Séance plénière Vidéo Presse
Suite de la discussion du projet de loi, adopté par le Sénat, de programmation pour la refondation de Mayotte
Mardi 24 juin 2025 21:30 – 00:00 2h30 Assemblée nationale Confirmé Créée le 02/06/2025 PO838901
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Suite de la discussion du projet de loi, adopté par le Sénat, de programmation pour la refondation de Mayotte
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Suite de la discussion du projet de loi organique, adopté par le Sénat, relatif au département-région de Mayotte
Suite de la discussion Confirmé Département-Région de Mayotte
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

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550 Interventions sur l'ensemble de la séance
103 Orateurs distincts repérés
16 Séquences détectées dans le débat
120 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 550 interventions sur 550 pour l'ensemble de la séance.

Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

Une séance plénière enchaîne plusieurs textes. Choisissez ci-dessous celui qui vous intéresse pour aller directement à son débat. La barre indique la part des prises de parole consacrées à ce texte sur l'ensemble de la séance.

Amendements les plus cités

Amdt 57 3 mentions Amdt 58 3 mentions Amdt 59 3 mentions Amdt 63 3 mentions Amdt 66 3 mentions Amdt 163 3 mentions Amdt 165 3 mentions Amdt 235 3 mentions
Photo de M. le président
Ouverture de seance
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Photo de M. le président
Suite de la discussion d’un projet de loi
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte (nos 1470, 1573).

Photo de M. le président
Discussion des articles (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’article 2 bis.

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet.

Photo de M. Yoann Gillet
Article 2 bis
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

L’article 2 bis prévoit qu’un rapport sera remis dans trois ans pour évaluer les dispositions dérogatoires en matière d’immigration et de nationalité applicables à Mayotte. Un tel rapport sera propre à éclairer le Parlement sur la pertinence de cette législation et sur les adaptations nécessaires, notamment au regard de l’évolution de la situation démographique de l’île. Il faut rappeler qu’à Mayotte, près de 50 % de la population est étrangère et la moitié des étrangers sont en situation irrégulière. L’île compte officiellement 321 000 habitants, mais il y en a bien plus en réalité. Autrement dit, des dizaines de milliers de personnes sont présentes illégalement à Mayotte, c’est-à-dire sur le territoire français. À Mayotte, le taux de natalité est trois fois supérieur à la moyenne nationale et 83 % des titres de séjour délivrés reviennent à des étrangers entrés illégalement. Chaque année, plus de 1 500 mineurs deviennent Français en vertu du droit du sol ; le gouvernement et beaucoup de députés de divers groupes – notamment du bloc central – refusent de rendre inapplicable ce droit à Mayotte, alors qu’il a l’effet d’une pompe aspirante. Nous voterons évidemment pour l’article 2 bis car le rapport permettra d’éclairer le Parlement sur la réalité démographique de l’île. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Antoine Léaument.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 2 bis
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Nous voterons en faveur de l’article 2 bis. D’une certaine manière, ce rapport permettra de vérifier les propos que nous échangeons sur les questions migratoires. En d’autres termes, il répondra à la question suivante : les règles appliquées à Mayotte, dérogatoires aux règles appliquées dans le reste du territoire national, sont-elles véritablement efficaces pour atteindre l’objectif que vous visez, à savoir la diminution de l’immigration ? La science existant sur le sujet y répond négativement. Il serait intéressant qu’un rapport du gouvernement vienne confirmer que, comme le montre l’Insee, les mesures dérogatoires n’ont absolument aucun effet – si bien que vous traitez les conséquences, non les causes – et critiquer la politique appliquée précédemment ; nous voterons largement pour l’élaboration de ce rapport.

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl, pour soutenir l’amendement no 8.

Amdt 8 Rejeté
Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 2 bis
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Il vise à raccourcir le délai de remise du rapport. Je suis très étonné que l’on envisage une durée de trois ans pour produire un rapport sur un sujet dont les responsables politiques français débattent depuis plusieurs années ! Un tel délai n’est pas fréquent. Je propose de le ramener à un an, sauf si on me dit pourquoi il a été fixé à trois ans.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 2 bis
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Dans trois ans, nous aurons dépassé 2027 ! (Sourires.)

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Philippe Gosselin, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles pour les titres II et III, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission.

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 2 bis
M. Philippe Gosselin rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République DR

Je vais immédiatement vous rassurer, cher collègue : il n’y a pas de raison cachée à la longueur de ce délai, à moins qu’on ne veuille pas comprendre. Chacun, y compris le groupe auquel vous appartenez, pourra balayer devant sa porte. Aucune raison cachée disais-je, si ce n’est la cohérence de l’ensemble des mesures que nous défendons et dont l’application exige un certain temps de préparation. En outre, ce rapport doit être établi avec un recul suffisant et ce n’est pas en un an qu’on aura atteint nos objectifs. Un rapport publié au bout d’un an serait un rapport d’étape, sans beaucoup d’intérêt. J’ai rappelé notre ambition pour Mayotte, l’obligation de résultat, qui justifie d’ailleurs le report à 2030 de la fin de la territorialisation des titres de séjour – l’État devra être au rendez-vous. Un délai de trois ans permettra de disposer d’une évaluation un an et demi avant l’échéance de 2030, le bon moment pour envisager des ajustements éventuels. Je rappelle qu’il est proposé d’instituer un comité de suivi de la présente loi. Celui-ci observera, dans les mois qui viennent, l’application des mesures adoptées. Je compte sur la représentation nationale, c’est-à-dire sur chacun d’entre nous, pour contribuer à ce travail. Vous pourrez en tout cas compter sur les rapporteurs pour être des vigies très attentives, sinon les gardiens du temple. Notre avis est donc défavorable.

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. le ministre d’État, ministre des outre-mer, pour donner l’avis du gouvernement.

MV
Article 2 bis
M. Manuel Valls ministre d’État, ministre des outre-mer

Même avis.

II
Article 2 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 8 n’est pas adopté.)

Amdt 8 Rejeté
Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Sur l’article 2 bis, je suis par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Philippe Naillet, pour soutenir l’amendement no 291.

Photo de M. Philippe Naillet
Article 2 bis
M. Philippe Naillet Philippe Naillet SOC

Il tend à renforcer la portée du rapport sur les dispositions dérogatoires en prévoyant qu’il inclue « une analyse de leurs effets, de leur mise en œuvre et des perspectives d’évolution. »

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 2 bis
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Votre amendement me paraît satisfait. L’article 2 bis prévoit déjà l’évaluation des mesures dérogatoires ; n’alourdissons pas sa rédaction. Retrait et, à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 2 bis
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

II
Article 2 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 291 n’est pas adopté.)

Amdt 291 Rejeté
Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Sandrine Nosbé, pour soutenir l’amendement no 161.

Amdt 161 Rejeté
Photo de Mme Sandrine Nosbé
Article 2 bis
Mme Sandrine Nosbé Sandrine Nosbé LFI-NFP

Il tend à préciser l’objet du rapport : celui-ci devrait évaluer aussi l’impact des dispositions dérogatoires en matière d’immigration et de nationalité à Mayotte sur les flux migratoires et les conditions de vie des personnes migrantes. À gauche, nous avons constaté l’abandon par l’État des outre-mer, notamment de Mayotte. Chaque année, les retards s’accumulent à cause d’un manque d’investissements. À Mayotte, le taux de pauvreté atteint 77 % et le taux de chômage, 37 %. Les services publics y sont défaillants et le mal logement est extrême. Les gouvernements n’ont jamais investi à la hauteur des besoins, pour garantir l’égalité réelle aux habitants de Mayotte. L’obsession migratoire, diffuse, fait de l’étranger un bouc émissaire chargé de tous les maux des Mahorais et envenime les relations dans l’île. Il est temps de changer radicalement de politique à Mayotte ; cessons de détourner le regard des problèmes structurels.

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 2 bis
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

À l’évidence, les rapporteurs du projet de loi et le rapporteur général souhaitent évaluer l’impact des politiques publiques qu’ils défendent : non seulement par obligation constitutionnelle – l’article 24 de la Constitution le prévoit –, mais par volonté de suivre l’application d’un texte qu’ils veulent voir adopté largement. L’évaluation va donc de soi, et des travaux préparatoires pourront le cas échéant éclairer son contenu. En l’espèce, l’évaluation est déjà prévue par l’article 2 bis, de sorte que l’amendement est satisfait. Je vous invite à le retirer, sans quoi mon avis sera défavorable.

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 2 bis
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Dominique Voynet.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 2 bis
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

L’efficacité des mesures doit être évaluée en fonction non seulement des objectifs fixés, mais aussi de leur impact sur la société Mahoraise. En outre, nous devons approfondir un sujet rarement abordé, sinon de façon polémique : le fonctionnement du bureau des étrangers et l’accès à celui-ci, qui n’est pas garanti un jour sur deux.

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 2 bis
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Elle a raison.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 2 bis
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

L’article 2 bis témoigne d’une évolution appréciable de la position du gouvernement et des rapporteurs, dans la mesure où ils nous ont expliqué à maintes reprises qu’il était impossible de dresser un bilan des dispositions adoptées en 2018 – les premières restrictions à l’accès à la nationalité française. En définitive, cette évaluation constitue une certaine avancée. J’espère que l’on veillera à évaluer à la fois l’efficacité des mesures, au regard de vos préoccupations, et leur impact sur la société, au regard des nôtres.

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Antoine Léaument.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 2 bis
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

J’aimerais, pour une fois, tenter de convaincre nos collègues macronistes de changer leur position et d’adopter cet amendement de La France insoumise.

Photo de M. Charles Rodwell
Article 2 bis
M. Charles Rodwell Charles Rodwell EPR

Houlà !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 2 bis
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Vous ne votez pas souvent nos amendements, mais celui-ci est d’intérêt général et vise à apporter d’importantes précisions.

Photo de M. Pierre Cordier
Article 2 bis
M. Pierre Cordier Pierre Cordier DR

Je ne suis pas Insoumis, donc je ne changerai pas d’avis.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 2 bis
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Avec tout le respect que j’ai pour vous, monsieur Gosselin, je doute que les personnes qui établiront le rapport iront vérifier, dans le compte rendu de nos débats, ce que vous aurez dit pour éclairer leurs travaux. Il est pour l’instant prévu que, dans un délai de trois ans – c’est beaucoup et nous étions d’accord avec M. Sitzenstuhl –, le gouvernement remette au Parlement un rapport évaluant les dispositions dérogatoires en matière d’immigration et de nationalité applicables à Mayotte. Nous vous proposons d’inclure dans le champ de l’évaluation « [les] effets [de ces dispositions] sur les flux migratoires et sur les conditions de vie des personnes migrantes ». Vous n’arrêtez pas de nous dire que telle ou telle décision aura des effets sur les flux migratoires. Je vous oppose que la science dit l’inverse. L’Insee, en particulier, affirme qu’il est impossible de prévoir les flux migratoires car ils dépendent d’un très grand nombre de facteurs. Chers collègues, si vous souhaitez un rapport précisément rédigé et utile à l’évaluation de la politique du gouvernement, dans le respect de l’article 24 de la Constitution, comme nous y invite M. Gosselin, faites valoir vos droits de parlementaires !

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 2 bis
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

J’espère vous avoir convaincus ! C’était bien argumenté !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 2 bis
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Nous voterons pour l’article 2 bis, qui permettra à la représentation nationale de disposer d’un rapport de nature qui ouvrira peut-être les yeux de certains. J’entendais Mme Voynet se réjouir de ce rapport, mais nous ne nous réjouissons certainement pas pour les mêmes raisons ! Je suis un grand rêveur…

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 2 bis
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

À l’évidence, nous ne partageons pas le même oreiller. (Sourires.)

Photo de M. Yoann Gillet
Article 2 bis
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

…et je me dis qu’un rapport relatif à l’évolution démographique de Mayotte permettrait à Mme Voynet et à ses collègues d’extrême gauche de prendre conscience qu’il y a un problème à Mayotte et qu’il faut prendre des mesures encore plus fermes. Ce que démontrera ce rapport, c’est que les mesures prévues dans ce texte de programmation pour la refondation – ou prétendue refondation – de Mayotte ne sont pas suffisantes pour venir à bout de la submersion migratoire. Pour y mettre un terme, je sais, comme les Mahorais, qu’il faudra élire Marine Le Pen à la présidence de la République. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 2 bis
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Quelle conclusion ridicule !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 2 bis
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

C’est effroyable.

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 2 bis
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

C’est vrai qu’elle n’est pas terrible !

II
Article 2 bis
Intervenant non identifié

(L’amendement no 161 n’est pas adopté.)

Amdt 161 Rejeté
Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix l’article 2 bis.

II
Article 2 bis
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 2 bis
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 73 Nombre de suffrages exprimés 73 Majorité absolue 37 Pour l’adoption 73 Contre 0

II
Article 2 bis
Intervenant non identifié

(L’article 2 bis est adopté.)

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Antoine Léaument.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 2 ter
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

L’article 2 ter vise à durcir les conditions du regroupement familial. Permettez-moi d’abord de répondre au collègue du Rassemblement national qui prétend qu’il faudrait ouvrir les yeux de certains sur les problèmes posés par l’immigration à Mayotte. Lors de la séance précédente, lorsque nous discutions de la déterritorialisation des titres de séjour, vous avez voté l’inverse de ce que demandent les Mahorais, alors même que vous prétendez vouloir les aider ! Vous êtes tellement xénophobes que vous ne souhaitez pas que des immigrés gagnent l’Hexagone. Oui, c’est bien cela que vous craignez ! Notre logique est inverse : nous n’avons aucun problème avec l’idée que les titulaires d’un titre de séjour qui auraient envie de venir dans l’Hexagone, pour étudier ou pour travailler, par exemple, puissent le faire. Ce n’est pas votre cas et vous préférez laisser Mayotte dans la situation qui est la sienne. Vous ne pouvez pas à la fois pointer un problème d’immigration à Mayotte et refuser la solidarité nationale qu’implique sa résolution ! Le sujet, comme toujours, est celui des capacités des services publics, de l’emploi, du logement, de l’éducation – des conditions de vie. Nous envisageons la situation de manière rationnelle. Vous, vous avez fait la démonstration que vous ne souteniez pas les propositions émanant des Mahorais eux-mêmes.

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 2 ter
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Je ne prétends pas être l’arbitre des élégances entre le Rassemblement national et La France insoumise, mais je voudrais rappeler, monsieur Léaument, que lors de la précédente séance, nous avons examiné deux amendements de suppression de l’article 2 bis A déposés par Mme Klinkert et moi-même – ils visaient à maintenir la territorialisation des titres de séjour délivrés à Mayotte. Le Rassemblement national a voté contre nos amendements après avoir changé de position – dix minutes plus tôt, ils votaient dans le sens contraire.

Photo de M. Sébastien Peytavie
Article 2 ter
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

Ça leur arrive souvent !

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Article 2 ter
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Puisque vous nous avez incités à rester factuels, rappelons-les faits : le RN a voté, comme vous, contre nos amendements de suppression. Permettez-moi simplement de rétablir cette vérité, même si elle figure déjà ou figurera dans le compte rendu de la séance de cet après-midi.

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 2 ter
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Ne refaites pas le débat !

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je suis saisi de quatre amendements identiques, nos 95, 162, 231 et 379, tendant à supprimer l’article 2 ter. La parole est à M. Philippe Naillet, pour soutenir l’amendement no 95.

Amdt 95 Rejeté
Photo de M. Philippe Naillet
Article 2 ter
M. Philippe Naillet Philippe Naillet SOC

L’article L. 434-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) dispose que l’étranger demandant à être rejoint au titre du regroupement familial doit remplir certaines conditions, notamment la suivante : « il dispose ou disposera d’un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ». Or l’article 2 ter, introduit par un amendement de la droite sénatoriale, tend à préciser que « ne peut être considéré comme normal un logement édifié ou occupé sans droit ni titre ou relevant de l’habitat informel ». Sur le plan des principes, cette mesure portera atteinte au droit fondamental à une vie familiale normale, garanti tant par le préambule de la Constitution de 1946 que par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Le Conseil constitutionnel a eu l’occasion de rappeler que les restrictions apportées à ce droit devaient rester proportionnées aux objectifs poursuivis. En l’occurrence, refuser le regroupement familial en se fondant sur le statut foncier ou sur la nature du bâti, sans considérer les efforts engagés par les familles pour accéder à un logement plus digne, reviendra à priver un grand nombre de personnes de la possibilité d’exercer ce droit, et ce de manière disproportionnée.

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Sur l’article 2 ter, je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Sandrine Nosbé, pour soutenir l’amendement no 162.

Photo de Mme Sandrine Nosbé
Article 2 ter
Mme Sandrine Nosbé Sandrine Nosbé LFI-NFP

Nous nous opposons nous aussi à cet article, qui vise à ajouter une condition pour le regroupement familial à Mayotte, en exigeant que le demandeur dispose, à la date d’arrivée de sa famille, d’un logement « considéré comme normal » – ce qui exclut l’habitat informel. Nous savons très bien que l’habitat informel est subi et non choisi. Dès lors qu’à Mayotte, quatre habitations sur dix sont des constructions précaires et que près d’un tiers des habitants vivent dans des bidonvilles, cette mesure n’a aucun sens ! En réalité, elle est purement xénophobe. J’ajoute que les personnes en situation irrégulière ne seront pas les seules concernées : selon les enquêtes menées par l’agence Harappa, deux tiers des ménages qui vivaient dans un logement précaire à Mayotte avaient à leur tête un adulte de nationalité française ou en situation régulière. Cette situation résulte en grande partie des insuffisances de la politique du logement social. Pénaliser une deuxième fois des personnes qui n’ont pas d’autre choix que d’occuper un habitat informel, en les empêchant de vivre avec leur famille, serait plus qu’inhumain. Rappelons que le plan Logement outre-mer 2019-2022 a débouché sur la livraison de seulement 8 000 logements sociaux – contre un objectif de 10 000, porté à 15 000 par la loi du 28 février 2017 de programmation relative à l’égalité réelle outre-mer. N’oublions pas non plus que 16 % des logements demeurent insalubres dans les outre-mer et que trois ultramarins sur dix sont mal-logés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Léa Balage El Mariky, pour soutenir l’amendement no 231.

Amdt 231 Rejeté
Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 2 ter
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

L’article 2 ter est inutile et impraticable. Inutile, parce que le Ceseda prévoit déjà des critères relatifs à l’habitat – accès à l’eau, accès à l’électricité, salubrité – des personnes qui demandent à bénéficier du regroupement familial. Il est ensuite impraticable juridiquement, car la rédaction de l’article – « ne peut être considéré comme normal un logement édifié ou occupé sans droit ni titre » – ignore le désordre cadastral que connaît Mayotte ; il ne peut s’agir d’une manière intelligente, pratique et efficace de légiférer. Nous devrions mener une politique de l’habitat en faveur de ceux qui vivent dans les 30 % d’habitat informel de l’archipel. Nous devrions nous attaquer à ce problème – ce que nous ferons quand nous aurons fini d’examiner les articles portant sur la politique migratoire – plutôt que d’ajouter une contrainte pour le regroupement familial sans considérer la nature systémique de la situation à Mayotte.

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Elsa Faucillon, pour soutenir l’amendement no 379.

Amdt 379 Rejeté
Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 2 ter
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

L’article 2 ter répond aux marottes de la droite extrême et de l’extrême droite s’agissant du regroupement familial. Je vous voyais grimacer à l’évocation du Ceseda, monsieur le ministre. Je le comprends, mais vous faites partie du gouvernement et vous avez donc votre mot à dire à ce sujet ; en dépit des circulaires récentes, la loi est censée primer. Nos débats démontrent clairement que la question du logement – d’un logement stable et digne – est centrale à Mayotte, et qu’elle concerne aussi bien les personnes étrangères que les citoyens français. Faire de cette question un motif de discrimination pour déterminer qui peut ou non bénéficier du regroupement familial correspond à une volonté, à visée xénophobe, d’entraver celui-ci. Nous nous opposons avec détermination à cet article.

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 2 ter
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Avec détermination, je leur donne un avis défavorable. Vous nous reprochez parfois d’innover en prévoyant des mesures dérogatoires pour Mayotte, mais ce n’est pas le cas en l’occurrence. Le droit commun prévoit déjà que le demandeur dispose d’un habitat dit normal, et la jurisprudence a précisé ce que l’on entendait par là, en fixant des critères tels que le chauffage – je conviens d’emblée que ce n’est pas l’élément le plus pertinent à Mayotte –, l’accès à l’eau – la question de l’assainissement étant mise à part – et l’accès à l’électricité. Quant au désordre foncier, il me semble qu’on ne peut pas s’en prévaloir. L’absence d’un cadastre digne de ce nom et le fait que les titres de propriété, comme la détermination des taxes foncières, soient en partie aléatoires, ne peuvent pas servir de prétextes. En réalité, l’article 2 ter complète le droit sans le modifier substantiellement – nous légiférons peu ou prou à droit constant. Notre volonté est claire : il doit être évident que l’habitat informel – les bangas, pour être clair – ne peut pas être considéré comme un logement normal. Cette précision ne déroge en rien au droit commun.

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 2 ter
M. Manuel Valls ministre d’État

Nous pouvons en effet débattre du problème – prioritaire et incontestable – de l’habitat, auquel nous devons remédier en construisant des logements, en allouant des moyens à la Société immobilière de Mayotte (SIM) ou à d’autres bailleurs sociaux, sans oublier le rôle d’Action logement, afin d’assurer un toit aux Mahorais dans les meilleures conditions possibles. Ces amendements visent à revenir sur l’article introduit par le Sénat, qui vise à garantir que celui qui demande à bénéficier du regroupement familial ne réside pas dans un habitat informel. Cette disposition me paraît de bon sens et conforme à l’intérêt des Mahorais comme à celui des étrangers qui souhaitent venir à Mayotte au titre du regroupement familial : devraient-ils être hébergés dans des logements insalubres ou dans des conditions indignes ? Je m’appuie sur le droit français et sur le droit européen. Le Conseil d’État a précisé que le demandeur pouvait être soit propriétaire d’un logement libre, soit locataire, soit titulaire d’une promesse ferme de location. Ainsi, les personnes occupant un logement sans droit ni titre sont exclues, par le juge administratif, du dispositif du regroupement familial. Par ailleurs, la directive européenne du 22 septembre 2003 relative au droit au regroupement familial prévoit que « Lors du dépôt de la demande de regroupement familial, l’État membre concerné peut exiger de la personne qui a introduit la demande de fournir la preuve que le regroupant dispose d’un logement […] qui répond aux normes générales de salubrité et de sécurité en vigueur dans l’État membre concerné […]. » L’article que vous contestez – et vous en avez parfaitement le droit – vise à inscrire dans la loi un critère prévu par la jurisprudence et conforme au droit européen.

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 2 ter
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

C’est donc inutile !

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 2 ter
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Si c’est déjà dans le droit, pourquoi l’ajouter ici ?

MV
Article 2 ter
M. Manuel Valls ministre d’État

Les conditions d’habitat sont bien plus difficiles à Mayotte qu’ailleurs, j’en conviens volontiers. Mais si nous nous appuyons sur la jurisprudence et sur le droit européen, c’est bien pour combattre des conditions de vie que personne ne peut supporter. Si nous supprimions l’article, comme vous le souhaitez, nous risquerions d’accroître les cas de regroupement dans les pires conditions qui soient. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je donnerai la parole à deux orateurs favorables à l’amendement et à deux orateurs qui y sont opposés. La parole est à Mme Estelle Youssouffa.

Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 2 ter
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

Permettez-moi de clarifier la visée de ces amendements de suppression : sur les bancs de la gauche, seriez-vous en train de défendre la bidonvillisation de Mayotte ? Les étrangers que vous prétendez défendre devraient-ils venir grossir les rangs des habitants des bidonvilles, lieux pourtant dangereux, insalubres et indignes ? Si je vous comprends bien, il faudrait les régulariser pour qu’ils puissent rejoindre ces lieux qui sont devenus des tombeaux lors du passage des cyclones. Au reste, la question n’est pas seulement l’insalubrité, vous validez aussi l’occupation sans droit ni titre, autrement dit le vol des terres ! Le gouvernement vient de vous expliquer que l’article vise à inscrire dans la loi un critère qui existe déjà dans notre droit. Vous, vous dites en substance que Mayotte est une poubelle ! Manifestement, il vous semble tout à fait normal que les gens y vivent dans des conditions indignes ! Il faudrait même que l’on continue à régulariser des gens pour qu’ils occupent des terrains et y construisent des bidonvilles ! Souhaitez-vous encourager ce phénomène ? À Mayotte, nous avons l’ambition d’y mettre un terme. Les bidonvilles, qui n’existaient pas il y a quinze ans, ont pullulé depuis. C’est une honte pour la République ! Il est insupportable de voir des gens vivre dans des conditions pareilles. Au regard des valeurs que vous dites défendre, comment pouvez-vous encourager les gens à construire des bidonvilles, en les régularisant alors qu’ils n’ont pas la possibilité de vivre dans des conditions normales ? Inscrire dans la loi le regroupement familial dans des bidonvilles et l’occupation illégale des terrains, il fallait oser ! (M. Sylvain Berrios applaudit.)

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet.

Photo de M. Yoann Gillet
Article 2 ter
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Rappelons de quoi nous parlons : une mesure propre à limiter le regroupement familial dès lors qu’elle précise, au sujet de la condition relative au logement du demandeur, que ne saurait être considéré comme normal un logement occupé sans droit ni titre ou relevant de l’habitat informel – on pense notamment aux bidonvilles et aux bangas, bien trop nombreux à Mayotte. Avec sa position – dogmatique, une fois de plus –, l’extrême gauche prouve qu’elle compte avant tout entretenir son fonds de commerce, qui prospère sur la misère et la précarité. Vous l’avez rappelé vous-même : 38 % ou 40 % – cela dépend des sources – des logements à Mayotte sont informels. Plus généralement, nos compatriotes ultramarins vivent mal et font face à un sérieux problème de logement. Malgré ce constat, vous ne voyez aucun inconvénient à faire venir toujours plus de monde pour vivre dans des conditions indécentes, dans des bidonvilles. Vous prouvez une fois de plus que l’humanisme dont vous faites si grand cas ne se trouve pas de votre côté. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Olivier Fayssat applaudit également.)

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 2 ter
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Oh là là !

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Elsa Faucillon.

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 2 ter
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Ce que nous revendiquons, c’est le droit au logement : un logement digne, décent, défini encore récemment dans les textes – je pense à la loi du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement – par un accès au chauffage et à des sanitaires. Y compris dans l’Hexagone, ces critères d’un logement confortable sont loin d’être toujours remplis. Lorsque nous avons examiné le dernier projet de loi relatif à l’immigration, où l’on retrouvait les marottes de la droite extrême et de l’extrême droite à propos du regroupement familial, qui s’attaquaient déjà aux conditions de logement, nous avons dû rappeler que, dans notre pays, l’égalité d’accès au droit au logement était largement remise en cause, pas uniquement par les politiques migratoires, mais tout simplement par les politiques sociales menées depuis plusieurs années. De nombreuses associations pour le droit au logement estiment que la crise que nous traversons est bien plus grave, à tout le moins de même ampleur que celle de 1954. Cette situation touche autant les personnes de nationalité française que les personnes étrangères. Nous affirmons ici que la loi, l’État, la République doivent faire en sorte que chacune et chacun puisse accéder à un logement digne. Que cette condition ne soit pas remplie ne peut servir d’argument pour faire entrave au regroupement familial. Celles et ceux qui le souhaitent doivent pouvoir faire venir, sur le territoire où ils vivent, leur mère, leur père, leur sœur, leur frère ou la personne dont ils sont tombés amoureux – reste à savoir si l’amour est un choix ou non, ce qui pourrait faire l’objet d’une grande discussion.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 2 ter
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Houlà !

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 2 ter
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

La question n’est pas d’empêcher ou non le regroupement familial, mais de réaliser l’égalité dans ce département français qu’est Mayotte. C’est par l’inclusion, par l’accès à des droits égaux que l’on permet à des personnes de s’insérer dans la société, qu’elles soient étrangères ou non. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.)

Photo de M. Antoine Léaument
Article 2 ter
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Bien parlé !

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Dominique Voynet.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 2 ter
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Je n’ai pas envie de changer un seul mot au propos de Mme Faucillon, qui me paraît frappé au coin du bon sens.

Photo de M. Sylvain Berrios
Article 2 ter
M. Sylvain Berrios Sylvain Berrios HOR

Alors ne le faites pas !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 2 ter
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Au suivant !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 2 ter
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Nous avons le droit de discuter de ces questions sans se faire insulter ni caricaturer ! S’il y a, dans cette enceinte, un seul député qui défende la bidonvillisation de Mayotte, il faut l’enfermer, un point c’est tout !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 2 ter
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Bien dit !

Photo de M. Fabien Di Filippo
Article 2 ter
M. Fabien Di Filippo Fabien Di Filippo DR

Vous allez perdre beaucoup de collègues, au NFP ! (M. le ministre d’État s’esclaffe.)

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 2 ter
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Revenons à des sujets plus sérieux. Monsieur le ministre, vous expliquiez tout à l’heure que cette disposition correspond à ce que prévoient la jurisprudence et le cadre réglementaire. Ce dernier est fixé par l’article R. 434-5 du Ceseda, qui énumère les conditions d’un logement considéré comme normal, dont une superficie minimale par occupant. Or, à Mayotte, nombreux sont les logements dans lesquels coexistent plusieurs générations, sans qu’ils soient dotés des éléments de confort de base – sanitaires, eau courante, assainissement – et qu’ils respectent les normes de sécurité. J’ai été maire d’une grande commune de Seine-Saint-Denis, où les conditions de logement de nombreux habitants étaient très précaires, avec des taux d’occupation très élevés, si bien que, dans certains HLM, des familles se voyaient refuser les aides au logement par la caisse d’allocations familiales. Je pense qu’une bonne partie des habitants de Mayotte vivent dans des conditions similaires ; nombre d’entre eux hébergent des proches et doivent cohabiter dans des situations difficiles. Nous avons, pour l’essentiel, besoin d’un plan ambitieux en faveur de l’accès au logement, non d’un durcissement qui restreindrait davantage encore le droit au regroupement familial pour des personnes qui, souvent, vivent à Mayotte depuis longtemps, y travaillent et aspirent à y demeurer avec leur famille. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)

II
Article 2 ter
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 95, 162, 231 et 379 ne sont pas adoptés.)

Amdt 95 Rejeté Amdt 162 Rejeté Amdt 231 Rejeté Amdt 379 Rejeté
Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix l’article 2 ter.

II
Article 2 ter
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 2 ter
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 117 Nombre de suffrages exprimés 116 Majorité absolue 59 Pour l’adoption 73 Contre 43

II
Article 2 ter
Intervenant non identifié

(L’article 2 ter est adopté.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Anchya Bamana.

Photo de Mme Anchya Bamana
Article 3
Mme Anchya Bamana Anchya Bamana RN

L’article 3 constitue une avancée juridique en faveur de la sécurisation de l’état civil à Mayotte. En confiant à l’officier d’état civil de la commune de Mamoudzou la compétence exclusive de recevoir les actes de reconnaissance de paternité ou de maternité effectués hors déclaration de naissance, il vise à lutter contre les fraudes documentaires, à renforcer la cohérence des données de l’état civil et à consolider l’autorité de l’État dans un territoire confronté à une pression migratoire intense. Mayotte connaît des situations où des reconnaissances d’enfant peuvent être utilisées à des fins de régularisation abusive, parfois sans lien réel de filiation. Centraliser cette procédure à Mamoudzou permettra de concentrer les moyens de contrôle, d’assurer la bonne application du droit commun et d’informer systématiquement l’auteur de la reconnaissance de ses obligations parentales ainsi que des sanctions pénales encourues en cas de manquement, mais aussi des implications en matière de droit des étrangers. Cependant, cette centralisation des actes de reconnaissance à Mamoudzou suppose un renforcement des capacités administratives de cette commune. C’est pourquoi le groupe Rassemblement national défendra un amendement au rapport annexé demandant une évaluation précise des besoins matériels, humains et budgétaires pour garantir l’efficacité et la pérennité de cette nouvelle mission. Il ne peut y avoir de succès en la matière sans un accompagnement par l’État. L’ambition affichée doit s’appuyer sur une planification réaliste et une dotation adaptée à la hauteur des enjeux. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Sur les amendements nos 102 et identiques ainsi que sur l’article 3, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je suis saisi de quatre amendements identiques, nos 102, 163, 235 et 413, qui tendent à supprimer l’article. La parole est à M. Philippe Naillet, pour soutenir l’amendement no 102.

Photo de M. Philippe Naillet
Article 3
M. Philippe Naillet Philippe Naillet SOC

L’article 3 prévoit de centraliser, à Mamoudzou, l’établissement des actes de reconnaissance de paternité et de maternité. Cette centralisation exclusive soulève une difficulté, celle de l’accessibilité. Mayotte est un territoire insulaire où la topographie, le manque d’infrastructures de transport et les inégalités d’accès aux services publics rendent parfois les déplacements longs et coûteux. Restreindre l’établissement des actes à une seule commune revient de facto à compliquer l’exercice d’un droit fondamental – reconnaître un lien de filiation –, notamment pour les personnes qui habitent les villages périphériques ou éloignés. À cette difficulté s’ajoute un risque concret de saturation du service d’état civil de Mamoudzou, déjà fortement sollicité en raison de la démographie du territoire.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Jean-Hugues Ratenon, pour soutenir l’amendement no 163.

Amdt 163 Rejeté
Photo de M. Jean-Hugues Ratenon
Article 3
M. Jean-Hugues Ratenon Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP

Comme mon collègue Naillet, nous sommes opposés à l’article 3 et nous tenons à rappeler le principe selon lequel tout officier d’état civil est compétent pour enregistrer une reconnaissance de paternité ou de maternité, quel que soit le lieu de naissance. Cet article constitue un acte de défiance généralisée et de stigmatisation à l’égard des Mahorais, alors même que des dispositifs ont déjà été introduits dans la loi, tels que la nécessité pour l’auteur de la reconnaissance de produire des justificatifs et la possibilité pour le procureur de la République de surseoir ou de s’opposer à l’enregistrement d’une reconnaissance lorsqu’il existe des indices sérieux laissant présumer son caractère frauduleux. Selon l’étude d’impact, les reconnaissances frauduleuses détectées en 2023 ne représentaient que 7 % du total des reconnaissances enregistrées à Mayotte. La préfecture de Mayotte n’a effectué que huit signalements au procureur de la République en 2023. S’agissant du tribunal judiciaire de Mayotte, selon les chiffres disponibles, sur vingt-sept saisines du parquet par un officier d’état civil pour une suspicion de reconnaissance frauduleuse, on comptait seulement trois oppositions du parquet au premier semestre 2023 ; il n’y avait eu qu’une seule opposition en 2022 pour vingt-six saisines. Ces chiffres ne justifient en rien la création d’une nouvelle exception légale ; les Mahorais subiront une inégalité d’accès de plus à un service public par rapport à l’Hexagone. Cette centralisation risque également d’accroître la charge de travail de la mairie de Mamoudzou et de retarder l’établissement du lien de filiation pour des enfants. Je rappelle que, dans les outre-mer, en particulier à Mayotte, les collectivités se trouvent en grande difficulté du fait d’un manque d’effectifs et de moyens ; c’est d’autant plus vrai à Mamoudzou. Il ne faut surtout pas alourdir leur charge de travail. Nous demandons donc la suppression de l’article. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 235 de Mme Léa Balage El Mariky est défendu. La parole est à Mme Elsa Faucillon, pour soutenir l’amendement no 413.

Amdt 235 Rejeté
Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 3
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Nous nous opposons également à la concentration de l’enregistrement des actes d’état civil de reconnaissance de paternité ou de maternité dans la seule commune de Mamoudzou, qui risque d’être rapidement surchargée. Au demeurant, chacun connaît les conditions difficiles de déplacement à Mayotte. Ces actes de reconnaissance sont essentiels pour garantir l’effectivité des droits des parents et des enfants. On voit mal à quoi cette centralisation pourra servir, si ce n’est à entraver davantage encore ce droit.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission sur ces quatre amendements de suppression ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Plantons le décor : on compte environ 10 000 naissances par an à la maternité de Mamoudzou, auxquelles s’ajoutent quelques autres naissances qui ont lieu ailleurs, par accident ou par choix. Le dispositif proposé n’entraînera pas une hyperconcentration puisqu’à Mayotte, 75 % des naissances ont lieu à Mamoudzou – ce qui ne signifie pas que cette commune enregistre 7 500 reconnaissances de paternité par an ; elle en enregistre moins. Le but de cette centralisation est d’abord d’éviter certaines fraudes. En effet, de nombreux officiers d’état civil ne sont pas particulièrement formés à leur détection. Il y a sans doute beaucoup de fantasmes à ce sujet, et je ne conteste pas les chiffres donnés par notre collègue Ratenon : à l’heure actuelle, quelques dizaines de cas recensés. Même si nous ne pouvons pas nous contenter d’hypothèses, il semblerait qu’il y en ait beaucoup plus. Centraliser, dans la commune de Mamoudzou, l’enregistrement des reconnaissances de paternité et de maternité, c’est assurer une meilleure capacité à détecter les fraudes. Il faudra, pour cela, que les agents y soient formés – certains éléments permettent cette détection –, que les échanges avec les services judiciaires, en particulier avec le procureur, soient efficaces et que quelques moyens supplémentaires soient consacrés à mieux faire fonctionner l’ensemble de ces procédures. Le maire de Mamoudzou, avec qui j’ai abordé cette question, est tout à fait favorable à cette disposition, pourvu que les moyens suivent. Cela ne relève d’ailleurs pas des compétences d’une collectivité locale puisque, pour l’état civil comme pour le recensement, le maire agit en qualité d’agent de l’État. C’est le dédoublement fonctionnel, que vous connaissez bien.

MV
Article 3
M. Manuel Valls ministre d’État

En effet !

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

L’État doit donc mettre des moyens à disposition. J’ajoute qu’une reconnaissance simultanée de naissance et de paternité pourra se faire, sans aucune difficulté, dans une autre commune, comme c’est déjà le cas. Que ceux qui s’inquiètent d’une éventuelle perte de droits soient rassurés : la reconnaissance de paternité peut intervenir à tout moment et a un effet rétroactif immédiat, puisqu’elle s’applique à compter de la naissance. Aucun enfant ne sera donc privé de ses droits, pas plus qu’aucun parent désireux de reconnaître son enfant. Cette centralisation ne fait que rendre plus efficace le dispositif existant, puisque les trois quarts des naissances ont lieu à Mamoudzou. Si je ne balaye pas nos débats d’un revers de la main – nous pouvons être en désaccord sur le logement ou la politique sécuritaire pour des raisons personnelles ou politiques –, je ne comprends pas bien quelle difficulté un tel sujet peut soulever. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 3
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Jean-Philippe Nilor.

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 3
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

Ces amendements de suppression, pourtant, relèvent du bon sens. J’ai bien vu la gymnastique intellectuelle à laquelle se livre le rapporteur,…

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Il n’y a pas de gymnastique intellectuelle !

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 3
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

…mais c’est au contraire le rejet d’une telle centralisation qui devrait nous réunir. Pourquoi, sous prétexte que les trois quarts des naissances ont lieu à Mamoudzou, rendre plus complexe, pour le quart restant, la reconnaissance de paternité ? Au nom de quelle logique ? Demandons, au contraire, des moyens pour tous les maires, même ceux des communes les plus éloignées, afin de faciliter partout ce travail ! Vous voulez faire de la reconnaissance de paternité un parcours du combattant – un de plus, comme s’ils n’étaient pas déjà assez nombreux à Mayotte ! Plus généralement : pourquoi, dans ce que vous appelez les outre-mer, les dérogations sont-elles toujours à notre détriment ? (Mme Mathilde Feld et M. Jean-Hugues Ratenon applaudissent.) Chaque fois que vous dérogez au droit commun, les choses, loin de s’arranger, deviennent pour nous plus difficiles. Dans le cas qui nous occupe, un minimum de volonté politique et de moyens suffiraient. Il est temps de passer des mots d’amour – « On aime Mayotte ! » – aux actes qui prouvent cet amour. Vous avez l’occasion de le faire en adoptant ces amendements de suppression, pour ne pas compliquer davantage encore la vie des Mahoraises et des Mahorais. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Kévin Mauvieux.

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 3
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

Vous êtes, en face, des antinationalistes.

Photo de M. Raphaël Arnault
Article 3
M. Raphaël Arnault Raphaël Arnault LFI-NFP

Des antifascistes !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 3
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

Des antinationalistes, j’insiste ! Article après article, vous défendez tout ce qui va à l’encontre de la nation. Nos amis Mahorais font partie de la nation française, et nous en sommes fiers. C’est justement parce que nous aimons les Mahorais, pour reprendre les termes de notre collègue de La France insoumise, que nous voulons agir dans un sens qui leur soit favorable. Or les Mahorais n’en peuvent plus de l’immigration ! Les filières d’immigration recourent à toutes les fraudes possibles et imaginables : au regroupement familial, à la reconnaissance de paternité…

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 3
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Il aurait fallu être là cet après-midi, si vous vouliez vous exprimer à ce sujet !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 3
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Assumez donc votre xénophobie !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 3
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

Traitez-moi de xénophobe autant que vous voulez, vous êtes pour votre part un antinationaliste ! Vous n’aimez ni la France ni les Français,…

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 3
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Mais on aime les éoliennes !

Photo de M. René Pilato
Article 3
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Arrêtez de dire n’importe quoi !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 3
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

…et vous ne pensez qu’à défendre les étrangers !

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 3
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Nous, on ne hiérarchise pas les êtres humains !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 3
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

C’est des Mahorais que nous parlons aujourd’hui. Ils attendent que nous les défendions, eux, et pas leurs voisins des Comores, que vous semblez vouloir faire venir à tout prix, quitte à ce qu’ils soient logés dans des bidonvilles ! Au Rassemblement national, et depuis longtemps, nous disons stop ! Marine Le Pen ne cesse de répéter que les Mahorais ont besoin de souffler. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Grâce à nous, et seulement à nous, les Mahorais pourront effectivement souffler. Alors, collègues d’extrême gauche… (Mêmes mouvements)

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 3
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Selon le Conseil d’État, nous ne sommes pas d’extrême gauche !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 3
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

…et de gauche extrême – puisque l’inversion des mots est votre nouvelle marotte –, vous nous trouverez toujours face à vous pour défendre la nation, en métropole comme dans les outre-mer ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur plusieurs bancs du groupe UDR.)

Photo de M. René Pilato
Article 3
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Les gens souffrent parce que vous ne votez pas la censure !

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Dominique Voynet.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 3
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

C’est amusant : quand certains prononcent le nom de leur cheffe, on dirait qu’ils mettent une pièce dans le petit cochon – à la fin de la semaine, on vide la tirelire pour voir qui a gagné le prix de l’employé du mois ! (Sourires et applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC. – M. Jimmy Pahun applaudit également.)

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Eh oui, qui sera le gagnant cette semaine ?

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 3
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Cela fait au moins vingt fois qu’on entend dire qu’il y aurait, à Mayotte, environ 10 000 naissances par an. Je ne me l’explique pas, puisque ce chiffre était, l’année dernière, de 8 900, en baisse de 13 % par rapport à l’année précédente. Comme partout ailleurs, des campagnes sur le contrôle des naissances devraient être organisées à Mayotte. Si les trois quarts des naissances ont lieu au CHM – le centre hospitalier de Mayotte –, chaque année, quelques centaines d’enfants naissent dans des maternités de périphérie – qui dépendent du CHM – et quelques centaines d’autres à domicile – un cas de figure propre à Mayotte. À la mairie de Mamoudzou, la grande majorité des naissances sont déclarées non par les parents, mais par les sages-femmes, qui sont en contact avec les mères, à la maternité. Elles recueillent les papiers des parents et se chargent de la déclaration – un bureau y est consacré dans l’hôpital même. Il existe, on le sait, quelques dizaines de serial recognizers, si je puis dire,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 3
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

En français, ça donne quoi ?

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 3
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

…qui ont reconnu, dans plusieurs communes, des enfants qui ne sont pas les leurs, souvent contre rémunération. S’ils ne sont pas nombreux, le procédé reste choquant et anormal. Le dispositif que vous proposez ne heurte pas mes principes,…

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Ah !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 3
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

…mais je voudrais être certaine que le père qui aurait été dans l’incapacité de reconnaître l’enfant à sa naissance pourra se rendre ultérieurement au bureau d’état civil de la maire de Mamoudzou pour y faire établir sa paternité, sans s’exposer au risque d’être ramassé par les services de l’immigration. Le bureau d’état civil doit être sanctuarisé, sans quoi on mettra en péril la filiation des enfants. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS. – Mme Elsa Faucillon applaudit également.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Estelle Youssouffa.

Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 3
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

Si on a enregistré une baisse du nombre de naissances, collègue Voynet, c’est du fait de l’opération Wuambushu. Du moment que le gouvernement s’est mis à la tâche et a décidé de lutter contre l’immigration clandestine, on a eu – étrangement ! – moins de naissances. Huit naissances sur dix concernent des mères étrangères : quand celles-ci ont compris que ce n’était plus open bar à Mayotte, le nombre de naissance a diminué. Si les chiffres sur la reconnaissance frauduleuse de paternité sont très faibles, collègue Ratenon, c’est parce qu’il est très difficile de constituer les dossiers.

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

C’est tout l’intérêt de l’article !

Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 3
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

Ceux qui – comme le collègue Gosselin ou d’autres députés – se sont rendus aux services administratifs de la mairie de Mamoudzou ont pu constater que les officiers d’état civil étaient menacés et qu’ils ne pouvaient, faute d’outils, faire face à l’afflux de demandes. Aussi cette centralisation sera-t-elle accompagnée de moyens supplémentaires. Qui sont les serial reconnaisseurs ? Des hommes qui acceptent de reconnaître, contre argent sonnant et trébuchant, des dizaines de gamins. Plutôt que de se rendre à chaque fois dans la même mairie – où les agents finiraient par les soupçonner –, ils se livrent à un tourisme municipal et vont reconnaître les enfants dans l’une ou l’autre des dix-sept communes que compte l’archipel. Le gouvernement agit donc, enfin, en proposant de centraliser l’enregistrement des reconnaissances de paternité ou de maternité dans la ville où ont lieu 80 % des naissances. Cela créera effectivement un surcroît de travail pour les services de la mairie de Mamoudzou, mais on les accompagnera et on leur donnera des outils. Ainsi cessera-t-on de constater la fraude documentaire – voire de l’encourager par ce système aussi percé qu’un gruyère – pour, enfin, prendre le problème à bras-le-corps. C’est donc un article important, et on ne peut accepter vos amendements de suppression.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. le rapporteur.

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Nous ne nous attaquons pas aux outre-mer, pas plus que nous ne les stigmatisons – ne nous faites pas ce procès, collègue Nilor ! C’est aux fraudeurs que nous nous attaquons,…

Photo de M. René Pilato
Article 3
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Cela vaut-il aussi pour l’évasion fiscale ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

…aux reconnaissances frauduleuses de paternité et au trafic de documents – ce qui n’a rien à voir.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix les amendements identiques nos 102, 163, 235 et 413.

Amdt 102 Rejeté Amdt 163 Rejeté Amdt 235 Rejeté Amdt 413 Rejeté
II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 143 Nombre de suffrages exprimés 141 Majorité absolue 71 Pour l’adoption 47 Contre 94

II
Article 3
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 102, 163, 235 et 413 ne sont pas adoptés.)

Amdt 102 Rejeté Amdt 163 Rejeté Amdt 235 Rejeté Amdt 413 Rejeté
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Léa Balage El Mariky, pour soutenir l’amendement no 237.

Amdt 237 Rejeté
Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 3
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Cet amendement de repli tend à améliorer le dispositif prévu à l’article 3. Il s’agit de prendre en compte les circonstances exceptionnelles qui empêcheraient que la reconnaissance de parentalité – particulièrement de paternité – se fasse à Mamoudzou. La notion de circonstances exceptionnelles étant déjà évoquée dans ce projet de loi, il n’y a pas lieu de la définir de nouveau. L’article 3, dans sa rédaction actuelle, ne prend pas en compte l’intérêt de l’enfant. Je vous propose, pour ma part, de prendre cette question à bras-le-corps. En effet, même si la reconnaissance a un effet rétroactif, tant qu’elle n’a pas eu lieu, les intérêts de l’enfant ne sont pas protégés. Des enfants risqueraient de se trouver démunis, privés de droits et de sécurité par des pères fuyant leurs responsabilités et les obligations liées à l’exercice de l’autorité parentale. Nous avions échangé à ce sujet, monsieur le rapporteur, après la séance en commission : vous aviez compris nos intentions et j’espère que la formulation que nous proposons ici vous conviendra.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Je ne suis pas insensible à cette question des circonstances exceptionnelles. Reste à savoir si l’on doit légiférer pour les cas singuliers, d’autant que la jurisprudence est constante : la reconnaissance, quelle que soit la date à laquelle elle intervient, a une prise d’effet immédiate et rétroactive.

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 3
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Mais la protection de l’enfant ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Je comprends bien, mais, si des circonstances exceptionnelles surviennent, cela donnera lieu à une jurisprudence – qui mettra certes un peu de temps à se stabiliser. J’émets un avis défavorable, même si – je m’autorise à le dire – je n’aurais pas d’état d’âme particulier si votre amendement venait à être adopté.

Photo de M. Charles Fournier
Article 3
M. Charles Fournier Charles Fournier EcoS

C’est déjà ça ! (Sourires.)

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 3
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Vous vous en remettez à demi à notre sagesse !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 3
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Oui, de manière timide !

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 3
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Votre amendement ne me paraît pas nécessaire, car il faut avant tout tenir compte des circonstances qui ne sont pas exceptionnelles.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 3
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet.

Photo de M. Yoann Gillet
Article 3
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Depuis tout à l’heure, j’entends dire que la reconnaissance frauduleuse de paternité ne concernerait que quelques dizaines de cas et qu’il n’y aurait donc pas de réel problème. Quand je me suis rendu à Mayotte dans le cadre d’une mission parlementaire il y a quelques mois, avant le cyclone, on m’en a pourtant énormément parlé. Qu’il s’agisse des services de l’État ou des soignants du CHM, tout le monde en parle !

Photo de M. Charles Fournier
Article 3
M. Charles Fournier Charles Fournier EcoS

Ce n’est pas parce que tout le monde en parle que c’est fréquent !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 3
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Pas moins de 7 % des reconnaissances de paternité sont détectées comme frauduleuses, et il y a certainement des cas qui ne sont pas détectés. On peut donc imaginer qu’il s’agit plutôt de quelques centaines de cas. Par ailleurs, la reconnaissance frauduleuse de paternité est un véritable business qui implique des contreparties financières. Il est donc nécessaire d’agir. Mayotte a beau être la première maternité d’Europe, Mme Voynet considère que nous exagérons le problème, puisque le nombre officiel des naissances a baissé l’année dernière. C’est dû aux raisons que Mme Youssouffa vous a expliquées, mais aussi à la fermeture de deux maternités – ma collègue Anchya Bamana aura l’occasion d’y revenir. De nombreuses naissances ont lieu en dehors du système de santé et sans médecin.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 3
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Je l’ai dit !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 3
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Je vous rappelle que les clandestins sont très nombreux à Mayotte et que beaucoup de femmes accouchent ailleurs qu’à l’hôpital, dans des conditions inacceptables. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’amendement no 237 n’est pas adopté.)

Amdt 237 Rejeté
Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix l’article 3.

II
Article 3
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 3
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 156 Nombre de suffrages exprimés 156 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 104 Contre 52

II
Article 3
Intervenant non identifié

(L’article 3 est adopté.)

Photo de M. le président
Article 4
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Anchya Bamana.

Photo de Mme Anchya Bamana
Article 4
Mme Anchya Bamana Anchya Bamana RN

L’article 4 répond à un problème urgent souvent tu, mais bien connu des autorités locales à Mayotte : la reconnaissance frauduleuse de paternité, devenue au fil des années un véritable fléau. Dans un territoire soumis à une pression migratoire massive, cette pratique sert trop souvent à contourner le droit des étrangers, notamment en facilitant l’accès au séjour ou à des prestations sociales. Cette instrumentalisation du droit civil mine la confiance dans nos institutions, alimente les tensions locales et renforce le sentiment d’injustice chez les citoyens mahorais. Face à ces dérives, il est impératif de doter les services d’état civil de moyens juridiques clairs et efficaces. C’est précisément ce que prévoit l’article 4 en adaptant les délais de sursis à l’enregistrement de la reconnaissance d’un enfant né à Mayotte. Le sursis ne pourra excéder deux mois, renouvelables une fois par décision motivée. Lorsque l’enquête implique des démarches à l’étranger, ce délai sera porté à trois mois, également renouvelables une fois. Cette modulation permettra de traiter rapidement la reconnaissance de paternité dans les cas simples, tout en donnant aux autorités le temps nécessaire pour vérifier les situations suspectes, en particulier les reconnaissances de convenance. En mettant un terme aux enregistrements trop précipités et insuffisamment vérifiés, l’article contribue à la lutte contre les fraudes documentaires et à la restauration de l’autorité de l’État. Il constitue une mesure de protection essentielle pour la société mahoraise et pour l’intégrité de notre droit. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Article 4
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je suis saisi de trois amendements identiques, nos 164, 245 et 381, tendant à supprimer l’article 4. La parole est à Mme Sandrine Nosbé, pour soutenir l’amendement no 164.

Amdt 164 Rejeté
Photo de Mme Sandrine Nosbé
Article 4
Mme Sandrine Nosbé Sandrine Nosbé LFI-NFP

Le Rassemblement national fait une déclaration d’amour aux Mahorais, il dit aimer les Mahorais, mais vote contre la suppression du titre de séjour territorialisé, pourtant réclamée par les Mahorais. Voilà un amour dont la sincérité est douteuse !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 4
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Mme Bamana est Mahoraise…

Photo de M. Thibault Bazin
Article 4
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Il est normal qu’elle s’aime elle-même !

Photo de Mme Sandrine Nosbé
Article 4
Mme Sandrine Nosbé Sandrine Nosbé LFI-NFP

Par cet amendement, nous nous opposons à l’allongement, à Mayotte, de la durée du sursis à l’enregistrement d’une reconnaissance de paternité ou de maternité en cas de suspicion de fraude. Le droit actuel prévoit que, dans le cas où le procureur décide de surseoir à l’enregistrement d’une reconnaissance, il dispose d’un mois, renouvelable une fois, pour faire procéder à une enquête destinée à confirmer ou à infirmer le caractère frauduleux de la reconnaissance. L’article 4 vise à doubler ce délai de sursis. Or retarder l’établissement de la filiation en doublant la durée de sursis retarde également l’accès de l’enfant à un ensemble de droits. L’Unicef s’inquiète particulièrement des effets négatifs du texte sur les droits de l’enfant et estime que « le texte de loi se concentre, s’agissant des enfants, sur des dispositions répressives ou liées à la lutte contre l’immigration ». C’est bien l’obsession migratoire du gouvernement qui motive cette nouvelle mesure d’exception ; j’en veux pour preuve l’étude d’impact, qui évoque l’importance du nombre de naissances de mère étrangère. De plus, le procureur de la République de Mamoudzou, cité dans le rapport sénatorial traitant de ce sujet, rappelle que le manque de temps pour conduire les enquêtes est dû au manque d’effectifs policiers et judiciaires. Pour ces raisons, nous nous opposons à l’article.

Photo de M. le président
Article 4
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Léa Balage El Mariky, pour soutenir l’amendement no 245.

Amdt 245 Rejeté
Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 4
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Je rejoins l’analyse de ma collègue. Je rappelle en outre que la parentalité n’est pas une question de biologie, mais une question sociale. Elle a trait à la protection des enfants et à l’exercice de l’autorité parentale. Je ne vois pas en quoi l’allongement du délai de sursis, qui retarderait l’exercice de l’autorité parentale, protégerait les enfants. La raison d’être de l’autorité parentale est de donner aux enfants accès aux soins, à l’éducation, à la sécurité physique et affective dont ils ont besoin dès leur naissance. L’allongement du délai de sursis conduira donc à précariser les enfants, à les rendre encore plus vulnérables, alors que nous avons l’ambition de les protéger. (M. Charles Fournier applaudit.)

Photo de M. le président
Article 4
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 381 de Mme Elsa Faucillon est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Amdt 381 Rejeté
Photo de M. Philippe Gosselin
Article 4
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Nous en revenons à la question du sursis, longuement débattue en commission. Je rappelle qu’il n’est pas question de priver les enfants de la reconnaissance de leur filiation. Le Conseil d’État estime que « cet allongement des délais de sursis n’est […] de nature à remettre en cause ni l’exigence constitutionnelle de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant, […] ni le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la [CEDH] », laquelle est très souvent, à juste titre, invoquée au cours de nos débats. Il ne faut donc pas nous faire de mauvais procès ; il est parfois nécessaire, tout simplement, de disposer d’un peu plus de temps pour mener l’enquête et pour juger de la véracité des déclarations. Le procureur de la République de Mamoudzou souligne que ces enquêtes sont particulièrement délicates à mener à Mayotte car il est souvent difficile de localiser et de convoquer les personnes concernées. Je suis donc défavorable aux amendements.

Photo de M. le président
Article 4
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 4
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

Photo de M. le président
Article 4
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Dominique Voynet.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 4
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Je peine à comprendre pour quelle raison vous voulez allonger les délais de sursis. En centralisant la collecte des déclarations de reconnaissance, vous réunirez en un lieu unique les moyens techniques et humains suffisants, je l’espère, à l’examen des dossiers.

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 4
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Je l’espère aussi !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 4
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Il sera donc possible de vérifier si les documents sont frauduleux et de repérer, par un simple rapprochement de fichiers, une personne qui déclarerait de multiples naissances au cours de la même année. Dans ces conditions, qu’est-ce qui justifie des délais aussi longs ? Nous aimerions une explication claire ; à défaut, nous voterons contre l’article. (Mme Léa Balage El Mariky et M. Charles Fournier applaudissent.)

Photo de M. le président
Article 4
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. le rapporteur.

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 4
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

J’apporte une petite précision qui a son importance : il n’y a pas de rapprochement de fichiers. C’est précisément la difficulté.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 4
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Même dans un lieu unique ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 4
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Il y aura un lieu unique pour enregistrer les reconnaissances de paternité ou de maternité, mais pas de regroupement ni d’échange de fichiers, par exemple avec les services fiscaux.

II
Article 4
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 164, 245 et 381 ne sont pas adoptés.)

Amdt 164 Rejeté Amdt 245 Rejeté Amdt 381 Rejeté
Photo de M. le président
Article 4
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 56 de M. Yoann Gillet est défendu.

Amdt 56 Rejeté
II
Article 4
Intervenant non identifié

(L’amendement no 56, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 56 Rejeté
II
Article 4
Intervenant non identifié

(L’article 4 est adopté.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je suis saisi de quatre amendements identiques, nos 165, 246, 296 et 382, tendant à supprimer l’article 5. La parole est à Mme Sandrine Nosbé, pour soutenir l’amendement no 165.

Amdt 165 Rejeté
Photo de Mme Sandrine Nosbé
Article 5
Mme Sandrine Nosbé Sandrine Nosbé LFI-NFP

Nous nous opposons à l’aggravation de la peine d’amende applicable en cas de reconnaissance frauduleuse de paternité ou de maternité ou en cas de mariage contracté de manière frauduleuse. L’article 5 tend à porter de 15 000 à 75 000 euros l’amende encourue pour ces délits, soit à la multiplier par cinq. Nous sommes contre la logique d’inflation pénale et nous ne croyons pas à l’effet dissuasif de l’augmentation des peines ; nous proposons donc la suppression de cet article. Compte tenu du taux de pauvreté à Mayotte, de telles dispositions sont sidérantes et inhumaines.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 246 de Mme Léa Balage El Mariky est défendu. La parole est à M. Philippe Naillet, pour soutenir l’amendement no 296.

Amdt 246 Rejeté
Photo de M. Philippe Naillet
Article 5
M. Philippe Naillet Philippe Naillet SOC

Je souscris aux arguments qui viennent d’être développés et en ajouterai un : en renforçant une peine dont l’exécution est illusoire, le texte risque de participer à une logique d’affichage, sans effet dissuasif réel. Il importe au contraire de recentrer l’action publique sur des mesures adaptées aux réalités locales : lutte contre les filières d’exploitation, instruction rigoureuse mais accessible des dossiers de séjour, développement d’outils de contrôle mieux dotés. (M. Pierre Pribetich applaudit.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Sur les amendements identiques nos 165, 246, 296 et 382, je suis saisi par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’amendement no 382 de Mme Elsa Faucillon est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 5
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

L’article 5 vise, par parallélisme, à aligner le montant de l’amende sur celui de l’amende encourue pour faux et usage de faux. Bien sûr, cette disposition ne fait pas obstacle au principe de la personnalisation de la peine. Vos craintes concernant l’inflation des amendes sont donc plus théoriques que fondées. Il appartiendra aux tribunaux d’apprécier au cas par cas, comme ils le font actuellement, l’opportunité de prononcer ou non l’amende maximale. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 5
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix les amendements identiques nos 165, 246, 296 et 382.

Amdt 165 Rejeté Amdt 246 Rejeté Amdt 296 Rejeté Amdt 382 Rejeté
II
Article 5
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 149 Nombre de suffrages exprimés 149 Majorité absolue 75 Pour l’adoption 58 Contre 91

II
Article 5
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 165, 246, 296 et 382 ne sont pas adoptés.)

Amdt 165 Rejeté Amdt 246 Rejeté Amdt 296 Rejeté Amdt 382 Rejeté
Photo de M. le président
Article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Sur les amendements nos 57, 58 et 59, je suis saisi par le groupe Rassemblement national de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

II
Article 5
Intervenant non identifié

(L’article 5 est adopté.)

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet, pour soutenir l’amendement no 57.

Amdt 57 Rejeté
Photo de M. Yoann Gillet
Après l’article 5
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Il vise à renforcer l’arsenal répressif à l’encontre des reconnaissances frauduleuses d’enfant en durcissant la durée maximale de la peine d’emprisonnement, aujourd’hui fixée à cinq ans. Nous l’avons dit et redit, Mayotte est particulièrement touchée par ce phénomène. Selon les données transmises par la préfecture, le nombre de reconnaissances de paternité y a connu une augmentation de 13 % entre 2019 et 2023, passant de 7 348 à 8 328. En 2022, les reconnaissances frauduleuses de paternité représentaient même 20 % de la fraude détectée sur les documents français présentés à l’appui d’une demande de titre de séjour. Par ailleurs, les reconnaissances frauduleuses détectées représentent près de 7 % du total des reconnaissances à Mayotte, ce qui témoigne d’un phénomène ancré et préoccupant. Cette hausse est étroitement liée au contexte migratoire spécifique de ce département. En effet, plus de la moitié des déclarants y sont de nationalité étrangère, dont 52 % de nationalité comorienne. Il y a donc lieu d’adopter cet amendement pour renforcer l’arsenal répressif en la matière.

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Après l’article 5
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

L’idée est d’aligner les peines encourues sur le délit de faux et usage de faux, pour lequel la peine d’emprisonnement est de cinq ans. Nous avons déjà abordé ce point lorsqu’il était question du montant des amendes. Pour respecter le parallélisme, je vous propose de conserver une durée de cinq ans. J’émets donc une demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Après l’article 5
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix l’amendement no 57.

Amdt 57 Rejeté
II
Après l’article 5
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 160 Nombre de suffrages exprimés 158 Majorité absolue 80 Pour l’adoption 53 Contre 105

II
Après l’article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 57 n’est pas adopté.)

Amdt 57 Rejeté
Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 58 de M. Yoann Gillet est défendu.

Amdt 58 Rejeté
Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Après l’article 5
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Défavorable.

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Après l’article 5
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix l’amendement no 58.

Amdt 58 Rejeté
II
Après l’article 5
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 159 Nombre de suffrages exprimés 157 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 49 Contre 108

II
Après l’article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 58 n’est pas adopté.)

Amdt 58 Rejeté
Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet, pour soutenir l’amendement no 59.

Amdt 59 Rejeté
Photo de M. Yoann Gillet
Après l’article 5
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Là, le Rassemblement national vous propose un amendement de bon sens (« Non merci ! » sur divers bancs)…

Photo de M. Sébastien Peytavie
Après l’article 5
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

C’est bien de reconnaître que les autres ne l’étaient pas !

Photo de M. Yoann Gillet
Après l’article 5
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

…et je suis convaincu qu’il sera largement adopté. Il vise à renforcer la réponse pénale à l’encontre des auteurs de reconnaissance frauduleuse d’enfants en prévoyant le prononcé obligatoire d’une peine complémentaire d’interdiction du territoire français.

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Après l’article 5
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Et d’inéligibilité aussi ?

Photo de M. Yoann Gillet
Après l’article 5
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Les détournements des dispositifs d’établissement de la filiation ont des effets concrets : ils saturent les services publics, engorgent les dispositifs sociaux et déstabilisent des territoires déjà sous forte pression migratoire comme Mayotte. Quand on est en France et qu’on ne respecte pas les lois de la République, on a vocation à repartir. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Après l’article 5
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Vous ne le serez peut-être pas vous-même, mais votre amendement est satisfait. L’interdiction du territoire français existe déjà en tant que peine complémentaire. La rendre automatique serait inconstitutionnel (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP), car cela irait à l’encontre du principe de personnalisation des peines. Je ne peux croire que vous souhaitiez violer la Constitution.

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Après l’article 5
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Jean-Philippe Nilor.

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Après l’article 5
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

M. Gillet a de la suite dans les idées ; on dirait que c’est une obsession. Vous parlez d’un amendement du Rassemblement national, mais votre amendement relève plutôt de la division nationale ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et GDR.) En effet, il vise en substance à alourdir les peines spécifiquement pour Mayotte, rendant la main de la justice plus lourde là-bas qu’ailleurs. Cela s’apparente encore et toujours à un pouvoir dérogatoire au détriment des Mahorais et, plus largement, de ceux que l’on appelle les ultramarins. C’est une idée fixe chez vous ; mais chez nous, votre vision coloniale ne passera jamais. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR. – M. Frédéric Maillot se lève.)

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet.

Photo de M. Yoann Gillet
Après l’article 5
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Au risque de vous décevoir, cet amendement ne propose pas une mesure spécifique au territoire de Mayotte. Il prévoit une interdiction du territoire national, une disposition qui ne peut donc évidemment concerner que les étrangers. Monsieur le rapporteur, votre avis me déçoit sans pour autant me surprendre. Vous êtes le digne représentant de votre parti politique. On ne s’attend pas à grand-chose de la part des LR, si ce n’est reprendre les éléments de langage du Rassemblement national dans les médias. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Philippe Gosselin
Après l’article 5
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Le disque est rayé ! Il faudrait renouveler vos arguments !

Photo de M. Yoann Gillet
Après l’article 5
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

En revanche, quand vous êtes aux manettes, il n’y a plus personne ; vous agissez comme des socialistes. Les Français en ont l’habitude. C’est pour cela que vous avez fait 4 % à la dernière élection présidentielle et que vous terminerez certainement au même niveau que vos collègues d’extrême gauche, qui font 3 % à Mayotte. Continuez, creusez : vous finirez par trouver du pétrole. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Léa Balage El Mariky.

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Après l’article 5
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

M. Gillet oublie qu’une grande partie de ces reconnaissances frauduleuses de paternité proviennent de personnes de nationalité française. Pour ces personnes, qui abîment pourtant l’idée de nation, vous ne proposez pas de peines complémentaires. Je vais vous en proposer une : l’inéligibilité. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Certains auraient proposé la déchéance de nationalité, mais je n’irai pas jusque-là. Vous pourriez aller au bout de votre démarche en défendant réellement l’intérêt de l’enfant. Mais non, vous proposez continuellement des amendements qui réduisent les droits des personnes étrangères – même en situation régulière – à Mayotte. Voilà votre vision. Vous ne vous souciez pas des intérêts des enfants, que vous prétendez pourtant défendre. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et GDR.)

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix l’amendement no 59.

Amdt 59 Rejeté
II
Après l’article 5
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Après l’article 5
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 168 Nombre de suffrages exprimés 166 Majorité absolue 84 Pour l’adoption 54 Contre 112

II
Après l’article 5
Intervenant non identifié

(L’amendement no 59 n’est pas adopté.)

Amdt 59 Rejeté
Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Estelle Youssouffa, pour soutenir l’amendement no 308.

Amdt 308 Rejeté
Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 6
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

Cet amendement vise à supprimer l’aide au retour à Mayotte. Ce mécanisme financier est conçu pour inciter les migrants à regagner leur pays d’origine, mais compte tenu de la proximité entre Mayotte et les Comores, il risque d’avoir pour seul effet de favoriser le trafic humain. En effet, il suffirait aux Comoriens de venir à Mayotte, de réclamer cette aide au retour, puis de se présenter avec leurs bagages à la gendarmerie – comme ils le font déjà, notamment pendant la saison des grands mariages – pour demander à être rapatriés chez eux à nos frais. Cette aide au retour nous paraît complètement contre-productive et inadaptée aux conditions migratoires que nous connaissons sur le territoire.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 6
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Je rappelle tout d’abord qu’il n’existe pas de droit systématisé à l’aide au retour. Le droit actuel prévoit un droit au retour pour des raisons particulières, c’est-à-dire des circonstances exceptionnelles – l’évacuation d’un camp, par exemple. Il s’agit donc d’une disposition ouverte dans des situations très spécifiques, et non d’une opportunité susceptible de créer un effet d’aubaine pour les ressortissants comoriens. L’idée n’est pas d’arriver, de percevoir l’aide, de repartir pour éventuellement revenir par la suite, même si cela est déjà corroboré par le constat qu’un certain nombre de kwassa vont et viennent en circuits réguliers. Aujourd’hui, les circonstances exceptionnelles impliquent que seuls les ressortissants des pays d’Afrique australe ou des Grands Lacs peuvent, le cas échéant, bénéficier de l’aide au retour. Par parenthèse, l’aide au retour est plutôt intéressante pour les finances publiques car elle coûte quatre fois moins cher qu’un éloignement forcé. C’est donc une politique de bonne gestion. En revanche, le droit au retour n’étant possible que dans des circonstances exceptionnelles, il n’y a pas de risque de dérapage. Avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 6
M. Manuel Valls ministre d’État

J’ajoute un argument à ceux déjà avancés par Philippe Gosselin afin d’éclairer l’Assemblée, en soulignant l’importance de son propos concernant le coût pour les finances publiques. Nous l’avions déjà dit en commission des lois, les conditions d’attribution de cette aide au retour seront fixées par un arrêté ministériel. Cela permettra d’encadrer le dispositif en le conditionnant à l’existence préalable d’une mesure d’éloignement et à une durée minimale de présence sur le territoire de Mayotte, ainsi que de préciser le montant attribué et les nationalités concernées, l’objectif étant de prévenir tout effet d’aubaine. Je vous invite donc à retirer votre amendement. À défaut, j’émettrai un avis défavorable.

II
Article 6
Intervenant non identifié

(L’amendement no 308 n’est pas adopté.)

Amdt 308 Rejeté
Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Sur les amendements nos 63 et 64, je suis saisi par le groupe Rassemblement national de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Estelle Youssouffa, pour soutenir l’amendement no 394.

Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 6
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

Il s’agit d’un amendement de repli, mais je ne doute pas qu’il recevra un avis favorable du rapporteur puisqu’il a expliqué que cette aide au retour n’était pas destinée aux ressortissants comoriens. Je propose de l’inscrire explicitement dans la loi.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 6
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

J’ai évoqué l’approche des circonstances exceptionnelles. M. le ministre d’État a précisé les choses. Pour être très clair, il me semble que le cas est déjà couvert. En revanche, viser expressément les Comoriens par un amendement directement lié à la nationalité engendrerait une fragilité juridique. Ce risque ne se justifie pas, d’autant que de fait, cet amendement est déjà satisfait. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 6
M. Manuel Valls ministre d’État

Permettez-moi d’ajouter quelques éléments pour compléter les arguments de l’excellent rapporteur Philippe Gosselin. J’entends votre inquiétude quant à l’ouverture de l’aide au retour à Mayotte, madame Youssouffa. Cependant, je ne suis pas favorable à l’inscription d’une nationalité spécifique dans la loi. Non seulement cette disposition serait inédite et problématique, mais elle ouvrirait la voie à d’autres amendements visant à inclure ou exclure expressément d’autres nationalités. Cela rigidifierait un dispositif supposé souple en l’inscrivant dans le marbre législatif, ce qui pose problème. En revanche, le gouvernement s’engage à ne pas inclure les Comoriens parmi les nationalités éligibles à cette aide au retour dans l’arrêté du ministre chargé de l’immigration et du ministre chargé des outre-mer qui fixera les conditions d’attribution de cette aide. Votre amendement est donc satisfait.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Jean-Philippe Nilor.

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 6
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

J’ai l’impression que la haine du Comorien est tellement puissante qu’elle pousse certains à commettre des erreurs.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 6
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

C’est vrai !

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 6
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

Cette obsession à vouloir inscrire expressément la nationalité comorienne dans le texte pourrait le rendre inconstitutionnel. J’ai presque envie de prendre la collègue au mot et de voter cet amendement dans le seul but de rendre cette loi inique inconstitutionnelle. (M. Jean-François Coulomme applaudit.)

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 6
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Si elle était déclarée inconstitutionnelle, elle ne le serait que sur cet article…

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Estelle Youssouffa.

Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 6
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

Vous étiez absent, monsieur Nilor, mais je ne reviens pas sur le contexte compliqué de Mayotte, île revendiquée par un de ses voisins qui cherche à la déstabiliser en instrumentalisant les flux migratoires. Il y a des choses que vous ne voulez pas entendre. C’est la géographie : nous sommes à 60 kilomètres d’Anjouan. Il ne faut pas instituer l’aide au retour alors que cet État voisin non seulement se gave des aides qu’envoie Paris, mais institutionnalise le trafic humain. Arrêtons de nourrir cette machine qui envoie des gens mourir dans le lagon ! Vous dénoncez le texte, mais vous n’avez pas la cohérence d’aller au bout de ce que vous dites régulièrement. Monsieur le ministre d’État, je prends bonne note de votre engagement et je retire l’amendement, puisque vous me dites qu’il est satisfait.

II
Article 6
Intervenant non identifié

(L’amendement no 394 est retiré.)

Amdt 394 Retiré
Photo de M. Philippe Gosselin
Article 6
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Très bien !

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet, pour soutenir l’amendement no 63.

Amdt 63 Rejeté
Photo de M. Yoann Gillet
Article 6
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Il est ici question non seulement d’aide au retour volontaire, mais aussi d’aide à la réinsertion économique, deux choses bien différentes. La première pourrait servir à renforcer le taux d’exécution des mesures d’éloignement, c’est-à-dire à augmenter le nombre de retours au pays. Elle peut inciter au départ volontaire et ainsi désengorger les tribunaux et les centres de rétention. La seconde, en revanche, doit être supprimée. Elle est bien trop coûteuse. C’est un avantage excessif, trop généreux ; il est parfois couvert par Frontex, mais il s’agit toujours de fonds publics. Rappelons que cette aide s’adresse à des personnes sous OQTF – obligation de quitter le territoire français. Je défends dès à présent l’amendement no 64, qui porte sur le même sujet. Il vise à encadrer l’octroi de ces deux aides en précisant qu’elles ne peuvent être attribuées qu’une seule fois à un même ressortissant étranger – sinon, c’est un peu trop facile ! C’est d’ailleurs ce que l’on voit aujourd’hui à Mayotte : des Comoriens raccompagnés dans leur pays d’origine sont de retour dès le lendemain. J’ai pu constater la même chose en Guyane, où certains ressortissants étrangers frappent même à la porte de la police aux frontières ou du centre de rétention quand ils ont besoin de faire un petit voyage gratuit, pour revenir après les fêtes de Noël par exemple. C’est une réalité. Voilà pourquoi il faut mieux encadrer ces dispositifs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 6
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

S’agissant de l’amendement no 64, vous auriez pu avoir raison sur ce bis repetita ou ter repetita avant 2023, mais l’arrêté que vient d’évoquer M. le ministre d’État précise que nul ne peut bénéficier d’une seconde aide au retour ou à la réinsertion. Reste certes à le faire appliquer, mais voilà ce que dit le droit. Votre amendement est donc satisfait. En ce qui concerne l’amendement no 63, je précise que l’aide à la réinsertion vient en complément de l’aide au retour. J’y vois un intérêt : on se donne plus de chances que la personne reste sur place, et c’est bien ce que nous voulons. Il serait dommage de se priver de cette possibilité. J’ajoute qu’elle est attribuée sous réserve de circonstances exceptionnelles et s’il existe un projet économique viable. Je suis toujours soucieux des deniers publics en cette période de disette budgétaire, et vous évoquez un coût faramineux de cette aide pour les finances publiques. Je ne vous ferai pas le coup du prix du ticket de métro ou de la baguette de pain, mais sachez que nous avons attribué depuis 2021 dix aides à la réinsertion. On ne peut pas exactement parler d’explosion ! Avis défavorable aux deux amendements.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 6
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis, sur les deux amendements.

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix l’amendement no 63.

Amdt 63 Rejeté
II
Article 6
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 163 Nombre de suffrages exprimés 161 Majorité absolue 81 Pour l’adoption 46 Contre 115

II
Article 6
Intervenant non identifié

(L’amendement no 63 n’est pas adopté.)

Amdt 63 Rejeté
Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 307 de Mme Estelle Youssouffa est défendu.

Amdt 307 Rejeté
II
Article 6
Intervenant non identifié

(L’amendement no 307, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 307 Rejeté
Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Mathilde Hignet, pour soutenir l’amendement no 176.

Amdt 176 Rejeté
Photo de Mme Mathilde Hignet
Article 6
Mme Mathilde Hignet Mathilde Hignet LFI-NFP

L’article 6 prévoit d’étendre l’aide au retour à Mayotte, mais sous réserve de « circonstances exceptionnelles ». Cette aide au retour sera insuffisante, et son usage dicté par les priorités gouvernementales. Dans son avis sur le projet de loi, la Défenseure des droits « regrette le choix fait de limiter le dispositif aux seules circonstances exceptionnelles« et estime que « ce choix conduit non seulement à restreindre fortement la portée du dispositif, qui n’a de fait pas vocation à s’appliquer à l’ensemble des étrangers faisant l’objet d’une mesure d’éloignement à Mayotte, mais pourrait aussi engendrer, entre nationalités, des différences de traitement injustifiées. » Nous souhaitions supprimer cette restriction, mais notre amendement a été jugé irrecevable. Nous demandons donc qu’à tout le moins soit prévu un avis du Défenseur des droits sur les conditions d’attribution des aides au retour pour les personnes étrangères présentes à Mayotte, afin de prendre en considération les besoins de celles-ci. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 6
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Je respecte le Défenseur des droits, autorité administrative indépendante. Le poste a été occupé par des personnalités diverses, mais cette question ne relève pas de leurs compétences et il ne faut pas leur demander des avis à tour de bras ; cela emboliserait et complexifierait le système. Si nous voulons un Défenseur qui rende des avis – que l’on peut ne pas toujours partager – en restant au-dessus de la mêlée, il doit rester indépendant et ne pas mettre ses mains dans ce cambouis-là. Avis défavorable.

II
Article 6
Intervenant non identifié

(L’amendement no 176, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 176 Rejeté
Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 64 de M. Yoann Gillet a déjà fait l’objet d’un débat tout à l’heure. Je le mets donc aux voix.

Amdt 64 Rejeté
II
Article 6
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 157 Nombre de suffrages exprimés 156 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 47 Contre 109

II
Article 6
Intervenant non identifié

(L’amendement no 64 n’est pas adopté.)

Amdt 64 Rejeté
Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix l’article 6.

II
Article 6
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de M. le président
Article 6
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 156 Nombre de suffrages exprimés 95 Majorité absolue 48 Pour l’adoption 64 Contre 31

II
Article 6
Intervenant non identifié

(L’article 6 est adopté.)

II
Article 6 bis
Intervenant non identifié

(L’article 6 bis est adopté.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je suis saisi de sept amendements identiques, nos 640, 66, 276, 311, 367, 531 et 572, tendant à rétablir l’article 7. Ils font l’objet de quatre sous-amendements. Sur ces amendements, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. le ministre d’État, pour soutenir l’amendement no 640.

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

Le gouvernement demande le rétablissement de l’article 7, supprimé par la commission. La création des unités familiales est une priorité : celles-ci permettront d’assurer l’éloignement effectif des étrangers en situation irrégulière, nombreux à arriver en famille à Mayotte, tout en garantissant que ces éloignements se fassent dans des conditions dignes et conformes à l’intérêt supérieur de l’enfant. Je laisse les nombreux parlementaires qui ont déposé un amendement identique le défendre, quitte à reprendre la parole par la suite.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet, pour soutenir l’amendement no 66.

Amdt 66 Adopté
Photo de M. Yoann Gillet
Article 7
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

L’article 7 vise à lutter contre l’immigration irrégulière, qui concourt, notamment à Mayotte, au désordre public. Il prévoit qu’un étranger accompagné d’un mineur est placé dans une unité familiale de rétention. Je rappelle que quatorze États membres de l’Union européenne ainsi que la Norvège autorisent le placement en rétention des mineurs non accompagnés (MNA) dans l’attente de l’exécution de la décision d’éloignement. C’est là une mesure de bon sens : si vous ne pouvez pas placer un enfant dans un lieu de rétention, vous ne pouvez pas reconduire ses parents à la frontière, même s’ils doivent l’être. Évidemment – car j’entends déjà la petite musique de la gauche –, tout cela se fait avec humanité et dans le respect des droits humains et des droits de l’enfant. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Damien Girard
Article 7
M. Damien Girard Damien Girard EcoS

Mais achète-toi des amis !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 7
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Dans le centre de rétention de Mayotte, les enfants sont très bien traités, le personnel du centre de rétention administrative (CRA) en prend soin, les lieux sont agréables et adaptés à l’enfant.

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 7
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Agréables ? Vraiment ?

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 7
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Voilà quelqu’un qui, de toute évidence, n’a pas d’enfant !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 7
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Nous ne parlons que d’une rétention de quelques heures, dans l’attente du bateau ou de l’avion qui reconduira la famille à la frontière. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Olivier Marleix, pour soutenir l’amendement no 276.

Amdt 276 Adopté
Photo de M. Olivier Marleix
Article 7
M. Olivier Marleix Olivier Marleix

Si nous voulons effectivement reconduire les étrangers en situation irrégulière qui risquent de se soustraire à l’autorité et qui sont accompagnés d’enfants, il faut bien créer des structures d’accueil adaptées aux familles, tenant ainsi compte de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Estelle Youssouffa, pour soutenir l’amendement no 311.

Amdt 311 Adopté
Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 7
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

Nous avons déjà parlé des mineurs étrangers à Mayotte. On ne peut pas défendre les droits de l’enfant tout en empêchant, parce que le droit ne le prévoirait pas, que ces enfants accompagnent leurs parents lorsque ceux-ci sont expulsés. Ce serait contraire à l’intérêt même de l’enfant.

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 7
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Ah, on y est ! C’est cela, pour vous, l’intérêt de l’enfant ?

Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 7
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

J’ai, comme beaucoup d’entre vous, visité le CRA de Mayotte. Il est moderne, et dans un état impeccable – ce n’est pas ce qu’on voit dans l’Hexagone : allez-y, vous pourrez en témoigner après. Des salles y sont réservées aux familles, et ces lieux sont aménagés pour que l’enfant ne ressente pas le sentiment d’enfermement. C’est autorisé par le droit international comme par le droit européen. On ne peut pas séparer les familles. Avez-vous décidé qu’on doit laisser les enfants derrière, pour venir ensuite déplorer la situation des enfants abandonnés ? Soyons cohérents et adoptons ces amendements de rétablissement de l’article.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 367 de Mme Anne Bergantz est défendu. La parole est à M. Jean Moulliere, pour soutenir l’amendement no 531.

Amdt 367 Adopté
Photo de M. Jean Moulliere
Article 7
M. Jean Moulliere Jean Moulliere HOR

Ici encore, on voit combien Mayotte, soumise à une forte immigration illégale, est particulière. Au CRA de Pamandzi, le nombre de mineurs accompagnant leurs parents est très élevé : près de 3 000 en 2023, contre 87 dans l’Hexagone la même année. Face à cette situation, il est indispensable de prévoir des infrastructures dédiées, qui permettent l’éloignement des familles dans des conditions respectueuses de la dignité et de l’intérêt de l’enfant. Ces structures ne seront pas des centres de rétention. Les unités familiales seront implantées sur des sites distincts, dans des bâtiments indépendants, où l’intimité et la cohésion familiale seront préservées. Je vous invite donc, chers collègues, à voter cet amendement de rétablissement de l’article 7.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Philippe Gosselin, rapporteur, pour soutenir l’amendement no 572.

Amdt 572 Adopté
Photo de M. Philippe Gosselin
Article 7
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Avis favorable. Il est nécessaire de rétablir l’article 7. Il est parfois difficile d’accueillir les familles comme il le faudrait. Elles sont hébergées dans une partie dédiée du CRA, qui n’a rien à voir avec un lieu de rétention administrative, dans des locaux qui sont désormais tout à fait acceptables. J’ai connu il y a quelques années une époque où ce n’était pas glorieux – je parle sous le contrôle de nos collègues mahoraises. La commission a supprimé l’article 7, qui prévoyait la création d’un centre dédié pour permettre les regroupements familiaux dans des conditions dignes, précisément afin d’éviter les difficultés que vous avez décrites. Vous avez évoqué la séparation, une forme de maltraitance ; nous avons entendu beaucoup de choses et ce n’est sans doute pas fini – je le dis sans vouloir tacler qui que ce soit.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir le sous-amendement no 699.

Amdt 699 Rejeté
Photo de Mme Élisa Martin
Article 7
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Pour le gouvernement, il est donc prioritaire d’enfermer les enfants. Vous assumez que la Cour européenne des droits de l’homme condamne la France pour la quinzième fois.

Photo de M. Thibault Bazin
Article 7
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est un peu caricatural !

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 7
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Juste un peu !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 7
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

En effet, l’enfermement des mineurs est considéré comme un traitement inhumain et dégradant.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 7
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Oh là là !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 7
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Voilà où nous en sommes. Nous sommes à l’Assemblée nationale, en France, dans cette République, et la priorité du gouvernement, dans ce territoire si pauvre qui connaît une situation très difficile, c’est d’enfermer les enfants. Mais rassurons-nous : les conditions seraient correctes. Ce n’est pas possible ! Dans de tels moments, on se rend compte que la stratégie est intégralement à revoir : on doit penser de manière différente l’accueil, la relation entre la France et les voisins immédiats de Mayotte, et le rapport aux outre-mer en général. Nous nous sommes opposés à l’article 7 en commission ; nous maintenons notre hostilité à l’enfermement des enfants – 3 200 étaient concernés en 2023. L’ancien ministre de l’intérieur, M. Darmanin, avait pris l’engagement dans cet hémicycle que l’on n’enfermerait plus les mineurs en France. Sauf à Mayotte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Jean-Hugues Ratenon, pour soutenir le sous-amendement no 702.

Amdt 702 Rejeté
Photo de M. Jean-Hugues Ratenon
Article 7
M. Jean-Hugues Ratenon Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP

Si l’article 7 devait être rétabli, nous demandons au moins que la possibilité de prolonger la rétention soit supprimée. Un enfant n’est pas fait pour être enfermé. Or aux termes de l’article, le placement d’un étranger accompagné d’un mineur ne pourrait excéder quarante-huit heures, mais cette durée pourrait être prorogée de vingt-quatre heures « en cas d’impossibilité matérielle de procéder à l’éloignement pour une raison étrangère à l’administration ». Le dispositif de rétention aménagée permet de doubler la durée de rétention, voire de la tripler pour atteindre soixante-douze heures.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Les sous-amendements nos 703 de Mme Sandrine Nosbé et 700 de M. Aurélien Taché sont défendus. Quel est l’avis de la commission sur les sous-amendements ?

Amdt 703 Rejeté Amdt 700 Rejeté
Photo de M. Philippe Gosselin
Article 7
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Avis défavorable. Madame Martin, la CEDH a condamné la France non pas sur le principe de la rétention des mineurs,…

Photo de Mme Élisa Martin
Article 7
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Inhumain et dégradant !

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 7
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

…mais à cause des conditions concrètes dans lesquelles les cas d’espèce se sont déroulés, ce qui n’est pas du tout la même chose. Pour permettre une meilleure application de ce que souhaite la CEDH, il nous paraît nécessaire de disposer d’établissements dignes de ce nom.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

Comme le rapporteur, j’émettrai logiquement un avis défavorable sur les sous-amendements. J’apporterai quelques arguments pour sortir des caricatures selon lesquelles la priorité du gouvernement serait d’enfermer les enfants.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 7
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

C’est vous qui avez dit que c’était une priorité !

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

Franchement, ça suffit ! Il y en a assez de ces caricatures ! Nous discutons d’un sujet sérieux, sur lequel je vais revenir en citant des chiffres.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 7
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Nous aussi, nous sommes sérieux !

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

Je n’accepte pas que vous disiez que la priorité du texte serait d’enfermer les enfants. C’est honteux, c’est caricatural, et cela n’a rien à voir avec le débat que nous devrions avoir ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et HOR. – Exclamations continues sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Madame la députée, vous utilisez des arguments caricaturaux ; souffrez qu’on vous réponde par des arguments et avec un peu d’indignation, pour apporter un peu de sérénité dans ce débat.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 7
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Parlez-nous de Leonarda !

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

C’est un très bel épisode, qui me rappelle d’excellents souvenirs – tout ce qui me rappelle mon action comme ministre de l’intérieur me va.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 7
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Ah ! La déchéance de nationalité !

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

Oui, elle concernait les terroristes condamnés définitivement.

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Article 7
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Il ne fallait pas céder aux pressions !

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

On pourrait continuer et rappeler tout ce que j’ai fait en tant que ministre de l’intérieur, cela ne me pose aucun problème. Mais revenons à l’essentiel, c’est-à-dire au débat de ce soir. Le gouvernement remercie les parlementaires qui ont déposé des amendements de rétablissement de l’article 7. Ces dispositions sont indispensables pour garantir l’effectivité de la politique d’éloignement à Mayotte, comme de l’entrée en vigueur de la suppression du placement en rétention des mineurs, mesure forte défendue par Gérald Darmanin lors de l’examen de la loi du 26 janvier 2024. L’interdiction de placer les mineurs en rétention administrative est effective depuis l’entrée en vigueur de cette loi sur l’ensemble du territoire – cela ne souffre pas de discussion. L’objet même de l’article 7 est précisément de créer les conditions qui permettent la bonne mise en œuvre de l’interdiction du placement des mineurs en centre de rétention administrative sur le territoire de Mayotte, tout en luttant efficacement contre l’immigration irrégulière qui affecte ce territoire. Sur ce point, je veux sortir des caricatures en apportant des éléments concrets. La composition spécifique des flux migratoires vers Mayotte, majoritairement familiale, justifie une adaptation de la loi. Le nombre de mineurs accompagnant leurs parents est particulièrement élevé au CRA de Pamandzi. Depuis 2019, il avoisine chaque année les 3 000 – je veux éclairer l’Assemblée nationale grâce à ces chiffres. Il s’élevait à 2 900 en 2023 contre 87 la même année pour l’ensemble de la France hexagonale. Ce sont des réalités différentes. Je demande vraiment aux parlementaires de saisir la différence sur la question des mineurs entre la situation de l’Hexagone et celle de Mayotte.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 7
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Les enfants aiment être au CRA ! C’est génial !

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

Ces chiffres prouvent que nous devons continuer de disposer à Mayotte d’infrastructures spécifiques permettant d’éloigner les familles. Néanmoins, ces infrastructures seront d’une tout autre nature que les centres de rétention administrative.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 7
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Avec des couleurs, des paillettes !

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

Comme vous l’indiquez, ces unités familiales seront des bâtiments indépendants des CRA, situés sur une emprise distincte, où l’intimité de chaque famille sera préservée grâce à des aménagements adaptés. Pour traiter ces questions-là, en effet, il faut des structures différentes.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 7
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Voilà !

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

Cette garantie figure à l’article 7, que vos amendements proposent de rétablir. Comme l’énonce l’étude d’impact, qui a une valeur juridique, le régime de surveillance y sera plus léger : il n’y aura aucun policier à l’intérieur des emprises, il n’y aura ni grillage, ni barbelés, ni haut-parleurs. De telles unités existent dans de nombreux pays européens, par exemple chez nos voisins belges.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 7
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Vous pouvez les laisser libres, tant qu’à faire !

MV
Article 7
M. Manuel Valls ministre d’État

Cela a été souligné en commission, il est faux de prétendre que le dispositif du placement des familles en unité familiale prolongerait un régime inconventionnel. Les cinq arrêts que la CEDH a pris le 12 juillet 2016 et qui concernent la France rappellent que la rétention de familles avec mineurs ne méconnaît pas par principe les articles 3, 5 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Ils rappellent simplement que cette rétention doit constituer une mesure de dernier ressort, lorsqu’aucune autre mesure n’apparaît suffisante pour mettre en œuvre les décisions de retour. Je vous invite à lire l’arrêt de la CEDH, A.B. et autres contre France, du 12 juillet 2016. Si la France a été condamnée, c’est parce que les durées de rétention étaient trop élevées – en l’espèce, elles étaient supérieures à une semaine. Cela n’a rien à voir avec la durée moyenne de rétention des familles à Mayotte, qui n’est que de 1,2 jour, ni avec la durée maximale instaurée par cet article, qui n’est que de soixante-douze heures. Ce dispositif est en outre conforme à la directive « retour » de 2008, dont l’article 17 prévoit que les familles placées en rétention dans l’attente d’un éloignement doivent disposer d’un lieu d’hébergement séparé qui leur garantit une intimité adéquate. Le projet de loi comprend de nombreux articles qui concernent bien des domaines. Il est évident que lorsqu’on aborde les questions d’immigration illégale, de familles et d’enfants, eu égard aux chiffres que j’ai cités, il faut prendre un certain nombre de dispositions concrètes. C’est ce que fait l’article 7. Je remercie les parlementaires d’avoir déposé des amendements tendant à rétablir cet article qui me paraît indispensable, y compris pour les familles et les droits des enfants. (Mme Sophie Mette et M. Jean Terlier applaudissent.)

Photo de M. Jean Terlier
Article 7
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

C’était très clair !

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Léa Balage El Mariky.

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 7
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Protéger les droits des enfants en les enfermant : c’est assez cocasse, monsieur le ministre.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 7
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est un nouveau concept !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 7
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Nous avons entendu parler d’un lieu agréable, d’un lieu d’accueil, d’une infrastructure dédiée, d’un lieu de regroupement familial. C’est bien la première fois que certains ici sont favorables au regroupement familial ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – M. René Pilato applaudit également.) On était à deux doigts de nous expliquer que ces lieux d’enfermement, c’est Disneyland,…

MB
Article 7
M. Thibault Bazin

C’est caricatural !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 7
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

…et que ce sont des lieux dédiés où les enfants enfermés avec leur famille s’épanouiraient. Écoutez-vous bien : vous employez un euphémisme pour décrire un lieu de privation de liberté.

Photo de M. Jean Terlier
Article 7
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Continuez ainsi ! Nous savons très bien ce que nous allons voter !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 7
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) ne s’y est d’ailleurs pas trompée et a très rapidement donné l’alerte sur les conséquences d’une dégradation de ces lieux de rétention. Vous parliez tout à l’heure de la composition spécifique, majoritairement familiale, de la migration à Mayotte. Nous aurions pu prendre ce problème à bras-le-corps et considérer qu’il fallait plutôt mener des politiques d’inclusion et des politiques d’accueil de ces parents qui font naître des enfants en France, dans le département de Mayotte. Mais non, on respecte tout juste la Convention européenne des droits de l’homme. On n’est jamais mieux-disant ; on essaie de lutter contre l’immigration en menant des politiques qui n’ont jamais montré leur efficacité. Plus de rétention n’a jamais empêché les personnes de traverser les frontières, bien au contraire – elles continueront, même avec plus de difficultés. Ce que nous allons faire, c’est envoyer le signal que les enfants à Mayotte, quand ils sont étrangers, ne comptent pas.

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Elsa Faucillon.

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 7
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Quand on aborde ce genre de question, on pourrait au moins éviter l’hypocrisie, monsieur le ministre. Le débat sur la rétention des enfants dure depuis longtemps. Parlementaire depuis 2017, je peux témoigner qu’il a été soulevé lors de l’examen de plusieurs lois relatives à l’immigration. C’est au prix de très longues batailles, menées non seulement par des parlementaires mais aussi par des associations, que nous avons arraché, dans la loi du 26 janvier 2024, l’interdiction de l’enfermement et de la rétention des mineurs. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) À cette occasion, il a vraiment fallu batailler pour remporter cette victoire. Lorsque vous appelez à rétablir l’article 7, votre volonté est clairement de contourner la loi de 2024 sur l’immigration et l’asile pour permettre à nouveau l’enfermement des mineurs.

Photo de Mme Danièle Obono
Article 7
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Oui !

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 7
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Comme l’a dit ma collègue Léa Balage El Mariky, vous soutenez que la rétention va désormais s’opérer dans des conditions agréables et bien meilleures qu’auparavant. J’ai entendu cela pendant longtemps. Au début de mon mandat parlementaire, je m’étais rendue au centre de rétention du Mesnil-Amelot. Je me souviens d’y avoir vu un nourrisson et ses parents. La direction de l’établissement m’avait expliqué qu’une aire de jeux pour enfants avait été installée, au milieu du béton et à proximité immédiate des pistes de l’aéroport. Cette hypocrisie doit cesser. Dites simplement que vous souhaitez pouvoir enfermer des mineurs. Au moins, le débat sera clair et nous continuerons à refuser cette politique avec détermination ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Andrée Taurinya.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 7
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Monsieur le ministre, vous gardez un bon souvenir de votre passage au ministère de l’intérieur. Tout le monde ne peut pas en dire autant. Pour ma part, j’en garde un très mauvais souvenir : alors professeure, je présidais une association de soutien aux enfants de parents sans-papiers. Le sort de Leonarda qu’évoquait mon collègue Bernalicis il y a un instant m’a beaucoup marquée. Aujourd’hui encore, je pense au poème de Prévert Chasse à l’enfant. Comme l’a dit ma collègue Faucillon, nous avions réussi, dans la dernière loi sur l’immigration, à faire reculer le principe de l’enfermement de l’enfant, de la chasse à l’enfant. D’une manière détournée, nous y revenons. Vous essayez de nous présenter les unités pour les familles comme des lieux accueillants, aux murs peints et colorés, mais le principe est le même. Vous nous reprochez de manquer de sérieux et de caricaturer votre propos. Au contraire, nous sommes tout à fait sérieux. Monsieur le ministre, considérez-vous l’Unicef comme une institution sérieuse ? Je parle bien de l’Unicef – vous avez l’air de ne pas entendre. Cet organisme alerte sur « la création prévue d’unités familiales qui, sous couvert d’alternative, ne font que perpétuer une logique d’enfermement des familles avec enfants, alors que la fin de l’enfermement administratif des enfants était initialement prévue en 2027 ». C’est l’Unicef qui le dit, ce n’est pas une organisation gauchiste ! (Rires sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 7
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Ça se discute !

Photo de Mme Danièle Obono
Article 7
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Les droits de l’homme, c’est gauchiste pour les fascistes !

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 7
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Bien sûr, pour l’extrême droite, l’Unicef est constituée de gauchistes. Mais la CEDH et la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté disent la même chose. C’est le droit international que vous piétinez, parce qu’il vous dérange ! Nous, nous le défendons et nous sommes dans le camp de l’humanisme ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emeric Salmon
Article 7
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Rejoignez de Villepin, alors !

II
Article 7
Intervenant non identifié

(Les sous-amendements nos 699, 702, 703 et 700, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 699 Rejeté Amdt 702 Rejeté Amdt 703 Rejeté Amdt 700 Rejeté
Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix les amendements identiques nos 640, 66, 276, 311, 367, 531 et 572.

Amdt 640 Adopté Amdt 66 Adopté Amdt 276 Adopté Amdt 311 Adopté Amdt 367 Adopté Amdt 531 Adopté Amdt 572 Adopté
II
Article 7
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 159 Nombre de suffrages exprimés 157 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 83 Contre 74

II
Article 7
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 640, 66, 276, 311, 367, 531 et 572 sont adoptés ; en conséquence, l’article 7 est ainsi rétabli.)

Amdt 640 Adopté Amdt 66 Adopté Amdt 276 Adopté Amdt 311 Adopté Amdt 367 Adopté Amdt 531 Adopté Amdt 572 Adopté
Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 7
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

La honte ! Bravo, le bloc central !

Photo de M. le président
Article 7
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je suis saisi de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements nos 641 et identiques, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur les sous-amendements nos 708, 711, 712 et 713, par le groupe Rassemblement national. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je suis saisi de plusieurs amendements, nos 641, 277, 369, 437, 532, 573, 312 et 67, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 641, 277, 369, 437, 532 et 573 sont identiques et font l’objet de sept sous-amendements. La parole est à M. le ministre d’État, pour soutenir l’amendement no 641.

Amdt 641 Adopté
MV
Article 8
M. Manuel Valls ministre d’État

Il vise à rétablir l’article 8, qui permet de sanctionner l’étranger majeur qui, en raison de sa soustraction à ses obligations légales, a compromis la santé, la sécurité, la moralité et l’éducation du mineur dont il est responsable (M. Jean-François Coulomme s’exclame) et qui présente ainsi une menace pour l’ordre public. De nombreux parlementaires ont déposé des amendements de rétablissement identiques.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 8
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Vous serez censurés, comme pour la loi Attal !

MV
Article 8
M. Manuel Valls ministre d’État

Vous pouvez continuer, cela fait du bruit et de l’animation, mais je continuerai à développer mes arguments. Je laisse le débat se dérouler et je développerai davantage, si besoin, la position du gouvernement.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 8
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Non merci !

MV
Article 8
M. Manuel Valls ministre d’État

À cette heure avancée, je rappelle néanmoins que, s’agissant des conditions de régularisation des sans-papiers, notamment des enfants scolarisés, certains d’entre vous, sur les bancs de la gauche, saluaient la circulaire Valls et déploraient son remplacement par une autre circulaire. Soyez donc cohérents quand vous parlez de mon action au ministère de l’intérieur ! (MM. Jean Terlier et Philippe Vigier, rapporteur général, applaudissent.)

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 8
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Une circulaire publiée par un gouvernement auquel vous continuez d’appartenir ! Le poste doit être bon !

MV
Article 8
M. Manuel Valls ministre d’État

Faire du bruit, ça ne sert à rien !

MM
Article 8
Mme Léa Balage El Mariky

Ce n’est pas du bruit !

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Personne ne souhaite présenter l’amendement no 277 de M. Olivier Marleix ?

Amdt 277 Adopté
Photo de M. le président
Article 8
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 369 de Mme Anne Bergantz est défendu. La parole est à Mme Brigitte Liso, pour soutenir l’amendement no 437.

Amdt 369 Adopté
Photo de Mme Brigitte Liso
Article 8
Mme Brigitte Liso Brigitte Liso EPR

Le groupe Ensemble pour la République souhaite rétablir la possiblilité de retirer le titre de séjour des parents d’enfants qui constituent une menace pour l’ordre public. En effet, en seulement cinq ans, entre 2019 et 2024, parmi les mineurs condamnés à Mayotte, la part des étrangers a augmenté de 110 %, une chiffre neuf fois supérieur à celui qui prévaut pour l’ensemble du territoire national.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Jean Moulliere, pour soutenir l’amendement no 532.

Amdt 532 Adopté
Photo de M. Jean Moulliere
Article 8
M. Jean Moulliere Jean Moulliere HOR

Le phénomène de la délinquance des mineurs que nous connaissons dans l’Hexagone est décuplé à Mayotte. Les parents ne doivent pas se soustraire à leurs obligations légales et morales à l’égard de leurs enfants. Quand l’autorité parentale fait défaut, il faut sévir. Je vous invite à voter le rétablissement de cet article qui permettra de retirer un titre de séjour à un parent dont l’enfant constitue une menace pour l’ordre public.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

L’amendement no 573 de M. Philippe Gosselin, rapporteur, est défendu. La parole est à M. Yoann Gillet, pour soutenir les sous-amendements nos 708, 710, 709, 711, 712, 713 et 714 qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Amdt 573 Adopté
Photo de M. Yoann Gillet
Article 8
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Le sous-amendement no 708 vise à renforcer le dispositif du retrait du document de séjour, afin de répondre de manière plus ferme au phénomène de délinquance des mineurs étrangers. Nous proposons ainsi de remplacer le caractère facultatif du retrait du titre par la règle selon laquelle ce retrait est prononcé dès lors que les conditions sont réunies. Le sous-amendement no 710 est défendu. Le sous-amendement no 709 vise à supprimer l’exigence d’un lien de causalité directe entre les manquements du parent et la menace causée par le comportement du mineur.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 8
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

C’est un festival d’horreurs !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Le sous-amendement no 711 vise à supprimer la phase d’avertissement préalable, qui constitue un délai inutile dans un contexte où les troubles à l’ordre public appellent des réponses rapides.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 8
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est comme tirer sans sommation !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Les suivants, nos 712, 713 et 714, sont défendus. Comme les autres, ils permettent de renforcer la fermeté de la mesure.

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Estelle Youssouffa, pour soutenir l’amendement no 312.

Amdt 312 Tombé
Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 8
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

Il est essentiel de replacer cette mesure dans son contexte, que plusieurs collègues ont déjà évoqué. Lors des émeutes qui secouent régulièrement Mayotte, gendarmes, policiers et magistrats constatent que certains parents étrangers fournissent à leurs enfants des pierres, des lance-pierres ou encore des arbalètes artisanales, et les envoient affronter les forces de l’ordre, s’en prendre aux citoyens qui se rendent au travail ou à l’école, ainsi qu’au personnel soignant en route vers l’hôpital. Quand nos bus sont caillassés, que des embuscades et des barrages surgissent au cœur de la nuit, ce sont des bandes de gamins qui vous encerclent, pillent votre voiture, cambriolent votre maison, jettent des pierres et saccagent tout sur leur passage. Et derrière ces actes, il y a souvent des parents qui instrumentalisent la minorité de leurs enfants pour organiser ces agissements,…

Photo de M. Jean Terlier
Article 8
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Eh oui !

Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 8
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

…c’est-à-dire non seulement les vols, mais aussi – comme l’ont confirmé les autorités – l’organisation d’émeutes destinées à détourner l’attention des forces de l’ordre pour faciliter, dans le même temps, l’arrivée des kwassa sur l’autre versant de l’île. La violence qui sévit à Mayotte a rendu l’île invivable. Pendant trop longtemps, les autorités ont fermé les yeux sur son caractère organisé. Ainsi, lors de l’opération Wuambushu, les forces de l’ordre déployées sur place ont dû affronter des hordes de mineurs dont la violence, d’une extrême intensité, a profondément traumatisé les agents. Lorsqu’on est confronté à des gamins de 12 ou 13 ans, qui sont armés de machettes et se découpent en morceaux, il est impératif de réagir. Cette situation exige des réponses fermes, notamment à l’égard des parents qui refusent d’exercer leurs responsabilités. Tel est l’objet de cet amendement visant à rétablir l’article 8 : l’État et la loi ne peuvent rester silencieux face à une réalité aussi grave.

Photo de M. Jean Terlier
Article 8
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Très bien !

Photo de M. le président
Article 8
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Kévin Mauvieux, pour soutenir l’amendement no 67.

Amdt 67 Tombé
Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 8
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

Quand on a un enfant, on s’en occupe : c’est la base de tout, qui vaut pour tout le monde, qu’on soit français ou étranger. On a un enfant, on l’éduque, on lui apprend l’autorité et le respect dans la vie de tous les jours. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)

Photo de Mme Danièle Obono
Article 8
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Oh là là !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 8
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

J’entends « Oh là là ! » sur les bancs d’en face. Je sais que vous n’aimez pas parler d’éducation réelle ni d’autorité. Oui, il y a encore des gens qui partent du principe que quand on a un enfant, on l’éduque. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Vous en avez, vous, des enfants ?

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 8
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Cette remarque est abjecte !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 8
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

L’objectif de cet amendement est de rétablir l’article 8 dans une rédaction qui renforce le dispositif proposé. Estelle Youssouffa a évoqué ce qu’elle voit et son témoignage est extrêmement parlant. Sans l’avoir vécu personnellement, je voudrais néanmoins l’étayer par quelques chiffres. Entre 2019 et 2024, la part des mineurs étrangers condamnés à Mayotte dans l’ensemble des mineurs condamnés a augmenté de 110 % : c’est énorme.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 8
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

C’est que la justice est efficace !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 8
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

À Mayotte, 41 % des mis en cause pour homicide sont des mineurs, ainsi que 30 % des mis en cause pour viol ou tentative de viol, contre respectivement 18 % et 5 % sur l’ensemble du territoire national.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 8
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Essayez de comprendre pourquoi !

Photo de M. Sébastien Peytavie
Article 8
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

50 % de la population mahoraise est mineure !

Photo de M. Kévin Mauvieux
Article 8
M. Kévin Mauvieux Kévin Mauvieux RN

La rédaction de l’article 8 proposée par les macronistes est, comme toujours, trop molle et insuffisante. Elle prévoit des exceptions et des contraintes qui empêcheront l’application de cet article. Au contraire, nous partons d’un principe simple : quand on a un enfant, on l’éduque ; quand on est défaillant dans l’éducation, on est sanctionné. Il est donc légitime que le parent étranger d’un enfant étranger, lorsque l’éducation de ce dernier est défaillante, perde son titre de séjour et soit éloigné du territoire national. Séjourner en France implique de respecter notre pays et ceux qui y vivent. Les Mahorais, je l’ai rappelé, sont des Français à part entière, pleinement intégrés à notre nation. Dès lors, notre devoir de protection exige que nous prenions toutes les mesures nécessaires contre quiconque commet des délits ou des crimes et contribue ainsi à accroître l’insécurité pesant sur nos compatriotes mahorais. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. le président
Rappel au règlement
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Thibault Bazin, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Thibault Bazin
Rappel au règlement
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

J’ai été patient pour ne pas gêner la discussion.

Photo de M. le président
Rappel au règlement
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je vous remercie.

Photo de M. Thibault Bazin
Rappel au règlement
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Sur la base de l’alinéa 3 de l’article 100, qui dispose que l’Assemblée ne délibère pas sur les amendements non soutenus en séance, je souhaite appeler votre attention sur l’amendement n° 277 de notre groupe, qui n’a pas été appelé. Je vous demande de le considérer comme défendu, car plusieurs de ses cosignataires auraient pu le soutenir.

Photo de M. Philippe Gosselin
Rappel au règlement
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Il a raison !

Photo de M. le président
Rappel au règlement
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je l’ai appelé trois fois, monsieur Bazin, mais personne n’a répondu et M. Marleix n’est pas en séance. Je me suis adressé à votre groupe et je n’ai eu aucune réaction.

Photo de M. Philippe Gosselin
Rappel au règlement
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Mes collègues étaient très nombreux.

Photo de M. le président
Rappel au règlement
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Ne vous inquiétez pas, l’amendement est considéré comme défendu. Il sera soumis au vote.

Photo de M. Philippe Gosselin
Rappel au règlement
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Très bien !

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis de la commission sur l’ensemble des amendements et des sous-amendements qui viennent d’être présentés ?

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 8 (suite)
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Restons factuels : à Mayotte, l’insécurité est une réalité incontestable, avec de nombreux cas signalés où les mineurs sont en cause – vous avez entendu les chiffres, que personne ne peut sérieusement contester. J’entends que la proportion de mineurs dans la population est sensiblement plus élevée que dans d’autres départements, ce qui peut engendrer un effet mécanique. Mais il ne s’agit pas de tout relativiser : de manière indéniable, les caillassages, agressions à la machette, menaces, vols en tout genre impliquent significativement des mineurs. Il est impératif d’agir pour tenter de mettre un terme à cette situation, ou à tout le moins d’en réduire les effets de manière significative. (Mme Mathilde Feld s’exclame.) Cela implique de disposer d’instruments juridiques adaptés, de procédures efficaces pour atteindre cet objectif. C’est précisément le sens des amendements de rétablissement. Formellement, l’avis est négatif en raison de la suppression de l’article en commission des lois. Mais, à titre personnel, je donne un avis favorable. J’exprime toutefois une réserve sur l’un des amendements, le no 67, défendu par M. Gillet. Votre proposition supprime les garanties de fond et de procédure, cher collègue. Cela me pose un réel problème. Il s’agit d’une sanction administrative. Or la jurisprudence est constante : les droits de la défense ne sont pas accessoires et ils reposent notamment sur la possibilité de bénéficier d’une procédure contradictoire.

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Vous vous asseyez souvent sur les droits de la défense !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

C’est du pipeau !

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 8 (suite)
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

C’est un principe fondamental, ce n’est pas du pipeau. Les droits de la défense s’appliquent aussi à toute sanction administrative, et je suis particulièrement attaché au respect des règles de droit.

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Ce n’est pas du pipeau, c’est l’État de droit !

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 8 (suite)
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Il est tout à fait possible d’être ferme tout en respectant le droit. C’est, selon moi, la première des conditions. C’est pourquoi je donne un avis défavorable à votre amendement no 67, ainsi qu’à l’amendement no 312 et aux sous-amendements, et un avis favorable, à titre personnel, aux autres.

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 8 (suite)
M. Manuel Valls ministre d’État

Même avis.

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Élisa Martin.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 8 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Après avoir considérablement compliqué l’accès au séjour et aux titres de séjour,…

UR
Article 8 (suite)
Un député du groupe RN

Excellent !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 8 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

…après avoir fait de la rétention des mineurs une priorité, comme l’a rappelé M. le ministre, voilà qu’on propose maintenant de retirer leurs papiers aux familles dont les enfants commettraient certains délits. (« Oui ! Bravo ! » et applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. Antoine Léaument
Article 8 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Vous avez oublié ce qui se passe chez vous !

Photo de M. Thibault Bazin
Article 8 (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Ne faites pas les malins ! Et chez vous, alors ?

Photo de Mme Élisa Martin
Article 8 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Il y a là quelque chose qui, manifestement, ne fonctionne pas. À aucun moment on ne s’interroge sur les causes profondes des phénomènes que vous décrivez. Où est, par exemple, l’aide sociale à l’enfance ? Où sont les éducateurs spécialisés ? Mayotte, répétez-vous sans cesse, c’est la France.

Photo de Mme Danièle Obono
Article 8 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Eh oui !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 8 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Alors pourquoi les enfants y auraient-ils moins de droits ? Pourquoi ne seraient-ils pas à l’école toute la journée ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Et lorsqu’ils veulent quitter Mayotte pour faire des études, pourquoi les en empêcher ? Cela me rappelle la réforme du code pénal des mineurs défendue par M. Attal. Je ne veux pas perturber votre ronron, mais je me permets de rappeler que le Conseil constitutionnel a censuré plusieurs articles de ce texte.

Photo de M. Jean Terlier
Article 8 (suite)
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Pas toutes les dispositions !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 8 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Pourquoi ? Parce que dans notre pays, ce sont l’éducatif et le soin qui priment ! Un pays qui a peur de ses enfants est en grand danger,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 8 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

En l’occurrence, ce ne sont pas nos enfants !

Photo de Mme Élisa Martin
Article 8 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

…et vous ne faites qu’accentuer ce danger. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à Mme Léa Balage El Mariky.

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Pour contrer la délinquance des jeunes, on nous parle de condamner les parents et, en réalité, toute la famille. Car que vont devenir les frères et sœurs de ces jeunes délinquants ? Ils sont condamnés.

Photo de M. Charles Fournier
Article 8 (suite)
M. Charles Fournier Charles Fournier EcoS

Eh oui !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Que vont devenir les grands-parents, soutenus par des parents désormais sanctionnés ? Condamnés !

Photo de M. Raphaël Arnault
Article 8 (suite)
M. Raphaël Arnault Raphaël Arnault LFI-NFP

Si on faisait pareil, il n’y aurait plus personne sur les bancs d’en face !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Que vont devenir les oncles et les tantes qui hébergent ces jeunes pourtant scolarisés ? Eux aussi, condamnés !

Photo de M. Sébastien Martin
Article 8 (suite)
M. Sébastien Martin Sébastien Martin

Vous y êtes allée ?

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

C’est ça, votre modèle ? Une punition collective ? Allons donc plus loin : pourquoi ne pas appliquer la sanction sur vingt-cinq générations ? Est-ce votre modèle de société ? (Protestations sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.) Madame Youssouffa, vous évoquez des parents qui fourniraient des armes et vous précisez que ces faits sont constatés par la police. Si tel est le cas, il faut condamner les parents sur la base de ces faits,…

Photo de Mme Estelle Youssouffa
Article 8 (suite)
Mme Estelle Youssouffa Estelle Youssouffa LIOT

L’un n’empêche pas l’autre !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

…mais certainement pas sur une simple suspicion, ni sur une interprétation subjective de l’autorité parentale.

Photo de M. Bernard Chaix
Article 8 (suite)
M. Bernard Chaix Bernard Chaix UDR

Mais il n’y a pas assez de prisons à Mayotte !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Il est vingt-trois heures cinquante, peut-être est-ce le moment de se réveiller ? Nous examinons un projet de loi pour la refondation de Mayotte, et nous débattons de dispositions qui instaurent une punition collective à l’encontre de parents, de leurs enfants, de frères et de sœurs.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 8 (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Oui, parce que c’est un problème à Mayotte !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

C’est ce dont nous discutons, et ce que vous vous apprêtez à voter. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Jean-Philippe Nilor.

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 8 (suite)
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

Je suis député depuis 2012. Jamais je n’avais vu d’amendements d’une telle bassesse dans cet hémicycle.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 8 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Exactement !

UR
Article 8 (suite)
Un député du groupe RN

Regardez les vôtres !

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 8 (suite)
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

Le dispositif de ces amendements est condamnable, mais ce qui me choque tout autant, c’est l’avis du rapporteur. (M. Jean-Philippe Tanguy s’exclame.) Monsieur Gosselin, j’avais cru déceler en vous une part d’humanité, même embryonnaire, mais aujourd’hui, tout cet édifice s’écroule.

Photo de M. Philippe Gosselin
Article 8 (suite)
M. Philippe Gosselin rapporteur DR

Pas vous, pas ça !

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 8 (suite)
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

Pourquoi ? Parce que l’esprit de ces amendements consiste à présenter des enfants comoriens de 11 ou 12 ans comme des criminels potentiels, des individus génétiquement modifiés pour semer le chaos, pour agresser, pour voler. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – M. Vincent Jeanbrun s’exclame.)

UR
Article 8 (suite)
Un député du groupe RN

Ce sont des criminels !

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 8 (suite)
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

C’est bien ce que vous avez dit, ou avez laissé entendre ! Pourtant, ce sont vos choix et votre logique de fermeture, de répression, d’expulsion, d’exclusion – au détriment de l’éducation, de l’accompagnement social et éducatif – qui créent les conditions de cette dérive. Tant que vous resterez enfermés dans cette logique, vous ne ferez qu’aggraver la délinquance juvénile. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est une conséquence fatale de vos errements.

Photo de M. Jean Terlier
Article 8 (suite)
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Ne les écoutez pas, monsieur le rapporteur ! C’est caricatural ! On va vous soutenir !

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 8 (suite)
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

En revanche, mettre l’accent sur l’éducation, sur l’accompagnement des familles, les aider à mieux s’insérer et à mieux s’intégrer, voilà ce qu’il faudrait faire pour mettre sérieusement et durablement fin à la délinquance juvénile. C’est l’exact opposé de la philosophie de votre texte !

Photo de M. Philippe Vigier
Article 8 (suite)
M. Philippe Vigier rapporteur général de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République pour le projet de loi ordinaire Dem

Pourquoi n’a-t-on pas un orateur pour et un orateur contre ?

Photo de M. Jean-Philippe Nilor
Article 8 (suite)
M. Jean-Philippe Nilor Jean-Philippe Nilor LFI-NFP

Ce que vous proposez produira malheureusement l’exact inverse de l’effet que vous recherchez ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Yoann Gillet.

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Il est insupportable d’entendre de tels propos. (« Oui, insupportable ! » sur plusieurs bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Collègues d’extrême gauche, vous trouvez toutes les excuses à la délinquance.

PL
Article 8 (suite)
Plusieurs députés du groupe LFI-NFP

Il n’y a pas d’extrême gauche !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

C’est insupportable !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 8 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Et vous, vous avez des voleurs dans vos rangs ! Vous avez Marine Le Pen ! La honte ! (Vives exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Les parents sont-ils responsables des faits commis par leurs enfants ? La réponse est évidemment oui. (« La honte ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Antoine Léaument
Article 8 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Voleurs ! Voleurs ! Voleurs ! (Vives exclamations sur les bancs du groupe RN, auxquelles répondent des exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Pouvez-vous vous taire ?

Photo de M. Antoine Léaument
Article 8 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Détournement de fonds publics !

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Pas d’interpellation, et un peu de calme, je vous en prie.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 8 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Voleurs !

PR
Article 8 (suite)
Plusieurs députés du groupe RN

Baissez d’un ton !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 8 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Voleurs !

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Article 8 (suite)
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Mélenchon aussi, ça va lui tomber dessus !

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Monsieur Léaument, s’il vous plaît, un peu de calme.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 8 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

C’était pour mémoire !

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Sinon, je suspends la séance. Monsieur Gillet, terminez votre intervention.

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

C’est triste de voir qu’un collègue a manifestement bu un verre de trop au dîner… Je reprends : je disais donc qu’il est insupportable d’entendre de tels propos. Dans de nombreux pays, lorsqu’un mineur étranger commet un délit, on lui demande ainsi qu’à ses parents de quitter le territoire, et c’est bien normal.

Photo de Mme Danièle Obono
Article 8 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Ce n’est pas notre modèle !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Lorsqu’on est dans un pays étranger, on respecte ses lois car il nous accueille – c’est du bon sens. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 8 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Nous sommes différents des autres pays ! Nous sommes le pays des droits de l’homme !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Votre réaction est d’ailleurs similaire à celle que vous adoptez face à la mesure que nous proposons pour les familles françaises : la suppression des allocations pour les parents d’enfants délinquants.

Photo de Mme Danièle Obono
Article 8 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Vous êtes les caniches de Trump !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Ce que vous refusez, en réalité, c’est l’autorité. (Vives exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 8 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Arrêtez !

Photo de M. Antoine Léaument
Article 8 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Où sont les 4 millions d’euros ?

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Mais les Français, eux, demandent de la fermeté.

Photo de Mme Élisa Martin
Article 8 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Arrêtez ! Vous n’êtes pas la France !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Les Mahorais, très largement, soutiennent cette mesure.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 8 (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Voleurs !

Photo de M. Yoann Gillet
Article 8 (suite)
M. Yoann Gillet Yoann Gillet RN

Ils en ont marre. Les chiffres que mon collègue Mauvieux a déjà cités le prouvent : la délinquance des mineurs est un fléau. Et lorsque de tels actes sont le fait de mineurs étrangers, il est normal que ceux-ci et leurs familles soient reconduits hors du territoire national. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme Danièle Obono
Article 8 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Vous n’aimez pas la France !

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La parole est à M. Manuel Valls, ministre d’État, pour conclure cette belle discussion.

MV
Article 8 (suite)
M. Manuel Valls ministre d’État

Je voulais simplement rappeler que le législateur peut, sans méconnaître l’article 1er de la Constitution ni le principe d’égalité devant la loi et pour les raisons, déjà évoquées, liées à la réalité de la délinquance et à la part des mineurs dans ce phénomène, adapter les règles relatives à l’entrée et au séjour des étrangers à Mayotte afin de lutter contre l’immigration irrégulière. Celle-ci se traduit, à Mayotte, par un nombre élevé d’enfants nés de parents étrangers – le Conseil d’État l’a confirmé. Avec le dispositif que nous souhaitons rétablir, le gouvernement entend souligner la responsabilité des détenteurs de l’autorité parentale lorsque leur manquement est la cause du comportement d’un mineur menaçant l’ordre public.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 8 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Mais pourquoi y a-t-il des manquements ? C’est bien la question !

MV
Article 8 (suite)
M. Manuel Valls ministre d’État

En cas d’échec de la période probatoire, l’efficacité de la mesure est renforcée par la possibilité de procéder à l’éloignement des étrangers détenteurs de l’autorité parentale et, par voie de conséquence, des mineurs placés sous leur responsabilité qui constituent une menace à l’ordre public. Voilà le cœur de cet article.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 8 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Le cœur de l’inhumanité !

Photo de Mme Léa Balage El Mariky
Article 8 (suite)
Mme Léa Balage El Mariky Léa Balage El Mariky EcoS

Et les conséquences sur les frères et sœurs ?

MV
Article 8 (suite)
M. Manuel Valls ministre d’État

Si ce projet de loi ne comportait que cette disposition, je pourrais comprendre certaines réactions, et notamment l’émotion de M. Nilor. Mais ce texte poursuit également un objectif de convergence sociale. L’école est une grande priorité. Nous souhaitons que tous les enfants y soient accueillis à Mayotte, même si cela soulève d’autres débats et d’autres interrogations.

Photo de Mme Mathilde Feld
Article 8 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Commencez donc par ça !

MV
Article 8 (suite)
M. Manuel Valls ministre d’État

Pour ce qui concerne le premier degré, je me permets de préciser à M. Nilor – qui ne l’a peut-être pas lu – que le texte fixe un objectif clair : d’ici 2030, la construction de 111 écoles, chacune comptant seize classes. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Elsa Faucillon
Article 8 (suite)
Mme Elsa Faucillon Elsa Faucillon GDR

Dans le rapport annexé ?

Photo de Mme Élisa Martin
Article 8 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

On verra dans le projet de loi de finances !

MV
Article 8 (suite)
M. Manuel Valls ministre d’État

Pourquoi crier ? Pourquoi interrompre ?

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 8 (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Nous avons le droit d’être indignés !

MV
Article 8 (suite)
M. Manuel Valls ministre d’État

Pourquoi faire du bruit en permanence quand je vous expose simplement des arguments ? (M. Jean Terlier applaudit. – Mme Danièle Obono s’exclame.) Pourquoi criez-vous ? Vous ne voulez pas entendre…

Photo de M. Philippe Vigier
Article 8 (suite)
M. Philippe Vigier rapporteur général Dem

111 écoles, tout de même !

MV
Article 8 (suite)
M. Manuel Valls ministre d’État

Aucun autre territoire n’aura 111 nouvelles écoles de seize classes d’ici 2030 !

Photo de Mme Danièle Obono
Article 8 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Pourquoi n’est-il pas traité comme les autres territoires ? Cela fait huit ans que vous êtes au pouvoir !

MV
Article 8 (suite)
M. Manuel Valls ministre d’État

Je le répète, 111 écoles de seize classes, afin que cela rentre dans votre esprit ! (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ce sera le bilan, que cela vous plaise ou non. Ce sera l’honneur de ce gouvernement, et l’honneur de la majorité de cet hémicycle de voter cette mesure ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) C’est aussi l’honneur des rapporteurs ! (Mme Danièle Obono s’exclame.) Monsieur Nilor, je n’accepte pas les mots que vous avez employés à l’égard de M. Gosselin. Chacun ici sait qu’il se bat avec humanisme pour la France et pour les valeurs de la République, et avec autant d’engagement que vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe DR.)

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix le sous-amendement no 708.

Amdt 708 Rejeté
II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 158 Nombre de suffrages exprimés 157 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 60 Contre 97

II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 708 n’est pas adopté.)

Amdt 708 Rejeté
II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Les sous-amendements nos 710 et 709, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 710 Rejeté Amdt 709 Rejeté
Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix le sous-amendement no 711.

Amdt 711 Rejeté
II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 158 Nombre de suffrages exprimés 157 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 53 Contre 104

II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 711 n’est pas adopté.)

Amdt 711 Rejeté
Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix le sous-amendement no 712.

Amdt 712 Rejeté
II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 154 Nombre de suffrages exprimés 153 Majorité absolue 77 Pour l’adoption 50 Contre 103

II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 712 n’est pas adopté.)

Amdt 712 Rejeté
Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix le sous-amendement no 713.

Amdt 713 Rejeté
II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 158 Nombre de suffrages exprimés 157 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 52 Contre 105

II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 713 n’est pas adopté.)

Amdt 713 Rejeté
II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 714 n’est pas adopté.)

Amdt 714 Rejeté
Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Je mets aux voix les amendements identiques nos 641, 277, 369, 437, 532 et 573.

Amdt 641 Adopté Amdt 277 Adopté Amdt 369 Adopté Amdt 437 Adopté Amdt 532 Adopté Amdt 573 Adopté
II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 157 Nombre de suffrages exprimés 157 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 95 Contre 62

II
Article 8 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 641, 277, 369, 437, 532 et 573 sont adoptés ; en conséquence, l’article 8 est ainsi rétabli et les amendements nos 312 et 67 tombent.)

Amdt 641 Adopté Amdt 277 Adopté Amdt 369 Adopté Amdt 437 Adopté Amdt 532 Adopté Amdt 573 Adopté
Photo de M. le président
Article 8 (suite)
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de M. le président
Ordre du jour de la prochaine séance
M. le président Jérémie Iordanoff EcoS

Prochaine séance, demain, à quatorze heures : Questions au gouvernement ; Discussion du projet de loi autorisant l’approbation de l’accord de coopération dans le domaine de la défense entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de la Macédoine du Nord ; Discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, de la proposition de loi visant à renforcer la sécurité des professionnels de santé ; Suite de la discussion du projet de loi de programmation pour la refondation de Mayotte et du projet de loi organique relatif au département-région de Mayotte. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à minuit.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra