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Suite de la discussion, en 2e lecture, de la proposition de loi relative aux soins palliatifs et d'accompagnement
Vendredi 20 février 2026 21:30 – 00:00 2h30 Assemblée nationale Confirmé Créée le 26/01/2026 PO838901
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Suite de la discussion, en 2e lecture, de la proposition de loi relative aux soins palliatifs et d'accompagnement
Suite de la discussion Supprimé
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Suite de la discussion, en 2e lecture, de la proposition de loi relative à la fin de vie
Suite de la discussion Confirmé Fin de vie
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

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485 Interventions sur l'ensemble de la séance
111 Orateurs distincts repérés
8 Séquences détectées dans le débat
153 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 485 interventions sur 485 pour l'ensemble de la séance.

Repères de séance

Ouverture de seance Deuxième lecture ( suite ) Discussion des articles ( suite ) Article 6 (suite) Article 7 Rappel au règlement

Amendements les plus cités

Amdt 166 3 mentions 296 (Rect) 3 mentions 349 (Rect) 3 mentions Amdt 351 3 mentions Amdt 352 3 mentions Amdt 413 3 mentions Amdt 414 3 mentions Amdt 617 3 mentions
Photo de Mme la présidente
Ouverture de seance
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Photo de Mme la présidente
Deuxième lecture ( suite )
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion, en deuxième lecture, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir (nos 2401, 2453).

Photo de Mme la présidente
Discussion des articles ( suite )
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles, s’arrêtant à l’amendement no 1930 à l’article 6.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 1930.

Amdt 1930 Rejeté
Photo de M. Christophe Bentz
Article 6 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Monsieur le rapporteur général, nous nous sommes mal compris tout à l’heure au sujet de la fin de la procédure. L’article 10 concerne les accompagnants, les personnes présentes, notamment les soignants, et aborde le comportement à adopter à l’issue de l’administration de la substance létale. Les dispositions qui concernent l’information du patient sont, quant à elles, prévues à l’article 6. Je vous donne donc une deuxième occasion de préciser cette information avec le présent amendement, qui prévoit que le médecin informe également le patient de l’existence de cas où la substance ne produit pas l’effet escompté. C’est une simple question de transparence pour rassurer chacun.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Olivier Falorni, rapporteur général, pour la commission des affaires sociales, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir, pour donner l’avis de la commission.

Photo de M. Olivier Falorni
Article 6 (suite)
M. Olivier Falorni rapporteur général, pour la commission des affaires sociales, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir Dem

Vous souhaitez ajouter, parmi les informations transmises par le médecin, les cas où la substance létale ne produirait pas l’effet escompté. Or ces éléments sont déjà couverts par l’information sur « les modalités d’action de la substance létale » dans le texte actuel. De plus, l’article 13 renvoie à un décret en Conseil d’État le soin de préciser les « modalités d’information de la personne qui demande l’aide à mourir ». Par conséquent, avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, pour donner l’avis du gouvernement.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. René Pilato.

Photo de M. René Pilato
Article 6 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Je profite de ce début de séance pour revenir sur l’autoadministration. Ce que soulève le collègue Bentz ne concerne pas seulement l’efficacité de la substance létale. Nous maîtrisons suffisamment les dosages, selon le poids et l’âge de la personne, pour que la substance soit – comme son nom l’indique – létale. Le vrai risque, lors d’une injection en autoadministration, c’est de ne pas aller au bout du geste, en pensant que le travail est fini. Dans ce cas de figure, je vous rejoins sur ce point. Il est regrettable de revenir sur le vote des amendements concernant l’autoadministration ; nous verrons l’issue en seconde délibération. Mais croyez-moi, dans la solennité d’un moment où la personne doit se concentrer sur ses proches, le danger réside davantage dans une mauvaise administration de la substance que dans une défaillance de la substance elle-même. Je vous invite donc collectivement à réfléchir à ce qui a été voté et à en tenir compte pour minimiser les risques.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Christophe Bentz.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 6 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Cher collègue Pilato, vous parlez de « finir le travail ». Cette expression me heurte quelque peu, je vous l’avoue.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Eh oui !

Photo de M. Christophe Bentz
Article 6 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Néanmoins, ce que vous venez de dire est intéressant. Vous affirmez qu’aujourd’hui, l’administration d’une substance létale est parfaitement maîtrisée sur un plan purement médical. Pourtant, des contre-exemples existent partout dans le monde. Cela arrive. Ce sont des cas rares, certes, mais ils existent.

Photo de M. René Pilato
Article 6 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

En autoadministration ou pas ?

Photo de M. Christophe Bentz
Article 6 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Puisque vous êtes en train de légiférer en ce sens, je soutiens qu’il faut prévoir les deux étapes : en aval, avec l’article 10 sur la procédure, pour que les médecins sachent exactement comment réagir ; et en amont, avec l’article 6, pour que le patient soit informé des conséquences.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1930 n’est pas adopté.)

Amdt 1930 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Les amendements identiques nos 654 de Mme Soumya Bourouaha et 956 de Mme Anne-Laure Blin sont défendus.

Amdt 654 Rejeté Amdt 956 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 654 et 956, repoussés par la commission et le gouvernement, ne sont pas adoptés.)

Amdt 654 Rejeté Amdt 956 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de deux amendements, nos 2082 et 108, pouvant être soumis à une discussion commune. Sur l’amendement no 108, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 2082 de Mme Danielle Simonnet est défendu. La parole est à M. Arnaud Simion, pour soutenir l’amendement no 108.

Amdt 2082 Adopté
Photo de M. Arnaud Simion
Article 6 (suite)
M. Arnaud Simion Arnaud Simion SOC

Il est rédigé dans le même esprit que celui de Mme Simonnet. Il s’agit d’un amendement de coordination, cohérent avec l’amendement no 103 adopté à l’article 2, qui vise à rétablir le choix entre l’autoadministration de la substance létale et son administration par un médecin ou un infirmier. Ce choix est essentiel pour que le droit à l’aide à mourir ne soit pas un droit théorique, mais effectif et adapté à tous les patients. Il faut tenir compte de ce qui a été voté. Adopter cet amendement, c’est refuser d’imposer aux patients le déroulement de leurs dernières minutes de vie ; c’est respecter les patients décidant d’avoir recours à l’aide à mourir.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Olivier Falorni
Article 6 (suite)
M. Olivier Falorni rapporteur général Dem

Puisqu’il y aura une seconde délibération à ce sujet, je vous invite à voter contre ces amendements. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

La question est claire : le texte prévoit le principe, dont on peut discuter, du suicide assisté avec une exception euthanasique. Ces amendements cherchent à sortir de cette logique pour ouvrir les modalités d’administration. Ils reviennent dès lors sur le principe même de l’exception euthanasique.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Gérard Leseul.

Photo de M. Gérard Leseul
Article 6 (suite)
M. Gérard Leseul Gérard Leseul SOC

Contrairement à M. le rapporteur général, je vous invite à voter cet amendement, par cohérence avec ce qui a été voté hier. Certes, vous avez sollicité une seconde délibération ; si elle a lieu, vous mettrez l’ensemble des amendements de coordination en cohérence avec celui qui aura été adopté.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2082 est adopté ; en conséquence, l’amendement no 108 tombe.) (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS. – Mme Stella Dupont applaudit également.)

Amdt 2082 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Les amendements nos 1931 de M. Christophe Bentz et 1142 de M. Stéphane Rambaud sont défendus.

Amdt 1931 Rejeté Amdt 1142 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1931 et 1142, repoussés par la commission et le gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 1931 Rejeté Amdt 1142 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such, pour soutenir l’amendement no 1671.

Amdt 1671 Rejeté
Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 6 (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Les mots ont un sens et, en matière de fin de vie, ils ont un sens plus lourd encore. Le texte prévoit que le médecin ou l’infirmier sont chargés d’« accompagner » la personne pour l’administration de la substance létale. Ce terme est profondément ambigu. Dans notre droit de la santé, accompagner, c’est soigner, soutenir et être présent dans une relation globale et continue. C’est un mot chargé d’humanité, mais aussi de responsabilité morale. Or, dans le cadre du suicide assisté, le professionnel de santé ne mène pas un accompagnement au sens médical du terme : il intervient à la demande de la personne pour une assistance strictement technique, dans un cadre précisément défini par la loi. Utiliser le mot « accompagner », c’est brouiller les repères ; c’est laisser entendre une adhésion, une participation globale à une démarche qui conduit à la mort. C’est aussi exposer les soignants à des interprétations extensives de leur rôle. Le remplacer par le mot « assister », c’est protéger les professionnels de santé, sécuriser juridiquement l’acte et refuser toute banalisation lexicale de ce qui doit rester une exception absolue.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Olivier Falorni
Article 6 (suite)
M. Olivier Falorni rapporteur général Dem

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Je dois dire ma sidération face au vote en faveur de l’amendement no 2082. L’adoption de cet amendement, qui met fin à l’exception euthanasique et autorise le choix entre les deux modalités, change tout. On nous annonçait un texte mesuré, équilibré ; au fil des débats, nous nous en éloignons, et nous en sommes désormais très loin.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Julie Laernoes.

Photo de Mme Julie Laernoes
Article 6 (suite)
Mme Julie Laernoes Julie Laernoes EcoS

Je trouve fascinant que des personnes opposées au texte pour des raisons légitimes qui leur sont propres fassent de son prétendu équilibre l’objet d’un chantage permanent. Cet équilibre vous importe peu, au vu de tous vos amendements déposés pour obérer le droit à mourir dans la suite de nos débats. (Mme Sandrine Dogor-Such s’exclame.)

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Non !

Photo de Mme Justine Gruet
Article 6 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

On ne joue pas avec la vie des gens !

Photo de Mme Julie Laernoes
Article 6 (suite)
Mme Julie Laernoes Julie Laernoes EcoS

Il y a, dans cet hémicycle, des personnes qui se battent depuis des années pour ce nouveau droit qu’est l’aide à mourir, et qui estiment qu’il ne doit pas se limiter à l’autoadministration. Nous nous sommes toujours battus pour que cet acte puisse être accompli par un tiers. Cette position correspond à nos convictions profondes. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.) Nous respectons l’équilibre du texte : nous n’allons pas plus loin sur les directives anticipées ; j’ai moi-même renoncé à déposer des amendements pour ouvrir ce droit aux mineurs. Mais la question du choix entre l’autoadministration et l’intervention d’un médecin fait partie de nos revendications essentielles. Ce choix doit, selon moi, faire partie intégrante de ce nouveau droit que nous voulons conférer à la population française. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Votre discussion porte sur un amendement qui a été adopté précédemment. Nous en débattrons à nouveau, puisque la disposition fera l’objet d’une seconde délibération. Je pense que ce sont des points qui devront être mis en cohérence le moment venu. Pour l’heure, je mets aux voix l’amendement no 1671 présenté par Mme Dogor-Such.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1671 n’est pas adopté.)

Amdt 1671 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Audrey Abadie-Amiel, rapporteure de la commission des affaires sociales, pour soutenir l’amendement no 1722.

Amdt 1722 Adopté
Photo de Mme Audrey Abadie-Amiel
Article 6 (suite)
Mme Audrey Abadie-Amiel rapporteure de la commission des affaires sociales LIOT

Il vise à compléter l’alinéa 17 par les mots : « lorsqu’il ne l’accompagne pas lui-même ». Il s’agit de préciser que dans le cas où il n’assurerait pas lui-même cette mission, le médecin choisit, en accord avec la personne, un médecin ou un infirmier chargé de l’accompagner. En effet, le texte est construit de telle façon que le médecin qui reçoit la demande et prend la décision n’est pas forcément celui qui accompagne la personne par la suite. Nous vous proposons de clarifier ce point, dont nous avions vu lors de l’examen en commission qu’il pouvait prêter à confusion.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1722, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 1722 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’amendement no 1571 de M. Frédéric-Pierre Vos est défendu.

Amdt 1571 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1571, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 1571 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 164 rectifié.

164 (Rect) Rejeté
Photo de M. Christophe Bentz
Article 6 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

En trois lectures, en trois ans, alors que j’avais déposé des centaines d’amendements, j’ai réussi il y a un an à en faire passer un, qui prévoyait qu’il n’était pas possible de confirmer la demande de mort par téléconsultation – vous n’aviez pas demandé de deuxième délibération, j’en avais été presque étonné d’ailleurs ! Nous l’avons dit tout à l’heure, nous sommes aussi opposés à ce que la réunion du collège pluriprofessionnel se tienne par visioconférence ou téléconsultation. Dans la même logique, nous vous proposons d’aller encore plus loin en inscrivant à l’alinéa 18 que le recours à la téléconsultation est interdit dans le cadre de l’aide à mourir. (Mme Justine Gruet applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Olivier Falorni
Article 6 (suite)
M. Olivier Falorni rapporteur général Dem

Vous souhaitez interdire la téléconsultation dans cette procédure. L’article 5 proscrit déjà son utilisation pour présenter ou confirmer une demande d’aide à mourir, et les sociétés de téléconsultation ne peuvent intervenir dans ce cadre. Pour le reste, je pense que nous avons suffisamment borné son utilisation ; votre amendement n’est pas nécessaire. Avis défavorable.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 164 rectifié, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

164 (Rect) Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’amendement no 1786 de M. Alexandre Allegret-Pilot est défendu.

Amdt 1786 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1786, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 1786 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de plusieurs amendements, nos 655, 797, 989, 1324, 1850 et 795, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 655, 797, 989, 1324 et 1850 sont identiques. L’amendement no 655 de Mme Soumya Bourouaha est défendu. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 797.

Amdt 655 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 6 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Afin de tenir compte de l’évolution de la situation de la personne atteinte d’une pathologie grave et incurable, cet amendement de notre collègue M. Thibault Bazin prévoit de limiter la durée de validité de la prescription à trois mois.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’amendement no 989 de Mme Annie Vidal est défendu. La parole est à M. Thomas Lam, pour soutenir l’amendement no 1324.

