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Suite de la discussion du projet de loi, adopté par le Sénat, relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales
Jeudi 26 février 2026 21:30 – 23:55 2h25 Assemblée nationale Confirmé Créée le 02/02/2026 PO838901
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Suite de la discussion du projet de loi, adopté par le Sénat, relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales
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Débats officiels structurés de la séance

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377 Interventions sur l'ensemble de la séance
71 Orateurs distincts repérés
12 Séquences détectées dans le débat
26 Amendements cités à l'oral

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Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

Une séance plénière enchaîne plusieurs textes. Choisissez ci-dessous celui qui vous intéresse pour aller directement à son débat. La barre indique la part des prises de parole consacrées à ce texte sur l'ensemble de la séance.

Amendements les plus cités

Amdt 337 3 mentions Amdt 341 3 mentions Amdt 342 3 mentions Amdt 542 3 mentions Amdt 633 3 mentions Amdt 634 3 mentions Amdt 514 2 mentions Amdt 520 2 mentions
Photo de Mme la présidente
Ouverture de seance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Photo de Mme la présidente
Suite de la discussion d’un projet de loi
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales (nos 2115, 2250 rectifié).

Photo de Mme la présidente
Discussion des articles (suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles, s’arrêtant à l’amendement no 984 à l’article 17 bis, examiné par priorité.

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je rappelle que des scrutins publics ont été demandés sur les amendements nos 337 et 341 ainsi que sur l’article 17 bis. Ils ont déjà été annoncés. Nous en venons à trois amendements nos 984, 337 et 341, qui peuvent être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian, pour soutenir l’amendement no 984.

Amdt 984 Rejeté
Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Il vise à augmenter les sanctions à l’encontre des fraudeurs patronaux qui pratiquent le travail dissimulé. Nous pensons que ces sanctions ne sont pas assez dissuasives. Un amendement identique avait été adopté ici même lors de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour l’année 2025, sans être transmis par le gouvernement au Sénat dans le cadre de l’application de l’article 47-1 de la Constitution. Nous proposons de l’adopter de nouveau.

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir les amendements nos 337 et 341, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Amdt 337 Rejeté Amdt 341 Adopté
Photo de M. Louis Boyard
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Pour commencer cette soirée, j’aimerais rappeler qu’en conférence des présidents, les présidents de groupe ont demandé que ce débat ne se tienne pas à cette heure-ci, ce jour-ci. Il y avait à cela une raison très simple que vous pouvez constater : nous sommes à peine une vingtaine dans l’hémicycle. Cela ne me paraît pas être un nombre suffisant pour voter des lois qui s’appliqueront à près de 70 millions de personnes. Si vous voulez, à la limite, on peut aller faire un foot, mais voter des lois dans ces conditions, c’est complètement inacceptable. Cela ajoute encore à la comédie à laquelle nous assistons depuis quelques mois, avec un gouvernement illégitime puisqu’il a perdu les dernières élections. Mais continuons cette comédie comme si de rien n’était… Je suppose que je ne réussirai pas à obtenir la levée de séance, madame la présidente ?… C’est malheureux. Ces amendements visent à augmenter le taux de majoration des cotisations sociales en cas de travail dissimulé. Dans la rédaction actuelle, le taux s’élève à 45 % en cas de récidive et à 60 % en cas de récidive de travail dissimulé d’une personne mineure. Nous proposons de les porter respectivement à 70 % et à 90 % avec l’amendement no 341, ou même à 90 % et à 120 % avec l’amendement no 337, si le cœur vous en dit. Cela dit, je n’ai aucun faux espoir ; cela ne passera pas. Il y a une forme de « deux poids, deux mesures » dans ce texte. Il tend, selon son titre, à lutter contre la fraude sociale et la fraude fiscale, mais les trois-quarts des dispositions concernent la fraude sociale, alors qu’elle représente une infime minorité de l’argent perdu pour les caisses de l’État. Je veux m’attarder sur les arguments que vous utilisez pour repousser ces amendements. D’abord, vous prétendez qu’en augmentant trop le taux de majoration, il n’y aurait pas de recouvrement et que cela ferait perdre de l’argent à l’État. Je pose de nouveau la question : sachant que l’article 24 bis oblige une personne qui a fraudé ou reçu un indu de RSA à le rembourser, même quand elle est criblée de dettes, pourquoi le recouvrement serait-il impossible quand il s’agit d’entreprises ? Ensuite, vous dites que la majoration n’aura pas d’effet dissuasif. Pourtant, des dispositions, dans un prochain article visent précisément à faire de l’inflation pénale en cas d’escroquerie et à majorer de cinq ans les peines d’emprisonnement encourues. Pourquoi l’inflation pénale, dépourvue de sens lorsqu’il s’agit de majorer les cotisations sociales des entreprises, devient-elle appropriée dès lors qu’elle concerne les petites gens ? C’est pour une raison très simple : ce texte, c’est deux poids, deux mesures. J’appelle en conséquence à voter pour ces deux amendements, par souci de cohérence avec votre propre texte.

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Patrick Hetzel, rapporteur de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Patrick Hetzel rapporteur de la commission des affaires sociales DR

Monsieur Boyard, vous avez de l’intuition ; je vous confirme que je vais émettre un avis défavorable. Je souhaite toutefois apporter une précision, car il me semble que vous me prêtez des propos que je n’ai jamais tenus. Je n’ai pas dit qu’une majoration était dépourvue d’effet dissuasif ; ce n’est d’ailleurs pas le sujet. L’enjeu, c’est de nous assurer que le recouvrement est possible. Nous pourrions nous faire plaisir intellectuellement et voter pour des taux toujours plus élevés, mais l’objectif est avant tout de garantir l’effectivité du recouvrement. C’est aussi cela, l’efficacité de l’action publique. Vous établissez des parallèles avec d’autres dispositions ; nous débattrons de l’article 24 bis le moment venu, mais vous comparez des situations très différentes et je n’y souscris pas. Il est totalement illusoire de vouloir appliquer les taux majorés qui sont proposés et le recouvrement ne s’en trouverait pas amélioré. Cela risquerait même de provoquer l’effet inverse. C’est pourquoi je retiens de tout cela que, d’une certaine manière, l’augmentation des recettes effectives n’est pas ce qui vous préoccupe réellement. Vous préférez les envolées lyriques. On peut se faire plaisir, mais à un moment donné, il faut être efficace.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Si vous voulez vraiment augmenter les recettes, il y a des moyens plus efficaces !

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités, pour donner l’avis du gouvernement.

MF
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Jean-Pierre Farandou ministre du travail et des solidarités

Même avis que celui du rapporteur.

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Monsieur le rapporteur, je ne vous crois pas. Je ne crois pas que vous repoussiez ces amendements pour les arguments que vous mentionnez, à savoir qu’il y aurait des difficultés de recouvrement. Vous les repoussez parce que, que vous vous en rendiez compte ou non, votre rapport à la politique est un rapport de classe, de même que votre rapport à la justice induit une justice de classe. Cela consiste à avoir la main ferme quand il s’agit des précaires, et la main légère pour les forts. Je vous en donne un exemple. Vous êtes défavorable à ces amendements, mais j’ai également déposé l’amendement no 342. Il vise à augmenter les majorations des sanctions visant les grandes entreprises. Je vais donc reprendre vos deux arguments en commençant par celui du recouvrement. Puisqu’on visera des grandes entreprises, elles disposeront de la trésorerie suffisante pour assumer l’augmentation proposée. Cet argument ne tient donc plus. Quant à l’argument du caractère non dissuasif de la majoration, vous venez d’expliquer que vous ne le soutenez pas, j’espère donc que vous émettrez un avis favorable à l’amendement no 342 et que vous me donnerez tort au sujet de la justice de classe.

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Tout d’abord, je rejoins les propos de M. Boyard, une fois n’est pas coutume. Monsieur le ministre, pensez-vous qu’il soit raisonnable de débattre d’un sujet aussi grave que celui des fraudes alors que nous sommes douze députés présents dans l’hémicycle ?

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Nous sommes treize, maintenant !

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Il faudrait que vous passiez un coup de fil au premier ministre pour lui expliquer la situation. On compte trois députés de la majorité ; aucun député du groupe Droite républicaine n’est présent. (Exclamations sur les bancs des commissions.) Excusez-moi, j’ai négligé les rapporteurs, mais sans eux, nous ne siégerions pas du tout. Monsieur le ministre, est-il vraiment raisonnable de poursuivre les débats dans ces conditions ? J’en viens aux amendements. Tout à l’heure, vous nous avez accusés de nous attaquer aux grandes entreprises. Je tiens à vous rassurer : nous n’avons absolument rien contre elles. Au contraire, nous considérons qu’elles sont un atout pour le pays, comme les petites entreprises, au même titre que l’ensemble des entreprises, quelle que soit leur taille. En revanche, lorsqu’il est question de fraude, tout le monde doit être logé à la même enseigne. Tout à l’heure, vous avez soutenu un amendement qui permettait aux entreprises disposant de la trésorerie nécessaire de payer moins en cas de paiement immédiat – nous ne nous y sommes pas opposés, ce qui prouve notre démarche constructive. Je ne vois pas pourquoi elles ne devraient pas contribuer davantage quand elles en ont la possibilité, puisqu’il s’agit bien d’entreprises qui fraudent, car on ne parle pas de grandes entreprises, mais d’entreprises fraudeuses. Nous voterons contre le premier amendement, mais j’attends votre réponse. Nous verrons si nos collègues seront plus nombreux au moment du vote ; en attendant, nous n’excluons pas de nous rallier, pour une fois, à la position de M. Boyard et, peut-être, de faire adopter ses amendements. À vous de réagir.

II
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Intervenant non identifié

(L’amendement no 984 n’est pas adopté.)

Amdt 984 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Ça n’était pas contre vous, madame Taillé-Polian !

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Je comprends.

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 337.

Amdt 337 Rejeté
II
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 34 Nombre de suffrages exprimés 30 Majorité absolue 16 Pour l’adoption 15 Contre 15

II
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Intervenant non identifié

(L’amendement no 337 n’est pas adopté.)

Amdt 337 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 341.

Amdt 341 Adopté
II
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 35 Nombre de suffrages exprimés 31 Majorité absolue 16 Pour l’adoption 16 Contre 15

II
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Intervenant non identifié

(L’amendement no 341 est adopté.) (« Ah ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Amdt 341 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour soutenir l’amendement no 342.

