Séance plénière Vidéo Presse
Suite de la discussion de la première partie du projet de loi de finances pour 2025
Jeudi 24 octobre 2024 21:30 – 00:00 2h30 Assemblée nationale Confirmé Créée le 30/09/2024 PO838901
1
Suite de la discussion de la première partie du projet de loi de finances pour 2025
Suite de la discussion Confirmé Projet de loi de finances pour 2025
Source de référence séance

Débats officiels structurés de la séance

Cette vue s'appuie sur le flux XML officiel des débats en séance publique : c'est la version la plus complète de la notice de cette réunion (sections, amendements, ordre des prises de parole). Le fil ci-dessous affiche l'intégralité des interventions chargées pour cette séance.

545 Interventions sur l'ensemble de la séance
115 Orateurs distincts repérés
6 Séquences détectées dans le débat
77 Amendements cités à l'oral

Contenu affiché sur cette page: 545 interventions sur 545 pour l'ensemble de la séance.

Repères de séance

Ouverture de seance Première partie (suite) Rappels au règlement Après l’article 3 (suite) Suspension et reprise de la séance Ordre du jour de la prochaine séance

Amendements les plus cités

I-475 3 mentions I-476 3 mentions I-1254 3 mentions I-1266 3 mentions I-2915 3 mentions I-3389 3 mentions I-3556 3 mentions I-3561 3 mentions
Photo de Mme la présidente
Ouverture de seance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La séance est ouverte.

II
Ouverture de seance
Intervenant non identifié

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)

Photo de Mme la présidente
Première partie (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (nos 324, 468). Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant aux amendements identiques nos 2205 et 3471 portant article additionnel après l’article 3. Ils ont été défendus et un scrutin public a été annoncé sur ces amendements identiques, qui ont reçu un avis favorable de la commission, le Gouvernement s’en remettant à la sagesse de l’Assemblée.

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Mathilde Panot, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Il se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue de nos débats. Nous sortons d’une conférence des présidents lors de laquelle il a été décidé que nos débats se poursuivraient samedi. Si nous n’y voyons pas d’inconvénient, il se trouve qu’il reste 2 500 amendements et qu’on nous a expliqué que la discussion reprendrait, ensuite, le 5 novembre. Donc soit le Gouvernement essaie de jouer la montre pour dépasser la limite de quarante jours, soit il essaiera d’aller au vote. Or, comme il est soutenu par une minorité de députés, vous savez très bien, monsieur le ministre chargé du budget et des comptes publics, que la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (PLF) sera rejetée. Ainsi, notre hémicycle n’aura aucune occasion de débattre des dépenses prévues, c’est-à-dire de la suppression de 4 000 postes de professeurs, des services publics locaux, de l’emploi ou de l’écologie. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Il est gravissime pour le débat démocratique que les députés ne puissent pas discuter un seul moment des dépenses, alors même que le Gouvernement a préparé le budget le plus austéritaire de la Ve République ! Je demande d’abord que les groupes du socle commun soutenant le gouvernement macroniste retirent leurs amendements, seul moyen de terminer nos débats samedi soir, puisque ces groupes sont à l’origine de 45 % des amendements du projet de loi – un record historique. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP.) Ensuite, monsieur le ministre, laissez-moi vous dire droit dans les yeux qu’à un moment où à un autre, dans tous les cas, votre gouvernement tombera.

Photo de M. Maxime Laisney
Rappels au règlement
M. Maxime Laisney Maxime Laisney LFI-NFP

Voilà !

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

En effet, que vous appliquiez ou non l’article 49.3, nous censurerons le Gouvernement en vertu de l’article 49.2. Reste, je le répète, qu’il n’est pas acceptable que les dépenses ne fassent l’objet d’aucun débat démocratique. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. le ministre du budget et des comptes publics.

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre du budget et des comptes publics

Je ne comprends pas très bien ce que vous attendez de moi.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Parlez au groupe parlementaire dont vous êtes issu !

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Vous m’avez interpellé, permettez que je vous réponde directement. Le jour de ma prise de fonction, on m’a demandé quand le Gouvernement appliquerait l’article 49.3.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Mais oui !

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Ce n’est pas franchement l’idée que je me fais de la démocratie et du respect du Parlement (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP),…

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Avez-vous compté combien de députés siègent ce soir sur les bancs du socle commun ?

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

…ayant été moi-même député et rapporteur général du budget.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Votre idée de la démocratie n’est donc pas partagée par les députés de votre groupe !

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Je ne comprends pas bien ce que vous attendez de plus, de ma part et de celle du Gouvernement, que de respecter les débats du Parlement, à commencer par ceux de l’Assemblée nationale. Je le fais depuis le premier jour d’examen du PLF et je n’ai pas manqué une seule minute du débat dans l’hémicycle.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Rappels au règlement
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Et le débat sur les dépenses ?

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Je prends le soin de répondre de manière argumentée et brève, pour que les échanges puissent avancer, mais ce n’est certainement pas de mon fait si certains débats débordent.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Si, si !

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Je continuerai à agir ainsi, par respect pour le Parlement, aussi longtemps que possible.

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. David Amiel, pour un rappel au règlement.

Photo de M. David Amiel
Rappels au règlement
M. David Amiel David Amiel

Il se fonde aussi sur l’article 100 de notre règlement. Je rappelle à la présidente Panot que nous avons déposé moins d’amendements par député que le groupe La France insoumise et que les différents groupes qui composent le Nouveau Front populaire. (Protestations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Karen Erodi
Rappels au règlement
Mme Karen Erodi Karen Erodi LFI-NFP

C’est faux !

PL
Rappels au règlement
Plusieurs députés du groupe LFI-NFP

Menteur !

Photo de M. David Amiel
Rappels au règlement
M. David Amiel David Amiel

Je lui rappellerai également que nous avons décidé, cet après-midi, de retirer une centaine d’amendements. D’ailleurs, nous en avons discuté avec le président Coquerel plus tôt dans l’hémicycle. Ces échanges sont publics, trêve de faux procès.

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Stella Dupont, également pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Stella Dupont
Rappels au règlement
Mme Stella Dupont Stella Dupont NI

Il se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue de nos débats. À mon tour, je m’inquiète de la lenteur de nos débats et de la faible fréquentation des différents bancs. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Non-inscrite aujourd’hui, je n’interviens pas plus en soutien qu’en opposition radicale au Gouvernement : j’essaie d’être constructive.

Photo de Mme Farida Amrani
Rappels au règlement
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Le « en même temps ».

Photo de Mme Stella Dupont
Rappels au règlement
Mme Stella Dupont Stella Dupont NI

Je suis inquiète car le front républicain qui a prévalu lors des élections législatives n’est pas reflété par le Gouvernement aujourd’hui en responsabilité. Toutefois, on est responsable et on est au travail. De plus, si la première partie du PLF pour 2025 venait à être rejetée, les dépenses ne seraient pas examinées par l’Assemblée.

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Trouvez une majorité pour cela !

Photo de Mme Stella Dupont
Rappels au règlement
Mme Stella Dupont Stella Dupont NI

Ainsi, après avoir été entachée une première fois, notre démocratie le serait une seconde fois et ce serait la négation totale de l’Assemblée nationale et du vote de nos concitoyens. Nous avons donc l’importante responsabilité d’être présents, de travailler et d’aboutir à un budget aussi équilibré que possible, mais aussi, je l’espère, de voter ce projet de loi et d’être présents la semaine prochaine. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-Philippe Tanguy, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Rappels au règlement
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Il est également fondé sur l’article 100, relatif à la bonne tenue de nos débats et à la bonne information du Parlement. Le Parlement n’a pas vocation à être le théâtre d’une mauvaise version de la série Baron noir. Ce qui m’inquiète, depuis le début de nos débats, c’est qu’à part le ministre, il n’y a pas de soutiens du Gouvernement dans l’hémicycle.

PL
Rappels au règlement
Plusieurs députés du groupe LFI-NFP

Si, vous ! (Plusieurs députés du groupe LFI-NFP désignent les députés du groupe RN.)

Photo de M. René Pilato
Rappels au règlement
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Vous êtes d’astreinte !

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Rappels au règlement
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Ridicule, pas au niveau, aucun intérêt. La réalité, c’est que des partis de gouvernement font obstruction au budget, le texte central de n’importe quelle république et de n’importe quelle démocratie. Le Parlement existe avant tout pour voter les impôts et pour voter les dépenses, de sorte que les groupes qui soutiennent le Gouvernement devraient prendre leurs responsabilités et être présents.

Photo de Mme Farida Amrani
Rappels au règlement
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Mais c’est vous, les soutiens du Gouvernement !

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Rappels au règlement
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Ils ne devraient pas se livrer à l’obstruction, en déposant un nombre considérable d’amendements et en signifiant par là qu’ils ne sont pas d’accord avec le projet du Gouvernement. En fait, nous sommes baladés par un pouvoir qui n’existe plus.

Photo de M. Emmanuel Taché de la Pagerie
Rappels au règlement
M. Emmanuel Taché de la Pagerie Emmanuel Taché RN

Où est la Macronie ?

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Rappels au règlement
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

Nous sommes baladés par des personnes de mauvaise foi, qui font croire qu’ils veulent négocier mais ne négocient rien ; qui font croire qu’ils veulent parlementer mais ne parlementent sur rien ; qui exposent enfin notre pays à de graves difficultés.

Photo de M. Louis Boyard
Rappels au règlement
M. Louis Boyard Louis Boyard LFI-NFP

Alors votez la censure !

Photo de M. Jean-Philippe Tanguy
Rappels au règlement
M. Jean-Philippe Tanguy Jean-Philippe Tanguy RN

En effet, on ne peut pas imposer à la France 20 à 40 milliards d’euros d’impôts supplémentaires sur un malentendu. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) On ne peut pas imposer à la France 10, 15, 20 milliards d’euros de dépenses en moins sur un malentendu. Enfin, on ne peut pas, après les élections que nous avons connues, user les institutions jusqu’à la corde, dans l’intérêt non de la France, mais d’une clique ! (Mêmes mouvements.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Rappels au règlement
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Censurez le Gouvernement alors !

Photo de M. Emeric Salmon
Rappels au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Peut-être, on verra bien !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Mathilde Panot, pour un nouveau rappel au règlement.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Je m’appuie toujours sur l’article 100. Nous, nous siégeons, contrairement aux soutiens du Gouvernement, qui ne sont pas là. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de M. Aurélien Le Coq
Rappels au règlement
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Ils sont six ! (M. Aurélien Le Coq fait le geste de compter les députés)

Photo de M. Erwan Balanant
Rappels au règlement
M. Erwan Balanant Erwan Balanant Dem

Merci madame Panot !

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Nous sommes tout à fait d’accord pour siéger samedi mais je le redis : il ne s’est jamais vu, dans un débat budgétaire, que les députés qui soutiennent le Gouvernement signent 45 % des amendements déposés.

Photo de M. Maxime Laisney
Rappels au règlement
M. Maxime Laisney Maxime Laisney LFI-NFP

Eh oui !

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

En commission, le président Éric Coquerel et le rapporteur général ont fait leur part du travail, puisque 1 800 amendements ont été retirés. Nous en avons nous-mêmes retiré, mais ça suffit : monsieur le ministre, vous avez certainement des liens avec les groupes politiques qui vous soutiennent…

Photo de M. René Pilato
Rappels au règlement
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

Où sont leurs députés ?

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

…et vous devez au moins leur demander de retirer leurs amendements, afin que nous puissions achever l’examen de la première partie du PLF. Monsieur Saint-Martin, vous êtes ministre du gouvernement qui imposera le budget le plus violent de l’histoire de la Ve République,…

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Ça, c’est vous qui le dites !

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

…mais nous ne discuterons pas, nous députés, une seule seconde, des coupes budgétaires énormissimes que vous voulez imposer au pays.

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Mais non !

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Vous êtes minoritaires, et quel spectacle lamentable que l’absence de vos soutiens et que le rôle d’assurance vie que joue à votre profit le groupe Rassemblement national ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Danielle Simonnet, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Danielle Simonnet
Rappels au règlement
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

C’est également un rappel au règlement au titre de l’article 100. Ce qui se passe est très grave. Parce qu’ici, chacun, chacune, sait que vous créez les conditions de l’absence d’un véritable débat et de l’absence de vote. Pour la troisième année consécutive, le budget de l’État pourrait ne pas avoir été voté par la représentation nationale. Elle est volée et la souveraineté populaire est piétinée ! La situation est très grave car parmi les 40 milliards d’euros de coupes, de saignées se trouvent 1 million d’euros de moins pour la rénovation thermique, 4 000 postes d’enseignants en moins, dont 3 000 dans le premier degré.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Rappels au règlement
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Ce n’est pas un rappel au règlement !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Vous sortez du cadre du rappel au règlement !

Photo de Mme Danielle Simonnet
Rappels au règlement
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Non, car la représentation nationale doit pouvoir délibérer. (Protestations sur les bancs du groupe Rassemblement national.)

Photo de M. Emmanuel Taché de la Pagerie
Rappels au règlement
M. Emmanuel Taché de la Pagerie Emmanuel Taché RN

Vous avez été élue grâce à Macron !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Laissez Mme Simonnet terminer.

Photo de Mme Danielle Simonnet
Rappels au règlement
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Les soutiens officiels du Gouvernement ont encore le temps de retirer leurs amendements, tout comme ses soutiens officieux – le Rassemblement national étant l’éternelle béquille de l’exécutif.

Photo de M. Emmanuel Taché de la Pagerie
Rappels au règlement
M. Emmanuel Taché de la Pagerie Emmanuel Taché RN

Vous avez voté pour Macron !

Photo de Mme Danielle Simonnet
Rappels au règlement
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Les différents groupes du Nouveau Front populaire ont assumé le fait de retirer 25 % de leurs amendements, pour permettre au débat d’aller à son terme. En appliquant l’article 47, alinéa 2, de la Constitution, vous réalisez silencieusement les effets d’un article 49.3 : c’est inacceptable, c’est un piétinement de la démocratie ! (Mme Cyrielle Chatelain applaudit.)