Amdt 989 Rejeté
Photo de M. Thomas Lam
Article 6 (suite)
M. Thomas Lam Thomas Lam HOR

Il vise à encadrer la validité de la prescription de la substance létale dans le temps, en la limitant à une durée maximale de trois mois. Cette précision répond à une exigence de sécurité et de prudence médicale. La situation clinique d’une personne atteinte d’une pathologie grave et incurable en phase avancée ou terminale est, par nature, évolutive. L’état général du patient, l’intensité des symptômes, les traitements concomitants, ainsi que les conditions d’administration de la substance, peuvent connaître des modifications significatives en l’espace de quelques semaines. Ces évolutions sont susceptibles d’avoir des incidences directes sur les modalités pratiques de mise en œuvre de la prescription, notamment en ce qui concerne la posologie, la voie d’administration, ou encore les conditions matérielles et humaines d’accompagnement.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Les amendements nos 1850 de M. Dominique Potier et 795 de M. Patrick Hetzel sont défendus. Sur l’article 6, je suis saisie par les groupes Rassemblement national et Ensemble pour la République d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?

Amdt 1850 Rejeté Amdt 795 Rejeté
Photo de M. Olivier Falorni
Article 6 (suite)
M. Olivier Falorni rapporteur général Dem

Vous souhaitez limiter à trois mois la durée de validité de la prescription de la substance létale. Je rappelle que la personne qui demande l’aide à mourir n’intervient pas dans le circuit du médicament et ne disposera jamais de l’ordonnance ni de la substance létale elle-même. Pour rappel, aux termes de l’article 8, le médecin transmet sa prescription à la pharmacie à usage intérieur (PUI), qui réalise la préparation magistrale létale et la transmet, une fois la date d’administration fixée, à la pharmacie d’officine. Celle-ci la délivre ensuite à l’infirmier ou au médecin. Par ailleurs, l’amendement est satisfait : la durée de validité des ordonnances est d’ores et déjà de trois mois. De plus, pour permettre davantage de souplesse sur ce sujet technique, il me semble important que cette durée ne soit pas inscrite dans la loi, mais relève du niveau réglementaire. Néanmoins, vos amendements nous ont permis de constater que la proposition de loi ne prévoyait pas de nouvelle prescription si la date de l’administration était fixée après la fin de validité de l’ordonnance. Nous vous proposerons de préciser cela lors de l’examen de l’article 7. Pour toutes ces raisons, ici et maintenant, avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Mêmes arguments ; avis défavorable.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 655, 797, 989, 1324 et 1850 ne sont pas adoptés.)

Amdt 655 Rejeté Amdt 797 Rejeté Amdt 989 Rejeté Amdt 1324 Rejeté Amdt 1850 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 795 n’est pas adopté.)

Amdt 795 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such, pour soutenir l’amendement no 1672.

Amdt 1672 Rejeté
Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 6 (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Il vise à poser un principe simple mais fondamental : nul ne doit être contraint de participer à un acte qui heurte sa conscience. La préparation d’une substance létale n’est pas un acte pharmaceutique ordinaire : elle engage directement la responsabilité morale, éthique et personnelle du pharmacien. En l’état, le texte n’apporte aucune garantie claire quant au volontariat de ces professionnels, ce qui crée une zone de flou préoccupante, susceptible d’aboutir à des obligations implicites, voire à des pressions organisationnelles. Introduire explicitement la notion de volontariat ne bloquerait pas le dispositif ; ce serait reconnaître que la liberté de conscience ne concerne pas uniquement les médecins, mais l’ensemble des professionnels de santé impliqués, y compris les pharmaciens. L’amendement s’inscrit dans une logique de cohérence : on ne peut pas, d’un côté, reconnaître la gravité exceptionnelle de l’acte et, de l’autre, refuser d’en tirer les conséquences en matière de volontariat.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Audrey Abadie-Amiel
Article 6 (suite)
Mme Audrey Abadie-Amiel rapporteure LIOT

Vous souhaitez instaurer un principe de volontariat des pharmaciens de PUI pour leur participation à l’aide à mourir. Le texte ne prévoit pas de clause de conscience pour les pharmaciens, considérant qu’ils n’interviennent pas directement dans l’aide à mourir, c’est-à-dire dans la conduite de la procédure et l’accompagnement de la personne. Pas plus qu’à une clause de conscience, nous ne sommes favorables au principe de volontariat pour les pharmaciens. D’ailleurs, lors de l’audition de l’ordre des pharmaciens et de leurs syndicats l’an dernier, le principe d’une clause de conscience n’a pas été unanimement demandé. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable. Nous aurons le débat sur la clause de conscience à l’article 14.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 6 (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Cet amendement est assez révélateur de ce que veut faire au moins une fraction du Rassemblement national, à savoir instaurer un droit des pharmaciennes et des pharmaciens de ne pas délivrer une substance prescrite. Selon certains députés, les pharmaciens ne seraient pas d’accord avec l’usage qui serait fait d’un traitement par ailleurs prescrit. Les refus existent : en cas de prescriptions trop rapprochées, ou lorsque le pharmacien pense que cela met en danger la santé de la personne, il peut ne pas remettre une substance, un produit ou un médicament au patient, à condition d’avoir une justification. On voit cependant très bien ce qui est visé par la clause de conscience pharmaceutique : une bonne partie de l’extrême droite rêve de l’instaurer pour que les pharmaciens puissent cesser de remettre – au hasard – des pilules du lendemain, des contraceptifs oraux ou des médicaments abortifs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également. – Mme Sandrine Dogor-Such s’exclame.) C’est exactement cela, la logique ! (Mme Mathilde Panot applaudit.) À partir du moment où les pharmaciens pourront faire prévaloir leur moralité personnelle sur la demande médicale et sanitaire des patientes et des patients, je sais très bien ce que vous demanderez immédiatement : l’autorisation de priver de droit à l’avortement les femmes dans ce pays, en vous appuyant sur les très rares pharmaciens qui partagent vos idées. Heureusement que la loi vous empêche de les appliquer ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such.

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 6 (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Monsieur Clouet, nous sommes ici pour débattre.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 6 (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Eh bien, répondez !

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 6 (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Nous avons des positions différentes. Vous n’êtes pas obligé, à chaque fois, de cibler les partis qui sont opposés au texte. C’est un débat parlementaire, je suis désolée ! (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) J’ai travaillé trente-cinq ans dans une pharmacie. Je ne parle pas des pharmacies d’officine, mais des pharmacies hospitalières, dans lesquelles la dose létale sera préparée. La ministre l’a dit tout à l’heure, nous en discuterons lorsque nous examinerons l’article 14.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1672 n’est pas adopté.)

Amdt 1672 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 1725.

Amdt 1725 Adopté
Photo de Mme Audrey Abadie-Amiel
Article 6 (suite)
Mme Audrey Abadie-Amiel rapporteure LIOT

L’amendement précise que le médecin qui reçoit la demande d’aide à mourir informe le médecin ou l’infirmier chargé d’accompagner la personne sur sa démarche auprès de la PUI. Une telle information est nécessaire lorsque le médecin prescripteur n’assure pas lui-même cette mission d’accompagnement. En l’état du texte, le médecin ou l’infirmier chargé de l’accompagnement n’est pas nécessairement tenu informé de la PUI retenue, alors qu’il devra la contacter ultérieurement.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1725, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 1725 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’amendement no 347 de Mme Justine Gruet est défendu.

Amdt 347 Rejeté
II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 347, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 347 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. le président de la commission des affaires sociales.

Photo de M. Frédéric Valletoux
Article 6 (suite)
M. Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales HOR

L’amendement no 2082 de Mme Simonnet ayant été adopté,…

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 6 (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Excellent !

Photo de M. Frédéric Valletoux
Article 6 (suite)
M. Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales HOR

…par cohérence, je demanderai une deuxième délibération, madame la présidente.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 6 (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Oh !

Photo de M. Frédéric Valletoux
Article 6 (suite)
M. Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales HOR

En effet, une deuxième délibération est prévue sur le même dispositif, qui a été introduit par amendement, dans les conditions dont on se souvient, à l’article 2.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 6 (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Très bonnes conditions !

Photo de M. Frédéric Valletoux
Article 6 (suite)
M. Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales HOR

Il serait totalement illogique de ne pas procéder à une deuxième délibération. Cela reviendrait à prendre la responsabilité de voter un texte qui, sur un sujet aussi majeur, dirait des choses contraires dans deux articles différents.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

C’est bien noté, monsieur le président ; elle est de droit. La parole est à M. René Pilato.

Photo de M. René Pilato
Article 6 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

La disposition a été votée par deux fois, à deux moments différents, dans cette assemblée – certes, à une voix près, la première fois. Ce soir, ce sont d’autres personnes qui vous ont montré que, tout en conservant l’équilibre du texte,…

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 6 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Donc il n’y a pas de problème ?

Photo de M. René Pilato
Article 6 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

…on pouvait laisser le choix entre l’administration de la substance létale par la personne elle-même et son administration par des soignants qui n’ont pas fait valoir leur clause de conscience. Sachez, monsieur le président, que jamais deux sans trois : nous gagnerons une troisième fois.

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’article 6, tel qu’il a été amendé.

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 6 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 93 Nombre de suffrages exprimés 88 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 55 Contre 33

II
Article 6 (suite)
Intervenant non identifié

(L’article 6, amendé, est adopté.) (Mme Dominique Voynet applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Anne Sicard.

Photo de Mme Anne Sicard
Article 7
Mme Anne Sicard Anne Sicard RN

Cet article 7 de la loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté glace le sang et ouvre la voie à un contentieux judiciaire morbide. Sa rédaction accorde un délai de trois mois au médecin pour administrer la substance létale au patient en fin de vie, sans même lui enjoindre de s’assurer de la réalité de son consentement libre et éclairé au moment de l’acte létal. Pendant cette période dite d’attente, le patient pourra avoir changé d’avis et se retrouver dans l’incapacité de l’exprimer. On peut aussi imaginer que des proches pourront avoir constaté des pressions graves altérant le consentement du patient, qui n’avaient pas été identifiées par le médecin au moment de l’instruction de la demande. Comment peut-on donner au médecin un pouvoir de décision aussi irréversible, qui outrepasse complètement ses compétences et risque d’entraîner de très graves dérives ? Autre vide juridique sidérant : dans sa rédaction actuelle, l’article 7 permet d’administrer la substance létale dans tout type d’établissements privés, c’est-à-dire dans des unités de soins palliatifs, en violation du cadre éthique, moral et confessionnel en vigueur dans ces établissements ; ou bien, et c’est plus grave, d’autoriser que l’euthanasie et le suicide soient pratiqués dans des chambres funéraires. Vous avez bien entendu, chers collègues, dans des chambres funéraires ! Ce n’est pas une lubie puisque c’est déjà une réalité au Québec, où des sociétés de pompes funèbres mettent à disposition leurs salles de cérémonie pour y pratiquer des suicides assistés ou des euthanasies. Cette odieuse monétisation de la mort ferait, en temps normal, bondir n’importe quel député de gauche dans cet hémicycle.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Article 7
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Ne parlez pas à notre place !

Photo de Mme Anne Sicard
Article 7
Mme Anne Sicard Anne Sicard RN

Enfin, et c’est le plus odieux, cet article de la honte autorise des mineurs, et même de très jeunes mineurs, à assister à une euthanasie ou à un suicide assisté, en violation de la plus élémentaire morale publique et des piliers de la protection de l’enfance. Par attachement à notre humanité, à une véritable fraternité, à l’éthique et à la protection des plus fragiles, enfants et personnes âgées, nous voterons contre cet article 7.

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Mathilde Feld.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 7
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Mesdames et messieurs du Rassemblement national, le problème, ce n’est pas seulement que vous êtes contre ce texte, mais que, en plus, vous racontez n’importe quoi. Je ne vois pas où vous avez vu que le patient qui décide finalement de ne plus recourir à l’aide à mourir ne pourra pas s’exprimer. Cet article important organise la planification de l’aide à mourir en précisant les modalités de décision de la date, du déroulement de la procédure et de l’accompagnement du malade. Parmi ces éléments, deux points pourraient être améliorés. L’article précise le droit du patient de convenir avec le médecin ou l’infirmier qui l’accompagne de la date à laquelle il souhaite procéder à l’administration de la substance létale. Ce droit est fondamental puisqu’on ne peut pas imaginer que la décision du patient puisse être contrainte par les agendas de l’établissement dans lequel l’administration de la substance sera réalisée. Nous pensons qu’il faut même aller jusqu’à préciser l’heure de l’administration, de façon à permettre aux proches et aux accompagnants de prendre leurs dispositions et de se préparer sereinement. C’est ce que nous proposons dans l’amendement no 1179. Par ailleurs, l’article précise que le médecin doit vérifier si la volonté de la personne demeure libre et éclairée dans le cas où celle-ci fixe la date de l’aide à mourir plus de trois mois après la notification du médecin. Ce délai était de douze mois dans le premier texte. Il est désormais trop court, car il risque de constituer un facteur de pression sur la décision du patient. Celui-ci pourrait en effet se sentir obligé de recourir à l’aide à mourir dans ce délai pour éviter le renouvellement de la procédure d’évaluation du caractère libre et éclairé de sa volonté alors qu’il est encore en réflexion sur sa décision. Nous proposerons dans un autre amendement de porter le délai à six mois afin que le patient puisse prendre sa décision en toute sérénité selon les aléas et les évolutions de l’affection dont il est atteint. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Justine Gruet.

