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Discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, du projet de loi de finances pour 2025
Lundi 3 février 2025 16:00 – 17:10 1h10 Assemblée nationale Confirmé Créée le 13/01/2025 PO838901
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Discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, du projet de loi de finances pour 2025
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Discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

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261 Interventions sur l'ensemble de la séance
56 Orateurs distincts repérés
8 Séquences détectées dans le débat
0 Amendements cités à l'oral

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Repères de séance

Ouverture de seance Libération d’Ofer Kalderon Commission mixte paritaire Présentation Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution Suspension et reprise de la séance
Photo de Mme la présidente
Ouverture de seance
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à seize heures.)

Photo de Mme la présidente
Libération d’Ofer Kalderon
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Notre compatriote Ofer Kalderon, retenu en otage pendant plus de quinze mois, a été libéré ce samedi. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent longuement.) Au nom de la représentation nationale, je veux exprimer le soulagement et la joie que nous ressentons à le savoir désormais libre. Je forme également le vœu qu’Ohad Yahalomi, encore détenu à Gaza, puisse lui aussi être bientôt libéré, de même que tous les Français retenus en otage dans le monde. En cet instant, je voudrais que nous ayons une pensée particulière pour Olivier Grondeau, ainsi que pour Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris, retenus en Iran depuis maintenant plus de mille jours. (Mmes et MM. les députés applaudissent.)

Photo de Mme la présidente
Commission mixte paritaire
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’ordre du jour appelle la discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, du projet de loi de finances pour 2025 (no 873).

Photo de Mme la présidente
Présentation
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. David Amiel, rapporteur de la commission mixte paritaire.

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur de la commission mixte paritaire

Chacun le sait : depuis le mois de janvier, alors que les États-Unis et la Chine se sont lancés dans une guerre économique mondiale, la France est clouée au sol. Les entreprises françaises gèlent les embauches et les investissements.

Photo de M. Fabrice Brun
Présentation
M. Fabrice Brun Fabrice Brun DR

Eh oui ! L’économie tourne au ralenti !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Les services publics tournent au ralenti, car ils ne connaissent pas les moyens dont ils disposeront. Les agriculteurs attendent désespérément les mesures d’urgence qui leur ont été promises par cette assemblée. Le fait est simple. Aucun parti n’est majoritaire dans cet hémicycle et personne ne peut imposer son budget idéal.

UL
Présentation
Un député du groupe LFI-NFP

Surtout pas vous !

Photo de M.David Amiel
Présentation
M.David Amiel rapporteur

Pour éviter la sortie de route du pays, tout le monde doit mettre de l’eau dans son vin, car aucun parti ne peut prendre le budget de la France en otage. Cette commission mixte paritaire (CMP) a fourni l’occasion d’un exercice inédit sous la Ve République. Elle s’est tenue, et je tiens à le saluer, dans un climat respectueux et studieux, n’empêchant évidemment pas l’expression légitime des désaccords. Le texte voté au Sénat a été considérablement amendé, pour entendre le plus de sensibilités politiques et tous les bancs du Parlement.

Photo de M. Philippe Vigier
Présentation
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

Très bien !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Les engagements pris par le premier ministre dans sa lettre du 16 janvier ont été fidèlement intégrés, sans coups tordus et sans négociations d’arrière-cour.

Photo de M. Manuel Bompard
Présentation
M. Manuel Bompard Manuel Bompard LFI-NFP

C’est faux !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Les demandes formulées sur de nombreux bancs pour l’éducation, l’écologie, le sport, le logement – logement social ou accession à la propriété – ou les outre-mer ont toutes été reprises.

Photo de M. Manuel Bompard
Présentation
M. Manuel Bompard Manuel Bompard LFI-NFP

Et la taxe sur les transactions financières, alors ?

Photo de M. Aurélien Le Coq
Présentation
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Arrêtez de nous jouer du pipeau ! (Mme Ségolène Amiot mime un joueur de pipeau.)

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Certes, ce n’est pas une pratique habituelle, mais nous sommes tous intoxiqués à un fait majoritaire qui, dans la période, ne conduirait qu’à l’impuissance et à la crise. Une nouvelle pratique politique doit naître et le mot « compromis » ne doit plus être une insulte dans la vie politique française. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de M. Erwan Balanant
Présentation
M. Erwan Balanant Erwan Balanant Dem

Bravo !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Nous ne serons capables de faire traverser les deux prochaines années au pays que si nous sommes d’abord capables de nous changer nous-mêmes.

Photo de M. Jean-Michel Jacques
Présentation
M. Jean-Michel Jacques Jean-Michel Jacques EPR

Il a raison !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Mais, pour être tenable, ce compromis d’intérêt général ne doit pas devenir un tour de passe-passe. Il ne doit pas nous conduire à sacrifier demain à aujourd’hui ou à préférer les clientèles électorales aux urgences nationales. Cette condition n’est pas la moindre. C’est la raison pour laquelle il était crucial de continuer à réduire le déficit. (Mme Ségolène Amiot s’exclame.) Le texte présenté par la CMP s’inscrit dans la trajectoire présentée par le gouvernement, qui vise à ramener le déficit à 5,4 % du PIB. Il y allait de la crédibilité de notre pays, de son indépendance vis-à-vis des marchés financiers, de sa capacité à réagir en cas de nouvelle crise. Ces économies, historiques, ne doivent pas non plus se faire au détriment des investissements pour l’avenir, à moins de céder à la facilité politique : il est plus facile de renoncer que de réformer, d’abandonner des initiatives pourtant indispensables que de réexaminer l’existant.

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Présentation
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

C’est vous qui avez tout abandonné !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

De surcroît, nous ne pouvons faire à Donald Trump le cadeau d’un budget dans lequel nous massacrerions les sources d’innovation et de souveraineté technologique. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de M. Maxime Laisney
Présentation
M. Maxime Laisney Maxime Laisney LFI-NFP

Elle est bonne, celle-là !

Photo de M. Julien Odoul
Présentation
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

C’est complètement hors sujet !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

C’est la raison pour laquelle, avec le groupe Ensemble pour la République, nous avons tenu à y ajouter 150 millions d’euros à destination de l’université et la recherche, qui ont trop souvent fait figure de parent pauvre de nos politiques publiques. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Gabriel Attal
Présentation
M. Gabriel Attal Gabriel Attal EPR

Bravo !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Nous avons tenu à soutenir les demandes faites pour renforcer le budget de la transition énergétique, depuis le maintien du fond Vert jusqu’à la pérennisation de l’accès à une voiture électrique pour 100 euros par mois. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.) Enfin, le texte de la commission mixte paritaire évite autant que possible une hausse excessive des prélèvements sur les classes moyennes et sur notre appareil productif.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Présentation
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Tout pour les plus riches !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Certes, le versement mobilité régional – auquel mon groupe politique et moi-même n’étions pas favorables, mais qui recueillait un large soutien – sera finalement instauré, à un taux maximal de 0,15 %.

Photo de M. Pierre Cazeneuve
Présentation
M. Pierre Cazeneuve Pierre Cazeneuve EPR

C’est ça, le compromis !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Présentation
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

On dirait du François Hollande !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Nous nous sommes battus pour que les primo-accédants soient au moins protégés de toute hausse des frais de notaire, pour que le plafond de la carte grise n’augmente pas…

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Présentation
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Révolutionnaire !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

…et pour qu’on évite une avalanche de prélèvements sur l’industrie, ce qui serait insoutenable dans le contexte international actuel.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Présentation
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Très bien !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Le budget qui vous est proposé…

Photo de M. Jean-François Coulomme
Présentation
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Pas proposé, imposé !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

…n’est le budget idéal d’aucun groupe – c’est le propre d’un compromis. Mais il est indispensable que la France ait un budget.

Photo de M. Pierre Cazeneuve
Présentation
M. Pierre Cazeneuve Pierre Cazeneuve EPR

Bravo !

Photo de M. Philippe Vigier
Présentation
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

Très bien !

Photo de M. David Amiel
Présentation
M. David Amiel rapporteur

Nous ne pouvons pas, derrière ces murs épais, faire la sourde oreille à la demande qu’expriment tout le pays, toutes les strates de la société et tous les secteurs d’activité. Il est de notre devoir d’y répondre. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem et sur quelques bancs du groupe DR.)

Photo de M. Gabriel Attal
Présentation
M. Gabriel Attal Gabriel Attal EPR

Bravo !

Photo de Mme la présidente
Présentation
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Éric Coquerel, président de la commission mixte paritaire.