Amdt 342 Rejeté
Photo de M. Louis Boyard
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

J’ai évoqué cet amendement il y a un instant. Il cible exclusivement les grandes entreprises. Si je me réfère aux propos de M. le rapporteur, le caractère dissuasif de la majoration fonctionne en conséquence, sachant que l’argument concernant le recouvrement ne tient pas, j’estime que nous devrions obtenir un avis favorable sur cet amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur l’amendement no 342, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Un amendement ciblant spécifiquement les grandes entreprises a déjà été adopté tout à l’heure ; en ajouter un second finirait par être excessif. Permettez-moi d’indiquer plusieurs éléments. D’abord, la notion même de « grande entreprise » pose un problème légistique, car ce terme n’est pas vraiment défini et vous n’en donnez pas la définition.

Photo de M. Louis Boyard
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Ce n’est pas vrai !

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Ensuite, vous formulez l’hypothèse qu’une grande entreprise dispose nécessairement d’une trésorerie importante – vous venez de le confirmer il y a un instant. C’est méconnaître la réalité de la vie économique. Ça n’est pas parce que vous êtes une grande entreprise que votre trésorerie est importante. Enfin, alors que vous insistez d’ordinaire sur le fait qu’il ne faut pas faire de discrimination, vous proposez ici d’introduire une forme de discrimination entre les acteurs économiques, ce qui est pour le moins paradoxal. Pour toutes ces raisons, et comme vous le pressentiez, j’émets un avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MF
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Nous avons déjà adopté un amendement qui renforce significativement les majorations. Si l’on raisonne selon la taille d’entreprise, il existe un principe de proportionnalité : la sanction étant indexée sur le montant de la fraude constatée, elle sera naturellement très élevée pour une grande structure. Je ne vois donc pas l’intérêt de créer un régime spécifique pour les grandes entreprises, puisque leur taille est déjà prise en compte par ce mécanisme proportionnel. Pour cette raison, je suis défavorable à votre amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Tiens, tiens, tiens ! Monsieur le rapporteur, vous dites que la grande entreprise n’est pas définie, mais elle l’est : le dispositif même de l’amendement cite l’article 3 du décret de 2008. Juridiquement, le cadre est clair : nous parlons des entreprises de plus de 5 000 salariés. Lorsqu’une entreprise de cette taille pratique la fraude – alors que ce texte entend lutter contre les fraudes sociales et fiscales –, cela mérite bien une sanction exemplaire. En réalité, vous ne faites que confirmer ce que nous dénonçons depuis le début de l’examen de ce texte. Tout d’abord, votre objectif n’est pas de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État. Les trois quarts des dispositions du texte concernent des fraudes minimes par rapport au montant du budget. Si vous vouliez réellement agir, vous vous attaqueriez à la fraude fiscale, mais vous ne faites rien sur ce sujet. Ensuite, tout est totalement disproportionné selon la classe sociale de la personne visée. D’un côté, avec l’article 24 bis, vous exigez qu’une personne au RSA, pourtant criblée de dettes, insolvable, rembourse les sommes indues jusqu’au dernier centime. De l’autre, pour majorer les sanctions d’une entreprise de plus de 5 000 salariés, alors là, il ne faut pas se précipiter et, surtout, prendre des précautions. Merci, monsieur le rapporteur, la démonstration est brillante : vous êtes pétri de mépris de classe.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Il est de droite !

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Un peu de raison dans tout cela !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Pas d’excès de zèle ! (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Regardez votre amendement. Les choses sont claires : les majorations existent déjà, mais vous voulez rajouter de la majoration à la majoration. Vous le dites vous-même dans l’exposé sommaire : vous voulez doubler la majoration.

Photo de M. Bastien Lachaud
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Bastien Lachaud Bastien Lachaud LFI-NFP

Vous, vous voulez en enlever !

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Ne dites pas que nous ne faisons rien !

Photo de M. Bastien Lachaud
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Bastien Lachaud Bastien Lachaud LFI-NFP

Vous ne faites rien !

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Nous proposons un certain nombre de choses, simplement nous ne rentrons pas…

Photo de M. Bérenger Cernon
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Bérenger Cernon Bérenger Cernon LFI-NFP

Vous voulez baisser les majorations !

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
M. Patrick Hetzel rapporteur DR

Je constate que vous ne voulez pas vraiment débattre. Vous ne voulez pas sortir du tunnel que vous avez emprunté. Vous partez du principe qu’il y a une bonne et une mauvaise fraude. Non ! Une fraude est une fraude. Arrêtez avec ce genre d’arguments. Vous ne convaincrez pas l’ensemble de cet hémicycle. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 342.

Amdt 342 Rejeté
II
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 37 Nombre de suffrages exprimés 35 Majorité absolue 18 Pour l’adoption 16 Contre 19

II
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Intervenant non identifié

(L’amendement no 342 n’est pas adopté.)

Amdt 342 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’article 17 bis, tel qu’il a été amendé.

II
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 29 Nombre de suffrages exprimés 27 Majorité absolue 14 Pour l’adoption 27 Contre 0

II
Article 17 bis ( appelé par priorité - suite )
Intervenant non identifié

(L’article 17 bis, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Louis Boyard
Rappels au règlement
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Il se fonde sur l’article 100 de notre règlement. Je le répète, alors que la conférence des présidents avait demandé que le débat ne se tienne pas, le ministre des relations avec le Parlement a demandé qu’il ait lieu. Le nombre de députés présents dans l’hémicycle ne me paraît pas digne de notre institution.

Photo de M. Antoine Léaument
Rappels au règlement
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

C’est vrai !

Photo de M. Louis Boyard
Rappels au règlement
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Serait-il possible, monsieur le ministre, que nous suspendions la séance, et que, pendant ce temps, vous contactiez le ministre des relations avec le Parlement ou le premier ministre, pour demander à ajourner notre débat et à le poursuivre à la rentrée parlementaire, afin qu’il soit à la hauteur du sujet traité ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Sophie Taillé-Polian applaudit également.)

Photo de M. Antoine Léaument
Rappels au règlement
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Très bien !

Photo de M. Louis Boyard
Rappels au règlement
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Ma collègue Mathilde Feld, qui dispose de la délégation, va donc demander une suspension de séance.

Photo de M. Christophe Bentz
Rappels au règlement
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Pour le coup, il a raison !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Rappels au règlement
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Je demande donc une suspension une séance.

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Elle est de droit.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue pour cinq minutes.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt et une heures quarante-cinq, est reprise à vingt et une heures cinquante-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à M. Bastien Lachaud, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Bastien Lachaud
Suspension et reprise de la séance
M. Bastien Lachaud Bastien Lachaud LFI-NFP

Il se fonde sur l’article 52 de notre règlement. Vous noterez que mon groupe parlementaire est de loin le plus représenté dans cet hémicycle. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Cela ne nous empêche pas de constater qu’il y a là une situation passablement ridicule pour notre assemblée. Les présidents de groupes, lors de la conférence des présidents, ont expliqué que ce texte ne devait pas être examiné maintenant ; le gouvernement l’a imposé. Je pense qu’il faut en finir avec cette pantalonnade : ou les autres groupes reviennent, dans une proportion au moins équivalente, ou il vous revient, madame la présidente, pour l’honneur de l’Assemblée, de lever la séance, comme vous le permet l’article 52-1. (« C’est vrai ! » et applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Mon prédécesseur l’a rappelé tout à l’heure, il s’agit d’une semaine du gouvernement ; c’est donc ce dernier qui fixe l’ordre du jour. La parole est à M. Pierre Henriet, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Pierre Henriet
Suspension et reprise de la séance
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

C’est un rappel au règlement au titre de l’article 61, alinéas 2 et 3. On ne peut pas demander comme cela à changer l’ordre du jour, si ce n’est par la voix d’un président de groupe, et si la majorité des membres du groupe sont présents. Or ça n’est le cas ce soir pour aucun groupe.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Suspension et reprise de la séance
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

C’est bien là le problème !

Photo de M. Pierre Henriet
Suspension et reprise de la séance
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

Madame la présidente, je vous demanderai d’empêcher l’obstruction consistant à faire des rappels au règlement de plus en plus nombreux en ce début de soirée, pour que nous puissions continuer l’examen des amendements.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Joël Aviragnet, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Joël Aviragnet
Suspension et reprise de la séance
M. Joël Aviragnet Joël Aviragnet SOC

Cela fera bientôt dix ans que je suis député.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur le fondement de quel article ?

Photo de M. Joël Aviragnet
Suspension et reprise de la séance
M. Joël Aviragnet Joël Aviragnet SOC

Il se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue des débats, peu importe. (Rires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Cela n’a rien à voir.

Photo de M. Joël Aviragnet
Suspension et reprise de la séance
M. Joël Aviragnet Joël Aviragnet SOC

Eh bien, l’article 52, si vous voulez.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

C’est la même chose.

Photo de M. Joël Aviragnet
Suspension et reprise de la séance
M. Joël Aviragnet Joël Aviragnet SOC

Les collègues vont me trouver un article. (Sourires.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Cher collègue, il faut tout de même être un peu raisonnable dans vos prises de parole.

Photo de M. Joël Aviragnet
Suspension et reprise de la séance
M. Joël Aviragnet Joël Aviragnet SOC

Ce qui n’est pas raisonnable, c’est que si peu de personnes décident du contenu d’un texte qui a une incidence sur la vie des gens.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Monsieur le député, tout cela a été signalé lors de la conférence des présidents. (M. Joël Aviragnet s’exclame.) Laissez-moi terminer, s’il vous plaît. Chaque président de groupe s’est exprimé sur le fait de poursuivre ou non l’examen de ce texte compte tenu de la faible présence qui était annoncée. C’est une semaine du gouvernement ; c’est lui qui fixe l’ordre du jour.

Photo de M. Pierre Henriet
Suspension et reprise de la séance
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

Voilà ! Vous n’avez qu’à changer la Constitution !

Photo de M. Louis Boyard
Suspension et reprise de la séance
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

C’est tout notre projet !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Vous comprendrez bien que la réponse émanera des ministres. La parole est à M. le ministre.

MF
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Je pense qu’il faut respecter les formes. Une telle décision est grave et ne s’improvise pas comme ça dans la chaleur d’un débat. La présidente de séance l’a rappelé, la décision a été prise de poursuivre les débats, c’est donc ce que nous allons faire. À ce propos, je voudrais rendre hommage aux députés présents – vous le méritez bien. Je remercie les parlementaires qui sont là et font leur travail. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, DR et HOR – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) On pourra s’interroger sur le pourquoi et le comment de ces absences. Cela méritera un débat – un retour d’expérience comme on dit. Nous sommes jeudi : c’est un jour ouvrable et ouvré, me semble-t-il.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Suspension et reprise de la séance
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Demandez aux députés de votre camp ! C’est vous qui êtes les moins représentés !

