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Suite de la discussion du projet de loi, adopté par le Sénat, relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales
Jeudi 15 janvier 2026 15:00 – 19:55 4h55 Assemblée nationale Confirmé Créée le 05/12/2025 PO838901
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Suite de la discussion du projet de loi, adopté par le Sénat, relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales
Suite de la discussion Supprimé
2
Suite de la nouvelle lecture du projet de loi de finances pour 2026
Suite de la discussion Confirmé Projet de loi de finances pour 2026
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

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926 Interventions sur l'ensemble de la séance
247 Orateurs distincts repérés
65 Séquences détectées dans le débat
308 Amendements cités à l'oral

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Repères de séance

Ouverture de seance Nouvelle lecture (suite) Première partie (suite) Article 4 bis Article 4 ter Article 4 quater

Amendements les plus cités

Amdt 168 3 mentions Amdt 176 3 mentions Amdt 715 3 mentions Amdt 819 3 mentions Amdt 922 3 mentions Amdt 1549 3 mentions Amdt 1592 3 mentions Amdt 1605 3 mentions
Photo de M. le président
Ouverture de seance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Photo de M. le président
Nouvelle lecture (suite)
M. le président Sébastien Chenu RN

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi de finances pour 2026 (nos 2247, 2321).

Photo de M. le président
Première partie (suite)
M. le président Sébastien Chenu RN

Ce matin, l’Assemblée a poursuivi l’examen des articles de la première partie du projet de loi, s’arrêtant à l’article 4 bis.

Photo de M. le président
Article 4 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Aurélien Le Coq.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 4 bis
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Nous nous opposons à cet article, qui introduit une nouvelle exemption d’impôt, un nouveau cadeau fiscal, au bénéfice des plus grosses entreprises. Madame la ministre de l’action et des comptes publics, ce matin, en votre absence, l’Assemblée nationale, par une alliance du Rassemblement national, des amis de Marine Le Pen – qui ont sans doute suivi une consigne de Jordan Bardella, l’ami des plus grands patrons – et du groupe de la minorité présidentielle mené par MM. Attal et Midy, a maintenu la suppression de l’article 4, qui visait à faire contribuer les plus grandes entreprises de ce pays. Elle a, par là même, fait un cadeau d’un montant de 8 milliards d’euros – par rapport à l’année dernière – aux plus grandes entreprises et à leurs actionnaires, au moment où vous voulez mettre à contribution tous les plus précaires de ce pays. Est-ce que ce que nous faisons dans cet hémicycle est pris au sérieux ? Est-ce que les votes qui ont lieu dans cet hémicycle sont réellement pris en compte ? Y aura-t-il un vote sur la première partie de ce budget ?

UR
Article 4 bis
Un député du groupe RN

Tartuffe !

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 4 bis
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Le gouvernement s’engage-t-il à ne pas recourir à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, ou bien prévoit-il au contraire d’en faire usage ? Je pense que la plupart des députés se posent la question.

Photo de M. Emmanuel Mandon
Article 4 bis
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Vous détestez la Ve République !

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 4 bis
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Qu’aviez-vous de mieux à faire ce matin que d’être dans l’hémicycle, au moment où nous débattions du rétablissement d’un article qui aurait pu faire rentrer dans les caisses de l’État entre 4 et 8 milliards d’euros ? J’imagine que vous étiez enfermée dans une pièce avec quelques membres de la direction des socialistes pour continuer à négocier et à accomplir vos basses œuvres dans le dos des Français ? (M. Maxime Laisney applaudit.)

Photo de M. le président
Article 4 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre de l’action et des comptes publics.

MM
Article 4 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre de l’action et des comptes publics

Je vous remercie, monsieur Le Coq, de vous intéresser à mon agenda. Jusqu’à présent, je crois que les ministres ont fait preuve de leur engagement par leur présence et il me semble que le ministre Amiel était avec vous ce matin. Je vous rappelle qu’en première lecture, je n’étais pas présente non plus lors de l’examen de l’article 4 : c’est le ministre Lescure qui était alors au banc.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 4 bis
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Ça ne vous intéresse pas, alors ?

MM
Article 4 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Cela m’intéresse beaucoup, monsieur le député, et j’ai d’ailleurs pris connaissance des votes qui sont intervenus ce matin. Vous savez que je ne compte pas mes heures et que je mets toute mon énergie et tout mon engagement dans cette discussion. Souffrez que je me sois absentée pendant une heure, du fait d’une obligation. Il me semble que, jusqu’à présent, l’organisation des débats et la manière dont je gère mon agenda n’ont pas mis à mal la qualité du travail parlementaire.

Photo de M. Emmanuel Mandon
Article 4 bis
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Séparation des pouvoirs !

MM
Article 4 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Ne vous inquiétez pas : quand je ne suis pas là, je travaille quand même. Et me voici de nouveau avec vous.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 4 bis
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Et s’agissant des votes de ce matin, vous n’avez rien à dire ?

MM
Article 4 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

S’agissant de ces votes,…

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Article 4 bis
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Il n’y a pas à se justifier !

MM
Article 4 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

…j’estime que chaque vote compte et dit quelque chose de ce que pensent les uns et les autres. Il n’y a pas de théâtre démocratique ; il y a la démocratie.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 4 bis
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Il n’y aura pas de 49.3, alors !

MM
Article 4 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je serai avec vous ce soir, demain et tous les jours qu’il faudra.

Photo de M. Alexandre Dufosset
Article 4 bis
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

Bonne nouvelle !

MM
Article 4 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Vous savez, monsieur le député, que la conférence des présidents a prévu un vote solennel sur le projet de loi de finances. Nous suivons le processus normal d’examen des textes budgétaires, tel qu’il est prévu par la Constitution et organisé par la loi organique, dans un cadre démocratique.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 4 bis
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Très bien ! Au travail, monsieur Le Coq !

Photo de M. le président
Article 4 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 3481 et 2397. La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3481.

Amdt 3481 Retiré
MM
Article 4 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il concerne les locaux commerciaux. Je vais le retirer au profit de celui de M. Labaronne, qui va vous expliquer son objet.

II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3481 est retiré.)

Amdt 3481 Retiré
Photo de M. Paul Midy
Article 4 bis
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Le consensus est en marche !

Photo de M. le président
Article 4 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Daniel Labaronne, pour soutenir l’amendement no 2397.

Amdt 2397 Adopté
Photo de M. Daniel Labaronne
Article 4 bis
M. Daniel Labaronne Daniel Labaronne EPR

L’article 4 bis proroge la possibilité pour les entreprises de déduire de leur résultat imposable les amortissements constatés en comptabilité au titre des fonds commerciaux acquis entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2025. Afin de garantir la continuité du dispositif en l’absence d’adoption de la loi de finances pour 2026 au 31 décembre 2025, le présent amendement prévoit que cette prorogation s’applique à tout exercice clos à compter du 1er janvier 2026.

Photo de M. le président
Article 4 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Philippe Juvin, rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 4 bis
M. Philippe Juvin rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire DR

Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 4 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 2397.

Amdt 2397 Adopté
II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 4 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 71 Nombre de suffrages exprimés 66 Majorité absolue 34 Pour l’adoption 48 Contre 18

II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2397 est adopté.)

Amdt 2397 Adopté
II
Article 4 bis
Intervenant non identifié

(L’article 4 bis, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur les amendements nos 1533 et 1549, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 1533 de Mme Mathilde Feld, tendant à supprimer l’article 4 ter, est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 4 ter
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 4 ter
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je suis également défavorable à cet amendement de suppression, car l’article 4 ter a pour objet de faciliter l’investissement, donc la continuité de la vie économique, des entreprises en difficulté. Malheureusement, nous comptons un grand nombre d’entreprises dans cette situation et l’article 4 ter permettrait, dans certains cas difficiles, d’éviter les faillites. L’amendement no 3462 du gouvernement, qui sera examiné dans un instant, est technique et vise notamment à ce que cet article s’applique bien, même si nous sommes déjà le 15 janvier.

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 1533.

Amdt 1533 Rejeté
II
Article 4 ter
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 81 Nombre de suffrages exprimés 48 Majorité absolue 25 Pour l’adoption 18 Contre 30

II
Article 4 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1533 n’est pas adopté.)

Amdt 1533 Rejeté
Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement nos 1549 de M. Aurélien Le Coq est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 1549 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 4 ter
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Défavorable. Monsieur Le Coq, vous voulez abroger l’article 212 du code général des impôts, mais il n’a pas du tout les effets que vous dénoncez dans votre exposé sommaire. Je pense que vous faites erreur. Je serai cependant favorable à l’amendement no 3462 du gouvernement.

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 4 ter
Mme Amélie de Montchalin ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Article 4 ter
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Monsieur le rapporteur général, vous dites que l’amendement de notre collègue Le Coq ne correspond pas à l’objet de cet article. Pour ma part, je ne comprends pas très bien de quoi il est question puisque, sauf erreur de ma part, cette disposition ne nous a pas été soumise en première lecture. Or, quand je ne comprends pas, j’assume et je pose des questions. Sincèrement, je pense que, sur cet article, l’Assemblée n’est pas suffisamment éclairée. Je n’ai compris ni l’intervention du rapporteur général, ni celle de Mme la ministre : en quoi cet article concerne-t-il les entreprises en difficulté ? Et quels sont exactement les enjeux financiers d’une telle mesure ?

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Article 4 ter
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Lorsqu’une entreprise fait un prêt à une autre entreprise pour lui venir en aide, elle peut déduire de son résultat les intérêts qui lui sont versés en contrepartie de ce prêt – bien souvent, une entreprise en difficulté ne peut plus recourir au crédit bancaire. Actuellement, seuls les associés majoritaires peuvent bénéficier de cette déduction ; l’idée est de l’étendre aux associés minoritaires. C’est une mesure assez technique, mais de bon sens, qui vise à favoriser le recours à d’autres entreprises en cas de difficulté.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 4 ter
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Exactement !

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 4 ter
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il est toujours utile que les députés sachent sur quelles dispositions ils votent. Nous avons beaucoup d’entreprises en difficulté. Quand un associé majoritaire finance une entreprise, les intérêts qui lui sont versés peuvent être déduits de son bénéfice imposable. Nous considérons que, dans la situation actuelle, il est souhaitable d’étendre cette disposition aux associés minoritaires prêts à s’engager pour éviter une faillite d’entreprise. Actuellement, on ne peut déduire les intérêts apportés par les associés minoritaires qu’au niveau de l’Eonia – Euro OverNight Index Average –, un taux d’intérêt faible, alors que les associés majoritaires bénéficient du taux du marché. Il s’agit de les mettre sur un pied d’égalité, afin que les uns et les autres puissent injecter rapidement des fonds dans une société en difficulté. Au-delà de l’aspect technique, l’objectif politique est clair : nous voulons aider les entreprises à se financer dans une période difficile et éviter ainsi qu’elles fassent faillite. L’amendement suivant, je le répète, vise à permettre l’entrée en vigueur de ce dispositif, bien que nous ayons déjà dépassé la date du 31 décembre 2025.

Photo de M. Paul Midy
Article 4 ter
M. Paul Midy Paul Midy EPR

C’est un amendement de bon sens !

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 1549.

Amdt 1549 Rejeté
II
Article 4 ter
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 93 Nombre de suffrages exprimés 92 Majorité absolue 47 Pour l’adoption 22 Contre 70

II
Article 4 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1549 n’est pas adopté.)

Amdt 1549 Rejeté
Photo de M. le président
Article 4 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 3462 de gouvernement a été défendu.

Amdt 3462 Adopté
II
Article 4 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3462, accepté par la commission, est adopté.)

Amdt 3462 Adopté
II
Article 4 ter
Intervenant non identifié

(L’article 4 ter, amendé, est adopté.)

II
Article 4 quater
Intervenant non identifié

(L’article 4 quater est adopté.)

Photo de M. le président
Article 4 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1756 de M. le rapporteur général est rédactionnel.

Amdt 1756 Adopté
II
Article 4 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1756, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 1756 Adopté
Photo de M. le président
Article 4 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-Paul Mattei, pour soutenir l’amendement no 3147.

Amdt 3147 Adopté
Photo de M. Jean-Paul Mattei
Article 4 quinquies
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

L’article 4 quinquies prévoit, lorsqu’une entreprise individuelle opte pour l’impôt sur les sociétés (IS) et change de personnalité fiscale, qu’elle bénéficie d’un report d’imposition. Celui-ci présente l’inconvénient de fixer le montant de la plus-value sur laquelle l’imposition devra être payée quand il y aura cession. Prenons l’exemple d’une entreprise dont la valeur des immobilisations est de 100 000 euros : même si elle est cédée plus tard pour seulement 50 000 euros, le montant de la plus-value calculé au départ restera le même. L’amendement vise donc à remplacer ce report d’imposition par un sursis d’imposition de façon à calculer la plus-value réalisée à partir du prix de vente et non du montant de l’apport initial. Il s’agit là d’une mesure technique, mais qui simplifierait le passage des entreprises individuelles à l’IS, voire ensuite au statut de société, dans le prolongement de la loi du 14 février 2022 en faveur de l’activité professionnelle indépendante : destinée à protéger le patrimoine de l’entrepreneur individuel, celle-ci a donné lieu à une doctrine fiscale avantageuse qui mériterait d’être confirmée par la loi.

Photo de M. Emmanuel Mandon
Article 4 quinquies
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Merci pour la précision !

Photo de M. le président
Article 4 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 4 quinquies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Vous proposez un sursis d’imposition des plus-values réalisées lors de l’option pour l’IS d’un entrepreneur individuel. Le report d’imposition figurant déjà dans le texte proposé pour l’article 151 octies du code général des impôts (CGI), j’ai pour tout vous dire un peu de mal à comprendre les conséquences financières, en particulier sur l’équilibre général, de votre amendement. Sagesse, en demandant au gouvernement quelles seraient ces éventuelles conséquences et s’il a des chiffres à nous donner.

Photo de M. le président
Article 4 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 4 quinquies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Le sujet pouvant paraître compliqué, je m’efforcerai d’être claire : le but de l’article 4 quinquies consiste, afin d’encourager la croissance de nos entreprises, à faciliter la transition des entreprises individuelles vers l’imposition à l’IS. Beaucoup d’acteurs n’opèrent pas ce changement de régime, estimant que, dans les conditions actuelles, il présente un important risque fiscal, puisque l’on solde toutes les plus-values alors même que l’actif n’est pas vendu et qu’elles restent donc latentes. Nous souhaitons que cette plus-value latente résultant du passage d’un régime à l’autre ne soit imposée qu’au moment où l’actif est cédé. Cette possibilité favorable, voire très favorable, devrait amener nombre d’entreprises individuelles à adopter le statut d’entreprises soumises à l’IS, ce qui serait, je le répète, une bonne nouvelle pour la croissance de nos entreprises. Le député Mattei propose, si une moins-value est constatée ensuite, l’annulation de la plus-value, ou du moins qu’on ne la comptabilise plus. Ce serait compliqué, car nous avons un régime des plus-values par régime d’imposition : impôt sur le revenu (IR) ou IS. Le moment de la bascule fige les choses ; la liquidation de l’impôt ne survient que lors de la cession effective. L’amendement instaurerait un dispositif plus favorable encore que le nôtre, au-delà de l’article, qui prévoit déjà un bon équilibre. Je ne souhaite pas que nous allions plus loin ; cela créerait une petite rupture en matière de pratique fiscale. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 4 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Article 4 quinquies
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

L’article 151 octies du CGI, autrement dit l’apport en société de l’entreprise individuelle, constitue un sujet que j’ai abordé depuis un petit moment. J’insiste : lorsqu’un entrepreneur individuel opte pour l’IS, son patrimoine professionnel revêt une personnalité fiscale. C’est là une opération intercalaire – un transfert et non un enrichissement. Or, le jour où il cessera son activité pour cause de vente ou même de liquidation, il sera obligé de payer pour la plus-value théorique de cette activité à l’époque du changement de régime ! Je ne vous propose pas de gommer cette plus-value, mais de la caler sur la valeur effective de l’entreprise le jour où elle est cédée. Il n’y a pas là de malice ou d’optimisation fiscale ; simplement, nous collerions au prix du marché. J’ai eu connaissance de beaucoup d’opérations au titre de l’article 151 octies à la suite desquelles l’entrepreneur s’est retrouvé confronté à cette anomalie fiscale ; je sais que j’ai bien du mal, depuis pas mal d’années, à le faire comprendre aux services de Bercy, mais nous prendrions en adoptant mon amendement une mesure de bon sens.

Photo de M. le président
Article 4 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Marie-Christine Dalloz.

Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 4 quinquies
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

Je comprends les craintes de Mme la ministre. Si j’ai bien saisi son propos, l’article vise à inciter les entreprises individuelles à passer au régime de l’IS. Vous dites qu’il serait difficile d’évaluer le coût de l’amendement : imaginons que cette situation d’une plus-value latente, sans rentrée fiscale pour l’État, s’éternise dix ou vingt ans. Ce que déclarait M. Mattei est fort intéressant, car si la plus-value n’existe plus au moment où le chef d’entreprise cesse son activité, il sera forcément pénalisé, puisque contraint de solder malgré tout son imposition. Peut-être faudrait-il réajuster l’état des plus-values latentes, que les services fiscaux effectuent des calculs en ce sens – ils sont à même de le faire –, que l’entrepreneur puisse demander à les purger préalablement au terme. L’article prévoit-il des mesures ayant trait à ce risque de pénalité latente qui perdure pendant des années ?

Photo de M. le président
Article 4 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 4 quinquies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je serai ravie d’explorer le sujet avec les députés qui le souhaitent ; pour cet après-midi, ce serait un peu technique. Pouvons-nous, voulons-nous permettre à des entreprises de purger leur plus-value par anticipation, afin de ne plus vivre avec ce couperet fiscal potentiel ? Ce n’est pas le sujet de l’article ; je ne crois d’ailleurs pas que notre droit fiscal l’autorise à qui que ce soit.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Article 4 quinquies
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Et l’article 41 du CGI ?

MM
Article 4 quinquies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je ne connais pas l’article 41 par cœur : nous pourrions revoir son application. En l’occurrence, la question reste celle du changement de régime fiscal, que l’article, je le répète, vise à faciliter, dans des proportions et avec des outils jamais envisagés jusque-là. Les ministre et anciens ministres chargés des PME – je vois passer Mme Louwagie – considèrent cette mesure d’un bon œil, puisqu’elle permettra aux entreprises individuelles de s’inscrire dans un cadre de croissance. Encore une fois, j’en reste donc au dispositif initialement proposé ; M. Mattei souhaite aller très au-delà de cette ambition initiale, ce qui deviendrait un peu trop favorable aux entreprises et poserait des questions de droit assez complexes – on purgerait au titre du régime de l’impôt sur les sociétés des éléments hérités de celui de l’impôt sur le revenu.

II
Article 4 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3147 est adopté.)

Amdt 3147 Adopté
Photo de M. le président
Article 4 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 1757 et 1758 de M. le rapporteur général sont des amendements de coordination. Les amendements nos 1759, 1760 et 1761 de M. le rapporteur général sont rédactionnels.

Amdt 1757 Adopté Amdt 1758 Adopté
II
Article 4 quinquies
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1757, 1758, 1759, 1760 et 1761, acceptés par le gouvernement, sont successivement adoptés.)

Amdt 1757 Adopté Amdt 1758 Adopté Amdt 1759 Adopté Amdt 1760 Adopté Amdt 1761 Adopté
Photo de M. le président
Article 4 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 3409 de M. Jean-Paul Mattei est défendu.

Amdt 3409 Adopté
II
Article 4 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3409, accepté par la commission et le gouvernement, est adopté.)

Amdt 3409 Adopté
II
Article 4 quinquies
Intervenant non identifié

(L’article 4 quinquies, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de six amendements, nos 921, 686, 929, 1364, 1437 et 1551, pouvant être soumis à une discussion commune. À part le no 921, ces amendements sont identiques. La parole est à M. Mickaël Bouloux, pour soutenir l’amendement no 921.

Amdt 921 Adopté
Photo de M. Mickaël Bouloux
Article 5
M. Mickaël Bouloux Mickaël Bouloux SOC

Le groupe socialiste s’oppose fermement à la volonté gouvernementale de s’attaquer aux revenus des Français les plus fragiles – nos concitoyens atteints d’une affection de longue durée (ALD). Le texte revenu du Sénat prévoit une demi-mesure, autrement dit une mesure qui n’en est pas une : fiscaliser 50 % des indemnités journalières liées à ces pathologies lourdes. C’est absolument inadmissible. Pourquoi cet acharnement budgétaire ? Est-il besoin de rappeler que le quotidien d’un patient touché par une ALD se résume souvent à un combat non seulement contre la pathologie, mais pour joindre les deux bouts ? La maladie n’est pas un choix, les indemnités perçues ne sont pas des privilèges ; elles constituent un filet de sécurité vital destiné à compenser une perte de revenu. Madame la ministre, votre gouvernement cherche certes des économies partout, mais il y a une question de décence politique. D’un côté vous demandez des efforts à ceux qui souffrent de cancers, de diabète ou de sclérose en plaques, de l’autre, depuis le début de cette nouvelle lecture, vous balayez d’un revers de main chaque proposition sérieuse de justice fiscale : rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), taxe Zucman sur les ultrariches,…

Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 5
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

On y revient !

Photo de M. Mickaël Bouloux
Article 5
M. Mickaël Bouloux Mickaël Bouloux SOC

…sans parler de nos amendements concernant les superdividendes. Le message envoyé aux Françaises et aux Français est dévastateur. La solidarité nationale, qui s’arrête aux portes des coffres-forts, n’hésite pas à piocher dans les poches des malades ! Demander à un patient atteint d’une ALD de contribuer au redressement des comptes publics alors que vous sanctuarisez le patrimoine des plus fortunés, ce n’est pas seulement une erreur budgétaire, c’est une faute morale. Nous vous demandons de maintenir l’exonération totale de ces indemnités : on ne guérit pas le déficit de l’État en taxant la maladie.

Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 5
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

Ah, les grandes phrases…

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Nous en venons aux amendements no 686 et identiques, sur lesquels je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Kévin Mauvieux, pour soutenir l’amendement no 686.

Amdt 686 Tombé
Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 5
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

Nous en avons parlé lors de la première lecture du texte : dans cet hémicycle, on est bien convaincu que la fiscalisation des ALD serait tout simplement abjecte, car elle reviendrait à s’en prendre à des malades qui souffrent au quotidien. Ce qui nous surprend, en revanche, est que cette même mesure n’ait pas choqué au Sénat, peut-être parce que les sénateurs, faisant partie des derniers qui se maintiennent des conditions de retraite sympathiques, estiment nécessaire pour cela d’aller taper sur les patients. En outre, je suis choqué de constater qu’alors que nous avions supprimé cette fiscalisation de manière quasi unanime, ces mêmes sénateurs, qui en tant que socialistes ou LR partagent la plupart de vos convictions, ne sont pas à ce sujet de votre avis, qui est aussi le nôtre. Nous, au Rassemblement national, sommes cohérents : nous ne voulons pas taper au portefeuille des personnes en souffrance, et nos sénateurs comme nos députés ont en la matière une ligne très claire – supprimer la fiscalisation des ALD. Il serait bon que chacun des partis politiques représentés dans les deux chambres ait également une colonne vertébrale et applique au Sénat la même politique qu’à l’Assemblée. Ce n’est pas parce que les fauteuils des sénateurs sont un peu plus planqués qu’il faut en profiter pour faire là-bas ce qu’ici vous n’osez pas faire ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jorys Bovet, pour soutenir l’amendement no 929.

Amdt 929 Tombé
Photo de M. Jorys Bovet
Article 5
M. Jorys Bovet Jorys Bovet RN

L’alinéa 4 n’est pas acceptable. Les patients concernés font déjà face à des dépenses incompressibles au quotidien – déplacements réguliers pour des soins, perte de revenus, nécessité, parfois, d’aménager leur logement ou leur véhicule. Et vous voulez leur faire supporter une charge fiscale supplémentaire ? Ce serait la double peine : d’un côté, la maladie ; de l’autre, l’impôt. Nous n’en voulons pas. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1364 de M. Tristan Lahais est défendu. La parole est à M. Édouard Bénard, pour soutenir l’amendement no 1437.

Amdt 1364 Tombé
Photo de M. Édouard Bénard
Article 5
M. Édouard Bénard Édouard Bénard GDR

Fiscaliser 50 % des indemnités journalières de nos concitoyens souffrant déjà d’une affection longue durée n’est pas seulement indécent, comme je l’ai entendu ; c’est totalement indigne. Additionné au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) déjà adopté en décembre, c’est la double peine pour les plus fragiles, alors que sont toujours préservés les mêmes intérêts. Si c’est à ça que mène le compromis et le « en même temps », alors non merci !

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 1551.

Amdt 1551 Tombé
Photo de Mme Mathilde Feld
Article 5
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

L’article 5 vise à supprimer quelques niches fiscales obsolètes. Il aurait donc pu nous convenir s’il ne contenait pas des mesures absolument ignobles, comme la mesure sur les ALD dont nous parlons ou l’exonération d’impôt pour les frais de scolarité des enfants. Cet amendement vise à supprimer la fiscalisation des indemnités journalières versées aux personnes souffrant d’une affection de longue durée – une disposition pouvant concerner, je le rappelle, 14 millions de Français. Cette mesure arrive après d’autres, aussi scandaleuses : ce gouvernement a notamment déjà coupé un peu plus de 7 milliards d’euros dans les dépenses d’assurance maladie. À ceux qui s’indignent de cette mesure, je voudrais dire ceci : en refusant de taxer les riches dans un pays où les milliardaires prospèrent, il est inévitable qu’on vienne chercher les moyens pour réduire le déficit dans la poche des plus pauvres. Ce genre de mesures fait pleurer dans les chaumières et tout le monde s’y oppose, mais ce que vous faites depuis ce matin conduit précisément à faire les poches des plus précaires. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 5
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission a donné un avis favorable aux amendements, sauf au no 921, qu’elle n’a pas examiné. À titre personnel, toutefois, je donnerai un avis favorable à ce dernier, qui a le même objet, mais est plus complet, puisqu’il tend aussi à supprimer l’alinéa 8. (M. Mickaël Bouloux applaudit.) Par ailleurs, je ne résiste pas, non au plaisir, car ce n’en est pas un, mais à la tentation de lire des extraits de l’exposé sommaire de l’un de ces amendements : « Cette mesure est d’autant plus scandaleuse que Lecornu a annoncé couper 7,1 milliards d’euros dans les dépenses de l’assurance maladie » – au passage, on ne dit pas « Lecornu », mais « M. Lecornu » ou « M. le premier ministre ». « Jusqu’où ira le gouvernement pour satisfaire l’appétit insatiable des riches, des rentiers et des capitalistes ? »

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 5
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Il est bien, cet exposé sommaire !

Photo de M. Philippe Juvin
Article 5
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Nous devons être sérieux quand nous rédigeons ces textes. Attention à la manière d’écrire ! La loi doit être mesurée. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

À vrai dire, je suis favorable à la suppression de nombreuses dispositions de l’article 5 pour la simple et bonne raison qu’elles ne peuvent plus s’appliquer aux revenus de 2025, puisque nous avons passé la date du 31 décembre. S’agissant des indemnités journalières, trois régimes de fiscalité différents sont en vigueur. Celles qui sont versées en cas d’arrêt maladie classique sont, comme tous les revenus de remplacement, fiscalisées à 100 % ; les indemnités afférentes à un accident du travail ou une maladie professionnelle le sont à 50 % ; celles allouées aux personnes souffrant d’une ALD ne le sont pas du tout. Par symétrie, le Sénat a proposé d’aligner le régime des indemnités journalières liées aux affections longue durée sur celui des indemnités versées pour accident du travail. Le gouvernement, quant à lui, estime qu’une certaine harmonisation serait envisageable, selon un principe que tout le monde peut comprendre : un revenu de remplacement est fiscalisé comme le revenu qu’il remplace. M. de Courson rappelait qu’au début des années 1990, cette question avait fait l’objet de débats homériques. Afin d’éviter de nous lancer dans l’Iliade ou dans l’Odyssée, je vous invite, si vous le souhaitez, à supprimer cette disposition. Je suis donc favorable à ces amendements. Par ailleurs, je souscris pleinement aux remarques langagières du rapporteur général.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 5
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Très bien.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Kévin Mauvieux.

