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Suite de la discussion Discussion de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, élargissant la possibilité pour les collectivités territoriales et leurs groupements d’avoir recours au modèle de la société portuaire pour l’exploitation de leurs ports
Mardi 9 décembre 2025 21:30 – 22:50 1h20 Assemblée nationale Supprimé Créée le 17/11/2025 PO838901
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Suite de la discussion Discussion de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, élargissant la possibilité pour les collectivités territoriales et leurs groupements d’avoir recours au modèle de la société portuaire pour l’exploitation de leurs ports
Suite de la discussion Supprimé
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Suite de la discussion de la proposition de loi, adoptée avec modifications, par le Sénat, en deuxième lecture, portant création d’un statut de l’élu local
Suite de la discussion Supprimé
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Discussion de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, élargissant la possibilité pour les collectivités territoriales et leurs groupements d’avoir recours au modèle de la société portuaire pour l’exploitation de leurs ports
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Suite de la discussion de la proposition de loi, adoptée avec modifications, par le Sénat, en deuxième lecture, portant création d’un statut de l’élu local
Suite de la discussion Supprimé
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Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

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Photo de M. le président
Ouverture de seance
M. le président Christophe Blanchet Dem

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Photo de M. le président
Discussion, après engagement de la procédure accélérée, d’une proposition de loi adoptée par le Sénat
M. le président Christophe Blanchet Dem

L’ordre du jour appelle la discussion de la proposition de loi élargissant la possibilité pour les collectivités territoriales et leurs groupements d’avoir recours au modèle de la société portuaire pour l’exploitation de leurs ports (nos 1605, 2136).

Photo de M. le président
Présentation
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. le ministre délégué chargé de la ruralité.

MF
Présentation
M. Michel Fournier ministre délégué chargé de la ruralité

Le 18 juin dernier, le Sénat a adopté cette proposition de loi à l’unanimité. Cette adoption sans aucune voix discordante témoigne de la pertinence et de la maturité du texte, fruit d’un travail parlementaire de qualité et d’une écoute attentive des besoins des territoires. Aujourd’hui, l’enjeu est double : adopter ce texte nécessaire à la modernisation de la gouvernance portuaire, et le faire rapidement. Car le temps presse : le département du Finistère doit renouveler sa concession portuaire le 1er janvier 2026. C’est pourquoi je vous appelle à un vote conforme, qui permettra une promulgation rapide et offrira aux collectivités la sécurité juridique indispensable à leurs projets de développement portuaire. Ce texte pragmatique, ancré dans les réalités du terrain, vise à corriger une anomalie législative et à élargir la boîte à outils des collectivités territoriales. Rappelons d’abord l’importance économique des ports décentralisés : ce sont plus de 600 ports gérés par les communes, les départements et les régions, qui représentent 22 % du tonnage total de marchandises du pays et engendrent 600 millions d’euros de valeur ajoutée, en employant 11 000 personnes directement, et 16 000 de plus indirectement. Le modèle de la société portuaire existe depuis 2006, mais il est aujourd’hui réservé aux dix-sept ports métropolitains visés par la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales. Cette limitation est devenue obsolète. D’autres ports ont été transférés en pleine propriété aux collectivités, notamment depuis la loi Notre du 7 août 2015 – cependant, même si leur situation est strictement comparable, ces dernières ne peuvent bénéficier de ce dispositif. Les régions Bretagne et Nouvelle-Aquitaine ont démontré l’efficacité de ce modèle avec BrestPort et Port de Bayonne. Ces expériences prouvent qu’il est possible de concilier expertise publique et efficacité économique, et de renforcer le pilotage des collectivités tout en préservant la coopération avec les chambres de commerce et d’industrie (CCI). Cette proposition de loi permettra aux collectivités de disposer d’un cadre juridique modernisé, facilitant une gestion plus souple ; de renforcer leur pilotage dans la gouvernance portuaire : d’envisager une gestion coordonnée de plusieurs ports au sein d’une structure unique ; enfin, de mobiliser des capitaux pour accompagner le développement des infrastructures. Je tiens à vous rassurer, toutes les garanties sociales sont cependant maintenues. Les agents publics pourront signer un contrat de droit privé ou être réintégrés dans leur chambre de commerce et d’industrie d’origine ; les salariés de droit privé bénéficieront du transfert dans le respect du droit du travail. Notre attachement au dialogue social et à la protection de l’emploi est total. Par ailleurs, ce texte reflète notre vision d’une politique des transports pragmatique, à l’écoute des territoires, respectueuse des équilibres sociaux, visant un objectif de simplification et d’efficacité. L’urgence du calendrier, la qualité du texte adopté par le Sénat et les besoins concrets des territoires plaident en faveur du vote de cette proposition de loi. Je vous invite donc à adopter ce texte, pour en permettre la promulgation rapide et offrir aux collectivités un outil de gouvernance portuaire moderne, efficace et adapté aux défis contemporains. (Mmes Sophie Errante et Sandrine Lalanne applaudissent.)

Photo de M. le président
Présentation
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Liliana Tanguy, rapporteure de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire.

Photo de M. Jean-Paul Lecoq
Présentation
M. Jean-Paul Lecoq Jean-Paul Lecoq GDR

La Bretagne à la tribune !

Photo de Mme Liliana Tanguy
Présentation
Mme Liliana Tanguy rapporteure de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire EPR

Le système portuaire français, qu’il s’agisse des grands ports maritimes ou des ports décentralisés, des ports de commerce, de pêche ou de plaisance, est un atout formidable pour notre pays. Nos ports sont des portes entrouvertes sur le monde : ils accueillent 326 millions de tonnes de trafic maritime par an. La gestion des ports est une compétence éclatée entre l’État et les différentes strates des collectivités, fruit des vagues successives de décentralisation. Les outils juridiques à la disposition des autorités portuaires se sont adaptés à ces nouvelles réalités, mais de manière imparfaite. L’objet de la présente proposition de loi est de mettre en cohérence le droit avec la réalité. Je veux rendre hommage au pragmatisme de ses auteurs, les sénateurs Nadège Havet, Michel Canévet et Yves Bleunven. Tous les groupes du Sénat ont voté ce texte issu du terrain, efficace, utile et simplificateur. Un bref rappel historique est nécessaire. En 1983, le législateur a donné compétence aux départements pour exploiter 304 ports maritimes de commerce et de pêche, et a conféré la même compétence aux communes pour 228 ports de plaisance. La loi de décentralisation de 2004 a marqué une nouvelle étape majeure en transférant aux régions à la fois la propriété et la compétence concernant dix-sept ports d’intérêt national métropolitains et un port ultramarin. Puis la loi du 4 juillet 2008 portant réforme portuaire a créé le statut de grand port maritime, qui s’est appliqué aux onze ports maritimes relevant de l’État. Actuellement, la France compte plus de 600 ports décentralisés, qui représentent 22 % du tonnage total de marchandises du pays, 600 millions d’euros de valeur ajoutée, 11 000 emplois directs – 27 000 en incluant les emplois indirects. Les collectivités disposent de plusieurs outils pour assurer la gestion de leurs ports : la régie, en gestion directe ou par une entité intermédiaire ; la concession, avec délégation à un tiers – historiquement, le réseau des CCI est très mobilisé dans ce mode de gestion ; la société publique locale (SPL), dont le capital n’est ouvert qu’à des collectivités territoriales et à leurs groupements, ce qui exclut les CCI ; la société d’économie mixte (SEM), à actionnariat majoritairement public, mais qui peut associer des acteurs privés qui détiennent au moins 15 % du capital ; enfin, la société d’économie mixte à opération unique (Semop), créée spécifiquement pour un projet, comme la gestion d’un port, avec un actionnariat public et privé, où le public n’est pas forcément majoritaire. La loi du 5 janvier 2006 relative à la sécurité et au développement des transports a également créé le modèle de la société portuaire qui constitue, pour les collectivités, un outil supplémentaire de gestion des ports. La société portuaire a l’avantage de pouvoir associer des collectivités territoriales et des chambres de commerce et d’industrie ; d’autre part, elle permet de bénéficier de la souplesse propre au modèle de la quasi-régie, en matière de mise en concurrence et de publicité des concessions. Toutefois, en 2006, le législateur n’a réservé ce statut qu’aux dix-huit ports pour lesquels la compétence de l’État avait été transférée aux régions en 2004 ; à l’époque, le besoin n’apparaissait pas de l’étendre aux autres ports décentralisés. La présente proposition de loi part des besoins du terrain et d’un manque juridique injustifié : d’un côté, nos ports ont besoin d’investissements significatifs et d’une gestion souple ; de l’autre, il est très complexe de conjuguer les capacités d’investissement et de gestion des collectivités à celles des chambres de commerce et d’industrie. À cet égard, la société portuaire offre un outil particulièrement utile. On comprend mal pourquoi ce statut n’est actuellement ouvert qu’à dix-huit ports parmi l’ensemble des ports décentralisés. Soulignons le maintien des garanties sociales existantes lorsque la société portuaire est créée : en particulier, le transfert des contrats de travail est prévu en cas de changement de concessionnaire. Il n’existe pour l’heure que deux sociétés portuaires : BrestPort, créée en 2021 et détenue à 50 % par la région Bretagne, à 39 % par la CCI du Finistère et à 11 % par Brest Métropole ; Port de Bayonne, créée en 2024 et détenue à 70 % par la région Nouvelle-Aquitaine, à un peu plus de 27 % par la CCI Bayonne Pays basque et à un peu moins de 3 % par la CCI des Landes. D’autres ports pourraient avoir recours à ce modèle, comme ceux du pays de Cornouaille, notamment ceux situés dans ma circonscription. Seul le port de Concarneau, localisé dans la circonscription voisine, est actuellement éligible au modèle de gestion en société portuaire, les six autres ports du pays de Cornouaille ne le pouvant pas juridiquement. Or une gestion unifiée par les collectivités et la CCI est très attendue par le département du Finistère ainsi que par les élus du Pays Bigouden Sud, que je salue. Une gestion unifiée par les collectivités et la CCI permettrait d’augmenter la capacité d’investissement dans les infrastructures cruciales que sont l’outillage de levage et les dispositifs de froid, ainsi que dans la transition écologique. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’adopter cette proposition de loi, qui prévoit de supprimer la limitation du modèle de la société portuaire aux seuls dix-huit ports transférés aux régions par la loi de 2004. En effet, cette restriction n’est plus justifiée. Remarquons qu’en l’absence d’investisseurs privés dans une société portuaire – comme c’est le cas dans les deux sociétés portuaires existantes –, la société est éligible au modèle de quasi-régie. Elle ne se voit donc pas contrainte par les règles de publicité et de mise en concurrence des concessions à leur renouvellement. La commission a adopté cette proposition de loi sans modification. Mes chers collègues, ce texte constitue une occasion pour notre assemblée d’adopter une mesure utile et éprouvée sur le terrain. Je plaide pour son adoption dans une rédaction conforme à celle de nos collègues sénateurs. (Mmes Sophie Errante, Sandrine Lalanne et Sandrine Le Feur, présidente de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, applaudissent.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

