Séance plénière Vidéo Presse
Discussion de la proposition de loi visant à prioriser les travailleurs dans l’attribution de logements sociaux
Jeudi 6 février 2025 21:30 – 23:15 1h45 Assemblée nationale Supprimé Créée le 13/01/2025 PO838901
1
Discussion de la proposition de loi visant à prioriser les travailleurs dans l’attribution de logements sociaux
2
Suite de la discussion de la proposition de loi visant à renforcer les conditions d'accès à la nationalité française à Mayotte
Suite de la discussion Supprimé
3
Suite de la discussion de la proposition de loi visant à prioriser les travailleurs dans l’attribution de logements sociaux
Suite de la discussion Supprimé
4
Discussion de la proposition de loi visant à plafonner le cumul de prestations sociales en vue de créer une aide sociale unique et à soutenir les familles qui travaillent
Discussion Supprimé
5
Discussion de la proposition de loi visant à exclure les heures supplémentaires du calcul du revenu fiscal de référence
Discussion Supprimé
6
Discussion de la proposition de loi visant à interdire l’importation de produits agricoles non autorisés en France
Discussion Supprimé
7
Discussion de la proposition de loi visant à suspendre les allocations familiales aux parents de mineurs criminels ou délinquants
Discussion Supprimé
8
Discussion de la proposition de loi visant à renforcer l’arsenal législatif face à la multiplication d'actions d'entrave à des activités agricoles, cynégétiques, d'abattage ou de commerce de produits d'origine animale
Discussion Supprimé
9
Discussion de la proposition de loi visant à abroger le titre de séjour pour étranger malade
Discussion Supprimé
10
Suite de la discussion de la proposition de loi visant à l’adaptation des objectifs de construction de logements locatifs sociaux aux réalités locales
Suite de la discussion Supprimé
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

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371 Interventions sur l'ensemble de la séance
56 Orateurs distincts repérés
11 Séquences détectées dans le débat
4 Amendements cités à l'oral

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Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

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Amendements les plus cités

Amdt 33 1 mention Amdt 34 1 mention Amdt 35 1 mention Amdt 39 1 mention
Photo de M. le président
Ouverture de seance
M. le président Roland Lescure president

La séance est ouverte, devant une foule en délire.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Photo de M. Thibault Bazin
Ouverture de seance
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Pas trop délirante, j’espère ! Le logement est un sujet sérieux !

Photo de M. le président
Ouverture de seance
M. le président Roland Lescure

Ce sera sans doute plus calme que cet après-midi. Il n’y a de toute façon plus aucun nouvel article du règlement à faire valoir, ils ont tous été utilisés tout à l’heure.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Ouverture de seance
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

On trouvera, ne vous en faites pas !

Photo de M. le président
Discussion d’une proposition de loi
M. le président Roland Lescure president

L’ordre du jour appelle la discussion de la proposition de loi de M. Thibault Bazin et plusieurs de ses collègues visant à prioriser les travailleurs dans l’attribution de logements sociaux (nos 687, 865).

Photo de M. le président
Présentation
M. le président Roland Lescure

La parole est à M. Vincent Jeanbrun, rapporteur de la commission des affaires économiques.

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur de la commission des affaires économiques

Je remercie les parlementaires de tous les groupes avec qui nous avons travaillé pour améliorer ce texte. Je vous remercie également, madame la ministre chargée du logement, pour la qualité de nos discussions. Je sais votre attachement au sujet du logement social et votre volonté de défendre sans relâche les publics les plus fragiles. Si cette proposition de loi concerne en premier lieu le logement social, elle parle surtout du travail et des travailleurs. Elle défend une évidence : en France, toute personne qui travaille devrait pouvoir se loger dignement. Ce n’est malheureusement pas le cas. Les travailleurs sont à la peine parce que, depuis trop d’années, beaucoup, dont certains sur ces bancs, ont cessé de défendre le travail pour mieux vendre leur politique d’assistanat. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et RN.) Depuis trop d’années, certains ont fait du droit à la paresse leur nouvelle doctrine ! Ils ont cessé de valoriser ceux qui se lèvent tôt pour mieux flatter ceux qui revendiquent le droit de ne rien faire. Nous sommes bien loin, hélas, du « travailler plus pour gagner plus » : nous sommes désormais sous le règne du « travailler plus pour payer plus » ! Quelle profonde injustice !

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Vous citez Sarkozy, ce grand penseur !

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

C’est la raison pour laquelle le groupe Droite républicaine, autour de Laurent Wauquiez,…

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Qui n’est pas là !

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

…vous propose de rendre prioritaires ceux qui ont fait le choix d’être utiles à la société, ceux qui ont fait le choix de l’effort, ceux qui ont fait le choix du travail. C’est à eux qu’il faut donner la priorité.

Photo de Mme Ersilia Soudais
Présentation
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Quand augmenterez-vous les salaires ?

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

Qu’est-ce que cela veut dire, concrètement ? Que tous ceux qui exercent une activité professionnelle, qu’ils soient à temps partiel ou intérimaires, indépendants, artisans, agents des services publics, salariés ou autoentrepreneurs, doivent obtenir un logement social plus facilement.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Les autres ne font-ils pas le choix du travail ? Oubliez-vous les plans de licenciement ?

Photo de Mme Ersilia Soudais
Présentation
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Le chômage n’est pas un choix !

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

À dossier équivalent – nous ne demandons pas autre chose –, la priorité doit revenir à celui qui travaille. C’est la méritocratie républicaine !

Photo de Mme Ersilia Soudais
Présentation
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Quelle méritocratie ?

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

Il est temps de refaire du travail, de l’effort et du mérite les valeurs cardinales de notre pays. Le travail est la clé de voûte de la société que nous voulons. Car c’est le travail qui émancipe ; c’est le travail qui permet de retrouver une place ; c’est le travail qui rend digne !

Photo de Mme Ersilia Soudais
Présentation
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Encore faut-il en trouver un !

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

Que serait notre société sans travail ?

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Parlez-en à Pénélope Fillon !

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

Sans travail, pas de système de retraite, pas de services publics ; sans travail, il n’y aurait pas de richesses à partager, donc pas de solidarité possible !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Eh oui !

Photo de Mme Ersilia Soudais
Présentation
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Et pour avoir un travail, il faut un toit !

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

J’entends déjà, à gauche de cet hémicycle, les critiques véhémentes à l’encontre de cette proposition de loi, au motif qu’elle ferait passer les travailleurs devant des publics en grande précarité. C’est évidemment faux ! Cependant, nous assumons : ceux qui travaillent ne peuvent pas être les grands oubliés de la politique du logement social.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Opposer les travailleurs aux chômeurs est indigne !

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

Il est vrai que cette proposition de loi ne résoudra pas la crise du logement,…

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

C’est du vent !

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Présentation
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

…mais elle apporte une réponse concrète et symbolique à tous les travailleurs du pays qui ne s’en sortent plus. À eux, nous disons cette chose simple : vous portez la France, alors nous vous devons reconnaissance et soutien. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Deux minutes cinquante-quatre de discours, douche comprise !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Présentation
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est un peu court comme argumentation !

Photo de M. Ian Boucard
Présentation
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Inutile de parler longtemps pour être clair !

Photo de M. le président
Présentation
M. le président Roland Lescure

La parole est à Mme la ministre chargée du logement.

Photo de M. Ian Boucard
Présentation
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Vous avez quatre minutes, madame la ministre !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre chargée du logement LIOT

Je vous remercie à mon tour, monsieur le rapporteur, pour la qualité de nos discussions. En dépit de nos désaccords, nous convenons qu’en cette matière sensible qu’est le logement social, il reste du chemin à parcourir. Il est essentiel autant que nécessaire que les travailleurs obtiennent de la reconnaissance ainsi qu’un logement. C’est tout l’enjeu du débat que nous entamons, avec toute la nuance à laquelle il faut se tenir. Je parlerai avec plaisir du logement social qui occupe une place centrale dans le pays, dont ce texte témoigne en quelque sorte, comme il témoigne du bien-fondé de notre modèle. Le logement social est un maillon essentiel du parcours résidentiel de nos compatriotes : un Français sur deux a connu le logement social au cours de sa vie. Il est aussi un maillon essentiel du logement des travailleurs, depuis l’intuition originelle du patronat du nord de la France, jusqu’aux efforts nombreux déployés par Action logement et les bailleurs sociaux de nos jours.

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Action logement qui soutient le texte !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

La proposition de loi initiale prévoyait de rendre les travailleurs prioritaires pour l’attribution d’un logement social. Je citerai quelques chiffres afin d’introduire davantage d’objectivité dans notre débat. Compte tenu de la structure des revenus de nos compatriotes, deux tiers des Français peuvent prétendre à un logement social. Parmi ces publics éligibles, il y a des gens en situation précaire : des travailleurs pauvres, des personnes en grande fragilité ou encore des personnes retraitées avec de très faibles retraites. Ces publics n’ont pas été ciblés prioritairement contre les autres publics, mais parce que leur situation était plus aiguë que la leur : en dehors du parc social, ces publics-là n’ont en réalité aucune chance d’accéder à un logement. Pour répondre aux besoins de ces publics prioritaires, plusieurs dispositifs ont été créés. En 2007, le gouvernement a instauré le Dalo, le droit au logement opposable, lorsqu’une situation objective d’urgence et de précarité est reconnue : 120 000 ménages en bénéficient actuellement. Ensuite, la législation a instauré une obligation de relogement : les élus locaux, Action logement, les bailleurs sociaux et tous les réservataires doivent ainsi consacrer 25 % des attributions de logements aux ménages bénéficiant du Dalo ou à d’autres ménages prioritaires.

Photo de M. Sébastien Delogu
Présentation
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Venez à Marseille, pour voir !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

L’État loge ces ménages au titre de sa mission sociale, ainsi que des fonctionnaires. En 2024, nous avons compté 380 000 attributions, dont 180 000 pour des ménages prioritaires et 22 000 pour des ménages Dalo. Parmi ces 180 000 ménages fragiles, plus de la moitié travaillaient. D’ailleurs, en 2024, ce sont en tout 260 000 logements sociaux qui ont bénéficié à des travailleurs, contre 80 000 à des personnes inactives. Je parle bien de la répartition du logement social, pas du parc privé. Action logement fournit un effort considérable pour permettre à de très nombreux salariés de se loger…

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Et de devenir propriétaires !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Grâce à Action logement, 100 000 travailleurs du secteur privé ont bénéficié d’un logement social en 2024, dont une partie importante de ménages Dalo et prioritaires – parce qu’il y a beaucoup de travailleurs pauvres !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Hélas !

Photo de M. Vincent Rolland
Présentation
M. Vincent Rolland Vincent Rolland DR

Eh oui, ils travaillent et ils n’ont rien !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

La liste des publics prioritaires, qui comporte quatorze catégories, est-elle satisfaisante ? Une chose est sûre : elle n’a pas été définie au terme d’une réflexion d’ensemble, elle résulte davantage d’une sédimentation de décisions successives, à mesure que les pouvoirs publics se saisissaient du problème, et que la société distinguait les personnes qu’elle jugeait en situation critique, à savoir celles qui ne parviennent pas à se loger, y compris dans le secteur privé abordable. En vingt ans, pas moins d’une dizaine de publics ont ainsi été ajoutés à la liste. La mobilité constitue une autre facette du problème : quand on entre dans le logement social, on a du mal à en sortir. Il faut y remédier, mais j’y reviendrai.

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est un vrai problème !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Il n’est donc pas illégitime de relancer la réflexion, comme le fait la présente proposition de loi. Faut-il ou non élargir la liste de publics prioritaires ? La question mérite d’être posée – de ce point de vue, je ne remets aucunement en cause la démarche du groupe Droite républicaine et de son président Laurent Wauquiez.

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

L’excellent président Wauquiez !