MF
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Pierre Farandou ministre

En tout cas, merci à vous, vous faites vivre l’Assemblée. On se demandera pourquoi vos collègues sont si nombreux à ne pas être là. En ce qui me concerne, je demande que nous allions au bout des débats ce soir. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, DR et HOR.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Suspension et reprise de la séance
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Je demande une suspension de séance.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Elle est de droit pour chaque groupe, deux fois par séance. Cette fois, c’est le groupe Écologiste et social.

Photo de Mme Christine Arrighi
Suspension et reprise de la séance
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Je voulais également remercier les ministres d’être présents, parce que je ne sais pas si vous serez là demain. (Rires et applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La suspension de séance est de droit. Elle durera deux minutes.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures, est reprise à vingt-deux heures cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à M. Stéphane Peu, pour un rappel au règlement. Sur la base de quel article ?

Photo de M. Stéphane Peu
Suspension et reprise de la séance
M. Stéphane Peu Stéphane Peu GDR

Sur la base de l’article 100, sur bon déroulement des débats, qui à l’évidence ne se déroulent pas dans des conditions correctes. Comme vous, madame la présidente, j’étais à la conférence des présidents. Les présidents de groupe, à l’unanimité, ont dit que ce n’était pas raisonnable d’examiner le texte cette semaine. Le gouvernement a décidé de passer outre, c’est son droit, mais c’est une mauvaise manière faite à notre assemblée et à la façon de légiférer dans notre pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et LFI-NFP.) De grands textes demandent de grands débats. L’Assemblée doit donc être en capacité de délibérer convenablement, pas comme ce soir où nous ne sommes qu’une poignée. Je demande une suspension de séance de cinq minutes. C’est la première fois que j’utilise ce droit depuis le début de l’examen du texte.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Elle est de droit, mais, avant de suspendre la séance, je donne la parole à M. le ministre de l’action et des comptes publics.

Photo de M. David Amiel
Suspension et reprise de la séance
M. David Amiel ministre de l’action et des comptes publics

Il n’y a pas de surprise : le texte a été présenté au mois d’octobre en conseil des ministres et au mois de novembre à l’Assemblée, où il a été examiné en commission au mois de décembre. Nous avons donc tous pu faire valoir nos arguments, travailler et déposer des amendements.

Photo de Mme Christine Arrighi
Suspension et reprise de la séance
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Ce n’est pas la question !

Photo de M. David Amiel
Suspension et reprise de la séance
M. David Amiel ministre

Certains disent que le temps a manqué pour travailler sur le texte, mais il est rare qu’il y ait autant de temps pour le faire. Il n’y a pas non plus de surprise sur la date. Nous sommes en session ordinaire et les dates sont connues depuis que le calendrier parlementaire pour l’année 2025-2026 a été fixé. Depuis le début de l’examen du texte, les débats sont de qualité. Nous exprimons nos accords et nos désaccords, nous avançons, nous argumentons, nous rentrons dans le détail des amendements. Nous devons continuer.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue pour deux minutes.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures six, est reprise à vingt-deux heures neuf.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à M. Théo Bernhardt, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Pierre Henriet
Suspension et reprise de la séance
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

Ça suffit, les rappels au règlement !

Photo de M. Théo Bernhardt
Suspension et reprise de la séance
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Il se fonde sur l’article 40, alinéa 1, qu’on n’utilise pas souvent, sur les travaux en commission. Je rappelle qu’on nous avait demandé de revenir en urgence en décembre pour examiner ce projet de loi en commission. Il aurait donc dû être le premier texte inscrit à l’ordre du jour en 2026. Certaines conditions n’étaient pas réunies, mais il est incompréhensible que vous l’inscriviez à l’ordre du jour deux jours avant la suspension de nos travaux.

Photo de M. Pierre Henriet
Suspension et reprise de la séance
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

Ce n’est pas un rappel au règlement !

Photo de M. Théo Bernhardt
Suspension et reprise de la séance
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

En commission des affaires sociales, nous avons dû examiner onze textes en dix jours. Le travail a été bâclé et c’est maintenant la même chose en séance. C’est une honte envers la représentation nationale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Antoine Léaument, pour un rappel au règlement. Sur la base de quel article ?

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

J’ai plusieurs articles constitutionnels.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Prenez le premier que vous trouvez.

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Sur la base des articles 3 et 24 de la Constitution et de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Photo de M. Pierre Henriet
Suspension et reprise de la séance
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

Ce n’est pas un rappel au règlement !

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Si, la Constitution est au-dessus du règlement. Je cite ces articles. L’article 3 de la Constitution : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. » L’article 24 de la Constitution : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. » L’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » Je vous demande juste une minute pour développer sur ce qui est en train de se passer…

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Non, monsieur le député, cela n’a rien à voir. Je comprends bien le problème et je constate moi aussi, évidemment, qu’il y a très peu de députés ce soir. Lors de la conférence des présidents, les présidents de groupe ont manifesté leur opposition, mais il s’agit d’une semaine du gouvernement et cela prévaut sur tout le reste. Les deux ministres ont dit qu’ils souhaitaient poursuivre le débat et c’est donc ce que nous allons faire. Il y a déjà eu beaucoup de rappels au règlement et je suis suffisamment informée. J’aimerais que nous puissions continuer les débats.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Suspension et reprise de la séance
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Je demande la parole pour un rappel au règlement.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Il faut que cela soit quelque chose de différent, car j’ai déjà répondu. La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Suspension et reprise de la séance
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Madame la présidente, avec tout mon respect, ce n’est pas à vous que je m’adresse. Je souhaite faire un rappel au règlement sur la bonne tenue de nos débats et m’adresser à M. le ministre. Ce soir, le premier sujet du « 20 heures » de France 2 portait sur les millions de données en vente sur le dark web, parmi lesquelles celles de 15 millions de Français, y compris de députés et de candidats à la présidentielle. Ces données sensibles circulent… (Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Nous sommes en dehors d’un rappel au règlement. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je veux bien être ouverte et faire parler tout le monde, mais nous devons poursuivre les débats.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Suspension et reprise de la séance
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Vous n’écoutez pas !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Suspension et reprise de la séance
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Je demande une suspension de séance de dix minutes. Ce n’est pas possible de travailler dans ces conditions.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La suspension est de droit ; elle sera de deux minutes, comme pour les autres groupes.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures douze, est reprise à vingt-deux heures dix-sept.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à M. Joël Aviragnet, pour un rappel au règlement. C’est curieux, mais je pense savoir ce que vous allez nous dire.

Photo de M. Joël Aviragnet
Suspension et reprise de la séance
M. Joël Aviragnet Joël Aviragnet SOC

Vous êtes visionnaire, madame la présidente ! Vous devez disposer d’une boule de cristal, sous la cloche. Je demande une suspension de séance. C’est la première pour le groupe socialiste.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Elle est de droit.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue pour deux minutes.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures dix-huit, est reprise à vingt-deux heures vingt et une.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à M. Bastien Lachaud, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Bastien Lachaud
Suspension et reprise de la séance
M. Bastien Lachaud Bastien Lachaud LFI-NFP

Il se fonde sur l’article 58, alinéa 5, du règlement. Je demande, à titre personnel, une suspension de séance, sur laquelle l’Assemblée doit se prononcer.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je vais soumettre cette demande à l’Assemblée qui votera à main levée. (La demande de suspension de séance est adoptée.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue pour deux minutes.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures vingt-deux, est reprise à vingt-deux heures vingt-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Sur des amendements à l’article 18, je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements nos 633 et 634, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur l’amendement no 542, par le groupe Rassemblement national. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Christine Arrighi
Rappels au règlement
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Parce que nous respectons la représentation nationale ainsi que les Françaises et les Français, parce que nous considérons que la question de la fraude fiscale et sociale est trop importante et trop grave pour être traitée dans de telles conditions, en application de l’article 58, alinéa 5, du règlement, je demande, à titre personnel, une suspension de séance.

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix cette demande. (La demande de suspension de séance est adoptée.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures vingt-six, est reprise à vingt-deux heures trente.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à M. Denis Masséglia, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Denis Masséglia
Suspension et reprise de la séance
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Il se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue des débats.

Photo de M. Théo Bernhardt
Suspension et reprise de la séance
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Cela n’existe pas !

Photo de M. Denis Masséglia
Suspension et reprise de la séance
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Les Français nous regardent. Nous devons débattre d’un texte extrêmement important pour l’équilibre financier du pays (Vives exclamations continues sur les bancs des groupes RN, LFI-NFP et EcoS)…

Photo de M. Théo Bernhardt
Suspension et reprise de la séance
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Alors ramenez vos troupes ! Nous ne pouvons pas débattre : vous n’êtes pas là !

Photo de M. Denis Masséglia
Suspension et reprise de la séance
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

…et là, l’extrême gauche et l’extrême droite empêchent le débat. Nous ne pouvons ni débattre ni voter. Elles ont décidé – parce que l’extrême gauche et l’extrême droite sont majoritaires quand elles s’associent – que ce soir, nous ne pourrions pas travailler. Je leur dis : arrêtez, travaillons, votons ! Ce qui se passe est inadmissible. Nous donnons une mauvaise image de la représentation nationale. Vous pouvez continuer vos rappels au règlement,… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Cher collègue, vous savez que la suspension de séance est de droit, deux fois par groupe et par séance. Vous savez également qu’un député peut, à titre individuel, demander une suspension de séance. Ce sont ces articles du règlement qui s’appliquent ici.

Photo de M. Denis Masséglia
Suspension et reprise de la séance
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Qu’ils arrêtent et qu’on travaille ! (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN, LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je comprends votre demande, mais j’applique le règlement.

Photo de M. Stéphane Rambaud
Suspension et reprise de la séance
M. Stéphane Rambaud Stéphane Rambaud RN

Eh, l’extrême centre ! Où sont tes collègues ?

Photo de M. Théo Bernhardt
Suspension et reprise de la séance
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

On ne peut pas bosser dans ces conditions !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Céline Thiébault-Martinez, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Céline Thiébault-Martinez
Suspension et reprise de la séance
Mme Céline Thiébault-Martinez Céline Thiébault-Martinez SOC

Il se fonde sur l’article 58, alinéa 5, du règlement. Je m’associe aux remarques de mes collègues qui dénoncent les conditions dans lesquelles se tiennent les débats relatifs à ce projet de loi. Vous l’avez rappelé, monsieur Masséglia, ce texte est absolument essentiel pour les Français ; il serait donc souhaitable que nous soyons beaucoup plus nombreux et que les collègues de votre groupe soient présents. À titre individuel, je demande en conséquence une suspension de séance.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je la mets aux voix, à main levée. (La demande de suspension de séance est adoptée.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures trente-trois, est reprise à vingt-deux heures trente-huit.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à M. Antoine Léaument, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Il se fonde sur l’article 61, alinéa 1er, du règlement, que nous n’avons pas encore cité : « L’Assemblée est toujours en nombre pour délibérer », ce que nous faisons en ce moment, même si nous sommes vingt, « et pour régler son ordre du jour ».

