Séance plénière Vidéo Presse
Suite de la discussion de la proposition de loi relative aux soins palliatifs et d’accompagnement
Lundi 12 mai 2025 21:30 – 00:00 2h30 Assemblée nationale Supprimé Créée le 07/04/2025 PO838901
1
Suite de la discussion de la proposition de loi relative aux soins palliatifs et d’accompagnement
Suite de la discussion Confirmé Soins palliatifs et d’accompagnement
2
Suite de la discussion de la proposition de loi relative à la fin de vie
Suite de la discussion Supprimé
3
Suite de la discussion de la proposition de loi relative à la fin de vie
Suite de la discussion Supprimé
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

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499 Interventions sur l'ensemble de la séance
100 Orateurs distincts repérés
6 Séquences détectées dans le débat
104 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 499 interventions sur 499 pour l'ensemble de la séance.

Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

Une séance plénière enchaîne plusieurs textes. Choisissez ci-dessous celui qui vous intéresse pour aller directement à son débat. La barre indique la part des prises de parole consacrées à ce texte sur l'ensemble de la séance.

Amendements les plus cités

Amdt 23 3 mentions Amdt 48 3 mentions Amdt 130 3 mentions Amdt 134 3 mentions Amdt 162 3 mentions Amdt 253 3 mentions Amdt 291 3 mentions Amdt 337 3 mentions
Photo de Mme la présidente
Ouverture de seance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Photo de Mme la présidente
Suite de la discussion d’une proposition de loi
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi relative à l’accompagnement et aux soins palliatifs (nos 1102, 1281).

Photo de Mme la présidente
Discussion des articles (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Cet après-midi, l’Assemblée a commencé la discussion des articles de la proposition de loi, s’arrêtant à l’amendement no 350 à l’article 1er.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 350.

Amdt 350 Rejeté
Photo de Mme Josiane Corneloup
Article 1er (suite)
Mme Josiane Corneloup Josiane Corneloup DR

Cet amendement vise à inscrire l’accès aux soins palliatifs dans un parcours de soins cohérent, suivi dans le temps et non motivé par un intérêt ponctuel, en le réservant aux personnes résidant de manière stable et régulière en France.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 1er (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Bref, ce n’est pas pour les sans-papiers…

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Annie Vidal, rapporteure de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission.

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure de la commission des affaires sociales EPR

Vous souhaitez introduire une condition de résidence stable et régulière en France, ce qui me semble dispensable, dès lors qu’elle est déjà prévue dans le cadre général applicable au droit de la protection sociale. En outre, cette disposition n’empêcherait pas que des patients soient pris en charge pour des motifs humanitaires.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 1er (suite)
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Les médecins ont prêté serment !

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Elle priverait simplement les établissements concernés de remboursement par l’assurance maladie. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, pour donner l’avis du gouvernement.

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Maintenez-vous votre amendement, madame Corneloup ?

Photo de Mme Josiane Corneloup
Article 1er (suite)
Mme Josiane Corneloup Josiane Corneloup DR

Oui.

Photo de Mme Karen Erodi
Article 1er (suite)
Mme Karen Erodi Karen Erodi LFI-NFP

La honte !

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 350 n’est pas adopté.)

Amdt 350 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Véronique Besse, pour soutenir l’amendement no 429.

Amdt 429 Adopté
Photo de Mme Véronique Besse
Article 1er (suite)
Mme Véronique Besse Véronique Besse NI

Il vise à clarifier et élargir le champ d’application des soins palliatifs en précisant qu’ils concernent les personnes atteintes de maladies « aux conséquences physiques ou psychiques graves », ce qui permettrait de reconnaître explicitement la souffrance psychique comme une composante à part entière de l’accompagnement palliatif et garantirait une prise en charge globale qui ne se limiterait pas à la dimension corporelle de la maladie mais engloberait aussi la souffrance mentale, laquelle est souvent sous-évaluée dans les parcours de soins. Cette approche est d’ailleurs conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap).

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Cette précision non seulement restreindrait, au lieu de l’élargir, le champ de l’accompagnement et des soins palliatifs, mais elle rendrait aussi ses contours plus flous. Bien que ce ne soit pas votre intention, nous nous éloignerions ainsi de la définition de l’Organisation mondiale de la santé. Au reste, la définition que nous avons adoptée à l’article 1er permet déjà de tenir compte des conséquences psychiques d’une maladie grave. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Je partage l’avis de la rapporteure. L’article 1er précise déjà que les soins palliatifs sont destinés aux personnes affectées par une maladie grave. Parce que l’ajout que vous proposez risque de rendre le texte moins clair, j’y suis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Thibault Bazin.

Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

L’amendement présente un intérêt parce qu’il aborde les problèmes psychiques. Or l’article L. 1110-10 du code de la santé publique, que nous sommes en train de modifier et qui définit déjà – nous n’inventons rien – les soins palliatifs, prévoit que ceux-ci « visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique ». Cette dernière notion est donc importante et il faut en tenir compte en complétant le présent texte, soit à l’alinéa 5 soit à l’alinéa 7, sans quoi nous aurions un problème. En effet, l’alinéa 7, tel qu’il est issu de l’examen en commission, intègre « la douleur et des autres symptômes pénibles » dans la définition de l’accompagnement et des soins palliatifs, ce qui n’est pas aussi clair qu’auparavant. Veillons à ne pas évacuer la dimension psychique, qui est fondamentale.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 429 est adopté.) (Applaudissements plusieurs les bancs du groupe RN.)

Amdt 429 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Laurent Panifous, pour soutenir l’amendement no 439.

Amdt 439 Rejeté
Photo de M. Laurent Panifous
Article 1er (suite)
M. Laurent Panifous Laurent Panifous

L’article 1er, réécrit en commission, destine l’accompagnement et les soins palliatifs aux personnes de tout âge et, « en particulier, aux personnes approchant de la fin de leur vie ». M. Bazin a souligné tout à l’heure qu’on faisait ainsi de ces dernières un cas particulier. Par cet amendement, nous proposons de supprimer les mots « en particulier », parce qu’ils semblent introduire une sorte de hiérarchie entre les patients. Or les soins palliatifs doivent être proposés à toutes les personnes dont l’état de santé le requiert.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

La phrase de l’alinéa 5 concernée par l’amendement est la suivante : « [L’accompagnement et les soins palliatifs] sont destinés aux personnes de tout âge en souffrance du fait de leur état de santé affecté par une ou par plusieurs maladies graves et, en particulier, aux personnes approchant de la fin de leur vie. » Au premier abord, l’amendement tendant à supprimer les mots « en particulier » m’a paru intéressant. En y regardant de plus près, il me semble toutefois que cela risquerait d’inhiber la prise en charge précoce de l’accompagnement et des soins palliatifs, dont l’efficacité, lorsqu’il s’agit d’accepter qu’aucune guérison n’est possible, a été démontrée. Je n’y suis donc pas favorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Les soins palliatifs – cela a été dit cet après-midi – sont destinés à soulager une souffrance. Or les personnes concernées, tant mieux pour elles, ne seront pas toutes en fin de vie. La modification proposée aboutirait – je ne suis pas sûre que ce soit votre objectif – à une définition particulièrement restrictive. J’émets donc un avis défavorable.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 439 n’est pas adopté.)

Amdt 439 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de plusieurs amendements, nos 338, 79, 26, 296 rectifié, 357 rectifié, 479 rectifié et 684, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 296 rectifié, 357 rectifié et 479 rectifié sont identiques. La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 338.

Amdt 338 Adopté
Photo de Mme Josiane Corneloup
Article 1er (suite)
Mme Josiane Corneloup Josiane Corneloup DR

L’article L. 1110-9 du code de la santé publique dispose : « Toute personne malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement. » Il ne précise pas si le patient peut les demander pour son propre compte. L’amendement tend à corriger cette situation, en précisant que l’initiative revient non seulement aux médecins mais également aux personnes malades elles-mêmes. Il me semble qu’en reconnaissant la voix du patient, on renforcera son autonomie dans son propre parcours de soins.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 79.

Amdt 79 Tombé
Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Quoique rédigé de manière légèrement différente, il va dans le même sens que celui défendu par Mme Corneloup. C’est aussi une question de cohérence. L’article L. 1110-9 du code la santé publique – soit l’article qui précède celui que nous sommes en train de modifier – ne précise pas que le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement peut procéder d’une initiative conjointe du soignant et du patient. Pourtant, si l’état de santé de ce dernier les requiert, il doit pouvoir les demander.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Sophie Panonacle, pour soutenir l’amendement no 26.

Amdt 26 Tombé
Photo de Mme Sophie Panonacle
Article 1er (suite)
Mme Sophie Panonacle Sophie Panonacle EPR

Certaines pathologies nécessitent des soins palliatifs bien avant la veille de la mort, notamment la sclérose latérale amyotrophique, dite maladie de Charcot. Par cet amendement, nous voulons accorder le droit aux personnes malades de demander elles-mêmes des soins palliatifs, lorsque les gestes ou la parole deviennent impossibles, lorsque la situation est irréversible et qu’elles jugent ce soutien nécessaire et adapté à leur condition et à leur vécu. Il s’agit de remettre le patient au centre du processus, moins comme un objet de soins que comme une personne libre de ses choix.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Nous en venons aux trois amendements identiques. La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 296 rectifié.

296 (Rect) Tombé
Photo de Mme Josiane Corneloup
Article 1er (suite)
Mme Josiane Corneloup Josiane Corneloup DR

Il vise à renforcer la cohérence de l’article 1er par rapport à l’article 4, en précisant que la proposition de soins palliatifs et d’accompagnement n’est pas uniquement à l’initiative des professionnels de santé, mais qu’elle peut aussi émaner de la personne malade dès lors qu’elle estime que son état les requiert.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’amendement no 357 rectifié de M. Laurent Mazaury est défendu. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 479 rectifié.

357 (Rect) Tombé
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 1er (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Il va exactement dans le même sens que les amendements précédents : il s’agit de préciser que la demande peut émaner de la personne malade elle-même.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 684.

Amdt 684 Tombé
Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Remettre le patient au cœur du processus est d’autant plus justifié que, si l’on se rapporte au début de cette odyssée – de cette épopée ! – des soins palliatifs, on se souvient qu’ils ont été créés en réaction à une forme de toute-puissance des médecins sur la fin de vie. Ces précisions sont bienvenues, quelle que soit leur forme, parce qu’elles renouent avec l’art du dialogue et qu’elles restituent le droit à l’intégrité et la dignité des personnes quand vient l’heure de prendre ce genre de décisions.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

À quelques nuances près, ils visent tous à ce que l’accès aux soins palliatifs puisse être demandé par la personne malade ou par sa personne de confiance. Cette demande est satisfaite par l’article 4, qui tend à modifier l’article L. 1110-9 du code de la santé publique de la manière suivante : « Le droit de bénéficier d’un accompagnement et de soins palliatifs, au sens de l’article L. 1110-10, est garanti à toute personne dont l’état de santé le requiert. » Dans leur esprit, les différents amendements paraissent donc satisfaits. Il me semble néanmoins nécessaire qu’un avis médical soit rendu avant qu’on accorde le droit à l’accompagnement et aux soins palliatifs. Si la personne peut solliciter une prise en charge, un diagnostic doit établi, surtout s’il s’agit de pathologies graves et incurables ; il est difficile d’envisager que l’initiative en revienne au seul patient – dont les droits seront cependant garantis par l’article 4. Ces amendements pourraient susciter un doute à cet égard. J’émets donc un avis défavorable sur l’ensemble des amendements.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

J’ajoute que l’alinéa 7 du texte est assez clair : « Dans le respect de la volonté de la personne, [l’accompagnement et les soins palliatifs] comprennent […] » La volonté de la personne est déjà prise en compte et ces amendements me semblent satisfaits. Je vous demande donc de les retirer ; à défaut, j’y serais défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. René Pilato.

Photo de M. René Pilato
Article 1er (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Parmi tous les amendements en discussion commune, l’amendement no 26 nous paraît intéressant, parce qu’il mentionne la personne de confiance. Cette personne peut être un membre de l’entourage du patient qui, notamment si ce dernier n’a pas été examiné depuis un certain temps, se rend compte qu’un nouveau diagnostic est nécessaire, visant à prodiguer des soins palliatifs ou un accompagnement différent. Les soins palliatifs doivent bien sûr être dispensés lorsqu’un médecin en prend l’initiative, mais ils pourraient l’être aussi à la demande du patient lui-même ou de sa personne de confiance – demande donnant lieu à un diagnostic.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Philippe Vigier.

Photo de M. Philippe Vigier
Article 1er (suite)
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

Ces amendements me semblent doublement satisfaits. D’abord, par la deuxième phrase de l’alinéa 5, qui précise que les soins palliatifs « sont destinés aux personnes de tout âge en souffrance du fait de leur état de santé ». Ensuite, par l’alinéa 7, comme vous l’avez précisé, madame la ministre. Les amendements tendent à dire que la garantie de la prise en charge du malade peut être à l’initiative du patient ou du médecin. Or un patient ne peut pas « garantir une prise en charge globale », comme il est écrit dans la troisième phrase de l’alinéa 5. Les soins palliatifs doivent être proposés au patient, comme le prévoit la deuxième phrase de l’alinéa 5 précitée, confirmée par l’alinéa 7, mais il ne revient pas au patient lui-même de garantir qu’on lui administrera des soins palliatifs, comme le laissent entendre ces amendements. Par souci de cohérence, on gagnerait à laisser le texte en l’état.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Dominique Potier.

Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Il me semble important de préciser, dès le premier alinéa de l’article L. 1110-10, que les soins palliatifs sont le fruit d’un dialogue. Aucun de ces amendements, déposés par des auteurs différents sans concertation préalable, ne vise à faire l’impasse sur le diagnostic médical. En revanche, ils visent à rétablir d’emblée la volonté du patient dans le parcours de soins, qui doit être un parcours singulier. La volonté du patient, ainsi que celle de ses proches, doit être respectée. Je partage l’avis de M. Pilato sur ce point, même si la prise en compte de l’entourage est mentionnée un peu plus loin. Dans tous les cas, un dialogue doit être instauré, dès le départ, entre l’expertise médicale et l’entourage du patient. Les soins palliatifs constituent un affranchissement de la toute-puissance médicale et un rétablissement de la personne dans son entièreté. C’est le moment ou jamais de l’exprimer.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 338.

Amdt 338 Adopté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 117 Nombre de suffrages exprimés 112 Majorité absolue 57 Pour l’adoption 63 Contre 49

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 338 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 79, 26, 296 rectifié, 357 rectifié, 479 rectifié et 684 tombent.)