Dans la discussion générale, la parole est à Mme Sandrine Lalanne.

Photo de Mme Sandrine Lalanne
Discussion générale
Mme Sandrine Lalanne Sandrine Lalanne EPR

La France est la deuxième nation maritime au monde, avec un littoral de plus de 20 000 kilomètres. Elle est aussi le deuxième fabricant mondial – et le premier en Europe – de bateaux de plaisance. Pourtant, les deux tiers des produits de la mer que nous consommons sont importés ; notre potentiel nous permettrait de prendre une plus grande part au commerce maritime. Ce paradoxe montre combien l’attractivité économique de certains territoires littoraux et leur capacité à s’appuyer sur des ports résilients sont essentielles pour soutenir les économies de proximité. Outre les 11 grands ports maritimes – qui sont des établissements publics de l’État –, plus de 600 ports décentralisés – 470 ports de plaisance, 100 ports de pêche et 50 ports de commerce – jouent un rôle économique majeur à l’échelle territoriale. Ils représentent 22 % du tonnage total de marchandises, 600 millions d’euros de valeur ajoutée et 27 000 emplois, dont 11 000 emplois directs. Depuis la loi du 5 janvier 2006 relative à la sécurité et au développement des transports, les collectivités territoriales peuvent créer ou prendre des participations dans des sociétés portuaires. Toutefois, cette possibilité est actuellement réservée aux dix-huit ports visés par la loi du 13 août 2004. La présente proposition de loi vise à supprimer cette limitation, pour ouvrir cette possibilité à l’ensemble des collectivités territoriales et de leurs groupements détenant des ports en pleine propriété. Dans le modèle de la société portuaire, les collectivités concédantes renforcent leur implication dans la stratégie de développement de leurs ports en devenant concessionnaires. Cela permet d’allier l’expertise de la CCI, acteur parfois historique de la gouvernance des ports, à la puissance financière des collectivités pour préserver et accroître le volume de leurs investissements dans la transition écologique et technologique ainsi que pour améliorer leur compétitivité. Ce modèle offre de nombreux avantages : une gestion administrative simplifiée par rapport aux règles applicables aux SPL et aux SEM ; la possibilité d’engager un véritable plan de développement, l’actionnaire public étant en mesure de prendre des risques sur le long terme ; une capacité d’investissement renforcée ; la préservation des emplois, voire la création de nouveaux emplois ; enfin, une faculté d’adaptation aux enjeux actuels. Les ports de Bayonne et de Brest sont les seuls à avoir jusqu’à présent adopté la forme de la société portuaire ; ils ont apporté la démonstration de l’efficacité d’un modèle qu’il n’apparaît aucunement nécessaire de faire évoluer. L’avenir de nos ports dépend aussi étroitement de leur capacité à réussir la transition écologique. Les infrastructures portuaires doivent répondre à des exigences nouvelles : réduction des émissions de gaz à effet de serre, décarbonation des activités logistiques et construction navale plus vertueuse. Investir massivement dans ces transformations, c’est non seulement garantir la conformité de ces ports aux normes européennes et internationales, mais c’est aussi renforcer leur attractivité face à une concurrence mondiale toujours plus exigeante. Le port de Brest, via la société portuaire Brest Bretagne, a ainsi engagé un plan d’investissement de 900 millions d’euros sur quarante ans, dont 500 millions doivent être réalisés dès les dix premières années. Enfin, le risque que des capitaux étrangers s’introduisent dans les sociétés portuaires sans contrôle préalable de l’État est maîtrisé. Les CCI, établissements publics placés sous la tutelle de l’État, ne peuvent céder ou acquérir des participations dans une société portuaire qu’avec l’autorisation préalable du préfet de région. Le cadre juridique prévu par le code du commerce garantit déjà pleinement ce contrôle de l’État et sécurise la gouvernance publique des ports. De nombreuses concessions arrivent bientôt à échéance : la nécessité d’une adoption rapide de ce texte n’en est que plus grande. Nous montrerons ainsi aux acteurs économiques que nous savons réagir rapidement aux évolutions qui les touchent. Au vu du rapport produit par Mme la rapporteure, dont je salue le travail, et des auditions menées par le Sénat, qui l’a adopté à l’unanimité, le groupe EPR votera ce texte, dans l’espoir d’une adoption conforme. (Applaudissements sur les bancs des commissions.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Thomas Portes.

Photo de M. Thomas Portes
Discussion générale
M. Thomas Portes Thomas Portes LFI-NFP

Vous prétendez que cette proposition de loi modernisera la gestion des plus de 500 ports relevant des collectivités territoriales. Elle organise en réalité leur basculement vers un modèle de société portuaire, une structure de droit privé – habillée de capitaux publics, mais guidée par une logique de marché. La France insoumise s’y oppose fermement. Ce texte s’inscrit dans une trajectoire sans équivoque : la casse du service public portuaire, l’opacification des décisions et l’ouverture progressive d’infrastructures stratégiques aux intérêts privés et potentiellement étrangers. Votre modèle est celui de la privatisation par étapes. Elle commence par transformer ces infrastructures en sociétés de droit privé et par faire entrer dans leur capital les CCI, dont la gouvernance est dominée par des représentants d’entreprise qui favorisent souvent la recherche de la rentabilité au détriment de l’intérêt général. Il ne reste plus, ensuite, qu’à ouvrir grand les portes aux intérêts privés. Absolument rien, dans ce texte, n’empêche que des capitaux privés n’entrent demain dans la gestion de nos ports. Nous ne connaissons malheureusement que trop bien ce scénario pour l’avoir déjà vu jouer avec les aéroports. ADP, établissement public hier, société anonyme ensuite, a été introduit en Bourse avant que Vinci ne rentre dans son capital. En 2004 et en 2005, la gestion de 150 aérodromes est confiée à des collectivités ; quelques années plus tard, les gestionnaires en ouvrent le capital à des investissements privés. Le cabinet SIA Partners a parfaitement documenté comment ces acteurs, nés publics, glissent progressivement vers le privé par l’ouverture de leur capital, par des concessions ou par des délégations de service public. Ce texte applique aux ports la même doctrine libérale. C’est une loi pour servir vos amis. Ne prétendez pas que la détention à 100 % du capital initial par une collectivité publique offre une quelconque garantie : rien n’interdit, dans un second temps, l’arrivée d’acteurs privés. C’est d’autant plus vrai que les CCI, censées être présentes au capital, voient leurs ressources publiques s’effondrer : le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoit de réduire d’un tiers leur budget, après qu’il a déjà baissé de 66 % depuis 2013. Pour survivre, elles seront poussées à se tourner vers des financements privés ; et quand les financements privés entrent, l’intérêt général sort. Les expérimentations de BrestPort et Port de Bayonne devraient suffire à vous faire voir le danger. Les conséquences y sont terribles : manque de transparence, éclatement de la prise de décision et perte de contrôle démocratique. À Bayonne, la transformation en société portuaire a même permis de contourner l’appel d’offres. Une concession pour quarante ans a remplacé une délégation de service public renouvelée tous les quinze ans, garantissant ainsi un équilibre minimal. La prise de pouvoir par le privé n’est pas le seul danger. Nos ports sont des infrastructures hautement stratégiques : nous devrions y interdire clairement et définitivement toute participation de capitaux étrangers. Mais vous ne le faites pas, si bien que rien ne nous prémunit contre leur arrivée. Tout au contraire, ce texte autorise l’arrivée de financements étrangers dès lors que l’État valide une cession. Sous un gouvernement ultralibéral et dans un contexte de sous-financement chronique des collectivités et des CCI, cette hypothèse n’a rien de théorique. Vous justifiez votre texte par la mutualisation des moyens des CCI et des collectivités pour financer les investissements portuaires. Mais si cette mutualisation devient nécessaire, c’est parce que vous avez méthodiquement affaibli les pouvoirs publics : baisse des dotations aux communes et aux départements, réduction massive du financement des CCI et désengagement continu de l’État sous le macronisme. Ce texte assume son objectif : organiser la privatisation d’infrastructures d’intérêt général, après que votre politique les a asphyxiées financièrement. Rien, en revanche, ne fait référence à l’enjeu central, l’écologie. Nos ports traitent chaque année des centaines de millions de tonnes de marchandises. La zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, par exemple, émet près de 18 millions de tonnes de CO2 par an. Nous avons besoin d’une grande loi sur la décarbonation, la modernisation écologique et la durabilité des ports ; vous proposez à la place une réforme à votre image, libérale, sans vision climatique ni ambition environnementale, au service des intérêts privés et des capitaux étrangers. Nous voulons des ports entièrement publics, au service de l’aménagement du territoire, de la sécurité de l’emploi et de la décarbonation, des ports protégés des appétits privés et étrangers. Au nom de la transparence, de la démocratie, de l’intérêt général, de la souveraineté, du service public et de l’exigence écologique, nous voterons contre cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Fabrice Roussel.

