Séance plénière Vidéo Presse
Suite de la discussion de la proposition de loi visant à améliorer le traitement des maladies affectant les cultures végétales à l'aide d'aéronefs télépilotés
Lundi 2 décembre 2024 21:30 – 00:00 2h30 Assemblée nationale Supprimé Créée le 08/11/2024 PO838901
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Suite de la discussion de la proposition de loi visant à améliorer le traitement des maladies affectant les cultures végétales à l'aide d'aéronefs télépilotés
2
Discussion de la proposition de loi visant à restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents
Discussion Supprimé
3
Discussion de la proposition de loi contre toute les fraudes aux aides publiques
Discussion Supprimé
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

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427 Interventions sur l'ensemble de la séance
85 Orateurs distincts repérés
9 Séquences détectées dans le débat
87 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 427 interventions sur 427 pour l'ensemble de la séance.

Sommaire de la séance

1 texte débattu ce jour-là

Une séance plénière enchaîne plusieurs textes. Choisissez ci-dessous celui qui vous intéresse pour aller directement à son débat. La barre indique la part des prises de parole consacrées à ce texte sur l'ensemble de la séance.

Amendements les plus cités

Amdt 6 3 mentions Amdt 7 3 mentions Amdt 13 3 mentions Amdt 23 3 mentions Amdt 24 3 mentions Amdt 33 3 mentions Amdt 45 3 mentions Amdt 47 3 mentions
Photo de Mme la présidente
Ouverture de seance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Photo de Mme la présidente
Dépôt de motions de censure
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je vous indique que la présidente de l’Assemblée nationale a reçu aujourd’hui, lundi 2 décembre 2024, deux motions de censure, en application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution, le premier ministre ayant engagé la responsabilité du gouvernement sur l’adoption des conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 : l’une, déposée à seize heures trente-cinq, par Mme Mathilde Panot, M. Boris Vallaud, Mme Cyrielle Chatelain, M. André Chassaigne et 181 de leurs collègues ; l’autre, déposée à dix-sept heures trente, par Mme Marine Le Pen, M. Éric Ciotti et 138 de leurs collègues.

Photo de Mme la présidente
Suite de la discussion d’une proposition de loi
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la proposition de loi visant à améliorer le traitement des maladies affectant les cultures végétales à l’aide d’aéronefs télépilotés (nos 380, 637).

Photo de Mme la présidente
Discussion des articles (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Cet après-midi, l’Assemblée a commencé l’examen des articles, s’arrêtant à l’amendement no 68 à l’article 1er.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Alexandre Allegret-Pilot, pour soutenir l’amendement no 68.

Amdt 68 Rejeté
Photo de M. Alexandre Allegret-Pilot
Article 1er (suite)
M. Alexandre Allegret-Pilot Alexandre Allegret-Pilot UDR

Il vise à élargir le champ d’application de l’épandage par drone aux cultures en terrasses, dont les parcelles ont une pente difficile à mesurer. Imaginons que cet hémicycle est une parcelle dont la pente est supérieure ou égale à 20 ou 30 %, et que je me trouve sur une portion de celle-ci – sur une de ses terrasses : cette parcelle, prise dans son ensemble, a beau être pentue, la partie que j’en occupe, parce qu’elle est découpée horizontalement, reste plane. L’amendement vise à résoudre cette difficulté technique, afin que la proposition de loi bénéficie aussi aux vignerons ou aux cultivateurs d’oignons, entre autres, qui ne réalisent pas des terrasses pour rien : ils le font parce que c’est moins pénible et plus pratique, lorsque la pente de leur terrain est trop forte. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 1er (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Mercredi, malgré la pente, on va pulvériser le gouvernement !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Sur les amendements no 33 et identiques, je suis saisie par les groupes Ensemble pour la République et Écologiste et social d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Jean-Luc Fugit, rapporteur de la commission des affaires économiques, pour donner l’avis de la commission sur l’amendement no 68.

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur de la commission des affaires économiques EPR

Il me semble satisfait par l’amendement no 57 de M. Ott adopté cet après-midi, qui a abaissé de 30 à 20 % le niveau des pentes concernées par le dispositif, permettant d’y inclure un certain nombre de parcelles en terrasses. Celles qui en seront exclues devront se soumettre au processus d’évaluation. C’est la raison pour laquelle je demande le retrait de cet amendement ; à défaut, j’y serai défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme la ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt, pour donner l’avis du gouvernement.

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt

Même avis.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 68 n’est pas adopté.)

Amdt 68 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Mathieu Lefèvre, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Mathieu Lefèvre
Rappels au règlement
M. Mathieu Lefèvre Mathieu Lefèvre

Sur le fondement de l’article 100. Madame la présidente, afin de fluidifier la discussion de cette proposition de loi, pourrions-nous revenir à la règle « un pour, un contre », comme nous en étions convenus ?

Photo de M. Jean-François Coulomme
Rappels au règlement
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Je ne suis pas d’accord !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je ne sais pas de quoi vous êtes convenus, je ne présidais pas la première séance consacrée à ce texte, cet après-midi. La parole est à Mme Delphine Batho, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Delphine Batho
Rappels au règlement
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Sur le fondement du premier alinéa de l’article 100. Contrairement à vous, jeudi dernier, lors de la niche parlementaire du groupe LFI-NFP, nous n’avons pas déposé des centaines d’amendements sur ce texte ; chacun d’entre eux porte sur le fond. Nous ne cherchons pas à ralentir les débats, nous ne jouons pas ce jeu-là. Nous pouvons le faire si vous le souhaitez, mais nous voulons surtout répondre au rapporteur et à la ministre sur chaque amendement. Il ne me semble pas que nous ayons particulièrement fait durer les débats cet après-midi pour le plaisir de les faire durer. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La conférence des présidents n’a rien décidé de particulier concernant le déroulement de la présente discussion. Continuons au même train que cet après-midi, avec au moins deux prises de parole par amendement, comme le prévoit le règlement.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je suis saisie de quatre amendements identiques, nos 33, 48, 60 et 73. La parole est à Mme Sandra Marsaud, pour soutenir l’amendement no 33.

Amdt 33 Adopté
Photo de Mme Sandra Marsaud
Article 1er (suite)
Mme Sandra Marsaud Sandra Marsaud EPR

Il vise à supprimer la disposition introduite par voie d’amendement en commission, à l’alinéa 4. Nous considérons que l’interdiction d’utiliser des drones à moins de 250 mètres des habitations favoriserait les grandes exploitations et pénaliserait les petites, parfois constituées de petites parcelles successives. Nous avons eu cette discussion lors de l’examen de l’amendement de M. Ott. Des drones pulvérisant des produits phytosanitaires utilisés en agriculture biologique ou des produits de biocontrôle – comme cela se pratique en Charente – devraient pouvoir être utilisés à proximité des habitations.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 48.

Amdt 48 Adopté
Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Retrouvons la raison : alors que l’épandage par voie terrestre peut utiliser des substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR), en bord de parcelles, jusqu’à 20 mètres des habitations, on ne pourrait pas utiliser des produits de biocontrôle avec un drone à moins de 250 mètres ? Cela n’a évidemment pas de sens et exclut de très nombreux territoires. C’est l’objectif recherché, je le sais bien, mais il ne correspond pas aux attentes des agriculteurs. Je suis naturellement favorable à ces quatre amendements identiques.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Frank Giletti, pour soutenir l’amendement no 60.

Amdt 60 Adopté
Photo de M. Frank Giletti
Article 1er (suite)
M. Frank Giletti Frank Giletti RN

Il tend aussi à supprimer la deuxième phrase de l’alinéa 4, que nous considérons comme un non-sens. Pourquoi créer un périmètre de 250 mètres autour des habitations pour exclure des drones apportant des bénéfices notables et reconnus, au moment même où nous cherchons à privilégier la voie aérienne sur la voie terrestre lorsqu’elle bénéficie à la santé des agriculteurs et des vignerons ? Les traitements par drone sont plus efficaces car ils sont plus précis que les engins terrestres en volant entre 1,50 et 2 mètres au-dessus des cultures. Ce périmètre d’interdiction rendrait impossible le traitement de très grandes surfaces, notamment en pente. L’épandage par aéronef offre aussi une plus grande protection aux exploitants agricoles, en les tenant à distance des produits nocifs pulvérisés, ainsi qu’un plus grand confort de travail, en leur évitant de porter, à dos d’homme, de lourds pulvérisateurs. Donnons aux salariés et aux exploitants agricoles l’espoir de bénéficier d’une solution alternative qui préserve leur sécurité et leur santé, et reconnaissons que cet ajout, à l’alinéa 4, est contraire à leur intérêt. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Vincent Rolland, pour soutenir l’amendement no 73.

Amdt 73 Adopté
Photo de M. Vincent Rolland
Article 1er (suite)
M. Vincent Rolland Vincent Rolland DR

L’amendement de mon collègue Julien Dive vise également à supprimer cette deuxième phrase de l’alinéa 4, afin que l’épandage soit autorisé à moins de 250 mètres des habitations. En l’état, le texte pénalise les petites exploitations. Cette interdiction n’a pas lieu d’être au regard des produits d’épandage autorisés et eu égard au fait que les drones, qui garantissent une pulvérisation plus précise, limitent les risques et réduisent la quantité de produits rejetés dans l’environnement.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement sur ces amendements identiques ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Des distances de sécurité pour protéger les riverains sont déjà prévues pour les épandages par voie terrestre. Selon le type de culture et le type de produit, les pulvérisations sont interdites dans un périmètre compris entre 3 et 20 mètres autour des habitations. L’adaptation de ce périmètre de sécurité aux drones ne relève pas du domaine de la loi, sauf à surtransposer – je m’y refuse. Les textes d’application seront quoi qu’il en soit tenus par les prescriptions de l’article 9 de la directive de 2009 disposant que « la zone à pulvériser n’est pas à proximité immédiate de zones résidentielles ». Il revient à des mesures réglementaires de préciser la gestion du risque et de s’adapter le plus précisément possible aux différentes situations avec un objectif de sécurité maximale des riverains, en tenant compte des différents paramètres d’exposition, tels que le type de matériel utilisé, la hauteur et la vitesse du vol. Pour toutes ces raisons, je suis favorable à ces amendements de suppression de la deuxième phrase de l’alinéa 4.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho.

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Ces amendements tendent à supprimer l’amendement que nous avons fait adopter en commission,…

Photo de M. Vincent Rolland
Article 1er (suite)
M. Vincent Rolland Vincent Rolland DR

C’est bien ça !

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

…qui concerne un sujet important et sensible, au cœur de la problématique posée par l’épandage aérien, celui des riverains et des tiers, parfois propriétaires d’une parcelle voisine ou d’un jardin attenant à la parcelle traitée. Vous auriez pu déposer des amendements pour réduire ce périmètre de sécurité de 250 à 150 mètres, par exemple. Non : vous préférez supprimer toute notion de distance de sécurité en renvoyant à la norme en vigueur – qui fixe la distance minimale entre 3 et 20 mètres selon les cas –, alors que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) estime que « les valeurs de dérive aérienne générées par drone sont quatre à dix fois supérieures à celles générées par le matériel de référence quel qu’il soit ». Autrement dit, vous proposez d’élargir le champ de la mesurette qui s’applique au matériel de référence à un engin qui épand dix fois plus loin ; nous y sommes opposés. D’autre part, madame la ministre, la protection des riverains relève bien de la loi : les mesures de précaution et de surveillance font l’objet des articles du code rural qui suivent immédiatement ceux concernés par l’alinéa 4. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Loïc Prud’homme.

Photo de M. Loïc Prud’homme
Article 1er (suite)
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Cette question est en effet au cœur de la proposition de loi. Tout à l’heure, M. le rapporteur nous a assuré qu’il ne s’agissait pas de revenir sur l’interdiction de l’épandage par avion ou par hélicoptère. Mais même sans pilote, l’épandage par drone reste un épandage aérien ! Vous soulignez que la hauteur de vol sera réglementée et que la pulvérisation sera plus précise, ce qui évitera notamment d’épandre dans le jardin du voisin, mais ma collègue Delphine Batho a bien montré le problème : qui contrôlera la hauteur des traitements par drone, sinon l’agriculteur lui-même ? Pour qu’il y ait contrôle, il faudrait déjà qu’il y ait des contrôleurs…

Photo de Mme Justine Gruet
Article 1er (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Les agriculteurs sont suffisamment contrôlés, si vous voulez mon avis !

Photo de M. Loïc Prud’homme
Article 1er (suite)
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

De manière générale, il existe déjà un déficit du contrôle des molécules utilisées et des pratiques d’épandage. Je n’imagine pas ce que cela donnerait dans le cas d’espèce, d’autant que les traitements seront souvent appliqués par des sous-traitants. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Qu’ils soient pilotés ou non, les aéronefs exposent à un risque de dérive qui n’est pas anodin et qui justifie que nous nous opposions à toute forme d’épandage aérien. Si l’Anses estime cette dérive quatre à dix fois supérieure, cela signifie clairement que les parcelles traitées par drone seront allégrement pulvérisées, quand bien même elles le seraient par des produits de biocontrôle, que leurs voisins prendront en plein les narines. (Mêmes mouvements.) Par ailleurs, monsieur le rapporteur, ce n’est pas parce qu’un produit relève du biocontrôle qu’il est nécessairement inoffensif ou anodin ; au contraire, nous réclamons que certaines molécules autorisées dans l’agriculture biologique soient retirées, du fait de leur dangerosité. Nous ne versons donc pas dans la généralisation ou l’amalgame,…

Photo de M. Emeric Salmon
Article 1er (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

À peine !

Photo de M. Loïc Prud’homme
Article 1er (suite)
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

…mais nous demandons que la dangerosité d’une pratique telle que l’épandage aérien soit examinée avec précision. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je mets aux voix les amendements identiques nos 33, 48, 60 et 73.

Amdt 33 Adopté Amdt 48 Adopté Amdt 60 Adopté Amdt 73 Adopté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 126 Nombre de suffrages exprimés 124 Majorité absolue 63 Pour l’adoption 79 Contre 45

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 33, 48, 60 et 73 sont adoptés.) (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Amdt 33 Adopté Amdt 48 Adopté Amdt 60 Adopté Amdt 73 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho, pour soutenir l’amendement no 20.

Amdt 20 Rejeté
Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Il vise à interdire l’épandage par drone dans les espaces naturels remarquables : réserves naturelles, parcs nationaux et régionaux, espaces du Conservatoire du littoral – la liste est longue des magnifiques paysages de France…

Photo de Mme Justine Gruet
Article 1er (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Les paysages, c’est aussi l’agriculture !

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

…dont la biodiversité remarquable et les écosystèmes doivent être préservés, sans compter leur valeur patrimoniale et esthétique, qui n’est pas compatible avec l’usage intensif de drones.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

L’objet de l’amendement est de réduire la portée du texte. L’exclusion qu’il tend à instaurer, étendue à l’ensemble des espaces naturels définis par le code de l’environnement, apparaît trop générale et manque de discernement, tant le nombre d’espaces concernés semble considérable. Remarquons que certains parcs naturels disposent de chartes qui permettraient d’établir d’éventuelles règles d’usage des drones, en concertation avec les exploitants agricoles. Cela me paraît une meilleure solution. En outre, certains viticulteurs qui cultivent des parcelles situées sur des coteaux fortement pentus, au sein de parcs naturels régionaux, attendent l’autorisation du traitement par drone pour pouvoir se convertir complètement à l’agriculture biologique. Les exclure se révélerait contre-productif. Avis très défavorable. Je proposerai de supprimer, par l’amendement no 61, une disposition similaire introduite, en commission, à l’alinéa 6 de l’article 1er.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Je veux vous rassurer : les produits phytopharmaceutiques sont utilisés dans les espaces agricoles pour protéger les cultures ; l’autorisation des drones ne conduira pas à traiter des espaces qui ne le sont pas actuellement ou qui n’ont pas besoin de l’être. En outre, les produits utilisés sont seulement ceux autorisés dans les lieux ouverts au public, conformément à la loi du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national, dite loi Labbé. Les risques que vous soulignez n’existent pas. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

De nombreux collègues se signalent pour prendre la parole. Je rappelle les règles, indiquées à la suite du rappel au règlement de M. Lefèvre : deux orateurs pourront s’exprimer sur chaque amendement – un orateur pour, un orateur contre, ou deux orateurs du même avis. Je serai plus souple pour les amendements suscitant davantage de débat. La parole est à Mme Manon Meunier.

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

Nous avons adopté, en commission, un amendement qui inscrit la disposition défendue par Mme Batho à l’alinéa 6 de l’article 1er. Nous étions parvenus à une majorité sur ce point en nous souvenant de la mise en garde de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui avait souligné l’importance de protéger les espaces naturels sensibles, les drones ayant un effet perturbateur sur les populations d’oiseaux,…

Photo de Mme Stéphanie Galzy
Article 1er (suite)
Mme Stéphanie Galzy Stéphanie Galzy RN

Et les éoliennes ?

