
Article 6
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

Il s’agit d’un amendement de repli. Comme nous ne sommes pas parvenus à convaincre nos collègues de voter les amendements de suppression, je crains que le résultat ne soit le même. Je le regrette, car nous parlons tout de même de 1,5 million de dossiers traités chaque année, avec des effectifs des MDPH qui stagnent depuis dix ans. Je le répète : bien sûr que la fraude est condamnable, surtout lorsqu’elle porte sur des montants élevés et concerne de gros évadés fiscaux, mais j’ai l’impression que ce n’est pas le sujet du jour. En l’espèce, s’agissant de l’allocation aux adultes handicapés, la fraude représente moins de 0,3 % des montants versés : ce sont les chiffres de la Cour des comptes. Consacrer un article entier du projet de loi à cette question, assigner une nouvelle charge aux MDPH qui croulent déjà sous le fardeau administratif, c’est la garantie que les droits des handicapés seront encore moins respectés qu’ils ne le sont aujourd’hui. Je le regrette et vous devriez tous le regretter.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 974 de Mme Sophie Taillé-Polian est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Amdt 974 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Avis défavorable.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Pourquoi ?

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6
Mme Stéphanie Rist ministre

L’article 6 prévoit un simple échange d’informations, qui ne représente pas une mission supplémentaire à la charge des MDPH, contrairement aux propos qui ont été tenus. Par ailleurs, je veux rassurer une nouvelle fois M. Boyard – et je le redirai autant de fois qu’il emploiera les mêmes arguments : nous luttons aussi contre la fraude fiscale. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Non, justement !

Photo de Mme Karen Erodi
Article 6
Mme Karen Erodi Karen Erodi LFI-NFP

Ce n’est pas vrai !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6
Mme Stéphanie Rist ministre

En 2023, le plan de Gabriel Attal, alors ministre des comptes publics, avait permis de multiplier par deux les sommes détectées, à hauteur de 16 milliards d’euros en 2024. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.) Je ne cesserai de le répéter : la lutte contre un type de fraude n’exclut pas l’autre. Avis défavorable.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 6
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Lisez le rapport de la Cour des comptes : vous faites semblant de lutter contre la fraude fiscale !

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Non, madame la ministre, vous ne luttez pas avec la même détermination contre la fraude fiscale : depuis des années, vous supprimez des emplois à la direction générale des finances publiques. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Marie Pochon applaudit également.) Depuis des années, vous ne donnez pas au contrôle fiscal les moyens nécessaires à son action. Depuis des années, nous vous demandons de qualifier et de quantifier la fraude fiscale : vous ne vous êtes même pas dotés des moyens nécessaires pour apprécier le montant de la fraude fiscale, puisque ce sont des ONG et des organisations syndicales qui réalisent ce travail. Depuis des années, nous vous rappelons aussi que la création de quelques algorithmes ne suffit pas à lutter contre la fraude fiscale, alors même que nous sommes confrontés à des organisations mafieuses de blanchiment, s’appuyant sur des paradis fiscaux, des holdings et des sociétés totalement opaques.

Photo de M. René Pilato
Article 6
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Exactement !

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Vous n’organisez pas la lutte contre la fraude fiscale, et le texte que vous nous soumettez est indigne par son déséquilibre. Nous ne contestons pas la lutte contre la fraude sociale, mais l’absence des moyens nécessaires à la lutte contre la fraude fiscale. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) En revanche, vous vous dotez de moyens supplémentaires contre la fraude sociale, allant même jusqu’à donner aux MDPH les moyens de se renseigner sur les personnes handicapées. Vous rendez-vous compte du point où vous en êtes arrivés ? C’est invraisemblable ! Alors, vous allez nous répondre que 1 euro de fraude sociale, c’est 1 euro ; mais pour moi, 1 euro de fraude fiscale, ce sont 100 euros cachés dans les paradis fiscaux ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6
Mme Stéphanie Rist ministre

Il ne sert à rien de crier, surtout pour dire des contrevérités. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Vous ne connaissez pas le sujet !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6
Mme Stéphanie Rist ministre

Vous prétendez qu’aucun moyen nouveau n’a été déployé pour lutter contre la fraude fiscale, alors même que 800 postes supplémentaires ont été créées au cours des trois dernières années.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 6
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Lisez le rapport de la Cour des comptes !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6
Mme Stéphanie Rist ministre

Et je le répète : cet article ne prévoit qu’un échange d’informations, non une charge de travail supplémentaire.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Oui, bien sûr ! Insupportable !

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 6
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je suis scandalisé par ce que vous venez de dire, madame la ministre. Vous parlez de créations de postes à la DGFIP, mais depuis onze ans que Macron est aux commandes – si l’on inclut la période où il était ministre de François Hollande –, des postes consacrés à la lutte contre la fraude fiscale ont été supprimés, alors que d’autres ont été créés pour lutter contre la fraude sociale.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Il a raison !

Photo de M. Louis Boyard
Article 6
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

La fraude sociale s’élève à environ 5 milliards d’euros, hors fraude des employeurs, et nous n’en recouvrons que 16 %. Dans le même temps, la fraude fiscale, commise par des ultrariches, représente un gigantesque pactole de 80 à 120 milliards d’euros mais nous n’en recouvrons que 14 %. Et vous prétendez que ce texte vise à plus de justice ? Un député du Rassemblement national, il y a un instant, affirmait que la fraude au handicap était une chose terrible. Nous ne soutenons pas la fraude.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 6
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Mais vous voulez empêcher qu’on la contrôle !

Photo de M. Louis Boyard
Article 6
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Nous disons simplement que l’adoption de l’article 6 se traduira par une charge de travail supplémentaire pesant sur des agents déjà surchargés, et donc par des délais de traitement des dossiers encore plus longs qu’aujourd’hui. Dites-moi, mesdames et messieurs du Rassemblement national, combien vaut de rallonger de trois à quatre mois l’étude du dossier d’une personne qui est handicapée et qui a besoin d’argent maintenant ? Quel est le prix du malheur ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est de cela que nous parlons. Nous ne voulons pas allonger le traitement des dossiers de gens qui sont déjà dans une précarité extrême. Comment pouvez-vous ne pas comprendre ça ? Vous votez pour allonger le traitement des dossiers des personnes en situation de handicap alors que cette mesure ne rapportera que quelques cacahuètes.

Photo de M. René Pilato
Article 6
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Eh oui !

Photo de M. Louis Boyard
Article 6
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Voilà l’effet concret sur la vie des gens de ce que vous venez de voter alors que cette disposition rapportera trois fois rien et que vous laissez passer la fraude fiscale. Et vous nous reprochez de crier ? Nous sommes en colère car nous savons qu’ensuite, des gens vont venir nous raconter leurs galères. Ils viendront aussi se plaindre auprès de vous dans vos circonscriptions. Nous nous y rendrons pour dire ce que vous avez fait aux personnes en situation de handicap. Nous ne manquerons pas de le leur rappeler. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 6
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Venez ! Ils vont vous recevoir, ne vous inquiétez pas !

II
Article 6
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 21 et 974 ne sont pas adoptés.)

Amdt 21 Rejeté Amdt 974 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 390. (Le micro ne fonctionnant pas, l’orateur se déplace vers un autre micro pour prendre la parole.)

Amdt 390 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 6
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Merci beaucoup à l’agent qui s’occupe de la sonorisation. Nous vous surchargeons probablement avec les prises de parole, alors vous faites comme vous pouvez. (Sourires.) Je pense aussi aux agents de la MDPH dont vous venez d’augmenter la charge de travail, ce qui aura pour conséquence de diminuer le nombre de dossiers examinés. Vous dites que c’est un échange de données, mais il faut bien les traiter. En outre, toute une mouvance politique tend à accélérer les contrôles car vous diminuez les moyens des départements, ce qui les oblige à rechercher le moindre euro. Les dispositions que vous votez ne peuvent qu’accroître les délais de traitement des dossiers déposés à la MDPH. Nous voulons que vous nous indiquiez combien rapportera l’article 6. Une fois que vous serez capables de nous donner cette information, nous pourrons établir si, pour 16 millions d’euros que vous récupérerez, par exemple, nous sommes prêts à rallonger de trois à quatre mois le traitement des dossiers des personnes en situation de handicap. À titre personnel, je ne suis pas prêt à le faire. Il faut mettre des chiffres et des vies sur ce que vous êtes en train de voter. C’est pour cela que nous vous proposons d’empêcher l’autorité judiciaire d’ajouter davantage de missions et de compétences à la MDPH et de procéder à davantage de contrôles. En effet, dans nos circonscriptions, des gens viennent nous expliquer que les MDPH sont débordées ; il ne faut donc pas en rajouter. La seule chose qu’il faut rajouter, c’est du personnel, mais ce n’est pas ce que vous faites : vous rajoutez des missions aux personnels. Répondez-nous donc : combien rapporte l’article 6 ? Quel est le prix du malheur ? Peut-être qu’une fois que ce sera fait, vous arriverez à nous convaincre ; je pense plutôt que vous comprendrez que nous parlons là d’un sujet très concret pour des gens qui sont déjà dans une difficulté et une précarité extrêmes. Il est encore possible de voter contre l’article 6.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Les arguments que je présenterai vaudront aussi pour les amendements suivants, car les amendements nos 390, 394, 393 et 392 tendent à supprimer certains alinéas de l’article 6. Vous êtes libres de déposer les amendements que vous voulez, mais permettez-moi de procéder à une clarification utile. Contrairement à ce que j’ai pu entendre, il n’y a pas de stigmatisation. L’alinéa 3, que l’amendement no 390 tend à supprimer, vise à sécuriser la liste des destinataires des informations judiciaires en matière de fraude sociale, en couvrant explicitement les MDPH et les services d’aide à la personne qui ne relèvent pas de la catégorie des « organismes de protection sociale ». Supprimer cet alinéa réintroduirait une ambiguïté et affaiblirait la coopération entre les acteurs. L’outil proposé est ciblé : sa mobilisation est facultative et peut être réservée aux cas de fraude manifeste. L’autorité judiciaire aura simplement la faculté de transmettre des indices. Surtout, j’insiste sur la cohérence de l’architecture antifraude. Je ne sais pas quel regard vous portez sur cela, mais il serait paradoxal que l’autorité judiciaire qui aurait connaissance d’une infraction ne puisse pas transmettre cette information au département concerné. Il reviendra dans un second temps au département de définir les suites qu’il entend donner à ce signalement. Cependant je pense que l’article 6 s’inscrit dans une architecture normale de lutte contre la fraude. L’avis de la commission est donc défavorable sur l’amendement no 390 ainsi que sur les amendements nos 394, 393 et 392.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Emeric Salmon.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 6
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Monsieur Boyard, si vous voulez venir dans ma circonscription, la visiter, rencontrer les gens, il vous suffit de prendre comme moi le train de 7 h 22 du vendredi matin pour Belfort. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.) Vous pourrez visiter la deuxième circonscription de Haute-Saône. Vous découvrirez de très belles choses : le sapeur Camember à Lure, la station thermale de Luxeuil-les-Bains, la base aérienne Luxeuil-Saint-Sauveur. C’est très intéressant de rencontrer une population rurale – vous verrez, ça se passe très bien. Je n’ai pas les éléments dont dispose le gouvernement pour savoir combien ça coûte et combien ça rapporte. Le but de l’ensemble de ce projet de loi est de faire en sorte qu’il n’y ait plus de fraude. Ainsi, j’espère que les amendes, à terme, ne rapporteront rien, dès lors que le but est de supprimer la fraude. C’est pour cela qu’il faut prendre des dispositions pour la limiter au maximum. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Annie Vidal.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 6
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

