Séance plénière Vidéo Presse
Suite de la discussion de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, portant création d’un statut de l’élu local
Jeudi 10 juillet 2025 15:00 – 16:20 1h20 Assemblée nationale Confirmé Créée le 06/06/2025 PO838901
1
Suite de la discussion de la proposition de loi, adoptée par le Sénat, portant création d’un statut de l’élu local
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

Cette vue s'appuie sur le flux XML officiel des débats en séance publique : c'est la version la plus complète de la notice de cette réunion (sections, amendements, ordre des prises de parole). Le fil ci-dessous affiche l'intégralité des interventions chargées pour cette séance.

211 Interventions sur l'ensemble de la séance
68 Orateurs distincts repérés
11 Séquences détectées dans le débat
41 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 211 interventions sur 211 pour l'ensemble de la séance.

Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

Une séance plénière enchaîne plusieurs textes. Choisissez ci-dessous celui qui vous intéresse pour aller directement à son débat. La barre indique la part des prises de parole consacrées à ce texte sur l'ensemble de la séance.

Amendements les plus cités

Amdt 224 3 mentions Amdt 386 3 mentions Amdt 640 3 mentions Amdt 784 3 mentions Amdt 863 3 mentions Amdt 1 2 mentions Amdt 228 2 mentions Amdt 241 2 mentions
Photo de M. le président
Ouverture de seance
M. le président Xavier Breton DR

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à quinze heures.)

Photo de M. le président
Suite de la discussion d’une proposition de loi
M. le président Xavier Breton DR

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi portant création d’un statut de l’élu local (nos 136, 1603 deuxième rectification).

Photo de M. le président
Discussion des articles (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Ce matin, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles de la proposition de loi, s’arrêtant à l’amendement no 640 portant article additionnel après l’article 30.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

L’amendement no 640 de M. Stéphane Lenormand est défendu. La parole est à M. Didier Le Gac, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission.

Amdt 640 Adopté
Photo de M. Didier Le Gac
Après l’article 30 (suite)
M. Didier Le Gac rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République EPR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de la ruralité, pour donner l’avis du gouvernement.

MG
Après l’article 30 (suite)
Mme Françoise Gatel ministre déléguée chargée de la ruralité

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Je mets aux voix l’amendement no 640.

Amdt 640 Adopté
II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 50 Nombre de suffrages exprimés 44 Majorité absolue 23 Pour l’adoption 23 Contre 21

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 640 est adopté.)

Amdt 640 Adopté
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme Béatrice Bellay, pour soutenir l’amendement no 704 rectifié.

704 (Rect) Adopté
Photo de Mme Béatrice Bellay
Après l’article 30 (suite)
Mme Béatrice Bellay Béatrice Bellay SOC

Il s’agit d’une demande de rapport. Mon ambition d’origine était de prévoir une majoration de 40 % des indemnités des élus eu égard à la cherté de la vie, étant donné que ces indemnités sont calquées sur la rémunération des fonctionnaires. J’ai changé d’avis car la période très compliquée ne s’y prête pas, l’image des élus étant malheureusement déjà très abîmée. Le ministre des outre-mer présentera à l’automne un projet de loi contre la vie chère. Celle-ci n’épargne pas les élus : ils la subissent, comme tous les habitants des pays des océans dits d’outre-mer. Elle provoque d’ailleurs parfois une gourmandise de fonctions : certains élus, pour s’assurer un revenu digne, cumulent les fonctions de maire et de conseiller d’agglomération, alors qu’ils pourraient laisser la place à d’autres. Nous demandons la remise d’un rapport qui évalue la possibilité de permettre aux conseils municipaux de majorer de 40 % les indemnités des élus de la commune.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Didier Le Gac
Après l’article 30 (suite)
M. Didier Le Gac rapporteur EPR

Ce matin, mon collègue rapporteur Stéphane Delautrette et moi-même avons annoncé que nous serions défavorables à l’ensemble des demandes de rapport.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MG
Après l’article 30 (suite)
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme Béatrice Bellay.

Photo de Mme Béatrice Bellay
Après l’article 30 (suite)
Mme Béatrice Bellay Béatrice Bellay SOC

J’insiste car nous avons besoin de données précises pour prendre des décisions. Si on m’avait expliqué à quelle porte frapper pour obtenir ces informations, je l’aurais fait. Nous n’avons pas réussi à obtenir davantage que les données disponibles. Nous demandons donc à l’État de mettre à disposition des élus les données qui leur permettront de prendre des décisions éclairées.

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 704 rectifié est adopté.)

704 (Rect) Adopté
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Sur les amendements nos 657 et 224, je suis saisi par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public, de même que sur l’amendement no 493, cette fois par le groupe Écologiste et social. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Valérie Rossi, pour soutenir l’amendement no 657.

Photo de Mme Valérie Rossi
Après l’article 30 (suite)
Mme Valérie Rossi Valérie Rossi SOC

Il vise à mieux connaître, à mieux faire connaître et à mieux reconnaître l’engagement des maires des petites communes de moins de 1 000 habitants. Ces maires exercent leur mandat dans des conditions souvent complexes, avec des moyens financiers, donc humains, limités. Ces élus de proximité, qui jouent un rôle essentiel dans la vie démocratique locale, signalent régulièrement que le niveau actuel des indemnités ne reflète ni la charge de travail réelle, ni les responsabilités exercées, ni les spécificités territoriales. Les variations de population du fait des flux touristiques et les aléas climatiques exceptionnels auxquels sont soumis certains territoires ruraux et de montagne occasionnent un surcroît de travail pour les élus. L’amendement propose la remise d’un rapport au Parlement, afin de disposer d’une évaluation approfondie et objective de la situation, en vue de futures évolutions possibles.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Didier Le Gac
Après l’article 30 (suite)
M. Didier Le Gac rapporteur EPR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MG
Après l’article 30 (suite)
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Je mets aux voix l’amendement no 657.

Amdt 657 Adopté
II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 70 Nombre de suffrages exprimés 66 Majorité absolue 34 Pour l’adoption 43 Contre 23

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 657 est adopté.)

Amdt 657 Adopté
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme Marie-José Allemand, pour soutenir l’amendement no 224.

Amdt 224 Adopté
Photo de Mme Marie-José Allemand
Après l’article 30 (suite)
Mme Marie-José Allemand Marie-José Allemand SOC

Depuis plusieurs années, de nombreux élus se heurtent à des difficultés parce qu’ils ont cotisé auprès de l’Ircantec ou parce qu’ils perçoivent une retraite de ce régime, au titre de mandats locaux en cours ou échus. L’Agirc-Arrco a conditionné la liquidation de leur retraite professionnelle à la cessation de leur mandat local. Alors que ce problème a été résolu pour les agriculteurs, il demeure pour les élus. Nous proposons de sanctuariser dans la proposition de loi la non-prise en compte du régime Ircantec et de sa pension par les autres régimes de retraite.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Didier Le Gac
Après l’article 30 (suite)
M. Didier Le Gac rapporteur EPR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MG
Après l’article 30 (suite)
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Je mets aux voix l’amendement no 224.

Amdt 224 Adopté
II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 70 Nombre de suffrages exprimés 68 Majorité absolue 35 Pour l’adoption 43 Contre 25

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 224 est adopté.)

Amdt 224 Adopté
Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Après l’article 30 (suite)
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

On va adopter trente-cinq rapports ! C’est n’importe quoi !

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Bruno Bilde, pour soutenir l’amendement no 386.

Amdt 386 Rejeté
Photo de M. Bruno Bilde
Après l’article 30 (suite)
M. Bruno Bilde Bruno Bilde RN

Il vise à demander au gouvernement la remise d’un rapport portant sur le régime de retraite applicable aux élus locaux. La complexité du dispositif en vigueur entraîne de profondes inégalités en fonction des types de mandats et des situations professionnelles. Il est indispensable d’établir un diagnostic précis et documenté, en vue d’envisager des pistes d’harmonisation et d’amélioration. Ce rapport constituerait une base de travail utile pour toute réforme sérieuse et équitable du statut de l’élu.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Didier Le Gac
Après l’article 30 (suite)
M. Didier Le Gac rapporteur EPR

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MG
Après l’article 30 (suite)
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Je mets aux voix l’amendement no 386.

Amdt 386 Rejeté
II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 80 Nombre de suffrages exprimés 80 Majorité absolue 41 Pour l’adoption 28 Contre 52

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 386 n’est pas adopté.)

Amdt 386 Rejeté
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

L’amendement no 228 de Mme Françoise Buffet est retiré.

Amdt 228 Retiré
II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 228 est retiré.)

Amdt 228 Retiré
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme Sophie Mette, pour soutenir l’amendement no 337.