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

…qui peuvent notamment prendre ces engins pour des prédateurs. Le rapporteur présente les drones comme les meilleurs alliés de l’agriculture biologique ; or ils ont un impact négatif sur les populations d’oiseaux présentes dans les espaces naturels sensibles, qu’il convient donc de protéger en maintenant la réglementation existante. Si ce sont bien la biodiversité et l’agriculture biologique qui vous intéressent, vous devez interdire les drones. Le meilleur allié de l’agriculture biologique, c’est la biodiversité…

Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

C’est vrai !

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

…d’où la nécessité de la protéger. Les oiseaux sont les premiers alliés des agriculteurs et des agricultrices puisqu’ils sont des prédateurs naturels face aux perturbateurs éventuels de l’écosystème agricole et aux ravageurs de culture.

Photo de Mme la présidente
Rappel au règlement
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Delphine Batho
Rappel au règlement
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Sur le fondement de l’article 100, alinéa 7, du règlement, je souhaite que les représentants des différents groupes se réunissent pour discuter du déroulement de la séance. Pour notre part, nous voulons pouvoir répondre au rapporteur de la commission lorsqu’il s’agit des amendements dont nous sommes les auteurs, surtout lorsque les arguments avancés sont inexacts. Je demande donc une suspension de séance.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt et une heures cinquante, est reprise à vingt et une heures cinquante-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La séance est reprise.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Nous reprenons la discussion sur l’amendement no 20. La parole est à Mme Delphine Batho.

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Deux remarques. Si le rapporteur ou le gouvernement considèrent la liste des espaces naturels découlant du code de l’environnement comme trop large, il leur est loisible de la restreindre par voie d’amendement. En second lieu, il n’est pas sérieux de confier la régulation des drones aux chartes des parcs, d’une part parce qu’elles ne peuvent pas intégrer toutes les mesures qu’elles souhaitent si la loi ne les y autorise pas spécifiquement, d’autre part parce que la durée de validité d’une charte de parc naturel régional étant de quinze ans, cela revient à renvoyer aux calendes grecques la possibilité pour certains espaces naturels remarquables d’adopter des règles spécifiques.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Hubert Ott.

Photo de M. Hubert Ott
Article 1er (suite)
M. Hubert Ott Hubert Ott Dem

Je comprends la précaution à laquelle Mme Batho nous invite. Cependant, placer les différents périmètres de protection dans le même panier rendrait le texte inefficace. En effet, un parc naturel régional n’est pas un espace destiné uniquement à préserver l’environnement ; sa vocation est également économique, si bien que certaines activités humaines n’y sont pas restreintes…

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

L’usage des véhicules à moteur est restreint dans les parcs naturels régionaux !

Photo de M. Hubert Ott
Article 1er (suite)
M. Hubert Ott Hubert Ott Dem

…bien qu’elles doivent être conciliables avec la protection de l’environnement. En outre, un parc naturel régional peut inclure des périmètres réduits faisant l’objet de réglementations spécifiques, tels que les réserves naturelles. Enfin, les parcs nationaux n’ont rien à voir avec les parcs naturels régionaux : la réglementation en matière environnementale y est plus stricte. Le problème est que nous évoquons ces différents espaces sans les distinguer, ce qui revient à parler de tout et de rien.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 20 n’est pas adopté.)

Amdt 20 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 12.

Amdt 12 Rejeté
Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Madame la ministre, vous avez mentionné le plan Écophyto, qui dessine un chemin irréversible. La commission d’enquête sur les produits phytosanitaires, qui a rendu ses conclusions il y a un an, a observé combien le déploiement de ce plan était lent et laborieux. Nous avons si peu avancé que nous pouvons considérer qu’une décennie a été perdue. De plus, le groupe Socialistes et apparentés est inquiet des mesures récentes intégrées au projet de loi de finances pour 2025, qui réduisent tous les budgets dédiés à l’agroécologie. Si 10 ou 20 % des solutions peuvent passer par des révolutions technologiques, génétiques ou numériques, nous sommes convaincus que l’essentiel se joue dans l’agronomie. Or la plupart des crédits d’accompagnement ont été supprimés, au bénéfice de mesures fiscales dont l’efficacité reste à démontrer : c’est une mauvaise décision. Une autre mesure, madame la ministre, nous inquiète beaucoup : celle qui soumet les décisions de l’Anses à des pressions économiques. C’est à la fois contraire aux principes des directives européennes et à la loi Labbé de 2014. Dans un tel contexte, nous vous demandons au minimum, si cette proposition de loi venait à être adoptée, que l’ensemble des expérimentations aient vocation à s’intégrer dans la dynamique de réduction de 50 % de l’usage de produits phytopharmaceutiques, comme le prévoit la stratégie Écophyto 2030.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Je partage, sur le fond, cet objectif, mais les drones ne peuvent y contribuer : cette question n’a pas sa place dans l’examen de ce texte, dont l’objet est de donner un outil de plus à nos agriculteurs et non de définir les orientations de notre politique en matière de produits phytosanitaires – on pourra en débattre lors de l’examen de la loi d’orientation agricole. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Je vais revenir sur plusieurs points de votre intervention. Vous n’ignorez tout d’abord pas, monsieur le député Potier, dans quel contexte ce budget a été élaboré. Vous n’ignorez pas non plus que le budget 2024 était, en matière agricole, des plus atypiques, en ce qu’il marquait une progression très importante – de plus de 1 milliard d’euros – par rapport au précédent. Les engagements du budget 2024 n’ont pas tous été concrétisés, et c’est sur ces crédits non affectés qu’ont porté les restrictions budgétaires opérées par l’actuel premier ministre et son prédécesseur. Le budget 2025, s’il était adopté dans les formes que nous connaissons, présenterait toutefois une trajectoire positive par rapport au celui de 2023. Je ne peux pas vous laisser dire que l’agroécologie a tout à fait disparu du budget. Je serai claire au sujet de l’encadrement des décisions de l’Anses. Les choses doivent être dites. Il n’est pas question de revenir sur l’indépendance de l’Anses, qui relève de la loi. Je n’entends nullement lui dicter sa conduite et ses décisions – quand bien même le voudrais-je, que je ne le pourrais pas. Vous connaissez le comité des solutions, ce dispositif qu’avait créé Agnès Pannier-Runacher face aux impasses dans lesquelles les interdictions successives de traitements phytosanitaires plaçaient un nombre croissant de filières agricoles. Ce comité, destiné à les aider à continuer de produire – c’est le moins que l’on puisse faire pour elles – et placé sous la présidence de la ministre, réunissait des professionnels de l’agriculture, des représentants de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et de l’Anses, ainsi que des représentants des fabricants de produits phytosanitaires, puisque ce sont eux qui déposent les autorisations de mise sur le marché. Qu’ai-je ajouté à ce dispositif ? Tout d’abord, j’ai donné à cette instance, en la créant par arrêté, une existence juridique pleine et entière, sous le nom de « conseil d’orientation pour la protection des cultures ». Celui-ci vise à identifier des priorités dans les dossiers traités par l’Anses. Qu’y a-t-il là de honteux ? Il ne s’agit nullement de dicter ses conclusions à l’Agence, mais de lui demander de donner la priorité aux filières qui en ont besoin et qui sont en difficulté, et de travailler sur les extensions d’usage et les équivalences. Au niveau de l’Autorité européenne de sécurité des aliments – l’AESA, l’équivalent européen de l’Anses –, des décisions sont prises par les pays membres, qui explorent et étudient les produits. Ce travail peut servir à l’Anses. Il n’y a absolument rien dans tout ce que je viens de vous exposer qui porte atteinte à l’indépendance de l’Anses ou qui vise à encadrer ses décisions, de près ou de loin. Quant à la diminution de l’usage des produits phytosanitaire que vous appelez de vos vœux, nous l’espérons tous également, afin que nous puissions sortir un jour de ce débat dans lequel nous ne parvenons pas à nous entendre. Mais avant d’interdire, il faut proposer des solutions alternatives.

Photo de M. Benoît Biteau
Article 1er (suite)
M. Benoît Biteau Benoît Biteau EcoS

Ça s’appelle l’agronomie !

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

J’espère que, sur ce point, nous pourrons nous mettre d’accord. (« Bravo ! » sur les bancs du groupe DR.) On ne peut pas laisser dépérir des filières entières.

Photo de M. Jean-Luc Bourgeaux
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Bourgeaux Jean-Luc Bourgeaux DR

C’est du bon sens !

Photo de Mme Sylvie Bonnet
Article 1er (suite)
Mme Sylvie Bonnet Sylvie Bonnet DR

Elle a raison !

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Le jour où nous n’aurons plus besoin de produits phytosanitaires, grâce à l’agronomie, au biocontrôle et à la recherche sur les semences, nous en serons tous heureux ; mais si nous sommes en bonne voie, nous n’en sommes pas encore là. Et vous ne pouvez pas dire qu’aucun progrès n’a été accompli, sauf à vouloir décourager les producteurs en ne reconnaissant pas les efforts considérables qu’ils font pour se passer de ces produits. Or quand on ne reconnaît pas les efforts, on les décourage tout à fait, ce qui n’est pas acceptable ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Photo de M. Guillaume Lepers
Article 1er (suite)
M. Guillaume Lepers Guillaume Lepers DR

Tout à fait !

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

J’ajoute un point important au sujet du volume des produits phytosanitaires utilisés : on l’a vu dans d’autres filières, interdire une substance, c’est susciter son remplacement par des substances autorisées, mais il faut parfois deux ou trois substances pour en remplacer une, ou deux ou trois passages pour approcher l’efficacité du produit supprimé. Il y a donc la question de la volumétrie d’un côté et la question de la nature des produits utilisés et de leur efficacité de l’autre, soit une approche plus complexe que celle visant à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires de 50 %. Enfin, nous devons nous garder de toute surtransposition. Or, par cet amendement, vous surtransposez inutilement la directive européenne du 21 octobre 2009. Elle est suffisamment explicite et ne mentionne pas les volumes utilisés par les drones. Avis défavorable. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Loïc Prud’homme.

Photo de M. Loïc Prud’homme
Article 1er (suite)
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Cette discussion est très intéressante. Madame la ministre, vous êtes favorable à la trajectoire de réduction de l’usage des produits phytosanitaires, mais vous soulignez un problème de volumétrie lié à la nature des produits. C’est une fable pour petits enfants ! À moi, vous ne la ferez pas ! Je rappelle que c’est votre gouvernement qui a supprimé l’indicateur du nombre de doses unités, Nodu, qui mesurait la volumétrie et la dangerosité des produits ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Non, la volumétrie seulement !

Photo de M. Loïc Prud’homme
Article 1er (suite)
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Cela faisait quinze ans qu’il était utilisé dans l’agriculture française pour quantifier les progrès – ou leur absence – dans la réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Vous l’avez remplacé par l’indicateur de risque harmonisé HRI 1, qui est un enfumage complet, issu de l’institut au doigt mouillé, l’IDM, dont je parlais tout à l’heure, puisqu’il ne repose sur aucune base scientifique ! (M. Jean-Luc Bourgeaux s’exclame.) Ne nous faites donc pas croire que vous vous intéressez sincèrement au problème de la réduction des volumes ! Quant à votre affirmation selon laquelle il faut accompagner toute interdiction de produit d’une solution alternative, c’est une insulte faite aux 50 000 agriculteurs qui travaillent dans le bio et qui s’en sortent très bien sans substance chimique. Cessez de prétendre défendre une politique contraire à celle que vous avez défendue pendant sept ans dans cet hémicycle ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Benoît Biteau.

Photo de M. Benoît Biteau
Article 1er (suite)
M. Benoît Biteau Benoît Biteau EcoS

Je vais emboîter le pas de Dominique Potier et parler à mon tour d’agronomie. Faire de l’agronomie implique d’identifier les caractéristiques de la zone sur laquelle on travaille et d’y adapter son projet agricole. Nous avons débattu des pentes : rassurez-moi, elles n’apparaissent pas après l’installation d’un vignoble ? La pente d’un territoire est connue au moment où l’on s’y installe, ce qui exige que l’on ait réfléchi au préalable à la manière dont on y cultivera le vignoble – c’est aussi cela, l’agronomie. Il n’est donc pas nécessaire de chercher ensuite des voies détournées pour utiliser des pesticides : on connaissait dès le départ les difficultés que poserait un terrain en pente ! Il faut anticiper, choisir des cépages moins fragiles et qui ne nécessitent pas de traitement, plutôt que de faire le constat, après avoir planté, que la pente est un problème et que de s’en remettre au solutionnisme technologique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Dominique Potier.

Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Les drones s’inscrivent précisément dans cette dynamique de solutionnisme technologique. Nous n’avons jamais eu de réponse sur l’utilisation des fonds FranceAgriMer et des fonds de relance consacrés à la technosolution : à quelles filières et à quelles régions, pour quelle efficacité écologique et économique, ont-ils été alloués ? Il est normal que le Parlement inscrive les lois et les évolutions réglementaires et budgétaires dans des trajectoires plus larges. Madame la ministre, je souhaite répondre brièvement à certaines de vos affirmations. Je veux alerter mes collègues : ce qui se joue autour de l’Anses, et qui relève du réglementaire, est tout sauf innocent. Pour la première fois depuis 2014, on remet en cause, à visage découvert, la mission qui a été confiée à cette autorité scientifique : protéger nos biens communs écologiques et la santé humaine. Proposer de hiérarchiser ses missions en fonction des priorités économiques, c’est changer de registre. Chacun doit rester dans son rôle. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes SOC et EcoS.) Si l’on échoue à bien séparer les pouvoirs, on ouvre la voie à la perte de confiance dans la science. J’ai beaucoup de respect envers le monde paysan quand il s’engage sincèrement dans l’agroécologie – celle-ci ne se limite pas aux fermes de l’agriculture biologique et prend des formes diverses, telles que les 2 000 fermes Dephy, laboratoires des transitions futures –, mais, de grâce, ne mélangez pas les registres et ne permettez pas aux lobbys de dicter leur loi en matière de santé. Ce serait revenir au moins dix ans en arrière.

Photo de M. Jean-Luc Bourgeaux
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Bourgeaux Jean-Luc Bourgeaux DR

C’est trop long !

Photo de M. Dominique Potier
Article 1er (suite)
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Nous connaissons l’essentiel des solutions : elles se trouvent dans le rapport de la commission d’enquête, clôturée le 14 décembre 2023, sur l’incapacité de la France à atteindre ses objectifs en matière d’utilisation de produits phytosanitaires, rapport fondé sur des sources scientifiques et sur des rapports de l’État que nous avons exhumés. Le texte de la commission est bien plus complet en matière d’agronomie, de commerce et de règles économiques que la proposition de loi que nous examinons, qui ne relève que du détail, mais ce détail pourrait s’avérer dangereux… (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)

Photo de M. Guillaume Lepers
Article 1er (suite)
M. Guillaume Lepers Guillaume Lepers DR

C’est de l’obstruction, madame la présidente !

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 12 n’est pas adopté.)

Amdt 12 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Mélanie Thomin, pour soutenir l’amendement no 11.

Amdt 11 Rejeté
Photo de Mme Mélanie Thomin
Article 1er (suite)
Mme Mélanie Thomin Mélanie Thomin SOC

Le contexte budgétaire ne saurait tout justifier : il ne saurait justifier, en particulier, les renoncements en matière de réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Nous espérons que le but de la proposition de loi n’est pas de contourner les objectifs en la matière. Cet amendement vise à rendre plus transparent l’usage des aéronefs télépilotés, qui constituent de nouveaux outils agricoles. Nos concitoyens du monde rural ont besoin de savoir si cet usage est fiable ou non. Il y a là un enjeu de sécurité sanitaire pour les riverains des parcelles sur lesquelles vous souhaitez généraliser l’utilisation des drones. Madame la ministre, il ne s’agit pas d’un simple sujet de surtransposition, mais de la cohabitation entre les agriculteurs qui vont utiliser ces machines et le monde rural – les agriculteurs ont besoin de savoir dans quel cadre ils vont utiliser les drones. C’est pourquoi notre amendement vise à préciser les conditions d’autorisation de l’épandage aérien. À quelle hauteur de vol pourra-t-on utiliser ces engins ? La question est centrale pour ceux qui vivent dans le monde rural. Par ailleurs, les drones seront-ils équipés de buses anti-dérive ? Nous devons savoir si les épandages seront réalisés dans de bonnes conditions sanitaires. Nous attendons vos réponses et nous appelons l’Assemblée à adopter cet amendement, gage de transparence pour tous.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Nous avons débattu d’un amendement similaire à l’alinéa 4. Les hauteurs d’épandage sont réglementaires. S’agissant des buses anti-dérive, votre demande est satisfaite puisque la pulvérisation aérienne de ces produits par drone est encadrée par l’article 9 de la directive du 21 octobre 2009 instaurant un cadre d’action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Jean-François Coulomme.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 1er (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

À quelques jours de la censure, il est étonnant que le gouvernement défende bec et ongles un texte dont les Français pourront constater les effets négatifs potentiels dans tous nos territoires. Mme Batho l’a rappelé, vous avez refusé de protéger les espaces naturels Natura 2000 en utilisant des arguments plus fallacieux les uns que les autres. Tout le monde trouve cette proposition de loi formidable, mais personne n’a vraiment évalué les risques de dispersion des produits phytosanitaires pulvérisés par drone. D’ailleurs, quand ils n’atterrissent pas sur les terrains auxquels ils sont destinés, mais dérivent sur les terrains avoisinants, ce ne sont plus des produits phytosanitaires, mais des déchets. (M. Maxime Laisney applaudit.) Vous qui êtes si fortement attachés au droit de propriété – un droit sacré, selon vous –, vous êtes prêts à le sacrifier quand des déchets, bien souvent toxiques, atterrissent sur les terrains de propriétaires qui n’ont rien demandé ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Hubert Ott.