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Mais arrêtez !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Philippe Brun, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Philippe Brun
Rappels au règlement
M. Philippe Brun Philippe Brun SOC

Il se fonde sur l’article 100 de notre règlement, dont j’ai compris qu’il permettait à chaque groupe une prise de parole liminaire : il n’y a pas de raison que le groupe Socialistes et apparentés fasse exception. Chers collègues, je relève au moins un point positif ce soir : nous voulons tous aller au bout de la discussion, c’est en tout cas ce que nous affirmons tous. Faisons-le ! Nous souhaitons que le Parlement légifère et vote le budget, faisons-le ! Jusqu’à preuve du contraire, c’est au Parlement qu’on vote le budget en démocratie et c’est à ses membres de consentir à l’impôt au nom de leurs concitoyens. Je vous propose donc de débuter sans plus tarder l’examen des amendements ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Photo de M. David Amiel
Rappels au règlement
M. David Amiel David Amiel

Bravo !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

J’ai reçu de la part de MM. Chenu et Woerth des demandes de rappels au règlement. En y faisant droit, j’aurais permis à leurs groupes de s’exprimer deux fois. Je vous proposerai donc d’en rester là.

Photo de M. Sébastien Chenu
Rappels au règlement
M. Sébastien Chenu Sébastien Chenu RN

Le rappel au règlement est de droit !

Photo de M. Emeric Salmon
Rappels au règlement
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Mme Panot a pu prendre deux fois la parole !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

C’était une simple proposition. La parole est à M. Erwan Balanant, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Erwan Balanant
Rappels au règlement
M. Erwan Balanant Erwan Balanant Dem

Le groupe Les Démocrates avait déposé peu d’amendements car ses membres avaient envie du débat.

Photo de M. Emmanuel Taché de la Pagerie
Rappels au règlement
M. Emmanuel Taché de la Pagerie Emmanuel Taché RN

Et où sont-ils ce soir ?

Photo de M. Jean-François Coulomme
Rappels au règlement
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Où sont les débatteurs ?

Photo de M. Erwan Balanant
Rappels au règlement
M. Erwan Balanant Erwan Balanant Dem

Je serai bref : pendant que tout le monde glosait sur le règlement, nous aurions pu discuter au moins trois ou quatre amendements, peut-être même six. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et RN. – Brouhaha.) C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité. Madame Panot, vous avez offert une logorrhée d’amendements lors de l’examen des précédents PLF, pour faire de l’obstruction.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

C’est faux !

Photo de M. Erwan Balanant
Rappels au règlement
M. Erwan Balanant Erwan Balanant Dem

Vos leçons, vous pouvez donc vous les garder et, s’il vous plaît, arrêtons les rappels au règlement et commençons à travailler !

Photo de M. Inaki Echaniz
Rappels au règlement
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Libérez Balanant !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour un rappel au règlement.

Photo de Mme Véronique Louwagie
Rappels au règlement
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Vous dites qu’il ne s’est jamais vu que 45 % des amendements émanent de la majorité. Mais il ne s’est jamais vu non plus qu’un gouvernement soit nommé à quelques semaines, à peine, du dépôt d’un projet de loi de finances. Les circonstances sont exceptionnelles, ne l’oublions pas. Il est vrai que le groupe Droite républicaine a déposé beaucoup d’amendements (« Ah ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP), mais cela fait partie de notre culture…

MD
Rappels au règlement
Mme Dieynaba Diop

Mais c’est votre budget !

Photo de Mme Véronique Louwagie
Rappels au règlement
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

…et nous en avons déposé beaucoup moins que l’année dernière,…

Photo de M. Jean-Paul Lecoq
Rappels au règlement
M. Jean-Paul Lecoq Jean-Paul Lecoq GDR

Le Premier ministre est issu de vos rangs !

Photo de Mme Véronique Louwagie
Rappels au règlement
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

…aussi bien en commission qu’en séance. M. le président de la commission des finances pourrait l’attester.

Photo de M. Inaki Echaniz
Rappels au règlement
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Vous êtes deux ce soir ! Où sont les députés du groupe DR ?

Photo de Mme Véronique Louwagie
Rappels au règlement
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Le droit d’amendement est un droit individuel. En tant que députés, vous ne devriez pas le réduire car, ce faisant, vous réduisez aussi la démocratie. (Protestations sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)

Photo de M. Inaki Echaniz
Rappels au règlement
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Et c’est vous qui dites ça ?

Photo de Mme Véronique Louwagie
Rappels au règlement
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Le député n’est que le représentant des citoyens de son territoire, le représentant de la nation. Sachez en tout cas que le groupe Droite républicaine a demandé à ses membres de retirer certains de leurs amendements. (Mme Pascale Bay applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Éric Woerth, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Éric Woerth
Rappels au règlement
M. Éric Woerth Éric Woerth EPR

Je m’appuie sur les mêmes articles que mes collègues. Cette discussion est assez étonnante et on voit bien que vous perdez un peu vos nerfs. (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes LFI-NFP, GDR, EcoS et SOC.) D’un côté, la gauche reproche à la majorité – certes relative, mais tout de même majoritaire – de faire adopter des amendements ou d’obtenir des victoires grâce au groupe Rassemblement national…

MD
Rappels au règlement
Mme Dieynaba Diop

Regardez autour de vous ! Combien êtes-vous ? Il n’y a personne !

Photo de M. Éric Woerth
Rappels au règlement
M. Éric Woerth Éric Woerth EPR

…et, d’un autre côté, M. Jean-Philippe Tanguy passe son temps, depuis quatre jours, à nous dire que nous faisons adopter des amendements grâce aux voix de la gauche. Il doit y avoir un équilibre là-dedans…

Photo de M. Emmanuel Taché de la Pagerie
Rappels au règlement
M. Emmanuel Taché de la Pagerie Emmanuel Taché RN

Un peu de dignité, monsieur Woerth !

Photo de M. Maxime Laisney
Rappels au règlement
M. Maxime Laisney Maxime Laisney LFI-NFP

En quoi est-ce un rappel au règlement ?

Photo de M. Éric Woerth
Rappels au règlement
M. Éric Woerth Éric Woerth EPR

Tout ce que je sais, c’est que les conditions de fabrication de ce PLF imposaient de déposer beaucoup d’amendements. Le Gouvernement nous y a d’ailleurs incités… (« Ah ! » sur plusieurs bancs des groupes RN et LFI-NFP.)

Photo de M. Inaki Echaniz
Rappels au règlement
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Vous êtes au Gouvernement !

Photo de M. Maxime Laisney
Rappels au règlement
M. Maxime Laisney Maxime Laisney LFI-NFP

Vous êtes complices !

Photo de M. Éric Woerth
Rappels au règlement
M. Éric Woerth Éric Woerth EPR

…lorsqu’il a dit qu’il faudrait trouver 5 milliards d’euros d’économies au cours du débat parlementaire. C’est la première fois qu’une telle chose se produit et cela montre bien que le Gouvernement souhaite associer étroitement le Parlement à l’élaboration de ce budget de combat. Je vous invite donc à vous calmer.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Oh, ça va !

Photo de Mme Dieynaba Diop
Rappels au règlement
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Vous avez vidé les caisses !

Photo de M. Éric Woerth
Rappels au règlement
M. Éric Woerth Éric Woerth EPR

En réalité, vous essayez de préparer la fin du débat, de jeter de la confusion dans la fin du débat. Nous, nous sommes là pour débattre et je propose que nous le fassions.

Photo de Mme Dieynaba Diop
Rappels au règlement
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Vos collègues ne sont pas là !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Sébastien Chenu, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Sébastien Chenu
Rappels au règlement
M. Sébastien Chenu Sébastien Chenu RN

Il se fonde sur l’article 100. Vous avez dit, monsieur Woerth – peut-être votre langue a-t-elle fourché –, que c’est le Gouvernement qui vous a incités à déposer autant d’amendements. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.) Cette immixtion du Gouvernement dans les travaux du législateur est très intéressante. Le bloc dit majoritaire – ou la minorité gouvernementale, pour être plus précis – a déposé 500 amendements, ce qui fait environ 30 amendements pour chacun des 18 députés du bloc central présents ce soir. Il est évident que cela crée un embouteillage et que cela a été fait à dessein. Vous êtes 18 députés ce soir pour soutenir ce budget. Et s’il n’y avait pas les 60, 80 ou 100 députés des groupes RN et UDR ce soir, la France s’écroulerait sous les taxes de La France insoumise. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes RN et UDR. – Exclamations et rires sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes SOC, EcoS et GDR.) La France ploierait sous les « taxmen » que sont les députés d’extrême gauche !

Photo de Mme Dieynaba Diop
Rappels au règlement
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Vous n’êtes pas dans l’opposition !

Photo de M. Inaki Echaniz
Rappels au règlement
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Vous êtes la béquille de la Macronie !

Photo de M. Sébastien Chenu
Rappels au règlement
M. Sébastien Chenu Sébastien Chenu RN

Par notre présence, nous sommes en train de sauver l’épargne, le travail et les efforts des Français, au moment où vous, vous fichez le camp pour déclencher un 49.3, parce que vous n’assumez même pas ce budget honteux. Heureusement que les députés du RN sont là ! (« Bravo ! » et vifs applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Nicolas Sansu, pour un rappel au règlement.

Photo de M. Nicolas Sansu
Rappels au règlement
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Je le fais également sur le fondement de l’article 100. J’arrive dix minutes en retard et c’est déjà le bazar, ce qui m’inquiète. (Sourires.) Ne soyons pas naïfs : chacun sait que la stratégie du bloc central est de faire en sorte que la première partie du PLF ne soit pas votée, pour que nous ne puissions pas examiner la deuxième,…

Photo de M. Erwan Balanant
Rappels au règlement
M. Erwan Balanant Erwan Balanant Dem

Mais non !

Photo de M. Emmanuel Taché de la Pagerie
Rappels au règlement
M. Emmanuel Taché de la Pagerie Emmanuel Taché RN

Bravo !

Photo de M. Nicolas Sansu
Rappels au règlement
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

…pour que nous ne puissions pas parler des 4 000 postes d’enseignants supprimés (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR), des 3 milliards d’euros qui vont être retirés aux crédits de la mission Travail, des coupes qui sont faites dans le budget de la recherche.

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Alors avançons !

Photo de M. Nicolas Sansu
Rappels au règlement
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Monsieur Chenu, je vous remercie pour votre aveu extraordinaire : vous venez de nous expliquer que vous étiez la béquille de la Macronie et de la droite. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS.) C’est formidable, mais allons jusqu’au bout, et que le bloc central assume. Le groupe Droite républicaine a déposé des centaines d’amendements et, madame Louwagie, il n’est pas vrai que cela a toujours fait partie de votre culture quand vous étiez dans la majorité. Lorsque M. Sarkozy était président, vous déposiez très peu d’amendements, tout simplement parce que vous n’aviez pas le droit de le faire !

Photo de Mme Dieynaba Diop
Rappels au règlement
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Exactement !

Photo de M. Nicolas Sansu
Rappels au règlement
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Normalement, quand on est dans la majorité, on défend son gouvernement. Et si vous ne le faites pas, c’est parce que vous ne voulez pas que la première partie du PLF soit votée. C’est tout ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS.)

Photo de M. Erwan Balanant
Rappels au règlement
M. Erwan Balanant Erwan Balanant Dem

Nous aurions déjà eu le temps d’examiner quarante amendements depuis le début de la séance !

Photo de Mme la présidente
Rappels au règlement
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. le ministre.

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Je crois que la meilleure chose à faire serait de reprendre nos débats sans tarder, car c’est tout ce qui compte. (M. David Amiel et Mme Véronique Louwagie applaudissent.) J’aimerais toutefois dissiper une confusion. Je suis, par définition, à la disposition du Parlement et je serai avec vous pour débattre autant que nécessaire : je serai là samedi, et même au-delà, s’il le faut.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Ne faites pas semblant !

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Cela ne me pose aucune difficulté.

Photo de Mme Mathilde Panot
Rappels au règlement
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Il y a une limite de quarante jours, vous le savez très bien, cela s’appelle la Constitution !

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

La Constitution, précisément, mais aussi le respect du Parlement. Je serai là autant qu’il le faudra, pour que nous puissions examiner l’ensemble des amendements et qu’il y ait un vote. C’est mon souhait, en tant que membre du Gouvernement. Le mauvais procès en pourrissement des débats que vous nous faites n’a aucun sens. Je souhaite que tous les amendements puissent être examinés, je serai là aussi longtemps qu’il le faudra, je le répète, mais croyez aussi que si cela peut se faire avant le week-end, j’en serai le premier ravi. Je souhaite que nous arrivions au terme de nos débats dès cette fin de semaine. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme Sabrina Sebaihi
Rappels au règlement
Mme Sabrina Sebaihi Sabrina Sebaihi EcoS

Que font vos députés ?

Photo de Mme Dieynaba Diop
Rappels au règlement
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Où sont-ils ?

MS
Rappels au règlement
M. Laurent Saint-Martin ministre

Ne confondons pas les questions de calendrier – je souhaite, comme vous, que le débat reprenne le plus rapidement possible – avec l’issue du vote, qui est un autre sujet et qui ne dépend, de façon souveraine, que de l’Assemblée nationale. (M. David Amiel et Mme Véronique Louwagie applaudissent.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Nous en revenons aux amendements identiques nos 2205 et 3471.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve, pour soutenir le sous-amendement no 3692, à l’amendement no 3471.

I-3692 Rejeté
Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Mme la vice-présidente Clémence Guetté, qui présidait la séance en fin d’après-midi, a fait preuve de beaucoup de souplesse, puisqu’elle a accepté de ne pas mettre aux voix ces amendements avant la levée de séance, afin que nous puissions y retravailler durant la pause. Je retire l’amendement no 2205 et vous propose de sous-amender l’amendement no 3471 de M. David Amiel, en ciblant exclusivement les enfants et petits-enfants de conjoint – pour lesquels, je le rappelle, je propose d’introduire un abattement de 31 865 euros. Puisque ce sous-amendement concerne beaucoup moins de personnes que l’amendement no 2205, je propose aussi d’abaisser de 49 à 47 % le seuil d’imposition de la tranche supplémentaire qu’il s’agirait de créer pour les successions supérieures à 3 611 354 euros. J’espère que ce sous-amendement, qui crée de nouveaux droits, sera voté à l’unanimité.

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2205 est retiré.)

I-2205 Retiré
MB
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Brun

Madame la présidente, nous n’avons pas reçu le sous-amendement !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je vais suspendre la séance, le temps de régler ce problème informatique. La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt et une heures cinquante-cinq, est reprise à vingt-deux heures.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La séance est reprise. La parole est à M. Charles de Courson, rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission sur le sous-amendement.