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Le budget aujourd’hui soumis à notre vote est pire que celui de Michel Barnier, qui aurait certainement donné lieu à une censure si celle-ci n’avait pas été votée à l’occasion de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.) Le nouveau premier ministre soumet en effet à cette chambre des conclusions qui aboutiraient à un budget encore plus austéritaire et plus nocif pour le pays que celui que projetait Michel Barnier. (Mêmes mouvements.)

Photo de Mme Mathilde Panot
Présentation
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Bravo !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Les instituts et les institutions les plus autorisés – l’association Fipeco, par la voix de son président François Ecalle, ou la Cour des comptes – concluent que le déficit est dû avant tout à la baisse des recettes. Selon la Cour des comptes, ce sont 60 milliards d’euros qui manquent aux caisses de l’État, pour la seule année 2024, à cause des réformes fiscales entreprises depuis 2017. Or le budget que vous présentez prévoit 6,2 milliards de recettes de moins que celui de Michel Barnier, puisque vous limitez à un an la durée de la taxation des ultrariches et des grandes entreprises.

Photo de M. Sylvain Berrios
Présentation
M. Sylvain Berrios Sylvain Berrios HOR

Il ne fallait pas censurer son gouvernement !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

En prévoyant 6,4 milliards de coupes budgétaires supplémentaires, vous aggravez le problème. En octobre, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estimait déjà que le budget Barnier aurait un effet récessif de 0,8 point de PIB. Le vôtre étant bien plus austéritaire, ses effets récessifs seront encore plus importants. (Mêmes mouvements.) Avec ces coupes budgétaires venant s’ajouter à celles opérées par Michel Barnier, on atteint un total de 23,5 milliards d’euros de coupes dans le budget de l’État – un record depuis vingt-cinq ans ! (Mêmes mouvements.) Des ministères essentiels verront leurs budgets amputés. Corrigé de l’inflation, le budget du ministère du travail baissera de 3,1 milliards et celui de l’écologie reculera de 2,6 milliards.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Présentation
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Une honte !

Photo de M. Paul Vannier
Présentation
M. Paul Vannier Paul Vannier LFI-NFP

C’est pourquoi il faut censurer le gouvernement !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Corrigés de l’inflation, les moyens de la politique du logement diminueront – à périmètre constant – de 1,5 milliard d’euros, tout comme ceux de la recherche et de l’enseignement supérieur. Un an après les Jeux olympiques, les crédits du sport diminueront de 197 millions d’euros !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Présentation
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Quelle honte !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Pour atteindre de telles baisses de dépenses, vous n’avez rien cédé : ce qui a été présenté comme de maigres concessions à une partie de votre opposition n’est en réalité que l’arbuste qui cache bien mal la forêt austéritaire ! (Mêmes mouvements.) Certes, les crédits de l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, l’Agence bio, seront maintenus à hauteur de 2,9 millions d’euros, mais les réductions budgétaires imposées aux ministères de l’agriculture et de l’écologie dépasseront de 1,2 milliard d’euros celles qu’envisageait Michel Barnier.

Photo de M. François Hollande
Présentation
M. François Hollande François Hollande SOC

Ah, encore Barnier !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Certes, 4 000 postes d’enseignants ne seront pas supprimés, mais le budget que vous accordez à l’éducation nationale est inférieur de 225 millions d’euros à celui que proposait Michel Barnier. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Présentation
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Ce n’est plus Michel Barnier !

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Présentation
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Vive Michel !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Aucun moyen supplémentaire ne soutiendra la politique de l’eau, dont les crédits sont même rabotés de 100 millions d’euros. On sauve peut-être les deux jours de carence, mais les indemnités journalières de tous les fonctionnaires malades baisseront, avec 900 millions d’économies à la clé pour l’État. Faudrait-il, comme nous y invite David Amiel, laisser passer ce mauvais budget sous peine d’être privés de budget tout court ?

Photo de M. Pierre Cazeneuve
Présentation
M. Pierre Cazeneuve Pierre Cazeneuve EPR

L’excellent David Amiel !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

On connaît la chanson ! Déjà, pour éviter la première censure, on nous annonçait que les cartes Vitale ne fonctionneraient plus et que les fonctionnaires ne seraient plus payés. C’était un mensonge, et ceux qui l’ont proféré en étaient conscients !

Photo de M. Christophe Bentz
Présentation
M. Christophe Bentz Christophe Bentz RN

En effet !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Aujourd’hui, il y a bien un budget, celui prévu par la loi spéciale, entré en vigueur le 1er janvier 2025 et qui permet à l’État de fonctionner, comme l’État espagnol fonctionne depuis trois ans – la vigueur économique de notre voisin lui vaut même des compliments. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

PL
Présentation
Plusieurs députés du groupe LFI-NFP

Voilà !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Pour exercer ce chantage, vous avez adopté des circulaires restrictives. Vous avez, par exemple, plafonné des crédits à 25 %, sous prétexte de respecter les futurs votes de l’Assemblée. Pourquoi ?

Photo de M. Ugo Bernalicis
Présentation
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Saboteurs !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Y aurait-il un risque de les amputer de 75 % ? Il ne tient qu’à vous de les plafonner à 75 % et d’apaiser ainsi l’incertitude qui règne dans les ministères. (Mêmes mouvements.)

Photo de M. Laurent Croizier
Présentation
M. Laurent Croizier Laurent Croizier Dem

Vous n’aimez pas les entreprises et les collectivités !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Votre circulaire bloque le paiement des subventions et l’engagement de nouvelles dépenses d’investissement.

Photo de Mme Émilie Bonnivard
Présentation
Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Les investissements des communes sont protégés !

Photo de M. Jean-Pierre Taite
Présentation
M. Jean-Pierre Taite Jean-Pierre Taite DR

Vous ne savez pas ce qu’est un maire, même si vous avez failli en avoir un hier !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Là encore, vous traduisez de manière volontairement anxiogène les dispositions de la loi spéciale au sujet des crédits « indispensables ».

Photo de M. Ugo Bernalicis
Présentation
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Vous êtes des saboteurs !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Rien n’oblige à bloquer les financements du pass culture ou des services civiques dans les collectivités. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP et sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Présentation
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Exactement !

UL
Présentation
Un député du groupe LFI-NFP

Fossoyeurs !

Photo de Mme Sophia Chikirou
Présentation
Mme Sophia Chikirou Sophia Chikirou LFI-NFP

Menteurs !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Rien n’oblige à engendrer un climat morose qui est un mauvais coup porté à l’activité économique du pays.

Photo de M. Vincent Descoeur
Présentation
M. Vincent Descoeur Vincent Descoeur DR

N’inversez pas les rôles !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

On peut même dire que le budget 2025 et les 9 milliards d’euros de baisses de dépenses supplémentaires qu’il prévoit seraient, pour tous ceux qui ont peur aujourd’hui, une bien moins bonne affaire ! Si votre budget est rejeté, on pourrait même, avec les projets de loi portant diverses dispositions d’ordre financier (DDOF) que nous avons suggérés avec Charles de Courson, permettre que le barème de l’impôt sur le revenu soit bien indexé sur l’inflation. Au fond, ces peurs qui nous poussent à croire qu’il n’y a plus de budget sont là pour nous convaincre d’adopter un mauvais budget. Nous, nous pensons qu’il vaut mieux attendre un gouvernement qui respecterait enfin le choix populaire de juillet dernier et qui proposerait un budget répondant aux besoins des Français ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Emmanuel Mandon
Présentation
M. Emmanuel Mandon Emmanuel Mandon Dem

Vous pouvez toujours rêver !

Photo de M. Éric Coquerel
Présentation
M. Éric Coquerel président de la commission mixte paritaire LFI-NFP

Dès lors que vous recourez à l’article 49.3 de la Constitution, la motion de censure devient, pour chacun de vos opposants, la seule façon de rejeter un mauvais budget. En tant qu’opposant, je voterai la motion de censure qui sera déposée ! (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent longuement. – Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et GDR.)

Photo de Mme la présidente
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Voilà le saboteur en chef !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique

Nous voici à l’heure de vérité. Nous voici même à la semaine de vérité et de responsabilité. Aucun pays ne peut vivre sans budget. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR. – Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

PL
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Plusieurs députés du groupe LFI-NFP

Il y a un budget : on a voté la loi spéciale !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Saboteur !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

La France le peut moins que tout autre. Pour la première fois depuis la fondation de la Ve République, depuis presque soixante-dix ans,…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

C’est la première fois qu’on ne respecte pas le verdict des urnes !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…notre pays est toujours sans budget au début du mois de février. (Brouhaha.)

UL
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Un député du groupe LFI-NFP

Et sans gouvernement légitime !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

L’image de la France, grande démocratie, pilier de l’Union européenne, en est affectée, mais elle n’est pas la seule victime : l’action publique en pâtit également,…

Photo de M. Paul Vannier
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Paul Vannier Paul Vannier LFI-NFP

C’est à cause de vous, vous ne respectez pas les urnes !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…puisqu’elle est incapable de faire face à ses obligations, telles que le recrutement, par exemple, des magistrats et des fonctionnaires prévus.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Démago ! C’est faux !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

La production est paralysée dans de nombreux domaines.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Saboteur !

Photo de M. Vincent Descoeur
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Vincent Descoeur Vincent Descoeur DR

Parole d’expert !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Songez aux agriculteurs, au BTP – bâtiment et travaux publics –, à l’investissement ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem. – Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Les crédits sont là ! Exécutez-les !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Songez aux presque 500 000 foyers auxquels des taux de fiscalité vont s’appliquer alors qu’ils étaient exonérés jusqu’à présent, et aux 18 millions de foyers fiscaux qui verront leur impôt augmenter ! Songez à tous ceux qui doivent construire ou acheter leur logement, qui verront les taux d’emprunt augmenter du fait de l’incertitude,…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Quel chantage !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…sans même parler – nous y viendrons ensuite –…

Photo de M. Julien Odoul
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Julien Odoul Julien Odoul RN

Des nuages de sauterelles !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Telle est la situation depuis la censure du gouvernement de Michel Barnier. C’est la réalité. (« Menteur ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Depuis l’entrée en fonction de ce gouvernement, le 23 décembre, nous n’avons pas ménagé nos efforts pour sortir de cette impasse.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

On a vu !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Nous avons travaillé avec les ministres, que je remercie : Éric Lombard, Amélie de Montchalin et Catherine Vautrin, qui s’exprimera tout à l’heure.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Remerciez M. Hollande, tant que vous y êtes !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Nous avons travaillé avec toutes les forces politiques – toutes ont été invitées à Matignon et celles qui ont été reçues ont été entendues –, avec tous ceux qui participent au gouvernement et le soutiennent,…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Comme les socialistes !

Photo de Mme Sarah Legrain
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Sarah Legrain Sarah Legrain LFI-NFP

Le soutien sans participation !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…avec tous ceux qui ont accepté, bien que n’appartenant pas à la majorité, de s’inscrire dans le dialogue (« Ah ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP), c’est-à-dire dans une perspective positive, et qui ont pu proposer des améliorations.

Photo de Mme Danièle Obono
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Le bloc bourgeois accueille de nouveaux électeurs !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

La bonne foi et la bonne volonté ont été au rendez-vous. Le texte qui vient de vous être présenté a trois auteurs, j’allais dire trois géniteurs : d’abord, le gouvernement de Michel Barnier, avant la censure du 4 décembre (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) ; ensuite, le gouvernement que nous avons constitué depuis le 23 décembre ;…

Photo de M. Aurélien Le Coq
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Et les socialistes !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…enfin, les deux chambres du Parlement, lors de toutes les séances qui s’y sont tenues, en particulier celles de la commission mixte paritaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de Mme Sarah Legrain
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Sarah Legrain Sarah Legrain LFI-NFP

N’importe quoi ! Il ne représente plus personne !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Ce budget va libérer l’action de l’État et de ses opérateurs, jusqu’au montant de 662 milliards d’euros.

Photo de M. Vincent Descoeur
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Vincent Descoeur Vincent Descoeur DR

C’est urgent !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Il va libérer l’action des collectivités locales jusqu’à 342 milliards. (Mme Danielle Brulebois applaudit. – Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Quant au PLFSS, que nous examinerons tout à l’heure, il prévoit des crédits pouvant aller jusqu’à 800 milliards d’euros. Conformément aux orientations fixées par le gouvernement,…

Photo de M. Ugo Bernalicis
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…le déficit a été limité à 5,4 % du produit intérieur brut, en dépit de la correction apportée – transparence et loyauté obligent – au taux de croissance : l’hypothèse retenue pour cette dernière est de 0,9 %, celle retenue pour le taux d’inflation de 1,4 %.

Photo de Mme Marie Mesmeur
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Marie Mesmeur Marie Mesmeur LFI-NFP

Il faut lire les travaux de l’OFCE !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

L’augmentation de la dépense publique a été contenue à 1,2 %, soit un taux inférieur à l’inflation. Ce budget est-il parfait ? Non. (« Ah non ! » sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Aucun d’entre nous ne le trouve parfait – vous l’avez rappelé, monsieur le rapporteur. J’ajouterai néanmoins, fort de mon antériorité, que je n’ai jamais connu de discussion budgétaire accouchant d’un budget reconnu comme parfait. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Paul Vannier
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Paul Vannier Paul Vannier LFI-NFP

Avant, les députés votaient le budget !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Il s’agit de trouver un équilibre. Nous sommes désormais, tous ensemble, devant notre devoir.

Photo de Mme Sarah Legrain
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Sarah Legrain Sarah Legrain LFI-NFP

Pas tous ensemble ! On va censurer !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Si vous en décidez ainsi – puisque la décision est entre vos mains –, à force de bonne volonté, de pas des uns vers les autres, d’efforts et de compréhension, la France disposera dans les dix jours d’un budget, de ses budgets,…

Photo de Mme Danièle Obono
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Les capitalistes et le bloc bourgeois auront leur budget, et le peuple les miettes !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…ce qui enverra un signal de responsabilité et de stabilité aux premiers concernés, à ceux qui s’inquiètent à juste titre, à nos concitoyens. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem. – Mme Danielle Brulebois applaudit également.) C’est de cela que vous aurez à décider. C’est pourquoi, sur le fondement de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, j’ai l’honneur (Vives exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP)…

Photo de Mme Danièle Obono
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Quel honneur d’ignorer le peuple !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…d’engager la responsabilité du gouvernement sur l’ensemble du projet de loi de finances pour 2025, dans sa version résultant des travaux de la commission mixte paritaire, modifiée par des amendements techniques et de coordination. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, Dem et HOR ainsi que sur plusieurs bancs du groupe DR. – De nombreux députés du groupe LFI-NFP se lèvent et quittent l’hémicycle.)

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Émilie Bonnivard

Dehors !

Photo de M. Sylvain Berrios
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Sylvain Berrios Sylvain Berrios HOR

Au revoir !

Photo de Mme la présidente
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’Assemblée nationale prend acte de l’engagement de la responsabilité du gouvernement, conformément aux dispositions de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Le texte sur lequel le premier ministre engage la responsabilité du gouvernement sera inséré en annexe au compte rendu de la présente séance. En application de l’article 155, alinéa 1er, du règlement, le débat sur ce texte est immédiatement suspendu.

Photo de Mme Mathilde Feld
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Honteux !

Photo de Mme la présidente
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Le texte sera considéré comme adopté, sauf si une motion de censure déposée avant demain, seize heures vingt et une, est votée dans les conditions prévues à l’article 49 de la Constitution. Dans l’hypothèse où une motion de censure serait déposée,…

Photo de M. Vincent Descoeur
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Vincent Descoeur Vincent Descoeur DR

Ils sont partis pour le faire !

Photo de Mme la présidente
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

…la conférence des présidents fixera la date et les modalités de sa discussion.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à seize heures vingt et une, est reprise à seize heures vingt-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La séance est reprise.

Photo de Mme la présidente
Nouvelle lecture
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’ordre du jour appelle la discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (nos 622, 869).