L’article 6 instaure un partage d’informations entre la MDPH et le département principalement. Nous savons que le partage d’informations améliore généralement la fluidité du traitement des dossiers. Or tous ceux qui ont travaillé sur des dossiers MDPH savent combien il est difficile à ces deux administrations d’obtenir toutes les informations. Je voudrais que nous ne prenions pas seulement en considération l’aspect financier car la philosophie de la lutte contre la fraude n’est pas seulement financière. Prenons un exemple de fraude assez connue et malheureusement très développée : la fraude à la carte de stationnement. La lutte contre celle-ci prend beaucoup de temps aux administrations. Que se passe-t-il ? Celles et ceux qui possèdent indûment une carte de stationnement garent leur voiture sur les places réservées aux personnes en situation de handicap. Quand ces dernières arrivent, elles ne trouvent plus de place. C’est aussi cela que nous voulons défendre : protéger les droits de celles et ceux qui en ont légitimement et ne pas les accorder aux autres.

Photo de Mme la présidente
Article 6
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Entendre M. Salmon faire le parangon de vertu en matière de fraude prête à pleurer ou à sourire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Sur le sujet de la fraude, vous êtes un spécialiste…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 6
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est une atteinte personnelle !

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

…comme l’ensemble du Rassemblement national.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 6
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Rendez l’argent !

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

La justice l’a démontré. (Protestations sur les bancs du groupe RN.) Madame la ministre, pourriez-vous expliquer votre réponse au sujet des moyens qu’il convient d’accorder à ceux qui luttent contre la fraude ? Vous soutenez qu’il s’agit juste d’un échange de données, mais qu’en fait-on ensuite ? Qui exploite ces éléments, un algorithme ou des agents ? S’ils sont exploités par des agents, un échange de données conduira à un travail supplémentaire confié à des agents qui ont vraiment autre chose à faire que cela, notamment ceux des MDPH. Madame Vidal, vous venez de donner l’exemple des fausses cartes de stationnement, mais en quoi l’échange de données entraînera-t-il l’interdiction faite à quelqu’un d’utiliser une carte de stationnement handicapé ? Pour cela, il faut que vous donniez le fichier des MDPH aux forces de police.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 6
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Mais non !

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Sinon, je ne vois pas comment ceux qui contrôlent les véhicules garés sur les places handicapé pourraient savoir que la carte de stationnement est fausse. Votre idée, madame Vidal, est de donner la liste des personnes handicapées aux forces de police pour que celles-ci puissent savoir si la personne est ou non handicapée.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 6
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Mais non !

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Si, c’est ce qu’il faut faire pour aller au bout de votre logique. J’attends la réponse de Mme la ministre sur ce qu’on fait des données qui sont juste échangées.

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Emeric Salmon, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Emeric Salmon
Rappel au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Sur la base de l’article 70, alinéa 3. Mme Arrighi m’a mis en cause personnellement.

Photo de Mme Christine Arrighi
Rappel au règlement
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

J’ai cité la justice !

Photo de M. Emeric Salmon
Rappel au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Elle a dit que moi, M. Salmon, je me présentais comme un parangon de vertu. À titre personnel, je n’ai jamais été mis en examen, ni mis en cause, ni rien.

Photo de Mme Christine Arrighi
Rappel au règlement
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Mais collectivement !

Photo de M. Emeric Salmon
Rappel au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Je reconnais avoir eu un PV – le 26 avril, je récupérerai les douze points car cela fait trois ans que je n’ai pas commis d’infraction.

Photo de Mme Christine Arrighi
Rappel au règlement
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Bravo ! (Sourires.)

Photo de M. Emeric Salmon
Rappel au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Je demande à Mme Arrighi de me présenter des excuses parce qu’elle me met en cause personnellement en m’accusant de fraude sociale ou de je ne sais quoi…

Photo de M. René Pilato
Rappel au règlement
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

D’être un spécialiste !

Photo de M. Emeric Salmon
Rappel au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Je suis personnellement choqué. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Rappel au règlement
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Je présente mes excuses à titre personnel à M. Salmon, car je ne m’adressais pas à M. Salmon à titre personnel mais à M. Salmon, député du Rassemblement national, lequel a bel et bien été condamné pour fraude. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emeric Salmon
Rappel au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Non, pas du tout ! Et la présomption d’innocence, elle connaît ? Et le principe de l’appel ?

Photo de M. Antoine Léaument
Rappel au règlement
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Et l’argent ?

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Emmanuel Maurel.

Photo de M. Emmanuel Maurel
Article 6 (suite)
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

Madame la ministre, il y a quelque chose que je ne comprends pas. Vous dites que l’article 6 n’entraînera pas de travail supplémentaire, car il s’agit juste d’un échange de données et d’informations. Mais un tel échange suppose bien un traitement, c’est-à-dire du travail supplémentaire. Quand on connaît la charge administrative des MDPH et le nombre de dossiers en attente, on ne comprend pas votre argument. Il y a un deuxième argument que je ne comprends pas. Vous avez dit que sur la fraude fiscale, notamment avec le gouvernement Attal, on avait fait des progrès extraordinaires. La vérité est qu’il ne s’est rien passé du tout. J’en veux pour preuve le rapport de la Cour des comptes de décembre sur la fraude fiscale selon lequel, « à rebours de l’intention affichée du législateur, la fraude fiscale n’est ni plus fréquemment, ni plus durement sanctionnée qu’il y a dix ans ». Dans les années 2010, en moyenne, on récupérait 10 milliards d’euros par an, et ce montant n’a pas changé. Le résultat de votre action est donc nul. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6 (suite)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

C’est plus que nul !

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 390.

Amdt 390 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 73 Nombre de suffrages exprimés 69 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 18 Contre 51

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 390 n’est pas adopté.)

Amdt 390 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 394.

Amdt 394 Rejeté
Photo de Mme Mathilde Feld
Article 6 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Cela devient compliqué de continuer à défendre les amendements dans cette ambiance assez hallucinante.

Photo de M. Jean Terlier
Article 6 (suite)
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Vous n’êtes pas obligée !

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 6 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Vous êtes donc tous d’accord pour dire que l’adoption de l’article 6 n’aurait pas pour effet un surcroît de travail pour les agents des départements ? Nous en reparlerons : des données supplémentaires à traiter créent fatalement du travail supplémentaire pour les agents du département. Je rappellerai des situations déjà évoquées de nombreuses fois dans cet hémicycle et au sujet desquelles vous êtes tous interpellés dans vos circonscriptions, car elles durent depuis des mois. Par exemple, des enfants touchés par une maladie dégénérative ont leur chambre à l’étage parce que leurs parents n’ont toujours pas reçu les aides qui leur permettraient de restructurer leur habitat de façon à installer la chambre au rez-de-chaussée, dans le cadre d’opérations programmées d’amélioration de l’habitat (Opah). Je suis surprise que vous ne soyez pas sensibles à cet argument. Il y a déjà un manque criant de moyens pour les départements, et pourtant vous voulez confier des tâches supplémentaires à leurs agents. L’amendement no 394, qui est un amendement de repli, tend à supprimer les alinéas 7 à 10 de l’article 6, qui élargissent considérablement la liste des agents autorisés à échanger les données personnelles des bénéficiaires de prestations liées au handicap et à l’autonomie. Ces données seront numérisées et lâchées sur la toile comme de nombreuses autres que nous avons déjà évoquées dans l’hémicycle car, actuellement, personne n’est capable de sécuriser des données personnelles. Voilà ce que vous faites aux personnes porteuses de handicap. Non seulement vous les soupçonnez, mais vous vous apprêtez à permettre la diffusion de leurs données personnelles.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 6 (suite)
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Mais non !