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 5
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

Je réponds d’abord à notre collègue de La France insoumise. Votre problème, c’est que la taxe est votre unique horizon ; il vous faut toujours taxer plus. Ce n’est pas notre matrice. Vous avez dit que nous étions, en quelque sorte, insincères vis-à-vis des Français,…

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 5
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Tout à fait !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 5
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

…qu’on essayait de faire pleurer dans les chaumières à propos de cet article, mais qu’en refusant de taxer les riches, on s’obligeait à taxer les malades en ALD.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 5
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Absolument ! Vous avez bien compris.

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 5
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

Là où votre raisonnement se limite à la taxe, le nôtre se fonde sur les économies. Nous ne voulons taxer ni les riches ni les pauvres. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe SOC.) Nous voulons faire des économies et dégraisser l’État, qui consomme beaucoup trop d’argent public, notamment quand on constate que l’État ne tourne pas correctement et qu’il dépense à mauvais escient. Ensuite, je ne comprends toujours pas comment un même parti politique – et cela vaut pour quasiment tous les groupes –, doté d’un même programme, peut regrouper des sénateurs planqués, coupés du peuple et qui lui plantent des couteaux dans le dos, et des députés qui, devant rendre des comptes, font l’inverse de ce que font leurs collègues du Sénat ? Vous partagez normalement le même corpus politique !

Photo de M. Emmanuel Mandon
Article 5
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Ce n’est pas la pensée unique, chez nous !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 5
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

Alors, entre docteur Jekyll et mister Hyde, à qui les Français ont-ils affaire lorsqu’ils doivent voter ? Merci de les éclairer. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Nicolas Ray.

Photo de M. Nicolas Ray
Article 5
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

Faute d’un vote sur le budget au 31 décembre, et en application du principe de non-rétroactivité, les dispositions concernées par ces amendements et par les suivants n’auront de toute façon pas d’effet pour l’année 2026. Notre groupe considère donc qu’il serait sage de les supprimer. Il est inutile d’ajouter de nouveaux irritants qui nous éloigneraient de l’objectif, partagé par une majorité de députés responsables, de s’accorder sur un budget juste et raisonnable pour notre pays. Concentrons-nous déjà sur l’année 2026 et renvoyons ces sujets au PLF pour 2027, si tant est qu’il soit déposé dans les temps. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs des groupes EPR et RN.)

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 5
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Il a raison !

II
Article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 921 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 686 et identiques tombent, de même que les nos 3007, 1442 et 3009.)

Amdt 921 Adopté
Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 406 de M. Vincent Rolland est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 406 Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 5
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Cet amendement vise à conserver l’exonération dont bénéficient les sportifs pour leurs dépenses de reconversion. Parmi les 0,1 % des plus riches, on compte un tiers de sportifs de haut niveau ; je ne suis pas sûr que ces derniers aient besoin d’une exonération pour leurs dépenses de reconversion. Peut-être est-ce le cas pour les autres, nonobstant le fait que ces dépenses sont déjà déductibles de l’impôt sur le revenu s’ils optent pour le régime en frais réels. Je m’en remets donc à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

Cette disposition, si vous décidez de la maintenir, ne pourra pas s’appliquer en 2026 mais seulement en 2027. Je préfère être claire. Par ailleurs, je dois vous dire que nous trouvons cette mesure un peu étonnante. Pourquoi viser la reconversion des sportifs davantage que celle des autres professions ? Cela soulève une question d’équité. Dans la revue des niches fiscales que le gouvernement a engagée au long de l’année 2025, nous nous sommes donné pour mission de veiller à la cohérence du panorama général des impôts et des dispositifs fiscaux. Malgré tout l’amour que nous portons aux sportifs et malgré tout notre soutien à leur reconversion, cette disposition nous a semblé en décalage par rapport aux possibilités offertes à d’autres professions. Rappelons que de nombreux mécanismes de soutien existent déjà ; je pense aux comptes personnels de formation ou encore au dispositif d’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Acre), dont nous avons longuement parlé en examinant le PLFSS. La ligne de conduite du gouvernement est de vous inviter à supprimer les dispositions du projet de loi qui seront de toute façon sans effet en 2026. C’est pourquoi je suis défavorable à cet amendement.

II
Article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 406 est adopté.)

Amdt 406 Adopté
Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements no 685 et identiques, par les groupes Rassemblement national, Socialistes et apparentés et Droite républicaine ; sur l’amendement no 1569, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur l’article 5, par le groupe Rassemblement national. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je suis saisi de plusieurs amendements, nos 685, 922, 3010, 3375 et 1569, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 685, 922, 3010 et 3375 sont identiques. La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy, pour soutenir l’amendement no 685.

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Article 5
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Le groupe Rassemblement national considère qu’il y a des dizaines de milliards d’euros d’économies à faire avant de s’attaquer à l’avantage que représente la réduction d’IR au titre des dépenses de scolarité des enfants à charge. C’est un choix politique très simple ; il n’y a pas à discuter davantage. Vous avez refusé les économies proposées par le collègue Matthias Renault et par tant d’autres dans la seconde partie du PLF, et ce pour des raisons fallacieuses – essentiellement par clientélisme électoral et sous l’influence d’un lobbying assez efficace, il faut dire, y compris dans certains médias. Prenez le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), par exemple : gavé de ses 800 millions d’euros annuels d’argent public, il parvient à influencer des parlementaires de tous horizons et des journalistes de toute obédience pour faire croire qu’il n’a jamais assez de moyens et que toute personne qui ose remettre en cause la façon dont il dépense l’argent des Français est forcément scandaleuse, anticulture, ou je ne sais quelle imbécillité. Bref, il y a beaucoup de ménage à faire avant de s’attaquer à la réduction d’impôt pour frais de scolarité. Notre position est simple : nous défendons cet avantage. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Gérard Leseul, pour soutenir l’amendement no 922.

Amdt 922 Adopté
Photo de M. Gérard Leseul
Article 5
M. Gérard Leseul Gérard Leseul SOC

Nous sommes opposés à la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité des enfants à charge dans l’enseignement secondaire et supérieur. Nous souhaitons donc supprimer l’alinéa 11 et l’alinéa 13 et, par cohérence, modifier l’alinéa 15 de l’article. On le sait, les frais de scolarité et le prix des fournitures scolaires augmentent. Il ne nous semble pas judicieux, loin de là, d’alourdir les charges financières qui pèsent sur les familles, notamment les plus modestes.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 3010 de M. le rapporteur général est défendu. La parole est à Mme Marie-Christine Dalloz, pour soutenir l’amendement no 3375.

Amdt 3010 Adopté
Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 5
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

La réduction d’impôt pour frais de scolarité s’est toujours apparentée à une mesure à destination des familles – cela fait partie de la politique familiale, qui est importante. Nous ne pouvons donc pas à la fois déplorer la baisse de la natalité, qui est consécutive à la réduction des aides aux familles sous la présidence de François Hollande, et supprimer cette disposition. C’est totalement incohérent. Au contraire, il faut accompagner les familles. Je sais, madame la ministre, que cette réduction d’impôt représente un certain coût, mais de toute façon, compte tenu de l’adoption tardive du budget, sa suppression ne pourrait pas s’appliquer au titre de l’année 2026. Elle ferait en outre un grand mal aux familles, quelles qu’elles soient, toutes catégories sociales confondues. Il est important de leur adresser un signe en maintenant cette réduction d’impôt qui leur est destinée.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1569 de Mme Claire Lejeune est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Amdt 1569 Tombé
Photo de M. Philippe Juvin
Article 5
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

J’y suis favorable pour les mêmes raisons que celles évoquées précédemment : de toute façon, cette réforme ne pourrait pas s’appliquer en 2026. Je rappelle juste qu’un certain nombre de rapports, à Bercy, à la Cour des comptes, dans votre assemblée, ont montré que cette réduction d’impôt, qui certes représente un soutien aux familles à hauteur de 450 millions d’euros, laisse largement à désirer du point de vue de sa distribution, de son équité et de son fonctionnement. Avec cette somme, il serait possible de faire des choses plus intéressantes pour les familles de ce pays.

Photo de Mme Sophie-Laurence Roy
Article 5
Mme Sophie-Laurence Roy Sophie-Laurence Roy RN

Et vous ne le ferez pas !

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je continue de penser qu’une réforme des allocations familiales et du quotient familial, financée en partie par la suppression de ce genre de dispositifs, serait plus lisible et aiderait mieux les familles dans leur vie quotidienne. Cela ne sera pas fait en 2026, mais si certains veulent y travailler, il y a matière à le faire, et il y a des moyens.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Hervé de Lépinau.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 5
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Nous avons bien noté votre conclusion, madame la ministre : une politique familiale doit être conduite. Or la politique familiale a été la grande absente de la politique d’Emmanuel Macron durant ses deux mandats, après que François Hollande a tout cassé en mettant fin, en les plafonnant, à l’universalité des allocations familiales. Je reviens au débat que nous avons déjà eu sur la Caisse nationale des allocations familiales. Sauf erreur de ma part, parmi les charges sociales qui grèvent les salaires, une part significative des cotisations lui est toujours destinée. Or cet argent ne va pas aux familles, il va ailleurs. Il y a donc abus de confiance au préjudice des salariés et des employeurs. Je me permets d’attirer votre attention et celle de vos services : pour enrayer enfin la dénatalité qui afflige la France, il faudrait, au préalable, flécher de nouveau les cotisations vers leurs véritables destinataires, les familles. Arrêtons de raboter tout ce qui devrait leur revenir et réinstaurons une politique familiale. Au Rassemblement national, nous avons bien évidemment un programme ambitieux sur ce sujet pour 2027. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Paul Midy.

Photo de M. Paul Midy
Article 5
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Le mécanisme de réduction d’impôt pour frais de scolarité ne nous paraît pas optimal car il aide d’autant plus les foyers qui en ont le moins besoin. L’importante somme qui lui est consacrée – 450 millions d’euros –, serait mieux utilisée pour optimiser le système des bourses afin de soutenir plus efficacement les familles et les étudiants qui en bénéficient. Étant donné qu’il n’est pas possible de mener une telle réforme, pour laquelle nous poussons, dans le cadre de ce texte, le groupe Ensemble pour la République votera pour ces amendements identiques. Quand parmi ses auteurs figurent à la fois Philippe Brun, du Parti socialiste, et Laurent Wauquiez, de DR, c’est déjà un début de compromis ! Nous allons l’accompagner. (Sourires.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 685, 922, 3010 et 3375.

Amdt 685 Adopté Amdt 922 Adopté Amdt 3010 Adopté Amdt 3375 Adopté
II
Article 5
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 125 Nombre de suffrages exprimés 122 Majorité absolue 62 Pour l’adoption 121 Contre 1

II
Article 5
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 685, 922, 3010 et 3375 sont adoptés ; en conséquence, l’amendement n° 1569 tombe.)

Amdt 685 Adopté Amdt 922 Adopté Amdt 3010 Adopté Amdt 3375 Adopté
Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Michel Castellani, pour soutenir l’amendement no 1052.

Amdt 1052 Rejeté
Photo de M. Michel Castellani
Article 5
M. Michel Castellani Michel Castellani LIOT

Au cours cette discussion budgétaire, nous avons évoqué de nombreux aspects de la vie économique et sociale de la France. Par cet amendement, nous voulons défendre l’économie sociale et solidaire (ESS). Cette dernière, en particulier le mouvement coopératif, est un modèle précieux sur le plan économique, parce qu’il permet par définition de sauvegarder des entreprises – à tout prendre, il vaut mieux des travailleurs que des chômeurs –, mais aussi sur le plan social. Ayant visité Duralex et d’autres coopératives, je peux témoigner de l’engagement des salariés, qui se sentent partie prenante de l’entreprise parce qu’ils sont autre chose que des rouages. Je vous demande donc de renoncer à la suppression du crédit d’impôt en faveur du rachat du capital d’une société par ses salariés, qui serait contre-productive, y compris sur le plan budgétaire. C’est le moment de la reprise qui est délicat et où l’on manque de capitaux. Après, cela va mieux. Le taux de viabilité des entreprises de l’économie sociale et solidaire est supérieur à la moyenne.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 5
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission a adopté cet amendement, mais je confirme mon avis défavorable. Ce crédit d’impôt est éteint depuis trente-neuf ans ; l’article 5 ne fait ici que nettoyer le code général des impôts d’une disposition dont le fait générateur n’existe plus depuis 1987. Je vous suggère de retirer votre amendement, monsieur Castellani.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

Monsieur le député, même si l’objet de la niche fiscale est intéressant, malheureusement, son contenu a vieilli : la disposition que vous voulez maintenir ne peut pas s’appliquer à des opérations postérieures au 15 avril 1987. Dans le cadre de la révision des niches fiscales, mon équipe et moi-même avions proposé de donner un coup de balai dans des dispositions qui figurent toujours dans le code général des impôts mais qui n’ont plus d’objet. Je vous propose, monsieur Castellani, de retirer votre amendement. L’adopter reviendrait à conserver un outil mort-vivant : il figure dans le code général des impôts mais il n’a plus d’objet depuis trente-neuf ans. C’est un peu Un Jour sans fin ! Si vous voulez rétablir le dispositif, il faut le recréer de A à Z. Or ce n’est pas ce que fait votre amendement.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Michel Castellani.

Photo de M. Michel Castellani
Article 5
M. Michel Castellani Michel Castellani LIOT

Il est mystérieux de constater un tel vide sidéral pendant quarante ans sur une question aussi importante.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 5
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

La vie est mystérieuse !

Photo de M. Michel Castellani
Article 5
M. Michel Castellani Michel Castellani LIOT

Vous nous suggérez de reprendre les choses. Je vous mets à l’aise : oui, nous le ferons. En tant que rapporteur spécial de la mission Économie, dont dépend l’économie sociale et solidaire, je me ferai un devoir de reprendre cette affaire depuis le début et de combler ce vide de quarante ans.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Matthias Renault.

Photo de M. Matthias Renault
Article 5
M. Matthias Renault Matthias Renault RN

Je ne sais pas si ce sera Un Jour sans fin ou Retour vers le futur. Quoi qu’il en soit, nous voterons contre cet amendement. Je profite de l’arrivée de M. le ministre chargé des relations avec le Parlement pour vous demander, madame la ministre, un état du solde budgétaire tenant compte des amendements votés jusqu’à présent – en particulier les deux amendements importants relatifs aux indemnités journalières versées aux malades en ALD et aux frais de scolarité – avant d’aborder un autre article important, l’article 6, relatif à l’abattement de 10 % en faveur des retraités. En ce qui nous concerne, nous sommes à l’aise car nous avons fait preuve de responsabilité budgétaire en proposant des économies sur le financement des régions et des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Nous avons en effet voté 5 milliards d’euros d’économies sur la dotation globale de fonctionnement (DGF), dans le cadre de la réforme que vous avez défendue dans ce PLF, et que nous soutenons, qui vise à réintégrer dans la DGF le montant de la fraction régionale de TVA. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Paul Midy.

Photo de M. Paul Midy
Article 5
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Nous pensons comme M. Castellani que la reprise des entreprises par les salariés est une bonne pratique, quand cela a du sens et que les salariés le veulent. Cela leur permet d’ailleurs d’être actionnaires de leur entreprise. Contrairement à certaines forces politiques représentées dans cette assemblée, qui voudraient supprimer tous les actionnaires ou s’en passer (Exclamations sur quelques bancs des groupes RN et LFI-NFP), nous voulons en effet que les Françaises et les Français aient l’occasion d’être actionnaires et de tirer les fruits de leur outil productif, soit en reprenant leur entreprise, soit en bénéficiant d’un système de retraite par capitalisation. Même si c’est un sujet intéressant, sur lequel nous aurons plaisir à travailler ensemble, nous voterons contre l’amendement pour les raisons évoquées par le rapporteur et la ministre – ce dispositif n’a plus cours depuis quarante ans.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

Sans vouloir faire offense au député Renault, à cet instant, la situation budgétaire ne s’améliore pas. Si le texte initial du gouvernement était entré en vigueur le 30 décembre, le déficit se serait élevé à 4,9 %. S’il l’avait été au 1er janvier, le déficit aurait été d’environ 5 %, puisque nous aurions perdu les 2,2 milliards de recettes que prévoyaient encore les articles 5 et 6 après l’examen du texte par le Sénat. Formidable, dites-vous, hier, nous avons baissé la DGF ! Je vous rappelle qu’à l’instant où vous avez voté cette baisse, vous avez aussi embarqué la débudgétisation de la DGF régionale et son remplacement par une fraction de TVA. Il n’y a donc plus de DGF pour les régions. Il n’y en avait déjà plus…

Photo de M. Matthias Renault
Article 5
M. Matthias Renault Matthias Renault RN

Ça, c’est le Sénat !

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

Non, monsieur le député ! En 2025, il n’y avait pas de DGF pour les régions. En 2026, il n’y en aura toujours pas parce que le Sénat n’a pas voulu la recréer. Vous pouvez dire que votre baisse de 5 milliards concerne les régions et les EPCI qui, si j’ai bien compris la petite musique du Rassemblement national, sont deux types de collectivités qu’il faut supprimer,…

Photo de M. Christophe Bentz
Article 5
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Oui ! Tout à fait !

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

J’ai bien compris et le RN a donc bien réfléchi : terminé, les EPCI et les régions, et le pays s’en portera mieux. Mais l’adoption de votre amendement entraîne une réduction de 20 % de la DGF pour les communes.

ML
Article 5
M. Hervé de Lépinau

Pour les EPCI !

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

Non ! Il n’y a pas une DGF pour les EPCI, il y a une DGF du bloc communal. C’est le même article qui fixe dans le même mouvement les montants de la DGF pour les communes et pour les EPCI.

Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 5
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

Voilà !

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

Donc, quand vous réduisez de 5 milliards le montant de la DGF, je vous confirme qu’il y aura moins de dotation à Toulon, à Hénin-Beaumont, à Perpignan – partout. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Christophe Bentz
Article 5
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

C’est faux ! Vous le savez très bien !

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

J’imagine que vos amis qui sont candidats aux municipales seront ravis de faire campagne avec une telle perspective – c’est sans doute ce qu’ils souhaitent ! Je sens bien que vous êtes fiers d’avoir voté cette réduction de la DGF.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 5
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Ah oui !

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 5
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Nous faisons ce que vous ne faites pas !

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

De mon côté, je reçois pas mal de textos d’élus de toute la France qui veulent savoir si elle va être confirmée. Une baisse de 5 milliards de DGF, cela ne s’est jamais produit – personne n’a jamais eu l’idée de la faire passer d’un seul coup de 27 milliards à 22 milliards, par un simple amendement.

Photo de M. Emmanuel Mandon
Article 5
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

C’est inédit !

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

Quant au solde budgétaire, monsieur le député, il n’est pas très bon. En effet, le texte initial du gouvernement prévoyait une surtaxe d’IS à hauteur de 4 milliards. J’ai bien compris que vous n’en vouliez pas. Si vous voulez que je reste aimable au sujet du déficit, ne me demandez pas trop souvent où il en est, parce que là, il n’est pas au niveau où il devrait être. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

II
Article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1052 n’est pas adopté.)

Amdt 1052 Rejeté
Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 2556 de M. Sylvain Maillard est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 2556 Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 5
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission ne s’est pas prononcée sur cet amendement. Le crédit d’impôt sur lequel il porte étant éteint depuis le 31 décembre 2024, j’en demanderai le retrait ; à défaut, avis défavorable.

II
Article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2556, repoussé par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 2556 Adopté
Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 893 de M. Hubert Ott est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 893 Retiré
Photo de M. Philippe Juvin
Article 5
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Cet amendement vise à maintenir l’exonération de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) pour certains terrains situés en zone humide, mais, pour ce faire, il ne supprime pas les bons alinéas – il faudrait supprimer les alinéas 26 et 27 et non les 28 et 29. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 5
Mme Amélie de Montchalin ministre

Même avis.

II
Article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 893 est retiré.)

Amdt 893 Retiré
Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 2155 de Mme Lisa Belluco est défendu.

Amdt 2155 Rejeté
II
Article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2155, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 2155 Rejeté
Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 5.

II
Article 5
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 123 Nombre de suffrages exprimés 122 Majorité absolue 62 Pour l’adoption 107 Contre 15

II
Article 5
Intervenant non identifié

(L’article 5, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 5 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur cet article, je suis saisi par le groupe Ensemble pour la République d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Les amendements de suppression nos 2184 de Mme Lisa Belluco et 3116 de M. le rapporteur général sont défendus. Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 5 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je suis favorable à la suppression de cet article car les HVO – huiles végétales hydrotraitées – bénéficient déjà du mécanisme de minoration de la Tiruert – taxe incitative relative à l’utilisation d’énergies renouvelables dans les transports –, qui nous a bien occupés.

II
Article 5 bis
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 2184 et 3116 sont adoptés ; en conséquence, l’article 5 bis est supprimé.)

Amdt 2184 Adopté Amdt 3116 Adopté
Photo de M. le président
Article 6
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements de suppression, nos 715 et 3402, pour lesquels le groupe Droite républicaine demande un scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy, pour soutenir l’amendement no 715.

Amdt 715 Adopté
Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Article 6
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Comme en première lecture, nous souhaitons préserver le pouvoir d’achat des retraités, qui ont travaillé et cotisé toute leur vie et qui n’ont pas été stipendiés d’une manière particulière. On voit bien le double langage des sénateurs LR. C’est la réalité, que cela vous plaise ou non. Les membres du Rassemblement national, en particulier Kévin Mauvieux, l’ont déjà dénoncé à plusieurs reprises. D’un côté, M. Retailleau fait de grands discours dans les médias contre les impôts, mais, de l’autre, les sénateurs de son parti acceptent certaines compromissions comme le refus d’indexer intégralement sur l’inflation le barème de l’impôt sur le revenu ou la remise en cause de l’abattement dont bénéficient les retraités. En cherchant ainsi à augmenter l’impôt sur le revenu des classes moyennes supérieures, notamment celui des retraités, vous êtes en permanence dans la contradiction. Nous nous opposons à ce double discours et nous revendiquons de défendre ceux qui ont travaillé toute leur vie. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 3402.

Amdt 3402 Adopté
Photo de M. Nicolas Ray
Article 6
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

Je vais d’abord défendre nos collègues sénateurs. Je rappelle qu’ils ont rétabli l’abattement de 10 %, que le gouvernement voulait remplacer par un abattement forfaitaire. Ils en ont seulement abaissé le plafond. Nous restons opposés à un article qui représente une hausse d’impôt de 1,2 milliard pour les retraités, notamment de la classe moyenne, qui ont travaillé toute leur vie. Il tend à pénaliser l’effort et le travail plutôt que de les récompenser. Nous proposons donc, comme nous l’avons fait en première lecture, de le supprimer. De toute façon, l’article ne pourrait pas s’appliquer à l’exercice en cours du fait de la non-adoption de la loi de finances avant le 1er janvier 2026. Si nous voulons trouver le budget juste et responsable dont notre pays a besoin, il convient d’éviter d’adopter des mesures inutiles mais qui sont autant d’irritants.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 6
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis favorable à la suppression de cet article, car il n’est plus applicable en 2026.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 6
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je rappelle que l’abattement de 10 % dont les retraités bénéficient est plafonné à 4 400 euros par foyer fiscal, ce qui constitue une différence avec l’abattement de 10 % s’appliquant aux actifs, dont le plafond se calcule par personne. Il y a eu beaucoup de débats, notamment au Sénat, sur les modalités de ce plafonnement : le couper en deux pour l’établir à 2 200 par personne et à 4 400 par couple ? Le diminuer ? Lui substituer un abattement forfaitaire, comme le proposait le gouvernement ? Le débat reste ouvert en vue d’une réforme qui pourra être abordée lorsque le paysage politique sera moins fragmenté. Ce débat a mis le projecteur sur un mécanisme qui présente des avantages, mais aussi des inconvénients. Un de ces inconvénients est la question de l’équité entre actifs et retraités puisque le plafond pour ces derniers est le même, que le foyer compte une ou deux personnes. Cela étant, je suis favorable à la suppression de cet article puisque nous sommes déjà le 15 janvier et qu’à l’instar des dispositions de l’article 5, celles qui tendent à modifier les règles de calcul de l’impôt sur le revenu des retraités ne peuvent plus s’appliquer en 2026. Le gouvernement a cependant la conviction que nous n’avons pas été au bout des discussions et qu’il nous faudra sûrement reprendre le travail l’année prochaine ou plus tard.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 715 et 3402.

Amdt 715 Adopté Amdt 3402 Adopté
II
Article 6
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 125 Nombre de suffrages exprimés 114 Majorité absolue 58 Pour l’adoption 106 Contre 8

II
Article 6
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 715 et 3402 sont adoptés. En conséquence, l’article 6 est supprimé et les amendements suivants tombent.)

Amdt 715 Adopté Amdt 3402 Adopté
Photo de M. le président
Article 7 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1863 de M. le rapporteur général est rédactionnel.

Amdt 1863 Adopté
II
Article 7 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1863, accepté par le gouvernement, est adopté ; en conséquence, l’amendement no 2680 tombe.)

Amdt 1863 Adopté
Photo de M. le président
Article 7 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 1875 et 1945 de M. le rapporteur général sont également rédactionnels.

Amdt 1875 Adopté Amdt 1945 Adopté
II
Article 7 bis
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1875 et 1945, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Amdt 1875 Adopté Amdt 1945 Adopté
II
Article 7 bis
Intervenant non identifié

(L’article 7 bis, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 7 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 3470 du gouvernement est défendu.

Amdt 3470 Adopté
II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3470, accepté par la commission, est adopté.)

Amdt 3470 Adopté
II
Article 7 ter
Intervenant non identifié

(L’article 7 ter, amendé, est adopté.)

II
Article 7 quater
Intervenant non identifié

(L’article 7 quater est adopté.)

Photo de M. le président
Article 7 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3505 rectifié, sur lequel je suis saisi par le groupe Ensemble pour la République d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

3505 (Rect) Adopté
MM
Article 7 quinquies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Nous sommes allés un peu vite sur les articles 7 bis et suivants, qui concernent les territoires ultramarins. Je rappelle que vous avez voté notamment la majoration des abattements propres aux zones franches d’activité nouvelle génération à La Réunion, le décalage au 31 mars de la date limite de signature de la convention permettant l’abattement de taxe foncière sur les propriétés bâties dans les QPV – quartiers prioritaires de la politique de la ville – des départements et régions d’outre-mer afin que cette mesure puisse être applicable en 2026 et une mesure en faveur de la société Corsair. L’article 7 quinquies prévoit d’étendre à la Nouvelle-Calédonie le bénéfice du régime d’aide fiscale à l’investissement productif outre-mer, dont la réforme était initialement prévue par l’article 7, afin de faciliter la réhabilitation lourde d’immeubles non résidentiels détruits pendant les émeutes. L’amendement apporte des précisions techniques visant à assurer le caractère effectif de ces dispositions.

Photo de M. le président
Article 7 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 7 quinquies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Favorable.

Photo de M. le président
Article 7 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 3505 rectifié.

3505 (Rect) Adopté
II
Article 7 quinquies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 124 Nombre de suffrages exprimés 66 Majorité absolue 34 Pour l’adoption 53 Contre 13

II
Article 7 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3505 rectifié est adopté.)

3505 (Rect) Adopté
II
Article 7 quinquies
Intervenant non identifié

(L’article 7 quinquies, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 7 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements nos 1588 et 1592 par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur l’amendement no 3326 par le groupe Ensemble pour la République et sur l’amendement no 3467 rectifié par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement de suppression no 1588 de Mme Mathilde Feld est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 8
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Cet amendement a été rejeté en commission. Nous avons eu ce débat en première lecture. L’article 8 permet l’application du dispositif IR-PME. Je rappelle qu’il avait été supprimé en première lecture à la suite d’un vote précipité. Le Sénat en avait rétabli certaines dispositions, comme celle relevant de 15 à 16,5 millions le plafond de financement, mais pas la principale d’entre elles. Malgré cette profonde modification, il est essentiel d’adopter cet article pour maintenir le dispositif IR-PME et en assurer la conformité au droit européen.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 8
Mme Amélie de Montchalin ministre

Depuis les débats en première lecture sur cet article, il y a eu des évolutions. Je tiens à en informer notamment les députés du Rassemblement national, qui avaient posé beaucoup de questions sur le droit européen. Nous avons reçu l’autorisation de la Commission européenne de conserver jusqu’au mois de septembre 2026 le mécanisme de soutien à l’investissement intermédié tel qu’il existait en 2025. Nous devrons ensuite passer au nouveau régime prévu à l’article 8, qui prévoit un resserrement du volet intermédié. L’amendement no 3467 rectifié du gouvernement tend à rétablir la rédaction initiale de l’article 8, mais certaines de ses dispositions ne s’appliqueront qu’à partir du quatrième trimestre de l’année 2026. Sans ces nouvelles règles, qui sont indispensables, nous mettrions en difficulté l’ensemble du dispositif intermédié au regard du droit européen. Je suis évidemment défavorable à la suppression de l’article.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 1588.