Photo de Mme Justine Gruet
Article 7
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Avec l’article 7, la question se pose de savoir si l’aide à mourir est un ultime recours encadré par une loi restrictive ou un nouveau droit avec un accès facile. Ce texte prône l’autodétermination : les différentes prises de paroles dans l’hémicycle le montrent ainsi que l’adoption de deux amendements laissant le libre choix entre l’autoadministration et l’assistance d’un soignant, même si une seconde délibération est prévue. Cette autodétermination laisse une responsabilité éthique trop importante au médecin. L’alinéa 3 lui enjoint de vérifier à nouveau le caractère libre et éclairé de la manifestation de la volonté de la personne si la date retenue pour l’aide à mourir est postérieure de plus de trois mois à la notification de la décision. Ce délai était initialement de douze mois et on parle maintenant d’un équilibre à six mois. Si l’engagement du pronostic vital est compris dans un délai de plusieurs mois, voire des années, on ne peut plus parler d’un texte d’accompagnement de la fin de vie. L’alinéa 4, qui encadre les lieux où l’administration de la substance létale peut être effectuée, pose un autre problème. Je défendrai un amendement qui interdit qu’elle soit pratiquée dans des établissements recevant du public inadaptés. Ce qui n’est pas écrit dans la loi n’est pas interdit. Il ne serait donc pas interdit d’euthanasier dans un cinéma, par exemple. Enfin, l’alinéa 5, qui prévoit que la personne peut être entourée par les personnes de son choix, appelle à la vigilance. Nous avions débattu en commission, lors de la première lecture, de la présence des mineurs. Dans l’intimité de ce dernier moment de vie, c’est un choix qu’il faut respecter, mais il faut prendre en compte le traumatisme psychologique que peut représenter, pour un mineur, la présence au moment de l’injection. L’amendement que j’avais déposé avait été déclaré irrecevable en commission. J’espère que nous aurons l’occasion d’en débattre. Mon groupe reste mobilisé sur l’article 7 pour le cadrer au mieux.

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 7
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Cet article traite du moment du passage de la vie à la mort. Deux de ses alinéas me semblent problématiques. Ils préfigurent ce que pourrait devenir notre société. L’alinéa 4 traite du lieu de l’euthanasie ou du suicide assisté. Des garde-fous importants ont déjà été posés – il ne peut s’agir de la voie publique et d’espaces publics – mais cela me semble être le minimum. Pour reprendre les mots de Justine Gruet, tout ce qui n’est pas dit dans la loi est, par définition, possible. On ne peut donc pas exclure que certains acteurs économiques – je ne dramatise pas, ce ne sera pas la majorité – pourront y voir une source de profits. J’invite les collègues de gauche à se poser la question. Le cadre doit être précisé car certains acteurs économiques pourraient proposer des « packages ». Il faut parler du risque de ce type de dérives et réfléchir aux manières de les prévenir. À l’alinéa 5, il faut préciser que les mineurs ne pourront être présents au moment de l’injection létale. Certes, les mineurs peuvent être confrontés à la mort ; cela fait partie de la vie. Certains ont pu voir des parents, des amis, des grands-parents ou arrière-grands-parents, agoniser et mourir, mais le moment de l’injection létale est un moment très particulier. Il ne faut pas banaliser ce geste, qui n’est pas banal.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Très bien !

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de cinq amendements identiques, nos 29, 497, 860, 1041 et 1830, tendant à supprimer l’article. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 29.

Amdt 29 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

L’alinéa 4 dispose que l’administration de la substance létale peut être effectuée « en dehors de son domicile, sauf sur la voie publique et dans les espaces publics. » Cette formulation est très imprécise. Charles Sitzenstuhl évoquait les acteurs économiques. Certains sont inquiets, comme les hôteliers. En effet, juridiquement, une chambre d’hôtel est, temporairement, un lieu privé et pourrait donc être le lieu d’une injection létale. L’a-t-on mesuré ? Une autre question importante est celle des projets d’établissement, obligatoires pour certains lieux, qui prévoient que les personnes soient soutenues jusqu’au bout. Il n’en est pas fait mention dans cet alinéa et cela pose une véritable difficulté. Pour ces raisons, il est souhaitable de supprimer l’article ou de le réécrire en vue d’un cadrage juridique plus précis.

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Les amendements nos 497 de Mme Hanane Mansouri et 860 de M. Vincent Trébuchet sont défendus. La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 1041.

Amdt 497 Rejeté Amdt 860 Rejeté
Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 7
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Je l’ai déjà défendu lors de ma prise de parole sur l’article.

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 1830.

Amdt 1830 Rejeté
Photo de M. Dominique Potier
Article 7
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

J’admire mes collègues opposants au texte qui arrivent à entrer dans les détails techniques car, à cet instant, j’avoue être saisi d’un vertige qui m’empêche de participer au débat très légitime et important sur les lieux, les conditions ou les témoins. Je salue la franchise de Julie Laernoes qui nous dit que cette loi n’est qu’une étape. Cela nous renvoie à nos contradictions, présentes depuis le début des débats. On peut être fondamentalement opposé au texte – pour des raisons anthropologiques, spirituelles, philosophiques ou politiques – tout en cherchant à en limiter les impacts sociaux. J’avoue toutefois une forme d’impuissance. Après vos déclarations triomphantes sur l’« auto » – préfixe répété à l’envi –, l’individu et la liberté, j’ai compris que l’objectif est de gagner mardi avant d’aller plus loin. Quoi qu’il arrive dans ce combat, et au nom de tout ce qui a fait mon engagement politique à gauche, je m’y opposerai. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et DR. – M. Charles Sitzenstuhl et Mme Annie Vidal applaudissent également.)

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Olivier Falorni
Article 7
M. Olivier Falorni rapporteur général Dem

L’article 7, qui détermine les modalités selon lesquelles la personne ayant recours à l’aide à mourir choisit la date, le lieu et les personnes qui l’entoureront lors de l’administration de la substance létale, est fondamental pour rendre le droit à l’aide à mourir effectif. Je suis évidemment défavorable à sa suppression.

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7
Mme Stéphanie Rist ministre

Ces amendements suppriment l’aide à mourir elle-même, puisque l’article 7 encadre le moment de l’acte. J’y suis donc défavorable. Madame Gruet, la notion d’espace public comprend tous les établissements accueillant du public, comme les cinémas, les restaurants ou les magasins. Votre préoccupation est donc satisfaite.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Et les hôtels ?

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 7
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

En ce vendredi soir, je n’ai pas envie de polémiquer, mais les deux réponses que nous venons d’entendre sont un peu agaçantes, vu la gravité du sujet. Deux questions fondamentales ont été posées : l’une sur le lieu de l’injection, l’autre sur la présence de mineurs. Ce sont des questions de fond. Il ne s’agit pas d’essayer de ralentir les débats – d’ailleurs, ceux-ci suivent leur cours et nous irons au vote mardi. J’aimerais entendre les députés favorables au texte nous expliquer comment ils justifient la présence de mineurs au moment de l’injection létale. Nous avons été plusieurs à poser la question. Notre mission de législateur est de protéger la population et plus particulièrement les mineurs. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR. – Mme Claire Marais-Beuil applaudit également.) Les rapporteurs et le gouvernement pourraient-ils répondre à ces deux questions ?

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Nous en sommes aux amendements de suppression. Ces sujets seront abordés alinéa par alinéa. La parole est à M. Christophe Bentz.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 7
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

J’avais indiqué que notre amendement de suppression était défendu, mais je ne résiste pas à l’envie de réagir au vertige dont parle Dominique Potier. Confidence pour confidence, j’éprouve moi aussi ce vertige – personnel, profond. Ce que vous avez dit, cher collègue, était émouvant. Vous, opposants de gauche à ce texte, êtes peu nombreux ; et pourtant je ne comprends pas, fondamentalement, comment quelqu’un de gauche, pour des raisons de gauche, ne s’oppose pas à ce texte. Nous, conservateurs sociaux – si vous souhaitez utiliser ce terme –, vous écoutons, même si les arguments de Dominique Potier ne sont pas forcément les mêmes que les miens, ni ceux de nos collègues républicains. Collègues favorables au texte, écoutez aussi les voix dissonantes à gauche, celles qui témoignent d’une vraie sensibilité et de convictions tout à fait respectables – Dominique Potier, Pierre Dharréville au cours du mandat précédent. Ils sont très émouvants, très percutants et parlent au nom de la défense des plus fragiles, des plus vulnérables, des plus pauvres. (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de M. Michel Lauzzana
Article 7
M. Michel Lauzzana Michel Lauzzana EPR

Ce sont des cathos !

Photo de M. Christophe Bentz
Article 7
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Écoutez Lisa Belluco, écologiste, qui s’est aussi exprimée récemment. Leur position est cohérente avec leurs convictions de gauche. Je ne comprends pas comment, quand on est de gauche, on peut défendre ce texte. (Mme Marine Hamelet applaudit.)

Photo de M. Gérard Leseul
Article 7
M. Gérard Leseul Gérard Leseul SOC

Vous ne comprenez pas la gauche !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 7
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

C’est pour cela que vous n’êtes pas de gauche !

Photo de Mme la présidente
Article 7
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Océane Godard.

Photo de Mme Océane Godard
Article 7
Mme Océane Godard Océane Godard SOC

J’entends parler d’agacement. Mais qu’est-ce qui est agaçant, finalement ?

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 7
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Qu’on ne réponde pas à nos questions sur les mineurs par exemple !

Photo de Mme Océane Godard
Article 7
Mme Océane Godard Océane Godard SOC

C’est que vous nous prêtiez des intentions fallacieuses, comme si ce texte était permissif, comme si nous prenions les choses à la légère. Or vous nous entendez depuis des heures, des jours, des semaines, ici et en commission. Vous avez entendu le rapporteur général, la ministre ou le président de la commission. Vous nous entendez depuis longtemps. Nous travaillons.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Et alors ? Heureusement que nous travaillons !

Photo de Mme Océane Godard
Article 7
Mme Océane Godard Océane Godard SOC

On peut ne pas être d’accord – c’est une chose. Mais vous ne pouvez pas nous accuser de légèreté ou de permissivité. (M. Arnaud Simion applaudit.) Cet article est très clair et particulièrement important. Soyons attentifs à la date, au lieu, à l’administration de la substance létale, aux personnes qui peuvent être présentes. Je pense aux patients, femmes et hommes atteints d’une affection grave et incurable, qui regardent nos débats : ils nous écoutent, et attendent que l’on respecte ce qu’ils vivent. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Stella Dupont applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Patrick Hetzel
Rappel au règlement
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Je m’appuie sur l’article 70, alinéa 3, concernant la mise en cause des personnes dans cet hémicycle. Au moment où M. Bentz s’exprimait, et citait notre collègue Potier et notre ancien collègue Dharréville, une voix dans l’hémicycle s’est élevée pour dire : « Ce sont des cathos ! »

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Rappel au règlement
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Ce n’est pas une insulte !

Photo de M. Patrick Hetzel
Rappel au règlement
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Ce n’est pas digne ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et RN. – Mme Annie Vidal et M. Benoît Blanchard applaudissent également.) Le respect doit être la règle, quelles que soient nos croyances ou nos convictions. Ce type d’accusations est grave. Nous débattons de questions fondamentales, d’éthique ; nous devons prendre de la hauteur et non essentialiser les uns ou les autres. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et RN. – MM. Dominique Potier et Stéphane Peu applaudissent également.) Certains sont probablement gênés. Charles Sitzenstuhl pose une question de fond : il faut débattre sur le contenu, argument contre argument, et non jeter l’anathème sur les uns ou les autres – c’est indigne.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Rappel au règlement
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Voyons, soyez charitables !

Photo de M. Patrick Hetzel
Rappel au règlement
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Il me semblait important de protester. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR et RN. – Mme Annie Vidal applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Tout à fait ! Nos débats sont respectueux et dignes depuis des heures et des jours. Je souhaite que cela continue ainsi. Vous avez tous été élus par le peuple français pour le représenter et chacun est légitime à s’exprimer, avec ses convictions et ses croyances.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 29, 497, 860, 1041 et 1830 ne sont pas adoptés.)

Amdt 29 Rejeté Amdt 497 Rejeté Amdt 860 Rejeté Amdt 1041 Rejeté Amdt 1830 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 1208.

Amdt 1208 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Cet amendement est technique mais important. J’ai toujours dit que je ne souhaitais pas que les professionnels de santé participent à l’acte de suicide assisté ou d’euthanasie, parce que la main qui soigne ne peut pas être celle qui tue.

Photo de Mme Christine Pirès Beaune
Article 7 (suite)
Mme Christine Pirès Beaune Christine Pirès Beaune SOC

Mais celle qui soulage !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Et celle qui libère !

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Depuis que le texte a évolué, passant de l’autoadministration au recours possible à l’euthanasie, ma proposition devient techniquement difficile à appliquer. Mais je souhaite que l’on se souvienne que quelques-uns ici ont plaidé pour que les professionnels de santé ne participent pas à un acte qui n’est pas un acte de soin. Enfin, nous n’avons toujours pas eu de réponse à la question fondamentale posée par notre collègue Sitzenstuhl sur la présence des mineurs lors de l’injection : êtes-vous d’accord pour que des mineurs assistent à la réalisation de l’euthanasie, oui ou non ?

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

À 17 ans, on est mineur !

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Sur l’amendement no 1179, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission sur l’amendement no 1208.

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur de la commission des affaires sociales SOC

Vous souhaitez exclure les professionnels de santé de la mise en œuvre de la procédure. Or nous considérons que leur présence garantit les droits des personnes et sécurise la procédure. Avis défavorable. En outre, tous les professionnels de santé, sauf les pharmaciens, disposent d’une clause de conscience – aucun ne sera obligé de participer s’il ne le souhaite pas. (Mme Dominique Voynet et M. Gérard Leseul applaudissent.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Le modèle français de l’aide à mourir, que nous essayons de construire dans ce texte, repose sur l’accompagnement, ce jour-là, plus encore que les autres. C’est pourquoi nous avons demandé une seconde délibération – le geste doit être réalisé par la personne, mais en cas d’incapacité, par le soignant. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Jérôme Guedj.