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 6 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je note que vous n’avez pas répondu à ma première interpellation sur la surcharge de travail qui sera imposée aux agents. J’ai une autre question pour vous : qu’allez-vous faire de toutes ces données ? Plus vous augmentez le nombre d’acteurs qui y ont accès, plus vous augmentez le risque de failles, et donc de fuites. Je suis très étonné de constater qu’il y a des fuites de données toutes les semaines. Cela veut dire que toutes les semaines, l’État manque à son devoir de protéger les données qu’il a lui-même collectées, exposant ainsi nos concitoyens à des escroqueries montées avec l’aide de l’intelligence artificielle. C’est une grande injustice qui devrait vous révolter ! L’adoption de l’article 6 aura pour conséquence de multiplier le nombre de fuites potentielles sans que cela vous indigne. Cet article n’est ni fait ni à faire ! Mes collègues ont montré, chiffres à l’appui, que les fraudes que vous ciblez sont minimes. À l’inverse, l’allongement du délai de traitement des dossiers aura de graves conséquences sur la vie des personnes en situation de handicap, qui sont souvent plongées dans une grande précarité. Et je ne parle même pas du nombre toujours plus élevé des victimes d’escroquerie ! Du point de vue de la morale et de la vertu, c’est inadmissible ! Pour rien au monde, cet article ne doit être voté !

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Denis Masséglia.

Photo de M. Denis Masséglia
Article 6 (suite)
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Je remarque qu’il y a toujours un LFIste pour défendre un fraudeur : c’est vraiment dans votre ADN ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 6 (suite)
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Sérieusement ?

Photo de M. Denis Masséglia
Article 6 (suite)
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Monsieur Boyard, vous nous avez invités à venir dans votre circonscription pour parler de handicap. C’est quand vous voulez !

Photo de M. Louis Boyard
Article 6 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Vous n’êtes pas invité, vous !

Photo de M. Denis Masséglia
Article 6 (suite)
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

On pourra parler du remboursement des fauteuils roulants – vous avez voté contre. On pourra parler de l’augmentation de l’AAH – vous avez voté contre. On pourra parler également de l’augmentation du nombre d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), passé de 53 800 en 2007, quand nous sommes arrivés aux responsabilités, à 140 000 aujourd’hui. Enfin, on pourra parler de la stratégie nationale pour l’autisme et les troubles du développement, dotée de 550 millions d’euros – vous avez voté contre ! Vous votez toujours contre les aides, à l’exception de celles qui concernent les personnes qui fraudent. Finalement, il n’y a que ça qui vous intéresse, aider les fraudeurs !

Photo de M. Gabriel Amard
Article 6 (suite)
M. Gabriel Amard Gabriel Amard LFI-NFP

C’est du haut niveau !

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 394.

Amdt 394 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 74 Nombre de suffrages exprimés 69 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 20 Contre 49

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 394 n’est pas adopté.)

Amdt 394 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 393.

Amdt 393 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 6 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Vous ne vous rendez pas compte à quel point vous pouvez parfois être méprisants ! (Rires sur les bancs du groupe RN.) Certes, j’ai beaucoup de mépris pour vous, mais vous, vous méprisez le peuple français en faisant croire que vous faites quelque chose pour les personnes en situation de handicap ! Monsieur Masséglia, je ne vous inviterai pas dans ma circonscription pour aller parler aux AESH, parce que je ne sais pas comment vous ressortiriez d’une telle rencontre, tant les AESH sont en colère devant la manière dont sont traités les enfants en situation de handicap : parfois, elles doivent s’occuper en même temps de quatre élèves souffrant de handicaps lourds ! Je ne vous présenterai pas non plus toutes ces personnes qui habitent au troisième ou au quatrième étage alors qu’elles peuvent à peine marcher et qui n’arrivent pas à obtenir un logement adapté. Non, je ne vous emmènerai pas là-bas, parce que j’aurais trop honte de dire que vous et moi faisons partie de la même institution !

Photo de M. Théo Bernhardt
Article 6 (suite)
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Quelle haine !

Photo de M. Louis Boyard
Article 6 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Vous dites que La France insoumise veut défendre les fraudeurs : vous n’avez peut-être pas écouté ou compris notre mise en garde contre l’allongement du délai de traitement des dossiers.

Photo de M. Pierre Henriet
Article 6 (suite)
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

Si, si, on a écouté !

Photo de M. Louis Boyard
Article 6 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Et vous savez quoi ? Je reprends votre rhétorique : il y a toujours quelqu’un pour défendre les fuites de données de l’État ! S’il y a des escroqueries, c’est parce que des députés inconséquents comme vous sont capables de confier des données très sensibles à des services qui n’ont pas les moyens de les protéger. Je pourrais dire que, dans le fond, vous êtes profondément malhonnête. Mais moi, je respecte les gens.

Photo de Mme Claire Marais-Beuil
Article 6 (suite)
Mme Claire Marais-Beuil Claire Marais-Beuil RN

Ça se saurait !

Photo de M. Louis Boyard
Article 6 (suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Les gens sont intelligents. Ils réfléchissent. Ils voient. Ils ne pensent pas que vous soyez quelqu’un de malveillant. Ils pensent que vous êtes profondément déconnecté de la réalité. Et c’est vrai ! L’allongement des délais de traitements des dossiers MDPH, ça ne changera rien à votre vie. Les fuites de données, ça ne changera rien à votre vie. Ce n’est pas tout à fait vrai, d’ailleurs : il me suffit d’aller sur un site internet pour trouver votre adresse, le nom de vos enfants, le lieu de votre déménagement et votre numéro de sécurité sociale. L’État a laissé passer tellement de fuites de données ! Et vous venez nous donner des leçons ! Et vous nous dites que nous sommes malhonnêtes ! Mais regardez un peu plus loin que le bout de votre nez ! Voyez ce que c’est que la précarité ! Intéressez-vous aux conséquences de l’allongement des délais de traitement d’un dossier MDPH ! Alors, vous saurez que votre vote a des conséquences et que la honte n’est pas de notre côté – elle est du vôtre. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 393.

Amdt 393 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 73 Nombre de suffrages exprimés 70 Majorité absolue 36 Pour l’adoption 19 Contre 51

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 393 n’est pas adopté.)

Amdt 393 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 392.

Amdt 392 Rejeté
Photo de Mme Mathilde Feld
Article 6 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Cet amendement de repli…

Photo de M. Antoine Léaument
Article 6 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Un amendement origami !

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 6 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

…vise à supprimer l’alinéa 10 de l’article 6, qui représente pour nous une véritable régression. Ma collègue Arrighi a parlé tout à l’heure de la gendarmerie. La commission a en effet adopté un dispositif qui permet aux agents de la gendarmerie et des douanes affectés à un organisme de coopération transfrontalière d’échanger des informations avec d’autres services de l’État ou avec les agents des organismes de protection sociale. La droite et l’extrême droite proposent ainsi d’envoyer les données des assurés sociaux aux services policiers ou douaniers d’autres pays. Monsieur Masséglia, nous ne voulons absolument pas protéger les fraudeurs, surtout quand il s’agit de fraudes majeures, mais nous regrettons que tant de moyens soient déployés pour aller chercher quelques malheureuses centaines de milliers d’euros dans les poches des plus précaires, alors qu’il y a des milliards – que dis-je, des dizaines de milliards – à récupérer chez les fraudeurs en col blanc ! Pour nous, il y a une hiérarchie de la fraude. Vous traquez la fraude dans des recoins improbables au lieu de poursuivre les fraudeurs en col blanc, qui coûtent chaque année près de 100 milliards d’euros à notre budget. C’est ça, le problème de ce texte : il est faux dans son titre et hypocrite dans son contenu ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 (suite)
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Madame Feld, votre argumentation est à géométrie variable. Vos collègues eux-mêmes le reconnaissent : un certain nombre de fraudes sont réalisées en bande organisée, le plus souvent depuis l’étranger. La coopération entre les services de police est donc nécessaire. En tant qu’élu d’Alsace, je pense par exemple à nos échanges avec la police allemande. Votre amendement nuirait à l’efficacité de notre lutte contre la fraude en bande organisée. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 392.

Amdt 392 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 76 Nombre de suffrages exprimés 76 Majorité absolue 39 Pour l’adoption 24 Contre 52

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 392 n’est pas adopté.)

Amdt 392 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 191 de M. le rapporteur est rédactionnel. Quel est l’avis du gouvernement ?

Amdt 191 Adopté
Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis favorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 191.

Amdt 191 Adopté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 75 Nombre de suffrages exprimés 72 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 56 Contre 16

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 191 est adopté.)

Amdt 191 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’article 6, tel qu’il a été amendé.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 74 Nombre de suffrages exprimés 73 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 54 Contre 19

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’article 6, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur l’amendement no 290, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur l’article 6 bis, par les groupes Ensemble pour la République et La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 290, tendant à supprimer l’article 6 bis.

Amdt 290 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 6 bis
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

L’article prévoit que les prestations autonomie ou handicap ne puissent pas être perçues sur un compte domicilié à l’étranger. Je pourrais vous expliquer en quoi cette idée compliquera la vie des gens, mais je vous propose plutôt de faire de la coconstruction : supprimons les aides publiques pour les entreprises qui appartiennent à une holding enregistrée à l’étranger. Cela nous rapportera mille fois plus que le simple article 6 bis ! (M. Antoine Léaument applaudit.) Dites-moi donc, mes chers collègues : êtes-vous d’accord pour que les grands milliardaires, qui ne payent pas leurs impôts en France alors qu’ils touchent des dizaines de milliards d’euros d’aides publiques sur lesquels ils n’auront jamais à rendre des comptes, ne reçoivent plus d’argent public ? Pourquoi ce qui serait possible pour une personne en situation de handicap ou une personne âgée ne le serait-il pas pour les milliardaires ? Vous voulez dire que ce texte ferait du « deux poids, deux mesures » ? Malheureusement, je dois recourir à l’humour, puisque les arguments sérieux n’ont pas réussi à vous convaincre ! Vous ne voulez pas les entendre et vous ne nous répondez jamais. Nous avons aussi essayé de vous montrer les effets de vos choix sur la vie des gens. Vous ne voulez pas nous écouter. Maintenant, il ne nous reste que la moquerie pour vous faire réagir ! J’aimerais bien avoir une réponse. Est-ce que quelqu’un peut lever la main et me dire s’il est d’accord avec cette proposition qui permettrait d’équilibrer le texte ? Allons chercher l’argent là où il est, c’est-à-dire chez les grands milliardaires qui ne payent pas leurs impôts en France !

Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 bis
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Je voudrais rectifier ce qui vient d’être dit : rien n’empêche de toucher ces aides. Il n’y a pas de remise en cause de l’accès aux droits. Il faut simplement disposer d’un compte domicilié en France, ce qui ne devrait pas poser de problème pour les personnes qui résident en France. Cette mesure garantit la cohérence globale de la sécurisation des paiements. Elle cible les risques de détournement sans remettre en cause l’accès au droit. Enfin, je rappelle qu’il s’agit de prestations par nature liées à une résidence en France. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 bis
Mme Stéphanie Rist ministre

Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Antoine Léaument.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 6 bis
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Ce que vous voulez faire est rigoureusement impossible et illégal, pour deux raisons : appliquer à quelqu’un un traitement différent en se fondant sur la domiciliation de son compte bancaire est considéré comme une discrimination, et c’est une attaque contre la concurrence libre et non faussée, à laquelle vous êtes en principe favorables – y compris la concurrence internationale, pour bénéficier de meilleurs taux et de frais bancaires plus bas. Et voilà que vous nous proposez de faire l’inverse. Par ailleurs, beaucoup de gens ont des comptes sur des plateformes localisées à l’étranger – des cas se sont récemment présentés, sur lesquels je ne reviendrai pas, mais le plus important à retenir reste qu’une telle mesure est une discrimination au regard de la loi. Si vous ne votez pas notre amendement, vous introduirez dans notre loi une mesure discriminatoire. Nous sommes députés, nous devons respecter la loi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6 bis
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Ce sera retoqué par le Conseil constitutionnel, comme d’habitude.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 6 bis
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Une loi décrit spécifiquement les différents mécanismes de discrimination, dont la discrimination au compte bancaire. Vous ne pouvez pas faire ça.

Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 6 bis
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Je ne répéterai pas ce qui vient d’être dit, mais vous savez pertinemment qu’un tel texte sera censuré par le Conseil constitutionnel. Nous y sommes habitués : un ministre du nom de Gérald Darmanin avait déjà affirmé haut et fort, dans cet hémicycle, que ça ne le dérangeait pas de proposer un texte dont il savait pertinemment qu’il serait censuré par le Conseil constitutionnel. C’est exactement pareil : vous savez que ce texte sera censuré mais vous le proposez malgré tout car il est politique. Dans le seul objectif de satisfaire le Rassemblement national, vous allez poursuivre et désigner comme coupables d’une situation dont vous êtes vous-mêmes responsables toutes celles et ceux qui sont dans la plus grande précarité.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 6 bis
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ça ne vous empêchera pas de voter pour Édouard Philippe au second tour !

Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 290.

Amdt 290 Rejeté
II
Article 6 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 71 Nombre de suffrages exprimés 68 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 21 Contre 47

II
Article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 290 n’est pas adopté.)

Amdt 290 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 47 de Mme Sandrine Runel est défendu.

Amdt 47 Rejeté
II
Article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 47, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 47 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’article 6 bis.

II
Article 6 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 77 Nombre de suffrages exprimés 77 Majorité absolue 39 Pour l’adoption 48 Contre 29

II
Article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’article 6 bis est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur l’amendement n° 291, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 608 portant article additionnel après l’article 6 bis de M. François Gernigon est défendu.

Amdt 608 Adopté
II
Après l’article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 608, accepté par la commission et le gouvernement, est adopté.)

Amdt 608 Adopté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 451 portant également article additionnel après l’article 6 bis de M. Cyrille Isaac-Sibille est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 451 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Après l’article 6 bis
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Après l’article 6 bis
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 451. (Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Amdt 451 Rejeté
II
Après l’article 6 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 6 bis
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 63 Nombre de suffrages exprimés 58 Majorité absolue 30 Pour l’adoption 28 Contre 30

II
Après l’article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 451 n’est pas adopté.)

Amdt 451 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 291, tendant à supprimer l’article 6 ter.

Amdt 291 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 6 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Pour simplifier, disons que l’article 6 ter tend à placer l’inspection du travail sous la tutelle de la direction générale de l’aviation civile (DGAC). Je suis bien placé pour vous en parler, puisque j’ai l’honneur de compter dans ma circonscription l’aéroport d’Orly – sympathique pour les emplois, mais très désagréable lorsqu’on habite en dessous, ce qui est mon cas. Il faudra un jour parler dans cet hémicycle du fait que les aéroports ne respectent pas les couvre-feux, mais ce n’est pas le moment. La sous-traitance est un véritable sujet dans ce milieu car elle favorise le travail dissimulé. Là, vous en auriez, de l’argent à récupérer ! Or la direction générale de l’aviation civile se place plutôt du côté du patronat – nous citons L’Humanité, un journal qui fait référence en la matière. (Rires sur les bancs du groupe RN.) Oui, L’Humanité est une très bonne référence ! Vos journaux sont bien plus terribles. Au moins, L’Humanité n’est pas financée par des milliardaires qui cherchent à défendre leurs intérêts. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 6 ter
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Il est financé par nos impôts !

Photo de M. Louis Boyard
Article 6 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

C’est la grande différence entre nos journaux et les vôtres. Vous êtes les petits laquais des bourgeois, pas nous. Il nous semble que placer l’inspection du travail sous la tutelle de la direction générale de l’aviation civile favoriserait le travail dissimulé. Nous proposons donc d’accorder plus de moyens à l’inspection du travail : si vous voulez récupérer 8 milliards sur les 13 dont vous parlez, peut-être faudrait-il en effet arrêter de supprimer des postes d’inspecteurs. D’autres articles permettront d’en discuter. Nous aimerions également conserver l’indépendance de cette institution. C’est pourquoi nous vous appelons à supprimer l’article 6 ter.

Photo de Mme la présidente
Article 6 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 ter
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Vous dites, monsieur Boyard, qu’avec cet amendement, vous tenez à faire en sorte que l’inspection du travail ne se trouve pas sous la tutelle de la direction générale de l’aviation civile. Je vous rassure tout de suite : ce n’est pas le cas. Plusieurs éléments le confirment. D’abord, l’article, tel qu’il est rédigé, prévoit un renforcement des moyens de contrôle, non une mise sous tutelle de l’inspection du travail. L’article ne retire d’ailleurs aucune compétence à l’inspection du travail et ne modifie ni son statut, ni ses garanties d’indépendance ; il ne touche pas non plus à ses pouvoirs de contrôle. Au contraire, dans un secteur spécifique et internationalisé, il ajoute des agents des corps administratifs habilités de la DGAC comme intervenants complémentaires pour lutter efficacement contre le travail illégal. Ensuite, il faut présenter cette extension autrement : vous parlez d’une tutelle de la DGAC, mais les inspecteurs conserveront l’intégralité de leurs prérogatives et resteront le pivot du contrôle du droit du travail, y compris dans le secteur aérien. En revanche, que pourront-ils faire concrètement ? J’ai lu avec intérêt votre exposé sommaire : vous parlez de détachements, de contrats étrangers, de contournements des règles de temps de travail. Cela montre bien que le respect du droit du travail pose problème dans certaines compagnies. Or les agents de la direction générale de l’aviation civile sont présents au quotidien sur les plateformes aéroportuaires et dans les compagnies et disposent à ce titre d’une connaissance fine des opérations, des bases d’affectation et des montages techniques. L’article 6 ter permet d’utiliser cette présence sur le terrain pour détecter plus facilement les situations litigeuses et les signaler aux services compétents, au bénéfice des salariés, des hôtesses, des stewards, des pilotes et des personnels au sol. Si vous voulez les protéger, il faut donc à tout prix maintenir l’article. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Article 6 ter
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Je le trouve bien, cet article, car il s’attaque au travail dissimulé. Je pensais que nous aurions pu être d’accord mais il semble que même sur ce point, il soit difficile de s’accorder. Ce n’est pas commode. (Mme Mathilde Feld s’exclame.) L’article prévoit pourtant de donner davantage de moyens pour être plus efficaces. Vous avez vous-même reconnu, vous qui comptez un aéroport dans votre circonscription, que la direction générale de l’aviation civile maîtrisait bien ce qui se passe dans les aéroports, alors qu’il peut être difficile d’en avoir connaissance de l’extérieur. Je trouve donc intéressant de lui accorder ces capacités. Je rappelle qu’il s’agit d’agents commissionnés et assermentés, pour lutter plus efficacement contre le premier fléau de la fraude sociale, le travail dissimulé – comme vous l’avez d’ailleurs répété. Quelle n’est pas ma surprise de voir que même cet article est pour vous difficile à adopter ! Nous avons du mal à avancer mais ce n’est pas grave. L’article visant à mobiliser tous les moyens pour renforcer la synergie entre les différents acteurs afin de lutter contre la fraude au travail dissimulé, je suis défavorable à votre amendement de suppression.

Photo de Mme la présidente
Article 6 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 6 ter
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Au-delà des propos caricaturaux du ministre, à quoi servira l’inspection du travail dans les aéroports ?

Photo de M. Louis Boyard
Article 6 ter
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

La réponse n’est pas dans sa fiche !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 6 ter
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

La réponse à la question ?

Photo de Mme la présidente
Article 6 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 291.