Photo de M. Hubert Ott
Article 1er (suite)
M. Hubert Ott Hubert Ott Dem

Je ne peux pas laisser dire des choses pareilles ! Vous êtes dans le délire, cher collègue.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 1er (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Le Conseil d’État n’a pas donné d’avis !

Photo de M. Hubert Ott
Article 1er (suite)
M. Hubert Ott Hubert Ott Dem

Les espaces naturels que vous évoquez ne font actuellement l’objet d’aucun traitement, et les drones n’y changeront rien ! La dérive des produits dont vous parlez sera indiscutablement inférieure à celle générée par tous les engins actuellement utilisés sur ces terrains.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 1er (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Et les hélices ?

Photo de M. Hubert Ott
Article 1er (suite)
M. Hubert Ott Hubert Ott Dem

C’est un fait, c’est la réalité. Vous dérapez, ce qui nous empêche de débattre intelligemment d’un sujet qui intéresse nos concitoyens. Ces derniers veulent une agriculture résiliente qui construit son avenir tout en préservant l’environnement et la santé publique. Les drones ne perturberont pas cette évolution.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Mélanie Thomin.

Photo de Mme Mélanie Thomin
Article 1er (suite)
Mme Mélanie Thomin Mélanie Thomin SOC

Nous avons besoin de disposer de données pour protéger les riverains et nous inscrire dans les transitions attendues. (M. Jean-Luc Bourgeaux s’exclame.) Pourquoi la proposition de loi est-elle dangereuse ? À l’origine, il s’agissait d’utiliser les drones pour des filières spécifiques – bananeraies, vignes, certaines filières arboricoles –, mais l’article propose de les généraliser à tout type de culture et de parcelle agricole en France. Cela signifie que l’on pourra épandre des produits phytosanitaires en aérien partout en France. Il ne faut donc pas minimiser les conséquences d’une telle décision – bien au contraire. Nous demandons des réponses précises, monsieur le rapporteur. Ma question était simple, mais vous n’y avez toujours pas répondu : quelle sera la hauteur maximale de vol autorisée pour ces engins ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

C’est du réglementaire !

Photo de Mme Mélanie Thomin
Article 1er (suite)
Mme Mélanie Thomin Mélanie Thomin SOC

Si leur usage se généralise dans nos campagnes, les riverains ont le droit de le savoir. Alors que les projets éoliens sont contestés un peu partout en France, à l’heure où l’agrivoltaïsme se développe, il ne faut pas minimiser les conséquences d’une libéralisation de l’utilisation des drones dans le monde rural. Nous serons probablement amenés à en rediscuter d’ici quelques mois ou années.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 11 n’est pas adopté.)

Amdt 11 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Sur les amendements identiques nos 5, 13 et 23, je suis saisie par les groupes La France insoumise-Nouveau Front populaire, Socialistes et apparentés et Écologiste et social d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Je suis donc saisie de ces trois amendements identiques, nos 5, 13 et 23. La parole est à Mme Dominique Voynet, pour soutenir l’amendement no 5.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 1er (suite)
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Depuis des heures, vous nous parlez de parcelles en pente et du risque d’accidents graves liés à l’usage d’engins sur chenilles. Vous insistez sur l’intérêt qu’il y aurait à épandre les produits phytosanitaires de biocontrôle sur les deux faces des végétaux en soulignant que l’épandage serait ainsi plus ciblé, utiliserait moins de produit, dans des conditions plus sûres – ce qui relativise d’ailleurs le refus du rapporteur que l’expérimentation s’inscrive dans l’ambition de réduction de 50 % de l’usage des produits phytosanitaires du plan Écophyto 2030. L’article I ter que vous créez dans le code rural et de la pêche maritime étend en pratique l’autorisation d’épandage des produits phytopharmaceutiques de biocontrôle, et peut-être demain des pesticides, à tous les types de parcelles ou de cultures, sans aucun égard pour les riverains. Il est donc proposé de supprimer les alinéas 6 à 13 de l’article 1er, et donc l’article I ter ainsi créé dans le code rural et de la pêche maritime.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Mélanie Thomin, pour soutenir l’amendement no 13.

Amdt 13 Rejeté
Photo de Mme Mélanie Thomin
Article 1er (suite)
Mme Mélanie Thomin Mélanie Thomin SOC

Dans la même veine, il s’agit de supprimer les alinéas 6 à 13, qui sont sur le principe dérogatoires. (Brouhaha.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Chers collègues, le brouhaha est pénible. Vous ne vous entendez vraisemblablement pas. N’hésitez pas à sortir de l’hémicycle pour discuter et faire une pause. Seule l’oratrice a la parole.

Photo de Mme Mélanie Thomin
Article 1er (suite)
Mme Mélanie Thomin Mélanie Thomin SOC

Je vous remercie, madame la présidente. Je reprends : cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à supprimer les alinéas 6 et 13, qui ouvrent l’usage des produits phytosanitaires à tout type de parcelle et de culture, par dérogation. C’est la mesure centrale du texte, et la plus dangereuse, fortement critiquée par l’Anses, qui affirme qu’aucune étude ne démontre de manière concluante que l’utilisation des drones contribue à la diminution de l’usage de pesticides. L’Anses souligne que, lors de la phase de chargement des drones, l’opérateur a plus de risque d’être contaminé car le réservoir doit être rempli plus souvent que dans un usage classique. Le risque est donc avéré. Notre amendement vise à supprimer l’article nouvellement créé afin de restreindre le périmètre de la proposition de loi aux filières spécifiques.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Manon Meunier, pour soutenir l’amendement no 23.

Amdt 23 Rejeté
Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

J’ajoute un argument s’il vous en fallait encore un. Dans un communiqué, l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), opposée à la proposition de loi, précise que les pollinisateurs essentiels à notre système agricole subiraient directement les conséquences du texte, qui ne peut se prévaloir d’aucune étude pertinente évaluant ces nouveaux risques. Aucune étude d’impact n’a en effet évalué les conséquences de l’usage des drones sur les pollinisateurs, principale ressource de nos apiculteurs, qui subissent déjà l’utilisation de produits phytosanitaires par leurs voisins. Les quelques résultats obtenus par l’Anses en leur faveur seraient gravement mis à mal par la proposition de loi. J’attends toujours des réponses. Vous dites vous appuyer sur la science, mais d’après l’Anses, sur les soixante-quatorze essais menés pour vérifier l’efficacité de la pulvérisation aérienne par drone, toutes cultures confondues, soixante-sept présentent des faiblesses méthodologiques – absence de notation sur l’efficacité et de comparaison entre les modalités testées, manque d’information sur le protocole utilisé. Pouvez-vous réellement affirmer qu’il s’agit d’essais fiables et suffisants pour mesurer l’efficacité et les risques de cette méthode d’application ?

Photo de M. René Pilato
Article 1er (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Oui, elle a raison !

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

Vraiment, ce n’est pas sérieux ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Nous avons déjà eu ce débat et j’ai exposé de nombreux arguments. Vous souhaitez supprimer les alinéas 6 à 13 et donc les essais prévus à l’article 1er. C’est votre choix, mais c’est dommage, car ils permettraient d’améliorer l’évaluation menée par l’Anses. Nous évoquerons un peu plus loin le protocole des essais et vous constaterez qu’ils concernent les mêmes produits : produits phytopharmaceutiques de biocontrôle et produits autorisés dans l’agriculture biologique. Je suis évidemment défavorable à ces amendements, qui suppriment toute possibilité d’expérimentation. Ce serait dommage, notamment pour nos agriculteurs.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Dominique Voynet.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 1er (suite)
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Monsieur le rapporteur, vous essayez de troubler les parlementaires ! Il n’est pas question de refuser des essais, mais la généralisation de l’épandage par drone, sous prétexte d’essais, à d’autres parcelles et à d’autres types de cultures que celles prévues actuellement.

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

C’est ce que j’ai dit !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 1er (suite)
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Il faut être clair. Vous n’avez pas répondu à M. Potier tout à l’heure.

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Mais si !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 1er (suite)
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Il vous a demandé pourquoi les expérimentations que vous proposez ne pourraient pas s’inscrire dans le cadre du plan Écophyto 2030. Veut-on réduire les pesticides ou pas ? Je le répète, soyons clairs. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Antoine Léaument
Article 1er (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Elle a raison, ce n’est pas clair !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je mets aux voix les amendements identiques nos 5, 13 et 23.

Amdt 5 Rejeté Amdt 13 Rejeté Amdt 23 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 162 Nombre de suffrages exprimés 159 Majorité absolue 80 Pour l’adoption 61 Contre 98

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 5, 13 et 23 ne sont pas adoptés.)

Amdt 5 Rejeté Amdt 13 Rejeté Amdt 23 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Mélanie Thomin, pour soutenir l’amendement no 14.

Amdt 14 Rejeté
Photo de Mme Mélanie Thomin
Article 1er (suite)
Mme Mélanie Thomin Mélanie Thomin SOC

Tout à l’heure, Mme la ministre a rappelé son souhait qu’il n’y ait pas d’interdiction de produit sans solution pour les agriculteurs. Nous lui répondons qu’il serait opportun qu’il n’y ait pas d’autorisation de drones d’épandage sans évaluation scientifique. Chaque parlementaire porte une responsabilité en la matière. L’amendement vise à empêcher la généralisation des programmes d’application dès lors qu’ils n’ont pas fait l’objet d’une expérimentation ou d’une évaluation scientifique. Je souhaite d’ailleurs rappeler qu’une évaluation scientifique nécessite une phase d’expérimentation et du recul, ce qui, à ce stade, n’est absolument pas le cas. Nous avons besoin de cette étape d’évaluation scientifique pour véritablement appréhender le sujet des drones d’épandage aérien, car, même si M. le rapporteur en minimise l’importance, leur usage aura des conséquences significatives à la fois sur le paysage des communes rurales et sur les pratiques du monde agricole, dans une période où nous partageons l’objectif commun de réduire l’usage des produits phytosanitaires. J’ai le sentiment que la proposition de loi ne fait qu’embrouiller l’orientation politique en la matière.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

L’amendement vise à supprimer l’alinéa 6, soit le premier des huit alinéas consacrés aux essais. Étant défavorable à la suppression en bloc des alinéas 6 à 13, je le suis naturellement à la suppression de ces alinéas pris séparément. Je suis donc défavorable à cet amendement et à ceux qui suivront et qui auront pour but de supprimer l’alinéa 7, l’alinéa 8 et ainsi de suite. Pour la clarté des débats, il me semblait important de rappeler l’objet de l’amendement.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Je suis défavorable à l’amendement, car il nie l’objet même du texte. Celui-ci ne porte pas sur l’opportunité d’utiliser des produits phytosanitaires, mais sur une technique, le drone. Si cette technique est utile, permet d’atteindre plus précisément une cible, d’intervenir plus rapidement et plus judicieusement, pourquoi ne profiterait-elle pas à d’autres filières ? (M. Benoît Biteau s’exclame.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Théo Bernhardt.

Photo de M. Théo Bernhardt
Article 1er (suite)
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Chers collègues de gauche, quelle déconnexion ! (« Oh » ! sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) En permanence, avec des arguments plus farfelus les uns que les autres, vous montrez que vous êtes contre les agriculteurs.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 1er (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

C’est nul sur le fond comme sur la forme !

Photo de M. Théo Bernhardt
Article 1er (suite)
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

Prenons par exemple votre argument sur les nuisances créées par les drones.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 1er (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

C’est vous, la nuisance !

Photo de M. Théo Bernhardt
Article 1er (suite)
M. Théo Bernhardt Théo Bernhardt RN

De telles nuisances seraient limitées dans le temps ; en revanche, les nuisances causées par les éoliennes, en plus d’être plus gênantes, sont permanentes. En pleine mobilisation agricole, je trouve que vous ne manquez vraiment pas de culot ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Manon Meunier.

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

Madame la ministre, cette proposition de loi porte en effet sur une technique, mais sur une technique que nous n’avons toujours pas analysée scientifiquement et dont nous n’avons pas correctement évalué l’impact. Je vous ai déjà posé la question, mais je ne crois pas avoir eu de réponse : sept essais concluants seulement sur les soixante-quatorze menés par l’Anses, cela vous paraît-il vraiment satisfaisant ? Est-ce suffisant pour tirer des conclusions relatives à la dérive des produits phytosanitaires, à l’impact sur les travailleurs et à l’impact sur les cultures ? Monsieur Bernhardt, cela me fait rire de vous entendre dire que nous sommes contre les agriculteurs et que vous êtes les meilleurs défenseurs du protectionnisme en matière agricole. C’est nous qui défendons un réel protectionnisme pour préserver notre modèle agricole !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 1er (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Vous êtes toujours à la bourre sur ces sujets !

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

En introduisant dans le système agricole des outils comme les drones, vous plongerez une partie de la profession dans la course à l’endettement, comme cela se produit déjà pour d’autres machines agricoles. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Dominique Voynet applaudit également.) Ce phénomène rendra les fermes de plus en plus difficiles à reprendre pour les jeunes qui s’installent. Ils auront l’obligation d’utiliser des drones pour traiter correctement les cultures (M. François Cormier-Bouligeon s’exclame) et pour être compétitifs – car c’est bien sur la compétitivité que les macronistes fondent leur politique. Si vous basez votre protectionnisme sur la compétitivité, il n’aura plus aucun sens ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Antoine Léaument
Article 1er (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Bien parlé !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Mélanie Thomin.

Photo de Mme Mélanie Thomin
Article 1er (suite)
Mme Mélanie Thomin Mélanie Thomin SOC

J’ai entendu l’argument de la ministre selon lequel nous débattons d’une proposition de loi purement technique. En réalité, dans le contexte de la suspension du plan Écophyto II+, la France ne suit plus aucune trajectoire de réduction des produits phytosanitaires. Tant que l’orientation agricole du pays ne sera pas claire sur ce point, aucune loi technique ne sera pertinente. Nous ne savons pas quel impact aurait l’usage des drones sur la quantité de produits phytosanitaires utilisés ; nous n’avons pas suffisamment de données, c’est l’Anses elle-même qui le dit dans son rapport. Il importe avant tout de définir la trajectoire de consommation de produits phytosanitaires souhaitée pour notre pays. Voulons-nous bâtir sur les acquis que nous avons construits depuis une quinzaine d’années, ou voulons-nous les écraser totalement, comme nous en prenons la direction avec la suspension du plan Écophyto ? M. Attal a fait des choix, en janvier, pour répondre à la colère de certains agriculteurs ; les renoncements qu’ils impliquent ne nous permettent pas de débattre correctement d’une proposition de loi technique comme celle-ci.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 14 n’est pas adopté.)

Amdt 14 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. David Taupiac, pour soutenir l’amendement no 56.

Amdt 56 Rejeté
Photo de M. David Taupiac
Article 1er (suite)
M. David Taupiac David Taupiac LIOT

Il précise que les nouveaux essais seront réalisés uniquement sur des parcelles et des cultures soumises à des contraintes d’accès par voie terrestre. M. le rapporteur a évoqué la dérogation permise par le droit européen dans le cas où la pulvérisation aérienne présente des avantages manifestes. Les parcelles difficiles d’accès répondent à cette condition.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Nous avons déjà eu ce débat en commission. Je suis défavorable à l’amendement, car la notion d’accès est restrictive et risque de rendre le dispositif contre-productif. Comme je l’ai expliqué longuement cet après-midi, il existe des bananeraies faciles d’accès, mais pour lesquelles la pulvérisation par drone serait très utile afin de lutter contre la cercosporiose noire. L’adoption de votre amendement causerait donc quelques difficultés. En outre, les difficultés d’accès peuvent être temporaires. Par exemple, elles peuvent être dues à de fortes pluies. J’estime donc qu’inscrire cette condition dans la proposition de loi a peu d’intérêt. C’est pourquoi je vous propose de retirer l’amendement ; à défaut, mon avis sera défavorable. (M. Jean-François Coulomme s’exclame.)