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Qui n’est même pas là !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Mme Létard ne le dit pas encore, mais elle appelle à voter pour lui en 2027 !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Je le répète, on peut s’interroger : cette liste est-elle idoine ou non ? C’est aussi le sens des modifications apportées au texte en commission, notamment par le groupe Socialistes et apparentés. Si cette liste peut encore être allongée, elle ne peut toutefois pas concerner tout le monde. Or la proposition de loi vise à intégrer l’ensemble de nos compatriotes qui travaillent à la liste des publics prioritaires, et ce sans condition. Si elle était adoptée, 1,7 million de demandeurs actuels qui travaillent deviendraient donc prioritaires et intégreraient le quota des 180 000 places bénéficiant aux ménages prioritaires. En outre, 10 000 travailleurs qui gagnent à eux seuls 3 000 euros net par mois – 2 700 euros net en province –, deviendraient aussi prioritaires que les 150 000 travailleurs qui se déclarent en situation de grande fragilité. Puisque l’on raisonne en unités de consommation, un couple avec 6 500 euros de revenus mensuels nets et deux enfants deviendrait aussi prioritaire qu’un ménage Dalo dans la même catégorie. Voilà, ce que l’adoption de ce texte signifierait ; c’est tout l’objet de notre débat.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Ce n’est ni fait ni à faire !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Il est clair que si tout travailleur devenait prioritaire dans l’affectation des logements sociaux, alors même que les capacités de réponse aux obligations de logement des publics prioritaires sont déjà saturées, les autres publics en seraient de fait exclus. Inclure l’ensemble des travailleurs dans la liste des publics prioritaires paraît donc excessif. Je dirais même que cela dénature la notion de priorité, sachant que ces travailleurs sont déjà éligibles en tant que demandeurs et qu’ils ont accès à 65 % des logements sociaux détenus par les bailleurs sociaux !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Ils rencontrent pourtant des difficultés !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Il ne faut pas confondre l’accès au logement des travailleurs et la capacité à produire suffisamment de logements, monsieur le député !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

En effet, il faut les deux !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Faut-il pour autant réduire à néant notre capacité à loger des publics fragiles ? Je tente de démontrer que nous devons trouver une voie de passage susceptible de réconcilier tout le monde. Je suis néanmoins très ouverte à l’idée qu’il faille intégrer les travailleurs précaires à la liste des publics prioritaires. C’est d’ailleurs le sens de certains amendements du gouvernement. Je connais leurs difficultés : nombre d’entre eux n’ont pas accès au logement parce qu’ils n’ont pas de CDI, ni trois mois de fiches de paie, ni le niveau de ressources suffisant. Ils ne peuvent même pas remplir une demande de logement social ! Nous devons également améliorer le logement des agents publics de première ligne, en particulier celui de nos professeurs, de nos policiers, de nos infirmières.

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est très important, en effet !

Photo de M. Patrick Hetzel
Présentation
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Très bien !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Laurent Wauquiez a bien raison : il n’est pas normal que seulement 4 500 logements sociaux bénéficient aux infirmières. Nous devons y travailler.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

N’oublions pas les restaurateurs de M. Wauquiez !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Je sais que le groupe Ensemble pour la République réfléchit actuellement à des mesures qui vont largement dans ce sens et je pense que cette démarche est largement partagée.

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Aucun député EPR n’est présent !

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Ce n’est plus « ensemble », c’est « personne pour la République » ! (Sourires.)

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Par ailleurs, plusieurs d’entre vous y ont insisté à la suite de l’examen au Sénat d’une proposition de loi, et c’est une bonne chose : il faut davantage associer les maires aux attributions de logement. Mais il faut le faire de manière transparente, en tenant compte de la réalité locale et en respectant les règles de revenus. Au-delà des seuls travailleurs, le sujet des attributions soulève beaucoup de questions : sur la mixité sociale, sur la transparence, sur l’efficacité des processus, sur la place des élus locaux. Nous devons aborder ces réflexions de manière globale.

Photo de M. Jérôme Nury
Présentation
M. Jérôme Nury Jérôme Nury DR

Il faut des réponses !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

C’est la raison pour laquelle mon ministère travaillera avec tous ceux d’entre vous qui sont prêts à réinterroger le système. Si nous avons à examiner ce texte, c’est parce que nous comptons 700 000 demandeurs de logement social de plus et 100 000 attributions de logement de moins qu’il y a sept ans,…

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Quel bilan calamiteux pour le président Macron !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

…et parce que nous dénombrons, chaque mois, une seule attribution pour cent demandes. Ainsi, seulement 200 000 personnes quittent chaque année le parc social – sur les 5,5 millions de personnes qui y résident – afin de devenir propriétaires ou locataires dans le parc privé.

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

L’accession sociale à la propriété est en panne, madame la ministre !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

C’est bien ce que je suis en train de vous dire, et c’est ce qui doit nous pousser collectivement à agir ! Toutefois, votre proposition ne règle rien, monsieur le rapporteur, puisqu’elle ne fait que chasser un public au bénéfice d’un autre. Nous ne réglerons pas le problème en jouant sur le curseur des critères d’attributions, mais en augmentant la production de logements sociaux et privés,…

Photo de M. Philippe Gosselin
Présentation
M. Philippe Gosselin Philippe Gosselin DR

Il faut vraiment le faire ! Il manque 700 000 logements !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

…ainsi qu’en aidant les ménages à accéder à la propriété. C’est le sens de tous les efforts déployés dans le budget. Je signerai, demain, une feuille de route avec les bailleurs sociaux pour que 2025 soit une année de production ambitieuse. Plusieurs mesures doivent nourrir une stratégie globale afin de répondre aux attentes de tous les Français : l’extension du prêt à taux zéro à tout le territoire, largement réclamée ; les 100 millions d’euros d’aide aux maires bâtisseurs ; l’adaptation du calendrier de rénovation énergétique pour les copropriétés en difficulté ; ou encore la relance de l’investissement locatif. Je sais pouvoir compter sur votre soutien en ce sens.

Photo de M. Jérôme Nury
Présentation
M. Jérôme Nury Jérôme Nury DR

Il faut abroger le ZAN !

Photo de M. Jean-Pierre Taite
Présentation
M. Jean-Pierre Taite Jean-Pierre Taite DR

La loi ZAN pose problème dans le monde rural !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Nous aurons certainement à débattre de nouveau du zéro artificialisation nette (ZAN) et des dispositions que vous évoquez. Vous y travaillez et je partage cet objectif et cette vision. (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe DR.) Vous le savez, j’ai suivi attentivement cette question lorsque j’étais parlementaire. Si nous devons conserver une ambition forte en matière de sobriété foncière, celle-ci doit prendre en compte la réalité des territoires. On peut conjuguer l’une et l’autre. Il faut y revenir et s’atteler à ce travail. (Applaudissements, sur les bancs du groupe DR.) Le gouvernement partage donc l’objectif du texte : donner aux travailleurs précaires la possibilité d’accéder au logement social, en spécifiant le type de travailleur à inclure parmi les ménages prioritaires, exclus du parc privé, auxquels 25 % du parc social est réservé. La situation des travailleurs précaires justifie de les intégrer aux ménages prioritaires et réclame une attention particulière. En effet, travailler pour seulement quelques centaines d’euros de plus qu’un minimum social coûte parfois plus cher, lorsqu’on intègre le paiement de la garde d’enfant et des transports.

Photo de Mme Justine Gruet
Présentation
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Ça, c’est la proposition de loi d’après, sur le plafonnement des aides sociales !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

Néanmoins, intégrer tous les travailleurs, sans condition de ressources, aux ménages prioritaires pour un logement social revient à ignorer les femmes victimes de violences, les travailleurs précaires et les personnes handicapées, qui ne trouveront plus où se loger. En outre, cela conduirait à doubler les crédits de l’hébergement d’urgence, car nous aurons alors bien du mal à loger les personnes fragiles – travailleurs précaires inclus – pour qui les 25 % de logements réservés dans le parc social constituent souvent la seule solution.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Le texte est bancal. Ce n’est pas sérieux !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

M. Wauquiez a raison…

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Il n’est même pas là ! Il doit en être au troisième dessert, il cherche la carte bleue !

Photo de Mme Dieynaba Diop
Présentation
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

La carte bleue de la région Auvergne-Rhône-Alpes !

Photo de Mme Valérie Létard
Présentation
Mme Valérie Létard ministre LIOT

…de vouloir favoriser le travail et de prendre davantage en considération les travailleurs précaires, mais cela ne peut se faire sans prévoir des conditions de ressources. Tel est le message dont je souhaitais vous faire part : vous avez raison de privilégier les travailleurs précaires, qui doivent figurer sur la liste des ménages prioritaires, mais, je le répète, il faut tenir compte des ressources des publics visés.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Présentation
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Il n’y a personne pour applaudir !

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure

Dans la discussion générale, la parole est à M. Jérôme Nury.

Photo de M. Jérôme Nury
Discussion générale
M. Jérôme Nury Jérôme Nury DR

Cette proposition de loi, présentée par notre collègue Vincent Jeanbrun et notre président Laurent Wauquiez…

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Discussion générale
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Qui n’est même pas là !

Photo de M. Jérôme Nury
Discussion générale
M. Jérôme Nury Jérôme Nury DR

…vise à soutenir nos concitoyens qui travaillent, qui se lèvent tôt pour nourrir leur famille, pour se loger et pour faire tourner le pays. Concitoyens qui, malgré leur activité professionnelle, galèrent souvent à joindre les deux bouts et à terminer le mois avec un solde positif sur leur compte en banque. Cette proposition de loi vise à prendre en compte, dans les critères d’attribution des logements sociaux, les personnes qui travaillent, qu’elles soient salariées ou indépendantes. En bénéficiant des parcs HLM, elles pourront se loger à proximité de leur lieu de travail et éviter de longs et fatigants trajets quotidiens. Il est donc urgent d’ajouter un quinzième critère de priorité pour l’obtention d’un logement social, pour éviter que les travailleurs se trouvent écartés de ces logements. Il y va de la qualité de vie et de la survie financière de ces ménages ; il s’agit aussi de récompenser leur mérite. Pour toutes ces raisons, nous proposons de rétablir l’article unique que comportait initialement le texte, qui a été dénaturé en commission. Il est intolérable d’être à la fois travailleur et précaire ; il s’agit d’une injustice sociale inacceptable.

Photo de M. Ian Boucard
Discussion générale
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

Eh oui !

Photo de M. Jérôme Nury
Discussion générale
M. Jérôme Nury Jérôme Nury DR

Cette proposition de loi simple, sobre et efficace vise à réparer cette injustice mais aussi à soutenir l’activité économique, puisque le manque de logements constitue l’une des premières difficultés auxquelles sont confrontés les chefs d’entreprise qui souhaitent recruter. Notre système social doit enfin se ranger aux côtés de ceux qui exercent une activité professionnelle. La valeur travail doit redevenir l’un des points cardinaux de la boussole républicaine, et l’une des vertus que nous devons tous promouvoir. C’est ce que le groupe Droite républicaine propose dans ce texte, que je vous encourage vivement à voter. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. le rapporteur applaudit également.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure

La parole est à M. Boris Tavernier.

Photo de M. Boris Tavernier
Discussion générale
M. Boris Tavernier Boris Tavernier EcoS

En France, le logement est un droit. Avec 11 millions de personnes vivant en HLM, le logement social constitue un outil puissant au service de ce droit. Cependant, les difficultés pour se loger s’accentuent. Dans mon département, le Rhône, on compte plus de huit demandes pour une seule attribution de logement social. La situation est grave, mais nous ne devons pas nous tromper sur ses causes. Quoique réécrite lors de son passage en commission, cette proposition de loi vise à donner la priorité aux personnes disposant d’un emploi dans l’attribution de logements sociaux. Or je le redis : le logement est un droit et tous les habitants de ce pays doivent pouvoir se loger dignement, indépendamment de leur statut professionnel. Si nous constatons une pénurie de HLM, ce n’est pas la faute des chômeurs ; c’est la conséquence d’une production insuffisante de logements sociaux…

Photo de M. Arnaud Simion
Discussion générale
M. Arnaud Simion Arnaud Simion SOC

Tout à fait !

Photo de M. Boris Tavernier
Discussion générale
M. Boris Tavernier Boris Tavernier EcoS

…et d’un marché immobilier non maîtrisé et dysfonctionnel, qui devient inaccessible pour beaucoup et qui se révèle incapable de loger chacun convenablement. Le logement est un droit : avoir un toit, un chez-soi digne, sûr et confortable, pour soi et sa famille, sans qu’il soit besoin d’y consacrer tout son revenu, ce devrait être la base. Hélas, elle est loin d’être acquise. En début de semaine, la Fondation Abbé Pierre publiait son rapport annuel sur le mal-logement. On y lisait qu’en France, en 2023, plus de 4 millions de personnes étaient mal-logées, plus de 1 million privées d’un logement personnel, et 330 000 sans domicile. Or là où une volonté politique forte serait nécessaire pour relancer le logement social et dompter le marché immobilier, vous préférez courageusement mettre les personnes précaires en concurrence.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Discussion générale
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Eh oui !