Amdt 291 Rejeté
II
Article 6 ter
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 76 Nombre de suffrages exprimés 71 Majorité absolue 36 Pour l’adoption 17 Contre 54

II
Article 6 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 291 n’est pas adopté.)

Amdt 291 Rejeté
II
Article 6 ter
Intervenant non identifié

(L’article 6 ter est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 ter
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur les amendements nos 1039 et 1036, je suis saisie par le groupe Rassemblement national de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Nous en venons aux amendements portant article additionnel après l’article 7. L’amendement no 848 de Mme Anne-Sophie Ronceret, qui fait l’objet d’un sous-amendement, est défendu. La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir le sous-amendement no 1121.

Amdt 848 Array
Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 7
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Je remercie le ministre pour sa réponse circonstanciée et détaillée. Cet exposé était très intéressant ! Le sous-amendement prévoit d’assurer l’entrée en vigueur effective du dispositif de contrôle du remboursement des lentilles de contact. À ce jour, il est illusoire d’espérer que la navette s’achève à temps pour que nos organismes de sécurité sociale aient le temps d’intégrer ce nouveau fonctionnement d’ici le 1er juillet 2026. La défense du sous-amendement doit vous sembler lunaire car l’amendement auquel il se rapporte n’a pas été présenté, mais disons que pour éviter que le dispositif, par manque de préparation, ne soit inefficace et ne bafoue les libertés individuelles, nous proposons qu’il n’entre en vigueur qu’à partir de 2027.

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 1121, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 1121 Rejeté
II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 848, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 848 Array
Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Théo Bernhardt, pour soutenir l’amendement no 1039.

Amdt 1039 Rejeté
Photo de M. Théo Bernhardt
Après l’article 7
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Il tend à renforcer la protection des pharmaciens lorsqu’ils délivrent des médicaments à partir de prescriptions électroniques. Les modalités techniques de ces dernières entraînent une injustice : lorsqu’une ordonnance électronique est présentée à une pharmacie, sa télétransmission vers le système de l’assurance maladie peut prendre jusqu’à vingt-quatre heures. Pendant ce délai, un fraudeur peut faire le tour des officines et obtenir plusieurs dispensations avec la même prescription. Pour chaque pharmacien, l’ordonnance apparaît comme valide dans le système et tous délivrent les médicaments – ils font tout simplement leur travail. La fraude est ensuite détectée et le pharmacien reçoit a posteriori la notification de l’indu, alors qu’il n’a rien fait de mal : il a mené les vérifications d’usage mais le système ne lui a techniquement pas permis de détecter la fraude. La peine est double : le pharmacien est victime du fraudeur, puis il est sanctionné par l’administration. L’objectif de cet amendement est donc simple : lorsque la prescription apparaissait comme valide au moment de la dispensation et que les vérifications d’usage ont été effectuées, la bonne foi est présumée et l’indu est récupéré auprès du fraudeur, et non du professionnel de santé.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Après l’article 7
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Cet amendement met en lumière un vrai problème, remonté par les pharmaciens d’officine. Cela étant, il faut apporter une réponse technique et traiter cette difficulté par l’amélioration du système informatique plutôt que par une immunité légale. Or votre amendement, monsieur Bernhardt, reviendrait à inscrire une telle immunité dans le texte. C’est pourquoi je vous propose de le retirer ; à défaut, mon avis serait défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Vous proposez une fonctionnalité qui existe déjà, et qui est progressivement déployée dans le cadre de la deuxième vague du Ségur du numérique. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Ségolène Amiot.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Après l’article 7
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Depuis plusieurs années, les officines impriment directement ce qu’elles ont délivré sur l’ordonnance. Beaucoup de pharmacies sont équipées d’une imprimante, et son installation n’est pas particulièrement coûteuse. Il devient donc difficile d’ignorer ce qui a déjà été délivré lorsque c’est imprimé sur l’ordonnance – et vous noterez qu’une imprimante n’a rien d’une technologie récente, nous en avons depuis la fin des années 1980. Votre amendement me semble donc quelque peu en décalage. Qu’il existe encore des officines non équipées et susceptibles de se faire avoir, à la rigueur, mais cela soulève surtout la question d’une éventuelle complicité – celle de ne pas examiner l’ordonnance dans son intégralité.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Théo Bernhardt.

Photo de M. Théo Bernhardt
Après l’article 7
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Chère collègue, je parlais de prescriptions électroniques – par définition, dans ce cas, il n’y a pas de papier. Le pharmacien reçoit l’ordonnance sur son écran et ne peut pas savoir si le médicament a déjà été délivré. C’est précisément pour répondre à ce problème, la mise à jour de l’ordonnance pouvant prendre jusqu’à vingt-quatre heures, que j’ai déposé l’amendement. Madame la ministre, vous indiquez qu’une solution est prévue mais, pour l’instant, rien n’est opérationnel. Pouvez-vous nous communiquer une date ? Je pourrais alors retirer mon amendement. Pour l’heure, j’attends simplement une réponse.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Cette fonctionnalité figure déjà dans le cahier des charges depuis 2024.

Photo de M. Théo Bernhardt
Après l’article 7
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Mais on est en 2026 !

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Pour aider les pharmaciens à adapter leurs logiciels, des financements sont prévus dans le cadre de la deuxième vague du Ségur du numérique, déployée à partir de maintenant et jusqu’au premier trimestre 2027.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 1039.

Amdt 1039 Rejeté
II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 74 Nombre de suffrages exprimés 58 Majorité absolue 30 Pour l’adoption 25 Contre 33

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1039 n’est pas adopté.)

Amdt 1039 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Théo Bernhardt, pour soutenir l’amendement no 1036.

Amdt 1036 Rejeté
Photo de M. Théo Bernhardt
Après l’article 7
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

En sortie d’hospitalisation, les hôpitaux français délivrent massivement des ordonnances papier aux patients pour certains médicaments onéreux – anticancéreux, opioïdes ou hormones de croissance par exemple. Ces produits ayant une valeur importante, des réseaux organisés recrutent ce que l’on appelle des mules pharmaceutiques par le biais des réseaux sociaux pour faire le tour des officines. L’assurance maladie évalue ce préjudice à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, sans compter le coût sanitaire du détournement de médicaments vers les trafics, estimé entre 3,5 et 6 milliards d’euros. Une solution existe – la prescription électronique hospitalière. Elle permettrait de réduire drastiquement les risques de falsification des ordonnances en automatisant le transfert des pièces justificatives vers l’assurance maladie et en réduisant les erreurs de facturation liées à la perte ou à l’illisibilité des documents papier. Elle permettrait en outre de constituer un historique exhaustif afin de détecter les comportements atypiques de consommation et le nomadisme pharmaceutique.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Après l’article 7
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

En 2020, la commission d’enquête relative à la lutte contre les fraudes aux prestations sociales proposait déjà de généraliser la prescription électronique. Les choses sont donc claires de notre côté. Votre amendement vise à généraliser la prescription électronique pour les sorties d’hospitalisation, plus précisément pour les médicaments sensibles, et à prévoir une pénalité lorsque la prescription n’est pas électronique. Une telle disposition relève du domaine réglementaire. L’objectif est évidemment pertinent – vous ne m’entendrez pas dire le contraire, puisque nous allions déjà dans ce sens en 2020. L’Espagne, qui a instauré ce dispositif dès 2017, a économisé près de 300 millions d’euros dès la première année. De véritables économies sont donc possibles. Mais il s’agit d’un projet numérique, et les échanges que j’ai eus avec les acteurs concernés montrent que l’écosystème ne sera pas prêt partout au même rythme. Inscrire cette obligation dans la loi ferait peser un risque opérationnel sur l’accès aux soins. C’est pourquoi je souhaite que le sujet soit traité au niveau réglementaire, par le gouvernement. Je vous propose donc de retirer votre amendement ; à défaut, j’y serai défavorable, tout en partageant les objectifs que vous mentionnez.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

L’obligation d’utiliser la prescription électronique figure déjà à l’article L. 4071-1 du code de la santé publique pour l’ensemble des prescriptions. Il ne serait donc pas logique de la réintroduire. Comme pour les pharmaciens, le dispositif est en cours de déploiement dans tous les établissements. Avis défavorable car votre demande est satisfaite.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 1036.

Amdt 1036 Rejeté
II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 66 Nombre de suffrages exprimés 62 Majorité absolue 32 Pour l’adoption 27 Contre 35

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1036 n’est pas adopté.)

Amdt 1036 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 996 de M. Éric Michoux est défendu.

Amdt 996 Rejeté
II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 996, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 996 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Qui présente l’amendement no 980 ?

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue quelques instants, est immédiatement reprise.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 980 a été déplacé. La parole est à M. Théo Bernhardt, pour soutenir l’amendement no 1037.

Amdt 1037 Retiré
Photo de M. Théo Bernhardt
Après l’article 7
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Monsieur le rapporteur, madame la ministre, je vous ai entendus et j’ai anticipé vos réponses. Je vous propose donc un amendement de repli puisque vous avez laissé entendre que la généralisation serait trop ambitieuse à ce stade. Il s’agit de prévoir une expérimentation de trois ans dans des établissements volontaires, avec une évaluation complète remise au Parlement, afin que nous puissions ensuite voter la généralisation à l’ensemble des hôpitaux.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Mais c’est déjà en cours !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Après l’article 7
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Je comprends votre logique mais, comme la ministre vient de l’indiquer, le travail est déjà engagé. L’expérimentation ne me paraît donc pas adaptée. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Après l’article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

La loi prévoit déjà de généraliser la prescription électronique. Il n’y a donc pas lieu d’expérimenter. Quand la loi prévoit une disposition, il faut la mettre en œuvre. C’est précisément ce que nous sommes en train de faire. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 7
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Théo Bernhardt.

Photo de M. Théo Bernhardt
Après l’article 7
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

J’ai entendu vos arguments. Pour vous faire plaisir, je vais retirer mon amendement.