Amdt 338 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 126.

Amdt 126 Adopté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 1er (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Conformément à ce que nous défendons depuis le début, cet amendement vise à ce que l’accès aux soins palliatifs soit garanti dans un délai compatible avec l’état de santé du patient. Nous le savons, l’un des problèmes essentiels est celui de l’inégal accès aux soins palliatifs sur le territoire national. Or nous voulons absolument éviter que certains de nos concitoyens recourent à un suicide assisté simplement parce qu’ils n’auraient pas eu accès à des soins palliatifs dans un délai raisonnable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Cet amendement est satisfait, puisque la première phrase de l’alinéa 5 indique que « l’accompagnement et les soins palliatifs garantissent le droit fondamental à la protection de la santé ». Toutefois, la précision d’un « délai compatible » avec l’état de santé du patient me paraît digne d’intérêt. Avis favorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Je partage l’analyse de la rapporteure. Je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Yannick Monnet.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 1er (suite)
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Je soutiens, moi aussi, cet amendement. Il permettra de réaffirmer la nécessité de rendre effectif l’accès aux soins palliatifs. Au-delà des chiffres cités, ces soins doivent être réellement accessibles sur l’ensemble du territoire, pour toutes les personnes qui en font la demande.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 126 est adopté.)

Amdt 126 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 686.

Amdt 686 Adopté
Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Il vise à préciser que l’accompagnement et les soins palliatifs concernent non seulement le patient, mais aussi ses proches. Tous ceux qui en ont fait l’expérience savent que c’est lorsque nous éprouvons la vulnérabilité de notre existence que le fait d’appartenir à une communauté – qu’elle soit celle de la famille ou d’amis – est fondamental. Tout le talent et l’expérience des praticiens en soins palliatifs consistent à intégrer la communauté du patient, en tant que personne, dans le processus d’accompagnement. Le préciser à cet endroit du texte, c’est faire honneur à ces pratiques appelées à se diffuser, en encourageant la prise en compte du patient dans sa communauté de vie.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Il est évident que l’entourage du patient a un rôle important à jouer dans le parcours de soins en fin de vie et les soins palliatifs doivent intégrer les proches. Toutefois, il ne me paraît pas pertinent de le préciser à l’alinéa 5, puisque l’alinéa 8 le mentionne très clairement. L’écrire deux fois dans le même article n’apporterait rien. Je demande donc le retrait de l’amendement ; à défaut, mon avis serait défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Même avis. L’alinéa 8 est assez complet, puisqu’il précise que l’accompagnement et les soins palliatifs concernant la personne malade « soutiennent son entourage », y compris après le décès du patient.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 686.

Amdt 686 Adopté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 129 Nombre de suffrages exprimés 121 Majorité absolue 61 Pour l’adoption 61 Contre 60

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 686 est adopté.) (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Amdt 686 Adopté
Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 1er (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Un amendement socialiste adopté avec les voix du RN !

Photo de M. Emeric Salmon
Article 1er (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

M. Guedj a voté contre alors qu’il est signataire de l’amendement !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 23, 130 et 253, qui font l’objet d’une demande de scrutin public de la part des groupes Droite républicaine et UDR. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Sylvie Bonnet, pour soutenir l’amendement no 23.

Amdt 23 Rejeté
Photo de Mme Sylvie Bonnet
Article 1er (suite)
Mme Sylvie Bonnet Sylvie Bonnet DR

Cet amendement a été déposé à l’initiative de notre collègue Fabrice Brun. L’accès aux soins palliatifs doit être garanti dans l’ensemble des lieux de vie ou de soin. Or l’offre est principalement concentrée dans les établissements hospitaliers, lorsqu’ils comprennent des unités de soins palliatifs ou une équipe mobile de soins palliatifs. De nombreux lieux de vie ou de soin en sont dépourvus, en particulier les Ehpad, les hôpitaux de proximité et les domiciles des personnes malades, et cela malgré l’engagement des professionnels libéraux et des équipes de l’hospitalisation à domicile (HAD). Afin d’insister sur la nécessaire diffusion de ces soins, l’amendement tend à préciser qu’ils doivent être accessibles quel que soit le lieu de vie ou de soin du patient.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 130.

Amdt 130 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 1er (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

L’accès aux soins palliatifs doit être garanti sur l’ensemble du territoire, ainsi que dans l’ensemble des lieux de vie ou de soin. C’est pourquoi cet amendement vise à compléter l’alinéa 5 en précisant que le patient peut en bénéficier « quel que soit son lieu de vie ou de soin ».

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Corentin Le Fur, pour soutenir l’amendement no 253.

Amdt 253 Rejeté
Photo de M. Corentin Le Fur
Article 1er (suite)
M. Corentin Le Fur Corentin Le Fur DR

Comme l’ensemble des collègues, je regrette le retard pris par la France dans l’accès aux soins palliatifs. C’est indigne d’un pays comme le nôtre et c’est l’honneur de notre assemblée de légiférer pour les renforcer, afin de permettre à nos compatriotes de souffrir le moins possible, même lorsqu’ils sont en fin de vie. Cela suppose une homogénéité d’accès aux soins palliatifs partout sur le territoire, quel que soit le type d’hébergement du patient, en Ehpad ou à domicile.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Ces amendements visent à préciser les lieux où le droit aux soins palliatifs est garanti. Or l’alinéa 5 est très clair : ces soins « sont accessibles sur l’ensemble du territoire national et leur répartition garantit un accès équitable aux personnes malades ». Les amendements sont donc satisfaits. Il convient cependant de rendre cet accès effectif. C’est l’enjeu de la stratégie décennale défendue par le gouvernement et c’est l’objet de l’article 4, qui fait du droit aux soins palliatifs un droit opposable. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Même avis, pour les mêmes raisons.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Hanane Mansouri.

Photo de Mme Hanane Mansouri
Article 1er (suite)
Mme Hanane Mansouri Hanane Mansouri UDR

Nous sommes au cœur du sujet. Si l’on veut garantir à tous l’égalité d’accès aux soins palliatifs, il faut voter pour ces amendements. Aujourd’hui, l’accès aux soins palliatifs est insuffisant : vingt départements sont dépourvus d’unités de soins palliatifs. Ces amendements permettraient de graver dans le marbre l’objectif concret d’accès de chaque Français à ces soins.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix les amendements identiques nos 23, 130 et 253.

Amdt 23 Rejeté Amdt 130 Rejeté Amdt 253 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 146 Nombre de suffrages exprimés 146 Majorité absolue 74 Pour l’adoption 73 Contre 73

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 23, 130 et 253 ne sont pas adoptés.) (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN, DR et UDR.)

Amdt 23 Rejeté Amdt 130 Rejeté Amdt 253 Rejeté
Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

La faute à une trahison au sein du RN ! L’un de leurs membres a voté contre !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de trois amendements, nos 54, 131 et 685, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Sylvie Bonnet, pour soutenir l’amendement no 54, qui fait l’objet du sous-amendement no 772.

Amdt 54 Rejeté
Photo de Mme Sylvie Bonnet
Article 1er (suite)
Mme Sylvie Bonnet Sylvie Bonnet DR

Cet amendement vise à rappeler les objectifs des soins palliatifs : soulager la douleur du patient, apaiser sa souffrance psychique, sauvegarder sa dignité et soutenir ses proches.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Hanane Mansouri, pour soutenir le sous-amendement no 772.

Amdt 772 Rejeté
Photo de Mme Hanane Mansouri
Article 1er (suite)
Mme Hanane Mansouri Hanane Mansouri UDR

Il va dans le même sens que l’amendement no 54 auquel il se rapporte, à cette différence sémantique près : il supprime le terme de « dignité », puisque celle-ci ne change pas qu’on ait accès aux soins ou non.

Photo de Mme Andrée Taurinya
Article 1er (suite)
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

Bah si, justement !

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 1er (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Franchement, c’est bavard !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’amendement no 131 de M. Patrick Hetzel est défendu. La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 685.

Amdt 131 Rejeté
Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Il porte sur la question – sensible – de l’autonomie du patient, mentionnée à l’avant-dernière phrase de l’alinéa 5. Il ne s’agit pas tant d’assurer l’autonomie de la personne malade, dont la dépendance est maximale, que de témoigner d’une fraternité. Gagner en autonomie à la fin de sa vie, dans le cadre d’un parcours de soins périlleux, ne nous paraît pas un objectif pertinent. Si l’autonomie du patient est importante, c’est dans le processus de décision en amont de l’entrée en soins palliatifs ; une fois ces soins engagés, ils sont davantage destinés à exprimer la fraternité que l’autonomie.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur les amendements nos 434 et 584, je suis saisie par le groupe Rassemblement national de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission sur les amendements en discussion commune et sur le sous-amendement ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Les amendements nos 54 et 131 tendent à préciser que la prise en charge a pour but de soulager la douleur, d’apaiser la souffrance psychique et de sauvegarder la dignité de la personne malade, ainsi que de soutenir l’entourage. J’ai déjà eu l’occasion de le dire : l’accompagnement ne va pas dénaturer les soins palliatifs, qui visent précisément à tout cela. Ma réponse est donc la même que celle que j’avais donnée en commission : ces amendements sont satisfaits par les dispositions de l’article 1er – et plus encore à la suite des modifications qui lui ont été apportées en commission. Ces dernières permettent de définir l’accompagnement et les soins palliatifs de manière conforme à la définition de l’Organisation mondiale de la santé. Avis défavorable sur ces deux amendements, ainsi que sur le sous-amendement no 772 de Mme Mansouri. Par votre amendement no 685, vous souhaitez, monsieur Potier, supprimer la mention de l’autonomie dans l’exposé des objectifs de l’accompagnement et des soins palliatifs. Cette proposition est intéressante et je vous remercie pour cet effort de précision. Je pense, néanmoins, que la notion d’autonomie a toute sa place à cet endroit du texte. Avis défavorable également.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Sur le sous-amendement no 772 et les amendements nos 54 et 131, j’ai la même lecture que Mme la rapporteure. Je me pose plus de questions sur l’amendement no 685 et sur la pertinence de la notion d’autonomie. Nous en discutions tout à l’heure, monsieur Potier : un patient peut aller mieux et sortir des soins palliatifs.

Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Oui !

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

La notion d’autonomie, toutefois, ne figurait pas dans la version initiale du texte et a été ajoutée au fil des discussions.

Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Sagesse, alors !

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

C’est la raison pour laquelle, en effet, je m’en remets, sur cet amendement, à la sagesse de l’Assemblée.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 772 n’est pas adopté.)

Amdt 772 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 54, 131 et 685, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Amdt 54 Rejeté Amdt 131 Rejeté Amdt 685 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 205.

Amdt 205 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 1er (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Cet amendement tend à préciser, à la fin de l’alinéa 5, que les dispositifs mis en place visent également à soutenir l’entourage du patient.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Dès lors que l’alinéa 8 précise que l’accompagnement et les soins palliatifs « sont délivrés de façon précoce, active et continue tout au long du parcours de soins de la personne malade et soutiennent son entourage », cette précision est inutile – j’ai déjà eu l’occasion de le dire en donnant l’avis de la commission sur l’amendement no 686. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Même avis.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 205 n’est pas adopté.)

Amdt 205 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Véronique Besse, pour soutenir l’amendement no 434.

Amdt 434 Rejeté
Photo de Mme Véronique Besse
Article 1er (suite)
Mme Véronique Besse Véronique Besse NI

Les soins palliatifs, établis par la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, dite loi Claeys-Leonetti, permettent à toute personne de recevoir les traitements et les soins nécessaires à sa sécurité sanitaire et à un apaisement de ses souffrances, selon l’état des avancées scientifiques. Cette consécration législative contribue à protéger la dignité de l’individu. On dénaturerait totalement l’article L. 1110-5 du code de la santé publique en élargissant l’objet des soins palliatifs jusqu’à leur faire jouer un rôle actif dans la survenance de la mort du patient. Les soins palliatifs sont au nombre des obligations positives qui s’imposent à l’État au titre du droit à la vie ; élargir leur objet reviendrait à consacrer un droit à la mort. Le refus de l’acharnement thérapeutique consacré par la loi Claeys-Leonetti trouve le juste équilibre entre le droit à la vie et le refus de toute forme de torture. Cet équilibre doit être protégé : la main qui soigne ne saurait être la main qui tue. Dans le contexte des débats actuels sur la fin de vie, cet amendement vise donc à apporter une précision indispensable. Les soins palliatifs, pour qu’ils soient opérants sur le terrain, doivent être strictement encadrés.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Votre formulation me semble un peu lourde et introduit une ambiguïté en voulant préciser dans le texte que « les soins palliatifs sont strictement limités à une politique d’accompagnement vers une fin de vie naturelle excluant toute aide active à mourir et toute forme d’euthanasie ». On pourrait penser, à vous lire, que les soins palliatifs se limitent à l’accompagnement, ce qui n’est pas du tout le cas. Au demeurant, j’ai déjà eu l’occasion de dire que je m’opposerai, dans la discussion de ce texte, à tout renvoi à l’aide à mourir, qui fait l’objet de la proposition de loi de M. Falorni. Les deux discussions doivent être distinctes. Quand nous en viendrons à celle du second texte de loi, vous aurez la liberté de proposer qu’on y inscrive que l’aide à mourir ne pourra pas être dispensée dans le cadre des soins palliatifs. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Même avis. Vous avez été nombreux, lors de la discussion générale, à vous féliciter de ce qu’il y ait deux propositions de loi distinctes, l’une consacrée aux soins palliatifs, l’autre à l’aide à mourir. Nous sommes en train de définir les soins palliatifs, et celles et ceux qui se réfèrent à la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs devraient être attentifs à ce que sa présidente a indiqué qu’en aucun cas les soins palliatifs ne pouvaient intégrer l’aide à mourir. Introduire cette notion dans le présent texte aurait pour effet d’y apporter la confusion que, précisément, vous voulez éviter.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Christophe Bentz.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 1er (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

J’appelle votre attention sur l’importance de cet amendement de bon sens, pour lequel nous avons demandé un scrutin public. Il a en effet le mérite de souligner deux aspects très importants de l’exercice des soins palliatifs : la notion de mort naturelle, d’abord ; l’exclusion de toute aide active à mourir ou euthanasie, ensuite. Nous vous avons demandé à plusieurs reprises, madame la ministre, de nous rassurer quant à l’étanchéité entre les deux textes ; vous en avez maintenant l’occasion.

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Je vous ai pourtant répondu !