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Discussion générale
M. Boris Tavernier Boris Tavernier EcoS

L’intention initiale de la proposition de loi méconnaît la réalité des demandes et des attributions de logement social. D’une part, les ménages en activité professionnelle sont déjà surreprésentés parmi les attributions. D’autre part, ils sont déjà prioritaires pour les 920 000 logements sociaux gérés par Action logement. De plus, comme le montre le Secours catholique, parmi les demandeurs, les ménages les plus pauvres ont moins de chances que les autres d’accéder à un logement social, alors qu’ils auront également – pour des raisons évidentes – moins de chances d’accéder à un logement dans le parc privé. La proposition de loi, dans sa version initiale, consacrait donc une sorte de double peine pour les plus pauvres : être privé de logement, en plus d’être privé d’emploi. Je partage néanmoins l’un de vos objectifs : il faut pouvoir vivre et travailler au pays. Mais, s’il vous plaît, un peu de bon de sens et de décence.

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Discussion générale
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Ils n’en ont pas !

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M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Vous n’avez pas le monopole de la décence, monsieur Lucas !

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Discussion générale
M. Boris Tavernier Boris Tavernier EcoS

Dans de nombreux bassins d’emplois, les loyers sont trop élevés et ne font qu’augmenter. Face à ce problème, faisons preuve de bon sens : plutôt que de nous attaquer aux chômeurs, encadrons la hausse des loyers. Mais la droite s’y oppose. Face au manque de logements sociaux, le bon sens commanderait d’en construire davantage. Mais qui le refuse, quitte à devenir hors-la-loi ? Les maires de droite !

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Discussion générale
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Eh oui !

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Discussion générale
M. Boris Tavernier Boris Tavernier EcoS

À titre d’exemple, l’an passé, dans le département du Rhône, la préfecture a dû retirer à sept communes leur compétence en matière d’urbanisme, parce qu’elles ne construisaient pas assez de logements sociaux. Or ces communes avaient un point commun : être administrée par un maire LR ou de centre droit.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Discussion générale
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Comme c’est étonnant !

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Discussion générale
M. Boris Tavernier Boris Tavernier EcoS

Votre proposition de loi cherche à faire diversion. Elle entend faire croire que la droite serait dans le camp du travail. Or c’est faux, archifaux. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe DR.)

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Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Seriez-vous de ceux qui promeuvent la paresse ?

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Discussion générale
M. Boris Tavernier Boris Tavernier EcoS

La droite s’oppose à la hausse des salaires et à l’amélioration des conditions de travail. Prenons un peu de hauteur. Le logement social est un filet de sécurité pour ceux qui ne peuvent accéder au parc locatif privé. Or, aujourd’hui, la moitié des logements locatifs privés sont possédés par 3,5 % des ménages. Voilà ce qui cloche ! À Lyon, où je suis élu, plus de la moitié des logements mis en location appartiennent à des personnes qui en possèdent au moins cinq. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Autrement dit, dans cette ville où la crise du logement est particulièrement violente, des millionnaires possèdent plus de la moitié du parc locatif privé ! Chaque mois, ils s’enrichissent non pas en travaillant, mais en recevant une multitude de loyers. S’enrichir sans travailler : ce sont eux que vous devriez qualifier d’assistés ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)

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Discussion générale
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Excellent !

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Discussion générale
M. Nicolas Forissier Nicolas Forissier

C’est caricatural ! C’est de la jalousie sociale !

Photo de M. Boris Tavernier
Discussion générale
M. Boris Tavernier Boris Tavernier EcoS

Ces gens-là s’enrichissent en profitant de la crise du logement. Après le bon sens, la décence. Cette ultraconcentration n’est pas une spécificité lyonnaise : les chiffres sont encore plus élevés à Paris ou à Lille. On s’étonnera ensuite que les prix grimpent, et on demandera à la solidarité nationale de les compenser au moyen des aides personnelles au logement (APL) et des logements sociaux ! Plutôt que de vous attaquer aux chômeurs, méditez sur cette hyperconcentration, méditez sur cet accaparement d’un bien commun qu’est le logement.

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Discussion générale
M. Jean-Pierre Taite Jean-Pierre Taite DR

Vous n’avez jamais créé de richesse !

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Discussion générale
M. Boris Tavernier Boris Tavernier EcoS

Ainsi, le groupe Écologiste et social considère que le logement, au même titre que l’alimentation, l’éducation ou la santé, constitue un droit fondamental qui doit être garanti à chacun, quelle que soit son origine, sa nationalité ou son statut professionnel. Refusant de mettre en concurrence les personnes précaires, nous voterons contre toute proposition de loi qui contreviendrait à ce principe. Enfin, nous réaffirmons la nécessité de doter notre pays d’une véritable politique du logement. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)

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Discussion générale
M. le président Roland Lescure

Sans vouloir être trop formel, monsieur le député, je rappelle qu’il est d’usage de saluer la présidence et le gouvernement en commençant une intervention. La parole est à M. Pascal Lecamp.

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Discussion générale
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

En 2022, la France comptait 2,6 millions de demandeurs de logements sociaux, soit 250 000 de plus qu’en 2017.

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Discussion générale
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

Merci Macron !

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Discussion générale
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

Cela signifie, vous l’avez dit, madame la ministre, que, chaque année, davantage de personnes demandent un logement social et ne peuvent l’obtenir. Les facteurs d’explication sont nombreux : construction insuffisante, vétusté,…

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Discussion générale
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

C’est le bilan d’Emmanuel Macron !

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Discussion générale
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Pour qui vous avez voté !

Photo de M. Pascal Lecamp
Discussion générale
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

…augmentation du prix du logement poussant certains ménages, éligibles depuis longtemps, à déposer une demande de logement social. Parmi les plus démunis, on comptait 350 000 personnes sans domicile en 2024. Ainsi, pour une partie de nos concitoyens, la conséquence directe d’un refus de logement social, c’est la rue. Cette crise du logement social rencontre évidemment celle du logement tout court. Ce n’est certes pas l’objet de la présente proposition de loi, mais il demeure important de bien contextualiser ce dont il s’agit. Chaque année, dans les centres urbains, les surfaces habitables dans lesquelles les foyers peuvent vivre diminuent. Et là où l’on peut se loger pour moins cher, notamment dans les campagnes, on ne trouve plus de travail, ou bien on n’a pas les moyens de transport bon marché indispensables pour y accéder – c’est tout le problème de la mobilité en milieu rural. S’agissant du présent texte, nous reconnaissons au rapporteur une volonté, louable et partagée, de soutenir les élus locaux. Je suis élu communal et communautaire et, comme nombre d’entre vous, j’ai été maire.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Il n’y a plus de cumul des mandats ! On compte sur François Bayrou, au moins, pour changer cela !

Photo de M. Philippe Gosselin
Discussion générale
M. Philippe Gosselin Philippe Gosselin DR

C’était le bon temps, on était sur le terrain !

Photo de M. Pascal Lecamp
Discussion générale
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

Évidemment, le maire est souvent bien placé pour déterminer ce qui serait le plus utile à sa commune et pour promouvoir la mixité sociale ; mais il est aussi souvent contraint dans son action. Toutefois, le texte dans sa version initiale ne répondait pas aux problèmes rencontrés par les maires. Certes, nous partageons la préoccupation des auteurs de la proposition de loi et, comme l’a rappelé Mme la ministre, il est important de soutenir les travailleurs précaires. Cependant, la solution ne peut pas consister à placer les élus dans la situation d’avoir à choisir entre une personne victime d’une tragédie personnelle – comme le sont les violences intrafamiliales – et un travailleur qui viendrait habiter dans la commune pour y occuper un emploi. Il s’agit, pour l’avoir vécu, d’un dilemme cornélien. L’amendement présenté en commission par les collègues socialistes nous invite à la réflexion : quatorze catégories de personnes prioritaires, est-ce bien sérieux ? En créer une supplémentaire, qui viendrait aggraver la concurrence entre les demandeurs, en ajoutant près de 10 millions de personnes prioritaires – les travailleurs à la recherche d’un logement –, ne réglerait pas le problème. Le groupe Les Démocrates juge plus pertinent de se pencher sur les moyens de soutenir les maires dans leur recherche de logements sociaux disponibles – je pense à la reconversion de bureaux ou à la rénovation d’immeubles inadaptés. Ce serait un premier vrai combat. Par ailleurs, monsieur le rapporteur, vous soulevez une autre question, que partage entièrement le groupe Démocrates : comment faire pour que l’on vive mieux de son travail, en France, en 2025 ?

Photo de M. Inaki Echaniz
Discussion générale
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Augmentez les salaires !

Photo de M. Pascal Lecamp
Discussion générale
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

C’est certainement une bonne solution ! Là encore, il s’agit de résoudre la crise du logement, liée à l’exode rural, à l’inflation des coûts et à l’augmentation des taux d’intérêt. Il s’agit – c’est urgent – de revaloriser le travail. Quand on passe la majeure partie de son temps éveillé à travailler, on doit pouvoir vivre dignement. Mais cette proposition de loi, faute d’augmenter le nombre de logements à disposition, ne peut atteindre ces objectifs. En conséquence, elle ne fait que déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

On ne veut déshabiller personne !

Photo de M. Pascal Lecamp
Discussion générale
M. Pascal Lecamp Pascal Lecamp Dem

S’il en comprend l’esprit, le groupe Les Démocrates doute de sa capacité à appréhender les enjeux auxquels elle se confronte, dans sa rédaction initiale comme après sa modification en commission. Ce texte envoie certes un signal politique ; mais, en dépit de ses bonnes intentions, il ne change rien aux blocages structurels du logement social. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure

La parole est à Mme Félicie Gérard.

Photo de Mme Félicie Gérard
Discussion générale
Mme Félicie Gérard Félicie Gérard HOR

Achat ou location, se loger est devenu, pour un nombre croissant de Français, un véritable défi. Plus de 2,5 millions de ménages, autrement dit près de 5 millions de personnes, sont en attente d’un logement social.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est énorme !

Photo de Mme Félicie Gérard
Discussion générale
Mme Félicie Gérard Félicie Gérard HOR

Plus de 40 % des demandeurs ont un emploi stable, mais leurs revenus ne leur permettent pas d’accéder au marché locatif privé. Ces chiffres illustrent une inquiétante réalité : avoir un emploi ne protège plus de la précarité et ne permet pas toujours de se loger dignement. Dans les grandes villes où les loyers explosent, nombre de travailleurs – aides-soignants, enseignants, ouvriers, sapeurs-pompiers – peinent à le loger près de leur lieu de travail. Le texte, dans sa rédaction initiale, proposait une disposition simple : faire des travailleurs une catégorie prioritaire dans l’attribution des logements sociaux. Bien que conscient des limites de cette mesure, eu égard à la procédure d’attribution des logements sociaux, le groupe Horizons & indépendants soutenait le signal ainsi envoyé aux travailleurs. Le texte a toutefois été entièrement réécrit en commission des affaires économiques. Non seulement le signal initial a disparu, mais cette nouvelle rédaction ferait de plus courir des risques juridiques réels à nombre de nos concitoyens.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Elle a raison !

Photo de M. Philippe Gosselin
Discussion générale
M. Philippe Gosselin Philippe Gosselin DR

La proposition de loi a été dénaturée !

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est l’influence des socialistes !

Photo de Mme Félicie Gérard
Discussion générale
Mme Félicie Gérard Félicie Gérard HOR

En voulant rationaliser et simplifier les critères de priorité pour l’attribution d’un logement locatif dans le parc social, la nouvelle rédaction sort de la liste des publics prioritaires plusieurs catégories de personnes : les personnes reprenant une activité après une période de chômage de longue durée ou encore des personnes qui, pour des raisons tenant à leurs conditions d’existence, rencontrent des difficultés particulières à se loger. La notion de public vulnérable, retenue dans la nouvelle rédaction, semble par ailleurs restrictive et porteuse d’insécurité juridique.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Il va falloir la changer !

Photo de Mme Félicie Gérard
Discussion générale
Mme Félicie Gérard Félicie Gérard HOR

Dans un avis rendu le 5 février, la Défenseure des droits estime que le texte ainsi réécrit sera sans effet sur les difficultés d’accès au logement social des publics les plus précaires et qu’il affaiblira la protection de plusieurs catégories de demandeurs de logement social pourtant particulièrement vulnérables. Le groupe Horizons & indépendants votera donc contre la proposition de loi telle que la commission l’a réécrite. Il réaffirme ici sa vision : le travail doit être un moteur d’émancipation et d’inclusion sociale, et permettre à chacun de se loger dignement et librement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure

La parole est à M. Salvatore Castiglione.