Photo de M. Jérôme Guedj
Article 7 (suite)
M. Jérôme Guedj Jérôme Guedj SOC

J’avais beaucoup participé aux débats en première lecture, avec Pierre Dharréville, Dominique Potier ou Astrid Panosyan-Bouvet, qui font partie de ceux qui, sur tous les bancs, avaient exprimé leurs doutes et leurs inquiétudes. Je respecte le vertige qui peut saisir certains d’entre vous. Moi-même, je suis traversé de doutes, que la qualité de nos débats a parfois permis de lever, mais parfois contribué à amplifier. Cet amendement – qui vise quasiment à supprimer l’article – viderait la procédure de son sens : les médecins doivent être au cœur du dispositif d’aide à mourir. Je fais partie de ceux qui souhaitent instituer ce droit, et je fais confiance à notre intelligence collective pour prévoir un encadrement robuste et évolutif, qui évite toute dérive et protège les plus vulnérables ; il me semble que nos débats en deuxième lecture confortent ce que nous avions construit en première lecture. Nous savons que ce que nous faisons ici pose un cadre appelé à évoluer dans le temps. Mais je suis convaincu que le corps médical comme la société nous aideront à faire en sorte que cette évolution inéluctable – comme pour toute législation – ne prenne pas la tournure anxiogène que certains, nombreux même, ont évoquée en s’appuyant sur des exemples observés dans d’autres pays. La singularité et la force du débat que nous menons ici nous permettront, j’en suis sûr, d’éviter les dérives.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1208 n’est pas adopté.)

Amdt 1208 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 1238.

Amdt 1238 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Il s’agit d’un amendement de notre collègue Virginie Duby-Muller. Certes, la clause de conscience figure un peu plus loin dans le texte et, lorsqu’on rédige une loi – notre collègue Mattei l’a rappelé –, il faut veiller à sa cohérence d’ensemble. Néanmoins, il nous semble opportun de préciser, à l’alinéa 2, que le médecin ou l’infirmier doivent être volontaires, afin d’éviter toute ambiguïté. Vous me direz que ce n’est juridiquement pas décisif – et vous aurez raison. Mais le signal envoyé serait plus clair. Madame la ministre, vous le savez, certains professionnels de santé expriment des craintes ; ajouter une telle précision lèverait l’ambiguïté et clarifierait le texte, notamment pour ceux qui ne sont pas juristes.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Vous avez répondu vous-même, monsieur Hetzel : votre amendement est satisfait par la clause de conscience prévue à l’article 14. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Il est important de rassurer les soignants qui nous écoutent : la clause de conscience existe et s’appliquera pour les médecins et les infirmiers à qui la personne malade adresse sa demande d’aide à mourir. Votre demande est donc satisfaite. Ajouter le terme « volontaire » impliquerait d’autres mécanismes, comme la constitution de listes de volontaires. Avis défavorable.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1238 n’est pas adopté.)

Amdt 1238 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 1179.

Amdt 1179 Rejeté
Photo de Mme Mathilde Feld
Article 7 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

La qualité de nos débats est essentielle. Nous respectons toutes les positions – toutes les convictions sont légitimes –, sauf lorsqu’elles reposent sur des mensonges ou sont matière à chantage. M. Sitzenstuhl a posé une question importante sur la présence des mineurs ; j’espère que des amendements ont été déposés afin de nous permettre d’en débattre. Le présent amendement vise à permettre au patient, sans que cela soit obligatoire, de choisir non seulement le jour mais aussi l’heure de la procédure. Il ne s’agit pas d’ajouter une contrainte, mais d’ouvrir une possibilité au patient, en concertation avec le professionnel de santé, et de le laisser maître d’un des moments les plus intimes de sa vie. Permettre au patient de fixer une heure peut offrir un repère, avoir une valeur symbolique, ou simplement lui permettre, ainsi qu’à ses proches, de vivre ses derniers instants avec plus de sérénité. Ce serait le choix le plus humain car l’émancipation ne s’arrête pas au seuil de la chambre d’hôpital.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Il va de soi que le professionnel de santé et la personne conviendront ensemble du moment. Je ne crois pas utile de pousser la précision jusqu’à ce degré. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 1179.

Amdt 1179 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 89 Nombre de suffrages exprimés 89 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 9 Contre 80

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1179 n’est pas adopté.)

Amdt 1179 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’amendement no 1933 de M. Christophe Bentz est défendu.

Amdt 1933 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1933, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 1933 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 348 et 990. L’amendement no 348 de Mme Justine Gruet est défendu. La parole est à Mme Annie Vidal, pour soutenir l’amendement no 990.

Amdt 348 Rejeté
Photo de Mme Annie Vidal
Article 7 (suite)
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

L’amendement n’a plus vraiment de sens. Dans un monde idéal, j’aurais pu soutenir un amendement à l’article 6 visant à instaurer un contrôle a priori, mais il a été déclaré irrecevable au titre de l’article 40 de la Constitution. Je n’ai d’ailleurs pas compris cette décision : puisque le texte prévoit déjà la création d’une commission de contrôle et d’évaluation, la solliciter pour le contrôle a priori n’induit pas nécessairement une charge. Le présent amendement visait à mettre l’article 7 en cohérence avec l’article 6 dans l’éventualité où nous aurions adopté mon amendement jugé irrecevable. J’y insiste tout de même, car il aurait été très intéressant de demander à la commission d’exercer un contrôle a priori. Loin de ralentir la procédure, une validation des critères par la commission l’aurait consolidée. Nous parlons d’une démarche irréversible aux conséquences énormes ; voter un tel contrôle, qui se pratique d’ailleurs dans d’autres pays, aurait constitué un signe très positif.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Très bien !

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 348 et 990, repoussés par la commission et le gouvernement, ne sont pas adoptés.)

Amdt 348 Rejeté Amdt 990 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de l’amendement no 808 de Mme Sandrine Dogor-Such.

Amdt 808 Retiré
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 808 est retiré.)

Amdt 808 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de deux amendements, nos 1430 et 1160, pouvant être soumis à une discussion commune. Sur l’amendement no 1160, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Julie Laernoes, pour soutenir l’amendement no 1430.

Amdt 1430 Rejeté
Photo de Mme Julie Laernoes
Article 7 (suite)
Mme Julie Laernoes Julie Laernoes EcoS

Il vise à porter à un an le délai – actuellement de trois mois à partir de la notification de l’approbation de la demande – au-delà duquel la demande devra être réexaminée. Si le délai est trop court, une personne qui satisfait à l’ensemble des critères et a reçu le feu vert, mais qui souhaiterait attendre quelques mois avant de recevoir l’aide à mourir risque de précipiter sa décision. Le délai doit être suffisant pour éviter toute précipitation, aussi proposons-nous de le fixer à un an.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 1160.

Amdt 1160 Rejeté
Photo de Mme Mathilde Feld
Article 7 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

C’est en quelque sorte un amendement de repli par rapport à celui de ma collègue écologiste : nous proposons d’étendre le délai à six mois, pour les raisons qu’elle a indiquées. À ce stade, le malade est déjà pris dans un lourd processus administratif et médical ; lui donner un délai trop court pour se décider pourrait constituer une pression. Il risquerait de se hâter de passer à l’acte, de peur de devoir recommencer la procédure, alors même que sa maladie évolue plus lentement qu’il ne le pensait. Un délai de six mois nous paraît être un juste milieu entre les douze mois du texte initial et les trois mois du texte actuel.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Le projet de loi initial, examiné il y a deux ans, prévoyait un délai d’un an. Après de longues discussions, notre assemblée est parvenue, l’an dernier, lors de l’examen de cette proposition de loi en première lecture, à un compromis consistant à fixer ce délai à trois mois. Pour préserver l’équilibre trouvé collectivement, j’émets un avis défavorable sur les amendements.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Je suis très attachée à l’accompagnement. Or proposer une réévaluation du discernement après un an, ce n’est pas accompagner la personne malade ; il me paraît souhaitable d’aborder la question avec elle entre-temps, de suivre l’évolution de son questionnement au bout de trois mois. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Je voudrais faire deux remarques. Premièrement, de nombreux travaux montrent que le désir de mort est fluctuant, ce que nous devrions prendre en considération lorsque nous débattons d’un délai. Deuxièmement, il a été dit que le texte concernait des personnes en toute fin de vie, mais un patient à qui il reste un an à vivre n’est pas vraiment en fin de vie. Il y a un hiatus entre ces deux affirmations. Je sais, madame Laernoes, que vous auriez voulu aller plus loin ; c’est ici très visible, et cela crée un vrai paradoxe. Si vous fixez ce genre de critères, vous ne pouvez dire que le texte ne s’appliquera qu’à peu de personnes. Pour notre part, nous affirmons qu’il peut concerner un nombre significatif de personnes. Au Canada, cette pratique représente 9 % des décès, ce qui est tout sauf anecdotique. Il convient de réfléchir à cela et d’en avoir pleinement conscience lorsque nous débattons.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Julie Laernoes.

Photo de Mme Julie Laernoes
Article 7 (suite)
Mme Julie Laernoes Julie Laernoes EcoS

Le simple fait d’avoir obtenu le feu vert pour bénéficier de l’aide à mourir suffit souvent à soulager le patient, qui meurt parfois sans y avoir eu recours. Savoir qu’il peut, à un moment donné, choisir d’interrompre sa souffrance représente une sécurité. Le patient sait qu’une fois le délai de trois mois expiré, il perdra cette possibilité à moins de recommencer la procédure. Porter le délai à un an permettrait d’éviter qu’il précipite son recours à l’aide à mourir. Il resterait ainsi véritablement libre de son choix. L’amendement ne devrait donc pas vous heurter ; il s’agit seulement de reconnaître que de nombreux patients sont rassurés par la simple possibilité d’avoir recours à l’aide à mourir, même s’ils n’y ont pas recours in fine. (Mme Dominique Voynet applaudit.)

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1430 n’est pas adopté.)

Amdt 1430 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 1160.

Amdt 1160 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 95 Nombre de suffrages exprimés 90 Majorité absolue 46 Pour l’adoption 18 Contre 72

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1160 n’est pas adopté.)

Amdt 1160 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de deux amendements, nos 165 et 1885, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 165.

Amdt 165 Retiré
Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Je le retire.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 165 est retiré.)

Amdt 165 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Théo Bernhardt, pour soutenir l’amendement no 1885.

Amdt 1885 Rejeté
Photo de M. Théo Bernhardt
Article 7 (suite)
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Il vise à préciser que la réévaluation du caractère libre et éclairé de la volonté du patient doit avoir lieu dans les quinze jours précédant l’administration de la substance létale.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Il faut cesser de vouloir fixer des délais pour tout. Certains délais garantissent le bon déroulement de la procédure, d’autres ne feraient que formaliser une pratique qui tombe déjà sous le sens. Le médecin appréciera lui-même le temps dont il aura besoin pour cette évaluation. Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Justine Gruet.

Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

J’ai deux questions à propos de l’alinéa 3. Premièrement, sa formulation semble indiquer que le médecin vérifiera seulement que la personne manifeste sa volonté de manière libre et éclairée. Pourtant, M. le rapporteur m’a assuré que le patient devrait toujours satisfaire aux cinq critères. La nouvelle vérification portera-t-elle sur les cinq critères légaux d’éligibilité ou seulement sur le caractère libre et éclairé de la volonté ? Deuxièmement, ne vous semble-t-il pas que le fait que le médecin reprenne ainsi contact avec le patient constitue une forme de pression ? Nous nous sommes toujours accordés à dire que la demande devait émaner du patient. Si le patient ne se manifeste pas, le médecin le contactera-t-il de lui-même pour procéder à une nouvelle vérification ?

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such.

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 7 (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Les arguments échangés lors de l’examen des amendements précédents me poussent à m’interroger. L’alinéa 3 indique que, si la date retenue est postérieure de plus de trois mois à la notification de la décision, le médecin « évalue à nouveau, à l’approche de cette date, le caractère libre et éclairé de la manifestation de la volonté de la personne ». Cela fonctionne-t-il dans les deux sens ? En d’autres termes, le patient peut-il, selon les résultats de l’évaluation, revenir en arrière ?

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1885 n’est pas adopté.)

Amdt 1885 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de deux demandes de scrutin public : sur l’amendement n° 1209, par le groupe Droite républicaine, et sur les amendements identiques nos 296 rectifié, 1645 rectifié et 1789 rectifié, par le groupe Ensemble pour la République. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 1209.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Je souhaite qu’un procès-verbal, c’est-à-dire un document écrit, soit rédigé et signé par le médecin dans le cas des réévaluations prévues à l’alinéa 3. Vous me répondrez peut-être qu’un tel procès-verbal est déjà prévu par le texte, mais je ne le vois pas. Si c’est le cas, où est-ce ? Si ce n’est pas le cas, je vous propose de le prévoir.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

En effet, l’article 11 prévoit que chacun des actes soit enregistré sans délai dans un système d’information professionnel de santé.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Ce n’est pas tout à fait la même chose !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

À ce titre, votre amendement est satisfait. Demande de retrait ou avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Tous les actes seront inscrits dans le système d’information professionnel de santé : il y aura bien une traçabilité à chaque étape de la procédure. Demande de retrait ou avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Philippe Juvin.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

C’est ce que j’avais compris. L’alinéa 3 ne prévoit pas de véritable procès-verbal mais la simple inscription d’un acte et de sa date dans un fichier. Je parle moi d’un vrai procès-verbal. Je maintiens mon amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 1209.

Amdt 1209 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 86 Nombre de suffrages exprimés 86 Majorité absolue 44 Pour l’adoption 32 Contre 54

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1209 n’est pas adopté.)

Amdt 1209 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 30.

Amdt 30 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Avec cet amendement, notre objectif est que le médecin puisse saisir le juge des contentieux de la protection en cas de doute sur le caractère libre et éclairé de l’expression de la demande du patient – il nous semble qu’il y a une difficulté sur ce point. Je sais bien que la procédure d’aide à mourir repose sur l’avis du médecin. Toutefois, le code de la santé fait déjà référence à l’avis d’un juge, par exemple dans des situations de dons d’organe intrafamiliaux, et cet avis a vocation à s’assurer qu’aucune pression extérieure n’a été exercée sur la personne. C’est ce dont il serait question ici aussi afin de protéger les personnes de potentiels abus de faiblesse.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Comme vous vous en souvenez, nous avons déjà eu ce débat en première lecture, et cela à de nombreuses reprises. Le texte se fonde sur une évaluation strictement médicale et non pas judiciaire comme vous le souhaitez. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such.