Photo de Mme la présidente
Présentation
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 est un texte essentiel, vous le savez, puisqu’il vise à doter notre système de santé et de solidarité des moyens dont il a besoin tout en garantissant son équilibre et sa pérennité. Je remercie la commission des affaires sociales pour son travail rigoureux et approfondi, et félicite Thibault Bazin pour son élection en tant que rapporteur général de cette commission – son engagement et son expertise nous sont précieux. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.) Nous avons tous conscience du contexte budgétaire exigeant qui est le nôtre, comme de la situation politique inédite dans laquelle nous nous trouvons. La responsabilité nous oblige d’une part à concilier deux impératifs majeurs – garantir la protection sociale et redresser nos finances publiques –, et d’autre part à trouver des compromis. Nous sommes fidèles à l’esprit d’Ambroise Croizat (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP), qui disait : « La sécurité sociale est la seule création de richesse sans capital. La seule qui ne va pas dans la poche des actionnaires, mais est directement investie pour le bien-être de nos citoyens. »

Photo de M. Maxime Laisney
Présentation
M. Maxime Laisney Maxime Laisney LFI-NFP

Vous n’allez tout de même pas citer Ambroise Croizat !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Le gouvernement s’est consacré à cette tâche depuis sa nomination, le 23 décembre. Avec Amélie de Montchalin, Astrid Panosyan-Bouvet, Yannick Neuder et Charlotte Parmentier-Lecocq (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, Dem et HOR), nous avons écouté chacun des dix groupes politiques représentés à l’Assemblée et au Sénat qui ont accepté de nous rencontrer. Nous avons tenu compte de vos priorités pour proposer un texte probablement encore imparfait – j’en ai conscience –, mais susceptible de nous rassembler et, surtout, de permettre à la sécurité sociale – notre bien commun – de fonctionner au mieux. En 2025, nous célébrerons les 80 ans de la sécurité sociale, fondée sur les principes affirmés par le Conseil national de la Résistance. Elle constitue un héritage précieux, qu’il s’agit de préserver et d’adapter aux défis de notre temps. La sécurité sociale forme le socle de notre modèle social. Comme le déclarait Jacques Chirac en 1995 : « Désormais, la sécurité sociale fait partie de l’identité de la France et du patrimoine des Français. Elle a sa place dans notre histoire, comme dans notre quotidien. Elle exprime en quelque sorte notre génie national. »

Photo de M. Jérôme Guedj
Présentation
M. Jérôme Guedj Jérôme Guedj SOC

Il avait raison !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Le premier ministre François Bayrou l’a rappelé, la santé des Français est une priorité. Ce PLFSS en est la preuve, puisqu’il consacre des moyens importants à assurer l’accès de tous les Français à des soins de qualité, mais aussi l’autonomie, l’encouragement du travail et la justice sociale. Première priorité : l’hôpital. L’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) connaîtra en 2025 une hausse de 3,4 %, soit 9 milliards d’euros supplémentaires par rapport à 2024. (M. Danielle Brulebois applaudit.)

Photo de M. Vincent Descoeur
Présentation
M. Vincent Descoeur Vincent Descoeur DR

C’est bien !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Cette hausse traduit un effort particulièrement important en faveur des établissements de santé. En effet, l’Ondam hospitalier augmentera de 3,8 %, soit une hausse bien supérieure à celle initialement prévue.

Photo de M. Jérôme Guedj
Présentation
M. Jérôme Guedj Jérôme Guedj SOC

C’est vrai !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Tel est le fruit des discussions conduites avec chacun des groupes politiques. Des moyens supplémentaires, à hauteur de 1 milliard d’euros,…

Photo de M. Hadrien Clouet
Présentation
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Seulement 1 milliard d’euros ?

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

…permettront d’améliorer la situation financière des hôpitaux et d’accroître leur capacité à offrir les soins de qualité que nos concitoyens attendent. Nous continuerons d’agir en faveur de l’attractivité des métiers du soin, et nous renforcerons en particulier les effectifs dans les services de soins critiques et de réanimation. Deuxième priorité : développer les soins palliatifs. Lorsque j’avais défendu devant l’Assemblée nationale, au premier semestre 2024, la stratégie nationale des soins palliatifs, j’avais pris l’engagement que leur budget soit abondé de 100 millions d’euros supplémentaires chaque année durant dix ans. Cet engagement sera tenu dès l’exercice 2025 et l’augmentation budgétaire correspondante servira au déploiement de la stratégie décennale des soins d’accompagnement. Il s’agit de renforcer l’offre de soins palliatifs dans chaque territoire, au sein des établissements de santé et médico-sociaux comme à domicile, ainsi que de développer une filière de formation universitaire en soins palliatifs. Troisième priorité : repenser le système de santé depuis les territoires. C’est à l’échelle de leur bassin de vie que nos concitoyens attendent des réponses concrètes. Nous poursuivrons la stratégie consistant à aller vers les populations, en ciblant principalement les territoires ruraux à faible densité médicale, ou qui connaissent une forte proportion de patients touchés par une affection de longue durée (ALD) ou dépourvus de médecin traitant. Nous continuerons à lutter contre les déserts médicaux et à améliorer les soins non programmés, en consacrant davantage de moyens aux services d’accès aux soins. Nous garderons un œil attentif sur la pérennisation et l’extension d’expérimentations réalisées au titre de l’article 51 du PLFSS pour 2018, qui apportent des solutions adaptées aux attentes de nos concitoyens. Quatrième priorité : renforcer l’attractivité des métiers de la santé et améliorer les conditions de travail des professions médicales. Il s’agit notamment de financer la convention médicale qui a relevé, dès décembre 2024, le tarif de la consultation chez le médecin traitant à 30 euros. Certaines spécialités bénéficient également d’une revalorisation des consultations, comme la gynécologie. Nous devons investir davantage dans la prévention. Nous améliorerons le suivi médical de l’enfant grâce à l’évolution du calendrier des examens obligatoires et à la refonte du carnet de santé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.) Depuis le 1er janvier 2025, l’un des quatorze examens prévus lors des trois premières années de l’enfant est supprimé et un nouvel examen obligatoire est ajouté entre la septième et la seizième année. Le nouveau carnet de santé accordera une place centrale à la prévention. En outre, les examens bucco-dentaires seront désormais annuels entre 3 et 24 ans, dans le cadre de la politique « génération sans carie ». Enfin, la santé mentale est érigée en grande cause nationale de l’année 2025 et près de 100 millions d’euros seront ainsi mobilisés cette année. (Mme Élise Leboucher s’exclame.) Il s’agit notamment de renforcer le dispositif Mon soutien psy et de permettre un accès simplifié et plus rapide à un psychologue, en revalorisant le tarif des séances et en prenant en charge un plus grand nombre de consultations au cours d’une année civile. Les personnes les plus précaires et les plus éloignées des soins, en particulier psychiatriques, bénéficieront du renforcement des équipes mobiles psychiatrie-précarité. La réponse préhospitalière aux personnes nécessitant des soins psychiatriques sera améliorée et des filières psychiatriques seront développées dans les services d’accès aux soins. Le dispositif de prévention du suicide VigilanS sera étendu aux mineurs.

Photo de M. Aurélien Rousseau
Présentation
M. Aurélien Rousseau Aurélien Rousseau SOC

Très bien !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Le vieillissement de la population représente un problème majeur auquel ce PLFSS apporte des réponses concrètes. Le chantier crucial des retraites a été rouvert par le premier ministre et confié aux partenaires sociaux. Je suis confiante dans leur capacité à trouver les voies d’un accord. En attendant, ce PLFSS intègre la revalorisation de 2,2 % des pensions de retraite de base à compter du 1er janvier 2025.

Photo de M. François Hollande
Présentation
M. François Hollande François Hollande SOC

Grâce à la censure !

Photo de M. Aurélien Rousseau
Présentation
M. Aurélien Rousseau Aurélien Rousseau SOC

On ne regrette pas Barnier, là !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Le cumul emploi-retraite sera facilité pour les médecins exerçant en zones sous-denses. Le taux de cotisation des employeurs territoriaux et hospitaliers à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) sera relevé de 3 points par an jusqu’en 2028, d’une façon plus progressive que celle initialement prévue. Les retraites agricoles seront calculées sur les vingt-cinq meilleures années de revenus (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR et Dem),…

Photo de M. Nicolas Ray
Présentation
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

Enfin !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

…avec une entrée en vigueur dès le 1er janvier 2026, conformément à la loi du député Julien Dive du 13 février 2023.

Photo de M. Fabrice Brun
Présentation
M. Fabrice Brun Fabrice Brun DR

Merci, Les Républicains !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Les financements de la branche autonomie atteindront 43 milliards d’euros et permettront d’accélérer le déploiement des 50 000 nouvelles solutions d’accompagnement pour les personnes en perte d’autonomie, tout en renforçant le soutien aux proches aidants et aux établissements médico-sociaux. Le soutien aux personnes en situation de handicap connaîtra en 2025, alors que nous célébrerons les 20 ans de la loi du 11 février 2005, des avancées concrètes – je pense en particulier à la prise en charge intégrale des fauteuils roulants. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.) Les Ehpad bénéficieront d’un effort budgétaire significatif, incluant des investissements immobiliers supplémentaires pour moderniser les structures et améliorer les conditions d’accueil des résidents. Par ailleurs, 6 500 professionnels seront recrutés dès 2025 (Mme Ségolène Amiot s’exclame) afin d’atteindre plus rapidement l’objectif de 50 000 postes supplémentaires d’ici à 2030. Il s’agit de garantir ainsi une meilleure prise en charge et un accompagnement renforcé. Le financement des Ehpad sera simplifié et sécurisé grâce à la fusion des sections « soins » et « dépendance », souvent réclamée sans jamais être réalisée. Le Sénat avait voté la création d’un fonds d’urgence doté de 100 millions d’euros. Face à la situation difficile des Ehpad, que le gouvernement et de nombreux députés reconnaissent, nous prévoyons de tripler la dotation de ce fonds, pour la porter à 300 millions d’euros. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de M. Nicolas Ray
Présentation
M. Nicolas Ray Nicolas Ray DR

Très bien !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

En outre, alors que davantage de personnes âgées expriment le souhait de vivre à domicile ou dans des résidences adaptées, le soutien aux aides à domicile sera renforcé.