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire LIOT

Ce sous-amendement exclut du dispositif les neveux, nièces, frères et sœurs et se concentre exclusivement sur les enfants et petits-enfants de conjoint, afin de répondre aux évolutions de la société. Il baisse en outre de 49 à 47 % le seuil d’imposition de la nouvelle tranche créée. Prévoir un dispositif unique pour les beaux-enfants et les petits-beaux-enfants me paraît problématique. Le plafond serait le même pour ces deux catégories, ce qui n’est pas le cas pour les enfants et petits-enfants en ligne directe.

Photo de Mme Sabrina Sebaihi
Suspension et reprise de la séance
Mme Sabrina Sebaihi Sabrina Sebaihi EcoS

Vous nous avez perdus !

Photo de M. Emmanuel Grégoire
Suspension et reprise de la séance
M. Emmanuel Grégoire Emmanuel Grégoire SOC

Il faudrait recommencer…

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Actuellement, les donataires en ligne directe bénéficient d’un abattement beaucoup plus faible dans le cas des petits-enfants que des enfants. Le sous-amendement prévoit la création, pour les donataires en ligne indirecte – les enfants et petits-enfants de conjoint, autrement dit les beaux-enfants et les enfants des beaux-enfants – un abattement qui n’existe pas encore. C’est un peu compliqué ? (« Non ! » sur plusieurs bancs. – Sourires.) D’autre part, tout le système des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) se fonde sur les liens de parenté tels qu’ils sont définis par le droit civil, lequel n’ouvre aucun droit aux enfants de conjoint – sauf si le conjoint procède à une adoption plénière.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Même s’il procède à une adoption simple !

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Si c’est un notaire qui le dit, je corrige.

Photo de Mme Véronique Louwagie
Suspension et reprise de la séance
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Nous avions fait l’erreur en commission.

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Quoi qu’il en soit, tout cela manque de cohérence.

Photo de Mme Dieynaba Diop
Suspension et reprise de la séance
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Que se passe-t-il si les conjoints divorcent ?

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

On ne sait pas trop… (Brouhaha.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La discussion n’est pas entre M. de Courson et Mme Diop !

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

D’autre part, pour financer la mesure, le seuil d’imposition serait relevé à 49 % pour les successions supérieures à 3 611 354 euros. C’est beaucoup trop ! Vous me suivez ? (« Non ! » sur plusieurs bancs.) À titre personnel, je suis défavorable au sous-amendement. Il dénature complètement l’amendement.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Mais non !

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Si, puisqu’il tend à exclure du dispositif les nièces, neveux, frères et sœurs qui étaient ciblés par l’amendement. Je ne peux pas émettre d’avis favorable, car ce taux de 49 % est encore trop élevé. Il faut retravailler le dispositif, mais il ne faut surtout pas voter le sous-amendement du collègue Cazeneuve bricolé à la va-vite. (« Oh ! » sur plusieurs bancs du groupe EPR.) Vous avez tous compris ? (« Oui ! » sur plusieurs bancs. – Sourires.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Saint-Martin ministre

Le rapporteur général a tout expliqué.

Photo de M. Michel Guiniot
Suspension et reprise de la séance
M. Michel Guiniot Michel Guiniot RN

Est-ce qu’il peut recommencer ? (Sourires.)

MS
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Saint-Martin ministre

Il faudra affiner le dispositif durant la navette, nous sommes d’accord, madame Diop, afin qu’il soit en adéquation avec le code civil. J’émettrai un avis favorable sur le principe. Néanmoins, entre beaux-enfants et beaux-petits-enfants – ou petits-beaux-enfants, je ne sais pas comment les désigner –, l’abattement ne doit pas être du même montant, comme il ne l’est pas entre les enfants et les petits-enfants.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-René Cazeneuve.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Le sous-amendement simplifie et clarifie l’amendement, en restreignant un dispositif initialement plus large. L’amendement sous-amendé vise à créer des droits pour des enfants et des petits-enfants de conjoint qui sont actuellement dépourvus de droits parce que les nouvelles formes de famille ne sont pas reconnues. Ce dispositif est autofinancé par la création d’une tranche supplémentaire d’imposition : la tranche maximale, qui s’établit actuellement à 47 %, passerait ainsi à 49 % pour les successions supérieures à 3,6 millions d’euros.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Par cet amendement vous assumez d’augmenter les droits de succession en ligne directe, qui passeraient de 45 à 47 % pour la dernière tranche. Que les neveux et nièces soient exclus du dispositif me choque un peu, car on peut vouloir les aider comme ses propres enfants. Quant à la notion de « conjoint », désigne-t-elle les personnes pacsées ou les personnes mariées ?

Photo de Mme Sabrina Sebaihi
Suspension et reprise de la séance
Mme Sabrina Sebaihi Sabrina Sebaihi EcoS

Ne rajoutez pas une difficulté !

Photo de M. David Amiel
Suspension et reprise de la séance
M. David Amiel David Amiel

Les deux !

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Je voudrais savoir, car si ce sont les deux, il serait plus juste, juridiquement, de parler d’enfants de « partenaire ». Je comprends qu’on veuille faire bénéficier des proches d’un abattement mais ce dispositif nécessite d’être retravaillé car, sauf erreur, « conjoint » désigne la personne mariée et « partenaire » la personne pacsée.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix le sous-amendement no 3692.

I-3692 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Le vote à main levée n’ayant pas été concluant, il est procédé à un scrutin public.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 169 Nombre de suffrages exprimés 167 Majorité absolue 84 Pour l’adoption 80 Contre 87

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 3692 n’est pas adopté.) (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

I-3692 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 3471.

I-3471 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 170 Nombre de suffrages exprimés 165 Majorité absolue 83 Pour l’adoption 22 Contre 143

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3471 n’est pas adopté.)

I-3471 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’amendement no 3477 de M. David Amiel a déjà été présenté au cours de la séance précédente.

I-3477 Rejeté
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3477, accepté par la commission, le Gouvernement s’en remettant à la sagesse de l’Assemblée, n’est pas adopté.)

I-3477 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de trois amendements, nos 1569, 3078 et 3389, pouvant être soumis à une discussion commune. Les amendements nos 3078 et 3389 sont identiques. La parole est à M. Hubert Ott, pour soutenir l’amendement no 1569.

I-1569 Rejeté
Photo de M. Hubert Ott
Après l’article 3 (suite)
M. Hubert Ott Hubert Ott Dem

Il s’agit de porter de 100 000 à 150 000 euros l’abattement des donations en ligne directe effectuées par des donateurs âgés de moins de 80 ans, afin d’encourager la transmission anticipée du patrimoine par les parents et les grands-parents – permettant ainsi une meilleure gestion de ce patrimoine, sur plusieurs générations. De telles transmissions entre vifs permettront d’éviter les difficultés qui naissent de l’absence d’anticipation. Encourager les donations anticipées contribue en outre à stimuler la consommation et l’investissement des jeunes générations,…

Photo de M. Aurélien Le Coq
Après l’article 3 (suite)
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Quels jeunes ?

Photo de M. Hubert Ott
Après l’article 3 (suite)
M. Hubert Ott Hubert Ott Dem

…lesquelles seront ainsi encouragées à démarrer leurs projets : premier achat immobilier, arrivée d’un enfant, création d’une entreprise. Enfin, la disposition contribuera à réduire les écarts de richesse entre générations, alors que les jeunes peinent à accéder à la propriété, notamment.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur l’amendement n° 3078, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. La parole est à M. Gérault Verny, pour soutenir l’amendement no 3078.

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Distribuer l’épargne des Français permettrait d’augmenter le pouvoir d’achat des jeunes générations. Actuellement, l’âge moyen des héritiers est de 52 ans. Il faut déstocker l’épargne pour qu’elle rejoigne l’économie réelle. Pour ce faire, je propose de relever jusqu’à 120 000 euros l’abattement des donations en ligne directe.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Sophie-Laurence Roy, pour soutenir l’amendement no 3389.

I-3389 Adopté
Photo de Mme Sophie-Laurence Roy
Après l’article 3 (suite)
Mme Sophie-Laurence Roy Sophie-Laurence Roy RN

J’ajouterai que l’abattement actuel de 100 000 euros avait été fixé sous le premier gouvernement de M. Hollande. Augmenter ce montant ne devrait donc présenter aucune difficulté, d’autant qu’une hausse de 20 000 euros correspond simplement à l’inflation depuis 2012. Un patrimoine est à disposition. Une telle mesure n’aurait rien d’extraordinaire. Elle permettrait aux jeunes d’être mieux à même de consommer et d’investir, et, ainsi, de relancer la croissance – dont nous avons tous besoin. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission sur ces trois amendements ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

L’amendement no 1569 a été rejeté par la commission car il existe déjà un abattement sur les dons intrafamiliaux – aux petits-enfants – faits avant 80 ans, à hauteur de 31 865 euros, renouvelable tous les quinze ans. Augmenter l’abattement à 100 000 euros pour ces donations serait énorme ! D’autant que le coût d’une telle mesure est inconnu. Demande de retrait ; à défaut, avis défavorable. En ce qui concerne les amendements identiques nos 3078 et 3389, augmenter de 20 000 euros l’abattement en ligne directe créerait un écart avec les transmissions aux collatéraux ou aux non-parents. Toutes les propositions consistant à abaisser tout ou partie des DMTG en jouant sur le barème, le montant des abattements ou la durée du rappel fiscal, seraient nécessairement coûteuses.

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Cela génère de la croissance, monsieur le rapporteur !

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Je rappelle que les DMTG représentent 19 milliards d’euros de recettes. Si nous aspirons à une réforme équilibrée et ambitieuse, nous devons avoir une approche globale. J’émettrai donc un avis défavorable sur ces amendements.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Également défavorable. Le régime en vigueur est avantageux : je rappelle qu’il s’agit d’un abattement de 100 000 euros par parent et par enfant, ce qui est déjà important.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Mathieu Lefèvre.

Photo de M. Mathieu Lefèvre
Après l’article 3 (suite)
M. Mathieu Lefèvre Mathieu Lefèvre

Je souhaite interroger le groupe Rassemblement national : quelqu’un tient-il le compte de toutes les dépenses créées par vos amendements ? (Mme Christine Pirès Beaune et M. Charles Sitzenstuhl applaudissent.) Je ne vois aucune piste de financement, mais il est vrai que nous n’en sommes pas encore à l’aide médicale de l’État ni à la contribution au budget de l’Union européenne.

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Voilà, vous les avez !

Photo de M. Mathieu Lefèvre
Après l’article 3 (suite)
M. Mathieu Lefèvre Mathieu Lefèvre

Amendement après amendement, le Rassemblement national creuse le déficit. (Protestations sur les bancs du groupe RN.) Voilà un parti irresponsable, qui ne fait que dépenser sans compter – cela vaut la peine d’être noté. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Photo de M. Frédéric Boccaletti
Après l’article 3 (suite)
M. Frédéric Boccaletti Frédéric Boccaletti RN

Ne nous donnez pas de leçons !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Matthias Renault.

Photo de M. Matthias Renault
Après l’article 3 (suite)
M. Matthias Renault Matthias Renault RN

Chiche ! Nous ferons la somme des dépenses que nous avons proposées ; d’ailleurs, nous l’avons déjà faite dans un contre-budget présenté à la presse. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) En revanche, nous aimerions bien chiffrer le coût de vos 500 amendements, ainsi que de ceux du groupe Droite républicaine. Hier, nous avons adopté sur la proposition de ce dernier la défiscalisation des heures supplémentaires,…

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Avec vos voix !

Photo de M. Matthias Renault
Après l’article 3 (suite)
M. Matthias Renault Matthias Renault RN

…ce qui est une très bonne mesure ; mais elle représente un certain coût. (Mêmes mouvements.)

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1569 n’est pas adopté.)

I-1569 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix les amendements identiques nos 3078 et 3389.

I-3078 Adopté I-3389 Adopté
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 174 Nombre de suffrages exprimés 170 Majorité absolue 86 Pour l’adoption 88 Contre 82

Amdt 0
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 3078 et 3389 sont adoptés.) (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

I-3078 Adopté I-3389 Adopté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. le ministre.

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Pour la bonne tenue de nos compteurs : la disposition que vous venez d’adopter coûtera un peu plus de 2 milliards d’euros.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 3556.

I-3556 Adopté
Photo de Mme Véronique Louwagie
Après l’article 3 (suite)
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Cet amendement du groupe Droite républicaine, lui, ne coûte rien. (« Ah ! » sur plusieurs bancs.) Je vois que cela intéresse tout le monde. Il vise à procéder à une transmission par anticipation des primes versées sur un contrat d’assurance vie – je vous rappelle qu’avant les 70 ans du titulaire d’un tel contrat, ces primes peuvent être versées au moment du décès avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire. L’amendement vise à permettre cette transmission par anticipation, par un rachat du contrat, de toutes les primes versées avant le 1er octobre 2024, afin d’éviter les effets d’aubaine, uniquement par les titulaires qui auront 70 ans ou moins en 2025 – qui est la seule année concernée par le dispositif. L’abattement utilisé dans ce cadre, d’un montant de 152 500 euros, serait alors déduit de l’abattement de même nature s’appliquant à la date du décès. Il ne s’agit donc que d’une anticipation de l’utilisation de cet abattement, qui permettrait de relancer la consommation des ménages et d’aider certaines générations.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur les amendements no 3556 et 3561, je suis saisie par le groupe Droite républicaine d’une demande de scrutins publics. Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. (« Ils sont trois députés présents ! » les bancs du groupe RN.) Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

La mesure proposée est intéressante mais les abattements existants sur la transmission des contrats d’assurance vie – 152 500 euros pour les versements effectués avant 70 ans et 30 500 euros pour ceux effectués après cet âge – sont applicables en cas de décès de l’assuré et ont été conçus à cet effet. En conséquence, si vous sortez 152 500 euros d’un contrat d’assurance vie, les gains seront soumis à l’impôt sur le revenu (IR) et aux prélèvements sociaux, dans des conditions variables selon la date d’ouverture du contrat. La portée du dispositif proposé sera donc réduite par cette imposition qui diminuera la somme disponible pour une donation ; il vaut donc mieux se tourner vers les abattements applicables en cas de donation. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Je soutiens cet amendement qui permettra de rendre liquides certaines sommes qui auraient été de toute façon débloquées et soumises à l’abattement de 152 500 euros – beaucoup plus élevé que celui qui s’applique lors d’une donation en ligne directe. Cela réinjectera de l’argent dans l’économie et le coût fiscal sera ainsi largement amorti par la TVA prélevée sur la consommation. C’est un amendement pertinent et de bon sens, qui permet à l’argent de circuler et de relancer le moteur économique.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Cela permet surtout d’échapper à l’impôt !