Photo de M. Pierre Henriet
Suspension et reprise de la séance
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

C’est la semaine du gouvernement !

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Certes, mais nous sommes l’Assemblée nationale. Le gouvernement n’a pas demandé la confiance de l’Assemblée nationale : il est illégitime… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Plusieurs députés du groupe LFI-NFP applaudissent ce dernier.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Monsieur Léaument, vous allez beaucoup trop loin. L’ordre du jour a été fixé lors de la conférence des présidents, à laquelle tous les présidents de groupe ont participé. C’est une semaine du gouvernement, l’ordre du jour est donc fixé par le gouvernement ; et ce texte est à l’ordre du jour.

MF
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Fugit

Elle a raison !

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Nous sommes souverains !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Nous suivons le règlement, qu’il vous plaise ou non.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Nous allons poursuivre en laissant s’exprimer M. Jocelyn Dessigny, inscrit à l’article 18.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

L’article 18 vise à sanctionner plus sévèrement les escroqueries commises en bande organisée. Il ne s’agit pas ici d’erreurs administratives ou d’irrégularités marginales, mais de réseaux structurés, organisés, parfois transnationaux, qui exploitent les failles du système pour détourner des prestations sociales, des aides publiques ou des dispositifs fiscaux. Ce sont des escroqueries massives, préméditées et coordonnées. L’article 18 adapte la réponse pénale à cette réalité : il aggrave les peines lorsque l’escroquerie est commise en bande organisée pour prendre en considération la gravité des faits et le caractère structuré des réseaux. Certains, à gauche, proposent de le supprimer purement et simplement. Les mêmes qui ont défendu hier les narcotrafiquants défendent aujourd’hui les escrocs et les fraudeurs. La criminalité organisée ne peut être traitée comme une fraude isolée ; elle nécessite des moyens d’enquête renforcés et des sanctions adaptées. Refuser l’aggravation des peines, c’est envoyer le signal extrêmement problématique de l’affaiblissement volontaire de la réponse pénale face aux réseaux structurés, notamment face au narcotrafic. Nous assumons une position simple : plus l’infraction est organisée, plus la réponse doit être ferme. Il ne s’agit pas d’empiler des peines, mais de protéger l’argent public et de défendre la justice sociale. L’article 18 ne crée pas une dérive pénale, il crée une cohérence pénale. Dans la lutte contre les escroqueries en bande organisée, contre le crime organisé et contre le narcotrafic, la fermeté n’est pas un excès mais une nécessité.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

L’amendement no 633 de Mme Mathilde Feld, qui vise à supprimer l’article 18, est défendu. La parole est à M. Daniel Labaronne, rapporteur pour avis de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, à laquelle la commission des affaires sociales a délégué l’examen des articles 1er, 1er bis, 3 à 3 ter, 9, 9 bis, 14, 15, 18 à 20 quater et 23 à 23 ter, pour donner l’avis de la commission.

Amdt 633 Rejeté
Photo de M. Daniel Labaronne
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire EPR

L’article 18 vise à transformer le délit d’escroquerie en crime d’escroquerie aux finances publiques. Selon l’argument avancé dans l’exposé des motifs de l’amendement de suppression, cet article ne viserait qu’à augmenter les peines. Ce n’est pas du tout le cas : la transformation du délit en crime permettra à la police judiciaire de se saisir de la procédure applicable à la criminalité organisée. La police pourra ainsi, d’une part, recourir aux techniques spéciales d’enquête comme l’infiltration ou la mise sous écoute, d’autre part, prolonger la détention provisoire. Les fraudes visées dans l’article sont commises par des mafias organisées pour siphonner l’argent public, ce qui requiert des investigations longues et complexes pendant lesquelles il convient d’empêcher les mis en cause de prendre la fuite à l’étranger. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de M. David Amiel
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. David Amiel ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 633.

Amdt 633 Rejeté
II
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 49 Nombre de suffrages exprimés 49 Majorité absolue 25 Pour l’adoption 22 Contre 27

II
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 633 n’est pas adopté.)

Amdt 633 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Monsieur Boyard, vous voulez parler pour un rappel au règlement, pour demander une suspension ?

Photo de M. Louis Boyard
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je demande en effet une suspension de séance à titre individuel.

Photo de M. Pierre Henriet
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

Cela ne marche pas comme ça ! L’article 58, alinéa 5, mentionne que le président d’un groupe ou son délégué doit demander la suspension et que les demandes sont limitées à deux par groupe !

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Monsieur Henriet, je vous invite à relire le règlement. Je répète que chaque président de groupe ou son délégué a droit, à chaque séance, à deux suspensions dont la durée est fixée par la présidence de séance. En outre, un député peut soumettre en son nom propre une demande de suspension à l’Assemblée.

Photo de M. Pierre Henriet
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

C’est un abus du règlement !

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets donc aux voix cette demande. (La demande de suspension de séance est rejetée.) (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et HOR.)

Photo de M. Louis Boyard
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Le FN revient à ses bonnes vieilles habitudes : être la béquille du macronisme !

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny, pour soutenir l’amendement no 542.

Amdt 542 Rejeté
Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

L’article 18 vise à renforcer les sanctions applicables en matière d’escroquerie aux prestations sociales. Nous partageons naturellement l’objectif de mieux réprimer ces comportements qui portent atteinte à la solidarité nationale. Cependant, si nous voulons un droit pleinement cohérent avec la réalité des circuits criminels actuels, nous devons reconnaître que certaines fraudes ne relèvent plus simplement du détournement opportuniste de prestations mais s’inscrivent dans une logique beaucoup plus structurée, dans laquelle l’argent public détourné devient une ressource financière pour la criminalité organisée. Il existe désormais une porosité manifeste entre fraude sociale, blanchiment de capitaux et trafic de stupéfiants. Les services d’enquête le constatent régulièrement : les prestations obtenues frauduleusement peuvent servir à financer une activité de narcotrafic, à constituer des fonds de roulement, à couvrir des dépenses logistiques ou à dissimuler l’argent issu d’infractions graves. Dans de telles hypothèses, nous ne sommes plus face à une simple escroquerie aux aides publiques, mais face à un mécanisme de financement indirect de réseaux criminels, qui fragilise l’ordre public, déstabilise certains territoires et alimente une économie parallèle violente et structurée. Le présent amendement vise à tirer les conséquences de cette réalité. D’abord, il prévoit que les peines prévues par l’article 18 soient pleinement applicables lorsque des droits, aides ou prestations obtenues par escroquerie ont été utilisés pour financer un trafic de stupéfiants, ou une opération de blanchiment de capitaux en lien avec ces infractions. Il s’agit d’introduire une aggravation spécifique lorsque la fraude sociale devient un maillon d’une chaîne criminelle plus large.

Photo de M. Louis Boyard
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

C’est encore plus ennuyeux qu’une suspension !

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Ensuite, il prévoit que la confiscation des biens soit rendue obligatoire dans ces situations, afin que les profits tirés de ces circuits hybrides ne puissent être conservés. La confiscation n’est pas ici une mesure accessoire, mais la traduction du principe suivant lequel le crime ne doit jamais payer, a fortiori lorsqu’il repose sur le détournement de fonds issus de la solidarité nationale.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Rendez l’argent, dans ce cas !

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Cet amendement ne crée aucune infraction nouvelle et ne bouleverse pas l’architecture pénale existante. Il s’inscrit dans la logique de l’article, en adaptant notre droit à une réalité que chacun connaît : l’imbrication croissante entre fraude, prestations sociales et criminalité organisée.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Votre amendement présente deux difficultés. Tout d’abord, il comporte une erreur rédactionnelle. Le I renvoie « aux peines prévues au présent article », or deux peines sont prévues à l’article 313-2 du code pénal : sept ans de prison pour l’escroquerie aggravée, dix ans en bande organisée. Le texte n’est donc pas applicable en l’état car il est contraire au principe de légalité des délits et des peines, qui implique la clarté de la loi pénale. Ensuite, sur le fond, il serait disproportionné de rendre automatique la confiscation générale du patrimoine, lorsque l’escroquerie a financé directement ou indirectement le trafic de drogue. On pourrait en déduire qu’une escroquerie ayant permis à quelqu’un d’acheter un ou deux joints devrait conduire à la confiscation de l’ensemble de son patrimoine. C’est une peine manifestement inconstitutionnelle au regard du principe de la proportionnalité. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de M. David Amiel
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. David Amiel ministre

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

Monsieur le rapporteur, depuis hier, vous nous expliquez vouloir lutter contre la fraude non pas au niveau personnel, mais à celui du crime organisé. Nous parlons ici de narcotrafic : ce n’est pas avec deux joints que l’on s’achète un 4x4 à 80 000 euros ! Il s’agit bien de lutter contre les narcotrafiquants qui bénéficient de l’argent public pour constituer le pécule nécessaire à l’installation d’un narcotrafic. Vous voulez lutter contre le narcotrafic et la fraude : adoptez notre amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Antoine Léaument.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Je me satisfais que nous soyons désormais plus nombreux dans l’Assemblée que les personnes présentes dans les tribunes – que je salue. Les arguments mobilisés en défense de l’amendement de M. Dessigny, et dans le débat qui nous occupe, me semblent être ceux de personnes qui n’ont pas travaillé à la lutte contre le trafic de stupéfiants. Tout d’abord, monsieur Labaronne, vous dites que cet article permettra à la police judiciaire de se saisir des dossiers. Je vous rappelle – c’est un problème majeur de la police judiciaire – qu’ils n’ont toujours pas de logiciel, alors que Capgemini a reçu 250 millions d’euros il y a huit ans pour le créer. La gendarmerie a un logiciel libre, qui fonctionne parfaitement, mais les policiers ne veulent pas l’utiliser car c’est celui de la gendarmerie. On marche sur la tête. Dans la justice, le logiciel Cassiopée ne fonctionne pas. Pire, le logiciel de la police judiciaire n’est pas compatible avec celui de la justice. Ainsi, lorsqu’un policier a la chance que le logiciel ne plante pas, et parvient au bout de la rédaction de la procédure pénale, les magistrats doivent ensuite tout recommencer. Votre article est censé permettre à la police judiciaire de se saisir des dossiers ; commencez donc par leur donner des logiciels ! Ensuite, le durcissement pénal ne fonctionne nulle part. Des enquêtes comparatives internationales existent sur le sujet : personne, avant de commettre un crime ou un délit, ne se balade avec un code pénal sous le bras, ne feuillette la page 492 pour finir par se dire : la peine va passer à quinze ans de prison, je ne vais rien faire. Quelle manière d’écrire la loi ! Nous sommes censés parler de fraude, vous parlez du narcotrafic. Comme nous vous le répétons depuis tout à l’heure, nous ne sommes pas dans les bonnes conditions pour légiférer. Je veux bien parler toute la soirée du narcotrafic : j’ai rédigé un rapport entier sur le sujet. Je peux vous seriner avec les conclusions du rapport, et je ne vais pas m’en priver. (Mme Ersilia Soudais applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 542.