Photo de M. Christophe Bentz
Article 1er (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Je peux vous dire que l’adoption de cet amendement mettrait fin au débat sémantique ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Hanane Mansouri.

Photo de Mme Hanane Mansouri
Article 1er (suite)
Mme Hanane Mansouri Hanane Mansouri UDR

On nous dit depuis le début qu’il y a deux textes – sur deux sujets différents ; mais on nous dit également que, à terme, le suicide assisté et l’euthanasie pourraient se pratiquer dans les maisons d’accompagnement créées par le texte consacré aux soins palliatifs. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Si, donc, ces deux textes sont distincts, il est parfaitement justifié de donner des limites à ce qui peut entrer dans le champ des soins palliatifs, en excluant l’euthanasie et le suicide assisté. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Thibault Bazin.

Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

La question sous-jacente est celle de l’intention : on peut accompagner, en administrant une substance, sans vouloir provoquer la mort – même si elle peut survenir. Accompagner jusqu’au bout sans chercher à provoquer la mort, c’est la spécificité de certaines unités de soins palliatifs. S’il devenait possible que, dans ces unités, la mort soit donnée – même par des personnels extérieurs qui n’auraient pas exercé leur clause de conscience –, on risquerait d’y perdre des ressources humaines.

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 1er (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Cela n’a rien à voir !

Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Il est déjà difficile d’armer ces unités ou ces équipes de soins mobiles pour une prise en charge palliative. Ne provoquons pas une aggravation de la crise des vocations en mélangeant deux cultures, deux approches, très différentes. Au contraire, confortons la médecine palliative. Si les deux approches devaient être mélangées, le succès de la stratégie décennale que vous défendez, madame la ministre, risquerait d’être compromis.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Philippe Vigier.

Photo de M. Philippe Vigier
Article 1er (suite)
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

C’est pourtant bien vous, chers collègues, qui, comme en commission, essayez de mélanger les deux textes ! (Protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous le faites avec élégance, mais c’est bien ce à quoi M. Bentz s’est essayé à de nombreuses reprises. Il existe deux textes – et ils sont totalement différents. Votre mention d’une fin de vie « naturelle » est, par ailleurs, parfaitement erronée. Vous savez très bien qu’après la « sédation profonde et continue », on lit, dans la loi Claeys-Leonetti, « jusqu’au décès » – avec un arrêt des apports hydriques et nutritifs entraînant l’arrêt des fonctions organiques.

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

J’allais le dire !

Photo de M. Philippe Vigier
Article 1er (suite)
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

On ne peut donc pas parler de mort naturelle. Je vous invite à être précis et à ne pas mêler les deux textes. Nous nous opposerons à cet amendement. (Mme Anaïs Belouassa-Cherifi applaudit.)

Photo de M. Christophe Blanchet
Article 1er (suite)
M. Christophe Blanchet Christophe Blanchet Dem

Très bien ! Un peu de pédagogie ne nuit pas !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Hadrien Clouet.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Revenons au réel. L’amendement confond les soins palliatifs – un ensemble d’actes visant au confort et au soulagement des patientes et des patients – et le lieu où ces soins peuvent être dispensés. La distinction est pourtant d’importance. Les soins palliatifs visent à améliorer la qualité de vie ; la question de l’aide à mourir, dans le cadre de cette discipline, ne se pose pas – c’est tellement autre chose qu’on y a consacré un autre texte ! Dans votre amendement, en revanche, vous parlez du lieu où le patient reçoit les soins palliatifs. Or où reçoit-il de tels soins ? Il peut s’agir d’un établissement de santé – et le patient peut y être domicilié, auquel cas il est chez lui. Le patient peut également recevoir les soins à son domicile privé – donc, là encore, chez lui. En d’autres termes, si votre amendement était adopté, une personne ne pourrait plus bénéficier de l’aide à mourir chez soi. Voilà, concrètement, ce que vous proposez !

Photo de Mme Josiane Corneloup
Article 1er (suite)
Mme Josiane Corneloup Josiane Corneloup DR

Eh oui !

Photo de Mme Hanane Mansouri
Article 1er (suite)
Mme Hanane Mansouri Hanane Mansouri UDR

Il y a deux textes ou pas ? Il faudrait savoir !

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Cet amendement témoigne de votre confusion et de votre incompréhension, tout en tentant d’entraver ce que nous nous proposons d’adopter dans le second texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Xavier Breton
Article 1er (suite)
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

Mais non, il n’y a rien qui dit cela !

Photo de M. Thierry Tesson
Article 1er (suite)
M. Thierry Tesson Thierry Tesson RN

On veut une traduction !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Yannick Monnet.

Photo de M. Yannick Monnet
Article 1er (suite)
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Je pense que les partisans de l’amendement savent très bien ce qu’ils font. Je n’adhère pas à cette démarche, que je ne trouve pas très honnête. Vous essayez de régler un certain nombre de questions relatives au second texte dans le premier.

Photo de M. Julien Odoul
Article 1er (suite)
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Mais non !

Photo de Mme Sandrine Rousseau
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Rousseau Sandrine Rousseau EcoS

Mais si !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 1er (suite)
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

C’est une manière de mépriser le débat sur les soins palliatifs. Quelles seraient les conséquences de l’adoption de cet amendement ? Vous savez que des gens meurent tous les jours dans les unités de soins palliatifs.

Photo de M. Philippe Vigier
Article 1er (suite)
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

Eh oui !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 1er (suite)
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Je n’ai jamais considéré que certaines morts étaient plus nobles que d’autres. « Naturelle » ou pas, la fin de vie survient. Si nous adoptions le second texte après avoir adopté cet amendement dans le premier, il faudrait déménager une personne en soins palliatifs qui solliciterait l’aide à mourir, pour qu’elle aille mourir ailleurs.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Exactement !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 1er (suite)
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

Je ne vois pas où est l’intérêt du patient dans une telle démarche ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR ainsi que sur quelques bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such.

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Je vous écoute depuis tout à l’heure : en quoi le fait d’apporter cette précision dans le texte vous dérange-t-il ?

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Nous venons de vous le dire !

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

C’est tout ce que nous demandons ! Je vais vous expliquer… (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de M. Tristan Lahais
Article 1er (suite)
M. Tristan Lahais Tristan Lahais EcoS

Ah ! Merci !

Photo de Mme Karen Erodi
Article 1er (suite)
Mme Karen Erodi Karen Erodi LFI-NFP

On n’a pas besoin de vos explications !

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

…à quoi servent les soins palliatifs – prenez-le comme une démonstration, si vous préférez.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Une démonstration ?

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

On soigne certes la maladie, mais on accepte aussi la finitude de la vie en apportant du confort au patient et en optimisant la communication avec lui. Dès lors que le patient nous écoute et que le texte relatif aux soins palliatifs exclut expressément l’aide à mourir, le patient sera rassuré.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Il sera rassuré parce qu’on va le mettre dehors s’il est chez lui ?

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Je voudrais répondre à M. Vigier au sujet de la sédation profonde et continue. Il faut savoir qu’arrivés en fin de vie, la plupart des patients présentent une perte d’appétit et de sensation de soif. Ce n’est pas la sédation profonde et continue qui déclenche le décès, c’est l’évolution naturelle de la maladie. (M. Philippe Vigier fait un signe de dénégation.)

Photo de Mme Ségolène Amiot
Article 1er (suite)
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Oh ! Arrêtez !

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Ce n’est pas la même chose ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Michel Lauzzana.

Photo de M. Michel Lauzzana
Article 1er (suite)
M. Michel Lauzzana Michel Lauzzana EPR

Je préfère ne pas revenir sur les propos que nous venons d’entendre… Que dit l’amendement ? « Par conséquent, les soins palliatifs sont strictement limités à une politique d’accompagnement vers une fin de vie naturelle » – on sait ce que cela signifie… – « excluant toute aide active à mourir ». Cette rédaction introduit une ambiguïté. M. Clouet a raison : si l’amendement est adopté, toute personne entrée en soins palliatifs ne pourra plus bénéficier ensuite de l’aide à mourir. Ce n’est pas possible ! L’amendement n’a rien à voir avec l’objet du présent texte, qui traite des soins palliatifs. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR. – Mmes Sandrine Rousseau et Marie-Noëlle Battistel applaudissent également.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Frédérique Meunier.

Photo de Mme Frédérique Meunier
Article 1er (suite)
Mme Frédérique Meunier Frédérique Meunier DR

Chers collègues du groupe RN, vous faites en fonction de ce qui vous arrange ! Il y a quelques minutes, vous nous expliquiez que le recours aux soins palliatifs devait être décidé par le patient ou par la personne de confiance. Autrement dit, peu importe l’avis du médecin : il revient au patient de faire la demande. Maintenant, vous basculez de l’autre côté : vous dites que c’est au médecin de décider en faveur de la mort naturelle – M. Lauzzana a raison : on sait ce que cela signifie. Et vous ajoutez : dans ces conditions, celui qui sera en soins palliatifs, si le médecin le décide, ne pourra plus recevoir d’aide active à mourir. Je le répète, votre position varie en fonction de ce qui vous arrange : tantôt vous prenez en considération la volonté du patient, tantôt c’est le médecin qui décide. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Par conséquent, je voterai contre l’amendement.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 1er (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Je n’ai rien compris !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Stéphane Delautrette.

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 1er (suite)
M. Stéphane Delautrette Stéphane Delautrette SOC

Comme je l’ai indiqué tout à l’heure – puisque vous avez présenté des amendements similaires –, vous cherchez à créer de la confusion dans les esprits. Nous savons tous ici que l’accompagnement en soins palliatifs ne comportera jamais d’injection d’une substance létale. Ce n’est pas la nature des soins palliatifs. À travers cet amendement, vous cherchez en réalité – mon collègue Hadrien Clouet l’a démontré – à rendre impossible l’aide à mourir dans des lieux où l’on pourrait pratiquer des soins palliatifs.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 1er (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

C’est une bonne idée, qui n’a rien de scandaleux !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 1er (suite)
M. Stéphane Delautrette Stéphane Delautrette SOC

Or, puisque vous avez lu le texte relatif à la fin de vie que nous allons examiner ensuite, vous savez pertinemment que l’aide à mourir pourra être prodiguée au domicile et en divers lieux apparentés, comme l’hôpital ou – ce qui constituera un sujet de discussion – les Ehpad ; autant de lieux où l’on peut également pratiquer l’accompagnement en soins palliatifs.

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 1er (suite)
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Eh oui !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 1er (suite)
M. Stéphane Delautrette Stéphane Delautrette SOC

Dites clairement votre intention et cessez de chercher à créer de la confusion dans l’esprit de ceux qui nous écoutent.

Photo de M. Julien Odoul
Article 1er (suite)
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

C’est votre texte qui est confus !

Photo de M. Stéphane Delautrette
Article 1er (suite)
M. Stéphane Delautrette Stéphane Delautrette SOC

S’ils suivaient votre raisonnement, certains pourraient ne pas recourir aux soins palliatifs, alors qu’ils en auraient besoin. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Sandrine Rousseau.

Photo de Mme Sandrine Rousseau
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Rousseau Sandrine Rousseau EcoS

Cet amendement vise en réalité à exclure de tout accès aux soins palliatifs les personnes qui feraient la demande d’une aide à mourir. En effet, vous savez parfaitement que des équipes mobiles de soins palliatifs peuvent se rendre sur les lieux de vie des gens. Par conséquent, en interdisant d’y pratiquer l’aide active à mourir, vous, qui nous parlez tant de la douleur et de son accompagnement, priveriez de soins palliatifs, donc du moyen de soulager sa douleur, la personne qui aurait demandé une telle aide. C’est inhumain !

Photo de M. Julien Odoul
Article 1er (suite)
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Non ! L’aide à mourir n’est pas un soin !

Photo de Mme Sandrine Rousseau
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Rousseau Sandrine Rousseau EcoS

Si, je le répète, c’est inhumain ! D’autre part, en cas de sédation profonde et continue jusqu’au décès, on arrête l’alimentation des personnes, de sorte qu’intervient bel et bien une activation de la fin de vie.

Photo de M. Jean-Pierre Vigier
Article 1er (suite)
M. Jean-Pierre Vigier Jean-Pierre Vigier DR

Eh oui !

Photo de M. Nicolas Sansu
Article 1er (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Bien sûr !

Photo de Mme Sandrine Rousseau
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Rousseau Sandrine Rousseau EcoS

Que vous le vouliez ou non, que cela arrange votre conscience ou pas, c’est la réalité ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP, SOC, GDR ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

L’intention n’est pas la même.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme la ministre.

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Ce débat est important. Nombre d’entre vous ont souhaité que les soins palliatifs et l’aide à mourir fassent chacun l’objet d’un texte distinct, car s’ils sont à l’aise avec les premiers, ils ne veulent pas entendre parler de la seconde. Cela permet que le premier texte soit consacré aux soins palliatifs. Considérons la façon dont ces soins sont pratiqués dans notre pays. Nos concitoyens bénéficient bien d’un accompagnement, y compris à des phases avancées, voire terminales, auquel cas il arrive que l’on procède à des sédations profondes et continues. Tout le monde – notamment la présidente de la Sfap, avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger – sait parfaitement qu’une telle sédation, que certains préfèrent appeler endormissement, est sans réveil et qu’elle s’accompagne d’un arrêt total des soins, alimentation voire hydratation comprises, comme l’a indiqué le Conseil d’État.

Photo de M. René Pilato
Article 1er (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Exactement !

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Il me semble important de nous accorder sur ce constat et de mettre des mots sur ces situations. Si l’amendement était adopté, on prononcerait dans le texte relatif aux soins palliatifs une interdiction de recourir à l’aide létale. Cela aurait deux conséquences. Premièrement, on introduirait dans le premier texte l’objet du second, qui n’a rien à voir avec la définition des soins palliatifs. J’entends l’intention : il s’agit de clarifier les choses afin de couper court aux querelles sémantiques. Néanmoins, nous savons pertinemment que l’autre conséquence – et l’autre intention – serait d’interdire l’aide à mourir à tout patient qui, placé en soins palliatifs mais n’obtenant pas l’arrêt de souffrances réfractaires, souhaiterait finalement en bénéficier.

MC
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet

Tout à fait !

Photo de M. Alexandre Portier
Article 1er (suite)
M. Alexandre Portier Alexandre Portier DR

Mais s’il peut recevoir la sédation profonde et continue ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

L’adoption d’un tel amendement serait donc beaucoup plus lourde de conséquences que ce qui est mis en avant. C’est la raison pour laquelle le gouvernement y est défavorable. (M. Nicolas Sansu applaudit.)