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

La justice fiscale est importante mais il ne faut pas critiquer ceux qui ont de l’argent : il est là, il faut faire avec et le faire circuler.

Photo de Mme Christine Arrighi
Après l’article 3 (suite)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Le faire circuler comment, affranchi d’impôt ?

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Véronique Louwagie.

Photo de Mme Véronique Louwagie
Après l’article 3 (suite)
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Je regrette, monsieur le ministre, que vous n’ayez pas formulé d’observations. Monsieur le rapporteur général, vous évoquez à tort l’impôt sur le revenu et les contributions sociales qui seraient prélevées, car ce n’est pas le sujet. En revanche, j’ai circonscrit le dispositif : pour éviter les effets d’aubaine, il concerne uniquement les primes versées avant le 1er octobre 2024 ; de plus, il se limite à l’année 2025 et uniquement pour les personnes ayant 70 ans ou moins, dont les bénéficiaires seraient de toute façon concernés par l’abattement de 152 500 euros. Au lieu d’attendre le décès, j’en fais bénéficier les personnes concernées avant. Cela introduit de l’argent dans le circuit économique et profite à des générations qui en ont besoin pour financer par exemple leur logement, des travaux ou les études de leurs enfants.

Photo de M. Erwan Balanant
Après l’article 3 (suite)
M. Erwan Balanant Erwan Balanant Dem

Mme Louwagie a raison ! Elle est de gauche !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Éric Woerth.

Photo de M. Éric Woerth
Après l’article 3 (suite)
M. Éric Woerth Éric Woerth EPR

Je suis favorable à cet amendement : il est temporaire – cela correspond assez bien à l’esprit de ce budget. Il permet de relâcher un peu d’argent dans l’économie…

Photo de Mme Farida Amrani
Après l’article 3 (suite)
Mme Farida Amrani Farida Amrani LFI-NFP

Vous avez donné un hippodrome pour 1 euro, vous !

Photo de M. Éric Woerth
Après l’article 3 (suite)
M. Éric Woerth Éric Woerth EPR

…et d’augmenter éventuellement les recettes de l’État. Cela va dans le bon sens, dans un contexte où des mesures générales provoqueront sans doute moins de croissance qu’espéré. Nous voterons pour.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 3556.

I-3556 Adopté
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 177 Nombre de suffrages exprimés 175 Majorité absolue 88 Pour l’adoption 110 Contre 65

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3556 est adopté.) (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe RN.)

I-3556 Adopté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 3561.

I-3561 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Au sein du groupe Droite républicaine, nous croyons qu’on doit pouvoir transmettre le fruit de son travail à ses enfants, mais aussi aux enfants de son conjoint. Cet amendement vise ainsi à adapter la fiscalité à l’évolution des familles. Le droit de transmettre est un facteur essentiel de stabilité sociale. Que vous n’aimiez pas la transmission à tel point que vous vouliez la taxer tous azimuts, cela vous regarde, mais nous, nous aimons la transmission parce que nous aimons la liberté : la propriété privée – qui inclut le droit de la transmettre – est la garantie la plus importante de la liberté individuelle. (Mme Véronique Louwagie applaudit.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Nous devons mener une réflexion globale afin de moderniser les successions et les donations. Modifier un seul paramètre déstabilise la cohérence de l’ensemble.

Photo de M. Philippe Juvin
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Un amendement, un paramètre !

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

C’est vrai qu’il est difficile de concevoir un amendement équilibré sur l’ensemble des paramètres. La mesure proposée serait coûteuse. Nous ne pouvons pas modifier un élément pris isolément ; il faut, j’y insiste, avoir une approche globale si nous voulons faire une réforme ambitieuse. Avis défavorable.

Photo de M. Philippe Juvin
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Donc on ne fera rien !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Je tâcherai de me montrer cohérent avec les propos tenus à l’égard de MM. Amiel et Cazeneuve : sur le principe, je suis ouvert à votre amendement, qui est dans la même veine. En revanche, le montant de l’abattement – 100 000 euros – est trop important. Je vous demande de retirer cet amendement afin de pouvoir le retravailler.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 3561.

I-3561 Rejeté
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 183 Nombre de suffrages exprimés 181 Majorité absolue 91 Pour l’adoption 15 Contre 166

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3561 n’est pas adopté.)

I-3561 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 242.

I-242 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Cela a été dit en commission des finances : l’épargne des Français a atteint un niveau historique ; il s’agit de trouver les moyens de la débloquer. Pour ce faire, l’amendement vise à prendre une mesure, de manière transitoire,…

Photo de Mme Sabrina Sebaihi
Après l’article 3 (suite)
Mme Sabrina Sebaihi Sabrina Sebaihi EcoS

On sait ce que c’est le transitoire, avec vous !

Photo de M. Philippe Juvin
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

…afin d’augmenter considérablement le montant des donations pour une seule année – la mesure, applicable uniquement en 2025, serait affranchie de la limite des quinze ans fixée par le code général des impôts.

Photo de Mme Christine Pirès Beaune
Après l’article 3 (suite)
Mme Christine Pirès Beaune Christine Pirès Beaune SOC

Cela coûte combien ?

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

L’amendement propose un triplement de l’abattement de 100 000 euros sur les transmissions en ligne directe et une multiplication par près de dix de l’abattement de 31 865 euros sur les dons aux petits-enfants, qui peut déjà être répliqué avec un abattement similaire sur les dons intrafamiliaux. Cette mesure est certes temporaire – applicable durant un an – mais elle aurait un coût considérable et risquerait de créer des effets d’aubaine. De plus, elle fait l’économie d’une réflexion d’ensemble sur les droits de succession et leur cohérence. Par ailleurs, je suis personnellement défavorable aux mesures temporaires, qui ne suffisent pas à créer de la confiance. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Il faut être raisonnable ! La mesure proposée coûterait encore plusieurs milliards d’euros aux finances publiques. Avis défavorable.

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 242 n’est pas adopté.)

I-242 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Mathilde Feld, pour soutenir l’amendement no 1885.

I-1885 Rejeté
Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 3 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Cet amendement vise à comptabiliser la totalité de l’héritage reçu tout au long d’une vie pour calculer les droits de succession. Sur une période de trente et un ans, un couple avec trois enfants peut léguer 1,8 million d’euros sans payer un sou au fisc. Nous devenons peu à peu une société d’héritiers.

Photo de M. Aurélien Le Coq
Après l’article 3 (suite)
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

C’est vrai !

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 3 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Les patrimoines sont issus pour 60 % de l’héritage (« Ah ! » sur les bancs du groupe RN), contre seulement 35 % au début des années 1970.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Après l’article 3 (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

On ne va pas tuer les riches, c’est bon !

Photo de Mme Mathilde Feld
Après l’article 3 (suite)
Mme Mathilde Feld Mathilde Feld LFI-NFP

Cette société d’héritiers ne profite désormais plus qu’aux riches car, au regard du fisc, les millionnaires et les classes moyennes sont traités de la même façon. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) La règle est que la très grande majorité des Français n’héritent pas, ou très peu. Cinquante pour cent d’entre eux n’héritent de rien, quand l’immense majorité de ceux qui héritent ne paye pas de droits de succession – je vous renvoie au rapport d’Oxfam sur le sujet. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

La commission des finances a donné un avis défavorable à cet amendement.

Photo de M. Marc Fesneau
Après l’article 3 (suite)
M. Marc Fesneau Marc Fesneau Dem

Ah !

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Il instaure en effet un rappel fiscal à vie sur toutes les donations et toutes les successions, ce qui aurait pour effet d’accroître très rapidement la fiscalité.

Photo de Mme Dieynaba Diop
Après l’article 3 (suite)
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Nous ne sommes pas censés faire rentrer de l’argent dans les caisses ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Certes – mais tel est en tout cas l’avis de la commission.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Il est défavorable : outre que je ne souhaite pas alourdir la fiscalité des transmissions, cet amendement introduit une incroyable complexité.

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1885 n’est pas adopté.)

I-1885 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Vincent Trébuchet, pour soutenir l’amendement no 35.

I-35 Rejeté
Photo de M. Vincent Trébuchet
Après l’article 3 (suite)
M. Vincent Trébuchet Vincent Trébuchet UDR

Il vise à ramener à cinq ans le délai du rappel fiscal des donations, actuellement fixé à quinze ans. Comme l’indiquait notre excellent collègue Verny, l’âge moyen des héritiers est de 52 ans. Les Français n’ont pas conscience du pouvoir économique de cette part considérable de l’épargne, qu’il est urgent de réintégrer à l’économie réelle. J’entends déjà les arguments de ceux qui disent tenir les comptes du groupe ciottiste sur les dépenses – mais tenons-les ! (Mme Julie Ozenne s’exclame.) Nous espérons pouvoir en débattre en séance, et nous pourrons dans tous les cas le faire en commission : vous verrez alors que les amendements que nous défendrons permettront de compenser largement les abattements fiscaux que nous souhaitons, afin de redynamiser l’économie française. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Photo de M. Inaki Echaniz
Après l’article 3 (suite)
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Encore faudrait-il que vous soyez présents en commission !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

La durée du délai de rappel fiscal est fixée à quinze ans depuis 2012. Cet amendement propose de la réduire à cinq ans. Mais toute réforme devrait procéder d’une analyse plus fine du rythme des transmissions de patrimoine entre les générations. Une telle analyse ne conduirait d’ailleurs pas nécessairement à modifier la durée du délai de rappel, car il est aussi possible de maintenir ce point de repère en ajoutant au cas par cas des dispositifs exceptionnels de donations non rapportées à la succession. En l’état, la réforme que vous proposez bénéficierait aux plus gros patrimoines, pour un coût important. Évitons, de manière générale, de proposer des mesures particulières sur tel ou tel aspect des DMTG, pour préférer une approche globale – faute de quoi on ne pourra que s’exposer à des incohérences dans le dispositif. La commission donne un avis défavorable sur cet amendement.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Avis défavorable, en raison du coût pour les finances publiques.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

La durée du délai de rappel fiscal a varié : on a connu six ans, quinze ans, dix ans. La première transmission a lieu aujourd’hui vers 55 ans. Si on ajoute quinze ans, pour la deuxième, nous sommes à 70 ans. Une autre donation nous mènerait à 85 ans. L’expérience nous montre que la deuxième finit par rentrer dans la succession : le dispositif ne marche donc qu’une seule fois. On peut le regretter mais c’est comme ça. Comme le dit le rapporteur général, il faut de la stabilité et de la visibilité. Ce n’est pas un outil d’optimisation fiscale considérable.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Après l’article 3 (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Ça sert à libérer du cash !

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Dans une vie, on peut le faire une fois – deux fois, c’est très rare.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Sébastien Huyghe.

Photo de M. Sébastien Huyghe
Après l’article 3 (suite)
M. Sébastien Huyghe Sébastien Huyghe EPR

Pendant longtemps, ce délai a en effet été de dix ans. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il est passé à six ans, avant de revenir à dix, jusqu’à ce que, sous la présidence de François Hollande, il passe à quinze ans. Cinq ans, c’est bien trop peu, mais il serait de bonne politique de faire revenir cette durée à dix ans. La plupart de nos concitoyens attendent ce délai de quinze ans pour faire leur deuxième donation : le ramener à dix ans permettrait de refaire circuler beaucoup d’argent dans l’économie, pour un faible coût.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Vincent Trébuchet.

Photo de M. Vincent Trébuchet
Après l’article 3 (suite)
M. Vincent Trébuchet Vincent Trébuchet UDR

Merci d’avoir rappelé que ce sont là des paramètres qui peuvent varier en fonction de la conjoncture économique. Ce délai a en effet été de six ans sous la présidence de Nicolas Sarkozy : passer à cinq ne serait donc pas complètement nouveau. Une épargne improductive s’est considérablement accumulée et il est urgent de la réintégrer dans l’économie. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR et sur quelques bancs du groupe RN.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Nicolas Sansu.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

C’est l’amendement Paris Country Club.

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Quel cliché !

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

À part certains de vos amis, personne n’est concerné. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Donner 100 000 euros tous les dix ans à chacun de ses enfants – on peut estimer qu’il y en a deux – et bénéficier ensuite d’un abattement sur les droits de succession de 152 000 euros par part, cela finit par faire beaucoup d’argent donné sans jamais générer de l’impôt. C’est un problème – et c’est là un amendement que les habitants de ma circonscription ne comprennent pas ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS. – « Ça c’est certain – nous, on travaille ! » sur les bancs du groupe UDR.)

Photo de M. Arthur Delaporte
Après l’article 3 (suite)
M. Arthur Delaporte Arthur Delaporte SOC

Le RN et l’UDR sont pour les milliardaires !

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 35 n’est pas adopté.)

I-35 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir l’amendement no 1886.

I-1886 Rejeté
Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Nous souhaitons abroger cette niche fiscale totalement injuste qu’est le pacte Dutreil. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) Lors de la transmission d’une entreprise, au motif qu’un héritier direct de son dirigeant ou propriétaire occupera une fonction de dirigeant, 75 % des parts de l’entreprise, en valeur, sont défiscalisées. Le bénéfice de cette niche fiscale ne vient donc pas du fruit du travail mais du hasard de la naissance, raison pour laquelle nous la jugeons injuste en voulons l’abroger. (Mêmes mouvements).

Photo de M. Hervé de Lépinau
Après l’article 3 (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Ils veulent sortir la guillotine !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Je suis entièrement favorable à l’ouverture d’une réflexion sur le pacte Dutreil, notamment sur son plafonnement et sur son champ.

Photo de Mme Christine Arrighi
Après l’article 3 (suite)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Ah !