Photo de M. Fabrice Roussel
Discussion générale
M. Fabrice Roussel Fabrice Roussel SOC

Dans notre économie, les ports occupent une place stratégique du point de vue logistique, industriel et social. Les grands ports maritimes traitent chaque année plusieurs centaines de millions de tonnes de marchandises, tandis que l’ensemble des activités du secteur génère environ 15 milliards d’euros de valeur et soutient près de 180 000 emplois directs. La gestion portuaire, en France, est très largement décentralisée : on recense plus de 600 ports relevant des collectivités territoriales. S’ils ne comptent que pour une part minoritaire du trafic national de marchandises, ils occupent cependant une place essentielle dans l’économie maritime française, en concentrant près de 75 % du trafic de véhicules et du transport de passagers. Ils produisent environ 600 millions d’euros de valeur et emploient, directement ou indirectement, près de 27 000 salariés. L’économie maritime représente au total près de 1,5 % du PIB français. Cette contribution ne provient pas seulement du transport de marchandises, de la pêche ou encore de la plaisance, mais aussi de l’ensemble des activités paraportuaires : industrie, réparation navale, commerce logistique et services liés aux hinterlands. Les ports constituent également des leviers de réindustrialisation. Dans le cadre de la stratégie nationale portuaire, la France s’est fixé l’objectif de doubler les emplois liés à l’activité portuaire d’ici à 2050 et de renforcer l’attractivité de ses plateformes dans le trafic de conteneurs. Dans certains bassins d’emploi côtiers, les activités maritimes représentent jusqu’à 10 % des emplois, ce qui illustre le rôle structurant des ports dans le développement territorial. Les ports doivent cependant relever plusieurs défis majeurs. L’avenir de la pêche est une question essentielle et stratégique. Le domaine maritime français est la deuxième plus grande zone économique exclusive au monde ; la France, pourtant, importe les trois quarts de sa consommation de produits de la mer et l’aquaculture produit moins de 10 % de ses besoins, ce qui nous place dans une situation de forte dépendance alimentaire. Les ports sont également confrontés à d’autres enjeux structurants : la décarbonation des infrastructures et des activités, la transformation de la construction navale, le développement d’une plaisance durable et, plus généralement, le financement des investissements nécessaires à l’accompagnement de ces transitions. Dans ce contexte, le modèle de la société portuaire a deux atouts essentiels : d’une part, il renforce l’implication des collectivités territoriales concédantes, qui deviennent pleinement actrices de la gouvernance portuaire, ce qui conduit à aligner stratégie locale, besoins économiques et développement portuaire ; d’autre part, la participation financière accrue des collectivités offre une base plus solide pour financer les investissements lourds que les CCI ne sont plus en mesure d’assumer seules. Ce modèle permet donc de sécuriser les investissements indispensables à la compétitivité des ports français. Je souhaite néanmoins attirer votre attention sur deux points. Comme vous l’avez remarqué, monsieur le ministre, il est d’abord essentiel de veiller à la préservation des droits sociaux des agents transférés, afin d’éviter d’aviver certaines tensions. Dans un second temps, si le statut de société portuaire impose un capital initial entièrement public pour permettre le transfert de concession, il n’interdit pas pour autant une ouverture progressive du capital à des acteurs privés. Cela fait courir un risque de perte de contrôle, de la part des pouvoirs publics, sur des infrastructures pourtant stratégiques. Ce risque est renforcé par les difficultés financières des CCI, qui pourraient être contraintes de se retirer du capital au profit d’acteurs privés, dont les intérêts économiques ou géopolitiques peuvent diverger de l’intérêt général que les ports sont censés servir. L’article L. 151-3 du code monétaire et financier, qui traite de l’obligation d’obtenir l’autorisation du préfet pour toute cession éventuelle des CCI, démontre surtout l’absence de garanties effectives contre une perte de contrôle public des sociétés portuaires créées par les collectivités territoriales. Ce dispositif relève en effet exclusivement du contrôle des investisseurs étrangers dans des secteurs stratégiques ; mais ces ports relevant des collectivités territoriales, y compris quand ils sont gérés par une société portuaire constituée sous forme commerciale, ne sont pas considérés comme des infrastructures essentielles, au sens du droit de contrôle des investissements étrangers. C’est pour ces raisons que nous avions déposé trois amendements en commission. Ils y ont été examinés mais n’ont pas été jugés recevables en séance, à notre grande surprise, au motif qu’ils entraîneraient une hypothétique perte de recettes publiques. Nous voterons néanmoins pour ce texte, tout en restant particulièrement attentifs à son évolution et à celle de nos infrastructures portuaires, qui demeurent des actifs stratégiques pour notre économie, notre souveraineté logistique et notre sécurité maritime. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Photo de M. Pierre Pribetich
Discussion générale
M. Pierre Pribetich Pierre Pribetich SOC

Bravo !

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. François-Xavier Ceccoli.

Photo de M. François-Xavier Ceccoli
Discussion générale
M. François-Xavier Ceccoli François-Xavier Ceccoli DR

Notre groupe apportera un soutien sans équivoque à cette proposition de loi, car elle corrige une inégalité juridique qui bride depuis près de vingt ans la capacité d’action des collectivités littorales et fluviales. Le texte répond à une exigence d’efficacité. Il permet aux collectivités propriétaires d’un port de créer une société portuaire au capital initial entièrement public, d’en transférer la concession dans un cadre sécurisé et d’y associer les CCI ou les acteurs économiques, selon une gouvernance souple et moderne. Il garantit également la continuité des droits des agents, ce qui est indispensable à la stabilité de ces projets : le facteur humain, dans cette évolution, ne saurait être oublié. La France compte plus de 600 ports décentralisés représentant à eux seuls 22 % du tonnage total de marchandises du pays, 600 millions d’euros de valeur ajoutée et quelque 11 000 emplois directs. Toutefois, à ce jour, seuls 17 ports peuvent avoir recours au modèle de société portuaire. Cela signifie que la quasi-totalité des ports de pêche, de commerce ou de plaisance, pourtant essentiels à l’économie locale, ne disposent pas de l’outil le plus efficace pour se moderniser, attirer des investissements ou conduire des projets industriels de long terme. Cette situation n’a plus de justification. L’accès à ce modèle doit donc être élargi, car il permet de renforcer l’implication des collectivités territoriales concédantes dans la stratégie de développement de leurs ports. Elles le demandent d’ailleurs de façon récurrente, conscientes que leur destin est lié à cette infrastructure. Ce modèle constitue également l’un des leviers les plus performants pour développer les énergies marines, décarboner les chaînes logistiques, soutenir la souveraineté alimentaire et accompagner les projets liés à l’hydrogène. Les enjeux sont multiples et touchent à l’avenir de notre société et de nos enfants. Promouvoir la participation des collectivités à des sociétés portuaires, aux côtés des CCI, permet de mutualiser les risques et de fluidifier les relations et les négociations entre concédants et concessionnaires. La gestion vertueuse des sociétés portuaires de Brest, Bayonne ou Port-la-Nouvelle le prouve. À ce titre, un tel outil présente un intérêt particulier pour les territoires insulaires. En Corse, que j’ai l’honneur de représenter, la logistique maritime, la continuité territoriale et les investissements portuaires conditionnent chaque jour l’approvisionnement, la transition énergétique et le développement économique – c’est-à-dire le bien-être des habitants de l’île. Disposer d’un modèle de gouvernance plus agile, plus lisible et capable de piloter des projets multiports constitue donc un véritable atout stratégique pour un territoire insulaire dépendant de ses infrastructures maritimes. Enfin, l’urgence est réelle : plusieurs concessions arriveront à échéance le 1er janvier 2026, notamment dans le Finistère. Notre vote conforme est donc indispensable pour garantir la continuité d’exploitation, la sécurité juridique des collectivités et la préservation des emplois. Pour toutes ces raisons – équité, efficacité, transition écologique et urgence opérationnelle –, notre groupe votera pour l’adoption de cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. – Mme la rapporteure applaudit également.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Julie Ozenne.