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 56, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 56 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Stéphanie Galzy, pour soutenir l’amendement no 64.

Amdt 64 Rejeté
Photo de Mme Stéphanie Galzy
Article 1er (suite)
Mme Stéphanie Galzy Stéphanie Galzy RN

Il tend à remplacer les mots « présentent des avantages manifestes » par les mots « ne présentent pas de danger » dans la première phrase de l’alinéa 6. Cette modification vise à rendre la rédaction plus rassurante et plus claire pour le public. L’adoption d’une telle reformulation montrera notre engagement à protéger nos concitoyens et à prendre des décisions éclairées. Elle soulignera aussi notre responsabilité en tant que législateur et notre volonté de garantir la sécurité et le bien-être de tous. Nous devons rassurer et continuer de développer de nouveaux moyens de traitement des maladies affectant les cultures végétales à l’aide d’aéronefs télépilotés. Je vous invite donc à soutenir cet amendement pour un texte législatif plus clair, plus rassurant et plus accessible. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Je ne souhaite pas m’écarter du droit européen (« Ah ! » sur quelques bancs du groupe RN), en l’espèce de l’article 9 de la directive de 2009 sur l’usage durable des pesticides, qui précise bien que la pulvérisation aérienne « doit présenter des avantages manifestes, du point de vue des incidences sur la santé humaine et l’environnement ». Tenons-nous en aux mêmes termes. Demande de retrait ou avis défavorable. Il est suffisamment difficile de construire ce texte pour ne pas vouloir en plus s’éloigner du droit européen.

Photo de M. Pieyre-Alexandre Anglade
Article 1er (suite)
M. Pieyre-Alexandre Anglade Pieyre-Alexandre Anglade EPR

Il a raison !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Défavorable. Je crois qu’il faut reprendre les termes de la directive européenne de 2009. Il me semble que vous ne souhaitez pas d’habitude qu’on s’écarte du droit européen pour le surtransposer en droit français. (Sourires sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Loïc Prud’homme.

Photo de M. Loïc Prud’homme
Article 1er (suite)
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

L’amendement est savoureux, pour ne pas dire croquignolesque. Vous dites vouloir protéger les citoyens, alors que depuis le début de l’examen de la proposition de loi, le Rassemblement national n’a de cesse de vouloir élargir le prétendu encadrement prévu dans le texte pour inclure toutes les substances phytosanitaires et toutes les surfaces, y compris les rizières. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Plus de pente, plus de cadre, vous voulez faire tout sauter ! Et maintenant, vous nous expliquez que vous voulez protéger les citoyens. Certes, nous avons compris que vous changiez votre discours du jour au lendemain et qu’il ne fallait lui accorder aucun crédit, mais là, c’est vraiment flagrant. Essayez au moins de mettre un peu de cohérence dans vos différents amendements : votre inconséquence commence à se voir… (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Mélanie Thomin applaudit également.)

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 64 n’est pas adopté.)

Amdt 64 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Benoît Biteau, pour soutenir l’amendement no 34.

Amdt 34 Rejeté
Photo de M. Benoît Biteau
Article 1er (suite)
M. Benoît Biteau Benoît Biteau EcoS

Il concerne l’évaluation : pour avancer, nous devons continuer d’évaluer et, pour le faire de manière cohérente, il faut confier la tâche à des organes scientifiques compétents et adopter une approche globale. L’évaluation doit concerner plusieurs aspects que nous avons déjà évoqués, à commencer par la santé des travailleurs agricoles et celle des riverains. Je rejoins d’ailleurs les propos de M. Coulomme à ce sujet : lorsqu’un produit pesticide atteint une propriété où il n’est pas attendu, il devient un déchet. Nous avons également évoqué cet après-midi la vie des lombrics. L’épandage par drone de pesticides sur un terrain hydromorphe, saturé en eau, ne met-il pas en danger la vie des sols ? La contrainte de la portance des sols ne s’appliquant pas à l’épandage aérien, cette pratique mettra-t-elle en péril la vie dans les sols ? Manon Meunier a évoqué l’effet de cette technique sur les oiseaux. Nous pourrions encore parler des chauves-souris ou des abeilles. Il faut procéder à une évaluation globale des effets des pesticides lorsqu’ils sont vaporisés par drone. Je tiens, enfin, à rassurer M. Bernhardt, qui semble penser que nous sommes opposés à toute forme de progrès. Je suis moi-même agriculteur, et la première chose que remarquent les agriculteurs qui viennent visiter ma ferme, c’est la technicité des engins que j’utilise. (Mme Dominique Voynet applaudit.) Toutefois, ces engins très techniques sont conçus pour favoriser l’agronomie et certainement pas pour mobiliser des pesticides. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Vous proposez que les avantages manifestes du recours aux drones soient établis par l’Anses. Il se trouve que l’Anses, comme nous l’avons déjà dit maintes fois, est déjà impliquée dans le processus d’évaluation. En revanche, elle n’est pas décisionnaire ; la décision de passer d’un régime d’essai à un régime d’autorisation reviendra à l’État et au gouvernement. Je suis défavorable à l’amendement, car l’Anses est déjà associée à toutes les étapes d’évaluation de ce dispositif expérimental.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 34, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 34 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho, pour soutenir l’amendement no 35.

Amdt 35 Rejeté
Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Il est similaire au précédent, car il vise à préciser qui établit que l’épandage par drone présente « des avantages manifestes pour la santé humaine et l’environnement ». Certes, l’alinéa 9 prévoit que les résultats des essais sont évalués par l’Anses, mais il n’est pas écrit que l’autorisation des essais résulte de l’évaluation de l’Anses. En effet, le texte n’établit pas de lien logique entre la décision politique et administrative d’autorisation et l’évaluation scientifique. C’est ce que nous proposons de corriger. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Il est le même que sur l’amendement no 34 : défavorable. Ces amendements tendent à demander un avis sur les essais à l’Anses avant que ceux-ci aient été réalisés.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Manon Meunier.

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

Pardonnez-moi d’insister, madame la ministre et monsieur le rapporteur, mais je poserai pour la troisième fois la même question : une étude de l’Anses basée sur sept essais concluants seulement – sur plus de soixante-dix – vous paraît-elle vraiment satisfaisante au point d’en tirer une proposition de loi qui aura des impacts non étudiés sur la dérive des produits phytosanitaires, et potentiellement sur les travailleurs ? En fait, on ignore quels seront ses effets, puisqu’on ne dispose que de sept essais concluants sur plus de soixante-dix – et même pour ces sept essais, les conclusions sont plutôt négatives, car elles montrent une augmentation de la dérive liée à l’utilisation de drones au lieu d’une application terrestre. Pourrions-nous avoir une réponse ?

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 1er (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

On aimerait bien, monsieur le rapporteur !

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

Ces sept essais vous paraissent-ils vraiment suffisants ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Sur l’amendement n° 61, je suis saisie par les groupes Ensemble pour la République, La France insoumise-Nouveau Front populaire et Écologiste et social d’une demande de scrutin public. Sur l’amendement n° 6, je suis saisie par le groupe Écologiste et social d’une demande de scrutin public. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 35 n’est pas adopté.)

Amdt 35 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 61.

Amdt 61 Adopté
Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Il tend à supprimer la dernière phrase de l’alinéa 6. Nous avons déjà évoqué la question des espaces naturels. De même que je me suis opposé à l’ajout de l’exclusion des espaces naturels à l’alinéa 4, je propose, par l’amendement no 61, de supprimer à l’alinéa 6 l’ajout voté en commission contre mon avis. Je ne serai pas plus long, mais je vous invite à adopter cet amendement par souci de cohérence.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Avis favorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho.

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Pour la clarté du débat, je souligne que l’alinéa 6 autorise des essais d’épandage par drone pour tout type de culture, tout type de pente, etc. Il ne s’agit donc plus du tout du dispositif dont nous discutions auparavant. Monsieur le rapporteur, le code de l’environnement interdit la circulation de véhicules à moteur dans certains espaces des parcs naturels régionaux, et vous soutenez que les drones ne posent pas de problème ? Vous souhaitez donc que l’interdiction de circulation des véhicules à moteur ne s’applique pas aux drones, et qu’ils échappent à toute réglementation environnementale et paysagère ? Nous nous opposerons à l’amendement no 61. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme la présidente de la commission des affaires économiques.

Photo de Mme Aurélie Trouvé
Article 1er (suite)
Mme Aurélie Trouvé présidente de la commission des affaires économiques LFI-NFP

Permettez-moi d’expliquer pourquoi la commission des affaires économiques a adopté un amendement excluant le périmètre des espaces naturels du champ d’application de l’alinéa 6. Rappelons qu’il s’agit ici d’essais conduits quelle que soit la pente. Nous avons souhaité encadrer bien plus fortement un éventuel épandage de produits phytosanitaires par voie aérienne en l’interdisant dans les espaces naturels. Il s’agit des sites Natura 2000, des parcs naturels nationaux et régionaux, des zones littorales protégées ou encore des aires maritimes protégées. Cette disposition a été adoptée car, comme vous le savez très bien, ces espaces recèlent de la biodiversité et des écosystèmes remarquables ; or l’épandage de produits phytosanitaires présente des risques pour les écosystèmes environnants – cela a été dit à plusieurs reprises. C’est, du moins selon moi, la raison qui a présidé à l’adoption de cette disposition en commission. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Hubert Ott.

Photo de M. Hubert Ott
Article 1er (suite)
M. Hubert Ott Hubert Ott Dem

L’adoption de cet amendement en commission est très surprenante, car il n’y a aucune raison d’aller épandre je ne sais quoi, avec un drone ou un autre engin, sur des espaces naturels protégés. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme la ministre.

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Je tiens à apporter quelques précisions à la suite des propos tenus par Mme la présidente de la commission. Vous avez donné l’exemple des parcs naturels régionaux ; il se trouve que j’en ai créé un. Ils ne sont pas composés seulement d’espaces naturels.

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Personne n’a dit ça !

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Il y a aussi des villes, des cultures.

Photo de Mme Aurélie Trouvé
Article 1er (suite)
Mme Aurélie Trouvé présidente de la commission des affaires économiques LFI-NFP

C’est bien pour ça !

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Pour quel motif interdirait-on l’utilisation de drones dans les parcs naturels régionaux si les cultures ou la pente le permettent ? Il n’y a aucune raison à cela. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 61.

Amdt 61 Adopté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 145 Nombre de suffrages exprimés 140 Majorité absolue 71 Pour l’adoption 84 Contre 56

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 61 est adopté.)

Amdt 61 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho, pour soutenir l’amendement no 6.

Amdt 6 Rejeté
Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Il vise à introduire à l’alinéa 6 le principe de la protection des riverains, de la propriété, des espaces et parcelles voisins. (Brouhaha) Le bruit dans l’hémicycle rend difficile de s’exprimer, madame la présidente.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je vous rejoins : il y a du brouhaha dans l’hémicycle. Si des collègues s’ennuient ou s’ils ont des choses à se raconter, ils peuvent aller à l’extérieur.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 1er (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

On fait des jeux de mots !

Photo de Mme Justine Gruet
Article 1er (suite)
Mme Justine Gruet Justine Gruet DR

Et quand vous parlez pendant que nous avons la parole, ça ne pose aucun problème ?

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Vous avez soutenu tout à l’heure à propos des riverains, monsieur le rapporteur, que le droit commun en matière de protection, à savoir une distance de 3 à 20 mètres, s’appliquait. Or je lis dans l’article L. 253-8 du code rural que lorsqu’il s’agit de produits de biocontrôle ou à faible risque, il n’y a pas de distance de protection des riverains. Je voudrais donc savoir si vous confirmez vos propos selon lesquels le droit commun de 3 à 20 mètres s’applique, ou si en réalité, il n’y a aucune distance et aucune mesure de protection des riverains pour l’épandage par drone de produits de biocontrôle, d’agriculture biologique et de produits à faible risque. Il est important que nous le sachions. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Nous avons déjà débattu de cette question lors de l’examen de l’alinéa 4. Je ne reviendrai donc pas sur ce point, si ce n’est pour dire que je suis défavorable à cet amendement. Si on l’adoptait, on ne pourrait pas utiliser un drone pour épandre des produits de biocontrôle à moins de 250 mètres d’un bâtiment, alors qu’on pourrait aller jusqu’à 20 mètres avec des substances CMR, nettement plus dangereuses. Ce ne serait pas cohérent. Pour répondre à votre question, le droit commun applicable aux produits de biocontrôle s’appliquera pour les essais prévus par cette proposition de loi. Lors des essais réalisés par l’Anses jusqu’à présent, la dérive constatée sur des mannequins situés à 10 mètres de la zone pulvérisée était légèrement supérieure dans le cas d’une pulvérisation par drone par rapport à l’application terrestre, à concentration initiale équivalente – c’est ce que j’ai évoqué précédemment. Cependant, dans les 10 mètres au-delà de la zone pulvérisée, vers les habitations, la concentration est plus faible. Or les drones permettront d’utiliser des concentrations plus faibles ; en baissant la concentration initiale, on réduira aussi le gradient de concentration et la dérive. C’est en ce sens que les drones constituent un progrès, même si vous le contestez. Voilà pourquoi je suis défavorable à cet amendement, qui rendrait tous les essais inopérants.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Jean-François Coulomme.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 1er (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

De nouveau, je suis très surpris par le taux de présence du clan macroniste quand, pendant la discussion du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), il n’y avait personne. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Gabriel Attal
Article 1er (suite)
M. Gabriel Attal Gabriel Attal EPR

Vous ne parlez pas du fond !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 1er (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Cette proposition de loi semble vraiment vous enthousiasmer, car vous êtes présents dans une proportion extraordinaire ! Je me demande si vous avez touché une prime pour ce texte en particulier, et non sur ceux qui intéressent vraiment les Français, comme le budget de la nation – mais passons. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Avez-vous déjà vu fonctionner un drone ? Ce n’est ni plus ni moins qu’un petit hélicoptère avec des pales qui tournent très vite et qui produisent des turbulences dans des proportions très difficiles à maîtriser.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 1er (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Mais non !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Article 1er (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Comment pouvez-vous faire preuve d’une telle certitude, d’une telle confiance dans cette technologie ? Je ne comprends pas : je vous trouve inconséquents, irresponsables et surtout indifférents à tout principe de précaution, alors que vous êtes censés, en tant que représentants du peuple, défendre l’intérêt général. Vous ne défendez ici que l’intérêt de quelques apprentis sorciers qui vont mettre leur propre santé en péril en manipulant des technologies telles que l’épandage par drone pour lesquelles la dispersion des molécules n’est pas du tout maîtrisée. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Stéphanie Galzy.

Photo de Mme Stéphanie Galzy
Article 1er (suite)
Mme Stéphanie Galzy Stéphanie Galzy RN

Les distances de sécurité lorsque le produit contient une substance phytopharmaceutique préoccupante sont de 20 mètres, ou de 10 mètres pour l’arboriculture, la viticulture, les bananiers ou le houblon, ou même de 5 mètres pour d’autres cultures, bien évidemment avec des matériels permettant de réduire la dérive jusqu’au niveau autorisé. C’est précisément le cas avec les drones équipés de buses antidérive. Cette méthode constitue une révolution en matière de précision pour l’agriculture ; elle se traduit par l’utilisation de moins de produits et par davantage de sécurité. Votre combat est un combat archaïque.

Photo de M. Antoine Léaument
Article 1er (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

C’est vous qui dites cela ?

Photo de Mme Stéphanie Galzy
Article 1er (suite)
Mme Stéphanie Galzy Stéphanie Galzy RN

Pourquoi les distances seraient-elles différentes lorsqu’on emploie des drones plutôt que d’autres méthodes de pulvérisation ? Vous-mêmes n’avez pas la réponse à cette question. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho.

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Premièrement, je note que ma question, pourtant purement factuelle, n’a pas reçu de réponse.

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Si, j’ai répondu.

Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Le droit existant – à savoir des distances de 3 à 20 mètres – s’applique-t-il ou non ? Deuxièmement, monsieur le rapporteur, vous laissez entendre qu’il y aurait un problème de cohérence du côté du groupe Écologiste et social sur la question de la protection des riverains. Je vous rassure : les pesticides cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction, nous ne sommes pour les épandre ni à 3 mètres des habitations, ni à 20 mètres : nous voulons les interdire ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 6.

Amdt 6 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 156 Nombre de suffrages exprimés 152 Majorité absolue 77 Pour l’adoption 52 Contre 100

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 6 n’est pas adopté.)

Amdt 6 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

L’amendement no 15 de Mme Mélanie Thomin est défendu.

Amdt 15 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 15, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 15 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Dominique Voynet, pour soutenir l’amendement no 36.

Amdt 36 Rejeté
Photo de Mme Dominique Voynet
Article 1er (suite)
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Je serai brève, car le risque que constitue l’extension des essais à n’importe quel type de parcelles et de cultures a déjà été évoqué. Pour diminuer ce risque, l’amendement tend à réduire la durée maximale des programmes, qui pourraient être étendus à un an.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Demande de retrait, sinon avis défavorable. Un an n’est pas suffisant pour mener des essais. Lors des travaux en commission, nous avons proposé avec M. Taupiac une durée de trois ans, comme pour l’expérimentation Egalim, qui avait ensuite fait l’objet d’une étude de l’Anses. Votre proposition est presque paradoxale, car on ne pourra pas tirer les bonnes conclusions d’une expérimentation si courte.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Avis défavorable. La durée d’un an est beaucoup trop courte pour collecter des données robustes démontrant l’intérêt et la sûreté du dispositif et de la méthode. Il faut tenir compte du besoin de répliquer les essais dans des conditions agropédoclimatiques variées.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Loïc Prud’homme.

Photo de M. Loïc Prud’homme
Article 1er (suite)
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

La situation est cocasse : vous évoquez des données insuffisamment robustes, mais vous proposez un texte sur la base de sept essais dont la méthodologie a été validée par l’Anses. Assurons-nous de la solidité des données du début à la fin, pas seulement quand cela vous arrange, pour prolonger ou permettre des dérogations à tout va. Dès le début du processus scientifique, le cahier des charges doit établir le volume de données nécessaires – visiblement, ce n’est pas le cas ici. Retirez donc ce texte et passons à des choses sérieuses. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. David Magnier.

Photo de M. David Magnier
Article 1er (suite)
M. David Magnier David Magnier RN

Il est vingt-trois heures et nous débattons du texte depuis seize heures ; nous avons donc mis près de six heures pour examiner quatre-vingts amendements.

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Eh oui !

Photo de M. David Magnier
Article 1er (suite)
M. David Magnier David Magnier RN

Il nous en reste vingt-sept. Ce texte est important pour les agriculteurs. Je vous demande donc de retirer vos amendements ou de les défendre rapidement.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Vous venez de faire un rappel au règlement, alors que je vous avais donné la parole pour donner votre position sur l’amendement no 36. La prochaine fois, faites un rappel au règlement dans les formes. En attendant, je vous remercie de me laisser présider la séance. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 36 n’est pas adopté.)

Amdt 36 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

L’amendement no 16 de Mme Mélanie Thomin est défendu.

Amdt 16 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 16, repoussé par la commission et le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 16 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Sur l’amendement n° 69, je suis saisie par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. André Chassaigne, pour soutenir l’amendement no 69.

Photo de M. André Chassaigne
Article 1er (suite)
M. André Chassaigne André Chassaigne

Je suis tellement sûr que cet amendement de bon sens fera l’unanimité que j’hésite à le présenter. Il donne à notre rapporteur l’occasion de démontrer qu’il est favorable à une approche scientifique. Dans sa rédaction actuelle, l’alinéa 8 prévoit que « les essais visent à déterminer, pour un type de parcelles ou un type de cultures, les avantages de la pulvérisation par aéronef ». Or dans une démarche scientifique, les essais doivent caractériser à la fois les bénéfices et les risques. Nous proposons de modifier la rédaction de l’alinéa en ce sens. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.)

Photo de M. Jean Terlier
Article 1er (suite)
M. Jean Terlier Jean Terlier EPR

Cela fait cinq fois que vous le dites !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 1er (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

De toute façon, ils n’aiment pas la science !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

L’article 9 de la directive européenne 2009/128/CE instaurant un cadre d’action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable, dite directive SUD, précise qu’il faut démontrer les avantages manifestes pour déroger à l’interdiction de l’épandage aérien. L’évaluation scientifique de l’Anses examine à la fois les bénéfices et les risques. En toute sincérité, votre amendement est donc satisfait. Demande de retrait, sinon avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Dominique Voynet.

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 1er (suite)
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

À plusieurs reprises, le rapporteur a revendiqué une approche scientifique, n’hésitant pas à rappeler qu’il était un membre éminent de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst).

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Je n’ai jamais dit ça !

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 1er (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

De toute façon, ça ne veut rien dire !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 1er (suite)
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Je lui rappelle qu’il est de rigueur que les protocoles scientifiques prévoient explicitement l’évaluation des avantages et des inconvénients, des bénéfices et des risques. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcosS.)

PL
Article 1er (suite)
Plusieurs députés du groupe LFI-NFP

Elle a raison !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 1er (suite)
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

Il est choquant de refuser cette approche scientifique basique, enseignée dès la première année du diplôme d’études universitaires générales (Deug) de sciences.

Photo de M. Emeric Salmon
Article 1er (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Le Deug n’existe plus !

Photo de Mme Dominique Voynet
Article 1er (suite)
Mme Dominique Voynet Dominique Voynet EcoS

J’ai entendu dire qu’il faudrait s’en remettre à un comité des solutions où siègent les administrations, les organisations agricoles et les industriels qui fabriquent les produits phytosanitaires – mais ni les riverains, ni les associations, ni les consommateurs, ni les usagers de l’eau. À qui devons-nous faire confiance ? Au débat démocratique, au Parlement, à la science, aux organismes et aux administrations qui s’en occupent et qui en sont les garants ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS, LFI-NFP et SOC.)

Photo de M. Antoine Léaument
Article 1er (suite)
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

C’est dégoûtant, ce que vous faites !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Manon Meunier.

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

Je suis de nature patiente, mais cela fait cinq fois que je pose la même question à M. le rapporteur et à Mme la ministre.

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 1er (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Moi, jeudi dernier, je répondais aux questions, !

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

De nouveau, M. le rapporteur s’appuie sur l’étude de l’Anses, arguant qu’il s’agit d’un travail scientifique valable. Permettez-moi donc de reposer ma question :…

Photo de M. René Pilato
Article 1er (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Ce serait bien de répondre !

Photo de Mme Manon Meunier
Article 1er (suite)
Mme Manon Meunier Manon Meunier LFI-NFP

…sur les soixante-quatorze essais menés par l’Anses, sept seulement ont été concluants. Cela vous paraît-il suffisant ? L’Anses elle-même reconnaît qu’il faudrait mener d’autres essais avant de voter un texte susceptible d’avoir des conséquences sur les travailleurs, les agriculteurs et la biodiversité. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Ugo Bernalicis
Article 1er (suite)
M. Ugo Bernalicis Ugo Bernalicis LFI-NFP

Nous n’avons même pas parlé des goélands qui attaquent les drones ! Tout le monde se fout des goélands ! (Sourires.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Maintenez-vous votre amendement, monsieur le président Chassaigne ?

Photo de M. André Chassaigne
Article 1er (suite)
M. André Chassaigne André Chassaigne

Oui, je le maintiens. Je ne comprends pas votre position, monsieur le rapporteur. Tout à l’heure, vous avez triché en citant l’AESA. J’ai rencontré ses responsables ; contrairement à ce que vous avez dit, ces derniers émettent des avis qui peuvent être contradictoires, en tenant compte des bénéfices et des risques.

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Bah oui !

Photo de M. André Chassaigne
Article 1er (suite)
M. André Chassaigne André Chassaigne

Selon vous, l’AESA donne seulement un avis, ou alors un avis qui doit être appliqué après. C’est faux !

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Non !

Photo de M. André Chassaigne
Article 1er (suite)
M. André Chassaigne André Chassaigne

En effet, chaque État a son organisme. En France, c’est l’Anses, qui évalue les bénéfices et les risques.

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Exactement !

Photo de M. André Chassaigne
Article 1er (suite)
M. André Chassaigne André Chassaigne

Je ne comprends pas que vous soyez bloqué ainsi. C’est une mauvaise méthode. Le travail parlementaire ne consiste pas à refuser tout amendement de l’opposition : quand un amendement s’appuie sur une forme de sagesse, on l’accepte ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS.) Nous avons vécu trop longtemps sous des majorités écrasantes qui considéraient que la vérité n’était que d’un côté. C’est cela qui tue le travail parlementaire ! (Mêmes mouvements.)

Photo de Mme Eliane Kremer
Article 1er (suite)
Mme Eliane Kremer Eliane Kremer

C’est ce que vous faites !

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 69.

Amdt 69 Rejeté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 141 Nombre de suffrages exprimés 140 Majorité absolue 71 Pour l’adoption 54 Contre 86

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 69 n’est pas adopté.)

Amdt 69 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho, pour soutenir l’amendement no 38.

Amdt 38 Adopté
Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Il est rédactionnel.

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 38, accepté par la commission et le gouvernement, est adopté.)

Amdt 38 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

L’amendement no 37 de Mme Delphine Batho est défendu.

Amdt 37 Adopté
II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 37, accepté par la commission et le gouvernement, est adopté.)

Amdt 37 Adopté
Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho, pour soutenir l’amendement no 39.

Amdt 39 Rejeté
Photo de Mme Delphine Batho
Article 1er (suite)
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Il précise que les résultats des essais, évalués par l’Anses, sont également rendus publics, conformément à l’article 7 de la Charte de l’environnement.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Article 1er (suite)
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Le droit d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues, reçues ou établies par les autorités publiques figure déjà dans la Charte de l’environnement. Sur ce fondement, l’Anses rend publics les résultats de tous ses travaux d’expertise. Votre amendement est donc satisfait. Demande de retrait, sinon avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Article 1er (suite)
Mme Annie Genevard ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Article 1er (suite)
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. René Pilato.

Photo de M. René Pilato
Article 1er (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Monsieur le rapporteur, ma collègue Manon Meunier vous a posé cinq fois une question que je vais tourner autrement. Que reprochez-vous aux soixante-quatorze études de l’Anses, dont seulement sept sont favorables ? Prétendez-vous que votre croyance est supérieure aux protocoles et aux résultats scientifiques ? Pensez-vous que votre expertise est meilleure que celle de l’Anses ? Je réitère la question de ma collègue : oui ou non, estimez-vous que sept résultats positifs sur soixante-quatorze – une proportion que je n’ose calculer – sont suffisants pour faire adopter ce texte ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

II
Article 1er (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 39 n’est pas adopté.)

Amdt 39 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-trois heures quinze, est reprise à vingt-trois heures vingt.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La séance est reprise. Je suis saisie de plusieurs demandes de scrutin public : sur les amendements identiques nos 45 et 47, ainsi que sur le sous-amendement no 84 à ces amendements, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire ; sur le sous-amendement no 86 à ces amendements, par le groupe Écologiste et social ; sur l’amendement no 29, par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. David Taupiac, pour soutenir l’amendement no 44.

Photo de M. David Taupiac
Suspension et reprise de la séance
M. David Taupiac David Taupiac LIOT

M. le rapporteur a évoqué à plusieurs reprises le fait que l’épandage par drone devrait rendre le traitement plus efficace à concentration moindre. Je propose que soit ajoutée dans le texte, où elle n’apparaît nulle part, cette notion de diminution ou du moins d’absence d’augmentation des quantités pulvérisées. Cet amendement prévoit donc que l’Anses vérifie que les programmes d’essai s’inscrivent dans une trajectoire de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Défavorable. On peut évidemment souscrire à l’objectif de réduction des quantités, mais il ne revient pas pour autant à l’Anses de l’évaluer, d’autant que l’amélioration du ciblage par le recours aux drones permettra de recourir davantage à des produits ne présentant qu’un faible risque.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 44, repoussé par le gouvernement, n’est pas adopté.)

Amdt 44 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je suis saisie de cinq amendements, nos 45, 47, 29, 70 et 26, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 45 et 47 sont identiques et font l’objet de trois sous-amendements, nos 86, 85 et 84. La parole est à M. David Taupiac, pour soutenir l’amendement no 45.

Amdt 45 Adopté
Photo de M. David Taupiac
Suspension et reprise de la séance
M. David Taupiac David Taupiac LIOT

Il vise à ce que l’Anses instaure un protocole déterminant les conditions d’autorisation des essais, ainsi que les modalités de leur réalisation et de la transmission des résultats.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. le rapporteur, pour soutenir l’amendement no 47.

Amdt 47 Adopté
Photo de M. Jean-Luc Fugit
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Il est identique au précédent, que M. Taupiac a brillamment défendu.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho, pour soutenir les sous-amendements nos 86, 85 et 84, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

Amdt 86 Rejeté Amdt 85 Rejeté Amdt 84 Rejeté
Photo de Mme Delphine Batho
Suspension et reprise de la séance
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

J’appelle votre attention, chers collègues, sur le no 86, qui vise à ce que le décret mentionné à l’alinéa 11 de l’article soit pris en Conseil d’État. N’étant pas un projet de loi, le texte n’a fait l’objet ni d’une étude d’impact, ni d’un avis du Conseil d’État ; or nombre de décisions de ce dernier ont trait aux pesticides, notamment en ce qui concerne les questions de protection des riverains ou de propriété privée. Le no 85 tend simplement à ce que l’avis de l’Anses soit rendu public ; le no 84, aussi important que le no 86, prévoit que la procédure d’autorisation et de réalisation des essais suit son cours « sous réserve de l’absence d’incidence négative pour la santé humaine et l’environnement ».

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Hendrik Davi, pour soutenir l’amendement no 29.

Amdt 29 Tombé
Photo de M. Hendrik Davi
Suspension et reprise de la séance
M. Hendrik Davi Hendrik Davi EcoS

Il vise à modifier l’alinéa 11 de manière à préciser que les essais auront lieu « sous réserve de l’absence d’incidence négative pour la santé humaine et l’environnement par rapport aux applications par voie terrestre ». J’ai rapidement consulté une étude suisse dont les conclusions rejoignent celles de l’Anses : dans les vignes, lorsque vous traitez par drone, les feuilles du dessus reçoivent la même quantité de produit que lors d’un épandage terrestre. En revanche, pour atteindre les feuilles situées près des grappes, il en faut quatre fois plus ; pour les grappes, sept fois plus ! (« Eh oui ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Véronique Louwagie s’exclame.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Chers collègues, s’il vous plaît !

Photo de M. Hendrik Davi
Suspension et reprise de la séance
M. Hendrik Davi Hendrik Davi EcoS

Vous comprendrez que si le volume utilisé est multiplié par sept, les conséquences pour la santé ne sont pas les mêmes ! Nous souhaitons donc qu’elles soient évaluées. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. André Chassaigne, pour soutenir l’amendement no 70.

Amdt 70 Tombé
Photo de M. Dominique Potier
Suspension et reprise de la séance
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Un homme en colère ! (Sourires.)

Photo de M. André Chassaigne
Suspension et reprise de la séance
M. André Chassaigne André Chassaigne

Il ne diffère pas substantiellement du précédent ; mais la ministre et le rapporteur nous répondront encore une fois que le rôle de l’Anses ne consiste pas à évaluer les risques. C’est à se demander pourquoi elle possède justement une direction de l’évaluation des risques, pourquoi elle compte parmi ses objectifs l’évaluation des risques, la qualification des dangers, la coordination des expertises ! Il est vrai qu’à vous entendre, nous n’aurions pas besoin de ses services, les drones ne présentant que des avantages. Je n’en dirai pas plus : non seulement vous usez d’arguments fallacieux, mais votre démarche est pathétique.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

L’amendement no 26 de Mme Delphine Batho est défendu. Quel est l’avis de la commission sur ces amendements et sous-amendements en discussion commune ?

Amdt 26 Tombé
Photo de M. Jean-Luc Fugit
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

S’agissant des amendements identiques nos 45 et 47, l’avis sera bien sûr favorable : M. Taupiac et moi nous étions engagés en commission à travailler sur ce point. Il s’agit de préciser, à l’alinéa 11, d’une part que l’Anses sera obligatoirement consultée au sujet du décret, d’autre part que celui-ci ne définira pas seulement les conditions d’autorisation et modalités de réalisation des essais, mais aussi les modalités de transmission à l’Anses de leurs résultats. Cette réécriture, élaborée avec la commission, satisfera en outre les amendements nos 29, 70 et 26, dont je demande par conséquent le retrait ; à défaut, avis défavorable. Quant aux sous-amendements, l’avis sera également défavorable. S’agissant de fixer le protocole scientifique des essais, la consultation de l’Anses est indispensable ; il n’existe en revanche aucune raison d’imposer, comme le prévoit le no 86, celle du Conseil d’État. Le no 85 est satisfait, l’Anses rendant déjà publics tous ses travaux. Le no 84 prévoit que le décret ne pourra être pris que « sous réserve de l’absence d’incidence négative pour la santé humaine et l’environnement ». Or ma démarche est celle du président Chassaigne : examiner avantages et inconvénients de l’épandage par drone. Comment pourrions-nous envisager de ne pas autoriser celui-ci si nous ne réalisons que les essais dont nous savons par avance qu’ils n’auront pas d’incidence négative ?