Amdt 1588 Rejeté
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 130 Nombre de suffrages exprimés 128 Majorité absolue 65 Pour l’adoption 30 Contre 98

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1588 n’est pas adopté.)

Amdt 1588 Rejeté
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1592 de Mme Claire Lejeune est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 1592 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 8
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 8
Mme Amélie de Montchalin ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 1592.

Amdt 1592 Rejeté
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 132 Nombre de suffrages exprimés 132 Majorité absolue 67 Pour l’adoption 31 Contre 101

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1592 n’est pas adopté.)

Amdt 1592 Rejeté
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements, nos 3326 et 3467 rectifié, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. Paul Midy, pour soutenir l’amendement no 3326.

Amdt 3326 Adopté
Photo de M. Paul Midy
Article 8
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Le dispositif IR-PME, dit Madelin, constitue un levier essentiel du financement des PME. Il est indispensable à ces entreprises pour soutenir la création d’emplois et le développement de leurs capacités industrielles. Les débats en première lecture ayant suscité certaines confusions, un bref rappel s’impose. L’article proposé par le gouvernement dans le projet de loi de finances initial comportait certes de légères améliorations du dispositif, ainsi qu’une mise en conformité avec les conditions fixées par l’Union européenne. En revanche, il introduisait une mesure profondément négative, que vient d’évoquer Mme la ministre : la suppression du dispositif intermédié, c’est-à-dire la possibilité d’investir dans les PME par l’intermédiaire des fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI). Or ce mécanisme permet à chaque Français, via sa banque de détail, de contribuer directement à la transition écologique, à la réindustrialisation et à l’innovation. J’entends les arguments de Mme la ministre relatifs aux contraintes européennes, mais je souhaite que nous adoptions cet amendement, comme en première lecture, pour rappeler que nous tenons à ce dispositif intermédié comme à tous les outils de soutien à nos entreprises et à nos PME. J’aimerais que tout l’art, toute l’intelligence et toute l’énergie – si je puis dire – mobilisés par des centaines de fonctionnaires pour concevoir une taxe sur les holdings soient investis avec la même intensité afin d’apporter la meilleure réponse aux observations de l’Union européenne. C’est là notre responsabilité immédiate. Pour l’avenir, il nous faudra également faire évoluer l’Union européenne. Je suis profondément pro-européen – à 4 000 % ! –, convaincu que l’union fait la force et que nous réussirons ensemble.

Photo de M. Théo Bernhardt
Article 8
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Cela fait des années que ça ne marche pas !

Photo de M. Paul Midy
Article 8
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Mais l’Union, parfois trop libérale, doit être réformée lorsqu’elle nous empêche d’aider nos entreprises, alors même que les États-Unis et la Chine aident massivement les leurs. Si nous voulons réussir à retrouver une trajectoire de prospérité, à garantir de bons salaires aux Français et à nous défendre, au Groenland comme ailleurs, nous devons pouvoir aider nos entreprises.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 8
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Mais on ne peut pas !

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3467 rectifié.

3467 (Rect) Tombé
MM
Article 8
Mme Amélie de Montchalin ministre

De fait, je l’ai déjà présenté tout à l’heure, c’est pourquoi je vais répondre aux propos de M. Midy. Heureusement, ce ne sont pas des centaines de fonctionnaires qui travaillent toute l’année à la rédaction du PLF : il serait triste, pour notre pays, de payer des agents chargés de produire en continu un droit qui ne ferait que s’accumuler. Je tiens donc à vous rassurer sur ce point.

Photo de M. Paul Midy
Article 8
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Disons des dizaines, alors !

MM
Article 8
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je comprends d’autant plus votre engagement sur ce sujet que lorsque j’étais députée, aux côtés de collègues tels que Mme Grégoire ou MM. Barrot et Saint-Martin, nous défendions déjà ces mêmes propositions avec la même force, le même engagement et la même conviction que vous venez d’exprimer. Depuis cet épisode, qui remonte à l’examen du PLF pour 2019, la Commission européenne et le gouvernement français échangent des lettres. Nous pourrions presque en faire un roman épistolaire, certes peu passionnant,…

Photo de M. Pierre-Yves Cadalen
Article 8
M. Pierre-Yves Cadalen Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP

Les Liaisons dangereuses ! (Sourires.)

MM
Article 8
Mme Amélie de Montchalin ministre

…mais instructif, dans la mesure où la Commission européenne a fini par préciser les modalités et les limites dans lesquelles elle nous autorise à maintenir le mécanisme d’IR-PME intermédié. Et malheureusement, je me vois contrainte de vous dire, avec toute l’honnêteté que je vous dois et au vu des prescriptions de la Commission, que si cet amendement était adopté, il ferait peser un risque sur l’ensemble du dispositif. À l’inverse, je peux vous garantir que l’amendement du gouvernement respecte strictement le cadre qui nous est autorisé : il pourra être appliqué à partir du 1er octobre 2026. Je me dois donc de vous alerter : l’ajout que vous proposez risque de fragiliser l’ensemble du dispositif. Impuissante face au choix que vous ferez, je préfère faire preuve d’une totale transparence quant à ses conséquences potentielles.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Matthias Renault.

Photo de M. Matthias Renault
Article 8
M. Matthias Renault Matthias Renault RN

Nous voici de nouveau en train de débattre du dispositif Madelin. Que les choses soient très claires : le groupe Rassemblement national soutient ce dispositif, très utile au financement de nos PME. Après nos débats en première lecture, je prends bonne note que la ministre nous dit finalement que nous n’avons pas le choix, que la Commission européenne n’a pas rendu un avis – désolé, monsieur Midy, cher collègue européiste – mais bien un ordre. Toute tentative – qu’elle émane de M. Midy et du groupe Ensemble pour la République ou des sénateurs Les Républicains et centristes – qui viserait à contredire la Commission européenne sur ce point est vouée à l’échec : nous n’avons pas le choix, nous devons nous exécuter. En ce qui nous concerne, nous n’allons pas rompre mais plier devant l’amendement du gouvernement. Toutefois, nous voterons aussi en faveur de l’amendement de M. Midy, pour tester les limites des ordres de la Commission européenne sur ce point.

MM
Article 8
Mme Amélie de Montchalin ministre

On peut aimer vivre dangereusement !

Photo de M. Matthias Renault
Article 8
M. Matthias Renault Matthias Renault RN

En tout cas, que vive le dispositif Madelin, même rétréci !

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Paul Midy.

Photo de M. Paul Midy
Article 8
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Pour compléter les propos de Mme la ministre, je vous suggère d’autres idées pour répondre aux demandes de l’Union européenne. Il serait possible de passer par le volet IR-JEI, relatif aux jeunes entreprises innovantes. Nous avons en effet créé une catégorie de jeunes entreprises d’innovation et de croissance (JEIC), dont certains critères relèvent d’un décret pris par Bercy. Élargir ces critères pourrait nous offrir des marges de manœuvre : c’est une idée que je soumets à votre réflexion.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements en discussion commune ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 8
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je me réjouis que tout le monde exprime désormais sa volonté de sauvegarder le Madelin : ce n’était pas aussi clair en première lecture. Il me revient désormais de départager M. Midy et Mme la ministre. (Sourires.) Je donnerai un avis défavorable à l’amendement de M. Midy et un avis favorable à celui du gouvernement. Le premier emporte en effet un risque de requalification en aides d’État – requalification dont la charge incombera aux entreprises qui en ont bénéficié. Ce risque substantiel n’en vaut pas la chandelle, d’autant que la ministre nous a éclairés sur les autorisations données par la Commission européenne – jusqu’au mois de septembre 2026, si j’ai bien compris.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 8
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je souhaite réagir aux propos selon lesquels nous serions aux ordres de la Commission : monsieur Renault, la réalité est plus complexe. Nous pouvons au contraire nous réjouir que le continent européen se soit doté d’instances chargées de garantir des conditions de concurrence loyale pour nos entreprises. Il faut en effet imaginer que des débats similaires aux nôtres se tiennent dans les parlements des autres États membres : ailleurs aussi, des ministres expliquent à des parlementaires que toutes les mesures ne sont pas possibles, dès lors que la Commission européenne pourrait les qualifier d’aides d’État abusives ou de pratique de dumping. L’objectif est précisément de préserver une concurrence équitable entre les acteurs économiques au sein de l’Union. Je ne suis donc pas aux ordres de la Commission. J’ai bien entendu la suggestion de M. Midy, que j’examinerai avec mon collègue Roland Lescure, puisque cela relève davantage de son champ de compétences, notamment s’agissant du décret évoqué : ce levier est bien entre nos mains. Je ne suis aux ordres de personne. La protection de nos entreprises contre la concurrence déloyale peut parfois nous contraindre – y compris, il faut le reconnaître, contre nos intuitions initiales. Mais ces contraintes s’imposent également à nos partenaires et peuvent nous permettre de nous développer à armes égales. Il s’agit donc, à mon sens, d’une contrainte acceptable.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 3326.

Amdt 3326 Adopté
II
Article 8
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 133 Nombre de suffrages exprimés 132 Majorité absolue 67 Pour l’adoption 78 Contre 54

II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3326 est adopté ; en conséquence, l’amendement no 3467 rectifié tombe.)

Amdt 3326 Adopté
II
Article 8
Intervenant non identifié

(L’article 8, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 2478, 2503 et 2508 de M. Philippe Juvin, rapporteur général, sont rédactionnels.

Amdt 2478 Adopté Amdt 2503 Adopté Amdt 2508 Adopté
II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 2478, 2503 et 2508, acceptés par le gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Amdt 2478 Adopté Amdt 2503 Adopté Amdt 2508 Adopté
Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3573.

Amdt 3573 Adopté
MM
Article 8 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Nous précisons les conditions permettant aux jeunes entreprises innovantes, lorsqu’elles relèvent également du statut d’entreprise solidaire d’utilité sociale (Esus), d’entrer pleinement dans le champ du dispositif IR-PME. Il s’agit d’un amendement rédactionnel de clarification, destiné à mieux accompagner ces entreprises dans le cadre du dispositif Madelin. Je suis certaine que M. Midy s’en réjouira.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 8 bis
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Cet amendement porte aussi sur la date d’entrée en vigueur du dispositif.

MM
Article 8 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Oui, aussi !

Photo de M. Philippe Juvin
Article 8 bis
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 8 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Paul Midy.

Photo de M. Paul Midy
Article 8 bis
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Nous voterons pour cet amendement qui sécurise le dispositif. J’y associe le groupe écologiste, en particulier notre collègue Charles Fournier avec qui nous avons travaillé pour créer la catégorie des jeunes entreprises d’innovation à impact (JEII), parce que l’innovation a aussi des effets sur l’impact écologique et social.

II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3573 est adopté.)

Amdt 3573 Adopté
II
Article 8 bis
Intervenant non identifié

(L’article 8 bis, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 8 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’amendement no 1598, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Cet amendement de Mme Mathilde Feld, qui vise à supprimer l’article, est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 8 ter
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 8 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 8 ter
Mme Amélie de Montchalin ministre

Même avis.

Photo de M. le président
Article 8 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 1598.

Amdt 1598 Adopté
II
Article 8 ter
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 119 Nombre de suffrages exprimés 116 Majorité absolue 59 Pour l’adoption 77 Contre 39

II
Article 8 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1598 est adopté ; en conséquence, l’article 8 ter est supprimé, et les amendements nos 3543 rectifié, 3542, 2526 et 2529 tombent.)

Amdt 1598 Adopté
Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 2538 de M. Philippe Juvin, rapporteur général, est de coordination et le no 2546 du même auteur est rédactionnel.

Amdt 2538 Adopté Amdt 2546 Adopté
II
Article 8 quater
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 2538 et 2546, acceptés par le gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Amdt 2538 Adopté Amdt 2546 Adopté
Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur les amendements nos 1887, 2044, 2043 et sur l’article 8 quater, je suis saisi par le groupe Ensemble pour la République de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Paul Midy, pour soutenir l’amendement no 1887.

Photo de M. Paul Midy
Article 8 quater
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Si vous le permettez, monsieur le président, je défendrai en même temps les amendements nos 2044 et 2043.

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Allez-y, cher collègue.

Photo de M. Paul Midy
Article 8 quater
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Ces trois amendements concernent les bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE). Ce dispositif de partage de la valeur, qui permet d’associer les salariés aux potentielles réussites de l’entreprise, est très utilisé dans les entreprises innovantes. Il est précieux pour recruter des talents, en particulier pour les entreprises innovantes à forte croissance, qui consacrent généralement à l’investissement le peu de trésorerie dont elles disposent. Il est très utile et peu coûteux pour l’État, mais il est quelque peu daté. L’écosystème français de l’innovation a mûri depuis, est passé de l’enfance à l’adolescence. Par conséquent, les seuils prévus dans le dispositif – il est nécessaire qu’il y en ait, pour éviter les abus – ne sont plus à jour. L’amendement no 1887 porte sur le seuil de détention du capital par les fondateurs ou fondatrices. À mesure que l’entreprise se développe, elle est davantage financée et la part détenue par les fondateurs baisse mécaniquement, ce qui est parfaitement normal. Cela peut aller très vite : en deux ans, la part de capital des fondateurs d’une entreprise comme Mistral AI ne représente plus que 20 %, voire 10 %. Ces entreprises doivent pouvoir continuer d’émettre des BSPCE au bénéfice de leurs salariés. L’amendement vise à adapter le seuil pour que l’émission de BSPCE ne s’arrête pas après un ou deux ans. L’amendement no 2043 vise également à assouplir les critères d’éligibilité au dispositif, en modifiant cette fois la durée requise d’existence de l’entreprise. Des licornes telles que Mirakl auront bientôt 15 ans et ne pourront alors plus émettre de BSPCE, ce qui entraînera des difficultés de gestion des ressources humaines. Il faut aller un peu plus loin ; je propose donc d’ouvrir le dispositif aux entreprises de moins de 20 ans, au lieu de 15 ans actuellement. Quant à l’amendement no 2044, il tend à accomplir une autre correction mineure, que je n’exposerai pas dans le détail.

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 8 quater
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je suis favorable à l’amendement no 1887, qui vise, s’agissant des critères d’éligibilité aux BSPCE, à aligner le taux de détention d’une sous-filiale par une filiale sur le taux de détention d’une filiale par une société mère. Cette mesure paraît logique. En ce qui concerne les deux amendements suivants, qui semblent logiques de prime abord mais dont j’ignore les éventuels effets négatifs, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 8 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Le gouvernement est favorable à l’amendement no 1887. Nous avions déjà débattu de cette disposition en première lecture. Elle permet d’intéresser également les personnels des sous-filiales – qui appartiennent parfois à un groupe d’entreprises liées les unes aux autres pour des raisons juridiques –, qui peuvent contribuer à un projet très innovant, créateur d’emplois et de brevets. En revanche, nous sommes défavorables à l’amendement no 2044, qui tend à abaisser de 25 % à 15 % le critère minimal de détention du capital par des personnes physiques. Lorsque le dispositif a été créé, ce seuil était de 75 % ; il a déjà été abaissé à 25 %. Si nous le portions à 15 %, nous toucherions des entreprises qui ont déjà réalisé de nombreux tours de financement. Nous ôterions ainsi au dispositif une part de son intérêt, qui consiste à maintenir le capital de ces entreprises en France. L’amendement no 2043 vise à porter à vingt ans, à compter de leur date de création, la durée pendant laquelle les entreprises peuvent émettre des BSPCE. Cette durée est actuellement de quinze ans ; lors de la création du dispositif, elle avait été fixée à cinq ans. Les BSPCE ont été conçus pour les jeunes entreprises innovantes ; or il nous semble qu’une entreprise qui a 15 ans a déjà atteint une certaine maturité. Je sens que je ne vous convaincs pas,…

Photo de M. Paul Midy
Article 8 quater
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Non !

MM
Article 8 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

…mais je vous ai donné mon avis.

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Paul Midy.

Photo de M. Paul Midy
Article 8 quater
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Pour éclairer le vote de l’Assemblée, je tiens à expliquer pourquoi je propose d’abaisser de 25 % à 15 % le critère de détention du capital par des personnes physiques. Prenons l’exemple de Mistral. L’entreprise a deux fondateurs qui possèdent chacun 10 % du capital, c’est-à-dire 20 % en tout. Les critères d’éligibilité empêchent donc Mistral, passé un délai de dix-huit mois, d’émettre des BSPCE.

Photo de M. Hervé Berville
Article 8 quater
M. Hervé Berville Hervé Berville EPR

Eh oui !

Photo de M. Paul Midy
Article 8 quater
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Cela n’a aucun sens. Lorsque ce dispositif a été créé, en 1998, la France n’avait quasiment pas d’écosystème d’innovation. Nous n’avions donc pas ce genre de problème, ce qui explique que les seuils aient été si élevés. Bonne nouvelle : maintenant, nous avons Mistral ! Ne coupons pas bêtement les ailes de nos entreprises en leur retirant le bénéfice d’un dispositif qui fonctionne et qui, de plus, ne coûte rien à l’État. En ce qui concerne la durée de vie de l’entreprise, j’entends vos arguments, mais permettez-moi d’expliquer mon point de vue. Si la France est impliquée dans un conflit militaire, ce n’est pas le nombre de ses chars qui fera sa suprématie, c’est la maîtrise de l’intelligence artificielle et du quantique. Rappelez-vous que la construction d’un simple ordinateur a permis de remporter la seconde guerre mondiale. Or construire un ordinateur quantique prend plus de quinze ans. Il faut aider nos entreprises de deeptech, car ce secteur demande beaucoup de temps. Je répète que ces amendements ne coûtent rien à l’État ; dans ces conditions, pourquoi tergiverser ?

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 8 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

J’ai écouté avec grand intérêt vos explications quant à l’amendement no 2043, relatif au critère de durée de vie d’une entreprise. En revanche, votre argument concernant le critère de détention du capital par des personnes physiques me pose un problème. Les entreprises cotées en Bourse – les licornes font souvent ce choix pour accéder à davantage de sources de financement – et valorisées à plus de 150 millions d’euros ne sont pas éligibles à l’émission de BSPCE. Or si Mistral AI est cotée, elle sera valorisée entre 10 et 15 milliards. Les entreprises qui, en dix-huit mois, en arrivent à ce que moins de 25 % du capital soit détenu par leurs fondateurs sont des entreprises qui réussissent très bien, et qui dépassent donc très vite le seuil de 150 millions d’euros. Je vois que je ne parviendrai pas à vous convaincre, mais je tenais à préciser cela. La situation de Mistral est très particulière.

Photo de M. Paul Midy
Article 8 quater
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Le jour où Mistral sera cotée, elle donnera des actions gratuites !

MM
Article 8 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Exactement. Étant donné la valorisation de telles entreprises, il me semble que le dispositif tel qu’il est écrit fonctionne. Bien sûr, il est toujours possible de faire plus ; je vous propose de le faire en adoptant l’amendement no 1887.

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 1887.

Amdt 1887 Adopté
II
Article 8 quater
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 128 Nombre de suffrages exprimés 124 Majorité absolue 63 Pour l’adoption 89 Contre 35

II
Article 8 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1887, modifié par la suppression du gage, est adopté.)

Amdt 1887 Adopté
Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 2044.

Amdt 2044 Adopté
II
Article 8 quater
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 122 Nombre de suffrages exprimés 114 Majorité absolue 58 Pour l’adoption 79 Contre 35

II
Article 8 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2044 est adopté.)

Amdt 2044 Adopté
Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 2043.

Amdt 2043 Adopté
II
Article 8 quater
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 126 Nombre de suffrages exprimés 118 Majorité absolue 60 Pour l’adoption 79 Contre 39

II
Article 8 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2043 est adopté.)

Amdt 2043 Adopté
Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 8 quater, tel qu’il a été amendé.

II
Article 8 quater
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 127 Nombre de suffrages exprimés 127 Majorité absolue 64 Pour l’adoption 103 Contre 24

II
Article 8 quater
Intervenant non identifié

(L’article 8 quater, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 8 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements, no 1846, de M. Boris Tavernier, et no 2028, de Mme Marie Pochon, pouvant être soumis à une discussion commune. Ils sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 8 quinquies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission a adopté l’amendement no 1846. Avis favorable donc – bien qu’à titre personnel, j’y sois défavorable.

II
Article 8 quinquies
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1846 et 2028, repoussés par le gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 1846 Rejeté Amdt 2028 Rejeté
Photo de M. le président
Article 8 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 2549 de M. le rapporteur général est rédactionnel.

Amdt 2549 Adopté
II
Article 8 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2549, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 2549 Adopté
Photo de M. le président
Article 8 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3569.

Amdt 3569 Adopté
MM
Article 8 quinquies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il est rédactionnel : il vise à adapter la date d’entrée en vigueur de la mesure.

II
Article 8 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3569, accepté par la commission, est adopté.)

Amdt 3569 Adopté
II
Article 8 quinquies
Intervenant non identifié

(L’article 8 quinquies, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 8 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3568.

Amdt 3568 Adopté
MM
Article 8 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Là encore, il est rédactionnel et vise à adapter la date d’entrée en vigueur de l’article.

II
Article 8 sexies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3568, accepté par la commission, est adopté.)

Amdt 3568 Adopté
II
Article 8 sexies
Intervenant non identifié

(L’article 8 sexies, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’article 9, je suis saisi par le groupe Ensemble pour la République d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 9
Mme Amélie de Montchalin ministre

Avant que vous votiez, je souhaitais simplement rappeler l’objet de l’article. Il vise à doubler le plafond de la réduction d’impôt au titre des dons aux organismes d’intérêt général, dite dispositif Coluche, en le portant de 1 000 à 2 000 euros. Il s’agit des dons faits par un particulier pour soutenir les associations qui viennent en aide aux plus démunis et aux personnes en détresse, comme les Restos du cœur, le Secours populaire, le Secours catholique ou encore ATD Quart Monde. Il nous semble utile de favoriser cette mesure pour réorienter les dons des particuliers qui, lorsqu’ils soutiennent ces associations particulièrement engagées en faveur des plus démunis, bénéficient d’une réduction fiscale majorée à 75 %.

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 9.

II
Article 9
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 9
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 117 Nombre de suffrages exprimés 117 Majorité absolue 59 Pour l’adoption 117 Contre 0

II
Article 9
Intervenant non identifié

(L’article 9 est adopté.)

Photo de M. le président
Article 9 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 934 et 3013, tendant à supprimer l’article. La parole est à M. Mickaël Bouloux, pour soutenir l’amendement no 934.

Amdt 934 Rejeté
Photo de M. Mickaël Bouloux
Article 9 bis
M. Mickaël Bouloux Mickaël Bouloux SOC

Par cet amendement, le groupe Socialistes et apparentés demande la suppression de l’article 9 bis, qui, s’il était maintenu, dénaturerait profondément la logique du crédit d’impôt services à la personne (Cisap). Pour que les prestations réalisées à l’extérieur du domicile, comme des cours de sport ou certaines activités de loisir, soient éligibles au crédit d’impôt, elles doivent faire partie d’une offre globale fournie par le même prestataire, ce qui garantit leur caractère unitaire et accessoire. C’est une sécurité. L’article 9 bis vise à briser cette règle en appréciant la notion de service au niveau du foyer fiscal plutôt qu’au niveau du prestataire. Nous proposons donc de supprimer l’article.

Photo de M. le président
Article 9 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 3013.

Amdt 3013 Retiré
Photo de M. Philippe Juvin
Article 9 bis
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je le retire au profit de l’amendement no 2620 rectifié. Je suggère aux auteurs de l’amendement no 934 de faire de même ; sinon, mon avis sera défavorable.

II
Article 9 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3013 est retiré.)

Amdt 3013 Retiré
Photo de M. le président
Article 9 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Retirez-vous votre amendement, monsieur Bouloux ?

Photo de M. Mickaël Bouloux
Article 9 bis
M. Mickaël Bouloux Mickaël Bouloux SOC

Non, je le maintiens.

Photo de M. le président
Article 9 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement sur l’amendement no 934 ?

MM
Article 9 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je suis défavorable à la suppression de l’article. En effet, je donnerai un avis favorable à l’amendement no 2620 rectifié, qui répond aux critiques exprimées en première lecture sur l’article 9 bis. Premièrement, il clarifie la nature des activités réalisées hors du domicile qui peuvent être éligibles au Cisap. Deuxièmement, il traite la question du portage de repas aux personnes âgées – j’ai reçu cette année de nombreux courriers de votre part à ce sujet –, en considérant qu’une telle livraison constitue un service à domicile.

Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 9 bis
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

C’est évident !

MM
Article 9 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Le Cisap couvrira ainsi cette activité cruciale pour de nombreuses personnes âgées et dépendantes. L’amendement no 2620 rectifié me semble à la fois comporter les clarifications nécessaires pour éviter les abus et résoudre la question du portage des repas, qui se pose de manière très concrète dans vos circonscriptions.

Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 9 bis
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

C’est très bien !

MM
Article 9 bis
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je vous invite donc à soutenir cet amendement lorsqu’il sera mis aux voix. En conséquence, je demande aux signataires de l’amendement no 934 de le retirer. Au vu des discussions que j’ai eues avec elle, je pense que Mme Pirès Beaune, qui l’a déposé, approuverait la rédaction de l’amendement no 2620 rectifié (Dénégations sur les bancs du groupe SOC) – mais je ne veux pas préjuger de son avis.

II
Article 9 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 934 n’est pas adopté.)

Amdt 934 Rejeté
Photo de M. le président
Article 9 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 2620 rectifié de M. Daniel Labaronne est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

2620 (Rect) Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 9 bis
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

L’amendement prévoit que les prestations réalisées à l’extérieur du domicile ne peuvent être éligibles au Cisap que si elles sont l’accessoire d’une prestation réalisée à l’intérieur du domicile. Il existe cependant une exception, que Mme la ministre vient de présenter : les personnes âgées et handicapées peuvent bénéficier de la livraison de repas sans que celle-ci soit une activité rattachée au domicile. Cette disposition existe déjà dans la jurisprudence appliquée par les services fiscaux, mais il s’agit d’une sécurisation législative. Avis favorable sur cet amendement très important.

II
Article 9 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2620 rectifié, accepté par le gouvernement et modifié par la suppression du gage, est adopté ; en conséquence, l’article 9 bis est ainsi rédigé.)

2620 (Rect) Adopté
Photo de M. le président
Article 9 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 925 de Mme Christine Pirès Beaune, tendant à supprimer l’article 9 ter, est défendu.

Amdt 925 Retiré
Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 9 ter
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

Il n’a plus de sens !

Photo de M. le président
Article 9 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 9 ter
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis favorable dès lors que l’amendement no 2620 rectifié de M. Labaronne a été adopté.

Photo de M. le président
Article 9 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 9 ter
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je demande le retrait de l’amendement, car il est satisfait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 9 ter
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

Oui, il n’a plus de sens !

MM
Article 9 ter
Mme Amélie de Montchalin ministre

Merci de suivre, madame Dalloz !

II
Article 9 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 925 est retiré.)

Amdt 925 Retiré
Photo de M. le président
Article 9 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 3014 de M. le rapporteur général est rédactionnel.

Amdt 3014 Adopté
II
Article 9 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3014, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 3014 Adopté
II
Article 9 ter
Intervenant non identifié

(L’article 9 ter, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 9 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’amendement n° 3498, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme la ministre, pour soutenir cet amendement, qui tend à supprimer l’article 9 quater.

MM
Article 9 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Nous aimons tous la musique, en particulier celle qui est produite par les formations musicales de Radio France. Cependant, nous ne pouvons pas les rendre éligibles au régime du mécénat car celui-ci n’est ouvert qu’à des organisations dont la gestion est désintéressée ; or les formations musicales de Radio France ne rentrent pas dans ce champ. Si vous ne votiez pas l’amendement du gouvernement, cette disposition serait attaquable en droit administratif.