Photo de M. Jérôme Guedj
Présentation
M. Jérôme Guedj Jérôme Guedj SOC

Ah !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

En application de la loi « bien vieillir » du 8 avril 2024, ce PLFSS comporte une nouvelle aide financière de 100 millions d’euros destinée à couvrir une partie des dépenses de mobilité des aides à domicile, afin de garantir un accompagnement de qualité sur l’ensemble du territoire. Vous le voyez, ce PLFSS contient des avancées significatives. Je suis consciente qu’il ne s’agit que d’une première étape. Notre pays connaît une transition démographique majeure et nous devons y consacrer toute notre énergie. J’y suis déterminée et je souhaite exposer, dans les prochaines semaines, un plan de transition démographique qui couvrira l’ensemble des étapes de la vie, de la naissance au grand âge.

Photo de M. Jérôme Guedj
Présentation
M. Jérôme Guedj Jérôme Guedj SOC

Chiche !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Chacun le sait : refuser de conduire, au bon moment, les réformes nécessaires pour assurer l’avenir de notre protection sociale revient à accepter l’injustice. (Mme Dominique Voynet s’exclame.)

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Présentation
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

L’injustice, c’est votre budget !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

C’est l’inverse que nous vous proposons. D’autre part, ce PLFSS vise à encourager le travail. (MM. Jean-François Coulomme et Hadrien Clouet s’exclament.) Le secteur agricole mérite tout notre soutien. Je connais votre mobilisation à ce sujet – en particulier la vôtre, monsieur le rapporteur général. Outre les retraites agricoles déjà évoquées, nous pérenniserons et renforcerons le dispositif d’exonération des cotisations patronales en cas d’emploi de travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi. Le plafond d’exonération sera relevé de 1,20 à 1,25 smic. La possibilité de cumuler l’exonération applicable aux jeunes agriculteurs avec les taux réduits, de droit commun, des cotisations d’assurance maladie et d’allocations familiales est désormais garantie. C’était attendu ; c’est dans ce texte. L’indemnisation des victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles sera améliorée pour tenir compte de l’impact extraprofessionnel de l’accident ou de la maladie. C’est la transposition de l’accord conclu par les partenaires sociaux sur le sujet, ce qui démontre la force du dialogue social conduit par Astrid Panosyan-Bouvet. (M. Hadrien Clouet s’exclame.) Enfin, ce PLFSS se fonde sur un principe fondamental : la justice sociale. Ce texte est un document de protection sociale, de soutien aux familles et aux personnes en situation de handicap. L’objectif de dépenses de la branche famille est fixé à plus de 60 milliards d’euros. Le service public de la petite enfance entrera en vigueur, en accordant aux communes un rôle renforcé. La réforme du complément de libre choix du mode de garde permettra aux familles monoparentales de bénéficier de cette aide jusqu’aux 12 ans de l’enfant. Vous le demandiez ; c’est dans le texte. Préserver notre modèle, c’est aussi lutter contre la fraude. (MM. Jérémie Iordanoff et Hadrien Clouet s’exclament.) Le texte initial a été enrichi selon cet axe fort promu par plusieurs groupes, que ce soit au Sénat ou à l’Assemblée, en s’inspirant des travaux de votre commission des affaires sociales. Ainsi, la carte Vitale sera sécurisée.

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Présentation
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Elle marche, finalement, la carte Vitale ?

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Les contrôles liés au versement de pensions de retraite à l’étranger seront renforcés. Les échanges de données entre l’assurance maladie et les complémentaires santé seront simplifiés. Les professionnels et les établissements de santé seront fortement incités à utiliser le dossier médical partagé.

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Présentation
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Ils n’en veulent pas !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

La délivrance d’arrêts de travail par des plateformes en ligne sera interdite. Mesdames et messieurs les députés, nous partageons un impératif : veiller à la soutenabilité de notre modèle de protection sociale.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Présentation
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Il est vendu au privé !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

La protection sociale ne sera durablement forte que si elle est financièrement solide. Le redressement des comptes sociaux est une nécessité. Soyons lucides : en 2024, le déficit de la sécurité sociale s’élevait à 18 milliards d’euros. Avec ce texte, et compte tenu des effets de la censure,…

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Présentation
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Ce n’est jamais de votre faute !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

…mais aussi des compromis que nous avons conclus, le déficit de la sécurité sociale sera, en 2025, supérieur à 22 milliards d’euros. Nous ne pouvons nous en satisfaire, mais sans loi de financement de la sécurité sociale, ce déficit atteindrait 30 milliards d’euros. Ce PLFSS pour 2025, probablement perfectible, marque une première étape. Cependant, nous devrons trouver les solutions pour tendre vers l’équilibre du régime. Ce n’est pas de l’idéologie, c’est une nécessité…

Photo de Mme Christine Arrighi
Présentation
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

C’est vous, le problème !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

…pour garantir à chacun de nos enfants une protection sociale de haut niveau. Comme le premier ministre l’a indiqué dans sa déclaration de politique générale, je souhaite que nous puissions suivre une logique pluriannuelle. À la veille des 80 ans de la sécurité sociale, cette dernière doit, plus que jamais, s’adapter au virage démographique qui commande de repenser notre modèle de protection sociale. Je suis, avec l’ensemble des membres du gouvernement, attachée à la méthode fondée sur le dialogue et l’écoute.

Photo de M. René Pilato
Présentation
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

C’est un peu hypocrite quand même, madame la ministre ! En appeler au dialogue et à l’écoute alors qu’on s’apprête à user de l’article 49.3, ce n’est pas sérieux !

MV
Présentation
Mme Catherine Vautrin ministre

Ce PLFSS, construit dans le contexte que nous connaissons, est un texte de protection et de responsabilité. Nous avons le devoir de le défendre ensemble, avec sérieux et engagement, afin d’assurer un avenir plus solide à notre modèle social. Nous le devons aux Françaises et aux Français. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur quelques bancs du groupe HOR.)

Photo de Mme la présidente
Présentation
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. Thibault Bazin, rapporteur général de la commission des affaires sociales.

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin rapporteur général de la commission des affaires sociales DR

Je vous promets d’être bref sur les questions de procédure ; elles sont pourtant au cœur du moment politique grave que vit la France. Rien, dans l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, n’aura été banal. Une préparation par le gouvernement de Gabriel Attal, entravée par la dissolution malvenue imposée par le président de la République ; une reprise en main courageuse, mais nécessairement imparfaite, par l’équipe de Michel Barnier, qui n’aura eu que quelques jours pour se l’approprier (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) ; un dépôt excédant celui prévu par la loi organique ; une transmission au Sénat au terme de l’examen inachevé par l’Assemblée nationale dans les vingt jours que la Constitution lui donne en première lecture ; une commission mixte paritaire (CMP) conclusive pour la première fois depuis quatorze ans, puis une motion de censure adoptée consécutivement à l’engagement de la responsabilité du premier ministre (MM. Hadrien Clouet et Paul Vannier applaudissent) – cela ne s’était pas vu depuis soixante-deux ans –, privant la France d’un budget adopté avant la fin de l’année ; une loi spéciale, adoptée in extremis, qui comportait une autorisation pour plusieurs organismes de sécurité sociale d’avoir recours à l’emprunt, afin d’éviter toute rupture dans le paiement des prestations ; des mesures qui tombent à l’eau faute d’une promulgation avant le 31 décembre 2024.

Photo de Mme Émilie Bonnivard
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Mme Émilie Bonnivard Émilie Bonnivard DR

Eh oui !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin rapporteur général DR

Je laisse de côté quelques subtilités supplémentaires. Espérons que nous mettrons prochainement fin à ce feuilleton budgétaire un peu chaotique, qui aura inquiété les Français et qui leur a été si néfaste. (Mme Émilie Bonnivard applaudit.) Parler de la facture de la censure, c’est dire la vérité sur le manque de considération dont ont fait preuve certaines formations politiques, coalisées dans l’irresponsabilité, pour les droits des assurés et le renforcement de l’économie. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de Mme Élise Leboucher
Présentation
Mme Élise Leboucher Élise Leboucher LFI-NFP

C’est vous qui êtes irresponsables !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin rapporteur général DR

Rendez-vous compte : les entreprises et leurs salariés, depuis la censure, sont dans le flou le plus complet quant au calcul des cotisations à l’entrée de l’échelle des salaires. (M. Hadrien Clouet s’exclame.) Les difficultés perdurent dans certains secteurs, comme l’emploi saisonnier agricole ou la distribution de médicaments sur le territoire.

UL
Présentation
Une députée du groupe LFI-NFP

À qui la faute ?

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin rapporteur général DR

Des semaines entières ont été perdues pour le parcours de soins gynécologiques, la maîtrise des stocks de médicaments, les impasses financières des maisons de retraite, etc. Résultat de cette instabilité politique doublée de ces incertitudes budgétaires : des investissement publics et privés suspendus, des embauches gelées, des projets reportés. Tout cela aboutit à une dégradation de la croissance, et en conséquence à une baisse des recettes de la sécurité sociale.

Photo de M. Fabrice Brun
Présentation
M. Fabrice Brun Fabrice Brun DR

Les finances sont dans le rouge, voilà la vérité !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin rapporteur général DR

Mais tout n’a pas été négatif dans ces dernières semaines et dans ces derniers jours. Non seulement le fil du dialogue entre le gouvernement et les groupes parlementaires qui l’acceptent ne s’est pas rompu, mais les uns et les autres ont senti que la nécessité absolue de finir par doter d’un budget la sécurité sociale et l’État faisait renaître la volonté de chercher des solutions avec réalisme et pragmatisme. Le premier ministre et plusieurs de ses ministres ont ainsi pris des engagements vis-à-vis de mesures qui, pour avoir une incidence sur les chiffres de la loi de financement de la sécurité sociale, ne figurent pas à strictement parler dans son texte. Ainsi du décret, publié vendredi dernier par Mme la ministre, confirmant le lissage sur quatre ans, au lieu de trois, de la hausse des cotisations à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, dont relève une partie des personnels des établissements de santé. Cette charge incombant aux employeurs hospitaliers sera donc bien neutralisée, et l’amendement du gouvernement y concourt avec une hausse de 3,8 % du sous-objectif de l’Ondam concerné – au lieu de 3,1 % – et de 3,4 % de l’objectif total – contre 2,8 % au dépôt du PLFSS. Le taux du ticket modérateur de la consultation chez le médecin généraliste ou la sage-femme n’augmentera pas, de même que celui sur les médicaments. Avant le rejet final du texte, la commission des affaires sociales a beaucoup – et bien – travaillé.

Photo de M. Philippe Vigier
Présentation
M. Philippe Vigier Philippe Vigier Dem

C’est vrai !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin rapporteur général DR

Je tiens à remercier son président – cher Frédéric Valletoux –, qui a conduit les débats avec clarté et respect. Et je veux croire que cela traduit la volonté d’une majorité de députés, issus de divers bancs, d’envoyer un signal politique empreint de responsabilité et de sérieux, au rebours de l’attitude dans laquelle certains persistent, mettant ainsi en péril la sécurité sociale. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Présentation
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est vous qui la mettez en péril !

Photo de M. Thibault Bazin
Présentation
M. Thibault Bazin rapporteur général DR

Je me suis surtout efforcé, en commission, de tendre vers le retour aux équilibres trouvés lors de la CMP et d’éviter de nouveau irritants. Chacun sait que ce texte ne correspond pas exactement à ce que j’aurais personnellement choisi sur tel ou tel sujet, mais je suis respectueux d’un accord qui a été élaboré de façon régulière, avec le triple souci de proposer des avancées pour nos compatriotes, de prendre pleinement en considération les différentes nuances politiques représentées au Parlement et de faire preuve de sérieux budgétaire. Cette ligne que je me suis fixée comporte néanmoins des exceptions. La plus notable d’entre elles est l’impossibilité pour certains articles de s’appliquer eu égard à ce que notre droit permet – ou empêche – en termes de rétroactivité. Il en va ainsi du décalage des articles relatifs à la contribution patronale sur les actions gratuites et aux exonérations pour les contrats d’apprentissage et les jeunes entreprises innovantes, ou encore – et surtout – de l’abandon pur et simple de l’article relatif à la revalorisation différenciée des pensions de retraite de base.

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M. Fabrice Brun Fabrice Brun DR

Voilà un rapporteur général qui connaît bien son sujet !

Photo de M. Thibault Bazin
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M. Thibault Bazin rapporteur général DR

Voilà pour les enjeux institutionnels : c’est mon rôle. J’en viens maintenant à des considérations plus politiques : c’est aussi mon rôle. En premier lieu, si j’ai été fidèle à l’esprit de la CMP, mon sentiment sur ce que l’on appelle la fiscalité comportementale n’a pas changé. Le tabac, les jeux d’argent et de hasard, les boissons trop sucrées ne sont évidemment pas des produits parfaits. Chacun doit se prendre en main pour en modérer la consommation, voire quitter son addiction. Il est utile que la puissance publique informe en toute transparence des dangers qu’ils font courir pour la santé – notre hémicycle comprend d’ailleurs de nombreux spécialistes du cancer. Mais je n’ai pas envie de vivre dans un pays où l’on taxe chaque année davantage le vin, puis un jour le chocolat, et ensuite quoi ? Le fromage, les madeleines de Liverdun ou les bergamotes de Nancy ? (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

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M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Ce sont des taxes pour les riches ! (Sourires.)

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M. Thibault Bazin rapporteur général DR

Ne soyons pas sourds à ce que disent nos concitoyens : il y a d’autres méthodes à explorer que celle consistant à toujours taxer davantage et à faire reposer ainsi le coût du financement sur les consommateurs les plus modestes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.) Attention au ras-le-bol fiscal ! (M. Laurent Wauquiez applaudit.) La méthode des rabots sans discernement est également à proscrire. En tant que rapporteur général, j’ai essayé d’éviter toute nouvelle taxe sur la filière sportive, de façon à la préserver – car le sport, c’est aussi la santé.

Photo de M. Jean-François Coulomme
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M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Comme le travail ! Le travail, c’est la santé !

Photo de M. Thibault Bazin
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M. Thibault Bazin rapporteur général DR

En deuxième lieu, nous nous apprêtons – du moins le socle commun – à adopter une loi de financement, parce qu’il en faut une pour fixer les tarifs dans les établissements de santé et pour permettre à l’Acoss – Agence centrale des organismes de sécurité sociale – de se présenter beaucoup plus sereinement devant ses prêteurs ; non pour leur faire plaisir, mais pour verser aux assurés les allocations familiales, les prestations d’invalidité ou les indemnités journalières auxquelles ils ont droit et pour lesquelles ils ont cotisé. Le texte que nous allons adopter ne règle cependant aucun des problèmes structurels de nos comptes publics en général et de nos comptes sociaux en particulier. (M. Jérôme Guedj s’exclame.) Sans perspective d’amélioration, la trajectoire des prochaines années demeure inquiétante. La dégradation des déficits sociaux en 2025 doit nous préoccuper, même si ce déficit, aggravé par rapport à 2024, serait pire encore si la loi de financement de la sécurité sociale n’était pas adoptée. Il faudra donc que nous nous attelions, d’ici l’année prochaine, à la situation de la dette sociale et à celle de la Cades – Caisse d’amortissement de la dette sociale. L’avis qu’a publié, au milieu de la semaine dernière, le Haut Conseil des finances publiques sur la révision des hypothèses de conjoncture sous-jacentes aux deux textes financiers rappelle qu’en 2024, le déficit s’est dégradé pour la deuxième année consécutive. Alors que nous devons absolument éviter qu’il en aille de même en 2025, le Haut Conseil estime que « la prévision de croissance du PIB pour 2025 (+ 0,9 %), supérieure à celle du consensus des économistes (+ 0,7 %), est atteignable mais un peu optimiste au vu des indicateurs conjoncturels les plus récents ». Il estime, de même, que la prévision de masse salariale est « un peu optimiste pour 2024 […] et pour 2025 ». La copie sur la table offre ainsi peu de marges de sécurité et repose sur des mesures que le Haut Conseil qualifie de « peu documentées ». Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites, aurait dit Molière ! Je ne vous demanderai cependant pas, mesdames et messieurs les ministres, de bons mots supplémentaires, mais des réponses précises et des engagements fermes. Je vous prie – la représentation nationale vous prie – d’indiquer très clairement ce qu’il en est des points suivants. Quelle est la raison, quel est le montant, quelle est la solution au dérapage de l’Ondam pour 2024,…

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M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

On aurait pu en débattre à Assemblée nationale !

Photo de M. Thibault Bazin
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M. Thibault Bazin rapporteur général DR

…lié à un mauvais calcul des remises ?

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
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M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Vous faites les questions et les réponses !

Photo de M. Thibault Bazin
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M. Thibault Bazin rapporteur général DR

Pourquoi annoncez-vous un déficit de 22 milliards d’euros pour les régimes obligatoires alors qu’il aurait été plus réaliste d’annoncer 25 milliards, quitte à avoir une bonne surprise plus tard ? Quel est le détail – ne faites pas semblant de ne pas entendre ce mot – des 1,9 milliard et des 600 millions d’économies que vous envisagez sur le volume et le prix des médicaments remboursés ? Quelle est la vraie nature de l’astuce comptable qui vous permet de dire que la baisse de 4,5 % sur le sous-objectif de l’Ondam relatif au fonds d’intervention régional ainsi qu’à d’autres mécanismes d’investissement, dont tout le monde a pu prendre connaissance, ne serait en fait pas une baisse ? Quelles sont les perspectives pour réduire la voilure dans les subventions de fonctionnement aux opérateurs de la branche maladie, qui, bien souvent, se chevauchent entre elles ou avec celles versées par l’État ?

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M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Soixante-deux milliards de cadeaux fiscaux, monsieur Bazin !

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M. Thibault Bazin rapporteur général DR

En matière de lutte contre la fraude, nombre de bonnes idées ont été intégrées. Faites-vous le serment de mettre les services compétents sous tension ? (M. Paul Vannier s’exclame.) C’est une demande très forte et légitime des Français. J’insiste : nous voulons des explications détaillées et sincères. Pour ma part, je prends date. Face au risque de voir se poursuivre la dérive budgétaire qui fragilise considérablement notre modèle social et notre République, je ne laisserai pas faiblir ma vigilance. Soyez assurés que les membres de la commission, et particulièrement ceux qui, comme moi, se sont vu attribuer des pouvoirs spéciaux par la loi organique,…

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M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

On voudrait le pouvoir spécial de voter la loi !

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M. Thibault Bazin rapporteur général DR

…sont déterminés à demander très régulièrement aux administrations sous votre autorité et aux caisses sous votre tutelle des points d’étape sur l’application des décisions du Parlement ou sur celle des annonces d’ordre réglementaire qui, si souvent, sont inscrites dans des tableaux pour justifier des économies, mais dont on voit moins souvent les effets – ou encore sur le respect des trajectoires moult fois promises mais jamais tenues. Pour moi qui suis gaulliste (« C’est le gaullisme des riches ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP), c’est une terrible épreuve que de constater que des pays pour lesquels j’ai la plus grande amitié, mais qui ne peuvent se comparer à la France pour ce qui est de la force de l’État et du poids de l’économie, n’éprouvent aucune difficulté à consolider leurs finances publiques. Je souhaite un rebond de la confiance, croyez-moi bien, mais mon inquiétude me rend exigeant. Budget à suivre, donc. J’y veillerai, nous y veillerons – comptez sur moi, comptez sur nous. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR et sur quelques bancs des groupes EPR, Dem et HOR.)

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Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. le président de la commission des affaires sociales.

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M. Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales HOR

En tant que président de la commission des affaires sociales, il me revient, à l’issue de nos quinze heures de débat en nouvelle lecture, de faire le même constat que celui que j’avais fait à l’occasion de la première lecture en octobre : la commission n’est pas parvenue à adopter un texte. Elle a rejeté ou supprimé successivement l’article liminaire du projet de loi, puis les trois parties qui le composent. Je me dois néanmoins, au-delà de ce constat apparemment frustrant et décevant, de saluer le travail que nous y avons accompli, dans d’excellentes conditions, notamment grâce aux rapporteurs – à commencer par notre nouveau rapporteur général, Thibault Bazin, qui, bien qu’il n’ait eu que quelques jours pour investir ses fonctions, l’a fait de manière consciencieuse, apportant beaucoup de précision à nos échanges. Nous voici maintenant, en séance, dans une situation pour le moins inédite – voire surréaliste –, comme le rapporteur général l’a rappelé à l’instant. La version de ce PLFSS pour 2025, issue des travaux d’une CMP pourtant conclusive, ayant volé en éclats avec l’adoption d’une motion de censure, nous nous retrouvons face à un texte issu des travaux du Sénat, marqué par les arbitrages d’un gouvernement précédent, que nous n’allons cependant pas beaucoup discuter ici. Il est toutefois une certitude que nous devons tous avoir en tête : il est urgent de donner un budget à la sécurité sociale. Nous sommes face à nos responsabilités. Soit nous prenons le risque du chaos, avec l’adoption d’une nouvelle motion de censure et une absence de budget,…

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M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Attention à ce que les sauterelles ne s’abattent pas sur nous !

Photo de M. Frédéric Valletoux
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M. Frédéric Valletoux président de la commission des affaires sociales HOR

…soit nous nous satisfaisons d’un texte budgétaire qui, même s’il est en demi-teinte, même s’il ne satisfera pas beaucoup de monde sur le fond, est au moins débarrassé de l’essentiel de ses irritants. Un budget de la sécurité sociale qui n’a finalement qu’une vertu : celui d’exister et de permettre à nos hôpitaux et à nos établissements de santé et médico-sociaux de fonctionner avec des moyens en hausse (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP), de permettre de verser leurs retraites à nos agriculteurs selon des critères nouveaux que la profession attendait ou encore de permettre à la fiscalité comportementale d’être plus efficace – la liste pourrait être plus longue encore. Pour ma part, je suis satisfait que le gouvernement ait écouté ce que nous étions nombreux à dire et se soit engagé à faire disparaître des propositions malvenues. Citons, parmi elles, l’augmentation du ticket modérateur, véritable coup de canif porté à notre modèle universel, la réduction trop massive des exonérations de cotisations sociales alors que la situation se tend sur le marché de l’emploi (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP), ou encore l’instauration de sept heures de travail non rémunérées. Si aucun sujet n’est tabou lorsqu’il s’agit du financement de la sécurité sociale, des propositions de ce genre méritent au moins des concertations préalables avec les partenaires sociaux. Il faut maintenant tourner la page de cette séquence compliquée, conflictuelle, insuffisamment fructueuse et très en deçà des responsabilités qui sont les nôtres aux yeux des Français. Il faut nous saisir des nombreux défis auxquels notre protection sociale est confrontée. Poursuivons le travail de recherche de consensus que vous avez entamé, mesdames et messieurs les ministres, et préparons dès à présent le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Je sais que c’est là votre intention, monsieur le premier ministre ; essayons de nous y atteler véritablement. Pour pérenniser ce système social auquel les Français sont tant attachés, il nous faudra lancer des réformes structurelles, changer nos outils de pilotage et faire de la maîtrise du déficit un impératif majeur. Les réformes structurelles qui sont nécessaires sont connues. Il faut désormais s’y atteler vraiment pour remédier à la crise du financement de l’hôpital, améliorer l’accès aux soins, pérenniser notre système de retraite et financer le grand âge. Sur ces sujets et sur de nombreux autres, arrêtons de tergiverser et attaquons-nous aux réformes tant promises et attendues. Il faudra innover en matière d’outils de pilotage des dépenses sociales et de santé. L’Ondam, avec sa logique d’enveloppes fermées et les rigidités qui ne favorisent pas les coopérations entre le public et le privé, est à la fois infantilisant et insatisfaisant. Il n’est manifestement plus adapté. Nous sentons bien aussi que les lois de financement de la sécurité sociale ne permettent pas de traiter entièrement des enjeux cruciaux, que ce soit en matière de santé, de retraites, d’autonomie ou de famille. Pour le système de santé, où les redondances suscitent jusqu’à 20 % de dépenses inutiles, il faudra une loi de programmation annuelle des dépenses, seul outil capable d’assurer la lisibilité nécessaire aux acteurs publics et privés ainsi que la confiance que nous leur devons. La vigilance extrême doit rester de mise à l’égard du déficit des comptes sociaux. Les régimes sociaux n’ont pas vocation à être durablement déséquilibrés. Le déficit prévisionnel pour 2025 se situe entre 23 et 25 milliards d’euros. Jamais, depuis quinze ans, les comptes de la sécurité sociale n’ont connu un tel niveau de déficit, à l’exception de l’année 2020, lors du pic de la pandémie. Cela doit nous alerter sur l’urgence de nous attaquer aux réformes structurelles, car les déficits et la dette mettent en danger non seulement le bien commun que nous a légué le Conseil national de la Résistance, mais aussi la souveraineté financière de notre pays. Nombreux sont donc les chantiers d’ampleur qui nous attendent, mais la perspective de cette œuvre collective est exaltante – et dans ce collectif, il faudra bien sûr compter sur notre commission. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, Dem et HOR et sur quelques bancs du groupe DR.)