Photo de Mme Julie Ozenne
Discussion générale
Mme Julie Ozenne Julie Ozenne EcoS

À ce jour, seules dix-huit installations peuvent bénéficier du modèle de la société portuaire pour l’exploitation de leurs ports. Ce format permet pourtant de sécuriser le financement, de moderniser les infrastructures portuaires, de conforter l’emploi maritime dans les territoires et de bénéficier des dérogations liées aux contrats de quasi-régie. Les quelque 600 ports décentralisés français sont donc privés des avantages de ce dispositif plus vertueux : associer collectivités et chambres de commerce et d’industrie dans une gouvernance plus souple et robuste, mutualiser les risques, simplifier les relations entre concédant et concessionnaire et faciliter des investissements de long terme. L’objectif de ce mode de fonctionnement est d’exploiter au mieux les atouts maritimes de la France. Le groupe Écologiste et social soutient donc la démarche de cette proposition de loi – avec quelques réserves, toutefois. Les ports jouent un rôle stratégique pour notre territoire, pour notre économie, mais aussi pour la biodiversité marine. Or les CCI, dont ce texte renforce la place, ne garantissent pas à elles seules une prise en compte suffisante des enjeux écologiques et sociaux. L’occupation du domaine public maritime, les aménagements portuaires, les digues : voilà des éléments qui exercent déjà une pression forte sur nos écosystèmes. Il est donc absolument nécessaire que ces ports adoptent des démarches opérationnelles de protection de la faune, de la flore et de la qualité des eaux. Lors du comité interministériel de la logistique du 7 décembre 2020, il a été rappelé que les écosystèmes portuaires français avaient un rôle déterminant à jouer dans la décarbonation des chaînes de transport à l’horizon 2050. En 2021, la stratégie nationale portuaire a été adoptée. L’accélération de la transition écologique et énergétique des ports de commerce en est un axe majeur, un levier essentiel pour réduire l’impact des infrastructures portuaires sur l’environnement et le climat. L’édition 2024 de l’Observatoire de la performance portuaire et des chaînes logistiques rappelle encore que « les ports doivent répondre aux objectifs fixés par le paquet Fit for 55, qui prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 55 % d’ici à 2030 ». Nous devons donc saisir l’occasion qu’offre cette proposition de loi de bonifier la stratégie française de verdissement de ses pratiques. Au-delà du besoin d’amélioration des pratiques des ports en matière écologique, il est également primordial de limiter les risques liés à cette exploitation maritime. Nous déplorons le contexte général de baisse des dotations aux collectivités : plus de 7 millions d’euros de coupes pour les collectivités territoriales et les services publics locaux dans le PLF pour 2026. Il ne s’agit pas de leur faire un cadeau empoisonné, alors qu’elles risquent de devoir céder progressivement leurs parts. Cela limiterait leur capacité à orienter le développement portuaire dans une démarche plus soucieuse des enjeux écologiques et sociaux. En commission, nous avons apporté notre soutien à des amendements visant à introduire des garanties de protection supplémentaires. Il nous aurait par exemple paru souhaitable que toute cession totale ou partielle des participations détenues par une CCI soit soumise au contrôle des investissements étrangers, mais aussi à autorisation, afin d’éviter toute prise de contrôle étrangère sur des infrastructures portuaires stratégiques. Malheureusement, ces amendements ont été rejetés. Nous serons très attentifs au respect de ces conditions. L’ouverture plus large du recours au modèle de société portuaire est une évolution utile, mais elle doit s’accompagner de garanties de gouvernance et, surtout, de moyens publics renforcés, afin de préserver la maîtrise des collectivités et de soutenir une véritable ambition écologique et sociale. Le risque existe désormais que des sociétés étrangères intègrent ce type de sociétés portuaires. Il faudra s’en préoccuper pour l’avenir. (Mme la rapporteure sourit.)

Photo de Mme Liliana Tanguy
Discussion générale
Mme Liliana Tanguy rapporteure EPR

Pas plus qu’avant.

Photo de Mme Julie Ozenne
Discussion générale
Mme Julie Ozenne Julie Ozenne EcoS

C’est très sérieux. (M. Édouard Bénard applaudit.)

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M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jimmy Pahun.

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M. Jimmy Pahun Jimmy Pahun Dem

Je remercie la rapporteure et mes collègues bretons du Sénat, …

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Discussion générale
M. Édouard Bénard Édouard Bénard GDR

Chauvinisme !

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Discussion générale
M. Jimmy Pahun Jimmy Pahun Dem

…Nadège Havet, Michel Canévet et Yves Bleunven. Leur travail répond à des difficultés rencontrées pour faire évoluer notre modèle de gouvernance portuaire. J’évoquerai ainsi le département du Finistère et la région Bretagne, non en tant que Breton,…

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Discussion générale
M. Jean-Paul Lecoq Jean-Paul Lecoq GDR

Régionalisme !

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Discussion générale
M. Jimmy Pahun Jimmy Pahun Dem

…mais parce que ces territoires devront faire face, d’ici fin décembre, à la fin des concessions. Depuis la loi du 5 janvier 2006 relative à la sécurité et au développement des transports, les collectivités territoriales ont la possibilité de créer des sociétés portuaires ou d’y prendre des participations, mais uniquement pour les ports métropolitains visés par la loi du 13 août 2004 – des ports d’intérêt national pour lesquels la compétence de l’État a alors été transférée aux régions ou aux départements. À ce jour, d’ailleurs, seules trois collectivités ont exercé cette faculté : la région Bretagne à Brest, la région Nouvelle-Aquitaine à Bayonne et la région Occitanie à Port-la-Nouvelle. Je crois à l’avenir des ports décentralisés, et au cabotage : contrairement à ce qui se passe dans les grands ports maritimes, comme celui du Havre, où les conteneurs sont parfois parqués pendant un mois avant d’être livrés à leur destinataire, le cabotage permet de faire circuler la marchandise de port en port ; on peut aller la chercher dans un port et l’acheminer de l’autre côté de l’Atlantique, ou ailleurs en Europe.

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Discussion générale
M. Jean-Paul Lecoq Jean-Paul Lecoq GDR

Quand même pas !

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Discussion générale
M. Jimmy Pahun Jimmy Pahun Dem

C’est important pour le transport maritime à la voile, auquel nous croyons beaucoup. En Bretagne, le Caboteur des îles est une réussite. Je crois également à l’évolution des ports. La base sous-marine de Lorient s’est ainsi transformée en un pôle de course au large exceptionnel. Les zones portuaires présentent aussi un grand intérêt pour le futur développement des énergies marines. Cette proposition de loi étend donc la possibilité, pour les collectivités territoriales et leurs groupements détenant des ports en pleine propriété, d’avoir recours au modèle de la société portuaire. Elle procède également à des mises à jour bienvenues. Ce modèle permet une gestion plus souple des infrastructures portuaires et un renforcement de leur pilotage, en associant collectivités et chambres de commerce et d’industrie. Il permet également d’envisager une gestion coordonnée de plusieurs ports au sein d’une structure unique, ou de mobiliser des capitaux privés pour accompagner le développement des infrastructures. Je comprends les mises en garde de Mme Ozenne au sujet des investisseurs étrangers susceptibles de prendre des parts dans ces sociétés portuaires. Nous risquons peut-être de ne plus être chez nous, comme les Grecs au Pirée.

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Discussion générale
Mme Liliana Tanguy rapporteure EPR

Non !

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Discussion générale
M. Jimmy Pahun Jimmy Pahun Dem

Cette proposition de loi marque une avancée importante pour nos ports et nos territoires côtiers. Nous devons être particulièrement attentifs à la souveraineté alimentaire de notre pays, à laquelle la filière pêche contribue ; nous devons trouver pour elle des solutions équilibrées, au service d’un avenir plus prospère et durable. Il s’agit d’un enjeu de compétitivité, d’emploi et de développement économique ; c’est aussi une demande des collectivités, qui en ont besoin. Nous devons les entendre. Le groupe Les Démocrates votera en faveur de cette proposition de loi et souhaite qu’elle soit adoptée de manière conforme pour permettre sa promulgation rapide, afin de répondre à l’urgence rencontrée sur le terrain. (Mme la rapporteure, M. Frédéric Petit et Mme Julie Ozenne applaudissent.)