MD
Article 9 quater
Mme Marie-Christine Dalloz

Très bien !

Photo de M. le président
Article 9 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 9 quater
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Nous avons reçu beaucoup d’argumentaires différents sur cette question, comme vous l’imaginez, madame la ministre. Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de M. le président
Article 9 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 3498.

Amdt 3498 Rejeté
II
Article 9 quater
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 9 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 109 Nombre de suffrages exprimés 100 Majorité absolue 51 Pour l’adoption 32 Contre 68

II
Article 9 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3498 n’est pas adopté.)

Amdt 3498 Rejeté
Photo de M. le président
Article 9 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 3015 de M. le rapporteur général est de coordination.

Amdt 3015 Adopté
II
Article 9 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3015, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 3015 Adopté
II
Article 9 quater
Intervenant non identifié

(L’article 9 quater, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 9 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements identiques nos 2992 de M. Emmanuel Mandon et 3016 de M. le rapporteur général, tendant à supprimer l’article 9 quinquies, sont défendus.

II
Article 9 quinquies
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 2992 et 3016, acceptés par le gouvernement, sont adoptés ; en conséquence, l’article 9 quinquies est supprimé.)

Amdt 2992 Adopté Amdt 3016 Adopté
Photo de M. le président
Article 9 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur les amendements nos 3497 et 1605, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3497, tendant à supprimer l’article 9 sexies.

MM
Article 9 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Alors que le crédit d’impôt arrive à extinction parce que nous avons créé entre-temps MaPrimeAdapt’ pour faciliter l’adaptation des logements des personnes handicapées, nous n’avons pas besoin de conserver les deux dispositifs. J’ai cité les chiffres en première lecture, je vous les redonne de mémoire : les montants mobilisés pour MaPrimeAdapt’ sont plus de dix fois supérieurs à ceux consacrés au crédit d’impôt. Conservons donc un dispositif qui fonctionne et ne maintenons pas des doublons. Je vous vois déjà, dans quelques mois, dire, lors des questions au gouvernement : Ce n’est pas possible, on empile, c’est compliqué, personne ne s’y retrouve ! Alors, faisons simple : il y a MaPrimeAdapt’, supprimons l’article 9 sexies.

Photo de M. le président
Article 9 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 9 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je suis circonspect, madame la ministre, dans la mesure où ces deux dispositifs ne s’adressent pas aux mêmes publics. Je crois comprendre que MaPrimeAdapt’ bénéficie aux ménages appartenant aux quatre premiers déciles, tandis que le crédit d’impôt cible les contribuables situés entre les cinquième et huitième déciles. La reconduction du crédit d’impôt permettrait ainsi de compléter le champ de MaPrimeAdapt’ au profit des ménages aux revenus intermédiaires. Selon votre réponse, je donnerai un avis favorable ou m’en remettrai à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de M. le président
Article 9 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 3497.

Amdt 3497 Rejeté
Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 9 sexies
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

On aurait bien aimé avoir une réponse !

II
Article 9 sexies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 9 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 109 Nombre de suffrages exprimés 95 Majorité absolue 48 Pour l’adoption 8 Contre 87

II
Article 9 sexies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3497 n’est pas adopté.)

Amdt 3497 Rejeté
II
Article 9 sexies
Intervenant non identifié

(L’article 9 sexies est adopté.)

Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1605 de Mme Claire Lejeune, tendant à supprimer l’article 9 septies, est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 1605 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 9 septies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 9 septies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 1605.

Amdt 1605 Rejeté
II
Article 9 septies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 122 Nombre de suffrages exprimés 119 Majorité absolue 60 Pour l’adoption 30 Contre 89

II
Article 9 septies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1605 n’est pas adopté.)

Amdt 1605 Rejeté
Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Sophie Mette, pour soutenir l’amendement no 1656.

Amdt 1656 Rejeté
Photo de Mme Sophie Mette
Article 9 septies
Mme Sophie Mette Sophie Mette Dem

Il vise à reconnaître l’engagement des donateurs et à faciliter la contribution de tous à la sauvegarde d’un trésor patrimonial universel, transmis de génération en génération. Une telle mesure affirmerait également la volonté de la nation de protéger et de valoriser son patrimoine historique face aux menaces du temps et du climat.

Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 9 septies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 9 septies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Nous avons parlé du château de Chambord et vous savez que l’aile François Ier est très délabrée. L’État y consacre des moyens. Cependant, si nous voulons réaliser les travaux rapidement, étant donné les contraintes budgétaires, il n’est pas inintéressant de faire appel aux dons des particuliers qui souhaiteraient y contribuer. Le présent amendement, déposé à l’initiative de M. Balanant, tend à étendre à l’ensemble des monuments relevant du Centre des monuments nationaux le dispositif de majoration de la réduction d’impôt pour les dons effectués au profit de travaux de restauration, de sécurisation ou d’entretien. Une telle extension n’est pas possible : elle contreviendrait au caractère ciblé du dispositif. Je vous propose donc de retirer l’amendement no 1656 et de conserver l’article 9 septies. Le gouvernement a annoncé que nous rendrons, de manière rétroactive, tous les dons réalisés après le 1er janvier éligibles à ce régime fiscal. Il s’agit vraiment d’un dispositif ciblé sur le château de Chambord, qui couvre les dons réalisés en 2026.

Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 1656.

Amdt 1656 Rejeté
II
Article 9 septies
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 127 Nombre de suffrages exprimés 122 Majorité absolue 62 Pour l’adoption 56 Contre 66

II
Article 9 septies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1656 n’est pas adopté.)

Amdt 1656 Rejeté
Photo de M. le président
Article 9 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 3018.

Amdt 3018 Retiré
Photo de M. Philippe Juvin
Article 9 septies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je le retire.

II
Article 9 septies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3018 est retiré.)

Amdt 3018 Retiré
II
Article 9 septies
Intervenant non identifié

(L’article 9 septies est adopté.)

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1762 de M. le rapporteur général est rédactionnel.

Amdt 1762 Adopté
II
Article 10
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1762, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 1762 Adopté
Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 1763 et 1764 de M. le rapporteur général sont de coordination.

Amdt 1763 Adopté Amdt 1764 Adopté
II
Article 10
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1763 et 1764, acceptés par le gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Amdt 1763 Adopté Amdt 1764 Adopté
Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur les amendements identiques nos 1176 de M. Jean-Philippe Tanguy et no 1611 de Mme Manon Meunier, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Ces amendements sont défendus. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 10
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission a examiné et adopté ces amendements. Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 10
Mme Amélie de Montchalin ministre

Le gouvernement s’en remet à la sagesse de l’Assemblée. Nous voulons qu’il n’y ait aucun doute sur le fait que nous n’instaurerons aucun impôt ni aucune charge, que nous ne créerons aucune difficulté à la reconstitution de l’activité des éleveurs dont le troupeau a été abattu – près de 3 300 bovins ont été concernés – du fait de cette épizootie. Le gouvernement ne mettra aucune entrave. Monsieur Tanguy, vous voulez préciser que cela vaut toujours, que les vaches aient été achetées pour reconstituer un cheptel de reproduction ou autre. Les règles en vigueur sont pourtant claires et personne n’a jamais fait mention de cette difficulté car, en général, quand les éleveurs achètent des bêtes, ils en font bien un usage de reproduction, qu’il s’agisse de vaches laitières ou de vaches allaitantes – cela représente 99,9 % des cas. Si vous voulez lever le doute pour les 0,1 % restants, je m’en remets à votre sagesse. Il me semble cependant que cette rédaction n’est pas nécessaire..

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 1176 et 1611.

Amdt 1176 Adopté Amdt 1611 Adopté
II
Article 10
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 111 Nombre de suffrages exprimés 102 Majorité absolue 52 Pour l’adoption 87 Contre 15

II
Article 10
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 1176 et 1611, modifiés par la suppression du gage, sont adoptés.)

Amdt 1176 Adopté Amdt 1611 Adopté
Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de plusieurs amendements, nos 3217, 2490, 3005, 3373, 1765, 428 et 857, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 2490, 3005 et 3373 sont identiques, ainsi que les amendements nos 428 et 857. La parole est à Mme Marie-Christine Dalloz, pour soutenir l’amendement no 3217.

Amdt 3217 Retiré
Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 10
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

Il s’agit d’un amendement de mon collègue Julien Dive, qui connaît bien ce sujet-là. Vous l’avez dit très clairement, madame la ministre : il n’y aura pas de fiscalité sur la compensation pour l’abattage des troupeaux par suite de la DNC, la dermatose nodulaire contagieuse. L’article prévoit que le montant de la compensation doit être réutilisé dans un délai de vingt-quatre mois pour être exonéré d’impôt. Or vous savez comme moi que la reconstruction d’un troupeau, pour les vaches allaitantes comme pour les vaches reproductrices, est assez longue, pour des raisons génétiques, car il faut trouver différentes espèces. Il convient donc d’indiquer que le délai mentionné permet uniquement de déterminer la limite de l’exonération. En l’occurrence, l’amendement no 3217, dont la rédaction me paraît claire, prévoit une durée de vingt-quatre mois pour l’exonération à compter de la perception des sommes affectées pour des demandes déposées entre le 29 juin 2025 et le 31 janvier 2026.

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 2490 de M. Thierry Benoit et 3005 de M. Laurent Croizier sont défendus. La parole est à M. Eric Liégeon, pour soutenir l’amendement no 3373.

Amdt 2490 Adopté Amdt 3005 Adopté
Photo de M. Eric Liégeon
Article 10
M. Eric Liégeon Eric Liégeon DR

L’article 10 prévoit l’exonération d’impôt sur le revenu et d’impôt sur les sociétés de la différence entre l’indemnité perçue au titre de l’abattage sanitaire des animaux et leur valeur nette comptable inscrite à l’actif au moment de cet abattage. L’amendement tend à clarifier la portée de la mesure en simplifiant sa rédaction. En effet, il doit être clair pour les éleveurs que le non-emploi de la totalité de l’indemnité dans un délai de vingt-quatre mois ne les prive pas d’exonération et que ce délai permet uniquement de déterminer la limite de cette exonération.

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1765 de M. le rapporteur général est défendu. Nous en venons aux amendements identiques nos 428 et 857. La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 428.

Amdt 1765 Tombé
Photo de Mme Véronique Louwagie
Article 10
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Cet amendement, déposé à l’initiative de mon collègue Jérôme Nury, vise à exonérer d’impôts, de droits et de prélèvements les indemnités versées aux éleveurs dans le cadre des crises sanitaires animales – c’est un sujet que j’ai eu l’occasion d’aborder à plusieurs reprises depuis quelques années. L’amendement diffère des précédents, car il propose de ne pas conditionner les exonérations au renouvellement du cheptel. Les éleveurs se trouvent en effet dans une situation douloureuse. Parfois, certains décident de changer de profession ou de prendre leur retraite, s’ils sont proches de l’âge requis. En tout cas, qu’ils décident ou non de renouveler leur cheptel, les indemnités versées par l’État – qui constituent un soutien important pour les exploitations – doivent être complètement exonérées, du fait de la situation très difficile des éleveurs.

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Marie-Christine Dalloz, pour soutenir l’amendement no 857.

Amdt 857 Tombé
Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 10
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

Pour compléter ce qu’a très bien dit ma collègue Véronique Louwagie, permettez-moi de vous donner un exemple concret : celui d’un éleveur de 60 ou 62 ans, usé par sa vie de dur labeur et qui a été victime de l’abattage total de son cheptel en raison de la DNC. Pensez-vous réellement qu’à son âge, il reprendra son activité pour reconstituer un cheptel, alors qu’il avait envisagé à brève échéance de vendre la totalité de son patrimoine, de son cheptel et de prendre sa retraite ? Non. Par désespoir, par lassitude, il arrêtera son activité. Il serait profondément injuste que les indemnités reçues après un drame professionnel soient fiscalisées. Cela le pénaliserait, car l’indemnité est une compensation de la vente qu’il aurait pu opérer au moment de son départ à la retraite. Il est donc nécessaire de ne pas fiscaliser ces indemnités, que l’exploitant décide ou non de reprendre son activité agricole.

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 10
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 10
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je demande le retrait de l’amendement no 3217 au profit des amendements no 2490 et identiques, qui sont mieux rédigés et sur lesquels j’émets un avis favorable.

II
Article 10
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3217 est retiré.)

Amdt 3217 Retiré
Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Article 10
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Je tiens à remercier nos collègues pour ces amendements et le gouvernement pour son avis. Ces derniers mois, on a beaucoup parlé, à juste titre, du traumatisme profond qui peut toucher les exploitants et les éleveurs. Au-delà de ce traumatisme et des conséquences financières, il faut prendre en considération le fait que l’abattage peut se reproduire. Je pense en particulier à la grippe aviaire, qui peut affecter une même exploitation à plusieurs reprises. On peut donc comprendre qu’à un moment donné, les éleveurs décident de faire autre chose. D’autre part, beaucoup d’entre eux sont en pluriactivité. Ils peuvent décider d’arracher des vignes pour semer des céréales ou, au contraire, de réorienter une partie de leur activité vers les gîtes ruraux. Les situations sont très diverses. Quoi qu’il en soit, nous devons être derrière eux dans cette période très difficile.

Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Dominique Potier.

Photo de M. Dominique Potier
Article 10
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Je voudrais remercier nos collègues de la Droite républicaine pour les précisions qu’ils apportent à la proposition formulée en première lecture par notre collègue Marie-José Allemand. Leur travail affiné et précis vient parfaitement compléter les fondations que nous avions posées. J’apprécie quand le Parlement coopère en vue de chercher la juste mesure. Je me permets juste de vous dire qu’au-delà de l’émotion que nous éprouvons face à ce sujet sensible, nous devons trouver des solutions qui nous rassemblent. Lors de sa réunion, ce matin, au Sénat, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, l’Opecst, a, de façon quasi unanime, non seulement salué les politiques sanitaires actuelles, mais aussi soutenu la recherche d’alternatives, dans le cadre de la science et du dialogue. Ce travail honore, je le crois, le Parlement. Je signale également que l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) a lancé une mission sur un élevage durable. Au nom du groupe socialiste, j’ai demandé au ministère de l’agriculture qu’il nous soit remis chaque année un compte rendu de cette mission de recherche sur les solutions herbagères et la prophylaxie, car les épizooties ne cesseront de s’accentuer avec le dérèglement climatique. Vous voyez, il y a une issue. Redonnons de l’espoir à nos éleveurs, en fixant des compensations justes mais aussi en ouvrant des horizons.

II
Article 10
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 2490, 3005 et 3373 sont adoptés ; en conséquence, l’amendement no 1765 et les amendements identiques nos 428 et 857 tombent.)

Amdt 2490 Adopté Amdt 3005 Adopté Amdt 3373 Adopté
Photo de M. le président
Article 10
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 2042 rectifié.

2042 (Rect) Adopté
Photo de M. Nicolas Ray
Article 10
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

Cet amendement de notre collègue Julien Dive prévoit de proroger de trois années – jusqu’en 2028 – le crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique, qui traverse actuellement une crise majeure. Cette mesure permettrait de compenser les charges de la transition vers l’agriculture biologique, afin d’apporter un réel soutien aux agriculteurs qui s’engagent dans une agriculture plus durable.

II
Article 10
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2042 rectifié, accepté par la commission et le gouvernement, modifié par la suppression du gage, est adopté.)

2042 (Rect) Adopté
II
Article 10
Intervenant non identifié

(L’article 10, amendé, est adopté.)

II
Article 10 bis
Intervenant non identifié

(L’article 10 bis est adopté.)

Photo de M. le président
Article 10 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3496, tendant à supprimer l’article.

Amdt 3496 Adopté
MM
Article 10 ter
Mme Amélie de Montchalin ministre

Cet article apporterait à nos agriculteurs un très grand soutien, mais, comme tout à l’heure, j’ai du mal à comprendre pourquoi ils seraient les seuls à en bénéficier. L’article adopté par le Sénat prévoit en effet de ne pas imposer dans la tranche supérieure du foyer, lors de la cessation de l’une des activités agricoles exercées par le contribuable, l’excédent du bénéfice de l’année de cette activité cessée par rapport à la moyenne triennale des bénéfices de cette activité. Cela veut dire que si l’on cesse une activité, on ne sera pas, pour cette raison, imposé comme on devrait l’être normalement. De nombreux arguments, notamment la gravité de la crise agricole, plaident en faveur d’une telle dérogation, mais je pense qu’il faut s’en tenir aux mécanismes de droit commun. En effet, de nombreux autres contribuables – commerçants, artisans ou chefs d’entreprise –, bien qu’ils cessent leur activité, payent l’impôt qui est dû, sans passer mécaniquement dans la tranche inférieure d’imposition ! Nous voulons soutenir les agriculteurs, il n’y a aucun doute sur ce point – vous avez entendu nos engagements successifs, répétés et forts sur le sujet –, mais ce mécanisme ne me semble pas la meilleure manière d’y arriver.

Photo de M. le président
Article 10 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 ter
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis favorable. La mesure adoptée par le Sénat est déjà satisfaite par le droit actuel. En outre, l’article entraînerait une inégalité de traitement entre les agriculteurs ayant opté pour le système de moyenne triennale et ceux qui n’en bénéficient pas.

II
Article 10 ter
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3496 est adopté ; en conséquence, l’article 10 ter est supprimé.)

Amdt 3496 Adopté
Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 354, 1509 et 1879, tendant à supprimer l’article. La parole est à Mme Marie-Christine Dalloz, pour soutenir l’amendement no 354.

Amdt 354 Retiré
Photo de Mme Marie-Christine Dalloz
Article 10 quater
Mme Marie-Christine Dalloz Marie-Christine Dalloz DR

Cet article concerne les entreprises agricoles adhérentes à une coopérative d’utilisation de matériel agricole (Cuma). Le dispositif existant a été ouvert à tout le monde, à enveloppe constante. Cela se traduit par une réduction de 20 000 euros des plafonds d’exonération du régime des plus-values professionnelles prévus à l’article 151 septies du code général des impôts. Cette diminution importante va toucher les investissements, notamment tout ce qui concerne les achats de matériel. Puisque les exploitations concernées sont souvent soumises à l’IR, nous proposons de supprimer cet article, qui pénaliserait tout le monde, et de revenir au dispositif existant, dont l’efficacité a été améliorée grâce au relèvement des plafonds en 2024 et 2025, au bénéfice des Cuma.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements identiques no 1509 de Mme Françoise Buffet et no 1879 de M. Christophe Marion sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 quater
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je vous proposerais bien de retirer ces amendements au profit de l’amendement no 1321 de M. Ray. Je comprends que l’irritant principal de l’article est le rabot proposé aux exonérations de plus-values de cession agricole, mais il me semble que si l’on supprime le rabot, on supprime aussi le crédit d’impôt. Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée, en attendant d’entendre Mme la ministre sur les conséquences réelles de la suppression.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 10 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Cet article est le fruit d’un consensus transpartisan, qui a été forgé notamment par Dominique Potier et Pascal Lecamp. Il a été pensé pour apporter une solution qui ne pèse pas sur les finances publiques et pour sortir certains exploitants du cercle vicieux de l’endettement. Favoriser la mise en commun de matériel agricole est une bonne idée pour notre pays. Cela permettrait de créer des dynamiques collectives et d’avoir du machinisme de pointe tout en évitant les coûts afférents à l’achat de ce matériel. Je pense donc pouvoir dire que nous sommes tous d’accord pour soutenir les Cuma. Madame Dalloz, permettez-moi de rappeler quelques chiffres. On passe d’un plafond de 350 000 euros à un plafond de 330 000 euros pour une exonération totale, et de 450 000 euros à 430 000 euros pour une exonération partielle. Nous ne sommes donc pas en train de supprimer la mesure. Cette réduction reste importante pour les achats individuels, et elle donne aussi un vrai coup de pouce à l’achat collectif. Cette proposition, travaillée avec vigueur et adoptée en première lecture, est donc un bon point de départ. Toutefois, si elle devait mettre des gens en difficulté dans les prochains mois, il sera toujours temps de reprendre le débat – et je m’y engage –, que ce soit dans le cadre d’une potentielle loi d’urgence agricole ou du prochain projet de loi de finances. D’ici là, en encourageant la mise en commun des machines agricoles, nous assurons à l’agriculture française un meilleur fonctionnement et une meilleure compétitivité. Je soutiens donc cet article.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Pascal Lecamp.

Photo de M. Pascal Lecamp
Article 10 quater
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

En complément du brillant exposé de la ministre, je rappelle qu’il y a deux mois, nous avions unanimement partagé le constat des Cuma. La mécanisation collective en France est inférieure à 10 %, soit 10 points d’écart avec les pays voisins, alors que la mécanisation représente en moyenne, selon les filières, entre 25 % et 30 % des charges d’exploitation des entreprises agricoles. Mes collègues Julien Dive, Dominique Potier et moi-même travaillons donc depuis plusieurs mois avec les Cuma pour atteindre l’objectif que ces coopératives se sont fixé : un taux de mécanisation collective de 30 % en 2050. Il s’agit par ailleurs d’argent public. Nous avons donc souhaité que la création de ce crédit d’impôt soit indolore pour le budget de l’État et qu’elle s’accompagne d’une baisse du plafond d’exonération de 20 000 euros – exonération qui restera naturellement possible pour les investissements inférieurs au nouveau plafond de 330 000 euros – plutôt que d’entraîner d’importantes dépenses. Il faut éviter que l’argent public ne favorise à la fois la mécanisation collective et la mécanisation individuelle, ce qui aurait des effets contre-productifs et des conséquences sur le budget de l’État. Je vous invite donc à ne pas voter ces amendements de suppression et à adopter l’amendement no 3145 rectifié, sous-amendé par Dominique Potier, que je présenterai tout à l’heure.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Dominique Potier.

Photo de M. Dominique Potier
Article 10 quater
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Un mot pour redire que l’amendement à l’origine de cet article a été construit avec l’ensemble des députés qui travaillent sur les questions agricoles – de la droite républicaine aux écologistes. Nos perspectives se sont fondées à la fois sur les rapports de la Cour des comptes et sur ceux de l’inspection du CGAAER – le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux – qui font tous état de la surmécanisation française, liée aux défiscalisations qui ont favorisé la hausse du prix du matériel. Or cette hausse des prix s’applique à tous ! Pour le dire de manière caricaturale, Bercy finance aujourd’hui les industries allemande et américaine du machinisme. En réajustant notre fiscalité de manière plus pertinente, nous générons des économies dans les fermes et faisons œuvre de justice – puisque les Cuma étaient privées de tels dispositifs fiscaux – tout en favorisant la diminution de cette surmécanisation qui pénalise le revenu. Nous avons raison de nous battre pour le juste prix mais, en amont, certaines hausses de prix sont insupportables et nous ne pouvons accepter qu’elles soient le fruit d’une fiscalité mal pensée. Enfin, nous proposons par l’amendement no 3145 rectifié un petit ajustement qui pourra avoir un effet de levier pour un paysan sur deux – là où la mesure de Mme Dalloz bénéficiera à moins de 5 % des agriculteurs.

II
Article 10 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 354 est retiré.)

Amdt 354 Retiré
II
Article 10 quater
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 1509 et 1879 ne sont pas adoptés.)

Amdt 1509 Rejeté Amdt 1879 Rejeté
Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Christophe Marion, pour soutenir l’amendement no 1881.

Amdt 1881 Rejeté
Photo de M. Christophe Marion
Article 10 quater
M. Christophe Marion Christophe Marion EPR

Cet amendement propose de réécrire l’article 10 quater afin qu’il modifie l’article 151 septies du code général des impôts, non plus pour créer un crédit d’impôt au titre des dépenses de mécanisation collective, mais pour sécuriser et préserver le régime d’exonération des plus-values professionnelles qui constitue un levier fiscal indispensable au renouvellement des agroéquipements. Une récente jurisprudence fiscale et une nouvelle définition comptable du résultat exceptionnel par le plan comptable général sont en effet venues fragiliser ce dispositif en estimant que les recettes de cession des actifs immobilisés constituaient des recettes annuelles dont il convenait de tenir compte pour l’appréciation des seuils d’exonération en application de l’article 151 septies. L’amendement tend donc à revenir sur cette modification et à faire abstraction des produits provenant de la cession d’éléments de l’actif immobilisé dans l’appréciation des seuils de recettes pour l’application des régimes d’exonération des plus-values professionnelles.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 quater
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je m’en remets au gouvernement. Vous faites référence à une interprétation de la cour administrative d’appel qui pourrait avoir des effets de bord sur les seuils d’application des exonérations. Sagesse.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 10 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Pascal Lecamp.

Photo de M. Pascal Lecamp
Article 10 quater
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

L’amendement de M. Marion est en réalité un amendement de suppression caché puisqu’il recrée un crédit d’impôt et efface l’abaissement du plafond qui servait à financer celui prévu par l’article. Il faut le rejeter comme les amendements précédents.

II
Article 10 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1881 n’est pas adopté.)

Amdt 1881 Rejeté
Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 622 rectifié de Mme Valérie Bazin-Malgras est défendu.

622 (Rect) Rejeté
II
Article 10 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 622 rectifié, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

622 (Rect) Rejeté
Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 1321.

Amdt 1321 Rejeté
Photo de M. Nicolas Ray
Article 10 quater
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

L’article 10 quater adopté au Sénat crée un crédit d’impôt destiné à soutenir les dépenses liées à la mécanisation collective pour les exploitants agricoles membres d’une Cuma. Si cette mesure peut représenter un réel avantage, le financement de ce nouveau dispositif dans la rédaction actuelle de l’article suscite des inquiétudes dans le monde agricole. Il s’appuie en effet sur la réduction de 20 000 euros du plafond de l’exonération fiscale sur les plus-values de cession de matériels agricoles actuellement prévu à l’article 151 septies du code général des impôts. Ce régime fiscal est pourtant un outil reconnu, largement utilisé dans le secteur agricole et qui tient un rôle important pour le renouvellement des équipements. Réduire ce plafond pour financer un nouveau dispositif pourrait donc nuire à la compétitivité et à la modernisation des exploitations. Par ailleurs, la diminution du plafond proposée par le Sénat revient à fragiliser l’augmentation de 100 000 euros instaurée par la loi de finances pour 2024, dont l’objectif était de renforcer l’efficacité du dispositif. Encore une fois, les agriculteurs, comme tous les acteurs économiques, ont besoin de stabilité fiscale pour planifier leurs investissements. Cet amendement propose donc de ne pas faire reposer le financement de ce crédit d’impôt sur la diminution du plafond d’exonération des plus-values professionnelles.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 quater
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Comme je l’ai dit tout à l’heure, l’amendement de M. Ray est plus pertinent que les amendements de suppression précédents puisqu’il supprime la source majeure d’irritation, le rabot proposé au plafond des plus-values de cession pour les exploitants. Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 10 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Quant à moi, j’essaye de rester constante et cohérente avec notre première lecture du PLF. Si cette mesure devait poser de vraies difficultés ou si certains exploitants se voyaient empêchés dans leur action au cours des prochains mois, nous aurions plusieurs occasions d’y revenir. Mon avis est donc défavorable. Il me semble que l’équilibre trouvé par le travail transpartisan est bon. Il est d’ailleurs possible – sans vouloir frustrer quiconque – que la baisse des plafonds conduise à une baisse du prix des machines. Nous y reviendrons si ce n’est pas le cas.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Hervé Berville.

Photo de M. Hervé Berville
Article 10 quater
M. Hervé Berville Hervé Berville EPR

L’amendement de notre collègue Nicolas Ray vise le même objectif que les amendements de suppression précédents et les députés du groupe EPR s’y opposeront. Les Cuma sont en effet des outils importants, en particulier pour le renouvellement des générations en agriculture. (M. Dominique Potier applaudit.) Il y a deux mois, j’ai participé à l’inauguration de la Cuma des Trois-Croix, à Pluduno dans ma circonscription. Plus de cinquante éleveurs-agriculteurs étaient présents pour mutualiser leurs outils et leurs machines afin de réduire non seulement les coûts, mais aussi leur empreinte carbone. En effet, au moment où tous nos secteurs se lancent dans la décarbonation, une meilleure répartition des financements de l’État en faveur des Cuma favorisera tout autant la mutualisation et la modernisation de nos exploitations que l’adaptation de l’agriculture au changement climatique. Nous sommes donc contre cet amendement et favorables à celui de notre collègue Pascal Lecamp.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Pascal Lecamp.