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Il est également urgent que notre administration évalue de façon fiable son coût, estimé conventionnellement, depuis des années, à 500 millions d’euros, et à 800 millions dans l’analyse des dépenses fiscales de cette année – la réalité étant certainement plus proche des 1 ou 2 milliards. Cette exonération de 75 % de la valeur des titres de l’entreprise est cependant largement plébiscitée pour permettre, dans de bonnes conditions, la transmission de notre tissu économique et industriel – y compris dans le domaine agricole. Il serait d’autant moins opportun de la supprimer que le nombre de transmissions d’entreprises va croître fortement ces prochaines années. Ce dispositif est assorti de nombreuses dispositions strictes, qui visent à assurer que les bénéficiaires ont un lien effectif avec une société exerçant une activité économique opérationnelle. Votre amendement, par ailleurs, n’abroge pas le pacte Dutreil pour les entreprises individuelles, ce qui aboutirait à une rupture d’égalité entre les entreprises au regard de la transmission. La commission des finances donne un avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Avis défavorable également : le pacte Dutreil n’est pas uniquement une facilité fiscale, mais un outil pour pérenniser autant qu’il est possible la transmission, dans nos territoires, des PME, assurant qu’elles ne ferment pas quand le gérant ou les dirigeants partent à la retraite. Il s’agit donc aussi par là de préserver de l’activité et des emplois.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Charles Sitzenstuhl.

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Après l’article 3 (suite)
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Ce qu’on vient d’entendre de la part du groupe qui a déposé cet amendement est consternant, et très blessant pour des dizaines de milliers de chefs d’entreprise, patrons de PME ou d’entreprises de taille intermédiaire, qui font le cœur de l’industrie française. (MM. Aurélien Le Coq et Nicolas Sansu s’exclament.) L’invention du pacte Dutreil répond à un besoin et le supprimer reviendrait à planter le dernier clou dans le cercueil de l’industrie française. Poursuivez ainsi et vous continuerez à faire fuir de notre pays les investisseurs, les gens qui veulent créer, innover et fabriquer de la valeur. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il y a une bonne raison pour laquelle le pacte Dutreil n’a pas été remis en cause par les gouvernements de gauche comme de droite. Il faut absolument repousser cet amendement qui est une provocation pour des milliers de chefs d’entreprise.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-François Coulomme.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Ce dispositif encourage plus qu’il ne faut la transmission par filiation, dans le cas d’entreprises où il serait parfois préférable, pour en garantir la pérennité, de les revendre à des employés méritants et compétents.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Après l’article 3 (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Bah bien sûr !

Photo de M. Jean-François Coulomme
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Vous risquez de placer à la tête d’une entreprise un héritier crétin qui mettra en péril tous les emplois. Au nom de gains fiscaux, on aura remplacé des acheteurs compétents par une filiation hasardeuse. (Mme Marie Mesmeur applaudit.)

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Il faut vendre à des fonds d’investissement américains !

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1886 n’est pas adopté.)

I-1886 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 475.

I-475 Rejeté
Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Je défendrai également l’amendement no 476. Il existe quatre façons d’encadrer le dispositif Dutreil. Il y a la durée de détention – nous examinerons à ce sujet les amendements de notre collègue Eva Sas. Il y a le périmètre – et nous examinerons à ce propos ceux de Mme Pirès Beaune. Restent deux autres leviers qui font l’objet de ces deux amendements : le plafonnement, d’abord, avec un taux différencié au-delà d’un certain montant ; le refus du démembrement, ensuite. Le plafonnement à 50 millions d’euros, à partir duquel l’abattement passe de 75 % à 50 %, je vous l’assure, ne concerne pas les petits boulangers, mais des entreprises de taille plus importante. L’interdiction du démembrement, elle, assure que les titres soient détenus en pleine propriété et pas en nue-propriété. On limite de ce fait l’avantage fiscal, en assurant, surtout, que le pacte Dutreil reste fidèle à sa vocation : la transmission, mais sans grever les finances publiques. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur l’amendement n° 475, je suis saisie par les groupes Rassemblement national et de la Gauche démocrate et républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Tout d’abord, le seuil pose problème. Comment le justifier ? Pourquoi 50 millions et pas 100 millions, ou tout autre chiffre ? (Mme Farida Amrani s’exclame.) Il faudrait analyser la répartition des patrimoines transmis dans le cadre du pacte Dutreil pour savoir si la cible visée par notre collègue est bien atteinte. Au-delà, je note que M. Sansu, qui est un homme prudent, accepte une exonération de 50 %. Il est donc, implicitement, favorable au pacte Dutreil. (M. Nicolas Sansu sourit.) Nous devons avoir une réflexion globale, qui porte aussi sur les conditions qui permettent l’application du pacte Dutreil – société exerçant des activités opérationnelles ; engagements de conservation des titres. Toutefois, l’exonération à hauteur de 75 % me semble essentielle. Je ne connais d’ailleurs pas le coût que représenterait l’abaissement du taux à 50 % au-delà de 50 millions, mais peut-être le ministre pourra-t-il nous éclairer sur ce point ?

Photo de Mme Christine Arrighi
Après l’article 3 (suite)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Ils n’en savent rien !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Je comprends le sens de votre amendement, monsieur Sansu. En définitive, vous êtes favorable au pacte Dutreil,…

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Mais bien sûr !

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

…mais vous voulez le plafonner, le caper comme on dit. C’est loin d’être inintéressant. Toutefois, il faudrait mesurer les risques que nous ferions prendre aux entreprises dont la valeur est supérieure à ce seuil de 50 millions. C’est le cas de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME) et d’entreprises de taille intermédiaire (ETI). Par définition, ce sont celles qui, dans le cadre de la transmission, sont davantage exposées à des risques quant à la pérennité de leur activité et des emplois – d’autant que cela concerne davantage d’emplois. C’est pourquoi il faut toucher à ce dispositif avec prudence. La question n’est pas de savoir s’il s’agit de riches ou de non-riches, mais bien quel volume d’activité nous souhaitons préserver dans les territoires. Je serai donc très prudent sur l’effet de seuil et sur la nature des entreprises, parce que, à ce niveau, ce sont des entreprises que nous préférons voir prospérer et résister. Je précise d’ailleurs, puisque nous avons déjà évoqué quelques comparaisons avec d’autres pays, notamment en matière d’attractivité des entreprises, que la France n’est pas très bonne en matière de transmission familiale des entreprises. Nos voisins italiens ou allemands ont une culture bien plus développée que la nôtre en la matière.

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Il a raison !

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Par conséquent, il ne faudrait pas casser l’outil principal de la transmission familiale. Quelqu’un a souligné tout à l’heure que la transmission par filiation pouvait menacer la pérennité d’une entreprise si ce n’est pas la bonne personne qui la reprend. C’est un très bon argument. Mais cette personne n’occupe pas nécessairement le poste numéro 1 de l’entreprise ; elle peut être l’un des dirigeants, dans un cadre collectif de direction.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Vous émettez donc un avis favorable ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jordan Guitton.

Photo de M. Jordan Guitton
Après l’article 3 (suite)
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

Nous voyons bien, depuis tout à l’heure, que le Nouveau Front populaire essaie de détricoter petit à petit le pacte Dutreil. Pourtant, il s’agit d’un formidable outil de transmission. Pendant les élections législatives, vous vous êtes efforcés de draguer les PME, les agriculteurs, les viticulteurs… Mais que va-t-on pouvoir leur dire dans les territoires ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN et sur plusieurs bancs du groupe UDR.) J’entends les collègues de la Macronie s’indigner que le Nouveau Front populaire veuille supprimer le pacte Dutreil. Pourtant, ils les ont fait élire lors des élections législatives ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Vous avez contribué à la coalition ; vous formez tous, ici, un parti unique ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Si, demain, la transmission des entreprises agricoles, viticoles, des TPE et des PME est menacée, c’est bien parce que vous formez un parti unique entre NFP et Macronie, entre Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP et sur quelques bancs du groupe EPR.)

Photo de M. Maxime Laisney
Après l’article 3 (suite)
M. Maxime Laisney Maxime Laisney LFI-NFP

Vous, vous avez la Macronie honteuse !

Photo de M. Jordan Guitton
Après l’article 3 (suite)
M. Jordan Guitton Jordan Guitton RN

C’est vous qui menacez la transmission des entreprises. Assumez de former un parti unique ! Vous pourrez toujours compter sur le Rassemblement national et ses alliés pour permettre aux entreprises de se transmettre, parce que c’est l’économie et l’avenir de notre pays qui en dépendent. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Essayons d’en revenir au pacte Dutreil. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) C’est un sujet sérieux. Il s’agit d’un très bon outil même si, avec Nicolas Sansu, nous avons constaté quelques dérives dans notre rapport d’information relatif à la fiscalité du patrimoine. Permettez-moi de reprendre le cas d’un seuil fixé à 50 millions : avec le pacte Dutreil, le coût des droits de transmission s’élèvera à peu près à 5,6 millions. Pour les financer, il faudra piocher dans les bénéfices de l’entreprise et donc opérer une distribution. Compte tenu de la flat tax, il faudra sortir de l’entreprise environ 8 millions, autant d’argent qui fera défaut à sa trésorerie pour assurer sa pérennité. L’intérêt du pacte Dutreil est d’éviter que l’entreprise ne soit vendue à des fonds étrangers, afin de conserver nos entreprises sur le territoire français.

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Mais non !

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Comme Mathieu Lefèvre l’a rappelé en commission, ce dispositif résulte de la jurisprudence UPSA, lorsque l’entreprise familiale basée à Agen a été obligée de se vendre à des fonds étrangers. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur quelques bancs du groupe EPR.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. David Amiel.

Photo de M. David Amiel
Après l’article 3 (suite)
M. David Amiel David Amiel

Il est tout de même paradoxal que cet amendement soit issu de partis qui dénoncent, parfois à juste titre, la financiarisation de l’économie et son ouverture à tous vents. En fragilisant le pacte Dutreil, ils renforceraient précisément ce risque. Le pacte Dutreil permet de protéger nos entreprises au moment où elles sont vulnérables ; s’il n’existait pas, la voie serait ouverte à des rachats par des fonds, notamment étrangers. C’est encore plus vrai des entreprises visées par M. Sansu, car c’est précisément à ce niveau d’activité qu’elles peuvent intéresser des fonds étrangers et qu’en l’absence de ce dispositif, la plupart des héritiers ou des repreneurs n’auraient pas les moyens de reprendre l’activité. On peut envisager des adaptations, notamment pour lutter contre certains abus ; nous examinerons des amendements en ce sens. Toutefois, le cœur du pacte Dutreil doit être préservé car il est indispensable pour notre tissu économique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EPR.)

Photo de M. Franck Riester
Après l’article 3 (suite)
M. Franck Riester Franck Riester EPR

Très juste !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Nicolas Sansu.

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Je n’ai pas demandé la suppression du dispositif. Je propose simplement d’abaisser le taux d’exonération à 50 % au-dessus de 50 millions. Ce n’est donc pas la fin du pacte Dutreil.

Photo de M. Philippe Juvin
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

C’est le début de la fin !

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Pour répondre au collègue du Rassemblement national : le boucher-charcutier n’est pas concerné ! (« Si ! » sur plusieurs bancs du groupe RN.) Pas plus que la PME ou le petit garagiste. Arrêtez de raconter des histoires. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.) Vous pouvez avoir le macronisme honteux parce que vous vous apprêtez à voter avec eux, mais assumez ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS.) – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Voilà la réalité ! Entre les macronistes à peine assumés, qui ne sont pas présents dans cet hémicycle, et le macronisme honteux,…

Photo de Mme Prisca Thevenot
Après l’article 3 (suite)
Mme Prisca Thevenot Prisca Thevenot EPR

Parlez-leur directement ! (Mme Prisca Thevenot désigne les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. Emeric Salmon
Après l’article 3 (suite)
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Vous avez été élus par des macronistes !

Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

…je crois que le pacte Dutreil devrait être encadré. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, LFI-NFP, SOC et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 475.

I-475 Rejeté
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 202 Nombre de suffrages exprimés 201 Majorité absolue 101 Pour l’adoption 77 Contre 124

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 475 n’est pas adopté.)

I-475 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Gérault Verny, pour soutenir l’amendement no 3072.

I-3072 Rejeté
Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Permettez-moi de poser une question à la gauche : pour qui avez-vous voté en 2022 au second tour, si ce n’est pour Emmanuel Macron ? Soyez cohérents ! Assumez ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)

Photo de M. Maxime Laisney
Après l’article 3 (suite)
M. Maxime Laisney Maxime Laisney LFI-NFP

La destitution, c’est pour quand ?

Photo de Mme Dieynaba Diop
Après l’article 3 (suite)
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Nous avons voté contre les fachos et les néonazis !

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Est-ce que je peux en placer une ?

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

S’il vous plaît, laissez parler M. Verny.

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Cet amendement vise à faciliter le dispositif Dutreil. Il faut comprendre ce qu’est une entreprise : ce n’est ni une œuvre d’art ni un château, mais une personne morale très fragile. (Les exclamations se poursuivent sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS.)

Photo de M. Charles Sitzenstuhl
Après l’article 3 (suite)
M. Charles Sitzenstuhl Charles Sitzenstuhl EPR

Laisse tomber. Tu n’arriveras pas à le leur expliquer !

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

J’en veux pour preuve les dizaines de milliers de défaillances au premier trimestre. Vous ne pouvez pas dénoncer, d’un côté, les fermetures d’usines et, de l’autre, considérer les entreprises comme des tirelires. Ensuite, on a un problème en France : il y a des grandes et des petites entreprises, mais il manque des ETI. Or une ETI se construit sur plusieurs générations. Si nous voulons éviter que nos PME championnes ne soient vendues à des fonds étrangers, il faut favoriser leur transmission.

UR
Après l’article 3 (suite)
Un député du groupe RN

Il a raison !

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

C’est ainsi qu’il y aura le plus de création de richesses, pour la France et les Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

La commission a rejeté cet amendement.

Photo de M. Marc Fesneau
Après l’article 3 (suite)
M. Marc Fesneau Marc Fesneau Dem

Très bien !

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

L’exonération actuelle est de 75 %, assortie de conditions de conservation des titres pour une durée relativement courte, puisqu’elle est de deux ou quatre ans. Comme notre collègue le souligne à raison dans son exposé sommaire, en Allemagne, le taux d’exonération est supérieur au nôtre. Toutefois, la contrepartie y est que le maintien du caractère familial de l’entreprise courre sur une durée beaucoup plus longue. Nous y reviendrons.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Je souhaite également le maintien du taux de 75 % et j’émettrai un avis défavorable sur tous les amendements visant à l’augmenter. Cependant, M. Verny a raison sur un point : c’est par la transmission génération après génération qu’une entreprise peut devenir une ETI. C’est ainsi que les PME italiennes sont devenues des ETI industrielles puissantes et exportatrices. C’est pourquoi il faut conserver le dispositif Dutreil.

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3072 n’est pas adopté.)

I-3072 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Élisa Martin, pour soutenir l’amendement no 1887.