Amdt 337 Adopté
Photo de Mme Sophie Mette
Après l’article 30 (suite)
Mme Sophie Mette Sophie Mette Dem

Même si je sais que le gouvernement n’aime pas trop que nous demandions des rapports, je défends malgré tout cet amendement qui a été travaillé avec les élus locaux de mon territoire. Les élus issus des professions indépendantes rencontrent des difficultés spécifiques pour concilier leur engagement politique avec les contraintes de leur activité professionnelle. Contrairement aux salariés, ils ne bénéficient d’aucun dispositif d’aménagement du temps de travail ou de compensation financière lorsqu’ils s’engagent dans une campagne électorale. Ce rapport vise à évaluer l’opportunité, le coût et les modalités d’une extension du congé électif aux travailleurs indépendants, et à examiner de manière approfondie les conditions d’une meilleure équité entre les statuts professionnels des candidats. Ainsi, il éclairerait le Parlement sur un levier qui pourrait favoriser l’engagement des travailleurs indépendants dans la vie publique locale.

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 337, repoussé par la commission et le gouvernement, est adopté.) (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)

Amdt 337 Adopté
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir l’amendement no 436.

Amdt 436 Rejeté
Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 30 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Le droit à la formation des élus, auquel nous sommes très attachés, constitue un élément essentiel de la démocratisation des fonctions électives – les élus doivent comprendre et maîtriser les sujets sur lesquels ils auront à se prononcer. C’est la raison pour laquelle nous demandons la remise d’un rapport visant à analyser la formation des élus dans ses dimensions quantitatives – en particulier la consommation des formations – et qualitatives, et à réfléchir à ses modalités de financement. Actuellement, le financement du droit à la formation des élus locaux se fonde sur un ratio du montant total des indemnités de fonction. Cette indexation, en favorisant les élus des plus grandes collectivités au détriment de ceux des communes rurales, nuit à l’équité du financement de la formation.

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 436, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 436 Rejeté
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

L’amendement no 493 de Mme Françoise Buffet est retiré.

Amdt 493 Retiré
II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 493 est retiré.)

Amdt 493 Retiré
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir l’amendement no 498.

Amdt 498 Rejeté
Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 30 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Nous sommes préoccupés par le financement des mesures que nous avons adoptées et, plus globalement, des politiques publiques. Nous souhaitons disposer d’éléments d’analyse sur la dotation particulière relative aux conditions d’exercice des mandats locaux (DPEL). Aujourd’hui, celle-ci est perçue principalement par les communes les plus petites – essentiellement les communes rurales. Le rapport aurait pour objet d’examiner si la dotation couvre les nouvelles charges – ce dont on peut largement douter – et d’évaluer l’impact du relèvement des seuils d’éligibilité démographique.

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 498, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 498 Rejeté
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Emmanuel Duplessy, pour soutenir l’amendement no 594.

Amdt 594 Rejeté
Photo de M. Emmanuel Duplessy
Après l’article 30 (suite)
M. Emmanuel Duplessy Emmanuel Duplessy EcoS

Comme il s’agit de l’amendement d’une collègue, je ne peux me permettre de le retirer. Il vise à demander au gouvernement la remise d’un rapport sur le déploiement des budgets participatifs, en particulier dans les petites communes. Depuis une vingtaine d’années, cette démarche se développe et contribue à recréer du lien entre les habitantes, les habitants et leurs représentants. Toutefois, ce sont surtout les grandes collectivités qui ont déployé de telles politiques. C’est pourquoi nous proposons qu’un rapport évalue les besoins de formation et d’accompagnement des élus des petites communes, afin d’évaluer l’opportunité de développer ce dispositif dans leurs propres collectivités.

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 594, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 594 Rejeté
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Laurent Mazaury, pour soutenir l’amendement no 622 rectifié.

622 (Rect) Retiré
Photo de M. Laurent Mazaury
Après l’article 30 (suite)
M. Laurent Mazaury Laurent Mazaury LIOT

Je sais que la liste des rapports demandés est déjà longue et je partage avec plusieurs collègues le constat que nous en sollicitons un trop grand nombre. J’appelle néanmoins votre attention sur un cas tout à fait particulier. À l’article 19 bis du texte, nous avons confirmé le rôle du référent chargé de l’analyse de la santé mentale des élus locaux. Dans le contexte dramatique que nous avons connu en début de semaine, et faisant écho à mon intervention préalable à l’article 1er, je tiens à rappeler l’importance de veiller à ces équilibres. C’est pourquoi la remise d’un rapport rassemblant les éléments recueillis par ces référents me paraît indispensable, afin de disposer d’une connaissance précise de la santé mentale des élus locaux, tout particulièrement ceux des petites communes, et de prendre les mesures correctrices qui s’imposent.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission.

Photo de M. Stéphane Delautrette
Après l’article 30 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République SOC

Je me permets de rappeler que vous avez voté la suppression de l’article 19 bis et du référent pour la santé mentale des élus locaux… (Sourires.)

Photo de M. Emmanuel Mandon
Après l’article 30 (suite)
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Eh oui, c’est paradoxal !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Après l’article 30 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Vous demandez par conséquent un rapport sur un élément supprimé au cours de l’examen du texte. Je demande le retrait de votre amendement, faute de quoi j’émettrai un avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MG
Après l’article 30 (suite)
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Monsieur Mazaury, maintenez-vous votre amendement ?

Photo de M. Laurent Mazaury
Après l’article 30 (suite)
M. Laurent Mazaury Laurent Mazaury LIOT

Je le retire mais cette question devra être traitée d’une manière ou d’une autre.

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 622 rectifié est retiré.)

622 (Rect) Retiré
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Thierry Benoit, pour soutenir l’amendement no 792.

Amdt 792 Retiré
Photo de M. Thierry Benoit
Après l’article 30 (suite)
M. Thierry Benoit Thierry Benoit HOR

Je considère cet amendement de demande de rapport comme un amendement de repli, dans la mesure où j’avais initialement déposé un amendement jugé irrecevable au titre de l’article 40 de la Constitution. Il porte sur l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) pour les maires qui, une fois élus, notamment lorsqu’ils sont issus du secteur privé – qu’ils soient indépendants, ouvriers, salariés – sont contraints de renoncer à leur emploi. Le secteur public, lui, prévoit des dispositifs tels que la disponibilité ou le détachement, qui permettent un retour dans son emploi à l’issue du mandat, si celui-ci n’est pas renouvelé. Ce n’est pas le cas pour les élus issus du privé. C’est pourquoi je souhaiterais que, d’ici à la deuxième lecture, la question du calcul des droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi pour ces élus soit approfondie, notamment pour que cette allocation soit calculée sur la base du métier exercé avant l’élection.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Stéphane Delautrette
Après l’article 30 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MG
Après l’article 30 (suite)
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Je connais votre engagement sur cette question essentielle. Vous l’avez dit vous-même, il s’agit d’un amendement d’appel. Par souci de cohérence à propos des demandes de rapport, le gouvernement exprime un avis défavorable, même si je reconnais qu’il faut approfondir la question que vous soulevez.

Photo de M. Emmanuel Mandon
Après l’article 30 (suite)
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Tout à fait !

MG
Après l’article 30 (suite)
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Je suggère que M. le président de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation, par exemple, se saisisse de cette question. Quoi qu’il en soit, le ministère est à votre disposition pour l’approfondir.

Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Monsieur Benoit, maintenez-vous votre amendement ?

Photo de M. Thierry Benoit
Après l’article 30 (suite)
M. Thierry Benoit Thierry Benoit HOR

Je le retire, par souci de cohérence. Toutefois, j’aimerais que cette question soit réexaminée lors de la deuxième lecture, tant au Sénat qu’à l’Assemblée nationale. Elle touche directement à l’engagement de nos concitoyens dans l’exercice des mandats locaux et aux différences de traitement selon que l’élu est issu du secteur public ou du secteur privé. (De nombreux députés du groupe Dem opinent du chef.)

Photo de Mme Blandine Brocard
Après l’article 30 (suite)
Mme Blandine Brocard Blandine Brocard Dem

Il a raison !

Photo de M. Thierry Benoit
Après l’article 30 (suite)
M. Thierry Benoit Thierry Benoit HOR

Pour ma part, j’ai été élu local pendant vingt-cinq ans tout en étant représentant de commerce. J’ai passé les trois quarts de mon temps à la mairie, comme conseiller municipal ou adjoint, par passion, mais cette implication a eu un impact direct sur ma rémunération, qui dépendait de mes commissions. Désormais, en tant que parlementaire, je bénéficierai d’une retraite de député – ce n’est donc plus une question personnelle. En revanche, je pense à mes collègues salariés, artisans ou commerçants qui, non seulement voient leur revenu fondre pendant l’exercice de leur mandat, mais découvrent, au moment du calcul de leur retraite, qu’ils n’ont presque aucun droit ou que leur pension sera dérisoire. Pour eux, la question mérite d’être posée. (Applaudissements sur les bancs des groupes HOR, Dem et LIOT ainsi sur quelques bancs du groupe EPR.)