Photo de M. Pascal Lecamp
Article 10 quater
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

L’amendement no 1321 est un énorme contresens. Nous proposons de notre côté un amendement vertueux qui favorise le machinisme collectif et qui ne coûte rien au budget. Votre amendement propose, lui, de créer ce crédit d’impôt en faveur du machinisme agricole collectif tout en maintenant le niveau de subventions au machinisme agricole privé. On dépense donc des deux côtés tout en espérant que cette masse d’argent plus importante réduise la surmécanisation française ! Il faut donc s’opposer aussi à cet amendement.

II
Article 10 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1321 n’est pas adopté.)

Amdt 1321 Rejeté
Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Lionel Duparay, pour soutenir l’amendement no 620 rectifié.

620 (Rect) Rejeté
Photo de M. Lionel Duparay
Article 10 quater
M. Lionel Duparay Lionel Duparay DR

Il vise à ouvrir les avantages des Cuma à toutes les entreprises de travaux agricoles. C’est une question d’équité et cela contribuerait à augmenter le taux d’utilisation des équipements agricoles.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 quater
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 10 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Défavorable.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Dominique Potier.

Photo de M. Dominique Potier
Article 10 quater
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

L’argent public est précieux et nous devons l’employer efficacement. Certes, il ne faut pas opposer systématiquement les modèles individuels des entreprises agricoles à ceux des Cuma mais bien rééquilibrer les aides publiques en fonction de ces différentes solutions. Toutefois, si on veut que l’argent public soit efficace et qu’il arrive dans les fermes, vous me concéderez qu’il vaut mieux le donner aux agriculteurs qui se regroupent plutôt qu’aux intermédiaires que sont les entreprises de travaux agricoles. Ce ne serait pas l’esprit de ce que nous avons construit de manière transpartisane – je le répète – et ce petit rééquilibrage me semble en appeler d’autres. Il faut donc voter contre cet amendement. Madame la ministre, j’en profite pour vous demander que cette esquisse de réforme de la fiscalité agricole se poursuive. Nous avons besoin pour cela du diagnostic de l’Inspection générale des finances. Pourquoi les aides à l’agriculture, qui représentent entre 4 et 5 milliards d’euros, soit la moitié des aides issues de la politique agricole commune, font aussi rarement l’objet de débat public ? Nous devons pourtant relever les deux défis que sont le dérèglement climatique et le renouvellement des générations. Cet argent public doit-il être maintenu, voire augmenté ? Comment le répartir de manière juste et efficace pour relever ces deux défis ? Une telle inspection serait vraiment nécessaire pour évaluer l’efficacité, l’effectivité et la justice de ces aides et pour en faire des leviers au service de notre agriculture.

II
Article 10 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 620 rectifié n’est pas adopté.)

620 (Rect) Rejeté
Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Pascal Lecamp, pour soutenir l’amendement no 3145 rectifié, qui fait l’objet du sous-amendement no 3570.

3145 (Rect) Adopté
Photo de M. Pascal Lecamp
Article 10 quater
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

Cet amendement ne modifie qu’à la marge l’article 10 quater – un article adopté au Sénat et très largement inspiré de l’amendement travaillé avec mes collègues Julien Dive et Dominique Potier et que l’Assemblée a elle-même adopté à l’unanimité il y a quelques semaines. Il modifie par exemple les dates d’application puisque le PLF n’a pas été voté avant le 31 décembre. Cet amendement a toutefois un gros défaut puisqu’il crée au sein des Cuma une facturation séparée pour toutes les charges de personnel. Or les adhérents des Cuma payent leur adhésion sous la forme d’un forfait qui comprend tout, et ne fait pas l’objet d’une facturation distincte. Pour que cet amendement fonctionne mieux, il faut donc voter le sous-amendement no 3570 de M. Dominique Potier, qui vise à corriger la liste des dépenses éligibles au crédit d’impôt.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir le sous-amendement no 3570.

Amdt 3570 Adopté
Photo de M. Dominique Potier
Article 10 quater
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Le rapporteur général ayant indiqué qu’il n’avait pas totalement saisi l’intérêt de ce sous-amendement, je vais apporter quelques précisions. Tout d’abord je souhaite saluer le travail transpartisan sur un diagnostic partagé, et la volonté d’engager un processus pour rendre la fiscalité plus juste et efficace. Je tiens également à souligner la qualité de la coopération avec le gouvernement : la ministre du budget et la ministre de l’agriculture ont été à nos côtés pour chercher les bonnes solutions. Dans le cadre de la navette, après l’adoption de cet article à l’unanimité au Sénat, le gouvernement a apporté des précisions techniques. Permettez qu’au nom du mouvement des Cuma, nous en apportions également. Dans la version proposée, les frais de mécanisation ou d’administration assurés par un centre de gestion ou par la centrale de mécanique agricole du territoire sont pris en compte, et c’est une très bonne chose. Mais il se peut qu’une coopérative agricole embauche un mécanicien, c’est une formule utilisée de plus en plus fréquemment : on construit un hangar et on embauche le mécanicien, les charges administratives sont prises en charge, et cela crée de l’emploi local en économie sociale, c’est formidable. Mais les coûts pour la coopérative ne sont pas pris en compte dans la rédaction actuelle de l’amendement. Le mouvement Cuma propose que lorsque les charges sont afférentes aux salariés de la coopérative, au service des paysans, elles soient prises en compte de la même façon qu’une facture établie par un prestataire extérieur. J’espère que le rapporteur général nous fera confiance après cette explication qui, je l’espère, est claire.

Photo de M. Hervé Berville
Article 10 quater
M. Hervé Berville Hervé Berville EPR

Excellent !

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 quater
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis favorable à l’amendement de M. Lecamp. J’avoue avoir dit à M. Potier que je n’avais pas compris la totalité de son sous-amendement, puisqu’il vient de le déposer et que je n’ai pas eu le temps de l’étudier, mais au bénéfice de ses explications, j’y donne un avis favorable.

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 10 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Avis favorable à l’amendement no 3145 rectifié et au sous-amendement no 3570. Je partage les avis exprimés concernant le régime d’exonérations, de dérogations et de réductions existantes, qui avoisine probablement plusieurs milliards d’euros. Je suis donc prête à ce qu’une mission d’inspection ou une mission parlementaire approfondie permette d’établir un diagnostic de manière transpartisane sur les enjeux de fiscalité agricole. Il y va de notre souveraineté agricole mais c’est aussi une question de respect pour la dure réalité du milieu agricole. Il y a parfois beaucoup de tensions, et pour les résorber, il faut se fonder sur des faits partagés. Si nous voulons faire des réformes, nous devons nous appuyer sur des éléments réels et concrets. Faire preuve de bon sens paysan, les pieds dans la glaise, c’est parfois humide et difficile, mais votre proposition me semble intéressante. Dès que nous aurons un budget – et je souhaite que soit bientôt le cas (Sourires et approbation sur de nombreux bancs) – nous pourrons nous consacrer à la prochaine loi de finances. Je m’engage à accompagner en 2026 les travaux que vous souhaitez engager et qui me semblent utiles.

Photo de M. Pascal Lecamp
Article 10 quater
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

Merci beaucoup !

Photo de M. le président
Article 10 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Hervé Berville.

Photo de M. Hervé Berville
Article 10 quater
M. Hervé Berville Hervé Berville EPR

Je souscris totalement aux propos de notre collègue Potier. Madame la ministre, il faut absolument que la mission salutaire et précieuse que vous avez évoquée sur les enjeux de la fiscalité agricole rende ses travaux avant l’examen du projet de loi d’urgence agricole, pour adapter la future législation à ces enjeux de long terme. Il faut également intégrer la transformation de notre fiscalité aux enjeux d’adaptation au dérèglement climatique, c’est vrai pour la Bretagne comme pour le Sud-Ouest ou la Méditerranée. Il est important et urgent de mener ce travail dans un cadre global et dans la transparence que vous devez au Parlement.

II
Article 10 quater
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 3570, modifié par la suppression du gage, est adopté.)

Amdt 3570 Adopté
II
Article 10 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3145 rectifié, sous-amendé, modifié par la suppression du gage, est adopté.)

3145 (Rect) Adopté
II
Article 10 quater
Intervenant non identifié

(L’article 10 quater, amendé, est adopté.)

II
Article 10 quinquies
Intervenant non identifié

(L’article 10 quinquies est adopté.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix-sept heures trente-cinq, est reprise à dix-sept heures quarante-cinq.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est reprise.

Photo de M. le président
Article 10 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 2884 tendant à supprimer l’article 10 sexies.

Amdt 2884 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

L’article 10 sexies modifierait profondément la nature du crédit d’impôt au titre d’investissements forestiers. Cet article serait facilement contournable, puisqu’il suffirait de réexporter le bois à l’extérieur de l’Union européenne pour respecter la condition qu’il pose. En outre, il est selon moi incompatible avec le droit de l’Union relatif à la libre circulation des biens et à celle des capitaux. Enfin, la mesure serait redondante avec des dispositifs tels que le label Transformation UE. C’est pourquoi je présente cet amendement de suppression. La commission l’a rejeté, mais j’y suis bien évidemment favorable à titre personnel.

II
Article 10 sexies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2884, accepté par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 2884 Rejeté
Photo de M. le président
Article 10 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1670 de M. Aurélien Le Coq est défendu.

Amdt 1670 Adopté
II
Article 10 sexies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1670, repoussé par la commission et le gouvernement, est adopté.)

Amdt 1670 Adopté
II
Article 10 sexies
Intervenant non identifié

(L’article 10 sexies, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 10 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 2885 tendant à supprimer l’article 10 septies.

Amdt 2885 Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 septies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

L’article 10 septies vise à instituer un crédit d’impôt pour la gestion durable des haies. Or le droit français est déjà riche de dispositions relatives aux haies. D’abord, la politique agricole commune prévoit un bonus haies, qui a été revalorisé en 2025. Ensuite, le pacte en faveur de la haie a été doté de 45 millions d’euros en crédits de paiement en 2024, puis de 40 millions en 2025 ; il bénéficiera a priori de 27,9 millions en 2026. Enfin, la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture a créé une certification garantissant la gestion durable des haies. Instituer en sus un crédit d’impôt nuirait à la cohérence de l’ensemble, d’où mon amendement de suppression. Je précise que la commission l’a rejeté, mais que j’y suis favorable à titre personnel.

Photo de M. le président
Article 10 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 10 septies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Ma position est alignée sur celle du rapporteur général. Si j’ai un message à vous adresser sur toutes ces questions fiscales, c’est qu’il vaut mieux choisir, parmi les dispositifs existants, celui qui fonctionne, quitte à y consacrer davantage de moyens si l’on souhaite aller plus loin, plutôt que de créer en parallèle une horde de dispositifs plus ou moins semblables, à telle enseigne qu’une personne qui entretient ses haies dans ses champs ou le long des voies de passage n’est pas bien sûre que lesdits dispositifs sont adaptés à son cas. Les haies sont vitales, nous le savons tous, pour la biodiversité et pour nos campagnes. Conservons ce qui fonctionne, simplifions, renforçons le cas échéant l’existant, mais de grâce, n’inventons pas de dispositif nouveau, surtout pas une niche fiscale supplémentaire ! C’est ingérable et cela coûte très cher, car il faut alors créer à la direction générale des finances publiques (DGFIP) des postes d’agents chargés de contrôler, qui doivent notamment se rendre sur le terrain. Je suis donc favorable à cet amendement de M. Juvin.

II
Article 10 septies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2885 est adopté ; en conséquence, l’article 10 septies est supprimé.)

Amdt 2885 Adopté
Photo de M. le président
Article 10 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de cinq amendements identiques, nos 623, 1474, 1920, 2850 et 3155, tendant à supprimer l’article 10 octies. La parole est à M. Lionel Duparay, pour soutenir l’amendement no 623.

Amdt 623 Adopté
Photo de M. Lionel Duparay
Article 10 octies
M. Lionel Duparay Lionel Duparay DR

Pourquoi changer ce qui fonctionne et permet d’atteindre les objectifs ? Pourquoi mettre du flou dans ce qui est clair ? Le dispositif qui encadre actuellement la gestion de nos bois et forêts est bien connu et maîtrisé. L’article 10 octies donnerait lieu à diverses interprétations et introduirait de la subjectivité. C’est pourquoi nous demandons sa suppression.

Photo de M. le président
Article 10 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 1474.

Amdt 1474 Adopté
Photo de M. Nicolas Ray
Article 10 octies
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

L’article 793 du code général des impôts prévoit que, en cas de transmission à titre gratuit, les bois et forêts ou les parts de groupement forestier sont exonérés de droits de mutation à titre gratuit (DMTG) sur 75 % de leur valeur. L’article 10 octies, qui nous vient du Sénat, tend à ramener à 50 % la fraction de l’exonération applicable aux transmissions dans un groupement forestier, sauf lorsque l’héritier, le donataire ou le légataire prend l’engagement de mettre en œuvre sur les terrains transmis une gestion sylvicole durable, définie comme contribuant significativement aux objectifs suivants : augmenter le puits carbone, en particulier dans les sols forestiers ; améliorer l’état de conservation de l’habitat forestier. Nous considérons que cette condition supplémentaire est particulièrement floue. Elle compliquerait le dispositif en vigueur, qui fonctionne bien. D’où cet amendement de suppression.

Photo de M. le président
Article 10 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 1920 de Mme Josiane Corneloup, 2850 de M. le rapporteur général et 3155 de Mme Sophie Mette sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Amdt 1920 Adopté Amdt 2850 Adopté Amdt 3155 Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 octies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Étant l’auteur de l’un d’entre eux, j’y suis très favorable – mais à titre personnel, puisqu’ils ont été rejetés par la commission. Le dispositif en vigueur est très utile pour la transmission des biens forestiers. Il convient de ne pas le remettre en cause. La condition posée par l’article 10 octies, à savoir la nécessité d’entretenir la forêt de façon vertueuse, est en réalité déjà prévue :...

Photo de M. Emmanuel Mandon
Article 10 octies
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Tout à fait !

Photo de M. Philippe Juvin
Article 10 octies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

…des critères de gestion durable des forêts ont été fixés et il est obligatoire d’adopter un plan de gestion forestière.

II
Article 10 octies
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 623, 1474, 1920, 2850 et 3155, acceptés par le gouvernement, sont adoptés ; en conséquence, l’article 10 octies est supprimé.)

Amdt 623 Adopté Amdt 1474 Adopté Amdt 1920 Adopté Amdt 2850 Adopté Amdt 3155 Adopté
II
Article 10 nonies
Intervenant non identifié

(L’article 10 nonies est adopté.)

Photo de M. le président
Article 10 decies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1673 de Mme Mathilde Feld, tendant à supprimer l’article 10 decies, est défendu.

Amdt 1673 Rejeté
II
Article 10 decies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1673, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 1673 Rejeté
II
Article 10 decies
Intervenant non identifié

(L’article 10 decies est adopté.)

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Edwige Diaz.

Photo de Mme Edwige Diaz
Article 11
Mme Edwige Diaz Edwige Diaz RN

L’article 11 a trait à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), dont nous entendons parler depuis bien longtemps. Je vous rafraîchis la mémoire : avant l’élection présidentielle de 2022, pour s’octroyer la bienveillance des entrepreneurs, le candidat Emmanuel Macron leur avait promis de supprimer la CVAE. Mauvaise surprise : au moment de la loi de finances pour 2023, il ne l’a supprimée qu’en partie, tout en disant qu’il ne fallait pas s’inquiéter, que ce serait pour l’année suivante. En 2023, ne voyant rien venir, les entrepreneurs se sont impatientés et ont interpellé Bruno Le Maire, qui leur a dit à son tour de ne pas s’inquiéter : le gouvernement et les macronistes tiendraient leur promesse, la CVAE serait supprimée d’ici à la fin du quinquennat. Résultat : nous avons vu en 2024 que la suppression totale de la CVAE n’interviendrait qu’en 2030. Le gouvernement, grand seigneur, nous dit désormais qu’il n’y a pas de souci, puisqu’il va ramener l’échéance à 2028. Voilà précisément ce qu’il ne faut pas faire quand on veut soutenir les entreprises ! Il convient de mettre fin à l’instabilité ; les entrepreneurs ne savent plus comment ils doivent anticiper leur situation financière. Nous demandons que la promesse du président de la République soit respectée. Au Rassemblement national, vous le savez, nous sommes favorables à la baisse des impôts de production afin de relancer l’économie et de soutenir la compétitivité des entreprises. Il ne s’agit pas là de cadeaux fiscaux, comme on peut l’entendre sur les bancs qui nous font face. En outre, notre position est inspirée par un principe de réalité : dans mon département, la Gironde, la chambre de commerce et d’industrie (CCI) a publié des chiffres alarmants sur les procédures collectives – liquidations et redressements judiciaires. Il est plus qu’urgent d’aider les entreprises à traverser cette épreuve difficile. Nous nous indignons des amendements socialistes, communistes et écologistes – en commission, le groupe LFI avait lui aussi présenté un amendement analogue – qui visent à revenir tout bonnement sur la suppression de la CVAE. Pour notre part, nous voulons bel et bien la supprimer. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 923, 1202 et 3082, tendant à supprimer l’article 11. L’amendement no 923 de M. Philippe Brun est défendu. La parole est à M. Tristan Lahais, pour soutenir l’amendement no 1202.

Amdt 923 Rejeté
Photo de M. Tristan Lahais
Article 11
M. Tristan Lahais Tristan Lahais EcoS

La suppression de la CVAE avait été interrompue il y a deux ans, en raison de la situation des comptes publics. Or je ne crois pas que celle-ci se soit nettement améliorée depuis lors. Nous ne voyons donc pas pourquoi l’on reprendrait le fil de la suppression de la CVAE, d’autant que plusieurs rapports ont montré qu’elle n’avait pas débouché sur une augmentation substantielle de la croissance ou de l’emploi. Nous n’avons rien, par principe, contre l’idéologie,…

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 11
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

C’est sûr : l’idéologie, c’est votre truc !

Photo de M. Tristan Lahais
Article 11
M. Tristan Lahais Tristan Lahais EcoS

…sauf lorsqu’elle aveugle. En l’espèce, la volonté de diminuer les impôts de production relève d’une forme d’aveuglement, puisque les études attestent le faible impact de ces mesures sur l’économie.

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Emmanuel Maurel, pour soutenir l’amendement no 3082.

Amdt 3082 Rejeté
Photo de M. Emmanuel Maurel
Article 11
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

La suppression de la CVAE figurait en effet dans le programme d’Emmanuel Macron. Le gouvernement a commencé à la réaliser. Résultat : il s’est produit ce que nous avions toujours prédit, à savoir une crise des recettes fiscales. Les innombrables diminutions d’impôt, qui ne sont pas toujours pertinentes – celle de la CVAE ne l’est pas – ont creusé le déficit ; c’est l’une des principales raisons de l’état du déficit et de la dette. Nous ne faisons pas le même diagnostic : je pense que notre pays est avant tout confronté à un problème de demande, tandis que vous avez agi sur les recettes, ce qui nous a mis dans une situation très préoccupante. Surtout, la CVAE était une ressource dynamique pour les collectivités locales. Elle a été compensée par une fraction de TVA, qui est beaucoup moins dynamique ; les collectivités en souffrent particulièrement. À un moment où nous cherchons de l’argent pour l’État, le rendement de la CVAE diminuerait de 1 milliard d’euros en 2026, puis de 2 milliards à l’horizon 2027-2028. C’est donc aussi en vertu de la bonne gestion des deniers publics que nous proposons de revenir sur la suppression de la CVAE. Nous avons clairement un désaccord à ce sujet.

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 11
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je rappelle que les impôts de production, dont la CVAE fait partie, pèsent sur l’activité du pays. Leur niveau en France est très largement supérieur à la moyenne de l’Union européenne. C’est une bonne chose que le gouvernement se soit lancé dans la diminution de ces impôts de production. J’émets donc un avis défavorable sur les amendements.

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 11
Mme Amélie de Montchalin ministre

Ma position est alignée sur celle du rapporteur général.

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Article 11
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Aux nostalgiques de la CVAE et à ceux qui lui trouvent aujourd’hui toutes les vertus, je rappelle qu’elle ne constituait pas une bonne recette pour les collectivités territoriales, ainsi que l’ont montré de très nombreux rapports. Premièrement, le rendement de la CVAE n’était absolument pas prévisible : il pouvait baisser d’une année sur l’autre, ce qui s’est d’ailleurs produit ; tel n’est pas le cas du rendement de la TVA. Deuxièmement, sur le long terme, la TVA est une ressource plus dynamique que la CVAE. Troisièmement, il existait une inégalité très forte entre les territoires : le produit de la CVAE était concentré dans les territoires où sont implantés les sièges sociaux des entreprises ; les territoires accueillant seulement des établissements industriels ou des agences n’en voyaient pas la couleur. La CVAE est un impôt aveugle qui touche toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, y compris celles qui ne gagnent pas d’argent puisqu’il s’agit d’un impôt de production. Je ne sais pas si la situation des finances publiques s’est améliorée, mais celle des entreprises est plus difficile qu’avant les dernières crises traversées. Il faut donc aider les entreprises, puisque chacun peut constater que nombre d’entre elles sont en dépôt de bilan et qu’une désindustrialisation est en cours.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 11
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Qui gouverne depuis huit ans ?

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Article 11
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

On ne peut pas se plaindre de la désindustrialisation et ne pas souhaiter la suppression de la CVAE. Certes, il faut trouver un équilibre global pour atteindre les 5 % de déficit, mais cette suppression doit rester un objectif. (M. Paul Midy applaudit.)

Photo de M. Paul Midy
Article 11
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Voilà une parole de sagesse !

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 11
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Très bien !

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Stéphane Delautrette.

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 11
M. Stéphane Delautrette Stéphane Delautrette SOC

L’un des aspects oubliés de la suppression progressive des impôts locaux est la rupture du lien entre celui qui contribue et le territoire. La suppression de la CVAE poursuit cette logique de rupture avec une situation où ceux qui vivaient dans un territoire et y payaient un impôt savaient pourquoi ils le faisaient. Je ne suis pas surpris que le Rassemblement national soit favorable à la disparition de la CVAE puisqu’elle bénéficie pour beaucoup aux intercommunalités, sur lesquelles on connaît la position de ce parti.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 11
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Oui, nous voulons supprimer les EPCI pour rendre le pouvoir aux communes !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 11
M. Stéphane Delautrette Stéphane Delautrette SOC

Comme cela ne lui suffit pas, il a fait adopter un amendement pour priver les intercommunalités de la DGF. J’annonce d’ores et déjà que j’ai demandé au président Coquerel une seconde délibération sur cet amendement : ce qui a été voté met les collectivités locales en grand danger. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

II
Article 11
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 923, 1202 et 3082 ne sont pas adoptés.)

Amdt 923 Rejeté Amdt 1202 Rejeté Amdt 3082 Rejeté
Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Edwige Diaz, pour soutenir l’amendement no 168.

Amdt 168 Rejeté
Photo de Mme Edwige Diaz
Article 11
Mme Edwige Diaz Edwige Diaz RN

Par le biais de cet amendement, nous demandons solennellement au gouvernement de tenir la promesse présidentielle de 2022 et de supprimer la CVAE. Nous avons vu qu’il était opposé aux amendements de la gauche et qu’il restait partisan de cette suppression, mais il lui faut aller jusqu’au bout de cette volonté et le faire rapidement. Vous devez voir comme nous l’économie qui s’effondre, toutes les entreprises qui ferment et le désarroi des chefs d’entreprise qui attendent des mesures fortes. S’il vous plaît, ne prenez pas en otage les entreprises, n’en faites pas les grandes perdantes de votre mauvaise gestion. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’amendement n° 168 et sur l’article 11, je suis saisi par le groupe Rassemblement national de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 168 ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 11
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Beaucoup de députés veulent sans ambiguïté faire disparaître les impôts de production. Une trajectoire a été annoncée pour y parvenir sur la CVAE. Il y a donc désormais trois solutions. Nous aurions pu décider d’annuler la trajectoire, mais le vote précédent prouve que l’Assemblée n’y est pas favorable. Nous pouvons décider d’appliquer la trajectoire, ce qui me semble être la philosophie de ceux qui ont refusé de supprimer l’article. Enfin, comme vous le proposez, nous pouvons interrompre la trajectoire et tout supprimer d’un coup. Cette solution serait la meilleure pour l’économie française, mais elle coûte 2,7 milliards d’euros – somme qui n’est pas financée, si ce n’est par l’emprunt. J’aurais aimé dire oui à votre amendement, mais je ne sais pas où l’on peut trouver 2,7 milliards,…

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 11
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

À Bruxelles !

Photo de M. Philippe Juvin
Article 11
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

…d’autant que vous connaissez comme moi la difficulté à atteindre cette année un équilibre général. Avis défavorable, donc.

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 11
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il y a quelques minutes, votre collègue Renault me demandait où en était le déficit, et vous proposez une mesure qui l’aggraverait d’environ 0,1 point de PIB. Étant donné mes convictions économiques et la réalité des impôts de production, qui pèsent sur les entreprises sans qu’elles aient fait 1 euro de bénéfice et avant même qu’elles aient commencé leur activité, j’adorerais pouvoir vous dire : « Supprimons immédiatement la CVAE ! » D’ailleurs, si nous en avions eu les moyens, nous l’aurions déjà fait, conformément aux engagements des gouvernements qui nous ont précédés. Un peu plus tôt dans l’après-midi, en répondant à M. Tanguy, j’ai parlé de populisme et de démagogie. Je vois bien que vous cherchez à pouvoir dire : Au Rassemblement national, nous avons voté pour que la CVAE soit supprimée immédiatement, et non en 2028. De même que, sur les réseaux sociaux, vous vous vantez d’avoir obtenu 5 milliards d’euros d’économies sur le budget des collectivités locales.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 11
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Non, 4,9 milliards !

MM
Article 11
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il y a plein de choses qu’on aimerait faire plus vite, plein d’économies qu’on voudrait suggérer, mais, dans la vraie vie, quand on gère un pays, il faut tenir compte du principe de réalité. Or, malheureusement, la France n’a pas la capacité de supporter l’adoption, en ce 15 janvier à 18 heures, d’un amendement qui coûterait près de 0,1 point de PIB aux finances de l’État. Que faire pour retrouver cette capacité ?

Photo de M. Antoine Léaument
Article 11
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Taxer les riches !

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 11
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Taxer les ultrariches !

MM
Article 11
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il faut, comme nous le faisons, soutenir la production, ne pas trop augmenter les charges sur le travail, s’assurer que les investisseurs retrouvent confiance et donner des signaux clairs aux entreprises, mais il ne faut pas inventer des impôts de toutes sortes à hauteur de 34 milliards d’euros, comme vous l’avez fait en première lecture.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 11
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Il faut faire des économies !

MM
Article 11
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il faut faire preuve de cohérence. C’est pourquoi, par cohérence avec nos convictions et avec la réalité du monde, je suis malheureusement obligée de rendre un avis défavorable à votre amendement et de vous appeler à un peu de sérieux. Cet amendement me rappelle ce que vous avez fait il y a quelques semaines à propos de la contribution sociale de solidarité des sociétés. Pour signifier qu’il faudrait un jour supprimer cette C3S, M. Sitzenstuhl avait déposé un amendement d’appel.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 11
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Et nous l’avons repris !

MM
Article 11
Mme Amélie de Montchalin ministre

Oui, vous l’avez repris et fait adopter. Mais ensuite, nous avons demandé une seconde délibération parce que la mesure n’était pas financée. Arrêtons de nous lancer dans des combats sympathiques mais non financés !

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Aurélien Le Coq.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 11
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Quand je vois l’amendement de M. Tanguy défendu par Mme Diaz, je ne me demande plus de qui le Rassemblement national est l’ami.

UR
Article 11
Un député du groupe RN

Des Français !

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 11
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Depuis le début du débat budgétaire, le Rassemblement national fait son coming out. Il apparaît très clairement qu’il est l’ami des plus riches et des grandes entreprises. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quel est le coût du Rassemblement national pour les finances publiques ? Il a refusé 8 milliards d’euros d’une surtaxe de l’impôt sur les sociétés qui visait les grandes entreprises distribuant des dividendes, il a contribué à vider la taxe holding – 1 milliard en moins pour les finances publiques – et à dépecer l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) – 600 millions en moins – puis, plus macroniste que les macronistes (M. Christophe Bentz s’exclame), il veut accélérer la suppression de la CVAE – 1 milliard offert aux grandes entreprises et aux plus riches.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 11
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Nous n’avons pas voté pour Macron, nous !

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 11
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Au total, au cours du débat budgétaire, le Rassemblement national a voté plus de 10 milliards d’euros de cadeaux aux plus riches et aux plus grandes entreprises. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 11
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Vous, vous avez voté Macron !

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 11
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Mais il ne les a pas votés seul : systématiquement, il l’a fait main dans la main avec les macronistes. Nous comprenons donc mieux désormais que le Rassemblement national-macroniste ait refusé à deux reprises de destituer le président de la République. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations aux cris de « Vous l’avez élu ! » sur les bancs du groupe RN.) Vous n’êtes que les héritiers, les soutiens, les appuis, les complices des macronistes ! Vous faites croire que vous défendez les classes populaires, mais vous ne défendez que les actionnaires, les multimilliardaires ainsi que celles et ceux qui font souffrir les Français. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Edwige Diaz.

Photo de Mme Edwige Diaz
Article 11
Mme Edwige Diaz Edwige Diaz RN

Madame la ministre, étant donné votre bilan, nous n’avons aucune leçon en matière de cohérence ou de bonne gestion à recevoir de votre part. Quant à vous, collègues de LFI, vous êtes les électeurs des macronistes (Applaudissements sur les bancs du groupe RN) et, probablement et très logiquement, les parlementaires les plus détestés des chefs d’entreprise. Monsieur le rapporteur général, vous nous avez dit qu’il y avait deux solutions : respecter la trajectoire sur laquelle un engagement a été pris ou ne pas la respecter. Toutefois, rien ne vous a empêchés, vous et vos amis, d’interrompre la trajectoire promise par Emmanuel Macron lui-même en 2022. Vous vous demandez tous comment financer la réduction d’impôts de production qui – chacun en convient – pénalisent les entreprises. Madame la ministre, vous dites à longueur d’interviews que vous êtes là pour faire des compromis. Quels compromis avez-vous faits avec le Rassemblement national ? Aucun ! Nous n’arrivons à faire passer des amendements que parce que nous sommes très mobilisés et qu’en face, vous êtes absents. Par ailleurs, vous nous demandez où nous allons trouver les 2 milliards d’euros d’économies nécessaires. La réponse est dans notre contre-budget, que nous vous avons transmis et que nous défendons par chacun de nos amendements. S’il vous plaît, ne faites pas preuve de mauvaise foi et, surtout, ne pénalisez pas les entreprises qui vous lancent des appels à l’aide, qu’hélas vous n’entendez pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 168.

Amdt 168 Rejeté
II
Article 11
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 102 Nombre de suffrages exprimés 98 Majorité absolue 50 Pour l’adoption 48 Contre 50

II
Article 11
Intervenant non identifié

(L’amendement no 168 n’est pas adopté.)

Amdt 168 Rejeté
Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 11
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Merci les LR !

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 11.

II
Article 11
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 11
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 105 Nombre de suffrages exprimés 105 Majorité absolue 53 Pour l’adoption 79 Contre 26

II
Article 11
Intervenant non identifié

(L’article 11 est adopté.)

Photo de M. le président
Article 11 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 11 bis.

II
Article 11 bis
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 11 bis
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 115 Nombre de suffrages exprimés 66 Majorité absolue 34 Pour l’adoption 46 Contre 20

II
Article 11 bis
Intervenant non identifié

(L’article 11 bis est adopté.)

II
Article 11 ter
Intervenant non identifié

(L’article 11 ter est adopté.)

Photo de M. le président
Article 11 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 3474 rectifié et 2396 rectifié. La parole est à Mme la ministre, pour soutenir le premier.

MM
Article 11 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il s’agit d’un amendement technique qui porte sur l’entrée en vigueur de l’article.

Photo de M. le président
Article 11 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 2396 rectifié de M. Daniel Labaronne est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

2396 (Rect) Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 11 quater
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Favorable.

Photo de M. le président
Article 11 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Article 11 quater
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

La colère feinte de notre collègue Le Coq sentait un peu l’amant éconduit. En première lecture, LFI a voté avec le Rassemblement national 35 milliards d’euros d’impôts supplémentaires pour les entreprises, les deux partis nous offrant le spectacle d’un magnifique tango. Mais, comme M. Le Coq, je constate que le Rassemblement national fait un tête-à-queue à l’occasion de la nouvelle lecture du PLF. Nous y sommes habitués : il change d’avis parfois entre l’examen en commission et la séance dans l’hémicycle, parfois entre la première et la deuxième lecture, parfois entre le matin et l’après-midi. Aujourd’hui, il nous fait le coup de la défense des entreprises, après les avoir massacrées en première lecture. Monsieur Le Coq, reconnaissez qu’en première lecture, vous avez voté avec le Rassemblement national pour augmenter massivement la fiscalité des entreprises ! (M. Paul Midy applaudit.)

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 11 quater
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Reconnaissez-le !

Photo de M. le président
Article 11 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.

Photo de M. Éric Coquerel
Article 11 quater
M. Éric Coquerel président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire LFI-NFP

Monsieur Cazeneuve, ce que vous dites n’est pas vrai. (M. Jean-René Cazeneuve proteste.) Pour le prouver, je reviendrai avec les chiffres qui montrent qu’en première lecture, le Rassemblement national a largement plus voté avec vous qu’avec nous. C’est une vérité statistique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Article 11 quater
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Et les 35 milliards ?

Photo de M. Éric Coquerel
Article 11 quater
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

Ce que vous avez dit est faux. Il est vrai en revanche qu’il y a une évolution : désormais, ce n’est plus seulement sur une majorité de votes mais sur presque tous qu’il vous permet de continuer à éviter d’imposer les hauts revenus ou les grandes entreprises et d’augmenter les coupes budgétaires. (Mêmes mouvements.)

Photo de M. Aurélien Le Coq
Article 11 quater
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Voilà !

Photo de M. Éric Coquerel
Article 11 quater
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

Vous avez raison de noter cette évolution, mais la tendance était déjà présente. Contrairement à ce que vous affirmez et à ce qu’a dit hier le premier ministre en mentant, depuis 2022, le Rassemblement national vote plus souvent avec vous que contre vous et vous permet de garder la tête hors de l’eau. C’est une vérité factuelle.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 11 quater
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Houlà ! Vous mettez en cause le premier ministre…

Photo de M. le président
Article 11 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 11 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Si vous le voulez bien, j’aimerais parler du fond. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) La discussion qui vient d’avoir lieu portait certes, elle aussi, sur le fond mais de façon rétrospective alors que j’aimerais évoquer le fond de façon descriptive. Ces amendements concernent la prorogation, jusqu’au 31 décembre 2028, du crédit d’impôt au titre des investissements dans l’industrie verte. Ils visent à adapter ce dispositif à l’encadrement, désormais européen, des aides d’État. Il faut aussi que nous puissions annoncer de bonnes nouvelles pour notre industrie et pour la décarbonation. Or sur cette question, nous en avons. Par ce mécanisme, nous voulons en effet continuer à soutenir tous les investisseurs qui, en France, voudront installer des chaînes de production de batteries, de panneaux photovoltaïques, d’éoliennes ou encore de pompes à chaleur. Je me tournerai donc plutôt vers l’aile gauche de l’hémicycle, mais aussi vers son centre, attaché à la souveraineté, pour rappeler que ce crédit d’impôt ne peut être octroyé à toute entreprise qui aurait procédé à une délocalisation de ses activités dans les deux ans précédents. De même, l’agrément et les avantages assortis peuvent être retirés si une délocalisation hors du territoire national a lieu dans les cinq ans qui suivent le démarrage de l’activité. Pour que l’entreprise bénéficie pleinement de cette mesure, elle doit s’engager à exploiter pendant cinq ans l’outil productif créé en France. Ces conditions avaient d’ailleurs été fixées dès l’instauration du dispositif. Grâce à ce mécanisme, nous soutenons les actifs dits corporels – les terrains, les bâtiments, les installations, les machines et les équipements – mais aussi les actifs dits incorporels, c’est-à-dire les brevets, les licences, les savoir-faire et autres droits de propriété intellectuelle. Voilà, me semble-t-il, un modèle de crédit d’impôt en faveur de l’investissement productif moderne, adapté à notre monde concurrentiel puisqu’il défend à la fois la souveraineté industrielle et la décarbonation tout en respectant un cadre compatible avec le bon usage des deniers publics. Car je note que vous avez, les uns et les autres, exprimé à plusieurs reprises le souhait que l’argent public ne finance pas des acteurs économiques venus dans notre pays, de très loin et au dernier moment, pour bénéficier de nos aides ou, à l’inverse, qui empochent nos aides avant de partir très loin. Ce dispositif fait consensus, est utile dans les territoires et offre une réponse face à la concurrence chinoise et américaine. Vous le voyez, les bonnes raisons pour voter ces amendements ne manquent pas.

II
Article 11 quater
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 3474 rectifié et 2396 rectifié sont adoptés ; en conséquence, l’amendement no 1770 tombe.)

3474 (Rect) Adopté 2396 (Rect) Adopté
Photo de M. le président
Article 11 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1167 de M. Daniel Labaronne est défendu.

Amdt 1167 Adopté
II
Article 11 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1167, accepté par la commission et par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 1167 Adopté
Photo de M. le président
Article 11 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 1767, 1768 et 1769 de M. le rapporteur général sont rédactionnels.

Amdt 1767 Adopté Amdt 1768 Adopté Amdt 1769 Adopté
II
Article 11 quater
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1767, 1768 et 1769, acceptés par le gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Amdt 1767 Adopté Amdt 1768 Adopté Amdt 1769 Adopté
II
Article 11 quater
Intervenant non identifié

(L’article 11 quater, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 11 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1706 de Mme Claire Lejeune, tendant à supprimer l’article 11 quinquies, est défendu.

Amdt 1706 Rejeté
II
Article 11 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1706, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 1706 Rejeté
Photo de M. le président
Article 11 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1771 de M. le rapporteur général est un amendement de coordination.

Amdt 1771 Adopté
II
Article 11 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1771, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 1771 Adopté
II
Article 11 quinquies
Intervenant non identifié

(L’article 11 quinquies, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 11 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements identiques nos 618 de Mme Valérie Bazin-Malgras, 1235 de Mme Félicie Gérard, 2886 de M. le rapporteur général et 3412 de M. Éric Ciotti, tendant à supprimer l’article 11 sexies, sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 11 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

À titre personnel, j’émets bien sûr un avis favorable sur ces amendements puisque j’ai signé l’un d’entre eux. Cependant, la commission les a repoussés.

Photo de M. le président
Article 11 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 11 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Favorable. L’article vise à instaurer, si j’ose dire, un résidu de taxe sur les services numériques. Or cet article n’est pas opérant. Une telle mesure serait très difficile à appliquer. Par ailleurs, elle exposerait la France à diverses mesures de rétorsion, ce qui n’est évidemment pas souhaitable. Vous le savez – M. Roland Lescure a d’ailleurs évoqué ce sujet mardi lors de la séance de questions au gouvernement –, nous sommes désormais en mesure de relancer la négociation mondiale sur ce qu’on appelle le pilier 1 de l’accord de novembre 2021, signé par 147 pays à l’OCDE. Ce projet nous permettra de disposer d’un cadre unifié en matière de taxation des géants du numérique. Ces derniers présentent en effet la particularité de pouvoir gagner beaucoup d’argent dans un pays, même en l’absence d’établissement stable : dans le secteur du numérique, une implantation avec un bureau, une boite aux lettres et un effectif important n’est pas nécessaire pour mener une activité. Nous n’avons pas besoin d’un tel article mais nous avons en revanche besoin de soutenir de toutes nos forces nos négociateurs, tant au niveau du G7 que de l’OCDE et de l’Union européenne, pour que la taxe sur les services numériques instaurée en France puisse faire des petits. Je vous rappelle que lors de l’adoption de cette taxe dans l’hémicycle, il a clairement été dit que le jour où une taxation européenne serait décidée, notre pays se conformerait au droit européen – et, a fortiori, en cas de création d’une taxe mondiale, il se conformerait au droit mondial. Si la mesure ne peut être adoptée dans les termes prévus par cet article, sur le fond, le gouvernement ne renonce donc pas à agir dans ce domaine.

Photo de M. le président
Article 11 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Article 11 sexies
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

J’aimerais revenir sur la notion d’établissement stable numérique. Nous y travaillons depuis plusieurs années. J’aimerais savoir si les discussions avancent et connaître la vision du gouvernement à ce sujet. Nous connaissons bien sûr la notion d’établissement stable, employée à propos d’entreprises de l’économie traditionnelle qui nouent des relations avec les clients. À l’occasion de l’élaboration de la taxe Gafam, nous avons tenté de concevoir la notion d’établissement stable numérique. Il serait souhaitable de mener une réflexion de fond sur cette question pour parvenir à forger enfin un concept adapté à un nouveau type de commerce – même si les sociétés dont nous parlons sont soumises, comme les autres entreprises qui nouent une relation avec une clientèle sur un territoire, à une fiscalité, à des contributions.

II
Article 11 sexies
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 618, 1235, 2886 et 3412 sont adoptés ; en conséquence, l’article 11 sexies est supprimé et les amendements suivants tombent.)

Amdt 618 Adopté Amdt 1235 Adopté Amdt 2886 Adopté Amdt 3412 Adopté
Photo de M. le président
Article 11 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Sophie Ricourt Vaginay.

Photo de Mme Sophie Ricourt Vaginay
Article 11 septies
Mme Sophie Ricourt Vaginay Sophie Ricourt Vaginay UDR

L’article prévoit de supprimer l’exonération de l’Ifer, l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau, pour les opérateurs numériques, une mesure qui soutient pourtant l’engagement financier et la couverture numérique des territoires de montagne. Ceux-ci, chacun le sait, sont peu peuplés et non rentables pour les aménageurs privés. La suppression de cette incitation fiscale marquerait la fin des investissements et de la couverture numérique des territoires de montagne, alors que nous venons de voter la loi olympique. Au passage, il est très étrange que le Sénat ait fait le choix de l’abandon des territoires les plus fragiles. La couverture numérique des territoires de montagne n’est pas un luxe pour ceux qui y habitent : c’est une question de survie. Le groupe UDR soutient donc la suppression de l’article et le maintien de l’exonération.

Photo de M. le président
Article 11 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 688 et 2808, tendant à supprimer l’article 11 septies. La parole est à M. Lionel Duparay, pour soutenir l’amendement no 688.

Amdt 688 Adopté
Photo de M. Lionel Duparay
Article 11 septies
M. Lionel Duparay Lionel Duparay DR

Comme cela a été dit, l’exonération de l’Ifer mobile applicable aux stations radioélectriques déployées en zone de montagne a permis de développer fortement un réseau qui, autrement, n’aurait pas trouvé d’équilibre économique en raison des surcoûts liés à l’installation et à la maintenance. Alors que nous préparons les Jeux olympiques qui représentent une vitrine internationale, il convient de ne pas fragiliser ce réseau qui doit faire l’objet de nouveaux investissements. Toute défaillance serait en effet préjudiciable pour l’image de notre pays et de nos infrastructures.

Photo de M. le président
Article 11 septies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 2808.

Amdt 2808 Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 11 septies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

L’exonération de l’Ifer me semble justifiée par la disparité des situations : un territoire très dense n’a rien de comparable avec, entre autres, un territoire de montagne. En outre, le coût d’installation et de maintenance est très élevé en raison des conditions géographiques. J’ai déposé cet amendement de suppression en commission mais il n’a pu être défendu pour des raisons techniques. La commission ayant adopté l’article, j’en déduis qu’elle aurait émis un avis défavorable sur ces amendements. À titre personnel, j’y suis bien sûr favorable.

II
Article 11 septies
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 688 et 2808, acceptés par le gouvernement, sont adoptés ; en conséquence, l’article 11 septies est supprimé.)

Amdt 688 Adopté Amdt 2808 Adopté
Photo de M. le président
Article 11 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 2006, 2009, 2054, 2056, 2062 et 2065 de M. le rapporteur général sont rédactionnels.

Amdt 2006 Adopté Amdt 2009 Adopté Amdt 2054 Adopté Amdt 2056 Adopté Amdt 2062 Adopté Amdt 2065 Adopté
II
Article 11 octies
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 2006, 2009, 2054, 2056, 2062 et 2065, acceptés par le gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Amdt 2006 Adopté Amdt 2009 Adopté Amdt 2054 Adopté Amdt 2056 Adopté Amdt 2062 Adopté Amdt 2065 Adopté
II
Article 11 octies
Intervenant non identifié

(L’article 11 octies, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 12
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 1954 et 1958 de M. le rapporteur général sont rédactionnels.

Amdt 1954 Adopté Amdt 1958 Adopté
II
Article 12
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1954 et 1958, acceptés par le gouvernement, successivement mis aux voix, sont adoptés.)

Amdt 1954 Adopté Amdt 1958 Adopté
II
Article 12
Intervenant non identifié

(L’article 12, amendé, est adopté.)

II
Article 12 bis
Intervenant non identifié

(L’article 12 bis est adopté.)

Photo de M. le président
Article 12 ter
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements identiques nos 3487 du gouvernement et 1965 du rapporteur général sont rédactionnels.

II
Article 12 ter
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 3487 et 1965 sont adoptés.)

Amdt 3487 Adopté Amdt 1965 Adopté
II
Article 12 ter
Intervenant non identifié

(L’article 12 ter, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 12 quater
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3486.

Amdt 3486 Adopté
MM
Article 12 quater
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il vise à décaler la date de l’application du dispositif prévu par l’article.

II
Article 12 quater
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3486, accepté par la commission, est adopté.)

Amdt 3486 Adopté
II
Article 12 quater
Intervenant non identifié

(L’article 12 quater, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 12 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 3495 du gouvernement, tendant à supprimer l’article 12 quinquies, est défendu. Quel est l’avis de la commission ?

Amdt 3495 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 quinquies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission ne s’est pas exprimée sur cet amendement. J’émets, à titre personnel, un avis défavorable. L’article prévoit d’élargir le bénéfice du prêt à taux zéro (PTZ) à tous les acquéreurs d’un logement ancien dans le cadre d’un BRS – le bail réel solidaire. Ce dispositif est utilisé par très peu – trop peu – de ménages puisque 3 700 logements seulement ayant fait l’objet d’un BRS ont été livrés à ce jour. Cette mesure va dans le bon sens puisqu’elle permet d’élargir l’accès à la propriété en direction des ménages modestes. Il ne faut donc pas supprimer cet article.

Photo de M. le président
Article 12 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le président de la commission des finances.

Photo de M. Éric Coquerel
Article 12 quinquies
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

Ce qui pose problème, ce n’est pas tant que le dispositif soit étendu aux logements anciens mais que le BRS perde sa dimension sociale puisqu’aucun plafond de ressources n’est fixé. Dès lors, toute personne pourrait bénéficier du dispositif, quels que soient ses moyens financiers. J’ajoute que l’on créerait un effet d’aubaine, si bien que le BRS pourrait contribuer à la hausse des prix du logement. Le dispositif doit donc continuer d’être réservé à des personnes qui, sans cela, ne pourraient pas accéder à la propriété, faute de pouvoir fournir des garanties et des acomptes.

Photo de M. le président
Article 12 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 12 quinquies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Une fois n’est pas coutume, je suis entièrement d’accord avec le président de la commission des finances. (M. Aurélien Le Coq applaudit.)

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 quinquies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

C’était une très bonne intervention !

MM
Article 12 quinquies
Mme Amélie de Montchalin ministre

M. Coquerel a tout à fait raison de dire que si l’on supprime toutes les conditions d’application relatives à la localisation ou aux travaux, on ne voit guère ce qui justifierait de continuer à nommer ce dispositif « bail réel solidaire ». Dans l’état actuel du droit, sous réserve que le bien concerné ait d’abord été acquis dans le cadre d’un BRS par celui qui le revend, l’acquéreur d’une résidence principale comme première propriété – qui devient donc titulaire de ce BRS – peut bénéficier d’un PTZ à deux conditions : la réalisation de travaux et le fait que le logement se trouve dans une zone détendue. D’autres aides fiscales, notamment des taux réduits de TVA et des abattements facultatifs de taxe foncière sur les propriétés bâties, encouragent le développement des BRS dans tout le territoire. Là aussi, les mécanismes existants fonctionnent. On a ciblé un dispositif. Je vous propose de voter l’amendement de suppression déposé par le gouvernement pour que nous en restions à ce qui fonctionne. Nous ne sommes pas souvent alignés, monsieur le président de la commission des finances, mais, dans le cas d’espèce, c’est pleinement le cas.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 quinquies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

C’est vrai ! C’était sa meilleure intervention de l’après-midi !

MM
Article 12 quinquies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Le BRS existe : gardons ce qui fonctionne.

Photo de M. le président
Article 12 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le rapporteur général.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 quinquies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Madame la ministre, votre volonté tout à fait louable de vous montrer très aimable avec le président Coquerel vous conduit à formuler un commentaire qui ne correspond pas à la réalité. En effet, le président Coquerel s’est trompé dans son exposé.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 12 quinquies
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Oh ! Menteur !

Photo de M. Paul Midy
Article 12 quinquies
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Comme d’habitude !

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 quinquies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

En réalité, l’article dont nous discutons n’a aucunement pour but de modifier les conditions sociales d’application du BRS.

MM
Article 12 quinquies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Si !

Photo de M. Emmanuel Fernandes
Article 12 quinquies
M. Emmanuel Fernandes Emmanuel Fernandes LFI-NFP

Menteur !

II
Article 12 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3495 n’est pas adopté.)

Amdt 3495 Rejeté
Photo de M. le président
Article 12 quinquies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 2562 de M. le rapporteur général est rédactionnel.

Amdt 2562 Adopté
II
Article 12 quinquies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2562, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 2562 Adopté
II
Article 12 quinquies
Intervenant non identifié

(L’article 12 quinquies, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement de suppression no 3494.

MM
Article 12 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Conservons les plafonds de ressources en dessous desquels les ménages peuvent accéder au BRS. C’est peut-être sur cet article que vous vouliez affirmer votre accord avec moi, par anticipation ! Mais j’étais aussi d’accord avec vous sur le précédent article.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Vous vous trompiez d’article !

MM
Article 12 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Les deux articles sont très liés puisque suivre le Sénat s’agissant du précédent implique de modifier les critères d’application du PTZ au BRS en ôtant les conditions de travaux et de localisation. J’anticipe que M. Coquerel s’accordera avec moi sur le présent article : nous voulons conserver les plafonds actuels de ressources conditionnant l’accès au BRS.

Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Cet axe gouvernement-président Coquerel s’avère donc fort solide ! Je me permettrai de rendre un avis défavorable, madame la ministre.

MM
Article 12 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Oh non ! (Sourires.)

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Encore une fois, je crois que nous aurions intérêt à favoriser le BRS, qui permet à un certain nombre de Français et de Françaises de devenir propriétaires d’un logement social. Or ce dispositif est trop peu utilisé, notamment parce que les plafonds de ressources ne sont pas adéquats. Je m’autorise à m’exprimer ainsi pour avoir, dans ma vie antérieure de maire, géré des BRS et constaté que ces plafonds posaient problème.

Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le président de la commission des finances.

Photo de M. Éric Coquerel
Article 12 sexies
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

Le rapporteur général est aussi très malin. Tout à l’heure, il m’a contré par une objection, juste pour sauver l’article précédent – il n’en demeure pas moins que cet article était déjà problématique, comme l’indiquait la ministre ; à présent, il explique qu’il était en désaccord sur le fond avec notre position sur le présent article. Cette confusion levée, je nous invite fermement à supprimer cet article 12 sexies, pour les raisons que j’avançais par erreur lors de l’examen de l’amendement de suppression du précédent article.

Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 3494.

Amdt 3494 Rejeté
II
Article 12 sexies
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 118 Nombre de suffrages exprimés 116 Majorité absolue 59 Pour l’adoption 55 Contre 61

II
Article 12 sexies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3494 n’est pas adopté.)

Amdt 3494 Rejeté
Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 959, 1324 et 1847. L’amendement no 959 de M. Inaki Echaniz est défendu. La parole est à M. Emmanuel Maurel, pour soutenir l’amendement no 1324.

Amdt 959 Rejeté
Photo de M. Emmanuel Maurel
Article 12 sexies
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

À vouloir faire bénéficier tout le monde du BRS – si on applique l’article du Sénat, environ 90 % des ménages y seront éligibles –, les ménages les plus vulnérables courent un risque colossal d’être évincés au profit des ménages bien plus riches. Cet article est un contresens du point de vue de la politique du logement.

Photo de M. Éric Coquerel
Article 12 sexies
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

Absolument !

Photo de M. Emmanuel Maurel
Article 12 sexies
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

Je vous en conjure, chers collègues, soyons au moins raisonnables au sujet de cet amendement ! C’est un pan entier de la politique du logement, notamment au bénéfice des ménages les plus vulnérables, qui est mis en cause !

Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 1847 de M. Boris Tavernier est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Amdt 1847 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission des finances les a adoptés. Je me permets néanmoins, à titre personnel, de faire un peu de résistance et de m’y opposer. Premièrement, contrairement à ce que vous avez involontairement suggéré, monsieur Maurel, le dispositif dont nous parlons ne s’applique qu’en zone tendue. Deuxièmement, comme le savent un certain nombre de collègues qui connaissent bien mieux le sujet que moi, 70 % à 80 % de la population française est éligible au logement social. Le problème tient plutôt à cette éligibilité.

Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le président de la commission des finances.

Photo de M. Éric Coquerel
Article 12 sexies
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

J’insiste sur l’argument de M. Maurel, qui est excellent. Ce qu’il annonce est exactement ce qui va se passer : puisque le bénéfice du BRS est conditionné au dépôt d’un dossier de candidature et que l’on choisit les dossiers les plus sûrs, si l’on rend jusqu’à 90 % des Français éligibles, ce sont ceux qui disposent de suffisamment d’argent pour acheter sans BRS qui profiteront du dispositif ! Ainsi, ceux qui ne disposent pas de telles sommes seront laissés de côté. L’argument de M. Maurel est tout à fait imparable pour qui sait de quelle manière le marché de l’immobilier fonctionne. Je demande donc que l’alinéa 1 soit supprimé, comme le prévoit l’amendement.

Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 12 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Nous vivons vraiment un moment particulier : à nouveau, je suis totalement d’accord avec MM. Maurel et Coquerel.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

C’est suspect !

MM
Article 12 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Non, monsieur Juvin !

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

C’était un trait d’humour !

MM
Article 12 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

J’en ai beaucoup ! Puisque nous voulons des dispositifs ciblés auxquels les ménages modestes aient accès, ce que disent M. le député Maurel et le président de la commission des finances est tout à fait juste. Les critères d’accès au logement locatif intermédiaire (LLI) sont tels que 80 % des Français peuvent en bénéficier.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 sexies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

C’est ce que j’ai dit !

MM
Article 12 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

L’article, quant à lui, prévoit que 90 % des Français auront accès au BRS. On peut considérer que c’est formidable mais cela aura pour effet que les plus modestes, la petite classe moyenne, à laquelle le BRS doit bénéficier en particulier – grâce à beaucoup d’argent public –, sera évincée du dispositif puisque les dossiers des gens qui ont davantage de moyens seront sélectionnés à son détriment. Je suis contre l’article.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Article 12 sexies
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Elle a raison !

MM
Article 12 sexies
Mme Amélie de Montchalin ministre

L’amendement de suppression que j’ai défendu n’a pas été voté. L’application de l’alinéa 1 de l’article, que tendent à supprimer ces amendements et qui ouvre un accès plus large encore au BRS que le dispositif actuel, aura l’effet que je viens de décrire. Il faut donc voter ces amendements et s’opposer à l’article.

II
Article 12 sexies
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 959, 1324 et 1847 ne sont pas adoptés.)

Amdt 959 Rejeté Amdt 1324 Rejeté Amdt 1847 Rejeté
Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 2592 de M. le rapporteur général est rédactionnel.

Amdt 2592 Adopté
II
Article 12 sexies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2592, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 2592 Adopté
Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 12 sexies, tel qu’il a été amendé.