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Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jean-Michel Brard.

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Discussion générale
M. Jean-Michel Brard Jean-Michel Brard HOR

Cette proposition de loi est aussi technique qu’essentielle pour l’avenir de nos ports territoriaux. Elle touche à un pan souvent méconnu de notre politique maritime qui, pour nos collectivités littorales, représente pourtant un enjeu stratégique majeur : la capacité à gérer, à moderniser et à développer efficacement les ports qui irriguent nos économies locales. Je le dis en tant qu’élu d’un territoire qui connaît intimement l’importance de ses ports, qu’il s’agisse de ports de pêche, de ports de plaisance ou de petits ports de commerce. En Loire-Atlantique, sur l’ensemble du littoral, de Pornic à La Turballe, nos ports sont bien plus que des infrastructures techniques. Ce sont des lieux de vie, des pôles économiques, des portes d’entrée touristiques et des identités locales. Leur gestion doit disposer d’outils modernes, souples et adaptés aux besoins du terrain. Cette proposition de loi répond précisément à cette nécessité. Elle vise à ouvrir à l’ensemble des collectivités territoriales la possibilité de recourir au modèle de la société portuaire, actuellement accessible à un nombre très restreint d’entre elles, en vertu de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales. Seuls dix-huit ports sont concernés par ce dispositif. Tous les autres, pourtant tout aussi stratégiques, en sont exclus. Cette situation n’est ni cohérente, ni satisfaisante, ni conforme aux attentes des élus locaux. Comme cela a été rappelé, les ports décentralisés constituent un maillage essentiel de notre économie maritime. Ils représentent 22 % du tonnage national, 75 % du roulier et 75 % du trafic passager. Ils créent une valeur ajoutée estimée à 600 millions d’euros et représentent près de 11 000 emplois directs. Ils sont au cœur de la vie économique de nos territoires littoraux. Ces ports doivent faire face à de nouveaux défis : le renouvellement des infrastructures, la modernisation des équipements, l’adaptation aux évolutions des usages maritimes, la mise en conformité environnementale, le développement de nouveaux services pour soutenir l’attractivité touristique ou économique. Tout cela exige une capacité d’investissement renforcée. Or chacun le constate sur le terrain : les chambres de commerce et d’industrie, qui jouent historiquement un rôle moteur dans la gestion portuaire, ne peuvent plus assumer seules l’effort d’investissement nécessaire. Elles disposent d’une expertise précieuse et d’une connaissance fine du tissu économique, mais leurs moyens financiers se sont contractés. Le modèle de la société portuaire est pertinent pour répondre à cette réalité. Il permet d’associer collectivités et CCI dans une gouvernance partagée, de mutualiser les capacités financières et de sécuriser des investissements de long terme. Les expériences conduites à Brest et à Bayonne montrent combien ces sociétés portuaires peuvent constituer des outils efficaces et adaptés. Ces exemples démontrent qu’une gouvernance modernisée, associant expertise économique et pilotage public, permet de bâtir des stratégies robustes pour nos ports. Pour des territoires comme celui de Pornic, où le port est à la fois un centre économique, un moteur touristique et un point d’équilibre pour de nombreuses activités locales, cet outil représente une opportunité majeure. Il permettra aux collectivités de mieux planifier, d’investir plus efficacement et de renforcer la cohérence des politiques portuaires. Je salue le travail du Sénat, qui a clarifié et sécurisé le dispositif, notamment en matière de commande publique, pour garantir un cadre pleinement compatible avec le droit européen. Je salue également l’adoption conforme de ce texte par la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, qui démontre le large consensus politique dont il fait l’objet. Dans cet hémicycle, nos débats sur l’organisation de l’action publique sont souvent complexes. En l’espèce, il s’agit d’une mesure concrète, pragmatique et attendue, qui respecte pleinement l’esprit de la décentralisation – faire confiance aux collectivités, leur fournir les outils adéquats et reconnaître la pertinence de la décision locale. Pour ces raisons, et parce que cette proposition de loi apporte une réponse cohérente et utile à nos ports comme à l’ensemble de notre territoire, notre groupe votera avec conviction en faveur de ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. – Mme la rapporteure applaudit également.)

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Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Paul Molac.

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Discussion générale
M. Paul Molac Paul Molac LIOT

La présente proposition de loi élargit la possibilité pour les collectivités territoriales et leurs groupements de recourir au modèle de la société portuaire pour l’exploitation de leurs ports. Notre groupe tient à saluer ce texte d’origine sénatoriale. Comme l’a rappelé notre rapporteure, ses rédacteurs sont la sénatrice Havet ainsi que les sénateurs Canévet et Bleunven, tous trois originaires de Bretagne. (Sourires.) Il n’est peut-être pas anodin que ce texte émane de cette région, tant il répond à la nécessité de proposer à nos ports davantage de flexibilité et de marges de manœuvre dans leur gestion. Ce texte répond aussi à la nécessité de doter les territoires d’un outil de gouvernance portuaire adapté aux besoins des collectivités, notamment lorsqu’elles souhaitent s’investir dans le développement économique de leur territoire – compétence qui relève à la fois des régions et des communautés de communes ou d’agglomération. Le modèle de la société portuaire a démontré son efficacité : les régions Bretagne et Nouvelle-Aquitaine l’ont mis en œuvre avec succès avec BrestPort et Port de Bayonne. Ces initiatives illustrent la pertinence de ce mode de gouvernance, qui permet aux collectivités territoriales de devenir des acteurs centraux de leur développement et de leur écosystème portuaire. À titre d’exemple, la région Bretagne a investi 200 millions d’euros dans le port de Brest. L’enjeu est de sécuriser l’investissement dans nos infrastructures portuaires face à une concurrence internationale où les règles sociales et fiscales diffèrent de celles de la France. Il s’agit également de s’adapter aux crises successives qui ont frappé la filière, qu’il s’agisse du Brexit, de la fermeture de la pêche dans le golfe de Gascogne, de la flambée des carburants ou de la pandémie de covid. Cette proposition de loi vise à simplifier le cadre existant en élargissant l’éventail des outils à disposition des collectivités locales. Elle modernise et étend le dispositif des sociétés portuaires instauré par la loi du 5 janvier 2006 relative à la sécurité et au développement des transports. À cet effet, la limitation actuelle aux seuls dix-sept ports métropolitains visés par la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales est supprimée. Cette restriction écartait en effet de nombreux ports décentralisés, pourtant confrontés à des enjeux similaires. On peut s’étonner de cette manière de légiférer : un État qui fait confiance à ses territoires et aux acteurs de terrain aurait dû permettre dès l’origine aux autorités portuaires, aux chambres de commerce et d’industrie et aux collectivités concernées de choisir le format le plus adapté à leur situation. Or nos ports décentralisés ne disposent pas des marges de manœuvre des sociétés portuaires, et le législateur de 2004 a lui-même fixé une liste limitative de dix-huit ports pouvant bénéficier du régime de société portuaire. Pourquoi une telle limitation ? Nous allons régler le problème ce soir. Nous devons soutenir nos pêcheurs afin d’assurer la souveraineté alimentaire de notre pays. Je pense notamment aux sept ports de pêche du Pays de Cornouaille – Douarnenez, Audierne, Saint-Guénolé-Penmarc’h, Le Guilvinec, Lesconil, Loctudy et Concarneau –, qui représentent à eux seuls 20 % de la pêche française et 50 % de la pêche en Bretagne administrative. Je pense également au port de La Turballe, cité par notre collègue Brard, qui illustre pleinement l’importance de ces infrastructures – La Turballe étant bien évidemment un port breton, même s’il est situé en Loire-Atlantique. D’ailleurs, le cercle celtique de La Turballe est champion de Bretagne. Comment certains peuvent-ils encore douter que la Loire-Atlantique est en Bretagne ? Franchement ! (Sourires.)

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Discussion générale
Mme Sophie Errante Sophie Errante NI

Personne n’en doute !

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Discussion générale
Mme Mélanie Thomin Mélanie Thomin SOC

Pas ici !

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Discussion générale
M. Paul Molac Paul Molac LIOT

Notre groupe ne souhaite ni limiter ni brider les ports dans leur gestion, mais au contraire fournir aux élus locaux et aux CCI une véritable boîte à outils. Là où existe une volonté, ce texte permettra de généraliser la coopération entre collectivités territoriales et chambres de commerce et d’industrie, en faveur d’une gestion plus efficiente des infrastructures portuaires. Pour toutes ces raisons, notre groupe votera en faveur de cette proposition de loi. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe HOR. – Mme Sophie Errante applaudit également.)

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Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.

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Discussion générale
M. Jean-Paul Lecoq Jean-Paul Lecoq GDR

Au milieu de tous ces Bretons, il y aura un Normand, qui n’est pas là pour rappeler que le Mont-Saint-Michel est en Normandie, mais qui représente aussi une grande ville portuaire. En outre, Le Havre est la plus grande ville bretonne hors de Bretagne, si l’on considère le nombre d’habitants havrais d’origine bretonne. (Sourires.) Nous examinons un texte très court, mais il touche à un sujet essentiel – la gouvernance, la maîtrise publique et l’emploi dans nos ports décentralisés. D’ailleurs, comment intégrer les ports de nos départements et territoires d’outre-mer dans ce dispositif ? Les ports décentralisés représentent 22 % du tonnage total de marchandises du pays, 600 millions d’euros de valeur ajoutée, 11 000 emplois directs et près de 27 000 emplois si l’on inclut les emplois indirects. Le texte propose d’ouvrir à tous les ports le statut de société portuaire. Le principal atout de ce dernier est de conjuguer la capacité d’investissement des collectivités avec celle des chambres de commerce et d’industrie. Compte tenu des besoins d’investissement, l’outil peut paraître séduisant. Il permet de renforcer les capacités d’investissement et nul ne conteste que certains ports, notamment les ports de pêche, ont besoin de ce soutien. Il permet aussi à la collectivité propriétaire du port de devenir son concessionnaire en intégrant la société portuaire, ce qui renforce son implication dans la stratégie et la gestion portuaires. Mais un outil mal encadré peut devenir dangereux. C’est notre crainte, déjà exprimée à cette tribune par plusieurs groupes. À ce jour, aucune évaluation sérieuse de ce modèle n’a été réalisée et les retours de terrain invitent à la prudence. Rappelons également que les chambres de commerce sont fragilisées depuis la réforme du réseau consulaire, il y a plus de dix ans. Leurs ressources fiscales ont diminué de 66 % depuis 2013, soit plus de 800 millions d’euros par an. Leurs effectifs sont passés de 25 000 à 14 000 collaborateurs. À titre d’exemple, la CCI Seine Estuaire, au Havre, a cumulé les difficultés dans la gestion du port de Fécamp, qu’elle tenait par concession accordée par le département de Seine-Maritime depuis les années 1980. La situation était devenue tellement compliquée et préjudiciable au bon fonctionnement du port, à ses trafics et aux conditions de travail des salariés, que le département a dû mettre fin prématurément à la concession et éponger une bonne partie de l’ardoise – si vous me permettez l’expression. Il n’est pas certain que demain, le département se saisisse de l’opportunité de se constituer en société portuaire. Au contraire, il vient de réinvestir le secteur, assumant une gestion 100 % publique par la création d’un syndicat mixte associant les collectivités concernées par les quatre ports du département. Voulons-nous vraiment autoriser les collectivités à entrer dans des sociétés commerciales sans fixer les règles du jeu ? Le statut de société portuaire est par nature sensible. Il permet à une collectivité de prendre des parts dans une société à vocation commerciale, au risque d’une gouvernance opaque, de déséquilibres entre partenaires, de collectivités minorisées ou de sociétés sous-capitalisées dépendantes à terme d’intérêts privés, voire étrangers. Nous ne sommes pas opposés par principe aux sociétés portuaires. Nous reconnaissons que cet outil peut être utile, notamment pour les ports de pêche en difficulté – et c’est l’objet même du texte. Mais cette forme de gestion exige des garde-fous qui n’existent pas dans la proposition de loi.

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Discussion générale
Mme Liliana Tanguy rapporteure EPR

Si, ils existent !

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Discussion générale
M. Jean-Paul Lecoq Jean-Paul Lecoq GDR

La Fédération nationale des ports et docks CGT demande un report du débat afin de permettre une véritable concertation et d’améliorer le texte. C’est une demande raisonnable, d’autant que les concessions qui se terminent cette année peuvent être prolongées sans difficulté, contrairement à ce qui a été affirmé par notre collègue du groupe EPR.

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Discussion générale
Mme Liliana Tanguy rapporteure EPR

Non !

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Discussion générale
M. Jean-Paul Lecoq Jean-Paul Lecoq GDR

Cette demande devrait aller de soi, car nous touchons à la maîtrise publique, à la concurrence entre gestionnaires et à la situation sociale dans les ports. Nous soutenons l’objectif de dynamisation de nos ports, mais faisons-le proprement, sans fragiliser les collectivités ni la maîtrise publique, et sans précariser les travailleurs faute de garanties sur l’application des conventions collectives nationales unifiées concernant l’organisation et les conditions de travail. Notre rôle n’est pas d’offrir des facilités juridiques. Si vous m’y autorisez, monsieur le président, je me permets d’évoquer un sujet : puisque le gouvernement est présent, je rappelle que l’État a l’obligation de financer les dragages des ports. Or le projet de loi de finances pour 2026 prévoit de supprimer 20 millions d’euros affectés à ces dragages. Sans dragage, pas de port, et la question qui nous rassemble ce soir ne se posera même plus. Le groupe GDR s’abstiendra sur ce texte.

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Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Olivier Fayssat.

Photo de M. Olivier Fayssat
Discussion générale
M. Olivier Fayssat Olivier Fayssat UDR

Le système portuaire français constitue l’une de nos forces. Qu’il s’agisse des grands ports maritimes, des ports de commerce, de pêche ou de plaisance, nos infrastructures littorales représentent un maillon essentiel de l’économie nationale et de l’aménagement de nos territoires. Elles irriguent nos régions, soutiennent nos filières productives, dynamisent nos communes littorales et incarnent un outil de puissance pour une grande nation maritime comme la nôtre. Cependant, si notre système portuaire est un atout, il est aussi le produit d’une construction juridique complexe, héritée des vagues successives de décentralisation. Depuis les transferts opérés en 1983 puis en 2004, sans oublier la réforme portuaire de 2008 et la loi Notre, les responsabilités entre l’État, les régions, les départements et le bloc communal se sont recomposées. Les outils juridiques mis à la disposition des collectivités se sont adaptés, mais seulement partiellement. Aujourd’hui encore, le modèle de la société portuaire, créé par la loi du 5 janvier 2006, n’est ouvert qu’aux dix-huit ports transférés aux régions en 2004. Cet héritage juridique crée une inégalité de traitement injustifiée entre les ports, alors que les besoins d’investissement sont immenses et que les modèles de gestion existants montrent leurs limites. La France compte plus de 600 ports décentralisés. Ils représentent 22 % du tonnage total des marchandises, 600 millions d’euros de valeur ajoutée et 11 000 emplois directs. Ce sont des infrastructures stratégiques pour l’économie nationale comme pour les économies locales. Aujourd’hui, plusieurs modèles de gestion existent : la régie, la concession, la société publique locale ou la société d’économie mixte. La société portuaire offre une alternative équilibrée : elle permet l’association des collectivités et des chambres de commerce et d’industrie, tout en bénéficiant de la souplesse du régime de la quasi-régie. Pourtant, seules deux sociétés portuaires existent en France : BrestPort, créée en 2021, et Port de Bayonne, créée en 2024. Dans les deux cas, le modèle s’est révélé efficace – investissements accrus, gouvernance clarifiée, capacités d’action renforcées. De nombreux territoires souhaitent s’engager dans cette voie, mais en sont empêchés juridiquement. La gestion portuaire est devenue très complexe. Les collectivités doivent conjuguer les exigences de sécurité, de performance économique, de transition écologique et de soutien aux filières – notamment la pêche, en grande difficulté –, tout cela avec des règles juridiques parfois inadaptées. Lorsque les criées sont fragilisées, lorsque les volumes se contractent, la délégation de service public classique montre ses limites : le concessionnaire n’est plus en mesure d’assumer seul le risque. Le statut de société portuaire permet au contraire aux collectivités de reprendre la main, d’investir, de soutenir leurs filières et de moderniser leurs infrastructures. Plus largement, ce modèle est en phase avec les enjeux contemporains : transition énergétique, développement technologique, résilience économique, concurrence internationale. Il permet d’allier la puissance financière des collectivités à l’expertise opérationnelle des CCI. Nous devons donner à nos ports les moyens d’être plus attractifs, plus compétitifs, plus innovants. J’avais prévu ici de parler du port de Marseille, mais le président Ciotti m’a vivement conseillé de parler du port de Nice. Je vais donc m’exécuter. En effet, à l’échelle locale, le port de Nice est un pôle important d’attractivité sur la Côte d’Azur et pourrait bénéficier de l’extension de ce mode de gestion. Celui-ci ne doit cependant pas oublier d’associer les acteurs locaux, concernés tant par les navires de croisière – fournisseurs de recettes et d’activités mais également sources de nuisances – que par l’aménagement de l’espace public à proximité des activités portuaires. Ce n’est que si les citoyens et les acteurs locaux sont consultés et d’accord avec l’orientation du port que la symbiose fonctionnera au bénéfice du territoire, des citoyens et de la prospérité de tous. Le groupe UDR soutiendra donc ce texte. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à Mme Béatrice Roullaud.