Photo de Mme la présidente
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

La parole est à M. le premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique.

Photo de M. Stéphane Peu
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Stéphane Peu Stéphane Peu GDR

Deux pour le prix d’un ! Ce sont les soldes !

Photo de M. Paul Vannier
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Paul Vannier Paul Vannier LFI-NFP

M. Borne, deuxième !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre, chargé de la planification écologique et énergétique

Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles a rappelé à la tribune la plus fondamentale des vérités concernant notre projet national. Depuis la seconde guerre mondiale et le Conseil national de la Résistance, il est fondé sur un pacte social unique au monde.

Photo de M. René Pilato
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Vous êtes en train de le casser, et vous le savez !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Aucun pays n’a assuré les individus autant que le nôtre, depuis l’éducation des jeunes enfants jusqu’à la présence dans les dernières années de la vie, en passant par la santé, l’assurance contre le chômage, la retraite ou d’autres formes de solidarité. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Aucun autre pays n’a choisi, comme le nôtre, le principe « Un pour tous, tous pour un ». Tous ont fondé en grande partie ou en totalité leur pacte social sur la logique du « Chacun pour soi », que ce soit pour lui-même, pour sa famille, pour les siens : chacun assure l’éducation de ses enfants, son assurance sociale, sa retraite.

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Ça y est, c’est reparti !

Photo de M. Aurélien Saintoul
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Aurélien Saintoul Aurélien Saintoul LFI-NFP

Mais qu’est-ce qu’il raconte ?

Photo de M. René Pilato
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

C’est incroyable !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

La volonté de faire qu’aucun d’entre nous ne soit abandonné à un moment de sa vie se manifeste dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale dont nous allons examiner la première partie. Ce budget a eu cette année une histoire difficile, complexe, tourmentée. Elle a commencé heureusement, semble-t-il, avec une commission mixte paritaire conclusive en novembre. Puis, il y a eu une motion de censure,…

Photo de M. Hadrien Clouet
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Excellent !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…principalement due à une indexation seulement partielle des retraites. Il a fallu reprendre l’ouvrage,…

Photo de M. Hadrien Clouet
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Oh, il a fallu travailler !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…le remettre sur le métier. Comme cela a été souligné par M. le rapporteur général, par M. le président de la commission et par Mme la ministre, cela a donné lieu à des débats particulièrement fructueux et sereins. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de M. Paul Vannier
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Paul Vannier Paul Vannier LFI-NFP

Bravo ! (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

J’ai entendu des jugements positifs sur l’ensemble de ces bancs, de la majorité comme de l’opposition.

Photo de M. Aurélien Saintoul
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Aurélien Saintoul Aurélien Saintoul LFI-NFP

Maintenant, on s’adore ! (Sourires sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Monsieur le président de la commission, qui avez pris cette responsabilité au mois de septembre, il y a à peine quatre mois, et vous, monsieur le rapporteur général tout nouvellement élu, vous avez fait, je puis l’assurer, l’unanimité par la qualité de votre travail. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, DR et Dem.) Je m’apprête donc, en vertu de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, à engager la responsabilité du gouvernement sur la première partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Le texte est le fruit de discussions avec l’ensemble des groupes qui ont bien voulu échanger avec le gouvernement. Cette première partie opère l’ajustement des dépenses et des recettes pour 2024. Nous avons l’obligation de parvenir à un texte pour donner aux acteurs une feuille de route claire.

Photo de M. Hadrien Clouet
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Une feuille de déroute !

UL
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Un député du groupe LFI-NFP

François Déroute !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Je ne reviendrai pas sur toutes les améliorations qui ont été énumérées à cette tribune. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Anaïs Belouassa-Cherifi
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP

Non, ça ira, merci !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Je ne retiendrai que deux ou trois d’entre elles. Premièrement, les budgets des hôpitaux ont bénéficié d’une augmentation de 3,8 % (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem), soit 4 milliards d’euros supplémentaires.

Photo de M. Hadrien Clouet
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Et des milliards de coupes !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Cela leur permettra, je l’espère, de retrouver un meilleur équilibre, d’engager des personnels, de mieux rémunérer les soignants et d’améliorer l’accueil aux urgences. Sur l’autonomie et la dépendance, nous prévoyons 6 500 personnels soignants en plus dans les Ehpad et 300 millions supplémentaires pour qu’ils puissent faire face à des difficultés financières parfois immenses.

Photo de M. Fabrice Brun
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Fabrice Brun Fabrice Brun DR

Et tout ce que nous avons fait pour les personnes qui souffrent de maladies dégénératives !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Avec l’ensemble du gouvernement, je reprends l’engagement de Michel Barnier…

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Le regretté ! (Sourires.)

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…de faire de la santé mentale la grande cause nationale pour l’année 2025. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes DR et Dem.) L’amélioration des retraites agricoles, attendue depuis si longtemps, mérite d’être mentionnée à cette tribune.

Photo de M. Fabrice Brun
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Fabrice Brun Fabrice Brun DR

C’était indispensable !

Photo de M. Hadrien Clouet
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

8,40 euros investis !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

Enfin, nous ouvrons une réflexion sur la nécessité de ne plus aborder des problèmes aussi lourds et aussi graves seulement de façon annuelle, lors de l’examen des textes budgétaires, mais aussi dans un cadre pluriannuel pour le faire de manière sérieuse et utile. (M. Cyrille Isaac-Sibille applaudit.) Je tiens à remercier les ministres qui ont travaillé profondément sur ces sujets, Mme Catherine Vautrin, M. Yannick Neuder, Mme Astrid Panosyan-Bouvet, Christophe Parmentier-Lecocq… (« Charlotte ! » et sourires sur divers bancs.)

Photo de M. Hadrien Clouet
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Hadrien Clouet Hadrien Clouet LFI-NFP

Il ne connaît même pas le nom de ses ministres !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…Mme Charlotte Parmentier-Lecocq et Mme Amélie de Montchalin. Ça m’apprendra à écrire seulement l’initiale des prénoms. (Sourires.) Le travail que l’équipe gouvernementale a accompli sur le budget de la sécurité sociale est de bon augure. Sa qualité a été relevée par nombre des participants, quel que soit le groupe auquel ils appartiennent. C’est pourquoi (« Ah ! » sur divers bancs), sur le fondement de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution,…

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Quelle légèreté ! Quelle irresponsabilité ! C’est lamentable !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…j’engage la responsabilité du gouvernement sur l’article liminaire et la première partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et quittent l’hémicycle),…

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Le Mouvement démocrate en carton-pâte !

MB
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. François Bayrou premier ministre

…dans leur version adoptée par le Sénat et modifiée par les amendements déposés par le gouvernement et figurant en annexe du courrier que j’ai adressé à la présidente de l’Assemblée nationale. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR et Dem.)

Photo de Mme la présidente
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

L’Assemblée nationale prend acte de l’engagement de la responsabilité du gouvernement conformément aux dispositions de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution. Le texte sur lequel le premier ministre engage la responsabilité du gouvernement sera inséré en annexe au compte rendu de la présente séance. Monsieur le premier ministre, mes chers collègues, je vous invite à regagner vos places ! La séance n’est pas terminée tant que je ne l’ai pas levée. Monsieur le premier ministre, s’il vous plaît…

Photo de M. Steevy Gustave
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Steevy Gustave Steevy Gustave EcoS

Écoutez la présidente !

Photo de M. Benjamin Lucas-Lundy
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
M. Benjamin Lucas-Lundy Benjamin Lucas-Lundy EcoS

Aucun respect pour l’Assemblée nationale !

Photo de Mme la présidente
Application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

En application de l’article 155, alinéa 1er, du règlement, le débat sur ce texte est immédiatement suspendu. Ce texte sera considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée avant demain, dix-sept heures huit, est votée dans les conditions prévues à l’article 49 de la Constitution. Dans l’hypothèse où une motion de censure serait déposée, la conférence des présidents fixera la date et les modalités de sa discussion.

Photo de Mme la présidente
Ordre du jour de la prochaine séance
Mme la présidente Yaël Braun-Pivet EPR

Prochaine séance, demain, à neuf heures : Questions orales sans débat. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à dix-sept heures dix.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Vote solennel et public par lequel les députés se prononcent sur un texte, un amendement ou une motion. Au scrutin public, chaque député enregistre son vote (pour, contre, abstention) et les résultats sont nominatifs.

Vote solennel

Catégorie de scrutin public utilisée pour les votes les plus importants (adoption d'un texte en lecture solennelle, motions majeures, décisions politiques structurantes). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de savoir précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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