Photo de Mme Marie-Noëlle Battistel
Article 1er (suite)
Mme Marie-Noëlle Battistel Marie-Noëlle Battistel SOC

Très bien !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 434.

Amdt 434 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 179 Nombre de suffrages exprimés 173 Majorité absolue 87 Pour l’adoption 76 Contre 97

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 434 n’est pas adopté.)

Amdt 434 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 132.

Amdt 132 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 1er (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Dans le cadre de la fin de vie, l’accompagnement revêt une dimension particulière, qu’il convient de définir. Aussi cet amendement vise-t-il à recenser les principales missions relevant de cette démarche destinée à enrichir l’offre de soins palliatifs. Je souhaite compléter ainsi l’alinéa 5 de l’article 1er : « L’accompagnement garantit le soutien de la personne face à l’ensemble des difficultés qu’elle rencontre en fin de vie et qui ne relèvent pas des soins et des traitements. Ce soutien comporte l’assistance sociale et le soutien humain, relationnel et spirituel. » Il me semble primordial d’expliciter la totalité du spectre que recouvre l’accompagnement à l’article 1er, qui en définit les objectifs.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Vous proposez une définition de l’accompagnement comme soutien global, distinct des soins médicaux, comportant « l’assistance sociale et le soutien humain, relationnel et spirituel ». D’abord, il est évident que l’accompagnement n’a pas vocation à remplacer les soins. Ensuite, l’amendement est satisfait puisque l’alinéa 7 précise que les soins palliatifs et l’accompagnement « comprennent la prévention, le dépistage précoce, l’évaluation et la prise en charge globale des problèmes physiques, y compris de la douleur et des autres symptômes pénibles, ainsi que la réponse aux affections psychologiques et aux besoins sociaux et spirituels » ; l’alinéa 8, qu’ils bénéficient à la personne malade et à son entourage « y compris après [le] décès » et « sont proposés conjointement aux traitements curatifs » ; l’alinéa 9, qu’ils « sont prodigués de manière intégrée avec les soins de support et de confort ». Tout ce que vous proposez d’indiquer, et même davantage, se trouve déjà dans le texte ; il n’est donc pas nécessaire de l’ajouter à l’alinéa 5. Avis défavorable.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 132, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 132 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Christine Loir, pour soutenir l’amendement no 584.

Amdt 584 Rejeté
Photo de Mme Christine Loir
Article 1er (suite)
Mme Christine Loir Christine Loir RN

Cet amendement vise à repérer les zones où l’offre de soins palliatifs est insuffisante, notamment en milieu rural, afin de corriger les inégalités en la matière. Je prendrai l’exemple d’un couple de personnes âgées : monsieur a été admis en soins palliatifs, madame habitant à plus de 45 kilomètres de là. L’absence d’unité de soins palliatifs à proximité crée une situation particulièrement difficile pour les personnes âgées, qu’il serait bon de prendre en considération. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Une fois encore, vous souhaitez tout intégrer à l’alinéa 5. Le texte garantit déjà l’accès aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire national ; l’article 2 comporte la description de leur organisation territoriale. L’amendement est donc satisfait. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Vous avez raison, madame Loir : il est nécessaire d’apporter des réponses. Certains d’entre vous l’ont rappelé : il y a un an, j’avais pris dans cet hémicycle un engagement, celui de lancer un plan décennal doté d’un financement total de 1 milliard d’euros – 100 millions par an. Nous avons eu à cœur de l’intégrer à la loi de financement de la sécurité sociale. Ce n’est pas suffisant ; la formation constitue notamment un enjeu sur lequel nous devons continuer à travailler. Nous avons également progressé en matière de soins palliatifs à domicile : ceux-ci peuvent souvent constituer une solution pertinente, notamment en milieu rural. Je mesure bien que pour un couple âgé, la situation est loin d’être facile ; cela fait tout de même partie de la nécessaire pluralité de réponses sur le territoire français, dans l’Hexagone comme en outre-mer. J’ajoute que l’amendement est satisfait, raison pour laquelle j’émets le même avis que votre rapporteure.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Christophe Bentz.

Photo de M. Christophe Bentz
Article 1er (suite)
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Il s’agit là encore d’un amendement important, puisqu’il tend à apporter des précisions quant à une injustice sociale et territoriale qui touche très durement des millions de Français, en particulier dans les dix-neuf départements ne disposant pas d’unité de soins palliatifs – mon département, la Haute-Marne, en fait hélas partie : il n’y a plus rien, ni unité de soins palliatifs ni médecin spécialisé dans les équipes mobiles de soins palliatifs. Naturellement, les habitants en souffrent ! Cet amendement vise à rappeler que la véritable liberté de choix vient non pas de l’aide à mourir, de l’euthanasie ou du suicide assisté, mais d’un accès effectif aux soins palliatifs pour tous les Français, en particulier dans ces dix-neuf départements. Est-on vraiment libre de demander l’aide à mourir, l’euthanasie ou le suicide assisté lorsque, faute de soins palliatifs, on doit choisir entre souffrir et mourir ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur l’amendement n° 606, je suis saisie par le groupe Horizons & indépendants d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Hadrien Clouet.

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Cet amendement, c’est beaucoup de blabla pour pas grand-chose. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Hervé de Lépinau
Article 1er (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Un peu de respect !

Photo de M. Julien Odoul
Article 1er (suite)
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Quelle élégance !

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Laissez-moi finir ! Vous dites qu’il faudrait instaurer un suivi et une évaluation du financement, etc. des services de soins palliatifs. Concrètement, deux mesures ayant trait à ce sujet seront examinées par la suite : d’abord, l’interdiction des dépassements d’honoraires en soins palliatifs, à l’alinéa 14 du présent article, puis, un peu plus tard, l’introduction d’un recours en référé devant le juge pour ordonner l’attribution d’une place en soins palliatifs. En commission, vous avez voté contre ces deux mesures ! La comédie, ça va deux minutes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Béatrice Bellay et M. Nicolas Sansu applaudissent également.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 584.

Amdt 584 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 177 Nombre de suffrages exprimés 173 Majorité absolue 87 Pour l’adoption 79 Contre 94

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 584 n’est pas adopté.)

Amdt 584 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur l’amendement no 698, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Joëlle Mélin, pour le soutenir.

Photo de Mme Joëlle Mélin
Article 1er (suite)
Mme Joëlle Mélin Joëlle Mélin RN

Parmi les fins de vie qui font l’objet d’un accompagnement, certaines ne présentent pas vraiment de particularité. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Hadrien Clouet
Article 1er (suite)
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Une fin de vie sans particularité, qu’est-ce que ça veut dire ?

Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Un peu de respect !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Laissez parler l’oratrice !

Photo de Mme Joëlle Mélin
Article 1er (suite)
Mme Joëlle Mélin Joëlle Mélin RN

Mais s’agissant de celles qui nécessitent des soins palliatifs, c’est un peu plus compliqué. Je pense en particulier aux personnes chargées d’une mesure de protection, qu’il s’agisse d’associations ou de personnes physiques : elles mériteraient sans doute d’être informées sur la procédure de soins palliatifs. Nous souhaitons que cette information leur soit clairement délivrée, en particulier toutes les spécificités de la loi Claeys-Leonetti, qui ne sont pas si simples et devraient être précisément exposées aux personnes dont elles ont la charge.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Demande de retrait ou, à défaut, avis défavorable. L’amendement est satisfait par la rédaction de l’alinéa 15, qui prévoit que toute personne « se voit remettre un livret d’information […] sur ses droits en matière d’accompagnement et de soins palliatifs ». De surcroît, ce livret sera accessible aux personnes en situation de handicap visuel ou auditif. Les personnes sous protection recevront également ce livret, quelle que soit leur situation.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Je partage le point de vue de Mme la rapporteure et j’ajouterai que rien ne remplace l’échange qui a lieu entre le patient et le médecin qui le suit. C’est d’ailleurs une question que l’on peut se poser : quel est le degré d’information dont disposent les patients en matière de soins palliatifs et, plus généralement, à propos de l’accompagnement global qui leur est apporté ? Il suffit d’échanger avec les professionnels de la spécialité pour comprendre à quel point il est essentiel que chaque médecin soit en mesure d’informer ses patients et leurs représentants. J’ai entendu le commentaire qu’a fait tout à l’heure M. Bentz sur l’égalité d’accès aux soins palliatifs et sa dimension géographique. Je le répète une fois encore : le véritable enjeu est la formation de tous les médecins ; elle doit nous permettre de disposer, sur l’ensemble du territoire, de gens formés en la matière. C’est un sujet qu’il nous faut traiter et je précise, même s’il importe que des modules permettent aux futurs médecins, dès la période de leurs études, de se familiariser avec les soins palliatifs, qu’un médecin peut tout à fait ne pas avoir été formé dans ce domaine pendant ses études mais l’être par la suite, tout au long de sa carrière.

Photo de M. Philippe Vigier
Article 1er (suite)
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

Bien sûr !

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Il est essentiel de permettre à certains professionnels de santé de se tourner vers ces spécialités. En mettant en avant les soins palliatifs, nos discussions sur ces deux textes conduisent incontestablement à mieux les faire connaître à nos concitoyens. C’est un enjeu national et une responsabilité que nous avons en partage. (Mme Annaïg Le Meur applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Thibault Bazin.

Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

En adoptant un peu plus tôt l’amendement no 604 de Mme Firmin Le Bodo, nous avons supprimé l’alinéa 6 du présent article. Or cet alinéa mentionnait la prise en compte particulière des personnes en situation de handicap : cette mention du handicap a donc disparu aux alinéas 5 et 6. Ce qui est intéressant dans l’amendement de notre collègue Mélin, qui aurait peut-être davantage sa place à un autre endroit du texte, c’est qu’il s’adresse aux personnes chargées d’une mesure de protection, qu’il s’agisse d’associations ou de personnes physiques. Nous en connaissons tous dans nos circonscriptions et elles jouent un rôle fondamental d’accompagnement des malades, dont certains font l’objet d’une mesure de protection, ou de toute personne, d’ailleurs, qui connaît une situation compliquée de vulnérabilité. Il importe que ceux qui sont chargés d’une telle mesure disposent du même niveau d’information que les patients qu’ils sont censés protéger. Or l’alinéa 15 mentionne les personnes en situation de handicap, mais pas celles qui les accompagnent ! Madame la rapporteure, il est peut-être de votre ressort de compléter l’alinéa 15, à défaut de le faire ici, car je pense que l’information doit aussi concerner les personnes chargées d’une mesure de protection.

Photo de M. Xavier Breton
Article 1er (suite)
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

Tout à fait !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Joëlle Mélin.

Photo de Mme Joëlle Mélin
Article 1er (suite)
Mme Joëlle Mélin Joëlle Mélin RN

De fait, on ne peut pas remplacer les conseils d’une personne chargée de la protection d’un patient par un livret d’information ! Vous avez évoqué le monde des soignants, madame la ministre, mais il faut aussi prendre en considération tous ceux qui accompagnent les patients : ce sont souvent des membres de la famille, par exemple chargés de tutelle, mais ce peut être aussi des associations. Ils doivent être formés pour accompagner au mieux les personnes concernées, d’autant que la loi est en la matière pleine de particularités ; ayant beaucoup évolué, elle n’a pas forcément été bien assimilée. Je ne vois aucun inconvénient à ce que l’on intègre cette précision à un autre endroit ; ce que je souhaite, c’est que ce soit mentionné et qu’une information spécifique soit délivrée à ces accompagnants chargés d’une mesure de protection.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Article 1er (suite)
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

M. Bazin a affirmé à plusieurs reprises que l’adoption de l’amendement no 604 avait fait disparaître, dans l’écriture de l’alinéa 5,…

Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

J’ai évoqué l’alinéa 6 !

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Article 1er (suite)
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

…la mention des personnes en situation de handicap. Nous avions évoqué l’adaptation des soins palliatifs à l’âge des personnes concernées, mais l’amendement en question mentionnait aussi la prise en considération de « toute situation physique, mentale ou psychique » : les personnes en situation de handicap n’ont en aucun cas été oubliées dans cet alinéa 5 et elles n’ont absolument pas disparu du texte.

Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Si, la mention du handicap a disparu !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 698.

Amdt 698 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 180 Nombre de suffrages exprimés 177 Majorité absolue 89 Pour l’adoption 81 Contre 96

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 698 n’est pas adopté.)

Amdt 698 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Yannick Monnet, pour soutenir l’amendement no 161.

Amdt 161 Adopté
Photo de M. Yannick Monnet
Article 1er (suite)
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

S’agissant du respect de la volonté de la personne, dont nous sommes en train de débattre, on sent bien qu’il est nécessaire de préciser les choses. Nous proposons donc d’introduire un renvoi à l’article L. 1111-4 du code de la santé publique, qui nous paraît suffisamment explicite en la matière. Il précise notamment sous quelles modalités le consentement d’une personne malade peut être recueilli et, en particulier, comment celle-ci peut s’opposer à recevoir tout ou partie des soins palliatifs.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Vous voulez préciser le texte en introduisant un renvoi à l’article L. 1111-4 du code de la santé publique. Je partage votre souhait de garantir le respect de la volonté de la personne mais la commission avait émis un avis défavorable sur l’amendement, au motif qu’introduire cette référence ne ferait qu’alourdir la rédaction de l’alinéa. Je maintiens l’avis de la commission : défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Je trouve pour ma part qu’une telle précision fait sens. S’agissant de la dispensation de soins palliatifs, on gagne toujours à renforcer la prise en considération de la volonté de la personne. Il en est question depuis le début de l’après-midi ; je m’en remets à la sagesse de votre assemblée.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 161 est adopté.)

Amdt 161 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo, pour soutenir l’amendement no 606.

Amdt 606 Adopté
Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Article 1er (suite)
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

L’alinéa 7 inclut, parmi les objectifs des soins palliatifs, « le dépistage précoce ». J’ai essayé sans succès de comprendre dans quelle mesure le dépistage précoce pouvait être associé aux soins palliatifs, dont on sait très bien qu’ils ne visent pas à diagnostiquer ou à traiter une maladie en phase active ; ils servent à accompagner des personnes atteintes de maladies graves, évolutives ou terminales, lorsque les traitements curatifs ne sont plus prioritaires. Le dépistage précoce relève de la prévention et du soin curatif, non du champ du palliatif. Le mentionner ici crée une confusion quant aux missions réelles des soins palliatifs et pourrait brouiller les repères des professionnels de santé comme des patients. Cela risque aussi d’introduire une ambiguïté juridique, voire un contresens médical, en laissant entendre que les soins palliatifs viseraient à intervenir en amont du diagnostic.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Vous voulez supprimer dans le texte la notion de dépistage précoce. Il est vrai que l’on peut s’interroger sur cette rédaction : que s’agirait-il de « dépister précocement » à ce stade ? Il me paraît raisonnable de supprimer ces mots dont la signification n’est ici pas très claire. Avis favorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Je me suis moi aussi interrogée à ce propos et je me demande si l’introduction de ces mots dans le texte n’est pas liée à une confusion entre deux notions : d’une part, la précocité du dépistage d’une maladie, qui, en effet, n’est pas ce dont nous parlons ici ; d’autre part, la précocité des soins palliatifs, qui devraient démarrer le plus tôt possible – ce qui semble pertinent. Quoi qu’il en soit, tel que l’alinéa 7 est rédigé, la mention du dépistage précoce n’est pas claire ; je m’en remets donc à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Justine Gruet.