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 7 (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Madame la ministre, monsieur le rapporteur, à l’instar de M. Bentz, je suis un peu têtue et je voudrais une réponse à ma question sur l’article 7, alinéa 3 !

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Vous faites bien d’insister. Je répète que le malade peut arrêter la procédure à tout moment, avant ou après trois mois. Au-delà de trois mois – si j’ai bien compris votre question –, il peut aussi changer d’avis et arrêter la procédure. Il ne sera naturellement pas obligé de revoir le médecin s’il ne demande plus l’aide à mourir. En revanche, puisque l’acte qui fait suite à sa demande est valable trois mois, il faudra qu’il revoie le médecin s’il veut poursuivre la procédure au-delà de ce délai.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 30 n’est pas adopté.)

Amdt 30 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de l’amendement no 1554 de M. Julien Odoul.

Amdt 1554 Retiré
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1554 est retiré.)

Amdt 1554 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 296 rectifié, 1645 rectifié et 1789 rectifié. La parole est à Mme Nicole Dubré-Chirat, pour soutenir l’amendement no 296 rectifié.

296 (Rect) Rejeté
Photo de Mme Nicole Dubré-Chirat
Article 7 (suite)
Mme Nicole Dubré-Chirat Nicole Dubré-Chirat EPR

Il est assez étonnant que l’alinéa 4 prévoie que l’administration de la substance létale puisse « être effectuée, à la demande de la personne, en dehors de son domicile, sauf sur la voie publique et dans les espaces publics. » Je ne pense pas que ces lieux soient beaucoup demandés ! Je propose d’écrire plutôt : « à son domicile ou dans un établissement de santé de son choix ». Cela me semble plus limitatif, mais aussi plus protecteur.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Claire Marais-Beuil, pour soutenir l’amendement no 1645 rectifié.

1645 (Rect) Rejeté
Photo de Mme Claire Marais-Beuil
Article 7 (suite)
Mme Claire Marais-Beuil Claire Marais-Beuil RN

C’est exactement le même amendement. Si une personne demandait à subir le geste létal dans telle ou telle propriété privée qui lui rappellerait par exemple de bons souvenirs, y serait-elle autorisée ? Il faut sécuriser cela. Pour ce qui est des établissements de santé, ils ont l’avantage de disposer de personnels de santé capables de prendre en charge les accompagnateurs de la personne en cas de malaise – on ne sait jamais.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’amendement no 1789 rectifié de M. Alexandre Allegret-Pilot est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

1789 (Rect) Rejeté
Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Le problème de cette rédaction est qu’elle exclut les établissements sociaux et médico-sociaux. Elle exclut également les résidences secondaires. J’émets donc un avis défavorable, à cause de ces restrictions.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix les amendements identiques nos 296 rectifié, 1645 rectifié et 1789 rectifié.

296 (Rect) Rejeté 1645 (Rect) Rejeté 1789 (Rect) Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 79 Nombre de suffrages exprimés 76 Majorité absolue 39 Pour l’adoption 34 Contre 42

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 296 rectifié, 1645 rectifié et 1789 rectifié ne sont pas adoptés.)

296 (Rect) Rejeté 1645 (Rect) Rejeté 1789 (Rect) Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Sandrine Lalanne, pour soutenir l’amendement no 430.

Amdt 430 Rejeté
Photo de Mme Sandrine Lalanne
Article 7 (suite)
Mme Sandrine Lalanne Sandrine Lalanne EPR

Comme le montrent nos débats, et je partage en cela l’avis de certains de mes collègues, il paraît nécessaire de mieux encadrer les éléments du texte relatifs au lieu d’administration de la substance létale. L’amendement tend ainsi à compléter l’alinéa 4 relatif à l’administration de la substance létale en dehors du domicile de la personne en ajoutant les mots « sous réserve de l’accord de la ou les personnes occupant le lieu, lorsque celui-ci constitue le domicile privé d’un tiers. À défaut, l’administration de la substance létale ne peut y être effectuée. » Cet amendement de sécurisation juridique rappelle un principe d’évidence : si l’administration de la substance létale est envisagée au domicile d’un tiers, ce tiers doit pouvoir s’y opposer. La fin de vie est un moment grave ; nous devons protéger le patient et ses proches de tout conflit potentiel. Le choix du lieu relève de la liberté de la personne demandant l’aide à mourir, mais ne peut s’opposer à la volonté d’un particulier s’agissant de son propre domicile.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Olivier Falorni
Article 7 (suite)
M. Olivier Falorni rapporteur général Dem

Je doute beaucoup de votre amendement et même je ne le comprends pas. Par principe, le tiers peut refuser l’entrée de son domicile privé à une personne souhaitant y accéder pour procéder à l’administration de la substance létale. Pour rappel, l’article 226-4 du code pénal dispose que « l’introduction dans le domicile d’autrui à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte » est un délit puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Je suis défavorable à l’amendement, déjà satisfait.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 430, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 430 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 615 et 1741. L’amendement no 615 de Mme Hanane Mansouri est défendu. La parole est à Mme Anne Sicard, pour soutenir l’amendement no 1741.

Amdt 615 Rejeté
Photo de Mme Anne Sicard
Article 7 (suite)
Mme Anne Sicard Anne Sicard RN

Cet amendement interdit que la mort soit administrée dans une chambre funéraire. C’est une interdiction nécessaire, que votre texte ne mentionne pas. Or, en droit, ce que la loi n’interdit pas, elle le permet. La vôtre ne liste nullement les lieux dans lesquels l’acte létal peut être pratiqué : aucun décret d’application, aucune norme sanitaire spécifique, rien ! Au Québec, ce vide a été comblé par le marché. Les entrepreneurs funéraires louent des salles pour pratiquer l’euthanasie. La mort y est devenue une prestation commerciale comme une autre. Les familles qui viendront s’y recueillir sauront que c’est là que la mort a été donnée – et pas seulement reçue. Vous détruisez donc la fonction même d’une chambre funéraire, qui accueille les morts, mais ne les fabrique pas. Votez cet amendement : la dignité de la mort n’est pas négociable.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 615 et 1741, repoussés par la commission et le gouvernement, ne sont pas adoptés.)

Amdt 615 Rejeté Amdt 1741 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Sur les amendements nos 58 et identique et 349 rectifié, je suis saisie par le groupe Droite républicaine de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 58 et 166. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 58.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Je veux soulever une difficulté dans la rédaction de l’article 7. Pour l’heure, celui-ci rend possible de pratiquer le suicide assisté ou l’euthanasie dans des établissements qui, en vertu de leur caractère propre, ont des projets d’établissement qui s’opposent précisément à ces pratiques. Parmi les associations qui nous ont alertés, les représentants de l’association Habitat et humanisme, très engagés sur ces questions, affirment qu’un tel hiatus leur poserait problème et qu’il romprait la confiance que celles et ceux qu’ils hébergent ont placée dans leurs établissements. Le choix de ces établissements relève parfois d’un acte volontaire, qui prend leur éthique pour critère. Je pense qu’il est plus que jamais nécessaire, au nom de l’éthique de la vulnérabilité, de prendre cet aspect en considération. (Mmes Annie Vidal, Alix Fruchon et Justine Gruet ainsi que M. Dominique Potier applaudissent.) Ce serait sinon porter un véritable coup de canif dans les engagements très nobles qui incarnent cette éthique.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 166.

Amdt 166 Rejeté
Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

L’amendement que je défends est identique à celui de mon collègue Hetzel. Il existe une clause de conscience personnelle, par conviction personnelle, mais pas de clause de conscience collective, puisqu’une structure n’a pas de conscience. Toutefois, certains établissements disposent bien d’une éthique collective – bien souvent cumulative et formée des différentes consciences personnelles des personnes qui y travaillent. Nous parlions tout à l’heure de religion : il faut sanctuariser les établissements qui, pour des raisons éthiques ou confessionnelles, parfois les deux, pourraient ne pas pratiquer l’aide à mourir.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements identiques ?

Photo de M. Olivier Falorni
Article 7 (suite)
M. Olivier Falorni rapporteur général Dem

Vous anticipez le débat sur l’article 14, qui a trait à la clause de conscience des professionnels de santé. Votre amendement instaure une clause de conscience collective, ou d’établissement. J’y suis fondamentalement et foncièrement hostile. J’ai déjà eu l’occasion de le dire et je le répète : les hommes et les femmes ont une conscience, les murs n’en ont pas. La clause de conscience est individuelle et sera pleinement respectée dans le cadre de cette loi. Il est pour moi absolument inenvisageable d’accepter une clause de conscience collective, notion qui n’a pas de sens et s’oppose au principe même de conscience individuelle, à la base de nos principes depuis toujours.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Je comprends les interrogations, mais plaçons-nous dans la situation des personnes qui choisissent de s’installer dans un Ehpad confessionnel et d’en faire leur domicile. Elles sont en perte d’autonomie, mais ne souffrent pas de maladie grave et incurable au moment de leur emménagement. Elles peuvent tomber malades pendant leur séjour et, dans ce cas, vos amendements leur interdiraient d’exercer le droit que cette proposition de loi pourrait leur reconnaître. Nous ne pouvons pas leur dire qu’elles auraient dû se décider bien plus tôt et leur imposer de déménager alors qu’elles sont en fin de vie. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Philippe Juvin.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Ce débat est très intéressant. Il ne soulève pas la question d’une conscience d’établissement – un mur n’a pas de conscience, évidemment –,…

Photo de M. René Pilato
Article 7 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Mais il a des oreilles ! (Sourires.)

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

…mais celle du projet d’établissement. Tout comme il existe des entreprises à mission, des établissements à mission se sont construits dans l’histoire, avec une culture et une tradition. Des établissements de santé tenus à l’origine par des congrégations religieuses ont maintenu un projet d’établissement lié à leur ancrage d’origine, bien qu’ils soient devenus laïcs. Nous ne pouvons pas prétendre que cela n’a jamais existé. Nous proposons de ne pas faire table rase et de nous inscrire dans un système de santé riche de ses différences et de son caractère protéiforme. Certains établissements ont un projet spécifique, respectons cette spécificité. Le choix des établissements de santé est tel en France que nous devrions pouvoir accepter cette diversité. Respecter la volonté du patient est la moindre des choses, mais il faut aussi respecter la volonté des équipes soignantes et des projets d’établissement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR, RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Julie Laernoes.

Photo de Mme Julie Laernoes
Article 7 (suite)
Mme Julie Laernoes Julie Laernoes EcoS

Il est question ici des établissements confessionnels, mais les amendements suivants proposent d’exclure les établissements médico-sociaux et les centres de soins palliatifs, preuve que ce ne sont pas les projets d’établissement que les auteurs de ces amendements cherchent à protéger : ils souhaitent simplement restreindre le nombre de lieux dans lesquels les personnes pourront avoir recours à l’aide à mourir. De fait, ces différents amendements tendent à interdire aux personnes qui habitent ces lieux la possibilité de recourir à l’aide à mourir. C’est la raison pour laquelle les arguments développés par leurs auteurs ne sont pas fondés. Ces amendements visent à exclure de ce droit les personnes qui n’ont pas les moyens de rester à domicile. Avec cette liste de lieux divers et variés, l’objectif est d’interdire progressivement à toute la population de bénéficier de l’aide à mourir. Il faut voter contre ces amendements !

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Dominique Potier.

Photo de M. Dominique Potier
Article 7 (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Avec André Chassaigne, Yannick Neuder et plusieurs autres collègues qui siègent parmi nous, nous avions rédigé une tribune, publiée le 22 juin 2023, au tout début de nos débats sur ce texte. La première de nos revendications était que l’aide à mourir ne soit pas pratiquée dans les hôpitaux, les lieux de soins palliatifs et les centres médico-sociaux. (M. Philippe Juvin acquiesce.) Au nom de la dignité de la personne humaine, de cette liberté que vous évoquez tant, je ne veux pas entrer dans un lieu avec le doute qu’un jour on puisse m’y proposer ce que je refuse par principe. Dans une démocratie, chacun doit pouvoir accéder aux dispositions que nous votons au Parlement, mais il y aurait quelque chose de totalitaire à vouloir que tous adoptent une pratique contraire au principe même pour lequel les personnes se sont regroupées en un lieu. Les murs n’ont pas de conscience, mais qu’en est-il des projets d’établissement, des projets qui constituent une communauté de travail ? Je pense, en cet instant, à tous ceux qui ont choisi de s’engager dans les soins palliatifs, qui en ont fait une épopée humaniste, une œuvre extraordinaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN, DR et HOR. – Mme Annie Vidal applaudit également.) Vous ne pouvez pas leur imposer de faire exactement le contraire de ce à quoi ces personnes ont consacré leur vie : restaurer la dignité des derniers instants des personnes dont la vie leur a été confiée, jusqu’au dernier souffle. Au nom de votre liberté, n’entravez pas celle des autres. (Mêmes mouvements.) J’ai cherché très longtemps, sans y parvenir, à rédiger un amendement qui créerait un droit pour les personnes en situation de handicap, en perte d’autonomie ou en situation de fragilité, à vivre dans un endroit où la mort ne serait pas donnée, mais où une main resterait tendue jusqu’au bout. Nous n’avons pas trouvé la formulation juridique, mais tolérez au moins que 1 %, 2 % ou 3 % du territoire national échappe à votre volonté dans ce qu’elle a d’absolu ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN, EPR, DR et HOR.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. René Pilato.

Photo de M. René Pilato
Article 7 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Je peux comprendre que l’on interdise le droit à l’aide à mourir dans des lieux privés, mais les établissements publics ne sont-ils pas précisément les lieux dans lesquels les droits sont garantis ? Je suis très étonné que nos collègues demandent que le droit à l’aide à mourir ne puisse pas être exercé dans les établissements publics, notamment dans les établissements hospitaliers. C’est complètement loufoque ! Dans un établissement public hospitalier où le personnel peut faire valoir sa clause de conscience, rien n’empêche de pratiquer le droit à l’aide à mourir. Qu’y a-t-il là de choquant ?