Photo de Mme Béatrice Roullaud
Discussion générale
Mme Béatrice Roullaud Béatrice Roullaud RN

Nous examinons une proposition de loi dont l’ambition est claire : offrir un cadre juridique efficace et performant pour la gestion des ports, en étendant à toutes les collectivités la possibilité de recourir au statut de la société portuaire. Ce texte, qui paraît de prime abord très spécifique, est au contraire général et essentiel, car l’activité d’un port a des effets profonds sur un territoire. Le port est parfois le seul poumon économique d’une commune ou d’un département, et ce quelle qu’en soit la taille. La législation qui régit la gestion des zones portuaires est actuellement très disparate et extrêmement complexe. À ce jour, les collectivités locales, qui ne peuvent pas bénéficier légalement du statut de la société portuaire, ne disposent que de deux outils juridiques insatisfaisants : d’une part, la société publique locale, qui présente l’inconvénient d’exclure tout acteur privé et prive donc de ce fait le port de la possibilité d’accroître ses ressources financières ; d’autre part, la société d’économie mixte, qui impose des procédures lourdes de mise en concurrence. Actuellement, seuls les grands ports de France, comme celui de Sète, dans l’Hérault, mon département d’origine, mais aussi ceux de Calais, Boulogne-sur-Mer, Brest, Lorient, Bayonne, peuvent recourir à la société portuaire créée par la loi du 5 janvier 2006. Il n’existe en effet que 18 ports sur plus de 600 à pouvoir bénéficier du statut de la société portuaire, qui offre pourtant maints avantages. La souplesse d’abord, qui permet d’intégrer des CCI et favorise ainsi l’investissement, en conjuguant les capacités d’investissement des collectivités territoriales et des CCI ; la sécurité juridique ensuite, par rapport à la SEM qui est soumise à des exigences de concurrence difficiles à concilier avec l’activité portuaire. Ainsi, la société portuaire permet aux collectivités d’investir directement dans les infrastructures. Elle facilite le soutien aux criées, indispensables à la vitalité économique locale. Elle autorise une prise en charge partagée du risque, indispensable à la survie de certains ports. L’objet de cette proposition de loi est de permettre à toutes les collectivités de pouvoir bénéficier de ces avantages. Elle a été déposée par trois sénateurs pour répondre à la situation du Finistère, dont les concessions portuaires arriveront à échéance le 1er janvier 2026. De l’aveu du président du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, le modèle de la société portuaire est mieux adapté que celui d’une délégation de service public, notamment lorsque le secteur de la pêche est en décroissance et déficitaire. Si cette proposition de loi était adoptée, la société portuaire permettrait aux collectivités d’investir dans la modernisation des infrastructures, équipements, criées et quais, comme cela a été le cas pour le port de Sète, en pleine expansion avec 5,6 millions de tonnes de marchandises en 2023. Enfin, l’adoption d’un tel statut autoriserait également la prise en charge de certaines dépenses, qui pèsent actuellement sur les seuls pêcheurs. Sa généralisation constituerait donc une réelle avancée pour l’activité de pêche, car nous ne pouvons faire abstraction du contexte : la pêche française traverse une crise profonde marquée par la contraction des volumes, la hausse des coûts, les risques de délocalisation et une concurrence internationale déloyale. Dans ce cadre, le modèle classique de délégation de service public, fondé sur un opérateur qui assume seul le risque économique, n’est plus adapté. Il ne fonctionne plus lorsque l’activité décline et que le concessionnaire ne peut plus raisonnablement équilibrer son modèle. La société portuaire, telle que proposée ici, apporte une solution souple dont on a vu les avantages. Ce texte est un outil simple et clair, qui respecte l’équilibre fondamental entre gestion publique du service portuaire et mobilisation des compétences économiques locales. Il permettrait aussi, s’il était adopté, d’uniformiser la gestion des ports, actuellement éclatée entre plusieurs opérateurs selon les secteurs d’activité – commerce, plaisance, pêche. Les auditions l’ont montré de manière unanime, ce texte répond à une réelle attente des territoires. En ouvrant la possibilité de créer des sociétés portuaires à l’ensemble des collectivités propriétaires d’un port, cette proposition de loi redonne à ces dernières la capacité d’agir au plus près de leurs enjeux économiques, sociaux et maritimes. Pour toutes ces raisons, le groupe Rassemblement national soutiendra ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Christophe Blanchet Dem

La discussion générale est close. Sur l’article unique, je suis saisi par les groupes Les Démocrates, La France insoumise-Nouveau Front populaire et Libertés, indépendants, outre-mer et territoires de demandes de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme la rapporteure.

Photo de Mme Liliana Tanguy
Discussion générale
Mme Liliana Tanguy rapporteure EPR

Avant que nous passions au vote, je souhaite clarifier un certain nombre de points et répondre aux interrogations soulevées. Je veux d’abord redire que ce texte n’a ni pour objectif ni pour effet d’augmenter la part du secteur privé dans la gestion des ports. Les ports relèvent en grande partie du domaine public, et les collectivités en sont et en resteront propriétaires après le vote de cette loi. Il est ici question de l’exploitation des ports, et il faut donc se garder de toute confusion. Ce texte permet précisément d’impliquer davantage les collectivités territoriales dans la gestion des ports. C’est un outil – comme il en existe déjà, telles la SEM ou la Semop, qui sont des concessions à des tiers privés – très efficace pour déléguer au secteur privé l’exploitation des ports. La société portuaire permet surtout de conjuguer les forces des CCI et des collectivités territoriales en utilisant la quasi-régie. Certains redoutent que les CCI soient le cheval de Troie des intérêts privés ; mais ce sont des établissements publics, soumis comme tels à l’autorisation du préfet pour ce qui est de la cession du capital détenu dans des sociétés portuaires. Je tiens également à rassurer notre collègue du groupe Socialistes et apparentés, Fabrice Roussel, en redisant que cette proposition de loi n’expose pas les ports à l’ingérence étrangère. En réalité, elle ne fait qu’étendre un statut existant, qui n’est d’ailleurs pas le statut qui donne le plus de place au secteur privé, puisque la SEM comme la Semop intègrent des capitaux publics et privés dès leur création. Par ailleurs, pour répondre à l’inquiétude exprimée sur les bancs du groupe Écologiste et social, il y a plusieurs garde-fous. Le dispositif de contrôle des investissements étrangers existe et s’applique pour les activités stratégiques. En outre, je viens de le dire, toute cession de parts du capital par une CCI est soumise à autorisation du préfet. Il faut donc, pour ouvrir le capital au privé, l’accord des collectivités et du préfet, voire celui du ministre de l’économie si des activités stratégiques sont en jeu. Je terminerai en ayant une pensée pour nos ports, qui sont autant d’atouts mais font face à de nombreux défis. Pour parler de ceux que je connais le mieux, les sept ports de Cornouaille, ils doivent s’adapter et adapter leur mode de gestion pour permettre des investissements nécessaires à leur développement et à la transition énergétique. Grâce à cette proposition de loi, le département du Finistère, la région et le syndicat mixte des ports de Cornouaille pourront gérer les ports aux côtés de la CCI. La délégation de service public octroyée à la CCI s’achevant à la fin de l’année, une société portuaire pourra être constituée pour assurer leur attractivité et maintenir l’activité de pêche – plusieurs d’entre vous l’ont fort bien dit. J’espère donc qu’en votre âme et conscience, vous voterez en faveur des ports de France et de Cornouaille. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Christophe Blanchet Dem

Nous en venons aux explications de vote. (Protestations sur divers bancs.) La parole est à M. Sylvain Carrière.

Photo de M. Sylvain Carrière (LFI-NFP)
Explications de vote
M. Sylvain Carrière (LFI-NFP) Sylvain Carrière LFI-NFP

Nous arrivons au terme de l’examen de ce texte, qui a été marqué par un mélange de confusion et d’indifférence. Confusion d’abord quant au choix du moment : pourquoi en pleine discussion budgétaire et dans une telle hâte ? Je remarque d’ailleurs que vous êtes beaucoup plus rapides pour inscrire des textes de privatisation…

Photo de Mme Françoise Buffet
Explications de vote
Mme Françoise Buffet Françoise Buffet EPR

Mais ce n’est pas de la privatisation !

Photo de M. Sylvain Carrière
Explications de vote
M. Sylvain Carrière Sylvain Carrière LFI-NFP

…que lorsqu’il s’agit de textes visant à nationaliser des industries stratégiques comme ArcelorMittal. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Olivier Becht
Explications de vote
M. Olivier Becht Olivier Becht EPR

Vous racontez n’importe quoi !

Photo de M. Sylvain Carrière
Explications de vote
M. Sylvain Carrière Sylvain Carrière LFI-NFP

Indifférence ensuite en ce qui concerne le contenu de cette proposition de loi. Or cette indifférence est dangereuse tant ce texte pourrait constituer une étape supplémentaire de vos politiques libérales, qui fragilisent des secteurs aussi stratégiques que celui de la gestion portuaire.

Photo de M. Didier Le Gac
Explications de vote
M. Didier Le Gac Didier Le Gac EPR

Quelle caricature !

Photo de M. Sylvain Carrière
Explications de vote
M. Sylvain Carrière Sylvain Carrière LFI-NFP

En effet, la décentralisation engagée depuis les années 1980 a fragmenté la gouvernance et la gestion portuaires, ce qui a abouti à une mise en concurrence des administrations territoriales. Dans mon département, les syndicats du port de Sète se mobilisent, ce jeudi 11 décembre, pour dénoncer la concurrence déloyale du port de Port-la-Nouvelle, dont la gouvernance opaque pose déjà des problèmes. Votre proposition de loi apparaît comme une tentative de moderniser la gouvernance locale, mais elle ne résout aucun des problèmes structurels auxquels font face nos ports : manque de moyens des collectivités locales et absence de vision nationale cohérente pour l’ensemble des ports français. Car vous l’avez peut-être oublié mais, si les collectivités territoriales ne sont pas en mesure d’investir dans nos ports, c’est parce que chaque année, les gouvernements macronistes et leurs alliés ont saccagé leur budget. (Mêmes mouvements.)

Photo de M. Didier Le Gac
Explications de vote
M. Didier Le Gac Didier Le Gac EPR

Ça faisait longtemps !

Photo de M. Sylvain Carrière
Explications de vote
M. Sylvain Carrière Sylvain Carrière LFI-NFP

Et que proposez-vous ? D’ouvrir les investissements aux chambres de commerce et d’industrie. Le problème, c’est que vous leur avez réservé le même sort. Depuis votre arrivée au pouvoir, l’enveloppe allouée aux CCI est passée de 885 millions à 585 millions d’euros en 2025, soit une baisse de 35 %. Comme si cela ne suffisait pas, le projet de loi de finances pour 2026 prévoit la réduction du budget des CCI d’un tiers par rapport à 2025, ce qui conduirait à la suppression de 3 000 postes, selon l’Unsa CCI.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Explications de vote
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

La honte !

Photo de M. Sylvain Carrière
Explications de vote
M. Sylvain Carrière Sylvain Carrière LFI-NFP

Vous allez donc faire progressivement reposer des missions de service public sur des ressources privées. Nous retrouvons ici la bonne vieille stratégie des néolibéraux que vous êtes. Première étape, vous réduisez les recettes en baissant les impôts sur les très riches et les grandes entreprises. (« Ah ! » sur les bancs du groupe EPR et Dem.) Deuxième étape, ce manque de recettes vous sert de prétexte pour affaiblir le service public en réduisant les budgets – ici, celui des collectivités territoriales et des CCI. Troisième étape, vous nous expliquez que le service public fonctionne mal et qu’il faut ouvrir le secteur et les financements à l’investissement privé.

Photo de Mme Liliana Tanguy
Explications de vote
Mme Liliana Tanguy rapporteure EPR

Mais il est déjà ouvert !

Photo de M. Sylvain Carrière
Explications de vote
M. Sylvain Carrière Sylvain Carrière LFI-NFP

Ainsi, ce premier pas que vous faites avec cette proposition de loi n’a rien d’engageant. Il pourrait bien devenir la première étape vers la privatisation des ports français.

Photo de Mme Liliana Tanguy
Explications de vote
Mme Liliana Tanguy rapporteure EPR

Je viens de dire le contraire ! Vous n’avez pas écouté !

Photo de M. Sylvain Carrière
Explications de vote
M. Sylvain Carrière Sylvain Carrière LFI-NFP

D’ailleurs, vous n’en êtes pas à votre coup d’essai. Vous avez appliqué la même logique à la gestion aéroportuaire. En 2004, la droite a commencé par transférer les aéroports aux collectivités, puis elle a ouvert progressivement les capitaux des sociétés exploitantes aux acteurs privés. L’établissement public Aéroports de Paris est devenu une société anonyme, qui a ensuite été introduite en Bourse. Depuis 2019, vous avez essayé à plusieurs reprises d’opérer une privatisation totale. Ce sont vos méthodes. Après cela, vous essayez encore de nous faire croire que vous n’en ferez pas autant pour les ports. Hier, nous n’étions pas tombés dans votre panneau. Aujourd’hui, nous sommes conscients de votre manœuvre et demain, nous continuerons à combattre votre agenda de privatisation des services publics. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Liliana Tanguy
Explications de vote
Mme Liliana Tanguy rapporteure EPR

C’est de la propriété publique !

Photo de M. Sylvain Carrière
Explications de vote
M. Sylvain Carrière Sylvain Carrière LFI-NFP

L’exposé des motifs justifie ce texte en invoquant la souveraineté de notre pays. Mon groupe partage cet objectif, mais pas les moyens inefficaces que vous proposez pour y parvenir. Ce n’est ni en réduisant le contrôle de l’État sur les ports ni en rendant la gouvernance encore plus opaque que l’on assure la souveraineté alimentaire, bien au contraire. Celle-ci doit être renforcée par une véritable stratégie portuaire nationale qui vise à moderniser l’ensemble de nos ports et à renforcer le contrôle démocratique et public. C’est ainsi que nous pourrons garantir des conditions de travail protectrices pour les salariés portuaires et conduire une gestion ambitieuse d’un point de vue environnemental. Mon groupe s’oppose à l’avenir rabougri que vous promettez aux ports français et votera bien entendu contre cette proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Christophe Blanchet Dem

La parole est à M. Jean-Paul Lecoq.

Photo de M. Jean-Paul Lecoq (GDR)
Explications de vote
M. Jean-Paul Lecoq (GDR) Jean-Paul Lecoq GDR

Depuis de longues années, je suis membre du conseil de développement territorial du port du Havre, qui a récemment, dans le cadre d’une belle stratégie de dynamique portuaire, créé Haropa Port, le port fluvio-maritime de la Seine qui réunit les ports du Havre, de Rouen et de Paris. Suivant notre philosophie politique, nous, élus communistes normands, avons toujours soutenu l’idée que l’État devait coordonner et conduire la stratégie des ports normands, de Cherbourg au Havre en passant par Ouistreham, voire en élargissant jusqu’à Dunkerque. Pour autant, nous ne pensons pas que l’État doive gérer tous les ports. Une gestion locale est possible, et il est nécessaire d’y associer des acteurs portuaires car cela crée une dynamique intelligente qui permet de se comprendre et de répondre aux questionnements concernant l’activité du port. Si c’est un port de pêche, il me semble ainsi cohérent d’associer à sa gestion tous les acteurs de la pêche. Il existe des risques, comme vient de le dire le camarade Insoumis, mais je pense qu’il faut faire confiance aux collectivités territoriales. Avant d’embarquer à bord d’une flottille pour Gaza, j’avais été cantonné sur le port du Pirée, dans lequel les Chinois ont massivement investi. Nous ne voudrions pas que cette ouverture développe ce risque qui s’est déjà réalisé dans des ports européens. C’est pourquoi notre groupe s’abstiendra sur ce texte. Nous vous invitons à poursuivre le travail sur cette question, à border les choses, comme on dit dans ma famille.

Photo de Mme Liliana Tanguy
Explications de vote
Mme Liliana Tanguy rapporteure EPR

C’est déjà bordé.

Photo de M. Jean-Paul Lecoq
Explications de vote
M. Jean-Paul Lecoq Jean-Paul Lecoq GDR

Je ne parle pas des bords à la manière des voileux. Moi aussi, je voulais parler de vélique, car nous avons au Havre de belles sociétés de transport à la voile : les Bretons ne sont pas les seuls à savoir faire de la voile. (Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback applaudit.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Christophe Blanchet Dem

En effet, il y a de beaux ports en Normandie aussi.

Photo de M. le président
Vote sur l’article unique
M. le président Christophe Blanchet Dem

Je mets aux voix l’article unique de la proposition de loi.

II
Vote sur l’article unique
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Vote sur l’article unique
M. le président Christophe Blanchet Dem

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 67 Nombre de suffrages exprimés 61 Majorité absolue 31 Pour l’adoption 56 Contre 5

II
Vote sur l’article unique
Intervenant non identifié

(L’article unique est adopté ainsi que l’ensemble de la proposition de loi.)

Photo de M. le président
Ordre du jour de la prochaine séance
M. le président Christophe Blanchet Dem

Prochaine séance, demain, à quatorze heures : Questions au gouvernement ; Déclaration du gouvernement sur la stratégie de défense nationale, suivie d’un débat et d’un vote ; Discussion de la proposition de loi organique modifiant l’article 43 de la loi organique portant statut d’autonomie de la Polynésie française. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à vingt-deux heures cinquante.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Vote solennel et public par lequel les députés se prononcent sur un texte, un amendement ou une motion. Au scrutin public, chaque député enregistre son vote (pour, contre, abstention) et les résultats sont nominatifs.

Vote solennel

Catégorie de scrutin public utilisée pour les votes les plus importants (adoption d'un texte en lecture solennelle, motions majeures, décisions politiques structurantes). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de savoir précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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