Photo de Mme Justine Gruet
Article 1er (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

À ce compte-là, nous pourrions aussi nous interroger sur la notion de « prévention », qui est également mentionnée à l’alinéa 7. La précocité du diagnostic permet en fait d’envisager le plus tôt possible la mise en place des soins palliatifs : on doit être capable d’anticiper au maximum ! C’était, je pense, l’objectif de cette mention : permettre, le plus en amont possible, de déterminer si, oui ou non, le dispositif d’accompagnement et de soins palliatifs doit être déployé. Le sujet qui nous occupe, c’est l’accompagnement de la fin de vie. Il faut donc aussi réfléchir à la manière dont on peut parvenir à mettre en place les dispositifs d’accompagnement de la personne, en fonction de ses volontés – que ce soit à domicile ou en unité spécialisée –, le plus en amont possible. Au début de nos débats, nous avons évoqué les soins palliatifs en pédiatrie, qui nécessitent un accompagnement particulier de la famille. Dans ces cas-là, la notion de dépistage ne sous-tend pas nécessairement une visée médicale ; elle peut aussi renvoyer à l’environnement du malade et à son accompagnement non seulement médical mais aussi social. Nous avons donc intérêt à conserver cette précision, afin de prendre en considération les soins palliatifs dans leur globalité.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Article 1er (suite)
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

Nous essayons d’écrire un texte de loi qui soit clair. En l’état, l’alinéa 7 mentionne le « dépistage précoce » : cela n’a aucun sens s’agissant des soins palliatifs !

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Eh oui !

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Article 1er (suite)
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

S’il était question d’« anticipation palliative », nous serions tous d’accord, mais le « dépistage précoce », ce n’est pas la même chose. Dépistage de quoi ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

C’est vrai, ça ne veut rien dire.

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Article 1er (suite)
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

Il faut donc vraiment modifier le texte. Nous pourrions tous nous mettre d’accord pour mentionner l’anticipation palliative, mais évoquer le dépistage précoce n’a aucun sens à l’alinéa 7. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Philippe Vigier.

Photo de M. Philippe Vigier
Article 1er (suite)
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

Je suis sur la même ligne que notre collègue Firmin Le Bodo. Un dépistage concerne une maladie.

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Eh oui !

Photo de M. Philippe Vigier
Article 1er (suite)
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

C’est d’ailleurs ce qui justifie les actes de prévention. Je trouve le texte un peu bavard et ce qu’a dit notre collègue Gruet au début de son intervention m’a semblé de ce point de vue intelligent : la réserve exprimée à propos du dépistage vaut aussi pour la prévention. Les notions de dépistage et de prévention n’ont rien à faire dans cet alinéa.

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Oui, on pourrait aussi enlever « prévention » !

Photo de M. Philippe Vigier
Article 1er (suite)
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

La suite de la phrase, en revanche, qui mentionne l’évaluation et la prise en charge globale des problèmes non seulement physiques mais aussi psychologiques, sociaux et spirituels me paraît pertinente. Plutôt que d’être bavards, soyons précis !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such.

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Article 1er (suite)
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

Une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec M. Vigier. Mme Firmin Le Bodo a raison, le dépistage précoce, en l’espèce, n’a pas de sens. Bien sûr, plus un soignant connaîtra son patient, mieux il parviendra à soulager sa douleur en anticipant les soins à lui prodiguer, mais cela n’a rien à voir avec un dépistage précoce. Nous voterons pour l’amendement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 606.

Amdt 606 Adopté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 185 Nombre de suffrages exprimés 177 Majorité absolue 89 Pour l’adoption 171 Contre 6

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 606 est adopté.)

Amdt 606 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Martine Froger, pour soutenir l’amendement no 440.

Amdt 440 Rejeté
Photo de Mme Martine Froger
Article 1er (suite)
Mme Martine Froger Martine Froger SOC

L’amendement tend à préciser que la prise en charge des patients doit être personnalisée en fonction de leur maladie et de leur souffrance. Elle doit en effet être adaptée à chaque patient, selon sa pathologie, son environnement, sa douleur et ses besoins.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

L’alinéa 7 prévoit que l’accompagnement et les soins palliatifs comprennent la prise en charge globale des problèmes physiques, y compris de la douleur et des autres symptômes pénibles. Vous souhaitez préciser que cette prise en charge est personnalisée ; cela ne me semble pas nécessaire car l’alinéa 6 prévoit déjà qu’elle est adaptée à l’âge et aux besoins particuliers des personnes, notamment celles en situation de handicap. De surcroît, nous verrons plus tard que l’article 14 prévoit qu’à l’annonce du diagnostic d’une affection grave, le médecin propose au patient la rédaction d’un plan personnalisé d’accompagnement. Ne vous inquiétez donc pas : les besoins spécifiques du patient seront pris en compte. Avis défavorable.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 440, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 440 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Yannick Monnet, pour soutenir l’amendement no 162.

Amdt 162 Adopté
Photo de M. Yannick Monnet
Article 1er (suite)
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

La réécriture de l’article 1er en commission a fait apparaître certaines notions et disparaître d’autres, en particulier celles de souffrances psychiques et psychologiques, que nous préférons largement à celle d’affection psychologique.

Photo de M. Thibault Bazin
Article 1er (suite)
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Très bien !

Photo de M. Yannick Monnet
Article 1er (suite)
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

La notion vous semble peut-être tout aussi imprécise mais détrompez-vous, la souffrance fait directement référence au ressenti du patient, contrairement à l’affection psychologique dont on ne comprend guère ce qu’elle recouvre. Tel est le sens de l’amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Nous avons débattu en commission de la souffrance psychique et psychologique. N’étant pas une spécialiste de ces questions, je ne me lancerai pas dans l’explication des subtilités qui les différencient mais l’amendement me paraît satisfait car il est prévu à l’alinéa 5 que l’accompagnement et les soins palliatifs sont destinés aux personnes de tout âge, en souffrance du fait de leur état de santé affecté par une ou par plusieurs maladies graves. Nous pouvons raisonnablement considérer que l’expression « en souffrance » recouvre une souffrance psychique et psychologique.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Je suis d’accord avec Mme la rapporteure : avis défavorable car l’amendement est satisfait.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Patrick Hetzel.

Photo de M. Patrick Hetzel
Article 1er (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Je suis du même avis que notre collègue Monnet pour une raison toute simple : le psychologique n’englobe pas le psychique, lequel ne figure pas dans l’alinéa, ce qui est particulièrement troublant. L’amendement a le mérite de préciser la rédaction pour que ces deux aspects soient pris en considération. Si le terme de psychique avait été retenu à la place de psychologique, la question ne se serait pas posée car il est plus englobant mais, en l’espèce, d’un point de vue médical, le terme qui prévaut est bien celui de psychique.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 162.

Amdt 162 Adopté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 157 Nombre de suffrages exprimés 124 Majorité absolue 63 Pour l’adoption 83 Contre 41

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 162 est adopté.)

Amdt 162 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Arnaud Simion, pour soutenir l’amendement no 33.

Amdt 33 Rejeté
Photo de M. Arnaud Simion
Article 1er (suite)
M. Arnaud Simion Arnaud Simion SOC

L’amendement tend à supprimer, à la fin de l’alinéa 7, les mots « et spirituels » pour en rester aux besoins sociaux. Chacun comprendra aisément qu’un strict respect du principe de laïcité impose que les soins d’accompagnement, financés en grande partie par la solidarité nationale, ne répondent pas à des besoins spirituels ou transcendantaux.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Tout d’abord, soulager la souffrance spirituelle fait partie des objectifs des soins palliatifs selon l’OMS. D’autre part, les besoins spirituels sont des besoins existentiels qui dépassent la dimension religieuse. Leur prise en considération ne remet donc pas en cause le principe de laïcité. Je vous invite à retirer l’amendement ; à défaut, j’y serai défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Julien Odoul.

Photo de M. Julien Odoul
Article 1er (suite)
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Je respecte les convictions de chacun, en particulier celles de mon collègue, mais permettez-moi de vous dire que cet amendement est stupide. Il y est fait une confusion grotesque entre le religieux et le spirituel. On ne parle pas de culte, ni de foi, mais des convictions et des besoins spirituels d’un patient en fin de vie, qui peut souhaiter, par exemple, que l’on fasse brûler une bougie, que l’on dépose une photo ou que l’on oriente la lumière. Ce n’est rien de plus. Cet amendement trahit votre aversion pour la religion – ou plus exactement, pour une religion bien précise. De grâce, ne faites pas cette confusion grotesque ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Dominique Potier.

Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

La confusion porte sur le principe même de laïcité, qui est la reconnaissance de la dimension spirituelle de l’homme, de sa pluralité, de sa liberté de croire ou non. Du reste, la Constitution de 1958 reconnaît toutes les croyances et, d’un point de vue philosophique, c’est le sens même de l’existence. S’il est donc bien un moment au cours duquel se pose la question du sens de l’existence, c’est celui de l’approche de la mort. Ce serait retirer une liberté fondamentale à l’homme et lui nier une perspective essentielle que de retirer cette notion. L’amendement trahit non seulement une confusion sur la définition de la laïcité, mais aussi sur le sens philosophique de la spiritualité. C’est une bonne chose qu’à la suite des débats en commission, cette dimension ait été rappelée dans le texte. Profondément humaniste, elle nous dégage de la matérialité, de l’objet, de l’animalité. Elle fait que nous sommes hommes. C’est un humanisme, c’est la République.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Hanane Mansouri.

Photo de Mme Hanane Mansouri
Article 1er (suite)
Mme Hanane Mansouri Hanane Mansouri UDR

Tout d’abord, la spiritualité n’est pas forcément religieuse. La méditation et la sophrologie sont, par exemple, des pratiques spirituelles. Dans ma circonscription, des associations proposent des sessions d’écoute autour de thèmes philosophiques, comme la mort ou l’accomplissement de soi. Ensuite, l’accompagnement n’est pas un soin, comme il est écrit dans l’exposé sommaire : c’est un soutien apporté jusqu’à la mort, non par l’assurance maladie, mais par des bénévoles ! Alors que des prisonniers peuvent être suivis par un accompagnateur spirituel, voire un aumônier, il serait paradoxal de le refuser à des malades qui arrivent à la fin de leur vie. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Xavier Breton.

Photo de M. Xavier Breton
Article 1er (suite)
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

L’amendement du groupe socialiste fait un grand honneur aux religions en laissant penser qu’elles détiennent le monopole de la spiritualité. Or la spiritualité n’appartient pas aux religions. Bien sûr, les religions sont dans l’ordre spirituel mais chaque être humain, par vocation, est d’une nature spirituelle, qu’il soit croyant ou non. Je suis très étonné d’entendre que la spiritualité serait réservée aux religions. Une personne athée ou agnostique est, de toute évidence, spirituelle. Je ne comprends même pas que vous puissiez défendre le contraire. Votre collègue Potier a bien réagi : retirez votre amendement qui revient à dire que la seule spiritualité qui vaille est religieuse. Ce n’est pas vrai. Des courants philosophiques peuvent être spirituels. Nous avons d’ailleurs pu nous en rendre compte car ils ont imprégné nos débats. Ils ont toute leur place dans la République, au même titre que les religions. Votre conception matérialiste et historiquement marxiste de la société vous empêche de percevoir la part de spiritualité de chaque être humain, qu’il croie ou non. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, RN et UDR.)

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 33 n’est pas adopté.)

Amdt 33 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de deux amendements, nos 163 et 524, pouvant être soumis à une discussion commune. L’amendement no 163 de M. Yannick Monnet est défendu. La parole est à Mme Karen Erodi, pour soutenir l’amendement no 524.

Amdt 163 Adopté
Photo de Mme Karen Erodi
Article 1er (suite)
Mme Karen Erodi Karen Erodi LFI-NFP

Le docteur Fourcade considère que la société doit accompagner les malades et prendre soin d’eux jusqu’à la fin. Selon nous, l’accompagnement doit aller au-delà de la personne en fin de vie. Épuisement physique et mental, isolement social, rupture de soins, arrêts maladies fréquents : les proches des personnes malades, en fin de vie, en situation de perte d’autonomie, portent parfois de lourdes responsabilités et peuvent se retrouver en détresse. Une société inclusive dans une République sociale doit protéger les aidants, les proches, les intimes. L’amendement tend donc à corriger les faiblesses de la rédaction issue des travaux de la commission en précisant la nature du soutien apporté à l’entourage de la personne malade par l’octroi de l’accompagnement psychologique et social nécessaire.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Vous le savez, je suis très attachée à ce que l’entourage d’une personne en fin de vie soit pris en considération. Il me semble que ces amendements sont satisfaits mais je rendrai tout de même un avis favorable à celui de M. Monnet, qui tend à ce que l’accompagnement se poursuive après le décès, et j’inviterai Mme Erodi à retirer le sien.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Article 1er (suite)
Mme Catherine Vautrin ministre

Vous souhaitez, monsieur Monnet, préciser encore davantage ce que recouvre l’accompagnement de l’entourage et je reconnais que votre formulation d’un soutien psychologique et social est sans doute plus claire que celle retenue dans le texte. Je m’en remettrai donc à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Sébastien Peytavie.

Photo de M. Sébastien Peytavie
Article 1er (suite)
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

On compte environ 11 millions d’aidants, dont 40 % à peu près meurent avant la personne qu’ils accompagnent. C’est un problème réel. Nous ne sommes pas à la hauteur en matière d’accompagnement. Compte tenu de l’investissement que représente l’accompagnement, l’amendement de M. Yannick Monnet, qui vise à ce qu’un soutien psychologique soit apporté à l’entourage du malade, y compris après le décès de ce dernier, me semble très pertinent.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 163 est adopté ; en conséquence, l’amendement n°524 tombe.)