Photo de M. Alexandre Dufosset
Discussion générale
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

Il représente le Nord !

Photo de M. Salvatore Castiglione
Discussion générale
M. Salvatore Castiglione Salvatore Castiglione

Ce n’est une nouvelle pour personne : nous vivons une grave crise du logement, avec de très concrètes répercussions sur nos concitoyens. Parce que nous ne construisons plus assez, ils sont en grande difficulté pour trouver un toit, contraints de vivre dans des surfaces trop petites voire insalubres, forcés de se loger à des kilomètres de leur lieu de travail. Dans un tel contexte, ils sont nombreux à se tourner vers le logement social, espérant ainsi avoir un chez-soi sans faire le sacrifice de toutes leurs économies. Mais, trop souvent, cette aspiration légitime se retrouve déçue. La file d’attente auprès des bailleurs sociaux est longue de 2,7 millions de personnes. Il n’y a pas de profil type du demandeur de logement social,…

Photo de M. Laurent Jacobelli
Discussion générale
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Euh…

Photo de M. Salvatore Castiglione
Discussion générale
M. Salvatore Castiglione Salvatore Castiglione

…et il existe une multitude de bonnes raisons de demander l’accès à un logement pérenne. Parmi elles, des difficultés familiales, un handicap, des violences subies, ou encore des ressources insuffisantes pour permettre de se loger ailleurs. Il faut répondre à ces demandes légitimes et le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de construire davantage. C’est sur ce point que nos efforts devraient se concentrer, et je ne doute pas que nos collègues du groupe Droite républicaine partagent cette volonté. Au-delà de cette question essentielle, nous devons travailler à la question des catégories prioritaires dans l’accès au logement social. Notre volonté n’est pas de hiérarchiser la misère. Les catégories en vigueur sont pertinentes : lorsqu’on souffre d’un handicap ou qu’on subit des violences, l’accès au logement social est légitime. Cependant, certains sont oubliés ou, à tout le moins, relégués dans la file d’attente. C’est le cas des travailleurs précaires : leur emploi, instable ou trop peu rémunérateur, ne leur permet souvent pas d’accéder à un logement pérenne et proche de leur lieu de travail. Lorsqu’on travaille quelques jours par semaine, lorsqu’on enchaîne les CDD, lorsqu’on est intermittent du spectacle, trouver un bailleur privé qui accepte de vous louer son bien relève du parcours du combattant. Et quand, finalement, on en trouve un, on y consacre une grande partie de ses revenus. Cette situation comporte des risques et des contraintes : elle peut entraîner ces travailleurs dans la précarité et les éloigner de l’emploi. C’est la raison pour laquelle nous défendrons un amendement visant à les inclure dans le public prioritaire pour l’accès au logement social, compromis qui, je l’espère, saura trouver sa voie dans l’hémicycle. Il ne vise pas à opposer les publics, mais bien à tenir compte des difficultés de ceux qui contribuent à notre économie et qui, néanmoins, sont marginalisés. Je n’oublie pas pour autant les réelles difficultés à se loger que connaît le reste de la population active : c’est une source de problèmes pour les acteurs économiques. De nombreuses entreprises signalent en effet que les difficultés de logement des salariés compliquent le recrutement ou bien freinent la mobilité interne. C’est une entrave de plus à notre dynamisme économique.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est vrai, tout comme le problème de la garde des enfants !

Photo de M. Salvatore Castiglione
Discussion générale
M. Salvatore Castiglione Salvatore Castiglione

Nous nous devons de continuer à travailler sur ce problème, dont la résolution passera principalement par la résorption de la crise du logement. Je sais, madame la ministre, que vous y consacrez toute votre énergie et nous avons bon espoir de voir bientôt les fruits de ce volontarisme. Vous l’aurez compris, nous abordons cette proposition de loi avec la volonté de bâtir des compromis. Ajouter les travailleurs précaires à la liste des ménages prioritaires ne résoudra certainement pas le problème central, celui du déficit de logements, mais offrira aux travailleurs de tous les secteurs une chance d’accéder à un logement social et d’éviter ainsi des temps de trajet excessifs.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Très bien !

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure

La parole est à M. Édouard Bénard.

Photo de M. Édouard Bénard
Discussion générale
M. Édouard Bénard Édouard Bénard GDR

Lors de sa déclaration de politique générale, le 14 janvier, le premier ministre a abordé la question du logement. S’il a reconnu que « chacun doit avoir accès à un logement abordable », il n’a pas pour autant promis de s’attaquer frontalement à la crise, le logement se voyant même amputé dans le budget de près de 1,5 milliard d’euros. Le dernier rapport, accablant, de la Fondation pour le logement des défavorisés nous rappelle pourtant qu’il est urgent d’agir. Aujourd’hui, 350 000 personnes sont sans abri ; entre 5 000 et 6 000 d’entre elles – dont 1 000 à 3 000 enfants – dorment dehors ; 2,7 millions de personnes attendent un logement social, soit 1 million de plus qu’il y a douze ans, et 4,2 millions sont mal logées. Dans ce même rapport, l’ex-Fondation Abbé Pierre formule plusieurs préconisations. La principale d’entre elles concerne les logements sociaux et recommande de donner aux organismes HLM la capacité de relancer la construction. Loin de chercher à remédier à la pénurie en proposant des mesures de relance, la proposition de loi de nos collègues entend au contraire gérer la pénurie par un dispositif totalement hors-sol…

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Non !

Photo de M. Édouard Bénard
Discussion générale
M. Édouard Bénard Édouard Bénard GDR

…qui ferait des salariés le public prioritaire dans l’attribution des logements sociaux.

Photo de M. Patrick Hetzel
Discussion générale
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

C’est caricatural !

Photo de M. Édouard Bénard
Discussion générale
M. Édouard Bénard Édouard Bénard GDR

Il s’agit de mettre en tête de liste « les personnes en activité professionnelle », au nom de l’idée que, pour reprendre les termes de l’exposé des motifs de la proposition de loi, « notre modèle social doit se tourner résolument vers ceux qui en assurent la pérennité par leur labeur ».

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Eh oui !

Photo de M. Édouard Bénard
Discussion générale
M. Édouard Bénard Édouard Bénard GDR

Nous jugeons, nous aussi, qu’il est indispensable de « soutenir les travailleurs grâce à une offre de logement adaptée » ; mais, les ressources étant un critère essentiel d’attribution des logements sociaux, la majorité de ces logements est déjà attribuée à des salariés aux côtés, entre autres, de personnes admissibles sur des critères liés au handicap ou aux violences intrafamiliales.

Photo de M. Alexandre Dufosset
Discussion générale
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

N’importe quoi !

Photo de M. Édouard Bénard
Discussion générale
M. Édouard Bénard Édouard Bénard GDR

Si vous vouliez être utiles aux travailleurs et favoriser leur accès au logement social, pourquoi ne pas avoir proposé de rétablir la cotisation Action logement pour les entreprises de plus de dix salariés, supprimée en 2007 sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy et de Christine Boutin ? Pourquoi ne proposez-vous pas aux maires de votre famille politique de se mettre en conformité avec la loi SRU qui leur impose de construire 20 à 25 % de logements sociaux ? Pourquoi, enfin, ne proposez-vous pas de faciliter l’accès au parc locatif pour les ménages modestes en imposant aux bailleurs de respecter l’encadrement des loyers, en luttant contre la vacance et la prolifération des résidences secondaires en zones tendues et en rétablissant la garantie universelle des loyers ? En commission, votre proposition de loi démagogique a été vidée de sa substance.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Malheureusement !

Photo de M. Édouard Bénard
Discussion générale
M. Édouard Bénard Édouard Bénard GDR

L’article unique a été remplacé par les dispositions d’un amendement de nos collègues socialistes proposant une refonte des critères de priorité pour l’attribution des logements sociaux. Cependant la simplification et le recentrage qu’il opère sur les personnes vulnérables ne nous satisfont pas. La nouvelle rédaction tend en effet, comme la Défenseure des droits l’a souligné dans son avis, à faire disparaître certaines catégories : « personnes mal logées ou défavorisées », « personnes rencontrant des difficultés particulières de logement pour des raisons d’ordre financier », « personnes reprenant une activité après une période de chômage de longue durée ». Nous partageons également l’avis de la Défenseure des droits lorsqu’elle estime que la dénomination de « personnes vulnérables » ne permettra pas de rendre les critères de priorisation plus lisibles. Nous estimons qu’il est très imprudent de modifier les critères d’attribution des logements sociaux au détour d’une proposition de loi, sans étude d’impact préalable et sans qu’elle soit précédée d’échanges approfondis avec l’ensemble des acteurs du logement social, institutionnels comme associatifs. Nous ne voterons donc pas ce texte – à plus forte raison s’il venait à être rétabli dans sa rédaction initiale. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe SOC. – Mme Julie Ozenne applaudit également.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure

La parole est à M. Olivier Fayssat.

Photo de M. Laurent Jacobelli
Discussion générale
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

La droite, la vraie !

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Je croyais que Marine Le Pen n’était pas de droite !

Photo de M. Olivier Fayssat
Discussion générale
M. Olivier Fayssat Olivier Fayssat UDR

Le groupe UDR se réjouit de la présence, dans cette niche parlementaire, de cette proposition de loi en faveur des travailleurs. Elle contient une mesure de bon sens, à rebours du réflexe français de toujours vouloir pénaliser ceux qui travaillent, ceux qui réussissent, ceux qui investissent. Nous soutiendrons toujours la France qui se lève tôt pour faire progresser l’industrie, pour nous nourrir ou pour nous soigner : ouvriers, employés, artisans, agriculteurs, soignants – tous ceux qui assurent la prospérité de notre nation. En retour, et eu égard à leur contribution à la richesse nationale, les politiques publiques devraient se donner pour objectif de faciliter la vie de tous ces actifs. Pourtant, dans de nombreuses zones urbaines et périurbaines, les travailleurs modestes peinent à trouver un logement abordable à proximité de leur lieu de travail. Un besoin aussi élémentaire que celui de pouvoir se reposer sous un toit à la fin d’une journée de travail se trouve de plus en plus insatisfait. Notre territoire subit une grave crise du logement, à cause notamment des contraintes liées au DPE, le diagnostic de performance énergétique qui, censé encourager la rénovation énergétique, s’est transformé en véritable machine punitive, tout juste bonne à saccager le marché de l’immobilier. Faire plusieurs heures de route pour se rendre de son logement à son travail, c’est le quotidien de trop nombreux travailleurs français. Or l’attribution des logements sociaux repose actuellement sur des critères de revenu, de composition familiale et d’urgence sociale, et les travailleurs modestes peuvent se trouver désavantagés face à d’autres publics jugés prioritaires. Il est à nos yeux nécessaire que ce soient eux, ceux qui contribuent à la prospérité du pays, qui bénéficient de l’accès à un logement en zone urbaine ou périurbaine. Cette proposition de loi permettrait, nous le croyons, de répondre aux besoins spécifiques des travailleurs confrontés à des difficultés de logement à proximité de leur lieu de travail. Elle réduirait aussi les inégalités territoriales en renforçant la mobilité résidentielle et professionnelle des actifs. Vous l’aurez compris, le groupe UDR est favorable à cette proposition de loi telle qu’elle a été déposée ; néanmoins, et je le regrette, cette bonne initiative a été sabotée par la gauche.

Photo de M. Arnaud Le Gall
Discussion générale
M. Arnaud Le Gall Arnaud Le Gall LFI-NFP

C’est le parc locatif qui est saboté depuis des décennies !

Photo de M. Olivier Fayssat
Discussion générale
M. Olivier Fayssat Olivier Fayssat UDR

Nos collègues socialistes ont en effet fait adopter un amendement recentrant l’attribution des logements locatifs sociaux exclusivement sur les publics considérés comme étant les plus vulnérables, ce qui anéantit l’intérêt de cette proposition de loi. Le groupe UDR a donc déposé un amendement pour rétablir le sens de ce texte afin que les actifs puissent enfin obtenir les logements et les aides dont ils ont besoin. Bien sûr, il ne s’agit pas de nier les difficultés auxquelles sont confrontés les autres publics, ni même de leur fermer l’accès au logement social. Il s’agit simplement de prendre acte de la crise du logement actuel et de la précarisation de nombreux jeunes actifs, et de répondre avec une mesure forte à ce qui constitue pour nous une injustice majeure : le fait que des personnes qui travaillent ne parviennent pas à se loger correctement. Si la proposition de loi n’est pas rétablie conformément à son intention initiale, notre groupe votera contre. (Applaudissements et « Bravo ! » sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure

La parole est à M. Frédéric Boccaletti.