I-1887 Rejeté
Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Son objectif est de limiter l’abattement à 2 millions d’euros. Connaissez-vous l’effet Carnegie ? Des études se sont penchées sur la transmission à des héritiers occupant la place de dirigeants. Il s’est avéré que ce n’était pas toujours, bien au contraire, la meilleure des solutions pour faire perdurer l’activité. Par conséquent, ce que vous nous opposez n’est pas exact. Permettez-moi de vous dire ce que je ressens : vos indignations sont celles de ceux à qui on veut retirer des privilèges. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Limiter à 2 millions l’abattement me semble très excessif – si tant est que nous devions plafonner le pacte Dutreil. La valeur des entreprises transmises dans le cadre de ce dispositif est en moyenne de 5 millions. À ce niveau, il s’agit de PME et non de grosses entreprises.

Photo de M. Hervé de Lépinau
Après l’article 3 (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Ils ne savent pas ce que c’est, l’entreprise !

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Si nous devions plafonner le pacte Dutreil, ce ne serait donc certainement pas à 2 millions. La commission des finances a émis un avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

À 2 millions, autant supprimer le pacte Dutreil ! C’est, au contraire, pour les PME qu’il faut être vigilant lors de leur transmission, parce qu’elles commencent à être structurées, que les enjeux sociaux sont plus lourds et que c’est plus difficile. Avis défavorable.

Photo de Mme Élisa Martin
Après l’article 3 (suite)
Mme Élisa Martin Élisa Martin LFI-NFP

Justement, il faut faire autrement !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Danièle Obono.

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Je suis surprise d’entendre dans ce temple républicain, espace de la représentation nationale, un tel éloge de la transmission, alors qu’on devrait plutôt parler de méritocratie. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. Philippe Juvin
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Justement !

Photo de M. Hervé de Lépinau
Après l’article 3 (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Vous êtes en terrain glissant !

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Nous, nous considérons, et c’est une autre vision du monde, que ce sont les salariés qui font la richesse des entreprises. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Ce sont eux qui usent leur vie, et la perdent souvent, pour que celles-ci fonctionnent, alors qu’ils sont très peu rémunérés en comparaison de l’effort auquel ils consentent – quand ils ne perdent pas leur travail ! S’il devait y avoir une transmission, ce serait plutôt aux salariés de récupérer l’entreprise,…

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Les chefs d’entreprise n’ont plus rien ! Vous leur prenez tout !

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

…quitte à ce que l’État assure cette reprise. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de M. Gérault Verny
Après l’article 3 (suite)
M. Gérault Verny Gérault Verny UDR

Ah ! Nous y voilà !

Photo de Mme Danièle Obono
Après l’article 3 (suite)
Mme Danièle Obono Danièle Obono LFI-NFP

Oui, ce sont deux visions différentes du monde : l’une véritablement républicaine, l’autre aristocratique. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) Pour répondre au collègue du RN, oui, nous sommes des antifascistes et s’il ne doit rester qu’un ou une antifasciste qui fasse barrage, ce sera un membre du groupe La France insoumise et nous en sommes fiers ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS – Vives protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Mathieu Lefèvre.

Photo de M. Mathieu Lefèvre
Après l’article 3 (suite)
M. Mathieu Lefèvre Mathieu Lefèvre

Les auteurs de ces amendements font un contresens. En réalité, le pacte Dutreil est né de l’affaire de la cession d’UPSA aux Américains. La question est très simple : au moment où nous rencontrons des difficultés avec le Doliprane – l’histoire est quelque peu ironique –, voulez-vous, oui ou non, consolider l’actionnariat français ? Voulez-vous, oui ou non, que les industries restent dans notre pays ? Voulez-vous, oui ou non, un tissu industriel français ? Le choix est le suivant : adopter vos amendements et laisser libre cours à la mondialisation débridée et à la financiarisation de l’économie ou dresser un rempart face à cette financiarisation.

Photo de M. René Pilato
Après l’article 3 (suite)
M. René Pilato René Pilato LFI-NFP

On croit rêver !

Photo de M. Mathieu Lefèvre
Après l’article 3 (suite)
M. Mathieu Lefèvre Mathieu Lefèvre

Il s’agit d’organiser une transmission dans des conditions, non pas libres de droits, mais de marché véritable, comme c’est le cas chez tous nos voisins européens. Un dernier chiffre, madame Obono : la fiscalité du capital en France représente 4 % du PIB, contre 1 % dans l’Union européenne.

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1887 n’est pas adopté.)

I-1887 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Aurélien Le Coq, pour soutenir l’amendement no 1890.

I-1890 Rejeté
Photo de M. Aurélien Le Coq
Après l’article 3 (suite)
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Qu’est-ce qui fait la valeur d’une entreprise ? Qui produit la richesse ?

PU
Après l’article 3 (suite)
Plusieurs députés des groupes RN et UDR

Ce n’est pas vous ! Ce n’est pas LFI !

Photo de M. Aurélien Le Coq
Après l’article 3 (suite)
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Celles et ceux qui, souvent de génération en génération, ont bossé dans la boîte, parfois jour et nuit, pour des salaires de misère et ont fabriqué tout ce qui était vendu ? Ou bien l’enfant du patron, qui n’a rien fait d’autre que de naître ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

UR
Après l’article 3 (suite)
Un député du groupe RN

C’est Germinal !

Photo de M. Aurélien Le Coq
Après l’article 3 (suite)
M. Aurélien Le Coq Aurélien Le Coq LFI-NFP

Qu’a-t-il produit ? Mérite-t-il de récupérer l’intégralité d’une richesse qui ne lui appartient pas, puisqu’il n’a rien fait ? Oui, nous avons deux visions du monde différentes. (Mêmes mouvements.) La réalité, c’est que vous défendez une infime minorité ! Pendant que 500 familles possèdent trois fois le budget de l’État, tous les autres crèvent. Les super-milliardaires aujourd’hui sont tous des super-héritiers ! Et cet argent, ils l’ont pris aux travailleuses et aux travailleurs qui l’ont produit à la sueur de leur front ! (Mêmes mouvements.)

Photo de M. Hervé de Lépinau
Après l’article 3 (suite)
M. Hervé de Lépinau Hervé de Lépinau RN

Le retour des « deux cents familles » !

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson Charles de Courson LIOT

Vous n’avez fait que rappeler ce que disait le célèbre Jean Bodin : « Il n’est de richesse que d’hommes ». La richesse vient du travail. Votre amendement soulève un vrai problème, que l’amendement no 2915 vise à résoudre en excluant de l’assiette les biens qui ne sont pas liés à l’activité professionnelle. Je vous suggère donc de le retirer.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur le vote de l’amendement no 476, je suis saisie par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

On peut considérer, sans polémique, que l’entreprise, c’est à la fois le capital et les travailleurs. Il est sain, quand il n’y a pas de successeur naturel, de rechercher un successeur au sein des entreprises. Mathieu Lefèvre a parfaitement raison : se priver d’un outil fiscal de transmission est le meilleur moyen de laisser les fonds vautours s’emparer des entreprises, les dépecer et repartir avec les dividendes – tout ce contre quoi vous luttez. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.)

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1890 n’est pas adopté.)

I-1890 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Nicolas Sansu, pour soutenir l’amendement no 476.

I-476 Rejeté
Photo de M. Nicolas Sansu
Après l’article 3 (suite)
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Si vous cumulez les niches fiscales, le Dutreil et le démembrement, vous atteignez 90 % d’abattement. C’est un vrai problème. Le démembrement ne servant qu’à faire de l’optimisation fiscale – la Cour des comptes l’a souligné –, nous proposons d’empêcher la cession de titres démembrés dans le cadre du pacte Dutreil. Celui-ci ne doit servir qu’à la transmission des entreprises. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR, LFI-NFP et EcoS.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

La commission des finances a donné un avis défavorable au motif que le démembrement de propriété peut accélérer la transmission. En effet, l’entrepreneur peut transmettre à ses descendants la nue-propriété des parts tout en s’en réservant l’usufruit, pour vivre. Exclure cette possibilité du mécanisme Dutreil freinerait de nombreuses transmissions.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Même avis.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 476.

I-476 Rejeté
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 187 Nombre de suffrages exprimés 186 Majorité absolue 94 Pour l’adoption 77 Contre 109

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 476 n’est pas adopté.)

I-476 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Daniel Labaronne, pour soutenir l’amendement no 3410.

Photo de M. Daniel Labaronne
Après l’article 3 (suite)
M. Daniel Labaronne Daniel Labaronne EPR

Cet amendement, comme une centaine d’autres, a été retiré par mon groupe – un exemple concret de notre volonté d’accélérer les débats.

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3410 est retiré.)

Amdt 3410
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur le vote de l’amendement no 1254, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 1254 et 2915. La parole est à Mme Christine Pirès Beaune, pour soutenir l’amendement no 1254.

I-1254 Adopté
Photo de Mme Christine Pirès Beaune
Après l’article 3 (suite)
Mme Christine Pirès Beaune Christine Pirès Beaune SOC

Il ne s’agit ni de supprimer le pacte Dutreil ni de toucher au taux de 75 %, mais de revoir le périmètre de l’exonération. Comme l’a souligné la Cour des comptes dans un rapport sur les droits de succession remis à la commission des finances en juin 2024, l’évaluation du pacte Dutreil n’a pas été réalisée de façon fiable. En effet, le montant de l’estimation de la dépense fiscale est resté identique pendant des années alors que le nombre de pactes Dutreil augmentait. Transmettre une entreprise dans le cadre du pacte Dutreil pour éviter son démembrement, c’est bien – j’ai pu le constater dans ma circonscription – mais cela suppose qu’on transmette l’outil de production et non des biens personnels.

Photo de M. Inaki Echaniz
Après l’article 3 (suite)
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Tout à fait !

Photo de Mme Christine Pirès Beaune
Après l’article 3 (suite)
Mme Christine Pirès Beaune Christine Pirès Beaune SOC

Dans ce dernier cas, c’est un abus. Nous proposons donc d’exclure les biens personnels de l’assiette de l’exonération. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, LFI-NFP, EcoS et GDR.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement no 2915.

I-2915 Adopté
Photo de M. Charles de Courson
Après l’article 3 (suite)
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Le pacte Dutreil est conçu pour transmettre des biens professionnels, dans l’intérêt du pays. Dans de très rares cas, et il est vrai que c’est choquant, des biens personnels se trouvent inclus dans la transmission. Cet amendement a pour but non de remettre en cause les grands équilibres du pacte Dutreil mais de le recentrer sur son objectif principal, et d’éviter ainsi tout détournement. Il a été adopté par la commission des finances avec un soutien transpartisan. Il faut l’adopter, même s’il est encore nécessaire de préciser quel doit être le sort de la trésorerie.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. le président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.

Photo de M. Éric Coquerel
Après l’article 3 (suite)
M. Éric Coquerel président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire LFI-NFP

Même si je m’interroge sur son efficacité, j’entends que le pacte Dutreil peut servir à maintenir l’entreprise dans le giron familial, et éviter ainsi toute financiarisation. Autrement dit, l’objet du dispositif n’est pas l’optimisation fiscale ou la valorisation en vue d’une revente quelques années plus tard. Ces amendements visent à empêcher le détournement à des fins d’optimisation puisqu’ils limitent strictement l’exonération aux biens professionnels. Je vous inviterai aussi à voter les amendements qui sécurisent le nombre d’années au cours desquelles il est impossible de revendre une entreprise transmise dans le cadre d’un pacte Dutreil – à ceux-là mêmes qui contribuent à financiariser la société. J’espère que ces amendements connaîtront le même sort qu’en commission.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Le resserrement du dispositif est une intention louable mais modifier ces outils comporte un risque, celui d’envoyer un signal négatif pour l’attractivité – Charles Sitzenstuhl l’a souligné.

Photo de M. Philippe Brun
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Brun Philippe Brun SOC

Il n’y a pas de signal, là ! (Exclamations sur les bancs du groupe SOC.)

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Je resterai vigilant sur ce point. C’est la raison pour laquelle j’émets un avis défavorable.

Photo de M. Philippe Brun
Après l’article 3 (suite)
M. Philippe Brun Philippe Brun SOC

Un avis de sagesse, plutôt !

MS
Après l’article 3 (suite)
M. Laurent Saint-Martin ministre

Les outils fiscaux existants peuvent sans doute être améliorés mais, dans un contexte d’évolution de la fiscalité et des prélèvements obligatoires – comme le texte initial le propose –, nous devons opérer avec prudence vis-à-vis d’outils repérés comme étant très sensibles en matière d’attractivité.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. David Amiel.

Photo de M. David Amiel
Après l’article 3 (suite)
M. David Amiel David Amiel

J’avais déposé un amendement identique mais, fidèle aux engagements pris en début de séance, je l’ai retiré pour accélérer les débats.

US
Après l’article 3 (suite)
Un député du groupe SOC

Oh !

Photo de M. David Amiel
Après l’article 3 (suite)
M. David Amiel David Amiel

Le pacte Dutreil est très précieux pour protéger la transmission des entreprises et éviter de les exposer à un dépeçage par des fonds de pension étrangers. Comme je pense qu’il ne doit servir qu’à cela, j’estime qu’il est normal d’exclure les biens personnels de l’assiette de l’exonération. Seuls doivent être concernés les actifs professionnels, l’outil de production. Ce sont des amendements de bon sens, conformes à l’esprit du Dutreil.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Pour ce qui concerne les bateaux et les chalets, il n’y a pas de sujet, il faut les exclure de l’assiette.

Photo de Mme Christine Arrighi
Après l’article 3 (suite)
Mme Christine Arrighi Christine Arrighi EcoS

Comme les châteaux bordelais !

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Après l’article 3 (suite)
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Les professionnels essaient d’ailleurs d’éviter de tels travers, qui relèvent de l’abus de droit – heureusement, des contrôles sont menés. Le pacte Dutreil vise à transmettre des entreprises et non des biens privés, c’est évident. Reste un problème d’interprétation assez complexe sur le sort à réserver à la trésorerie nécessaire pour faire tourner l’entreprise et assurer son développement. Il convient d’éviter les effets de bord. En matière d’immobilier, s’agit-il de l’immobilier nécessaire à l’exploitation ? Le sujet est difficile, mais ces amendements envoient un signal. L’interprétation gagnerait à être précisée dans le Bofip, le Bulletin officiel des finances publiques, pour savoir ce que l’on peut faire. Cela permettrait d’éviter les dérives et les contrôles, et de sécuriser ainsi les transmissions.