II
Après l’article 7
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1037 est retiré.)

Amdt 1037 Retiré
Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de six amendements, nos 307, 308, 309, 310, 312 et 314, portant article additionnel après l’article 8 et pouvant être soumis à une discussion commune, sur lesquels le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire a fait des demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’ensemble de ces amendements, s’il le souhaite.

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 8
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je me rends compte que je dispose de douze minutes de temps de parole. Je vous prie de bien vouloir être attentifs, sinon j’en profiterai pleinement.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Vous les présentez tous à la suite ? Ou y aura-t-il d’autres orateurs pour votre groupe ?

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 8
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je ne sais pas si d’autres veulent s’y mettre.

Photo de M. Antoine Léaument
Après l’article 8
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Non ! Non !

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 8
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

On est partageur, c’est dans l’ADN de notre mouvement politique ! Cette série d’amendements vise à corriger une injustice. Pour le coup, même le plus macroniste des députés de droite pourrait être d’accord avec ce que nous proposons. Pour répondre à ce que l’on appelle l’ubérisation, le recouvrement des cotisations sociales a été réformé afin de lutter contre la fraude sociale. Désormais, lorsque vous êtes autoentrepreneur et qu’une fraude est constatée, l’amende peut atteindre 3 250 euros. Or un autoentrepreneur gagne en moyenne 625 euros – l’amende représente donc 520 % de ce revenu moyen. En revanche, lorsque la fraude concerne une plateforme – Uber, par exemple –, l’amende maximale est de 15 000 euros, soit 0,00004 % de son chiffre d’affaires mondial qui s’élève à 37,3 milliards d’euros. Je le dis de manière un peu caricaturale mais, vous qui plaidez pour un texte équilibré et voulez corriger la moindre injustice par une main répressive très ferme, ne devriez-vous pas pénaliser davantage les plateformes ? L’écart est tellement énorme : je le répète, des autoentrepreneurs gagnant en moyenne 625 euros peuvent se voir infliger 3 250 euros d’amende…

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 8
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est qu’ils ont fraudé !

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 8
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

…tandis que des plateformes réalisant des milliards de chiffre d’affaires ne paient que 15 000 euros. Nous proposons donc de ramener de 3 250 à 75 euros l’amende applicable aux autoentrepreneurs. Pour les plateformes, nous vous soumettons différentes options, de 50 000 à 750 000 euros. Notre amendement visant à collectiviser les moyens de production n’a pas passé le filtre de l’article 40 ; sinon, il aurait porté le numéro 315. Bref, nous vous faisons une proposition consensuelle qui répond à un problème familier à tous les autoentrepreneurs. Il s’agit de rééquilibrer les pénalités. C’est un amendement de consensus, voire de coconstruction – avec les territoires, dirais-je pour reprendre votre registre. (M. Antoine Léaument applaudit.) Vous avez le choix entre plusieurs jeux de montants – on peut même faire une suspension de séance pour que vous choisissiez celui qui vous plaît. Il faut, en tout cas, que les proportions soient équivalentes. Le ministre du travail a dit que je n’étais pas au rendez-vous quand il s’agissait de s’en prendre à la fraude ; je vous propose, monsieur le ministre, de taper fort sur ces plateformes qui, pour la plupart, ne paient pas leurs impôts en France. Coconstruisons donc !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Après l’article 8
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Ces amendements proposent différentes variantes de plafonds pour les pénalités dues en cas de manquement aux obligations en matière de déclaration du chiffre d’affaires et de recouvrement des cotisations, applicables aux autoentrepreneurs et aux plateformes. Vous parlez de consensus, mais il s’agit sans doute d’un consensus interne à LFI ; et lorsque vous évoquez la coconstruction, c’est une coconstruction avec vous-mêmes. Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 vient de trancher le sujet. La révision des plafonds de pénalités opérée à l’article 45 est récente et équilibrée – ces dispositions ont été adoptées il y a à peine quelques semaines ; tenons-nous y ! Revenir sur ces montants alors qu’ils viennent d’entrer en vigueur nuirait à la lisibilité et à la prévisibilité du droit pour les acteurs concernés. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Après l’article 8
M. Jean-Pierre Farandou ministre

La loi prévoit des pénalités en cas d’absence de transmission des informations permettant l’identification du microentrepreneur ayant recours aux services d’une plateforme numérique pour exercer son activité. En effet, ces données sont nécessaires pour le précompte, c’est-à-dire le prélèvement à la source de ces cotisants par les plateformes à compter du 1er janvier 2027. Leur communication est donc obligatoire et les manquements doivent être sanctionnés. Jusque-là, je crois que nous sommes d’accord sur le principe. Le gouvernement partage également l’idée que les sanctions pécuniaires doivent être différentes et proportionnées, comme vous le souhaitez, pour les travailleurs des plateformes d’une part, la plateforme numérique d’autre part. Cependant la notion de proportion et le calcul méritent d’être clarifiés. En effet, la revendication de proportionnalité nous semble d’ores et déjà satisfaite. Le montant de la pénalité applicable aux plateformes sera multiplié par le nombre d’utilisateurs indépendants pour lesquels elles n’auront pas transmis de données d’identification à l’Urssaf – c’est-à-dire, potentiellement, par un facteur de plusieurs milliers. Le plafond n’est donc pas de 15 000 euros, mais bien davantage. Au contraire, pour les microentrepreneurs, la pénalité ne s’applique qu’une seule fois, sauf en cas de récidive dans les six mois ; c’est pourquoi elle doit avoir un montant suffisamment dissuasif pour que les déclarations soient bien effectuées. Pour ces raisons mathématiques, je suis défavorable à vos amendements. L’objectif de proportionnalité est atteint puisque, dès lors qu’on fait les bons calculs, on constate que l’amende pour la plateforme sera bien plus considérable que pour le travailleur indépendant.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 8
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je vois que vous ne recherchez pas le consensus et que, dès qu’il s’agit de taper sur la fraude des gros, vous avez la main qui tremble. Eh oui, nous aussi, nous pouvons user de cette rhétorique – et en l’occurrence, c’est vrai ! Vous dites que les pénalités sont proportionnées. Le revenu moyen d’un autoentrepreneur est de 625 euros par mois ; 3 250 euros représentent donc une somme énorme, c’est de la folie. J’utilise le terme de mort sociale car c’est de cela qu’il s’agit. Comment, si elle doit s’acquitter de ce montant, la personne pourra-t-elle payer le loyer, la nourriture et l’électricité ?

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 8
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Mais elle n’aura pas à le payer si elle ne fraude pas !

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 8
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Peut-on prévoir une peine aussi lourde de conséquences pour la vie d’une personne simplement parce que celle-ci n’a pas transmis des informations ? C’est d’une violence absolue ! En revanche, les plateformes, qui ne paient pas leurs impôts en France, touchent tellement d’argent que 15 000 euros, même multipliés par 10 000, ne représentent pour elles que des cacahuètes. J’entends que le plafond de 750 000 puisse paraître élevé – nous l’adopterons dans un an, quand nous aurons gagné la présidentielle. (Protestations sur les bancs du groupe RN.) Non, pas vous, Marine Le Pen ne peut même pas être candidate – justement parce qu’elle a fraudé, c’est en lien avec le texte ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 8
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

La présomption d’innocence, c’est visiblement à géométrie variable !

Photo de M. Louis Boyard
Après l’article 8
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Mais prévoir 75 euros pour l’autoentrepreneur et 50 000 pour la plateforme – par rapport aux 15 000 actuels –, c’est déjà se montrer un peu plus répressif. Pourrait-on au moins monter à 50 000 ? Ou ne serait-ce que limiter à 75 euros la pénalité applicable aux autoentrepreneurs ? Comprenez que 3 250 euros pour une personne qui vit avec 625 euros par mois, c’est totalement disproportionné. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 307.

Amdt 307 Rejeté
II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 79 Nombre de suffrages exprimés 73 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 20 Contre 53

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 307 n’est pas adopté.)

Amdt 307 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 308.

Amdt 308 Rejeté
II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 77 Nombre de suffrages exprimés 73 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 20 Contre 53

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 308 n’est pas adopté.)

Amdt 308 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 309.

Amdt 309 Rejeté
II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 76 Nombre de suffrages exprimés 71 Majorité absolue 36 Pour l’adoption 18 Contre 53

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 309 n’est pas adopté.)

Amdt 309 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 310.

Amdt 310 Rejeté
II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 77 Nombre de suffrages exprimés 72 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 18 Contre 54

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 310 n’est pas adopté.)

Amdt 310 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 312.

Amdt 312 Rejeté
II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 75 Nombre de suffrages exprimés 70 Majorité absolue 36 Pour l’adoption 18 Contre 52

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 312 n’est pas adopté.)

Amdt 312 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 314.

Amdt 314 Rejeté
II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 8
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 78 Nombre de suffrages exprimés 73 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 19 Contre 54

II
Après l’article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 314 n’est pas adopté.)