Photo de M. Frédéric Boccaletti
Discussion générale
M. Frédéric Boccaletti Frédéric Boccaletti RN

En 1889, la France voyait émerger les premiers logements sociaux. Ils représentaient un soutien pour certains, un tremplin pour d’autres, afin de préserver la dignité de tous. À présent, plus de 4,2 millions de personnes sont mal logées ; 2,7 millions de ménages – des parents, des enfants – sont contraints de recourir au logement social. Avant d’être vidé de sa substance par la gauche en commission, le texte visait à accorder aux travailleurs la priorité dans l’attribution de logements sociaux. Nous étions favorables à cette proposition de loi du groupe DR. Ériger le travail en critère prioritaire d’attribution d’un logement social est une bonne idée ; elle était défendue par Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle de 2022. Cependant, si vous avez une nouvelle fois copié le programme du Rassemblement national, chers collègues du groupe DR, vous en avez oublié l’essentiel – mais j’y reviendrai plus tard. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Ne vous énervez pas, ça va bien se passer ! (Sourires sur les bancs du groupe RN. – Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.) Il est insupportable de voir que, dans notre pays, le travail ne suffit plus pour se loger. Certains travailleurs pauvres sont encore contraints de dormir dans leur voiture. Cependant, cette proposition de loi ne résoudra pas la crise du logement dans notre pays. Il nous faut pour cela encourager et accentuer nos efforts pour permettre l’accession sociale à la propriété pour tous les Français. Ce texte ne s’attaque pas non plus aux défauts de la loi SRU qui régit les logements sociaux. Si cette dernière part d’un bon sentiment, son déploiement et les modifications qui lui ont été apportées ont conduit à des dérives.

Photo de Mme Dieynaba Diop
Discussion générale
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Quel festival !

Photo de M. Frédéric Boccaletti
Discussion générale
M. Frédéric Boccaletti Frédéric Boccaletti RN

Nous devons impérativement reconnecter la loi SRU aux réalités des territoires. J’observe la nécessité d’une telle reconnexion dans des communes de ma circonscription. À Saint-Mandrier-sur-Mer, la loi impose la construction de 403 logements sociaux, alors qu’il n’y a que 86 demandes recensées. Pendant que vous cherchez l’erreur, ce petit village doit payer 125 000 euros de pénalités ; nous le déplorons.

UR
Discussion générale
Un député du groupe RN

Quelle honte !

Photo de M. Frédéric Boccaletti
Discussion générale
M. Frédéric Boccaletti Frédéric Boccaletti RN

La loi SRU n’est pas non plus une agence de voyages vers des communes plus attractives. À Bandol aussi, cherchez l’erreur : 340 familles bandolaises sont en attente de logement social alors que le centre communal d’action sociale (CCAS) dénombre 2 973 demandes. La Seyne-sur-Mer, qui dépasse actuellement les 20 % de logements sociaux, ne peut plus continuer sur cette voie sans accroître la paupérisation de sa population. Dans ma circonscription, ces trois problèmes différents illustrent parfaitement la déconnexion de l’actuelle loi SRU par rapport aux réalités des territoires.

Photo de M. Pierre Pribetich
Discussion générale
M. Pierre Pribetich Pierre Pribetich SOC

Mais non, c’est une très bonne loi !

Photo de M. Frédéric Boccaletti
Discussion générale
M. Frédéric Boccaletti Frédéric Boccaletti RN

Avec mon collègue Franck Allisio, nous avions déposé une proposition de loi qui évoquait les problèmes découlant de la loi SRU : manque et cherté du foncier, bétonisation massive, logique du stock plutôt que du flux – qui a notre préférence. La loi SRU ne prend pas en considération plusieurs contraintes environnementales imposées aux maires : site Natura 2000, zone agricole, zone inondable, objectif ZAN, loi « littoral », etc. Cette proposition de loi ne s’attaque pas non plus au désordre qui règne dans les quartiers qui concentrent beaucoup de logements sociaux. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Les personnes condamnées pour des faits graves de trafic de drogue ou de violence ne doivent plus pouvoir en profiter. Il en va de même pour les familles de mineurs délinquants, qui cassent, agressent, et parfois tuent. Nous tenterons donc, par voie d’amendement, de pallier cet oubli. S’il faut évidemment accorder la priorité aux travailleurs dans l’attribution de logements sociaux, nous devons également nous attaquer aux dérives observées, telles que la sous-location illégale, l’occupation injustifiée d’un logement, les fausses déclarations, l’occupation par des ménages non éligibles – dérives qui ne semblent pas déranger certains députés du Nouveau Front populaire, qui n’ont pas hésité à y participer en occupant des logements sociaux alors même qu’ils touchaient leur indemnité parlementaire ou encore en les sous-louant à des membres de leur famille. (Exclamations et applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

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Discussion générale
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Profiteurs !

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M. Frédéric Boccaletti Frédéric Boccaletti RN

Enfin, je ferai une remarque fondamentale : en plagiant Marine Le Pen, vous avez oublié une idée essentielle : « faire de tous les citoyens français des privilégiés dans leur propre pays ». Il est grand temps de faire valoir le principe de priorité nationale dans l’attribution de logements sociaux. (« Bravo ! » et vifs applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Cette mesure est plébiscitée par 70 % des Français. Le système est à bout de souffle. Certains essaient de masquer une réalité, celle de la surreprésentation d’une population immigrée dans nos parcs de logements sociaux. Comment expliquer aux Français qui travaillent, cotisent et financent ces logements, qu’ils ne pourront jamais en profiter, du fait de cinquante ans de politique migratoire laxiste et incohérente ? (Protestations sur les bancs du groupe SOC.)

MD
Discussion générale
Mme Dieynaba Diop

Les immigrés, eux, ne travaillent pas, c’est bien connu !

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Discussion générale
M. Frédéric Boccaletti Frédéric Boccaletti RN

Je défendrai un amendement inspiré de la proposition de loi de mon collègue Romain Baubry, qui répond à l’impact des flux migratoires grandissants sur les capacités limitées de nos logements sociaux. Pour résumer, nous restons favorables au texte initial, et nous veillerons à y inscrire le principe de priorité nationale. (« Bravo ! » et vifs applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

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Discussion générale
M. le président Roland Lescure

La parole est à Mme Marie Lebec.

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Discussion générale
Mme Marie Lebec Marie Lebec EPR

Nous examinons une proposition de loi qui pose la question : le travail doit-il être mieux considéré pour l’accès au logement social ? Cette interrogation est d’autant plus pertinente qu’avoir un emploi ne garantit pas, de nos jours, de disposer d’un logement accessible. Nos collègues du groupe Droite républicaine soulignent avec justesse cette difficulté et proposent une réponse législative.

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Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Très bien !

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Discussion générale
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Mais non !

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Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Aucune réponse !

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Discussion générale
Mme Marie Lebec Marie Lebec EPR

Nous partageons leur constat : trop de travailleurs, notamment les plus modestes, peinent à se loger à proximité de leur emploi.

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Discussion générale
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Exactement !

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Discussion générale
Mme Marie Lebec Marie Lebec EPR

Nous sommes en phase avec l’esprit de cette proposition de loi, qui vise à mieux articuler logement et activité professionnelle. Reconnaître le travail, valoriser celles et ceux qui contribuent chaque jour à la vitalité économique de notre pays, c’est une ambition que nous partageons pleinement et qui est au cœur de la philosophie de notre groupe, Ensemble pour la République. C’est ce pour quoi nous œuvrons depuis sept ans,…

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Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Il est temps que ça s’arrête !

Photo de Mme Marie Lebec
Discussion générale
Mme Marie Lebec Marie Lebec EPR

…avec un taux d’activité au plus haut et une action constante pour revaloriser le travail. Tout pour que le travail paie ! Avoir un emploi doit permettre à chacun d’accéder à des conditions de vie confortables, en premier lieu à un logement. Pourtant, dans les faits, de nombreux actifs se trouvent en grande difficulté pour accéder au logement. (Exclamations sur les bancs du groupe SOC.) Dans ma circonscription des Yvelines, ce problème est particulièrement perceptible. Ce territoire conjugue une forte dynamique économique et une pression immobilière intense. D’un côté, des travailleurs en activité se trouvent bloqués entre un marché locatif onéreux et un parc social inaccessible, leurs revenus dépassant de peu les plafonds d’éligibilité. De l’autre, des entreprises peinent à recruter faute de logements abordables pour leurs salariés.

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Discussion générale
Mme Béatrice Bellay Béatrice Bellay SOC

Il faut augmenter les salaires !

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Discussion générale
Mme Marie Lebec Marie Lebec EPR

Selon l’Institut Paris région, seuls 20 % des travailleurs essentiels peuvent actuellement se loger dans la Boucle de Seine, où se trouve la circonscription où je suis élue. Combien de fois ai-je entendu des travailleurs essentiels de cette agglomération qui se retrouvent dans une impasse, car ils sont trop riches pour le logement social, mais pas assez pour le marché privé ? Et combien sont-ils à devoir faire de longs trajets depuis d’autres départements, faute de logements abordables, ce qui dégrade leur qualité de vie et complique le recrutement des entreprises locales ? La décohabitation aggrave encore la situation : de plus en plus de personnes vivant seules ou avec des enfants à charge risquent de basculer dans la précarité. Loin de les faire passer devant les publics en grande difficulté, telles que les personnes précaires, les familles en détresse, ou les personnes en situation de handicap, il s’agit de renforcer la légitimité des personnes qui travaillent parmi les publics prioritaires. Cette évolution offrirait aux autorités locales plus de flexibilité pour adapter l’attribution des logements aux besoins réels de chaque territoire, en prenant en considération les tensions économiques et sociales qui lui sont propres. Nous faisons confiance aux maires, aux bailleurs sociaux et aux commissions d’attribution pour…

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Discussion générale
Mme Ayda Hadizadeh Ayda Hadizadeh SOC

Gérer la pénurie !

Photo de Mme Marie Lebec
Discussion générale
Mme Marie Lebec Marie Lebec EPR

…gérer ces priorités avec discernement, en tenant compte à la fois des situations d’urgence et des impératifs économiques. Toutefois, cette réforme doit être appliquée avec clarté et équilibre. Comme l’a souligné la Défenseure des droits, il est essentiel d’éviter toute incertitude juridique. Des garanties sont indispensables pour prévenir toute discrimination indirecte et s’assurer que cette réforme bénéficie à tous ceux qui en ont réellement besoin. Afin d’assurer un équilibre entre justice sociale et soutien aux travailleurs, nous avons élaboré plusieurs propositions avec M. le rapporteur pour encadrer cette réforme. Pour ma part, j’ai déposé un amendement qui vise à rétablir la liste initiale des critères d’attribution d’un logement social, en maintenant l’inclusion des personnes défavorisées ou en recherche d’emploi de longue durée parmi les publics prioritaires.

Photo de Mme Dieynaba Diop
Discussion générale
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Et les femmes victimes de violences ? Non, ce n’est pas la peine ?

Photo de Mme Marie Lebec
Discussion générale
Mme Marie Lebec Marie Lebec EPR

Il tend également à exclure les logements considérés comme des passoires thermiques, afin d’éviter que des ménages aisés vivant dans ces logements, notamment en zones tendues, ne soient indûment intégrés dans le dispositif. Dans le même temps, il introduit une nouvelle priorité d’attribution pour les personnes en activité dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un plafond fixé par décret. Cette disposition permet de mieux cibler les travailleurs qui rencontrent de réelles difficultés d’accès au logement, sans pour autant créer une concurrence directe avec les publics les plus vulnérables. L’amendement établit ainsi une hiérarchie claire : les catégories de personnes défavorisées déjà listées par le code de la construction restent prioritaires sur les travailleurs. Ce compromis garantit une prise en compte équilibrée des besoins de chacun et assure que cette réforme réponde à son ambition première : faciliter l’accès au logement pour ceux qui en ont le plus besoin, sans désorganiser les principes fondamentaux du logement social. La démarche ne résoudra pas tous les problèmes, mais elle ouvre un débat important sur les moyens d’articuler logement et emploi.

Photo de Mme Dieynaba Diop
Discussion générale
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Il faut construire !