II
Article 12 sexies
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 12 sexies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 114 Nombre de suffrages exprimés 113 Majorité absolue 57 Pour l’adoption 59 Contre 54

II
Article 12 sexies
Intervenant non identifié

(L’article 12 sexies, amendé, est adopté.)

II
Article 12 septies
Intervenant non identifié

(L’article 12 septies est adopté.)

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. François Jolivet.

Photo de M. François Jolivet
Article 12 octies
M. François Jolivet François Jolivet HOR

Nous entamons un débat très attendu par les Français puisque 2 900 000 demandeurs de logement sont enregistrés au système national d’enregistrement des demandes de logement locatif social (SNE) et que les filières industrielles de la construction et des matériaux de construction sont à l’arrêt. Les membres du groupe Horizons & indépendants estiment important que le statut du bailleur privé voie le jour et je m’étonne de ce que nous nous apprêtions à examiner un amendement de suppression, dont l’adoption impliquerait un déficit durable de l’offre de logement dans notre pays – c’est aujourd’hui celui qui construit le moins en Europe. C’est pourquoi j’invite les députés qui s’y prêteront à mener un débat d’une aussi grande qualité que celui que nous avons eu en séance, en première lecture. L’Alliance pour le logement s’est en effet étonnée de constater la disparition d’amendements qui avaient été déposés, notamment par le gouvernement. Il faut retrouver la raison sur ce sujet et permettre aux propriétaires privés de trouver un équilibre économique juste dans les opérations de construction de logements neufs et d’acquisition de logements anciens, afin d’en finir avec la situation actuelle, qui est telle que plus aucun Français ne jouit de la liberté de choisir son logement, puisqu’il n’y en a plus !

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Mickaël Cosson.

Photo de M. Mickaël Cosson
Article 12 octies
M. Mickaël Cosson Mickaël Cosson Dem

Nous abordons le statut du bailleur privé, que toute la filière du bâtiment réclame depuis près d’une dizaine d’années. Il a fait l’objet d’un rapport que j’ai rédigé avec notre collègue sénateur Marc-Philippe Daubresse à la demande de Mme la ministre Létard et qui a été rendu juste avant l’été. Ce rapport nous a donné l’occasion de mener un travail collectif avec l’ensemble de la filière afin que se dégage un consensus en faveur de la relance du logement. Certains chiffres sont édifiants : en 2025, seuls 15 000 logements ont été construits, soit 80 % de moins que dans la période antérieure à la crise sanitaire – c’est le plus bas niveau que nous ayons connu. Cette situation a engendré depuis 2020 une diminution des recettes de l’État de l’ordre de 15 milliards. Je rappelle aussi, puisqu’on parle des bailleurs privés, que 70 % des propriétaires bailleurs ne disposent que d’un seul logement, que le parc privé loge environ 58 % des locataires et que des chiffres tels que celui du nombre de demandeurs qu’a rappelé M. Jolivet nous incitent à répondre à la demande. C’est pourquoi nous avons évoqué, en quelques chiffres, les conditions minimales à réunir pour relancer le secteur du logement dès l’année 2026. Avec l’ensemble de la filière, nous étions tombés d’accord sur un taux d’amortissement de 5 % dans le neuf et de 4 % dans l’ancien, accompagnés de majorations dès lors qu’il est question de logement social ou très social. Par ce biais, nous voulions renouer avec la rentabilité escomptée, pour que celles et ceux qui en ont les moyens investissent dans l’immobilier plutôt que dans des assurances vie ou dans d’autres supports financiers. Cela permettrait à la population française de se loger et de rendre accessible le parcours résidentiel pour les jeunes, les actifs mais aussi les séniors.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Emmanuel Maurel, pour soutenir l’amendement, no 2918, tendant à supprimer l’article 12 octies.

Photo de M. Emmanuel Maurel
Article 12 octies
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

Je ne veux pas trahir la pensée du président de notre groupe, M. Peu, qui est beaucoup plus pointu que moi sur le logement, mais je crois que c’est un amendement d’alerte. En effet, cet article a l’apparence d’une bonne idée, mais en réalité, il risque d’aggraver le déséquilibre entre logement social et logement privé alors que le logement social a déjà été mis à rude épreuve : je rappelle tout de même que la ponction sur le RLS, la réduction de loyer de solidarité, se traduit par une perte de 400 millions encore cette année. Il y a toujours en zone tendue des centaines de milliers de gens qui attendent un logement social et il faut aider les bailleurs sociaux à construire et à rénover, y compris d’un point de vue énergétique. Or la crainte du président Peu, c’est qu’avec ce nouveau statut, on n’en prenne pas le chemin. Nous avons déjà eu ce débat en commission des finances, et je me fais ici le relais fidèle de la pensée de mon président.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 octies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Avis défavorable. Il est important de disposer d’un dispositif en ce domaine.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 12 octies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Avant d’expliquer pourquoi je ne soutiens pas la suppression proposée par le président Peu, je rappelle que nous avons passé un vendredi soir à réfléchir, sur la base de l’excellent rapport du député Cosson et du sénateur Daubresse, à la manière de lancer le dispositif en équilibrant un certain nombre de paramètres. Cela a fait l’objet d’un engagement très transpartisan, que je tiens vraiment à saluer ; vous vous souvenez des fameux amendements identiques de François Jolivet et de Cyrielle Châtelain, ainsi que des amendements émanant de tous les groupes sur le sujet. Voilà qui montre que ce parlement, quand il le souhaite et quand c’est possible, peut apporter des réponses transpartisanes à des problèmes de la vie quotidienne des Français. Je vous avais proposé un premier équilibre – c’est une réponse à vos propos, monsieur Maurel – : on relançait tout à la fois les bailleurs privés dans leur capacité à investir et à construire, et l’action des bailleurs sociaux ; j’ai comparé cet équilibre à une balance Roberval. Vous savez que le gouvernement a l’intention de baisser la RLS à 900 millions d’euros pour l’année 2026 ; c’est un soutien effectif au secteur du logement social pour qu’il ait les moyens de continuer à investir. Il a aussi donné un avis favorable à plusieurs amendements, notamment sur la TVA appliquée dans les opérations mixtes, quand elles combinent logement intermédiaire et logement social, afin de les faciliter. L’effet de la baisse du taux du livret A depuis quelques mois entre en ligne de compte.

Photo de M. Guillaume Kasbarian
Article 12 octies
M. Guillaume Kasbarian Guillaume Kasbarian EPR

En effet !

MM
Article 12 octies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Monsieur le député Maurel, j’affirme que dans ce budget 2026 qui se dessine, le soutien au logement social est effectif. J’ai encore eu plusieurs échanges récemment avec la présidente de l’USH – l’Union sociale pour l’habitat –, qui m’a confirmé que nos mesures étaient réellement de nature à soutenir le secteur. Une fois que nous avons structuré ce soutien au logement social, il faut nous préoccuper des bailleurs privés. Nous réfléchissons à faire évoluer le dispositif qui est sorti des travaux de l’Assemblée, ce fameux vendredi soir. En effet, au vu des propositions initiales, il s’avère que nous n’étions pas très au clair sur ce qu’il fallait faire dans l’ancien. Un amendement du gouvernement vous proposera un soutien ferme et massif aux réhabilitations et aux rénovations globales, et importantes, dans l’ancien, en particulier dans les zones détendues que sont ces cœurs de ville, ces centres villes où l’on a intérêt à rénover ce qui existe plutôt que de construire. Le dispositif initial péchait également par le public ciblé dont on nous a dit qu’il était trop restreint. Nous collions en effet aux réalités du dispositif Loc’Avantages, mais nous avons compris, après avoir été interpelés à ce sujet par bon nombre d’entre vous et des acteurs du secteur, qu’il fallait aller plus loin. En outre, le plafond proposé était le même pour le logement intermédiaire, le logement social et le logement très social, aboutissant ainsi à un soutien à l’investissement totalement défiscalisé et sans aucune charge sociale pour 300 000 euros d’investissement dans le logement intermédiaire, 200 000 euros dans le logement social et 150 000 euros dans le logement très social. Et j’ai, là aussi, entendu que c’étaient trois vraies limites du dispositif. Afin d’aller plus loin, le gouvernement a déposé deux amendements. Le premier concerne le neuf. Il s’agit d’étendre le dispositif à tous les ménages éligibles au régime du LLI, sachant que les futurs logements ainsi créés dans des opérations collectives neuves répondront à la demande de 80 % des Français. Je pense que c’est déjà un message très fort que cet élargissement du dispositif. Nous prévoyons ensuite de revoir les plafonds : 8 000 euros d’amortissement total imputable au déficit foncier pour le logement intermédiaire, 10 000 euros pour le logement social et 12 000 euros pour le logement très social. Cela permettra de sécuriser un investissement de 300 000 euros, quel que soit le type de logement choisi par l’investisseur. C’est là encore un message très fort. Et le taux d’amortissement sera de 3,5 % pour l’intermédiaire, 4,5 % pour le social et 5,5 % pour le très social dès lors qu’il s’agira d’un logement neuf collectif assorti d’un engagement de louer durant douze ans. Ce dispositif va permettre à chacun d’investir pour 300 000 euros dans un logement collectif neuf, qu’il soit intermédiaire, social ou très social, et ces 300 000 euros ainsi que les loyers afférents qui vont permettre de financer cet investissement ne seront soumis à aucun impôt ni à aucune charge. Une défiscalisation totale pour se constituer un patrimoine de 300 000 euros, voilà une mesure au bénéfice du logement des Français.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 octies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

C’est super !

MM
Article 12 octies
Mme Amélie de Montchalin ministre

C’est un dispositif à la fois simple et adapté aux besoins. Le second amendement gouvernemental concerne l’ancien, je l’ai déjà évoqué. Nous proposerons d’appliquer les mêmes plafonds d’amortissement à partir du moment où les travaux représentent au moins 30 % de la valeur du bien. Si, par exemple, vous achetez un bien dans une petite ville de sous-préfecture ou dans un centre-ville un peu déclassé, et que les travaux que vous entreprenez représentent au moins 30 % de sa valeur, vous bénéficiez du même amortissement On a beaucoup parlé du dispositif Louwagie renforcé ; là on sera dans le Louwagie doublement renforcé.

Photo de Mme Sophie Mette
Article 12 octies
Mme Sophie Mette Sophie Mette Dem

Ça, c’est bien.

MM
Article 12 octies
Mme Amélie de Montchalin ministre

J’en viens au bilan de l’opération. Politiquement, qu’est-ce que cela veut dire ? La crise du logement est à la fois une crise de la construction et une crise de l’accès à un logement abordable, dans tout le territoire. Par conséquent, soit la personne est éligible au logement social et en a fait la demande, et elle est concernée par l’aide apportée aux bailleurs sociaux, soit elle veut résider dans le parc privé, et elle est alors concernée par l’aide à la construction par des bailleurs privés dans le neuf, à l’instar de 80 % des Français. Pour les investisseurs, c’est 300 000 euros de patrimoine qu’ils peuvent se constituer sans payer aucun impôt ni aucune charge sur les loyers, et ils peuvent bien sûr imputer les intérêts d’emprunt dans les charges. Voilà tout de même un dispositif à la fois lisible et puissant. Autre aspect du bilan : on accompagne la rénovation des centres-villes et du logement ancien dans les zones détendues parce qu’il s’agit aussi d’accompagner la mise en œuvre du dispositif ZAN – le zéro artificialisation nette. S’il y a une obligation de non-artificialisation mais qu’on n’encourage pas les travaux dans le logement ancien dégradé, nous ne nous en sortirons jamais. Je pense vraiment que tous ces éléments forment un bloc équilibré. Je vous demande d’approuver les deux amendements du gouvernement et de ne pas suivre le président Peu, qui vous propose de supprimer l’article.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 octies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Très bien ! C’est très clair !

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Lionel Causse, puis nous passons au vote.

Photo de M. Lionel Causse
Article 12 octies
M. Lionel Causse Lionel Causse EPR

En soutien à mes collègues Mickaël Cosson et François Jolivet, je défends moi aussi la création d’un statut de bailleur privé. Les propos de Mme la ministre vont dans le bon sens, mais il est vrai que les amendements que le gouvernement vient de déposer ne correspondent pas aux propositions gouvernementales sur lesquelles nous avions travaillé. Cet article soulève deux questions sur le plan technique. En effet, je ne comprends pas que, contrairement à la première lecture, de nombreux amendements ne soient pas présentés en discussion commune alors que tous ont le même objet : le statut de bailleur privé. Je voudrais savoir si le vote des premiers ferait tomber les autres. Que va-t-il se passer du point de vue légistique ? Lesquels faut-il adopter en priorité ? Et puis j’ai déposé deux sous-amendements aux amendements de Mickaël Cosson pour prévoir le cumul de Loc’Avantages, un dispositif important, avec le statut de bailleur privé, et la prolongation du dispositif Denormandie. Ma seconde question est donc la suivante : accepterez-vous, le cas échéant, madame la ministre, que l’amendement du gouvernement puisse être modifié par mes deux sous-amendements ?

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements de la première discussion commune ne feront de toute façon pas tomber les amendements suivants. Je préciserai si vous le souhaitez, au début de chacune des discussions communes suivantes, les amendements qui tomberaient en cas d’adoption.

II
Article 12 octies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2918 n’est pas adopté.)

Amdt 2918 Rejeté
Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de trois amendements, nos 3019 rectifié, 3196 et 2978, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 3019 rectifié.

3019 (Rect) Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 octies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je le dis d’emblée : cet amendement est mieux-disant que celui du gouvernement. Il faciliterait donc probablement davantage la construction, mais il coûterait plus cher. Je résume ses dispositions principales, qui portent sur le neuf : un taux d’amortissement de 4 % ; un plafond de déduction d’amortissement fixé à 10 000 euros ; une imputabilité sur le revenu global fixée à 10 700 euros. Sur l’ancien, pas de modification par rapport à l’article.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 octies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Et ça coûte combien, monsieur le rapporteur général ?

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Mickaël Cosson, pour soutenir l’amendement no 3196, qui fait l’objet de deux sous-amendements nos 3586 et 3581.

Amdt 3196 Adopté
Photo de M. Mickaël Cosson
Article 12 octies
M. Mickaël Cosson Mickaël Cosson Dem

Le premier de mes deux amendements reprend les taux d’amortissement à 4 % pour le neuf et à 3,5 % pour l’ancien, à comparer avec les 5 % et 4 % de la filière bâtiment. Ces taux sont mieux-disant par rapport à ceux proposés par le gouvernement. Le montant de l’avantage fiscal dû au titre du déficit foncier ne pourrait excéder 10 000 euros. Mon second amendement propose de limiter l’avantage susmentionné à 8 000 euros. Ces deux amendements ont été travaillés en commission des finances. Ils conviendraient également à la filière dans le cadre d’une relance du logement. À ceux qui disent qu’il ne faut pas favoriser le parc privé, je rappelle que nous sommes ici sur des loyers encadrés – LLI mais aussi LS et TS, c’est-à-dire logement social et logement très social : ce seront donc des bailleurs privés qui vont investir pour créer du logement social. Ils feront le même travail que des bailleurs publics puisque leurs locataires seront, eux aussi, soumis à un plafond de ressources à ne pas dépasser.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Emmanuel Mandon, pour soutenir le sous-amendement no 3586.

Amdt 3586 Adopté
Photo de M. Emmanuel Mandon
Article 12 octies
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Il s’agit de corriger une imprécision rédactionnelle.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Lionel Causse, pour soutenir le sous-amendement no 3581.

Amdt 3581 Adopté
Photo de M. Lionel Causse
Article 12 octies
M. Lionel Causse Lionel Causse EPR

Il est important que la mesure que nous allons voter ce soir permette de construire du logement car la crise du logement est une d’abord une crise de la construction. Cette mesure devrait permettre de faire sortir de terre 40 000 logements supplémentaires, ce qui nous permettra de construire peut-être 100 000 logements supplémentaires. On sait très bien que c’est un effort combiné du social, des intermédiaires et des investisseurs qui permettra de relancer les programmes. Je propose donc deux sous-amendements aux amendements de Mickaël Cosson, que je trouve très bons. Le sous-amendement no 3581 permet aux bailleurs privés de cumuler dans l’ancien leur statut fiscal avec le dispositif Loc’Avantages. Le sous-amendement no 3584 vise à reporter la fin du Denormandie du 31 décembre 2027 au 31 décembre 2030 parce que ce dispositif permet de redynamiser nos petites villes et nos territoires ruraux. L’échéance actuelle, inscrite de surcroît dans la loi, ne permettrait pas de lancer des opérations, sachant que dans l’ancien, il faut compter entre dix-huit et vingt-quatre mois pour lancer une opération. Il s’agit de redonner un peu de perspective au cycle de l’immobilier, qui ne correspond pas forcément à l’échéance actuelle.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Puis-je considérer, monsieur Cosson, que l’amendement no 2978, qui fait l’objet des sous-amendements nos 3585, 3582 et 3584, a été défendu ?

Amdt 2978 Tombé
Photo de M. Mickaël Cosson
Article 12 octies
M. Mickaël Cosson Mickaël Cosson Dem

Oui, monsieur le président. Je précise qu’il propose entre autres que l’obligation de détention du bien aux fins de location soit de neuf ans, et non de douze ans comme le propose le gouvernement. Ma proposition a été transmise à toute la filière.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Les sous-amendements no 3585 de M. Emmanuel Mandon et nos 3582 et 3584 de M. Lionel Causse sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur les amendements et sous-amendements en discussion commune ?

Amdt 3585 Tombé Amdt 3582 Tombé Amdt 3584 Tombé
Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 octies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

En première lecture, nous avions eu une longue discussion sur ce sujet. Chaque amendement diffère du précédent à la marge, sur de petits éléments techniques. Je vais essayer ce soir d’être le plus synthétique possible. L’amendement no 3019 rectifié, que j’ai présenté toute à l’heure, n’a pas été adopté par la commission. Avis défavorable, donc – même si j’y suis bien entendu favorable à titre personnel. Les deux amendements de M. Cosson – qui diffèrent légèrement l’un de l’autre, comme il vient de l’expliquer – avaient été présentés à la commission dans une autre version. On ne peut donc considérer qu’elle s’est formellement prononcée à leur sujet. Au surplus, on attire mon attention sur le fait que, dans leur rédaction actuelle, ces deux amendements encourent un risque d’inconstitutionnalité parce qu’ils prévoient une application rétroactive au 1er janvier 2026. Je me vois donc contraint de leur donner un avis défavorable compte tenu de ce risque, réel, de censure. Sur les sous-amendements nos 3586 et 3581, qui sont quasi-rédactionnels, et sur les sous-amendements nos 3585 et 3582, qui sont rédactionnels, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée. Sagesse également sur le sous-amendement no 3584, qui vise à proroger le dispositif Denormandie jusqu’en 2030.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le président de la commission des finances.

Photo de M. Éric Coquerel
Article 12 octies
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

Pour ma part, je m’opposerai à ces amendements parce qu’ils renforcent le dispositif prévu. La problématique du logement est la suivante : la part du logement dans le revenu des familles est deux fois plus élevée qu’il y a trente ans. Il est de plus en plus compliqué de se loger, notamment parce que la demande est supérieure à l’offre. Dès lors, il y a deux possibilités d’intervention : soit l’État construit du logement social, du logement public, et contrôle les loyers – c’est ce qui a été fait pendant longtemps mais, depuis des années, les crédits alloués à cette politique fléchissent fortement ; soit, avec des exonérations fiscales ou avec le système que vous proposez, l’État convainc les investisseurs de louer leurs biens.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 octies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

On peut faire l’un et l’autre !

Photo de M. Éric Coquerel
Article 12 octies
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

Cette seconde option est bien connue : il y a déjà eu des niches fiscales de ce type. On s’est aperçu au bout d’un moment qu’elles étaient parfaites pour exonérer mais qu’elles avaient peu d’effet sur l’investissement et sur la construction. Voilà les deux logiques qui s’affrontent. Il est peu probable que le dispositif dont la mise en place est envisagée change structurellement les choses ; en revanche, vous allez créer une nouvelle niche fiscale. Autrement dit, vous qui expliquez qu’il faut réduire les dépenses et réaliser des coupes budgétaires, vous êtes les premiers à admettre des dépenses fiscales supplémentaires…

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Article 12 octies
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Non, cela créera des recettes fiscales !

Photo de M. Éric Coquerel
Article 12 octies
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

…dont le coût empêchera la construction de logements sociaux. L’affrontement de ces deux logiques est au cœur de notre débat. Vous aurez compris que je préfère favoriser les recettes, cesser les exonérations et construire des logements sociaux pour sortir de la situation actuelle où un demandeur de logement social sur dix n’en obtient pas, faute de constructions en nombre suffisant !

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 octies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

La construction crée de la valeur et des rentrées fiscales !

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 12 octies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Ce qui nous semble correspondre à un bon équilibre, c’est l’amendement no 3579 relatif aux logements neufs, complété par un autre, qui sera examiné ultérieurement, relatif à l’ancien. Les amendements qui viennent d’être présentés sont en effet très efficaces : ils doublent le coût du dispositif pour l’État ! Notre dispositif complet, concernant à la fois l’ancien et le neuf, représente entre 2 et 3 milliards d’euros de coût générationnel – comme on dit – pour l’État. Avec celui qui nous est présenté, il s’agirait plutôt de 5 milliards ! Pour notre part, nous souhaitons soutenir la construction tout en conservant une forme d’équilibre. Je le dis avec humilité : si ce que nous proposons ne marche pas, nous aurons tout loisir d’aller plus loin dans les années à venir – mais il faut d’abord lancer le dispositif, définir les critères et faire en sorte que les gens se l’approprient. En l’état, permettre à chaque ménage français, dans le cadre du statut du bailleur foncier, d’investir son épargne, éventuellement complétée par un prêt bancaire, à hauteur de 300 000 euros sans payer ni impôt ni charge sociale sur son revenu foncier et avec la possibilité de déduire les intérêts d’emprunt, représente déjà un investissement collectif important pour notre logement intermédiaire, social et très social. C’est pourquoi je préfère m’en tenir aux deux amendements du gouvernement, travaillés avec le ministre du logement ; cela représente un bon équilibre transpartisan. Si je comprends que certains veuillent aller plus loin, il me semble, au vu du contexte budgétaire et politique, que ces amendements constituent une solution équilibrée. Avis défavorable sur l’ensemble des amendements et sous-amendements en discussion commune.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Mickaël Cosson.

Photo de M. Mickaël Cosson
Article 12 octies
M. Mickaël Cosson Mickaël Cosson Dem

Je rappelle que les logements sociaux ne sont pas nécessairement construits par des bailleurs publics ; des bailleurs privés peuvent en avoir l’initiative. Dans le parc social, les loyers sont encadrés et il existe des plafonds de ressources à ne pas dépasser. Près de 50 % du parc public social est construit par des promoteurs privés : il est important que ces derniers bénéficient de conditions idoines pour mener ces projets à bien. Bercy nous a fait des reproches sur notre rapport. Pourtant, depuis 2020, la non-production de logements représente une perte de 15 milliards de recettes fiscales.

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 octies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Eh oui !

Photo de M. Mickaël Cosson
Article 12 octies
M. Mickaël Cosson Mickaël Cosson Dem

On ne parle jamais de la TVA ni de l’emploi ; or les promoteurs dont l’activité a diminué de 80 % font, non pas des projets de logement, mais des projets de licenciement ! Pour éviter une dégradation supplémentaire de l’économie française, il nous faut dès cette année un choc de construction. (MM. Gabriel Attal et Guillaume Kasbarian applaudissent.)

Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 octies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

On veut voir des grues partout !

Photo de Mme Annaïg Le Meur
Article 12 octies
Mme Annaïg Le Meur Annaïg Le Meur EPR

Construire génère de l’emploi !

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. François Jolivet.

Photo de M. François Jolivet
Article 12 octies
M. François Jolivet François Jolivet HOR

Monsieur le président, je souhaiterais faire un point de méthode avec vous. Vous avez répondu tout à l’heure à mon collègue Lionel Causse que l’adoption de ses amendements n’aurait pas d’incidence sur le débat. Je ne comprends pas très bien car des amendements ultérieurs disent la même chose. Je voudrais avoir une assurance de votre part sur ce point. Je souhaiterais aussi répondre au président de la commission des finances – qui ne m’entendra pas, puisqu’il a quitté l’hémicycle. Je rappelle qu’en France, le modèle de la construction, qu’il s’agisse de l’accession à la propriété ou de la location, a été conçu pour des foyers bénéficiant de deux salaires. Or, aujourd’hui, de nombreux foyers ont un seul salaire. Il n’est pas anormal que le secteur privé soit soumis maintenant à des plafonds de ressources et de loyer : c’est la contrepartie des avantages fiscaux et facultés d’amortissements qui lui sont alloués parce qu’il remplit une mission d’intérêt général. Pour satisfaire une demande bien identifiée dans les territoires, le statut du bailleur privé envisagé peut constituer un début de réponse mais il appartiendra en tout état de cause à l’Assemblée nationale de réfléchir aux moyens d’accéder à la propriété ou à la location quand on dispose d’un seul salaire. Je souligne que si le logement est la première atteinte au pouvoir d’achat des Français, c’est parce qu’il n’y a qu’un seul salaire. Et ce n’est pas nécessairement du fait du loyer mais surtout en raison de l’envolée des charges : quand il n’y a qu’un seul salaire, chauffer un appartement à 20 oC représente une dépense difficile à honorer. Je saurais gré à M. le président de me répondre sur le premier point afin d’éclairer notre vote.

Photo de Mme Annaïg Le Meur
Article 12 octies
Mme Annaïg Le Meur Annaïg Le Meur EPR

Votons tout le dispositif !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 12 octies
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

D’autant qu’on aura réécrit !

Photo de M. François Jolivet
Article 12 octies
M. François Jolivet François Jolivet HOR

Nous débattons du texte du Sénat. Si ces amendements sont adoptés, l’article sera réécrit, rendant ainsi sans objet les amendements ultérieurs qui portent sur ce texte.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Monsieur le député, l’adoption des amendements en discussion commune n’entraînerait la chute d’aucun amendement. Il n’en irait pas de même de l’adoption de l’amendement no 3579. Au moment où il sera appelé, je préciserai les numéros des amendements qu’elle ferait tomber. Je mets aux voix l’amendement no 3019 rectifié. Qui est pour ? Il est adopté. (Protestations sur les bancs du groupe EPR.)

PE
Article 12 octies
Plusieurs députés du groupe EPR

Nous n’avons pas voté ! Vous n’avez pas appelé les voix contre !

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Cela me semblait clair mais si vous le souhaitez, je refais la mise aux voix. Qui est pour l’amendement no 3019 rectifié ?… Qui est contre ?… Il est adopté et fait tomber tous les autres amendements sur l’article. (Protestations.)

Photo de M. Paul Midy
Article 12 octies
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Le résultat du vote n’était pas clair ! Nous demandons un scrutin public.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je viens d’annoncer le résultat, mais je suis d’accord pour procéder à un scrutin public car le décompte n’est pas toujours évident. Si je me suis trompé dans celui-ci, je vous demanderai de m’en excuser.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 3019 rectifié.

3019 (Rect) Rejeté
II
Article 12 octies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 114 Nombre de suffrages exprimés 112 Majorité absolue 57 Pour l’adoption 55 Contre 57

II
Article 12 octies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3019 rectifié n’est pas adopté.) (« Ah ! » sur les bancs du groupe EPR.)

3019 (Rect) Rejeté
Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 octies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Bravo, monsieur le président !

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je propose de procéder systématiquement à des scrutins publics sur les sous-amendements et amendements en discussion commune.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix le sous-amendement no 3586 à l’amendement no 3196.

Amdt 3586 Adopté
II
Article 12 octies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 110 Nombre de suffrages exprimés 103 Majorité absolue 52 Pour l’adoption 91 Contre 12

II
Article 12 octies
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 3586 est adopté.)

Amdt 3586 Adopté
Photo de M. Sylvain Maillard
Article 12 octies
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

On va mettre des grues partout. Ça va construire !

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix le sous-amendement no 3581.

Amdt 3581 Adopté
II
Article 12 octies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 105 Nombre de suffrages exprimés 58 Majorité absolue 30 Pour l’adoption 57 Contre 1

II
Article 12 octies
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 3581 est adopté.)

Amdt 3581 Adopté
Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 3196, tel qu’il a été sous-amendé.