II
Après l’article 30 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 792 est retiré.)

Amdt 792 Retiré
Photo de M. le président
Après l’article 30 (suite)
M. le président Xavier Breton DR

Sur les amendements nos 241, 784 et 863, je suis saisi par le groupe Horizons & indépendants d’une demande de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur.

Photo de M. Stéphane Delautrette
Après l’article 30 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Chers collègues, les sujets que vous avez évoqués méritent – je vous l’accorde – qu’on prenne le temps de les approfondir. En revanche, je ne suis pas convaincu que leur traitement passe par la demande d’un rapport au gouvernement. Ce type de rapport dresse un constat, sans nécessairement déboucher sur des recommandations, contrairement aux rapports des missions parlementaires ou des investigations de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation. Quoi qu’il en soit, je me tiens à la disposition de chacune et chacun d’entre vous pour approfondir ces questions dans le cadre des travaux de la délégation.

Photo de M. Emmanuel Mandon
Après l’article 30 (suite)
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Chiche !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Après l’article 30 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Les moyens dont nous disposons ne permettront peut-être pas de satisfaire toutes les demandes, mais certaines d’entre elles se recoupent et auraient d’ailleurs pu faire l’objet d’un rapport unique. Chaque groupe a des représentants au sein de la délégation et ma porte reste ouverte pour examiner ensemble comment approfondir les différents sujets.

Photo de M. Florent Boudié
Après l’article 30 (suite)
M. Florent Boudié président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République EPR

Elle est même grande ouverte !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Après l’article 30 (suite)
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Monsieur le président de la commission des lois, ne poussez pas le bouchon trop loin ! (Sourires.)

Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

Je suis saisi de trois amendements, nos 241, 784 et 863, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Françoise Buffet, pour soutenir l’amendement no 241.

Amdt 241 Retiré
Photo de Mme Françoise Buffet
Titre
Mme Françoise Buffet Françoise Buffet EPR

Je propose de rédiger ainsi le titre de la proposition de loi : « pour une meilleure reconnaissance du mandat local et de l’engagement des élus ». Le titre proposé marque la volonté d’affirmer la reconnaissance pleine et entière du rôle, de la légitimité et de l’engagement des élus locaux, qui sont au cœur du fonctionnement de la République, et de ne pas réduire l’action législative à une simple structuration juridique du statut de l’élu.

Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Jean Moulliere, pour soutenir l’amendement no 784.

Amdt 784 Rejeté
Photo de M. Jean Moulliere
Titre
M. Jean Moulliere Jean Moulliere HOR

Le groupe Horizons & indépendants estime que la présente proposition de loi va améliorer les conditions d’exercice du mandat local, mais qu’elle ne crée pas véritablement un statut de l’élu local. Ce que les Français retiendront de ce texte, ce sera probablement l’augmentation des indemnités des élus locaux. Pourtant, aucun maire ou adjoint des quarante-six communes de ma circonscription ne m’a jamais demandé une hausse de son indemnité.

Photo de Mme Delphine Lingemann
Titre
Mme Delphine Lingemann Delphine Lingemann Dem

Exactement !

Photo de M. Jean Moulliere
Titre
M. Jean Moulliere Jean Moulliere HOR

Ce que les élus réclament, en revanche, ce sont des appuis techniques, une meilleure conciliation entre l’exercice de leur mandat, leur activité professionnelle et leur vie personnelle, une meilleure protection face aux violences de notre société, ou encore une valorisation des compétences et de l’expérience acquises lors de leur mandat. Ce texte apporte, à cet égard, quelques réponses intéressantes. Pas de statut donc, mais des améliorations des conditions d’exercice du mandat local.

Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Didier Le Gac, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 863.

Amdt 863 Adopté
Photo de M. Didier Le Gac
Titre
M. Didier Le Gac rapporteur EPR

Mon collègue corapporteur Stéphane Delautrette et moi-même proposons également de modifier le titre de cette proposition de loi. Sans faire injure à personne, il nous semble que les sénateurs ont été un peu présomptueux en la titrant « portant création d’un statut de l’élu local ». Comme je l’ai rappelé dans mon propos liminaire avant-hier, je ne crois pas qu’il faille créer un statut de l’élu, ni que les élus eux-mêmes l’attendent véritablement. En effet, le terme de statut pourrait laisser croire que les élus devraient bénéficier d’un régime dérogatoire au régime commun. Il n’en est rien, bien évidemment : les élus sont avant tout des citoyens au service d’autres citoyens et ils ne recherchent pas un statut particulier. En revanche, ils méritent notre reconnaissance et nos encouragements. C’est pourquoi il faut simplifier l’exercice de leur mandat, ce à quoi s’attelle cette proposition de loi. Certains nous reprochent qu’elle ne va pas assez loin, ou qu’elle ne s’appuie pas sur une évaluation ou une étude d’impact. Certes, elle n’est pas parfaite, mais elle s’inscrit dans le prolongement de la loi « engagement et proximité ». Adoptée en 2019, celle-ci prévoyait déjà des mesures très concrètes pour encourager les élus locaux, envers qui nous sommes si reconnaissants, et pour améliorer et simplifier leur vie. Tous les titres que vous proposez sont pertinents, mais je demande à Mme Buffet et à M. Moulliere de retirer les amendements nos 241 et 784, au profit du titre que nous vous proposons avec Stéphane Delautrette, selon lequel la loi vise « à encourager, à faciliter et à sécuriser l’exercice du mandat de l’élu local ». Nous avons ainsi tenté de faire la synthèse des différentes propositions.

Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

Quel est l’avis du gouvernement ?

MG
Titre
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Je remercie chacun des auteurs des amendements pour leur suggestion. Je veux simplement dire au rapporteur Le Gac – sans esprit malin dans mon propos, comme il n’y en avait pas dans le sien – que les sénateurs n’ont pas fait preuve de prétention mais de concision.

Photo de M. Didier Le Gac
Titre
M. Didier Le Gac rapporteur EPR

D’accord !

MG
Titre
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Le choix d’un titre pour un projet ou une proposition de loi doit être signifiant et il convient, me semble-t-il, de ne pas le résumer de manière excessive. Je m’en remettrai à la sagesse de votre assemblée, en précisant toutefois que vous avez voulu, au cours de l’examen du texte, inscrire dans le code général des collectivités territoriales une disposition autour du statut de l’élu local. Je n’ai aucun doute sur le fait que vous soyez sages et cohérents. Les dispositions de ce texte votées dans la continuité – M. le rapporteur l’a rappelé à juste titre – des lois « engagement et proximité » et « différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification » convergent vers ce qui constitue, selon moi, un début de statut – et un statut qui n’est pas un statut de privilèges.

Photo de M. Didier Le Gac
Titre
M. Didier Le Gac rapporteur EPR

Exactement !

MG
Titre
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Ce statut est un statut d’obligations et de devoirs, mais il rappelle aussi à nos concitoyens qu’un maire représente l’État et incarne son autorité dans l’exercice de ses fonctions, lesquelles sont, par conséquent, singulières. Une fois encore, je fais pleinement confiance à votre sagesse et j’écouterai votre verdict.

Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Titre
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Avant de passer, dans quelques instants, au vote sur l’ensemble du texte, je salue la qualité des débats. Je souhaite également que les rapporteurs ou les ministres précisent le coût des différentes mesures adoptées. Je pense en particulier à l’extension des DPEL, à l’acquisition des trimestres de retraite, à la hausse des indemnités, aux congés et formations, aux niches fiscales en faveur des artisans et des agriculteurs, ainsi qu’à l’extension du bénéfice du chèque emploi service universel (Cesu).

Photo de M. Christophe Bentz
Titre
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Ce n’est pas la levée de gage, ce sont les amendements sur le titre !

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Titre
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

J’aimerais simplement disposer d’une visibilité précise sur l’impact financier de ces mesures, avant de passer au vote. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et GDR.)

Photo de M. Emmanuel Maurel
Titre
M. Emmanuel Maurel Emmanuel Maurel GDR

Ça coûtera moins cher que tous les cadeaux fiscaux que vous avez faits aux entreprises depuis 2017 !

Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Titre
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

De notre point de vue, même si des évolutions ont eu lieu depuis quarante ans, en particulier depuis le début des années 2000, on ne peut pas encore parler d’un véritable statut de l’élu local. C’est la raison pour laquelle nous préférons les termes retenus par l’amendement no 863, qui nous a convaincus – il s’agit bien ici d’encourager et de faciliter l’exercice du mandat d’élu local.

II
Titre
Intervenant non identifié

(L’amendement no 241 est retiré.)

Amdt 241 Retiré
Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

Je mets aux voix l’amendement no 784.