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix les amendements identiques nos 1254 et 2915.

I-1254 Adopté I-2915 Adopté
II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 189 Nombre de suffrages exprimés 188 Majorité absolue 95 Pour l’adoption 101 Contre 87

II
Après l’article 3 (suite)
Intervenant non identifié

(Les amendements identiques nos 1254 et 2915 sont adoptés.) (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS.)

I-1254 Adopté I-2915 Adopté
Photo de Mme la présidente
Après l’article 3 (suite)
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Mathilde Panot.

Photo de Mme Mathilde Panot
Après l’article 3 (suite)
Mme Mathilde Panot Mathilde Panot LFI-NFP

Je demande une suspension de cinq minutes.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La séance est suspendue.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(La séance, suspendue à vingt-trois heures quinze, est reprise à vingt-trois heures vingt-cinq.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La séance est reprise. La parole est à M. Jean-René Cazeneuve, pour soutenir l’amendement no 1579.

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Je suis surpris que mon amendement n’ait pas fait l’objet d’une discussion commune avec les deux amendements précédents. Pour préserver l’activité et sauvegarder l’emploi, nous souhaitons évidemment pérenniser le pacte Dutreil. Les rapports de l’Inspection générale des finances (IGF) préconisent cependant de clarifier le contenu des actifs bénéficiant de l’exonération, en les limitant aux biens professionnels affectés à l’activité opérationnelle. C’était l’objectif de cet amendement, que je retire puisque les précédents ont été adoptés.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1579 est retiré.)

I-1579 Retiré
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de deux amendements, nos 793 et 1266, pouvant être soumis à une discussion commune. La parole est à Mme Danielle Simonnet, pour soutenir l’amendement no 793.

I-793 Rejeté
Photo de Mme Danielle Simonnet
Suspension et reprise de la séance
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

La majeure partie des biens bénéficiant de l’exonération prévue dans le pacte Dutreil sont concentrés chez les plus riches. En effet, une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) a révélé que, jusqu’au seuil des 0,1 % les plus riches, les biens professionnels représentent moins de 10 % du patrimoine total ; chez les 0,01 % les plus riches, ils représentent 30 % du patrimoine ; chez les 0,001 % les plus riches – soit 380 foyers fiscaux –, 60 % du patrimoine. Monsieur le ministre, vous affirmez que vous souhaitez pérenniser au maximum l’activité et l’emploi. Je ne doute pas que vous donnerez un avis favorable à cet amendement et au suivant, no 1266. Tous deux visent à renforcer l’obligation pour les héritiers de conserver les parts de société, en portant la durée de détention à huit ans, pour le premier, à six ans pour le second.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Sur l’amendement no 1266, je suis saisie par le groupe Écologiste et social d’une demande de scrutin public. Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Quel est l’avis de la commission ?

I-1266 Rejeté
Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

À l’engagement individuel de conservation des titres de quatre ans s’ajoute un engagement collectif de deux ans. En allongeant la durée de détention individuelle des parts de quatre à huit ans, l’amendement no 793 porte donc l’engagement à dix années au total. La commission des finances a donné un avis défavorable à cet amendement. En revanche, elle a voté en faveur de l’amendement no 1266, puisqu’il limiterait l’engagement total à huit ans – six ans d’engagement individuel et deux ans d’engagement collectif.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Saint-Martin ministre

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je mets aux voix l’amendement no 1266.

I-1266 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Il est procédé au scrutin.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 126 Nombre de suffrages exprimés 125 Majorité absolue 63 Pour l’adoption 58 Contre 67

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1266 n’est pas adopté.)

I-1266 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 793 n’est pas adopté.)

I-793 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

L’amendement no 867 de M. Franck Allisio est défendu.

I-867 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 867, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)

I-867 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Danielle Simonnet, pour soutenir l’amendement no 1272.

I-1272 Rejeté
Photo de Mme Danielle Simonnet
Suspension et reprise de la séance
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Je suis surprise, madame la présidente : l’amendement no 1266 avait reçu un avis favorable de la commission des finances. Je ne sais pas pourquoi nous avons procédé au vote sur cet amendement avant de nous prononcer sur le no 793.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

C’est une erreur de ma part.

Photo de Mme Danielle Simonnet
Suspension et reprise de la séance
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Je crains que cette inversion n’ait privé notre assemblée d’informations propres à éclairer notre vote.

Photo de M. Emeric Salmon
Suspension et reprise de la séance
M. Emeric Salmon Emeric Salmon RN

Non, pas du tout !

Photo de Mme Danielle Simonnet
Suspension et reprise de la séance
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Je me demande s’il ne serait pas préférable de procéder à nouveau à ces votes. (« Non ! » sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) Quant à l’amendement no 1272, il s’agit d’un amendement de repli. Il vise à fixer une nouvelle condition au bénéfice du pacte Dutreil qui, on ne le rappellera jamais assez, permet tout de même une exonération de 75 % des droits de donation et de succession sur les actions d’une société : le maintien en poste, pendant au moins deux ans, des salariés présents dans la société à la date de la transmission. Monsieur le ministre, puisque vous affirmez qu’il faut préserver le dispositif Dutreil pour protéger les entreprises et l’emploi,…

Photo de M. Jean-René Cazeneuve
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-René Cazeneuve Jean-René Cazeneuve EPR

Eh oui !

Photo de Mme Danielle Simonnet
Suspension et reprise de la séance
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

…il serait totalement incompréhensible que vous ne souteniez pas cet amendement qui aura pour effet de préserver pendant au moins deux ans l’emploi des salariés.

Photo de M. Sylvain Maillard
Suspension et reprise de la séance
M. Sylvain Maillard Sylvain Maillard EPR

Cela n’a rien à voir ! Vous mélangez tout.

Photo de Mme Danielle Simonnet
Suspension et reprise de la séance
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Je compte sur l’esprit de responsabilité de tous les députés pour l’adopter. Je vous signale d’ailleurs que cette mesure est déjà appliquée en Allemagne et en Wallonie ; appliquons-la enfin en France !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

La commission a donné un avis défavorable.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 1272, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

I-1272 Rejeté
Photo de Mme Danielle Simonnet
Suspension et reprise de la séance
Mme Danielle Simonnet Danielle Simonnet EcoS

Vous ne voulez pas sauver les emplois, voilà la vérité ! (Exclamations sur les bancs des groupes RN, EPR, DR et UDR.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement no 140.

I-140 Rejeté
Photo de M. Thibault Bazin
Suspension et reprise de la séance
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Nous avons déjà parlé d’accession au logement et d’investissement locatif ; cet amendement concerne la rénovation des logements. Nous sommes loin de nos objectifs en la matière. Nous sommes confrontés à des défis calendaires puisqu’au 1er janvier 2025, au 1er janvier 2028, en 2031 puis en 2034, certaines catégories de logements deviendront impropres à la location. Certains propriétaires préfèrent renoncer à la location et n’effectuent pas les travaux de rénovation ; en conséquence, de plus en plus de logements sortent du parc locatif. L’amendement a peu d’incidence sur les finances publiques, mais il contribuerait à remettre des logements sur le marché. Il vise un allégement de 50 % des DMTG, applicable à la transmission par donation ou succession des logements du parc locatif énergétiquement peu performants, sous condition de leur rénovation et de leur maintien dans le parc locatif à un prix abordable pendant une durée d’au moins six ans. Il s’agit d’une proposition vertueuse du point de vue du développement durable et susceptible d’élargir le parc locatif ; ne serait-ce qu’à Paris, de très nombreux logements sont vacants au lieu d’être loués.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Il est défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Saint-Martin ministre

Il existe déjà des dispositifs fiscaux comme l’imputation du déficit foncier sur le revenu global, doublé si le bailleur réalise des travaux de rénovation énergétique, et des dispositifs budgétaires comme MaPrimeRénov’. Nul n’est besoin d’une nouvelle incitation fiscale. Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Inaki Echaniz.

Photo de M. Inaki Echaniz
Suspension et reprise de la séance
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

La niche du groupe Socialistes et apparentés comportera un excellent texte pour aider les propriétaires à rénover leur logement grâce à un dispositif de « zéro reste à charge ». J’invite le groupe Les Républicains à venir en séance pour voter cette proposition de loi de M. Stéphane Delautrette.

Photo de M. Thibault Bazin
Suspension et reprise de la séance
M. Thibault Bazin Thibault Bazin DR

Il n’y a plus de groupe Les Républicains, il y a un groupe Droite républicaine !

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 140 n’est pas adopté.)

I-140 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 3560.

I-3560 Rejeté
Photo de Mme Véronique Louwagie
Suspension et reprise de la séance
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Cet amendement des députés du groupe Droite républicaine – M. Nicolas Forissier, en particulier, a beaucoup étudié le sujet – concerne le pacte Dutreil. Ce dispositif est une des clés de la croissance industrielle française, cela mérite d’être répété. Trois ans après la cession, les transmissions familiales présentent un taux de survie très supérieur aux autres types de cession. Nous proposons un pacte Dutreil « longue durée ». Il serait conditionné à une durée de détention supplémentaire de quatre ans, qui s’ajouterait à la durée de quatre ans déjà inscrite dans la loi. En contrepartie, il permettrait de bénéficier d’un abattement supérieur : une exonération de 15 % des DMTG, en sus de l’exonération de 75 %. Cela sécuriserait les entreprises pendant plus longtemps, ce qui permettrait davantage de lisibilité pour l’avenir.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

Allez jusqu’à 100 %, ce serait encore mieux !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Porter l’exonération de 75 % à 90 %, en contrepartie d’un allongement de la durée minimale de détention, portée à huit ans – en fait dix ans –, c’est excessif ! Avis défavorable.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3560, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

I-3560 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Philippe Juvin, pour soutenir l’amendement no 3562.

I-3562 Rejeté
Photo de M. Philippe Juvin
Suspension et reprise de la séance
M. Philippe Juvin Philippe Juvin DR

Par cet amendement, le groupe Droite républicaine souhaite faciliter la transmission entre les grands-parents et les petits-enfants – l’allongement de l’espérance de vie donne l’occasion aux premiers d’aider les seconds lorsqu’ils commencent leur vie d’adulte. Nous proposons donc d’étendre aux legs consentis aux petits-enfants l’abattement en vigueur de 31 865 euros prévu pour les seules donations.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

Défavorable. Ce type d’amendements pose toujours le même problème : en matière de fiscalité, il ne faut pas bricoler. On ne peut toucher à une variable sans considérer la cohérence d’ensemble. La commission juge inutile d’instaurer un nouvel abattement sur les legs des grands-parents aux petits-enfants.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3562, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)

I-3562 Rejeté
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Je suis saisie de six amendements, nos 1295, 1290, 293, 2072, 1410 et 3498, pouvant être soumis à une discussion commune. L’amendement no 3498 fait l’objet d’un sous-amendement, no 3690. La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 1295.

I-1295 Rejeté
Photo de Mme Véronique Louwagie
Suspension et reprise de la séance
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Je présenterai à la fois les amendements nos 1295, 1290 et 293. Ils visent à exonérer de DMTG les donations d’un montant maximal de 150 000 euros consenties pour permettre au bénéficiaire de procéder à l’achat d’un logement neuf. Ce dispositif s’appliquerait à partir du 1er janvier 2025 et pour une durée limitée. L’amendement no 1295 en fixe le terme au 31 décembre 2027, l’amendement no 1290 au 31 décembre 2026 et l’amendement no 293 au 31 décembre 2025.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Les amendements nos 1290 et 293 viennent donc d’être défendus. La parole est à M. François Jolivet, pour soutenir les amendements nos 2072, 1410 et 3498, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.

I-1290 Rejeté I-293 Rejeté
Photo de M. François Jolivet
Suspension et reprise de la séance
M. François Jolivet François Jolivet HOR

La production de logements neufs est actuellement à l’arrêt car, depuis vingt-cinq ans, nous avons fait reposer les politiques publiques sur l’accès à la propriété dans un système d’opérations mixtes. En effet, les communes construisent un tiers de logements sociaux, un tiers de logements intermédiaires et un tiers de logements destinés à l’accession à la propriété, et ces derniers compensent financièrement le déficit lié à l’opération des HLM. Or dans le contexte de remontée des taux et de blocage du marché immobilier, le reste des opérations s’en ressent. J’appelle votre attention sur ce fait : nous risquons de perdre quatre ans de programmation HLM, compte tenu des délais liés à la livraison des bâtiments et à l’obtention de l’agrément. La promotion immobilière, qui produit 58 % de la construction HLM, se met en berne ; de ce fait, tout s’arrête. En commission des finances, Mme Louwagie et moi nous étions mis d’accord sur un amendement identique au no 2072. Toutefois, après avoir travaillé avec le Gouvernement et au vu du sous-amendement déposé par Mme Gérard, je retire les amendements nos 2072 et 1410 au profit de l’amendement no 3498, qui vise à exonérer de DMTG les donations d’un montant maximal de 50 000 euros consenties à un enfant ou un petit enfant dans le cadre d’une primo-accession dans le neuf. Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé que le prêt à taux zéro (PTZ) dans le neuf serait généralisé à toute la France, ce qui devrait dynamiser la production de logements sociaux et faciliter l’accession à la propriété.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 2072 et 1410 sont retirés.)

I-2072 Retiré I-1410 Retiré
Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à Mme Félicie Gérard, pour soutenir le sous-amendement no 3690 à l’amendement no 3498.

I-3690 Rejeté
Photo de Mme Félicie Gérard
Suspension et reprise de la séance
Mme Félicie Gérard Félicie Gérard HOR

Ce sous-amendement vise à ce qu’un même donataire puisse bénéficier de l’exonération à raison des dons de sommes d’argent consentis dans la limite de 50 000 euros par chacun de ses parents ou grands-parents.

Photo de M. Inaki Echaniz
Suspension et reprise de la séance
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

C’est de l’esbroufe ! Ce n’est pas sérieux.