Photo de Mme Marie Lebec
Discussion générale
Mme Marie Lebec Marie Lebec EPR

Venir à bout des difficultés d’accès au logement social dans notre pays nécessitera une réforme globale et cohérente, qui ne se limite pas à ajouter un critère de priorité. Il faut s’attaquer aux racines du problème : l’insuffisance de logements accessibles, la répartition inégale des opportunités économiques et les obstacles à la mobilité résidentielle. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR et sur quelques bancs du groupe DR.)

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Discussion générale
M. le président Roland Lescure

La parole est à M. Sébastien Delogu. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

La proposition de loi que nous examinons pourrait s’appeler « Stigmatiser toujours plus les chômeurs et humilier sans relâche nos concitoyens les plus précaires ».

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Discussion générale
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Exactement !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Force est de reconnaître que son indignité est pleinement cohérente avec les autres textes que nous examinons aujourd’hui. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur les bancs des groupes RN et DR.) En effet, vous, députés de la droite, vous nous avez concocté, pour votre seule journée d’initiative parlementaire, un menu dont les saveurs font saliver Marine Le Pen,…

PR
Discussion générale
Plusieurs députés du groupe RN

Au bout de trente secondes !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

…tous les racistes et tous les réactionnaires de notre pays. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC ainsi que sur quelques bancs du groupe EcoS. – Protestations sur les bancs du groupe DR.) D’un texte à l’autre, vous nous infligez un véritable banquet de l’horreur.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Vous n’avez pas honte !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

L’entrée, c’est de la xénophobie décomplexée (Protestations vives et prolongées sur les bancs des groupes RN et DR) qui fait peser les manquements indignes de l’État sur les immigrés dont – je le rappelle ici – la France a colonisé les terres qu’elle continue d’exploiter, comme les corps de tous ces travailleurs sans droits qui viennent enrichir notre pays. (Mêmes mouvements.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure

Écoutez M. le député, s’il vous plaît !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Le plat principal, c’est la mise en concurrence des plus précaires pour accéder au minimum d’aide nécessaire à leur survie, parce que vos politiques économiques ne servent pas les citoyens de ce pays, mais seulement les plus riches. (MM. Maxime Laisney et Benjamin Lucas-Lundy applaudissent.) En effet, c’est pour eux que vous travaillez véritablement. Parlerez-vous un jour d’évasion fiscale ?

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Quel rapport avec le logement social ?

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Parlerez-vous de tous ceux qui se gavent d’argent public et ne paient pas ou presque pas d’impôt comme MM. Rodolphe Saadé, Vincent Bolloré, votre ami, ou Bernard Arnault ? Non, à l’évidence. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS. – Vives exclamations sur les bancs du groupe RN et DR.) Peu vous importe que certains se goinfrent, alors que la plupart galèrent au quotidien pour vivre, tout simplement. Pour finir, le dessert. Vous refusez les soins les plus élémentaires aux étrangers malades. Quelle honte, quel manque d’humanité dramatique ! Quelle trahison du serment d’Hippocrate et quelle bande d’hypocrites vous êtes ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe SOC. – Protestations sur les bancs des groupes RN et DR.) Dans ce banquet des horreurs, il ne manque en définitive que le digestif, que je m’étonne de ne pas voir. Pourquoi ne pas lapider les étrangers, torpiller les embarcations en Méditerranée ou encore remplacer notre devise républicaine par Oppression, Stigmatisation, Déshumanisation ? (Protestations sur les bancs du groupe DR.)

PR
Discussion générale
Plusieurs députés du groupe RN

Allez !

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Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Vous faites peser sur les plus précaires tous les maux de notre société. Le nom de votre groupe ne trompe personne. À chacune de vos prises de parole, dans vos propositions et vos votes, vous déshonorez la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC. – Protestations sur les bancs des groupes RN et DR.)

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est vous qui ne respectez pas la République ! C’est scandaleux !

Photo de M. Xavier Breton
Discussion générale
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

C’est un expert qui parle !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Enfin, vous expliquez qu’il est injuste de ne pas pouvoir se loger dignement lorsqu’on travaille dur. Au lieu de stigmatiser encore plus les personnes sans emploi, vous pourriez proposer, par exemple, la réquisition des logements vides. Vous pourriez plafonner les loyers, rendre obligatoire la construction de nouveaux logements et faire entretenir ceux qui s’écroulent, comme à Marseille.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

On voit ce que ça a donné !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Ces logements appartiennent à des gens qui n’en ont rien à faire de ceux qui vivent à l’intérieur et qui, parfois, y meurent. Tout le monde sait bien que si vous vouliez vraiment enrayer la crise du logement, et particulièrement celle du logement social, vous feriez tout simplement construire des logements !

Photo de Mme Sabrina Sebaihi
Discussion générale
Mme Sabrina Sebaihi Sabrina Sebaihi EcoS

Eh oui !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Cessez donc de ruiner le pays et ses habitants ! Donnez aux gens les moyens de vivre ! Vous ne comprenez pas qu’ils n’en peuvent plus, que le peuple se casse le dos pour quelques miettes que vous lui jetez au visage. Vous ne vous rendez même pas compte qu’ils vous haïssent. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.)

UR
Discussion générale
Un député du groupe RN

Quel poète !

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Discussion générale
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

C’est vous qui semez la haine ! Voilà la société que vous voulez !

Photo de Mme Clémence Guetté
Discussion générale
Mme Clémence Guetté Clémence Guetté LFI-NFP

Eh ! Oh ! Écoutez !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Ils vous demandent un logement et vous exigez d’eux qu’ils travaillent. Personnes sans emploi, handicapées, aux carrières fracassées, accidentés du travail, mères de famille, retraités, entendez-le bien : la droite n’en a rien à faire de vous. Elle préfère ses lubies à vos vies ; et, surtout, elle évite soigneusement de s’interroger sur les conséquences des politiques qu’elle mène depuis près de vingt ans. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Ah, pour baisser les aides au logement et priver les organismes HLM de leurs capacités d’investissement, vous êtes forts !

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

On les a défendus, les organismes HLM !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Mais faire respecter le droit fondamental d’avoir un toit et appliquer la loi, c’est mission impossible. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC.) Pour dire les choses simplement, si vous voulez aider les travailleurs, augmentez les salaires et construisez des logements ; si vous ne voulez pas taxer les milliardaires, réquisitionnez au moins les milliers de mètres carrés de bureaux et d’appartements inoccupés qu’ils possèdent et qui ne leur servent qu’à spéculer. Plafonnez les loyers, bloquez les prix, réduisez le temps de travail pour qu’il y en ait pour tous et qu’enfin, les citoyens de ce pays puissent vivre – et non survivre. (Approbations sur les bancs du groupe SOC.)

PR
Discussion générale
Plusieurs députés du groupe RN

Allez !

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Discussion générale
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

Trois, deux, un, c’est terminé ! Ça suffit !

Photo de M. Sébastien Delogu
Discussion générale
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Parce que nous osons défendre de telles mesures, vous nous accusez d’être des extrémistes. (« Oui ! » sur les bancs du groupe RN.) Non, nous sommes des républicains ! Comme à chaque fois que vous tentez d’emprunter ce chemin, La France insoumise vous bloquera. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Quelques députés du groupe SOC applaudissent aussi.)

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Discussion générale
M. le président Roland Lescure

La parole est à Mme Sandrine Runel.

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Je vais assurer la seconde partie du spectacle. (Sourires sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Xavier Breton
Discussion générale
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

C’est difficile !

Photo de M. Philippe Gosselin
Discussion générale
M. Philippe Gosselin Philippe Gosselin DR

Vous convenez donc que c’est du spectacle !

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Après une journée passée à détricoter le droit du sol à Mayotte, vous vous attaquez maintenant à un autre de nos droits fondamentaux : le droit au logement, qui figure pourtant dans la loi comme un devoir de solidarité pour la nation. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Même si vous n’êtes pas très nombreux, chers collègues du groupe Droite républicaine, permettez-moi de vous dire que l’ordre du jour que vous avez proposé est une honte. La violence de vos idées nous heurte. Par leur brutalité, vos textes n’apportent rien d’autre que le chaos républicain.

Photo de M. Xavier Breton
Discussion générale
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

Vous n’allez pas nous délivrer des brevets de républicanisme !

Photo de M. Laurent Jacobelli
Discussion générale
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Comment pouvez-vous faire la morale, vous êtes socialiste !

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Ainsi, vous souhaitez plafonner le cumul des prestations sociales, abroger le titre de séjour pour étranger malade et suspendre les allocations familiales aux parents de mineurs criminels ou délinquants.

Photo de M. Laurent Jacobelli
Discussion générale
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Excellent ! Bravo !

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

La seule submersion que nous constatons, c’est celles de vos fantasmes, qui relèvent d’un autre temps. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Je pense aux ménages les plus précaires, qui savent que la fin du mois n’est pas le 30 ; aux 2 043 enfants à la rue, qui dorment avec leur famille dans des écoles, des voitures et des gymnases ; à toutes ces personnes qui ont fait le choix, souvent contraint, de s’installer sur notre sol, d’y fonder leur famille et d’y construire une nouvelle vie. Je pense à « ces gens-là », comme vous les appelez, qui ne vous dérangent pas tant qu’ils ne sont qu’un ou deux, mais qui vous posent problème dès qu’ils commencent à être nombreux. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) La Droite républicaine tente d’entraîner notre pays dans un ravin populiste, sous l’œil complice et réjoui de l’extrême droite. Aujourd’hui, la droite – votre droite – est tout sauf républicaine. (Protestations sur les bancs du groupe DR.)

Photo de M. Laurent Jacobelli
Discussion générale
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Et votre gauche, elle peut aller se faire voir !

Photo de Mme Dieynaba Diop
Discussion générale
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Souffrez qu’elle parle !

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Monsieur Wauquiez, vous vous êtes surpassé. Vous avez fait sauter toutes les digues pour adopter, depuis ce matin, une surenchère idéologique nauséabonde.

Photo de M. Xavier Breton
Discussion générale
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

Arrêtez cette prétention !

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Vous vous engouffrez dans les eaux troubles de l’extrême droite et semblez déterminé à raser les dernières frontières démocratiques. C’est désormais votre habitude, mais cette niche parlementaire a atteint les sommets.

Photo de M. Thibault Bazin
Discussion générale
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Vous êtes totalement à côté de la plaque ! On peut parler du texte ?

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Dans la quête de votre électorat perdu, vous avez choisi, avec ce gouvernement, d’adopter une rhétorique utilisée jusque-là par la seule extrême droite : « la France aux Français », « la France aux travailleurs ».

Photo de M. Laurent Jacobelli
Discussion générale
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Vous n’aimez pas le travail !

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Connaissez-vous seulement la situation sociale dramatique de notre pays ? Depuis huit ans, nous n’avons eu droit qu’à la stigmatisation des bénéficiaires des minima sociaux, à la mise au travail forcé et gratuit des bénéficiaires du RSA ou encore à la baisse des aides personnalisées au logement.

Photo de M. Alexandre Dufosset
Discussion générale
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

Qu’est-ce qu’il a fait, François Hollande ?

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Ces politiques, justifiées par l’obsession austéritaire, la suspicion à l’égard de la figure du pauvre et la paranoïa xénophobe, n’ont d’autre effet que de nourrir la pauvreté. Quel héritage laisserons-nous à ceux qui nous succéderont ? Près de 2,7 millions de ménages sont dans l’attente d’un logement social. Le vrai problème, c’est le manque de logements – vous le savez très bien. Je le rappelle à la droite, car ce texte donne l’impression que vous découvrez le sujet. Plus de 93 000 ménages reconnus au titre du droit au logement opposable sont en attente de logement ; et plus de 2,8 millions de personnes vivent dans des conditions de surpeuplement ou d’insalubrité.

Photo de M. Laurent Jacobelli
Discussion générale
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Et votre logement insalubre, vous le louez combien, madame Thénardier ? (Protestations sur les bancs du groupe SOC.)

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Dans ce contexte, c’est méconnaître la situation du logement social que de croire que les règles de priorisation sont la cause du mal-logement. Le fait que des personnes sans emploi ou retraitées y soient logées n’est pas la source du problème.

Photo de M. Laurent Jacobelli
Discussion générale
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Vous louez des taudis !

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure

Veuillez laisser Mme la députée terminer tranquillement.

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Monsieur le rapporteur, votre texte est une escroquerie. Il est inutile. Pourtant, il a le mérite de clarifier des connivences idéologiques persistantes. Il y a quelques mois, vous avez cru bon de vous détacher de vos amis ciottistes. Maintenant, vous les appelez au secours pour déposer des amendements visant à rétablir des dispositions supprimées en commission par les socialistes. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Photo de M. Vincent Jeanbrun
Discussion générale
M. Vincent Jeanbrun rapporteur

C’est terminé !

Photo de Mme Sandrine Runel
Discussion générale
Mme Sandrine Runel Sandrine Runel SOC

Soyons honnêtes, votre texte ne cherche qu’à ajouter du désordre au désordre. Quand on promeut, comme vous le faites, des politiques qui discriminent, excluent et stigmatisent, on ne peut prétendre défendre la France, et encore moins son histoire universaliste. Monsieur le rapporteur, vous trouverez toujours les socialistes sur votre chemin pour combattre ces idées, pour empêcher que la vague réactionnaire ne submerge notre modèle social ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, EcoS et GDR. – Plusieurs députés des groupes SOC et EcoS se lèvent. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. le président
Discussion générale
M. le président Roland Lescure president

La discussion générale est close. Je vois que l’Assemblée est en pleine forme. Avant de passer à l’examen de l’article unique, je souhaite saluer la présence dans le public d’auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale – que certains d’entre vous ont sans doute fréquenté. (Applaudissements sur quelques bancs.)

Photo de M. le président
Discussion des articles
M. le président Roland Lescure president

J’appelle maintenant, dans le texte de la commission, l’article unique de la proposition de loi.

Photo de M. le président
Article unique
M. le président Roland Lescure president

Je suis saisi de plusieurs amendements, nos 39, 33, 34, 35, 38, 40, 41, 43, 44, 45, 50, 36 et 21, pouvant être soumis à une discussion commune. Sur l’ensemble de ces amendements, je suis saisi par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire de demandes de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à Mme Ersilia Soudais, pour soutenir l’amendement no 39. (Sourires sur les bancs du groupe RN.)

Amdt 39
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Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Monsieur le président, je vous prie de noter que je suis harcelée à chaque fois que je prends la parole.

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Article unique
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Vous croyez que c’est parce que vous êtes une femme ?

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Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

La droite prétendument républicaine souhaite mettre dans l’ombre les personnes bénéficiant du droit au logement opposable. Alors qu’elles sont totalement prioritaires, en 2022, 90 000 de ces personnes étaient – parfois depuis un temps anormalement long – dans l’attente d’un logement, parce qu’elles étaient sans logement, ou bien menacées d’expulsion sans solution de relogement, ou encore parce qu’elles vivaient dans un logement impropre. Votre texte tend à conditionner des droits qui, dans notre pays, sont inconditionnels : tout le monde devrait avoir un toit sur la tête. Nous devrions construire des logements sociaux pour loger dignement tout le monde, mais cela ne vous intéresse pas, car le paradis des riches est fait de l’enfer des pauvres, pour reprendre les mots de Victor Hugo. Vous en êtes la parfaite illustration.

Photo de M. Laurent Jacobelli
Article unique
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Et toi, tu gagnes combien par mois, fille à papa ?

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Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Vous opposez sans cesse les uns aux autres, vous souhaitez la guerre de tous contre tous, pour faire oublier que les véritables profiteurs, les véritables assistés sont les plus riches – dont vous faites partie.

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Article unique
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

Merci, François Hollande !

Photo de M. le président
Article unique
M. le président Roland Lescure president

La parole est toujours à Mme Ersilia Soudais, pour soutenir l’amendement no 33.

Amdt 33
Photo de Mme Ersilia Soudais
Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Vous ne vous souciez absolument pas des personnes en situation de handicap, qui font pourtant partie des publics prioritaires.

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Article unique
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Vous racontez n’importe quoi ! Il faut du travail sérieux !

Photo de Mme Ersilia Soudais
Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Or ces personnes ont beaucoup de mal à trouver des logements adaptés. J’entends souvent évoquer ce problème à ma permanence parlementaire ou lorsque je fais du porte-à-porte dans ma circonscription. Permettez-moi de vous parler de cette dame qui vit au quatrième étage sans ascenseur de la résidence Rothschild à Lagny-sur-Marne. Sa fille, qui est venue me voir à ma permanence, a témoigné du fait que sa mère dépendait de la bonne volonté des gens pour sortir de son logement. Je vous laisse imaginer ce qu’il lui arriverait en cas d’urgence. De nombreuses personnes sont dans cette situation. Si vous continuez de les invisibiliser, elles peineront encore longtemps à trouver des logements adaptés à leur handicap.

Photo de M. le président
Article unique
M. le président Roland Lescure president

La parole est à M. Sébastien Delogu, pour soutenir l’amendement no 34.

Amdt 34
Photo de M. Sébastien Delogu
Article unique
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Cet amendement est très clair. (L’orateur sourit.) Taisez-vous un peu !

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Article unique
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Ça le fait rire, alors que certains n’ont pas de logement !

Photo de M. Sébastien Delogu
Article unique
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Pour répondre aux problèmes actuels, plutôt que de dresser les gens les uns contre les autres sous prétexte que certains travaillent et d’autres non, il faut construire des logements. Sans cela, les personnes expulsées ne pourront pas faire respecter leur droit au logement opposable. Voilà ce que nous avons essayé de vous expliquer tout à l’heure.

Photo de M. Thibault Bazin
Article unique
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Qui se drogue à l’Assemblée ? Il y a eu un article ce matin !

UD
Article unique
Un député

On n’a rien compris !

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Article unique
M. le président Roland Lescure president

La parole est à Mme Ersilia Soudais, pour soutenir l’amendement no 38.

Amdt 35
Photo de Mme Ersilia Soudais
Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Nous en sommes à l’amendement no 35. C’est difficile à suivre. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.) Je l’ai déjà dit, vous n’en avez rien à faire des personnes en situation de handicap…

Photo de M. Thibault Bazin
Article unique
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Vous dites n’importe quoi !

Photo de Mme Ersilia Soudais
Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

…vous n’en avez rien à faire des personnes qui bénéficient du Dalo, mais vous n’avez rien à faire non plus des femmes victimes de violences conjugales, qui font partie des publics prioritaires pour l’accès à un logement social.

Photo de M. Thibault Bazin
Article unique
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Elles y sont toujours !

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Article unique
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Et si Mme Runel loue un appartement à M. Adrien Quatennens, qu’est-ce qu’il se passe ?

Photo de Mme Ersilia Soudais
Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Votre sexisme, on le voit en ce moment même, et on l’a vu tout à l’heure, à la manière dont vous avez traité ma présidente et Mme Obono. (Les exclamations sur les bancs du groupe RN couvrent la voix de l’oratrice.)

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Article unique
M. le président Roland Lescure

Madame la députée, je vous interromps. Chers collègues, est-ce qu’on peut écouter la défense des amendements dans le calme et dans le respect. Madame Soudais, je vous en prie, continuez.

Photo de Mme Ersilia Soudais
Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Faites au moins semblant de vous soucier de la question des femmes !

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Article unique
M. le président Roland Lescure

Je voulais dire : continuez à défendre votre amendement !

Photo de Mme Ersilia Soudais
Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

C’est ce que je fais, puisqu’il concerne les femmes.

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Article unique
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Comment il va, Adrien ? (Exclamations sur les bancs du groupe SOC.)

Photo de M. Inaki Echaniz
Article unique
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Jacobelli, ça suffit !

Photo de M. le président
Article unique
M. le président Roland Lescure

Je ne vais pas répéter ce que je viens de dire !

Photo de Mme Ersilia Soudais
Article unique
Mme Ersilia Soudais Ersilia Soudais LFI-NFP

Quand vous parlez des violences à l’encontre des femmes, vous parlez systématiquement des étrangers, mais vous oubliez que c’est souvent dans leur cercle proche que les femmes sont victimes de violences, et qu’elles subissent notamment des violences conjugales. Quand on voit le monde patriarcal dans lequel on vit, on se dit que c’est normal qu’il y ait toujours autant de violences conjugales. Quand je vois la façon dont les députés se comportent à l’égard des femmes, je ne suis pas surprise qu’il y ait toujours des violences conjugales ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR. – Vives exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Julien Guibert
Article unique
M. Julien Guibert Julien Guibert RN

Et quand vous insultez les autres députés en commission ?

Photo de M. Thibault Bazin
Article unique
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Ils sont en train de pourrir notre niche !

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure president

La parole est à M. Manuel Bompard, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Manuel Bompard
Rappels au règlement
M. Manuel Bompard Manuel Bompard LFI-NFP

Il se fonde sur l’article 100 de notre règlement, relatif à la bonne tenue de nos débats. Lorsque mes collègues Sébastien Delogu et Ersilia Soudais prennent la parole pour défendre un amendement, ils font immédiatement l’objet d’invectives, de moqueries… (Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Thibault Bazin
Rappels au règlement
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

C’est un expert qui s’exprime !

Photo de M. Manuel Bompard
Rappels au règlement
M. Manuel Bompard Manuel Bompard LFI-NFP

…d’attaques qui viennent de l’autre côté de l’hémicycle.

Photo de M. Alexandre Dufosset
Rappels au règlement
M. Alexandre Dufosset Alexandre Dufosset RN

Ce n’est pas Charlie du tout !

Photo de M. Manuel Bompard
Rappels au règlement
M. Manuel Bompard Manuel Bompard LFI-NFP

Monsieur le président, pouvez-vous faire en sorte que chacun puisse défendre ses amendements, en rappelant à l’ordre les députés qui se livrent à ces invectives ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

Vous noterez, monsieur Bompard, que c’est exactement ce que je viens de faire. La parole est à M. Frédéric Falcon, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Frédéric Falcon
Rappels au règlement
M. Frédéric Falcon Frédéric Falcon RN

Nous sommes un peu choqués. Depuis ce matin, nous subissons l’agressivité du Nouveau Front populaire. Nous débattons de sujets très sérieux et importants pour les Français : Mayotte et le logement (Applaudissements sur les bancs du groupe RN) et vous êtes dans la provocation permanente, dans la bordélisation permanente.

Photo de M. Thibault Bazin
Rappels au règlement
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Eh oui…

Photo de M. Frédéric Falcon
Rappels au règlement
M. Frédéric Falcon Frédéric Falcon RN

Vous avez donné un spectacle absolument lamentable aux Français…

Photo de Mme Dieynaba Diop
Rappels au règlement
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

C’est vous qui êtes responsables de ce spectacle, ça vient de vos rangs !

Photo de M. Frédéric Falcon
Rappels au règlement
M. Frédéric Falcon Frédéric Falcon RN

…et votre comportement a des conséquences pour tous les parlementaires. Dans nos circonscriptions, on nous demande ce qui se passe, on nous dit que La France insoumise fait un bazar pas possible dans cet hémicycle. Madame Soudais, si nous soupirons quand vous parlez, ce n’est pas parce que vous êtes une femme, c’est parce que vous êtes une antisémite notoire. Tout simplement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP dont plusieurs députés se lèvent et brandissent le règlement, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS.)

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

Voilà un rappel au règlement qui va sans doute en appeler d’autres.

UL
Rappels au règlement
Une députée du groupe LFI-NFP

Il rigole, en plus !

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

La parole est à Mme Danièle Obono, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Danièle Obono
Rappels au règlement
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Il se fonde, vous vous en doutez, sur l’article 70, alinéa 3, de notre règlement, puisque le député d’extrême droite (Protestations sur les bancs du groupe RN),…

Photo de Mme Andrée Taurinya
Rappels au règlement
Mme Andrée Taurinya Andrée Taurinya LFI-NFP

C’est factuel !

Photo de Mme Danièle Obono
Rappels au règlement
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

…membre du Rassemblement national,…

Photo de M. Thibault Bazin
Rappels au règlement
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

On est pris en otage ! On ne peut pas examiner nos textes !

Photo de Mme Danièle Obono
Rappels au règlement
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

…un parti fondé par des Waffen-SS et des vichystes (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) vient nommément d’insulter, d’injurier notre collègue Ersilia Soudais.

Photo de M. Emeric Salmon
Rappels au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

C’était une qualification politique !

Photo de Mme Danièle Obono
Rappels au règlement
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Cette injure, en dehors de cet hémicycle, a valu à un autre individu d’extrême droite d’être condamné par la justice. (Mêmes mouvements.) Ces propos sont absolument intolérables…

Photo de M. Laurent Jacobelli
Rappels au règlement
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Prouvez qu’elle ne l’est pas !

Photo de Mme Danièle Obono
Rappels au règlement
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

…et nous espérons que vous allez les signaler à la présidente de l’Assemblée nationale, qui est toujours très zélée quand il s’agit de sanctionner les membres de La France insoumise pour tout et n’importe quoi, surtout pour n’importe quoi. Nous demandons que ce député soit sévèrement sanctionné. (Mêmes mouvements.)

Photo de Mme Caroline Colombier
Rappels au règlement
Mme Caroline Colombier Caroline Colombier RN

Vous passez votre temps à nous traiter de racistes et de xénophobes !

Photo de Mme Danièle Obono
Rappels au règlement
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Je rappelle à l’orateur qu’il devrait commencer par faire le ménage dans son propre groupe…

Photo de M. Thibault Bazin
Rappels au règlement
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Vous pourrissez notre niche !

Photo de Mme Danièle Obono
Rappels au règlement
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

…puisque l’un de ses membres était propriétaire d’une librairie antisémite (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Vives exclamations sur les bancs du groupe RN),…

Photo de M. Xavier Breton
Rappels au règlement
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

Arrêtez votre cinéma !

Photo de M. Thibault Bazin
Rappels au règlement
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

On ne peut pas revenir à nos travaux ?

Photo de Mme Danièle Obono
Rappels au règlement
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

…et que certains sont sur des groupes Facebook où l’on tient des propos racistes, sexistes et homophobes. Or ils n’ont jamais fait l’objet d’aucune condamnation sur vos bancs et vous assumez qu’ils fassent partie de votre groupe. (Mêmes mouvements.) Nous demandons, monsieur le président, que des sanctions soient prises à l’égard de l’extrême droite : c’est elle qui, de tradition, dans notre pays, a toujours porté l’antisémitisme et toutes les formes de racisme. Et c’est pour cela que nous la combattons !

Photo de M. Emeric Salmon
Rappels au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Et le Hamas, alors ? Suppôts du Hamas !

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

Monsieur le député Falcon, je vous rappelle à l’ordre, en raison de l’expression qui a été la vôtre tout à l’heure, qui est inacceptable. (Protestations sur les bancs des groupes RN, DR et UDR.)

Photo de M. Emeric Salmon
Rappels au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Ils nous ont traités de racistes toute la journée !

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

C’est une insulte personnelle. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP, dont plusieurs députés se lèvent. – Vives exclamations continues sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Emeric Salmon
Rappels au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Elle nous dit la même chose !

Photo de Mme Caroline Colombier
Rappels au règlement
Mme Caroline Colombier Caroline Colombier RN

Elle vient de nous traiter d’antisémites !

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

C’est une insulte personnelle…

Photo de M. Frédéric Falcon
Rappels au règlement
M. Frédéric Falcon Frédéric Falcon RN

Non !

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

…qui n’a pas sa place ici.

UR
Rappels au règlement
Un député du groupe RN

Ce n’est pas possible !

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

Si, monsieur le député, c’est possible. Je m’attendais à ce que ce soit plus calme ce soir…

Photo de M. Laurent Jacobelli
Rappels au règlement
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Elle vient de faire la même chose !

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

Eh non, c’est toute la subtilité ! (Les exclamations se poursuivent sur les bancs du groupe RN.)

Photo de M. Laurent Jacobelli
Rappels au règlement
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Eh si !

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

Si je peux m’exprimer, monsieur Falcon, vous avez traité nommément une membre de ce parlement… (Mêmes mouvements.) Et je vous rappelle donc à l’ordre pour ce fait personnel. (Plusieurs députés membres des groupes LFI-NFP et SOC font signe à M. Frédéric Falcon de s’asseoir.)

Photo de M. Inaki Echaniz
Rappels au règlement
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Le Conseil d’État vous a classés à l’extrême droite.

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

La parole est à M. Frédéric Falcon, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Frédéric Falcon
Rappels au règlement
M. Frédéric Falcon Frédéric Falcon RN

Je ne retirerai rien. Prenez tout ce que j’ai ! Prenez toutes mes indemnités, cela n’a aucune importance ! Toute la France sait ce que vous êtes. Je sais d’où je viens, madame, et vous êtes une insulte à notre pays ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN, dont plusieurs membres se lèvent, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe UDR. – Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe SOC.) Vous êtes une insulte à la mémoire de notre… (M. le président coupe le micro de l’orateur.)

Photo de M. Sébastien Delogu
Rappels au règlement
M. Sébastien Delogu Sébastien Delogu LFI-NFP

Ça s’appelle du tumulte, non ?

Photo de M. Thibault Bazin
Rappels au règlement
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Est-ce que l’on pourrait revenir au débat, aux gens qui n’arrivent pas à se loger à Paris ?

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

La parole est à M. Benjamin Lucas-Lundy, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Rappels au règlement
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3, ainsi que sur l’article 100, de notre règlement, après que cet hémicycle vient d’être sali par les propos du Rassemblement national. (Exclamations continues sur les bancs du groupe RN.) Monsieur le président, je vais vous demander dans un instant une suspension de séance…

Photo de M. Patrick Hetzel
Rappels au règlement
M. Patrick Hetzel Patrick Hetzel DR

Vérifiez qu’il a bien la délégation pour le faire !

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Rappels au règlement
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

…pour que les représentants des groupes puissent se réunir et voir comment cette soirée peut continuer. Qu’une collègue soit traitée d’antisémite…

Photo de M. Laurent Jacobelli
Rappels au règlement
M. Laurent Jacobelli Laurent Jacobelli RN

Elle l’est !

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Rappels au règlement
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

…par ceux qui, il y a quelques jours, ont rendu hommage à Jean-Marie Le Pen, est d’une indécence crasse. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.) Monsieur le président, je salue la décision que vous avez prise de prononcer un rappel à l’ordre. Je crois qu’il faudrait que le bureau se réunisse en urgence. (Exclamations sur les bancs du groupe RN.) On ne peut pas accepter de tels propos, qui n’ont pas été condamnés par le représentant du groupe Rassemblement national. Je souhaite que les représentants des groupes se réunissent et que chaque groupe condamne cette expression, qui a été répétée, renouvelée, réitérée, amplifiée par les propos que vient de tenir le collègue d’extrême droite.

Photo de M. le président
Rappels au règlement
M. le président Roland Lescure

Avant de suspendre la séance, je rappelle que cette journée est consacrée à la niche du groupe Droite républicaine qui, j’imagine, aimerait que l’on débatte de son texte.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Roland Lescure president

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-deux heures cinquante-cinq, est reprise à vingt-trois heures.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Roland Lescure president

La séance est reprise.

Photo de M. le président
Article unique (suite)
M. le président Roland Lescure

Les députés peuvent-ils reprendre leur place ? L’examen du texte va se poursuivre. (Les députés du groupe LFI-NFP, qui protestent de façon continue, sont pour la plupart groupés au pied de leurs travées avec quelques députés du groupe EcoS.) Évidemment, le bureau sera saisi de tous ces incidents. Nous aurons donc l’occasion d’en discuter. (Exclamations continues de plusieurs députés du groupe LFI-NFP.) J’ai prononcé une sanction contre le député Falcon qui l’a bien méritée. Je demande que nous reprenions nos travaux, ne serait-ce que pour les membres de la Droite républicaine qui souhaitent que leur niche se poursuive. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe DR.)

Photo de M. Manuel Bompard
Article unique (suite)
M. Manuel Bompard Manuel Bompard LFI-NFP

On ne reprend pas avant que l’insulteur sorte !

Photo de M. le président
Article unique (suite)
M. le président Roland Lescure

Je ne fais sortir personne.

Photo de M. Fabien Di Filippo
Article unique (suite)
M. Fabien Di Filippo Fabien Di Filippo DR

Le président doit sévir : c’est une niche, il y a des gens qui travaillent. (Exclamations des députés du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. le président
Article unique (suite)
M. le président Roland Lescure

Mesdames et messieurs les députés, je vous demande de regagner vos places.

Photo de M. Fabien Di Filippo
Article unique (suite)
M. Fabien Di Filippo Fabien Di Filippo DR

Monsieur le président, ça s’appelle du tumulte ! (« Sanctionnez ! » sur plusieurs bancs du groupe DR.)

Photo de M. le président
Article unique (suite)
M. le président Roland Lescure

Je demande aux seuls présidents de groupe ou à leurs représentants de me retrouver au pied de la tribune immédiatement.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Roland Lescure president

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-trois heures cinq, est reprise à vingt-trois heures dix.)

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Roland Lescure president

La séance est reprise.

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Roland Lescure

Vous voudrez bien regagner vos sièges, chers collègues. (Les députés du groupe LFI-NFP restent debout, plusieurs d’entre eux sont encore groupés au pied de leurs travées. – Exclamations sur les bancs du groupe DR.)

Photo de M. Xavier Breton
Suspension et reprise de la séance
M. Xavier Breton Xavier Breton DR

Il faut que les LFI s’assoient !

Photo de M. le président
Suspension et reprise de la séance
M. le président Roland Lescure president

Merci d’éviter les gestes déplacés et les invectives. M. le rapporteur a demandé la parole : pouvez-vous vous assoir, s’il vous plaît, et le laisser s’exprimer ?

Photo de M. le président
Rappel au règlement
M. le président Roland Lescure president

La parole est à M. Laurent Wauquiez, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Laurent Wauquiez
Rappel au règlement
M. Laurent Wauquiez Laurent Wauquiez DR

Il se fonde sur l’article 100, qui a trait à la bonne tenue de nos débats. Depuis ce matin, les élus de la Droite républicaine…

Photo de M. Inaki Echaniz
Rappel au règlement
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Rasent gratis !

Photo de M. Laurent Wauquiez
Rappel au règlement
M. Laurent Wauquiez Laurent Wauquiez DR

…ont eu à cœur de mettre sur la table des sujets importants pour les Français. Bien entendu, nos approches diffèrent, et c’est théoriquement l’honneur de notre assemblée que de pouvoir débattre…

Photo de Mme Sarah Legrain
Rappel au règlement
Mme Sarah Legrain Sarah Legrain LFI-NFP

Vous avez un problème avec l’extrême droite !

Photo de M. Laurent Wauquiez
Rappel au règlement
M. Laurent Wauquiez Laurent Wauquiez DR

…de telle sorte que ces divergences ne nous empêchent pas de nous écouter, de nous respecter. Nous souhaitions discuter de sujets régaliens, de la France qui travaille, de la protection des agriculteurs. Tout au long de la journée, La France insoumise n’aura eu de cesse d’invectiver, de recourir à l’obstruction, de se livrer à un cinéma lamentable – une honte pour la démocratie, pour cet hémicycle. (« Ben voyons ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Applaudissements sur les bancs des groupes RN, DR et UDR, ainsi que sur quelques bancs du groupe EPR.)

Photo de M. Thibault Bazin
Rappel au règlement
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Exactement !

Photo de M. Laurent Wauquiez
Rappel au règlement
M. Laurent Wauquiez Laurent Wauquiez DR

L’image que vous avez donnée, en cherchant uniquement à éviter que nous débattions du fond, rejaillit sur tous les députés ! Nous ne participerons pas à la prolongation de cette mascarade. Vous avez voulu éviter que nous travaillions pour les Français et que nous débattions : vous en porterez la responsabilité. Nous retirons la totalité des textes inscrits à l’ordre du jour de notre niche parlementaire. Ce que vous avez fait durant cette journée est lamentable ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Photo de M. le président
Rappel au règlement
M. le président Roland Lescure

Monsieur Cazeneuve, vous souhaitez faire un rappel au règlement ? C’est possible, la séance n’est pas encore levée !

Photo de M. Fabien Di Filippo
Rappel au règlement
M. Fabien Di Filippo Fabien Di Filippo DR

Il n’y a plus de textes !

Photo de M. le président
Ordre du jour de la prochaine séance
M. le président Roland Lescure president

Prochaine séance, lundi 10 février, à quatorze heures, sous réserve de la décision de la conférence des présidents convoquée à treize heures quarante-cinq : Discussion et vote sur une motion de censure déposée en application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution ; Discussion de la proposition de loi pour améliorer la prise en charge de la sclérose latérale amyotrophique et d’autres maladies évolutives graves ; Discussion de la proposition de loi visant à permettre l’élection du maire d’une commune nouvelle en cas de conseil municipal incomplet ; Discussion de la proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à vingt-trois heures quinze.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Vote solennel et public par lequel les députés se prononcent sur un texte, un amendement ou une motion. Au scrutin public, chaque député enregistre son vote (pour, contre, abstention) et les résultats sont nominatifs.

Vote solennel

Catégorie de scrutin public utilisée pour les votes les plus importants (adoption d'un texte en lecture solennelle, motions majeures, décisions politiques structurantes). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de savoir précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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