Amdt 784 Rejeté
II
Titre
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 131 Nombre de suffrages exprimés 89 Majorité absolue 45 Pour l’adoption 10 Contre 79

II
Titre
Intervenant non identifié

(L’amendement no 784 n’est pas adopté.)

Amdt 784 Rejeté
Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

Je mets aux voix l’amendement no 863.

Amdt 863 Adopté
II
Titre
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Titre
M. le président Xavier Breton DR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 123 Nombre de suffrages exprimés 83 Majorité absolue 42 Pour l’adoption 80 Contre 3

II
Titre
Intervenant non identifié

(L’amendement no 863 est adopté et le titre est ainsi rédigé.)

Amdt 863 Adopté
Photo de M. le président
Articles 3 bis, 6 bis, 7, 21, 27 bis et 28 (procédure de législation en commission)
M. le président Xavier Breton DR

Nous en venons aux articles 3 bis, 6 bis, 7, 21, 27 bis et 28, qui ont fait l’objet de la procédure de législation en commission. Conformément à l’article 107-3, alinéa 2, du règlement, nous examinons tout d’abord les amendements à l’article 6 bis. Les amendements identiques nos 772 de Mme Catherine Hervieu et 825 de Mme Sandrine Runel sont défendus.

II
Articles 3 bis, 6 bis, 7, 21, 27 bis et 28 (procédure de législation en commission)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 772 et 825, acceptés par la commission et le gouvernement, sont adoptés.)

Amdt 772 Adopté Amdt 825 Adopté
Photo de M. le président
Articles 3 bis, 6 bis, 7, 21, 27 bis et 28 (procédure de législation en commission)
M. le président Xavier Breton DR

Conformément à l’article 107-3, alinéa 4, du règlement, je mets aux voix l’ensemble des articles adoptés selon la procédure de législation en commission, l’article 6 bis ayant été modifié par les amendements qui viennent d’être adoptés.

II
Articles 3 bis, 6 bis, 7, 21, 27 bis et 28 (procédure de législation en commission)
Intervenant non identifié

(Les articles 3 bis, 6 bis, 7, 21, 27 bis et 28 sont adoptés.)

Photo de M. le président
Seconde délibération
M. le président Xavier Breton DR

En application de l’article 101 du règlement, le gouvernement demande qu’il soit procédé à une seconde délibération de l’article 1er.

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Didier Le Gac, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 1.

Amdt 1
Photo de M. Didier Le Gac
Article 1er (seconde délibération)
M. Didier Le Gac rapporteur EPR

Revenons brièvement sur l’origine de cet amendement : en commission des lois, les sénateurs avaient approuvé un article qui prévoyait d’augmenter de 10 % les indemnités des maires, quelle que soit la taille de la commune. Lorsque nous en avons débattu en commission des lois, les députés ont formulé des réserves, que nous avons entendues. Ils ont d’abord estimé que cette augmentation était trop élevée ; il n’est pas opportun d’envoyer un tel message à nos concitoyens. Par ailleurs, ces députés ont souligné qu’une augmentation de 10 % uniforme pour tous les élus n’était pas justifiée, et qu’il serait préférable de la moduler selon l’importance de la commune. Nous avons donc revu notre copie, avec le gouvernement. Lundi soir, nous avons proposé en séance une nouvelle rédaction de l’article 1er, mais il y a eu une confusion : c’est un autre amendement qui a été adopté. Nous avons réuni l’ensemble des présidents de groupe pour parvenir, à l’article 2, à un compromis. Notre travail a débouché sur une rédaction, qui concerne les adjoints, et qui devrait, par parallélisme, s’appliquer aux maires. Nous vous demandons donc de revoter cette disposition pour les maires. Il serait absurde de traiter différemment les deux catégories. Cet amendement prévoit une revalorisation de 10 % des indemnités des maires de communes de moins de 1 000 habitants, de 8 % dans les communes de 1 001 à 3 500 habitants, de 6 % dans les communes de 3 501 à 5 000 habitants, et de 4 % dans les communes de 5 001 à 20 000 habitants. Au-delà, il n’y aura pas de revalorisation des indemnités de fonction, conformément à vos souhaits. Si vous votez en faveur de cette nouvelle rédaction, elle remplacera celle que nous avons votée lundi.

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, pour donner l’avis du gouvernement.

MR
Article 1er (seconde délibération)
M. François Rebsamen ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation

Je remercie les présidents de groupe, qui ont trouvé les voies d’un consensus sur ces dispositions. Il n’était pas question d’augmenter uniformément de 10 % l’ensemble des indemnités de fonction des maires et des adjoints, mais de ne faire bénéficier de cette augmentation que les élus des communes de moins de 1 000 habitants. C’était une demande forte de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). Nous avons suivi cette demande et n’avons pas modifié les indemnités des élus des communes de plus de 20 000 habitants. Je remercie les rapporteurs pour leur travail et salue l’esprit de responsabilité qui a été celui de tous les groupes en acceptant de revoter. L’article 1er permettra d’aligner la situation des maires sur celle des adjoints, conformément à ce que vous avez déjà voté.

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 1er (seconde délibération)
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Je soutiens cet amendement. Même s’il reste les explications de vote, nous parvenons au terme de nos débats. Je vais donc réitérer la question que plusieurs de nos collègues, notamment Jean-René Cazeneuve et Mathieu Lefèvre, ont déjà posée : quel sera le coût global de l’ensemble des dispositions adoptées ?

Photo de M. Emeric Salmon
Article 1er (seconde délibération)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Aucun rapport avec l’amendement !

Photo de M. Emmanuel Mandon
Article 1er (seconde délibération)
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Sortez vos calculettes !

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 1er (seconde délibération)
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

L’exposé sommaire de l’amendement no 1 contient certes des éléments d’information relatifs au coût budgétaire de cette mesure précise, mais, comme l’a rappelé Jean-René Cazeneuve, d’autres dispositions adoptées n’ont pas été chiffrées.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 1er (seconde délibération)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’est hors sujet !

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 1er (seconde délibération)
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Le gouvernement peut-il nous donner une estimation de leur coût ? Dans le contexte financier tendu que connaît le pays, c’est un élément nécessaire.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Article 1er (seconde délibération)
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Très bien !

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

Sur l’article 1er, je suis saisi par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 1er (seconde délibération)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Monsieur le ministre, nous sommes toujours prêts à revoter lorsqu’il s’agit d’adopter un dispositif plus intéressant. Je l’avais dit lors de la discussion générale : le groupe La France insoumise était défavorable à une augmentation générale et uniforme des indemnités des élus de toutes les communes. Nous souhaitions que l’accent soit mis sur les maires ruraux ; on sait bien dans quelles conditions les élus des communes les plus modestes, qui sont souvent rurales, exercent leurs fonctions. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils mettent les mains dans le cambouis encore plus que les autres élus. Même si la question des indemnités n’est que la septième préoccupation des élus, il s’agit tout de même d’un élément important. C’est un signe que la République leur envoie. Nous souhaitions ne pas être moins-disants que le Sénat à l’égard des communes rurales et de leurs élus. Cela ne nous semblait pas envoyer un message de bon aloi en tant que députés. Cette nouvelle proposition nous satisfait tout à fait. Il est logique que vous exigiez un chiffrage, mais vous savez, vous pouvez aussi nous confier le prochain budget ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations et rires sur les bancs des groupes RN, EPR et Dem.)

Photo de M. Éric Martineau
Article 1er (seconde délibération)
M. Éric Martineau Éric Martineau Dem

Mais bien sûr !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 1er (seconde délibération)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Vous verrez que nous ne rencontrerons absolument aucun problème : nous taxerons le patrimoine des plus riches – et voilà 20 milliards d’euros ! Nous examinerons aussi tous les cadeaux que vous faites aux grandes entreprises, ce qui nous permettra également de dégager quelques milliards pour financer les politiques publiques locales. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Steevy Gustave applaudit également.)

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

Merci madame Martin d’animer ainsi nos débats ! (Sourires.)

Photo de Mme Élisa Martin
Article 1er (seconde délibération)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Avec plaisir !

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Sébastien Huyghe.

Photo de M. Sébastien Huyghe
Article 1er (seconde délibération)
M. Sébastien Huyghe Sébastien Huyghe EPR

Je remercie le gouvernement car il a été très à l’écoute de l’Assemblée, que ce soit avec cette seconde délibération, qui nous permet d’examiner une nouvelle proposition agréant à une large majorité, ou lors des discussions entre l’examen en commission et celui en séance. Au départ, il n’était prévu d’augmenter les indemnités que pour les élus des communes de moins de 10 000 habitants. Monsieur le ministre, je vous remercie d’avoir entendu notre demande et inclus les communes comptant entre 10 000 et 20 000 habitants. Les maires de ces communes sont bien souvent obligés de quitter leur emploi pour assumer leurs fonctions à plein temps. Je vous remercie d’avoir fait les efforts nécessaires pour améliorer le texte sur ce point. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Thierry Benoit.