Amdt 542 Rejeté
II
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 52 Nombre de suffrages exprimés 52 Majorité absolue 27 Pour l’adoption 12 Contre 40

II
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 542 n’est pas adopté.)

Amdt 542 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Stéphane Peu.

Photo de M. Stéphane Peu
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Stéphane Peu Stéphane Peu GDR

Je demande une suspension de séance.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Elle est de droit. C’est votre seconde demande. Je suspends la séance pour deux minutes.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures cinquante, est reprise à vingt-deux heures cinquante-quatre.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Suspension et reprise de la séance
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je demande, à titre personnel, une suspension de séance.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je la mets aux voix. (La demande de suspension est adoptée.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue pour deux minutes.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures cinquante-cinq, est reprise à vingt-deux heures cinquante-huit.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à Mme Ségolène Amiot. C’est pour un rappel au règlement ou pour une demande de suspension de séance, madame la députée ?

Photo de Mme Ségolène Amiot
Suspension et reprise de la séance
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Je demande, à titre personnel, une suspension de séance, car nous sommes trop peu nombreux pour légiférer. Ce n’est pas sérieux.

Photo de M. Bastien Lachaud
Suspension et reprise de la séance
M. Bastien Lachaud Bastien Lachaud LFI-NFP

C’est vrai que nous ne sommes pas nombreux.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je propose de procéder par scrutin public.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix la demande de suspension de séance.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 48 Nombre de suffrages exprimés 48 Majorité absolue 25 Pour l’adoption 23 Contre 25

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La demande de suspension de séance est rejetée.)

Photo de M. Louis Boyard
Suspension et reprise de la séance
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Les délégations, ça n’est pas bien !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Anne Stambach-Terrenoir, pour soutenir l’amendement no 634.

Amdt 634 Rejeté
Photo de Mme Anne Stambach-Terrenoir
Suspension et reprise de la séance
Mme Anne Stambach-Terrenoir Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP

C’est un amendement d’appel qui met en lumière une petite contradiction politique et morale de l’article 18. En effet, à la suite des ajouts du Sénat, le texte prévoit la saisie des biens des particuliers, y compris des biens essentiels, au nom de la lutte contre la fraude. Autrement dit, on permettrait la saisie de l’ensemble des biens d’une personne condamnée, y compris sa résidence principale. On organiserait ainsi, sciemment, sa mise à la rue à la sortie de prison et une aggravation majeure de sa précarité, ce qui compromettrait toute perspective de réinsertion. Nous savons aussi que la précarité brutale à la sortie est l’un des premiers facteurs de récidive. Même eu égard à l’objectif de lutte contre la fraude que vous prétendez viser, on voit bien que cette mesure ne fonctionne pas du tout et qu’elle est même contre-productive – en réalité, elle est complètement idéologique. Nous proposons une mise en cohérence par symétrie : puisque vous estimez légitime de saisir les biens des particuliers, appliquons la même logique aux grandes entreprises et à leurs dirigeants ! On sait qu’ils sont si pressés de créer des emplois – à vous entendre, c’est leur unique but – qu’ils font parfois des erreurs et finissent par frauder. Nous souhaitons que, dans un tel cas, ils encourent la confiscation de tout ou partie de leurs actifs. Cela s’appliquerait aussi aux dirigeants directement concernés, qui pourraient voir saisies leurs parts et actions. C’est une question de cohérence : pourquoi ce qui est acceptable s’agissant des particuliers ne le serait-il pas s’agissant des multinationales, qui fraudent à grande échelle et s’enrichissent illégalement, ce qui représente un coût majeur pour le pays ? Vous l’avez compris : ce qui est en question, c’est une justice de classe. Vous prévoyez toujours une extrême sévérité pour les plus fragiles et une grande indulgence pour les puissants. Cet amendement est une sorte de test politique, y compris aux yeux de ceux qui suivent nos débats : soit vous reconnaissez que ces mesures sont excessives et injustes, et il faut alors supprimer la saisie généralisée des biens des particuliers ; soit vous persistez, et il n’y a alors aucune raison de protéger les grandes entreprises et leurs dirigeants – même si ce sont vos copains ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

UL
Suspension et reprise de la séance
Une députée du groupe LFI-NFP

Implacable !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Daniel Labaronne
Suspension et reprise de la séance
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Vous avez raison. (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Il n’y a pas de raison que les personnes morales échappent à la confiscation de leur patrimoine si elles sont incriminées et jugées. Or l’article 18 prévoit justement une telle disposition puisqu’il étend déjà aux personnes morales la peine de confiscation générale du patrimoine. Sur le fond, votre amendement est donc satisfait. Vous proposez en outre d’étendre cette confiscation à l’ensemble des actifs dont ces personnes morales ont la gestion. Cette mesure est plus problématique. Si elle était instaurée, la condamnation du Crédit agricole pour fraude fiscale, par exemple, conduirait à la confiscation de toutes les assurances vie des Français, puisque cette banque les a en gestion. Vous voyez donc que vous allez un peu trop loin. Je comprends qu’il s’agit d’un amendement d’appel visant à dénoncer la peine de confiscation générale du patrimoine.

Photo de Mme Anne Stambach-Terrenoir
Suspension et reprise de la séance
Mme Anne Stambach-Terrenoir Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP

Exactement !

Photo de M. Daniel Labaronne
Suspension et reprise de la séance
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Toutefois, telle que la prévoit l’article 18, cette peine ne sanctionnera qu’un nombre très limité d’infractions et jouera un rôle essentiel dans l’affaiblissement des organisations criminelles en les privant des ressources nécessaires pour reconstituer leurs réseaux après une condamnation. On parle ici de trafic d’armes, de corruption et d’escroqueries commises par des groupes criminels organisés. Cette mesure n’est donc pas d’application générale. Je vous rappelle par ailleurs que le juge pénal contrôle la proportionnalité de la peine de confiscation au regard de la gravité des faits et de la situation personnelle des intéressés, afin de ne priver ni ces derniers ni leurs proches de leurs moyens de subsistance. La Cour de cassation vérifie par exemple que la confiscation du domicile familial n’est pas disproportionnée, notamment en examinant si le prévenu dispose d’autres immeubles. J’émets donc un avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de M. David Amiel
Suspension et reprise de la séance
M. David Amiel ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Antoine Léaument.

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

J’ai trouvé très convaincante l’idée de confisquer l’intégralité du capital de ceux qui fraudent le fisc ou pratiquent l’évasion fiscale. J’ai eu plaisir à entendre les bons arguments développés par ma collègue. Depuis le début de nos débats, monsieur Labaronne, chacun de vos avis coche une des cases de mon bingo ! En général, vous nous dites que ce que nous proposons est soit impossible, soit déjà inscrit dans la loi, soit fait l’objet de règles européennes que nous surtransposons. Dans le cas d’espèce, vous avez réussi un double bingo : ce que nous proposons par notre amendement serait à la fois impossible et déjà prévu dans le texte ! (M. le rapporteur pour avis fait un geste de dénégation.) Si, vous l’avez dit ! Vous avez indiqué que c’était déjà prévu par l’article 18 et, en même temps, que c’était impossible car cela pourrait entraîner la confiscation de l’intégralité des actifs, par exemple, du Crédit agricole.

Photo de M. Daniel Labaronne
Suspension et reprise de la séance
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Je parlais des actifs en gestion !

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Vous vous êtes donc contredit ! Et normalement, au bingo, il faut choisir ! Depuis le début, nous vous faisons la démonstration que, quand il s’agit de frapper les faibles, vous êtes là, mais que, quand il est question de frapper les forts, vous n’êtes pas là ! Nous parlons de personnes… (M. Denis Masséglia s’exclame.) Je prends le temps que je veux pour formuler mes arguments ! Souffrez, puisque vous avez envie de débattre, que nous prenions le temps de le faire et essayions d’éclairer la représentation nationale afin – peut-être que je n’y parviendrai pas – de vous convaincre d’approuver l’amendement de Mme Feld, brillamment défendu par notre collègue Anne Stambach-Terrenoir.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Suspension et reprise de la séance
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Monsieur le rapporteur pour avis, puisque vous êtes d’accord avec l’analyse qui vient d’être faite, qu’il s’agisse des personnes physiques ou morales, pourriez-vous m’expliquer comment s’appliquerait la disposition prévue à l’article 18 dans le cas où une personne morale – ou physique – poursuivie aurait placé ses biens immobiliers dans une autre personne morale, indépendante et distincte de la première, par exemple une société civile immobilière (SCI) ou une holding ?

Photo de Mme Céline Thiébault-Martinez
Suspension et reprise de la séance
Mme Céline Thiébault-Martinez Céline Thiébault-Martinez SOC

Excellent !

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Bastien Lachaud, pour un rappel au règlement. Sur le fondement de quel article, s’il vous plaît ?

Photo de M. Bastien Lachaud
Rappel au règlement
M. Bastien Lachaud Bastien Lachaud LFI-NFP

Sur celui de l’article 70, alinéa 3, du règlement. M. Masséglia a utilisé sa tablette pour interrompre le collègue Léaument et l’a interpellé pendant qu’il parlait, alors que vous, madame la présidente, à qui il revient de faire respecter l’ordre, ne l’aviez pas interrompu et qu’il n’avait donc pas dépassé, semble-t-il, le temps imparti pour son intervention. M. Masséglia avait déjà, lors d’une précédente… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je vous remercie, mais c’est moi qui exerce la présidence et je n’ai observé aucun signe irrespectueux de M. Masséglia à l’adresse de M. Léaument.

Photo de M. Bastien Lachaud
Rappel au règlement
M. Bastien Lachaud Bastien Lachaud LFI-NFP

C’était très irrespectueux !

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Non, désolée, ce n’est pas recevable.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Nous en étions à l’amendement no 634, qui a déjà fait l’objet de deux prises de parole. Je vais faire procéder au scrutin public demandé. (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Il n’y a pas eu de réponse à ma question !