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Genevard ministre

Les amendements identiques nos 45 et 47 visent à ce que le décret fasse l’objet d’un avis préalable de l’Anses. Il est évident que celle-ci sera consultée en vue de son élaboration, de manière à s’assurer que les résultats des essais répondront aux prérequis et recommandations formulés dans son avis ; la précision n’est donc pas nécessaire, mais je m’en remets à votre sagesse. Le sous-amendement no 86 tend à préciser que le décret sera pris en Conseil d’État : là encore, ce n’est pas nécessaire, d’autant que le droit européen a fixé un cadre très précis. Quant au no 85, nous avons discuté de ce point ; les avis de l’Anses sont publics. Dans les deux cas, avis défavorable. Le sous-amendement no 84 et l’amendement no 29 visent à s’assurer que le décret ne sera pris qu’en l’absence d’incidence négative pour la santé humaine et l’environnement. Néanmoins, il s’agit d’une surtransposition par rapport à la directive européenne, et j’y suis défavorable. L’amendement no 70 prévoit que le décret ait plutôt pour finalité de caractériser les bénéfices et les risques sur la santé humaine et l’environnement. Toutefois, la rédaction actuelle du texte s’appuie sur l’article 9 de la directive européenne, à savoir les avantages manifestes pour la santé et l’environnement. Je ne souhaite pas que l’on s’écarte du droit de l’Union. Enfin, l’amendement no 26 vise à rendre cumulatives les conditions prévues par le droit de l’Union, à savoir démontrer l’absence de solution viable ou les avantages manifestes pour la santé humaine et l’environnement, alors qu’elles sont pour l’instant alternatives. Une fois encore, je ne souhaite aucune surtransposition des textes. Pour l’ensemble de ces raisons, j’émets un avis défavorable sur ces amendements et sous-amendements, à l’exception des amendements identiques nos 45 et 47, pour lesquels je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée nationale.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Loïc Prud’homme.

Photo de M. Loïc Prud’homme
Suspension et reprise de la séance
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Permettez-moi de revenir sur l’amendement et le sous-amendement qui font référence aux bénéfices – ou tout au moins à l’innocuité – des essais pour la santé humaine. C’est un point essentiel de la proposition de loi. Comment le texte permettra-t-il d’arbitrer entre la santé publique et les intérêts économiques ? Soyons clairs : deux camps s’opposent et vous soutenez la proposition de loi pour défendre des intérêts économiques. En effet, si vous consultez la presse spécialisée relative aux nouvelles technologies digitales, comme je l’ai fait en tapant quelques mots-clés, vous constaterez que le développement de ce marché représente un intérêt économique majeur. Et puisque vous aimez citer des exemples internationaux, j’ai examiné le cas des États-Unis, où l’épandage par drone est autorisé. Voici ce que déclarent les promoteurs de cette nouvelle technique : elle permet – je cite – d’augmenter la production et de réduire les dépenses d’exploitation.

Photo de M. Paul Midy
Suspension et reprise de la séance
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Très bien !

Photo de M. Loïc Prud’homme
Suspension et reprise de la séance
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

C’est bien le prisme par lequel vous voulez nous faire avaler ces nouvelles technologies. Ce n’est pas tant, comme vous le prétendez, afin d’alléger le travail des ouvriers agricoles ou de le rendre moins pénible, que pour défendre les intérêts économiques de ceux qui déploient ce marché énorme – il se chiffre en milliards d’euros et de dollars – et qui vendent ces nouveaux outils. Ce faisant, ils aliéneront encore davantage les agriculteurs, comme l’a expliqué mon collègue Benoît Biteau, à des technologies et des opérateurs nouveaux dont ils deviendront dépendants.

Photo de M. Paul Midy
Suspension et reprise de la séance
M. Paul Midy Paul Midy EPR

Dites cela à John Deere !

Photo de M. Loïc Prud’homme
Suspension et reprise de la séance
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Cela revient à leur mettre une corde supplémentaire au cou. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à Mme Delphine Batho.

Photo de Mme Delphine Batho
Suspension et reprise de la séance
Mme Delphine Batho Delphine Batho EcoS

Le décret n’est pas simplement technique, monsieur le rapporteur. Il engage des libertés et des droits fondamentaux. À partir du moment où l’épandage par drone, y compris de produits de biocontrôle, entraîne une dérive des substances nettement supérieure à la pratique classique, l’impact sur des tiers est évident. Or la directive européenne est claire sur ce point : « Les autorités compétentes précisent, dans l’approbation, les mesures à prendre pour avertir à temps les résidents et les passants et pour protéger l’environnement situé à proximité de la zone de pulvérisation. » Elle ajoute, au point 6 : « Les autorités compétentes conservent un enregistrement des demandes et des approbations visées au paragraphe 4 et tiennent à la disposition du public les informations pertinentes qu’elles contiennent, comme l’aire couverte par la pulvérisation, la date et la durée prévues de la pulvérisation », etc. Dans la mesure où le Conseil d’État a déjà annulé des décrets et des arrêtés pris par les gouvernements successifs en matière d’épandage de pesticides et de protection des riverains, il est normal que le décret dont il est question dans ce texte soit pris en Conseil d’État. (Mme Sandra Regol applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. André Chassaigne.

Photo de M. André Chassaigne
Suspension et reprise de la séance
M. André Chassaigne André Chassaigne

Je suis assez effaré, madame la ministre et monsieur le rapporteur, de vous entendre faire référence au droit de l’Union européenne et considérer qu’une écriture différente dans le droit français s’apparenterait à une surtransposition. Il se trouve que j’ai produit, avec Jean-Louis Bourlanges, un rapport d’information sur les méthodes de transposition des directives européennes.

Photo de M. Dominique Potier
Suspension et reprise de la séance
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Extraordinaire rapport !

Photo de M. André Chassaigne
Suspension et reprise de la séance
M. André Chassaigne André Chassaigne

Transposer une directive, ce n’est pas prendre une photocopieuse mais faire en sorte que les orientations définies par l’Union européenne – que nous soyons d’accord ou non – soient intégrées dans notre droit, avec notre propre expression. Nous sommes très attachés, par notre culture, à l’évaluation des bénéfices et des risques et il faut faire la démonstration que la transposition entraîne bien des avantages. Vous considérez qu’il ne faut pas toucher au droit européen, comme s’il était en bronze, et qu’il faut le transposer comme tel. Non ! Le parlement français n’a pas à le transposer à l’identique. Nous pouvons l’intégrer dans notre législation en utilisant notre vocabulaire, notre culture et notre façon d’exprimer les choses. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)

Photo de M. Dominique Potier
Suspension et reprise de la séance
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Exactement !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Nous en venons aux votes. Je mets aux voix le sous-amendement no 86.

Amdt 86 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 132 Nombre de suffrages exprimés 131 Majorité absolue 66 Pour l’adoption 37 Contre 94

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 86 n’est pas adopté.)

Amdt 86 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 85 n’est pas adopté.)

Amdt 85 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je mets aux voix le sous-amendement no 84.

Amdt 84 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 130 Nombre de suffrages exprimés 128 Majorité absolue 65 Pour l’adoption 34 Contre 94

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 84 n’est pas adopté.)

Amdt 84 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je mets aux voix les amendements identiques nos 45 et 47.

Amdt 45 Adopté Amdt 47 Adopté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 129 Nombre de suffrages exprimés 127 Majorité absolue 64 Pour l’adoption 89 Contre 38

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 45 et 47 sont adoptés. En conséquence, les amendements nos 29, 70 et 26 tombent, de même que les amendements nos 40 et 41.)

Amdt 45 Adopté Amdt 47 Adopté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Dominique Potier, pour soutenir l’amendement no 17.

Amdt 17 Rejeté
Photo de M. Dominique Potier
Suspension et reprise de la séance
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Je vous propose une seconde chance de laisser une marque dans l’histoire, madame la ministre, en inscrivant les expérimentations – si elles sont adoptées – dans la dynamique du plan Écophyto. Par ailleurs, vous avez évoqué le rôle du comité des solutions dans l’examen des autorisations de produits phytopharmaceutiques, par rapport à l’Anses. C’est en contradiction totale avec l’esprit qui a prévalu, après de longs débats, dans la loi de 2014 visant à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national ! Si un tel décret devait être pris, vous pouvez être certaine que le groupe Socialistes – et bien d’autres, j’en suis sûr –, ainsi que de nombreuses organisations environnementales de défense de l’eau ou de la santé humaine, dénonceraient ce qui est parfaitement contraire aux fondamentaux de l’autorité scientifique et à son indépendance. Si 95 % des substances cancérigènes, reprotoxiques et mutagènes ont été supprimés – retrait que vous avez vous-même vanté –, c’est grâce à l’autonomie et à l’indépendance de l’Anses. C’est bien cette autonomie qui incite la recherche agronomique, végétale ou technologique à trouver des solutions, et non le contraire. Rétablissons l’ordre dans notre pays, remettons la science et la démocratie sur le devant de la scène, face à tous les lobbys susceptibles de nous soustraire à une évolution pourtant vitale pour l’agriculture et la productivité de demain. C’est pourquoi je vous invite à inscrire les expérimentations, si elles sont votées, dans la dynamique du plan Écophyto, c’est-à-dire dans cette ambition partagée à l’échelle française et européenne de réduire notre dépendance à la phytopharmacie.

Photo de M. André Chassaigne
Suspension et reprise de la séance
M. André Chassaigne André Chassaigne

Très bien !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Sur les amendements identiques nos 7, 24 et 71, je suis saisie par les groupes La France insoumise-Nouveau Front populaire et Écologiste et social d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission sur l’amendement no 17 ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Nous avons déjà eu un long débat, en début de séance, sur le plan Écophyto. Je reste défavorable à l’inscription des essais dans cette stratégie. Le drone est un outil qui participe à la réduction des quantités de produits pulvérisés.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis du gouvernement ?

Photo de Mme Annie Genevard
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Genevard ministre

Défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Loïc Prud’homme.

Photo de M. Loïc Prud’homme
Suspension et reprise de la séance
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Vous ne m’avez pas répondu sur les quantités. Comment l’intensité du recours aux produits phytosanitaires sera-t-elle mesurée ? Utilisera-t-on l’indicateur Nodu, qui est employé depuis quinze ans et reconnu scientifiquement, ou celui-ci sera-t-il remplacé, sous la pression des lobbyistes qui voudraient augmenter les quantités de pesticides vendues et épandues, polluant les sols et l’environnement, par l’indicateur HRI 1 qui, lui, n’a aucune assise scientifique et ne se fonde sur aucun protocole pour qualifier la dangerosité des produits ? En réalité, cet indicateur applique des coefficients multiplicateurs qui n’ont d’autre objectif que de lisser les quantités utilisées afin d’amoindrir la robustesse des mesures et de donner l’illusion d’une moindre utilisation des pesticides, alors que c’est l’inverse qui se produit dans notre pays depuis trop longtemps ! À tel point que nous sommes devenus les champions d’Europe des volumes utilisés, mais aussi du nombre de molécules autorisées ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Avec ce texte, nous risquons de devenir aussi les champions sur le plan des modalités d’épandage des pesticides. Continuons ainsi et nous finirons sur le podium des pays qui n’ont plus d’agriculture viable et pérenne en Europe. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Benoît Biteau.

Photo de M. Benoît Biteau
Suspension et reprise de la séance
M. Benoît Biteau Benoît Biteau EcoS

Permettez-moi de revenir sur le plan Écophyto : initié en 2008, il avait pour ambition de réduire de 50 % l’utilisation des pesticides, dans un délai de dix ans. Nous sommes en 2024 et nous n’avons pas commencé à réduire les volumes.

UE
Suspension et reprise de la séance
Une députée du groupe EPR

Si !

Photo de M. Benoît Biteau
Suspension et reprise de la séance
M. Benoît Biteau Benoît Biteau EcoS

Non ! Malheureusement, les indicateurs montrent que beaucoup d’argent public a été mis sur la table, mais que la réduction se fait attendre. Je répéterai ce que j’ai évoqué précédemment : nous ne sommes plus au XVe siècle, à l’époque où Paracelse affirmait que « c’est la dose qui fait le poison ». En réalité, c’est l’exposition qui est dangereuse, quelle que soit la dose, a fortiori dans un système où l’individu est soumis à un effet cocktail. Notre ami André Chassaigne a mentionné l’AESA. Nous avons auditionné cette agence à deux reprises, dans le cadre de la campagne Secrets toxiques. Elle reconnaît elle-même que l’évaluation des autorisations de mise sur le marché est défaillante en ce qui concerne la protection de la population. Et nous voudrions utiliser encore des pesticides, alors qu’ils entraînent un effet cocktail ? Puisque l’agence sanitaire chargée de protéger les citoyens européens admet ne pas respecter la réglementation à laquelle elle devrait se référer et reconnaît des lacunes en la matière, nous devrions au contraire convoquer le principe de précaution, afin de protéger véritablement les populations exposées aux pesticides. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 17 n’est pas adopté.)

Amdt 17 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je suis saisie de trois amendements identiques, nos 7, 24 et 71. La parole est à M. Hendrik Davi, pour soutenir l’amendement no 7.

Amdt 7 Rejeté
Photo de M. Hendrik Davi
Suspension et reprise de la séance
M. Hendrik Davi Hendrik Davi EcoS

Il tend à supprimer les alinéas 12 et 13 de l’article 1er, qui visent à autoriser une généralisation de l’épandage par drone après expérimentation. Vous me répondrez qu’il semble logique de mener des expérimentations et d’étudier ensuite si elles fonctionnent dans tel ou tel cas avant de les généraliser. Le problème, c’est que ces deux alinéas sont loin d’être précis : l’épandage est autorisé si l’expérimentation a montré que la pulvérisation par aéronef présentait des avantages manifestes, et selon des critères définis par décret. Qu’entend-on exactement par « avantages manifestes » ? J’aimerais bien entendre l’avis du rapporteur sur ce point. Imaginez qu’une expérimentation montre que sans drone, 50 % des abeilles disparaissent et 25 % avec drone – c’est toujours trop d’abeilles qui disparaissent. La notion d’« avantages manifestes » n’est pas suffisante. C’est la raison pour laquelle nous n’avons cessé de répéter qu’il fallait prouver l’absence d’effets délétères des épandages sur l’environnement et la santé. Comme nous arrivons à la fin de l’examen de ce texte, je voudrais tout de même rappeler qu’il vise à élargir les possibilités d’épandage de produits phytosanitaires. Or entre les années 2000 et 2022, la quantité de pesticides épandue dans notre pays est déjà passée de 63 000 à 70 000 tonnes. C’est absolument inadmissible ! Alors que nous devrions réduire de 50 % la consommation de pesticides dans les prochaines années, nous discutons d’un texte qui ouvre la boîte de Pandore en autorisant des épandages de tous les produits phytosanitaires – c’était d’ailleurs l’objet d’un amendement. Ne nous faites pas croire, sous couvert de biocontrôle, que ce n’est pas ce que vous voulez ! C’est ce que vous souhaitez et cela conduira à encore plus d’agriculture industrielle.

Photo de M. Jean-Luc Bourgeaux
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Bourgeaux Jean-Luc Bourgeaux DR

Ce n’est pas vrai !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Loïc Prud’homme, pour soutenir l’amendement no 24.

Amdt 24 Rejeté
Photo de M. Loïc Prud’homme
Suspension et reprise de la séance
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Pour compléter le propos de mon collègue Hendrik Davi, j’ajouterai que pour protéger le modèle agricole, vous vous appuyez sur le désormais célèbre triptyque « numérique-robotique-génétique ». Vous nous vendez de nouveau ce modèle avec les drones, en prétendant que cette approche permettra de respecter la trajectoire de réduction des pesticides. J’ai été technicien à l’Institut national de recherche agronomique (Inra) avant d’être élu député : l’agriculture de précision, on y était déjà il y a plus de dix ans ! On nous vantait la réduction de la consommation de pesticides grâce aux GPS dans les tracteurs et aux dispositifs super-pilotés au moyen de cartes des sols agricoles, etc.

Photo de M. Jean-Luc Bourgeaux
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Bourgeaux Jean-Luc Bourgeaux DR

Vous êtes contre les GPS, maintenant ?

Photo de M. Loïc Prud’homme
Suspension et reprise de la séance
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

L’agriculture de précision est arrivée, mais elle n’a de précision que le nom – les plus-values réalisées par les marchands de matériels ont augmenté, tout comme l’endettement des exploitations. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) La consommation de produits phytosanitaires n’a pas diminué – elle a même continué à augmenter. L’agriculture de précision et l’agriculture numérique n’offrent donc pas de solution. La seule solution, c’est de remettre dans les champs des paysans, des ouvriers et des ouvrières agricoles qualifiés et correctement rémunérés, pour faire de l’agronomie au plus près du terrain et sortir des dépendances cumulatives en matière de technologies, que vous essayez une fois encore de nous vendre avec ces drones. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. André Chassaigne, pour soutenir l’amendement no 71.

Amdt 71 Rejeté
Photo de M. André Chassaigne
Suspension et reprise de la séance
M. André Chassaigne André Chassaigne

Le texte est mal ficelé : vous auriez dû placer les alinéas 12 et 13 au début. Votre seul objectif est de prendre un arrêté qui dresse la liste des parcelles où l’on peut utiliser les drones car la pulvérisation n’aurait pas de conséquences négatives pour la santé. L’alinéa 12 définit le contenu de l’arrêté et l’alinéa 13 dispose que « pour les types de parcelles ou pour les cultures inscrites sur la liste mentionnée au premier alinéa du présent C, un programme d’application par aéronef circulant sans personne à bord peut être autorisé dans les conditions prévues au B du I bis. » Vous auriez pu en rester là : tout le reste du texte vise à faire la démonstration qu’on ne recherchera que les avantages de la pulvérisation – en aucun cas on ne s’interrogera sur les risques potentiels. Toutes vos réponses sont allées dans ce sens. Je ne suis pas personnellement opposé aux évolutions permises par l’agriculture de précision, mais il faut le faire avec honnêteté.

Photo de M. Antoine Léaument
Suspension et reprise de la séance
M. Antoine Léaument Antoine Léaument LFI-NFP

Eh oui !

Photo de M. André Chassaigne
Suspension et reprise de la séance
M. André Chassaigne André Chassaigne

Vous foncez avec un tracteur qui a une puissance énorme parce que vous voulez à tout prix arriver à vos fins. Mais un peu d’objectivité ! Ayez une approche scientifique – une forme de respect ! Vous avez votre objectif et, à partir de là, vous déroulez le fil en ne retenant que les arguments qui vous permettront de l’atteindre. La démarche scientifique, le respect de l’environnement et de la santé humaine, ce n’est pas ça – c’est tout le contraire ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS – Mme Martine Froger applaudit également.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Ce texte vise à réduire la pénibilité du travail des agriculteurs...

Photo de M. Jean-François Coulomme
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Ce n’est pas vrai !

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

…et l’impact environnemental de leur action. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Par ailleurs, l’évaluation scientifique de l’Anses sera présentée à l’Opecst.

Photo de M. André Chassaigne
Suspension et reprise de la séance
M. André Chassaigne André Chassaigne

Vous n’avez pas voulu l’écrire !

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

Si, c’est écrit. L’alinéa 12 mentionne les résultats des essais – regardez bien. Pour toutes ces raisons, je suis défavorable aux amendements. Nous avons déjà eu cette discussion tout à l’heure. Des essais sont prévus, l’Anses élabore les protocoles et identifie dans son évaluation les aspects positifs et négatifs. Les évaluations sont présentées à l’Opecst et transmises au gouvernement, qui peut prendre des décisions d’autorisations.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Loïc Prud’homme.

Photo de M. Loïc Prud’homme
Suspension et reprise de la séance
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Je demande une suspension de séance. Je soutiens pour partie l’amendement de M. Chassaigne, mais sa référence à l’Opecst me gêne un peu. Je souhaiterais que nous puissions harmoniser nos positions. (Exclamations sur les bancs des groupes EPR et DR.)

Photo de M. Ian Boucard
Suspension et reprise de la séance
M. Ian Boucard Ian Boucard DR

C’est de l’obstruction !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-trois heures cinquante, est reprise à vingt-trois heures cinquante-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La séance est reprise. Quel est l’avis du gouvernement sur les amendements identiques ?

Photo de Mme Annie Genevard
Suspension et reprise de la séance
Mme Annie Genevard ministre

Il est défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Hendrik Davi.

Photo de M. Hendrik Davi
Suspension et reprise de la séance
M. Hendrik Davi Hendrik Davi EcoS

Permettez-moi de revenir sur trois points. D’abord, regardez le texte. Je ne sais pas qui l’a écrit, mais l’alinéa 12 se termine ainsi : « est susceptible de présenter des avantages manifestes pour la santé humaine et pour l’environnement ». Je vous suggère la reformulation suivante, pour peu qu’il soit possible de sous-amender : « présente des avantages manifestes pour la santé humaine et pour l’environnement ». Ce serait préférable à l’emploi du mot « susceptible ».

Photo de M. Sylvain Maillard
Suspension et reprise de la séance
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

On pourrait écrire : « on offre ».

Photo de M. Hendrik Davi
Suspension et reprise de la séance
M. Hendrik Davi Hendrik Davi EcoS

Ensuite, pour ce qui concerne l’Opecst, j’y ai siégé aussi et c’est une noble institution. Néanmoins, vous l’avez instrumentalisé pour faire passer la fusion entre l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Ce n’est donc pas le bon exemple pour nous donner confiance en matière de pesticides ! (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Enfin, le plus important est ce qu’a dit mon collègue Loïc Prud’homme.

Photo de M. Loïc Prud’homme
Suspension et reprise de la séance
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Ah !

Photo de M. Hendrik Davi
Suspension et reprise de la séance
M. Hendrik Davi Hendrik Davi EcoS

Je travaillais également à l’Inra en tant que chercheur. Moi aussi, en 2005, j’ai regardé les beaux tracteurs avec les multicapteurs – on avait des capteurs magnifiques qui étaient capables de connaître les conditions de la culture et en même temps de répandre les pesticides. On nous promettait une baisse de la consommation de pesticides et de produits phytosanitaires grâce à ces techniques extraordinaires. Ce n’est pas ce qui s’est passé – en disant cela, je porte une accusation grave contre votre modèle de développement agricole. Expliquez-nous pourquoi ça ne marche pas,…

Photo de M. Loïc Prud’homme
Suspension et reprise de la séance
M. Loïc Prud’homme Loïc Prud'homme LFI-NFP

Eh oui !

Photo de M. Hendrik Davi
Suspension et reprise de la séance
M. Hendrik Davi Hendrik Davi EcoS

…pourquoi, alors qu’on a fait tant de progrès techniques, on continue de pulvériser toujours plus de produits phytosanitaires. Merci de me répondre. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. André Chassaigne.

Photo de M. André Chassaigne
Suspension et reprise de la séance
M. André Chassaigne André Chassaigne

Revenons sur les mots employés. Je n’ai pas eu le temps d’aller au fond des choses tout à l’heure : l’alinéa 12 prévoit que la pulvérisation par aéronef sera autorisée par arrêté si elle « est susceptible de présenter des avantages manifestes ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Pouvez-vous définir ces avantages manifestes ? N’y aurait-il pas derrière tout cela une forme de loup qui consisterait à faire en sorte que la pulvérisation concerne des parcelles et des cultures beaucoup plus nombreuses que vous ne l’affirmez aujourd’hui ? (M. Gérard Leseul applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. René Pilato.

Photo de M. René Pilato
Suspension et reprise de la séance
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Vous prétendez que nous n’aimons pas les agriculteurs, mais c’est vous qui les poussez au suicide (Vives protestations sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem) à cause d’une course incessante à la productivité qui oblige à l’utilisation des produits phytosanitaires et entraîne des cancers.

Photo de Mme Sandra Marsaud
Suspension et reprise de la séance
Mme Sandra Marsaud Sandra Marsaud EPR

Quelle honte !

Photo de M. René Pilato
Suspension et reprise de la séance
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

C’est vous qui provoquez un désastre écologique, humain et économique. Arrêtez de faire votre cinéma et de vous cacher derrière les mots ! Reprenez vos esprits, changez de modèle, faites une bifurcation écologique, et on en reparlera ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Sandra Marsaud
Suspension et reprise de la séance
Mme Sandra Marsaud Sandra Marsaud EPR

Lamentable, Pilato !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La parole est à M. Éric Martineau.

Photo de M. Éric Martineau
Suspension et reprise de la séance
M. Éric Martineau Éric Martineau Dem

Je n’ai pas pris la parole durant toute la séance, mais j’ai entendu beaucoup de choses qui m’ont froissé, notamment l’accusation qui nous est faite de ne pas soutenir les agriculteurs. Puisque vous ne comprenez pas pourquoi l’utilisation des pesticides et des produits phytosanitaires ne baisse pas, je vais vous donner un exemple très concret. Je suis moi-même passé en agriculture biologique. Auparavant, pour lutter contre la tavelure, j’utilisais un produit chimique à hauteur de 500 grammes par hectare ; je l’ai remplacé par 1 kilogramme de cuivre et 3 kilogrammes de soufre. Pour lutter contre les pucerons, j’ai remplacé 140 grammes de produits chimiques par 5 litres d’huile de neem, qui est un perturbateur endocrinien notoire, utilisé en agriculture biologique à défaut d’autre chose. Cessons donc d’opposer constamment le bien et le mal : tout est chimique !

Photo de M. Jean-Luc Fugit
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Luc Fugit rapporteur EPR

C’est ce que j’ai essayé d’expliquer !

Photo de M. Éric Martineau
Suspension et reprise de la séance
M. Éric Martineau Éric Martineau Dem

Le cuivre est un élément naturel, mais quand on le répand sur nos cultures, c’est bien un produit chimique ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem, EPR, DR et HOR.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

C’est un polluant !

Photo de M. Éric Martineau
Suspension et reprise de la séance
M. Éric Martineau Éric Martineau Dem

De surcroît, en remplaçant des produits issus de la chimie de synthèse par des produits naturels moins efficaces, il a fallu augmenter les quantités utilisées. En passant en agriculture biologique, j’ai dû augmenter mon utilisation de produits phytosanitaires ! (Mêmes mouvements. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de M. Julien Dive
Suspension et reprise de la séance
M. Julien Dive Julien Dive DR

Il a raison ! Écoutez un agriculteur !

Photo de M. Éric Martineau
Suspension et reprise de la séance
M. Éric Martineau Éric Martineau Dem

Enfin, l’utilisation des drones nous permet de faire évoluer l’agriculture. Je vous invite à vous rendre dans la région italienne du Trentin-Haut-Adige où exercent nos propres concurrents. Aucune zone n’y souffre d’absence de traitement et celui-ci est réalisé par aspersion sur frondaison… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’orateur. – Les députés des groupe Dem, EPR et DR applaudissent ce dernier.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Je mets aux voix les amendements identiques nos 7, 24 et 71.

Amdt 7 Rejeté Amdt 24 Rejeté Amdt 71 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 132 Nombre de suffrages exprimés 129 Majorité absolue 65 Pour l’adoption 34 Contre 95

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 7, 24 et 71 ne sont pas adoptés.)

Amdt 7 Rejeté Amdt 24 Rejeté Amdt 71 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

La suite de la discussion est renvoyée à une prochaine séance.

Photo de Mme la présidente
Ordre du jour de la prochaine séance
Mme la présidente Clémence Guetté LFI-NFP

Prochaine séance, demain, à neuf heures : Questions orales sans débat. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée, le mardi 3 décembre 2024, à zéro heure cinq.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra

Glossaire
Abstention

Vote par lequel un député choisit de ne se prononcer ni pour ni contre un texte ou un amendement. L'abstention est comptabilisée séparément et n'entre pas dans le calcul de la majorité.

Amendement

Modification proposée à un texte de loi en cours de discussion. Un amendement peut être déposé par un député, un groupe parlementaire, une commission ou le Gouvernement. Il peut viser à ajouter, supprimer ou modifier un ou plusieurs articles du texte.

Assemblée nationale

Chambre basse du Parlement français, composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans. Elle vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Elle siège au Palais Bourbon à Paris.

Article 40

Article de la Constitution interdisant aux parlementaires de proposer des amendements ou propositions de loi entraînant une diminution des ressources publiques ou une augmentation des charges. Le Président de la commission des Finances veille à son application.

Article 44 alinéa 3 (vote bloqué)

Le Gouvernement peut demander à l'Assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements acceptés par le Gouvernement. Cette procédure est appelée « vote bloqué ».

Ballottage

Situation dans laquelle aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue au premier tour d'une élection. Un second tour est alors organisé où seuls se maintiennent les candidats ayant recueilli un nombre suffisant de voix.

Bicamérisme

Système parlementaire à deux chambres : l'Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). En France, le bicamérisme est dit « inégalitaire » car l'Assemblée peut avoir le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

Bureau de l'Assemblée

Organe directeur de l'Assemblée nationale composé du Président, des vice-présidents, des questeurs et des secrétaires. Il organise et dirige les travaux de l'Assemblée, statue sur les demandes de levée d'immunité et gère le budget interne.

Budget de l'État

Document retraçant l'ensemble des recettes et des dépenses de l'État pour une année civile. Il est présenté dans le projet de loi de finances (PLF) et voté chaque automne par le Parlement. Son exécution est contrôlée a posteriori par la loi de règlement.

Cavalier législatif

Disposition insérée dans une loi qui n'a aucun lien avec le texte en discussion. Les cavaliers législatifs peuvent être censurés par le Conseil constitutionnel au titre de l'article 45 de la Constitution.

Censure (constitutionnelle)

Décision du Conseil constitutionnel déclarant une disposition législative contraire à la Constitution. La disposition censurée ne peut être promulguée. La censure peut être totale (toute la loi) ou partielle (certains articles).

Circonscription

Division géographique dans laquelle est élu un député. La France compte 577 circonscriptions législatives. Chaque circonscription élit un seul député au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.

Cohabitation

Situation institutionnelle dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre appartiennent à des majorités politiques opposées. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.

Commission permanente

Organe de travail permanent de l'Assemblée (8 commissions : Lois, Finances, Affaires sociales, Affaires étrangères, Défense, Affaires culturelles, Développement durable, Affaires économiques). Les commissions examinent les textes de loi avant leur discussion en séance.

Commission d'enquête

Commission temporaire créée pour recueillir des informations sur des faits déterminés ou sur la gestion d'un service public. Ses travaux durent au maximum 6 mois et ses auditions peuvent être publiques. Elle dispose de pouvoirs d'investigation étendus.

Commission mixte paritaire (CMP)

Commission composée de 7 députés et 7 sénateurs, réunie pour trouver un texte de compromis lorsque l'Assemblée et le Sénat n'arrivent pas à un accord sur un projet ou une proposition de loi après deux lectures.

Compte rendu

Transcription intégrale ou analytique des débats ayant eu lieu en séance publique ou en commission. Les comptes rendus intégraux sont publiés au Journal officiel et consultables en ligne.

Conférence des présidents

Réunion hebdomadaire rassemblant le Président de l'Assemblée, les vice-présidents, les présidents de groupes, les présidents de commissions et le membre du Gouvernement chargé des relations avec le Parlement. Elle fixe l'ordre du jour des travaux.

Congrès du Parlement

Réunion conjointe de l'Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, convoquée par le Président de la République pour voter une révision constitutionnelle. L'adoption requiert une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Conseil constitutionnel

Institution composée de 9 membres (3 nommés par le Président de la République, 3 par le président du Sénat, 3 par le président de l'Assemblée) chargée de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Il peut être saisi avant promulgation ou par QPC.

Conseil des ministres

Réunion hebdomadaire du Gouvernement sous la présidence du Président de la République, chaque mercredi à l'Élysée. C'est là que sont adoptés les projets de loi, les ordonnances, les décrets et les nominations importantes.

Conseil d'État

Plus haute juridiction administrative française. Il est obligatoirement consulté sur les projets de loi et d'ordonnance avant leur examen par le Parlement. Son avis porte sur la qualité juridique du texte et sa conformité aux normes supérieures.

Constitution

Loi fondamentale de la République française, adoptée le 4 octobre 1958. Elle définit l'organisation des pouvoirs publics, les droits et libertés des citoyens, et les rapports entre le Parlement, le Gouvernement et le Président de la République.

Contre (vote)

Vote exprimé en opposition à un texte, un amendement ou une motion. Les votes « contre » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Cour des comptes

Juridiction financière indépendante chargée de contrôler la gestion des fonds publics. Elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances et publie un rapport annuel public.

Débat d'orientation

Débat organisé en séance publique sans vote à la clef, permettant aux députés d'exprimer leurs positions sur un sujet de politique générale, budgétaire ou européenne avant que le Gouvernement n'arrête ses choix.

Décret

Acte réglementaire pris par le Président de la République ou le Premier ministre. Les décrets d'application précisent les modalités d'exécution d'une loi. Certains décrets sont délibérés en Conseil des ministres.

Délégation parlementaire

Organisme permanent de l'Assemblée chargé d'informer les députés sur un domaine spécifique : droits des femmes, outre-mer, renseignement, collectivités territoriales, etc. Les délégations n'ont pas de pouvoir législatif direct.

Déontologue de l'Assemblée

Personnalité indépendante chargée de veiller au respect du code de déontologie par les députés : déclarations d'intérêts, prévention des conflits d'intérêts, cadeaux et invitations. Il peut être saisi par tout député ou citoyen.