Photo de M. Thierry Benoit
Article 1er (seconde délibération)
M. Thierry Benoit Thierry Benoit HOR

À travers cet amendement, nous nous apprêtons à revaloriser les indemnités des maires dans les communes de moins de 20 000 habitants. Cette revalorisation est comprise entre 4 % et 10 % selon la taille de la commune, les 10 % étant réservés aux maires des très petites communes. Je ne veux agresser quiconque, ni finir sur un feu d’artifice, ni lancer de piques à celles et ceux qui veulent nous donner des leçons en matière de bonne gestion de la dépense publique, mais j’ai toujours dit que l’exemple devait venir d’en haut. J’encourage donc les députés proches du président de la République à lui transmettre mon message : depuis huit ans, il est amené à nommer des personnalités qui œuvrent au sein de divers organismes – agences, autorités –, personnalités dont il fixe souvent la rémunération. Qu’il montre l’exemple ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Mme Josiane Corneloup applaudit également.) Ensuite, nous pourrons demander aux adjoints et aux maires de se serrer la ceinture. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 1er (seconde délibération)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Bravo, il a raison !

Photo de M. François Cormier-Bouligeon
Article 1er (seconde délibération)
M. François Cormier-Bouligeon François Cormier-Bouligeon EPR

Dites-le à Édouard Philippe !

Photo de M. Thierry Benoit
Article 1er (seconde délibération)
M. Thierry Benoit Thierry Benoit HOR

Cela vaut pour Édouard Philippe, Emmanuel Macron et beaucoup d’autres : l’exemple doit venir d’en haut ! Cette proposition de loi vise à encourager les élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions, notamment pour ceux qui perçoivent les indemnités les plus faibles, dans nos communes rurales. (Applaudissements et « Bravo ! » sur les bancs du groupe RN. – M. François Cormier-Bouligeon et M. Thierry Benoit s’interpellent de banc à banc.)

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. le ministre.

MR
Article 1er (seconde délibération)
M. François Rebsamen ministre

Je vais tenter de vous fournir quelques éléments de réponse quant au coût. Je vous remercie d’avoir tout particulièrement pris en compte, comme le demande l’Association des maires ruraux, les maires des petites communes – celles qui comptent moins de 10 000 habitants. Le texte du Sénat prévoyait une augmentation de 10 % pour tous les élus de toutes les communes ! Le coût de cette mesure se serait élevé à 65 millions d’euros, cette somme étant à la charge des communes : il ne s’agit pas d’une dépense de l’État, mais d’une augmentation du coût de fonctionnement des communes. La nouvelle disposition, qui écarte toute augmentation pour les communes de plus de 20 000 habitants, représente quant à elle un surcoût de 53,7 millions. Un effort est donc fait en faveur des maires des plus petites communes, ce qui me semble normal étant donné le niveau des indemnités des maires des communes de plus de 20 000 habitants. J’ajoute, pour corriger une erreur que j’ai entendue, que cette revalorisation n’est pas une obligation. Lorsqu’on parle d’un coût de 53 millions, on envisage le cas où toutes les communes décideraient d’appliquer l’augmentation. Or vous savez très bien que cela ne sera pas le cas. S’agissant de l’augmentation d’environ 20 millions de la DPEL, sachez qu’elle a été négociée directement entre l’Association des maires ruraux de France et le ministère chargé des comptes publics. Nous sommes donc exactement dans l’épure : la mesure répond à la fois au besoin de justice et à une exigence en matière de finances publiques à laquelle nous sommes tous très attachés.

II
Article 1er (seconde délibération)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1 est adopté.)

Amdt 1
Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

Je mets aux voix l’article 1er, tel qu’il a été amendé.

II
Article 1er (seconde délibération)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 143 Nombre de suffrages exprimés 143 Majorité absolue 72 Pour l’adoption 143 Contre 0

II
Article 1er (seconde délibération)
Intervenant non identifié

(L’article 1er, amendé, est adopté.) (M. Didier Le Gac, rapporteur, et Mme Elisa Marin applaudissent.)

Photo de M. le président
Article 1er (seconde délibération)
M. le président Xavier Breton DR

Nous avons achevé l’examen des articles de la proposition de loi.

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

Nous en venons aux explications de vote. La parole est à Mme Blandine Brocard.

Photo de Mme Blandine Brocard (Dem)
Explications de vote
Mme Blandine Brocard (Dem) Blandine Brocard Dem

Le groupe Les Démocrates tient à saluer l’engagement sans faille des maires et des élus locaux, qui font vivre notre République dans chaque territoire avec courage, dévouement et, bien souvent, au prix de sacrifices personnels. Cette proposition de loi répondait initialement à une attente ancienne, celle de voir enfin reconnu un véritable statut pour les élus locaux, qui permette à chacun, y compris dans les petites communes, de s’engager dans la vie publique sans être pénalisé dans sa vie professionnelle, personnelle ou financière. Il est plus que légitime que nos élus locaux bénéficient des mêmes droits que leurs concitoyens. Toutefois, si l’intention était juste, les débats parlementaires ont ouvert la boîte de Pandore. Nous avons assisté à une surenchère de mesures qui, loin de renforcer l’engagement local, risquent de faire exploser les dépenses publiques, à rebours des efforts que nous demandons sans cesse aux Français, et d’exposer à la méfiance populaire des élus qui ne demandaient pas cela. Pire encore, une partie de ces charges nouvelles pèsera directement sur les finances communales déjà sous tension. Il est évident que les maires se tourneront légitimement vers l’État pour obtenir une compensation – mais quelle réponse leur donnera-t-on demain face à cette nouvelle complexité et à ces coûts supplémentaires ? Et quand l’État compensera, que dira-t-on à nos concitoyens, à l’heure de la rigueur budgétaire ? Ce que les maires attendent, ce n’est pas un empilement de droits ou de dépenses supplémentaires, c’est plus de liberté et moins de contraintes, plus de soutien et moins d’injonctions. Ils veulent de la confiance, pas une bureaucratie renforcée et pas des privilèges injustifiables. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.) Tout au long de l’examen de ce texte, notre groupe a tenté de faire preuve de responsabilité. Fidèles à notre tradition de proximité avec les territoires, nous avons soutenu ce qui allait dans le bon sens, mais nous n’avons pas voulu cautionner une dérive budgétaire dangereuse et une démagogie qui se retournera contre les élus que cette proposition de loi est censée soutenir. C’est pourquoi, malgré notre attachement indéfectible aux élus locaux et parce que justement nous y sommes fondamentalement attachés, nous avons choisi de nous abstenir sur le texte en l’état. (Exclamations sur les bancs du groupe SOC.)

US
Explications de vote
Un député du groupe SOC

Ridicule !

Photo de Mme Blandine Brocard
Explications de vote
Mme Blandine Brocard Blandine Brocard Dem

Nous permettrons ainsi à la navette de se poursuivre. Nous souhaitons voter pour un texte qui sert les élus et non qui les fragilise, un texte crédible et non un miroir aux alouettes. Nous faisons donc confiance à la navette, qui permettra, nous l’espérons, de redonner de la raison et du sens à la proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Jean Moulliere.

Photo de M. Jean Moulliere (HOR)
Explications de vote
M. Jean Moulliere (HOR) Jean Moulliere HOR

Les démissions de maires et plus largement d’élus locaux se succèdent à un rythme inquiétant. Au 1er juin 2025, 2 189 maires élus en 2020 avaient démissionné de leur mandat, soit une moyenne de 417 démissions par an, contre 129 pour le mandat 2009-2014. À quelques mois des prochaines municipales, la nécessité d’agir est incontestable. C’est la raison pour laquelle cette initiative législative est la bienvenue. Le texte contient des mesures utiles. Je pense à celles qui visent à sécuriser la sortie de mandat des élus locaux et à faciliter la conciliation entre l’exercice du mandat, de la vie professionnelle et de la vie personnelle. Le groupe Horizons & indépendants craint toutefois que nos concitoyens retiennent de ce texte uniquement l’augmentation des indemnités des élus locaux, dans un contexte où nous répétons pourtant tous les jours que des efforts budgétaires doivent être consentis par l’ensemble de la société pour réduire notre dette publique. Les mesures d’amélioration du régime indemnitaire des élus locaux ne constituent d’ailleurs pas la préoccupation principale de ces derniers. Ils nous demandent plutôt une simplification de l’action publique locale, des appuis techniques et la fin des doublons administratifs. Ils nous demandent aussi d’être protégés face aux violences qu’ils subissent trop souvent et sécurisés juridiquement dans l’exercice de leur mandat. Si ce texte contient certaines avancées, le groupe Horizons & indépendants regrette qu’il n’aille pas plus loin en créant un véritable statut de l’élu local et qu’il ne réponde que partiellement aux préoccupations légitimes de nos concitoyens qui s’engagent dans la vie publique locale et qui y consacrent une grande partie de leur temps. Notre groupe, qui tient à les en remercier solennellement, votera en faveur de la proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur quelques bancs du groupe EPR.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme Martine Froger.