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je suis étonnée qu’après tout ce temps, vous ne sachiez pas que le rapporteur et le ministre sont libres de leur parole ! M. le rapporteur n’a pas demandé à s’exprimer. Nous allons donc passer au vote.

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Jean-Luc Fugit Jean-Luc Fugit EPR

Très bien ! Bravo, madame la présidente !

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Je reposerai la question !

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’amendement no 634.

Amdt 634 Rejeté
II
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 49 Nombre de suffrages exprimés 46 Majorité absolue 24 Pour l’adoption 18 Contre 28

II
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 634 n’est pas adopté.)

Amdt 634 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur pour avis, pour soutenir l’amendement no 778. (M. Louis Boyard entre dans l’hémicycle.)

Amdt 778 Adopté
Photo de M. Louis Boyard
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Je n’étais pas là ! Maintenant, on suspend, voilà !

Photo de M. Pierre Henriet
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Pierre Henriet Pierre Henriet HOR

Ce n’est pas toi qui décides !

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Monsieur Boyard, peut-être puis-je défendre mon amendement, si ça ne vous ennuie pas ? Merci ! Il vise à sécuriser juridiquement le dispositif prévoyant l’extension de la garde à vue à quatre-vingt-seize heures dans les cas d’escroquerie aux finances publiques réalisée en bande organisée. Il s’appuie sur les travaux menés par la direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ) sur l’infraction de corruption prévue par la loi « narcotrafic ». Pourquoi cette extension ? Parce que, lors de son audition, le directeur de l’Office national antifraude (Onaf) a fait apparaître son grand intérêt opérationnel s’agissant des cas d’escroquerie en question. Je rappelle qu’il s’agit d’une infraction particulièrement complexe. Or la garde à vue est un moment crucial pour obtenir un maximum d’informations sur les schémas de fraude utilisés. En outre, cette extension répond à une évolution de ce type de criminalité, désormais pratiquée par de véritables mafias internationales, les coûts devenant colossaux pour l’État. Le dispositif ainsi amendé permettrait aux services de l’Onaf de disposer du temps nécessaire pour instruire leurs dossiers.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de M. David Amiel
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. David Amiel ministre

Depuis le début de l’après-midi, nous débattons du renforcement des moyens nécessaires à la lutte contre la fraude fiscale, en particulier à la lutte contre les mafias de la fraude. Les dispositions de l’article 18 permettront de réprimer bien plus durement le business mafieux que constituent les escroqueries aux finances publiques commises en bande organisée. Le dispositif sécurisé par l’amendement no 778 du rapporteur pour avis permettra d’étendre la durée de la garde à vue pour que ces schémas complexes et très dangereux pour les finances publiques puissent faire l’objet des investigations nécessaires. Nous soutenons donc l’amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

L’article 18 permettra de prolonger la durée de la garde à vue à quatre-vingt-seize heures. Deux éléments méritent d’être pris en considération à ce sujet. Il faut d’une part s’interroger sur la proportionnalité, c’est-à-dire sur l’adaptation des moyens que nous nous donnons dans le droit, en l’occurrence cette extension, aux fins que nous visons. Les explications de M. Labaronne à cet égard ne m’ont pas pleinement convaincu, peut-être parce qu’elles étaient expéditives – elles ont duré trente secondes, ça n’aide pas ! Je n’ai pas compris en quoi ces vingt-quatre heures supplémentaires de garde à vue, voire le doublement de sa durée, en fonction des cas, permettraient réellement d’accéder à de nouvelles informations et à quel point ces informations seraient nécessaires pour mener l’enquête à bien. Je suis d’autant moins convaincu qu’en 2014, on avait déjà introduit dans le code de procédure pénale une telle possibilité de prolonger la durée de la garde à vue à quatre-vingt-seize heures et que le Conseil constitutionnel l’avait annulée – à la demande, du reste, de Bernard Tapie – par sa décision no 2014-420/421 QPC. Je ne vois pas ce qui aurait changé depuis lors pour justifier une telle évolution de notre droit, mais peut-être y a-t-il des éléments dont je ne dispose pas. En outre, n’y a-t-il pas une contradiction entre la prolongation systématique des gardes à vue et le fait de ne pas donner aux agents publics, qu’ils travaillent pour les finances publiques ou dans les services d’investigation financière de la police, les moyens de travailler ? On mène des politiques d’austérité qui touchent les services publics, si bien que celles et ceux qui sont chargés d’identifier les fraudeurs et les fraudeuses dont nous parlons n’ont pas les moyens de poursuivre ! La durée des gardes à vue sera donc étendue mais il n’y aura personne pour mener les investigations ! Cela me paraît très étrange et contradictoire. Il faut d’abord consacrer des moyens à la poursuite des infractions. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

M. Labaronne et le gouvernement, qui soutient son amendement, pourraient me convaincre puisqu’il faut manifestement du temps pour mener à bien les investigations. Mais, à cet égard, comment allez-vous appréhender les immeubles placés dans des SCI ou des holdings, de sorte que le traitement réservé aux personnes morales soit similaire à celui des particuliers ? J’aimerais connaître la réponse pour pouvoir me prononcer, en conscience et de manière documentée, sur ce point technique. Nous traitons effectivement d’un sujet très grave : la fraude en bande organisée, particulièrement dans le cadre du narcotrafic. Débattons, vous avez raison, mais il faut que le gouvernement nous apporte des réponses. Je vous en remercie par avance !

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le ministre.

Photo de M. David Amiel
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. David Amiel ministre

J’insiste sur les raisons pour lesquelles nous soutenons cet amendement de Daniel Labaronne. En étendant la durée de la garde à vue, on permettra aux services enquêteurs de mener les investigations nécessaires, par exemple lorsqu’il faut exploiter un volume important de données numériques saisies à l’occasion des perquisitions concomitantes aux interpellations, ou lorsqu’il faut interroger les personnes sur des schémas complexes, souvent internationaux, qui mêlent fraude et blanchiment, qui peuvent impliquer plusieurs sociétés écrans. Tout cela prend du temps. Je suis assez frappé. Tout à l’heure, sur les bancs du groupe La France insoumise et du groupe écologiste, nous avons entendu des interventions très lyriques pour défendre des mesures de reporting visant à obtenir des documents dont l’administration fiscale dispose déjà. En revanche, quand nous proposons de donner aux services enquêteurs compétents, qui luttent contre les mafias du blanchiment et de la fraude aux finances publiques en bande organisée, des moyens réels pour qu’ils puissent mener des investigations complexes, le soutien manifesté sur ces mêmes bancs est bien plus timide ! Je me demande si vous êtes vraiment résolus à lutter contre l’escroquerie aux finances publiques en bande organisée.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur pour avis.

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Madame Arrighi, je ne peux pas vous répondre immédiatement parce que je n’ai pas à ma disposition les éléments techniques le permettant, j’en suis désolé. Mais nous allons investiguer et vous aurez une réponse par écrit. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Très bien.

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Par ailleurs, quand nous avons auditionné le directeur de l’Onaf, il nous a dit : « Pour me situer, je suis le Vincent Lindon de la série D’argent et de sang, adaptée d’un livre écrit par un journaliste de Mediapart. »

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Vincent Lindon était tout de même mieux dans Titane !

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Après une discussion approfondie sur l’Onaf et les moyens qui lui sont alloués, il a ajouté : « Monsieur le député, si je n’avais qu’une demande à formuler pour mes services, ce serait l’extension à quatre-vingt-seize heures de la garde à vue. J’en ai vraiment besoin. » Mon amendement répond à cette demande très précise du directeur de l’Onaf. Je l’ai d’ailleurs rédigé avec son appui juridique.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Denis Masséglia.

Photo de M. Denis Masséglia
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Je soutiens l’amendement de Daniel Labaronne. Aujourd’hui, les services chargés de lutter contre la fraude ont des dossiers de plus en plus compliqués à gérer et il faut leur donner le temps de travailler. Mais on voit bien que, dans cet hémicycle, il y a ceux qui veulent lutter contre la fraude et qui travaillent pour voter des amendements en ce sens, et ceux qui, en fin de compte, sont toujours les défenseurs des fraudeurs.

Photo de Mme Murielle Lepvraud
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme Murielle Lepvraud Murielle Lepvraud LFI-NFP

C’est quel amendement, ça ?

Photo de M. Denis Masséglia
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Outre l’obstruction ce soir des députés de La France insoumise, je note qu’il y a pour eux les bons fraudeurs et les mauvais fraudeurs, sans que l’on comprenne bien ce qui les distingue, dès lors que tous fraudent et mettent en péril notre modèle social.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Parmi les macronistes, il n’y a que des mauvais macronistes.

Photo de M. Denis Masséglia
Article 18 (appelé par priorité - suite)
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Il n’y a aucun argument, mais toujours, encore et encore, cette défense des fraudeurs. Je vous encourage à voter cet amendement, qui est existentiel : il s’agit d’aider nos services. Nous verrons bien si le groupe La France insoumise est prêt à leur donner les moyens de travailler comme il faut. Mais j’ai bien peur qu’outre l’obstruction, il ne vote contre, une fois de plus.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Je demande une suspension de séance, madame la présidente, de façon que M. Labaronne puisse rassembler les éléments lui permettant de répondre à la question de Mme Arrighi. La France insoumise est évidemment contre les fraudeurs, comme chacun dans cet hémicycle, mais nous, nous ne caricaturerons pas le débat comme essaie de le faire, de façon un peu pitoyable, M. Masséglia. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Céline Thiébault-Martinez applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La suspension de séance est de droit.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-trois heures dix-sept, est reprise à vingt-trois heures vingt-deux.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. Je mets aux voix l’amendement no 778.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 778 est adopté.)

Amdt 778 Adopté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Louis Boyard.

Photo de M. Louis Boyard
Suspension et reprise de la séance
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Demande de suspension de séance, à titre individuel.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix par scrutin public la demande de suspension.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 47 Nombre de suffrages exprimés 46 Majorité absolue 24 Pour l’adoption 24 Contre 22

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La demande de suspension est adoptée.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue pour deux minutes.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-trois heures vingt-trois, est reprise à vingt-trois heures vingt-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise.

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Denis Masséglia, pour un rappel au règlement. Sur le fondement de quel article ?

Photo de M. Denis Masséglia
Rappels au règlement
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Sur celui de l’article 100 du règlement, pour la qualité des débats. Depuis maintenant plusieurs heures, La France insoumise ne cesse de faire de l’obstruction.

Photo de M. Hadrien Clouet
Rappels au règlement
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Nous ?