Amdt 314 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 9
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Nous abordons la fraude fiscale – une bonne nouvelle, même si les articles qui y sont consacrés sont hélas trop peu nombreux. Notons que, pour une fois, dans ce projet de loi, le gouvernement cible même la fraude organisée des plus riches sur les marchés financiers, et nous nous en réjouissons. Cependant, la seconde partie de l’article permettrait à de nombreuses administrations d’accéder au fichier national des comptes bancaires signalés pour risque de fraude (FNC-RF). Aujourd’hui, le législateur interdit explicitement à la Banque de France et aux prestataires de services de paiement de remettre à quiconque copie des informations contenues dans ce fichier – c’est l’article L. 521-6-1 du code monétaire et financier. Une telle évolution est problématique du point de vue des libertés publiques dans la mesure où ce fichier n’est fondé que sur des éléments de soupçon et sur un faisceau d’indices pouvant indiquer un comportement délictueux. Par ailleurs, ce fichier est alimenté majoritairement par des entreprises privées comme les banques et les intermédiaires financiers, qui se fondent sur des dispositifs internes de lutte contre la fraude, dénués de toute transparence. La loi a donc en partie délégué la détection de comportements potentiellement frauduleux à des acteurs privés. Alors que le Parlement a créé le FNC-RF le mois dernier, le Sénat revient à la charge pour tenter de raboter des garanties essentielles. Il a ainsi voté un amendement visant à permettre à l’ensemble des administrations intéressées par la fraude d’accéder au fichier. Non seulement des informations confidentielles pourront être divulguées aux services de l’État mais le dispositif ne définit pas clairement les administrations autorisées à y accéder. La question est déléguée au pouvoir réglementaire, ce qui est problématique. Cela aboutit à une situation ubuesque puisque l’administration s’autorise elle-même à consulter les informations sensibles de milliers de nos concitoyens. Il serait plus pertinent de renforcer le personnel de la Banque de France, en particulier son service chargé de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, à savoir l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 9
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

L’article 9 renforce les obligations déclaratives et les outils de contrôle fiscal. En effet, la fraude fiscale moderne ne repose plus uniquement sur la dissimulation grossière de revenus ; elle s’appuie sur des montages, des comptes interposés et des flux financiers signalés comme suspects par des établissements eux-mêmes. Le texte permet notamment à l’administration d’accéder à des informations issues des fichiers de signalement bancaire, encadrés par la loi – une disposition que certains, ici, veulent supprimer. La France insoumise propose en effet d’effacer ces dispositions. Vous acceptez donc qu’un compte soit identifié comme présentant un risque par une banque, mais refusez que l’administration fiscale puisse consulter cette information pour lutter contre la fraude. C’est une position profondément incohérente, mais vous n’êtes plus à une incohérence près ! Consulter un signalement ne revient pas à condamner. La présomption d’innocence n’est pas remise en cause. Il s’agit simplement de permettre un contrôle en cas de présence d’indices. Ce fichier existe déjà, il est encadré et repose sur des signaux de risque, comme tous les dispositifs modernes de lutte contre le blanchiment. Refuser que l’État puisse utiliser ces informations, c’est organiser une forme d’aveuglement volontaire. L’article 9 renforce la traçabilité des opérations économiques et les capacités de contrôle de l’administration. L’impact budgétaire est indirect mais évident : meilleure détection des manquements, meilleure protection des recettes publiques. Vous devez choisir : soit nous donnons à l’État les moyens d’agir contre la fraude organisée, soit nous maintenons des angles morts. Pour notre part, nous choisissons l’efficacité. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur l’amendement no 560, je suis saisie par les groupes Ensemble pour la République et La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. le ministre, pour soutenir l’amendement no 1067.

MF
Article 9
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Il s’agit d’obliger les sociétés de financement à contribuer au financement du FNC-RF tenu par la Banque de France. Comme vous le savez, le Sénat et l’Assemblée ont voté en faveur d’un accès des sociétés de financement à ce fichier. Le gouvernement prend acte de cette évolution apportée à la loi du 6 novembre 2025 qui vise à renforcer l’efficacité de la lutte contre le blanchiment d’argent. La même loi avait imposé un principe clair s’agissant du FNC-RF : le financement de l’intégralité des coûts du dispositif, pour son déploiement comme pour son fonctionnement, doit être couvert par des tarifs acquittés par les établissements déclarants. Dès lors que les sociétés de financement pourront également consulter le FNC-RF, il est logique qu’elles participent à son financement. La tarification sera fixée par un arrêté du ministre de l’économie pris après avis de la Banque de France.

Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 9
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Je ne peux qu’être favorable à cet amendement qui permettra de financer la constitution et le fonctionnement du FNC-RF, lequel a été créé dans le cadre de la loi visant à lutter contre la fraude bancaire – loi que j’avais proposée et qui a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale comme au Sénat.

II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1067 est adopté.)

Amdt 1067 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Les amendements nos 444 et 445 de M. le rapporteur pour avis sont rédactionnels

Amdt 444 Adopté Amdt 445 Adopté
II
Article 9
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 444 et 445, acceptés par le gouvernement, sont successivement adoptés.)

Amdt 444 Adopté Amdt 445 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 560.

Amdt 560 Retiré
Photo de Mme Mathilde Feld
Article 9
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

L’amélioration du partage d’information entre l’Autorité des marchés financiers (AMF) et le parquet est un point très positif, mais il faut poser des garde-fous à l’ouverture des données. Nous vous proposons, par cet amendement, de supprimer les dispositions qui permettent à l’administration d’accéder au fichier national des comptes signalés pour risque de fraude tenu par la Banque de France. Ce fichier regroupe les comptes considérés comme suspects. Il sert à empêcher l’ouverture de compte ou les opérations bancaires quand il existe un risque de fraude. L’existence même de ce fichier pourrait être critiquée, puisqu’il est en grande majorité complété par des entreprises privées, des banques, des intermédiaires financiers. Cela revient à privatiser la détection du comportement frauduleux. Ce fichier porte atteinte à un grand nombre de nos libertés fondamentales. J’ai bien compris qu’elles importaient peu au Rassemblement national mais elles sont cruciales pour nous, au même titre que la présomption d’innocence, que vous rappelez à l’envi quand quelqu’un est accusé dans vos rangs. C’est à géométrie variable chez vous. C’est pourquoi le Parlement avait assorti ce fichier, dès sa création, de garanties très fortes, et restreint sa consultation. En ouvrant sa consultation à l’ensemble des administrations intéressées par la fraude, le Sénat commet une attaque en règle contre les garde-fous démocratiques existants.

Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 9
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Le problème – je l’avais peut-être signalé en commission – est que votre amendement comporte une erreur de rédaction. Il tend à supprimer les alinéas 7 à 12 de l’article 9, qui ne sont pas relatifs à l’accès au fichier national des comptes susceptibles d’être frauduleux, mais permettent au parquet de transmettre des pièces de procédure pénale à l’Autorité des marchés financiers sur les faits qu’elle est compétente pour sanctionner.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 9
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

C’est vrai.

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 9
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Vous l’avez rappelé, nous avons tout de même fait en sorte que ce dispositif bénéficie de garanties substantielles. D’une part, nous avons notamment soumis à l’avis de la Cnil l’arrêté qui déterminera les autorités habilitées à accéder aux fichiers. D’autre part, nous avons rendu impossible toute transmission de copie des données aux administrations. Les administrations susceptibles d’être victimes de fraude au paiement devront vérifier si un Iban – numéro international de compte bancaire – soupçonné a déjà été signalé pour risque de fraude au virement et non de parcourir librement la liste des Iban de leurs détenteurs. Les fraudeurs utilisent couramment les mêmes comptes pour réaliser différents types de fraudes. Nous avons donc introduit beaucoup de garanties. Il était plus ou moins prévu dans le texte initial que le fichier serait ouvert aux sociétés de financement, mais nous ne l’avions pas incorporé dans un premier temps car la Banque de France – qui a autorité sur ce fichier alimenté par les sociétés privées, les banques privées, les banques commerciales – nous avait dit d’attendre de voir comment cela fonctionnerait avant d’ouvrir la consultation à d’autres opérateurs. En effet, beaucoup de sociétés de financement octroient des crédits, reçoivent des Iban, versent le montant du crédit sur ces Iban, mais ne sont jamais remboursées parce que ces Iban étaient frauduleux.

Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Article 9
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Un équilibre a été trouvé au Sénat autour d’un accès des seules administrations chargées de la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Les informations contenues dans le FNC-RF doivent être définies par un arrêté du ministre de l’économie pris après avis de la Cnil, ce qui constitue une garantie très importante en matière de libertés publiques et de protection des données personnelles. La Cnil devra également donner son avis sur l’arrêté qui fixera la liste des administrations concernées et les modalités de consultation du FNC-RF. J’attire votre attention aussi sur la grande utilité du fichier pour les administrations concernées, afin de lutter contre la fraude organisée et le travail dissimulé, qui constituent un enjeu partagé, comme nos débats ont permis de l’établir. Pour toutes ces raisons, j’émettrai un avis défavorable à cet amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 9
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Je maintiens tous les arguments que j’ai pu énoncer, mais l’amendement étant mal rédigé, je le retire.

II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 560 est retiré.)

Amdt 560 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur pour avis, pour soutenir l’amendement no 443 rectifié.

443 (Rect) Adopté
Photo de M. Daniel Labaronne
Article 9
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

C’est un amendement de coordination, qui permet l’application de ces dispositions dans les territoires ultramarins.

Photo de Mme la présidente
Article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Article 9
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Avis favorable.

II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 443 rectifié est adopté.)

443 (Rect) Adopté
II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’article 9, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur l’amendement n° 660, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Théo Bernhardt, pour soutenir l’amendement no 1033 portant article additionnel après l’article 9.

Photo de M. Théo Bernhardt
Après l’article 9
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Cet amendement vise à instaurer une obligation de déclaration systématique auprès de Tracfin pour tous les transferts supérieurs à 10 000 euros mensuels vers des juridictions présentant des risques particuliers, comme les États et territoires non coopératifs au sens fiscal ou les juridictions identifiées comme présentant un risque élevé de blanchiment. La commission des finances a déjà adopté un amendement permettant de contrôler les terminaux de paiement orientant des flux vers l’étranger. Nous saluons cette initiative, mais elle reste réactive, en ne détectant qu’après coup. L’objectif est donc de se doter d’un outil préventif. La déclaration demandée ne constitue pas une charge administrative excessive, mais une obligation proportionnée à l’enjeu. Les mouvements de capitaux ordinaires entre les personnes sont déjà traçables. Ce que nous ciblons, ce sont les flux importants vers des zones opaques, utilisées par les fraudeurs pour faire disparaître l’argent de la protection sociale française. Tracfin pourra ainsi repérer les régularités suspectes, sans attendre les signalements individuels. La prévention vaut toujours mieux que le recouvrement a posteriori, principe que le Haut Conseil du financement de la protection sociale place au cœur de ses recommandations. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Daniel Labaronne
Après l’article 9
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Comme je l’avais signalé en commission, votre amendement comporte une erreur rédactionnelle qui le rend inopérant : la liste des États et territoires mentionnés au 2o de l’article L.561-15-1 du code monétaire et financier, destinataires de ce dispositif, n’existe pas.