Photo de Mme Martine Froger (LIOT)
Explications de vote
Mme Martine Froger (LIOT) Martine Froger SOC

Je tiens à saluer les avancées apportées par ce texte ainsi que la qualité de nos débats. Il était urgent d’agir face à l’aggravation de la crise des vocations et d’instituer un statut de l’élu pour améliorer les conditions d’exercice du mandat local. Il s’agit de permettre à tous les citoyens, sans distinction d’âge, d’activité ou de situation, de candidater aux élections de 2026 et de s’investir dans un mandat plus valorisant. Il est essentiel de rendre aux élus locaux de l’autonomie et des leviers concrets pour agir et innover au service de leur territoire. Rappelons qu’ils sont le premier maillon de notre démocratie. Madame la ministre, monsieur le ministre, même si nous connaissons les contraintes budgétaires, le groupe LIOT espère que l’ensemble des moyens financiers nécessaires à l’application du texte seront bien inscrits dans le prochain projet de loi de finances. Nous voterons en faveur de la proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT et sur quelques bancs du groupe SOC.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Stéphane Peu.

Photo de M. Stéphane Peu (GDR)
Explications de vote
M. Stéphane Peu (GDR) Stéphane Peu GDR

Depuis 2020, cela a été dit à plusieurs reprises, plus de 13 000 élus locaux ont quitté leur mandat. En 2023, le rapport de notre camarade Sébastien Jumel et de notre collègue Violette Spillebout soulignait combien la fatigue républicaine était inquiétante pour notre pays et pour notre démocratie. Mme la ministre a eu raison de rappeler que la démocratie avait un prix et qu’il fallait l’assumer. Nous nous félicitons des avancées sur le statut de l’élu, en particulier des protections et des garanties fonctionnelles prévues tout au long de son parcours. Bien que le texte nous semble un peu timide sur le sujet, nous saluons également la volonté de favoriser le recrutement d’un personnel politique local à l’image de la société, c’est-à-dire socialement hétérogène. Être élu local ne doit pas être l’apanage des classes sociales supérieures (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS. – M. Thierry Benoit applaudit également) ou de ceux qui, du fait de leur métier, ont du temps pour exercer un mandat local, qu’ils soient cadres ou employeurs. Toute la société doit être représentée. Quand nous avons été élus en 2017 et que le « nouveau monde » a envahi les bancs de cet hémicycle (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et Dem),…

Photo de M. Sylvain Maillard
Explications de vote
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

A siégé sur les bancs de cet hémicycle !

Photo de M. François Cormier-Bouligeon
Explications de vote
M. François Cormier-Bouligeon François Cormier-Bouligeon EPR

Nous n’avons envahi personne !

Photo de M. Stéphane Peu
Explications de vote
M. Stéphane Peu Stéphane Peu GDR

…nous avons constaté que l’Assemblée nationale était plus féminine et plus jeune qu’elle ne l’avait jamais été. Toutefois, une enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) a montré que jamais depuis la fin du XIXe siècle elle n’avait été aussi homogène socialement et à ce point représentative des classes sociales supérieures. (M. Marcellin Nadeau et Mme Fatiha Keloua Hachi applaudissent.) Le nouveau monde ressemblait à l’Ancien Régime ! Nous devons éviter que la démocratie dérive ainsi dans notre pays. Si les classes sociales les plus défavorisées, si celles et ceux qui ont des métiers de subordination voient le statut de l’élu local garanti, alors ils seront incités à assumer ces responsabilités. La proposition de loi avance dans cette voie. Elle n’est pas suffisante à nos yeux, mais nous la soutiendrons. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe SOC.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Olivier Fayssat.

Photo de M. Olivier Fayssat (UDR)
Explications de vote
M. Olivier Fayssat (UDR) Olivier Fayssat UDR

En effet, ce texte n’est pas parfait et reste insuffisant par certains aspects. Néanmoins, le groupe UDR le soutiendra, notamment parce que nous y voyons une reconnaissance symbolique du travail le plus difficile, celui de nos élus locaux, nos élus de terrain, mais aussi parce qu’il représente une aide concrète qui leur permettra de faire face à des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. La proposition de loi s’est intéressée aux élus des plus petites communes comme à ceux des grandes métropoles. Nous espérons qu’elle suscitera des vocations pour l’engagement local, notamment dans notre belle ville de Marseille ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Bruno Bilde.

Photo de M. Bruno Bilde (RN)
Explications de vote
M. Bruno Bilde (RN) Bruno Bilde RN

Le moment est venu de témoigner concrètement du respect et de la confiance que nous devons aux élus locaux. Ces femmes et ces hommes sont le visage de la République dans nos territoires. Ils s’engagent au service de l’intérêt général, parfois au péril de leur équilibre personnel, familial ou professionnel. Le maire est l’élu préféré des Français. Il est à la fois officier de l’état civil, autorité de police administrative, employeur, médiateur, souvent sans services pour l’épauler, sans protection et sans soutien. Depuis trop longtemps, les élus locaux, maires, adjoints, conseillers exercent leur mandat dans des conditions indignes. Insécurité croissante, solitude institutionnelle, surcharge administrative, reconnaissance insuffisante : le constat est désormais partagé par tous sur tous les bancs. Depuis 2020, plus de 2 400 maires ont démissionné. C’est une alerte que nous ne pouvons plus ignorer. Il s’agit non pas d’une crise conjoncturelle des vocations, mais d’une crise profonde de l’engagement public. La montée des violences est particulièrement préoccupante et constitue l’une des causes majeures de la désaffection des élus. Ce texte, bien que perfectible et manquant d’ambition sur plusieurs aspects notables, apporte des réponses utiles et attendues : meilleure protection juridique et physique, revalorisation des indemnités, simplification des démarches, amélioration de la couverture sociale et soutien à la reconversion, notamment. Nous regrettons que certaines avancées présentées dans des amendements utiles, voire indispensables, aient été bloquées au titre de l’article 40 de la Constitution. Ce sont près de la moitié des amendements qui ont été écartés sur ce motif, ce qui constitue une réelle limitation du débat parlementaire. De grands enjeux demeurent également ignorés : rien n’est proposé, par exemple, pour lutter contre l’excès de bureaucratie. Confrontés à une inflation normative constante, les élus locaux se retrouvent bien souvent dans l’impossibilité de connaître et a fortiori d’appliquer l’ensemble des règles qui leur sont imposées. Pas un mot non plus dans cette proposition de loi sur la crise de la fonction publique territoriale : les maires ne parviennent plus à trouver de cadres territoriaux compétents ; la territoriale est en crise, les jeunes diplômés préfèrent le privé et les élus locaux se retrouvent souvent bien seuls face à une administration centrale toujours plus exigeante, alors que l’État se défausse de ses missions premières. Ce texte est en réalité une petite loi, qui ne répondra pas à la crise majeure des élus locaux. Il ne comporte rien non plus sur la France périphérique, ces villes moyennes de 20 000 à 50 000 habitants, que vous avez totalement ignorées. Enfin, il conviendra de donner les moyens d’agir aux collectivités territoriales et de les accompagner efficacement pour qu’elles soient en mesure d’appliquer les dispositions adoptées. Nous serons particulièrement vigilants sur ce point. Le groupe Rassemblement national votera pour la proposition de loi, mais sans aucune illusion ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Sébastien Huyghe.

Photo de M. Sébastien Huyghe (EPR)
Explications de vote
M. Sébastien Huyghe (EPR) Sébastien Huyghe EPR

Figures de proximité, d’écoute et de stabilité, les élus locaux sont la première interface entre l’État et les citoyens, la concrétisation locale de notre République. Ils traduisent chaque jour les principes républicains en actes concrets. Pourtant, cette fonction essentielle est profondément fragilisée ; les vocations se font plus rares, les démissions plus nombreuses. Nous tenons donc aujourd’hui à adresser aux élus locaux, qu’ils soient maires, élus municipaux, départementaux ou régionaux, un message de soutien et de reconnaissance pour leur engagement. Le texte qui nous est soumis, bien que perfectible, contient une série de mesures concrètes, s’intéresse à l’engagement civique, à la représentation et à la démocratie de proximité. Il s’agit de mieux protéger les élus locaux, d’encourager l’engagement au service de nos territoires et de renforcer les conditions d’exercice du mandat d’élu local dans toutes ses dimensions – humaine, institutionnelle et matérielle. Je tiens à saluer le travail de nos deux rapporteurs ainsi que celui de notre collègue Violette Spillebout, qui était, à mes côtés, la responsable de l’examen du texte pour notre groupe. Le groupe Ensemble pour la République, pleinement investi dans l’objectif de valorisation de l’engagement local, se prononcera en faveur du texte. La proposition de loi issue du Sénat a été enrichie en commission et en séance grâce à un travail efficace et responsable. Nous regrettons toutefois que nombre de nos propositions aient été déclarées irrecevables, ce qui nous a empêchés d’y intégrer certaines préoccupations exprimées par les associations d’élus. En deuxième lecture, nous continuerons à défendre des propositions visant à répondre pleinement aux attentes exprimées sur le terrain et à lever durablement les freins à l’engagement local. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

Photo de M. François Cormier-Bouligeon
Explications de vote
M. François Cormier-Bouligeon François Cormier-Bouligeon EPR

Très bien !