Amdt 3196 Adopté
II
Article 12 octies
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 111 Nombre de suffrages exprimés 106 Majorité absolue 54 Pour l’adoption 84 Contre 22

II
Article 12 octies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3196, sous-amendé, est adopté. En conséquence, l’article 12 octies est ainsi rédigé et les amendements nos 2978 à 3045 tombent.)

Amdt 3196 Adopté
Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 12 octies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je ne sais pas comment fonctionne la séance, mais j’enjoins les députés de ne pas considérer que ce vote a permis de changer le droit puisque la date prévue d’entrée en vigueur de l’amendement crée un risque d’inconstitutionnalité. Le rapporteur général vous avait alerté à ce sujet. J’ai des difficultés non seulement avec le chiffrage de cet amendement mais aussi avec sa légistique. Il a été adopté, dont acte. J’ai du mal à comprendre pourquoi le mien est toujours en vie…

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Non, il n’est plus en vie.

MM
Article 12 octies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Tous les amendements à l’article sont tombés ?

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Ils sont tous tombés.

MM
Article 12 octies
Mme Amélie de Montchalin ministre

S’ils sont tous tombés, vous venez de créer un statut du bailleur privé qui n’est pas applicable : c’est un peu dommage !

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je vous explique : il s’agissait d’un amendement de rédaction globale de l’article. Son adoption a fait tomber l’ensemble des amendements à l’article. Celui-ci est désormais rédigé comme vous l’avez souhaité, chers collègues. Nous passons à l’article suivant. La parole est à M. le rapporteur général.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 octies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Monsieur le président, je comprends que l’article est ainsi rédigé et que tous les autres amendements tombent. C’est bien cela ?

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voilà ! C’est exactement ce que je viens de dire. Je veux bien que vous preniez la parole pour répéter ce que je dis mais je ne suis pas certain que cela apporte de la clarté à nos échanges… (Sourires.)

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 octies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Ce que vous dites est tellement intéressant, monsieur le président, qu’il convient de le répéter.

Photo de M. le président
Article 12 octies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je le retiens ! (Sourires.)

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 octies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Vu le caractère inconstitutionnel des dispositions que nous venons d’adopter – je l’avais signalé lors de la discussion des amendements et Mme la ministre l’a rappelé –, il nous faut envisager l’organisation d’un nouveau vote, si nous voulons conserver un statut du bailleur privé. Je livre cette suggestion à votre sagacité.

II
Articles 12 nonies et 12 decies
Intervenant non identifié

(Les articles 12 nonies et 12 decies sont successivement adoptés.)

Photo de M. le président
Article 12 undecies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 12 undecies.

II
Article 12 undecies
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 12 undecies
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 113 Nombre de suffrages exprimés 63 Majorité absolue 32 Pour l’adoption 39 Contre 24

II
Article 12 undecies
Intervenant non identifié

(L’article 12 undecies est adopté.)

II
Articles 12 duodecies et 12 terdecies
Intervenant non identifié

(Les articles 12 duodecies et 12 terdecies sont successivement adoptés.)

Photo de M. le président
Article 12 quaterdecies
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements identiques, nos 1732 et 2851, tendant à supprimer l’article. L’amendement no 1732 de Mme Mathilde Feld est défendu. La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 2851.

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 quaterdecies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Cet article introduit une réforme d’ampleur du régime d’imposition des plus-values immobilières, affectant simultanément les taux, les mécanismes d’abattement et les conditions d’exonération, sans garantie quant à ses effets sur le fonctionnement du marché. Objectivement, la suppression des abattements pour durée de détention tels que vous les connaissez actuellement au profit de la seule prise en compte de l’érosion monétaire conduirait de toute façon à un surcroît d’imposition, sans certitude quant aux effets réels sur le marché. Il convient de ne toucher qu’avec grande prudence au système d’imposition des plus-values tel que nous le connaissons et qu’il est appliqué depuis très longtemps. L’adoption d’un tel article me semble très périlleuse. C’est pourquoi je propose de le supprimer.

II
Article 12 quaterdecies
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 1732 et 2851, acceptés par le gouvernement, sont adoptés ; en conséquence, l’article 12 quaterdecies est supprimé.)

Amdt 1732 Adopté Amdt 2851 Adopté
II
Articles 12 quindecies et 12 sexdecies
Intervenant non identifié

(Les articles 12 quindecies et 12 sexdecies sont successivement adoptés.)

Photo de M. le président
Article 12 septdecies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 3046, tendant à supprimer l’article.

Amdt 3046 Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 septdecies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Introduit au Sénat, cet article revient sur les modifications du régime d’imposition des chambres d’hôtes adoptées à l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi du 19 novembre 2024, dite Echaniz-Le Meur : il rétablit leur éligibilité au régime micro-BIC jusqu’à un chiffre d’affaires de 188 700 euros et l’assortit d’un abattement de 71 % au titre de l’impôt sur le revenu. Outre qu’un tel abattement est particulièrement dérogatoire par rapport au droit commun, qui prévoit un abattement de 50 %, les chambres d’hôtes bénéficient déjà d’une fiscalité plus attractive que les meublés de tourisme non classés. Pour toutes ces raisons, je vous propose de supprimer cet article en adoptant cet amendement, auquel la commission avait donné un avis favorable.

II
Article 12 septdecies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3046, accepté par le gouvernement, est adopté ; en conséquence, l’article 12 septdecies est supprimé.)

Amdt 3046 Adopté
II
Articles 12 octodecies et 12 novodecies
Intervenant non identifié

(Les articles 12 octodecies et 12 novodecies sont successivement adoptés.)

Photo de M. le président
Article 12 vicies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 2893, tendant à supprimer l’article.

Amdt 2893 Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 vicies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

De manière un peu étrange, la commission avait successivement rejeté cet amendement et l’article qu’il tend à supprimer. Si vous voulez gagner un peu de temps, je vous invite à voter directement en faveur de l’amendement.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 12 vicies
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est la règle des signes !

Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 vicies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Moins par moins égale plus, en effet. Dans le droit existant, certains logements financés avec l’aide de l’État bénéficient d’une exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties pour quinze années. Cette durée sera étendue de dix ans pour les projets lancés avant le 31 décembre 2026. En 2024, l’exonération a coûté environ 1,3 milliard d’euros, qui ont été largement à la charge du bloc communal, puisqu’il ne touche plus l’impôt en question. L’article proroge de deux années la date jusqu’à laquelle les projets éligibles pourraient bénéficier d’une extension de dix ans de l’exonération. Vu le coût particulièrement lourd d’une telle extension, je vous propose d’évaluer l’incidence du dispositif sur l’offre de logements d’ici au 31 décembre 2026, avant d’envisager la prorogation que tend à instaurer l’article 12 vicies, que je vous invite donc à supprimer.

II
Article 12 vicies
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2893, accepté par le gouvernement, est adopté ; en conséquence, l’article 12 vicies est supprimé.)

Amdt 2893 Adopté
Photo de M. le président
Article 12 unvicies
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 1725 de M. Jean-François Coulomme et 1857 de Mme Christine Arrighi, tendant à supprimer l’article, sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Amdt 1725 Adopté Amdt 1857 Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 12 unvicies
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

L’article tend à créer une réduction d’impôt sur le revenu pour l’acquisition d’un local d’habitation au sein du fort des Têtes à Briançon, dans le cadre d’un projet immobilier lié aux Jeux olympiques 2030. La commission avait adopté ces amendements, auxquels j’étais et suis toujours défavorable à titre personnel.

Photo de M. le président
Article 12 unvicies
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 12 unvicies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je suis favorable à l’article 12 unvicies, donc défavorable à ces amendements. Comme l’a dit le rapporteur général, l’article vise à créer une réduction d’impôt à hauteur de 30 % du prix de revient du logement acquis neuf entre le 1er janvier 2029 et le 31 décembre 2032 au sein du fort des Têtes, dans la commune de Briançon, sous condition de location nue à usage d’habitation principale pendant une durée de quinze ans. Ce lieu emblématique de notre patrimoine sera réhabilité dans le cadre des Jeux olympiques pour accueillir les athlètes, avant d’être reconverti en logements. Le dispositif proposé constitue une manière d’accompagner cet usage durable du village olympique. Nous sommes donc opposés à la suppression de l’article.

II
Article 12 unvicies
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 1725 et 1857 sont adoptés ; en conséquence, l’article 12 unvicies est supprimé.)

Amdt 1725 Adopté Amdt 1857 Adopté
Photo de M. le président
Article 12 unvicies
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 12 unvicies
Mme Amélie de Montchalin ministre

D’après les informations dont je dispose, ce même hémicycle a voté en faveur de la loi sur les Jeux olympiques de 2030.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 12 unvicies
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Pas nous !

MM
Article 12 unvicies
Mme Amélie de Montchalin ministre

Mais l’hémicycle a voté pour ! Or quand une assemblée vote en faveur de l’organisation de Jeux olympiques et que cette même assemblée dit : « Finalement, ce village olympique, nous n’allons pas le vendre »,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 12 unvicies
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Nous n’avons jamais dit que nous ne le vendrions pas !

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 12 unvicies
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Nous voulons simplement vendre au prix !

MM
Article 12 unvicies
Mme Amélie de Montchalin ministre

…l’usage ainsi fait du denier public me semble quelque peu incohérent. Sur ce sujet comme sur d’autres, certains donnent des leçons de finances publiques, mais oublient assez vite les conséquences des leçons qu’ils ont apprises. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – Mme Marie-Christine Dalloz applaudit également. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Timothée Houssin, pour soutenir l’amendement no 3163, tendant à supprimer l’article.

Amdt 3163 Rejeté
Photo de M. Timothée Houssin
Article 13
M. Timothée Houssin Timothée Houssin RN

L’article 13 tend à alourdir le malus masse, le malus CO2 et diverses taxes annuelles sur les véhicules. Son principal effet concret sera de faire exploser le prix d’acquisition de véhicules pourtant indispensables à des millions de Français, en particulier des ruraux et des membres de la classe moyenne, auxquels ils permettent d’aller travailler. Arrêtons donc de taper sur la classe moyenne, sur la France qui travaille, sur la ruralité et sur les automobilistes. Supprimons cet article ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 13
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je vous rejoins sur la nécessité de revenir sur plusieurs hausses de taxes que cet article prévoit pour 2028. J’ai moi-même déposé un amendement en ce sens, dont nous discuterons peut-être tout à l’heure, pour peu que la discussion prospère. Toutefois, cet article contient aussi des dispositions utiles, comme la révision du mode de calcul de la puissance des véhicules électriques. D’autre part, vous faites erreur concernant le malus masse, dont il est question ailleurs. En accord avec la commission, qui avait donné un avis défavorable aux amendements de suppression, je vous suggère de ne pas supprimer l’intégralité de l’article et de laisser la discussion se poursuivre. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Nous avons déjà discuté de plusieurs dispositions relatives au verdissement des véhicules. L’une d’entre elles, la poursuite de la trajectoire en 2028, a soulevé beaucoup d’objections. En première lecture, le gouvernement a fait savoir que nous étions d’accord pour supprimer toutes les mesures concernant l’après-2027. Il nous semble néanmoins utile de continuer à verdir les flottes de véhicules. Beaucoup d’entre vous avaient d’ailleurs soutenu des amendements à l’article 13 tendant à faire valoir pour les flottes de véhicules utilitaires, notamment pour les véhicules utilitaires légers qu’utilisent nos artisans et commerçants, la même logique que nous appliquons aux flottes d’entreprise. Concernant les dispositions qui restaient problématiques, celles qui portent au-delà de 2027, je tiens à souligner que le gouvernement ne souhaite pas qu’elles entrent en vigueur. Il serait donc dommage de supprimer l’article 13, alors que le texte soumis à votre vote n’est plus du tout le texte initial. Je souhaite que nous conservions au moins les dispositions qu’il contient encore. Avis défavorable.

II
Article 13
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3163 n’est pas adopté.)

Amdt 3163 Rejeté
Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de trois amendements nos 1032, 2158 et 2157 pouvant faire l’objet d’une discussion commune. La parole est à Mme Anne-Sophie Ronceret, pour soutenir l’amendement no 1032.

Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 13
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Le présent amendement vise à accompagner concrètement les entreprises dans la décarbonation progressive de leurs flottes de véhicules poids lourds et de véhicules utilitaires légers, en prolongeant le dispositif de suramortissement applicable à l’acquisition de véhicules neufs utilisant des énergies propres. Ces véhicules restent chers et l’offre encore limitée. La différence de coûts constitue un frein majeur pour les entreprises, en particulier les PME, alors même qu’elles sont pleinement engagées dans des démarches de réduction de leur empreinte environnementale. C’est pourquoi prolonger ce dispositif permettrait de maintenir l’exigence, écologiquement nécessaire, de renouvellement des flottes et de réduction de la pollution suivant un calendrier réaliste.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Les amendements nos 2158 et 2157 de Mme Lisa Belluco sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Amdt 2158 Tombé Amdt 2157 Tombé
Photo de M. Philippe Juvin
Article 13
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Je suis défavorable à ces trois amendements : au no 1032, parce qu’il repousserait exagérément, à 2040, la date d’extinction du suramortissement ; et aux nos 2158 et 2157, parce qu’ils l’avanceraient trop, à 2026, alors qu’il faut de la prévisibilité.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Défavorable sur les trois amendements.

II
Article 13
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1032 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 2158 et 2157 tombent.) (M. Guillaume Kasbarian applaudit.)

Amdt 1032
Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de deux amendements, nos 3476 et 2159, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3476.

Amdt 3476 Adopté
MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il s’agit de maintenir le report du 1er janvier 2026 au 1er janvier 2027 de la mise en place du dispositif anticontournement des malus CO2 et masse. Ce report est nécessaire afin de bien organiser les choses, mais nous ne lâchons pas cette idée. C’est l’un des très nombreux amendements nécessaires, du fait de la non-adoption du projet de loi de finances au 1er janvier 2026, pour garantir l’entrée en vigueur de certaines dispositions.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur les amendements nos 819 et identiques, je suis saisi par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 2159 de Mme Lisa Belluco est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 13
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

L’amendement du gouvernement porte sur la date d’entrée en vigueur du dispositif. Avis favorable. Celui de Mme Belluco vise à supprimer le plafonnement des malus CO2 et masse. Pour ma part, je suis favorable au rétablissement de ce plafonnement, qui vise à ne pas faire subir une charge fiscale disproportionnée aux propriétaires de ces véhicules, dans un contexte déjà marqué par une forte augmentation des taxes. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement sur l’amendement no 2159 ?

MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Favorable.

II
Article 13
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3476 est adopté ; en conséquence, l’amendement n° 2159 tombe.)

Amdt 3476 Adopté
Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 819, 3117 et 3403. La parole est à M. Corentin Le Fur, pour soutenir l’amendement no 819.

Amdt 819 Adopté
Photo de M. Corentin Le Fur
Article 13
M. Corentin Le Fur Corentin Le Fur DR

Je suis très hostile à un nouveau durcissement du malus automobile, car il pèsera sur ceux qui n’ont pas d’alternative à la voiture. Qu’on le veuille ou non, une grande majorité de nos compatriotes, particulièrement en zone rurale, n’ont d’autre choix que d’utiliser leur voiture pour aller travailler, pour emmener leurs enfants à l’école et, tout simplement, pour vivre et avoir une liberté de mouvement. Si vous voulez défendre la France qui travaille, les classes moyennes et les zones rurales, il faut voter pour cet amendement. J’ai la chance d’être élu dans une zone très rurale. L’industrie agroalimentaire, qui y est très développée, emploie beaucoup de gens la nuit. En l’absence de transports en commun – nous n’avons pas même un réseau de bus –, les gens n’ont pas d’autre moyen pour aller travailler que d’utiliser leur voiture. Ils seraient directement pénalisés par un nouveau durcissement du malus automobile. Au départ, le malus ne ciblait que certaines catégories de véhicules, mais à force de le durcir, il va finir par toucher tous les Français. Gardons-nous d’augmenter les taxes pesant sur la France qui travaille et sur ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture !

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 3117 de M. le rapporteur général est défendu. La parole est à M. Nicolas Ray, pour soutenir l’amendement no 3403.

Amdt 3117 Adopté
Photo de M. Nicolas Ray
Article 13
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

Comme l’a expliqué notre collègue, le groupe Droite républicaine ne souhaite pas augmenter la fiscalité qui pèse sur les automobilistes, d’autant plus qu’ils ont déjà été fortement mis à contribution ces dernières années. Dans le monde rural, il n’y a pas de mobilité sans voiture, alors arrêtons de la taxer. Le présent amendement vise à supprimer la hausse prévue pour 2028 du malus CO2, de la taxe annuelle sur les émissions de CO2 et de la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques. Il avait été adopté en première lecture et il convient de l’adopter à nouveau.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 13
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission a adopté ces amendements. Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Avis favorable.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les amendements identiques nos 819, 3117 et 3403.

Amdt 819 Adopté Amdt 3117 Adopté Amdt 3403 Adopté
II
Article 13
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 99 Nombre de suffrages exprimés 99 Majorité absolue 50 Pour l’adoption 61 Contre 38

II
Article 13
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 819, 3117 et 3403 sont adoptés ; en conséquence, les amendements nos 578, 3219 et 1821 tombent.)

Amdt 819 Adopté Amdt 3117 Adopté Amdt 3403 Adopté
Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Je suis saisi de quatre amendements, nos 176, 1049, 580 et 2740, pouvant être soumis à une discussion commune. L’amendement no 176 de M. Jean-Philippe Tanguy est défendu. La parole est à M. Jean-Luc Fugit, pour soutenir l’amendement no 1049.

Amdt 176 Adopté
Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 13
M. Jean-Luc Fugit Jean-Luc Fugit EPR

Cet amendement, qui a été adopté par la commission des finances la semaine dernière, vise à supprimer l’application du malus masse aux véhicules particuliers électriques. Actuellement, tous les véhicules particuliers électriques sont exonérés de ce malus, mais le législateur a prévu de limiter cette exonération aux seuls véhicules électriques à faible empreinte carbone à compter du 1er juillet 2026 ; une limitation identique est prévue pour les véhicules à hydrogène à compter du 1er janvier 2028. Le malus touchera donc des véhicules électriques ou à hydrogène qui n’émettent ni CO2, ni oxydes d’azote, ni particules fines – des substances néfastes pour notre santé respiratoire. Il serait regrettable de pénaliser des véhicules qui favorisent la décarbonation et améliorent la qualité de l’air, au moment où nous devons encourager leur montée en puissance dans le parc automobile. En soumettant ces véhicules au malus masse, alors qu’ils sont déjà plus chers à l’achat que les véhicules fonctionnant avec des énergies fossiles, on enverrait un message contradictoire. Comment encourager les Français à acheter des véhicules plus propres, tout en les pénalisant fiscalement ? Je vous invite à adopter cet amendement, comme en commission des finances, afin que notre fiscalité soit cohérente et soutienne la transition vers des mobilités plus propres et décarbonées.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur les amendements nos 176, 1049 et 580, je suis par le groupe Rassemblement national de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Les amendements nos 580 de M. Pierre Meurin et 2740 de M. Éric Michoux sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 13
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission a émis un avis défavorable sur tous les amendements, sauf sur le no 1049 de M. Fugit, qui bénéficie d’un avis favorable.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je suis défavorable à tous les amendements. Nous avons déjà eu ce débat.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’amendement no 176.

Amdt 176 Adopté
II
Article 13
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 94 Nombre de suffrages exprimés 82 Majorité absolue 42 Pour l’adoption 49 Contre 33

II
Article 13
Intervenant non identifié

(L’amendement no 176 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 1049, 580 et 2740 tombent.)

Amdt 176 Adopté
Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Sébastien Huyghe, pour soutenir l’amendement no 420.

Amdt 420 Rejeté
Photo de M. Sébastien Huyghe
Article 13
M. Sébastien Huyghe Sébastien Huyghe EPR

Cet amendement vise à encourager le verdissement du parc automobile français en allégeant la fiscalité sur les véhicules hybrides rechargeables les plus vertueux. Depuis 2022, les véhicules de tourisme sont soumis à la taxe sur la masse en ordre de marche, la fameuse taxe au poids, qui vise à orienter les consommateurs vers des véhicules plus légers et moins émetteurs. Or des évolutions récentes ont supprimé l’exonération dont bénéficiaient les hybrides rechargeables pour ne leur accorder qu’un abattement de 200 kilogrammes lorsque leur autonomie dépasse 50 kilomètres. Ces véhicules jouent pourtant un rôle essentiel dans la transition écologique. Ils répondent à des besoins de mobilité quotidiens, tout en constituant souvent une première étape vers le véhicule 100 % électrique. Il faut donc continuer à soutenir cette technologie, à condition qu’elle soit performante et réellement utilisée en mode électrique. Il est donc proposé d’exempter de taxe les véhicules hybrides rechargeables qui atteignent un score environnemental minimal et dont l’autonomie est au moins égale à 80 kilomètres. Ce seuil correspond à la moitié des usages moyens des automobilistes français ; il permet de cibler les véhicules les plus vertueux, sans créer d’effet d’aubaine. C’est une mesure cohérente avec nos objectifs de décarbonation, qui soutient également le pouvoir d’achat des ménages et donne de la visibilité aux constructeurs automobiles français. Dans un contexte de concurrence internationale intense, il est essentiel d’encourager ceux qui investissent dans les technologies plus propres et fabriquent en France.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Sur l’article 13, je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 13
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

Sauf erreur de ma part, cet amendement n’a pas été examiné par la commission. À titre personnel, j’y suis défavorable, car je crains l’instabilité fiscale. Nous avons déjà adopté des mesures l’année dernière et l’industrie automobile a besoin de visibilité à long terme ; il ne me semble pas pertinent de changer les règles chaque année.

II
Article 13
Intervenant non identifié

(L’amendement no 420, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 420 Rejeté
Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme Anne-Sophie Ronceret, pour soutenir l’amendement no 1033.

Amdt 1033 Rejeté
Photo de Mme Anne-Sophie Ronceret
Article 13
Mme Anne-Sophie Ronceret Anne-Sophie Ronceret EPR

Il s’agit de modifier la taxe sur le verdissement des flottes de véhicules utilitaires légers d’entreprise. Il existe très peu de modèles électriques disponibles et ils sont pour la plupart de fabrication étrangère. La taxe a donc un caractère punitif, alors que les professionnels ont très peu de solutions alternatives. Cet amendement doit permettre de mieux valoriser l’électrique, de relancer l’investissement, d’accélérer le renouvellement des véhicules du quotidien, et de soutenir la logistique et les services de proximité.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Juvin
Article 13
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

La commission n’a pas examiné cet amendement. J’en comprends l’esprit et le trouve intéressant, mais la taxe n’est en vigueur que depuis le 1er mars 2025. Je crois qu’il vaut mieux prendre le temps de voir si ce que nous avons voté il y a moins d’un an fonctionne. La stabilité fiscale est une vertu qu’il faut prendre en considération. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Quel est l’avis du gouvernement ?

MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je crois que nous sommes d’accord sur l’objectif, mais je ne comprends pas pourquoi vous voulez supprimer cette disposition. Cette taxe incitative a précisément pour but de faire une différence entre ceux qui veulent se lancer dans l’électrification de leur flotte et ceux qui ne le font pas. Un certain nombre de modèles sont désormais proposés et le calcul de la taxe prend en compte la disponibilité technologique sur le marché. La modulation de cette taxe est très favorable aux véhicules utilitaires qui sont soit à faible empreinte carbone, soit à faibles émissions. Le but est de créer un marché de l’occasion, afin que les commerçants et les artisans aient accès à des véhicules pas trop chers. Pour que l’on ait un marché de l’occasion, il faut qu’il y ait des flottes, car c’est ainsi qu’un tel marché se construit. L’idée est d’inciter très fortement les entreprises qui ont au moins cent véhicules – les logisticiens, les grands parcs – à aller vers les véhicules à faibles émissions et vers le verdissement de leur flotte. Dans la mesure où nous sommes d’accord sur l’objectif, je ne comprends pas pourquoi vous voulez supprimer cette taxe. Sans elle, il n’y aura pas d’incitation, donc pas de marché de l’occasion. Il ne sert à rien de faire peser des obligations sur nos artisans et nos commerçants partout en France s’ils n’ont pas accès à des véhicules au bon prix. Nous avons adopté une disposition de ce type pour les véhicules de tourisme, ceux de M. et Mme Tout-le-monde, et cela a été très bénéfique, puisqu’on est parvenu en très peu de temps à créer un marché de l’occasion électrique. Parce que nous croyons assez à notre dispositif, nous n’avons pas envie de le supprimer. Avis défavorable.

II
Article 13
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1033 n’est pas adopté.)

Amdt 1033 Rejeté
Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre, pour soutenir l’amendement no 3471 rectifié.

3471 (Rect) Adopté
MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Il s’agit d’un amendement technique, rédactionnel – de même que le suivant.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

L’amendement no 3468 du gouvernement est donc défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces deux amendements ?

Amdt 3468 Adopté
Photo de M. Philippe Juvin
Article 13
M. Philippe Juvin rapporteur général DR

À titre personnel, favorable.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy.

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Article 13
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Ce vote est le dernier avant la mise aux voix de l’article 13, qui a fait l’objet de nombreux amendements. Après tant de votes concernant tant d’alinéas, madame la ministre, vos services pourraient-ils établir le texte final de cet article, afin que nous connaissions la rédaction sur laquelle nous allons nous prononcer ?

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

La parole est à Mme la ministre.

MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Si vous le souhaitez, monsieur le député, nous pouvons faire pour cela une mini-suspension de séance. (Protestations sur les bancs du groupe EPR.) Écoutez, l’un d’entre vous me demande si nous pourrions lui dire à quoi ressemble l’article 13 à l’issue du vote des amendements, afin de savoir ce que vous vous apprêtez à adopter ou rejeter. Je ne vais pas lui répondre non ! Je propose donc, je le répète, une mini-suspension de séance, afin que nous fassions le bilan des dispositions ajoutées, modifiées ou supprimées et que nous nous efforcions de vous mettre rapidement tout cela par écrit.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Je souhaiterais mettre l’article aux voix avant 20 heures et la levée de la séance. Combien de temps vous faudrait-il, madame la ministre ?

MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Cela nous demanderait une minute, monsieur le président.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Bon, très bien !

MM
Article 13
Mme Amélie de Montchalin ministre

Je vous propose, pour faire bonne mesure, de suspendre la séance durant cinq minutes.

Photo de M. le président
Article 13
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix les deux amendements techniques du gouvernement, je suspends cinq minutes et nous votons sur l’article avant 20 heures.

II
Article 13
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 3471 rectifié et 3468 sont successivement adoptés.)

3471 (Rect) Adopté Amdt 3468 Adopté
Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à dix-neuf heures quarante-cinq, est reprise à dix-neuf heures cinquante.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La séance est reprise. La parole est à Mme la ministre.

MM
Suspension et reprise de la séance
Mme Amélie de Montchalin ministre

Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, voici ce qui reste de l’article 13 : le calcul de la puissance administrative sera modifié pour les voitures électriques, afin que leur immatriculation coûte moins cher ; il n’y aura plus de marche sur les trajectoires du malus après 2027 ; étant donné l’adoption de l’amendement no 176, dû à M. Tanguy, les véhicules des familles comptant au moins trois enfants seront exonérés du malus. S’y ajoutent la prolongation jusqu’en 2040 – on voit loin ! – du suramortissement pour les poids lourds, et le report à 2027 du dispositif anticontournement des malus CO2 et masse. Tel est le contenu de l’article à l’issue de vos votes successifs.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Je mets aux voix l’article 13, tel qu’il a été amendé.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 93 Nombre de suffrages exprimés 93 Majorité absolue 47 Pour l’adoption 93 Contre 0

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’article 13, amendé, est adopté.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Sébastien Chenu RN

La suite de l’examen du projet de loi de finances est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de M. le président
Ordre du jour de la prochaine séance
M. le président Sébastien Chenu RN

Prochaine séance, ce soir, à vingt et une heures trente : Suite de la discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi de finances pour 2026. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à dix-neuf heures cinquante-cinq.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Vote solennel et public par lequel les députés se prononcent sur un texte, un amendement ou une motion. Au scrutin public, chaque député enregistre son vote (pour, contre, abstention) et les résultats sont nominatifs.

Vote solennel

Catégorie de scrutin public utilisée pour les votes les plus importants (adoption d'un texte en lecture solennelle, motions majeures, décisions politiques structurantes). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de savoir précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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