Photo de M. Louis Boyard
Rappels au règlement
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Arrêtez de faire de l’obstruction avec votre rappel au règlement !

Photo de M. Denis Masséglia
Rappels au règlement
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

Les Français nous regardent. Par respect pour l’Assemblée nationale, par respect pour le Parlement,…

UL
Rappels au règlement
Un député du groupe LFI-NFP

Tu en parleras à tes collègues !

Photo de M. Denis Masséglia
Rappels au règlement
M. Denis Masséglia Denis Masséglia EPR

…arrêtez, s’il vous plaît, d’enchaîner les demandes de suspension de séance. Il est grand temps que nous puissions travailler. Je le dis pour l’image de notre assemblée. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Pierre Pribetich pour un rappel au règlement. Sur le fondement de quel article ?

Photo de M. Pierre Pribetich
Rappels au règlement
M. Pierre Pribetich Pierre Pribetich SOC

Sur celui de l’article 100. Notre collègue vient de nous faire la leçon, sinon la morale, à propos de la qualité des débats.

Photo de M. Hadrien Clouet
Rappels au règlement
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

C’est vrai !

Photo de M. Pierre Pribetich
Rappels au règlement
M. Pierre Pribetich Pierre Pribetich SOC

Lorsque seulement cinq députés soutenant le gouvernement assistent à la séance, cela pose effectivement un réel problème, tant pour la qualité des débats que pour l’image qu’ont nos concitoyens de notre assemblée. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Joël Aviragnet applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

J’apprécierais, chers collègues, que vous arrêtiez d’invoquer l’article 100 à tort et à travers. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)

Photo de M. Christophe Bentz
Rappels au règlement
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

C’est vrai !

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Rappels au règlement
M. Jean-Luc Fugit Jean-Luc Fugit EPR

La présidente a raison !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Si vous le lisiez, vous verriez que vos rappels au règlement n’ont absolument rien à voir avec ce qui y figure.

Photo de Mme la présidente
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Je mets aux voix l’article 18.

II
Article 18 (appelé par priorité - suite)
Intervenant non identifié

(L’article 18, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Jocelyn Dessigny.

Photo de M. Jocelyn Dessigny
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Jocelyn Dessigny Jocelyn Dessigny RN

L’article 19 ter B constitue une évolution importante dans notre droit pénal fiscal : il supprime le verrou de Bercy et facilite la transmission des dossiers de fraude fiscale à la justice. Pendant des années, l’engagement des poursuites pénales en matière fiscale a dépendu d’un filtre administratif préalable. Cette situation a alimenté un sentiment d’opacité et, parfois, d’inégalité dans le traitement des dossiers. L’article prévoit que, lorsque les critères légaux sont réunis, la transmission au parquet devient automatique. L’administration ne sera plus l’unique porte d’entrée de l’action pénale. Cela renforcera la séparation des pouvoirs et la transparence ; cela renforcera surtout l’autorité de la justice. Face à des fraudes fiscales graves, parfois organisées, parfois même liées à des circuits criminels structurés, il n’est plus acceptable que le passage devant le juge dépende d’un arbitrage interne : les faits graves doivent relever du juge pénal. Certains redoutent une judiciarisation excessive. Nous considérons, au contraire, qu’il s’agit d’un alignement sur le principe fondamental de l’égalité devant la loi. La fraude fiscale lourde n’est pas une simple irrégularité administrative ; c’est une atteinte à la solidarité nationale. En supprimant ce verrou, nous envoyons un signal clair : la justice doit pouvoir se saisir pleinement des dossiers les plus graves. C’est une question d’autorité, de crédibilité et d’équité envers les Français qui respectent les règles. Nous soutenons donc pleinement cet article.

Photo de Mme la présidente
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Nous soutenons nous aussi l’article 19 ter B, et je déplore que M. Labaronne ait déposé un amendement tendant à le supprimer. L’article finalise la suppression du verrou de Bercy en permettant de lever le secret professionnel auquel sont tenus les agents du fisc dans leurs échanges avec les services de justice, y compris en amont de l’éventuel dépôt d’une plainte. Jusqu’alors, ce verrou n’a été que partiellement levé. D’où la persistance d’une grande confusion entre l’action administrative et l’action judiciaire, puisque c’est Bercy qui décide de l’opportunité de poursuites pénales en cas de fraude, alors que cette compétence devrait être réservée au procureur. Nous vous invitons à adopter l’article 19 ter B.

Photo de Mme la présidente
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à Mme Sophie Taillé-Polian.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

La bataille pour la suppression du verrou de Bercy a été à la fois très longue et très rude. Nous devons aller plus loin que les premiers pas franchis il y a quelques années, pour que tous les cas potentiellement graves soient transmis au juge. Or, aujourd’hui, il existe encore une commission qui filtre les dossiers. L’article 19 ter B est une avancée. Ayant lu l’exposé sommaire de l’amendement visant à le supprimer, je sais ce qu’on va me rétorquer. On va me dire que la levée partielle du verrou n’a finalement pas donné beaucoup de résultats. Mais n’est-ce pas en raison du maintien de cette commission ?

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Oui, c’est peut-être ça !

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

On va aussi m’opposer l’argument selon lequel les juges ne pourraient pas faire face à un afflux de dossiers. Mais, messieurs les ministres, messieurs les rapporteurs, si vous voulez vraiment empêcher la fraude, il faut lui opposer un nombre suffisant de magistrats ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Bien sûr !

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

À propos de toute une série de délits et de crimes, vous dites : Il faut y aller à fond les ballons ! Et il n’y aurait pas ici assez de juges pour agir ? Je crois qu’il y a là une complaisance. (M. Arnaud Le Gall applaudit.) Je dis bien une complaisance, qui s’est vue : depuis 2017, chacun de vos prédécesseurs a juré ses grands dieux qu’on allait à tout le moins estimer le montant de la fraude fiscale, mais cela n’a jamais été fait. Il est donc impossible de croire en votre bonne foi. (Mme Mathilde Feld applaudit.)

UL
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Une députée du groupe LFI-NFP

On n’y croit pas.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Je ne parie pas un kopeck sur cette bonne foi !

Photo de Mme la présidente
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur pour avis, pour soutenir l’amendement no 514 tendant à supprimer l’article 19 ter B.

Amdt 514 Rejeté
Photo de M. Daniel Labaronne
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Le sujet est déjà traité de manière très efficace, puisqu’il existe une commission des infractions fiscales qui examine les dossiers et en transmet plus de 80 % à la justice. Le verrou de Bercy a, en quelque sorte, le rôle d’un infirmier régulateur dans un hôpital, qui sépare les cas les plus graves de ceux qui, parce qu’ils le sont moins, peuvent attendre de faire l’objet d’un traitement.

Photo de Mme Sophie Taillé-Polian
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Sophie Taillé-Polian Sophie Taillé-Polian EcoS

Ou qui ne seront jamais traités, vu l’état de l’hôpital…

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

On ne va pas discuter de la situation des hôpitaux : ce n’est pas notre sujet ! Si ce qui reste du verrou de Bercy est supprimé, tous les dossiers, quelle que soit leur ampleur, même les plus petits qui n’appellent qu’un redressement fiscal, seront envoyés à la justice.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Eh oui !

Photo de M. Pierre Pribetich
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Pierre Pribetich Pierre Pribetich SOC

C’est la séparation des pouvoirs !

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Si l’on vous suit, les dossiers qui, aujourd’hui, ne présentent pas de raisons d’être transmis à la justice et ne relèvent que de la police administrative – soit 20 % du total – seront envoyés à la police judiciaire.

Photo de M. Pierre Pribetich
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Pierre Pribetich Pierre Pribetich SOC

Eh oui !

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Pourtant, ils pourraient être traités par les services de la direction générale des finances publiques (DGFIP), qui peut décider de sanctions administratives comme des pénalités ou des majorations. C’est l’organisation actuelle qui est bonne : 80 % des dossiers vont à la police judiciaire et les 20 % restants, de moindre ampleur, n’entraînent qu’un redressement fiscal. Avec plus de dossiers, la police judiciaire serait engorgée. Par ailleurs, les petits dossiers, qui pourraient être résolus de manière rapide par des mesures de police administrative, mettraient beaucoup plus de temps à être traités, car la police judiciaire privilégiera sans doute les gros dossiers. Contrairement à ce que vous pensez, la suppression du verrou de Bercy n’améliorera donc pas l’efficacité du système. Il est heureux qu’existe cette commission des infractions fiscales, qui retient dans le champ de la police administrative les dossiers les moins sensibles et les moins compliqués. Je ne défends pas le maintien absolu du verrou de Bercy, étant entendu que 80 % des dossiers sont déjà transmis à la police judiciaire. En revanche, pour des raisons d’efficacité, les 20 % restants ne doivent pas l’être. J’espère vous avoir convaincus.

Photo de Mme la présidente
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de M. David Amiel
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. David Amiel ministre

Le sujet est important et il faut clarifier le droit existant. Depuis 2018, pour les fraudes les plus graves, quand les montants sont supérieurs à 100 000 euros et quand les majorations fiscales dépassent les 80 %, la commission des infractions fiscales n’intervient pas et la transmission à la justice est automatique. La commission ne s’occupe que des dossiers qui ne remplissent pas ces critères. La grande avancée de la loi de 2018 a été de mettre fin à l’arbitraire et de garantir la transmission à la justice des cas de grande fraude fiscale. L’adoption de l’article aboutirait à la transmission automatique à la justice de toutes les infractions fiscales constatées. Il en résulterait un engorgement total, puisqu’on parle de 17 000 dossiers supplémentaires par an, et une incapacité à recouvrer les sommes en jeu. Il faut distinguer les grandes fraudes, pour lesquelles la transmission automatique sans intervention de la commission doit demeurer, des fraudes de moindre ampleur, pour lesquelles le recouvrement administratif est beaucoup plus rapide et efficace. Du reste, en cas de problème de recouvrement dans ces dossiers de moindre ampleur, la commission peut toujours les transmettre à la justice. Dans le rapport qu’elle a publié à ce sujet en décembre, la Cour des comptes souligne que la transmission à la justice de tous les dossiers conduirait à un engorgement qui remettrait en cause l’efficacité de la lutte contre la fraude fiscale. Enfin, l’adoption de l’article aboutirait à la suppression de la procédure judiciaire d’enquête fiscale, c’est-à-dire le traitement judiciaire des affaires les plus complexes. Ces affaires sont confiées aux officiers fiscaux judiciaires, ceux-là mêmes dont nous avons essayé de renforcer les pouvoirs grâce aux articles précédents, notamment l’article 18 – tous ceux qui entendent s’attaquer à la grande fraude fiscale auraient dû voter pour ! En résumé, la transmission automatique à la justice existe déjà et l’adoption de l’article 19 ter B engorgerait les tribunaux, rendrait beaucoup plus difficile la tâche des services de recouvrement et reviendrait à se priver de la procédure judiciaire conduite par les agents détachés auprès de l’Onaf, qui permet de réprimer les fraudes fiscales les plus complexes. Pour toutes ces raisons, je ne peux que soutenir l’amendement de suppression défendu par le rapporteur pour avis Labaronne.