Déport

Décision d'un député de ne pas participer à un vote ou à des travaux parlementaires en raison d'un conflit d'intérêts. Le déport est déclaré auprès du déontologue et publié. C'est une mesure de transparence et de probité.

Député

Élu de la Nation siégeant à l'Assemblée nationale. Le député vote les lois, contrôle l'action du Gouvernement, peut poser des questions et déposer des propositions de loi. Son mandat dure 5 ans (sauf dissolution).

Dissolution

Acte par lequel le Président de la République met fin au mandat de l'Assemblée nationale avant son terme, provoquant de nouvelles élections législatives dans les 20 à 40 jours. Une nouvelle dissolution ne peut avoir lieu dans l'année qui suit.

Dossier législatif

Ensemble des documents et actes liés à l'examen d'un texte de loi : dépôt, renvoi en commission, rapport, discussion en séance, amendements, vote, navette avec le Sénat, promulgation.

Droit d'amendement

Droit reconnu à chaque parlementaire et au Gouvernement de proposer des modifications à un texte de loi en cours de discussion. Ce droit est garanti par la Constitution (article 44) mais encadré par des règles de recevabilité.

Élections législatives

Scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettant d'élire les 577 députés de l'Assemblée nationale. Pour être élu au premier tour, il faut obtenir la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits. Au second tour, la majorité relative suffit.

État d'urgence

Régime d'exception déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou de calamité publique. Sa prolongation au-delà de 12 jours nécessite une autorisation du Parlement. Il renforce temporairement les pouvoirs de l'exécutif.

Examen en commission

Phase de la procédure législative durant laquelle une commission permanente étudie un texte article par article, auditionne le rapporteur et vote des amendements avant la discussion en séance publique.

Exception d'irrecevabilité

Motion de procédure par laquelle un député demande le rejet d'un texte au motif qu'il est contraire à la Constitution. Son adoption entraîne le rejet du texte. C'est le seul moyen de soulever l'inconstitutionnalité pendant les débats.

Fait personnel

Prise de parole brève autorisée en fin de séance lorsqu'un député estime que ses propos ont été déformés ou qu'il a été mis en cause personnellement au cours des débats.

Fenêtre parlementaire (niche)

Journée réservée dans le calendrier parlementaire à un groupe d'opposition ou minoritaire pour inscrire à l'ordre du jour les textes de son choix. Chaque groupe dispose d'une journée par session ordinaire.

Gouvernement

Organe exécutif dirigé par le Premier ministre, composé des ministres, ministres délégués et secrétaires d'État. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Groupe parlementaire

Regroupement d'au moins 15 députés partageant des affinités politiques. Chaque groupe dispose d'un temps de parole, de postes en commission et de moyens matériels. Un groupe peut être déclaré d'opposition ou minoritaire.

Groupe d'études

Groupe informel de députés qui se réunissent autour d'un thème d'intérêt commun (viticulture, espace, numérique…). Les groupes d'études permettent de travailler sur des sujets transversaux au-delà des clivages partisans.

HATVP

Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Autorité administrative indépendante chargée de contrôler les déclarations de patrimoine et d'intérêts des élus et hauts fonctionnaires, et de prévenir les conflits d'intérêts.

Hémicycle

Salle en forme de demi-cercle où siègent les députés au Palais Bourbon. Les places sont réparties de gauche à droite selon les affinités politiques. Le Président de l'Assemblée siège au « perchoir », point le plus élevé.

Immunité parlementaire

Protection juridique dont bénéficient les parlementaires. L'irresponsabilité couvre les opinions et votes émis dans l'exercice des fonctions. L'inviolabilité interdit l'arrestation sans autorisation du Bureau sauf flagrant délit.

Incompatibilité

Interdiction de cumuler le mandat de député avec certaines fonctions ou activités (fonctionnaire en activité, dirigeant d'entreprise publique, membre du Gouvernement, sénateur, député européen…). Le député doit choisir sous 30 jours.

Initiative législative

Droit de proposer un texte de loi. L'initiative appartient concurremment au Premier ministre (projets de loi) et aux membres du Parlement (propositions de loi). En pratique, la majorité des lois adoptées sont d'origine gouvernementale.

Irrecevabilité

Décision de rejeter un amendement ou une proposition de loi pour des raisons de forme (article 40 : charge financière, article 45 : cavalier législatif, article 41 : domaine réglementaire) sans examen sur le fond.

Journal officiel (JO)

Publication officielle de la République française dans laquelle sont publiés les lois, décrets, arrêtés, comptes rendus des débats parlementaires, questions écrites et réponses ministérielles. Il est consultable gratuitement en ligne.

Législature

Période de 5 ans correspondant au mandat d'une Assemblée nationale. La législature actuelle est la 17ᵉ (depuis 2024). Chaque législature est divisée en sessions ordinaires et extraordinaires.

Lecture

Chaque passage d'un texte devant une chambre (Assemblée ou Sénat) constitue une « lecture ». La navette peut comporter plusieurs lectures. En cas de désaccord persistant, le Gouvernement peut demander une lecture définitive à l'Assemblée.

Loi de finances (PLF)

Loi qui détermine chaque année les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de finances est déposé en octobre, examiné en priorité par l'Assemblée (40 jours), puis par le Sénat (20 jours). Il doit être adopté avant le 31 décembre.

Loi organique

Loi de rang supérieur aux lois ordinaires qui précise l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics prévus par la Constitution. Son adoption requiert des conditions plus strictes et elle est automatiquement soumise au Conseil constitutionnel.

Loi de programmation

Loi fixant des objectifs et des moyens sur plusieurs années dans un domaine (défense, justice, recherche, finances publiques). Elle n'a pas de portée contraignante mais traduit les orientations à moyen terme du Gouvernement.

Majorité

Nombre de voix nécessaires pour adopter un texte. La majorité simple (plus de la moitié des suffrages exprimés) est la règle générale. Certains votes (motion de censure, révision constitutionnelle) requièrent une majorité qualifiée.

Majorité absolue

Plus de la moitié des membres composant l'Assemblée, soit 289 voix sur 577. Requise notamment pour l'adoption d'une motion de censure ou pour l'investiture du Gouvernement. À distinguer de la majorité simple des suffrages exprimés.

Mandat parlementaire

Mission confiée par les électeurs à un député pour les représenter. Le mandat est de 5 ans, national (le député représente toute la Nation et non sa seule circonscription) et non impératif (il vote librement selon sa conscience).

Mission d'information

Groupe de travail temporaire créé par une commission permanente ou la Conférence des présidents pour étudier un sujet spécifique. Moins formelle qu'une commission d'enquête, elle ne dispose pas de pouvoirs de contrainte mais publie un rapport.

Motion de censure

Procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut renverser le Gouvernement. Elle doit être signée par au moins 58 députés (1/10ᵉ) et adoptée à la majorité absolue (289 voix). Seuls les votes « pour » sont comptabilisés.

Motion de renvoi en commission

Motion de procédure par laquelle l'Assemblée peut décider de renvoyer un texte en commission pour un examen complémentaire. Son adoption suspend la discussion du texte jusqu'à un nouvel examen en commission.

Navette parlementaire

Va-et-vient d'un texte entre l'Assemblée nationale et le Sénat jusqu'à son adoption dans les mêmes termes. Si le désaccord persiste après deux lectures, une CMP est convoquée ou l'Assemblée peut statuer définitivement.

Non-inscrit

Député n'appartenant à aucun groupe parlementaire. Les non-inscrits bénéficient de droits individuels (vote, amendement, question) mais disposent d'un temps de parole réduit et d'une représentation limitée en commission.

Obstruction parlementaire

Stratégie consistant à multiplier les amendements, les rappels au règlement ou les demandes de scrutin pour retarder ou bloquer l'adoption d'un texte. L'obstruction est une arme classique de l'opposition.

Ordonnance

Texte pris par le Gouvernement dans le domaine de la loi, après habilitation du Parlement (article 38 de la Constitution). Les ordonnances doivent être ratifiées par le Parlement dans un délai fixé par la loi d'habilitation.

Ordre du jour (ODJ)

Liste des sujets devant être examinés lors d'une séance ou d'une réunion de commission. L'ordre du jour est fixé par la Conférence des présidents. Le Gouvernement dispose d'un droit de priorité pour y inscrire ses textes.

Palais Bourbon

Siège de l'Assemblée nationale, situé sur la rive gauche de la Seine à Paris (7ᵉ arrondissement). Le bâtiment, construit au XVIIIᵉ siècle, abrite l'hémicycle, les salles de commission, les bureaux des députés et la bibliothèque.

Parlement

Institution bicamérale composée de l'Assemblée nationale et du Sénat. Le Parlement vote la loi, contrôle l'action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. Il peut se réunir en Congrès pour réviser la Constitution.

Perchoir

Nom donné familièrement au siège du Président de l'Assemblée nationale, situé au point le plus élevé de l'hémicycle. Par extension, « décrocher le perchoir » signifie être élu Président de l'Assemblée.

Pour (vote)

Vote exprimé en faveur d'un texte, d'un amendement ou d'une motion. Les votes « pour » sont comptés dans les suffrages exprimés pour le calcul de la majorité.

Premier ministre

Chef du Gouvernement, nommé par le Président de la République. Il dirige l'action du Gouvernement, assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire. Il est responsable devant l'Assemblée nationale.

Président de l'Assemblée nationale

Quatrième personnage de l'État, élu par les députés au début de chaque législature. Il dirige les débats, assure le respect du règlement, peut saisir le Conseil constitutionnel et supplée le Président de la République en cas de vacance.

Président de la République

Chef de l'État élu au suffrage universel direct pour 5 ans. Il nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres, promulgue les lois, peut dissoudre l'Assemblée et exercer les pouvoirs exceptionnels de l'article 16.

Procédure accélérée

Procédure permettant de réduire la navette parlementaire à une seule lecture par chambre avant réunion éventuelle d'une CMP. Elle est décidée par le Gouvernement ou par la Conférence des présidents.

Projet de loi

Texte de loi déposé par le Gouvernement (Premier ministre). Les projets de loi passent obligatoirement par le Conseil d'État pour avis et sont accompagnés d'une étude d'impact. À ne pas confondre avec la proposition de loi.

Promulgation

Acte par lequel le Président de la République atteste l'existence de la loi et ordonne son exécution. Elle intervient dans les 15 jours suivant la transmission de la loi définitivement adoptée, sauf saisine du Conseil constitutionnel.

Proposition de loi

Texte de loi déposé par un ou plusieurs parlementaires (députés ou sénateurs), par opposition au projet de loi qui émane du Gouvernement. Elle n'est pas soumise à l'avis du Conseil d'État ni à l'obligation d'étude d'impact.

Proposition de résolution

Texte par lequel l'Assemblée exprime un avis, un souhait ou une recommandation sans valeur contraignante. Depuis 2008, les résolutions peuvent porter sur tout sujet. Elles ne sont pas transmises au Sénat et ne sont pas promulguées.

Question prioritaire de constitutionnalité (QPC)

Procédure permettant à tout justiciable de contester la conformité d'une loi déjà en vigueur aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'État ou la Cour de cassation.

Question écrite (QE)

Question adressée par écrit par un député à un ministre. Le ministre dispose normalement de deux mois pour répondre. Les questions et réponses sont publiées au Journal officiel.

Question au Gouvernement (QAG)

Question orale posée en séance publique chaque mardi et mercredi. Le député dispose de 2 minutes, le ministre répond en 2 minutes. C'est le moment le plus médiatique de la vie parlementaire, retransmis en direct à la télévision.

Questeur

Membre du Bureau de l'Assemblée chargé de la gestion financière et administrative de l'institution : budget, personnel, sécurité, logistique. Il y a trois questeurs : deux de la majorité et un de l'opposition.

Quorum

Nombre minimum de députés devant être présents pour qu'un vote soit valide. En règle générale, il n'y a pas de quorum à l'Assemblée pour les votes ordinaires, mais la Constitution l'exige pour certains votes spéciaux.

Rappel au règlement

Prise de parole par laquelle un député signale une violation du règlement de l'Assemblée au cours d'un débat. Le Président peut accorder 2 minutes au député. C'est souvent utilisé de manière tactique pour intervenir dans les débats.

Rapporteur

Député désigné par une commission pour étudier un texte de loi, rédiger un rapport et présenter les conclusions de la commission en séance. Le rapporteur auditionne les parties prenantes et propose des amendements.

Rapporteur général du budget

Député membre de la commission des Finances chargé de suivre l'ensemble des lois de finances. Il dispose de pouvoirs étendus de contrôle sur pièces et sur place dans les administrations et peut accéder à tout document fiscal.

Référendum

Consultation directe des citoyens sur un projet de loi (article 11 de la Constitution) ou une révision constitutionnelle (article 89). Le Président peut soumettre un texte au référendum sur proposition du Gouvernement ou du Parlement.

Règlement de l'Assemblée

Texte fixant l'organisation interne et les règles de procédure de l'Assemblée nationale : temps de parole, dépôt d'amendements, conditions de vote, discipline en séance. Il est soumis au contrôle du Conseil constitutionnel.

Réserve parlementaire (supprimée)

Enveloppe budgétaire autrefois attribuée à chaque parlementaire pour financer des projets locaux (associations, collectivités). Supprimée par la loi de confiance dans la vie politique de 2017 en raison de son opacité.

Réunion

Rencontre de travail d'un organe parlementaire (commission, délégation, mission d'information…). Les réunions ont un ordre du jour, des participants et peuvent donner lieu à un compte rendu.

Scrutin

Vote solennel et public par lequel les députés se prononcent sur un texte, un amendement ou une motion. Au scrutin public, chaque député enregistre son vote (pour, contre, abstention) et les résultats sont nominatifs.

Vote solennel

Catégorie de scrutin public utilisée pour les votes les plus importants (adoption d'un texte en lecture solennelle, motions majeures, décisions politiques structurantes). Le vote est nominatif et publié, ce qui permet de savoir précisément la position de chaque député.

Séance publique

Réunion plénière de l'Assemblée dans l'hémicycle, ouverte au public et retransmise en direct. C'est en séance que se déroulent les discussions générales, l'examen des amendements et les votes solennels.

Sénat

Chambre haute du Parlement français, composée de 348 sénateurs élus au suffrage universel indirect pour 6 ans, renouvelés par moitié tous les 3 ans. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et représente les collectivités territoriales.

Session parlementaire

Période pendant laquelle le Parlement siège. La session ordinaire unique va d'octobre à juin (170 jours max). Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées par le Président de la République.

Sous-amendement

Modification apportée à un amendement lui-même. Le sous-amendement ne peut contredire l'objet de l'amendement principal. Il est discuté et voté avant l'amendement qu'il modifie.

Suffrage exprimé

Vote « pour » ou « contre ». Les abstentions et les non-votants ne sont pas comptés dans les suffrages exprimés. La majorité requise se calcule sur les seuls suffrages exprimés, sauf dispositions constitutionnelles contraires.

Suppléant

Personne élue en même temps que le député pour le remplacer en cas de vacance du siège (nomination au Gouvernement, décès, démission, etc.). Le suppléant ne siège pas tant que le titulaire est en fonction.

Temps législatif programmé

Procédure fixant à l'avance la durée globale de discussion d'un texte en séance. Le temps est réparti entre les groupes proportionnellement à leur importance numérique. Elle permet de maîtriser le calendrier face à l'obstruction.

Texte de loi

Document contenant les dispositions législatives soumises à l'examen du Parlement. Un texte peut être un projet de loi (Gouvernement) ou une proposition de loi (parlementaire).

Triangulaire

Second tour d'une élection législative opposant trois candidats (au lieu de deux). Pour se maintenir au second tour, un candidat doit avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits au premier tour.

Vᵉ République

Régime politique actuel de la France, instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 à l'initiative du général de Gaulle. Il se caractérise par un exécutif fort (président élu au suffrage universel) et un parlementarisme rationalisé.

Vote

Acte par lequel les députés expriment leur position sur un texte. Les principaux modes sont : à main levée, par assis et levé, au scrutin public ordinaire (électronique) et au scrutin public à la tribune.

Vote de confiance

Vote par lequel l'Assemblée nationale approuve le programme ou la déclaration de politique générale du Gouvernement (article 49 alinéa 1). Le Gouvernement n'est pas obligé de solliciter la confiance mais il est d'usage de le faire.

Vote personnel

Principe constitutionnel selon lequel le droit de vote des membres du Parlement est personnel. La délégation de vote n'est autorisée que dans des cas limitativement énumérés par une loi organique (maladie, mission…).

Votant

Député ayant participé à un scrutin, qu'il ait voté pour, contre ou se soit abstenu. Le nombre de votants inclut les abstentions, contrairement aux suffrages exprimés.

Article 49 alinéa 3

Disposition constitutionnelle permettant au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un texte de loi. Le texte est considéré comme adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et votée dans les 24 heures.

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