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Carlos Martens Bilongo.

Photo de M. Carlos Martens Bilongo (LFI-NFP)
Explications de vote
M. Carlos Martens Bilongo (LFI-NFP) Carlos Martens Bilongo LFI-NFP

Je tiens tout d’abord à rendre hommage à l’ensemble des élus locaux ainsi qu’aux personnes qui, lors des élections, se portent candidates à cette fonction. Nous avons pu débattre sereinement, tant en commission des lois que dans l’hémicycle, de ce texte important. Il convient toutefois de souligner que la création du statut de l’élu local ne résoudra pas la crise des vocations. Cela a été dit : près de 13 000 élus locaux ont démissionné depuis 2020. Ces démissions ne s’expliquent pas par le montant de l’indemnité, qui, s’il fait l’objet de l’article 1er du texte, n’est que la septième préoccupation des élus locaux. Je remercie ma collègue Élisa Martin d’avoir mené le débat à la Chambre basse sur ce point. Nous nous sommes accordés pour revaloriser de 10 % l’indemnité des élus des communes de moins de 20 000 habitants ; le Sénat souhaitait appliquer cette mesure à l’ensemble des maires, ce qui n’aurait pas été une bonne chose. Mes collègues Charles Sitzenstuhl et Jean-René Cazeneuve, commissaires aux finances et très regardants quant aux dépenses de l’État, ont eu raison de le souligner ; je regrette toutefois qu’on les entende beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’évaluer l’efficacité des aides publiques aux entreprises, qui coûtent à l’État 211 milliards d’euros. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Charles Sitzenstuhl s’exclame.) Le récent rapport sénatorial sur le sujet devrait vous amener à vous interroger sur ces dispositifs, car ils coûtent un pognon de dingue, comme aime à le dire le président de la République.

Photo de M. Laurent Croizier
Explications de vote
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Le rapport ne dit pas tout à fait cela ! Quand on cite un rapport, il vaut mieux l’avoir lu.

Photo de M. Carlos Martens Bilongo
Explications de vote
M. Carlos Martens Bilongo Carlos Martens Bilongo LFI-NFP

Quand il s’agit des aides accordées sans contrepartie aux entreprises, vous n’êtes pas aussi vigilants. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) L’extension à l’ensemble des élus de la protection fonctionnelle, qui dure jusqu’à deux ans après la fin du mandat, risque d’être difficile à financer pour les petites communes ; il convient de s’assurer qu’elles en auront les moyens budgétaires. Nous sommes par ailleurs insatisfaits des dispositions relatives à la retraite des élus, aux conflits d’intérêts entre deux offices publics et à la formation des élus. M. Gabriel Amard et moi l’avons rappelé : la France ne se limite pas à l’Hexagone, elle inclut aussi les territoires d’outre-mer, particulièrement sujets au dérèglement climatique. (Mmes Élisa Martin et Karine Lebon applaudissent.) Il nous semble donc d’une importance primordiale que les élus locaux reçoivent une formation obligatoire au sujet des risques climatiques : ils sont en première ligne face aux catastrophes (M. Marcellin Nadeau applaudit), comme l’ont montré récemment les incendies à Marseille et dans l’Hérault ou encore les inondations dans le nord de la France, en Martinique et en Guadeloupe. N’étant pas, pour ces raisons, complètement satisfaits du texte, nous nous abstiendrons. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

Sur l’ensemble de la proposition de loi, je suis saisi par les groupes Socialistes et apparentés, Les Démocrates et Horizons & indépendants de demandes de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Marie-José Allemand.

Photo de Mme Marie-José Allemand (SOC)
Explications de vote
Mme Marie-José Allemand (SOC) Marie-José Allemand SOC

Nous arrivons au terme de l’examen de cette proposition de loi, qui était attendue de longue date par les élus locaux. Elle l’était d’autant plus que les difficultés rencontrées par les élus dans l’exercice de leur mandat atteignent un niveau inédit, comme plusieurs orateurs l’ont souligné. À quelques mois du renouvellement du mandat des 500 000 conseillers municipaux, il était essentiel que la représentation nationale se saisisse de cet enjeu majeur et propose des solutions concrètes pour faciliter l’exercice du mandat d’élu local. Nous sommes conscients que la proposition de loi ne résoudra pas à elle seule toutes les difficultés ni la crise de l’engagement local qui dure depuis plusieurs années. Nous espérons néanmoins qu’elle permettra à celles et ceux qui ont franchi le pas d’exercer leur mandat dans des conditions plus sereines et qu’elle convaincra celles et ceux qui hésitent encore à se présenter. La revalorisation de l’indemnité des maires et de leurs adjoints, l’amélioration de la conciliation entre vie professionnelle et exercice du mandat, l’établissement d’un véritable droit à la formation, la reconnaissance en fin de mandat de l’expérience acquise, la facilitation de l’engagement des étudiants, des personnes en situation de handicap et des femmes sont autant de mesures qui permettront de redonner du souffle, de l’attractivité et de la vitalité à notre démocratie locale. Le texte était donc aussi utile que nécessaire. Pour finir, je souhaite redire aux élus locaux que leur engagement total m’inspire reconnaissance et gratitude (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC) ; il constitue le ciment de notre démocratie et fait battre le cœur de la République au quotidien. Je souhaite également saluer le travail de notre délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation, sous la présidence de Stéphane Delautrette (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Martine Froger et M. Didier Le Gac, rapporteur, applaudissent également), et remercier l’ensemble des parlementaires ayant participé à l’élaboration de cette proposition de loi qui envoie un signal fort à nos élus locaux. Le groupe Socialistes et apparentés votera bien entendu en faveur du texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe LIOT. – Mme Cyrielle Chatelain applaudit également.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Photo de M. Patrick Hetzel (DR)
Explications de vote
M. Patrick Hetzel (DR) Patrick Hetzel DR

Au nom de mon groupe, je salue à mon tour le travail accompli inlassablement par les élus locaux, qu’ils soient conseiller municipal, adjoint au maire ou maire ; je pense en particulier aux élus des communes rurales. Le texte vise un objectif précis : la création d’un statut de l’élu local. Dans certains domaines, nous sommes restés, pour ainsi dire, au milieu du gué. Cela étant, le texte contient plusieurs mesures positives sur lesquelles je souhaite insister et qui constituent une solution partielle à la crise des vocations locales ; le problème est certes plus profond, comme le montre le nombre élevé de défections survenues depuis 2020 parmi les maires, en particulier dans les communes rurales. La proposition de loi clarifie les responsabilités juridiques des élus, ce qui mérite d’être salué. Elle sécurise davantage les élus, qui, dans l’exercice de leurs fonctions, sont confrontés à des situations auxquelles leur parcours antérieur ne les avait pas préparés ; en la matière, la généralisation de la protection fonctionnelle est une avancée notable. Il faut attirer une nouvelle génération d’élus. Nos débats ont mis en lumière la nécessité de lever certains obstacles. Comme l’a rappelé Stéphane Peu, il convient de corriger des injustices sociales profondes. Je pense aux élus qui cotisent sans pour autant obtenir de nouveaux droits, ou encore à ceux qui peinent à se réinsérer professionnellement s’ils ne sont pas réélus : il faut accompagner dignement la fin de mandat. La proposition de loi active certains leviers et la navette permettra peut-être de l’améliorer encore. Même si le texte est imparfait, il rendra aux élus locaux ce qu’ils donnent chaque jour à la République : du temps, de l’énergie, de l’engagement et du courage. Le groupe Droite républicaine votera en faveur de la proposition de loi. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – Mme Nicole Dubré-Chirat applaudit également.)

Photo de M. le président
Explications de vote
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Emmanuel Duplessy.

Photo de M. Emmanuel Duplessy (EcoS)
Explications de vote
M. Emmanuel Duplessy (EcoS) Emmanuel Duplessy EcoS

Sachant que les élections municipales auront lieu dans moins d’un an, ce texte était attendu, sans illusion, par un grand nombre d’élus locaux et par nombre de maires qui peinent à constituer une liste dans leur commune. Il permet des avancées bienvenues mais reste largement en deçà des enjeux, puisqu’il n’atteint pas l’objectif qu’indiquait son titre, c’est-à-dire la création d’un statut de l’élu. Nous regrettons qu’il ne nous ait pas permis d’aborder les questions de la vie municipale et de la démocratie locale en tant que telles : il ne contient pas de mesures destinées aux élus d’opposition, alors que ceux-ci contribuent à faire vivre le débat démocratique dans les territoires. Nous nous félicitons d’avoir obtenu le maintien de l’augmentation de l’indemnité pour les élus des plus petites communes. La revalorisation s’élève à 10 %, ce qui, rapporté au montant de l’indemnité, correspond en moyenne à une soixantaine d’euros. Cette augmentation est loin de constituer une révolution, mais elle est importante, car les communes rurales présentent à la fois la plus grande concentration d’élus non professionnels et d’élus en difficulté – les démissions en milieu rural ont été évoquées à de multiples reprises. Nous nous félicitons aussi des avancées obtenues pour les salariés du privé, pour les personnes en situation de handicap et pour les étudiants, car toutes ces catégories socioprofessionnelles sont pour l’instant sous-représentées au sein des exécutifs locaux, ce qui apparaît comme une injustice démocratique. Nous regrettons que le référent pour la santé mentale des élus locaux ait été supprimé en séance, alors que nous avions obtenu cette avancée en commission. C’est d’autant plus dommage qu’en la matière, l’actualité est souvent tragique. Le groupe Écologiste et social votera pour la proposition de loi, bien qu’elle n’aille pas aussi loin que nous l’aurions souhaité. Nous avons bien conscience que son déploiement effectif dépendra entièrement du budget que nous adopterons pour 2026. À ce sujet, je tiens à dire aux élus locaux qu’ils peuvent faire confiance à notre groupe pour défendre l’autonomie et la libre administration des collectivités territoriales (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS. – Exclamations et rires sur plusieurs bancs du groupe RN) et pour soutenir sans relâche la décentralisation et la liberté d’action. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.)

Photo de M. le président
Vote sur l’ensemble
M. le président Xavier Breton DR

Je mets aux voix l’ensemble de la proposition de loi.

II
Vote sur l’ensemble
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Vote sur l’ensemble
M. le président Xavier Breton DR

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 168 Nombre de suffrages exprimés 132 Majorité absolue 67 Pour l’adoption 132 Contre 0

II
Vote sur l’ensemble
Intervenant non identifié

(La proposition de loi est adoptée.) (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC ainsi que sur les bancs des commissions.)

Photo de M. le président
Vote sur l’ensemble
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. Stéphane Delautrette, rapporteur.

Photo de M. Stéphane Delautrette
Vote sur l’ensemble
M. Stéphane Delautrette rapporteur SOC

Après ce vote unanime, j’ai une pensée particulière pour les élus et pour toutes celles et ceux qui hésitent encore à s’engager dans la vie locale et qui attendaient que nous examinions enfin ce texte sur le statut de l’élu local dans l’hémicycle. C’est désormais chose faite. Cela fait des années que la question du statut de l’élu local est abordée dans tous les congrès d’associations d’élus. Elle trouve enfin une traduction dans la loi, après un long chemin aussi bien au Sénat qu’à l’Assemblée nationale. Je tiens à saluer l’engagement de mes collègues au sein de la délégation aux collectivités territoriales où, durant la précédente législature et celle-ci, nous avons poursuivi les travaux qui aboutissent à l’adoption en première lecture de cette proposition de loi. Je voudrais saluer aussi le travail que nous avons accompli avec les ministres au banc, François Rebsamen et Françoise Gatel. Nous n’avons pas été d’accord sur chaque disposition mais, pour l’essentiel, nous avons trouvé des convergences et de belles progressions par rapport à la copie initiale. Pour tous les collègues qui hésitent encore après le vote en première lecture et se réfugient derrière la question budgétaire, j’y insiste : la démocratie locale a un coût et il faut l’accepter. Travailler à l’engagement des femmes, des étudiants, des personnes en situation de handicap, faciliter la conciliation entre vie professionnelle et activité d’élu et accompagner les élus après leur mandat électif : toutes ces dispositions ont un coût, mais elles sont de nature à faciliter l’engagement local. Nous n’avons pas à rougir du coût que cela représente tant pour l’État que pour les collectivités. C’est de l’argent investi. Je rappelle que si nous devions recruter des fonctionnaires pour accomplir le travail que font les élus locaux, cela coûterait bien plus cher à la société. En tout cas, je tenais à saluer la qualité de nos débats et à vous remercier toutes et tous pour ce beau résultat. Nous attendons avec impatience le retour du texte après la deuxième lecture au Sénat pour une adoption avant le congrès des maires. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LIOT ainsi que sur les bancs des commissions.)

Photo de M. le président
Vote sur l’ensemble
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à Mme la ministre déléguée.

MG
Vote sur l’ensemble
Mme Françoise Gatel ministre déléguée

Je tiens d’abord à remercier le président de la commission des lois et les rapporteurs pour leur engagement en faveur de ce texte, pour le sérieux avec lequel ils ont réalisé leur travail, ainsi que pour leurs qualités d’écoute et de dialogue et pour les bonnes relations que nous avons eues tout au long de l’examen de la proposition de loi. Ensuite, je veux tous vous remercier ; nous avons des désaccords sur le fond et sur la forme, mais c’est la démocratie. Je vous remercie pour le respect dans lequel s’est tenu ce débat, pour l’attention que chacun d’entre vous porte aux communes et pour la reconnaissance que vous avez exprimée envers ceux qui sont les essentiels de la République, les maires. J’espère que nous pourrons nous donner rendez-vous pour la suite. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT, sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur les bancs des commissions.)

Photo de M. le président
Vote sur l’ensemble
M. le président Xavier Breton DR

La parole est à M. le ministre.

PR
Vote sur l’ensemble
Plusieurs députés du groupe RN

Oh non !

MR
Vote sur l’ensemble
M. François Rebsamen ministre

Je savais que cette intervention était attendue ; je ne voulais donc pas vous en priver. (Sourires.) Je voudrais moi aussi remercier l’ensemble des députés qui ont participé à ce débat dans un esprit constructif. Je voudrais saluer le travail accompli en amont par la commission des lois, par son président, par les deux rapporteurs avec lesquels nous avons échangé parfois en connivence, pour ainsi dire. Nous avons accompli de grandes avancées pour les élus locaux, pour ce qu’ils représentent, et pas uniquement à travers les indemnités. Cette question était presque accessoire, car pour un maire d’une commune de moins de 1 000 habitants, l’augmentation sera d’un montant de l’ordre de 60 euros. La République mérite cela, c’est le moins qu’on puisse dire. Il faut leur donner plus de liberté, diminuer les contraintes, simplifier leur action. À travers ce texte, nous ouvrons la possibilité à tous les élus de bénéficier d’une protection fonctionnelle, ce qui est très important. Nous enregistrons aussi la fin du conflit d’intérêts public-public – elle était attendue dans toutes les assemblées parce qu’une suspicion permanente pesait sur eux. Enfin, dix ans après la charte de 2015, et contrairement à ce que j’ai entendu, l’inscription dans le code général des collectivités territoriales d’un statut de l’élu, de toutes les mesures qui font le statut de l’élu, peuvent vous rendre fiers du travail que vous avez accompli. Je vous remercie donc toutes et tous pour votre action, car vous avez tenu parole. Merci pour les élus ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN, EPR, DR, Dem et LIOT ainsi que sur les bancs des commissions.)

Photo de M. le président
Vote sur l’ensemble
M. le président Xavier Breton DR

Je constate qu’il n’y a pas de rappel au règlement. (Rires.)

Photo de M. le président
Clôture de la session extraordinaire
M. le président Xavier Breton DR

L’Assemblée a achevé l’examen des textes inscrits à son ordre du jour. La présidente de l’Assemblée nationale prendra acte de la clôture de la session extraordinaire par avis publié au Journal officiel.

II
Clôture de la session extraordinaire
Intervenant non identifié

(La séance est levée à seize heures vingt.)

II
Clôture de la session extraordinaire
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Vote solennel et public par lequel les députés se prononcent sur un texte, un amendement ou une motion. Au scrutin public, chaque député enregistre son vote (pour, contre, abstention) et les résultats sont nominatifs.

Vote solennel

Catégorie de scrutin public utilisée pour les votes les plus importants (adoption d'un texte en lecture solennelle, motions majeures, décisions politiques structurantes). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de savoir précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

Voir le glossaire complet