Photo de M. Théo Bernhardt
Après l’article 9
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Ah ! Je le sous-amenderai !

Photo de M. Daniel Labaronne
Après l’article 9
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Sur le fond, votre amendement est déjà satisfait. L’article L.561-15-1 prévoit déjà que les personnes assujetties aux obligations de lutte contre le blanchiment doivent transmettre à Tracfin les éléments d’information relatifs aux opérations présentant un risque élevé de blanchiment ou de financement du terrorisme, en raison du pays de destination des fonds, notamment les États ou territoires non coopératifs. Par conséquent, demande de retrait ou avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Après l’article 9
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Même avis.

II
Après l’article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1033 est retiré.)

Amdt 1033 Retiré
Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis saisie de deux amendements, nos 658 et 660, portant également article additionnel après l’article 9 et pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir les deux amendements.

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 9
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Nous souhaitons rendre inopposable la confidentialité des consultations juridiques aux autorités de régulation. Le dispositif proposé de confidentialité au bénéfice des consultations juridiques rédigées par les juristes d’entreprise doit être ajusté afin de sauvegarder le plein exercice des missions d’intérêt général de l’Autorité des marchés financiers, de l’Autorité de la concurrence (ADLC) et de l’Autorité du contrôle prudentiel et de résolution. Cet amendement vise à supprimer l’atteinte à l’efficacité des enquêtes et contrôles de l’AMF. Ses enquêteurs doivent pouvoir saisir ou demander la remise des pièces des sociétés cotées et autres entités régulées, y compris les avis juridiques rendus à la direction financière ou à d’autres responsables ou membres des organes exécutifs. Cet amendement vise également à supprimer l’atteinte aux enquêtes du parquet national financier (PNF) en matière d’abus de marché. Compte tenu de la procédure d’aiguillage des dossiers vers l’AMF ou vers le PNF, l’instauration d’une confidentialité opposable à l’AMF, et non à l’autorité pénale, conduirait à appliquer au même fait des régimes distincts selon l’autorité chargée de l’enquête. S’agissant de l’ADLC, cet amendement est nécessaire car la protection proposée de la confidentialité des consultations des juristes d’entreprise est contraire au droit européen de la concurrence, dont elle assure l’application. Il s’agit en outre de supprimer l’entrave qui serait faite à la conduite des investigations menées par l’ADLC pour établir et sanctionner des infractions – notamment les cartels – très dommageables aux consommateurs et aux PME. Le droit européen ne reconnaissant pas l’extension de la confidentialité aux juristes d’entreprise, son opposabilité à l’ACPR constituerait une rupture d’égalité entre les différents établissements et les missions concernées, puisque cette protection serait inopposable à la Banque centrale européenne. Par ailleurs, l’opposabilité à l’ACPR de la confidentialité conférée aux juristes des établissements relevant de son contrôle constituerait une atteinte à ses pouvoirs de maintien de l’ordre public, laquelle n’est justifiée par aucun motif d’intérêt général supérieur. Cet amendement permettra de maintenir les garanties d’intégrité des marchés et de sécurité juridique. Il a été rédigé avec la participation de l’ADLC.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Daniel Labaronne
Après l’article 9
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Nous n’avons pas examiné cet amendement en commission. J’ai beaucoup travaillé avec les administrateurs qui m’accompagnent, dont je salue la qualité du travail et la rigueur. J’ai beaucoup échangé aussi avec Jean Terlier, qui a soutenu une proposition de loi visant à établir la confidentialité des juristes d’entreprise.

Photo de Mme Christine Arrighi
Après l’article 9
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Il est très compétent sur la confidentialité !

Photo de M. Daniel Labaronne
Après l’article 9
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Cette proposition a été validée par le Conseil constitutionnel, sur saisine des parlementaires de La France insoumise. J’en viens aux conclusions de mon raisonnement sur cet amendement. Dans le dispositif que vous évoquez, beaucoup d’éléments, comme les échanges, les contrats, les documents techniques et les témoignages ne sont pas confidentiels. Seules les consultations – les avis – de juristes d’entreprise sont confidentielles. Si une entreprise sollicitait un avis lui permettant soit de frauder soit de suivre un chemin de travers, au lieu de demander un avis à un juriste d’entreprise, elle réglerait le problème en le demandant à un avocat puisqu’il y a confidentialité absolue des relations entre un avocat et son client. Si la confidentialité d’une consultation doit être discutée ou si l’on soupçonne qu’elle a vocation à faciliter ou à inciter à la commission de manquements, il est possible de lever cette clause de confidentialité par une procédure réalisée sous l’autorité d’un commissaire de justice. Mon avis est donc défavorable. J’ai consulté toutes les autorités que vous avez mentionnées, qui y étaient favorables, mais qui ont reconnu que les éléments que je viens d’évoquer étaient recevables et qu’il n’était pas souhaitable de poursuivre dans cette direction. Mon avis est le même sur l’amendement no 660, puisque les deux amendements ne diffèrent que par l’endroit de l’inscription dans la loi du dispositif proposé.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Après l’article 9
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Ma position est alignée sur celle du rapporteur, mais je voudrais formuler quelques arguments. Les débats relatifs à la proposition de loi présentée par M. le député Terlier sur la confidentialité de l’avis de juristes d’entreprise me semblent avoir permis de dégager un équilibre satisfaisant. Le dispositif voté par le Parlement contient plusieurs mesures permettant de conserver les pouvoirs d’enquête et de contrôle de l’AMF, de l’ADLC et de l’ACPR : maintien d’une procédure de contestation et de levée de la confidentialité ; restriction du champ de la confidentialité aux consultations juridiques – tous les autres documents d’entreprise restant saisissables ; exclusion de la matière pénale. La décision du Conseil constitutionnel a apporté les réserves d’interprétation qui permettent de confirmer l’équilibre du dispositif. De plus, l’insaisissabilité et la confidentialité des documents ne s’appliqueront que sous réserve du pouvoir de contrôle des autorités de l’Union européenne, ce qui permet de s’assurer de la conformité du dispositif au droit européen. L’équilibre atteint par le texte est donc satisfaisant. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Madame Feld, maintenez-vous votre amendement ?

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 9
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Oui. Je rappellerai seulement que le droit européen ne reconnaît pas l’extension de la confidentialité aux juristes d’entreprise. Son opposabilité à l’ACPR constituerait une rupture d’égalité entre les différents établissements et les missions concernées, puisque cette protection serait par ailleurs inopposable à la Banque centrale européenne. Vous n’avez pas répondu sur ce point.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jean Terlier.

Photo de M. Jean Terlier
Après l’article 9
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Madame Feld, vous avez raison : ces critères ne sont pas opposables au droit européen. Je me permets de vous renvoyer à la décision du Conseil constitutionnel publiée le 18 février 2026. Elle valide la confidentialité des consultations de juristes d’entreprise, notamment parce que dans d’autres droits de nations occidentales, comme aux États-Unis, le principe du legal privilege existe déjà. Le legal privilege à la française permet d’appliquer la confidentialité à la consultation des juristes d’entreprise dans les matières civile, commerciale et administrative, et de l’exclure de matières plus sensibles telles que le droit fiscal ou le droit pénal. M. le ministre et M. le rapporteur l’ont déjà dit : les autorités de contrôle peuvent lever cette confidentialité dans le cadre d’une procédure demandée par un juge des libertés et de la détention, mais les entreprises disposent aussi d’une telle possibilité en lien avec les autorités administratives de contrôle. Vous voyez bien que le périmètre d’application de la confidentialité est restreint, que cette confidentialité est inopposable au droit européen, comme l’a rappelé la décision du Conseil constitutionnel, et que cette confidentialité peut être levée, sous le contrôle d’un juge – si cela peut vous rassurer. Protégeons nos entreprises. On leur impose déjà beaucoup de conformité – la compliance. Nous leur devons cette protection afin d’éviter les phénomènes d’auto-incrimination, c’est-à-dire les cas dans lesquels la consultation viendrait auto-incriminer une entreprise. Ce serait inacceptable. Seule la consultation est soumise à confidentialité, et non les pièces du dossier, comme l’a rappelé M. le ministre. Votre amendement est satisfait. La décision du Conseil constitutionnel valide définitivement ce dispositif.

II
Après l’article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 658 n’est pas adopté.)

Amdt 658 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 660.

Amdt 660 Rejeté
II
Après l’article 9
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 72 Nombre de suffrages exprimés 68 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 20 Contre 48

II
Après l’article 9
Intervenant non identifié

(L’amendement no 660 n’est pas adopté.)

Amdt 660 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 9
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de Mme la présidente
Ordre du jour de la prochaine séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente : Suite de la discussion du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à vingt heures cinq.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Vote solennel et public par lequel les députés se prononcent sur un texte, un amendement ou une motion. Au scrutin public, chaque député enregistre son vote (pour, contre, abstention) et les résultats sont nominatifs.

Vote solennel

Catégorie de scrutin public utilisée pour les votes les plus importants (adoption d'un texte en lecture solennelle, motions majeures, décisions politiques structurantes). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de savoir précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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