Photo de M. Dominique Potier
Article 7 (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Pour vous, « la société n’existe pas », comme disait Margaret Thatcher !

Photo de M. René Pilato
Article 7 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Vous avez un problème avec la possibilité de disposer d’un droit individuel, qui n’oblige personne.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Vous voulez rire ? Et les soignants ?

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 7 (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Non, nous ne rions pas du tout !

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix les amendements identiques nos 58 et 166.

Amdt 58 Rejeté Amdt 166 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 93 Nombre de suffrages exprimés 92 Majorité absolue 47 Pour l’adoption 37 Contre 55

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 58 et 166 ne sont pas adoptés.)

Amdt 58 Rejeté Amdt 166 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de six amendements, nos 349 rectifié, 1711, 1574, 614, 1691 et 932, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 614 et 1691 sont identiques. La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 349 rectifié.

349 (Rect) Rejeté
Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Madame la ministre, vous avez déclaré que les espaces publics étaient tous les lieux accueillant du public. C’est faux, sinon vous interdiriez l’euthanasie dans les hôpitaux, puisque l’on y accueille du public.

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Pas les chambres des patients !

Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

À l’inverse, les établissements privés recevant du public ne sont pas exclus du dispositif. L’objet de cet amendement est de restreindre les lieux dans lesquels l’aide à mourir peut être pratiquée, non pas pour entraver son exercice, mais pour s’assurer qu’elle n’est pas pratiquée dans des établissements inappropriés. Il est proposé de préciser que l’administration de la substance létale ne peut être effectuée dans l’ensemble des établissements recevant du public, sauf les établissements de santé et les établissements médico-sociaux. Ce qui n’est pas expressément prévu par la loi n’est pas interdit, il revient donc au législateur de poser des bornes. Dans la rédaction actuelle, la voie publique et les espaces publics sont exclus. Si les espaces publics sont tous les lieux accueillant du public, alors cette rédaction interdit l’aide à mourir dans les hôpitaux. En revanche, les lieux privés qui accueillent du public ne sont pas exclus. L’objectif est de sanctuariser les établissements qui reçoivent du public et qui sont inadaptés. C’est pourquoi l’amendement prévoit une exception pour les établissements de santé et les établissements médico-sociaux, conformément à vos souhaits.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 1711.

Amdt 1711 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Sur cette question, qui nous paraît fondamentale, nous constatons que le texte a évolué. Il me semble que le suicide assisté et l’euthanasie ne devraient pas être pratiqués dans les lieux où l’on soigne. Je suis très opposé, comme notre collègue Potier, à la possibilité de pratiquer l’euthanasie et le suicide assisté dans les hôpitaux et les établissements médico-sociaux. C’est l’objet de cet amendement. À défaut, pour ne pas en faire une règle générale, il devrait être possible d’exclure certains endroits. Il me semble très choquant, monsieur Pilato, que vous considériez que rien ne doit entraver le mouvement qui s’engage. Nos libertés individuelles sont importantes, mais elles ne sont jamais absolues. Parce que nous vivons en groupe, nos libertés sont en interconnexion permanente avec celles des autres. Nous avons proposé d’exclure les lieux qui décidaient, dans leur projet d’établissement, de ne pas pratiquer l’euthanasie. Je regrette que cet amendement ait été rejeté. Nous proposons ici que l’administration de la substance létale ne puisse pas avoir lieu dans les établissements de santé publics et privés, ni dans les établissements médico-sociaux. Je ne veux pas, quand j’entrerai dans une chambre en blouse blanche, que le patient ait à s’interroger sur la raison de ma venue.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Annie Vidal, pour soutenir l’amendement no 1574.

Amdt 1574 Rejeté
Photo de Mme Annie Vidal
Article 7 (suite)
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Avec mon collègue François Gernigon, nous proposons que l’administration de la substance létale ne puisse pas être effectuée au sein des maisons d’accompagnement et de soins palliatifs. Ces maisons d’accompagnement sont de petites unités de vie alternatives à l’hospitalisation pour les personnes qui ne peuvent pas rester à domicile. Soit les personnes y séjournent de manière temporaire avant de retourner chez elles, soit elles y restent parce qu’elles ne peuvent plus recevoir de soins complexes et y finissent leur vie tranquillement, accompagnées de leurs proches. Si des personnes venaient y recevoir l’aide à mourir, cela pourrait troubler et envoyer un message négatif à des personnes qui veulent qu’on les laisse partir tranquillement.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 614.

Amdt 614 Rejeté
Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Au cours des débats sur les soins palliatifs, nous avons déposé de nombreux amendements pour qu’il ne soit pas possible d’administrer des substances létales dans les maisons d’accompagnement et de soins palliatifs. Il nous a été répondu de toutes parts – y compris par Mme Vidal, qui propose logiquement un amendement en ce sens – qu’au nom de l’étanchéité entre les deux propositions de loi, cette question serait abordée à l’article 7 de la proposition de loi sur l’aide à mourir. Le moment est venu. Puisque vous nous avez garanti, par anticipation, que nous pourrions inscrire cette disposition dans le texte, nous proposons qu’on ne puisse pas administrer une substance létale dans une maison de soins palliatifs. Il n’est plus question d’éthique collective, il s’agit de la vocation collective, du projet d’établissement, des maisons de soins palliatifs, dont la mission est uniquement de soigner jusqu’à la mort, et de ne jamais donner la mort.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Eddy Casterman, pour soutenir l’amendement no 1691.

Amdt 1691 Rejeté
Photo de M. Eddy Casterman
Article 7 (suite)
M. Eddy Casterman Eddy Casterman RN

Peut-on soigner et donner la mort dans un même lieu ? Il y a là une exigence de cohérence fondamentale. Nous pensons que la pratique d’une euthanasie ou d’un suicide assisté n’a pas sa place dans un établissement ou une unité d’accompagnement et de soins palliatifs. Les unités de soins palliatifs ont une vocation essentielle : accompagner, soulager, entourer. Elles sont des espaces de vie jusqu’au bout, pas des antichambres d’une mort administrée. Y pratiquer l’aide active à mourir, c’est trahir leur identité profonde, bouleverser la relation de confiance entre le soignant et le patient, et placer les équipes devant une contradiction éthique insurmontable. Comment un malade peut-il se sentir en sécurité, apaisé, dans un établissement où la main qui apaise peut donner la mort le lendemain ? Cette ambiguïté n’est pas tolérable. Notre amendement protège un sanctuaire et garantit que les soins palliatifs demeureront ce qu’ils ont toujours été : un refuge contre la souffrance, et jamais un protocole vers la mort.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 932.

Amdt 932 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Lors de nos débats sur les soins palliatifs, le travail remarquable effectué par les équipes et les unités de soins palliatifs au service des patients a été unanimement salué. Il existe une histoire singulière dans notre pays. Lorsque les soins palliatifs se sont développés, c’était au nom de plusieurs principes essentiels : il ne devait pas y avoir d’acharnement thérapeutique ; personne ne devait mourir dans l’isolement ; personne ne devait souffrir. Ce triptyque, que l’on retrouve dans la loi Leonetti, puis dans la loi Claeys-Leonetti, constituait la voie française. Et à présent, nous allons nous retrouver à devoir dire à ces mêmes équipes, alors qu’elles se sont forgé au fil du temps une véritable identité autour de ce soin et de la prise en considération de la vulnérabilité, que nous transformons fondamentalement leur projet. (M. Dominique Potier applaudit.) C’est une incroyable violence que de leur imposer ainsi un tel choix !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Mais c’est faux !

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Vous parlez sans cesse du choix des patients, mais pensez-vous à celui des soignants ? Vous vous apprêtez à imposer brutalement un revirement extrêmement violent à celles et ceux qui, comme l’a si bien dit Dominique Potier, ont mis leur vie au service des autres et de l’humanité. (Mme Justine Gruet applaudit.)

Photo de M. René Pilato
Article 7 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Et la clause de conscience ?

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Rappelons tout d’abord que l’on ne propose jamais, à qui que ce soit, de recourir à l’aide à mourir. Jamais ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet applaudit également.)

Photo de M. Dominique Potier
Article 7 (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Ah bon ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Le texte est clair : c’est la personne qui demande à recourir à l’aide à mourir. En outre, je le répète même si cela a été dit à plusieurs reprises, aucun personnel, aucun professionnel des unités de soins palliatifs, ne sera obligé de concourir à la mise en œuvre de l’aide à mourir car, s’il le souhaite, il pourra faire jouer la clause de conscience. J’en viens aux amendements. Nous parlons de personnes malades en fin de vie. Où se trouvent-elles, si ce n’est dans des lieux où l’on soigne, c’est-à-dire à l’hôpital, à domicile ou dans des établissements médico-sociaux, souvent assimilés au domicile de ces malades car déclarés comme leur lieu de résidence ? Dès lors, vous comprendrez bien que je ne peux qu’être défavorable à ces amendements dont l’adoption, puisqu’ils excluent les seuls lieux où le malade pourrait recourir à l’aide à mourir, reviendrait à vider le texte de sa substance. Enfin, vous proposez d’exclure tous les établissements publics.

Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Recevant du public !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Pourquoi pas, mais avez-vous bien mesuré les conséquences d’une telle décision ? Je me souviens que lors du débat autour des maisons d’accompagnement, certains défendaient ici l’ouverture au secteur lucratif. Ne pensez-vous pas qu’une telle restriction emporterait le risque de marchandiser l’aide à mourir ? Or nous sommes tous convaincus des dangers d’une telle dérive.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Article 7 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

La méthode est troublante. Nous construisons progressivement la loi, article par article, et voici que vous nous présentez des amendements dont l’adoption nous ferait revenir sur ce que nous avons voté, ou du moins le limiterait grandement. Nous avons voté des articles se rapportant aux conditions d’accès, à la procédure, et nous en sommes à présent au lieu. Relisons l’article 7 : « Dans des conditions convenues avec le médecin ou l’infirmier chargé de l’accompagner, l’administration de la substance létale peut être effectuée, à la demande de la personne, en dehors de son domicile, sauf sur la voie publique et dans les espaces publics. » Cette disposition, tout en posant un cadre, laisse une certaine marge de manœuvre. Mais tout faire pour restreindre encore davantage le champ d’application du texte, c’est une manière détournée de rendre inapplicable ce qui vient d’être adopté dans cet hémicycle.

Photo de M. René Pilato
Article 7 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

C’est exactement ça ! C’est leur combat !

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Article 7 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Je comprends ce que vous dites, mais la méthode me gêne car nous sommes en train d’écrire la loi, article par article, en pesant les avantages et les inconvénients de chaque disposition. Et il me semble d’ailleurs que ce travail nous permet de nous orienter dans la bonne direction. Alors, de grâce, même si la discussion reste ouverte, respectez ce qui a été adopté ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes Dem et SOC.)

Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

On pourra donc euthanasier dans un cinéma !

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Annie Vidal.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 7 (suite)
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Je voudrais rebondir sur certains propos du rapporteur. Les maisons d’accompagnement sont de petites unités de vie qui comptent entre dix et quinze chambres au maximum, pour des personnes qui ne peuvent pas rester chez elles et qui n’ont plus besoin d’être hospitalisées. Ces personnes veulent finir leurs jours tranquillement, dans un lieu assez intime. De toute évidence, les maisons d’accompagnement ne sont pas un lieu approprié pour accueillir des personnes précédemment hospitalisées dans des unités de soins palliatifs et qui demanderaient l’aide à mourir. Une telle décision ne relève pas du tout de la mission de ces établissements. Plaçons-nous dans la perspective de ce qu’ont voulu les personnes qui y résident !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Il faut faire confiance aux médecins !

Photo de Mme Annie Vidal
Article 7 (suite)
Mme Annie Vidal Annie Vidal EPR

Je leur fais confiance, bien sûr, mais le rapporteur nous dit que le médecin et l’infirmier proposeront le lieu pour réaliser le geste létal. Si le patient est hospitalisé, c’est qu’il n’est pas dans une maison d’accompagnement. Il serait aberrant de le déplacer dans une maison d’accompagnement pour recevoir l’injection létale, car c’est un lieu de fin de vie où doit régner la tranquillité. Il faut respecter l’aspiration à la paix et au repos des malades qui ont choisi d’y attendre, avec leurs proches, que la mort survienne naturellement. Cela me semble d’une évidence limpide !

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 349 rectifié.

349 (Rect) Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 93 Nombre de suffrages exprimés 89 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 31 Contre 58

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 349 rectifié n’est pas adopté.)

349 (Rect) Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1711 et 1574, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 1711 Rejeté Amdt 1574 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 614 et 1691 ne sont pas adoptés.)

Amdt 614 Rejeté Amdt 1691 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 932 n’est pas adopté.)

Amdt 932 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Sur les amendements nos 350 et 351, je suis saisie par le groupe Droite républicaine de demandes de scrutin public. Les scrutins est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je suis saisie de deux amendements, nos 350 et 695, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 350.

Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

L’amendement tend à interdire toute activité privée lucrative ayant pour objet d’organiser, de manière régulière, la pratique de l’aide à mourir dans un lieu déterminé, afin de prévenir le développement d’une offre commerciale dans ce domaine. Au Québec, des entreprises du secteur funéraire et des structures privées peuvent être amenées à intégrer ce type de service dans leur offre. Il s’agit de préserver la dignité de la fin de vie, de prévenir toute banalisation ou instrumentalisation économique de l’aide à mourir, et d’affirmer clairement qu’en France ce dispositif ne saurait s’inscrire dans une logique de service marchand. Ne me dites pas que j’affabule puisque cela existe au Canada ! Étant donné l’existence d’activités de ce type à l’étranger, la précision est nécessaire.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Claire Marais-Beuil, pour soutenir l’amendement no 695.