Photo de Mme Félicie Gérard
Suspension et reprise de la séance
Mme Félicie Gérard Félicie Gérard HOR

Dans cette période où nous devons réduire dette et déficit et où il est donc difficile d’avoir recours à la dépense publique pour faire face à la crise du logement, il nous semble de bon sens de la combattre en s’appuyant sur l’argent privé.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

La commission a donné un avis favorable à l’amendement no 293 de Mme Louwagie. À titre personnel, j’ai soulevé plusieurs problèmes que me semble poser cette mesure, le principal étant qu’elle est purement conjoncturelle ; comme pour chaque mesure conjoncturelle, il y a fort à parier qu’on demandera à la prolonger dans un an. Ayant approuvé l’amendement de Mme Louwagie, la commission est défavorable à l’amendement no 3498 de M. Jolivet. Quant au sous-amendement de Mme Gérard, la commission ne l’a pas examiné, mais je peux donner mon sentiment personnel. Il me semble qu’il tend à doubler le plafond de la donation susceptible d’exonération : au lieu de 50 000 euros au total, on pourra en recevoir 50 000 de papa et 50 000 de maman. Au fond, l’amendement no 3498, même sous-amendé, est moins favorable au donataire que l’amendement de Mme Louwagie, et la mesure proposée est tout aussi temporaire.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Que le logement soit considéré comme bien essentiel, voilà qui fait plaisir !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Saint-Martin ministre

Le principe de flécher la donation pour l’acquisition d’un logement me paraît intéressant. En outre, comme l’a très bien dit Félicie Gérard, ce n’est pas excessivement coûteux pour les finances publiques. Nous le savons tous, ces dispositions ne résoudront pas le problème global du logement, mais elles peuvent donner un coup de pouce. Le Gouvernement donne donc un avis favorable au sous-amendement no 3690 et à l’amendement no 3498 ainsi sous-amendé. Comme l’a dit le rapporteur général, le sous-amendement permet que plusieurs donateurs donnent à un même donataire. Enfin, même si les amendements présentés par Mme Véronique Louwagie sont différents, j’en demande le retrait.

Photo de M. Jean-François Coulomme
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Ce n’est pas un cadeau pour les enfants, ça ?

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Inaki Echaniz.

Photo de M. Inaki Echaniz
Suspension et reprise de la séance
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Nous avons déjà abordé cette question hier soir. Nous sommes défavorables à de telles dispositions, car nous considérons qu’elles concentreront encore les biens immobiliers dans les mains de ceux qui ont déjà la possibilité de donner 150 000 euros, si nous nous appuyons sur les amendements défendus par Mme Louwagie. C’est encore une fois concentrer le patrimoine chez ceux qui en ont déjà. Je rappelle que 50 % des biens immobiliers sont détenus par 3,5 % de la population. Dans notre société, tout le monde n’a pas la possibilité de donner 150 000 euros en cash, qui viennent s’ajouter aux 100 000 euros en donation qui sont déjà exonérés de droits de succession. Le tout fait 250 000 euros ; c’est un peu gros !

Photo de M. Dominique Potier
Suspension et reprise de la séance
M. Dominique Potier Dominique Potier SOC

Exact !

Photo de M. Inaki Echaniz
Suspension et reprise de la séance
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Monsieur le ministre, dès que nous proposons un dispositif, vous nous répondez qu’il faut faire une évaluation pour en connaître le coût pour les finances publiques. Dans le cas présent, bizarrement, une telle évaluation n’est pas nécessaire et vous jugez le coût raisonnable, alors que nous ne connaissons pas le détail. Plutôt que de procéder à des exonérations de donation, concentrons-nous sur le logement social ! Enfin, défendre le sous-amendement no 3690 de Mme Gérard revient à nous prendre pour des idiots.

Photo de Mme Véronique Louwagie
Suspension et reprise de la séance
Mme Véronique Louwagie Véronique Louwagie DR

Vous n’avez pas le droit de dire ça de Mme Gérard !

Photo de M. Inaki Echaniz
Suspension et reprise de la séance
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

En effet, en commission, nous avions jugé que 150 000 euros, c’était trop, par conséquent le plafond a été baissé à 50 000 euros pour être raisonnable ; mais, tout d’un coup, on propose d’adopter un sous-amendement qui a pour conséquence de doubler ou de tripler la mise. Soyez un peu sérieux et arrêtez de nous prendre pour des idiots ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SOC et EcoS. – Protestations sur quelques bancs des groupes DR et HOR.)

Photo de M. Jean-François Coulomme
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-François Coulomme Jean-François Coulomme LFI-NFP

Est-ce que ça peut marcher pour les bateaux aussi ?

UL
Suspension et reprise de la séance
Un député du groupe LFI-NFP

Et pour les châteaux ?

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Jean-Paul Mattei.

Photo de M. Jean-Paul Mattei
Suspension et reprise de la séance
M. Jean-Paul Mattei Jean-Paul Mattei Dem

Hier soir déjà, je voulais intervenir sur ces donations de sommes d’argent. Il s’agit d’argent que les personnes possèdent déjà ; on ne va pas le leur enlever. (Exclamations prolongées sur les bancs du groupe LFI-NFP, SOC et GDR.) Comme je l’ai dit précédemment, ce qui est intéressant, c’est de faire circuler cet argent. La donation proposée est ciblée vers l’acquisition d’un logement ; elle générera donc de la TVA ; le but est bien de relancer la construction et non d’accumuler un patrimoine pour le plaisir. (Mêmes mouvements.) J’entends ce que vous dites, mais ce patrimoine existe. On peut vouloir changer complètement de société – ce n’est pas notre vision des choses. J’estime que ce sont des amendements de bon sens, qui permettront de relancer la construction. Il n’est pas question d’aller faire le tour du monde avec cet argent ! Ces exonérations sont ciblées et concernent les investissements dans l’immobilier. Certes, je préférerais qu’elles soient dédiées à la location, au respect des loyers encadrés, mais encore une fois, c’est de l’argent qui existe, on ne va pas le prendre.

Photo de M. Nicolas Sansu
Suspension et reprise de la séance
M. Nicolas Sansu Nicolas Sansu GDR

C’est de l’argent public puisque ce sont des sommes exonérées de droits !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. le président de la commission des finances.

UD
Suspension et reprise de la séance
Un député du groupe Dem

Il est d’accord ! (Sourires.)

Photo de M. Éric Coquerel
Suspension et reprise de la séance
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

Non, je ne suis pas d’accord, et je vais expliquer pourquoi. Il existe déjà un abattement à 100 000 euros par héritier ; cette somme n’entre pas dans la fiscalisation de l’héritage ; c’est déjà beaucoup. Disons-le clairement : on pourrait très bien faire en sorte que ces 100 000 euros servent à acheter un appartement. On pourrait même les cibler vers les logements neufs. En effet, la première question posée à ceux qui voudraient acheter un logement neuf, c’est : quel est votre apport personnel ? Avec un apport de 100 000 euros – la somme retenue pour la défiscalisation de l’héritage –, on peut assez facilement se lancer dans l’achat d’un logement neuf. Théoriquement, ce premier abattement vise à permettre aux enfants d’entrer dans la vie, si on peut s’exprimer ainsi. Et maintenant, on nous propose d’augmenter encore le montant des donations exonéré de droits – 50 000 euros, voire davantage. C’est sans fin ! Si on met bout à bout ces dispositions, les sommes en jeu sont considérables. On ne fait que renforcer une situation dans laquelle les donations sont de moins en moins fiscalisées. Ce n’est pas acceptable.

Photo de M. Inaki Echaniz
Suspension et reprise de la séance
M. Inaki Echaniz Inaki Echaniz SOC

Et en plus, il n’y a pas de contrôle !

Photo de M. Éric Coquerel
Suspension et reprise de la séance
M. Éric Coquerel président de la commission des finances LFI-NFP

Considérez que les donations de 100 000 euros concernent très peu de Français, dès lors que 85 % des Français ne paient pas de fiscalité sur l’héritage. Pourquoi augmenter encore le montant des donations défiscalisées ? Je suis sensible aux arguments qu’a présentés M. François Jolivet, et je le crois sincère. Néanmoins, ce ne sont pas de telles dispositions qui feront la différence : si quelqu’un hérite de 100 000 euros pour acheter un appartement neuf, il pourra le faire, c’est certain ; il n’a pas besoin d’avoir 150 000 euros pour le faire.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. François Jolivet.

Photo de M. François Jolivet
Suspension et reprise de la séance
M. François Jolivet François Jolivet HOR

J’entends. Je vous invite à lire le rapport publié hier par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) : le premier sujet d’inquiétude des Français, c’est le logement, suivi par la santé. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et SOC.)

PL
Suspension et reprise de la séance
Plusieurs députés du groupe LFI-NFP

Justement !

Photo de M. François Jolivet
Suspension et reprise de la séance
M. François Jolivet François Jolivet HOR

Laissez-moi vous répondre. J’invite M. Inaki Echaniz à revoir les amendements adoptés en commission des finances, qui exonéraient de droits des donations supplémentaires de 150 000 euros par donateur ; ça faisait encore plus d’argent par donataire. Pour ma part, je propose 50 000 euros par donateur et donataire – et il s’agit d’un maximum. Il faut que nous soyons malins tous ensemble, sinon la production de logements s’arrêtera complètement ; les promoteurs procèdent déjà à des licenciements. Je vous rappelle qu’un logement neuf, d’après les chiffres de l’Insee en 2023, coûte en moyenne 240 000 euros TTC, dont 40 000 euros de TVA. Le Gouvernement a annoncé que le nombre de logements neufs mis sur le marché risquait de baisser de 250 000. Voyez à quelle somme on aboutit en multipliant ce chiffre par 40 000 euros ! Cet argent peut être rattrapé grâce à des mesures concrètes, en s’appuyant sur le principe de réalité. À mon avis, ce que nous proposons ne sauvera pas tout, mais cela permettra tout de même de faire aboutir certaines opérations immobilières. Je rappelle qu’en 1993, le gouvernement Balladur avait fait voter à l’unanimité de cette assemblée la possibilité pour toute personne d’acheter un logement neuf, sans limite de montant, en étant exonérée des droits de succession. Cela a sauvé les promoteurs et des immeubles ont pu sortir de terre. Aujourd’hui, la production est en train de s’arrêter. Vous pouvez faire le choix de ne pas voter cet amendement (Exclamations sur les bancs du groupe SOC), mais ceux qui en feront les frais sont ceux qui demandent un logement.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Les amendements nos 1295, 1290 et 293, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

I-1295 Rejeté I-1290 Rejeté I-293 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(Le sous-amendement no 3690 n’est pas adopté.)

I-3690 Rejeté
II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 3498 n’est pas adopté.) (Protestations sur les bancs des groupes RN et UDR.)

I-3498 Rejeté
PR
Suspension et reprise de la séance
Plusieurs députés du groupe RN

Il faut recommencer le vote !

Photo de M. Erwan Balanant
Suspension et reprise de la séance
M. Erwan Balanant Erwan Balanant Dem

Ils remettent en cause la présidence !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Depuis le début de ma présidence, j’ai souvent des doutes, et je demande alors un scrutin public. Si je ne l’ai pas fait cette fois, c’est que je n’avais aucun doute. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, LFI-NFP, SOC, DR, EcoS, Dem et GDR.) La parole est à M. Vincent Trébuchet, pour soutenir l’amendement no 2909.

Photo de M. Vincent Trébuchet
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Trébuchet Vincent Trébuchet UDR

Je suis ravi de présenter cet amendement, car je vais donner une occasion à la gauche de défendre la jeunesse. Nous proposons d’augmenter l’abattement sur les donations dont bénéficient les petits-enfants, actuellement de 31 865 euros, pour le porter à 200 000 euros. (Exclamations prolongées sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.) Nous soutiendrons les amendements suivants qui vont dans ce sens, même s’ils sont moins-disants. Nous parlions du logement, or 80 % des jeunes souhaiteraient être propriétaires, tandis que seuls 23 % des 25-34 ans sont propriétaires. Parmi les trois quarts qui sont locataires, 75 % ne peuvent pas acheter de logement faute d’apport.

Photo de Mme Dieynaba Diop
Suspension et reprise de la séance
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Et ceux qui veulent juste se loger ?

Photo de M. Vincent Trébuchet
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Trébuchet Vincent Trébuchet UDR

Nous proposons qu’au lieu que l’épargne soit stockée entre les mains des personnes les plus âgées,… (Mêmes mouvements.)

Photo de Mme Dieynaba Diop
Suspension et reprise de la séance
Mme Dieynaba Diop Dieynaba Diop SOC

Il y en a qui n’ont pas de quoi manger !

Photo de M. Vincent Trébuchet
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Trébuchet Vincent Trébuchet UDR

…des sommes d’argent soient données aux petits-enfants pour qu’ils puissent payer leurs études et surtout s’acheter un logement. M. le rapporteur général me dira sans doute que si l’on touche à ce dispositif, il faudra toucher à tout – je comprends. Il me dira aussi que cet abattement est plus important que celui qui concerne les donations aux enfants, mais c’est normal,…

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Il faut conclure.

Photo de M. Vincent Trébuchet
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Trébuchet Vincent Trébuchet UDR

…le rappel fiscal étant le même pour les parents et les grands-parents… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur, dont le temps de parole est écoulé.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis de la commission ?

Photo de M. Charles de Courson
Suspension et reprise de la séance
M. Charles de Courson rapporteur général LIOT

La commission des finances a donné un avis défavorable, en s’appuyant sur les arguments qu’a évoqués M. Trébuchet. (Sourires.)

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Quel est l’avis du Gouvernement ?

MS
Suspension et reprise de la séance
M. Laurent Saint-Martin ministre

Avis défavorable.

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La parole est à M. Vincent Trébuchet.

Photo de M. Vincent Trébuchet
Suspension et reprise de la séance
M. Vincent Trébuchet Vincent Trébuchet UDR

Ce que soulignait M. Mattei, à savoir que les parents qui veulent faire une donation à leurs enfants peuvent le faire une fois, rarement deux puisqu’ils ont 85 ans à l’expiration du délai de quinze ans, est vrai a fortiori pour les grands-parents. Il est donc normal que les donations des grands-parents bénéficient d’un abattement plus important.

II
Suspension et reprise de la séance
Intervenant non identifié

(L’amendement no 2909 n’est pas adopté.)

I-2909 Rejeté
UU
Suspension et reprise de la séance
Un député du groupe UDR

Vous n’aimez pas la jeunesse !

Photo de Mme la présidente
Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

La suite de l’examen du projet de loi de finances est renvoyée à la prochaine séance.

Photo de Mme la présidente
Ordre du jour de la prochaine séance
Mme la présidente Nadège Abomangoli LFI-NFP

Prochaine séance, demain, à neuf heures : Suite de la discussion de la première partie du projet de loi de finances pour 2025. La séance est levée.

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

(La séance est levée à minuit.)

II
Ordre du jour de la prochaine séance
Intervenant non identifié

Le directeur des comptes rendus Serge Ezdra