Photo de Mme la présidente
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Pierre Pribetich.

Photo de M. Pierre Pribetich
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Pierre Pribetich Pierre Pribetich SOC

Nous voterons contre l’amendement. (« Nous ? Mais vous êtes tout seul ! » sur les bancs du groupe RN.) Vous nous dites que ces 20 % de dossiers engorgeraient la justice, mais une question demeure : comment sont sélectionnés les dossiers non transmis ? Est-ce la commission qui les choisit ? Si oui, à quel titre et avec quelle légitimité le fait-elle ? Elle n’en a aucune. Il y a à l’Assemblée une statue de Montesquieu. La séparation des pouvoirs, cela vous dit quelque chose ? Pour éviter tout amalgame et toute confusion, il faut rejeter l’amendement de M. Labaronne puis adopter l’article. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Des conversations sur les bancs du groupe RN provoquent des exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

S’il vous plaît, nous poursuivons ! La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Des décennies durant, les ONG, les syndicats, voire les agents des finances publiques eux-mêmes se sont inquiétés, à juste titre, de l’existence du verrou de Bercy, créé par une loi de 1920. Les règles ont fini par être modifiées, alors que l’on nous a dit pendant des années que cela risquait d’engorger les juridictions judiciaires. Aujourd’hui, 80 % des dossiers sont transmis automatiquement à la justice. Autant que je le sache, celle-ci les traite. Dès lors que le Parlement décide, de façon souveraine, d’instaurer une telle transmission, il faut renforcer en conséquence les juridictions. Pourquoi a-t-on desserré le verrou de Bercy ?

Photo de M. David Amiel
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. David Amiel ministre

Qui l’a fait, madame ?

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

C’était à la suite de la publication des Panama Papers et de l’affaire Cahuzac. Auparavant, l’administration retenait, en s’abritant derrière le verrou de Bercy, certains dossiers qu’elle aurait dû transmettre à la justice. Je me réjouis que l’on ait déverrouillé la transmission pour 80 % des dossiers. Dans le contexte actuel, je considère, à titre personnel, que le dispositif en vigueur est assez équilibré – à moins que la presse ne révèle un jour une nouvelle affaire.

Photo de Mme la présidente
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le ministre.

Photo de M. David Amiel
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. David Amiel ministre

Je remercie Mme Arrighi pour son hommage à la réforme que nous avons proposée en 2018 et qui a permis d’assouplir grandement le verrou de Bercy après des décennies de débat.

Photo de Mme Christine Arrighi
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Les Panama Papers et l’affaire Cahuzac, ce n’était pas vous !

Photo de M. David Amiel
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. David Amiel ministre

Elle a été votée en 2018, précisément pour cibler la grande fraude fiscale – celle à propos de laquelle il ne doit pas y avoir le moindre doute, ni la moindre suspicion ; celle dont l’autorité judiciaire doit être saisie. C’est ce que prévoit le droit actuel : ces dossiers sont transmis automatiquement à la justice sans aucune intervention de la commission. Quant aux critères de sélection des dossiers, monsieur Pribetich, ils sont connus, puisqu’ils ont été fixés dans la loi de 2018. L’article 19 ter B ne concerne pas la grande fraude fiscale – celle qui a été révélée, par exemple, par les Panama Papers. S’il était adopté, 17 000 dossiers supplémentaires de moindre ampleur viendraient engorger les tribunaux, au détriment de la répression de la grande fraude fiscale, qui donne déjà lieu à une transmission automatique et fait l’objet des procédures judiciaires d’enquête fiscale. Pour résumer, en cas d’adoption de l’article 19 ter B, nous fragiliserions la lutte contre la grande fraude fiscale, car l’article supprimerait la procédure judiciaire d’enquête fiscale, conduite par l’Onaf. Nous réduirions la capacité de la justice à traiter les dossiers les plus complexes, qui lui sont déjà transmis automatiquement pour écarter tout risque d’arbitraire quand il s’agit de la fraude des plus puissants. En effet, nous inonderions les juridictions de dossiers de bien moindre ampleur, tout en compromettant notre capacité de recouvrement. Cet article serait donc un cadeau fait à la grande fraude fiscale.

Photo de Mme la présidente
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur pour avis.

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Comme vient de le dire le ministre, en diluant les dossiers les plus importants – qui sont déjà transmis directement à la police judiciaire – parmi des milliers de dossiers secondaires – que l’administration traite très bien, en procédant à des redressements fiscaux –, nous obligerions la juridiction judiciaire à déployer des moyens très importants, pour peu de résultats. À qui cette évolution profiterait-elle, si ce n’est aux plus gros fraudeurs ? Ceux-ci pourraient, en effet, plus facilement se cacher, rester anonymes, au milieu de ces milliers de dossiers secondaires.

MA
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Mme Christine Arrighi

Non !

Photo de M. Daniel Labaronne
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Mais si ! Écoutez ! (Plusieurs députés du groupe RN discutent entre eux.) Nos collègues ne nous écoutent plus. La commission des infractions fiscales joue son rôle : il lui revient de repérer des dossiers qui mériteraient d’être transmis à la police judiciaire parmi les 20 % qui ne l’ont pas été automatiquement, de faire en sorte que les plus petits dossiers soient traités rapidement et efficacement, ce qui permet aux gros dossiers d’être eux aussi traités, par la justice, de manière plus efficace et plus rapide. J’en appelle donc à votre bon sens : ne supprimons par la commission des infractions fiscales, comme le prévoit l’article 19 ter B. Je vous invite donc à adopter mon amendement de suppression.

II
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 514 n’est pas adopté.)

Amdt 514 Rejeté
Photo de M. Daniel Labaronne
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Merci pour les fraudeurs !

II
Article 19 ter B (appelé par priorité)
Intervenant non identifié

(L’article 19 ter B est adopté.)

Photo de M. Antoine Léaument
Article 19 ter B (appelé par priorité)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Vous avez été battus !

Photo de Mme la présidente
Article 20 sexies (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. le rapporteur pour avis, pour soutenir l’amendement no 520.

Amdt 520 Adopté
Photo de M. Daniel Labaronne
Article 20 sexies (appelé par priorité)
M. Daniel Labaronne rapporteur pour avis EPR

Lorsque nous avons débattu de l’anonymisation des agents appartenant à l’unité de renseignement fiscal, j’avais fait valoir que le dispositif juridique était satisfaisant. En revanche, il existe bien, pour d’autres agents, une carence qu’il convient de combler. Tel est l’objet de cet amendement : il apporte, du point de vue de la légistique, une précision qui vise à rendre effective l’extension du dispositif d’anonymisation des agents de la DGFIP prévu à l’article 20 sexies, introduit en commission. Dans sa rédaction actuelle, l’article ne prévoit cette extension qu’à certains cas qui ne représentent pas la majorité des situations dans lesquelles le dispositif est utile. C’est pourquoi je propose d’étendre la procédure d’anonymisation à l’ensemble des actes susceptibles d’être signifiés par les huissiers des finances publiques, lesquels sont chargés du recouvrement des créances auprès des mauvais payeurs. Je vous invite à voter cet amendement favorable aux agents.

II
Article 20 sexies (appelé par priorité)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 520, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 520 Adopté
II
Article 20 sexies (appelé par priorité)
Intervenant non identifié

(L’article 20 sexies, amendé, est adopté.)

Photo de Mme la présidente
Article 20 sexies (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La parole est à M. Joël Aviragnet.

Photo de M. Joël Aviragnet
Article 20 sexies (appelé par priorité)
M. Joël Aviragnet Joël Aviragnet SOC

Je demande une suspension de séance, madame la présidente.

Photo de Mme la présidente
Article 20 sexies (appelé par priorité)
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Il en reste effectivement une à votre groupe pour cette séance. Elle est donc de droit.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue pour deux minutes.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-trois heures cinquante, est reprise à vingt-trois heures cinquante-deux.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. Sur les amendements nos 98 et 99, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Christine Arrighi.

Photo de Mme Christine Arrighi
Suspension et reprise de la séance
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Puisqu’au sein de la représentation nationale, nous sommes manifestement les plus raisonnables et que nous avons la conscience la plus vive de l’enjeu du dossier que nous sommes en train de traiter, nous estimons opportun de ne pas engager le débat sur l’article 21, qui est d’une importance extrême. Je demande donc une suspension de séance.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Il en reste une à votre groupe. Elle est donc de droit.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est suspendue pour deux minutes.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-trois heures cinquante-quatre, est reprise à vingt-trois heures cinquante-six.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La séance est reprise. La parole est à M. le ministre du travail et des solidarités.

MF
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Pierre Farandou ministre

L’heure de la fin de nos travaux approche. Ils n’ont pas été très productifs ce soir. Chacun pourra déterminer qui a contribué ou non à leur avancement. Demain, madame la présidente, les ministres seront au banc, de 9 heures à minuit – et plus si affinités. Nous sommes prêts à travailler sur ce texte, dont tout le monde reconnaît l’importance, même si certains n’ont pas agi en conséquence. Pour notre part, je le redis, nous serons là demain et, pourquoi pas, plus longtemps. À suivre.

Photo de Mme Christine Arrighi
Suspension et reprise de la séance
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Nous siégerons dimanche s’il le faut !

UL
Suspension et reprise de la séance
Un député du groupe LFI-NFP

Samedi et dimanche !

MF
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Pierre Farandou ministre

Nous pouvons nous aussi être là dimanche, madame Arrighi. Un week-end de travail ne me pose aucun problème : c’est un tel plaisir de débattre avec vous !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de Mme la présidente
Ordre du jour de la prochaine séance
Mme la présidente Hélène Laporte RN

Prochaine séance, demain, à neuf heures : Suite de la discussion du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à minuit.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Vote solennel et public par lequel les députés se prononcent sur un texte, un amendement ou une motion. Au scrutin public, chaque député enregistre son vote (pour, contre, abstention) et les résultats sont nominatifs.

Vote solennel

Catégorie de scrutin public utilisée pour les votes les plus importants (adoption d'un texte en lecture solennelle, motions majeures, décisions politiques structurantes). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de savoir précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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