Amdt 695 Rejeté
Photo de Mme Claire Marais-Beuil
Article 7 (suite)
Mme Claire Marais-Beuil Claire Marais-Beuil RN

En l’état actuel du texte, l’aide à mourir est autorisée dans un champ de lieux particulièrement large, puisque seuls les espaces publics en sont exclus. Une telle ouverture, en l’absence de garde-fous explicites, est susceptible de favoriser le développement d’initiatives privées proposant, contre rémunération, des prestations spécifiquement organisées autour de l’aide à mourir. L’expérience étrangère montre que ce risque n’est pas théorique. Nous devons mieux encadrer les dispositions relatives au lieu.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Tel qu’il est rédigé, votre amendement exclut les établissements de santé privés à but lucratif qui seraient amenés à proposer cette offre. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Justine Gruet.

Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Vous travestissez mes propos. J’ai bien écrit que la pratique de l’aide à mourir devait être organisée de manière régulière. Nous en revenons à la question que nous vous avions posée à l’article 4 : combien de personnes pourront-elles prétendre à l’aide active à mourir ? La notion de régularité dans la pratique de l’aide à mourir n’est pas en porte-à-faux avec l’activité d’un établissement de santé privé.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 350.

Amdt 350 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 88 Nombre de suffrages exprimés 83 Majorité absolue 42 Pour l’adoption 32 Contre 51

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 350 n’est pas adopté.)

Amdt 350 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 695 n’est pas adopté.)

Amdt 695 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 351.

Amdt 351 Rejeté
Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Je suis peut-être têtue mais, de fait, je ne comprends pas votre obstination déraisonnable à ne pas vouloir encadrer les lieux. Nous vous proposons à présent de préciser par décret la typologie des lieux où la pratique de l’aide à mourir serait autorisée. En tant que législateurs, nous sommes attachés au texte. Or tel qu’il est écrit, il ne permettra pas d’empêcher que l’euthanasie se déroule dans un établissement recevant du public, même s’il est complètement inadapté. Un patient pourra très bien demander à mourir dans un cinéma, sans que le médecin ne puisse légalement le lui refuser. (Sourires sur quelques bancs du groupe SOC.) Rigolez si vous voulez mais ce n’est pas drôle du tout !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Mais c’est un lieu public !

Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Le médecin ne pourra pas s’appuyer sur le texte pour lui opposer des arguments juridiques. Or nous sommes aussi là pour poser un cadre précis. Un espace public n’est pas un établissement privé recevant du public. Cela vous fait sourire, mais je maintiens que vous autorisez l’euthanasie dans un cinéma, un magasin, que sais-je encore. Je vous demande simplement, pour que cela soit inscrit au compte rendu, de me garantir qu’une telle pratique sera interdite. Ce faisant, nous aiderions également les médecins à encadrer le geste.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Nous en avons déjà débattu en commission. J’ai du mal à imaginer qu’une personne demande à mourir dans un magasin ou dans un cinéma. Quand bien même cela serait, il n’est écrit nulle part que le propriétaire du cinéma ou du commerce serait obligé d’accepter au motif que la personne malade en aurait fait la demande et se serait entendue avec son médecin – même si je suis quasiment certain que ce dernier n’aura pas manqué d’exprimer ses réserves. Très honnêtement, je ne pense pas que vos craintes se réalisent. Pour ce qui est du renvoi à un décret, nous avons déjà expliqué que chercher à dresser une liste exhaustive des lieux où ne pourrait pas être pratiquée l’aide à mourir risquait de limiter trop drastiquement les possibilités, alors même que les critères prévus dans le texte sont déjà restrictifs. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Philippe Juvin.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Vous aurez bien compris, monsieur le rapporteur, que nos craintes restent intactes quant aux modalités d’application du texte. Il y a un an, vous avez publié un message sur les réseaux sociaux indiquant qu’à un mois de l’examen du projet de loi relatif à la fin de vie, vous aviez visité le service des soins palliatifs du centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges et que vous saluiez l’extrême bienveillance de l’équipe que vous y aviez rencontrée, ajoutant retenir les inquiétudes exprimées autour des dispositions de la future loi – je reprends vos propres termes. Quelles étaient ces inquiétudes ? Pensez-vous avoir réussi à les lever ?

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. le rapporteur.

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Je vous propose que nous en parlions en aparté !

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Mais cela intéresse tout le monde !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Je rends régulièrement visite, en effet, à l’unité des soins palliatifs de Limoges pour échanger avec les professionnels concernés – comme beaucoup de députés ici, d’ailleurs. La clause de conscience est l’un des sujets récurrents et je crois qu’ils sont rassurés sur ce point car tous ont bien compris qu’ils pourront la faire jouer.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 7 (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Le groupe La France insoumise a des convictions claires : dès lors qu’un droit est soumis à un lieu, ce n’est plus un droit ; c’est une demande, c’est du caritatif, c’est une option, mais ce n’est plus un droit. Un droit s’applique à l’ensemble des individus sur tout le territoire. C’est ce qui fonde la République. À cet égard, notre débat me semble parfois lunaire parce que le texte exclut les espaces publics de son champ d’application. Depuis le jugement rendu par le tribunal de grande instance de Paris en octobre 1986, l’espace public recouvre les commerces, les salles de cinéma – pas d’inquiétude ! –, les salles de spectacle, les banques, les gares, les aérodromes, les jardins, les plages et les montagnes. Dans tous ces lieux, qui sont considérés comme des espaces publics, l’aide à mourir ne pourra pas être pratiquée. Si on peut entamer des grands débats abstraits et métaphysiques, le droit, lui, est clair. En réalité, ces questions ne se posent que dans la tête de celles et ceux qui veulent se les poser, ce qui est peut-être très enrichissant, mais n’a pas grande signification au regard du droit et de la jurisprudence. Certains amendements, via l’idée d’un décret précisant les lieux où se pratique l’aide à mourir, visent en réalité à interdire aux gens de bénéficier de l’aide à mourir à leur domicile. Dès lors que l’établissement de soins palliatifs est un domicile pour de nombreuses personnes, que se passera-t-il s’il n’est pas possible d’y pratiquer l’aide à mourir ? Où ces personnes pourront-elles y recourir ? Vous ne pourrez les mettre dehors puisqu’il est interdit de pratiquer l’aide à mourir dans l’espace public…Que se passera-t-il concrètement pour les gens qui n’ont plus le droit d’y recourir nulle part ? Tout cela pose des questions qui me paraissent pour le moins intrigantes… Enfin, il n’est pas vrai qu’une clause de conscience soit une contrainte pour quiconque. Le texte garantit la liberté de chacun de recourir à l’aide à mourir et d’accorder ou de refuser cette aide. La clause de conscience garantit que la rencontre se produit entre des individus qui le souhaitent. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Nicole Dubré-Chirat applaudit également.) Nulle part personne n’est obligé à rien. Les deux parties prenantes sont volontaires. Si vous n’êtes pas volontaire, vous n’êtes pas là, et si vous n’êtes pas là, les choix que fait une personne au sujet de ses derniers instants ne sont pas votre affaire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Peio Dufau applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 351.

Amdt 351 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 88 Nombre de suffrages exprimés 86 Majorité absolue 44 Pour l’adoption 29 Contre 57

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 351 n’est pas adopté.)

Amdt 351 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Sur les amendements nos 1886 et 1938, je suis saisie par le groupe Rassemblement national de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Théo Bernhardt, pour soutenir l’amendement no 1886.

Photo de M. Théo Bernhardt
Article 7 (suite)
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

J’aimerais que nous prenions le temps de discuter de cet amendement important, avec lequel je pense que tout le monde sera d’accord,…

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 7 (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Ça commence mal !

Photo de M. Théo Bernhardt
Article 7 (suite)
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

…y compris nos collègues de gauche,

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Vous pouvez toujours essayer !

Photo de M. Théo Bernhardt
Article 7 (suite)
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

…au nom de la dignité humaine. L’objectif est d’interdire que l’administration de la substance létale fasse l’objet d’une diffusion publique ou médiatique. En raison de la dignité de la personne, cet acte doit se faire dans un cadre strictement privé.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 1886.

Amdt 1886 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 77 Nombre de suffrages exprimés 75 Majorité absolue 38 Pour l’adoption 30 Contre 45

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1886 n’est pas adopté.)

Amdt 1886 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 1938.

Amdt 1938 Rejeté
Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Tout à l’heure, en réaction aux propos de notre collègue Sitzenstuhl, une députée de gauche s’est inquiétée de savoir si des amendements visaient à interdire la présence de mineurs pendant l’administration de la substance létale. Tel est l’objet du présent amendement. Si, à quelque âge que ce soit, être confronté à la mort fait partie de la vie, comment envisager d’exposer un enfant à la violence du moment de l’injection de la dose létale ?

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Très touchant !

Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Il convient d’agir avec beaucoup de précaution et j’ose espérer que la rédaction actuelle du texte résulte d’un oubli, auquel cas le présent amendement serait purement rédactionnel. Il faut absolument protéger les enfants mineurs au moment de l’administration de la dose létale, ce qui ne les empêchera pas d’entourer leurs proches avant et après.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Vous l’avez rappelé, ce moment touche à l’intime et, tel qu’il est rédigé, le texte respecte cette intimité. Il appartient à la personne de choisir par qui elle souhaite être entourée et de prendre la décision, y compris vis-à-vis de mineurs ou de toute autre personne dont elle pourrait estimer qu’elle est trop fragile pour assister à l’injection. C’est à elle d’en juger ! Il est très difficile de déterminer abstraitement si tel ou tel pourra y assister. Cela relève du cadre familial et de la décision personnelle. Je rappelle que le texte prévoit aussi l’orientation des proches vers un accompagnement au deuil et à cette situation. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Jérôme Guedj.

Photo de M. Jérôme Guedj
Article 7 (suite)
M. Jérôme Guedj Jérôme Guedj SOC

Si je respecte le travail d’amendement – je l’ai dit à plusieurs reprises –, c’est sous réserve qu’il ne vienne pas vider de sa substance l’intention qui s’est dégagée du travail législatif – je rejoins notre collègue Mattei sur ce point – et qu’il ne mette pas les personnes concernées, auxquelles il faut toujours penser, en porte-à-faux. Les amendements précédents, qui visaient à empêcher que l’acte soit réalisé dans des unités de soins palliatifs, à l’hôpital, dans les établissements médico-sociaux ou dans les nouvelles maisons d’accompagnement et de soins palliatifs, revenaient à enjoindre à la personne de retourner chez elle. Elle aurait ainsi été pénalisée, car c’est une violence que d’avoir à quitter l’endroit où on est accueilli en fin de vie pour retourner chez soi. Ici, sans doute animé par une intention louable, vous voulez imposer une autre violence, qui est d’interdire à la personne d’arbitrer entre les membres de son entourage le plus proche, notamment ses enfants et ses petits-enfants mineurs, pour décider qui sera présent. Personnellement, je fais confiance à l’intelligence de la protection familiale. De la même manière qu’une famille peut décider qu’un enfant de 5 ans ou de 6 ans n’ira pas au chevet de son grand-père agonisant, mais qu’un jeune de 15 ans, 16 ans ou 17 ans pourra partager ses derniers instants, je pense que cette même intelligence prévaudra s’agissant de l’acte d’administration de la substance létale. Faisons confiance aux parents ! Ne soyons pas dans une déresponsabilisation législative sous forme d’une interdiction vidant de sa substance un droit nouveau ! Je comprends et même je respecte que vous soyez opposé à ce droit, mais dès l’instant où il est accordé, ne le rendez pas impraticable – j’ai failli dire insupportable – à ceux qui veulent l’exercer. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Dominique Voynet et M. Éric Martineau applaudissent également.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

J’ai deux autres arguments à verser au débat. Premièrement, le code de déontologie des médecins indiquant que les médecins sont aussi là pour protéger les enfants, la question de la présence des enfants est tout sauf anodine. Deuxièmement, en Suisse, où dans la plupart des cantons le droit autorise seulement l’autoadministration, ou ce qu’on appelle communément le suicide assisté, des études ont relevé un stress post-traumatique chez des personnes présentes lors d’un suicide assisté. La question de la présence des mineurs peut donc légitimement se poser. On ne peut l’évacuer. Elle est légitime et mérite d’être sérieusement examinée.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Monsieur Bentz, j’applique normalement la règle du un pour, un contre, mais je vous redonne la parole.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Je vous remercie de faire une exception pour mon amendement, madame la présidente ! (Sourires.) Fondamentalement, la raison profonde, essentielle, pour laquelle je m’oppose à ce texte, c’est qu’il représente la quintessence de l’individualisme.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

C’est faux !

Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Je ne comprends pas que la gauche, qui défend le collectif, lui soit favorable. À cet égard, la réponse de M. le rapporteur est très intéressante, et je l’en remercie. Elle consiste à dire : on laisse la personne choisir, c’est sa liberté totale. Vous vous placez donc du point de vue de la personne qui demande qu’on provoque sa mort.

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 7 (suite)
Mme Élise Leboucher rapporteure de la commission des affaires sociales LFI-NFP

Oui ! C’est le cœur du texte !

Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Quant à moi, je me place du point de vue de l’enfant, du mineur. Lors d’un autre débat, nous avons abordé la question du discernement et du consentement. À quel moment un mineur, c’est-à-dire un jeune entre 0 an et 18 ans, a-t-il le discernement et donc la capacité de consentement suffisante pour accepter de participer à un acte létal ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Philippe Juvin applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 1938.

Amdt 1938 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 84 Nombre de suffrages exprimés 83 Majorité absolue 42 Pour l’adoption 26 Contre 57

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1938 n’est pas adopté.)

Amdt 1938 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de trois amendements, nos 933, 1910 et 1043, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements identiques nos 933 de Mme Anne-Laure Blin et 1910 de M. Alexandre Allegret-Pilot sont défendus. L’amendement no 1043 de M. Charles Sitzenstuhl est défendu.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Théo Bernhardt.

Photo de M. Théo Bernhardt
Article 7 (suite)
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Je suis têtu, comme mon collègue Bentz. J’ai dû me contenter d’un avis défavorable non argumenté sur mon amendement relatif à l’interdiction de la publicité de l’injection létale. C’est pourtant un sujet extrêmement important pour la dignité humaine. Je demande une réponse.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 933 et 1910 ne sont pas adoptés.)