Amdt 163 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’amendement no 658 de Mme la rapporteure est rédactionnel.

Amdt 658 Adopté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 658, accepté par le gouvernement, est adopté.)

Amdt 658 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 133.

Amdt 133 Retiré
Photo de M. Patrick Hetzel
Article 1er (suite)
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Nous proposons de compléter l’alinéa 9 par la phrase suivante : « Dans le cas d’une prise en charge en oncologie, les soins palliatifs sont dispensés en coordination avec les soins oncologiques de support. » Il s’agit de s’assurer de la bonne articulation entre les deux types de soins.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Article 1er (suite)
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Je ne comprends pas bien cet amendement. Alors que l’alinéa 9 précise que les soins palliatifs « sont prodigués de manière intégrée avec les soins de support et de confort », vous voulez préciser qu’en oncologie, « les soins palliatifs sont dispensés en coordination avec les soins oncologiques de support ». Il me semble que cela est déjà satisfait et que cet ajout rendrait la rédaction plus confuse. Par ailleurs, une circulaire ministérielle a défini dès 2005 les soins de support en oncologie comme « l’ensemble des soins et soutiens nécessaires aux personnes malades tout au long de la maladie conjointement au traitement onco-hématologique spécifique lorsqu’il y en a ». Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 133 est retiré.)

Amdt 133 Retiré
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Élise Leboucher.

Photo de Mme Élise Leboucher
Article 1er (suite)
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

Je demande une suspension de séance.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-trois heures cinq, est reprise à vingt-trois heures dix.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La séance est reprise.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de deux amendements, nos 336 et 337, pouvant être soumis à une discussion commune. Sur l’amendement no 337, je suis saisie par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Alexandre Portier.

Amdt 336 Rejeté Amdt 337 Rejeté
Photo de M. Alexandre Portier
Suspension et reprise de la séance
M. Alexandre Portier Alexandre Portier DR

Les amendements nos 336 et 337 portent sur le même objet. Ils rappellent – c’est important – que, pour nous, soigner et donner la mort sont deux choses distinctes et que nous rejetons l’idée d’un continuum entre elles. Nous voulons établir une stricte différence, sémantique, conceptuelle et philosophique. Nous contestons l’idée que l’euthanasie serait un soin ultime. Ces convictions soutiennent ces amendements qui visent à préciser explicitement que « toute pratique visant à provoquer volontairement la mort est interdite dans le cadre des soins palliatifs », de manière à établir une séparation étanche entre les soins palliatifs et la fin de vie. Cela nous renvoie au débat précédent.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission sur les amendements no 336 et 337 ?

Photo de Mme Annie Vidal
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

C’est un peu le même débat que celui que nous avons eu et je ne déroulerai pas les raisons pour lesquelles je ne souhaite pas que soit évoqué dans cette discussion ce qui pourrait renvoyer au texte suivant. En tout état de cause, la rédaction que vous proposez est satisfaite : l’article 1er précise que les soins palliatifs ne visent ni à hâter ni à différer la survenance de la mort. Soyez rassuré sur ce point. Pour le reste, je crois que vous voulez impulser un débat qui n’a pas lieu d’être sur ce texte. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

Nous avons eu ce débat. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Sébastien Peytavie.

Photo de M. Sébastien Peytavie
Suspension et reprise de la séance
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

Alors que le texte initial a été séparé en deux propositions de loi, on voit bien que votre argumentation tend à les associer. Le deuxième texte comporte un point essentiel, celui de l’autodétermination. La personne qui décide de demander l’aide à mourir peut le faire dans le lieu de son choix. C’est essentiel. Si ce lieu est le service des soins palliatifs, elle fera cette demande à cet endroit-là. C’est pourquoi votre amendement ne peut être accepté.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. René Pilato.

Photo de M. René Pilato
Suspension et reprise de la séance
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Il est 23 h 12 et j’aimerais donner une information importante à ceux de nos collègues qui font de l’obstruction – c’est leur droit – en mélangeant les deux textes. (Protestations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. Alexandre Portier
Suspension et reprise de la séance
M. Alexandre Portier Alexandre Portier DR

Ne pas être d’accord avec vous ne signifie pas faire de l’obstruction !

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Suspension et reprise de la séance
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Ce n’est pas sérieux de dire ça !

Photo de M. René Pilato
Suspension et reprise de la séance
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Ce n’est pas de l’obstruction ? Un peu, me semble-t-il…

Photo de M. Thibault Bazin
Suspension et reprise de la séance
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Parole d’expert !

Photo de M. René Pilato
Suspension et reprise de la séance
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

En tout cas, nous serons d’accord pour dire que vous mélangez les deux textes. J’aimerais apporter une précision qui me paraît pertinente, mais vous en jugerez par vous-même. Si nous achevons l’examen du texte sur les soins palliatifs – que tout le monde, ou du moins une grande majorité, semble vouloir adopter puisqu’on est en train de le rendre très solide –, sans arriver au bout de l’examen du deuxième texte, il n’y aura aucun vote. On privera alors les Français du texte sur les soins palliatifs.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Suspension et reprise de la séance
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

C’est pourquoi nous voulons deux votes !

Photo de M. René Pilato
Suspension et reprise de la séance
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Moi, je ne mélange pas les deux textes quant à leur contenu, étant observé qu’il y a 800 amendements sur le texte relatif aux soins palliatifs, mais 2 600 amendements sur le texte relatif à l’aide à mourir. Si nous n’arrivons pas au terme de l’examen, il y aura zéro vote. Il faut que tout le monde ait cela à l’esprit.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Suspension et reprise de la séance
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

Dans la lignée des propos de M. Peytavie, je voudrais poser une question à M. Portier. On sait que 95 % des malades en soins palliatifs ne demandent pas l’aide à mourir, et c’est tant mieux. Si les 5 % restants, ou une moindre part, la sollicitent, que ferez-vous ? Leur imposerez-vous de sortir du service ? C’est ce que prévoit pourtant votre amendement.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Eh oui !

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Suspension et reprise de la séance
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

Avec une telle disposition, une personne en fin de vie, demandeuse de l’aide à mourir, devra quitter le service de soins palliatifs.

Photo de Mme Ségolène Amiot
Suspension et reprise de la séance
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Et si elle vit chez elle, faudra-t-il la mettre à la porte ?

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Philippe Vigier.

Photo de M. Philippe Vigier
Suspension et reprise de la séance
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

En effet, que fera-t-on de la personne ? Pourra-t-elle rester au même endroit ? Faudra-t-il la déplacer, la déraciner ? Votre proposition n’est pas acceptable. Il y a plus grave : vous remettez en cause la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui dispose que la sédation profonde et continue jusqu’au décès peut être associée aux soins palliatifs. Contrairement à vous, j’étais déjà député lorsque cette loi, une formidable avancée, a été votée. Je ne pense pas que vous ayez mesuré la portée de la première phrase de votre amendement, qui est insidieuse. Quant à la deuxième phrase, nous en avons tous très bien compris le sens. Dans les deux cas, vous vous trompez.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Sandrine Dogor-Such.

Photo de Mme Sandrine Dogor-Such
Suspension et reprise de la séance
Mme Sandrine Dogor-Such Sandrine Dogor-Such RN

C’est un problème d’éthique qui se pose. Quand on insère la phrase suivante, « l’accompagnement et les soins palliatifs sont exclusivement destinés à soulager la souffrance et à préserver la dignité du patient », on est dans le soin. Exclure la possibilité de provoquer la mort, ce n’est pas un soin. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de Mme Ségolène Amiot
Suspension et reprise de la séance
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Cela ne veut rien dire, ce n’est pas du français !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Suspension et reprise de la séance
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Je ne comprends pas que, ce soir encore, certains avancent l’argument selon lequel les deux textes ne seraient pas liés. Car, comme je l’ai déjà dit, les deux textes sont bel et bien liés. Arrêtons de dire le contraire. S’ils n’étaient pas liés, ils n’auraient pas donné lieu à une discussion générale commune. (« Exactement ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.) L’an dernier, le gouvernement était différent – Gabriel Attal était à sa tête – mais vous occupiez le même poste, madame la ministre.

Photo de M. Yannick Monnet
Suspension et reprise de la séance
M. Yannick Monnet Yannick Monnet GDR

C’était le même bazar !

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Suspension et reprise de la séance
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Vous étiez donc au banc pour défendre, dans le cadre de nos débats, un projet de loi qui fusionnait les deux textes que nous examinons cette fois, successivement, pendant deux semaines. Certes, le contenu a été un peu modifié, des collègues ont procédé à des adaptations pour rédiger leurs propositions de loi mais le fond est à peu près le même. Cet argument commence d’ailleurs à être invoqué comme un argument d’autorité. Cet après-midi, la présidente de l’Assemblée a appelé à faire preuve de respect dans nos expressions. Or je note que, depuis quelques minutes, les prises de parole sont de plus en plus véhémentes. Certains commencent par exemple à se plaindre d’une forme d’obstruction, alors que Mme la présidente a rappelé que ce texte comptait moins d’amendements que la partie du projet de loi qui était consacrée à ces questions. Ces enjeux fondamentaux méritent que nous nous y attardions pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Hanane Mansouri.

Photo de Mme Hanane Mansouri
Suspension et reprise de la séance
Mme Hanane Mansouri Hanane Mansouri UDR

En réalité, vous ne souhaitez pas d’étanchéité entre la question des soins palliatifs et celle de l’euthanasie. Reconnaissez-le ! Les amendements de M. Portier visent à donner un cadre et des limites clairs aux soins palliatifs, au sein du texte relatif aux soins palliatifs. Or vous ne souhaitez pas discuter de ces amendements. M. Peytavie vient d’expliquer que leur adoption empêcherait les malades d’avoir accès à l’euthanasie, droit qui serait accordé si le deuxième texte était adopté. Si les textes sont étanches, un tel argument n’est pas valable. De deux choses l’une : ou bien il existe une étanchéité entre les deux textes ou bien nous étudions un seul texte.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Justine Gruet.

Photo de Mme Justine Gruet
Suspension et reprise de la séance
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Je vous invite à relire l’amendement. Il vise simplement à préciser, de façon explicite, que les soins palliatifs et l’aide à mourir sont deux choses différentes. Les soins palliatifs ne visent pas directement à provoquer la mort. Cela ne signifie pas qu’un patient en soins palliatifs n’aura pas accès à l’aide active à mourir. Il n’est d’ailleurs pas question dans cet amendement du lieu, mais de la pratique. Nous aurons le débat sur l’accès à l’aide à mourir lorsque nous examinerons le texte suivant.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Nicolas Sansu.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Je veux livrer un témoignage personnel. J’ai été confronté à ces questions lorsque ma mère, en soins palliatifs, a eu recours à la sédation profonde et continue. Si la possibilité avait existé à l’époque, elle aurait demandé l’aide active à mourir. Or la disposition que vous proposez, monsieur Portier, l’en aurait empêchée. Bien sûr, une partie des patients en soins palliatifs qui n’ont plus aucun espoir souhaitent avoir recours à la sédation profonde et continue pour que leur vie s’achève dans des conditions correctes. Cela ne pose pas de problème. Cependant, d’autres patients en soins palliatifs – peut-être 5 % –, ne veulent pas que leurs enfants et leurs proches les voient dans un état fort dégradé. Il faut leur donner l’accès à l’aide à mourir : votons donc contre ces amendements. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR et LFI-NFP.)

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 336 n’est pas adopté.)

Amdt 336 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 337.

Amdt 337 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 159 Nombre de suffrages exprimés 156 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 72 Contre 84

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 337 n’est pas adopté.)

Amdt 337 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur les amendements identiques nos 134 et 392, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 134.

Amdt 134 Rejeté
Photo de M. Patrick Hetzel
Suspension et reprise de la séance
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

On nous a dit qu’il n’y avait pas de continuum entre les soins palliatifs et l’aide active à mourir. Or, nous l’avons vu à plusieurs reprises au cours de nos débats, la situation est un peu plus complexe. Pour éviter toute ambiguïté, cet amendement vise à inscrire précisément dans la loi qu’« il n’existe pas de continuum ». Une étude menée auprès de presque 1 400 professionnels de santé œuvrant dans le secteur des soins palliatifs indique clairement qu’ils ne souhaitent pas qu’il y ait de continuum entre les deux dispositifs. Ils expliquent qu’une telle évolution aurait des conséquences sur leur motivation. Voilà pourquoi il serait sage d’adopter ces amendements.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Christophe Bentz, pour soutenir l’amendement no 392.

Amdt 392 Rejeté
Photo de M. Christophe Bentz
Suspension et reprise de la séance
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Il faut affirmer dans la loi qu’il n’y a pas de continuité entre les soins palliatifs et le suicide assisté. Celui-ci constitue une rupture du soin, une rupture médicale et, finalement, une rupture sociale. C’est, au fond, une forme d’abandon des personnes en fin de vie.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Oh !

Photo de M. Christophe Bentz
Suspension et reprise de la séance
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

Les demandes de mort exprimées par les patients sont toujours légitimes et doivent être entendues. Reste à savoir comment la société y fait face. À nos yeux, la bonne réponse, ce sont les soins palliatifs, les soins ultimes. Lorsqu’un patient souffre trop, lorsque ses douleurs sont insupportables, je vous le dis : c’est la douleur qui doit disparaître, non la vie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme Ségolène Amiot
Suspension et reprise de la séance
Mme Ségolène Amiot Ségolène Amiot LFI-NFP

Et la douleur réfractaire, vous connaissez ?

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?

Photo de Mme Annie Vidal
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Ces amendements posent la question du continuum entre les soins palliatifs et l’aide à mourir – je note au passage que nombre d’entre vous parlent d’« aide active à mourir » alors que le texte que nous examinerons mentionne, à mon grand regret, « l’aide à mourir ». J’émets un avis défavorable car la demande d’absence de continuum est satisfaite par la rédaction de l’alinéa 10.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Eh oui !

Photo de Mme Annie Vidal
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Toutefois, d’un point de vue intellectuel, je partage vos préoccupations. Lorsqu’une personne en soins palliatifs souhaitera avoir accès à l’aide à mourir – si la loi est adoptée –, il faudra savoir comment répondre à cette demande. Si les professionnels de santé qui exercent en soins palliatifs refusent un tel continuum, ils pourront faire valoir leur clause de conscience. Il faudra alors trouver un professionnel en mesure de se déplacer afin de répondre à la demande du patient.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

Monsieur Bentz, je suis d’accord avec vous : c’est la douleur qui doit disparaître. Cependant, lorsqu’elle ne disparaît pas, que faisons-nous ?

Photo de M. Olivier Falorni
Suspension et reprise de la séance
M. Olivier Falorni Olivier Falorni Dem

Eh oui !

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

Car, malheureusement – et même les professionnels des soins palliatifs vous le diront –, la douleur ne disparaît pas toujours. Nous devons tous en être conscients. Tout le monde, dans cet hémicycle, souhaite que la souffrance n’existe plus mais, si nous étions dans ce cas de figure, nous ne serions pas réunis ce soir, nous n’aurions pas besoin de nous interroger sur la réponse à apporter. (M. Sébastien Peytavie applaudit.) Or tel est précisément le cœur de notre discussion : que devons-nous faire lorsque la douleur persiste ? Une première réponse existe aujourd’hui : la sédation profonde et continue. Il s’agit bien d’un endormissement…

Photo de M. Olivier Falorni
Suspension et reprise de la séance
M. Olivier Falorni Olivier Falorni Dem

Irréversible…

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

…irréversible, qui s’achève, rappelons-le, par mort. Toutefois, ce dispositif ne répond pas à toutes les situations. C’est la raison pour laquelle nous examinerons un deuxième texte. En ce moment, nous discutons bien d’un texte consacré aux soins palliatifs. L’objectif est de proposer la réponse la plus précise et adaptée possible aux personnes qui souffrent. Pour toutes ces raisons, l’avis est défavorable.

Photo de M. Sébastien Peytavie
Suspension et reprise de la séance
M. Sébastien Peytavie Sébastien Peytavie EcoS

Très bien, madame la ministre !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Nicole Dubré-Chirat.

Photo de Mme Nicole Dubré-Chirat
Suspension et reprise de la séance
Mme Nicole Dubré-Chirat Nicole Dubré-Chirat EPR

Depuis tout à l’heure, je vous entends débattre pour savoir s’il s’agit d’un texte ou de deux textes. Cela fait sept ans que, pour ma part, je travaille sur une seule et même question. Nous parlons de patients atteints de maladies incurables, en phase avancée ou terminale, pour lesquels nous cherchons des solutions en matière d’accompagnement et de prise en charge. Nous voulons que la souffrance disparaisse mais cette question est loin d’être réglée de manière satisfaisante sur l’ensemble du territoire, faute de formation et de prescription adaptée. On semble perdre de vue cet objectif lorsqu’on coupe en rondelles les prises en charge – on accepte certains patients mais on en refuse d’autres selon les cas. La sédation profonde et continue constitue une réponse, mais pourquoi faudrait-il la pratiquer dans un lieu unique ? Les patients peuvent passer d’un site à l’autre : une unité de soins palliatifs, où ils sont pris en charge par des équipes, une maison d’accompagnement, un Ehpad, leur domicile. Nous pouvons donc leur offrir toute une palette de solutions en fonction de leurs besoins. Il faudrait garder cela à l’esprit plutôt que de vouloir fixer un cadre rigide et de poser des barrières infranchissables entre les différents sites. Oui, il existe un continuum : lorsqu’un patient se retrouve à la porte d’un établissement qui ne peut pas le prendre en charge, il reste un malade. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Hervé de Lépinau.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Suspension et reprise de la séance
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Madame la ministre, vous avez évoqué la sédation profonde et continue, un dispositif prévu par la loi Claeys-Leonetti et inscrit dans le code de la santé publique. Vous semblez dire qu’il n’est pas suffisant. Vous apportez ainsi de l’eau au moulin des collègues qui, lors de l’examen de la loi de 2016, avaient voté contre ce dispositif parce qu’ils considéraient qu’il ouvrirait la porte à l’euthanasie. Ce que vous venez de dire leur donne mille fois raison. Lorsqu’on relit l’article L. 1110-5-2 du code de la santé publique, on constate que les soins palliatifs constituent une réponse aux douleurs réfractaires – c’est le 1o – et qu’ils sont destinés à ceux qui ont décidé d’interrompre un traitement lié à leur maladie dans la mesure où, la partie étant perdue, ils souhaitent terminer leur vie d’une manière aussi normale que possible. Pour leur éviter les douleurs réfractaires consécutives à l’arrêt du traitement, ils sont éligibles à la sédation profonde et continue. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : moins de 3 % des personnes accueillies dans une unité de soins palliatifs demandent la sédation profonde. Cela veut bien dire que les soins palliatifs, de manière générale, répondent au problème de la douleur et à l’angoisse légitime que tout un chacun peut ressentir face à la mort.

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

Je ne dis pas le contraire.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Suspension et reprise de la séance
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Par conséquent, c’est aller un peu vite en besogne que de considérer qu’il faut aller au-delà de la sédation profonde parce qu’elle ne répondrait pas aux besoins de certains. Je redis que les chiffres parlent d’eux-mêmes : 97 % des gens n’en ont pas besoin, ce qui prouve bien que les soins palliatifs se suffisent à eux-mêmes. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Thibault Bazin.

Photo de M. Thibault Bazin
Suspension et reprise de la séance
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Cette question du continuum inquiète. On peut bénéficier de soins palliatifs sans être en fin de vie. On peut être en fin de vie sans que son état de santé requière des soins palliatifs. Madame la ministre, vous avez évoqué les notions de douleur et de souffrance, qui sont distinctes. Il est vrai que, dans quelques cas, les souffrances peuvent être réfractaires. Vous parlez d’une première solution, la sédation profonde et continue jusqu’au décès, mais il ne s’agit pas exactement de la même situation : une telle sédation est pratiquée lorsque le pronostic vital est engagé à court terme. Or ce n’est pas forcément le cas qui nous intéresse ici. Plus inquiétant : il est possible que des souffrances physiques soulagées soient concomitantes de souffrances psychiques réfractaires. On voit bien que, dans un tel cas, en fonction des fluctuations de la volonté, les souffrances psychiques peuvent parfois conduire à se poser la question du suicide assisté. Poser le continuum dont nous débattons suscite alors l’inquiétude, parce qu’on voit bien que cela biaise l’approche que l’on adopte des soins palliatifs. Il faut s’obliger à ces derniers quand l’état de santé le requiert mais si, soudain, l’abandon devient une option, cela modifiera totalement la manière dont se pose la question des soins palliatifs. C’est cette question que dissimule l’enjeu du continuum ou de l’absence de continuum. Nous devons faire en sorte qu’aucun continuum ne soit possible afin que, lorsque la personne concernée le souhaite et que son état de santé le requiert, elle puisse accéder aux soins palliatifs. Il ne faut pas donner l’option d’un tel continuum à une personne qui, bien que souffrant d’une affection grave, d’une maladie en phase avancée, n’est pas en fin de vie.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Dominique Potier.

Photo de M. Dominique Potier
Suspension et reprise de la séance
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Il faut absolument protéger deux libertés. La première, garantie par les textes dans leur état actuel, est celle, pour une personne bénéficiant de soins palliatifs, d’accéder à l’aide à mourir – elle le pourra si la loi sur l’euthanasie est votée. L’alinéa 10 est très précieux car il prévoit que quelqu’un qui entre en soins palliatifs se voit garantir par les institutions de la République qu’il ne sera pas engagé dans un processus d’euthanasie. La protection que fournit l’alinéa à cet égard est assez large et je doute qu’il faille ajouter des précisions supplémentaires. C’est cette double liberté qu’il nous faut préserver. Quand on entre dans un processus de soins palliatifs, ce n’est pas l’euthanasie ; et, quand on bénéficie de soins palliatifs, on peut accéder à l’euthanasie. L’alinéa 10 – nos collègues veulent le préciser mais je ne sais pas si cela n’est pas superfétatoire – distingue bien ces deux champs et laisse la liberté de s’orienter vers l’un ou l’autre. Cette double liberté est importante : pour quelques-uns qui accéderont à l’aide à mourir, tous les autres doivent absolument avoir la garantie qu’on leur tiendra la main jusqu’au bout, grâce aux soins palliatifs.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix les amendements identiques nos 134 et 392.

Amdt 134 Rejeté Amdt 392 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 172 Nombre de suffrages exprimés 165 Majorité absolue 83 Pour l’adoption 76 Contre 89

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 134 et 392 ne sont pas adoptés.)

Amdt 134 Rejeté Amdt 392 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur les amendements identiques nos 48, 291, 525 et 607, je suis saisie par le groupe Horizons & indépendants d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Céline Hervieu, pour soutenir l’amendement no 48.

Amdt 48 Adopté
Photo de Mme Céline Hervieu
Suspension et reprise de la séance
Mme Céline Hervieu Céline Hervieu SOC

Cet amendement tend à supprimer l’alinéa 10, issu d’un amendement du groupe EPR adopté en commission. L’alinéa précise dans le texte le contenu médical de l’accompagnement et des soins palliatifs. Il nous semble que ce n’est pas nécessaire et que cela ne relève pas de la loi. Par ailleurs, la rédaction de l’alinéa, qui prévoit que « les soins palliatifs ne visent ni à hâter, ni à différer la survenance de la mort », est floue. J’ai du mal à comprendre ce que signifie « hâter » ou « différer » la survenance de la mort. De fait, les actes médicaux pratiqués dans les services de soins palliatifs ont un impact sur la santé et la survie du patient. Je pense, j’espère, qu’il est clair pour tout le monde qu’il n’y a pas de continuité naturelle – on l’a beaucoup dit – entre soins palliatifs et suicide assisté. En outre, l’interdiction de l’obstination déraisonnable, ou « acharnement thérapeutique », est déjà prévue dans notre droit. Cet alinéa est donc inutile, nous en proposons la suppression.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Laurent Panifous, pour soutenir l’amendement no 291.

Amdt 291 Adopté
Photo de M. Laurent Panifous
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Panifous Laurent Panifous

Non seulement l’alinéa 10, introduit en commission, est inutile mais il entretient la confusion, ce qui est plus grave. Les soins palliatifs étaient très bien définis dans le texte avant son passage en commission. Il y a, dans cet alinéa, une forme de sous-entendu que je regrette. À écouter les interventions des uns et des autres, j’ai le sentiment qu’on utilise le texte sur les soins palliatifs, en l’occurrence cet alinéa, pour tenter de déstabiliser le deuxième texte. Il faut les traiter l’un après l’autre et se concentrer, pour l’heure, sur les soins palliatifs. Je rappelle que le présent texte a été adopté à l’unanimité en commission et je ne doute pas qu’il le sera aussi en séance, le 27 mai. Traitons donc des soins palliatifs ! Nous n’avons pas besoin d’artifices tels l’ajout de cet alinéa, qui prévoit que « l’accompagnement et les soins palliatifs ne visent ni à hâter, ni à différer la survenance de la mort. » Cela ne clarifie en rien ce que sont les soins palliatifs…

Photo de M. Emeric Salmon
Suspension et reprise de la séance
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Si !

Photo de M. Thibault Bazin
Suspension et reprise de la séance
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est l’intention qui diffère totalement !

Photo de M. Laurent Panifous
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Panifous Laurent Panifous

…et l’on perçoit très bien le sous-entendu vis-à-vis du texte sur l’aide à mourir. Supprimons cet alinéa inutile et concentrons-nous sur ce que sont réellement les soins palliatifs.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Hadrien Clouet, pour soutenir l’amendement no 525.

Amdt 525 Adopté
Photo de M. Hadrien Clouet
Suspension et reprise de la séance
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Cet amendement de suppression s’inspire du monde réel, où tout acte médical ou de soin a des effets sur la survenance ou la non-survenance du décès d’une personne. Il suffit d’observer ce qui se passe dans les établissements sanitaires pour constater que c’est le cas. On se souvient que l’alinéa 10 a été ajouté en commission, par souci de respecter la définition des soins palliatifs donnée par l’OMS. Or l’alinéa ne concerne pas seulement les soins palliatifs, mais bien l’accompagnement et les soins palliatifs. Il applique donc la définition existante d’un certain objet à un objet différent, ce qui n’a guère de sens. Cela revient à affirmer que l’accompagnement n’a pas non plus d’effet sur la survenance du décès. Or il me semble que tout ce qui relève du confort et de la qualité de vie a des conséquences sur les personnes qui en bénéficient, et c’est tant mieux ! Quant au fait de différer ou non la survenance du décès, nous disposons déjà de concepts clairs. La notion d’obstination déraisonnable existe dans la loi, elle est comprise et mobilisée par les praticiens et praticiennes, qui y tiennent. Ne la perturbons pas par l’emploi d’autres concepts dépourvus d’assise solide, qui ne sont pas reconnus dans le milieu professionnel.

Photo de M. Dominique Potier
Suspension et reprise de la séance
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Si, ils le sont par l’OMS !

Photo de M. Hadrien Clouet
Suspension et reprise de la séance
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

On sait ce que c’est que de différer ou non un décès. Lorsque la commission a ajouté cet alinéa, le 9 avril, cela a créé le doute quant au rapport entre les deux textes. Lorsqu’on examine un texte, il ne sert à rien de jeter le soupçon sur le rôle qu’il joue vis-à-vis de l’autre. Nous discuterons bientôt du protocole relatif à la fin de vie – des personnes éligibles, des critères d’accès et des critères de validation d’une demande – ; ce que nous faisons à présent n’aura aucune influence sur cette discussion, quelle que soit l’issue des votes.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo, pour soutenir l’amendement no 607.

Amdt 607 Adopté
Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Suspension et reprise de la séance
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

Si nous laissons l’alinéa 10 dans le texte, nous fragiliserons la loi Claeys-Leonetti de 2016, ce qui n’est pas du tout l’objet de cette proposition de loi.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Exact !

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Suspension et reprise de la séance
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

La formulation – ne pas « hâter » ou « différer la survenance de la mort » – est en totale contradiction avec l’article L. 1110-5-3 du code de la santé publique, introduit par l’article 4 de la loi Claeys-Leonetti. Celui-ci reconnaît explicitement la possibilité de mettre en place « des traitements analgésiques et sédatifs pour répondre à la souffrance réfractaire […] même s’ils peuvent avoir comme effet d’abréger la vie ». En outre, l’alinéa pourrait créer une insécurité juridique pour les soignants qui pratiquent la sédation profonde et continue jusqu’au décès.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Exactement !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

L’ajout de l’alinéa 10 n’a procédé d’aucune intention d’embrouiller quoi que ce soit. Je rappelle que le travail effectué en commission sur l’article 1er avait pour objet de conférer une assise législative à l’accompagnement et aux soins palliatifs en les adossant à la définition des soins palliatifs choisie par l’OMS, qui indique bien qu’ils ne visent ni à hâter ni à différer la mort. Pour ce qui est de la fragilisation de la loi Claeys-Leonetti, je ne partage pas votre avis. Ce qui fait clairement la différence entre une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès et le recours à une substance létale, c’est l’intention. Dans le cas de la sédation profonde et continue, l’intention n’est pas de provoquer la mort, mais bien de permettre à quelqu’un dont la mort est imminente de mourir naturellement de sa maladie, ses souffrances étant abrégées par l’endormissement. La notion d’intention est donc très présente et très importante…

MB
Suspension et reprise de la séance
M. Thibault Bazin

Oui, elle est essentielle !

Photo de Mme Annie Vidal
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

…et je ne pense pas que l’alinéa fragilise la loi Claeys-Leonetti.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Mais si !

Photo de Mme Annie Vidal
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Il adosse simplement le texte à la définition proposée par l’OMS. Par ailleurs, l’idée de ne pas hâter ni provoquer la mort est très claire. Avis défavorable, voire très défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

Cet alinéa procède d’une idée qui semble assez simple : transposer la définition de l’OMS en droit, en mettant en avant le fait que « l’accompagnement et les soins palliatifs ne visent ni à hâter, ni à différer la survenance de la mort. » Mais la définition de l’OMS s’affronte au droit applicable en France, à savoir la loi Claeys-Leonetti. Très concrètement, comme on le sait et comme on le dit depuis le début de ce débat, la sédation profonde et continue a pour conséquence l’endormissement irréversible, qui se termine par la mort – je pèse mes mots. Ce que Mme Firmin Le Bodo met en exergue est tout à fait important. Je m’en remets donc à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jérôme Guedj.

Photo de M. Jérôme Guedj
Suspension et reprise de la séance
M. Jérôme Guedj Jérôme Guedj SOC

Je réponds à votre premier argument, selon lequel il s’agit de transposer la définition de l’OMS : vous n’avez retenu qu’une ligne sur les vingt-quatre qu’elle comporte !

Photo de M. Thibault Bazin
Suspension et reprise de la séance
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est vrai !

Photo de M. Jérôme Guedj
Suspension et reprise de la séance
M. Jérôme Guedj Jérôme Guedj SOC

Si votre argument tend à affirmer l’existence d’une sorte de hiérarchie des normes et le fait que la définition de l’OMS s’impose en matière de soins palliatifs, il faut alors en retenir tous les éléments, par exemple le respect des croyances de la personne. Pour moi, la référence à l’OMS n’est pas un argument recevable. De plus, dans un tel contexte, cet ajout entretient la confusion, selon les termes de notre collègue Panifous – peut-être involontairement, madame la rapporteure. Il y a une contradiction à préciser que l’accompagnement et les soins palliatifs ne peuvent ni hâter ni différer la survenance du décès, alors que, par définition, tout soin a un impact sur l’espérance de vie de la personne concernée, dans un sens ou dans l’autre. Prévoir que les soins palliatifs ne devront avoir aucun impact sur la santé relève de l’oxymore, cela revient à nier la réalité, comme l’a dit Hadrien Clouet. Le dernier argument, qui pour moi emporte l’adhésion en faveur de ces amendements de suppression, a été formulé par Agnès Firmin Le Bodo : cet alinéa placerait, même involontairement, un coin dangereux entre les dispositions relatives à la sédation profonde et continue jusqu’au décès et le texte que nous examinons.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Il faut conclure.

Photo de M. Jérôme Guedj
Suspension et reprise de la séance
M. Jérôme Guedj Jérôme Guedj SOC

Cet alinéa les fragilise alors que l’objectif, que nous partageons tous, est au contraire de renforcer le recours aux dispositions de la loi Claeys-Leonetti, tout en ouvrant d’autres possibilités dans notre droit.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Xavier Breton.

Photo de M. Xavier Breton
Suspension et reprise de la séance
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

Je ne sais pas si ceux qui défendent ces amendements font exprès d’entretenir la confusion entre l’intention et l’effet. L’alinéa no 10 ne prévoit pas que l’accompagnement et les soins palliatifs ne hâtent ni ne diffèrent la survenance de la mort, mais qu’ils visent à ne faire ni l’un ni l’autre. Ils sont mis en œuvre pour soulager la douleur, au risque parfois d’accélérer les choses, voire de provoquer la mort, mais ce n’est pas leur but. Ceux qui s’en tiennent à leur impact, à leur effet, ont tout faux ! Même si soulager la douleur, je le répète, peut accélérer la survenance de la mort, ce n’est pas le but – pas plus que de la retarder d’ailleurs. Soyons de bonne foi entre nous : reconnaissons que cet alinéa ne porte en aucun cas sur un effet, mais sur une intention. Il prévoit que « l’accompagnement et les soins palliatifs ne visent ni à hâter, ni à différer la survenance de la mort », ils sont mis en place uniquement pour soulager la douleur. Je crois que c’est très clair et je ne vois pas comment on peut être contre… ou alors je m’interroge sur les raisons d’une telle position. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UDR.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. René Pilato.

Photo de M. René Pilato
Suspension et reprise de la séance
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

L’alinéa 10 comporte sa propre contradiction tout en fragilisant, en effet, la loi Claeys-Leonetti. Si « l’accompagnement et les soins palliatifs ne visent ni à hâter, ni à différer la survenance de la mort », à quoi servent-ils ?

Photo de M. Xavier Breton et plusieurs députés du groupe RN
Suspension et reprise de la séance
M. Xavier Breton et plusieurs députés du groupe RN Xavier Breton DR

À soulager la douleur !

Photo de M. René Pilato
Suspension et reprise de la séance
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Collègues, nous sommes d’accord, mais quand vous soulagez la douleur, le mental de la personne concernée va mieux et elle vit un peu plus longtemps. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe UDR.)

Photo de M. Hervé de Lépinau
Suspension et reprise de la séance
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Vous racontez n’importe quoi.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Agnès Firmin Le Bodo.

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Suspension et reprise de la séance
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

Pour répondre à M. Breton, je rappelle que la sédation profonde et continue jusqu’au décès fait partie intégrante des soins palliatifs.

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

Bien sûr !

Photo de Mme Agnès Firmin Le Bodo
Suspension et reprise de la séance
Mme Agnès Firmin Le Bodo Agnès Firmin Le Bodo HOR

Permettez-moi de lire un extrait de l’article 4 de la loi Claeys-Leonetti – c’est important parce que cela montre que cet alinéa fragiliserait cette loi et placerait en insécurité juridique les soignants qui pratiquent la sédation profonde et continue jusqu’au décès, alors même que le texte que nous préparons a bien pour but de renforcer la loi Claeys-Leonetti : « Le médecin met en place l’ensemble des traitements analgésiques et sédatifs pour répondre à la souffrance réfractaire […], même s’ils peuvent avoir comme effet d’abréger la vie. »

Photo de M. Xavier Breton
Suspension et reprise de la séance
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

Mais c’est l’effet, pas l’intention !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix les amendements identiques nos 48, 291, 525 et 607.

Amdt 48 Adopté Amdt 291 Adopté Amdt 525 Adopté Amdt 607 Adopté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 165 Nombre de suffrages exprimés 156 Majorité absolue 79 Pour l’adoption 81 Contre 75

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 48, 291, 525 et 607 sont adoptés ; en conséquence, les amendements identiques nos 215, 312, 364, 456, 556 et 702 ainsi que les amendements nos 736, 40 et 120 tombent.)

Amdt 48 Adopté Amdt 291 Adopté Amdt 525 Adopté Amdt 607 Adopté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de plusieurs amendements, nos 235, 277 et 659, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 277 et 659 sont identiques. La parole est à M. Patrick Hetzel, pour soutenir l’amendement no 235.

Amdt 235 Retiré
Photo de M. Patrick Hetzel
Suspension et reprise de la séance
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Par cet amendement, nous voulons insister sur le caractère pluridisciplinaire et pluriprofessionnel de l’accompagnement et des soins palliatifs. Nous proposons donc la rédaction suivante pour la fin de la première phrase de l’alinéa 11 de l’article 1er : « dispensés de manière pluridisciplinaire par tout type de professionnels de santé ayant reçu une formation aux soins palliatifs ; ils requièrent une approche spécialisée et pluriprofessionnelle pour la prise en charge des cas complexes ». La formation, aussi bien initiale que continue, de l’ensemble des professionnels concernés est cruciale. Cela doit être souligné.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Laurent Panifous, pour soutenir l’amendement no 277.

Amdt 277 Adopté
Photo de M. Laurent Panifous
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Panifous Laurent Panifous

Nous avons travaillé cet amendement avec la rapporteure. Il propose de compléter le qualificatif « pluridisciplinaire » par le qualificatif « pluriprofessionnelle ». Au sein d’une équipe, il peut y avoir des disciplines et des professions différentes. Il s’agit de prendre en compte toutes celles – infirmiers, aides-soignants, kinés – qui interviennent dans le cadre des soins palliatifs.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir l’amendement no 659 et pour donner l’avis de la commission sur l’amendement no 235.

Amdt 659 Adopté
Photo de Mme Annie Vidal
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Je propose à M. Hetzel de retirer son amendement au profit des amendements identiques.

Photo de M. Patrick Hetzel
Suspension et reprise de la séance
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Soit.

Photo de M. Thibault Bazin
Suspension et reprise de la séance
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Dommage que vous n’ayez pas travaillé votre amendement avec M. Hetzel !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

J’ai cru comprendre que M. Hetzel acceptait de retirer son amendement au profit des amendements nos 277 et 659, auxquels je suis favorable.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 235 est retiré.)

Amdt 235 Retiré
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 277 et 659 sont adoptés.)

Amdt 277 Adopté Amdt 659 Adopté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur l’amendement no 580, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Christine Loir.

Amdt 580 Rejeté
Photo de Mme Christine Loir
Suspension et reprise de la séance
Mme Christine Loir Christine Loir RN

L’objectif est de permettre aux patients d’être accompagnés, s’ils le souhaitent, à leur domicile le plus longtemps possible grâce à des professionnels de santé et de proximité dont l’engagement et les compétences sont reconnus.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de Mme Annie Vidal
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Vous voulez qu’il soit précisé que l’équipe pluridisciplinaire mobilise des professionnels de santé et, lorsque les soins sont assurés à domicile, des acteurs de santé de proximité. Sur le fond, votre amendement correspond complètement à l’esprit du texte. Il est satisfait : comme vous le savez, la dimension territoriale et le travail pluridisciplinaire sont au cœur de la définition de l’accompagnement et des soins palliatifs, et font l’objet de plusieurs mesures structurantes que l’on retrouve dans la stratégie décennale. Nous avions d’ailleurs mis en avant cette dimension dans les amendements adoptés l’an dernier, puisque le texte précise désormais au cinquième alinéa que ces soins « sont accessibles sur l’ensemble du territoire national ». Pour ces raisons, je propose que nous nous en tenions à la rédaction actuelle. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 580.

Amdt 580 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 127 Nombre de suffrages exprimés 125 Majorité absolue 63 Pour l’adoption 54 Contre 71

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 580 n’est pas adopté.)

Amdt 580 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de plusieurs amendements, nos 81, 55, 213 rectifié, 513 rectifié et 597 rectifié, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 213 rectifié, 513 rectifié et 597 rectifié sont identiques. La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 81.

Amdt 81 Rejeté
Photo de M. Thibault Bazin
Suspension et reprise de la séance
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Il s’agit, par cet amendement d’insister sur l’importance accordée au souhait du malade, en l’occurrence s’il fait le choix d’une prise en charge palliative à domicile. Je note que l’article L. 1110-10 du code de la santé publique, que nous sommes en train de modifier, mentionne « une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile ». Or le mot même de « domicile » a totalement disparu de la rédaction de notre article 1er, l’alinéa 11 indiquant seulement : « quel que soit le lieu de résidence ». La notion de domicile, surtout dans le cadre de l’hospitalisation à domicile ou de la prise en charge palliative, est importante et il faut l’inscrire dans le texte.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’amendement no 55 de Mme Sylvie Bonnet est défendu. La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 213 rectifié.

Amdt 55 Adopté
Photo de Mme Josiane Corneloup
Suspension et reprise de la séance
Mme Josiane Corneloup Josiane Corneloup DR

Les soins palliatifs ne se limitent pas à des soins d’accompagnement. Ils doivent débuter dès l’annonce du diagnostic et inclure des soins de confort adaptés, notamment à domicile. Cela répond à une demande forte des patients : pouvoir rester chez eux, entourés de professionnels de proximité.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Anne Bergantz, pour soutenir l’amendement no 513 rectifié.

513 (Rect) Tombé
Photo de Mme Anne Bergantz
Suspension et reprise de la séance
Mme Anne Bergantz Anne Bergantz Dem

Aux côtés des soignants, les professionnels non soignants interviennent aussi dans l’hospitalisation à domicile, notamment pour l’installation du matériel médical. Je pense notamment aux indispensables prestataires de santé à domicile, les PSAD.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’amendement no 597 rectifié de Mme Nathalie Colin-Oesterlé est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

597 (Rect) Tombé
Photo de Mme Annie Vidal
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Vidal rapporteure EPR

Ils sont satisfaits par le début de la deuxième phrase de l’alinéa 11, qui dispose que l’accompagnement et les soins palliatifs « sont garantis quel que soit le lieu de résidence ou de soins ». Par ailleurs, je précise que la stratégie décennale prévoit de créer des places d’hospitalisation à domicile et des équipes mobiles de soins palliatifs pour permettre une plus grande effectivité de la prise en charge à domicile. Retrait ou, à défaut, avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

MV
Suspension et reprise de la séance
Mme Catherine Vautrin ministre

Même avis.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 81 n’est pas adopté.)

Amdt 81 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 55 est adopté ; en conséquence, les amendements identiques nos 213 rectifié, 513 rectifié et 597 rectifié tombent.)

Amdt 55 Adopté Amdt 361 Non soutenu
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La suite de la discussion est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de Mme la présidente
Ordre du jour de la prochaine séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Prochaine séance, demain, à quinze heures : Questions au gouvernement ; Discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, de la proposition de loi visant à renforcer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs et de leurs parents ; Suite de la discussion de la proposition de loi relative à l’accompagnement et aux soins palliatifs ; Suite de la discussion de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à minuit.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Vote solennel et public par lequel les députés se prononcent sur un texte, un amendement ou une motion. Au scrutin public, chaque député enregistre son vote (pour, contre, abstention) et les résultats sont nominatifs.

Vote solennel

Catégorie de scrutin public utilisée pour les votes les plus importants (adoption d'un texte en lecture solennelle, motions majeures, décisions politiques structurantes). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de savoir précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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