Amdt 933 Rejeté Amdt 1910 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1043 n’est pas adopté.)

Amdt 1043 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Les amendements nos 1937 de M. Christophe Bentz et 1042 de M. Charles Sitzensthul sont défendus.

Amdt 1937 Rejeté Amdt 1042 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1937 et 1042, repoussés par la commission et le gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 1937 Rejeté Amdt 1042 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Sur les amendements nos 413 et 414, je suis saisie par le groupe Droite républicaine de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je suis saisie de deux amendements, nos 1044 et 413, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 1044.

Amdt 1044 Rejeté
Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 7 (suite)
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Je reviens aux mineurs, dont je souhaite également qu’ils soient exclus du moment où se pratique l’injection létale, ainsi que des derniers instants et des heures préalables. Je remercie notre collègue Jérôme Guedj de nous avoir donné son point de vue, mais je ne le partage absolument pas. Quel paradoxe dans le calendrier parlementaire ! D’un côté, un certain nombre de collègues considèrent qu’il n’y a aucune difficulté à ce que des mineurs puissent être confrontés à ce moment extrêmement particulier de l’injection d’une substance létale – c’est-à-dire d’un poison, pour parler communément – à une personne qui va mourir. De l’autre, l’Assemblée s’interroge sur l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, c’est-à-dire à une grande partie des mineurs.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Absolument ! C’est incroyable !

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Confusionnisme à plein tube !

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 7 (suite)
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Non, madame Hadizadeh ! Dans le débat sur l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, on entend souvent les arguments, fort justes, selon lesquels nos mineurs sont confrontés à des images et à des situations trop violentes pour leur âge et qu’ils ne sont ni mûrs ni émancipés. Voilà ! C’est une des grandes contradictions philosophiques de ce débat – ce n’est pas la seule, notamment à gauche –, à laquelle j’ai pensé durant les dernières minutes.

Photo de Mme Ayda Hadizadeh
Article 7 (suite)
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Vous comparez les saletés des réseaux sociaux au départ d’un être aimé !

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 7 (suite)
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Pardon, madame Hadizadeh, mais il ne s’agit pas de la mort naturelle d’une personne. Je parle du moment de l’injection de la substance létale, qui n’est ni banal ni normal. Je maintiens qu’un mineur n’a pas à être confronté à ce moment-là.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 413.

Amdt 413 Rejeté
Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Cet amendement est issu de nos travaux en commission et des interrogations qu’ils ont suscitées chez moi. Je vous l’ai dit tout à l’heure lorsque je me suis exprimée sur l’article, je comprends qu’on veuille avoir ses enfants à ses côtés, même si je reste intimement convaincue qu’un tel spectacle peut être très traumatisant. Il est écrit à l’alinéa 5 : « Le médecin ou l’infirmier […] informe les proches et les oriente, si nécessaire, vers les dispositifs d’accompagnement psychologique. » S’agissant des mineurs qui ont accompagné la personne – car il s’agit bien d’un accompagnement lorsqu’on se tient aux côtés d’un proche et qu’on assiste à l’administration de la substance létale –, le fait de rendre obligatoire le suivi psychologique relève de notre responsabilité. J’ajoute que j’ai prévu un gage. Cet amendement ayant été jugé irrecevable lorsque je l’ai déposé en commission, j’ai tenu à préciser que la prise en charge ne serait pas remboursée. Cependant, l’objectif est bien sûr que le remboursement de ces séances soit possible. Je le répète, nous pouvons nous opposer sur de nombreux points. Toutefois, il me semble essentiel de faire preuve de vigilance et de sécuriser le dispositif concernant la question des mineurs présents lors de l’injection. Que la prise en charge reste facultative pour des personnes majeures, nous pouvons tous l’admettre. Cependant, elle doit selon moi être obligatoire pour des mineurs.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Pour les mêmes raisons que celles que j’ai exposées au sujet des amendements précédents relatifs aux mineurs, il est défavorable. J’ajoute que le texte prévoit bien une orientation vers des dispositifs d’aide psychologique si celle-ci est nécessaire. Les professionnels de santé sont là pour en juger – comme l’a dit M. Hetzel, les médecins veillent à ce que les mineurs soient protégés. Dès lors, pourquoi rendre ce suivi obligatoire ?

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Élise Leboucher.

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 7 (suite)
Mme Élise Leboucher rapporteure de la commission des affaires sociales LFI-NFP

J’aimerais réagir à des propos tenus il y a quelques instants : oui, je fais partie des députés qui sont très favorables à ce texte, mais cela ne m’empêche pas de considérer que nous devons réfléchir à la question des mineurs. Les situations que nous évoquons constituent bien sûr des moments très importants, très forts dans la vie des familles, et la question de la présence des mineurs se pose évidemment. Je pense, comme le collègue Guedj, qu’il faut faire confiance aux familles. Ce type d’interrogation se retrouve d’ailleurs dans d’autres situations : rendre visite à une personne en fin de vie, voir une personne morte avant la fermeture du cercueil, ou encore assister à un enterrement. Par ailleurs, je rappelle qu’au moment de l’injection, un soignant est présent. Il sera donc forcément vigilant sur ce point puisque cela fait partie de son métier. D’autre part, le problème ne se pose pas de la même façon selon que le mineur a 4 ans ou 17 ans. Vous évoquiez tout à l’heure l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais je vous rappelle que, dans notre pays, un jeune mineur peut être incarcéré dès l’âge de 13 ans et qu’il est possible de passer le permis de conduire à 17 ans. Ces jeunes ne sont-ils pas dotés d’un libre arbitre ? Enfin, le texte n’oblige pas non plus les mineurs à être présents. Il faut laisser le choix à chaque famille, selon ses convictions, selon son rapport à la mort – nous tous, ici présents, avons sans doute des points de vue très différents sur le sujet. En résumé, faisons confiance aux familles et au soignant qui sera présent. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC et EcoS. – Mmes Stella Dupont et Camille Galliard-Minier applaudissent également.)

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1044 n’est pas adopté.)

Amdt 1044 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 413.

Amdt 413 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 83 Nombre de suffrages exprimés 82 Majorité absolue 42 Pour l’adoption 29 Contre 53

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 413 n’est pas adopté.)

Amdt 413 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 1211.

Amdt 1211 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Nous avons évoqué le choc psychologique et même le syndrome post-traumatique qui peuvent frapper les personnes qui assistent à un suicide assisté ou à une euthanasie. Cette réalité a été largement documentée dans la littérature scientifique – notamment en Suisse, mais pas uniquement. Cet amendement vise à rendre obligatoire l’orientation des proches vers les dispositifs d’accompagnement. Vous me répondrez que rien n’est jamais obligatoire, or c’est faux : lorsque des personnes sont en proie à des traumatismes très sévères, en particulier si elles ont été témoins d’un attentat – j’ai vécu ce type de situation –, on les oblige à aller consulter car on sait qu’un syndrome post-traumatique va se développer.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1211, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 1211 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 414.

Amdt 414 Rejeté
Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Il vise à apporter une précision à l’alinéa 5. Celui-ci prévoit que le médecin ou l’infirmier informe les proches, mais la nature de ces informations n’est pas indiquée. Or il me semble essentiel qu’elles portent sur le déroulement d’une étape particulièrement sensible pour l’entourage : l’administration de la substance létale. Cette lacune dans le texte peut conduire à des réactions d’incompréhension, d’angoisse ou qui peuvent s’avérer inappropriées, de la part des proches. Elles sont susceptibles de perturber le bon déroulement de la procédure et d’accroître la charge émotionnelle pour tous les acteurs concernés. Je ne pense pas qu’une telle précision remette en cause la liberté du patient ni alourdisse la procédure. Elle permet de sécuriser le dispositif. J’ajoute que si elles disposaient de ces informations en amont, les personnes qui se sentent mal à l’aise à l’idée d’être présentes lors de l’administration de la substance létale pourraient faire valoir un droit de retrait. Ainsi, ce moment de la fin de vie pourrait se dérouler de la façon la plus sécurisée possible.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Votre amendement est satisfait. Une information des proches par le médecin ou par le professionnel de santé est déjà prévue. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’amendement no 414.

Amdt 414 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 86 Nombre de suffrages exprimés 85 Majorité absolue 43 Pour l’adoption 30 Contre 55

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 414 n’est pas adopté.)

Amdt 414 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Sur les amendements no 352 et identique, je suis saisie par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 697 et 1210. La parole est à Mme Claire Marais-Beuil, pour soutenir l’amendement no 697.

Photo de Mme Claire Marais-Beuil
Article 7 (suite)
Mme Claire Marais-Beuil Claire Marais-Beuil RN

Il vise à rendre systématique l’accompagnement psychologique. Ce n’est pas parce qu’on comprend l’acte d’un point de vue intellectuel que l’on est forcément capable de gérer émotionnellement la situation, a fortiori lorsqu’il s’agit de mineurs. Il est donc très important d’accompagner ces personnes afin qu’elles puissent s’exprimer, dire ce qu’elles ressentent. Il est essentiel de revenir sur son expérience juste après l’avoir vécue.

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Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’amendement no 1210 de M. Philippe Juvin est défendu.

Amdt 1210 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 697 et 1210, repoussés par la commission et le gouvernement, ne sont pas adoptés.)

Amdt 697 Rejeté Amdt 1210 Rejeté
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Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 74.

Amdt 74 Retiré
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

L’objet de cet amendement de notre collègue Fabien Di Filippo est de garantir que les proches ne pourront pas contribuer à l’administration de la substance létale. Comme l’a dit Philippe Juvin, plusieurs études suisses montrent que certaines personnes qui ont pris part à un suicide assisté sont atteintes de stress post-traumatique. Il faut donc prévenir ces situations et éviter qu’un proche contribue à cet acte, car nous savons qu’il pourrait ensuite développer un sentiment de culpabilité.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 7 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Il est évidemment défavorable. Il n’existe que deux manières de procéder à l’aide à mourir : l’autoadministration ou l’administration par un professionnel de santé, médecin ou soignant. La situation que vous mentionnez n’existe pas ; par conséquent, l’amendement n’a pas de sens.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 74, ayant reçu un avis défavorable du gouvernement, est retiré.)

Amdt 74 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 352 et 617. La parole est à Mme Justine Gruet, pour soutenir l’amendement no 352.

Amdt 352 Rejeté
Photo de Mme Justine Gruet
Article 7 (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Il vise à rendre obligatoire la présence d’un témoin neutre. Une telle mesure constitue une garantie essentielle de transparence et de sécurité juridique. La présence d’un témoin extérieur à la sphère familiale et sans intérêt personnel à l’acte permettrait d’attester de l’absence de pression, du respect de la volonté du patient et du bon déroulement de la procédure. Si je devais établir un parallèle, je dirais que c’est comme si on décidait de laisser la porte ouverte. Ce geste est symbolique, mais permet de s’assurer qu’une cérémonie se déroule bien, de façon sereine. Bien sûr, lorsqu’on pratique un tel acte, il est impossible de laisser la porte ouverte, car c’est un moment d’intimité ! Grâce à la présence d’un témoin neutre, le patient et le médecin ne se retrouveraient pas seuls, l’un face à l’autre. Ainsi, dans l’éventualité où, au dernier moment, le patient refuserait que l’acte soit pratiqué, le médecin ne pourrait pas forcément l’inviter à prendre rendez-vous pour que la substance soit administrée à un autre moment – car c’est évidemment la réponse qui sera donnée lorsque le patient souhaitera suspendre la procédure. Au fond, avec cet amendement, nous proposons une forme de contrôle a priori.

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Article 7 (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Très bien !

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Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’amendement no 617 de Mme Hanane Mansouri est défendu. Quel est l’avis de la commission sur les deux amendements ?

Amdt 617 Rejeté
Photo de M. Olivier Falorni
Article 7 (suite)
M. Olivier Falorni rapporteur général Dem

Je note, madame Gruet, une certaine incohérence. Avec les amendements que vous avez défendus un peu plus tôt, vous souligniez les effets psychologiques de la procédure sur les témoins. Or, avec celui-ci, vous souhaitez qu’une personne supplémentaire soit présente lors de l’administration de la substance létale. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Stéphanie Rist,
Article 7 (suite)
Mme Stéphanie Rist, ministre

Vous demandez la présence de témoins neutres. Or, nous l’avons déjà dit, des soignants seront présents dans la pièce, puisqu’ils accompagneront le geste. Votre amendement est donc satisfait. Il faut faire confiance aux soignants !

Photo de M. Jean-François Rousset
Article 7 (suite)
M. Jean-François Rousset Jean-François Rousset EPR

Exact !

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Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix les amendements identiques nos 352 et 617.

Amdt 352 Rejeté Amdt 617 Rejeté
II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 81 Nombre de suffrages exprimés 79 Majorité absolue 40 Pour l’adoption 24 Contre 55

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 352 et 617 ne sont pas adoptés.)

Amdt 352 Rejeté Amdt 617 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de l’amendement no 903 de Mme Marie-France Lorho.

Amdt 903 Retiré
Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Il est retiré !

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 903 est retiré.)

Amdt 903 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Sur l’article 7, je suis saisie par les groupes Rassemblement national et Ensemble pour la République de demandes de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je suis saisie de l’amendement no 1676 de Mme Christine Loir.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 7 (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Il est également retiré.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1676 est retiré.)

Amdt 1676 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je suis saisie de l’amendement no 1441 de M. Jorys Bovet.

Amdt 1441 Retiré
Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 7 (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Retiré !

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1441 est retiré.)

Amdt 1441 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Je mets aux voix l’article 7.

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 83 Nombre de suffrages exprimés 80 Majorité absolue 41 Pour l’adoption 54 Contre 26

II
Article 7 (suite)
Intervenant non identifié

(L’article 7 est adopté.) (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC et EcoS.)

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Article 7 (suite)
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de Mme la présidente
Ordre du jour de la prochaine séance
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Prochaine séance, lundi 23 février, à dix heures : Suite de la discussion, en deuxième lecture, de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à minuit.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra